Le Monde diplomatique

Otages...

lundi 1er septembre 2008, par Alain Gresh

En me rendant ce matin à pied à mon travail, je suis passé devant l’hôtel de ville de Paris. Le portrait d’Ingrid Betancourt a disparu depuis longtemps, mais il reste un appel affirmant que Paris demande la libération de tous les otages à travers le monde. La municipalité s’est particulièrement mobilisée pour le soldat franco-israélien Gilad Shalit. Libération, au cours du mois d’août, a proposé quotidiennement des portraits d’otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), souvent des militaires présentés de manière extrêmement sympathique : ce sont des pères de famille, des fils aimants, etc.

Qui peut, un instant, ne pas souhaiter la libération de personnes retenues contre leur gré ? Et pourtant, ce matin, cette référence aux otages m’a particulièrement gêné. Je me suis plongé dans le dictionnaire historique de la langue française dirigé par Alain Rey (Robert). Le mot « otage », à l’origine, a signifié « logement, demeure » ; puis, par extension, il a désigné « l’hôte que l’on garde, la personne retenue comme garantie de l’exécution d’une promesse, d’un traité ». « Par extension, le mot s’applique à toute personne dont on s’empare et que l’on utilise comme moyen de pression, de chantage ; cette acception est d’époque révolutionnaire (1793). » Depuis, le sens du mot n’a pas changé.

Pourtant, son usage a fortement varié. Appelait-on « otages » les prisonniers américains capturés par le Front national de libération sud-vietnamien ? Les prisonniers français capturés par le Front de libération nationale (FLN) algérien ? Je ne le crois pas. Bien sûr, les Farc, comme d’autres groupes révolutionnaires, enlèvent aussi des civils. C’est, à n’en pas douter, condamnable. Comme l’est l’usage de la violence contre des civils, souvent qualifié de terrorisme, terme (qui suscite bien des discussions).

Mais ce dont on ne parle jamais, c’est la violence d’Etat. Les massacres russes en Tchétchénie, les bombardements américains indiscriminés en Irak ou en Afghanistan, les violences contre la population palestinienne, ne sont-ils pas un terrorisme d’Etat ? Ne méritent-ils pas une condamnation au moins aussi vigoureuse que celle qui frappe les actes des groupes non étatiques ? Les Etats ont des obligations qui découlent de la signature d’une multitude de conventions internationales, et il est criminel qu’ils violent ces obligations.

Revenons sur les otages. Le terme est appliqué au soldat Gilad Shalit. Pourquoi ne l’est-il pas aux 10 000 prisonniers palestiniens enfermés en Israël ? Mais certains ont du sang sur les mains, rétorquera-t-on. Et les soldats israéliens ? N’ont-ils pas de sang sur les mains ? D’autre part, parmi les prisonniers palestiniens, on compte nombre de prisonniers de conscience. Certains sont purement et simplement des détenus « administratifs » emprisonnés sans jugement. Ne pourrait-on pas les qualifier d’otages ?

Enfin, il faudrait rappeler le cas du Franco-palestinien Salah Hammouri, condamné par une justice israélienne aux ordres à sept ans de prison. Le gouvernement français ou la mairie de Paris sont-ils intervenus en sa faveur ?

Au-delà de cette question, il faudrait aussi parler de la violence. A lire les médias, seule la violence d’Etat serait légitime, même si, ici ou là, elle provoque quelques « dommages collatéraux ». Pourtant, faut-il rappeler que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 affirme, dans son article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » ? Ceux qui résistent les armes à la main à la dictature, à l’occupation étrangère, à l’oppression, ont-ils toujours tort ? Rappelons que Nelson Mandela avait été condamné pour « terrorisme », et qu’Amnesty International avait refusé de l’adopter comme prisonnier de conscience ; que Ronald Reagan et Margaret Thatcher considéraient le Congrès national africain (ANC) comme une organisation terroriste.

Un dernier mot sur la violence. Dans l’antiquité, Rome était une société bien policée, surtout si on la compare aux « barbares ». Les œuvres de ses poètes, de ses philosophes, de ses hommes de théâtre, de ses historiens, sont parvenues jusqu’à nous. Et ses élites s’indignaient bien sûr de la « barbarie » de Spartacus et de ses gladiateurs, hommes de peu...

Annapolis et son « effet anesthésiant » Retour à la table des matières

Annapolis restera comme l’une des mystifications les plus scandaleuses de l’histoire des relations israélo-palestiniennes, un village Potemkine, un nuage de fumée derrière lequel se poursuivent l’occupation et la colonisation. Un internaute a posté sur le forum un intéressant article de David Ignatius, publié dans The Washington Post du 28 novembre 2007 et intitulé « How Annapolis Helps ». Son jugement, relu neuf mois après, illustre à quel point les commentateurs spécialisés peuvent se tromper. Mais il a une formule qui, me semble-t-il, dépasse sa pensée et qui résume, en réalité, ce qui s’est passé : « Les simples mots “processus de paix” ont un effet anesthésiant (narcotic) et ce n’est pas si mal. C’est l’équivalent diplomatique du fait de créer de l’agitation sur le terrain afin qu’elle devienne le centre de l’attention et nous distraie des autres problèmes. Dans un Proche-Orient déjà bien volatile, cet aspect tranquillisant d’Annapolis est utile et il ne devrait pas être sous-estimé. »

32 commentaires sur « Otages... »

  • permalien Yann :
    1er septembre @20h19   »
    Otages citoyens...

    Sarkozy se décrédibilise (un peu plus encore) lorsqu’il déclare tout vouloir entreprendre pour faire "libérer le soldat Shalit". Comment pourrait-il honnêtement justifier cette priorité qu’il donne à la France ? Ne devenons-nous pas nous-mêmes otages de cette politique discriminatoire ?

  • permalien K. :
    1er septembre @22h01   « »

    @ Yann (et puisqu’on en est aux rétrospectives)

    New York Times, 02/05/2007 :

    « Mr. Sarkozy is unabashedly pro-Israel. He stunned Arab ambassadors in Paris recently, opening his remarks by saying that his foreign policy priority as president would be to forge a closer relationship with Israel. »

    Mr. Sarkozy est inconditionnellement pro-Israel. Il a récemment stupéfait les Ambassadeurs arabes à Paris, ayant ouvert le débat en disant que sa priorité en matière de politique étrangère serait de forger des relations plus étroites avec Israel.

    Le NYT aurait pu ajouter que le corollaire logique de cette priorité est de convaincre les dirigeants arabes de forger, ouvertement (toute explication serait superflue je crois), des relations étroites avec Israel. Aux dépens des masses arabes (lire Yossi Alpher si on veut comprendre).

    Mais au fond pourquoi donc Sarkozy devrait s’en faire pour les dites masses s’il ne s’en fait pas pour la grosse majorité des Français ?

  • permalien Yann :
    1er septembre @22h06   « »
    Sarkozy connaît la voie

    Making peace with Syria

    (Alain Gresh, International Herald Tribune, 01/09/08)

    +

    Joshua Landis, sur son blog Syria Comment en date du 31 août 2008 :

    "Paris Working for Quadripartite Summit in Damascus to Discuss Lebanon, Naharnet

    Paris is trying to sponsor a quadripartite summit in Damascus grouping leaders of France, Syria, Turkey and Qatar to discuss the Lebanon situation and the Middle East peace process, the daily Asharq al-Awsat reported Sunday. It said Paris wants the summit held during President Nicolas Sarkozy’s forthcoming visit to Damascus for talks with his Syrian counterpart Bashar Assad.

    The proposed summit also is to include Turkish Premier Recep Tayyip Erdogan and the Emir of Qatar Sheik Hamad Bin Khalifa al-Thani, according to the Paris-datelined report.

    The proposed summit would consider the Lebanon situation, the Syrian-Israeli talks through Turkey, the Palestinian-Israeli talks and regional topics, the report added.

    It quoted informed French sources as saying Sarkozy would not be accompanied by an expanded economic and business delegation during his visit to Syria because "the two states are still in the stage of setting up political relations."

  • permalien K. :
    2 septembre @01h40   « »

    Des relations étroites à des prix encore plus étroits :

    L’Egypte vend son gaz à Israel presque 9 fois moins cher que les prix du marché, ce qui fait perdre à l’Egypte 9 millions de dollars US par jour. Mais le pain des pauvres egyptiens est subventionné à grand peine.

    Là où on va rire (jaune), c’est quand on saura le prix auquel sera facturé le gaz égyptien bientôt vendu au (“pays frère”) Liban.

  • permalien K. :
    2 septembre @01h43   « »

    Des relations étroites à des prix encore plus étroits :

    L’Egypte vend son gaz à Israel presque 9 fois moins cher que les prix du marché, ce qui fait perdre à l’Egypte 9 millions de dollars US par jour. Mais le pain des pauvres egyptiens est subventionné à grand peine.

    Là où on va rire (jaune), c’est quand on saura le prix auquel sera facturé le gaz égyptien bientôt vendu au (“pays frère”) Liban.

  • permalien K. :
    2 septembre @01h45   « »

    Des relations étroites à des prix encore plus étroits :

    L’Egypte vend son gaz à Israel presque 9 fois moins cher que les prix du marché, ce qui fait perdre à l’Egypte 9 millions de dollars US par jour. Mais le pain des pauvres egyptiens est subventionné à grand peine.

    Là où on va rire (jaune), c’est quand on saura le prix auquel sera facturé le gaz égyptien bientôt vendu au (“pays frère”) Liban.

  • permalien K. :
    2 septembre @02h02   « »

    Désolé pour le “triplet” (erreur).

    Sondage Al Jazira : Etes-vous en faveur de l’envoi de troupes arabes à Gaza ?

    63,2 pour cent de NON à cet instant.

    Les relations des dirigeants arabes avec Israel sont trop étroites au gout des Arabes.

  • permalien K. :
    2 septembre @02h08   « »
  • permalien cafeducommerce :
    2 septembre @06h33   « »

    Bonjour,

    révérence gardée quant à toute l’utilité de votre travail, j’avoue ne pas comprendre votre allusion à la déclaration des droits dès 1793, qui n’est pas la constitution française actuelle, ni que je sache la constitution d’aucun pays, et qui fut rapidement abandonnée. A ce compte-là, pourquoi ne pas appliquer à toutes les sauces le 2e amendement de la constitution américaine sur la possession d’armes ? Un dealer de banlieue pourrait s’en prévaloir aussi "logiquement" que vous utilisez la déclaration de 1793...

    Bien cordialement,

    AMG.

  • permalien Jean-Marie :
    2 septembre @09h09   « »
    Les Droits de l’homme

    AMG a raison. Et je me suis fait la même réflexion avant de le lire

    Tous les guillotinés de la révolution française l’ont-ils été dans le respect de la déclaration des droits de l’homme ?

    N’est-il pas des références clichés qu’il faut savoir oublier ?

    Exemple "Le Français est cartésien"

    1/ Le Français n’existe pas 2/ Descartes a existé , lui, mais ne fut pas si génial que ça finalement. Sauf peut-être par rapport à son époque et au carcan religieux 3/ Si la majorité des Français étaient cartésiens,ça se verrait, non ? C’est comme la démocratie qui est un mythe. Et l’(usage du mot un mensonge même, disait Etchegoyen.

    Quoique ce ne soit pas la notoriété d’un auteur (qui ne s’est pas fait tout seul) qui fait la valeur d’un propos, mais sa pertinence intrinsèque.

    Même les Grecs qu’on prétend inventeurs de la démocratie n’étaient pas démocrates

    Est-ce démocratiquement que Socrate (s’il existat) fut condamné à boire la cigüe ?

    Un vote à la majorité est-il forcément bon pour l’intérêt général ? Encore un culte mythique.

    Pourquoi plaindre les prisonniers palestiniens ? Ne le sont-ils pas par décision des responsables de la seule démocratie du Moyen-Orient ? Encouragé par les élus de la démocratie usaméricaine et aussi française.

    Pesons nos mots pour éviter la croissance des maux pesant

  • permalien Alain Gresh :
    2 septembre @09h19   « »

    Pour AMG

    Vous avez raison. La déclaration de 1793, bien que longtemps défendue par la gauche, n’est pas un document légal. En revanche, la déclaration de des droits de l’homme et du citoyen de 1789 l’est. Et elle prévoit explicitement à son article 2 que la résistance à l’oppression est un droit naturel et imprescriptible.

    Article 2. « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. »

  • permalien K. :
    2 septembre @12h11   « »

    La dernière étape tragi-comique d’Oslo. Par Moustafa Barghouthi.

    Comment explique-t-on le silence des avocats du processus d’Annapolis sur le fait que la construction des colonies a augmenté de 20 fois depuis Annapolis, et leur insistance que les négociations continuent en dépit de cette expansion fiévreuse ?

    Ce que les Israéliens préparent, avec le soutien des USA, c’est de faire accepter aux Nations Unis tout accord auquel ils parviendront comme une bénédiction, annulant ainsi toutes les résolutions et lois internationales précédentes en faveur des droits nationaux palestiniens.

  • permalien david :
    2 septembre @12h42   « »

    sur les otages, il ne faut pas oublier une utilisation galvaudée par les journalistes : à chaque fois qu’il y a une grève qui gène des usagers (transports, education), c’est une prise d’otages. "... sont pris en otage", "Vous sentez-vous pris en otage par les grévistes ?" "Nous sommes pris en otage" etc. Cet usage du mot "otage" est grotesque : un otage est en danger de mort potentiel, pas les usagers qui subissent une grève ! Cela traduit le manque de réflexion des journalistes en ce qui concerne les mots qu’ils utilisent. Et donc leur manipulation (des journalistes) ou leur auto-manipulation.

  • permalien krimomusic :
    2 septembre @13h29   « »

    bonjour je trouve que le journalisme depuis prés d’un demi siécle est devenu une source inépuisable de manipulation divers...quelqu’un qui n’a jamais été pris en otage pourra toujours utilisé ce terme comme il veut que........ ces chefs lui dictent de faire...mais pour nous ALGERIENS-nes- on sait vraiment ce que c’est..que vivre en otage depuis 1992...seize ans..c’est quand meme courageux..non !!

  • permalien Jean-Marie :
    2 septembre @17h40   « »
    Les belles déclarations

    Monsieur Gresh a répondu à AMG

    En revanche, la déclaration de des droits de l’homme et du citoyen de 1789 l’est.

    Je repose donc ma question : Tous les guillotinés de la révolution française l’ont-ils été dans le respect de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ?

    Y compris Louis XVI a qui il n’a manqué qu’une voix pour ne pas être guillotiné !!!

    Quand les rédacteurs et les signataires d’une déclaration ne l’appliquent pas eux-mêmes ....

    (Un peu comme les sionistes quoi ..)

    N’est-il pas des références clichés qu’il faut savoir oublier ?

    Et la Déclaration universelle adoptée par la jeune ONU le 10 décembre 1948 n’entraînait-elle pas celle-ci, après un premier refus de décembre 1948 également, à persévérer de ne pas voter l’adhésion d’Israël à l’ONU pour non respect évident de la dite déclaration ?

    Les belles déclarations .....

    Et, hélas, Israël n’est pas la seule personne à ne pas la respecter

    Oui vraiment les belles déclarations, ça fait bien de s’y référer dans un beau discours, mais dans les actes ...

  • permalien
    2 septembre @18h24   « »

    ’Ingrid Betancourt, Gilad Shalit, mais pourquoi les mêmes qui nous en mettent plein la tronche avec ces gens ne nous parlent ils pas des 500 guérilleros otages-prisonniers qu’ Uribe détient toujours ?

    Et pourquoi Libération ne met pas chaque jours en une la photo d’ un paysan colombien torturé, démembrés vivant par les para-miltaires à solde du président colombie Uribe ?

    Des fosses contenant des milliers de corps ont été découvertes il y quelques mois en Colombie, mais pas une photo, même pas le centième publié pour la libération d’ Ingrid Betancourt, dans Libé et autres outils de propagandes ! Les bons morts, les bons torturés, c’est comme les bons otages : ils doivent recevoir l’ autorisation de Libération pour avoir le droit d’ exister.

  • permalien K. :
    2 septembre @19h17   « »

    Le domicile de Salam Amira, 16 ans, la jeune fille qui avait filmé le soldat israélien en train de tirer sur un Palestinien menotté, Ashraf Abou Rahma, fait l’objet d’actes de vandalisme, et son père l’objet de persécutions, par l’armée israélienne selon Jonathan Cook.

  • permalien Alain Gresh :
    2 septembre @19h20   « »

    Réponse à Jean-Marie

    Je reprendrai une déclaration d’un professeur de droit mis en scène dans le magnifique roman de Manès Sperber, Et le buisson devint cendre (Odile Jacob, 1990), un roman qui évoque la lutte de militants communistes contre le fascisme (et leur découverte du stalinisme) :

    « Je n’ai pas mis au rancart les moralistes imbéciles pour permettre à des Machiavel imbéciles de se pavaner. J’ai appris à votre génération à découvrir dans le droit l’origine malpropre de la puissance qui l’a institué, mais je vous ai aussi montré que la puissance s’en va au diable quand elle détruit le droit qui l’a fondé » (p. 199)

    Ce n’est pas parce que le droit est utilisé et manipulé qu’il faut renoncer à s’en servir et à s’appuyer sur ses avancées qui permettent de mieux résister.

  • permalien cafeducommerce :
    2 septembre @23h05   « »

    Merci de votre réponse,

    il reste bien sûr à voir où commencent l’oppression et la résistance. Dans le cas d’Israël, l’oppression n’est pas bien difficile à voir, sauf bien sûr pour ceux qu’elle fait jouir (la trique de certains devant un Palestinien qui souffre, c’est une réalité...), et qui en sont donc aveuglés.

    Pour la France, c’est une autre question, qui n’est pas précisément l’objet de votre blog.

    A une prochaine fois peut-être,

    AMG.

  • permalien Nefermaât :
    2 septembre @23h35   « »

    Merci beaucoup pour ce blog, au contenu riche et intéressant. Vos propos sont mesurés, réfléchis, et apportent réellement quelque chose à la réflexion, que l’on soit d’ailleurs en accord ou non avec vos opinions. Merci encore...

  • permalien Jean-Marie :
    3 septembre @20h21   « »
    Devoirs ET droits

    Merci M. GRESH

    Mais 1/ J’aurai toujours de la méfiance sur la qualité intrinsèque et même sur l’admiration de déclarations qui ne sont même pas appliquées par les déclarants

    2/ Plus tout jeune, je mourrai sans doute avant de voir écrit par des gens honorables la déclaration des Devoirs et des Droits des Humains et de la voir adoptée par des structures internationales respectables

    Il n’y a pas de droits à revendiquer si parallèlement on n’a pas le souci de remplir, dans la mesure où çà nous est possible ses devoirs. Etant bien conscient que dans certaines circonstances extrêmes , c’est l’obtention de certains droits qui est quasi indispensable pour pouvoir mieux respecter ses devoirs

  • permalien Lou :
    3 septembre @23h14   « »
    Otages

    Que penser des internationaux du Free Gaza bloqués dans la Bande de Gaza comme les 1,5 million de Palestiniens.

    RFI à 5:35

    (juste avant on nous parle d’un nouveau viol de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne et de la mort d’un soldat belge au cours d’une opération de déminage.)

    LIKE PALESTINIANS, HUMAN RIGHTS WORKERS DENIED EXIT THROUGH EREZ CHECKPOINT TO ISRAEL AND THROUGH RAFAH CROSSING TO EGYPT

    Les quatre internationaux ont tenté de sortir pacifiquement de la Bande de Gaza contrôlée par Israël au point de passage d’Erez le 29 août ; Israël a refusé la sortie, indiquant que les militants étaient entrés illégalement à Gaza par la mer, même si ce voyage a été officiellement autorisé par le Ministère israélien des affaires étrangères et le Ministère des affaires intérieures , selon les articles des journaux. Une déclaration officielle faite par le ministère de la Défense d’Israël (25 août ) a déclaré que le Free Gaza Movement n’a pas enfreint les lois, et que leur action ne pose "pas de menaces pour la sécurité » (Ha’aretz).  

    Des canaux diplomatiques essaient de négocier la sortie des militants des droits de l’homme, qui souhaitent, comme les Palestiniens, exercer leurs droits de l’homme selon l’article 13 de la Déclaration Universelle de Droits de l’homme : 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

  • permalien G. :
    3 septembre @23h24   « »
    Otages... Rageant, surement...

    Il est certain que le mot de 2 septembre @18h24 sur les filtres médiatiques a propos des otages en Colombie notamment est pertinent. Ingrid est une otage de luxe, une otage pour les rois, les papes, les presidents. Mais, bien qu’elle soit irritante, elle a quand meme ete 6 ans en captivite, ce n’est pas rien. Mais c’est vrai, c’est peut-etre scandaleux, que des paysans, des etudiants, des syndicalistes, des militants ont ete dans les annees 2000, pas il y a 50 ans, mais il y a juste quelques annees, assassinees par des paramilitaires, et cela continue, et qui pour etre des amis du president A. Uribe, ne sont pas juges.

    Les fosses communes n’interessent les rois que lorsqu’elles concernent les princes et princesses assassinees.

    Rageant, surement.

    C’est la loi du systeme de ce monde...

    A nous de comprendre le monde pour le changer !

  • permalien Lou :
    3 septembre @23h28   « »
    Borchgrave et Brian Harring

    Borchgrave nous dit qu’Israël a (avait?) des bases en Géorgie pour attaquer l’Iran

    03/09/2008

    « Si les révélations de Borchgrave sont confirmées, ou si on leur accorde quelque crédit, comme c’est plus probable, la vision réaliste de la crise géorgienne prend une autre dimension. Elle propose une vision d’une affaire géorgienne inextricablement liée aux intrigues sans nombre des axes militaro-industriels USA-Israël, avec implication plus ou moins assurée dans un possible conflit avec l’Iran. La question de l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN, et à l’UE pendant qu’on y est, prend une allure cocasse et grandguignolesque à force d’intrigues et de complications absolument incontrôlables. La rhétorique vertueuse de l’“Ouest” à l’égard de la Géorgie va être de plus en plus difficile à soutenir et la diplomatie européenne de plus en plus confrontée aux combines déstructurantes des groupes plus ou moins contrôlés aux USA et en Israël. »

    Israël Projetait Une Opération Sous Faux Pavillon Contre l’Iran A Partir De La Georgie

    Sous l’intitulé « Israël et l’attaque contre Téhéran », un journaliste d’investigation américain, Brian Harring, révèle un plan d’attaque israélien de l’Iran à partir du territoire georgien.

    Selon l’auteur de l’article, le Président G.W.Bush avait connaissance de cette attaque israélienne planifiée car il existe un « document de 2006, dont des copies portant sa signature, ont été postées sur internet et envoyées par mail« . Il affirme également que d’importants documents ont été saisi par l’armée russe lors de sa contre offensive après l’attaque meurtrière lancée par l’armée georgienne contre l’Ossétie du Sud dans la nuit du 7 au 8 août. Concernant ces documents saisis outre des documents fournissant des renseignements classifiés sur l’OTAN, y figureraient également des documents contenant des informations détaillées sur les pratiques de combat de l’armée israélienne. Peu de temps après le début de la guerre en Georgie et après avoir révélé la participation d’anciens militaires de l’armée israélienne à la formation de l’armée georgienne, les medias israéliens (YNET, Haaretz, JPost) se sont plaints que ces mercenaires en intervenant dans des pays étrangers où ils forment et entraînent des troupes ou des milices para militaires, bradaient les secrets de l’armée israélienne pour s’enrichir.

  • permalien Edouard :
    4 septembre @15h17   « »
    N’importe quoi

    .... même si ce voyage a été officiellement autorisé par le Ministère israélien des affaires étrangères et le Ministère des affaires intérieures

    Vous avez bien que la majorité des journaux, même sur Internet, même sans être des journaux sionistes ou sous influence sioniste racontent n’importe quoi.

    Vous ne l’avez pas encore constaté ?

    S’agit-il bien d’autorisation ? C’est paru en hébreu où ?

    Les sionistes ont seulement éviter le ridicule et la médiatisation d’un affrontement surtout avec la belle-soeur du sioniste Blair dans le lot

    Et voilà maintenant que certains des courageux "briseurs de siège" vont jouer au facteur

    http://www.FreeGaza.org

    Va encore falloir qu’ils fassent certifier l’inocuité de leur chargement  ;-)

  • permalien K. :
    4 septembre @20h03   « »

    L’egypte aurait interrompu sa livraison de gaz à Israel. Mais Israel espère que cela sera de courte durée : "We have no doubt that Egypt will stand by the agreement it signed with the government in Israel, including the commercial agreement signed between EMG and Israeli customers. The ministry is in constant contact with government officials in Cairo and in parallel is making great effort to assure additional sources of gas.."

  • permalien Mohsin :
    8 septembre @13h58   « »
    Otages... "Deux poids, deux mesures"

    En fait, dans la logique occidentale (inconsciente ou inavouée) d’aujourd’hui ce n’est pas le terrorisme exercé par l’Etat qui est justifiable. C’est plutôt le terrorisme du plus fort qui est au dessus des lois et parfois même est érigé en vertu. Qu’il s’agisse d’un Etat, d’une multinationale ou même d’un individu, le plus fort est celui qui détient les moyens d’excuser ces actes les plus abominables. Merci M. Gresh d’attirer l’attention sur cette question qui, d’apparence anodine, cache une réelle hypocrisie mondiale, historique, et porteuse de germes néfastes pour la paix dans le monde.

  • permalien K. :
    8 septembre @20h36   « »

    Un projet évolutif (2) Al Faraby

    "On évoque un plan d’évacuation de colons d’Est en Ouest de la Cisjordanie"

    "ça ne peut pas"

    "et pourquoi ?"

    "parce que si l’évacuation a lieu de la Cisjordanie vers la Cisjordanie, alors ils seront toujours des colons"

    "sauf qu’ils ne seront plus à l’Est mais seulement à l’Ouest"

    "d’accord... une fois qu’ils seront à l’Ouest, qu’adviendra-t-il ?"

    "rien"

    "comment ça rien !?"

    "oui... parce qu’à l’Ouest de l’Ouest, il y a la mer... tu ne veux quand même pas les jeter à la mer ?"

    "et ça serait quoi la solution finale ?"

    "y a pas de solution finale... on a déjà évoqué cette question"

    "je ne me souviens pas"

    "mais si... rappelle-toi, c’est quand on a dit que c’est un projet évolutif"

    "ah oui... mais c’était à propos du Nouveau Moyen-Orient"

    "eh ben... on y est plein dedans !"

    "mais cette évacuation de colons est sans commune mesure avec le projet"

    "détrompe-toi... les plus grandes réalisations s’effectuent à petits pas... surtout en matière de colonisation"

    "tu veux dire que dans le cadre du Nouveau Moyen-Orient il est quand même prévu une Palestine"

    "oui... mais seulement à l’Est de la Cisjordanie"

    "ça ne peut pas"

    "et pourquoi ?"

    "parce que la Palestine inclue toute la Cisjordanie"

    "ça ne peut pas"

    "et pourquoi ?"

    "parce que ce que tu dis-là c’était dans l’Ancien Moyen-Orient"

    "dis-moi un peu... au jour d’aujourd’hui... on se trouve dans quelle phase ?"

    "aujourd’hui... on est dans la phase d’évacuation de la Cisjordanie pour rester en Cisjordanie"

    "c’est comme à Gaza"

    "non... Gaza, on l’a évacué pour le transformer en une grande prison à ciel ouvert... et au final, y en aura d’autres dans le Nouveau Moyen-Orient"

    "d’autres quoi ?"

    "prisons à ciel ouvert"

    "je ne comprends toujours pas"

    "tu ne comprends pas quoi ?"

    "tu viens de dire à l’instant qu’il n’y a pas de solution finale !"

    "... !?"

  • permalien K. :
    10 septembre @18h03   « »

    En plus de l’article 2 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, on peut aussi citer peut-etre le troisième paragraphe du Préambule de la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 :

    « Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. »

  • permalien K. :
    25 septembre @14h19   « »

    - « Le Quartet pour le Moyen-Orient (UE, Russie, ONU, États-Unis) échoue dans sa tâche. Les progrès qu’il enregistre sont insuffisants, tant en matière d’amélioration des conditions de vie des Palestiniens que de perspectives de paix. Telle est la conclusion d’un nouveau rapport publié ce 25 septembre par plusieurs organisations humanitaires. »

    - Daniel Levy, à l’IPS :

    "Je pense que les problèmes que ces groupes abordent est très important parce que trop souvent la question n’est vue que sous l’angle politique alors que la perspective humanitaire est minimisée"

    Au total, l’UE, la Russie, et l’ONU font partie des ingrédients du “narcotique”.

  • permalien K. :
    30 septembre @21h28   « »

    Pour Michèle Alliot-Marie les images des populations victimes au Liban, en Palestine, en Afghanistan, c’est de la « propagande contre l’Occident » qu’il faut faire disparaitre dans le cadre de la « guerre de la communication » pour « lutter contre le terrorisme ».

  • permalien
    3 octobre @19h37   «

    Azmi Bishara :

    La décision [des régimes arabes] d’abandonner la cause palestinienne est le résultat d’une convergence entre deux types de perceptions ou d’attitudes. La première est que les régimes arabes considèrent que cet abandon est dans leurs propres intérêts, et dans l’intérêt de leurs pays, afin de prendre leurs distances de n’importe quel concept d’entité politique arabe basé sur un ensemble d’intérêts communs dans les domaines de la sécurité nationale de la politique, de l’économie et de la stratégie. La seconde est qu’ils croient qu’il est également dans leurs intérêts que la direction du mouvement national palestinien devienne un autre régime arabe selon leur modèle.

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