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Nicolas Sarkozy en Syrie

jeudi 4 septembre 2008, par Alain Gresh

« Sarkozy va encourager la Syrie à s’ouvrir », par Pierre Prier, dans Le Figaro (3 septembre).

Dans l’International Herald Tribune du 2 septembre, à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy à Damas, j’ai publié un point de vue, « Making peace with Syria ».

« Pour Nicolas Sarkozy, le voyage à Damas doit être celui de la consolidation. Après avoir reçu le président Bachar el-Assad à Paris le 12 juillet, le chef de l’Etat souhaite, au cours de ce déplacement « politique et non économique », insiste-t-on à l’Élysée, continuer à encourager le retour de la Syrie sur la scène internationale. Une politique en rupture avec l’isolement de Damas mis en œuvre par Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy avait promis de reprendre contact avec la Syrie si elle laissait se dérouler l’élection présidentielle au Liban, privé de chef d’Etat. Ce qui fut fait en juin, avec l’élection de Michel Sleimane. »

(...)

« Il est impossible de ramener la Syrie dans le concert des nations, et par exemple de lui faire renoncer à son alliance iranienne, si on ne lui offre pas d’autre perspective, argumente-t-on à l’Elysée. Le régime syrien ne semble toutefois pas vouloir lâcher du lest sur son alliance iranienne, ni sur son soutien au Hezbollah. La milice chiite libanaise lui sert de moyen de pression sur Israël. Dans le conflit géorgien, Bachar el-Assad s’est précipité à Moscou pour féliciter Vladimir Poutine, annonçant dans la foulée son désir d’acheter des armes russes, y compris des systèmes modernes de défense antiaérienne qui ne sont pas du goût d’Israël. »

Sur le sens de cette visite, Gilles Paris, dans Le Monde (4 septembre), écrit, sous le titre « Nicolas Sarkozy scelle les retrouvailles franco-syriennes » :

« Le régime syrien, qui s’est montré prompt à soutenir la Russie contre les Occidentaux dans la crise géorgienne, en nostalgique de la guerre froide et de ses blocs, assure ainsi que c’est sa capacité de résistance aux pressions internationales qui a convaincu le président français, sur les conseils du Qatar, de rouvrir le dialogue avec Damas pour tenter de se gagner les faveurs d’un pays stratégique mais marginalisé au sein de la famille arabe, comme l’ont encore montré les absences de nombreux chefs d’Etat lors du sommet annuel de la Ligue arabe organisé à Damas, en mars, à commencer par le roi Abdallah d’Arabie saoudite. »

« L’Elysée, au contraire, défend la thèse d’une évolution syrienne illustrée, selon la présidence française, par l’apaisement relatif enregistré depuis l’accord de Doha, en mai, au Liban, l’ancien pré carré syrien, après trois années de tensions et de violences entre majorité antisyrienne et opposition libanaises. »

La presse saoudienne ne peut cacher son mécontentement devant cette visite. A plusieurs reprises, les responsables de Riyad ont mis en garde la France contre tout rapprochement avec Damas. Dans un article de Asharq Alawasat du 3 septembre, « Syria : the Summit of Contradictions », le rédacteur en chef du quotidien financé par les Saoudiens, Tareq Alhomayed, se pose plusieurs questions, notamment sur Nicolas Sarkozy et sa qualité de président de l’Union européenne : « Est-ce que tous les Européens approuvent le rapprochement avec la Syrie, voire acceptent la formation d’un axe qui comprend la France et l’Iran? (sic!). » Aucun des participants au sommet entre Assad, Sarkozy, Erdogan et l’émir du Qatar « ne peut donner ce que la Syrie veut, c’est-à-dire le rétablissement de ses relations avec les Etats-Unis, l’Egypte et l’Arabie saoudite.... oui, Riyad et Le Caire. Qui s’est rendu récemment à Damas sait que le niveau de tension là-bas est le résultat de la longue interruption des rapports avec l’Egypte et l’Arabie saoudite ».

Plusieurs sujets ont été abordés par les présidents syrien et français. D’abord les relations bilatérales, le président Sarkozy se félicitant de l’amélioration des contacts entre Damas et Beyrouth, de la promesse de l’échange d’ambassadeurs entre les deux capitales et souhaitant que cet échange ait lieu dans les mois qui viennent.

Le dossier iranien a été aussi abordé, Sarkozy répétant qu’il était inadmissible que l’Iran acquière l’arme nucléaire, le président syrien affirmant qu’il était pour un Proche-Orient dénucléarisé, c’est-à-dire pour qu’Israël renonce à la bombe atomique.

Nicolas Sarkozy a déclaré, selon Gilles Paris (« A Damas, le président Sarkozy a justifié l’ouverture française vis-à-vis de la Syrie ») :

« “Le respect scrupuleux de la liberté d’opinion représente un atout et non un handicap dans la lutte contre l’extrémisme”, a dit le président français, prenant note avec satisfaction de la libération de deux prisonniers politiques, parmi lesquels l’économiste Aref Dalila, dont la situation avait été portée à l’attention du régime syrien. » Aucune nouvelle ne semble avoir été donnée d’autres prisonniers, notamment de l’intellectuel Michel Kilo, souvent évoqué sur ce blog.

Gilles Paris écrit aussi que le président syrien « s’est engagé à jouer de son influence auprès du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) palestinien dont le chef du bureau politique, Khaled Mechaal, vit en exil à Damas. Ce dernier devrait d’ailleurs recevoir, au terme d’un processus compliqué, une missive du père du soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé et détenu à Gaza depuis juin 2006. Cette lettre, remise jeudi par la partie française au président syrien, devrait parvenir au responsable islamiste par l’intermédiaire de l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al-Thani, présent jeudi à Damas dans le cadre d’un bref sommet quadripartite organisé avec la Turquie ». Ce que l’on ne saura pas, c’est si le président syrien a remis une lettre à Nicolas Sarkozy à propos du franco-palestinien Salah Hammouri, condamné à sept ans de prison par les autorités israéliennes.

Au-delà de ces remarques, on ne peut que constater la stupidité de la politique de boycott du Hamas. Rappelons que Yves Aubin de La Messuzière, ancien directeur Afrique du Nord-Moyen-Orient au ministère des affaires étrangères, avait effectué une première mission officieuse auprès du Hamas en avril. Bien qu’ayant l’aval de l’Elysée, cette visite avait suscité quelques polémiques – et de fortes pressions israéliennes – qui ont amené le Quai d’Orsay à publier le 25 juillet un communiqué absurde : « Nous avons appris que M. Aubin de la Messuzière comptait se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens. Ce voyage constitue une initiative personnelle de M. de la Messuzière, dans le cadre de son travail universitaire de chercheur associé à Sciences Po. M. de la Messuzière n’est pas mandaté par les autorités françaises. Il ne rencontrera pas les diplomates français sur place lors de son déplacement. Nous ferons passer ce message aux autorités israéliennes et palestiniennes afin de clarifier le statut du voyage de M. de la Messuzière. »

Un des sujets qui ont retenu l’attention, ce sont bien sûr les négociations israélo-syriennes indirectes, menées sous l’égide de la Turquie, dont on a appris l’existence en avril 2007. Selon le quotidien Haaretz du 4 septembre (« France elbows U.S. aside in Syria negotiations », par Zvi Bar’el), la participation de la France aux négociations quadripartites qui se tiennent à Damas aujourd’hui aurait amené les Etats-Unis (et précisément le sous-secrétaire d’Etat David Welch), qui avaient décidé de participer à la prochaine session des négociations indirectes (prévues pour le 7 septembre), à se désister. Le journaliste israélien dénonce la position française, qui, d’après lui, rend impossible l’application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité concernant le Liban. On peut penser qu’un tel article reflète le mécontentement de l’administration américaine à l’égard de la politique syrienne de M. Sarkozy.

Quoi qu’il en soit, le président Assad, lors de la conférence de presse du 4 septembre, a d’abord salué le rôle de médiateur de la Turquie, affirmant que ce pays était l’un des seuls qui avaient « manifesté ces dernières années de l’intérêt à l’égard du processus de paix ». Comme le président nous l’a dit, cela fait longtemps que Damas était prêt à des négociations, mais que celles-ci étaient refusées par Israël et les Etats-Unis.

Les leaders des quatre pays réunis à Damas (Syrie, France, Turquie et Qatar) ont discuté des conditions qui permettraient à ces négociations israélo-syriennes de devenir directes. Pour la Syrie, il faut d’abord se mettre d’accord sur le but, les Syriens insistant pour qu’Israël reprenne la promesse de l’ancien premier ministre Itzhak Rabin de se replier sur la frontière du 4 juin 1967. L’autre condition, bien évidemment, concerne les Etats-Unis. Pour que ce pays puisse jouer son rôle dans ces négociations, rôle que la Syrie considère comme irremplaçable, il faut, affirme le président Assad dans sa conférence de presse du 4 septembre, « qu’il y ait un dialogue. Il ne peut pas y avoir de parrainage sans dialogue (...), et ce dialogue [avec les Etats-Unis] n’a pas commencé. C’est pourquoi nous parlons de négociations de paix directes dans la prochaine phase, c’est-à-dire après les élections américaines ».

Bien que l’aspect économique n’ait pas été dominant durant la visite de M. Sarkozy, Le Figaro du 2 septembre annonce que « Total se renforcerait en Syrie » (Aurore Pétain). Christophe de Margerie, PDG de Total, participait d’ailleurs au voyage présidentiel.

Le Sel de la mer Retour à la table des matières

Le film palestinien de la réalisatrice Annemarie Jacir est sorti sur les écrans le mercredi 3 septembre. Ne le manquez pas. J’en ai longuement parlé dans l’un de mes précédents envois, qui comprenait un entretien avec la réalisatrice.

Servantes et mauvais traitements Retour à la table des matières

On connaît le problème de ces dizaines de milliers de femmes, pour la plupart originaires d’Asie, qui travaillent au Proche-Orient, dans les pays du Golfe ou le Liban, et sont souvent victimes de mauvais traitements. Le cheikh Mohammed Fadlallah, important dignitaire chiite au Liban, référence pour de nombreux membres du Hezbollah, a publié le 2 septembre une déclaration condamnant ces mauvais traitements et appelant à la protection des employés de maison.

22 commentaires sur « Nicolas Sarkozy en Syrie »

  • permalien Yann :
    4 septembre @19h57   »
    Mauvaise langue

    Paix mondiale grâce au Sarko French Flair !

  • permalien K. :
    5 septembre @09h32   « »

    Le role de l’Arabie Saoudite au Liban, d’après Fida Itani.

  • permalien
    5 septembre @11h01   « »
  • permalien Ph. Arnaud :
    5 septembre @11h20   « »

    A tous

    Est-ce que je me trompe, ou ai-je bien entendu hier, aux journaux télévisés, Nicolas Sarkozy menacer l’Iran de frappes aériennes israéliennes en cas de poursuite du programme nucléaire iranien ? Si c’est le cas, ce serait la deuxième fois qu’un très haut responsable français parlerait explicitement d’une action violente contre l’Iran, après Bernard Kouchner, il y a exactement un an (en septembre 2007). Si la déclaration de N.S. est vraie, comment peut-on l’interpréter ?

  • permalien Lou :
    5 septembre @12h09   « »

    “"L’Iran prend un risque majeur à continuer le processus d’obtention du nucléaire militaire - ce qui est notre certitude - parce qu’un jour, quel que soit le gouvernement israélien, on peut se retrouver un matin avec Israël qui a frappé" a déclaré le président français, peu avant un sommet quadripartite sur les pourparlers Syrie-Israël.”

    Peut-on en penser que Sarkozy a pris la mesure de la pathologie de l’état d’Israël "quel que soit le gouvernement israélien" et en appelle à la raison des décideurs iraniens ?

    Nicolas Sarkozy recevra aussi le "Prix Mondial de l’homme d’Etat 2008" C’est une bonne nouvelle pour les Israéliens nous dit-on, mais Nicolas Sarkozy est le président de la République Française n’est-il pas ?

  • permalien K. :
    5 septembre @13h08   « »

    @ Ph. Arnaud

    Lou a donné un lien sur une partie de la déclaration exacte de Sarko. Le reste de la déclaration vaut son pesant d’or... de langage orwellien :

    "il ne s’agit pas de savoir si c’est [il s’agit de l’éventuelle frappe israélienne contre l’Iran] légitime, intelligent ou pas. Qu’est-ce qu’on fera à ce moment là ? Ca sera la catastrophe. Il faut éviter cette catastrophe"

    Ainsi pour éviter la catastrophe il faut que le menacé se plie aux menaces du menaçant, et non pas raisonner le menaçant. Et il faut que le menacé s’écrase sans recevoir en retour la moindre garantie sur sa sécurité et sa prospérité futures. Et Sarkozy est convaincu que de tels propos feront trembler l’Iran...

    Ce type là est tellement aveuglé par son pro-israélisme qu’il ne se rend meme pas compte de l’absurdité, l’inanité, l’incommensurable betise de ses propos.

  • permalien habsb :
    5 septembre @13h31   « »

    K. "Ainsi pour éviter la catastrophe il faut que le menacé se plie aux menaces du menaçant,"

    Eh oui, le menace est celui qui veut effacer Israel du plan du monde, et qui s’equippe pour ce faire. C’est la fable du loup et de l’agneau....

  • permalien K. :
    5 septembre @13h32   « »

    Revue de la Presse Arabe par le Courrier international :

    ...c’est surtout l’implication française dans les négociations israélo-syriennes qui retient l’attention de la presse arabe.

    Généralement bien informé, le quotidien panarabe Al-Hayat révèle que, avant son départ pour Damas, Sarkozy a adressé deux lettres au roi d’Arabie Saoudite et au président de l’Egypte [deux ennemis de la Syrie] pour expliquer les raisons de son voyage. Il affirme demeurer lucide et est prêt à arrêter les discussions si elles ne débouchent pas rapidement sur du concret. Sarkozy a qualifié cette visite de politique, sans enjeux économiques, même si la délégation française inclut plusieurs chefs de grandes entreprises.

    Enfin, sur le ton du vœu pieu, l’éditorialiste de L’Orient-Le Jour Michel Hajji Georgiou écrit...

    Et il y a le “vœu pieu” de Rosana Boumounsef d’An Nahar.

  • permalien zadig :
    5 septembre @15h45   « »

    moi je ne parviens pas à cerner la perception des autres pays vis à vis de la politique de girouette qui fait la météo que mène sarkozy qui semble à son gout faire la pluie et le beau temps, mais j’ai l’intuiton qu’il y prépare des orages. il brouille les cartes en permanenece (sans rire écrire à l’égypte et arabie saoudite pour se justifier de ce qu’il fait ...soit il les prend pour des cons et demande un chèque en blanc de facto, soit il n’est pas très sûr de lui et il fait comme avec un ministère, un mot d’excuse, qui ouvre le parapluie si çà déconne... ce type va nous attirer des ennuis.

  • permalien chamil :
    5 septembre @16h54   « »

    Nicolas Sarkozy rappelle les droits de l’homme à Bachar al Assad. Très bien. Mais pourquoi ne les rappelle t-il pas au tyran Ben Ali, aux communistes chinois, à Poutine-Medvedev ?

    En tout cas, une des rares décisions courageuses de Chirac est remise en cause... Le régime syrien a toujours joué le pourissement pour survivre à son terrible échec social, économique, politique et humain.

  • permalien K. :
    5 septembre @18h05   « »
    Sarkozy, Chirac, et les droits de l’homme

    « Mais pourquoi ne les rappelle-t-il pas au tyran Ben Ali ? » A cause de la « dimension stratégique, voire géostratégique, liée à la politique de libéralisation économique ».

    « Mais pourquoi ne les rappelle-t-il pas aux communistes chinois, à Poutine-Medvedev ? » Parce que de gros intérets sont en jeu.

    Chirac “défenseur des droits de l’homme” en Syrie ? Plutot défenseur de son “amitié” avec les Hariri :

    « Il est bien documenté [que Chirac] a établi les alliances étrangères de la France selon ses affinités personnelles et n’hésite pas à mélanger les affaires publiques et les intérêts d’affaires, un modèle de patronage identifié comme étant une pratique courante dans les états moyens-orientaux et pas tout à fait méconnues des « démocraties de l’hémisphère nord » , quoi qu’elles puissent dire. »

    Et par rapport à la Tunisie c’est encore pire que Sarko.

  • permalien K. :
    5 septembre @18h31   « »

    « Le cheikh Mohammed Fadlallah, a publié le 2 septembre une déclaration condamnant ces mauvais traitements et appelant à leur protection. »

    A la protection des employés bien sur et non pas des mauvais traitements.

    Le Daily Star Liban rend compte aujourd’hui de cette Fatwa.

  • permalien K. :
    5 septembre @19h12   « »
    Fable oui, mais sioniste

    Halévy, ancien chef du Mossad au Ha’aretz :

    « “Ahmadinejad est notre plus grand cadeau,” a dit Halévy [mardi 19/08/2008] à la TV arabophone Al-Hurra. “Le Mossad n’aurait pu monter une opération aussi profitable que celle d’installer un gars au pouvoir comme Ahmadinejad en Iran.” »

    « “L’Iran par ses agissements est en train de créer une image d’elle-même de superpuissance effrayante alors qu’en réalité elle n’est qu’un tigre de papier.” »

  • permalien K. :
    5 septembre @20h25   « »
    On s’accroche...

    « Israël a lui-même entre 200 et 400 armes nucléaires qui n’existent pas. Interrogé sur la différence entre les armes qui n’existent pas et les armes nucléaires inexistantes, George W. Bush a affirmé que les armes nucléaires inexistantes sont beaucoup plus dangereuses parce qu’elles sont si difficiles à localiser. Il a ajouté que, alors que les armes d’Israël sont aujourd’hui juridiquement inexistantes, elles deviendraient légales en vertu du nouveau traité inexistant de non-prolifération nucléaire, qu’il se propose d’introduire devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Cela devrait également autoriser Israël à ajouter autant d’armes qui n’existent pas à son arsenal qu’il le jugerait nécessaire afin de maintenir les nations arabes à leur place. »

    On rappellera quand meme qu’Israel a refusé la proposition de la Ligue Arabe de dénucléarisation complète de la région du Moyen-Orient, et que « le gouvernement de Tel-Aviv avait discuté de l’éventuel usage de l’arme nucléaire durant la guerre d’octobre 1973 »

    On rappellera aussi la démonstration de Zbigniew Brzezinski :

    « Si nous sommes censés croire que l’arsenal nucléaire d’Israël n’est pas une force de dissuasion suffisante pour assurer la sécurité israélienne face au programme nucléaire de l’Iran, alors selon toute évidence cet arsenal n’est pas vraiment un atout. » Et Brzezinski de proposer selon toute logique une dénucléarisation pure et simple de la région.

    Et les réflexions de Justin Raimondo :

    [Israël refuse cette dénucléarisation] parce qu’ils ont clairement l’intention de se tapir derrière leur bouclier nucléaire pendant qu’ils augmentent leur sphère d’influence, et ça a été particulièrement vrai depuis la mise en route du scénario du « Clean Break » embrassé par les Likudniks et leurs co-penseurs américains.

  • permalien K. :
    5 septembre @20h51   « »

    (Je ne retrouve pas le lien sur la proposition de la Ligue Arabe (ou de l’Egypte?), refusée par Israel, de dénucléarisation de la région.)

    « Le président syrien Bachar al Assad estime que la situation du Liban reste fragile et met en garde les forces "extrémistes" tentées d’entretenir l’instabilité dans ce pays. »

    Ceci est à mettre en relation avec l’article de Fida Itani dont le lien a été donné plus haut, ou le journaliste affirme que les Saoud mènent aujourd’hui ouvertement les Salafistes du Nord Liban, les relations du Courant du Futur de Saad Hariri avec les dits Salafistes n’étant pas assez étroites à leur gout.

    Les réactions de “la majorité antisyrienne” aux déclarations de Assad ne se sont pas fait attendre.

    Spécial Joumblatt :

    « Le leader du PSP a affirmé que la Syrie pourrait être en train d’exploiter la situation sécuritaire au Nord du Liban. Les combats qui ont lieu régulièrement depuis le mois de mai à Tripoli, et récemment à Akkar, peuvent mener Damas à s’ingérer encore une fois dans les affaires du Liban, a déclaré Joumblatt tout en expliquant que cette situation sécuritaire constitue aussi une menace à la sécurité de Damas. »

  • permalien Sardon :
    5 septembre @21h35   « »

    Bonjour,

    "K." a dit :

    "Ainsi pour éviter la catastrophe il faut que le menacé se plie aux menaces du menaçant, et non pas raisonner le menaçant. Et il faut que le menacé s’écrase sans recevoir en retour la moindre garantie sur sa sécurité et sa prospérité futures."

    Rien de nouveau sous le soleil ; c’est exactement le langage qu’avaient tenu les Athéniens aux habitants de l’île de Mélos, durant la Guerre du Péloponnèse (431 à 404 avant JC) :

    " (...) Nous le savons et vous le savez aussi bien que nous, la justice n’entre en ligne de compte dans le raisonnement des hommes que si les forces sont égales de part et d’autre ; dans le cas contraire, les forts exercent leur pouvoir et les faibles doivent leur céder. (...) Vous êtes faibles, vous n’avez qu’une chance à courir ; ne tombez pas dans cette erreur ; ne faites pas comme tant d’autres qui, tout en pouvant encore se sauver par des moyens humains, se sentent sous le poids du malheur trahis par des espérances fondées sur des réalités visibles et recherchent des secours invisibles, prédictions, oracles et toutes autres pratiques, qui en entretenant leurs espérances causent finalement leur perte. (...) "

    (Thucydide, "Histoire de la Guerre du Péloponnèse", chapitres LXXXIX et CIII.)

    Pourquoi les Américains et les Israéliens d’aujourd’hui se conduiraient-ils différemment des Athéniens du Vè siècle avant JC ? Aujourd’hui comme hier, malheureusement, la force et la menace paient.

    Et encore mille excuses pour cet assaut de pédanterie.

    Source : http://nbaillargeon.blogspot.com/20...

  • permalien K. :
    5 septembre @22h00   « »

    Sardon la question n’est pas là, mais de prétendre se battre pour sa survie, comme l’affirment les siocons, alors qu’il s’agit de sa suprématie absolue et de la mise sous tutelle (siocon) des autre nations.

    Lisez moi plutot cette fumisterie : http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_e...

  • permalien
    6 septembre @10h05   « »

    « Sarkozy à Damas : vers un nouveau rôle de la France au Proche-Orient ? »

  • permalien Orangerouge :
    6 septembre @11h34   « »

    Pour soutenir un pluralisme des points de vue dans les médias :

    http://www.ipetitions.com/petition/...

    Un journaliste en France a-t-il le droit de ne pas être sioniste ?

  • permalien chamil :
    6 septembre @11h35   « »

    En tout cas, l’obsession anti-iranienne de Sarkozy se porte bien...

    Etrange de voir que les dictatures du Maghreb ou d’Afrique, qui exportent une jeunesse desespérée par la corruption et la misère vers la France, l’Arabie Saoudite qui finance dans le monde entier un islam rétrograde et en tout point opposé au modèle républicain, Israël (ah, oui, dont Sarkozy est un grand "ami" : les palestiniens n’ont pas tant d’égards) qui cogne sur ses voisins ne subissent pas sa hargne !

  • permalien K. :
    13 septembre @12h28   « »

    Joshua Landis ce jour :

    « La légitimité du régime [syrien] ne se fonde pas sur le fait que la Syrie soit en guerre avec Israël, si tel était lr cas le régime aurait été balayé depuis longtemps car il n’a pas réussi à gagner de guerre contre Israël. »

    « La légitimité du régime est fondée sur sa capacité à apporter stabilité et sécurité à la Syrie. La dévastation de l’Irak n’a fait que confirmer l’importance de la stabilité et le danger de guerre civile, pour la plupart des Syriens. La paix avec Israël ne fera que renforcer la légitimité du régime parce que ce sera bon pour l’économie et renforcera la stabilité - politique et économique. »

  • permalien K. :
    16 septembre @14h54   «

    « Le mythe du tigre de papier » par Jack Snyder, 2003 :

    « Les Empires s’étendent aussi excessivement quand ils voient leurs ennemis comme des tigres de papier, capables de devenir très menaçants en cas de position conciliante [if appeased], mais facilement écrasés par une attaque résolue. Ces images sont souvent non seulement fausses, mais auto-contradictoires. Par exemple, (..) le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait déclaré qu’il s’attend à ce que l’Iraq n’utilise pas ses armes de destruction massive, même s’il est attaqué parce que " de sages Irakiens n’obéiront à ses ordres visant à l’utilisation des armes de destruction massive. " En d’autres termes, les stratèges de l’administration pensent que la dissuasion est impossible, même dans les situations où Saddam n’a pas de motif d’utiliser des armes de destruction massive, mais ils pensent que la dissuasion réussira quand une attaque américaine donne à l’Iraq la plus forte motivation imaginable pour utiliser ses armes.. »

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