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Irak, nouvelles tensions avec les sunnites

mercredi 27 août 2008, par Alain Gresh

Les Etats-Unis vont-ils gagner la guerre en Irak? Cette question est posée depuis plusieurs mois, surtout depuis que les pertes de l’armée américaine se sont considérablement réduites. Et que le gouvernement de Nouri Al-Maliki semble se renforcer. Pourtant, le grave attentat à la bombe du mardi 26 août, qui a tué au moins 25 jeunes recrues de la police dans la province de Diyala, montre que la situation reste fragile, cinq ans et demi après l’invasion américaine.

Comme l’écrit sur le site « Counterpunch » un des meilleurs journalistes sur l’Irak, Patrick Cockburn, dans son article « The big questions about Iraq » :

« La situation s’améliore sûrement, mais on ne comprend pas très bien, à l’étranger, ce que cela veut dire. Au plus fort du conflit confessionnel sunnite-chiite, 3 000 personnes étaient assassinées chaque mois. En juillet, ce chiffre est tombé à 900 selon le ministère de l’intérieur irakien, ce qui est mieux mais ne peut être qualifié de retour à la normale. Bagdad reste la ville la plus dangereuse du monde, et les sunnites et les chiites ne se rendent pas visite dans leurs quartiers respectifs. Le meilleur baromètre de l’instabilité en Irak est la capacité des 4,7 millions de réfugiés à l’intérieur et à l’extérieur du pays de rentrer chez eux. Cela fait environ un Irakien sur six qui a dû quitter l’endroit où il vivait. Ils vivent souvent dans des conditions misérables en Jordanie, en Syrie ou dans d’autres parties de l’Irak, mais, malgré tous les discours sur l’amélioration de la situation, ils ne peuvent pas encore retourner chez eux. »

Sur les réfugiés irakiens en Syrie, on lira, dans Le Monde diplomatique de septembre (en kiosques), l’article de de Theodor Gustavsberg, « Silencieux exil des Irakiens en Syrie ».

De nombreuses autres incertitudes demeurent en Irak, notamment sur l’accord que doivent signer le gouvernement de M. Maliki et les Etats-Unis sur le statut des troupes américaines après le 1er janvier, date de la fin du mandat donné par les Nations unies. Le gouvernement irakien a annoncé qu’un accord était prêt et qu’il prévoyait le départ des troupes américaines d’ici 2011 ; la Maison Blanche a démenti, disant qu’il restait encore plusieurs points à régler.

Sur son blog, « Just World News », en date du 22 août, Helena Cobban note que les sujets de désaccord entre les deux gouvernements ne portent pas seulement sur ce pacte de sécurité, mais aussi sur la politique gouvernementale à l’égard des milices sunnites (payées par les Etats-Unis pour combattre Al-Qaida).

Cette information, qui n’a pas été relayée par la presse française, est fortement répercutée par la presse anglo-saxonne. Elle est importante, puisque c’est le ralliement de ces milices sunnites, à la fin de l’année 2006, qui a permis aux Etats-Unis de réduire considérablement l’action d’Al-Qaida et le nombre d’attaques. Dans un article du New York Times du 22 août, « Iraq Takes Aim at U.S.-Tied Sunni Groups’ Leaders », Richard A. Oppel écrit :

« Le gouvernement irakien à majorité chiite est en train de mettre à l’écart de nombreux dirigeants sunnites des patrouilles citoyennes, les groupes d’anciens insurgés qui sont payés par les Américains et qui ont été un élément essentiel du déclin de la violence à travers le pays. »

« Dans la province rebelle de Diyala, des responsables militaires américains et irakiens ont affirmé avoir reçu l’ordre d’arrêter des centaines de membres du mouvement connu sous le nom de Réveil. (...) Au moins cinq responsables importants ont été arrêtés ces dernières semaines, selon des dirigeants de ce groupe. »

« Dans la partie ouest de Bagdad, d’anciens dirigeants insurgés affirment que les militaires irakiens recherchent 650 membres du Réveil, et que nombre d’entre eux ont fui les quartiers qu’ils avaient aidé à garder tranquilles. Bien que cette offensive paraisse viser un petit nombre de dirigeants que le gouvernement irakien considère comme les plus dangereux, des voix influentes s’élèvent pour démanteler totalement le mouvement soutenu par les Américains. »

« “L’Etat ne peut accepter les milices du Réveil”, a affirmé le cheikh Jalaladeen al-Sagheer, un membre chiite influent du Parlement. “Leurs jours sont comptés.” »

Ces informations ont été confirmées par le général David Petraeus, le commandant en chef des troupes américaines en Irak, dans un entretien donné à Leila Fadel, « Petraeus : Iraq slows hiring of former insurgents », (McClatchy Newspapers, 21 août).

Il a affirmé que « le gouvernement irakien était volontairement long à absorber dans ses forces de sécurité les dizaines de milliers d’anciens insurgés sunnites qui avaient rejoint les milices financées par les Etats-Unis », et que le gouvernement irakien avait créé des « obstacles » (stumbling blocks) pour absorber ces 99 000 hommes.

Mais il a ajouté que la semaine précédente, le général Llyold J. Austin avait reçu des assurances que le gouvernement tiendrait ses engagements de prendre 20% de ces hommes dans les forces de sécurité et de répartir les autres dans l’administration ou de leur donner une formation.

« Nous n’allons pas les abandonner, a affirmé Petraeus, et, comme je l’ai dit, le premier ministre Maliki s’est engagé à prendre soin d’eux. On peut comprendre que le gouvernement hésite à recruter d’anciens insurgés pour des postes dans ses forces de sécurité ou pour des postes de ministres... Mais c’est comme cela que se termine ce type de conflit. C’est pourquoi cela s’appelle la réconciliation. Elle ne se fait pas avec des amis, mais avec d’anciens ennemis. »

Sur son blog, « Abu Aardvark, » Marc Lynch note, le 25 août :

« Les accords de ces milices sunnites avec les Etats-Unis (pas avec le gouvernement irakien) ne signifient pas qu’elles ont déposé les armes ou oublié comment on se bat. Mais elles sont extrêmement fragmentées (selon Steve Biddle, on compte au moins 200 accords différents avec différents chefs), ce qui crée une difficulté politique majeure. L’absence de direction unifiée rend plus difficile de conclure et de respecter des accords, mais aussi de retourner en masse dans la clandestinité. Avec chaque groupe local qui suit ses propres intérêts, le premier ministre Maliki croit qu’il peut les diviser, cooptant certains, réprimant d’autres, comptant sur leur incapacité à l’action collective. Et, selon ce que m’a dit un important responsable militaire américain, si les groupes du Réveil décident de passer à l’action, Maliki aura une bonne excuse pour frapper encore plus fort. »

« Reste à savoir si les factions insurgées comme l’Armée islamique d’Irak garderont le contrôle des cellules et des petits groupes locaux (mais pas comme en 2005, avec leur alliance avec Al-Qaida - ce divorce est consommé et total selon mes informations). Même s’ils n’en sont pas capables, il ne sera pas difficile à des dissidents, même quelques milliers, de relancer fortement les combats. »

« Mais il y a un problème. Qu’arrivera-t-il si les anciens groupes du Réveil choisissent non pas de se retourner contre leurs “amis” américains, mais de se concentrer uniquement sur le gouvernement irakien ? Quel camp obtiendra le soutien des Etats-Unis ? Le mouvement du Réveil qu’ils ont créé et entretenu, ou le gouvernement irakien qu’ils ont créé et entretenu ? Cela pourrait mal tourner. »

31 commentaires sur « Irak, nouvelles tensions avec les sunnites »

  • permalien K. :
    27 août @18h49   »

    Gros et nombreux points d’interrogation. Parmi lesquels :

    1- Maliki ferait des pieds et des mains pour rendre effectif un calendrier de retrait américain.

    2- Mr Kahl, un expert de l’Irak, qui est aussi un conseiller sur l’Irak de Barack Obama avertit que si les combattants sunnites ne sont pas intégrés aux forces de securité irakiennes, « cela risque de ralentir un retrait potentiel des troupes de combat U.S. des villes Iraqiennes. »

  • permalien K. :
    27 août @19h22   « »

    L’article de Patrick Cockburn cité dans cet envoi est curieux, en ce qu’il considère la “victoire des chiites” comme acquise. En effet à la question, “Will Iraq be able to hold together as US troops depart?” la réponse est oui parce que al maliki a les moyens d’imposer sa loi. Nulle part dans son article n’est envisagée la possibilité d’une rébellion sunnite contre le gouvernement irakien (contrairement à ce qu’on pouvait lire dans ses articles antérieurs).

  • permalien chamil :
    27 août @20h18   « »

    Je ne vois pas surtout pourquoi les américains continueraient de brimer les chiites en Irak pour les beaux yeux des dictatures sunnites frontalières. Ils les ont bien accueillis, ils ne leur posent pas de bombes, ils représentent démocratiquement la majorité.

    Mais il est vrai que les sectaires saoudiens et les sunnites ne peuvent admettre la loi de la démocratie et de la majorité, surtout en faveur des "hérétiques". Dans leur haine anti-chiite moyenâgeuse, ils sont prêts à tout, y compris collaborer objectivement avec Israël (cf. au Liban, ou contre l’Iran).

    Avec d’ailleurs une certaine complaisance en France, qui fait prendre la lutte de la minorité sunnite pour de la "résistance", là où il n’y a que le regret du temps où 80% de la population était structurellement discriminée et des provocations depuis 2003 (attentats aveugles, boucheries, exécutions vidéos) qui ont fini par dégénérer en guerre civile.

    Et les Etats-Unis se créent un ennemi en oubliant que les auteurs du 11 septembre sont sunnites - et TRES majoritairement saoudiens.

  • permalien K. :
    27 août @20h33   « »

    Alors ça c’est pas mal ! Sous prétexte de ne pas céder aux sectaires saoudiens (que viennent faire les sunnites là dedans ?), il faudrait favoriser les sectaires chiites d’Al Maliki ! Sectarisme contre Sectarisme et vogue la Galère !

  • permalien chamil :
    27 août @21h00   « »

    Il est vrai que les kurdes et les chiites irakiens (80% de la population?) ne sont pas tout à fait sur la ligne des "pacifistes" européens et de la "rue arabe" (sans parler des dirigeants arabes, grands démocrates devant l’éternel)... Il faut dissoudre ce peuple d’ingrats !

    Trêve de plaisanterie, les chiites irakiens n’ont jamais produit un texte déshumanisant les sunnites et ont répondu à la violence après des mois de provocation sanguinaire. Alors que les sunnites irakiens ont produit des appels hallucinants de haine, directement inspirés par la rhétorique saoudienne contre les "hérétiques", "séparatistes" et autres surnoms doux donnés aux chiites- privés de tout droit dans tout le Golfe, alors que les sunnites iraniens sont nettement mieux respectés.

    Il est vrai que pas très loin, le Hezbollah libanais a pu se rendre compte du vrai visage de Hariri, le porte serviette des saoudiens, lors de la guerre de 2006... et le respect de la démocratie de la part de la minorité sunnite locale.

    Et Al-Maliki est plus représentatif des irakiens que les groupes sunnites qui le combattent et qui représentent une minorité n’acceptant pas son statut de minorité- et qui refuse en plus le fédéralisme... comprenne qui pourra.

  • permalien K. :
    27 août @21h32   « »

    Treve de plaisanterie effectivement.

    Présenter l’obscène empire yankee comme le défenseur des opprimés chiites contre les sanguinaires sunnites est une plaisanterie plus que douteuse.

  • permalien K. :
    27 août @21h37   « »

    Faut-il le préciser ? Certainement Oui comme l’approuveront les habitués de ce blog : Opprimés chiites et sanguinaires sunnites sont à mettre entre guillemets...

  • permalien wkr :
    27 août @22h33   « »

    A propos du post de Helena Cobban, une réaction intéressante notée sur son blog :

    I wonder how true the anti-Sahwa moves said to be coming from Maliki are. Cockburn’s article, though he’s good, is just a transcription of other stories.

    No doubt the Sahwa people will be dumped, they will be got rid of, as they were a US idea, so the US can pay them. But why now in particular (as someone commented) ? There’s no reason.

    On the other hand, there are very powerful motives right now for the US authorities in the Green Zone to want to suggest that an anti-Sahwa move is about to take place. That would split the opposition to the signing of the SOFA.

    Nearly all this story has emanated from US analysts who’ve been in Baghdad recently, and were no doubt royally entertained and briefed in the seminar rooms of the US embassy.

    So we should be careful in evaluating the stories on this, check out who is saying what. Is it the famous anonymous "US officials" yet again?

  • permalien K. :
    27 août @22h50   « »

    L’auteur Jihad Azine dans An-Nahar, cité par Mme Omayma Abdel-Latif de l’hebdo egyptien Al Ahram :

    « L’objectif ultime des Etats-Unis serait-il d’affaiblir l’Islam de l’intérieur, et de détourner l’attention sur les chiites afin que les intérêts des Etats-Unis ne soient plus visés ? »

  • permalien K. :
    27 août @22h53   « »

    Jihad Azine et le quotidien An-Nahar sont libanais.

  • permalien
    28 août @11h31   « »

    Un cas supplémentaire d’acte “isolé et regrettable”.

  • permalien Sylvain :
    28 août @20h19   « »
    L’important n’est pas là

    Sunnites, chiites, peu importe

    L’important n’est-il pas de consommer, voire d’expérimenter de l’armement pour enrichir les actionnaires usaméricains, israéliens, voire français ?

    Et puis il y a le commerce juteux des mercenaires

    L’important n’est-il pas aussi, colatéralement, de détruire beaucoup pour enrichir des actionnaires des grosses entreprises de construction usaméricaines ?

    Qu’est-ce que cette guerre fait gagner à Haliburton, la boîte à Cheney ?

    Simpliste ? Vous en êtes sûr ?

  • permalien Edouard :
    29 août @08h08   « »

    Chamil a écrit ceci :

    Et les Etats-Unis se créent un ennemi en oubliant que les auteurs du 11 septembre sont sunnites - et TRES majoritairement saoudiens.

    A sa place je serais très prudent avant de corroborer la version officielle des attentats du 11/9 comme ils disent là-bas

    Il y a tout de même un peu trop d’"intellos" et de professionnels, en sus de témoignages troublants, qui (se) posent des questions.

    Et tout est lié puisque les patrons de Bush se sont servis du 11/9 pour faire déclencher ou continuer les guerres du Moyen-Orient contre le "terrorisme" de gens qui, pour beaucoup, religion ou pas, ne veulent souvent avant tout pas que leur pays soit sous la coupe des USA.

  • permalien Yasmina :
    29 août @10h17   « »

    Chiites versus Sunnites?

    L’administration Us tente d’instrumentaliser les differences entre chiites et Sunnites pour assurer sa politique de domination au Moyen Orient. L’administration US a revitalisé la vielle tactique consistant à "diviser pour conquérir"( formule de Seymour Herch) afin de maintenir la région sous la domination d’élites autoritaires alliées aux Etats Unis et à l’industrie internationale de l’énergie.

    c’est seulement depuis la révolution islamique en Iran, qu’on voit des expressions dans les journeaux officiels de la région comme "peril Perse" ou "croissant Chiites" . L’Arabe moyen lui ne regarde pas l’Iran comme une menace.

    Les differences entre Chiites et Sunnites sont souvent exagérées à dessein. C’est un devellopement récent liés à la politique au Moyen Orient. En réalité, Les differenres sont minimes, bien moindres que celles existants entre catholiques et protestant dans le christianisme . Pour l’essentiel, les chiites et Sunnites se marient entre eux(Savez vous que l’epouse de l’ancien President egyptien Nasser était Chiite?), partagent les m^me lieux Saint, recitent le meme Coran , se dirigent vers la Mecque pour faire la priere et font le meme pelerinage annuel à la Mecque avec tous les musulmans de la terre entiere et ce depuis des siecles.

    il y a des petites differences malheureusement qu’ on a relies à des questions d’interet politiques qui pouurait transformer des questions de théologies ésotériques en question de vie ou de mort. C’est un feux, qui une fois allumé peut détruire des formes de coexistence pacifiques ayant coexisté pendant des siècles.

  • permalien chamil :
    29 août @22h55   « »

    a K :

    An Nahar est LE journal des élites libanaises aux ordres de l’Occident et du Golfe. Le genre de journal qui a découvert que 1/3 de la population libanaise est chiite en 2006 (et ne sait toujours pas que 2/3 est dans la misère, mais c’est un autre débat).

    Quant au reste... Les occidentaux qui parlent des chiites le font de manière tellement caricaturale depuis 1979, sous le signe de la peur et déformés par la propagande des dictatures du Golfe, qu’ils n’arrivent même plus à prendre l’insurrection sunnite en Irak pour ce qu’elle est : une minorité nostalgique de sa toute puissance d’avant 2003, soutenue par des dictatures qui craignent de traiter enfin leurs propres citoyens comme des hommes dignes. Ne parlons pas des kurdes, d’ailleurs étrangement bien absents du Monde diplo depuis mars 2003 (où est Kendal Nezan, ancien contributeur régulier?), pour les mêmes raisons. Ca commence à faire beaucoup d’Irakiens qui ne vous plaisent pas !

    A Yasmina :

    Parler de complot pour diviser l’Islam... Vous me direz certainement que les chiites sont marginalisés depuis des siècles par les "américanosionistes" n’est ce pas ? Les Etats Unis ne seraient pas restés 1 seconde en Irak si la minorité sunnite n’avait pas monopolisé le pouvoir. Et aujourd’hui, alors que l’Iran et le Hezbollah appellent toujours au respect de tous les musulmans- quoi qu’on pense de ces acteurs-, l’Arabie saoudite et le monde sunnite en arrivent à produire des fatwas pour justifier le bombardement israélien du Liban, ou l’égorgement des "hérétiques" en Irak ou au Pakistan. Il n’est pas très difficile aux Israéliens et aux Américains d’en profiter dans leur actuelle croisade contre l’Iran, d’ailleurs attisée par Ryad.

    Sur ce point, le sinistre Kadhafi avait bien raison de pointer, lors du dernier sommet de la LA, l’Arabie Saoudite en accusant "ceux qui veulent nous entraîner, par sectarisme, dans une guerre contre l’Iran" à force de nier les communautés chiites du golfe.

  • permalien chamil :
    29 août @23h00   « »

    A Edouard :

    Ok. Oublions le 11 septembre. Les islamistes qui sont les plus menaçants sont lesquels : un régime islamique d’Iran en voie de difficile démocratisation ? Un Hezbollah qui pallie avant tout les carences et les lâchetés du Liban ? Une majorité d’Irakiens qui sort de décennies d’oppression ?

    Ou des wahabites richissimes qui paient des mosquées en Europe, Etats-Unis, prônant l’intolérance, l’antisémitisme, la haine des chrétiens, hindous, boudhistes, musulmans trop light, des idées de gauche, du mouvement ouvrier, le prosélytisme, et ayant été à l’origine des grands djihads (Afghanistan, Algérie, Irak) qui massacrent, rappelons-le, les musulmans avant tout ?

  • permalien chamil :
    29 août @23h11   « »

    "Treve de plaisanterie effectivement.

    Présenter l’obscène empire yankee comme le défenseur des opprimés chiites contre les sanguinaires sunnites est une plaisanterie plus que douteuse."

    Comme d’habitude, votre monomanie anti-US vous fait lire ce qui n’est pas écrit. Simplement si le monde arabe- sans parler des franchouillards toujours prêts à laisser les bougnoules aux dictateurs "laïcs" en bons anciens colonisateurs- avait été un peu plus sensible au martyr des chiites irakiens - à moins que vous trouvez normal leur sort sous Saddam- ceux-ci auraient été plus "arabes" dans leur réaction en 2003. Ce n’est pas un hasard qu’ils se soient pris au symbole de la lutte du nationalisme arabe, en l’occurence, les palestiniens réfugiés en Irak après mars 2003. Et qu’ils aient été d’une résistance pour le moins molle, y compris aujourd’hui, face aux USA. Sans parler des kurdes (soit : 80% de la population donc).

    Et de même, les chiites irakiens auront la mémoire très longue vis à vis des "pacifistes" européens qui les qualifiaient d’islamistes dès lors que les signes extérieurs de leur foi étaient de nouveau permis en Irak. La laïcité comme cache sexe du cynisme géopolitique aura fait des ravages de ce point de vue.

  • permalien K. :
    30 août @10h32   « »

    Vos “caches-sexe” rhétoriques sont bien trop minces pour ne pas voir ce que vous avez écrit.

    Votre fureur devant toute critique dirigée contre les siocons est éclatante, et je ne suis certainement pas le seul à m’en rendre compte (ou alors c’est de la monomanie contagieuse ?) comme le prouve par exemple ce post que vous avez, soit dit en passant, soigneusement fait semblant de ne pas voir qu’il vous était destiné.

    Votre argumentaire d’homme de “gauche” n’est là que pour essayer de noyer le poisson.

    An-Nahar est effectivement un quotidien de l’aile droite conservatrice libanaise, mais en quoi cela ôterait-il toute pertinence à la réflexion de Jihad Azine ? Lisez donc ce que disait un homme (véritablement) de gauche, feu Joseph Samaha (il s’agit du décryptage du discours 2007 d’adresse à la nation de Bush) :

    « Le nouveau rôle américain sera lié à la violence sectaire (il n’emploie pas les mots « guerre civile ») car nous nous tiendrons d’abord avec ce côté [les Chiites] puis avec le côté opposé [les Sunnites]. Si nous ne réussissions pas alors nous blâmerons les Irakiens de ne pas assez nous aider. »

    Qualifier la résistance en Irak de terroriste (les résistants sunnites avaient finalement compris qu’il fallait se désolidariser de la folie sanguinaire des “djihadistes” d’al qaida), et prétendre prouver sa solidarité avec les opprimés en justifiant le sectarisme d’ Al Maliki, collaborateur de fait de l’impérialisme US, voila ce qui ressort essentiellement de vos fumisteries rhétoriques.

  • permalien chamil :
    30 août @11h54   « »

    Pauvre K...

    Dites tout de suite que je suis un agent de la CIA ou du Mossad, ça vous calmera l’obsession qui vous ronge la plume, et qui constitue visiblement l’unique axe de votre "réflexion".

    De toute façon, les chiites irakiens se rendront compte tôt ou tard que l’enfermement communautaire et la méfiance vis à vis du reste du monde arabe sont intenables. Pour le moment, ils sur-réagissent à des décennies d’humiliation et d’injustice (sans parler des provocations sanglantes de la minorité sunnite), et sauf à être très insensible ou à croire aux fumisteries sur "le croissant chiite", on peut le comprendre humainement. Idem pour les kurdes qui se sont jetés dans les bras américains. Et les Etats-Unis n’auraient jamais pu utiliser la fracture religieuse, si depuis 1979 l’Iran et les chiites n’avaient pas été mis au banc du Moyen-Orient par eux, mais aussi par les Etats et opinions arabes, et désignés comme des ennemis intérieurs un peu partout au MO. Les méchants néoconservateurs n’ont pas tout créé de ce point de vue.

    Et franchement, à vous lire, on comprend pourquoi les chiites irakiens n’écouteront pas de sitôt les "anti-impérialistes" de votre genre, qui ont été aussi virulents à leur égard après mars 2003 "qu’étrangement" inaudibles quant à leur sort avant cette date.

  • permalien K. :
    30 août @12h56   « »

    J’ose croire que la CIA ou le Mossad savent choisir leurs agents, ou alors...pauvre d’eux.

  • permalien
    30 août @17h11   « »

    Quiconque n’aura pas évoqué la bataille parlementaire en cours, concernant les prochaines élection provinciale irakiennes, n’aura rien dit sur les tensions avec les sunnites en Irak.

    L’enjeu principal en est le parlement de la province pétrolifère et à majorité sunnite (par la volonté de Saddam Hussein) d’At Ta’mim, siégeant à Kirkouk, convoitée par les armées de libération kurdes, les milice sunnites et le gouvernement chiite de Maliki.

    Il en résulté la création d’un pétard ethno-confessionnel à la libanaise, qui explose avant d’avoir été allumé.

  • permalien K. :
    31 août @19h05   « »

    Le NYT révèle aujourd’hui que la décision du “surge” en Irak n’avait été prise qu’à l’issue d’intenses débats.

    Une “étude détaillée” publiée dans l’American Enterprise Institute (AEI), aurait décidé Bush d’adopter le “surge”.

    Frederick Kagan, membre de l’AEI et néocon notoire, est un des principaux auteurs de l’étude en question, après avoir été l’un des principaux inspirateurs de Bush quant au refus du plan de la commission bipartite présidée par Baker/Hamilton.

  • permalien K. :
    2 septembre @14h53   « »

    L’attitude d’al Maliki selon Gareth Porter (IPS, 01/09/2008) :

    Pour l’auteur le fait que l’Administration Etats-unienne ait considéré al Maliki comme une de leurs marionnettes prouve combien la dite Administration est devenue incapable d’appréhender la réalité, ne raisonnant plus qu’à travers son immense puissance militaire.

  • permalien K. :
    2 septembre @15h12   « »

    Précédemment Gareth Porter disait, peu ou prou :

    Tout le spectre du leadership politique aux Etats-Unis semble maintenant accepter l’idée qui veut que le fait d’etre l’état militairement dominant du monde rend inutile les compromis politiques. La force incomparable des Etats-Unis peut faire céder tous les réfarctaires.

    L’erreur, selon Nahid Hatr, est que « le pouvoir dissuasif de l’unique puissance mondiale ne dépend pas seulement de sa capacité à utiliser sa puissance militaire, mais aussi de sa capacité à dissuader d’autres puissances d’utiliser leur force militaire contre les intérêts et les alliés Américains. » Et c’est ce dernier type de dissuasion qui fait gravement défaut dans la stratégie américaine.

  • permalien K. :
    3 septembre @21h25   « »

    La première région sunnite (Al-Anbar) transférée aux Irakiens écrit Karim TALBI de l’AFP. Et d’ajouter : Le transfert de la sécurité des mains des Américains "est fait", a déclaré le conseiller irakien pour la sécurité nationale, Mouaffak al-Roubaïe durant la cérémonie au siège du gouvernorat à Ramadi, la capitale de la province. Et encore : On compte actuellement dans la province 28.000 militaires américains contre 37.000 en février.

    “28.000 militaires américains” qui s’en vont dans les prochains jours ? C’est ce que l’on pourrait logiquement conclure, vu que « le transfert de la sécurité des mains des Américains "est fait" ».

    Et bien non : Patrick Cockburn nous apprend qu’ils restent sur place, que les soldats irakiens n’auront qu’un role subalterne, et surtout qu’il ne s’agit que d’une opération de relations publiques, surtout destinée au public US, afin de donner l’image d’une situation idyllique en Irak, idyllique parce que la force a été utilisée sans modération, le dit public devant alors logiquement voter pour Rambo McCain. Voir, White House strategy is to help McCain win in November.

  • permalien K. :
    3 septembre @22h41   « »

    Juan Cole, ce jour :

    En août au moins 360 civils ont été tués et plus de 470 blessés dans des actes de violence à travers le pays, selon les comptes d’Associated Press.

    On estime que 75000 personnes ont trouvé la mort dans la guerre civile du Sri Lanka depuis 1982, soit 2800 par an.

    [En ne prenant en compte que les chiffres du mois d’Aout] les pertes en Iraq sont plus élevées, meme en ne prenant en compte que les seules victimes civiles.

    On estime à 70000 le nombre de personnes tuées depuis 1988 dans le conflit du Cachemire, soit environ 3500 par an.

    [En ne prenant en compte que les chiffres du mois d’Aout], les pertes en Iraq sont plus élevées.

    Dans la guerre civile libanaise de 1975-1990, on estime qu’au moins 100000 personnes ont été tuées, 75000 civils et 25000 militaires.

    Si nous extrapolons au taux de mortalité du mois d’août pour les civils de plus de 15 ans en Iraq, cela ferait environ 64.000 donc pas loin des taux de la guerre du Liban.

    Permettez-moi de répéter : Le niveau de violence en ce moment en Irak est en moyenne semblable à celui qui a prévalu pendant l’une des pires guerres civiles du 20e siècle ! Il est encore plus élevé que ceux du Sri Lanka et du Cachemire, deux des pires conflits en cours dans le monde.

    Ce n’est que dans une société orwellienne que notre presse peut affirmer que le déclin relatif de décès en Iraq constitue un "calme" dans le sens absolu du terme.

  • permalien K. :
    3 septembre @22h45   « »

    En août au moins 360 civils ont été tués et plus de 470 blessés dans des actes de violence à travers le pays, selon les comptes d’Associated Press. Ces chiffres concernent l’Irak .

  • permalien K. :
    4 septembre @17h22   « »

    Stephen Hayes du Wall Street Journal, cité par le site Think Progress :

    « L’état de l’infrastructure Irakienne avant notre présence, avant que nous ne lancions la moindre bombe, était déplorable. C’était bien pire que n’importe quel dégât que nous avons causé pendant la guerre. »

    D’abord Stephen Hayes oublie de préciser que l’infrastructure Irakienne avant la présence américaine était dans un piteux état essentiellement à cause de l’embargo américain.

    Ensuite Stephen Hayes est tout simplement un fieffé menteur. L’invasion de 2003 a eu des conséquences bien plus déplorables pour l’infrastructure irakienne que l’ignoble embargo américain qui a en outre fait des centaines de milliers de victimes civiles en bas age, justifiées pour Madeleine Albright.

    - Les hôpitaux irakiens ont été mis en ruine par l’invasion américaine de 2003 selon un article du NYT de 2004.

    - Selon le Saban Center (article récent), il y avait 34,000 médecins enregistrés en Iraq avant l’invasion ; environ 20,000 auraient quitté le pays depuis cette invasion.

    - 5/6 ieme des instituts d’étude supérieure ont été saignés suite à la même invasion, selon un article de 2005 du site Relief Web.

    - Suite à la même invasion, et jusqu’au 27 Mars 2008, il y a eu 469 attaques contre des installations pétrolières irakiennes, qui font que l’Irak est longtemps resté bien en-deça de ses capacités de production de la période de l’embargo, selon le site Energy Security.

  • permalien K. :
    29 septembre @21h48   « »

    Lors du dernier débat télévisé entre McCain et Obama, le premier aurait affirmé qu’il n’y avait pas eu d’exemple de violences entre sunnites et chiites en Irak à travers l’histoire, Obama affirmant le contraire.

    Reidar Visser, historien européen spécialiste de l’Irak, donne raison en grande partie à McCain :

    Shiites and Sunnis have coexisted in Iraq since they crystallised as two distinctive religious communities in Baghdad in the tenth century AD, when the struggle for power between various factions of the Islamic caliphate that had been going on since the seventh century became transformed into a theological one with the (Shiite) doctrine of the imamate. In the subsequent centuries, there was certainly tension between these two communities at times (not least because the rivalling ruling elements of the caliphates chose to cultivate links with particular communities to further their own power struggles), but outbreaks of violence on a large scale were extremely rare. In fact, not more than three cases stand out before the late twentieth century, and these were all related to invasion by foreign forces rather than to internal sectarian struggles between the Iraqis.

  • permalien K. :
    29 septembre @22h11   « »

    Mis à part l’aspect historique, l’affirmation d’Obama ne présage de rien de bon si elle signifie qu’il prévoit de s’aligner sur les positions de son co-listier, J. Biden, qui « prévoit la division de l’Irak en trois entités (sunnite, chiite et kurde), unies de manière très superficielle par une autorité fédérale. »

  • permalien K. :
    3 octobre @14h29   «

    - « The number of Iraqi civilians and security personnel killed in insurgent and militia violence in September was 440, little changed from August, security officials said on Wednesday. »

    Donc c’est toujours le "calme" absolu.

    - Blog du NYT sur l’Irak dont l’auteur relate son accueil dans le domicile d’une famille irakienne : un article si désireux de montrer que les choses sont sur la bonne voie pour le citoyen irakien lambda (“It is a gift from Allah!” my friend said quand l’électricité a fonctionné) qu’on y profère des énormités :

    « Comme dans beaucoup de maisons arabes, la salle de séjour était dépourvue de meubles à part une table ronde et des chaises en plastique »

    L’éventualité que les moyens financiers de la famille en question puissent etre limités ne doit surtout pas etre envisagée.

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