Le Monde diplomatique
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Commenter les commentaires

mardi 7 avril 2009, par la rédaction

Le dimanche 23 juillet 2006, « La guerre a commencé » est publié dans Nouvelles d’Orient. C’est le premier billet des blogs du Monde diplomatique. Des discussions sur la pertinence et la nécessité de faire des « carnets » — ils seront rapidement rebaptisés blogs — ont eu lieu pendant plusieurs mois, mais la guerre du Liban de l’été 2006 donne à ce projet un caractère d’urgence. L’explication viendra plus tard. Un espace spécifique est créé en quelques jours sur le site, qui inclut déjà la possibilité de laisser des commentaires. Cette fonctionnalité n’est pas l’objet de débats : pour les concepteurs du site, comme pour la plupart de leurs confrères, les réactions des internautes font partie de la logique même des blogs.

La présence des commentaires apparaît alors comme une expérience, une sorte de test. Petit à petit, la tentative s’avère concluante : un petit groupe de lecteurs fidèles — et d’opposants farouches — prend au mot la proposition « Ajouter un commentaire » et les réactions affluent. Quelques mois après le premier article, Alain Gresh se livre à un premier bilan dont ressort nettement l’importance des réactions. Son vœu de voir se constituer une « communauté » active sera pleinement exaucé, jusqu’à dépasser son ambition initiale : les commentateurs ne se contentent rapidement plus de réagir aux seuls sujets soulevés par les billets. Ils poursuivent une sorte de discussion ininterrompue, reprise à chaque nouvelle occasion. Longtemps, le record du nombre de commentaires — 336 — sera détenu par « Pause », un article dans lequel Alain Gresh annonce… qu’il part en vacances.

Les modérateurs ne manquent pas de rappeler, dans les forums eux-mêmes, qu’il est tout de même préférable de rester dans le sujet ; ils s’échinent aussi, de temps à temps, à répéter quelques règles élémentaires. Un billet a récemment été entièrement consacré à cette question. Il faisait suite aux flots de commentaires qui ont accompagné les articles concernant la guerre de Gaza, dont les forums sont restés ouverts, contrairement à ceux de nombreux autres journaux en ligne. La censure veille, mais laisse les lecteurs s’exprimer dans la mesure de l’acceptable. Ce qui a permis de nouveaux records : « Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy », qui évoquait simultanément le conflit et la personne de Bernard-Henri Lévy, dont l’inimitable charisme inspire généralement de nombreuses réactions, comptabilise 718 commentaires.

Afin de mieux comprendre ces pratiques et ces usages, la sociologue des médias Valérie Jeanne-Perrier — auteure de La presse et l’Internet : approche interdisciplinaire de la relation lecteur-journal, une thèse soutenue en 2008 sur la notion de « cyberjournal », avec l’exemple notamment du site du Monde diplomatique — mène une « étude qualitative » depuis fin 2007 : un premier bilan de ce travail est joint ci-dessous. La seconde partie de l’étude de Valérie Jeanne-Perrier doit s’appuyer sur une série d’entretiens avec un certain nombre de commentateurs : ceux qui souhaitent être interrogés sont donc invités à envoyer leurs e-mails à site@monde-diplomatique.fr

4 commentaires sur « Commenter les commentaires »

  • permalien Orangerouge :
    7 avril 2009 @16h39   »

    Les sites d’information où l’on peut laisser des commentaires offrent effectivement une nouvelle manière de "digérer" collectivement l’information.

    Ca ressemble au café du commerce, mais en beaucoup mieux, puisque la discussion est initiée par un article de qualité (désolée pour la modestie de notre hôte ;-)) et qu’elle est nourrie et argumentée par les sources multiples dont les liens sont postés.

  • permalien Jean-Marie :
    7 avril 2009 @21h32   « »
    Pour des commentaires fructueux

    En sus de l’indication utile de liens, le dialogue peut/devrait toujours enrichir le débat

    Mais est-ce possible avec des fanatiques sionistes « en mission commandée » qui connaissent très mal l’histoire de l’entité qu’ils défendent ?

    Par ailleurs n’est-il pas possible d’ « anastasier » plus subtilement. Un peu comme on met des bip sur les termes délicats sans supprimer la phrase entière.

    Autrement gare aux effets anesthésiants , voire euthanasiants.

  • permalien abymes :
    9 avril 2009 @22h20   « »

    Qui se porte volontaire pour commenter ce commentaire a propos de "Commenter les commentaires" ?

  • permalien Shiv7 :
    23 juillet 2009 @21h29   «

    Qui se porte volontaire pour commenter ce commentaire a propos de "Commenter les commentaires" ?

    C’est le "moyen" qui ne vise plus une fin, mais uniquement lui-même, le moyen pour le moyen sans qu’il n’y ait de raisons que celà s’arrête. Tous comme l’évènement de l’info, est l’info médiatique elle même, la réalité devenant secondaire.

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