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Pakistan, extension du domaine de la guerre

mardi 16 septembre 2008, par Alain Gresh

En 1969, enlisés au Vietnam, les Etats-Unis sont convaincus que leurs échecs sont principalement dus aux bases arrières dont les insurgés disposent au Cambodge. Le président Lyndon Jonhson lance alors plusieurs campagnes de bombardements sur les zones frontalières de ce petit pays neutraliste, dirigé par le roi Norodom Sihanouk. Peu satisfaits des résultats, les Etats-Unis décident de renverser le régime, ce qui est fait début 1970, avec l’installation d’un régime « ami » dirigé par Lon Nol. En exil, le roi s’installe en Chine et passe une alliance avec un petit mouvement cambodgien, à l’influence réduite : les communistes cambodgiens — que l’on allait appeler les Khmers rouges. La machine infernale qui allait aboutir en 1975 à la prise de pouvoir des Khmers rouges et au génocide était en marche...

L’histoire se répète-t-elle ? Bien sûr, il serait absurde de comparer le conflit indochinois et celui qui se diffuse en Afghanistan et au Pakistan. Pourtant, il existe des points communs ; et le plus important est la recherche de coupables pour les défaites : ce n’est jamais la stratégie mise en œuvre qui en est rendue responsable, mais des acteurs « extérieurs ». Paris voyait dans Nasser et l’Egypte la cause de ses échecs en Algérie durant la guerre d’indépendance ; Washington était convaincu que la lutte de libération du Vietnam ne tenait qu’à la piste Ho Chi Minh et aux bases arrières des insurgés au Cambodge ; le gouvernement sud-africain cherchait dans des actions extérieures en Angola ou au Mozambique à remporter la victoire finale contre l’ANC.

Désormais, les responsables américains semblent convaincus que la clef de leur victoire en Afghanistan se trouve au Pakistan.

Ainsi, « le président Bush a approuvé au mois de juillet le fait que pour la première fois les forces spéciales américaines puissent conduire des attaques à l’intérieur du Pakistan sans autorisation du gouvernement » (« Bush Said To Give Orders Allowing Raids In Pakistan », par Eric Schmitt et Mark Mazzetti, The New York Times, 11 septembre). Toujours selon le même article, « la CIA a tiré depuis des années des missiles contre des militants à l’intérieur du Pakistan grâce à des engins Predator sans pilote. Mais les nouvelles décisions sur les opérations spéciales assouplissent les règles strictes de non intervention terrestre sur le sol d’un important allié sans sa permission ».

On lit dans un éditorial du Washington Post du 14 septembre, « The War in Pakistan. U.S. attacks on Pakistan and al-Qaeda targets are risky, and necessary » :

« Il y a un risque que les tirs de missiles provoquent une rupture entre les armées américaine et pakistanaise, ou déstabilisent l’administration démocratiquement élue de M. Zardiri [veuf de Benazir Bhutto], qui est aussi bien intentionné que possible à l’égard de Washington dans un pays où le sentiment anti-américain est fort. Certains experts affirment que les attaques américaines provoqueront seulement un plus grand soutien aux talibans. Mais le groupe contrôle déjà de grandes parties des territoires tribaux. Les commandants américains disent que la victoire est impossible si on ne réduit pas les bases talibans au Pakistan. Et il n’y a pas de risque plus grand qu’un nouveau 11-Septembre organisé à partir de ces territoires tribaux. Des missiles américains ou des attaques de commandos doivent s’appuyer sur les meilleures sources du renseignement et doivent minimiser les pertes civiles, mais elles doivent continuer. »

Minimiser les pertes civiles ? Cela relève de la mission impossible...

Une des premières actions commandos menées durant le mois de ramadan contre un petit village pakistanais, et qui a abouti à la mort d’une vingtaine de civils, est racontée par la journaliste du Times Christina Lamb (« Playing with firepower », 14 septembre). Il montre bien que l’escalade ne peut conduire qu’à une opposition plus forte de la population pakistanaise aux actions des Etats-Unis (et de leurs alliés, dont la France).

C’est déjà ce qui se passe en Afghanistan, comme le rappelle une étude de l’organisation Human Rights Watch, «  ‘Troops in Contact’ : Airstrikes and Civilian Deaths in Afghanistan ». Les conclusions sont résumées en français dans « Les frappes aériennes font des victimes civiles » (8 septembre) :

« Le nombre de civils tués en Afghanistan lors des bombardements aériens des forces des Etats-Unis et de l’OTAN a presque triplé entre 2006 et 2007, problème aggravé par les récentes frappes aériennes meurtrières qui ont alimenté un revirement de l’opinion publique, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch publié aujourd’hui. Le rapport condamne aussi l’utilisation par les talibans de “boucliers humains”, qui constitue une violation des lois de la guerre. » (...)

« En 2006, 929 civils afghans au moins ont été tués dans des combats liés au conflit armé. Parmi eux, 699 au moins sont morts au cours d’attaques menées par les talibans (par exemple des attentats-suicides et autres attaques illégitimes qui prennent des civils pour cible) et 230 au moins sont morts au cours d’attaques menées par les forces américaines ou de l’OTAN. Parmi ces derniers, 116 ont été tués par des frappes aériennes de l’OTAN ou des forces américaines. En 2007, 1 633 civils afghans au moins ont péri lors de combats liés au conflit armé. Parmi eux, 950 environ ont péri au cours d’attaques menées par diverses forces insurgées, dont les talibans et Al-Qaïda. Au moins 321 d’entre eux ont été tués par des frappes aériennes américaines ou de l’OTAN. Ainsi, les victimes civiles provoquées par les frappes aériennes des forces américaines et de l’OTAN ont presque triplé entre 2006 et 2007. »

« Au cours des sept premiers mois de 2008, 540 civils afghans au moins ont été tués dans des combats liés au conflit armé. Parmi eux, 367 au moins ont péri au cours des attaques menées par les diverses forces insurgées et 173 sont morts au cours des attaques des forces américaines ou de l’OTAN. Au moins 119 d’entre eux ont été tués par des frappes aériennes des forces américaines ou de l’OTAN. Pour toutes les périodes citées, Human Rights Watch a utilisé les chiffres disponibles les plus prudents. »

Il faut souligner que, quelles que soient les précautions prises, les bombardements ne peuvent aboutir qu’à des pertes civiles. Nous sommes dans un cas typique de guerre coloniale avec ses « dommages collatéraux » (« Quand la mort vient du ciel... »).

Cela n’empêche pas Christopher Hitchens, intellectuel de gauche américain passé du côté de George W. Bush au moment de la guerre d’Irak, de clamer que « Pakistan is the problem » (Slate, 15 septembre). Et d’expliquer que c’est sans doute Barack Obama qui est le plus à même de mener cette « bonne guerre », celle de l’Afghanistan et du Pakistan. Et de conclure que sa victoire signifierait « plus de guerre et une guerre plus âpre et plus prolongée », ce dont Hitchens se félicite.

Cette extension des combats a provoqué des réactions critiques à Islamabad, même si « le gouvernement pakistanais a mis une sourdine hier à sa contestation des attaques américaines unilatérales contre les camps de militants [talibans] le long de la frontière afghane, affirmant qu’il espérait qu’une diplomatie tranquille convaincrait Washington que ces raids ne servent qu’à enflammer les sentiments contre les dirigeants des deux pays » – « Pakistan Quietly Opposes U.S. Raids » (Paul Alexander, Philly.com, 14 septembre).

D’autre part, et toujours selon le même article :

« Le premier ministre Yousf Raza Gilani a dit aux journalistes le 13 septembre que le Pakistan préférait résoudre n’importe quel problème avec Washington à travers les canaux diplomatiques, ajoutant que la question serait discutée entre les deux parties à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies qui doit se tenir ce mois-ci. “Du fait de cette politique américaine, les tribus rejoindront les militants et notre travail sera mis en péril”, avait-il déclaré après la dernière frappe de missile. “Nous ne permettrons l’ingérence de quiconque à l’intérieur de notre pays.” »

« Un groupe d’anciens des tribus représentant environ un demi-million de personnes du Nord Waziristan, où la plupart des attaques de missiles ont eu lieu, ont menacé hier de rejoindre le combat des talibans en Afghanistan. »

37 commentaires sur « Pakistan, extension du domaine de la guerre »

  • permalien Zulfikar :
    16 septembre 2008 @16h05   »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Bonjour à tous,

    Ci-dessous une carte des pipelines opérationnels (lignes en gras) et ceux en projet (lignes en pointillés). Ce sont les futurs "bonnes guerres " à venir, qu’Obama ou McCain devront mener.

    Comme l’a rappelé M. Gresh : Pourtant, il existe des points communs ; et le plus important est la recherche de coupables pour les défaites : ce n’est jamais la stratégie mise en œuvre qui en est rendue responsable, mais des acteurs « extérieurs ».

    Aujourd’hui, ce sont donc l’Irak, l’Aghanistan et le Pakistan qui subissent l’occupation américaine. Si une frappe sur l’Iran était entreprise, nous aurions tout le Moyen-Orient dans un "chaos constructif" pour citer une formule désormais célèbre. D’un point de vue géopolitique, l’Arabie Saoudite serait déstabilisée, les pays du Golfe la Syrie, le Liban, la Turquie etc.

    Effectivement : Nous sommes dans un cas typique de guerre coloniale avec ses « dommages collatéraux »

    Le Washington Post a révélé, le 27 août dernier, que l’accord entre l’administration américaine et le régime fantoche de Hamid Karzaï concernant les opérations militaires des troupes américaines en Afghanistan sont régies par une note de 2 pages!!!

    A bientôt.

  • permalien
    16 septembre 2008 @16h51   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Le Pakistan ordonne à son armée d’empêcher tout nouveau raid américain

    16.09.2008

    ISLAMABAD — Les forces de l’armée pakistanaise ont reçu l’ordre d’ouvrir le feu si des militaires américains lancent un nouveau raid près de la frontière afghane, a annoncé mardi un porte-parole de l’armée pakistanaise.

    Les autorités pakistanaises ont protesté auprès de Washington après l’envoi le 3 septembre dernier de commandos américains dans la région du Sud-Waziristan, au Pakistan. Déposés sur place par hélicoptère, ces militaires ont lancé, fait inhabituel, une attaque terrestre à grande échelle contre un bastion des rebelles.

    Le général de division Athar Abbas, porte-parole de l’armée pakistanaise, a dit à l’Associated Press qu’après le raid, les commandants de l’armée sur le terrain avaient reçu l’ordre d’empêcher la tenue de raids similaires.

    Athar Abbas a ajouté que s’il était clair que des troupes franchissaient la frontière pour entrer en territoire pakistanais, que ce soit au sol ou dans les airs, alors les forces devraient "ouvrir le feu". "Aucune incursion ne sera tolérée", a-t-il assuré.

    http://canadianpress.google.com/art...

  • permalien Ph. Arnaud :
    16 septembre 2008 @17h29   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    - En entreprenant cette guerre larvée contre le Pakistan, les Etats-Unis cumulent, contre eux, tous les inconvénients :

    - Ils s’attaquent à un pays où l’opinion publique est déjà très remontée contre eux, et, de surcroît, à un pays musulman, ce qui va encore accroître l’animosité, contre eux, du reste du monde musulman.

    - Ils s’attaquent à un pays qui, à la différence du Cambodge, n’a pas 13 millions d’habitants, mais 165 millions (plus que la Russie !), une superficie égale à près d’une fois et demie celle de la France (alors que le Sud-Vietnam n’en avait que le tiers), une armée importante, et qui, de surcroît, possède l’arme nucléaire.

    - Ils s’attaquent à un pays à la vie politique chaotique, écartelé entre ses diverses composantes (tribus, armée, partis…), fragilisé par des coups d’Etat et ses guerres ouvertes ou larvées avec l’Inde depuis l’indépendance, donc qui peut être déstabilisé très aisément.

    - Ils s’attaquent à un pays qui est officiellement leur allié, qui les soutient malgré tout dans une guerre impopulaire chez lui, et qui peut s’estimer à la fois non seulement mal récompensé mais, en outre, trahi.

    - Ils s’attaquent à un pays allié de la Chine, adversaire potentiel des Etats-Unis, qui peut les suppléer dans le rôle d’allié, voire jouer le Pakistan contre eux.

    - Ils s’attaquent à un pays dont la frontière avec l’Afghanistan est de 2400 km, frontière pour une grande part montagneuse et aussi difficile à contrôler que put l’être, jadis, la jungle cambodgienne.

    - Ils s’attaquent à un des plus gros pays musulmans du monde, en ayant, à leurs côtés, en Irak comme en Afghanistan, des contingents alliés dont les opinions publiques sont déjà réticentes à suivre les engagements, à la fois par crainte de pertes et des suites politiques possibles.

    - Ils s’attaquent à un pays alors qu’ils ont déjà deux guerres sur les bras (Irak et Afghanistan), une autre guerre larvée en Somalie, des manœuvres contre l’Iran, des tentatives de déstabilisation du Venezuela et de la Bolivie, que leurs soldats, surbookés, ne peuvent pas courir partout et que, s’ils avaient un conflit ailleurs dans le monde (dans le Caucase, par exemple…), ils se trouveraient vite à court de moyens militaires.

    - Bref, je me demande quelles perspectives positives ils se promettent… De quelque côté que je me tourne, je ne vois que du négatif !

  • permalien habsb :
    16 septembre 2008 @17h41   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    PH ARNAUD

    Il faut donc en deduire, soit 1) les USA sont menes non pas par des imbeciles car un imbecile n’arrive a la place de Cheney ou de Rice, mais par des gens de valeur devenues tout a coup imbeciles, soit 2) il n’y a aucune guerre ni larvee ni ouverte entre US et Pakistan

  • permalien K. :
    16 septembre 2008 @18h48   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    L’histoire se répète-t-elle ?

    Tom Engelhardt :

    « Permettez-moi de mentionner une petite ironie de l’histoire. L’armée américaine avait fait valoir que ses conclusions aujourd’hui discréditées à Azizabad [là où les 90 civils afghans ont été récemment massacrés par les Etats-uniens] "ont été corroborés par un journaliste indépendant intégré aux forces américaines." Cet homme s’est avéré être nul autre que Oliver North, qui travaille pour Fox News. North a non seulement acquis une notoriété en tant que fonctionnaire, défenseur, et déchiqueteur de documents de l’administration Reagan dans le scandale de l’Iran-gate, mais avait aussi combattu au Vietnam. Il était en fait intervenu en tant que témoin de la défense dans le cas de l’un des Marines accusé d’avoir participé au massacre des Vietnamiens à Son Thang en Février 1970. »

    « Comme aujourd’hui, "les cœurs et les esprits" vietnamiens avaient fait l’objet de bombardements aériens et terrestres, des civils avaient été emportés à plusieurs reprises, et dans le cas du tristement célèbre massacre de My Lai, des histoires avaient été fabriquées de toutes pièces pour expliquer comment les civils - les paysans vietnamiens - avaient perdu la vie et ces histoires avaient été diffusées par l’armée américaine, même si elles avaient peu ou pas de rapport avec ce qui s’était réellement passé. »

  • permalien K. :
    16 septembre 2008 @18h53   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    L’histoire se répète-t-elle ?

    Tom Engelhardt :

    Permettez-moi de mentionner une petite ironie de l’histoire. L’armée américaine avait fait valoir que ses conclusions aujourd’hui discréditées à Azizabad [là où les 90 civils afghans ont été massacrés par les Etats-uniens] "ont été corroborés par un journaliste indépendant intégré aux forces américaines." Cet homme s’est avéré être nul autre que Oliver North, qui travaille pour Fox News. North a non seulement acquis une notoriété en tant que fonctionnaire, défenseur, et une déchiqueteur de documents de l’administration Reagan dans le scandale de l’Iran-gate, mais avait aussi combattu au Vietnam. Il était en fait intervenu en tant que témoin de la défense dans le cas de l’un des Marines accusé d’avoir participé au massacre des Vietnamiens à Son Thang en Février 1970.

    Comme aujourd’hui, "les cœurs et les esprits" vietnamiens avaient fait l’objet de bombardements aériens et terrestres, des civils avaient été emportés à plusieurs reprises, et dans le cas du tristement célèbre massacre de My Lai, des histoires avaient été fabriquées de toutes pièces pour expliquer comment les civils - les paysans vietnamiens - avaient perdu la vie et ces histoires avaient été diffusées par l’armée américaine, même si elles avaient peu ou pas de rapport avec ce qui s’était réellement passé.

  • permalien habsb :
    16 septembre 2008 @19h00   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    K.

    L’histoire se repete-elle ? Les ressemblances entre cette administration Bush Jr et l’administration Kennedy sont frappantes : les deux fils de milliardaires manoeuvres par l’entourage de Washington, les deux engages en conflits longs et terribles en Asie, les deux a l’origine de reformes sociales parmi les plus couteuses de l’histoire, comme la No Child Left Behind di Bush, les deux ont provoque par leurs depenses une devaluation astronomique du dollar, qui nous amena en 1971 a la fin de l’equivalence-or, et demain ?

  • permalien K. :
    16 septembre 2008 @19h43   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Sacré Habsb, toujours à “plaisanter”, et qui s’amuse comme un petit fou à dire une chose et son contraire d’un post à l’autre et même au sein du même post, comme dans le dernier, où il ne “fustige” les politiques de « Kennedy et Bush Jr » que pour se “désoler” de la « devaluation astronomique du dollar », les pertes humaines passant ainsi à travers la trappe des pertes et profits.

  • permalien habsb :
    16 septembre 2008 @20h03   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    K.

    Est-ce qu’une perte humaine "mediatisee" est plus grave qu’une perte humaine "muette" ? Le Soudan a bombarde hier pour la n-ieme fois le Darfour sans qu’on lui consacre une seule ligne de ce blog, trop pris a faire lumiere sur les incursions Yankees en terre pakistanaise. Alors que, finis les JO, les pertes humaines au Tibet reprennent de plus belles, mais on ne parle de la Chine que pour souligner son role de crediteur des USA. Moi, je n’ai pas de pays fetiche a defendre (ou a attaquer), donc vous avez raison : autre ressemblance troublante, le nombre de "pertes humaines" -extremement mediatisees, de plus- que les deux gosses de riches ont provoquees au Vietnam et en Iraq-Afganistan.

  • permalien K. :
    16 septembre 2008 @21h34   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Sacré Habsb ! Le Darfour n’est pas médiatisé parce que ce blog n’en parle pas ! Vous ne trouvez pas la ficelle un peu trop grosse ?

    Le Figaro, Le Monde, Libé, ça “médiatise” pas le Darfour ?

    1 150 000 pages en français pour Darfour dans Google.

    Ce qui vous géne est que ce blog est un des rares qui insiste sur les pertes humaines d’une sordide entreprise impériale.

  • permalien K. :
    16 septembre 2008 @21h50   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    In Pakistan, sympathy for the Taliban. Asia Times, 17/09/2008.

    Le leadership politique et religieux pakistanais, tout en condamnant régulièrement leur violence, a généralement éviter de dénier aux Talibans leur appartenance musulmane. De nombreux dirigeants, comme le Jamiat-Ulema-Islami de Maulana Fazal Rehman, préfèrent se concentrer sur les décès causés par les forces occidentales dans la Province Frontalière Nord-Ouest du Pakistan (NWFP) et en Afghanistan. Le message inéluctable [également délivré par le citoyen pakistanais lambda affirme aussi un autre passage de l’article] est que les Taliban peuvent ne pas être aimés, mais les vrais criminels sont les intrus étrangers.

    Ce double standard est en partie expliqué par l’antipathie populaire envers la présence des armées occidentales en Afghanistan et au Pakistan. Les États-Unis et l’OTAN se situent dans une longue lignée d’armées étrangères qui ont prétendu mettre de l’ordre dans la région, mais ont plutôt tué de nombreux civils tout en servant leurs propres intérêts (..).

    Que des personnes qui ne demandent rien d’autre que de pouvoir vivre décemment en viennent à préférer les Talibans aux membres de “l’axe du bien”, en dit long sur l’état de barbarie avancée de ces derniers.

  • permalien bert :
    16 septembre 2008 @22h14   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Pour la première fois depuis 2002, je suis d’accord avec le constat des Etats-Unis. Le problème actuel afghan vient en très grande partie du Pakistan. Par contre, évidemment, des attaques militaires sur le sol pakistanais sont une très mauvaise idée. Et si les pakistanais, par enchantement, venaient à ne plus interférer aussi fortement sur les affaires afghanes, cela n’empêcherait pas d’autres problèmes, propres aux afghans, d’être présents. Aux trois "A" du Pakistan, Allah, l’Armée et l’Amérique, il en manque un quatrième...Les gouvernements successifs pakistanais, dictature Zia ou Musharraf, gouvernements élus Bhutto ou Sharif, ont tous pour point commun un fort interventionnisme chez le voisin afghan. Les taleban première génération étaient une création pakistanaise, sorte de Frankenstein. Les taleban aujourd’hui sont soutenus directement par des éléments de l’armée et des services secrets pakistanais. Oui, le Pakistan est pour une grande part responsable de la situation actuelle en Afghanistan. Mais sans un ressentiment important de la population afghane, les taleban ne pourraient avoir de soutien à l’intérieur suffisant pour menacer les troupes étrangères.

  • permalien K. :
    16 septembre 2008 @23h44   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Une hydre créée par Islamabad il y a trente ans. Article du Daily Times (Pakistan) traduit (partiellement) par le Courrier International :

    Il semble bien que nous ayons développé, nous autres Pakistanais, une sorte d’amnésie collective sur la nature de notre implication en Afghanistan depuis notre indépendance [en 1947], et notamment depuis la fin des années 1970. Récapitulons un peu. De nombreuses personnes estimaient que la présence soviétique en Afghanistan constituait une menace, mais Zia ul-Haq [président du Pakistan de 1978 à 1988] la considérait comme une opportunité pour faire progresser son projet d’islamisation du Pakistan. Obsédés par le syndrome du Vietnam, non seulement les Américains approuvèrent cette vision, mais ils acceptèrent aussi notre exigence selon laquelle toute aide au profit des talibans serait gérée par nous.

    Nous avons alors entrepris d’ouvrir des madrasas et des camps d’entraînement du côté pakistanais de la frontière afin d’y former les combattants du djihad. Ces écoles et ces camps étaient dirigés essentiellement par nos partis religieux. Nous avions le pouvoir ; nous contrôlions la situation. Nous avons alors ­unilatéralement décidé, et sans aucun égard pour ses performances sur le champ de bataille, que le chef de guerre afghan [Gulbuddin] Hekmatyar serait le bénéficiaire de la plus grosse partie de l’aide et des armes. Nous étions la queue pakistanaise frétillant derrière le chien américain.

    Après le retrait soviétique, l’intérêt américain pour l’Afghanistan s’épuisa rapidement et c’est la question nucléaire qui devint le point déterminant des relations américano-pakistanaises. Aussitôt, les Pakistanais eurent l’impression que, après avoir rempli son rôle et atteint son objectif, on se débarrassait de leur pays comme on jette un Kleenex.

    Nous sommes cependant restés profondément impliqués en Afghanistan, tout en ignorant l’impact délétère que cela avait sur notre politique intérieure. Même sans parler de l’Afghanistan, ce n’est plus un secret pour personne aujourd’hui que l’assistance au soulèvement dans le Cachemire sous occupation indienne [à partir de 1989] exigeait le maintien et le renforcement de la machinerie du djihad antisoviétique, et non son démantèlement. Nous avons aussi échoué à susciter l’unité des partis djihadistes. Leurs querelles intestines entraînèrent pour l’Afghanistan des dévastations plus graves que celles qui avaient affecté le pays durant les dix années d’occupation soviétique.

    Lorsque les talibans apparurent sur la scène afghane et que la population les accueillit à bras ouverts, nous nous sommes joints à l’approbation générale, ignorant une fois de plus le retour de manivelle que cela nous préparait.

    (..)

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @00h11   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Les états-Unis étendent la guerre contre le terrorisme au territoire pakistanais. Par Louisa Aït Hamadouche, La Tribune Online :

    Les pressions qui s’exercent sur Islamabad sont très grandes et pourraient aboutir à une remise en cause, de facto, mais aussi de jure, du statut administratif des zones frontalières. Celles-ci étaient régies par le droit coutumier et bénéficiaient d’une grande autonomie destinée à endiguer le nationalisme pachtoune. A cette préoccupation sécuritaire, située sur le flanc occidental, s’ajoute un autre souci situé sur le flanc oriental. L’Inde.

    Depuis son indépendance, le Pakistan vit sous cette double pression, parfois considérée comme la « hantise de l’encerclement ». A l’est, la menace de l’Inde, à l’ouest, le péril d’un Afghanistan attisant l’irrédentisme pachtoune (le « Pachtounistan »).

    Frédéric Bodin conclut que la priorité du Pakistan est donc un Afghanistan dirigé par « des Pachtounes (maîtres à Kaboul, ils se détourneront d’un “Pachtounistan”), adeptes de l’islamisme (allergique au nationalisme) et installés par le Pakistan ». C’est ce qui explique qu’en 1992, l’Inter Services Intelligence (ISI), les services secrets de l’armée pakistanaise, avait parié sur Gulbuddine Hekmatyar. L’échec qui s’en est suivi les a conduits avec Benazir Bhutto à créer en 1994-1995 les taliban, avec la complicité des Américains et des Saoudiens.

  • permalien Lulu :
    17 septembre 2008 @07h18   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Chronologie :
    - le 09/09/2001 Massoud chef de l’Alliance du Nord en lutte contre les Talibans (anti-américain et anti-Moucharaf) est assassiné.
    - le 13/09/2001 Georges W. Bush, désigne Ben Laden comme responsable des attentats du 11/9, le situe en Afghanistan et lance un ultimatum aux Talibans.
    - le 16/09/2001 une liste une liste fr 7 pays voyous est publiée par le Département d’État des USA, le Pakistan n’est pas sur la liste.
    - le 18/08/2008 Moucharaf démissionne.
    - le 09/09/2008 premiers bombardements contre le Pakistan.

    Autour de ces dates tout a été fait pour que la version de Bush du 13/08/2001, devienne la version officielle, et ceci malgré la suspicion immédiate de nombreux observateurs.

    C’est ainsi que Bush a de toute pièce créé la théorie du complot.

    Pendant ce temps, en France, le travail de propagande, pour établir la comptine de Bush comme officielle se met en route. Il devient évident que la France doit être en Afghanistan.

    Ainsi au moment où le contingent français en Aghanistan est renforcé, les premiers cadavres français révèlent la solitude du président du même pays, le dérapage, de l’humoriste catholique ami du-dit président,Bigart, arrive comme du pain béni pour déchainer une campagne contre tous ceux (en particulier sur le net), qui réclament une enquête indépendante, sur les attentats du 11/9.

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @09h00   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    K.

    "1 150 000 pages en français pour Darfour dans Google."

    Comparez a 344millions de pages Google.fr pour Iraq ! Je dirais que la relation est inversement proportionnel aux respectives pertes humaines, surtout en terme de refugies qui ont tout perdu. Et directement proportionnel a l’acharnement du media francais lambda (comme le blog du Diplo) contre notre allie USA. Entre gollistes et sartriste, je ne saurais qui a le moins de gratitude envers Washington pour nous avoir delivre des Nazis et reconstrui par le Plan Marshall.s

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @10h22   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Habsb, vous plaisantez toujours. Les 99,99 % des pages Irak fustigent la “barbarie des islamistes irakiens”, la disparition des “soldats de la liberté”, et la situation presque "idyllique" en Irak.

    Habsb, rassurez-moi, vous voulez juste rire ? vous ne croyez pas à ce que vous écrivez ?

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @10h25   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    ..fustigent la “barbarie des islamistes irakiens”, déplorent la disparition des “soldats de la liberté”, et vantent la situation presque "idyllique" en Irak.

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @10h31   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    K.

    "Les 99,99 % des pages Irak fustigent la “barbarie des islamistes irakiens”, la disparition des “soldats de la liberté”, et la situation presque "idyllique" en Irak."

    Felicitations K ! Avec la lecture (en moins d’une heure) d’au moins 143 millions de pages Web, vous avez ravi le guinness de lecture rapide au tribunal de Moscou, qui a lu en un quart d’heure le 700 pages de documentation fiscale presentees par la defense de M. Khodorkoski, qui prouvaient qu’il n’y eut pas de fraude fiscale. These tout de meme rejettee par le tribunal, apres attentive etude du pave presente.

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @14h21   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Habsb, vous avez très bien compris ce que je voulais dire et nul besoin d’avoir passé des centaines de millions de pages Web en revue : La présentation de la guerre en Irak est présentée par les MSM, c’est à dire les organes qui font l’opinion, selon la propagande états-unienne dans l’immense majorité des cas.

    Ensuite, il est révélateur que vous ayez choisi l’exemple du conflit du Darfour au lieu par exemple de celui du Congo où "quatre millions de gens sont morts depuis 1998 du fait des combats [ce qui en fait] le conflit le plus mortel depuis la Deuxième Guerre mondiale" : au Congo les vilains “Arabes” musulmans ne sont pas en cause.

    Beaucoup plus accessoirement et au risque d’exaspérer les lecteurs, ma recherche Irak a abouti à 12 millions de pages et non pas “344 millions”, et ces pages ne traitent bien sur pas que de la guerre contre l’Irak, mais de bien d’autres sujets concernant ce pays. Je n’ai aucune connaissance sur l’archéologie, le passé historique, etc.. du Darfour, mais je doute qu’il soit aussi riche que celui d’Irak.

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @14h32   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    K.

    "ma recherche Irak a abouti à 12 millions de pages et non pas “344 millions”,"

    N’importe quel lecteur peut verifier par lui meme que en tapant www.google.fr et darfour on obtient 1580mille pages http://www.google.fr/search?hl=fr&q=darfour&btnG=Rechercher&meta=alors que la meme chose avec iraq, cela donne 344millions de pages. http://www.google.fr/search?hl=fr&q=iraq&btnG=Rechercher&meta=L’archeologie, sans doute !

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @14h34   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Rappelons quand meme que le Darfour n’est pas située en “Orient”.

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @14h38   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    C’est bien ce que je disais, vous etes un farceur ! Merci d’insister sur ce que j’ai considéré comme le plus accessoire.

  • permalien Ph. Arnaud :
    17 septembre 2008 @14h51   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    - En intervenant au Pakistan, les Etats-Unis se sont engagés dans une nasse : ou ils poursuivent leurs opérations et dégradent encore plus leurs relations avec le Pakistan, jeu dont ils ne peuvent que sortir perdants. Ou ils abandonnent, et la résistance afghane s’en trouvera stimulée. Du coup, cela constitue un puissant encouragement et un sérieux appui pour tous ceux qui, jusqu’à présent, devaient se plier à leurs diktats (comme on le voit, par exemple avec les Russes ou les leaders de l’Amérique latine).

  • permalien Ph. Arnaud :
    17 septembre 2008 @15h56   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    - La fuite en avant des Américains au Pakistan m’amène à opérer un rapprochement avec un autre domaine de l’activité humaine, celui de l’agriculture. Pour augmenter une production donnée, on peut, soit améliorer le rendement à l’hectare (méthode intensive), soit augmenter la surface (méthode extensive). Lorsque les sols sont trop ingrats, on n’a que le choix de l’extensif (si d’autres terrains sont disponibles).

    - Depuis quelque temps (peut-être une année), les Américains se sont rendu compte que le « rendement » de leur armée (et de celle de leurs alliés) en Afghanistan était insuffisant : trop de localités non contrôlées, trop d’embuscades, trop de pertes. Comme il leur est difficile d’augmenter les « intrants » - i. e. le nombre de troupes au sol – la tentation est grande d’aller chercher l’augmentation de la « production » (c’est-à-dire le nombre de talibans tués) de l’autre côté de la frontière. Mais là, de nouveau, se pose le problème du rapport entre investissements et profits. Si les Américains attaquent des camps au Pakistan, ils tueront nécessairement plus de talibans. Mais, simultanément, ils se retrouveront avec encore plus de guérilleros sur les bras, et sans avoir pu, de leur côté, accroître leurs moyens (puisque c’était précisément cette insuffisance de moyens qui, initialement, avait entraîné leur décision d’élargir le théâtre des opérations). D’où un retour à la situation initiale, mais en pire …

  • permalien Pierre Bocage :
    17 septembre 2008 @18h47   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Juste un mot : chacun semble prendre les chiffres de victimes avancés par Human Rights Watch pour argent comptant . Quelle belle confiance ! Et d’où viennent ces infos, à l’origine ?

  • permalien
    17 septembre 2008 @20h20   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    - Michael Hayden, chef de la CIA : “Al-Qaida est une préoccupation nucléaire majeure

    - “Des Officiels (US) de premier plan du contre-terrorisme” : “Al-Qaida est impopulaire et est en train d’imploser.”

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @21h03   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Le plus curieux dans les propos contradictoires de Michael Hayden, et “Des Officiels (US) de premier plan du contre-terrorisme", est que la journaliste qui les rapporte, Pamela Hess (auteur des 2 articles), ne relève à aucun moment la contradiction. Je ne sais pas vous, mais personnellement cette indifférence me laisse perplexe.

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @22h02   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Robert Gates aujourd’hui : Ce n’est pas la mort de quelques cul-terreux qui va nous faire arréter nos bombardements aériens.

    Le Secretaire à la Defense Robert Gates a exprimé mercredi ses "regrets personnels" pour les récents bombardements aériens US qui ont tué des civils Afghans, et s’est engagé à rendre les bombardements plus précis dans l’avenir.

  • permalien K. :
    17 septembre 2008 @23h42   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    On peut imaginer cette extension de la guerre au Pakistan comme une volonté d’augmenter les chances de McCain, dans la mesure où il avait souvent été reproché à l’actuelle administration républicaine d’avoir négligé le “vivier du terrorisme” qu’est censée etre la zone Afghanistan/Pakistan. Cette accusation avait notamment été émise à plusieurs reprises par Obama, le rival de McCain. Et justement, à quelques semaines des élections, le terrorisme se rappelle au bon souvenir du bon peuple etats-unien.

    Une autre explication sur l’extension de la guerre “contre le terrorisme” est apportée par Gareth Porter :

    Le Département d’Etat et quelques responsables du Pentagone avaient réussi à retarder le projet d’escalade militaire au Pakistan pendant un an, en faisant valoir qu’il serait fondé sur des renseignements quasi-inexistants et ne ferait qu’accroître le soutien aux extrémistes islamistes de ce pays.

    Mais les fonctionnaires du SOCOM [Commandement des opérations spéciales] et la CIA ont prévalu en fin de compte, apparemment parce que Bush et le Vice President Dick Cheney avaient estimé qu’ils ne pouvaient se permettre d’être accusés de n’avoir rien fait au sujet de ben Laden et d’al-Qaida pendant les derniers mois de leur administration.

    Bush et Cheney, qui avaient à plusieurs reprises répéter que Moucharraf avait les choses en main dans la zone frontalière, ont bientot pris conscience qu’ils seraient politiquement vulnérables aux accusations de passivité concernant Ben Laden.

  • permalien Lou :
    17 septembre 2008 @23h54   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    La guerre américaine s’étend au Pakistan

    par Tariq Ali

    Le nouveau président pakistanais élu indirectement, Asif Zardari, époux de Benazir Bhutto assassinée, un Parrain Pakistanais de premier choix, a fait part de son soutien pour la stratégie US en invitant Hamid Karzai d’Afghanistan à son intronisation, le seul dirigeant étranger à le faire. Se jumeler avec une marionnette discréditée à Kaboul en a peut être impressionné quelques uns à Washington, mais cela n’a fait que diminuer le soutien du veuf de Bhutto dans son propre pays.

    La clé au Pakistan, comme toujours, c’est l’armée. Si les raids amplifiés des US à l’intérieur du pays continuent à croître, l’unité tant vantée du haut commandement militaire pourrait être sujet à tension. Lors d’une réunion de commandants de bataillons à Rawalpindi le 12 septembre, le chef d’état major, Ashfaq Kayani, a reçu un soutien unanime pour sa dénonciation publique relativement modérée des frappes US à l’intérieur du Pakistan tout en affirmant que les frontières du pays et sa souveraineté seraient défendues « à n’importe quel prix ».

    Dire que l’armée défendra la souveraineté est différent de le faire en pratique. C’est là le cœur de la contradiction. Peut être que les attaques cesseront le 4 novembre. Peut être que les cochons (avec ou sans rouge à lèvres) voleront. Ce qui est absolument nécessaire dans la région c’est une stratégie de retrait des US/OTAN, précédent une solution régionale impliquant le Pakistan, l’Iran, l’Inde, et la Russie. Ces quatre états pourraient garantir un gouvernement national et une reconstruction sociale massive dans ce pays.

    Quoiqu’il en soit, les US et l’OTAN ont abominablement échoué.

    Tariq Ali 17/09/09 Copyright Tariq Ali

  • permalien Yvan :
    21 septembre 2008 @05h47   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Nul doutes que le mandat autorisant les bombardements du Pakistan au non de la lutte contre le terrorisme, ne tardera pas à venir.

    En attendant les États-Unis (le pays des Twin Towers) en profitent pour étendre leur œuvre civilisatrice et faire partager leur culture :

    ces civils qui fuient les bombes américaines

  • permalien K. :
    29 septembre 2008 @20h35   « »
    Pakistan/US

    The Swoop. « Pakistan : Une Crise qui va en s’approfondissant » :

    En l’absence de solutions de rechange, le Pentagone reste attaché aux actions unilatérales de [frappes chirurgicales]. Il est clair, toutefois, que ces mesures ne sont plus suffisantes pour les défis stratégiques que l’insurrection pose à la stabilité politique du Pakistan.

  • permalien K. :
    29 septembre 2008 @20h47   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Selon le meme Swoop, pour “les solutions de rechange” il va falloir attendre la fin de la crise financière, mais The Swoop est optimiste, ça ne devrait prendre que « quelques semaines » (page d’accueil du 29 septembre).

    De plus The Swoop nous dit que l’accalmie avec l’Iran n’est qu’une « sieste de septembre », et qu’après, gare !

  • permalien K. :
    29 septembre 2008 @23h03   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Mauvaise nouvelle pour les Pakistanais :

    « La Chambre des représentants rejette le plan de sauvetage du système financier. »

  • permalien K. :
    30 septembre 2008 @19h05   « »
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    Bush n’avait aucun plan en vue de capturer Ben Laden après le “9/11” selon le dernier article de Gareth Porter qui cite de nouvelles révélations d’anciens responsables américains :

    (..)

    "On aurait pu déplacer les troupes américaines le long de la frontière pakistanaise avant notre départ pour l’Afghanistan", a déclaré Lamm [ancien colonel de l’armée US]. Mais cela aurait signifié d’attendre le printemps 2002 pour débuter l’offensive contre les Taliban, selon Lamm.

    Le point de vue des conseillers-clé de Bush, toutefois, avait exclu tout plan de ce genre dès le début. Au cours de l’été 2001, Rumsfeld a refusé d’élaborer des plans d’action militaire contre Al-Qaïda en Afghanistan en dépit d’une Directive présidentielle de sécurité nationale adoptée a l’échelle des Comités des adjoints en Juillet et selon les Principes du 4 septembre qui appelaient pour une telle planification, selon le Rapport de la Commission du 9/11

    Rumsfeld et le vice-secrétaire à la défense Paul Wolfowitz ont repoussé ce type de plan pour l’Afghanistan parce qu’ils désiraient que la Maison Blanche adopte rapidement une intervention militaire en Irak. Selon la Commission du 9/11, lors des quatre réunions des adjoints sur l’Irak entre le 31 Mai et le 26 Juillet 2001, Wolfowitz a défendu son idée voulant que des soldats américains se saisissent de tous les champs de pétrole du sud de l’Irak.

    Même après le 11 septembre, Rumsfeld, Wolfowitz, et le Vice President Dick Cheney a continué à résister à tout engagement militaire en Afghanistan, parce qu’ils espéraient une guerre contre l’Irak en lieu et place.

    L’ordre top secret du 17 septembre de Bush pour la guerre en Afghanistan a également amené le Pentagone à commencer à planifier une invasion de l’Irak, selon le livre du journaliste James Bamford, “Pretext for War”.

    Cheney et Rumsfeld ont poussé pour une victoire rapide en Afghanistan lors des réunions du NSC en Octobre, comme cela a été raconté par Woodward et le sous-secrétaire de la défense Douglas Feith. Le désir ardent d’en finir avec les Taliban afin de pouvoir mener une guerre en Irak a fait perdre toute possibilité d’empêcher Ben Laden de s’échapper vers le Pakistan.

  • permalien K. :
    30 septembre 2008 @21h48   «
    Pakistan, extension du domaine de la guerre

    [L]e Haut Commissariat pour les réfugiés (UNHCR) a indiqué qu’environ 20 000 personnes avaient fui les hostilités dans le nord-ouest du Pakistan au cours des récents mois et se sont réfugiées dans l’est de l’Afghanistan.

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