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Pourquoi l’armée française doit se retirer d’Afghanistan

jeudi 18 septembre 2008, par Alain Gresh

Le Parlement et le Sénat français doivent débattre, le lundi 22 septembre, de la situation en Afghanistan. Ils auront à se prononcer par un vote nominatif sur l’engagement de la France dans une guerre qui risque d’être longue et coûteuse. Il aurait été important que les chambres puissent examiner les arguments avancés et en mesurer la pertinence. Mais le temps de parole a été limité et le débat sera clos en une demi-journée. Est-ce ainsi que l’on débat de l’engagement de la France dans une guerre qui fera encore de nombreuses victimes, d’abord en Afghanistan mais aussi dans les rangs de l’armée ?

Lors de son allocution devant les ambassadeurs français, à la fin août (et après la mort de dix soldats), le président Nicolas Sarkozy avait expliqué les raisons de la présence française. Il reprenait les arguments déjà développés lors de l’annonce de sa décision d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan (sommet de l’OTAN, Bucarest, avril 2008).

Nous pouvons les résumer ainsi :

- La France participe à une action collective approuvée par l’ONU ; elle doit être aux côtés de ses alliés de l’OTAN ;

- nous devons aider le peuple afghan dont le sort s’est amélioré à éviter le retour d’un régime barbare ;

- nous luttons là-bas contre le terrorisme international, pour protéger les Français de la menace directe du terrorisme.

Examinons un à un chacun de ces arguments :

- La présence militaire étrangère en Afghanistan a deux composantes : la force internationale d’assistance à la sécurité, ou International Security and Assistance Force (ISAF), opère en Afghanistan sous l’égide de l’OTAN (environ 50 000 hommes de 37 pays) ; elle est mandatée par les Nations unies ; et des forces pour l’essentiel américaines (18 000 sur un total de 36 000 soldats américains) déployées dans le cadre de l’opération Liberté immuable, dont l’état-major est sur la base de Bagram, et qui en réfèrent directement au Central Command américain. Au total, les Etats-Unis fournissent environ 75% des troupes étrangères présentes dans ce pays.

De quel poids, dans ces conditions, pèse la présence française ? Quand le président Bush décide, en 2003, d’envahir l’Irak et de diminuer le nombre de soldats américains en Afghanistan, qui consulte-t-il ? Quand il donne le feu vert aux forces terrestres américaines pour mener des incursions au Pakistan, en informe-t-il la France ? Quand les bombardiers de l’opération Liberté immuable ou de l’ISAF mènent des raids qui font des dizaines de morts civils, consultent-ils la France ? Qui peut croire un instant que la stratégie de Washington dépend, même dans une mesure limitée, des avis de la France ?

L’armée française doit se retirer parce que la France ne peut peser sur le cours des événements. Et que le mandat de l’ONU pour l’ISAF n’a, en réalité, aucune signification concrète, les Etats-Unis décidant seuls...

- La situation du peuple afghan, depuis des décennies, est terrible. Il a vécu, depuis la fin des années 1970, la guerre soviétique, les affrontements entre les différentes fractions de moudjahidin après la chute du régime communiste, la prise de pouvoir des talibans en 1996 ; et enfin la guerre menée par les Etats-Unis après le 11-Septembe, guerre qui se poursuit et s’intensifie.

La fin du régime des talibans a été incontestablement positive, même si la population les avait bien accueillis à leur arrivée au pouvoir : ils avaient mis un terme à l’anarchie et à l’insécurité provoquée par les combats entre les différentes organisations de moudjahidin.

Nicolas Sarkozy explique : « Mesurons les progrès accomplis : des institutions démocratiques avec de nouvelles élections en 2009/2010 ; la scolarisation de près de 6 millions d’enfants contre 800 000 en 2001 ; un système de santé qui a permis de réduire la mortalité infantile d’un quart : ce sont 40 000 enfants sauvés chaque année ; dans tous les domaines, un progrès sans précédent de l’égalité entre hommes et femmes ; des infrastructures restaurées ; 4 000 kilomètres de routes construites… Qui croira que tout ceci aurait été possible sans notre présence militaire ? »

Ces chiffres sont tirés d’un rapport publié à l’occasion de la conférence internationale de soutien à l’Afghanistan (Paris, 12 juin), Report on the Implementation of the Afghanistan Compact by the joint coordination and monitoring board (JCMB) co-chairs.

Ils appellent une remarque générale sur leur fiabilité. A-t-on vraiment les données sur ce qui se passe dans un pays qui, pour l’essentiel, échappe à l’autorité centrale ? Qui peut croire un instant que le pourcentage de femmes recevant des soins prénataux est de 73% ? Si la mortalité infantile a diminué d’une manière qui a permis de sauver 40 000 vies humaines par an, comment expliquer que les chiffres de l’OMS disent que le taux de mortalité des enfants avant cinq ans est resté stationnaire entre 2000 et 2005 ?

Parlons du droit des femmes. « Un progrès sans précédent de l’égalité entre hommes et femmes » ? Si on compare quelle situation à quelle situation ? Quelle époque ? Dans quels lieux ? Rappelons que l’époque où les femmes ont disposé du plus de droits, à Kaboul au moins, a été la période communiste. L’Occident n’a-t-il pourtant pas préféré aider les moudjahidins ? De son côté, George Marchais, secrétaire général du PC, justifiait l’intervention soviétique en Afghanistan au nom de la lutte contre « le droit de cuissage ».

Il est incontestable que, du point de vue juridique, la situation des femmes afghanes est meilleure aujourd’hui que sous les talibans. Au moins, elles ne sont pas exclues des écoles. Mais ce gouvernement soutenu par l’OTAN garde en prison des femmes « coupables » d’avoir été violées.

Un rapport de la commission afghane indépendante des droits de la personne rapporte que le nombre de femmes qui tentent de mettre fin à leurs jours en s’immolant est en augmentation rapide (« Afghanistan : Self-immolation on the rise among women ») : au moins 184 cas en 2007 contre 106 en 2006, et le nombre devrait augmenter encore en 2008.

Un autre rapport du ministère des affaires féminines, « Women in Afghanistan : Deprived of basic necessities », explique que le niveau de la violence contre les femmes en Afghanistan est le plus élevé du monde. Et que 57% des filles sont mariées avant l’âge légal.

On pourrait multiplier les exemples... Tirons-en trois leçons :

1) Dans un pays en guerre, les femmes sont une cible particulièrement vulnérable. Jamais la guerre n’a apporté des droits supplémentaires aux femmes ;

2) Malgré les lois adoptées sous pression internationale, le gouvernement réel est aux mains de chefs de guerre qui ont peu de respect pour les droits des femmes, parfois aussi peu que les talibans ;

3) Faire évoluer une société ne dépend pas seulement des lois. La société afghane est particulièrement conservatrice. Faire avancer les droits des femmes ne peut se faire de l’étranger.

Cela est également vrai dans d’autres domaines. Ainsi de l’éducation. Il y a eu de vrais progrès depuis 2001, mais ceux-ci sont remis en cause par la guerre. Ainsi, dans la province d’Helmand, le nombre d’écoliers est passé de 111 000 en février 2007 à 54 000 en mai 2008 (« School Attendance Plummets in Helmand », Institute for war and peace reporting).

Mais, dira-t-on, cette guerre est provoquée par les talibans. C’est une vision réductrice du conflit. Le gouvernement mis en place par l’intervention américaine s’est révélé incapable de répondre aux besoins les plus urgents de la population. En dehors de Kaboul, le pouvoir est resté aux chefs de guerre qui, grâce à l’argent de la drogue et de l’aide internationale, ont installé des fiefs où ils font régner leur loi. Malgré les milliards de dollars déversés sur le pays, la situation concrète des gens s’est peu améliorée. D’autre part, ce gouvernement profondément corrompu a aussi été incapable d’intégrer véritablement la communauté pashtoune qui représente la majorité de la population.

Quand les talibans ont repris du poil de la bête, l’action de l’armée américaine a été perçue comme celle de forces étrangères. L’armée afghane, peu motivée, mal équipée, est restée en seconde ligne. Imagine-t-on un moment ce qu’est une descente de Marines dans un village du fin fond de l’Afghanistan ? Sans compter les bombardements indiscriminés, dans la plus belle tradition des guerres coloniales.

« La Haut-commissaire de l’ONU aux droits humains a, selon l’AFP (16 septembre), condamné les pertes humaines parmi les civils en Afghanistan, alors que le mois d’août a été le plus meurtrier depuis la chute des Talibans à la fin 2001. Trois cent trente civils ont été tués le mois dernier en Afghanistan, dont plus de 90 dans une attaque aérienne par la force internationale à Shindand (ouest), a déploré Mme Navi Pillay dans un communiqué. “C’est le plus grand nombre de civils tués en un seul mois depuis la fin des plus fortes hostilités et la chute des talibans à la fin de 2001”, a souligné la Haut commissaire. Au total, 1 445 civils ont été tués depuis le début de l’année, soit 39% de plus que durant les huit premiers mois de 2007, selon les statistiques de l’équipe chargée du suivi des droits de l’homme auprès de la mission de l’ONU en Afghanistan.

La responsabilité de plus de la moitié de ces morts — 800 tués, soit 55% — est attribuée aux talibans ou à d’autres forces rebelles, ce qui représente près du double des 462 victimes qui leur avaient été attribuées du 1er janvier au 31 août 2007. »

Mais les morts provoqués par des étrangers n’ont pas le même poids que des morts provoqués par des combattants locaux. La longue histoire de l’Afghanistan le prouve.

L’extension de la guerre et de la résistance à l’occupation étrangère ne peut que se poursuivre. Et il est douteux que le sort du peuple afghan s’améliore par une escalade de l’intervention occidentale.

- Troisième argument, nos soldats se battent contre le terrorisme. Si nous ne triomphons pas en Afghanistan, le combat aura lieu en Europe.

Et si le contraire était vrai ? Si c’était l’intervention croissante des forces américaines et occidentales dans le monde musulman qui provoquait un rejet nationaliste ? C’est ce dont est convaincu Richard Barrett, chef du bureau des Nations unies de surveillance d’Al-Qaida, selon un article de l’hebdomadaire britannique The Observer (« UK campaign in Afghanistan ’aids al-Qaeda’ », Mark Townsed, 14 septembre).

« La présence des forces étrangères apporte de l’eau à leur moulin, et ils (Al-Qaida et Ben Laden) ont été très habiles à exploiter la peur des forces étrangères. On peut dire que la peur des forces étrangères donne de l’oxygène dans la région, et amène les chefs tribaux à mettre de côté leurs divisions pour s’unir contre les forces étrangères. » Selon ce journal, Barrett a affirmé que les troupes occidentales avaient aidé Al-Qaida à se renforcer le long de la frontière afghano-pakistanaise et que ces troupes offrent un objectif pour les groupes terroristes.

On peut ajouter que l’Afghanistan est devenu depuis plusieurs mois, notamment après l’affaiblissement d’Al-Qaida en Irak, le point de ralliement de tous les combattants qui rêvent d’en découdre avec les Occidentaux. Et donc à renforcer le poids de l’organisation au sein des groupes armés, dont la plupart des combattants sont mus par des sentiments nationalistes et non par l’idée d’un djihad mondial.

Il est évident que les bombardements – qui reposent souvent sur de mauvaises ou de fausses informations liées au caractère même de la guerre – et leur cortège de morts civils radicalisent aussi les oppositions.

Dans un entretien à l’Agence France Presse, le 5 septembre 2008, deux chercheurs français, Mariam Abou Zahab, (CERI-Sciences Po) et Bernard Dupaigne (professeur au musée de l’Homme), notaient les dangers de l’amalgame. « Qualifier de “terroristes” tous les combattants anti-occidentaux en Afghanistan est un amalgame erroné qui condamne à ne pas comprendre les menaces et les enjeux, préviennent ces experts français de la région. Selon eux, la plupart de ceux qui mènent des attaques contre les forces américaines, canadiennes ou européennes sont soit des nationalistes pashtouns, soit des extrémistes religieux, soit des guerriers tribaux — souvent un mélange des trois —, qui luttent contre ce qu’ils considèrent être des armées d’occupation. Et s’ils peuvent côtoyer par endroits et par moments, surtout dans l’Est du pays, des groupes proches ou affiliés à Al Qaïda, ils ne s’inscrivent pas dans la mouvance du “jihad global”, assurent-ils. »

Abou Zahab : « Vous avez, surtout dans le Sud, des combattants extrêmement jeunes qui sont avant tout nationalistes. Leur discours est basique mais efficace : des troupes non-musulmanes (ils disent “infidèles”) ont envahi mon pays. C’est mon devoir de les combattre. Point. »

Dupaigne : « Nombre de ceux qui tapent sur les armées occidentales sont les mêmes ou les fils de ceux qui tapaient sur les Russes, simplement parce qu’ils étaient là. Si les Russes n’avaient pas été là, ils seraient restés garder leurs chèvres. C’est pareil aujourd’hui. »

L’escalade des combats suscite aussi une radicalisation au Pakistan, comme le montre un sondage réalisé en juin 2008 par The New America Foundation, qui montre que 52% des Pakistanais considèrent que les Etats-Unis sont les principaux responsables de la violence dans leur pays (contre 15% qui considèrent que ce sont les groupes islamistes radicaux). 50% pense qu’il faut négocier avec Al-Qaida. Et les opinions favorables à l’égard d’Al-Qaida ont augmenté cette année, principalement parce que l’organisation est perçue comme s’opposant à la politique américaine.

Mais si les troupes françaises se retirent, que se passera-t-il ? Faut-il un retrait immédiat ? Quelle est la solution politique ? Je reviendrai sur ces questions dans un prochain envoi, mais je voudrais rappeler la déclaration de la membre de la chambre des représentants américaine Barbara Lee, qui fut la seule du Congrès à voter, le 14 septembre 2001, contre l’Authorization for the Use of Military Force Against Terrorists (AUMF). Elle s’explique en disant qu’elle vote non, « non parce qu’elle est contre une action militaire, mais parce que l’AUMF dans sa formulation donne des pouvoirs de guerre exagérés au président, alors même que les informations sur la situation ne sont pas claires. C’est un chèque en blanc permettant au président d’attaquer quiconque est impliqué dans les événements du 11-Septembre, où que ce soit, dans n’importe quel pays, sans considération des intérêts à long terme de notre nation dans les domaines de la politique étrangère, de l’économie ou des intérêts nationaux de sécurité, et ce sans limite de temps. (...) Le Congrès aurait dû attendre de connaître les faits et d’agir ensuite en plein connaissance de cause. » (Cité par Helena Cobban sur son blog Just World News, « September 11 and the war in Afghanistan », 10 septembre.)

Répression en Syrie

Communiqué du 17 septembre

« Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (un programme conjoint entre la Fédération internationale des droits de l’Homme et l’Organisation mondiale contre la torture), Human Rights Watch et Human Rights First expriment leur profonde préoccupation concernant la détention arbitraire et le procès inéquitable en Syrie des 12 membres du Conseil national de la Déclaration de Damas pour le Changement national et démocratique. Les organisations signataires enjoignent aux autorités syriennes de stopper le procès et de libérer immédiatement et sans condition les 12 activistes politiques et des droits de l’Homme. »

« Dr. Ahmad Tohme, M. Jaber al-Shoufi, M. Akram al Bunni, Dr. Fida al-Hurani, M. Ali al-Abdullah, Dr. Walid al-Bunni, Dr. Yasser Tayser Aleiti, M. Fayez Sarah, M. Mohammed Haj Darwish, M. Riad Seif, M. Talal Abu Dan et M. Marwan al-Esh sont tous membres du Conseil national de la Déclaration de Damas pour le Changement national et démocratique (CNDD), un mouvement collectif d’opposition et pro-démocratie qui regroupe plus de 160 activistes politiques, défenseurs de droits de l’Homme, intellectuels et artistes syriens. »

55 commentaires sur « Pourquoi l’armée française doit se retirer d’Afghanistan »

  • permalien
    18 septembre 2008 @16h54   »

    Je ne peux imaginer ce que souhaite une majorité d’afghans, et je ne peux donner que mon opinion. je pense qu’il est nécessaire de conserver une présence militaire en Afghanistan. L’objectif ne serait pas d’être "aux cotés de nos alliés", les alliances sont de circonstances, et je doute d’une convergence de vues entre les "alliés" en Afghanistan. Il ne s’agit pas non plus de lutter contre le terrorisme, car les foyers terroristes ne sont pas en Afghanistan. la seule présence terroriste connue en Afghanistan fut, entre 97 et 2001, des bases de repli de groupes terroristes arabes financés par Bin Laden, ouzbeks et tadjiks, tchétchènes ou pakistanais, destinés au Cachemire essentiellement, voire ouïghours.

    Mais pour m’interesser à ce pays depuis de longues années, et me souvenant des appels à l’aide entre 1994 et 2001, je continue de croire qu’une présence militaire étrangère en Afghanistan pourrait avoir un rôle "positif". Il s’agirait d’une force mobile, capable d’intervenir dans l’intérêt du gouvernement afghan et avec son aval, et dans un but strictement défensif, afin de pallier à l’absence de forces afghanes.

    Mais la situation à l’intérieur de l’Afghanistan ne sera un débat "afghan" que lorsque les ingérences étrangères auront, sinon cessé, du moins été réduites. Celle du Pakistan est la plus grave, et la plus déstabilisatrice. Mais d’autres agissent aussi, car la présence des "chefs de guerre" est moins due à l’innéficacité du gouvernement Karzai qu’à la volonté étrangère de conserver lesdits chefs. Comment un type comme Dostom, traître à tous, depuis 1992, ayant été l’allié et l’ennemi de tous, comment un tel type peut encore avoir du pouvoir en Afghanistan ? Hekmatyar, l’homme des sevices secrets pakistanais entre 89 et 94, et qui, il y a peu, avait encore une maison dans la banlieue parisienne et sa résidence à l’est de l’Iran, est de nouveau actif ?
    Haqqani, seul aurait-il conservé son pouvoir dans la région de Khost ?

    Que veut on faire de l’Afghanistan ? L’aide promise en 2001 s’est elle concrétisée ? En diabolisant l’Iran, en soutenant des types comme Karimov, en soutenant aveuglément l’armée pakistanaise et ses extrémistes, on détruit tout espour de stabiliser l’Afghanistan pour lui permettre un répit. En maintenant le cancer saoudien, notamment, financier du terrorisme, on ne lutte pas contre cette criminalité.

    Une présence militaire ne se juge opportune que si elle a des objectifs clairs, et c’est cela qui manque aujourd’hui à l’armée française.

  • permalien Yvan :
    18 septembre 2008 @17h36   « »
    Pourquoi l’OTAN doit se retirer d’Afghanistan

    L’OTAN se réfère aux statuts du Traité de l’Atlantique Nord pour justifier son action.

    Ce traité en cas de conflit prévoit que la recherche de solutions pacifiques, soient privilégiée.

    2 articles de ce traités prévoient une intervention armée :


    - Article 5

    Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord.

    Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.
    - Article 6

    Pour l’application de l’article 5, est considérée comme une attaque armée contre une ou plusieurs des parties, une attaque armée :


    • * contre le territoire de l’une d’elles en Europe ou en Amérique du Nord, contre les départements français d’Algérie (2), contre le territoire de la Turquie ou contre les îles placées sous la juridiction de l’une des parties dans la région de l’Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer ;

    • * contre les forces, navires ou aéronefs de l’une des parties se trouvant sur ces territoires ainsi qu’en toute autre région de l’Europe dans laquelle les forces d’occupation de l’une des parties étaient stationnées à la date à laquelle le Traité est entré en vigueur, ou se trouvant sur la mer Méditerranée ou dans la région de l’Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer, ou au-dessus de ceux-ci.

    Tant qu’il ne sera pas prouvé que l’Afghanistan a "attaqué" un des membre de l’OTAN, et tant que les solutions de règlement pacifique de cette attaque prouvée seront ent court, l’OTAN n’aura rien à faire en Afghanistan.

  • permalien Yann :
    18 septembre 2008 @19h41   « »
    Pourquoi l’armée française doit se retirer illico d’Afghanistan

    L’objectif de la présence militaire étrangère en Afghanistan pourrait être de :
    - Civiliser le berger afghan

    Une mission à la hauteur de notre démocratie universaliste...

  • permalien Sardon :
    18 septembre 2008 @21h02   « »

    Bonjour M. Gresh,

    Il est évident pour toute personne sensée et moralement décente que l’armée française doit se retirer d’Afghanistan. Or, vous ne citez pas la seule raison moralement valable qui puisse justifier ce retrait.

    L’armée française doit se retirer d’Afghanistan pour une raison très simple : elle s’y trouve à la suite d’une guerre d’agression, agression qui a été définie par le Tribunal de Nuremberg en 1946 comme "le crime international suprême, qui ne diffère des autres crimes de guerre que parce qu’il porte en lui tout le mal des autres crimes de guerre accumulés". (http://www.chomsky.info/articles/20...)

    La question n’est donc pas de savoir si la présence française en Afghanistan est profitable (ou non) à la "guerre contre le terrorisme" (appellation qui ne constitue qu’un effet de manche typique de la propagande habituelle), ni même si elle est profitable (ou non) aux Afghans. La question est de savoir si la présence française en Afghanistan est moralement justifiée ou non. Or, si l’on se réfère au jugement de Nuremberg cité plus haut, on ne peut que reconnaître qu’elle ne l’est absolument pas, étant donné qu’elle est une des formes du "crime international suprême" défini par ce Tribunal. Le fait que l’aspect simplement moral des choses ne soit jamais cité dans le débat public, et qu’il soit implicitement rejeté comme une naïveté qui n’est pas digne de considération par les gens sérieux, en dit long sur le climat intellectuel qui prévaut en France, comme d’ailleurs dans les autres pays "démocratiques".

  • permalien Jépi Gépa :
    18 septembre 2008 @21h22   « »
    Le casse-tête afghan

    @ 18 septembre @16h54

    Il faudrait quand même rappeler que le président de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, a été installé par les Etats-Unis. Même ses discours sont écrits par les membres de la coalition.

    Alors quand vous écrivez que “il est nécessaire de conserver une présence militaire en Afghanistan capable d’intervenir dans l’intérêt du gouvernement afghan et avec son aval” c’est, “il est nécessaire de conserver une présence militaire en Afghanistan capable d’intervenir dans l’intérêt du gouvernement américain et avec son aval” que l’on lit.

  • permalien K. :
    18 septembre 2008 @22h08   « »

    Rhétorique dernier cri : La guerre contre le terrorisme ne peut que s’étendre parce que le terrorisme s’étend. “We want to work with them to build up their capabilities at this point”

  • permalien DRAGON :
    19 septembre 2008 @09h06   « »

    Vouloir défendre "les droits de l’homme " ???? Idée généreuse et humaniste, mais sincèrement avec quels moyens sont partis les militaires en Afghanistan ? Pourquoi ont ils besoin d’acheter eux mêmes leur matériel pour avoir DU BON MATERIEL ? De quels moyens disposent ils sur place pour faire la guerre ?

    Envoyer des hommes sur un terrain tel que celui de l’afghanistan avec les moyens qu’ont leur a OCTROYES pour partir, j’appelle cela favoriser LE TIR AUX PIGEONS !!!!

    Désolé, mais si les militaires n’ont pas le droit de parler, moi je suis civil et blessé dans ma chair depuiçs le 18 Août 2008....
    De tout temps, la société a évolué parce que certains ont bravé les institutions. Les militaires ne doivent pas échapper à cette REGLE, s’ils veulent évoluer . Les hommes sur le terrain SONT PLUS IMPORTANTS QUE LE SYSTEME QUE L ETAT MAJOR VEUT PROTEGER !!!!!!!!!!!

    LE TIR AUX PIGEONS ..............JUSQU’A QUAND ??????

  • permalien Yvan :
    19 septembre 2008 @10h15   « »

    Ce matin sur France Inter, pathétique de celui qui a envoyé des soldats en Afghanistan, Lionel Jospin.

    Pathétique parce que depuis le papotage de Georges Bush, à propos de la responsabilité de Ben Laden et d’Al Qaïda, c’est à dire depuis 7 ans, non seulement aucun élément tangible n’est venu étayer ce ragot, mais aucune preuve n’ montrer une réelle volonté de Bush, de rechercher les responsables.

    Pathétique, parce que les arguments avancé par Lionel Jospin sont en opposition avec les objectifs de l’OTAN.

    Pathétique parce que la complicité implicite qu’a constitué cet engagement à cautionné un recul historique de toutes des valeurs démocratiques sur la planète.

    Pathétique enfin, parce qu’une fois tous ces pseudo-arguments démontés, il ne reste plus que celui-ci : "c’était justiifié parce que c’était moi le premier ministre, ça ne l’est plus parce que je ne suis plus le premier ministre". Ce comportement rancunier, révèle une immaturité caractérielle inquiétant chez un homme politique.

  • permalien
    19 septembre 2008 @11h20   « »

    Quant à moi, j’étais pour une intervention dès 1999, mais pas une intervention militaire, et j’avoue n’avoir jamais imaginé que l’OTAN soit concernée par l’affaire...
    pas une intervention militaire directe, action que "les afghans" eux mêmes ne semblaient pas accepter, mais une action forte sur Musharraf, afin qu’il cesse de laisser la bride sur le cou de l’ISI et des excités du JUI. cela aurait peut être permis de constater que sans l’argent et les armes du Pakistan, sans les combattants des madrassas de Sami Ul Haq, sans les "djihadistes" cachemiris, les taleban ne pesaient rien hors de Kandahar.
    je me souviens qu’en 94, avant l’arrivée des taleban, une mission de l’ONU avait constatée que si la guerre faisait rage à Kaboul, il n’en allait pas de même dans le reste du pays. le Pandjsher, le nord ouest de Dostom, l’est de Ismael Khan, le sud de kaboul chez les wardak, à Djalalabad ou à Khost, il n’en allait pas ainsi. Oui, il s’agissait de fiefs, oui, les barrages et les péages étaient des dangers mais surtout des freins à l’économie, mais il est faux de parler "d’anarchie généralisée"...Et pourtant, déjà, les afghans consultés refusaient une intervention étrangère de l’ONU, mais favorisaient les solutions permettant de freiner les interventions étrangères sur leur sol. Pourtant, dès 1996, les USA déclaraient que l’arrivée des taleban à Kaboul était une bonne chose, eux qui n’avaient jamais apporté un quelconque soutien aux gouvernements successifs entre 92 et 96...
    Le degré d’implication des taleban dans les attentats du 11/09 ne sera je suppose jamais connu, leur soutien pour OBL étant lui même difficile à clarifier entre 96 et 2001. Pour autant, les désigner comme principaux coupables, alors que l’Arabie saoudite et le Pakistan étaient considérés comme alliés était une plaisanterie tragique.
    Les taleban d’aujourd’hui n’ont à mon sens que peu de liens avec l’ancienne équipe. Haqqani, aujourd’hui présenté comme l’un des chefs, était passif entre 96 et 2001. Hekmatyar avait été battu et expulsé du pays par les taleban.
    Aujourd’hui comme hier, le Pakistan est le principal responsable de l’existence des taleban, mais cela ne justifie pas une intervention militaire au Pakistan ni ne garantit que sans le Pakistan, l’Afghanistan en aurait fini avec ses "démons"...
    Mais retirer les troupes étrangères d’Afghanistan, cela à mon sens ne peut se faire qu’en agissant fortement sur le Pakistan, et il me semble que cela n’est pas possible aux yeux de nos gouvernants.

  • permalien Alain Gresh :
    19 septembre 2008 @12h09   « »

    S’en tenir au sujet...

    Merci à tous les participants de s’en tenir au sujet de l’envoi et du blog. Que ce soit l’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est ou l’Afrique, c’est hors-sujet.

  • permalien asterixbis :
    19 septembre 2008 @18h20   « »

    Liberté immuable montre que la personne qui a appelé ainsi la "liberté" ne la connaît pas. La liberté est insaisissable, étonnante, fantaisiste, elle fait irruption ici, disparaît, revient là où on ne l’attend pas.... La liberté dérange et la vouloir "immuable" c’est l’emprisonner et donc la voir disparaître. Il fallait être inconscient pour mettre ces deux mots côte à côte, ou ne rien savoir de ce qu’est la liberté.
    De toutes façons j’ai honte de voir l’occident être si peu humain.

  • permalien K. :
    19 septembre 2008 @18h32   « »

    Le fait qu’il n’y ait pas de pression sur le Pakistan et que celui-ci soit le principal responsable de la situation afghane n’est pas une vue partagée par tout le monde (meme en laissant de coté l’évidente responsabilité occidentale, c’est a dire essentiellement etats-unienne) :

    - En Septembre 2006, "Le président du Pakistan, le Général Pervez Musharraf, révèle dans une interview (..) que peu après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont menacé de bombarder son pays et "de le renvoyer à l’Âge de Pierre" s’il n’offrait pas sa coopération pour combattre le terrorisme et les Taliban." http://questionscritiques.free.fr/e...

    - Le Dr Michael Scheuer, ancien de la CIA jusqu’en 2004 (responsable du "dossier" OBL) tient aussi des propos qui ne vont pas dans votre sens. Il reproche notamment aux occidentaux de ne pas tenir compte des intérets du Pakistan, et au contraire de donner carte blanche au frère ennemi indien en Afghanistan, sous prétexte que l’Inde partagerait la vision occidentale concernant l’avenir de l’Afghanistan, alors que la dite Inde n’utiliserait l’Afghanistan que pour affaiblir le Pakistan http://www.jamestown.org/terrorism/... :

    "Le meilleur exemple de la nocivité de la politique du "nous sommes tous du même bord" est le rôle que l’Inde est autorisé à jouer en Afghanistan ; en effet, lorsque les islamistes règneront de nouveau a Kaboul, ils devront envoyer une chaleureuse note de remerciement à New Delhi"

    "Les États-Unis et l’OTAN ont laissé leur substitut de Kaboul, le Président Hamid Karzai, et le gouvernement indien utiliser le projet de reconstruction de l’Afghanistan, soi-disant désintéressé, comme un outil permettant de détruire l’une des principales politiques de sécurité nationale de l’histoire du Pakistan."

    "Comment cela ? Eh bien, depuis leurs débuts il y a plus de 60 ans, le gouvernement et les militaires du Pakistan ont, à juste titre, considéré l’Inde comme une menace morale à la survie du pays. L’Inde a battu le Pakistan dans plusieurs guerres – Une des guerres ayant fait perdre au Pakistan sa partie orientale, aujourd’hui Bangladesh, en 1971 – et a acquis des armes nucléaires bien avant le Pakistan. La stratégie de sécurité nationale d’Islamabad, par conséquent, a été et est centrée sur l’Inde. Elle met l’accent sur trois exigences fondamentales : 1) une capacité à placer la plupart de ses militaires sur la frontière indo-pakistanaise ; 2) l’acquisition d’une dissuasion nucléaire (réalisée en 1998) et 3) le maintien d’un calme dans la frontière occidentale avec l’Afghanistan pour donner au Pakistan une sorte de profondeur stratégique de sorte qu’il n’ait pas a subir deux fronts de combats a la fois. Ces exigences ont été satisfaites jusqu’au 11 Septembre 2001, et depuis il ne reste plus que la dissuasion nucléaire."

  • permalien K. :
    19 septembre 2008 @18h35   « »

    Bien sur le dernier post répondait à celui de 19 septembre @11h20 http://blog.mondediplo.net/2008-09-...

  • permalien
    19 septembre 2008 @18h42   « »

    « L’âpre lutte qui a divisé le monde pendant plus de deux générations est arrivée à son terme. L’écroulement de la domination soviétique en Europe orientale signifie que la guerre froide est terminée, que sa question centrale est résolue. Nous sommes entrés dans une ère nouvelle, dont le profil aurait été inimaginable il y a seulement trois ans. Cette ère nouvelle offre un grand espoir, mais cet espoir doit être tempéré par l’incertitude encore majeure que nous avons devant nous. La guerre du Golfe nous a rappelé avec force qu’il y a encore des sources autonomes de turbulence dans le monde. La crise du Golfe a montré de quoi est aujourd’hui capable la communauté mondiale et, dans l’acte même d’affronter ce défi, la communauté mondiale s’est renforcée. J’espère que la crise du Golfe passera à l’histoire comme le creuset du nouvel ordre mondial. Il revient à l’actuelle génération, en Amérique et dans le monde, de mettre à profit ces extraordinaires possibilités. Pour ce faire, le leadership américain est indispensable. Nous devons travailler avec les autres mais nous devons aussi être un leader. Malgré l’émergence de nouveaux centres de pouvoir, les Etats-Unis restent le seul Etat avec une force, une portée et une influence en toutes dimensions – politique, économique et militaire- réellement mondiale. Il n’existe aucun substitut au leadership américain. Notre responsabilité, dans la nouvelle ère aussi, est d’importance cardinale et inéludable ». Le président Georges H. Bush (1989-1993) dans le discours qu’il a prononcé à Aspen, dans le Colorado, le 2 août 1990, quelques heures seulement après l’ouverture de la crise du Golfe.

  • permalien
    19 septembre 2008 @21h41   « »

    Je suis d’accord sur les raisons expliquant l’interventionnisme pakistanais en Afghanistan. Tout cela s’explique fort bien, mais en conséquence de cette situation, ce sont des millions d’afghans qui souffrent depuis trente ans. Les soviétiques ont détruit une première fois le pays, les dix premières années, mais le discours qu’a tenu Zia Ul Haq peu de temps avant de mourir, et alors que l’URSS se retirait était prémonitoire :
    "Vous, Américains, avez souhaité que nous soyons un Etat de la ligne de front. En vous aidant en Afghanistan, nous avons gagné le droit d’avoir à Kaboul un régime de notre choix. (...)Nous ne permettrons pas que la situation régionale revienne à ce qu’elle était auparavant, avec une influence indienne et soviétique et des revendications sur notre territoire. Ce sera un véritable Etat islamique, une véritable confédération islamique, une partie de la renaissance panislamique qui gagnera un jour, vous verrez, les musulmans de l’Union soviétique. Il n’y aura plus de passeports entre le Pakistan et l’Afghanistan. Qui sait, peut-être un jour le Tadjikistan et l’Ouzbékistan se joindront-ils à nous, et, pourquoi pas, l’Iran et la Turquie. »

    Cette doctrine, 20 ans après, est toujours d’actualité, mais au prix de la souffrance de millions de pauvres gens. En faisant de l’Afghanistan son champ de bataille régionale, le Pakistan attire sur ce pays les influences de toutes la région, auxquelles s’ajoutent les visées des occidentaux en termes géo-stratégique.

    Quant à l’extrémisme religieux et ses liens directs avec des groupes armés, il est évident au Pakistan. L’armée, les services secrets militaires, les partis politiques les plus radicaux s’allient ou s’affrontent dans la lutte politique du pays. Le soutien aux plus radicaux taleban, et aux groupes terroristes étrangers présents en afghanistan venaient du Pakistan avant 2001. Le Cachemire est un autre théatre d’opérations, où combattent des groupes armés du même ordre, et parfois les mêmes, que les néo-taleban.

    Enfin, ne pas oublier une autre raison de la volonté d’influence du Pakistan. En 47, lors de la création du Pakistan, un seul pays à voté contre à l’ONU : l’Afghanistan. Cela du fait du tracé de la frontière entre les deux pays, la ligne "Mortimer-Durand", qui favorise essentiellement le Pakistan et n’est pas accepté par l’Afghanistan. Pendant trente ans, le roi comme les premiers ministres successifs ont alterné lutte et accords avec leur voisin à ce propos.

  • permalien K. :
    19 septembre 2008 @22h27   « »

    Cela du fait du tracé de la frontière entre les deux pays, la ligne "Mortimer-Durand", qui favorise essentiellement le Pakistan et n’est pas accepté par l’Afghanistan

    Il faut quand meme rappeler que la ligne "Mortimer-Durand" est un « vestige de la politique du « diviser pour régner » de l’ancien Empire Britannique » et quelle n’a pas été crée pour favoriser le Pakistan, mais pour contrecarrer la Russie. C’est donc la Grande Bretagne qui est la source du conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan ».

    Le Pakistan joue très certainement un sale jeu, mais seulement parce que les régles du jeu sont sales au départ, et ce n’est pas lui qui les a créé. Il n’est pas non plus en son pouvoir de les modifier.

    Par contre si les grandes puissances daignaient assainir ces régles, il y aurait beaucoup moins de “pauvres afghans”.

  • permalien K. :
    19 septembre 2008 @22h50   « »

    - Sans commentaire : « cessez-le-feu de l’Isaf pour la "Journée de la paix" dimanche. »

    - Chances de paix au Tchad, grace au déploiement français ...en Afghanistan ? :

    Pat Nash, le général irlandais qui commande l’EUFOR, a estimé qu’elle a besoin de jusqu’à 20 hélicoptères pour accomplir sa mission. Mais parce que plusieurs Etats de l’UE ont engagé des avions militaires en Afghanistan, il a dû rechercher des engagements à l’extérieur de l’union.

    Avant le déploiement de l’EUFOR, certains membres du Parlement européen et des activistes des droits de l’Homme ont exprimé plusieurs inquiétudes au sujet de la manière dont la position dominante des troupes françaises en son sein pourrait mettre en cause son impartialité.

    La France est connue pour avoir aidé à consolider le régime du président du Tchad, Idriss Déby...

    - Hubert Védrine :

    « ...l’acceptation de la pluralité, non comme un héritage historique handicapant qu’on se résigne à assumer, mais comme un principe politique d’avenir et un atout (..) est le contraire exact, absolu, de l’idéologie et de la politique de l’Administration Bush pendant les huit années écoulées, dont l’influence sur les opinions occidentales, y compris française, a finalement été énorme. »

  • permalien K. :
    19 septembre 2008 @23h04   « »

    William S. Lind, (janvier 2008) :

    « Nos tentatives de contenir la détérioration de la situation au Pakistan ont conduit au résultat inverse et mis le feu aux poudres. Nous avons contraint notre allié local, le Général-Président Moucharraf, à s’aligner sur George Bush, à tel point que son surnom dans le pays est « Busharraf , » ce qui n’est pas un compliment. Pire encore, nous l’avons pressé d’envoyer l’armée pakistanaise dans les zones tribales du nord-ouest, ce qui a entraîné, en retour de bâton, une augmentation du nombre des combattants tribaux. Ces défaites, cette déstabilisation, cette dé légitimation, en grande part dues aux USA, ont conduit le gouvernement pakistanais au bord de l’implosion, avec le danger réel que cette désintégration se propage, au-delà du régime, au Pakistan lui-même. »

  • permalien K. :
    19 septembre 2008 @23h32   « »

    « Le Sénat américain a adopté mercredi [17/9] un budget record de 612,5 milliards pour la défense en 2009. Il dépasse légèrement la somme demandée par le président George Bush. »

  • permalien Ph. Arnaud :
    20 septembre 2008 @23h28   « »

    - L’idée selon laquelle les Occidentaux devraient combattre le terrorisme en Afghanistan, pour ne pas avoir à le combattre chez eux est une vieille scie. Ce n’est que la reprise de la « théorie des dominos » des années 1960-1970, appliquée à cette époque au communisme…

  • permalien RAYCA :
    21 septembre 2008 @21h16   « »

    Bonjour,
    N’oublions pas les noms de Golda Meir,de Ben Gourion qui etaient des résistants TERRORISTES face à l’armée Britannique ; les résistants Fran¢$ais pendant la 2éme guerre étaient des eux aussi des terroristes(rendons hommage à leur sacrifice)pour les troupes de l’axe.
    Les USA ,La France et le Canada n’ont pas de frontiére avec l’afghanistan,dans ce pays seul les Russes et les USA s’étaient affrontés ,ils leurs incombent de trouver une solution pacifique car la démocratie ne s’impose pas avec des fusils ;soyons humbles et souvenons nous de toute la jeunesse Fran$aise morte au Vietnam,en Algérie etc.....

  • permalien C.R :
    22 septembre 2008 @15h40   « »

    Bonjour,

    Dans l’état actuel des choses, la France doit voir avec une manière visionnaire sa présence en Afghanistan. Le terrorisme et malhereusement un fléau qui touche partout, il faut aller au fond des choses pour l’éradiquer. La société civile afghane ne peut que aplaudir les actions des forces françaises, surtout quand il s’agit de restructurer et de restaurer un pouvoir centrale fort, capable de prendre les choses en main. Néamoins, les Etats-Unis doivent coordiner davantage avec les autres forces existantes sur le terrain. Les derniers évenements et l’attaque terroriste contre l’Hotel d’Islam Abad montre que la stratégie américaine est fausse et que toute action qui n’est pas mesurée ne peux que exaspérer les sentiments de la haine.

    Nous avons besoin d’un monde libre, monde ou les valeurs universelles sont respectées en chaque point. C’est pourquoi il judicieux de ne pas agir en ignorant toutes les specificités qui capable de nous laisser agir avec sens et essence de ce que on peut qualifier action humaniste.

  • permalien Cogito :
    22 septembre 2008 @17h30   « »

    Quelles sont les raisons pour lesquelles les américains sont-ils en Afghanistan ?

    - la recherche de Ben Laden ?
    - la mise en place d’une démocratie ?
    ou le pétrole qui vient de la mer Caspienne ?

    Et la France, pourquoi est-elle là-bas ? Quelles sont les avantages qu’elle y gagne ? Je serai étonné que nous intervenions là-bas pour y faire le bien.

  • permalien Ph. Arnaud :
    22 septembre 2008 @18h38   « »

    @ C.R. Votre message du 22 septembre à 20 h 40

    Vous dites : « Le terrorisme est malheureusement un fléau qui touche partout, il faut aller au fond des choses pour l’éradiquer… ». D’abord, le terrorisme n’existe pas : il n’y a que des actions « terroristes », moyens au service de fins politiques. Ne retenir que le moyen est une opération idéologique, qui vise à déconsidérer ces fins.

    Et puis, le terrorisme, c’est quoi ? C’est terroriser une population : que croyez-vous que font les bombardiers américains, qui lâchent des bombes de 500 livres sur les villages afghans ? Considérez la dissymétrie de l’information : depuis 2 jours, on nous abreuve, en début de journal télévisé, des nouvelles de l’attentat contre l’hôtel Marriott, qui a causé 53 morts. Aujourd’hui, le reportage du « 13 h » de France 2 sur ce sujet durait 3 minutes. Il y a quelques jours, l’annonce de la tuerie de 90 Afghans suite à un bombardement américain a fait l’objet d’une brève de quelques secondes. Le terroriste, c’est celui qui n’a pas de F-16 pour transporter sa bombe…

  • permalien antoine :
    22 septembre 2008 @19h47   « »

    Cogito,

    Aussi improbable que cela puisse paraître, les Etats-Unis sont bien intervenus en Afghanistan pour toutes les raisons que vous évoquez, auxquelles j’ajouterai la poursuite du roll back (un containment voilé) à l’égard de la Russie et aussi le traumatisme causé par les attentats du 11 septembre 2001.

    Il ne faut pas surtout pas minimiser le principe d’ingérence humanitaire présent sous Clinton qui s’est peu à peu amplifié
    et qui a trouvé dans le néoconservatisme un élan encore plus fort. La part d’idéalisme chez les néoconservateurs ne doit à ce titre pas etre négligée.

  • permalien K. :
    22 septembre 2008 @20h56   « »

    Pour que Cogito puisse avoir d’autres réponses potentielles à ses questions que celles d’Antoine :

    - Alain Joxe :

    « Je renvoie (..) au pamphlet de Susan George, le Rapport Lugano, selon qui dans le cadre de la recherche de profit de l’économie néolibérale le nombre des hommes devrait être réduit massivement, soit qu’on organise soit qu’on orchestre les massacres, on rejoindrait ainsi la permanence d’un empire du désordre face auquel, si le modèle européen ne produit pas le contre-feu, ne pourait surgir qu’une forme nouvelle de nazisme. »

    - Mark Danner :

    « C’est l’affirmation de ce qu’on appelle prépondérance, qui sous-tend la philosophie du Pouvoir énoncée par les cerveaux de Bush et qui a conduit à une certaine prise de position envers les lois et les alliances internationales, qui est, à mon avis, tout a fait inédite dans l’histoire Américaine.

    Cette position radicale est brillamment encapsulée dans une phrase unique tirée du National Security Strategy des Etats-Unis de 2003 : "Notre force en tant qu’Etat-nation continuera à être défiée par ceux qui emploient une stratégie du faible utilisant les institutions internationales, les voies judiciaires et le terrorisme."

    Laissez moi répétez cette petite troïka des "armes des faibles" : les institutions internationales (c’est a dire les Nations- Unies et autres institutions apparentées), les voies judiciaires (c’est à dire les cours de justice, nationales et internationales), et... le terrorisme.

    Cet étrange rassemblement, mis en avant par le gouvernement des Etats-Unis, est sous tendue par l’idée que le pouvoir est, en fait, tout. Dans un tel monde, les cours de justice – en fait, la loi elle-même – ne peut que limiter le pouvoir du plus puissant des états. Celui qui possède le pouvoir prépondérant, qu’a-t-il à faire de la loi ? Cette dernière doit être, par définition, une arme du faible. Le plus puissant état, après tout, crée la réalité.

    Si nous sommes un empire maintenant, comme M. Rove l’a dit, peut-être devrions-nous ajouter, comme il ne le ferait pas, que nous sommes également une démocratie, et c’est là, (..), que se situe le Hic. Un empire démocratique, comme même les Athéniens l’ont découvert, est une chimère, comme une de ces créatures mythologiques faites du lion et de l’oiseau, ou de l’homme et du cheval. »

    - On peut lire aussi James Mann, traduit ici.

  • permalien K. :
    22 septembre 2008 @22h03   « »

    On peut ajouter à la liste, pele-mele,

    - Noam Chomsky sur la politique :

    L’administration [Bush] n’a pas de politique énergétique, autre que celle de maximiser les énormes bénéfices des sociétés d’énergie. Concernant l’économie en général, des politiques ont été conçues pour enrichir une infime partie de la population. Ils ont été préjudiciables à la grande majorité et ont déjà provoqué une grave crise financière, se répandant dans le monde. Les programmes conçus pour répondre à la crise du logement et les marchés du crédit sont destinés à récompenser les gestionnaires pour leur incompétence par de grandes rémunérations, et à rembourser les actionnaires, le contribuable subissant les charges.

    - Concernant l’“idéologie” des néocons, on peut lire, Fred Kaplan, qui n’est pas vraiment un gauchiste :

    La grande division dans la réflexion sur la politique étrangère américaine ces dernières années, ne se situe pas tant entre Réalistes et Néoconservateurs, mais entre réalistes (avec un r minuscule) et fantaisistes. La scission ne réside pas dans ce qui est souhaitable à long terme, mais dans ce qui est possible ici et maintenant. Il s’agit d’un débat non pas tant sur ce que l’Amérique doit faire que sur ce qu’elle peut faire - sur les limites de la puissance américaine dans l’après-guerre froide, sur l’existence éventuelle de limites, sur la façon dont le monde fonctionne.

    - Et pour comprendre le pourquoi de cette “idéologie”, rien de mieux que Jim Lobe, le spécialiste américain des néocons :

    ..la sécurité d’Israël reste un principe fondamental des néoconservateurs, qui ont traditionnellement soutenu tous les gouvernements israéliens au pouvoir mais, depuis 1993 et les accords de paix d’Oslo, se sont beaucoup plus identifiés aux vues du Parti de droite du Likoud, qui s’est opposé a l’accord.

  • permalien OnTheGround :
    23 septembre 2008 @09h21   « »

    La question est morale mais aussi economique . Par contre, c’est sur le terrain que les reponses sont souvent donnees. Comme en Irak, les objectifs, masques ou pas, de la coalition sont mis en echec. Une strategie de sortie pour la France qui reduit les pertes humaines et materielles, optimise l’impact en termes d’image vis a vis des musulmans et maintient les relations avec les partenaires occidentaux est peut etre difficile mais sans doute necessaire.

  • permalien K. :
    23 septembre 2008 @19h07   « »

    - Une « source fiable » a assuré à Jim Lobe que Elliot Abrams serait le conseiller de politique étrangère numéro 1 de McCain si celui-ci venait à être élu. Et dans la mesure où Abrams est un farouche néocon, « il ne peut rester que très peu de doute sur le fait que la politique étrangère de McCain sera soigneusement néo-conservatrice et très agressive, un remake du premier mandat de Bush. »

    - « A quel point Elliott Abrams est-il fou ? Si un passage cité par Mearsheimer-Walt s’avère exact, il semblerait être du devoir du Comité des relations étrangères du sénat de soumettre Abrams au même traitement qu’a fait subir le Comité judiciaire du sénat à Alberto Gonzales. L’homme responsable du bureau du Moyen-Orient du Conseil de sécurité nationale a écrit en 1997 dans son livre Faith or Fear : « il ne peut y avoir aucun doute sur le fait que les juifs, fidèles à l’engagement entre Dieu et Abraham, doivent se tenir à l’écart de la nation dans laquelle ils vivent. C’est la nature même de l’être juif de se tenir à l’écart —excepté à Israel—du reste de la population. » Quand il a écrit ces mots, Abrams ne comptait probablement pas servir dans une autre administration américaine. Il n’a certainement pas compté occuper une position qui exigerait de lui de peser l’intérêt national d’Israël, le pays à qui il reconnaît confèrer un statut unique, à côté de l’intérêt national d’un pays dans lequel il s’est senti devoir se tenir « à l’écart… du reste de la population. » »

  • permalien
    23 septembre 2008 @19h14   « »

    mais Jim Lobe n’est pas celui qui a ecrit que le 11 septembre a ete utilise comme pretexte pour faire la guerre en Iraq ?
    http://ipsnews.net/news.asp?idnews=19255

  • permalien K. :
    23 septembre 2008 @19h26   « »

    mais Jim Lobe n’est pas celui qui a ecrit que le 11 septembre a ete utilise comme pretexte pour faire la guerre en Iraq ?

    Parce que ce n’est pas vrai ?

  • permalien
    24 septembre 2008 @09h11   « »

    - Bush en 2003 (Rappelons à toutes fins utiles que George W. Bush n’avait pu obtenir la caution de l’ONU pour envahir l’Irak en 2003.) :

    Notre force en tant qu’Etat-nation continuera à être défiée par ceux qui emploient une stratégie du faible utilisant les institutions internationales (..).

    - Bush 2008 :

    L’ONU plus nécessaire que jamais...

    ... pour appuyer les stratégies des Etats-Unis :

    "La Charte des Nations unies place sur un pied d’égalité toutes les nations grandes ou petites. L’invasion de la Géorgie par la Russie était une violation de ces termes"

    Bush nous prend pour des demeurés ? Pas plus que Jean-Louis Turlin du Figaro, qui titre :

    George W. Bush converti aux vertus du multilatéralisme

  • permalien
    24 septembre 2008 @09h34   « »

    cet argumentaire est a double tranchant :
    si l’invasion de l’Iraq a ete justement denoncee par l’opinion publique mondiale, celle de la Georgie doit egalement l’etre. D’autant plus que Bush n’a pas reconnu la "republique independante du Kurdistan" dans un but de modifier les frontieres d’un pays souverain, qu’il va tout de meme quitter en quelques annees.

  • permalien Ph. Arnaud :
    24 septembre 2008 @10h14   « »

    L’illégitimité de la présence américaine en Afghanistan ne saurait mieux être illustrée que par ceci : http://www.antiwar.com/orig/worthin.... Si le gouvernement américain était si sûr de son fait, lui faudrait-il autant de temps pour présenter ses preuves à charge ?

  • permalien
    24 septembre 2008 @10h46   « »

    Il faut aussi remarquer que l’Iraq di Saddam Hussein a ete agresse par une coalition de 39 nations, alors que la Georgie a ete envahie par une seule nation voisine.
    On peut donc soupconner ce deuxieme acte de pure imperialisme militaire et reajustement violent des frontieres, par contre rechercher pour la premiere agression des raisons plus complexes et articulees, aptes tout de meme a mobiliser 39 Etats souverains.

  • permalien K. :
    24 septembre 2008 @11h05   « »

    Le titre, le titre est fantastique :

    Report Seeks Engagement With Muslims by Diplomacy.

    Avec les Musulmans...

  • permalien Chris :
    24 septembre 2008 @13h03   « »

    Le président afghan Hamid Karzaï a gracié trois hommes coupables de viol collectif sur une femme dans la province de Samangan.

    _ Article du journal britannique The Independant (24/08/08)

    Les hommes en question, hommes de main d’un politicien local, ont blessé la femme à la baïonnette. Ils sont également responsables de la disparition (sans doute assassinant) du fils de celle-ci.

    Le gouvernement "légitime" afghan, qui accorde son pardon à des criminels, est lui-même criminel. Quelle est exactement la raison pour laquelle nous sommes censés le soutenir.. ?

  • permalien PL :
    24 septembre 2008 @13h07   « »

    K,

    Il ne faut surtout pas faire de simplifications à propos du 11 septembre et de son impact sur la crise en Irak. Si vous étudiez dans le détail les différentes postures des acteurs de la politique extérieure américaine, vous remarquerez que la focalisation sur l’Irak ne date pas du 11 septembre, loin s’en faut. Entre 1991 et 1998, la question irakienne revient régulièrement sur le tapis, mais la relative stabilité militaire du pays et l’apparition d’autres points chauds et enjeux stratégiques dans le monde (extension de l’OTAN, Haiti, Somalie, conflits dans les Balkans, effondrement de la Russie, Conflit israelo-palestinien) la relativise.

    En 1998, lors de l’opération desert fox qui constitua une série de frappes aériennes sur différents sites "sensibles", la menace des ADM était déja évoquée. D’autre part, l’administration Clinton s’est toujours sentie en porte à faux vis a vis des républicains sur la question du leadership et de l’interventionnisme ce qui la poussa à la "surenchère stratégique" (au Kosovo par exemple) qui annonce la période Bush. Des 1996, Dick Cheney (notamment dans un entretien à la revue Politique internationale) évoque "à l’horizon 2006" une probable intervention au moyen-orient et notamment en Irak. C’est à dire que 11 septembre ou pas, l’intervention en Irak était en quelque sorte "programmée", et portée par la suite à son paroxysme avec l’arrivée des néoconservateurs. Le véritable tournant stratégique est plutôt la crise au Kosovo, qui voit la mise en application et la pérennisation des doctrines d’interventions élaborées depuis le début des années 1990.

    Par contre, le rapport direct de cause à effet à propos du 11 septembre concerne l’invasion de l’Afghanistan, suspectée à l’époque d’avoir été un sanctuaire d’al quaïda. Mais la aussi, les ramification de cette crise sont beaucoup plus larges et profondes, car elles font notamment référence au processus de transformation de l’Alliance atlantique engagé beaucoup plus tôt et accéléré au cours du second mandat Clinton, par le biais, la aussi, de la crise au kosovo.

  • permalien K. :
    24 septembre 2008 @14h45   « »

    - De Gaulle : "Il n’y a aucune chance pour que les peuples d’Asie se soumettent à la loi de l’étranger"

    - Bertrand Badie, interrogé sur l’Afghanistan par les lecteurs du journal Le Monde :

    Il faut (..) complètement revoir les relations internationales, enfin mettre les sociétés au premier rang de nos préoccupations,..

  • permalien Ph. Arnaud :
    24 septembre 2008 @15h52   « »

    Il y a - chez N. Sarkozy comme chez G.W. Bush – une inversion perverse de la hiérarchie des valeurs entre l’argent et la vie. Autant l’un comme l’autre sont attentifs au respect de l’argent (surtout celui des plus favorisés), autant ils veillent à ce qu’aucun centime des fortunes privées ne tombe dans les caisses publiques ou au profit des plus défavorisés, autant ils sont désinvoltes à l’égard de la vie…

    Comme beaucoup de gens, j’ai assisté, au moins une fois dans mon existence, aux obsèques d’un jeune. Cela est toujours affreux, et on l’a vu encore lors des obsèques des 10 soldats français. Rien n’est pire que la mort d’un jeune (ceux qui sont parents de jeunes de cet âge le comprendront doublement). Or, quand on dit à des gens : « je vais prendre la vie de votre fils, de votre époux ou de votre frère », il faut que cela en vaille la peine, il faut que ce sacrifice en évite d’autres, non seulement pires, mais certains ! Or, où se trouve la certitude que, si l’engagement français cessait, on aurait, à brève échéance, le même nombre de morts dans nos rues que les Afghans ou les Pakistanais dans les leurs ? Elle est où, la démonstration ? Est-elle du même tonneau que celle d’il y a 40 ans, qui disait qu’il fallait combattre au Vietnam, faute de quoi le communisme déferlerait sur toute l’Asie ?

  • permalien K. :
    24 septembre 2008 @19h52   « »
    Pourquoi les armées de la coalition ne doivent pas se retirer d’Afghanistan

    Selon le Brigadier Général Robert Holmes, un directeur adjoint du Central Command US, qui dirige les opérations militaires US dans la plus grande partie du Moyen-Orient et d’Asie du Sud, si les offensives talibanes ont redoublé, c’est parce que « a) nous exerçons une pression plus forte sur eux et b) ils cherchent à faire la une des journaux »

    Par conséquent, fait comprendre le militaire, ce ne saurait etre une preuve que les Talibans sont devenus plus forts, mais bien au contraire que la coalition est en train de gagner.

    C’est ce que Spencer Ackerman, (reprenant un terme utilisé par Bush pour qualifier la situation militaire en Irak en 2004, alors que les résistants irakiens en faisaient voir de toutes les couleurs aux occupants) appelle le retour du "succès catastrophique" :

    « Il aura fallu plusieurs années et plus de 2000 victimes US en Irak pour que Bush admette que ce terme était une absurdité évidente. Il est clair, cependant, que l’absurdité vit toujours, à plusieurs milliers de miles plus à l’est. »

  • permalien K. :
    24 septembre 2008 @20h02   « »
    Jargonaphasie

    Le “succès catastrophique” de Bush :

    Bush :

    « La bonne décision était de retirer Saddam Hussein du pouvoir. [...] S’il fallait le refaire, nous songerions aux conséquences d’un succès catastrophique si total et si rapide que l’ennemi, qui aurait dû capituler ou être détruit, s’est échappé et continue de combattre. Je n’aurais pas pu vous dire : « En passant, nous allons remporté une victoire si rapide que nous allons devoir continuer de combattre un autre tiers des baathistes pendant une autre année pour amener la liberté dans ce pays. »

  • permalien K. :
    24 septembre 2008 @21h01   « »

    Dans des conditions météorologiques extrêmes » les Taliban devraient lancer une offensive cet hiver selon les services de renseignement US cités par Spencer Ackerman le 23/09/2008 :

    Cela placerait les efforts des forces de contre insurrection US en territoire inconnu, avec peu d’expérience sur la chose pour les guider. Cela entraînerait probablement une escalade majeure dans l’offensive des insurgés, qui a déjà été la plus sanglante cette année pour l’armée américaine dans les sept années de guerre.

    "Les formes de combat les plus actives, à l’exception des routes piégées, ont été menées au printemps et en été", a écrit le général major russe dans l’histoire officielle définitive de la défaite de l’occupation soviétique de l’Afghanistan, récemment traduite[http://www.amazon.com/Soviet-Afghan...] "Ceci peut être expliqué par le fait que la majorité des cols de montagne utilisés par les caravanes sont bloqués en hiver. ... En outre, l’épaisse couverture de neige qui recouvre les montagnes au cours de l’automne et de l’hiver force les moudjahiddines à descendre dans les vallées et à se fondre au sein de la population pacifique. "

    Aujourd’hui cependant, les insurgés afghans devraient ré-écrire le script. Il y a quelques jours le Général Major Jeffrey Schloesser, commandant des forces US dans l’Est de l’Afghanistan, a averti, “Les insurgés essayent de rester en grand nombre en Afghanistan pendant l’hiver.”

    Le pourquoi de ce changement tactique demeure un sujet de débat. (..)

    Ce qui semble être incontestable est le potentiel pour les Talibans de pouvoir mener des opérations en hiver pour marquer une nouvelle étape dans la guerre.

  • permalien Général Eudes :
    24 septembre 2008 @22h44   « »

    Comme si l’OTAN et les Etats-Unis avaient l’habitude d’envahir un pays pour défendre les droits de l’homme ou permettre aux femmes d’avoir plus de libertés. A qui Sarko espère -t-il faire avaler une énormité pareille ?

  • permalien K. :
    25 septembre 2008 @08h57   « »

    Jim Lobe :

    Il semble de plus en plus que les quelques conseillers réalistes de McCain comme James Baker ou Richard Armitage compteront pour du beurre. La politique étrangère de McCain sera celle du Likkoud.

    Une vidéo est disponible sur le site, ou Lobe parle de la « puissance financière du lobby israélien ».

    La publicité politique télévisée des campagnes électorales, qui coute énormément d’argent, est considérée aux Etats-Unis comme une liberté d’expression protégée constitutionnellement.

  • permalien bluerider :
    28 septembre 2008 @00h34   « »

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=623

    http://www.reopen911.info/News/2008...

    DEUX ARTICLES MAJEURS QUI VONT DANS LE SENS DE CE TEXTE.

  • permalien mister H :
    29 novembre 2008 @09h29   « »

    La France ne peut pas peser par rapport aux EU, il faut donc se retirer et abandonner les Afghans à leur sort, après tout c’est loin de chez nous.
    Mais la France ne pèse pas lourd sur d’autres sujets et dans d’autres domaines donc abandonnons tout et replions nous chez nous où il fait bon vivre.
    Pourquoi mourir pour pour Prague ou la Pologne ?
    Plutôt Rouge que mort.
    Alors pourquoi mourir pour Kaboul ?

  • permalien Marie :
    1er décembre 2008 @12h21   « »
    Conseil de lecture sur le sujet

    Je vous conseille un très bon livre qui vient de sortir sur le sujet : "Mourir pour l’Afghanistan" (Ed Jacob-Duvernet). Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération et spécialiste des questions militaires, analyse l’embuscade du 18 août 2008 qui a coûté la vie à dix soldats français. On y apprend beaucoup de choses sur l’histoire et la géographie de l’Afghanistan. Un des chapitres est consacré à un article d’un journal afghan qui relate le combat et c’est vraiment intéressant.

  • permalien Nick :
    19 décembre 2008 @14h08   « »

    Demi-mesures et compromis. Debats sans fin pendant que les situations s’agravent. Continuez comme ca mes amis francais (de gauche j’imagine), vous n’arriverez a rien. Il est tres facile de prendre tout le monde de haut et de juger sans cesse quand on ne fait rien soit-meme. Les Etats-Unis sont souvent la cible de critiques mais en attendant, l’Afghanistan et le peuple Afghan est surement plus heureux maintenant qu’il ne l’etait avant 2001. Il faut reconnaitre que la femme est mieux traitee maintenant qu’avant 2001 meme si je suis certain que sa situation n’est pas parfaite. Au lieu de critiquer, continuons dans ce sens. La mortalite infantile est peut-etre toujours eleve mais elle s’ameliore donc continuons dans ce sens. Non, prenons nos amis americains de haut et critiquons leurs actions pendant que nos soldats (francais et americains) ainsi que la population afghane souffrent.

  • permalien  :
    19 décembre 2008 @18h39   « »

    Il est quand même délicat me semble-t-il de mettre dans le même panier :

    nos soldats (francais et americains) ainsi que la population afghane souffrent.

    Les uns et les autres ne possédent ni les Mèmes conditions, les raisons et les causes objectives de leur presence, de leur action, de leur esperance, de leur existence en un mot.

    Ce genre de discours (qui lui prende vraiment de haut le reste des discours auxquels il s’adresse) ne mène qu’a legitimer les puissants qui n’en ont pourtant pas besoin.

    Savoir être un laquais, savoir apprendre aux autres à l’être, savoir se comporter comme un honnête homme et enseigner la servitude, être l’intelligence qui met au pas comme la "police parle à 20h".

    Merci Nick, que ta mer est douce !

  • permalien Murmure :
    19 juin 2009 @18h32   « »
    Lien attentat Karachi/financement Balladur : pour Sarkozy, c’est une « fable »

    La tête à claque usuelle Al-Qaida est pratiquement innocente.

    On parle d’ “instrumentalisation”, enfin ! La vérité commence à traverser les ténèbres de la propagande.

    Serait-ce la mort des 11 Français qui change la donne et permet de soulever un coin du sombre litham.

    En tous cas, si les victimes d’un attentat n’étaient que musulmanes, on s’en foutrait un peu... Beaucoup.

  • permalien douard :
    3 septembre 2009 @13h58   « »

    juste un petit commentaire pour rectifier ce qui a été dit dans le commentaire précédent. Les objectifs de l’armée américaine et de ses alliés en Afghanistan sont très clairs au contraire. Le but est l’occupation économique par le biais d’une force armée dans une région au centre de tout ( projets de gazoducs et oléoducs entre la Russie et la Caspienne, tentatives de déstabilisation politique des régimes en place par la CIA et consorts en Chine, en Iran, etc....).
    Bref les objectifs actuels sont les même que lors de la guerre contre les Soviétiques dans les années 90, tenir le pays central de cette région pour maintenir des régimes politiques favorables à l’impérialisme américain. Les talibans n’obéissent plus, il faut donc les remplacer

  • permalien Yann :
    14 juin @17h56   « »
    La surprise du Conquistador

    NOTRE seule et unique mission, si vous l’acceptez : civiliser et démocratiser ce nouvel Eldorado.

  • permalien Sakhra :
    14 juin @20h04   « »

    @ Yann,

    Le conquistador est surpris ? Pas sûr...

  • permalien Yann :
    14 juin @22h35   «

    @Sakhra,

    Non, il nous fait la surprise !!

     :)

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