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Un projet de loi sur l’audiovisuel inspiré par TF1

vendredi 28 novembre 2008, par Marie Bénilde

Le projet de loi sur l’audiovisuel, dont l’examen a débuté mardi 25 novembre à l’Assemblée nationale, ne se contente pas de faire de France Télévisions une entreprise unique débarrassée de ses contraintes publicitaires après 20 heures. Il est aussi largement inspiré par la défense des intérêts de TF1, dont les recettes s’érodent. Histoire d’une grande réforme qui aurait pu garantir l’avenir du service public télévisé, si elle n’était prisonnière d’arrière-pensées politiques et de liens opaques avec le lobby des grandes chaînes privées, singulièrement bien représenté à l’Assemblée nationale dans les rangs de la majorité.

Alors que le projet de loi sur l’audiovisuel public tourne à la bataille parlementaire — avec l’examen de 850 amendements —, une question se pose : comment ce qui aurait pu passer pour une grande réforme de la télévision publique est-il en train de tourner au fiasco politique, démocratique et culturel ? Comment un projet qui avait la prétention d’édifier une BBC à la française est-il en train de se muer en parodie de l’ORTF ? Y répondre revient à identifier les causes profondes de la faillite du réformisme « sarkozyen » en matière de médias.

On se souvient de la genèse du projet de loi, le 8 janvier : une décision abrupte, prise sans concertation et plus ou moins soufflée par Alain Minc, conseiller occulte de l’Elysée. A l’appui, un livre blanc de TF1 suggérant dès le mois de décembre, parmi quatre propositions, la suppression de la publicité sur France Télévisions pour aider la première chaîne à faire face à une chute attendue de ses recettes publicitaires du fait de l’érosion de son audience.

C’est là qu’Alain Minc entre en scène : la télévision va permettre de refaire le coup de l’« ouverture », qui avait notamment entraîné l’arrivée de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay. En d’autres termes, prôner une « télévision publique débarrassée des contraintes de l’audience », c’est annihiler tout marquage idéologique sur la question de l’audiovisuel public. Quoi de plus à gauche, quoi de plus révolutionnaire qu’une télé publique alignée sur le mode de financement de Radio France ? Bourdieu en a rêvé, Sarkozy l’a fait.

On se met alors à penser aux bienfaits que, bon an mal an, cette décision historique va entraîner. Fini les programmes qui singent ceux des télévisions privées pour soutenir la compétition publicitaire. Fini les jeux débiles, les émissions de divertissement abêtissantes, les séries américaines bon marché ou à forte audience… Une nouvelle vertu est rendue possible grâce à un cahier des missions et des charges de France Télévisions qui réclame davantage de programmes culturels, scientifiques, d’éducation ou de sensibilisation à l’idée européenne.

Seulement, ne serait-ce pas là la face émergée de l’iceberg ? On connaît le proverbe chinois : quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. Pourtant, au risque de passer pour un idiot, il valait mieux ne pas trop lever la tête quand Sarkozy nous désignait du doigt sa nouvelle télévision. N’en déplaise à la commission Copé sur l’avenir de l’audiovisuel public – à laquelle les professionnels associés regrettent désormais d’avoir participé –, il valait mieux garder la capacité de recul nécessaire pour mesurer tous les ressorts de cette réforme, qui relève essentiellement du calcul politique.

A télévision publique, ressource incertaine

Commençons par le financement. Devant le refus obstiné de Nicolas Sarkozy d’augmenter la redevance audiovisuelle – hormis une indexation sur l’inflation consentie du bout des lèvres –, il ne restait plus que le régime des taxes pour compenser le manque à gagner publicitaire de la télévision publique après 20 heures (estimé à 450 millions d’euros). Avantage de la taxe : elle est toujours amendable à l’occasion d’un projet de loi de finances selon le bon vouloir du prince, ou plutôt de son factotum dans les travées de l’Assemblée : le député des Hauts-de-Seine Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l’UMP, secrétaire national à l’économie du Parti et lobbyiste patenté. Pour financer la télé publique, c’est donc un prélèvement de 3 % qui a été prévu sur les recettes publicitaires des chaînes privées, ainsi qu’une ponction de 0,9 % sur le chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à Internet.

Il est pourtant très vite apparu que ces deux mesures, présentes dès le départ dans la feuille de route présidentielle, étaient insuffisantes, même si l’Etat garantit la pérennité des ressources du service public audiovisuel. Tout le calcul a en effet été établi à partir d’un chiffre d’affaires publicitaire généré par France Télévisions en 2007. Or, la suppression de la publicité entraînera la libération d’espaces disponibles qu’il faudra bien combler par des programmes. Ensuite, le mieux-disant culturel représente nécessairement un surcoût, notamment en matière de fiction, sauf à multiplier les émissions de plateau et les bavardages interminables. Enfin, rappelons que France Télévisions sera confrontée dans les prochaines années à des échéances décisives : frais de double diffusion en analogique et en numérique jusqu’au 30 novembre 2011, développement sur les nouvelles plateformes Internet, charges grandissantes de personnel du fait des mécanismes d’ancienneté, transcodage des programmes pour sourds et malentendants, etc. Bref, il apparaît de plus en plus clairement que la ressource compensatoire est non seulement insuffisante, mais incertaine et soumise aux aléas des débats parlementaires sur la fiscalité.

L’emploi comme variable d’ajustement

Du coup, c’est bien entendu sur les charges que la majorité présidentielle se propose d’intervenir. Un député de l’UMP des Alpes maritimes, Lionnel Luca, par ailleurs partisan de la peine de mort pour les crimes sexuels, a d’ores et déjà indiqué où devaient se porter, selon lui, les économies : « France 3 national, on s’en fout. Le journal télévisé juste avant celui de France 2, ça fait doublon. Il vaut mieux mettre le paquet sur le régional [1]. »

Une vision qui coïncide justement assez bien avec celle de Frédéric Lefèbvre, pour qui la réorganisation de France Télévisions en entreprise unique doit forcément générer des suppressions de postes : « Si on fait l’entreprise unique, c’est pas pour embaucher plus de gens (…). Quand vous avez un groupe qui fait 11 500 personnes, France Télévisions, et que vous avez en même temps la totalité des chaînes sur la télévision hertzienne — le câble, le satellite et la TNT —, que vous les additionnez toutes et que vous aboutissez à 8 500 personnes, ou 9 000, vous voyez bien qu’il y a un problème [2]. » Sans appeler ouvertement à un plan social, le lobbyiste réclame un audit pour obtenir un état des lieux de l’emploi dans le groupe public. A la clef : comme dans les autres services publics, le non-remplacement des départs en retraite. Patrick de Carolis, président de France Télévisions, chiffre à 900 le nombre de postes à supprimer. Frédéric Lefèbvre table sur « plus ».

Il est vrai que la télévision publique autrichienne ORF vient d’annoncer la suppression de 1000 emplois sur 3400 d’ici à 2012. Même la BBC, souvent citée en référence, a supprimé plusieurs milliers de postes. Mais la comparaison s’arrête là [3]. Le nouveau service public de la télévision va grandement différer de sa consœur britannique en ceci que les téléspectateurs n’y seront pas représentés, et que le lien tutélaire vis-à-vis du pouvoir politique en sortira renforcé, puisque les présidents de l’audiovisuel public seront directement nommés par l’Elysée. Si Michel Boyon, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, n’y trouve rien à redire malgré la liquidation d’une des prérogatives de son instance, c’est sans doute parce qu’il n’a jamais quitté ses habits d’homme d’appareil et de cabinet ministériel (le projet de loi prend aussi grand soin d’accorder un hochet au CSA en lui donnant la possibilité de contrôler les images sur Internet, que ce soit de la vidéo ou de la télévision à la demande).

On peut donc facilement imaginer l’avenir de France Télévisions. Une audience de plus en plus déficiente du fait des choix de programmation culturels, des réductions d’effectifs justifiées par ce déclin prévisible… et bien sûr un patron sur lequel le chef de l’Etat aurait droit de nomination comme de révocation. Inutile d’être prophète pour deviner la suite du programme. Le député Lefèbvre ne va pas tarder à estimer que le groupe public est surdimensionné en nombre de chaînes compte tenu de son audience. Qu’il faut fusionner les rédactions nationales de France 3 et de France 2 pour créer un grand journal de service public. Quant aux stations régionales, elles seront bientôt priées de se rapprocher des chaînes locales de la presse quotidienne régionale. La loi sur l’audiovisuel public le permettra, puisqu’à l’occasion du vote en faveur de l’entreprise unique, ce sont toutes les conventions collectives des personnels qui deviennent caduques et toutes les identités juridiques des chaînes qui volent en éclat. Frédéric Lefèbvre a d’ores et déjà appelé à une fusion des chaînes parlementaires – qui n’appartiennent pas à France Télévisions. Et le groupe audiovisuel ne perd rien pour attendre. « Y a-t-il trop chaînes de service public ? », demandait déjà cette semaine à ses lecteurs le site du Figaro

A télévision privée, cadeaux assurés

Tout cela pour quoi ? On se souvient que Nicolas Sarkozy a eu plusieurs fois maille à partir avec France 3, lui reprochant tantôt l’attitude des personnels [4], tantôt l’honnêteté d’un reportage [5]. Il y a aussi la mise au pas attendue du service public à travers la nomination d’un patron sous contrôle. Pourtant, c’est sans doute moins la maison de verre en instance de se vider qu’il faut regarder que la tour d’en face sur le point de se remplir. Car la loi sur l’audiovisuel n’est pas qu’une législation sur la télévision publique. Elle impacte aussi directement TF1, dont elle va grandement contribuer à sauver les recettes publicitaires en 2009 grâce à une suite de mesures transposant une directive européenne (Service de médias audiovisuels). Un nouveau comptage plus favorable du temps de publicité, qui fait notamment passer de 144 à 216 minutes le volume publicitaire autorisé sur 24 heures, a pour conséquence de gonfler de moitié les capacités d’accueil en publicité de TF1 (comme de M6). Pour parvenir à cette fin, une deuxième coupure de publicité est du reste prévue dans les films, les séries ou les téléfilms.

TF1, détenu par l’actionnaire ami Bouygues, tout comme M6, présidé par Nicolas de Tavernost que Nicolas Sarkozy a fréquenté au sein du Club Neuilly Communication, vont donc recevoir la plus grosse part du gâteau public. En remerciement pour services rendus pendant la campagne électorale de 2007 ? Non, plutôt en à valoir pour la suivante, alors que la Six s’apprête à créer un journal télévisé du soir et que LCI songe à se basculer sur la télévision numérique gratuite après la fusion de sa rédaction avec TF1. Donc, surtout ne rien faire pour mécontenter la Une. D’autant que la crise financière, associées à la chute de l’audience de la chaîne, met à mal ses finances. Qu’à cela ne tienne, un amendement du député UMP Christian Kert, adopté en commission spéciale, propose déjà de réduire de moitié la taxe de 3 % sur les chaînes privées (à 1,5 %) si elles sont confrontées à des difficultés économiques entre 2009 et 2012. Or le groupe TF1 fait valoir auprès des députés qu’il prévoit une baisse de 6% de son chiffre d’affaires en 2008...

Mais les cadeaux faits aux médias privés par Nicolas Sarkozy sont souvent payés de retour. Le Figaro, dont l’actionnaire Dassault négocie le rachat de 20,8 % du capital du groupe de défense Thalès, n’hésite pas à effacer de sa photo de Une une bague à près de 16 000 euros sur le doigt de la garde des Sceaux Rachida Dati. Et Martin Bouygues n’a pas attendu longtemps avant de se débarrasser de son présentateur de TF1 Patrick Poivre d’Arvor, qui avait comparé le président fraîchement élu, en 2007, à un « petit garçon dans la cour des grands » au G8. Car Nicolas Sarkozy jugeait Laurence Ferrari plus digne de prendre la place du présentateur de 20 heures. Ainsi soit-il ! Martin Bouygues, qui détient 31 % d’Alstom, n’attend-il pas le feu vert du chef de l’Etat pour mettre la main sur le leader mondial du nucléaire à l’occasion d’une fusion éventuelle avec Areva [6] ?

Notes

[1] AFP, 25 novembre 2008.

[2] « Questions d’info » (LCP-France Info-AFP), 27 novembre 2008.

[3] Lire Jean-Claude Sergeant, « Qui veut en finir avec le modèle de la BBC ? », Le Monde diplomatique, juillet 2008.

[4] Nicholas Sarkozy s’énerve sur le plateau de France 3 en off, sur Youtube

[5] Lire « France 3 dans le collimateur de Nicolas Sarkozy ? », Acrimed, 2 avril 2007.

[6] Lire Pierre Rimbert, « TF1 ou la Parabole de Frankenstein », Le Monde diplomatique, juillet 2008.

21 commentaires sur « Un projet de loi sur l’audiovisuel inspiré par TF1 »

  • permalien Yvan :
    28 novembre 2008 @17h48   »

    Sarkozy nous lit le cahier des charges de la future télévision publique. Bonne nouvelle, Claude Santelli et Thierry la Fronde reviennent.


  • permalien apco :
    28 novembre 2008 @19h05   « »

    Quelqu’un pourrait il rappeler le cahier des charge de TF1 lors de la privatisation !!!

  • permalien Tintin :
    28 novembre 2008 @19h13   « »

    bel article qui montre les collusions entre les médias privés et Sarko. Il est dommage malgré tout que France 2 ait, depuis des années, joué le même morceau de flute que TF1. Entre un Drucker qui n’a de cesse de cirer les pompes du pouvoir, les animateurs starisés et payés chichement et nombre d’émissions douteuses qu’elles soient politiques et chabotisées à la sauce UMP ou carément débiles telles les jeux qui fleurissent sur TF1... A force de jouer avec le feu, on se brule

  • permalien Yvan :
    28 novembre 2008 @19h15   « »

    @apco

    Convention de TF1

    Mon passage préféré :

    Article 10

    La dignité de la personne humaine constitue l’une des composantes de l’ordre public. Il ne saurait y être dérogé par des conventions particulières même si le consentement est exprimé par la personne intéressée.
    La société s’engage à ce qu’aucune émission qu’elle diffuse ne porte atteinte à la dignité de la personne humaine telle qu’elle est définie par la loi et la jurisprudence.

    Heureusement que nous sommes dans une zone de non-droit, autrement Tf1 n’existerait plus.

  • permalien
    28 novembre 2008 @23h22   « »

    serieusement qui regarde encore la télévision ?
    Sauvons nous par d’autres médias laissons leurs ces hochets
    pas de quoi s’émouvoir la télé public s’est roulée dans la fange eh bien qu’elle danse maintenant.

  • permalien FoncFum4x4 :
    28 novembre 2008 @23h41   « »

    n’est ce pas bizarre de voir le service publique réclamer son droit au temps de cerveau disponible ?

  • permalien sarah :
    29 novembre 2008 @01h49   « »

    "serieusement qui regarde encore la télévision ? Sauvons nous par d’autres médias laissons leurs ces hochets pas de quoi s’émouvoir la télé public s’est roulée dans la fange eh bien qu’elle danse maintenant."

    Voici un propos bien méprisant pour autrui... Tout le monde n’a pas accès à d’autres médias, et regarder la télévision n’est pas forcément un crime intellectuel. La plupart des français regardent régulièrement la télévision, méprisez vous ceux-ci ?

  • permalien Che MSPS :
    29 novembre 2008 @03h24   « »

    Depuis quand un homme politique comme Sarkozy, aidé de ses valets de l’UMP, va-t-il développer un sevice public quel qu’il soit ? Ne devons-nous pas plutôt penser que cette réforme de la télévision publique n’est autre qu’une maneuvre pour mieux la liquider ? Ceci tout en faisant un cadeau royal à ses amis oligarques des chaines privées ?

    N’y aurait-il pas dans tout cela une certaine similitude avec l’affaire de la crise boursière ?

  • permalien Neirda :
    29 novembre 2008 @10h32   « »

    Que la réforme des chaînes publiques génère des drames humains liés à l’emploi, c’est bien la seule chose qui puisse nous émouvoir dans cette crise annoncée de la tv publique. Car pour ce qui est de la qualité des programmes et de l’objectivité des lignes éditoriales, je ne vois auvune différence entre un média inféodé au capital(publicité) et un media inféodé au ministre de la "propagande". Une censure en vaut bien une autre.

  • permalien
    29 novembre 2008 @12h38   « »

    moi je me pose les questions suivantes :
    la majorité du service public a voté pour qui à l’élection présidentielle ? qui a contribué à l’élection du président ?
    qui cachait la vérité ? maintenant il faut assumer

  • permalien Z :
    29 novembre 2008 @15h32   « »

    Dans un monde parfait la télévision serait un outil idéal d’éducation citoyenne et démocratique au service de l’intelligence et de l’information. Dans la réalité et son principe elle est un outil d’abrutissement et de manipulation, qu’elle soit publique ou privée. Car "la superstucture organise l’aliénation que détermine l’infrastructure", en d’autres termes elle est "l’opium du peuple" et pour paraphraser Coluche, "On ne peut pas y dire toute la vérité, il y a trop de monde qui regarde".

  • permalien Titty :
    29 novembre 2008 @19h22   « »

    Beaucoup de choses et de remarques intéressantes ont été dites. Ce qui m’amène à penser que le véritable problème est lié au besoin en capital des chaînes de télévisions et des médias en général. Or comment garantir la qualité des services médiatiques confrontés à leurs recherches nécessaires de ressources financières ?
    Les programmes de divertissement, la télé-réalité ou les séries télévisées, même si ils n’ont pas toujours l’intérêt d’élever l’intelligence humaine, ne sont pas nécessairement condamnables en soi.. Il reste qu’ils sont davantage regardés que les programmes culturels ou intellectuels. D’autre part, les médias ont la caractéristique souvent de diffuser des informations peu développées et présentant une certaine forme de populisme. Si leurs intérêts économiques poussaient les médias à développer davantage la qualité de leurs informations et à se construire clairement, comme cela devrait l’être, en contre-pouvoir, alors peut-être n’aurions-nous pas à lire ce genre d’article malgré les calcules politiques et économiques de cette élite ô combien profiteuse !
    On sait combien notre nature aime à se reposer sur la bêtise et la facilité. Il est alors indispensable qu’une société qui se veut développée s’applique à construire et à maintenir des institutions dont leurs efforts doivent être portés vers l’amélioration morale et intellectuelle des individus (sans pour autant négliger le divertissement). Il me paraît donc évident que c’est à l’Etat qu’il revient la charge de garantir l’indépendance financière et politique des médias, tout en s’interdisant acune forme d’ingérence dans les affaires du pouvoir médiatique.
    Encore qu’il reste à réfléchir sur les mesures qu’il reste à prendre sur les moyens de garantir une certaine moralité des services publiques. Il n’est pas de la faute des "gens" si les institutions s’offrent le luxe de caresser les côtés pervers et obscures qui sommeillent en chacun de nous. L’homme est ainsi fait, à nous de faire en sorte de créer une société humaniste. Mais le citoyen Sarkozy, auto-proclamé patriarche de la france, y verrait sans aucun doute une atteinte portée à la liberté individuelle !

  • permalien mikaël :
    29 novembre 2008 @22h10   « »

    heureusement il restera arte , ses dossiers et ses informations à l’echelle européenne et mondiale.Mais le choix diminue pour le temps libre de mon cerveau vieillissant.

  • permalien Jean-Claude Capt :
    30 novembre 2008 @12h07   « »

    Malgrés des défauts hinérents à son utilisation globale, pub ou propagande gouvernementale, une nation à un besoin réel d’un service médiatique nationalisé, car cela reste le contrepoid politico-économique face aux structures médiatiques privées. non-seulement des emplois sont en jeux, mais aussi la promotion globale de l’immage culturelle de la nation. d’Autre part il faut sauvegarder une économie qui marche sur deux jambes soit faite d’entreprises publiques et d’entreprises privées.

  • permalien lophoto :
    30 novembre 2008 @15h55   « »

    On en pense ce qu’on peut, ce qu’on "veut", j’ai bien peur que de la fRANCE d’en bas au Top du Service "Public" audiovisuel, en passant pas les commentateurs plus ou moins chevronnés (et compétents à s’exprimer sur le sujet), on se retrouve, comme dans nombre de sujets d’intérêt public...dans la merde !

    Cynisme, incompétence, partialité, hypocrisie, inconscience, racisme, ostracisme, la REPUBLIQUE change de mots-clefs, de champs lexical...

    Et de nouveau la "trahison des clercs"

    PS : continuez à abuser, on s’était endormi..

  • permalien af :
    30 novembre 2008 @21h05   « »

    Meme les USA ont leur chaine publique. Alors pourquoi la France ne l’aurait-elle pas ? Le changement est toujours une etape douloureuse et la France vieillissante a bien du mal a abandonner ses habitudes, ses prerogatives. Tout cela me fait souvent penser a l’emission d"Yves Montant "Vive la Crise".
    J’ai confiance en la creativite francaise, elle a toujours epate le monde entier. Passe la souffrance du changement, le resultat surprendra certainement tout le monde avec plaisir. Ne sous-estimons pas le peuple francais.

  • permalien pierre :
    30 novembre 2008 @22h38   « »

    Ce qui me gene le plus dans tout ça, c’est la finalité présumée, qui va amener EDF à ceder de nouvelles parts de marché au entreprises privées, qui après avoir vendu des actions qui ne pourront qu’être "réevaluées" grace à l’augmentatiion des recettes de pub, auront alors les moyens de se payer du nucleair, de l’énergie, et là c’est beaucoup plus juteux que l’audoivisuel...
    Compte tenu que le maitre mot de ces gens là est le profit, cela m’inquiete beaucoup quant à la bonne santé et la sécurité de nos centrales électrique,et surtout pour les nouvelles génerations EPR...
    Soyons vigilants car un débat ou une gesticulatiion politique peut en cacher une autre beaucoup pus mercantile....

  • permalien Vee13 :
    1er décembre 2008 @09h23   « »

    Ca aurait pu être le moment d’un tournant décisif pour l’audiovisuel public, celui qui aurait permis, notamment aux grandes chaînes de télé, de se départir de cette terreur que l’on sent de la part de certains journalistes (donc des rédactions) quant à s’aventurer sur des terrains explosifs, minés par les pouvoirs économique et politique (je ne considère pas ici les serviteurs tels que Mme Chabot notamment).
    En effet, alors que les recettes publicitaires des télés publiques représentent une part non négligeable de leur capacité à exister, comment imaginer que cette source ne soit pas d’une influence certaine sur les choix stratégiques, notamment éditoriaux, qui président au quotidien des programmes. Il en est de même dans le privé : on ne mord pas la main qui nous nourrit.
    En revanche, les dotations budgétaires devraient être sans saveur, ne pas engendrer une quelconque influence de la part des politiques qui les distribuent. Il reste à apprendre à ce personnel que ces deniers publics ne leur appartiennent pas (les fonds mis à leur disposition pour leur communication politique sont déjà énorme - SIG par exemple dont les dotations ont explosées dernièrement) qu’ils en sont seulement les gestionnaires pour un temps. Mais la "vieille" France est bien loin de cela : On prend le pouvoir pour tirer les ficelles et distribuer. Et à ce jeu là, le Président actuel surpasse de loin l’ensemble de ses prédecesseurs.
    Oui, ça aurait pu être un tournant, rêvons un peu :
    Une télévision publique affanchie de son carcan publiciataire (c’en est un), financée en partie par une taxe (la redevance) et le reste par des dotations publiques enfin décorrélées du pouvoir politique (un fameux quatrième pouvoir dont l’autonomie serait garantie par la Constitution ?).
    Des programmes d’investigation sans concessions, iconoclastes voire impertinents, des rédactions totalement maîtresses de leurs choix, des journalistes libres et protégés...
    Ce sera peut-être pour la prochaine réforme.

  • permalien Vee13 :
    1er décembre 2008 @10h59   « »

    Juste un ajout quant aux conséquences sociales des choix politiques actuels.
    Il est rationnellement entendu que l’Etat, par ses interventions directes ou indirectes, est un acteur majeur notamment de la compensation des effets des cycles économiques défavorables (déficit de croissance, augmentation du chômage et de la précarité...). En ce sens, il est attendu pour justement mettre en oeuvre des mesures contra cycliques afin de contrarier ces tendances. Tout au contraire, par les mesures prises dans l’audiovisuel public, il accompagne la récession en organisant la mise à la porte d’un nombre élevé de personnels qui ne pourront retrouver un emploi à court ou même moyen terme, en tout cas aux conditions qu’ils ont souvement durement acquises.
    Plutôt que d’aller donner des leçons de moralité aux entreprises privées qui ferment leurs sites ou délocalisent, les personnels politiques au service de l’Etat devraient faire le ménage dans la doctrine qu’ils appliquent à ses services, qu’ils soient en régie (RGPP) ou sous tutelle (ses établissements publics comme la nouvelle ORTF donc).
    Mais il paraît que , comme le soutenait Max Weber, l’Etat serait une entreprise comme les autres...

  • permalien Mansour :
    1er décembre 2008 @11h30   « »

    Le drame dans tout ça, et l’article le dit mais peut-être pas suffisamment, c’est que cette réforme a un effet désastreux en termes de libertés fondamentales. Pourquoi ? Tout simplement parce que le fait de sortir de la contrainte publicitaire est plutôt de nature favoriser la prise de risques (artistiques, journalistiques, créatifs...) alors que le contrôle de la présidence de France Télévisions par le gouvernement va au contraire limiter toute audace, toute expression de la liberté.
    Résultat, c’est un peu comme si on demandait au service public plus de libertés au prétexte qu’on a dégagé pour cela un boulevard sans assurer au préalable les conditions mêmes d’expression de cette liberté.

  • permalien Citoyen Etienne :
    6 décembre 2008 @03h35   «
    Vers un statut du "communicataire".

    Les enjeux de pouvoirs... rien de bien nouveau sous le soleil. Mais la suppression de la pub, c’est une porte qui s’entrouvre, comme l’explique l’article de Scaramouche : La suppression de la publicité dans l’audiovisuel public sera-t-elle la première mesure de la "politique de civilisation" de N. Sarkozy ?
    Ne boudons pas notre plaisir...

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