Le Monde diplomatique
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« The Wire » / « Sur écoute », une série de David Simon et Ed Burns

Shakespeare à Baltimore

vendredi 5 décembre 2008, par Mona Chollet

Tout est dans la scène des nuggets. Dans un épisode du début de la première saison de « The Wire » (« Sur écoute » en version française), trois dealers des quartiers ouest de Baltimore, prenant leur pause au milieu d’une journée de travail bien remplie, dévorent leurs croquettes de poulet achetées au fast-food du coin. Le plus jeune s’incline respectueusement devant une invention aussi géniale : du poulet sans os, que l’on peut savourer « sans se dégueulasser les doigts ». « Celui qui a eu cette idée, il doit être riche à l’heure qu’il est… » Entendant cela, le plus âgé, D’Angelo, prend la mouche, et l’asticote sur sa naïveté : croit-il vraiment que le patron de McDonald’s est du genre à gratifier ses employés méritants d’un gros chèque si l’une de leurs initiatives permet d’engranger d’énormes profits ? « Le type qui a inventé les nuggets, tu peux être sûr qu’il est toujours au salaire minimum, et qu’il réfléchit à un moyen d’améliorer les frites ! » Après un moment de réflexion, le jeune Wallace réplique, avec une certaine pertinence : « Peut-être, mais c’est quand même lui qui a eu l’idée. »

L’esprit de « The Wire » est là, dans ce refus d’être dupe des « belles histoires » édifiantes dont l’industrie du divertissement fait habituellement son miel – la cinquième saison, consacrée aux médias, sera d’ailleurs l’occasion de faire un sort à la tentation de tordre la réalité pour la faire entrer dans des schémas plus commodes. Confrontés à la violence des inégalités sociales et à la déliquescence de la puissance publique, persuadés que « les dés sont pipés » (l’expression revient un nombre incalculable de fois dans les dialogues), habitués à se défier des apparences, les personnages de la série ont tous de bonnes raisons de ne pas croire aux scénarios trop simples pour être honnêtes. Omar Little, le braqueur de dealers homosexuel, sorte de Robin des bois des quartiers ouest – le personnage préféré de Barack Obama, paraît-il, même si le nouveau président « n’approuve pas ses actes » –, parcourt de son pas nonchalant les rues du ghetto, son fusil à canon scié à la main, vêtu d’un tee-shirt où l’on peut lire : « I am the American dream ». Le créateur de « The Wire », David Simon, ancien journaliste au Baltimore Sun, a beau avoir fait campagne avec enthousiasme pour le candidat démocrate à l’élection présidentielle [1], il parle de la série comme de « la seule fiction télévisée qui affirme ouvertement que notre système politique et social n’est plus viable, que notre nation, malgré sa richesse, a spectaculairement échoué à intégrer les classes défavorisées et à trouver des solutions à ses problèmes. Nous sommes devenus un pays qui “ne peut pas” [2] ».

Sans illusions, mais pas sans panache

Cette répugnance à s’en laisser conter implique un brin de sadisme envers le spectateur, accoutumé à ce que la fiction ménage un minimum son confort moral et remette un peu d’ordre et de justice dans le chaos désespérant qui l’entoure. Ici, il arrive que les crapules ou les tricheurs triomphent, que les justiciers échouent, et que les personnages les plus attachants soient balayés comme des fétus de paille. « Surtout ne comptez pas sur un happy end », semble avertir chaque scène de chaque épisode de la cinquième et dernière saison, qui vient de sortir en DVD. Pour autant, il est faux de prétendre, comme l’a fait The New York Times, que « The Wire » dénote un « fatalisme sinistre » [3]. Si l’état des lieux est sombre, il est surtout remarquablement détaillé, étayé : la série montre pourquoi ce pays « ne peut pas ». Et, si elle tient à rester dans les limites du vraisemblable et à renvoyer le reflet le plus fidèle possible de l’Amérique urbaine du début des années 2000, elle ne se complaît en rien dans la noirceur. Elle accorde quand même au spectateur, ici ou là, quelques modestes satisfactions : une histoire d’amour heureuse, la reconversion réussie d’un ancien gangster, un toxicomane qui parvient à décrocher… Pour le reste, malgré le pessimisme de son constat global, elle n’est – à l’image de ses personnages – guère portée sur la pleurnicherie : sans illusions, certes, mais pas sans panache. Flamboyante, irrévérencieuse, énergique, elle réussit même la prouesse d’être, en dépit des sujets qu’elle traite, d’une extrême drôlerie.

Que ses concepteurs refusent de raconter des histoires au spectateur ne signifie pas qu’ils ne sachent pas lui raconter une histoire – bien au contraire. Dickens, Tolstoï, Shakespeare, la tragédie grecque : les références les plus prestigieuses de la culture classique ont été invoquées pour rendre hommage à cette fresque sociale d’une ambition rare, si complexe que plusieurs visions sont nécessaires pour en apprécier tous les détails. Il faut dire, aussi, que David Simon a su s’entourer : les romanciers George Pelecanos et Dennis Lehane (Mystic River) ont collaboré au scénario.

Chaque saison se consacre à l’exploration d’un milieu particulier de Baltimore, dont elle ausculte les maux et les dysfonctionnements : l’univers des docks dans la deuxième ; la politique locale, autour de l’élection du nouveau maire de la ville, dans la troisième ; le système éducatif dans la quatrième ; les médias dans la cinquième. La « guerre contre la drogue », au sujet de laquelle la série pose un constat d’échec sans appel, constitue le fil rouge qui court de la première à la dernière saison (Ed Burns, qui a imaginé la série avec David Simon, est un ancien policier de la ville). Simon aime à dire que le personnage central de la série, c’est Baltimore. Ce refus de fournir au public un « héros » en chair et en os qui le prenne par la main constitue encore une prise de distance avec les conventions narratives. Même le candidat le mieux placé pour ce rôle, l’inspecteur Jimmy McNulty, enquêteur hors pair, alcoolique et cabochard, ne parvient pas à tirer la couverture à lui : il y a des saisons entières au cours desquelles on l’aperçoit à peine. De même, certains personnages très aimés du public ont été sacrifiés sans pitié en cours de route, suscitant un dépit tel que, après l’assassinat de l’un d’entre eux, un autre acteur affirme avoir dû se promener pendant quinze jours avec un tee-shirt proclamant : « Je n’y suis pour rien ».

Peut-être serait-il plus juste, d’ailleurs, de dire que tous les personnages sont des personnages principaux. La réalisation sobre, rapide, elliptique, alliée au talent des interprètes, permet de saisir la vérité de chacun en de courtes scènes éloquentes. Une séquence, voire un seul plan, suffit à offrir à un acteur l’occasion d’un morceau de bravoure, et à ficher son personnage dans le cœur du spectateur. La galerie de portraits est impressionnante, au point que certaines figures prennent une dimension quasi mythologique : Butchie, par exemple, le vieux mentor aveugle d’Omar Little, a l’étoffe d’un Tirésias moderne. L’ivresse du pouvoir et de la vengeance qui anime les caïds Avon Barksdale et Marlo Stanfield, les affrontements sanglants entre clans rivaux, les engrenages tragiques, les tirades mélancoliques des seconds couteaux, rappellent bien, quant à eux, l’univers shakespearien.

Montrer les déterminismes sociaux

Disposer d’une soixantaine d’heures pour faire vivre et évoluer un personnage, au lieu de la misérable petite heure et demie fournie par le cinéma : « The Wire » exploite au mieux cette ressource du format « série ». A rebours de productions américaines souvent peuplées de héros monolithiques et tentées de tout expliquer par l’héritage génétique (à cet égard, la série Heroes constitue un cas d’école), le scénario met en scène l’incroyable sensibilité des individus aux influences extérieures. Il montre la mécanique implacable des déterminismes sociaux, mais aussi la façon dont une rencontre, une parole, un concours de circonstances, peut avoir un effet décisif, et les métamorphoser – que ce soit pour les perdre ou pour les sauver. Le parcours le plus spectaculaire est sans doute celui du policier Roland « Prez » Pryzbylewski : bras cassé sournois et violent au début de la première saison, méprisé par ses collègues, il se prend de passion pour les écoutes téléphoniques, et se révèle un enquêteur compétent et apprécié. Dans la quatrième saison, on le retrouve professeur de mathématiques dans une école des quartiers ouest, d’abord désemparé devant des élèves fracassés par leurs conditions de vie, puis cherchant la meilleure manière de leur venir en aide.

Ce caractère « instable », volatil, des protagonistes de « The Wire » permet un jeu constant avec les notions de bien et de mal. Non seulement la « guerre contre la drogue » est montrée aussi bien du point de vue des trafiquants (et des toxicos, à travers le merveilleux personnage de Bubbles) que de celui des policiers, mais il y a des salauds malfaisants et des hommes de bonne volonté dans les deux camps. Entre les bons et les méchants, la série s’amuse constamment à brouiller les pistes [4]. Dans la deuxième saison, Frank Sobotka, le dirigeant corrompu du syndicat des dockers, suscite, contre toute attente, une profonde sympathie. Un même personnage – Stringer Bell, le bras droit d’Avon Barksdale, qui cherche désespérément à se lancer dans les affaires pour échapper à l’univers de la rue, ou Felicia « Snoop » Pearson, la tueuse aux allures de gamine et à la gouaille sans pareille – peut présenter des aspects terrifiants et des aspects touchants. La quatrième saison, enfin, permet de découvrir une autre facette de certains gros bras du clan Barksdale : assassins sans pitié, certes, mais aussi pères de famille aimants, soucieux de l’avenir de leurs enfants. Socialisés en fonction du système de valeurs qui régit le milieu du trafic de drogue, n’ayant jamais connu autre chose, ils sont pris dans une logique qui les amène à « faire leur boulot » sans se poser trop de questions – comme beaucoup d’autres gens, après tout…

Même ce héros positif par excellence qu’est l’inspecteur McNulty se comporte parfois comme un minable ; et même Chris Partlow, le comparse impassible de Snoop, tueur et tortionnaire comme elle, s’humanise le temps de quelques secondes vertigineuses – lorsque le regard qu’il lance à un jeune garçon abusé par son beau-père suffit à faire comprendre que cette histoire est aussi la sienne. Le spectateur, ici, ne peut jamais vouer ni une sympathie, ni une détestation entières à aucun des personnages. Mais celui qui met définitivement en échec sa capacité de jugement, c’est peut-être le sergent Thomas « Herc » Hauk : ce flic plein de bonne volonté, mais bas du front, provoque des désastres – il ruine la vie d’un jeune témoin qu’il a insuffisamment protégé, il permet la remise en liberté d’un roi du crime – par simple bêtise ou négligence. Et, la plupart du temps, sa responsabilité reste ignorée aussi bien des autres que de lui-même.

Tout aussi dérangeante est la continuité établie par la série entre l’univers du crime et l’univers institutionnel ou officiel. C’est à la faculté d’économie, qu’il fréquente avec assiduité, que Stringer Bell apprend à organiser de façon optimale l’écoulement des stocks de cocaïne et d’héroïne qu’il gère au sein du clan Barksdale. Et si l’« unité spéciale » que McNulty parvient tant bien que mal à mettre sur pied pour mener enfin des enquêtes efficaces contre les barons de la drogue échoue à obtenir des résultats, c’est parce que sa hiérarchie répugne à la voir fouiner trop loin : en remontant la piste de l’argent, les policiers en viennent vite à s’intéresser aux comptes de certains élus de la ville. Leur tâche est d’autant plus difficile qu’après le 11-Septembre, tous les crédits sont réaffectés, au niveau national, à la lutte contre le terrorisme. Les autorités, en se désintéressant des ravages qu’ils peuvent causer dans les zones urbaines pauvres, se font les complices objectives des trafiquants. Un agent du FBI local, désireux de débloquer des moyens logistiques supplémentaires pour aider ses collègues à traquer un chef de gang, déclare à sa hiérarchie que ce dernier se prénomme non pas Russell, mais « Ahmed »…

Trop subtil, tout ça ? Il faut le croire. Avant qu’elle soit proposée aux abonnés d’Orange (depuis le 17 novembre), seules les deux premières saisons de « The Wire » avaient été diffusées sur une chaîne française (Canal Jimmy). Aux Etats-Unis même, bien qu’elle se soit gagné un solide public d’inconditionnels (et non des moindres, comme on l’a vu), la série ne semble pas s’être attiré une reconnaissance à la mesure de sa qualité. Si haletante et efficace soit-elle, elle paie peut-être sa réserve à l’égard des codes du genre, sa complexité exigeante, son refus de dorloter le public. Simon suggère aussi parfois qu’elle a été victime de ce qui reste une anomalie pour une production télévisuelle occidentale : sa distribution à 70% noire, qui invite le spectateur blanc à une expérience – l’identification à des personnages majoritairement d’une autre couleur de peau que la sienne – pour lui relativement inédite…

« The Wire » / « Sur écoute », une série de David Simon et Ed Burns, HBO vidéo, cinq saisons.

Notes

[1] « “L’Amérique de « The Wire » est le préambule au bordel d’aujourd’hui” », entretien dans Libération, 17 novembre 2008.

[2] « “The Wire”, la série qui peut sauver l’Amérique », par Laurent Rigoulet, Télérama, 16 novembre 2008.

[3] Voir aussi, à ce sujet, dans Dissent Magazine : « Is “The Wire” Too Cynical ? », par John Atlas et Peter Dreier, et « In Defense of The Wire », par Anmol Chaddha, William Julius Wilson et Sudhir A. Venkatesh, été 2008. La deuxième contribution souligne la façon dont la série bat en brèche la croyance très américaine selon laquelle chaque individu est responsable de sa situation économique.

[4] Le brouillage de pistes concerne aussi la distribution : le personnage du prêtre, discret et paisible ange gardien du ghetto, est interprété par Melvin Williams. Cet ancien caïd local, connu sous le nom de « Little Melvin », qui contrôla un temps une bonne partie du trafic de drogue de la ville, fut coincé par Ed Burns, et envoyé derrière les barreaux pour seize ans. A sa sortie, Burns et Simon — qui lui avait consacré une série de chroniques dans le Baltimore Sun et s’était lié d’amitié avec lui — lui ont proposé un rôle dans « The Wire ».

14 commentaires sur « Shakespeare à Baltimore »

  • permalien Guillaume :
    5 décembre 2008 @15h10   »

    Excellente analyse, merci ! de cette série étonnante, qui m’a aussi rapellé des films noirs (ou plus récent Main basse sur la ville)... par sa critique féroce de l’ordre établi (ordre des dealers... ou des politiciens / policiers / patrons de presse), et comme vous le dites, avec quelques rayons de ciel dans une cité délabrée jusque dans ses fondations.
    Et si on parle ces jours ci de Sarkobama, pourrait on imaginer une telle série en France ?
    Il suffit de poser la question pour avoir la réponse...
    GC/ Hue - Viet Nam

  • permalien Sardon :
    6 décembre 2008 @06h31   « »

    Bonjour,

    J’espère que cet article est une parodie... Parce que bon, comparer une série policière complaisante et bas du front à Shakespeare, Tolstoi ou Homère, les bras vous en tombent d’un tel niveau de débilité démagogique... Avant de pontifier de manière grotesque sur les qualités littéraires supposées des histoires de dealers et de junkies états-uniens, peut-être faudrait-il s’apercevoir d’un fait essentiel et élémentaire, mais qui est systématiquement passé sous silence : la soi-disant culture "populaire" qui est mis en exergue ici ne l’est pas du tout , "populaire" : elle ne provient pas du peuple, mais lui est imposée unilatéralement par l’industrie de l’entertainment et de l’infotainment. C’est ce genre de réflexion qu’on attend du Diplo, pas qu’il prenne au pied de la lettre les clichés les plus complaisants et les plus contestables véhiculés par l’industrie de l’entertainment ; clichés qui sont diffusés dans un but qui est tout sauf innocent (càd dans le but de discréditer les valeurs humaines de la compassion et de la sympathie envers autrui, et de faire accepter aux gens la violence, le struggle for life et la cruauté gratuite comme allant de soi).

    Quant à l’excuse facile que ce genre de séries ne fait que montrer une réalité dérangeante : si cette réalité était vraiment si dérangeante que cela, passerait-elle seulement à la télé ?

  • permalien balou :
    6 décembre 2008 @12h03   « »

    Sardon, ta contre analyse pourrait être intéressante si elle n’était pas téintée d’une vindict qui en dévoie le propos. Tu exprimes un point de vue recevable mais qui manque un peu d’argumentation, ou simplement d’exemple, pour appuyer ton analyse. ça mériterait d’être approfondie...

    En réaction, j’aurais tendance à préciser ceci :
    L’industrie de l’entertainment n’est pas monolithique. Elle est constituée d’homme et de femmes, producteurs, scénaristes, qui ont des individualités avec des histoires personnelles. Certains ont vécu dans ou proche des quartiers dont ils parlent. Et si la plupart s’insèrent dans un cadre formaté, il y en a toujours qui essayent d’en sortir, peut-être pas en créant des séries totalement underground et décalées, mais à leur façon, en racontant des trucs qui leur tiennent aux tripes. Le tout garde bien sûr une "couleur" hollywoodienne, avec des reflexes narratifs du milieu, mais ça à le mérite de raconter autre chose que la majorité des séries "mainstream"...

    balou.
    http://blog.bouddhas-egoistes.net/

  • permalien zapette :
    6 décembre 2008 @14h58   « »
    The Wire / Sur écoute, une série de David Simon et Ed Burns

    Au secours !

    S’il s’agit d’un feuilleton télévisuel, pseudo-confidentiel pour initiés, alors c’est la forme qui pose problème.

    Mais les intentions sur le fond, d’après votre interprétation, semblent fort louables. Ils ont l’air d’avoir de bonnes intentions ces gens là, et malins en plus (chevaux de Troie au cœur de l’empire des médias).

    croit-il vraiment que le patron de McDonald’s est du genre à gratifier ses employés méritants d’un gros chèque si l’une de leurs initiatives permet d’engranger d’énormes profits ?

    Hou lala ! c’est chaud !

    Enfin, tout de même, ce n’est pas ça qui soulèvera les peuples. Enfin je crois.

    J’ai quand même hâte de voir ça en décodé.

  • permalien grommeleur :
    6 décembre 2008 @16h57   « »

    Merci pour cet article qui exprime bien mon ressenti envers cette série.
    J’ai découvert The Wire après avoir découvert G. Pelecanos à la bibliothèque municipale et je dois dire que j’ai été séduit dès l’épisode 1 de la première saison.
    J’espère que Sardon a au moins visionné un épisode avant de s’exprimer.
    David Simon s’est maintenant lancé dans une série sur la guerre en Irak, generation kill, que je suis curieux de découvrir.
    J’en profite pour signaler à Mona Cholet que c’est toujours un plaisir de la lire.

  • permalien Incolas :
    16 décembre 2008 @21h48   « »

    The Wire n’est pas réservé aux initiés : ou alors on considère qu’il suffit de regarder 2 épisodes pour devenir "initié". Je regarde The Wire à la même période où je lis l’intégrale de Racine, j’en tire le même type de plaisir.

    The Wire est de loin la meilleure fiction audiovisuelle que j’ai suivi de ma vie, film ou série. Les scénaristes nous font jubiler, les dialogues sont plus vrais que nature. S’il faut trouver des critiques, alors certaines tirades sont trop orientées politiquement ou trop pleines de sens social pour avoir de manière réaliste leur place dans un dialogue. Et puis le manque de budget force parfois les scénaristes à courir après le dénouement, à prendre des raccourcis : seulement 12 épisodes par saison, on est pas dans 24.

    Et effectivement l’existence même de la série est étonnante, la preuve qu’aux Etats-Unis, même jusqu’aux producteurs et scénaristes TV, tout le monde n’est pas atteint de zombification mentale.

    Petit avertissement : si vous regardez The Wire, vous ne pourrez plus regarder aucune autre série américaine de la même façon, surtout quand elles mettent en scène la police. Si vous n’avez pas encore envie de rire aux éclats devant les coupes permanentées, les maquillages millimétrés, les éclairages verdâtres ou violets et les enquêtes de mes deux de séries comme Les Experts, un passage par The Wire assurera le dynamisme de vos zygomatiques à la prochaine soirée devant TF1.

  • permalien McCoy :
    28 décembre 2008 @12h44   « »

    bonjour,

    Merci beaucoup pour votre article, qui traduit vraiment bien mon ressenti à l’issue des 5 saisons. Je partage votre analyse entièrement et regrette que des personnes comme balou tombent dans le cliché en commentant et critiquant sans avoir à l’évidence vu la série. Dommage que de telles caricatures vivantes existent...

    Une fois de plus, merci pour votre article.

    Une précision : il n’est pas forcément aisé de rentrer dans la série, car il faut prendre le temps de rentrer dans l’univers, plusieurs épisodes peuvent être nécessaires. Mais ça vaut tellement le coup...

  • permalien Glen :
    29 décembre 2008 @12h35   « »

    Merci pour ce magnifique article, tu as quasiment tout dit, et d’une très belle manière. Bravo à toi.

  • permalien Nicolas Baltique :
    17 avril 2009 @16h02   « »

    Je rejoins l’auteur et les commentateurs de cet article sur au moins deux points :

    The Wire est une série radicalement différente de ce qui s’est fait jusqu’à présent ;

    C’est vraisemblablement l’œuvre télévisuelle la mieux écrite et la plus profonde que je n’ai jamais eu l’occasion de voir.

    Dire que c’est la fiction ultime est quelque peu osé, mais dans le genre de la fresque sociale, c’est incontestablement la meilleure peinture des États-Unis d’hier, i.e. d’avant la crise.
    Aujourd’hui, à Baltimore, c’est encore pire...

  • permalien Martin Winckler :
    30 mai 2009 @04h55   « »

    Content que ce soit vous qui ayez fait cette description de "The Wire", Mona. Elle mérite une grande plume. Avec vous, elle l’a.
    Martin Winckler

  • permalien lali :
    7 octobre 2009 @13h04   « »

    Incroyable cette série ! depuis que je l’ai terminée, je passe des heures à lire des articles dessus pour prolonger un peu le plaisir !
    J’ai d’ailleurs trouvé un autre super article ici :
    http://klik.blog.lemonde.fr/2009/09...

    Bonne journée et vive The Wire

  • permalien eric :
    15 novembre 2009 @23h31   « »

    remarquable critique d’une série exceptionnelle.

    je rajouterai que cette série peut difficilement avoir une audience large en France car elle est à regarder impérativement en VO, et je pense même qu’on l’apprécie mieux en DVD qu’à la télé.

    cette série d’une certaine complexité et qui prend son temps n’a guère sa place sur les robinets à image.

    en même temps, cette série n’a rien d’élitiste, elle est passionnante, distrayante, enrichissante, émouvante.

  • permalien Obed :
    3 mars @18h20   « »

    Merci pour cet article très complet - à tel point que j’aurais même préféré le lire qu’après avoir visionné l’ensemble de la série. Ma curiosité a eu raison d’elle-même.

    Je n’apprécie pas particulièrement tirer sur les zambulances (allez, si, un peu), mais il faut bien dire que le commentaire de Sardon tombe comme un cheveu dans la soupe. Il est évident qu’il n’a pas vu un seul épisode de cette série TV, et y plaque pour autant servilement des analyses sociologiques pas forcément inintéressantes, mais complètement dévitalisée puisque non étayées. C’est navrant. J’espère qu’il le sait !

  • permalien Stef_Paris :
    11 juin @11h08   «

    Bonjour,

    je tombe un peu par hasard sur l’article de Mona Chollet (merci google). Il constitue une excellent analyse et critique de cette série télé.

    Après avoir regardé les 5 saisons en DVD et en VO sous-titrée (obligatoire, car même si je comprends très bien l’anglais, les accents, l’argot des noirs américains ou des flics sont difficiles à déchiffrer sans les sous-titres), je confirme la conclusion de l’article et la teneur de la majorité des commentaires :
    on est là face à une véritable œuvre de création, une fiction du réel, dont les multiples personnages (dont la ville de Baltimore apparait comme le principal) et les histoires complexe offrent une peinture sans fioriture et sans concessions de la société urbaine américaine .

    Mise à part quelques mauvais coucheurs comme Sardon, on ne peut que reconnaître le talent des créateurs/scénaristes de cette série, et qu’espérer qu’une production équivalente puisse sortir en France pour exposer avec la même acuité et la même justesse nos propres problèmes et dysfonctionnements (à ce jour, je ne connais qu’un seul exemple, c’est la série La Commune, mais qui n’a pas la même ampleur).

    Merci pour cet article (et plus généralement pour vos livres, notamment Rêves de Droite, passionnant).

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