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Un « New Deal » à la chinoise

mardi 11 novembre 2008, par Martine Bulard

Contrairement aux idées reçues, le pouvoir chinois peut faire preuve d’une grande capacité à bouger – et bien plus vite qu’on ne le dit. Alors que l’économie connaît un net ralentissement depuis le début du deuxième semestre, le premier ministre Wen Jiabao vient d’annoncer, ce dimanche 9 novembre, un plan de relance d’une ampleur exceptionnelle – tant par le montant mobilisé, 4 000 milliards de yuans d’ici la fin 2010 (460 milliards d’euros), que par la diversité des politiques adoptées.

Le gouvernement a mis au point un « plan de dix mesures importantes » visant à mener « une politique fiscale active » et à «  relâcher modérément la politique monétaire » afin de stimuler la croissance.

Une première série de mesures définit, assez classiquement, un programme d’investissements publics et de grands travaux : développement de logements plus abordables financièrement, et notamment construction de logements locatifs pour « réduire le nombre de taudis » ; transports (construction ou agrandissement d’aéroports à l’ouest, chemins de fer, routes…), reconstructions dans le Sichuan après le tremblement de terre, environnement (préservation de l’eau, recherche dans les énergies renouvelables, la « grande muraille verte » …).

L’autre série de décisions vise à améliorer le système de protection sociale, de la santé et de l’éducation, en y consacrant des moyens supplémentaires, et à augmenter directement les revenus des Chinois les plus en difficulté (relèvement des cours des céréales et subventions aux paysans, augmentation des allocations aux habitants des villes à faible revenu, augmentation des contributions retraites pour les salariés…). Pour l’heure, rien n’est prévu pour les migrants – dont une partie, privés d’emploi pour cause de fermeture d’entreprises, doivent retourner dans leur village.

Enfin, un troisième ensemble concerne les entreprises. La plus importante mesure porte sur l’extension à toutes les sociétés de la réforme de la taxe sur la valeur ajoutée, « ce qui pourrait réduire le fardeau fiscal des entreprises de 120 milliards de yuans » (près de 14 milliards d’euros), note le communiqué officiel. C’est d’ailleurs la seule mesure chiffrée avec précision. A cela s’ajoutent des aides à la recherche, un « assouplissement des crédits bancaires » pour les « projets prioritaires » : développement des zones rurales, des petites entreprises, essor des nouvelles technologies et « rationalisations industrielles grâce aux fusions et acquisitions » (autrement dit aide à la concentration industrielle).

Ce vaste programme s’accompagne d’une baisse graduée des taux d’intérêts, amorcée à la mi-septembre et décidée à trois reprises (la dernière datant du 29 octobre). Au total, les taux se sont réduits de plus d’un demi point, atteignant 6,6% pour les taux de référence sur les prêts à un an : « Une réponse opportune à la baisse des taux d’intérêt décidée par d’autres banques centrales dans le monde et qui fait partie des efforts coordonnés visant à remédier à la crise financière globale », avait alors affirmé M. Tang Min, secrétaire adjoint de la Fondation de Recherche sur le développement de la Chine. La baisse des taux encourage les emprunts, alors que l’inflation qui volait de record en record, est en nette décélération, dépassant légèrement les 8 % depuis le début de l’année et même 6,5 % en octobre (sur un an). Elle sert également de signal pour l’extérieur, les autorités affirmant avec éclat leur refus de laisser filer le yuan à la hausse.

Des raisons multiples

Cette volonté des autorités chinoises de marquer un grand coup tient à plusieurs raisons.

La première est la réduction sensible des exportations, l’un des moteurs-clés de la croissance. Cette chute est liée bien sûr à la récession dans les pays industrialisés (Etats-Unis, Europe, Japon, Corée…), mais aussi à la perte de fiabilité d’une partie des produits « made in China », suite aux scandales à répétition (jouets dangereux, denrées alimentaires frelatées…) qui arrivent au plus mauvais moment. Nombre d’entreprises, notamment dans les zones exportatrices du sud, ont dû fermer leurs portes. Au total, la croissance est passée à un rythme annuel de 9 % ( contre 11,4 % l’an dernier) et certains économistes tablent sur une chute à 7 ou 8 %.

Or, à la différence de nations jusqu’à maintenant donneuses de leçons (Etats-Unis et France en tête), la Chine a les moyens d’une relance. Son excédent budgétaire atteint 1 181 milliards de yuans (134 milliards d’euros). Elle possède d’importantes réserves (2 000 milliards de dollars) dont une partie est conservée dans des fonds souverains et utilisée pour assainir le système interne (industriel et bancaire) tout en impulsant un renouveau. L’ensemble des décisions prises suffira-t-il à donner un nouveau souffle à l’économie du pays ? Il est évidemment trop tôt pour le dire.

La deuxième raison de ce « New Deal à la chinoise » est plus directement politique. Le parti communiste et ses dirigeants savent qu’ils conservent le pouvoir principalement parce qu’ils ont pu enrôler les couches moyennes naissantes – qui pourraient rompre le consensus en cas de chute de leur niveau de vie – et parce qu’ils ont réussi à maintenir l’espoir d’une vie meilleure pour les enfants des couches les plus défavorisées. Que la croissance chute en deçà des 6 % et 7 %, bouchant toute perspective d’avenir, et c’est tout l’édifice qui s’effondrerait. Les autorités sont particulièrement attentives aux populations des campagnes, qui ont vu leur pouvoir d’achat régresser et qui sont de plus en plus actives dans les mouvements sociaux.

La troisième raison est à rechercher du côté des ambitions géopolitiques de Pékin. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement a fait connaître son plan avant le sommet du G20 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie (le G8), représentants de l’Union européenne, Afrique du sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique et Turquie). La Chine veut ainsi faire la démonstration qu’elle a les moyens de peser sur les affaires, de contribuer à la stabilité de l’économie mondiale, et qu’il faut donc compter avec elle. Elle entend également montrer qu’elle peut agir seule, en toute indépendance, sans l’injonction ni même l’imprimatur d’un groupe de pays à géométrie variable dont la composition dépend de l’administration américaine et qui n’est pas habilitée à décider quoi que ce soit.

Les BRIC se rebiffent Retour à la table des matières

Les pays membres du groupe des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), réunis à Sao Paulo le 8 novembre, ont appelé dans un communiqué commun à une réforme des institutions monétaires et financières et notamment du Fonds monétaire international (FMI), afin de tenir compte de leur puissance nouvelle. La suprématie des grands du G7 est terminée. « Il est temps de conclure un pacte entre gouvernements pour bâtir une nouvelle architecture financière pour le monde », a déclaré le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Ce dernier a plaidé, quelques jours plus tard, pour un « nouvel ordre » économique mondial « dans lequel l’être humain, le travailleur, le développement et la production culturelle, scientifique et technologique seraient le vrai moteur de l’économie, et non pas la spéculation financière ». Très bon programme. Il y a fort à parier qu’il ne sera pas à l’ordre du jour du G20 qui se tient à Washington le 15 novembre. Pas plus que l’objectif de retirer aux Etats-Unis leur quasi droit de veto au sein du FMI (près de 17 % des droits de vote), pour le redistribuer aux nouveaux bailleurs de fonds mondiaux qui demeurent marginalisés dans cette institution : Chine (3,7 % des droits de vote), Russie (2,7 %), Inde (1,9 %) Brésil (1,4 %)… Le Monde diplomatique de novembre (en kiosques) consacre un dossier de huit pages à ce basculement du monde et à ses conséquences économiques, politiques, militaires, etc.

38 commentaires sur « Un “New Deal” à la chinoise »

  • permalien Ph. Arnaud :
    11 novembre 2008 @14h10   »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Ce qu’il faut espérer, c’est que la Chine et les membres du BRIC sont disposés à promouvoir un monde égalitaire (entre les individus et entre les nations), et soucieux de l’environnement, et pas seulement à substituer leur prééminence à celle du G7...

    Puisse ce "New Deal" inspirer également les dirigeants du G7 et leur faire (enfin !) passer une muselière à l’ultralibéralisme...

  • permalien  :
    11 novembre 2008 @14h47   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Bien dit Arnaud ! Mais quelle révolution symbolique sommes-nous en train de vivre ! Avez-vous connaissance de l’hypothèse de la fin de "l’américanisme" et de Obama comme American Gorbatchov?

    l’histoire est en marche imprévisible... ay que sera que sera

  • permalien Yvan :
    11 novembre 2008 @14h55   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Un des paradoxe créé par le déclenchement de la crise financière quelques semaine avant la fin d’une période de 8 ans de dépenses républicaines aux USA, c’est que les BRIC, on une opportunité unique pour inverser le rapport de force mondial, tout au moins en matière de consommation.

    En effet, jusqu’à maintenant, ils étaient contraints d’exporter ou de développer la sous-traitance, en gardant des travailleurs/consommateurs à faible "pouvoir d’achat"/"coût sociaux".

    Devant l’effondrement de marchés extérieurs ils trouvent une occasion de développer leur propre marché en appliquant les recettes qui ont permis de sortir de la crise de 1929 aux USA (en gros développement du fordisme + welfare).

    Ainsi le rêve du monde occidental, qui si on en croit les gesticulations de Sarkozy entre Washington Pékin et Bruxelles aurait été de remettre en route la cavalerie des crédits à la consommation, en impliquant les BRIC (ainsi que les fonds souverains), en tant qu’investisseurs (plutôt financeurs) , ne semble pas être en passe de se réaliser (ou tout au moins pas dans l’allégresse espérée).

    Même si l’interdépendance des systèmes financiers reste étroite en raison de la dissémination des bons du trésor US, un coin a été placé dans cette fissure de l’économie mondiale, et il n’est pas prêt d’être enlevé.

  • permalien Ph. Arnaud :
    11 novembre 2008 @16h23   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Pour Aa

    Merci de votre message ! Je suis aussi, comme vous, un lecteur régulier du site dedefensa, auquel je trouve des analyses intéressantes.

    Il est possible, en effet, qu’Obama soit "guidé" par les événements, qui le poussent à aller plus loin que son programme. Cela s’est vu dans le passé, par exemple au temps du Front Populaire, où les grèves et occupations d’usines ont mené le gouvernement Blum au-delà de ce qu’il envisageait à l’origine...

    En tout cas, une chose me semble sûre : le salut ne peut venir qu’en prenant le contrepied de Bush dans tous les domaines, notamment en économie...

    Cordialement.

  • permalien goupil :
    11 novembre 2008 @17h51   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Il n’y a pas de hasard, dans les domaines économiques, où tôt ou tard on tire un trait. Les états font des bilans, comme les ménages. Les dirigeants de ces états, sont soit responsables, soit irresponsables. Le New Deal est un expression Rousseveltienne, inspirée elle même de Keyne. L’histoire a le don de redistribution, mais c’est l’homme qui fait la politique qui connait ou qui ne connait pas l’abscence de main invisible. Car oui, il y a abscence de main invisible qui aurait pour effet de servir les hommes. Quand à la Chine elle prend des allures hégémoniques, c’est normal, mais les EU sont tout de même devant. La notion qui prévaut aujourd’hui est que toutes les économies sont très liées, qu’elles sont sur le même bateau avec des ressources limitées. Seule la recherche en de nouvelles énergies, dont celles de l’atome........pourront pacifier les hommes. Ce Monde sera alors effectivement multipolaire, c’est la seule issue pour les hommes responsables. Pascal a dit "je pense donc je suis", et Camus qu’a-t-il dit ? Nous rentrons dans une zone de turbulences qui durera sans doute un temps, mais un temps court, car l’élection d’un démocrate ne peut que servir la stabilité du monde.

  • permalien  :
    11 novembre 2008 @20h08   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Si Descartes a dit "Je pense donc je suis", ce n’était pas pour dire que l’individu seul pensait, mais après être passé par l’exprérience philosophique du "doute hyperbolique", il en revenait à constater qu’il ne pouvait douter que le Cogito en lui doutait...

    Bref, Pascal est loin de tout cela.

    Quant à Camus, son fait de plume est surtout d’avoir pris en compte l’importance de la nouvelle ère atomique.

    Je ne vois pas le rapport...

    En revanche je vois le rapport entre Camus et notre époque, propice en constats métaphysiques renouvellés (à défaut d’être vraiment nouveaux...).

  • permalien Diouf :
    12 novembre 2008 @05h25   « »
    Les Petits Pas...

    À chaque fois que la Chine entreprend une "reconstruction", une nouvelle génération d’économistes et de politiques montent au créneau. C’est aussi l’occasion d’un renouvellement technique de l’État (central) et des Provinces (qui sont en fait des états provinciaux de qq dizaines à une bonne centaine de milions d’habitant). Le fait que la Chine décide un virage économique est toujours une bonne nouvelle pour la démocratie.

  • permalien habsb :
    12 novembre 2008 @11h08   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Ph ARNAUD

    "Ce qu’il faut espérer, c’est que la Chine et les membres du BRIC sont disposés à promouvoir un monde égalitaire (entre les individus et entre les nations), et soucieux de l’environnement,"

    Si le monde de demain ressemblera a la RepPopChine d’ aujourd’hui, c’est sur que l’egalite e l’environnement seront les fleurons de la planete !!!

    "En tout cas, une chose me semble sûre : le salut ne peut venir qu’en prenant le contrepied de Bush dans tous les domaines, notamment en économie..."

    Inverser la politique economique de Bush ! Abroger sa loi economique la plus importante, la Sarbanes-Oxley, qui introduit la reglementation la plus stricte au monde sur les bilans des entreprises cotees en Bourse, et qui a fait fuir de Wall Street plus d’une entreprise francaise et allemande, a cause de son bilan opaque et de ses fonds noirs. Retourner a la deregulation sauvage de l’ere Clinton, avec son abrogation du Steagall-Glass Act, qui a permis aux banques de detail de vendre des credit subprime, et qui a cree les terribles Credit Default Swaps, creatures de son ministre Rubin, d’ailleurs evoque pour un grand retour sous Obama. Cher Arnaud, je vous decouvre partisan de la deregulation la plus poussee, c’est du a quoi un tel revirement a 180 degres ?

    Cordialement.

  • permalien momo :
    12 novembre 2008 @14h59   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Or, à la différence de nations jusqu’à maintenant donneuses de leçons (Etats-Unis et France en tête), la Chine a les moyens d’une relance. Son excédent budgétaire atteint 1 181 milliards de yuans (134 milliards d’euros).

    C’est marrant, c’est exactement l’argument des ultraliberaux en Occident pour couper encore plus l’Etat providence : on n’a pas les moyens...

    En Grande Bretagne, c’est meme devenu le seul discours des tories de Cameron contre le plan de relance keynesien de Brown !

  • permalien habsb :
    12 novembre 2008 @16h37   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO

    Allons Momo, on n’a pas fait suffisamment de "plans de relance keynesiens" en occident ? Est-ce que les deficits etatiques ne vous suffisent pas ? Pourquoi un n-ieme plan keynesien et un autre zero rajoute au deficit etatique changeraient en mieux les choses ?

    Et si on essayait une autre recette ?

  • permalien momo :
    12 novembre 2008 @17h37   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Je ne vois pas de plans keynesiens de relance, par contre, je vois des dizaines de milliards d’euros apparus par miracle (les conservateurs ne disaient-ils pas partout que l’argent public manquait et que les dettes etaient "insoutenables"?) donnes ou assures aux banquiers, capitalistes et financiers tout juste capables maintenant d’en appeler a l’etat-nounou qu’ils diabolisaient avant.

    En tout cas, la Chine a pris une excellente initiative, et plus benefique pour l’ensemble de la planete et des individus comme vous et moi que le plan Paulson qui eponge le capital financier pour ses erreurs...

  • permalien momo :
    12 novembre 2008 @20h52   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    la dette desormais trillionaire de chacune des economies occidentales c’est quoi au juste, si non un seul et unique plan keynesien geant qui dure depuis des decennies et qui a grandement echoue ?

    Ah le coup de la dette, un classique de la rhetorique de droite... Bizarre qu’elle aie disparu quand il s’agit de financer la gabegie des financiers et banquiers.

    Ben alors, tant mieux que les chinois le font eux ? Du moins cela encouragera des importations occidentales, donc les salaries occidentaux. A la difference d’eponger les institutions bancaires qui profitent d’abord à elles et à leurs dirigeants.

  • permalien habsb :
    13 novembre 2008 @10h26   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO "Bizarre qu’elle aie disparu quand il s’agit de financer la gabegie des financiers et banquiers."

    Trouvez-vous qu’elle ait disparue ? (Quoi, deja, la dette ? l’aide etatique?) Moi, au contraire, je trouve qu’il continue de plus belle, ce plan keynesien geant, car un trillion de dette ne suffit plus, il faut faire mieux que les autres, cette fois-ci c’est les banques, hier c’etait Bull, Renault, France Telecom, Chantiers de l’Atlantique, la Poste, EDF, SNCF... Et demain ? Qui n’a pas encore beneficie de l’argent de nos descendants ? Combien d’annees devront-ils travailler en esclaves nos enfants et petits enfants pour rembourser ces merveilleux plans keynesiens ?

  • permalien Arno :
    13 novembre 2008 @13h54   « »
    La dette

    Momo a raison : la dette, on n’en parle plus quand les banques sont en danger. Les renflouer ne servira effectivement pas nos enfants et petits enfants, c’est un fait. Mais les prestations sociales, la santé et l’éducation, il me semble que ca peut directement servir nos enfants, nos descendants non ? Le probleme c’est que pour l’éducation et la santé, les caisses sont toujours "vides". Pour des banquiers irresponsables, elles ont beau etre vides, on arrive quand meme a racler les fonds de tirroir... Et quels fonds !

    Et tant que l’on parle de la dette, parlons-en vraiment : il ne suffit pas de pointer la colonne passif de l’Etat, pour asséner une vérité. La dette fait partie des passifs de l’Etat, mais quid des actifs ? Quid des infrastructures de transports, des batiments, des écoles, des terrains de sport ? Avant de crier au loup considérant cette dette, il serait bon de considérer ce que l’on obtient en retour. Bref, un peu de comptabilité basique, et regardez aussi la colonne actifs des comptes de l’Etat. Et alors vous constaterez que le tableau n’est si catastrophique que ca. Keynes prone un interventionnisme de l’Etat : et pas seulement quand il faut renflouer. Or ca fait un certain temps que l’Etat se désengage, non ? Des lors, la faute a qui ?

  • permalien habsb :
    13 novembre 2008 @14h50   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    ARNO "Le probleme c’est que pour l’éducation et la santé, les caisses sont toujours "vides". Pour des banquiers irresponsables,"

    C’est exactement la meme demarche. On paie une armee de personnel des ecoles (la plus nombreuse d’Europe) pour avoir des pietres resultats aux tests PISA/OCDE qui comparent la preparation des etudiants de tous les pays. On paie une armee de personnel de sante pour avoir des jolies performances comme le sang contamine, les irradies d’Epinal, les urgences qui explosent, la consommation de medicaments la plus eleve au monde. Et on paie une armee de banquiers pour avoir un milliard de perte en trading a Natixis, 700 millions a l’Ecureuil, 700 millions a la SocGen. Cela s’appelle keynesisme.

  • permalien kmehd2 :
    13 novembre 2008 @16h27   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    hasb parle beaucoup, je trouve ...

    Gérer un état, c’est comme gérer une entreprise. Les entreprises qui n’investissent pas meurent. Un brillant capitaliste comme lui devrait savoir cela.

    Que faut-il faire selon lui, continuer la dérégulation dont on a vu les fruits, que l’état ?

    Que serait la france sans un réseau électrique, un système de santé, des écoles ?

    La réponse est simple, un pays du tiers-monde complètement privatisé, à la solde de quelques profiteurs...

    C’est bien d’être utopique, de croire que les entreprises vont gérer à elles seules, la crise, les problèmes écologiques, sans une très forte incitation, voire réglementation...

    Un peu de pragmatisme très cher ...

  • permalien habsb :
    13 novembre 2008 @17h01   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    KMEHD2

    On peut tres bien avoir un reseau electrique, des hopitaux et des ecoles, et PAS d’ecrasante dette etatique, non ? Les examples sont legions. Et la deregulation n’a vraiment rien a voir la dedans.

  • permalien Ph. Arnaud :
    13 novembre 2008 @22h03   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    @ habsb

    La dette, on s’en fiche ! Elle ne correspond à quelque chose que dans la logique perverse des ultralibéraux... Dès lors qu’on retire ôte l’indépendance des banques centrales pour remettre leur direction aux Etats et qu’on ôte aux banques privées le privilège exorbitant (et scandaleux) de la création monétaire, le problème est très largement allégé...

  • permalien habsb :
    14 novembre 2008 @09h10   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Ph Arnaud

    confier a l’Etat la creation de monnaie ? Sans deconner. Je vois deja Segolene a l’Elysee qui annonce le RMI a 2000 Euro. Tapie qui emprunte 100 trillions a interet 0% Les profs qui triplent de salaire. Tout le monde nage dans l’argent. La baguette a 10 Euro. Les studios a 1millions en province et 10millions a Paris. Sauf que les autres Etats europeens auront les memes droits, ou non ? Combien de quadrillions va imprimer l’Etat Portugais ? Et s’il en imprime suffisamment pour acheter Total ? Cela ne vous dit rien, la Republique de Weimar ?

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @11h25   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    A Habsb

    Trouvez-vous qu’elle ait disparue ? (Quoi, deja, la dette ? l’aide etatique?) Moi, au contraire, je trouve qu’il continue de plus belle, ce plan keynesien geant, car un trillion de dette ne suffit plus, il faut faire mieux que les autres, cette fois-ci c’est les banques, hier c’etait Bull, Renault, France Telecom, Chantiers de l’Atlantique, la Poste, EDF, SNCF... Et demain ? Qui n’a pas encore beneficie de l’argent de nos descendants ? Combien d’annees devront-ils travailler en esclaves nos enfants et petits enfants pour rembourser ces merveilleux plans keynesiens ?

    Vous jouez sur les mots car vous savez parfaitement de quoi je parle : le fait que la dette, que les medias proprietes du grand capital (Murdoch, Berlusconi, LVMH et j’en passe) nous resservaient tous les jours pour justifier implicitement ou explicitement la reduction des welfare states, a miraculeusement disparu le temps que les etats soient appeles a garantir/financer/provisionner des sommes absolulement colossales pour eponger les degats des banques et institutions financieres.

    Voila cette fameuse "disparition". Il est vrai que Me Parisot a eu le culot d’appeler l’etat - donc le contribuable- a casquer le maximum de fric pour les entreprises privees et de se retirer gentillement une fois que la crise sera passee. Meme Marx n’aurait pas ose imaginer telle caricature du "privatisation des benefices, nationalisation des pertes".

  • permalien habsb :
    14 novembre 2008 @13h00   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO Mais qu’est-ce qui a ete fait jusqu’a maintenant ? Bull a ete garde sous perfusion des decennies durant Les Chantiers de l’Atlantique..., France Telecom s’est achete Orange a force d’endettement (etatique). Credit Lyonnais, SNCF, la Secu, ont creuse la dette de l’Etat a niveaux tragicomiques. Pourquoi pas les banques ?

    Un jour vous comprendrez que les grands groupes economiques financent la campagne electorale des politiciens de tous les couleurs pour qu’ils les aident, une fois au pouvoir, a avaler l’argent des contribuables presents et encore a naitre.

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @13h00   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    confier a l’Etat la creation de monnaie ? Sans deconner. Je vois deja Segolene a l’Elysee qui annonce le RMI a 2000 Euro. Tapie qui emprunte 100 trillions a interet 0% Les profs qui triplent de salaire. Tout le monde nage dans l’argent. La baguette a 10 Euro. Les studios a 1millions en province et 10millions a Paris. Sauf que les autres Etats europeens auront les memes droits, ou non ? Combien de quadrillions va imprimer l’Etat Portugais ? Et s’il en imprime suffisamment pour acheter Total ? Cela ne vous dit rien, la Republique de Weimar ?

    Pendant des decennies, les Etats avaient la haute main sur les banques centrales, sans que l’inflation ait ete toujours excessive... Les ultraliberaux l’oublient un peu !

    D’ailleurs, l’inflation des cours boursiers a ete concomittante de l’automomie des banques centrales. On en paie les consquences aujourd’hui.

  • permalien habsb :
    14 novembre 2008 @13h21   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOM "Pendant des decennies, les Etats avaient la haute main sur les banques centrales"

    Les Etats pouvaient s’imposer sur les Banques Centrales seulement quand on appliquait le gold standard. C’est a dire, l’emission de monnaie etait limitee par l’obligation de la convertir en or a un taux fixe. Voila pourquoi l’inflation n’etait pas excessive (sauf si il y avait des bandits comme dans le cas de la Republique de Weimar) Reintroduisons le gold standard et je vous suivrait dans votre idee de dissoudre les Banques Centrales pour confier au gouvernement l’emission de monnaie. Mai aujourd’hui qui empecherait a un gouvernement en difficulte d’imprimer 1 milliard de quadrillions d’Euro et de s’en servir pour acheter entreprises d’autres nations, armes, petrole, uranium etc etc

    Regardez la Chine, du moins on revient en theme. Le gouvernement imprime des renmimbi nuit et jour pour convertir les centaines de milliards de dollars que les entreprises US qui travaillent en Chine ont depose dans les banques chinoises. C’est d’ailleurs cela qui constitue la grande reserve chinoise de dollars. Mais maintenant que les multinationales US desinvestissent, il faut trouver des dollars, et le gouvernement chinois vend en masse les bond du Tresor US et les actions en provoquant la degringolade mondiale des marches et la hausse du dollar, impossible a comprendre autrement.

  • permalien surréaliste ! :
    14 novembre 2008 @14h12   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    ... on croit avoir tout vu... tout entendu et pourtant...

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @17h01   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Les Etats pouvaient s’imposer sur les Banques Centrales seulement quand on appliquait le gold standard.

    C’est n’importe quoi. L’etalon or s’est effondre dans les faits (et la pratique avec la suspension par Nixon dans le cas du dollar) bien avant que les banques centrales aient ete rendues independantes. Independance imposee ideologiquement puis politiquement par les monetaristes et les liberaux a partir des annees 1980.

    D’ailleurs, remarquons soit dit en passant encore une fois que les banques centrales independantes ne peuvent rien contre l’inflation boursiere ou la reprise sensible de l’inflation aujourd’hui...

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @17h12   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO Mais qu’est-ce qui a ete fait jusqu’a maintenant ? Bull a ete garde sous perfusion des decennies durant Les Chantiers de l’Atlantique..., France Telecom s’est achete Orange a force d’endettement (etatique). Credit Lyonnais, SNCF, la Secu, ont creuse la dette de l’Etat a niveaux tragicomiques. Pourquoi pas les banques ?

    France Telecom etait deja sorti du statut de service public, du fait de la privatisation partielle, mais des que la crise des NTIC a sevi, FT s’est retourne vers l’actionnaire principal : belle illustration de la maxime "privatisation des benefices, nationalisation des pertes".

    Quant au trou de la secu, obsession rhetorique et psychologique des liberaux et poujadistes franchouillards, rappelons que le deficit de la SS est a peu pres equivalent au montant des exonerations de cotisations sociales... qui auraient sinon finance la dite SS. Le NHS britannique a aussi ete affame par les tories, qui s’etonnaient tres cyniquement ensuite des faibles performances du service (qui oh miracle ont commence a etre ameliores grandement des que les financements sont revenus a partir de 2001).

    Facile d’accuser son chien d’avoir la rage quand on reve au final de le noyer (ou l’etrangler financierement).

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @17h16   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Soyons clairs : les entreprises d’Etat ne sont pas parfaites, et peuvent etre tres couteuses des lors qu’on sous pretexte de "service public" on ignore leur bonne gestion.

    Mais il est surrealiste que le secteur bancaire et financier, a la pointe de la dereglementation (y compris dans le discours journalier des medias qu’il possede en nombre), puisse maintenant toute honte bue nous couter les plans les plus faramineux de l’histoire occidentale...

    Alors que dans le meme temps le moindre euro/dollar/livre est dispute voir retranche des services sociaux et des Welfare states.

  • permalien habsb :
    14 novembre 2008 @17h43   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO

    1) le secteur bancaire et financier est certainement le plus reglemente qui soit, notamment aux USA. La loi Sarbanes-Oxley vote par BushJr. a fait fuir d’ailleurs de Wall Street plus d’une entreprise europeenne incapable d’en respecter les regles. La loi Community Reinvestment Act vote par Carter et modifie par Clinton oblige en pratique les banques a octroyer des credits immobiliers aux preteurs defavorises, meme sans revenus, a hauteur de 117% du bien. C’est cela pour vous la deregulation bancaire ? Peut-etre, en remarque.

    2) le standard or a ete abandonne par Nixon en 1971, apres qua Kennedy et Nixon coulerent le budget USA, avec la guerre en Vietnam et leurs reformes demagogiques. Vous dites que les banques centrales gagnerent leur independance en 1980. Et comme par hasard, les annees ’70 furent caracterises par une violente inflation mondiale, qui deindustrialisa l’Europe Occidentale. Laissez les Etats creer la monnaie, et on achetera bientot notre baguette avec des valises de billets de 500 Euros.

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @18h06   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    1) le secteur bancaire et financier est certainement le plus reglemente qui soit, notamment aux USA. La loi Sarbanes-Oxley vote par BushJr. a fait fuir d’ailleurs de Wall Street plus d’une entreprise europeenne incapable d’en respecter les regles. La loi Community Reinvestment Act vote par Carter et modifie par Clinton oblige en pratique les banques a octroyer des credits immobiliers aux preteurs defavorises, meme sans revenus, a hauteur de 117% du bien. C’est cela pour vous la deregulation bancaire ? Peut-etre, en remarque.

    Que les entreprises americaines soient tres regulees en matiere de bilan et de presentation des bilans, c’est vrai et les franchouillards devraient s’en inspirer, au vu des scandales recurrents (Credit Lyonnais, Vivendi, Societe generale, Caisses d’Epargne...). Enfin c’est un autre probleme : le jour ou les francais arreteront de diaboliser en bloc le systeme anglo-saxon, ils verront que celui-ci a aussi ses avantages (ne serait ce que de faire elire un noir la ou les minorites en france sont plus que souvent refusees au logement et a l’emploi dans l’indifference genrale)

    Neanmoins, transparence ou pas, un systeme ou les banques peuvent prendre des risques inconsideres (produits derives, endettement massif, actifs toxiques mais hautement rentables dans une strategie speculative) est le vrai coupable. C’est pas la faute a Clinton si les scandales financiers se sont multiplies depuis les annees 1980, et que les banques soient de plus en plus soumises a un risque de crise de liquidite ou de faillite depuis cette decennie.

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @18h11   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    2) le standard or a ete abandonne par Nixon en 1971, apres qua Kennedy et Nixon coulerent le budget USA, avec la guerre en Vietnam et leurs reformes demagogiques. Vous dites que les banques centrales gagnerent leur independance en 1980. Et comme par hasard, les annees ’70 furent caracterises par une violente inflation mondiale, qui deindustrialisa l’Europe Occidentale. Laissez les Etats creer la monnaie, et on achetera bientot notre baguette avec des valises de billets de 500 Euros.

    Revisez vos manuels economiques : l’inflation etait aussi importante avant les annees 1970. En France, Pinay et de Gaulle avaient deja etabli des plans anti-inflations. Idem aux USA (stop and go) ou en UK. L’inflation dans les annees 1970 a aussi permis aux salaries d’accroitre leur pouvoir d’achat et leur bien etre au detriment des revenus du capital.

    Qui bien evidemment ont tout fait dans les annees 1980 pour reduire l’inflation, casse la hausse des salaires (d’ailleurs brisee par la gauche en France en 1984) et recree les benefices et marges des entreprises et des revenus mobiliers et immobiliers.

    Tout ca pour dire que le standard gold, l’independance des banques centrales n’ont rien de "solution pragmatique" : ce sont des visions ideologiques d’une certaine ecole economique qui veut nous faire croire qu’elle est "naturelle". Ce que la crise actuelle nous charge de contredire !

  • permalien habsb :
    14 novembre 2008 @18h17   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO

    "C’est pas la faute a Clinton si les scandales financiers se sont multiplies depuis les annees 1980, "

    Vrai, mais c’est la faute a Clinton et plus precisement a son ministre Rubin (paladin des Credit Default Swaps et autrre derives) si on a les problemes actuels. Je rappelle que Rubin s’est toujours battu contre toute proposition de reglementation de ces produits toxiques.

    je suis d’accord avec votre analyse equilibree de la finance USA, qui necessite encore plus de reglementation, non pas en multipliant les organismes parasitaires, mais par example avec un marche pour les derives type CDS, CMO, CDO, qu’on sache une fois pour toutes ce que cela vaut !...

    Encore mieux on ferait en otant a la FED (et a fortiori a l’Etat) tout pouvoir de creer de la liquidite en sus de la croissance du PNB, mais la’ je reve. Keynes et Friedmann sont encore trop etudies. (a tort)

  • permalien habsb :
    14 novembre 2008 @18h25   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO "Revisez vos manuels economiques : l’inflation etait aussi importante avant les annees 1970. En France, Pinay et de Gaulle avaient deja etabli des plans anti-inflations. Idem aux USA (stop and go) ou en UK. L’inflation dans les annees 1970 a aussi permis aux salaries d’accroitre leur pouvoir d’achat et leur bien etre au detriment des revenus du capital."

    Vous etes donc pro-inflation. Expliquez-moi comment on peut ameliorer son pouvoir d’achat si les prix grimpent : l’inflation des annees 70 a appauvri tous ceux qui exportent. Salaires et prix montent de la meme facon (au prix de luttes sociales, qui detruisent richesse). On est donc comme avant, sauf que le pays est moins competitive, et on delocalise. D’ou le chomage. Seul salut aujourd’hui, la deflation.

  • permalien momo :
    14 novembre 2008 @19h40   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    Vous etes donc pro-inflation. Expliquez-moi comment on peut ameliorer son pouvoir d’achat si les prix grimpent : l’inflation des annees 70 a appauvri tous ceux qui exportent. Salaires et prix montent de la meme facon (au prix de luttes sociales, qui detruisent richesse). On est donc comme avant, sauf que le pays est moins competitive, et on delocalise. D’ou le chomage. Seul salut aujourd’hui, la deflation.

    Comme vous le savez peut etre, la periode des annees 1970 a vu le niveau de vie des salaries fortement progresser, l’inflation rendant les logements et les prets moins chers pour eux. La lutte contre l’inflation dans les annees 1980 et 1990 est inseparable de la regression de la part salariale dans la repartition de la richesse produite.

    La deflation profite a ceux qui ont des revenus financiers ou immobiliers : les plus riches donc. Du moins vous etes honnete dans votre choix de societe et de repartition des richesses : vous privilegiez en luttant contre l’inflation pour les plus fortunes.

  • permalien Giovannoni :
    14 novembre 2008 @23h01   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    J’ai lu récemment un article paru dans le Monde qui s’intitulait Les entreprises endettées en "LBO" entrent dans une zone à risque. A la suite de cet article, j’ai effectué d’autres recherches et ce qu’il en ressort est édifiant. Pour synthétiser, le LBO est un système d’acquisition par emprunt (en anglais leveraged buy-out). Les sociétés qui font l’objet d’un LBO sont généralement des PME dynamiques (on peut cependant trouver de grandes sociétés à l’échelle du CAC 40) qui sont rachetées par des fonds d’investissement. Les acheteurs empruntent l’essentiel du montant nécessaire à l’acquisition de la société cible et apportent très peu de leurs propres capitaux. Ils empruntent environ 70 à 80 % du montant nécessaire à l’acquisition. Mais la particularité de ce type de financement consiste en ce que le remboursement des emprunts est assuré par la société qui paie son propre rachat ! Les grands fonds d’investissement deviennent ainsi propriétaires de sociétés sans avoir à investir massivement. De plus, les sociétés faisant l’objet d’un LBO sont savamment restructurées pour accroître les dividendes (qui remboursent la dette contractée) et permettre un prix de revente élevé. La rentabilité devient alors exceptionnelle pour ce genre d’opération, de l’ordre de 50 %, et bien évidemment, ce sont les salariés qui paient le prix fort avec compression des salaires et licenciements à la clé.

    Le rachat sous LBO est donc exclusivement orienté vers le profit (sauf dans les cas où les salariés rachèteraient leur propre entreprise grâce à ce système) et mène le plus souvent à un nouveau LBO avec une nouvelle restructuration… Le problème est qu’à l’heure actuelle, avec le ralentissement économique, les revenus des entreprises acquises sous LBO diminuent et la dette devient alors insupportable, menant inexorablement des entreprises à la faillite. En France, on compte aujourd’hui 4000 entreprises acquises de la sorte menacées (elle ne peuvent également plus emprunter pour investir, le robinet du crédit étant actuellement fermé), ce qui représente à peu près 800.000 salariés ! Aux USA, environ 1 salarié sur 4 travaille pour ce type d’entreprise. Mais tout cela n’est pas le pire ! Pour réduire les risques, les banquent qui accordent les prêts représentant 70 % de la valeur de l’entreprise ont titrisé ces actifs, comme pour les subprimes ! Or les sommes engagées semblent bien supérieures dans le cas des LBO. Si les entreprises faisaient faillite, les titres émis se retrouveraient être des actifs pourris, invendables et dans le sillage des entreprises, banques et autres institutions feraient également faillite. Et dans ce cas, je ne suis même pas certain que les 3000 milliards de dollar injectés pour sauver le système en octobre 2008 seraient suffisants…

  • permalien Yvan :
    16 novembre 2008 @17h55   « »
    Un « Welfare » à l’américaine

  • permalien elk :
    17 novembre 2008 @07h42   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    En terme de prééminence américaine, ou des BRIC, je préfère une prééminence pluripartite, où le "pouvoir" doit être partagé, donc, une pratique du-dit "pouvoir" consensuelle, plutôt qu’une pratique du pouvoir au sein du même "monarque", qui, crise oblige, est de moins en moins légitime.(Si tant soit que "légitime" soit approprié).

  • permalien habsb :
    17 novembre 2008 @09h54   « »
    Un « New Deal » à la chinoise

    MOMO "La deflation profite a ceux qui ont des revenus financiers ou immobiliers : les plus riches donc"

    Un retraite, un fonctionnaire de base, un RMIste, augmentes a coup de 1% tous les 3 ans, profitent-t-il de l’inflation, d’apres vous ? D’apres moi ils profitent plutot de la deflation, de la baguette qui coute de moins en moins.

    Si vous avez des revenus immobiliers, normalement vous possedez des immeubles, qui se devalorisent avec la deflation. Comment pouvez-vous donc en profiter ?

    Deflation signifie aussi chute boursiere : les revenus financiers disparaissent et deviennent des pertes.

    En general, l’inflation profitent aux cigales pretentieuses qui s’endettent : ils rembourseront moins qu’ils n’ont empruntes. La deflation profite aux prudentes fourmies qui epargnent : demain ils acheteront davantage qu’aujourd’hui. Je ne suis pas riche, loin s’en faut mais je n’ai pas de probleme a me ranger avec les fourmies.

  • permalien habsb :
    17 novembre 2008 @10h03   «
    Un « New Deal » à la chinoise

    GIOVANNONI

    Vous comprenenz maintenant, j’espere, les degats provoques par le mecanisme de l’inflation, creee par les politiques keynesiennes d’expansion monetaire. L’enchere boursiere pour les entreprise ayant atteint en 2007 des niveaux extraordinaires, les proprietaires ont encaisse des fortunes en les cedant aux fonds (par LBO ou autre). Il s’agit maintenant de trouver l’argent pour payer ces fortunes, ces dettes contractees par les nouveaux proprietaires. Comment les reperer en recession economique, si non par les licenciements massifs ?

    Si vraiment vous voulez trouver des coupables, cherchez donc parmi ceux qui ont cree des bulles keynesiennes sur la base de theories economiques dangereuses, ou aussi chez les petits patrons francais qui ont vendu les joyaux de famille pour 50 fois les benefices annuels....

    Aucun krach du liberalisme, mais faillite integrale des politiques inflationnistes keynesiennes qui pretendent justement combattre les exces du liberalisme. je dirais que c’est plutot le cas de parler de triomphe du liberalisme : chassez le, il revient au galop.

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