Le Monde diplomatique
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Z32, un film d’Avi Mograbi

Un soldat israélien ordinaire

lundi 16 février 2009, par Michelle Guerci

Le réalisateur Avi Mograbi ne cesse de filmer la société israélienne de l’intérieur. Son dernier film, Z32, est consacré à un jeune soldat ayant perpétré un crime de guerre.

C’est un film qui dérange, d’autant plus qu’il sort juste après l’offensive sur Gaza. Z32 raconte l’histoire d’un jeune soldat israélien appartenant à l’une de ces unités d’élite qui opèrent dans les territoires occupés. Lors d’une opération de représailles, il tue un policier palestinien. Le meurtre d’un innocent, commis de sang froid, sur ordre de sa hiérarchie, pour venger la mort de soldats israéliens dans un attentat. Un acte que, deux ans après, il ne parvient pas à oublier. L’histoire a pris une fois de plus Avi Mograbi de vitesse. Mais, paradoxe, le décalage entre son film et l’actualité, l’horreur perpétrée à Gaza avec le large soutien de la population israélienne, démontre à quel point son œuvre est essentielle. Car Mograbi ne cède pas un pouce de terrain politique ou artistique face à la machine de mort israélienne.

Ses films démontent de l’intérieur les ressorts de la mécanique politique israélienne. Comment la machine étatique s’immisce, distille dans chaque espace de la société, à commencer par l’école, dès la maternelle, sa propagande de mort, de haine, en falsifiant l’histoire, en manipulant les mythes, en brouillant toutes les images. Comment elle contamine les individus, jusqu’au cœur de leur intimité. Dans son film précédent, Pour un seul de mes deux yeux, Mograbi montre le détournement idéologique des mythes bibliques de Massada et de Samson pour justifier l’occupation. Saisissantes images que celles de ces guides touristiques demandant aux visiteurs du site de Massada de mimer le suicide collectif des Zélotes pour échapper à l’occupant romain, car elles évoquent en creux les attentats-suicides. Autre armée d’occupation. De jeunes militaires israéliens, filmés contre leur gré en train d’humilier des Palestiniens, mères de famille, écoliers, paysans, ouvriers dans les situations les plus banales, les plus quotidiennes, le retour de l’école, l’urgence de se rendre à l’hôpital, l’arrêt d’un tracteur en plein champ, l’attente des heures durant à un check-point, sur un pied, car tel a été l’ordre.

Faire des films, pour Mograbi, relève donc d’une nécessité impérieuse, d’une urgence politique. Mais sa démarche est hors normes, car elle interroge le cinéma à l’endroit où ça fait mal. Présentées comme le réel, les images n’en sont qu’une reconstruction, du point de vue de celui qui les manipule. Le système d’information les distille, les sélectionne pour pérenniser une idéologie dominante – la fameuse « preuve par l’image ». Cela dépasse évidemment le cas d’Israël, dont la propagande d’Etat n’en est que l’acmé. Mograbi interroge le cinéma au raz des conditions de faisabilité dans ce pays-là, dans cette guerre-là. Il fait œuvre en posant les questions du politique et de l’esthétique en même temps, car elles sont indissociables. Qui filmer, comment filmer, comment faire rendre gorge aux images : ces questions concernent le cinéma en général. Et sa méthode constitue une tentative de réponse là-bas et maintenant.

Déconstruire les images
pour faire advenir du réel

Dans Comment j’ai surmonté ma peur et appris à aimer Ariel Sharon (1997), tourné après l’assassinat d’Itzhak Rabin, alors qu’il veut montrer le « monstre » qui sommeille en Sharon, il découvre, le film se faisant, que l’homme Sharon crève l’écran, qu’il est drôle, charismatique, bref, sympathique. Une complicité se crée. Devant ce constat d’échec, l’impossibilité à montrer le vrai Sharon, l’homme politique « nuisible », il introduit dans le documentaire une fiction : sa femme le quitte parce qu’il a cédé à la séduction sharonienne. Et il termine se dandinant au rythme frénétique de rockers à paillotes chantant « Bibi » Netanyahu, le Likoud, leur haine de la gauche et des Arabes. Fallait-il faire ou ne pas faire ce film ? Telle est la question que Mograbi résout sous nos yeux, puisque le film existe. Mais, images à l’appui, il nous met en garde contre la séduction de Sharon filmé par Mograbi. La méthode Mograbi, déconstruire les images pour faire advenir du réel, n’est pas une recette. Elle se réinvente en fonction du film à faire. Jusqu’à présent autour de trois axes : introduire de la fiction au cœur du documentaire comme détour ou comme recours pour reconstruire un autre réel, montrer le film en train de se faire pour casser l’illusion du spectacle, mettre en scène le personnage Mograbi-réalisateur, à la maison, avec ses questions, ses doutes, ses contradictions, son découragement... Car, la politique contaminant tout, il n’y a pas de séparation possible entre sphère publique et vie privée : le salon des Mograbi devient le lieu symbolique de cette réalité, de la résistance de l’homme et du cinéaste.

Dans Z32, celui-ci est confronté à un problème nouveau. Pour la première fois, il collabore avec son personnage. Un contrat les lie : il ne peut le filmer qu’à condition que son identité ne soit pas révélée. Car Z32 a peur. Son témoignage, qui raconte l’armée de l’intérieur et sa participation à un crime de guerre, l’expose évidemment à une sanction. Alors, Mograbi invente un nouveau dispositif : la collaboration entre le réalisateur et son personnage sera montrée d’emblée, puisque le film s’ouvre sur un jeune couple en train de se filmer. « Ça tourne, c’est bon le cadre ? », interroge la jeune femme. En un plan, on plonge au cœur des raisons de la présence de ces deux-là, corps avachis l’un sur l’autre, s’allumant un pétard, seuls avec leur caméra. Son incompréhension à elle devant ce que lui appelle « cette saloperie d’histoire », l’importance pour lui de son pardon à elle.

Mais où est donc passé le réalisateur ? A-t-il renoncé à se mettre en scène, après avoir abandonné la caméra à son personnage ? Ce n’est pas le genre de Mograbi de déserter le terrain. Dans un plan hilarant, il apparaît dans son salon cagoulé, lisant un témoignage. Puis il fait dans la cagoule un trou pour les yeux, pour la bouche, pour le nez. Soudain, arrive sa femme, à qui il annonce qu’elle fait partie de la scène. Enfin, il la retire, cette cagoule, parce que « le personnage n’en peut plus », « qu’il va falloir procéder autrement, que dorénavant le réalisateur n’apparaîtra qu’en chantant ». En direct live, Mograbi met le film en abyme, dévoile le problème de cinéma auquel il est confronté pour ce film-là, cette identité à ne pas révéler, tout en évitant de transformer son personnage en homme effrayant – ce que l’on vient de voir de façon burlesque –, le contraire de ce qu’il veut montrer, puisque Z32 n’est pas un monstre, mais un soldat ordinaire.

Le porte-voix de tous les soldats du monde

Troisième plan : une bouche parle, en très gros plan. Puis apparaît un œil. Enfin, tout un visage flouté, à l’exception des yeux et de la bouche. Puis un masque se dessine qui, tout au long du film, évoluera, tantôt surligné, tantôt véritable masque de théâtre, enfin presque invisible. De cette contrainte réelle – ne pas révéler l’identité de Z32 – est né un artifice de cinéma d’une puissance inouïe. Car le soldat Z32 prend alors une autre ampleur : il se démultiplie, semble être le porte-voix de soldats de toutes les armées du monde et, dans le même temps, il est là en chair et en os, si proche que, raconte Mograbi, lors d’une projection à Tel Aviv, certains spectateurs étaient convaincus de l’avoir reconnu dans la salle. L’empathie fonctionne avec l’illusion de voir un homme qui risque gros en témoignant à visage découvert. D’où le trouble que provoque cette main passée sur le visage, sous le masque donc, car on avait oublié. L’illusion se casse alors pour mettre à distance le récit d’un personnage, Z32. Ce dispositif nous fait osciller pendant tout le film entre émotion, compassion, malaise, froideur.

Le récit de Z32 commence par la description de ses vingt-deux mois d’entraînement : l’obligation d’être le meilleur pour ne pas être renvoyé, la promiscuité, les 99% d’humiliations et de brimades, l’attente à ne rien faire, la masturbation comme seule occupation, le sentiment de surpuissance, de pouvoir baiser toutes les filles, de devenir un héros de film à la Chuck Norris, comment tout individu de plus de cinq ans devient un ennemi à abattre, comment autorisation est donnée de tirer sur les enfants… De ce contexte général, qui transforme un jeune homme de 20 ans en machine à tuer, le témoignage passe aux actions plus précises, qui outrepassent les « recommandations », par exemple le dépôt d’une charge tactile à un check-point qui provoque le mort de cinq enfants, cinq frères rentrant de l’école.

Deux plans ferment ce « prologue », Mograbi dans son salon chantant. On pense aux songs de Brecht. Mais la douceur de ce chant évoque le blues – ou quand il ne reste plus qu’à chanter pour ne pas pleurer. Enfin, Mograbi en route pour les territoires occupés, carte en main, passant un barrage avec Z 32.

Tout le film alterne ces quatre espaces-temps indissociables, qui se répondent mais avancent séparément. Car chaque personnage parle d’une place différente. Z32, seul à l’écran, revient sur l’acte passé. Le couple, miné par cette histoire, oscille entre sa demande qu’il lui raconte son histoire, qu’elle endosse son acte, moyen de s’en débarrasser, ne pas affronter sa propre responsabilité. Et son impossibilité à elle d’accepter cette logique, car elle le questionne justement au plus serré sur sa responsabilité.

Invisibilité des Palestiniens

Le personnage du réalisateur-Mograbi, lui, joue un triple jeu. Ses chants, comme le chœur dans la tragédie antique, donnent le point de vue de l’écoutant, qui pèse les responsabilités plus globales, politiques, de la société civile, vous, moi, face à ces crimes de guerre. Mais il est aussi – comme dans les autres films– le cinéaste Mograbi qui expose ses doutes et son ambivalence face à Z32. Enfin, il est le cinéaste-acteur de cette histoire, car c’est lui qui demande à Z32 de revenir sur les lieux de crime. Et là, l’histoire prend une autre dimension. Car l’Autre, le Palestinien, cesse d’être l’objet du tourment de Z32. Il devient sujet, son territoire écrasé de soleil existe, et il prend le visage de cette femme palestinienne qui passe, lentement au loin, puis plus près, regarde la caméra et Z32. Qui ne la voit pas. Impossible reconnaissance. Tout le problème d’Israël est résumé dans ce plan. Ce retour sur les lieux fait basculer le film. Le témoignage cesse d’être abstrait. Les deux plans en surimpression – Z32 dans le salon de Mograbi, qui raconte la montée d’adrénaline, le sentiment de planer, les tirs de joie qui s’acharnent sur le Palestinien, et Z32 sur les lieux – restituent à l’acte sa véritable dimension : un assassinat.

Retour du refoulé : lui qui ne se souvenait de rien, sauf d’avoir tué, prend conscience. Cherche, trouve où ils étaient cachés, « voit » que cet endroit est désert, comprend la configuration des lieux et réalise qu’une attaque était impossible. « Quel gâchis. Si on me tirait dessus maintenant, ce serait symbolique, tout l’événement serait symbolique », lâche t-il. A ce moment, Z32 cesse d’être ce jeune homme qui avouait de façon neutre, formelle, être un criminel de guerre. Il habite à nouveau son discours. Ses mots se font plus précis, ses aveux aussi : il dit à sa petite amie que, lors de l’opération, il n’avait pas la sensation que le Palestinien était un homme ; il avoue sa fierté d’avoir tué lorsqu’il rentre à la base, et raconte le concert « génial » auquel il assiste le soir même du meurtre. Plus il affronte sa responsabilité, dit l’indicible, le plaisir qu’il a pris, plus il accède à ce qu’elle lui demande, la reconnaissance de sa responsabilité, moins elle le supporte. Plus il lui devient étranger. Alors que le film avait démarré sur les corps mêlés, il se clôt sur une séparation absolue.

Mograbi, extérieur à l’histoire, n’est pas dans la même posture que la jeune fille. Comme nous, il est divisé. C’est sa femme Tami qui, une fois de plus, se fait l’écho de cette division intérieure : « Ce n’est pas un sujet pour un film », « Ne l’emmène pas chez nous, surtout pas dans le salon ». Elle doute de la sincérité de Z32 : « Il joue au repenti, se lave à ton regard. » Et pointe l’ambiguïté du cinéaste Mograbi : « Tu t’en sortiras une fois de plus en faisant un film percutant. » Le film se faisant, Mograbi tranche : il accueille dans son salon « ce perdant, ce simple figurant », en même temps qu’il avoue « abriter un assassin dans son film », même s’il lui pardonne, « au moins ça le tourmente d’avoir réduit un homme à une tache ». Dans sa dernière apparition, il va plus loin, avoue le plaisir qu’il a pris, lui, le cinéaste, à voir Z32 souffrir devant ses yeux, sa honte de l’avoir chanté et de lui avoir pardonné.

Complexité des hommes, clivages intérieurs, responsabilité individuelle, responsabilité collective : Z32 aborde la question d’une possible rédemption. D’où l’acharnement de Mograbi à filmer le problème de tous les côtés, de tous les points de vue. Impossible de ne pas penser aux propos d’Hannah Arendt sur la banalité du mal ; à la guerre d’Algérie, à la torture de masse pratiquée par de jeunes appelés. Combien de temps aura-t-il fallu pour que ce récit existe ? Mograbi l’avoue : il est très pessimiste. Mais en filmant Israël, ici et maintenant, il œuvre pour l’histoire, pour qu’un possible futur advienne.

Z32, un documentaire d’Avi Mograbi, Israël – France, 2008. En salles le 18 février.

Deux DVD avec plusieurs films d’Avi Mograbi : Pour un seul de mes deux yeux, Août (avant l’explosion), Happy Birthday Mr Mograbi, Comment j’ai surmonté ma peur et appris à aimer Ariel Sharon, Arte video.

Michelle Guerci est journaliste.

19 commentaires sur « Un soldat israélien ordinaire »

  • permalien MEMOIRE :
    17 février 2009 @22h23   »

    Merci à Michelle Guerci pour cet article et à Avi Mograbi pour ce documentaire.

    Le cinéma engagé est un autre moyen de lutte contre les injustices et la barbarie.
    Comment des états se disant démocratiques ont-ils pu fabriquer des machines à tuer et à torturer ? (en IRAK, en PALESTINE,en AFGHANISTAN, ..........)
    Ces soldats doivent-ils obéir aveuglement aux ordres ?Reste-t-il une part d’humanité en eux ?

    Les soldats de ces pays "démocratiques" sont-ils des hommes libres ? Ont-il le droit de penser, d’évaluer, de juger avant d’exécuter ?
    Comment les forme-t-on ? A quoi doit-on les préparer ?

    Des soldats qui laissent des enfants en bas âges blessés à côté de leur mamans tuées (par ces mêmes criminels) pendant 5 jours sans aide aucune sont-ils des humains et peuvent-ils se revendiquer d’une appartenance à un état "juste" et "démocratique" ?

    On ne peut pas oublier.
    Personne ne pourra oublier.
    Personne ne doit oublier.

    MEMOIRE, MEMOIRE, MEMOIRE, ........

  • permalien Lapige :
    17 février 2009 @23h23   « »

    Toutes les armées transforment les hommes - je devrais dire les humains - en machines à tuer.
    C’est la fonction primaire de toute armée au monde : tuer.
    Tant qu’il y aura des armées, l’humanité ne sortira jamais de la barbarie.

  • permalien Halanah :
    18 février 2009 @18h50   « »

    Bonsoir,

    Vous trouverez sur le site de Mediapart un entretien entre le journaliste Pierre Puchot et Avi Mograbi et un article assez intéressant sur le cinéma et le thème de la guerre en Israël.

    Lien :http://www.mediapart.fr/journal/cul...

  • permalien Paula :
    19 février 2009 @12h46   « »

    Bonjour,
    Je suis allée voir le film après avoir lu votre papier. Merci de m’avoir fait découvrir ce metteur en scène. J’ai été très mal à l’aise. Parce que j’ai pour la première fois vu et entendu à quel point la tranformation en machine de guerre de jeunes gens s’appuie sur un machisme effrayant. La puissance du film d’Avi Mograbi c’est de montrer, entre autres, les ressorts les plus profonds de la violence meurtrière, la sexualité n’en étant pas des moindres. L’autre force selon moi c’est de montrer les victimes, les Palestiniens. J’ai remarqué que dans les critiques de la presse quotidienne, il est question du remords, de la forme du film, très peu du fond, qu’Avi Mograbi traite sans concession, celle d’une opération de vengeance, de terrorisme donc contre les Palestiniens. Comment l’omettre à ce point, notamment, comme vous le dites après Gaza. Merci encore.

  • permalien
    20 février 2009 @15h14   « »

    Mograbi serait bien inspiré de trouver un palestinien candidat au suicide, du genre de ceux qui se faisaient exploser dans un bus bondé de femmes et d’enfants, pour qu’il lui raconte comment on transforme un adolescent en bombe humaine.

    Mograbi ne devrait pas oublier d’utiliser les meilleures techniques de son art pour nous représenter le candidat, post mortem, en train de se délecter de ses 72 vierges au paradis. Il y a là de quoi faire, sans forcèmment sombrer dans le porno.

    Un petit plan aussi sur le message filmé que laisse le candidat au suicide, la veille de son forfait, le montrant une kalatchnikov dans une main, le saint Coran dans l’autre.

    Et pourquoi n’intégrerait-il pas cette séquence où on voit un enfant d’à peine huit ans, équipé d’une ceinture d’explosifs, qui devait se faire sauter à un check point , et qui lève ses mains en criant aux soldats qu’il n’a aucune envie de mourir !

    Ne serait-il pas judicieux d’inteviewer un de ces petits palestiniens de 2 ans, mitraillette en plastique dans une main, et ceinture d’explosifs autour de la taille ? Je meure d’envie de savoir ce qui se trame dans ces chères petites têtes brunes.

    Peut être qu’il devrait s’empresser de trouver parmi les 1400 terroristes dont le Hamas réclame la libération, contre le soldat Guilad Shalit, un avec du sang sur les mains, qui lui ferait part de ses états d’âme, avant que les israéliens les libèrent.

    Et si malgré tout Mograbi ne trouve pas là assez de matière pour son prochain film, qu’il le fasse savoir, je me ferais un plaisir de lui en fournir davantage.

    Enfin, je serai reconnaissant à quiconque pourra m’indiquer où trouver les confessions d’un palestinien ayant du sang sur les mains.

  • permalien América :
    20 février 2009 @17h07   « »

    Anonyme, je suis d’accord avec vous.

    Mais ne croyez-vous pas qu’il soit légitime de se révolter, de sentir une profonde horreur aux crimes au nom de l’Etat, au nom d’institutions qui plus est démocratiques, qui plus est relativement occidentales, donc culturellement proches de nous français.

    La révolte contre l’injustice est un phénomène psychologique et historique, en un mot humain, bien humain.

    Humain trop humain, oui et d’ailleurs surtout contre l’horreur "légitime", celle des puissants, des princes et des avions.

  • permalien Lol :
    20 février 2009 @19h41   « »

    Mograbi vit en Israël et sait de quoi il parle. Je conseille à Monsieur Anonyme d’aller voir ses films. Quand on demande à des gens de mimer le suicide colletif de Massada pour résisiter aux Romains ou Sanson qui voulait tuer un maximum de Romains -l’OCCUPANT- avant de mourir, que toute une propagande d’Etat est fondée là dessus, ca ne vous rappelle rien ?
    Je ne défends pas les attentats suicides mais essayez de comprendre pourquoi des gens en arivent là face un Etat occupant qui les humilie tous les jours et ne veut pas la paix.. D’autant que je vous rappelle que c’est l’Etat d’Israël qui a aidé à la création du Hamas pour affablir Arafat et l’OLP.

  • permalien JB :
    20 février 2009 @23h48   « »

    JB (anonyme par simple oubli) répond à Lol

    Mograbi sait peut être de quoi il parle, mais vous non.
    Samson tuait des philistins, pas des Romains.
    Les gens de Massada, les ultimes survivants à des décennies de massacres se sont suicidés, ils ne se sont pas fait exploser au milieu des Romains. Si les Palestiniens trouvent que c’est un bon exemple, ils n’ont qu’à le suivre.

    Qu’il y ait en Israel un guide touristique à Massada qui a une façon originale d’exposer le sujet à ses clients ne fait pas de son exposé un Enseignement officiel. Par contre les prédicateurs islamistes (au pluriel) qui prêchent la haine, le Jihad, la mort de tous ces cochons de juifs et autres infidèles chrétiens sont eux une véritable institution multinationale.

    Ce que je voulais dire, c’est que les Israéliens ont l’honnêteté intellectuelle de se remettre en cause, de constater qu’ils ont été piégés par des années de guerre et d’attentats, et que malgré tout celà leur pose des problèmes de conscience. Et on ne trouve nulle part l’équivalent chez les Palestiniens.

    Si déjà nous parlons de l’armée Israélienne et de ses valeurs, il suffit de voir comment l’opération plomb durci a été menée. Le soin que l’armée a mis à prévenir les populations civiles de s’éloigner des zônes visées, et des combattants du Hamas.

    Pensez donc à remplacer les soldats de Tsahal par d’autres, par exemple des Russes, toutes choses étant égales par ailleurs (F16, Apaches, blindés, marine, infanterie,duréee)et faites moi un pronostic sur le nombre de morts que celà aurait fait !

    Il n’y a pas de culture de la violence et de la haine dans l’armée Israélienne. Si vous voulez des preuves, il suffit de consulter la presse Israélienne et de recenser le nombre de soldats punis d’emprisonnement pour actes de violence injustifiés. Par contre je vous mets au défi de trouver un seul cas analogue ches les palestiniens.

    S’il y a une véritable culture de la violence, avec lavage de cerveau, entrainement et parades militaires, vous la trouverez du côté du Hamas.

  • permalien ga :
    21 février 2009 @07h58   « »

    Le remord serait-il un luxe des vainqueurs ?

  • permalien K. :
    21 février 2009 @09h11   « »

    Il n’y a pas de culture de la violence et de la haine dans l’armée Israélienne. Si vous voulez des preuves, il suffit de consulter la presse Israélienne et de recenser le nombre de soldats punis d’emprisonnement pour actes de violence injustifiés.

    Pure propagande mensongère.

    L’impunité s’explique aisément : « Amnesty International déplore que le manque de détermination constant des autorités judiciaires israéliennes pour mener des enquêtes approfondies et crédibles sur ces homicides illégaux et traduire en justice les responsables ait sans aucun doute encouragé la persistance de telles violations. »

    Et pour cause :

    - Uzi Benziman, journaliste du Ha’aretz, en 2006 : « Les autorités de l’Etat, y compris l’établissement de la défense et ses filiales, ont acquis une réputation douteuse quand il s’agit de leur crédibilité. Ne soyez pas surpris, donc, lorsque non seulement la communauté internationale, mais aussi les citoyens d’Israël ne croient pas à leurs versions - jusqu’à preuve du contraire. »

    - B. Michael, journaliste du Yediot Ahronot, en 2005, et de manière plus directe : « Le "coeur de la structure du pouvoir" - la police, l’armée, le renseignement- a été infecté par une "culture du mensonge". »

    Il y a certainement infiniment plus de soldats israéliens emprisonnés parce qu’ils refusent la culture de la violence et de la haine.

  • permalien JB :
    21 février 2009 @11h04   « »

    JB à K.

    Est-ce là un plaidoyer pour la vivacité de la démocratie Israélienne et la qualité de ses citoyens ?

    Vous avez omis de citer ce que dit Amnesty International sur l’autorité palestinienne et le Hamas. Oubli involontaire sans aucun doute.

    Aucun état et aucune armée ne peuvent lutter proprement, humainement, et conformément à toutes les lois en vigueur contre des terroristes cyniques qui se transforment en bombes humaines, qui utilisent des enfants comme boucliers humains, transforment des mosquées en fabrique et dépôt de munitions, des ambulances en transport de troupes, et qui tirent à longueur d’années des milliers de roquettes sur des populations civiles.

    Jusqu’à preuve du contraire, Israel s’en tire mieux que toute autre nation civilisée ou supposée telle.

    Comme vous le rappelez si bien, Israel peut s’orgueillir d’une presse libre, qui traque toute défaillance de toute nature, du soldat ordinaire au président de l’état, en passant par les ministres et premier ministre.

    Je passe rapidement sur la cour suprême Israélienne, qui ferait honneur à tout pays qui en serait doté.

    Pourriez-vous me dire comment ça se passe dans votre pays ?

    Je ne puis que vous suggérer de continuer à lire la presse Israélienne, elle change beaucoup de la presse occidentale, partiale et couchée.

  • permalien Jean-Luc :
    21 février 2009 @12h55   « »

    Il faut peut-être se demander effectivement pourquoi ces gens en arrivent à se faire sauter, si ce n’est par un profond désespoir...

  • permalien K. :
    21 février 2009 @12h55   « »

    Vous avez omis de citer ce que dit Amnesty International sur l’autorité palestinienne et le Hamas

    Je n’ai rien omis du tout puisqu’il s’agissait de répondre à une affirmation bien précise, qui ne concernait qu’Israel. C’est toujours pareil avec les propagandistes fanatiques : au fur et à mesure du “débat” les ficelles grossissent à vue d’œil.

    ...une presse libre, qui traque toute défaillance de toute nature.

    1- Vous reconnaissez donc que s’il n’y a pratiquement pas de soldats israéliens emprisonnés c’est parce que l’armée israélienne est gangrénée par la “culture du mensonge”. Mais en même temps, vous maintenez que l’AOI est des plus morales. Comme d’habitude au fur et à mesure la schizophrénie de l’argumentaire des propagandistes fanatiques grossit à vue d’œil.

    2- une "presse qui traque toute défaillance de toute nature", il faut vite le dire, vis-à-vis des Palestiniens en tous cas : pour un Benziman, ou un Michael, combien de Caroline Glick ? Un rapport de 1/1000 ?

    3- Les journalistes en pays arabe qui sont muselés sont surtout ceux qui critiquent les pratiques de votre cher israel sans faire preuve d’antisémitisme. Les autres, ceux qui défendent les politiques israéliennes tout en se montrant parfois antisémites pour mieux faire avaler leur rhétorique, aboient bruyamment.

  • permalien Rémi :
    21 février 2009 @18h15   « »

    Oulala, un tel film dénote.
    Douce réjouissance que de savoir qu’il y en a qui creusent en Israël...
    Je m’en vais me réfugier dans le premier cinéma le programmant !

  • permalien K. :
    22 février 2009 @09h08   « »

    Ari Folman, l’auteur du film “Valse avec Bachir” (les gentils israéliens yzétaient pour rien dans les massacres de Sabra Chatila. Les vilains phalangistes ynous avaient promis qu’ils ne feraient pas de mal aux Palestiniens. Depuis, nous les zentils israéliens ne dormons plus la nuit, hantés par le souvenir de ce massacre. Nous sommes les seules, les vraies victimes de Sabra Chatila), trouve le film de Avi Mograbi “très compliqué”.

    Ceci n’est sans doute pas étranger au fait que Gideon Levy qualifie le film de Ari Folman de honteuse mascarade.

  • permalien Lol :
    22 février 2009 @19h52   « »

    J’ai mois aussi étonnée de l’interview de Folman dans le Monde. Notammment quand il dit qu’il savait que des opérations punitives comme celle de Z32 existait dans le passé mais maintenant... Mograbi met manifestemnt les pendules à l’heure pour beaucoup de gens.
    Quant à ça :
    [Si déjà nous parlons de l’armée Israélienne et de ses valeurs, il suffit de voir comment l’opération plomb durci a été menée. Le soin que l’armée a mis à prévenir les populations civiles de s’éloigner des zônes visées, et des combattants du Hamas.]
    C’est tellement effrayant que j’en reste pantoise. Cette droite là, c’est la pire des choses pour Israël. Heureusement qu’il existe des Avi Mograbi. je le remerci encore. Voilà un homme debout.

  • permalien syntagme :
    24 février 2009 @13h09   « »
    Zéro empathie

    Avi Mograbi tente en vain, dans ce film, d’attraper au filet le récit d’un crime de guerre « ordinaire » commis par un soldat israélien tout aussi « ordinaire ». Pour qui, contrairement à vous, je n’éprouve pas l’ombre du début d’une empathie. Je ne suis pas le moins du monde « divisée ». L’énormité du crime global israélien, sa révoltante impunité depuis si longtemps – que l’agression de Gaza rend encore plus intolérable, réduit à néant à mes yeux les efforts d’un cinéaste estimable par ailleurs pour nous faire part de ses questionnements et de ses scrupules, lesquels me laissent totalement froide.

    La recherche formelle dont il nous offre le spectacle : masquages, réitération du récit de différents points de vue, épisodes chantés m’apparaît un luxe esthétisant qui joue – peut-être à son corps défendant – à neutraliser la « chose » dite. Car, contrairement à ce que vous laissez entendre, ni l’aveu du crime, ni les commentaires de ce que vous nommez le « choeur » ne rapprochent ce film de la tragédie et de sa fonction cathartique, bâtie sur le principe de la fin du personnage, de la sanction de ses erreurs, ce qui suscite chez le spectateur la pitié et la terreur, opérant ainsi la purgation des passions. « Pleure, dis les pleurs, et que le bien triomphe » dit le choryphée dans Agamemnon d’Eschyle. On en est loin. Ici, le soldat ne meurt pas, n’est pas emprisonné, et le pire qui puisse lui arriver est une séparation d’avec sa compagne.

    On est loin aussi du blues. Car la petite chanson triste de Mograbi est emblématique de la confusion que ce film entretient avec la notion de victime – pauvres jeunes soldats manipulés !...— : le blues est né du côté des victimes de l’esclavage, non de leurs bourreaux.

    Et le réalisateur pardonne. Ainsi, si j’ai bien compris, Mograbi nous laisse-t-il l’image d’Israéliens pardonnant à d’autres Israéliens les crimes commis contre un peuple à qui on ne demande pas pardon. D’ailleurs, quand bien même on le lui demanderait, pourrait-il pardonner ? Alors qu’il n’a pas plus le pouvoir de juger que les Israéliens, fussent-ils des réalisateurs de gauche, n’ont le droit moral de (se) pardonner entre eux tant que leurs criminels de guerre demeurent impunis.

    Et je réserve ma sympathie aux refuzniks israéliens...

  • permalien loic :
    24 février 2009 @18h39   « »

    Mograbi a fait de la prison pour avoir refusé de servir dans la première guerre du Liban, il a été refuznik. Le monde n’est pas noir ou blanc. le film de Mograbi ne l’est pas. Il dit que Z32 est un homme manipulé, comme le sont tous les soldats du monde, mais responsable. Et il dit son ambivalence face à ce personnage. Il condamne à la fois le crime, les commanditaires et dit que ce perdant est responsable. Il est faux de dire que le film n’est pas autocentré sur le mode les Israéliens parlent aux israéliens » car le film est bouleversé quand Z32 va dans les territoires occupés où la PALESTINIENNE, sorte de quintescence de l’innoncence représente la vraie victime.
    Si l’on compare avec la guerre d’Algérie, on pouvait à la fois être pour l’indépendance de l’Algérie et comprendre des traumatismes des milliers d’appelés qui y ont participé. Les victimes absolues et totales d’Israël sont les Palestiniens. Mais montrer le témoignage d’un homme qui raconte ce qu’il a fait contre eux, une opération barbare, et va aussi loin dans l’aveu du plaisir, n’est-ce pas poser des questions de fond à la société israélienne dont toutes les familles ont un fils au moins confronté à ce problème ???? N’est-pas faire une œuvre politiquement majeure ?

  • permalien C :
    8 juin 2009 @05h38   «

    http://www.israpundit.com/2008/wp-c...

    Est-ce que vous pensez que ces palestiniens ont des remords ? Ce jeune soldat a tiré une balle, et pourtant, il vit cet acte trés douloureusement dans sa conscience. Ces gens là, qui tiennent les organes vitaux de leurs victimes dans les mains vont se glorifier pendant longtemps de tels actes. leurs actes de sanguinaires barbares ne les gêneront nullement pour dormir ou pour jurer à un pays d’asile qu’ils sont de gentils citoyens, n’ayant jamais commis d’actes criminels. Il y a une différence entre se battre en respectant les lois de la guerre et faire la guerre en commettant des actes barbares. Ce cinéaste n’est qu’un traite à la nation. Qu’il aille vivre chez les palestiniens puisqu’ils les aiment tant.
    Passez votre chemin, Israel est toujours coupable.

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