Le Monde diplomatique
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Etats-Unis : le mythe du melting-pot

jeudi 14 août 2008, par Philippe Rekacewicz

Une dépêche de l’agence Associated Press (AP) rédigée par Stephen Ohlemacher, en date du 14 août, rapporte que le Bureau du recensement américain a publié cette semaine de nouvelles projections d’évolution démographique qui montrent que la population blanche des Etats-Unis passerait sous la barre des 50% en 2042, et deviendrait donc minoritaire ! Ces changements dans la composition de la population seraient donc plus rapides que prévu, puisque les estimations publiées en 2004 (et disponibles sur le site Internet de l’agence gouvernementale) montraient un basculement seulement en 2050, soit huit ans plus tard.


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Projections des changements dans la composition de la population des Etats-Unis
Toutes les figures sont de Philippe Rekacewicz.


La population blanche non hispanique, qui représente aujourd’hui environ 65 % de la population, ne sera plus que de 46% en 2050. La population noire passera de 12 % en 2008 à 15 % en 2050, et la population d’origine asiatique de 5 % en 2008 à 10% en 2050. La progression la plus spectaculaire sera celle de la population hispanique, qui passera de 15 à 30 %.


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Cent ans d’évolution de la population américaine
Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 et complétée manuellement en 2008 avec les estimations du Bureau du recensement des Etats-Unis.


Selon ces chiffres, la population des Etats-Unis est aujourd’hui d’environ 305 millions et atteindra un peu moins de 440 millions de personnes en 2050. Elle va aussi considérablement vieillir, puisque les plus de 65 ans passeront de 12 % aujourd’hui à 20 % en 2050, soit de 40 à 90 millions !

Ce qui fera la différence, c’est l’immigration — qui reste importante — et les taux de natalité plus forts au sein des minorités. La population américaine est de plus en plus diverse, mais les communautés restent relativement peu mélangées : peu de mariages mixtes, et une étonnante concentration de la distribution géographique de la population par origine, ce qui met à mal l’image trop souvent véhiculée d’une Amérique du melting-pot : ce mythe de la fusion des populations ne résiste pas à l’analyse géographique et statistique.

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Les mariages aux Etats-Unis
Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003, sur la base du recensement de 2000.



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Distribution géographique de la population d’origine hispanique
Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 sur la base du recensement de 2000.
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Distribution géographique de la population noire
Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 sur la base du recensement de 2000.
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Distribution géographique de la population blanche
Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 sur la base du recensement de 2000.

Comme l’écrit Serge Halimi dans L’Atlas 2003 du Monde diplomatique, « depuis plus d’un siècle, l’euphorie bien-pensante sur le melting-pot américain oublie que, si le creuset peut bien comporter un nombre croissant d’ingrédients à mesure que les vagues d’immigrés se succèdent, il ne les fusionne pas plus qu’avant. Il en laisse toujours un à l’écart des autres ».

28 commentaires sur « Etats-Unis : le mythe du melting-pot »

  • permalien Sardon :
    14 août 2008 @22h35   »

    Bonjour,

    Serge Halimi (qu’on a connu plus incisif) est encore trop aimable avec le melting-pot états-unien : celui-ci a-t-il jamais "fonctionné" ? N’a-t-il jamais été rien d’autre qu’un miroir aux alouettes et qu’un élément de propagande à usage à la fois interne et externe ? Les "découvertes" dont vous faites état dans votre article le sont-elles vraiment, pour ceux du moins qui ne se sont jamais laissé prendre à la rhétorique béate qui sert de propagande pour les Etats-Unis ?

  • permalien G. :
    14 août 2008 @22h53   « »

    Cette "propagande" dont vous faîtes état, Sardon, est aussi le pendant "progressiste" au nationalisme plus ou moins racial ou raciste (Wasp). Et qu’en France on connaît trop bien.

    A trop vouloir pourfendre des "bien-pensances", on peut soutenir par défaut des pensées de droite, comme en France on a connu si longtemps, pays de mythologies des origines, s’il en est.

    Mais bien sûr, épingler un mythe progressiste est aussi utile pour le progressisme, dans la mesure où ce que l’on demande est moins de racisme et plus de mixité socio-raciale (pour les "Noirs" et las "Hispaniques" surtout aux USA, bien entendu).

    Et pour la France.

    Et pourtant le "Melting-Pot" est aussi un moyen de faire la lumière sur la réalité de l’histoire de l’immigration. Je vous renvoie au socio-historien G. Noiriel, Le Creseut francais. Histoire de l’immigration en France, XIXe et XXe sicelces, traduit en américain par le titre de The French Melting Pot.

  • permalien Pierre(Mexico) :
    14 août 2008 @23h07   « »
    Etats-Unis : Le "Salad Bowl"

    Ce que démontre votre analise, c’est que le fameux "Melting pot" reste, et restera sans doute pour longtemps une simple utopie. Ce fameux mélange ethnique, les nord-américains eux-même le surnomme "Salad bowl" (le saladier).
    Le seul moyen pour les EU de créer un véritable Melting pot réside dans leur capacité a assimiler les populations immigrantes. Et cela reste l’affaire de plusieurs décennies, voire de siécles. La France en sait quelque chose.

  • permalien maddy :
    15 août 2008 @03h33   « »

    Encore la peur des certains en sonnant une fausse alarme qui n’en est pas : "bientôt il y’aura moins de blancs aux USA" . J’ai envie de dire, et ainsi va la vie. Comme il y a eu moins d’indiens que de blancs à une époque. Rappelons-nous que les terres d’Amérique sont une terres d’immigration, donc que les "immigrés" soient plus important est évident. Je pense que votre analyse peut cacher une certaine vision très raciale du peuplement de ce continent.Néanmoins, Cela n’enlève en rien sa pertinence. Pour ce qui concerne la France, continuons de dormir devant une telle évidence...

  • permalien pako :
    15 août 2008 @08h54   « »

    eh oui...le fameux "melting pot" nord américain...ce mythe a été créé pour la classe moyenne blanche, il n’y a qu’eux qui y croient...il s’agit, comme toujours la bas, de flatter l’inconscient de ce groupe, celui qui paye des impôts...il faut que les gens se sentent bien, fiers de leur collectivité...et donc près a payer toujours plus d’impôts a un gouvernement corrompu jusqu’à l’os...l’élection de Obama aura d’ailleurs cette grande fonction, permettre à l’inconscient collectif blanc de se penser loin du racisme pourtant ancré très profond...

  • permalien resistancenationale :
    15 août 2008 @10h19   « »

    Les sociétés multiculturelles sont un mythe qui se finira dans la violence.
    Dans quelques années l addition a payer pour les idiots utiles du systeme libéral par leur haine soi et leur xenophilie maladive risque d´etre salée.
    Nier l importance des liens communautaires et ethniques et une abheration dont seuls les occidentaux se paient le luxe.
    idéologie mortifere en puissance.

  • permalien G. :
    15 août 2008 @11h49   « »

    L’intervention intempestive du raciste de service a au moins le mérite de souligner ce qui me semble très important de ne pas oublier : que le Melting Pot, la mixité socio-raciale, avant d’être un mythe (dont on se complaît à "déconstruire" chacun avec plus ou moins de talent), est une idée progressiste, une idée de mélanger les races et les classes, une vision multi-socio-raciale de la nation.

    Elle était très importante avant que les néoconservteurs ne prennent le dessus.

    Aujourd’hui c’est dépassé et masochiste de tirer sur le pianiste Melting Pot, lorsqu’on est progressiste.

    Lorsqu’on fait partie de la "Résistance nationale", alors c’est logique, cela suit son cours naturel.

    Je vous renvoie au sociologue Maurice Halbwachs qui écrivait à son retour de Chicago en 1932, dans "Chicago, expérience ethnique" (Annales d’histoire économique et sociale, t. IV, Paris, Armand Colin :

    « Plus que par la religion et par la langue, les immigrants se distinguent des Américains et ils se distinguent entre eux par leur situation et par leur niveau social [...]. Ce n’est pas parce qu’étrangers, mais parce qu’ouvriers, surtout parce que manoeuvres et ouvriers de la grande industrie que la masse des immigrants admise à résider est cependant séparée de la vie urbaine, exclue du courant traditionnel et continu qui n’entraîne que les élélements vraiment "bourgeois" et en contact intime et familier avec la "bourgeoisie". »

  • permalien Indeep :
    15 août 2008 @12h18   « »
    Et les métis alors ?

    Franchement que nous apporte une telle analyse ? Il me semble que ce sont les associations racistes du genre "white power" qui utiliseraient de telles cartes pour dénoncer le déclin de la "race" blanche... Avec l’avènement d’un Obama, par exemple, la voie à une plus grande mixité des mariages semble ouverte, ce qui impliquerait de facto, un égal déclin de la "race" noire. Pourquoi vos schéma n’incluent aucun métis ? blanc/hispano, blanc/noir, asiatico/hispano, etc... Comme si, aux USA, n’y avait que des "races pures" (quelle horreur cette expression, je suis désolé !).

  • permalien Mufasa :
    15 août 2008 @12h59   « »

    Le melting pot américain ne signifie pas la disparition des communautés, mais plutôt leur coexistence au sein d’une collectivité commune (la nation américaine). Se sentir Africain-Américain, chérir cette identité et partager une culture avec la communauté Africaine-Américaine, ne signifie pas forcément le rejet de l’identité nationale et la non-intégration dans la nation américaine. Le melting pot serait une fiction si et seulement si les non-blancs n’étaient pas citoyens américains et s’idenfiaient exclusivement et unanimement à leur communauté ethnique.

  • permalien Darc :
    15 août 2008 @18h15   « »

    @ Indeep

    Il me semble que les noirs comme les blancs aux Etats-Unis continuent de suivre la "One Drop Rule", où une seule goutte de sang "noir" fait de vous un afro-américain. Ce qui revient à dire qu’il s’agit d’une question d’identité culturelle avant tout. On peut même en déduire que la communauté noire est plus "ouverte" que la blanche (encore que certains artistes afro-américains ont abordé les problèmes de teints de peau au sein de leur communauté : on peut être trop blanc ou trop noir lorsqu’on est un noir américain !), mais aussi que les noirs ont une identité culturelle plus forte que les blancs. Le "wigger" (blanc adoptant la culture noire des ghettos) n’est un objet de mépris que pour les aryanistes purs et durs, mais l’"oreo" (équivalent américain de notre "bounty", noir dehors mais blanc dedans) est quasi-universellement rejeté par la communauté afro-américaine.

    Donc, pas de races pures (une aberration biologique, soit dit en passant), mais des clivages culturels qui vont jusqu’au cœur même des diverses communautés composant le melting-pot. Au États-Unis, les métis sont sommés de choisir leur camp.

  • permalien yann :
    16 août 2008 @09h49   « »

    Il y a quand même une grosse différence entre l’immigration traditionnelle aux USA, et ce qui se produit aujourd’hui. L’Amérique doit affronter une immigration frontalière massive pour la première fois de leur courte histoire. Et l’immigration frontalière peu poser bien plus de problème à terme que l’immigration à distance qui elle coupe les liens, physiquement si je puis dire, entre la région d’origine et le nouveau lieu d’habitation. Cette rupture pousse l’immigré qui se retrouve loin de chez lui à s’intégrer plus facilement à la société locale, à apprendre la langue et les coutumes. Les mexicains eux arrivent dans des régions où ils supplantent petit à petit les populations locales. Il n’y a donc pas d’assimilation mais remplacement car les latinos gardent un contact avec leur nation d’origine et vivent entre eux. En Europe bon nombre de conflits furent le fruit des mouvements de population, et la récente affaire du Kosovo est un des derniers exemple en date des changement frontalier, fruit de l’immigration frontalière. Il y a donc un changement de nature entre l’immigration classique des européens ou des asiatique arrivant aux USA et celle des latinos qui en définitive reconquière le sud des USA qui furent, il faut le rappeler, des territoires mexicains à une certaine époque. Rien n’interdit donc de penser qu’en cas de conflit ou de grandes difficultés économiques et politiques ces régions ne seront pas tentées par l’indépendance ou le rattachement au Mexique, la langue de Cervantès servant d’identifiant nationale.

    Pour ce qui est du melting-pot , quoiqu’en disent certains la France le pratique de façon bien plus concrète que les USA. La capacité d’absorption d’une société dépend plus de la façon d’être des habitants du pays que des pratique des politiques nationales (voir les travaux d’Emmanuelle Todd sur la question). Todd avaient d’ailleurs bien noté l’échec du modèle américain en terme d’assimilation, et il ne s’agit pas d’une question de temps. Les noirs qui vivent en France y sont depuis moins de trois décennies alors que les noirs américains y sont depuis deux siècles ! Et l’on constate pourtant un nombre de mariages mixte bien plus important en France qu’aux USA, comme quoi les français ne sont pas aussi racistes que ce que certains ne cesse de le répéter.

  • permalien Sardon :
    16 août 2008 @16h55   « »

    Bonjour,

    Le "melting-pot" n’est rien d’autre qu’un mythe. Certes, c’est un mythe qui se donne les apparences du "progressisme", et en tant que tel il est infiniment plus sympathique que les mythologies nationalistes, racistes ou xénophobes. Cependant, il a beau être "progressiste" dans le contexte américain, cela ne veut dire en aucun cas qu’il se rattache d’une manière ou d’une autre aux idéaux de gauche ; en fait, c’est une manière subtile de faire l’apologie du capitalisme et de la concurrence en posant implicitement ces derniers comme seules alternatives à la xénophobie et au nationaliste raciste. Enfin, et de manière plus importante, le mythe du "melting-pot" est précisément cela : un mythe, c’est-à-dire une reconstruction à posteriori de la réalité qui n’a rien à voir avec cette dernière. Dans les faits, le "melting-pot" n’a jamais fonctionné, ni aux Etats-Unis ni ailleurs : c’était un moyen commode pour les élites blanches de se donner bonne conscience en faisant semblant de croire que tout un chacun pouvait prétendre à faire partie de l’élite, quelques soient ses origines : idéologie généreuse sur le papier, mais qui n’a jamais été autre chose qu’illusoire en regard de la réalité sur le terrain. Le "melting-pot" n’a jamais été qu’un mythe, et ne pourra être autre chose qu’un mythe : il sert "d’opium du peuple" à la fois pour ceux qui veulent rendre leur domination plus acceptable, aux yeux des autres et à leurs propres yeux ; et pour ceux sur qui s’exerce cette domination, pour que leur situation leur soit suffisamment supportable pour qu’ils ne pensent pas à se révolter.

    On ne mettra jamais trop en garde contre les idéologies prétendument "progressistes" venues des Etats-Unis, telles que le "melting-pot" ou le "rêve américain" : ce ne sont que des écrans de fumée, destinés à masquer une réalité peu agréable. Prendre ces idéologies au pied de la lettre, pour se plaindre par exemple qu’elles ne sont pas suffisamment respectées dans la réalité, c’est déjà tomber dans le piège en leur reconnaissant une légitimité qu’elles n’ont pas. In fine, ce n’est, qu’on le veuille ou non, qu’une forme de propagande. Les gens de gauche, plutôt que de chercher à juger le pouvoir à l’aune de ses déclarations, seraient beaucoup plus inspirés de se souvenir, que, pour reprendre un mot de Jean Bricmont, "le discours du pouvoir est par essence une mystification".

  • permalien Pierre :
    16 août 2008 @18h34   « »
    Etats-Unis : le mythe du melting-pot... et du jazz...

    C’est énervant ces musiciens qui, de Nina Simone à Johnny Griffin en passant par Chet Baker, viennent mourir en Europe en dehors de toute considération raciale !

    Comme si l’air y était plus respirable pour expirer (on the sunny side of the Atlantic).

    Rare sont ceux qui comme Steve Lacy ont l’élégance de retourner mourir à Boston.

  • permalien Un gars de passage :
    17 août 2008 @01h50   « »

    Le pourcentage de mariage mixte restent faible par rapport au non-mixte au USA mais on pourrait je pense le comparer avec celui du Brézil pour ce rendre compte....

  • permalien
    17 août 2008 @07h02   « »

    Ca ne fera que du bien aux USA d’etre moins blanche et plus coloree. Cette projection vient a point nomme pour dire aux WASP : "Attention ! un noir risque d’ arriver a la maison blanche ! alors votez en consequence de cause... pour la sauvegarde de la race blanche".

    Qaund est ce qu’on va cesser de cataloguer les gens en noirs, blancs, jaunes, metis.... pour uniquement les considerer comme humains et citoyens ?

    Cordialement

  • permalien
    17 août 2008 @09h44   « »

    Erratum

    "Votez en connaissance de cause" et non en consequence

  • permalien Did :
    17 août 2008 @11h18   « »
    Etats-Unis : le mythe est dans la question...

    Le simple fait qu’existe la catégorie "Hispaniques" (en gros, des mecs qui osent avoir l’air de vrais blancs alors qu’ils s’appellent Martinez ou Carvallo) ne vous semble-t-il pas être la marque d’un racisme fondamental ?

  • permalien jcd :
    19 août 2008 @02h21   « »

    Question : si les projections de 2004 sont déjà considérées comme incorrectes en 2008, quelle foi peut-on accorder aux projections de 2008 ?

    C’est le sort commun des projections démographiques d’être conçues comme si rien ne changeait dans le comportement des populations, dans la sociologie, la culture et la politique. Les sociétés humaines ne sont pas des sociétés de fourmis. Elles sont auto-réflexives.

    Cela rend très périlleux les projections à 40 ans ; on devrait s’abstenir de les commenter.

  • permalien HaZeMaN :
    20 août 2008 @03h23   « »
    Interrogations et melting-pot

    Les critères de classification, de la population des Etats Unis, que vous utilisez dans votre article (blancs, noires, hispaniques et asiatiques) me semblent relever d’une vision passée au prisme d’un conformisme certain. En effet les termes "blanc", "noire", "hispanique" et "asiatique" sont globalisant et par la même limitatif. Au delà de la difficulté, voire l’impossibilité, à définir pertinement les différents groupes (l’immense palette de couleurs réellement présentes oblige à poser des critères des plus arbitraires), je m’interroge sur ce qu’ils impliquent. Quel intérèt pousse à faire de ce déterminant relevant de l’inné un critère de classification sachant, qui plus est, que les particularités environnementales (au travers de l’acquis) ont, chez l’Homme, un poids beaucoup moins négligeable (et cela dès sa naissance) dans sa création d’un lien à l’autre. Si ce n’est de rassurer certaines personnes dans leur logique en nourissant leurs mécanismes de défense(en témoigne l’un des commentaires postés ci-dessus),quel intérèt à s’appuyer sur des données représentratives de carastéristiques physiques ?...

    En ce qui concerne la question du melting-pot, l’impact des nouvelles technologies (internet, mobile,...) sur la capacité à vivre ensemble des différentes populations immigrées est pour l’heure non mesurable mais déjà perceptible par le décloisonement qu’elles permettent. De plus, la société de consommation, telle que régit actuellement,conditionne et par la même uniformise également les comportements en permettant à une élite mercantile le monopole de certains canaux de transmissions (télés, radios, journaux, cinéma, modes diverses...). Ces différents facteurs sont susceptible d’accélerer les processus d’appartenance à une identité commune.

  • permalien PEG :
    20 août 2008 @17h18   « »

    Deux infos pour élargir le débat qui retourne un peu dans le bercail franco-français :
    Si vous observez les zones à forte densité hispanique vous constaterez qu’elles correspondent aux anciens territoires du royaume d’Espagne devenu Etats Unis Mexicains puis Etatsuniens tout court par la défaite du Général Santa Ana. Il ne s’agit pas tant d’un retour que d’une réunion de populations partageant les mêmes origines complexes.

    Par ailleurs, sur la côte est, vers les grand lacs et au centre des EU le melting pot a relativement bien fonctionné pour assimiler des italiens, allemands, ukrainiens, suédois, norvégiens, irlandais, suisses et polonais à la classe ouvrière américaine. Mes deux-cent-quatre cousins et arrières petits cousins du Tennessee et des Apalaches sont de parfaits américains blancs, saxons et protestant même s’ils ne sont pas anglos (comme on dit chez le Hopis). Le Melting pot était plutôt un club de blancs. Non ?

  • permalien
    22 août 2008 @05h24   « »

    Je trouve que l’approche du multiculturalisme des Anglo-Saxons est l’approche la plus positive de la diversité culturelle. Elle est plus respectueuse des diverses ethnies que la pseudo-politique intégrationniste ou associationniste que l’on retrouve en France ou au Québec. C’est une approche plus enrichissante pour l’ensemble de l’Amérique. C’est aussi plus réaliste. Cela témoigne de la grande ouverture d’esprit et de la force de l’Amérique.

    Je trouve que les Européens amplifient souvent à tort la gravité du racisme aux États-Unis et cela me tombe sur les nerfs. Je crois que c’est parce qu’aux États-Unis on parle beaucoup de ce problème alors qu’ailleurs on n’en fait pas assez cas. Cette dénonciation constante du racisme aux États-Unis occulte le fait que les minorités en en particuliers les noirs avancent. N’oubliez pas que le mouvement des droits civiques que les Africains-Américains ont brillamment mené, c’était tout au plus, il y a au cinquante ans.

    Les Européens se sont créés une image d’Épinal de l’Amérique raciste, mais l’Amérique bouge dans le bon sens et je doute que les relations raciales soient plus harmonieuses en Europe par rapport aux États-Unis. Vous savez, les Africains-Américains se plaignent beaucoup de l’Amérique mais quand ils sont en Europe, ils se rendent vite compte que l’Amérique a plusieurs longueurs d’avance sur l’Europe. L’Amérique a comme l’Afrique du Sud un passé de relations raciales tragiques mais la réalité c’est que ce passé l’a outillée pour mieux dépasser ses vieux démons que les autres pays qui ne tirent pas assez de leçons de leur passé colonial pour en faire autant. L’Amérique tout comme l’Afrique du Sud sont progressistes par la force des choses. L’Amérique, je le crois est unique et si vous considérez son melting pot utopique, moi je suis convaincue, qu’il se bâtit réellement ce melting pot américain.

  • permalien
    22 août 2008 @05h25   « »

    Aux États-Unis si je veux que mon banquier soit noir c’est possible. Quand je regarde la télé, je vois des noirs auxquels je peux m’identifier. J’ai des amis noirs et des amis blancs. Je crois que les États-Unis d’Amérique c’est le seul pays d’Occident ou les Noirs quand ils sont excellents peuvent atteindre le sommet et ça fait au moins dix ans que je crois cela. Je suis même convaincue qu’en Novembre 2008, malgré tous les soi-disant propos racistes qu’on aura entendu pendant les primaires et la campagne présidentielle, l’Amérique va élire son nouveau symbole du melting pot Barack Obama)comme président des États-Unis. Et franchement, quand on est noir et cultivé ou doué d’un talent artistique ou sportif, je ne vois pas quel autre pays offre autant d’opportunités que l’Amérique. Il est aussi vrai qu’aux États-Unis si on est un drogué on se retrouve dans un ghetto, ou si on est un bandit on finit en prison mais ça c’est aussi le cas en Europe. Vous savez on a toutes sortes de compilations statistiques à analyser sur le melting pot américain mais si on compilait des données statistiques avec les variables ethniques en Europe on se rendrait vite compte que c’est pire en Europe.

    Il n’y a que l’Amérique pour produire une Oprah Winfrey, (la seconde femme la plus populaire en Amérique après Mère Thérésa). Es-t-il seulement possible d’imaginer en Europe, une femme noire qui a un empire médiatique comme Oprah Winfrey ? Naguère, une pauve petite fille noire du Mississipi, aujourd’hui selon le Forbes Oprah vaut 1.5 milliard de dollars. Voilà les faits, Oprah aussi c’est la vraie Amérique, elle que les Blancs Américains aiment autant sinon plus que les Noirs.

    Je pourrai citer plus de cent personnalités Africaines-Américaines qui sont à fois médiatisées, influentes et fortunées alors que j’aurai de la peine à citer le nom de 10 personnalités noires qui évoluent dans toute l’Europe. Dans le monde BLack Anglo-Saxon on retrouve des prix Nobel de la littérature, des prix Nobel de la paix, des Pulitzer, et j’en passe... Dans le reste du monde on ne trouve pas l’équivalent. Les faits parlent d’eux-mêmes. Et pourtant, les Européens et en particulier les francophones font toujours ce tableau trompeur et sombre de l’Amérique parce que dans le fond, ils ne la comprennent pas ! Ils ne regardent jamais les progrès accomplis en Amérique, ils ne voient que le chemin qu’il reste à parcourir. Mais ils seraient temps qu’ils se penchent sur les relations raciales dans leurs propres sociétés à l’aune desquelles ils jugent l’Amérique. Et puis un jour ils se rendront compte que pendant que le melting pot l’Amérique avançait, ils ont eu des dinosaures et des rétrogrades comme Le Pen, ils ont des enfants d’immigrants qui sont nés sur leur territoire, qui se sentent aliénés, qui sont exclus et qui le sont dans les faits.

  • permalien
    22 août 2008 @06h14   « »

    Je suis une femme Black et je vis en hiver en Californie et en été en Colombie Britannique. La mixité ou la non mixité c’est un choix, pas une obligation. Ça ne fait pas systématiquement des gens des racistes ou des non racistes. Des relations interraciales platoniques ou intimes aux Etats-Unis ça existe bel et bien. Ce qui m’intéresse ce sont les qualités d’un humain et non sa couleur autrement dit, je m’attends au même respect de la part d’un blanc que de la part d’un noir. Moi je ne discrimine pas et je ne suis pas discriminée. Sortir avec un blanc aux Etats-Unis C’est pas difficile, je l’ai fait et je trouve que c’est pas un événement, j’en connais des couples mixtes. Il faut pas prendre au premier degré tout ce que vous lisez sur les relations interraciales aux Etats-Unis.

    Mes parents sont d’origine africaine, ils vivent en Californie dans un quartier hispanique. Au travail, ils côtoient des Blancs qui sont à la fois leurs collègues et leurs amis. Mes parents et moi nous avons beaucoup voyagé en Europe et ailleurs dans le monde et nous avons fini par conclure que les Etats-Unis est le seul pays occidental ou on ne nous demande jamais d’ou nous venons et ce, malgré notre accent On a beau critiquer les Etats-Unis on s’y sent chez-nous. Les Américains nous disent qu’on est Américains et qu’on vit comme eux. Ils ne cherchent pas ce qui nous différencie mais plutôt ce qui nous unit. Les Américains sont ouverts d’esprit..

    Les Américains croient au rêve américain et ils ont bien raison d’être positif. Si les Européens qui ne vivent pas en Amérique n’y croient pas qu’est-ce que ça peut bien faire ?

  • permalien jackieh :
    28 août 2008 @16h48   « »

    Pour résumer le tout : critiquer le melting pot/salad bowl américain, de la part de l’Europe notamment, c’est la bonne vieille histoire de la paille et de la poutre...

  • permalien BenLucie :
    13 décembre 2008 @19h01   « »

    Il y a au musée de l’homme à Paris un modeste mais éclairant panneau consacré à la filiation humaine qui explique assez bien qu’à quelques mutations génétiques près ( qui font par exemple que certains peuples africains sont génétiquement plus proches des auvergnats que d’autres peuples africains du Sud ), et démonstration faite que nous sommes tous issus d’au mieux quelques centaines d’individus géographiquement assez proches , nous sommes tous consanguins .

    La seule erreur dans ces belles figures , c’est l’épaisseur du trait entre les strates .

  • permalien Eric :
    29 avril 2009 @00h15   « »

    Les adeptes du métissage ne sont rien d’autre que l’autre face du racisme.

  • permalien Zadig :
    24 mai 2009 @14h04   « »

    les latinos ne sont pas blancs ? La race des latinos : épatante amérique.

  • permalien the apta :
    10 janvier @18h20   «

    je crains que, les recensements soit politisés et orientés.l’etre humain doit etre vu comme l’eau,incolore et inodore et doit vivre sans frontierès,sous le toit de la justice sociale,de l’égalitée et la répartition des biens.

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