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Grève du bazar en Iran

par Alain Gresh, 12 octobre 2008

Malgré quelques concessions consenties par le pouvoir, la grève du bazar s’est durcie ce dimanche 12 octobre. Elle a commencé depuis plusieurs jours, comme l’explique un article de Delphine Minoui (depuis Beyrouth) dans Le Figaro du 9 octobre, intitulé « Ahmadinejad doit affronter la grogne des grands bazars » :

« La grève trouve, en fait, son origine dans le très contesté plan de réformes économiques du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, qui vise à sortir l’Iran de sa dépendance vis-à-vis des ressources pétrolières (elles constituent aujourd’hui 90 % des recettes d’exportation du pays). »

« Ce plan, annoncé fin juin, prévoit, outre une réduction de nombreuses subventions (essence, électricité, gaz), la création d’une taxe sur la valeur ajoutée de 3 %. De quoi provoquer une augmentation du taux d’inflation qui tourne déjà autour des 30 %, et qui inquiète les commerçants. » (...)

« Le mécontentement social contre ces nouvelles mesures n’est pas nouveau. Il s’était déjà illustré, il y a plus d’un an, lors des émeutes qui suivirent le premier plan de rationnement de l’essence. Si les commerçants du bazar ne se réveillent qu’aujourd’hui, c’est parce qu’ils se sentent touchés de plein fouet par la création de la TVA, qui n’a jamais existé en République islamique. Politiquement proche de l’ancien président Ali Akbar Hashemi Rafsandjani, adversaire invétéré de Mahmoud Ahmadinejad, le bazar avait jusqu’ici largement profité du manque de transparence du système. »

« Or, avant son élection, en juin 2005, Ahmadinejad avait fait de la lutte contre la corruption un des fers de lance de sa campagne. Avec ce nouveau plan, il s’attaque à une véritable force économique et politique du pays. “Aujourd’hui, on assiste à la réaction instinctive d’une classe privilégiée qui n’avait pas l’habitude de payer des impôts”, note Thierry Coville. Du coup, la réaction ne s’est pas fait attendre. »

« Mais le président avait-il envisagé une mobilisation aussi large, qui a même fini par atteindre Téhéran, la capitale, au cours de ces derniers jours ? Apparemment pris de court par l’ampleur de la protestation, Ahmadinejad a finalement annoncé, ce mardi, qu’il renonçait à l’application de la TVA… pour la reporter au 22 mars prochain. »

Mais, selon certaines estimations, le déficit budgétaire pourrait atteindre 50 milliards de dollars, malgré l’augmentation des prix du pétrole. Selon le Financial Times du 9 octobre, « Iran’s bazaar traders in revolt against new tax » (Najmeh Bozorgmehr), le gouvernement craint que le mécontentement ne s’étende aux couches moyennes, aux étudiants et aux enseignants dont les revenus sont mangés par l’inflation.

Selon le journaliste, qui écrit de Téhéran, « les marchands du bazar ont toujours été pris au sérieux par les rois et les gouvernements centraux. Dans l’histoire contemporaine récente, le bazar a financé et soutenu les révolutions constitutionnelle et islamique de 1905 et de 1979. Avec la modernisation des compagnies iraniennes de commerce, son influence a été réduite mais elle reste une force significative en Iran ».

Ce mouvement est d’autant plus inquiétant pour le président Ahmadinejad que l’élection présidentielle est prévue pour le printemps prochain. Le réformateur Mehdi Karoubi vient d’annoncer qu’il serait candidat.

Par ailleurs, la répression s’est intensifiée durant le courant de l’année, notamment contre le mouvement féminin, avec l’interdiction d’un journal féministe et la condamnation de plusieurs militantes.

Adler, Oumma.com et Al-Qaida

Jusqu’où a-t-on le droit de délirer et d’inventer ? S’il s’agit de l’islam, il n’existe pas de limites, comme vient de le démontrer une fois de plus Alexandre Adler qui, lors d’un débat à RMC, a prétendu que le site Oumma.com était proche d’Al-Qaida. Mourad Ghazli revient sur cette affaire sur OummaTV.TV, dans « L’affaire RMC, Adler, Oumma.com » (7 octobre).

Guerre ou paix

« Guerre ou paix », un nouveau blog tenu par Gilles Paris, journaliste au Monde, et qui se veut un « décryptage des relations israélo-palestiniennes ». Le dernier envoi s’intitule « Colonisation, toujours plus » :

« A l’heure où le premier ministre démissionnaire Ehoud Olmert prône l’évacuation de la quasi-totalité des territoires occupés par Israël en 1967, le Conseil des colons de Judée et de Samarie (noms bibliques de la Cisjordanie) a publié des chiffres qui, selon le quotidien israélien Maariv du 5 octobre, font état d’une croissance continue : 15 000 nouveaux colons depuis 2007 et un total de 50 000 depuis l’arrivée de M. Olmert au poste de premier ministre en mars 2006. Les “patrons” de la colonisation en Cisjordanie louent les efforts de l’organisation Amana , chargée de la logistique, que dirige Zeev Hever, plus connu sous son diminutif de “Zambish”. Le processus de paix israélo-palestinien lancé à Annapolis en 2007 aurait dû s’accompagner d’un gel de la colonisation. »

Alain Gresh

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