Le Monde diplomatique
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Un film de Jean-Paul Lilienfeld

Ils ne comprennent que la force – Sur « La Journée de la jupe »

dimanche 12 avril 2009, par Mona Chollet

Il en dit des choses, ce film, par sa seule palette de couleurs ! Prenez l’une des images que l’on a vues partout : Sonia Bergerac, la prof de français interprétée par Isabelle Adjani, coincée contre un mur par l’un de ses élèves, un grand Noir prénommé Mouss. Le teint diaphane, ses yeux bleus remplis à la fois de défi et de désarroi, elle porte un chemisier d’une blancheur éclatante, tandis que son agresseur est engoncé dans un blouson d’un noir brillant, avec un col de fourrure sombre. Tout au long du film, Madame Bergerac fait ainsi une tache lumineuse, symbole de pureté, de fragilité, d’innocence et de… blancheur, au milieu de ses élèves basanés.

Ceux qui ont vu le film savent que, dans cette scène, Mouss menace Sonia Bergerac de viol. En des termes exquis, qui plus est. Il lui montre qu’il connaît son adresse (« 22, boulevard de Belleville, 4e étage droite »), et il ajoute : « T’as une idée de ce que ça te fera de sentir deux bites te ramoner en même temps, salope ! » Du moins, c’est ce qu’on lit dans le scénario, dont nous avons pu voir une copie. C’est la version sobre. Car, dans le film, Mouss ajoute cette délicate incise : « Deux belles bites de bamboulas » – juste au cas où la dimension raciale de la chose n’aurait pas été assez évidente. Sur le plateau régnait apparemment une folle ébullition créative. Quelques minutes plus tard, quand la prof braque sa classe avec l’arme qu’elle a découverte dans le sac de Mouss, le scénario voulait qu’elle crie : « Maintenant, vous allez me dire qui m’avait lancé des gommes sur la tête le premier jour ! » Mais, au moment du tournage, le réalisateur a dû juger qu’à la réflexion, cette histoire de gommes, c’était un peu léger ; si bien que, dans le film, Madame Bergerac crie plutôt : « Vous allez me dire qui me laisse des mots dégueulasses dans mon casier ! »

Chacun ses traditions : pendant que le Nègre se propose de violer la femme blanche, le policier du RAID interprété par Denis Podalydès, Labouret, a des peines de cœur (Bergerac, Labouret, Béchet : c’est fou comme, dans ce film, les vrais Français ont des noms qui fleurent bon la vraie France). Entre deux séances de négociations, il se carapate dans un couloir désert pour appeler sa femme qui vient de le quitter et la supplier de revenir. Salauds d’immigrés qui nous empêchent de vaquer tranquillement à nos marivaudages séculaires.

Le racisme, cette escroquerie

On sait que, pour donner un retentissement maximal à chacun de ces « grands retours au cinéma » qu’elle effectue à intervalles réguliers depuis une vingtaine d’années, Isabelle Adjani aime y adjoindre son ralliement spectaculaire à l’une des grandes causes du moment. En recevant son César pour Camille Claudel, en 1989, elle avait lu sur scène un extrait des Versets sataniques de Salman Rushdie. En 2005, toujours aux César, voulant réclamer la libération d’Ingrid Betancourt, elle avait réclamé par erreur celle de l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, à la vive surprise de l’assistance, qui croyait la femme la plus riche du monde en sécurité dans sa résidence de Neuilly-sur-Seine. Avec La Journée de la jupe, le film dérangeant et sans tabous qui va à contre-courant de la bien-pensance politiquement correcte (au point que les médias, dans leur pitoyable frilosité, ne lui ont consacré que quelques petites dizaines d’articles dithyrambiques), le rôle et la « grande cause » se confondent. Sous la menace de son arme, Sonia Bergerac inflige à ses élèves interloqués un long monologue, telle une actrice qui part en vrille et tient la jambe à son auditoire lors d’une cérémonie de remise de récompenses.

Cette fois, la « grande cause » consiste à parachever, en toute bonne conscience, la diabolisation déjà bien avancée du « jeune de banlieue ». Le scénariste et réalisateur du film, Jean-Paul Lilienfeld, déclare, dans un entretien à Primo-Europe (un site obsédé par le péril islamique, et dont il est l’invité après Ivan Rioufol, Pierre-André Taguieff, Eric Marty et la moitié de l’équipe de Charlie Hebdo) : « Je pense que ces ados sont victimes d’une double discrimination : sociale et raciale. Et tout ce qui peut être fait d’efficace pour supprimer le racisme et la pauvreté aura mon approbation. Mais être une victime n’empêche pas d’être un bourreau. » Sauf que, à l’évidence, comme beaucoup de ses concitoyens, le côté « bourreau » le passionne nettement plus que le côté « victime », qui représente pourtant une réalité incomparablement plus massive – à moins de prétendre que chaque adolescent noir ou arabe de banlieue se balade avec les images d’un viol sur son téléphone portable et un flingue dans son sac ; ce que l’opinion hystérique, à ce stade, n’est sans doute pas très loin de croire, certes.

Quand, dans La Journée de la jupe, le côté « victime » est évoqué, c’est toujours pour le décrédibiliser, pour le montrer comme une escroquerie. Ainsi, lorsque, dans l’attroupement qui s’est formé devant le collège à l’annonce de la prise d’otages, une mère arabe se plaint du racisme aux journalistes (« les gens y sont racistes »), un commerçant asiatique intervient aussitôt pour clamer, dans son sabir pittoresque, que c’est son fils à elle qui est raciste : « C’est eux pas vouloir de nous ! Moi j’ai pris le café-tabac… Trois fois tout cassé ! Son fils dans la bande ! (…) Pas nous racistes ! Eux faire partir tous les autres ! Eux rien faire et jaloux de nous. Mais moi travailler ! » Eh, oui : les Arabes sont des feignants et des délinquants. Et ce n’est pas du racisme : c’est ce brave Jaune qui l’affirme !

Le machisme, l’islam, l’antisémitisme, les tournantes… Fidèle adaptation au cinéma des Territoires perdus de la République [1], La Journée de la jupe aligne avec soin tous les clichés que la féroce propagande de ces dernières années a installés dans les têtes comme autant d’évidences. Les personnages n’ont aucune épaisseur propre, aucune individualité ; ils sont là pour incarner des stéréotypes. Ainsi, quand le jeune Karim (celui qui a saccagé le café-tabac de l’Asiatique) s’assied sur une chaise qui se brise soudain en deux, cet incident n’a lieu que pour permettre de lui faire dire : « C’est quoi, cette chaise de feuj ! » Et pour permettre à Sonia Bergerac de lui ordonner élégamment, en le braquant avec son arme : « Répète après moi, pelle à merde ! “En France, l’injure raciste est punie par la loi.” » Le garçon finit par s’exécuter. Orgasme collectif dans la salle de cinéma.

Pour des femmes en jupe
et des hommes qui en ont

Ce film à thèse, lourdement idéologique, est aussi l’occasion de régler leur compte à toutes ces endives molles d’enseignants de gauche, relativistes, démissionnaires et démagogiques – comprenez : à tous ceux qui ne voient pas dans leurs élèves une horde de barbares malfaisants. Ils sont ici caricaturés de manière si grotesque que c’est surtout le scénario qui se ridiculise. Il y a le prof qui se balade toujours avec le Coran dans son cartable, « comme ça je gagne leur respect en m’intéressant à leur culture » ; celui qui porte des pantalons baggy et parle en verlan, expliquant qu’il s’entend très bien avec ses élèves car ils « kiffent les mêmes musiques », et qui, s’étant fait casser la gueule, refuse qu’on dise qu’il est fait « agresser » : « On discutait, on s’est pas compris, c’est tout. » Il s’indigne qu’on lui suggère de porter plainte : « Vous voulez que je porte plainte contre un cri de détresse ?! »

Non seulement les collègues et le proviseur de Sonia sont des imbéciles masochistes, mais ils se rendent odieux en accablant la jeune femme, sans craindre de tirer sur l’ambulance : ils affirment qu’elle est « limite raciste », « islamophobe », et que, refusant de « tenir compte du contexte », elle s’obstine à porter des jupes qui sont « un appel au viol ». Ils ont tous, dans leur physique, quelque chose de mou, d’empâté ; quelque chose d’efféminé, pour tout dire. Au fond, ce sont des couards qui se défilent devant l’envahisseur. L’amie de Sonia, seule prof à prendre sa défense, leur lance d’ailleurs : « Elle est peut-être en jupe, mais elle baisse pas son froc, elle ! » En somme, ce dont la France a besoin, c’est de vrais hommes, qui ne « baissent pas leur froc », et de vraies femmes, qui portent des jupes et des talons. Chacun dans son rôle, et les vaches seront bien gardées, et les mahométans n’auront qu’à bien se tenir.

Un physique mou, un discours inconscient et angéliste jusqu’à la bêtise face au péril qui menace la communauté nationale : c’est aussi comme cela que sont représentés les défenseurs des droits de l’homme dans 24 Heures Chrono, série américaine réactionnaire mettant en scène un agent du contre-terrorisme, Jack Bauer. On se souvient notamment, dans la quatrième saison, de l’avocat d’une ONG hypocritement baptisée « Amnesty Global », engagé par un terroriste arabe pour obtenir sa remise en liberté afin qu’il puisse accomplir son sinistre dessein. Par comparaison, cette femmelette d’avocat faisait admirablement ressortir la virilité et la lucidité de Bauer, dont il contrariait la mission avec son obstination procédurière et butée. Tout était mis en œuvre pour que le téléspectateur, à qui l’on avait auparavant montré en long et en large à quel point le terroriste était odieux et prêt à tout, et qui partageait donc avec le héros la conscience de la gravité et de l’urgence de la situation, ait envie de le massacrer de ses propres mains.

A la réflexion, La Journée de la jupe présente de nombreux points communs avec 24 Heures. Dans la septième saison de la série, actuellement en cours de diffusion aux Etats-Unis, le président est une présidente : Allison Taylor. Comme Sonia Bergerac, elle symbolise la femme libérée, orgueil de l’Occident, et se bat comme une lionne pour préserver les valeurs de son pays, qui est, dit-elle, « un pilier du Bien dans le monde ». Comme Sonia Bergerac, tabassée par Mouss, la présidente Taylor se fait gifler par un colosse noir déloyal qui ne respecte rien : il s’agit d’un dictateur africain génocidaire, à la tête d’un pays appelé le « Sangala », qui s’est introduit avec des hommes en armes dans la Maison Blanche et projette de l’assassiner.

La France sous le joug gauchiste

Les deux productions partagent aussi une vision du monde totalement fantasmatique et un brin paranoïaque. Dans 24 Heures, au bout de six saisons, l’Amérique, à force de s’attirer l’ire des méchants par ses excès de vertu (eh oui, car ça leur donne des complexes, à ces bons à rien), est un pays martyr : en quelques années, des terroristes ont successivement tenté de larguer une bombe nucléaire sur Los Angeles, répandu un virus mortel dans plusieurs villes, perpétré des séries d’attentats-suicides, tué douze mille personnes dans une explosion atomique… Bref : le 11-Septembre toutes les semaines, ou presque. La Journée de la jupe révèle des angoisses équivalentes – ainsi qu’une complaisance à se dépeindre en victime assez savoureuse venant de quelqu’un qui dénonce le discours victimaire. Alors que, dans la vraie vie, l’opinion française est chauffée à blanc depuis environ six ans sur l’horreur de la condition des femmes en banlieue et la barbarie des Arabo-musulmans, ici ou ailleurs, Sonia Bergerac, incomprise, vilipendée, lâchée par tout le monde, semble être la seule à avoir conscience du danger que représentent ses enragés d’élèves. Le pays est paralysé par le « politiquement correct » ; les gauchistes tirent toutes les ficelles. A un moment, dans le collège, on aperçoit un panneau syndical tapissé d’affiches de la Confédération nationale du travail (CNT), comme si l’organisation anarchiste était hégémonique au sein de l’Education nationale.

Dans le scénario, on trouve même une séquence dans laquelle un journaliste de télévision interroge, devant les grilles du collège, un sociologue dont il présente le livre comme « passionnant », et qui invoque la responsabilité de la « barbarie néolibérale » dans le drame en cours ; mais quelqu’un a dû suggérer à Jean-Paul Lilienfeld de brider un chouïa son imagination, car la scène, sauf endormissement passager de ma part, ne figure pas dans le film. A la fin, Sonia Bergerac est portée en terre par trois pelés et un tondu, dont quelques-uns de ses élèves, qui jurent de reprendre le flambeau de son juste combat solitaire : pour l’attester, les filles sont venues en jupe, et la caméra, en un plan émouvant, s’attarde sur leurs mollets. Dans la vraie vie, combien on parie qu’une Sonia Bergerac aurait des funérailles nationales ?

Un ressort dramatique très banal veut qu’à force de charger le personnage du méchant, de souligner la noirceur irrémédiable de son âme et son sadisme sans bornes, on amène le spectateur à souhaiter ardemment qu’il soit mis hors d’état de nuire par quelque moyen que ce soit – un ressort que les propagandistes transposent dans la réalité avec une facilité désolante, exploitant l’appétit des sociétés humaines pour un ennemi à craindre et à haïr. Ainsi, dans La Journée de la jupe, une fois qu’il a été bien établi que Mouss et ses camarades sont des bêtes sauvages, et que cette pauvre Bergerac est à bout (rappelez-vous : ils lui laissent des mots dégueulasses dans son casier !), elle a carte blanche – c’est le cas de le dire.

Elle peut les traiter de « connards », de « crétins » (voire de « pelle à merde », comme on l’a vu, ce qui témoigne d’une créativité lexicale au moins aussi grande que celle qu’elle leur reproche), leur tirer dessus, leur donner des coups de boule avant de sautiller à travers la salle en chantant « Zidane il a marqué, Zidane il a marqué ! », les tenir en joue tout en les suppliant de ne pas se considérer comme des victimes (un sommet de comique involontaire), les humilier en tournant en dérision leurs rodomontades sexuelles [2], demander qui est vierge et qui ne l’est pas, parodier la « Star Ac’ » en leur faisant noter le nom d’un de leurs camarades sur une feuille tout en entretenant un mystère pervers sur le sort qu’elle réserve au gagnant… Dans le prologue du film, elle sanglote : « Je ne voulais pas… J’ai pas choisi… Je me suis retrouvée avec une arme dans la main pour me défendre. » Je n’ai fait que me défendre, j’avais les meilleures intentions du monde mais ils ne veulent rien savoir, ils ne comprennent que la force : l’archétype du discours colonial, qui semble connaître un grand retour en vogue en ce moment, dans des contextes divers.

Dans un entretien à Afrik.com, Jean-Paul Lilienfeld se justifie : « A vouloir se voiler la face, on laisse le terrain libre à ceux qui font un état des lieux et qui apportent des solutions racistes. C’est comme ça que Le Pen a eu la parole. Quand il a parlé des problèmes de l’immigration, tout le monde a dit qu’ils n’existaient pas parce que ça venait de lui. Pendant ce temps, le terrain était libre pour le Front national et ses théories racistes. Si des gens qui étaient du bon côté de la force, des humanistes, quelles que soient leurs opinions politiques, s’étaient emparés du problème, le terrain n’aurait pas été libre pour Jean-Marie Le Pen. » Le hic, c’est que son film n’en apporte aucune, de solution. Loin de véhiculer un quelconque propos politique, comme certains se hasardent à l’affirmer en prétendant qu’il « dénonce les cités-ghettos », ou d’offrir la moindre perspective, il ne fait que stigmatiser un peu plus les enfants issus de l’immigration noire ou arabe, et autoriser à leur égard un déchaînement de haine effarant. Le seul gain politique d’un tel film, c’est que ce sont les « humanistes », et plus seulement l’extrême droite, qui clament que l’immigration est la source de tous les maux de la société. Faut-il vraiment considérer cela comme un gain ? On a comme un doute.

Les « humanistes », en tout cas, ont répondu présent. Sur Riposte laïque – autre site obsédé par la prétendue « islamisation de la France » –, dont toute l’équipe délire d’enthousiasme à propos du film, l’enseignante Christine Tasin en a au moins une à proposer, de « solution ». Dans un billet en vidéo, elle relève l’une des répliques du principal, interprété par Jackie Berroyer, qui lance, pour justifier le fait qu’il ne renvoie pas un caïd comme Mouss : « Jusqu’à 16 ans, c’est les vases communicants, on se les refile d’établissement en établissement, alors je préfère savoir à quels tarés j’ai affaire. » Rebondissant sur ce propos, elle déplore : « Les collèges ne peuvent pas se débarrasser des gens qui posent problème, ils sont contraints de les garder, tout ça parce que des pédagogues, des politiques, des bobos compassionnels, ont voulu rendre l’école obligatoire jusqu’à 16 ans. » C’est facile, finalement, de régler les problèmes de l’école : après les filles voilées, dehors les grands Noirs qui font peur ! En voilà, un beau projet républicain, ambitieux et progressiste.

« Déchaînement de haine », disions-nous. Sur Riposte laïque toujours, Anne Zelensky résume ainsi, sous le titre « Une jupe en forme de bombe », le sujet du film : « Comment une jeune prof de banlieue, Sonia, humiliée, harcelée, traquée quotidiennement par sa bande de salopards d’élèves, d’autant plus qu’elle ose porter la jupe, retourne la situation. Comment, sous la menace d’un revolver tombé du sac de l’un d’eux, qu’elle subtilise, elle va tenir en main ce ramassis de hors-la-loi, comment elle va leur apprendre de force ce qu’est justement la loi, la laïcité, le respect, le vrai, pas celui de leur code mafieux, comment elle va leur imposer de répéter avec elle que le vrai nom de Molière, c’est Jean-Baptiste Poquelin… Un vrai bonheur de voir à terre cette engeance, dont le must est Mouss, le détenteur du revolver. Un black, qui ne sait qu’éructer des immondices, qui fait régner la terreur, qui filme des viols collectifs sur son portable, qui n’hésite pas, après avoir piégé la prof, à se jeter sur elle et à la tabasser à mort. » « Bande de salopards », « ramassis de hors-la-loi », « engeance » : tant d’humanisme d’un coup, c’est à vous donner le vertige. On frémit à la pensée qu’au lieu de s’emparer de la question, Jean-Paul Lilienfeld aurait pu « laisser à nouveau le terrain libre à des idées extrêmes ».

Avoir des origines arabes est contraire à la laïcité

Pour achever ce feu d’artifice, Riposte laïque consacre encore à La Journée de la jupe un éditorial intitulé « LE film qui pulvérise l’islamiquement correct », dans lequel il se félicite de ce que le film ne fasse « aucune impasse sur la dénonciation de l’islamisation qui pourrit notre société ». Ah, oui. On ne vous l’avait pas dit ? Ce que ce film démontre, c’est la dangerosité de l’islam. Tout ça parce que les élèves s’envoient à la figure quelques vagues références à la religion. Bergerac elle-même établit assez rapidement qu’ils n’y connaissent que dalle et qu’ils font les malins, mais qu’importe : nos fins limiers de critiques ont décelé dans tout ça la très nette influence des imams radicaux. De toute façon, les gosses lancent parfois quelques mots d’arabe, ce qui est à soi seul une preuve flagrante d’intégrisme. Pour achever de tirer des larmes d’émotion à Alain Finkielkraut, Sonia Bergerac reproche aussi à ses élèves leur goût pour le « people » et la « Star Ac’ » – encore un particularisme rétrograde imposé à la France des Lumières par l’immigration musulmane, chacun sachant que les oulémas se déchirent actuellement pour tenter de déterminer si le Prophète aurait voté plutôt pour Alice ou pour Mickels. Jean-Paul Lilienfeld partage en tout cas les convictions de Finkielkraut en matière de pédagogie. Quand on lui demande ce qu’il préconise, il répond (sur Afrik.com) : « Remettre le professeur au centre de l’école, pas l’élève. Celui qui sait est là pour transmettre son savoir. » [3]

Globalement, dans le film comme dans sa réception, c’est un vaste n’importe quoi, la grande braderie de l’amalgame fumeux. Dans le film, l’élève qui prend le parti de Madame Bergerac, Nawel, intervient pour la défendre parce qu’elle est, dit-elle, une rescapée des massacres en Algérie, que sa mère a été tuée et qu’elle ne « laissera plus jamais faire ça à une femme » devant elle ; ce qui confirme la prégnance du schéma algérien dans la lecture que beaucoup font de la réalité française (dans l’entretien à Primo-Europe, Jean-Paul Lilienfeld professe d’ailleurs son admiration pour l’inénarrable Mohamed Sifaoui [4]). Sur RCJ, le 23 mars, Alain Finkielkraut, l’homme que préoccupe si fort le nombre de joueurs noirs dans l’équipe de France de football [5], qualifie le film d’« événement historique », et dit vouloir « opposer à l’esprit de Durban l’esprit de La Journée de la jupe ». Sur Vive le feu !, Sébastien Fontenelle persifle : « Leçon numéro 1 : pour éviter tout débordement raciste en Afrique du Sud, rien ne vaut le braquage d’un(e) collégien(e) de la Seine-Saint-Denis. »

Finkielkraut s’émerveille aussi de ce que l’héroïne n’ait jamais voulu révéler à ses élèves qu’elle était elle-même d’origine arabe, « car nous sommes dans une école laïque ». C’est aussi l’interprétation de Natacha Polony, qui, dans Marianne (4-10 avril 2009), explique cette discrétion par le fait que, pour la prof, « la laïcité n’est pas négociable ». Renversant. En quoi le fait d’avoir des origines arabes est-il incompatible avec la laïcité ? Et, dans ce cas, comment ceux qui, contrairement à Isabelle Adjani, ne peuvent dissimuler leurs origines, sont-ils censés faire pour « respecter la laïcité » ? Ce que dit La Journée de la jupe, c’est que le « bon » enfant d’immigré, c’est celui qui, comme Sonia Bergerac, se fond dans le paysage dès la deuxième génération, sans modifier en rien le visage de la société.

Il semblerait que, plus les moyens alloués à l’école diminuent, plus les inégalités se creusent, plus la violence sociale augmente, plus on voit s’intensifier le regard scrutateur et malveillant que pose la société sur les élèves qui en pâtissent le plus. Dans un entretien, en 2003, la psychiatre Marie Rose Moro, responsable de la consultation transculturelle à l’hôpital Avicenne de Bobigny, disait à quel point, lors des premières affaires de voile survenues dans les écoles, les interventions fracassantes de Finkielkraut et consort, hurlant à un « nouveau Munich » dès qu’ils avaient vu poindre le bout d’un foulard, avaient eu un effet désastreux : « Les intellectuels les plus en vue sont intervenus à grand bruit pour dire qu’il fallait se montrer très ferme, alors qu’il aurait fallu au contraire régler les choses tranquillement, négocier, parler, sortir de la confrontation… Ce n’est que comme cela qu’on peut dénouer ces situations. » A force d’attribuer les moindres faits et gestes de ces élèves à leurs origines, on en oublie qu’ils sont avant tout des adolescents, c’est-à-dire des individus immatures, irréfléchis, qui, dans quelques années, n’auront plus rien de commun avec ce qu’ils sont aujourd’hui. Au lieu de figer leur état présent en leur braquant les projecteurs médiatiques en pleine face, au lieu d’en faire les méchants du film et de les abreuver d’injures, on ferait mieux de leur accorder un droit à l’oubli, de leur donner les moyens d’évoluer le mieux possible, et de donner aux adultes qui les entourent les moyens de les y aider.

Il n’est pas certain que les professeurs qui, par désarroi, encouragent la diabolisation de leurs élèves fassent le bon calcul. Bien plus qu’une culture ou une religion en tant que telle, ce qui influe sur la marge de manœuvre dont disposent les femmes, c’est la pression externe plus ou moins forte qu’une communauté sent peser sur elle – à tort ou à raison. Plus cette pression sera faible, moins elle éprouvera le besoin de se crisper, de se replier sur elle-même, de figer ses traditions, et moins les femmes risqueront de devoir affronter des conflits de loyauté. Accroître la stigmatisation d’une communauté en l’accusant d’opprimer les femmes, c’est donc alimenter ce qu’on dénonce, et nourrir un cercle vicieux. Le combat féministe doit être global, il ne doit pas accabler certaines communautés – voire servir de simple prétexte à un « racisme vertueux » – et en disculper d’autres.

Il n’est d’ailleurs pas innocent que La Journée de la jupe réclame, non pas que les femmes aient le droit de s’habiller comme elles veulent (avec un string, un voile, une toile de rideau, un costume de Zorro, etc.), mais qu’elles s’habillent en jupe : ayant eu amplement l’occasion de constater, en voyant son film, que Jean-Paul Lilienfeld perçoit sa propre communauté – celle des Français blancs, pour aller vite – comme assiégée et menacée, on peut se demander s’il ne cherche pas, lui aussi, à se rassurer en se raccrochant à une image des femmes telles qu’il les connaît.

La Journée de la jupe, un film de Jean-Paul Lilienfeld, avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette, Jackie Berroyer. Une coproduction Arte France, Mascaret Films, Fontana, RTBF. Diffusé sur Arte le 20 mars et sorti en salles le 25 mars.

Notes

[1] Lire la note de lecture de Dominique Vidal, ainsi que l’article d’Alain Gresh, « Les nouveaux habits du racisme », Le Monde diplomatique, avril 2004.

[2] Lire « Pourquoi je n’ai vraiment pas aimé La Journée de la jupe », par Jonathan Schel, Slate, 26 mars 2009.

[3] Cette passion des discours à sens unique et du respect inconditionnel de l’autorité, que ce soit dans une salle de classe ou dans les médias, est aussi ce qui justifie la détestation du philosophe pour Internet.

[4] Lire « Après avoir infiltré Al-Qaida, Sifaoui infiltre Arte », par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient, 26 août 2007.

[5] Lire « Quand l’ignorance part en guerre au nom du savoir », Périphéries, 4 décembre 2005.

183 commentaires sur « Ils ne comprennent que la force – Sur “La Journée de la jupe” »

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  • permalien Yvan :
    12 avril 2009 @13h56   »
    Ils ne comprennent que la force

    ... et pourtant, le père fondateur de l’enseignement laïc, ne s’embarrassait pas avec des clichés, lui :

    « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche, nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.) La vraie question, messieurs, la question qu’il faut poser, et poser dans des termes clairs, c’est celle-ci : est-ce que le recueillement qui s’impose aux nations éprouvées par de grands malheurs doit se résoudre en abdication ? [...]

    à l’heure de la mise en pièce de la carte scolaire rivalise avec le développement de l’enseignement privé pour les « races supérieures », il serait peut-être temps pour les hussards noirs de la république de s’interroger sur leurs devoirs par rapport aux « races inférieures ».

    Les remises en causes de clichés aussi fondateurs, causent toujours un petit inconfort moral.

  • permalien Momo :
    12 avril 2009 @15h22   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Que le propos du film soit calibré pour diaboliser les classes populaires de couleur, ce ne serait pas étonnant. Ni nouveau, tant cette industrie de la peur a prospéré, de Mr Sarkozy à Ni putes ni soumises.

    Par contre, Me Chollet devrait aussi interroger des enseignants d’établissements ex-ZEP,"ambition réussite", "plan violence" et j’en passe, elle découvrirerait que les élèves y sont loin d’être tous des bisounours. Surtout quand l’enseignante est une femme, française de souche et issue d’un milieu favorisé (le profil majoritaire de l’enseignant aujourd’hui).

    Le fossé entre les jeunes issus d’un prolétariat destructuré et des éducateurs qui ignoraient jusqu’à leur affection en "zone sensible" cet univers social est une réalité lourde, autrement plus réelle que les clichés des uns et des autres.

  • permalien Murmure :
    12 avril 2009 @17h26   « »
    Ils ne comprennent que la force

    @ Mona Chollet

    Dans 24 Heures, au bout de six saisons, l’Amérique, à force de s’attirer l’ire des méchants par ses excès de vertu (eh oui, car ça leur donne des complexes, à ces bons à rien), est un pays martyr

    Comment peut on passer tellement à côté de cette série ?

    Vous n’avez pas suivi ou bien saisi toute la complexité des 7 saisons de 24, sinon vous saurez que les méchants sont les hommes de pouvoir de la plus grande puissance du monde qui manipulent de pauvres hères pour atteindre leurs objectifs.

    Cette série démontre dans une objectivité tortueuse que les pires terroristes sont les américains.

    Dans la 7 ème saison, c’est bien une industrie d’armement "Sarkwood " qui terrorise le gouvernement américain, non ?

  • permalien Sébastien Fontenelle :
    12 avril 2009 @17h32   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Ah ça, évidemment, pour une fois qu’un cinéaste ose (courageusement) briser quelques (lourds) tabous et nous montrer tout haut ce que la droite ultra pense tout haut, on peut être sûr que les islamo-collectivistes bien-pensants du Diplo vont le salir par de viles insinuations.

    Je ne te félicite pas.

    Oh non.

  • permalien Tête d’épingle :
    12 avril 2009 @18h42   « »
    Ils ne comprennent que la force

    C’est sûr que les islamo-fascistes ne vont pas en être contents de ce film, il dévoile avec une méticulosité impitoyable leur plan de conquête de la France.

    Bah, on appâte les gens avec ce qu’ils aiment, l’ethnocentrisme d’ici devient de plus en plus fort... On connait la façon des français de se battre pour les droits de l’Homme de toute façon, porter des jupes et manifester en brandissant des clichés... Stupide mais facile. Les vrais problèmes seront toujours, eux, ignorés.

    Mais ce que je ne comprends pas, c’est... pourquoi des gens qui n’obtiendront que des clichés méprisants en retour acceptent de jouer pour ce genre de films ?

  • permalien myriam :
    12 avril 2009 @19h19   « »
    un témoignage

    Bonjour,

    Je comprend votre critique et je suis globalement d’accord. Cela a dit j ai fait un remplacement dans un lycée professionnel et ce fut très difficile. Je rejoins le propos de Momo les élèves en ZEP ne sont pas des bisounours. En même temps je reconnais qe les clichés sont caricaturaux dans ce film. Je tiens à dire que je suis moi même d’origine arabe. En tout cette expérience m’a vacciné je me suis réorientée sur le plan professionnel.

  • permalien Momo :
    12 avril 2009 @19h38   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Un film courageux qui exprime la réalité vécue par une grande partie de la population.
    Bien sûr ça ne concerne pas les bobos gauchos et les politiquement ultra corrects qui habitent les beaux endroits bien à l’abri des bagnoles incendiées.
    Le fascisme religieux d’extrême droite qui terrorise même les jeunes françaises se félicite de cette "compréhension" criant au racisme dès qu’il se trouve mis en cause ou simplement dévoilé.
    Une population qui ne veut rien foutre, pas faire le moindre effort et qui haïssent ceux qui réussissent à force de travail et d’endurance.
    Les "survêts" de sport, les capuchons, les frocs qui dégringolent jusqu’aux genoux, le laisser, en guise de mode, de culture et dont on est fier. Les endroits de "non droit" , territoire de petits caïds qui y font leurs lois.
    La haine de l’occident qui "les rejettent" l’islam en guise de système politique, voilà ce qui nous attends à force d’angélisme.

  • permalien K. :
    12 avril 2009 @19h52   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Mais enfin de quoi parle-t-on ?

    Myriam, pourriez-vous citer le passage du texte de l’auteure qui dit que les ZEPistes sont des “bisounours” au lieu de vous faire l’écho des propos de Momo ?

  • permalien Tête d’épingle :
    12 avril 2009 @19h58   « »
    Ils ne comprennent que la force

    " Le fascisme religieux d’extrême droite qui terrorise "

    Je vous tire mon chapeau pour cette ineptie que même moi je n’aurais pas pu sortir. Mais... Ca veut dire quoi au fait ? Rien, mis à part la tentative désespérée de certaines personnes de se trouver un ennemi, imaginaire bien entendu, s’il était réel, il pourrait répliquer...

    Ayant aussi été en ZEP, j’admets que certaines élèves soient quelque peu... exaspérants et donnant envie d’employer des méthodes d’enseignement plus simples pour nous et douloureuses pour eux, mais c’est loin d’être une généralité.

    Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais vu ou entendu une scène comparable à celles décrites dans l’article.

  • permalien wuwei :
    12 avril 2009 @20h15   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Il me semble que vous n’aimez guère ceux qui dénoncent avec tant de lucidité et si peu de haine les dangers (justifiés bien sur) de l’islam et de leurs féaux zélateurs à savoir les ultra-gauchiste de la tendance anarcho autonome. Mais heureusement , Val, Fienkelkraut, Fourest, et tant d’autres veillent sans relâche. Qu’ils en soient remerciés en ce week-end pascal qui a vu N.S. J.C. revenir d’entre les maures.

  • permalien myriam :
    12 avril 2009 @20h22   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Je ne fais l’écho d’aucuns commentaires et surtout pas de Momo. Je ne suis pas d’accord avec ses propos. Simplement j’apportais un témoignage sur mon expérience en tant qu’enseignante . Je suis plutôt d’ailleurs d’accord dans l’ensemble avec Mme Chollet à propos de ce film. Je suis navrée que mes propos soient mal interprétés. Aucun individu ne mérite d’être menacé d’une arme et surtout pas des élèves. Ce film est caricatural.

  • permalien arcenciel :
    12 avril 2009 @21h58   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Mme Chollet,

    J’ai une question à vous poser : le diplo se plait à "dénoncer" le racisme, l’injustice, etc. mais que fait-il pour y remédier ? (Tout en sachant qu’au sein même du diplo le racisme est latent, et je sais de quoi je parle).

    À quoi sert l’association des AMD ? J’ai beau suivre le programme de cette association de près. Et à mon grande surprise l’activité principale de cette association, c’est de faire la promotion des activités et des livres des membres de la rédaction du diplo et de leurs amis (autrement dit, le copinage).

    Ne serait-il pas plus intelligent d’utiliser cette association comme instrument de lutte (contre la pauvreté, l’injustice, etc.), de déploiement sur le terrain des idées tant défendues par le diplo ?

    C’est beau de dénoncer, mais il faut aussi savoir passer à l’action.

    À l’attente d’une réponse

    Bien cordialement,

  • permalien Hamedi :
    12 avril 2009 @22h40   « »
    L’école au centre

    A la vérité, que l’on soit Noir ou Arabe, les clichés collent à la peau. Les 3 V : violeurs, voileurs, voleurs.
    Nonobstant la misère sociale des banlieues françaises, le réalisateur brosse un portrait idéologique et idéologisé de ces lieux, voyez : Finkielkraut et Rioufol applaudissent.
    Ce film est une caricature de caricature. Qu’il existe des problèmes dans les collèges et lycées dits "difficiles", nul le conteste, mais c’est parler de la conséquence tout en éludant la cause.
    Exit le taux de chômage à deux chiffres pour les aînés, la promiscuité, les discriminations, le racisme...
    Et les préjugés, dur de s’en défaire.
    De plus, il y a ce triptyque : le garçon sauvage (les différents élèves de préférence parlant un peu l’arabe), l’homme blanc sauveur (le réalisateur), la femme à sauver (bronzée de préférence), car, c’est bien connu, seuls les basanés sont machistes, et seules les femmes musulmanes subissent les affres du sexisme.

    Le réalisateur méconnaît la banlieue, cela ne fait aucun doute.
    Pierre Bourdieu parlait de "circulation circulaire de l’information", le réalisateur a fait un film à partir de propos lus et entendus dans les médias, et les médias pérorent à partir de ce type de film, ainsi, le boucle est bouclée.
    Enfin, le réalisateur invite et incite "à remettre le professeur au centre", voyez "La Vague" de Denis Gansel et/ou lisez "La Vague" de Todd Strasser et vous saurez...
    Et si l’on tentait de remettre l’école au centre ?

  • permalien Marie-Hélène :
    12 avril 2009 @23h02   « »
    %%%

    Juste pour dire qu’il existe un pan de la population jeune ignare et agressive, certes... Mais elle n’est pas forcement d’origine étrangère et pas forcement de la banlieue. J’en ai déja rencontré de ce profil tout à fait français de souche et habitant dans des petites villes, des villages pas trop désagréables de surcroit....
    je n’ai pas vu la journée de la Jupe, l’article de Mona Cholet m’en donne pas envie du tout de le voir !
    Ce qui est dommage, c’est de voir qu’on aborde un tel sujet qui est important, primordial même, et d’en faire un film ridicule et caricatural alors qu’il y avait matière à faire un film passionnant et qui fasse réflêchir.

  • permalien Murmure :
    12 avril 2009 @23h31   « »
    Ils ne comprennent que la force

    La seule leçon à tirer de ce film est bien le marginalisme, la mise au placard, le ghetto moderne, l’exclusion arbitraire, l’isolationnisme ethnique, le déni d’une culture différent, si on est pas fdesouche, on n’a aucune place.

    Le revers de la médaille qu’on arrive ni à gérer ni à digérer, depuis l’invention du mot intégration". Et ô ! combien révélateur le slogan du nain de jardin "Aimez là ou quittez là" !

    Toujours pareil, on expose à une vive lumière la résultante d’une politique désastreuse et discriminatoire en effaçant à coups de réplique vulgum pecus l’étiologie et en faisant abstraction sciemment des blessures profondes et ancestrales.

    J’ai aimé la réponse de l’un des protagoniste : Si l’école est laïc pourquoi les vacances de Noël ?

  • permalien Murmure :
    12 avril 2009 @23h43   « »
    Ils ne comprennent que la force

    erratum : culture différente

  • permalien meriyem Soltani :
    13 avril 2009 @06h52   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Commentaire d’une autre meriyem :

    Je ne vois rien de si caricatural que cela dans ce film.
    Madame Chollet a choisi de ne retenir que les aspects qui corroborent sa thèse gauchisante : la France, pays de racistes, que dire de plus ?
    Le monde diplo ne relève pas les caricatures aberrantes du film " la graine et le mulet" : les employés racistes des services municipaux, les bons arabes qui n’aspirent qu’à s’intégrer etc, etc... Vous l’avez, comme toute la presse, unanimement encensé, n’est-ce pas ?
    Il convient de revoir sa position dans l’espace, descendre quelque peu des hauteurs pour mieux voir, car enfin une tête au-dessus des nuages rencontre bien des obstacles pour pouvoir prétendre à un juste discernement.
    Continuer à analyser le monde avec des outils dépassés par les événements, caducs pour ainsi dire, est le plus sûr moyen d’affirmer sa cécité. Oui, vous vous trompez Madame Chollet, vos propos sont par trop surannés, ils sentent la naphtaline à plein nez !
    Je travaille en collège de ZEP et j’ai été saisie par la vérité de ce film qui résume bien mon vécu, les clichés qui sont à vos yeux déterminants et nuisent à la qualité du film, m’ont paru véniels.

  • permalien sonia :
    13 avril 2009 @09h47   « »
    Ils ne comprennent que la force

    au fait ,chers collaborateurs et trices au monde diplomatique,vous avez apercu beaucoup de filles lors des emeutes de 2005 ?ce ’detail’vous at’il interpelle au point de vous fendre d’un article ?.vous avez une maniere assez detestable d’exclure,vous aussi,et vos analyses sont bien souvent aussi depourvues de la prise en compte d’une realite complexe que celles que vous denoncez.

  • permalien natchez :
    13 avril 2009 @11h27   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Je regrette que le débat soit souvent un peu radical de tous les côtés. Il est dangereux de trop caricaturer, les jeunes sont forcément des dégénérés et les profs des bons enseignants vertueux. Mais effectivement, Jules Ferry ne représente pas pour tout le monde la même chose et la laïcité non plus. L’école devrait être un sanctuaire d’humanité. Je ne sais pas que penser mais j’ai l’impression que beaucoup, intellectuel ou pas, sont muets ou tombent la névrose. J’ai trouvé votre article un peu trop virulent ce qui fait basculer dans un camp radical. La violence, quelle réponse !

  • permalien valmor :
    13 avril 2009 @11h55   « »
    Sujet complexe

    Les causes de la situation évoquée par "La journée de la jupe" ne sont en effet pas évoquées : il faudrait plus d’un film pour cela ...
    Entassement pour ne pas dire "ghéttoïsation" des populations immigrées suite aux différents plans de "regroupement familial" menés par les gouvernements qui se sont succédés depuis 30 ans, sans aucun accompagnement civique, socio-culturel ou professionnel à l’arrivée ... seulement les allocations sociales et familiales qui ont créé et maintenu une mentalité d’assistés, à tort ou à raison suivant les cas ...
    Hypermédiatisation des "stars" su sport et du show-bizz hexagonales et internationales, qui gagnent scandaleusement des millions et entretiennent l’esprit du "moindre effort". S’il suffisait de beugler dans un micro (petit clin d’oeil à la "Star-Ac’" et sa sous-culture de m....) ou de taper dans un ballon pour réussir, ça se saurait !! Et de toute façon, il n’y aurait pas de place pour tout le monde. Vouloir cantonner les "blacks" et les "beurs" à des rôles de footballeur ou de chanteur de rap est réducteur, même s’il faut se féliciter de la réussite de certains.
    Confrontation permanente entre deux visions opposées de l’Education Nationale. D’une part les syndicats de "gauche" (souvent laxistes ou prétendus comme tels) parfois plus soucieux de leur petit confort que du savoir de leurs élèves (grèves et absentéisme à répétition). D’autre part les politiques de "droite" qui régissent le "mammouth" comme une entreprise privée qui doit être "rentable" ... sauf que ces opportunistes du porte-feuille ministériel inscrivent leurs gosses dans le privé, ils en ont les moyens ! Cherchez l’erreur ...
    Développement de la société de consommation, qui a décrêté qu’il valait bien mieux "paraître" plutôt qu’"être". Or pour cela, il faut consommer ... Malheureusement, ce n’est pas donné à tout le monde !! La fin de la "dictature" des marques chez les ados ne serait pas une mauvaise chose.
    Enfin, à la fois cause et conséquence des aspects évoqués ci-dessus, la démission collective de nombreux parents qui, pour avoir la paix, accèdent à tous les caprices de leur progéniture ou s’en débarrassent dans la rue, au pied des immeubles ... quand ils n’abondent pas dans leur sens à l’occasion (violences verbales ou physiques envers le voisinage, le personnel éducatif). Au fond, ce sont eux qui devraient "repasser au moule". L’école n’a pas pour fonction première d’inculquer la discipline et les valeurs morales ! Je ne parle pas des gens en grande détresse matérielle (précarité, chômage ...) ou psychologique (maladie, mono-parentalité difficilement vécue ...) qui ne savent plus vers qui se tourner ou n’osent pas.
    Je sais que tout ce que j’ai écrit est un vaste magma de sujets à peine ébauchés et sans doute schématisés par des clichés, et je m’en excuse d’avance auprès de celles et ceux qui auront eu la patience de me lire jusqu’au bout.

  • permalien
    13 avril 2009 @12h31   « »
    Ils ne comprennent que la force

    1) La Confédération Nationale du Travail (CNT) n’est peut-être pas hégémonique dans l’éducation nationale, mais elle possède une section dans l’établissement où a été tourné le film et son panneau d’affichage n’est pas une invention du réalisateur : il existe bel et bien !

    2) La CNT n’est pas une "organisation anarchiste" (comme vous l’écrivez). C’est un syndicat qui se réclame de différents courants, dont l’anarcho-syndicalisme certes, mais pas seulement. D’ailleurs, pas besoin d’être anarchiste pour adhérer à la CNT ! En étant syndiqués à la CNT, on peut même ne se revendiquer d’aucune idéologie précise. Par exemple, beaucoup de nos adhérents se définissent simplement comme des militants syndicalistes, d’autres comme des militants syndicalistes révolutionnaires et/ou de lutte de classe et/ou autogestionnaires. Encore une fois, la CNT est un syndicat, pas un parti politique !

    D’autre part, accoler une étiquette politique à un syndicat comme vous le faites est une entreprise délicate. Ainsi, vous n’êtes pas sans ignorer que la CGT et la FSU sont proches du PCF. Pourtant, rares sont les journalistes qui présentent la CGT et la FSU comme des organisations communistes (hormis dans une certaine presse). De même, vous savez certainement que FO est constitué très officiellement de plusieurs courants dont notamment un courant socialiste, un courant anarcho-syndicaliste et un courant trotskiste. Dés lors, pourquoi ne pas accoler l’étiquette « socialo-anarcho-trotskiste » à ce syndicat à chaque fois que son nom est cité dans la presse ? Je pourrai continuer sur le même registre en vous parlant de SUD et de la CFDT…

  • permalien gyhelle :
    13 avril 2009 @13h11   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Bah, y a une solution très simple au problème de la CNT : qu’elle arrête de pirater des symboles anarchistes, en premier lieu son nom et son drapeau rouge et noir.

  • permalien Ike :
    13 avril 2009 @14h22   « »
    Ils ne comprennent que la force

    24 Heures Chrono, série américaine réactionnaire mettant en scène un agent du contre-terrorisme, Jack Bauer.

    Oui mais non, 24 n’a rien de réactionnaire, bien au contraire.

    Prenons juste l’exemple de la saison 2 : des vilains terroristes supposément financés par un pays du moyen-orient complotent pour faire exploser une bombe A dans Los Angeles. Sauf que pas du tout : au fur et a mesure que l’histoire se déroule, on apprend que ces terroristes ont en fait été recrutés et financés par des intérêts pétroliers américains, et soutenus par certaines personnes hauts-placées dans l’administration US, les premier voulant tirer un bénéfice économique du déclenchement d’une riposte militaire contre ces pays du moyen-orient ( qui n’ont en fait absolument rien à voir avec les terroristes ), les second tirant un gain politique de toute la situation ( ils renversent le président démocrate en place).

    Les similitudes entre ce scénario et le 11 septembre et l’invasion de l’Irak sont quant même assez frappants, non ? Je rajouterais que le scénario de la saison 2 a été écrit en 2002, AVANT même que l’invasion prenne place, et à une période ou l’opinion publique américaine était en grande partie derrière l’administration Bush et sa rhétorique de vengeance. Intéressant de voir comment certains scénaristes hollywoodiens sont parfois en avance sur leur temps...

    Je ne développerai pas sur les autres saisons, mais on constate que c’est tout le temps des personnes hauts-placées dans l’administration qui sont plus ou moins directement derrière les événements. Dans la saison 5, c’est même le président himself (républicain !) qui est le chef d’orchestre derrière les attentats. Pas vraiment réactionnaire tout ça !

  • permalien Abraxas :
    13 avril 2009 @14h28   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Lecteur assidu (j’y fus abonné longtemps) du Monde diplo, je dois dire que cette fois vous avez crevé le plafond du crétinisme. Primo, la Journée de la jupe est un film — et la première question, que vous ne vous posez pas, est de savoir si c’est un bon ou un mauvais film (la même question se poserait pour Intolérance comme pour Ivan le Terrible). Ensuite, il traite de ce qui se passe à l’école : j’ai enseigné 13 ans en ZEP, et ce que raconte le film, je l’ai vu, et à de nombreuses reprises. Simplement, ce sont des comportements en général étalés dans le temps, que le film, à des fins de dramatisation typiques d’un certain cinéma pressé, rassemble en une heure et demie. Enfin, vous n’y avez vu et entendu que ce qui vous arrange : que le film parle d’un certain état de l’école (voir http://bonnetdane.midiblogs.com/arc...) ne vous effleure apparemment pas. Qu’il pose le constat de faillite des ZEP, ces Zones d’Exclusion Programmée, ne vous dit rien non plus. Qu’en proposant de remettre l’enseignant au centre du système, il s’insurge contre les folies de vos amis qui y ont mis l’élève et l’ont dissous dans leur propre médiocrité, peu vous chaut. Allez, revenez sur terre, et venez donc voir comment ça se passe effectivement, dans les collèges sensibles de région parisienne ou d’ailleurs.
    Quant à l’amalgame avec 24 heures, il est ridicule : quand on veut dire du mal de quelque chose, au Monde diplo, on le compare avec un produit américain, au nom du syllogisme bien connu :
    A ressemble à B, qui est américain.
    En tant qu’américain, B est le Mal.
    Donc A est le mal.

  • permalien Mercutio :
    13 avril 2009 @14h54   « »
    "Regarde-moi ou je m’énerve"

    La réalité des établissements scolaires classés ZEP et autre est au moins aussi variée que toute autre.
    En tant qu’enseignante (qui aime porter des jupes), je n’ai jamais assisté à de telles violences mais affronte souvent, et dois composer beaucoup, avec de nombreuses violences symboliques.
    Ces labels distinctifs (ZEP, Zone violence, PEP IV…), au départ, appelaient des moyens humains supplémentaires pour continuer de répondre aux ambitions républicaines de l’école publique. Aujourd’hui, ils sont surtout discriminants et il ne s’agit plus d’offrir une éducation scolaire qui puissent être équivalente à celle des autres établissements scolaires.
    Ce qui me frappe le plus est combien la demande d’attention, d’amour, de la part des jeunes est grande et démesurée au point qu’elle finit par être effectivement en décalage avec le projet scolaire. Elle vire assez souvent au "regarde-moi ou je m’énerve", demande des plus enfantines s’il en est.
    Quant à la jupe, les élèves – garçons et filles – savent, comme ailleurs, en apprécier la beauté.

  • permalien meriyem soltani :
    13 avril 2009 @16h36   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Mercutio représente bien la moyenne des jeunes enseignants, qui n’ont d’autres secours pour supporter l’insupportable, que le déni de la réalité qu’ils subissent au quotidien : " les élèves de ZEP sont en manque d’amour, ou ils souffrent de ceci ou de cela, ou les pouvoirs publics ne donnent pas assez de moyens, ou ils sont méprisés, ou incompris...". Or, le préalable à toute possibilité de changement réside bien dans la prise de conscience des causes de cette maladie de l’école que " La journée de la jupe" met bien en exergue.
    C’est précisément ce discours lénifiant ( excusez- moi Mercutio de le dire si crûment) qui en est responsable. Il n’y a rien à comprendre, les enseignants doivent enseigner et laisser aux spécialistes la charge de soigner les maux de la société. Les enseignants devraient cesser de jouer aux psychologues et aux assistantes sociales et obliger l’institution à assumer son choix par des structures propres à pourvoir aux maux personnels des élèves.

  • permalien Mercutio :
    13 avril 2009 @17h16   « »

    La maladie de l’école n’est pas les élèves !

  • permalien Ignacio :
    13 avril 2009 @17h39   « »
    Ils ne comprennent que la force

    ...Mais l’école n’est pas un hopital !!

  • permalien Ignacio :
    13 avril 2009 @17h42   « »
    Ils ne comprennent que la force

    la personne qui a écrit cet article devrait descendre de son nuage et faire un petit tour dans un lycée professionnel de la petite couronne de banlieue parisienne.

  • permalien une bille :
    13 avril 2009 @18h03   « »
    Ils ne comprennent que la force

    ... mais alors... que font les docteurs ?

    Qui osera rompre avec un enseignement "bourgeois", des populations ?

    Dans une approche toujours plus "performante" du progrès (malgré la grande baffe que vient de se prendre le "modèle"), qui est prêt à mettre le prix d’un réflexion en profondeur sur le sens de la formation des gamins, ces bouffeurs de PIB improductifs (avec les vieux) ?

    Le prétexte du racisme est la carte joker, dans cette recherche au profit immédiat. Car le futur, les responsables s’en foutent !

    Ce film ne peut pas être compris, si on ne se met pas une bonne fois pour toute dans la tête que tous les protagonistes, sont français de chez français, et que les injures ou les justification racistes que les uns et les autres se balancent à la tête, ne sont que des tentatives de nommer ce qui leur échappe.

    On ne trouvera pas ailleurs que dans la patrie des gavroches des comportements identiques, et surtout pas dans les cultures des ancêtres des ces enfants.

  • permalien agna :
    13 avril 2009 @18h49   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Oui Meryem...
    La dame qui a écrit cet article ne connait pas la réalité dont elle parle avec des a-priori, c’est bien théorique tout ça...
    Moi en tout cas, prof de Lycée Professionnel, femme, en anglais plus est, en industriel masculin pendant de longues années, je peux vous dire que la réalité décrite par Lilienfeld, je l’ai vécue parfois, surtout depuis 2002 (accélération de l’histoire) ; ce film a eu un effet catharsis,cristallisation de ce que l’on vit au quotidien et la lâcheté, la veulerie ambiantes (principal, collègues démagos qui caressent les élèves dans le sens du poil ...) sont bien réelles ! Madame la journaliste pétrie de bons sentiments, venez faire un stage dans certaines classes et vous aurez un tout autre discours, à moins de nier la réalité, c’est tellemnt plus commode ; la justesse de ce film et du jeu de Mme Adjani m’ont touchée, j’étais transie de reconnaissance, loin du Grand Déni Généralisé, vécu aussi à l’intérieur. J’ai pleuré devant tant de justesse, d’à propos. Vous savez qu’il règne dans certaines classes ce qu’on appelle l’Omerta, une poignée d’élèves exerce sa mafia et tout est renversé : l’élève travailleur est montré du doigt, traité de bouffon. Et l’on ne dit rien . On continue. Jusqu’où ? Pas de vague. Démerdez-vous, copinez avec la mafia et vous serez bien vu. Vous faites remonter des propos/comportements déviants ou inacceptables et l’on pointe votre insuffisance à gérer certaines situations : moi, j’ai souvent eu comme appréciation du proviseur : "des problèmes avec certains élèves" (! !) J’espère bien, on doit tout accepter alors ? Ah oui, il faut dialoguer ... Jusqu’où ? En fait vous êtes apprécié sur votre aptitude à encaisser, à garder toute cette merde pour vous, à faire semblant, à gérer votre merde sans faire de vagues et j’ai jamais su faire ... même au bout de 25 ans de carrière ; j’ai horreur des collabos...cette bonne paix sociale, sauvons les apparences et de temps en temps, un drame surgit out of nowhere et l’on s’étonne... Bravo Monsieur Lilienfeld, vous avez tapé droit dans le mille ! Quel magnifique politiquement incorrect ! Réveillez-vous les bobos de gauche bien-pensants ! Quelle magnifique actrice que je n’estimais pas à sa juste valeur ! Moi aussi, j’aimerais juste faire travailler les élèves, je ne suis pas une méchante raciste ! Croyez-moi !

  • permalien Gino :
    13 avril 2009 @18h54   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Je n’ai pas encore vu ce film, mais je pense que vous avez bien tort de lui réclamer d’apporter des solutions. Parler d’un problème véritable - à savoir la misère morale et intellectuelle qui semble fleurir dans certaines cités - constitue un progrès car persister à faire semblant que rien ne se passe n’aide franchement personne. Ne pas faire comprendre à un gamin qui mélange tout (notions religieuses fumeuses et clips de rap) que ses valeurs sont rétrogrades, confuses, et vont fabriquer un monde dans lequel lui même ne voudra pas vivre, ça me semble une bonne idée en soi. Éviter la bien-pensanterie (finalement le méchant, le leader, c’était un petit blond du nom de Martin) ou les happy-end façon "l’Instit" me semble aussi une bonne idée.
    Enfin je veux bien croire que "La journée de la jupe" ne soit pas un film génial mais c’est une question cinématographique alors, car l’intention, elle, est sans doute une voie à suivre.

  • permalien Edmont :
    13 avril 2009 @19h12   « »
    Ils ne comprennent que la force

    @Abraxas :

    « quand on veut dire du mal de quelque chose, au Monde diplo, on le compare avec un produit américain, au nom du syllogisme bien connu : A ressemble à B, qui est américain. En tant qu’américain, B est le Mal. Donc A est le mal. » dites vous.

    Vous n’avez, semble-t-il, pas bien lu le Lac des signes : ce billet, celui-ci, et celui-là devraient remettre en cause vos fières certitudes.

  • permalien AIO :
    13 avril 2009 @19h19   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Je me demande combien de types sont payés, en juppe, en jean ou en short pour venir répéter les mêmes messages sur les sites du monde diplo. Il y a des structures mentales, et de faux arguments d’une telle mauvaise foi que les bras vous en tombent. On a même plus envie de répondre dès lors que l’on voit qu’une personne se répond à elle-même sous un autre pseudonyme et a, en plus, l’imbécile réflexe de croire que ça ne va pas se voir. Je me demande s’ils sont des membres de l’Etat-parti ou s’ils sont simplement fous. Vous ne savez pas moi je sais. Et mon oeil ? A vous êtes prof, alors dans les jeunes, nous les vieux on sait. Et mon oeil ? Vous vous êtes théoriques et moi je sais. Ces non-arguments sophistiques sont particulièrement polluant, sans oublier ceux qui prêtent grâce à quelques détours fantasmagoriques aux autres des idées qu’ils n’expriment pas. Bref, par affabulation, assignation ou attaque ad hominem.

    Laissez tomber les masques, ça ira mieux, au moins vous ferez preuve d’un peu de dignité.

  • permalien Ignacio :
    13 avril 2009 @19h24   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Et ça y est ! les soupçons de Lepenistes infiltrés...
    ça signifie pour moi la fin du débat. La cloche a sonné, la récré est terminée. Adios

  • permalien Surpris d’un tel article :
    13 avril 2009 @19h27   « »
    Ils ne comprennent que la force

    D’accord avec le commentaire d’Abraxas.

    Cet article part dans tous les sens.

    L’éducation dépasse la politique, dépasse le politique.

    Le film est loin d’être parfait mais il a le mérite d’être là.

  • permalien Koestler :
    13 avril 2009 @19h30   « »
    Ainsi la Gauche se suicide

    C’est vraiment chiant cet angélisme à la con. Ça fait des décennies que ce genre de vision religieuse où le monde se divise en bons et méchants tue l’esprit progressiste à petits feux ; et vous continuez encore et toujours. Vous n’avez toujours pas compris et il est vraisemblable que vous ne comprendrez jamais que vos tabous sont vos limites mentales.

    C’est ainsi que la Gauche institutionnelle se suicide. Vous êtes définitivement experts en sadomasochisme.

    Désolé de vous le confirmer, il y a aussi des gens dangereux chez les pauvres. Mais vous êtes sans doute trop jeunes pour savoir qu’Hitler recruta une partie de ses nervis dans le lumpenprolétariat (on a le droit de le dire ou bien est-ce trop complexe à débattre et donc tabou ?).

    René (ancien instit’)

  • permalien
    13 avril 2009 @19h34   « »
    Ils ne comprennent que la force

    @AIO,

    dans votre énumération, vous avez oublié l’incontournable commentateur de commentaires, grâce aux copier/coller duquel un souffle quasi divin vient illuminer la misères des interventions et témoignages de ces malheureux qui répondent à l’invitation d’ajouter un commentaire.

    Copier/coller, puisque son propos est par définition indépendant du sujet.

  • permalien Katia :
    13 avril 2009 @20h28   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Tant que la critique est possible, toute production est bonne. Et si cette profession connait le plus de déprimés (avant ou après les policiers), nous ne pouvons nier que les exigences de cet emploi sont à réviser. Que quelques éléments par classe perturbent les cours est indiscutable et ce film pourrait ouvrir sur la recherche de pistes de travail pour qu’ils soient pris en charge autrement. Celà ne semble pas inconcevable.
    Aussi et pour finir, ce film est certainement une très bonne soupape de sécurité pour engager des débats ouverts et ... constrctifs. je pense que votre journal (que j’apprécie par ailleurs pour son impartialité, le plus souvent) devrait parfois sortir de ce ton moraliste (comme ceux que vous dénoncez Sourire) pour s’appliquer à une réflexion de qualité, de programme ... Pourquoi pas. Bien cordialement,

  • permalien johnmarguerite :
    13 avril 2009 @22h10   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Bonjour

    Rien sur l’article de Philippe Meirieu à propos de "La journée de la jupe"

    Rien sur l’article de Luc Cédelle

    Rien sur l’article du Bondy Blog

    Aucune réflexion sur l’état de l’instruction publique en France.

    Rien, dans toutes les interviews données par Lilienfeld, qui puisse justifier les procès d’intentions qui lui sont faits ici et chez Fontenelle.

    Rien sur les raisons personnelles qui ont poussé Lilienfeld à tourner ce film : c’est tellement plus simple d’insinuer qu’il a tout pompé sur "Les territoires perdus de la république" !!!

    Tout ce que vous faites, c’est de détruire "La journée de la jupe" à travers ce qu’en disent Ripostes Laïques et Finkielkraut.

    Vous n’avez même pas l’honnêteté d’aller au bout de votre démarche et de citer ce que dit sur ce film l’auteur de "L’école ou la guerre civile" (vous savez bien de qui je veux parler, n’est-ce pas ?) et ce qu’il disait il y a un peu moins d’un an du film "Entre les murs".

    Bref, rien à sauver dans votre article sinon que vous avez insulté tous les profs de collèges qui se sont reconnus dans Sonia Bergerac et qui échappent à VOS clichés.

    Si vous saviez pourtant comme ils sont nombreux !

  • permalien emcee :
    13 avril 2009 @23h50   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Quelles étaient les intentions du metteur en scène ?

    Dénoncer le délabrement du système scolaire et donc, éveiller les consciences ? Faire un documentaire sur les quartiers "difficiles" ? Permettre de mener une réflexion globale sur l’état de l’enseignement en France ?
    Dénoncer le fait qu’on laisse lâchement les enseignants se débrouiller dans des situations auxquelles ils ne sont pas préparés ? Ou tout simplement raconter une fiction ?

    La majorité de ceux qui ont vu ce film l’ont aimé et trouvé criant de vérité.
    Ah ? Expérience personnelle ou est-ce l’idée qui est véhiculée sur les écoles des quartiers "difficiles" ?
    De plus, c’est donc bien que le film ne pouvait être confondu avec une fiction, non ?

    Mais, à l’issue de ce film, que demandent donc ses aficionados pour que les choses changent ? Qu’on donne des moyens aux écoles des quartiers défavorisés, qu’on envoie des profs dûment formés et volontaires, qu’on donne les moyens aux enseignants et autres professionnels non-enseignants (Co-psy, médecins, infirmier(e), éducateurs, etc. dont de nombreux postes ont été supprimés par le gouvernement précédent) de travailler en équipe et différemment, etc. ?

    Savent-ils seulement que l’existence des RASED, qui ont pour mission de fournir des aides spécialisées à des élèves en difficulté au primaire est remise en cause, savent-ils que la classe de maternelle est, elle aussi, menacée, que la formation des maîtres et bien d’autres dispositions vont être mises à la trappe par la volonté d’idéologues, ces mêmes idéologues qui se lamentent sur la situation dans les ZEP ?

    Qui donc décide de ces mesures ? Les enseignants ou les gens au pouvoir et leurs "conseillers" ? Quand a-t-on réellement consulté les enseignants (la base, pas les philosophes qui enseignent à Sciences Po ou autre grande école) et tenu compte de leur avis ? Quelle réforme ministérielle a véritablement amélioré la situation scolaire ? Et pourquoi chaque ministre de l’éducation tient-il à laisser son nom à une nouvelle réforme si la précédente était satisfaisante ?

    Cela pour une partie du contexte.

    Alors, parler de l’Ecole en montrant des stéréotypes, en stigmatisant une fois de plus les jeunes des quartiers sensibles, ce n’est pas parler de l’Ecole. Cela ne sert qu’à conforter l’opinion publique dans l’idée que la faute incombe aux élèves alors que tout va bien par ailleurs. Et, comme par hasard, ces feignants perturbateurs, ce sont les "sauvageons" majoritairement basanés.

    Alors que la prof est hystérique, qu’elle les insulte gravement (ce sont des ados !), c’est elle qui est rendue sympathique, elle, une Arabe, qui a su s’"intégrer", c’est-à-dire occulter toute la culture de ses parents, prétendant qu’elle ne parlait pas arabe à cause de la "laïcité", ce qui est pédagogiquement stupide.

    à suivre ...

  • permalien emcee :
    13 avril 2009 @23h57   « »
    Ils ne comprennent que la force

    (suite et fin)

    Parce que c’est ainsi qu’on veut voir les gens issus de l’immigration : surtout qu’ils ne ressemblent pas à des Arabes et qu’ils appliquent la "laïcité" à la lettre.

    Evidemment, les problèmes sont bien plus grands dans les quartiers à concentration de pauvres, de fort taux de chômage et d’avenir peu radieux. Justement, parce que le système n’est pas fait pour les plus démunis. Le système profite à la bourgeoisie, qui se perpétue grâce au système éducatif élitiste, aux cours particuliers et aux réseaux influents auxquels elle a accès.

    Pour tous les autres, l’école ne reproduit dans l’ensemble que les schémas de la communauté dans laquelle les enfants évoluent. L’ascenseur social, si tant est qu’il ait existé, n’existe plus.

    Et, enfin, je voudrais dire que, bien sûr, il existe des jeunes violents, destructeurs et incontrôlables, ils ont toujours existé dans toutes les sociétés, mais ils sont minoritaires et ces jeunes qui vivent dans les quartiers, s’ils sont généralement plus fragiles que d’autres, plus à fleur de peau, c’est que leur quotidien est rude et leur avenir plus incertain que les autres (pourquoi l’école serait-elle un sanctuaire quand même les plus assidus ont peu de chances de trouver une place au soleil ?).

    Ce qu’ils demandent avant tout, comme tout être humain, c’est du respect. Or, c’est ce qu’on leur refuse, dans la vie, et à l’école, en les traitant de nuls, en ne valorisant pas leurs connaissances et en ne les écoutant pas.

    Et, là, ce film, s’il montre certaines réalités abruptes des écoles des quartiers difficiles, oublie, en la stigmatisant et en la stéréotypant, de donner à cette jeunesse sa dimension humaine.

    En conclusion, madame Chollet, je suis tout à fait d’accord avec votre analyse.

    (Je suis vraiment désolée pour la longueur de ce commentaire).

  • permalien agna :
    14 avril 2009 @00h28   « »
    Emcee ou la culture de l’excuse

    c’est çà, du respect pour les caïds qui imposent leur loi dans la classe, laissons-les nous mettre au pas...de la barbarie, laissons-les nous tyranniser sans rien dire...comprenez-les ces pauvres petits, en fait, ce sont eux les victimes ! ON MARCHE SUR LA TETE (mais ça, je le savais déjà).

  • permalien Révoltes Logiques :
    14 avril 2009 @00h29   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Bien content de trouver ce texte qui rompt avec le consensus autour de ce navet.

    Un petit billet de mon cru (avec quelques fautes de frappe) : http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...

  • permalien emcee :
    14 avril 2009 @01h10   « »
    Ils ne comprennent que la force

    @ agna, rien compris de ce que j’ai dit ? Je n’excuse pas les "caïds" (ils n’ont souvent pas leur place dans une classe telle qu’elle est conçue aujourd’hui, peut-être faudrait-il réfléchir à quelles structures les réintègreraient ?) mais ils sont très peu nombreux. (Les autres sont plus paumés que nuisibles).

    Ce n’est pas une raison pour faire les amalgames avec les autres et les rejeter en bloc. Mais pour cela, il faut se débarrasser de ses préjugés.

    Mais la société toute entière cherche à se débarrasser de la jeunesse. A fortiori basanée. Il n’y a qu’à voir avec quel mépris elle traite, entre autres, ceux qui manifestent.

    Une société qui refoule sa jeunesse est une société de vieux cons, passez-moi l’expression, mais je n’en vois pas de plus claire.

  • permalien tim :
    14 avril 2009 @09h23   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Du calme, le film montre les effets de la violence-pourquoi les contester- mais il ne montre pas les causes (déstructuration, ect..).
    Ce qui permet aux uns de crier au racisme ,et aux autres à l’angé-
    lisme .Reste la qualité de l’interprétation,ça compte un peu,non ?

  • permalien Karim B., Montréal :
    14 avril 2009 @09h56   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Ce film devrait gêné n’importe quel esprit qui se respecte.

    C’est un film réactionnaire de la droite type.

    La populace de France aurait-elle déjà été sage et tranquille dans un passé quelconque ?

    Il n’y avait-il pas eu des "caids", des violeurs, voleurs, agresseurs et assassins en France en grand nombre depuis le dernier millénaire ?

    La pauvreté, le chômage, l’exclusion et la stigmatisation d’une partie de la population sont-ils des faits nouveaux en France ?

    Ces fléaux sont-ils tous débarqués du Sud de la Méditerrannée au cours des 40 dernières années ?

    Le fait que nombre de pauvres en France soient noirs et arabes, vivent en ville et constituent une proportion importante des classes populaire (même pas majoritaire)COLORE la réalité des problèmes liés à la marginalisation et la pauvreté en France.

    Cela soulage la conscience de la majorité franco -francaise, blanche, laique ou chrétienne qui peut se dire que les problèmes sont venus d’ailleurs et que c’est l’arabo-négritude et l’Islam qui sont à blâmer pour les travers de la société.

    Et une fois de plus la gauche est accusée de ne pas être assez guerrière.

    Sérieux...Les cités dortoirs françaises sont vraiment une des pires créations dont la France a jamais eu le malheur de d’accouché.

    Croisade chrétienne ou laique
    par les scriboulleurs du vide
    maudissant Seine-st-denis, l’Irak et l’Afrique
    Choc des civilisations et inconscient coloniale
    qui se jouent dans chaque réplique :
    pathétique...

  • permalien floreal :
    14 avril 2009 @10h46   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Il y avait des violeurs voleurs et caids avant l’immigration maghrebine effectivement, mais ils n’étaient pas EN PLUS musulmans, et personne ne réclamait de voiles ni de menus hallal ni aucun autre "accommodements raisonnables".

    Ce que vous oubliez toujours, comme Chollet et tous ceux qui tiennent le meme discours, c’est que 90 % de la population française n’a jamais colonisé personne, n’a seulement jamais mis les pieds aux "colonies", et vivaient dans les mines et les usines dans des conditions guère différentes des "indigènes". Pas plus que la majeure partie d’entre eux ne va aujourd’hui à Montréal ; ils n’ont pas meme de quoi partir en vacances à 200 km de chez eux.

    Et les syndicats des années 60 (qui étaient par ailleurs anticolonialistes) NE VOULAIENT PAS de l’immigration, pensant que l’arrivée massive d’immigrés aurait cassé les salaires et les revendications ouvrières de l’époque ET ILS AVAIENT RAISON PARCE C’EST CE QU’IL S’EST PRODUIT. Les gens pensaient d’ailleurs à l’époque qu’ils étaient là momentanément pour se faire un pécule et qu’ils seraient REPARTIS, pas qu’ils se seraient établis ici.

    Maintenant ils sont là et la situation est ce qu’elle est, et elle est le fait du patronat, pas de la population française, qui doit faire avec dans des quartiers qu’elle fuit dès qu’elle en a la possibilité.

    Quand on lit l’article de Chollet, la première chose qu’on se demande est si a déjà vécu en banlieue, si elle connait des enseignants dans ce genre d’école. Evidemment non, parce que sinon elle n’aurait jamais écrit un texte de ce genre, si méprisant à l’égard des enseignants, des femmes surtout, qui y ont été insultées, injuriées, malmenées.

  • permalien johnmarguerite :
    14 avril 2009 @10h53   « »
    Ils ne comprennent que la force

    De toutes façons, sur cet article, avec la phrase extraite ci-dessous, tout est dit :

    "Il n’est pas certain que les professeurs qui, par désarroi, encouragent la diabolisation de leurs élèves fassent le bon calcul."

    On a coutume de dire que l’erreur est humaine, à condition de ne pas perséverer.

    Mais il y a pire encore : perséverer dans son erreur et continuer à culpabiliser ceux qui ne demandent qu’à faire leur travail.

    Continuer à douter de ce qu’ils ont vécu, continuer à minimiser leur désarroi qui cache forcément de bien douteux calculs.

    Continuer à douter même de la connaissance qu’ils ont de leur environnement de travail.

    Et enfin, le plus insultant, le plus méprisant, convoquer Jack Bauer pour leur faire la morale, à ces maudits profs ! (mais qui donc parlait de comique involontaire ?)

    Tout cela trois semaines après la sortie du film, trois semaines à construire un argumentaire qui ne tient pas, qui s’obstine à rester à la surface des choses, par quelqu’un qui NE VEUT PAS en savoir plus sur l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, du calcul, sur la relation maître-élève.

    Quelqu’un qui ne s’intéresse au désarroi des profs QUE pour se demander quel sorte de calcul peut bien se cacher derrière !!!

  • permalien Yvan :
    14 avril 2009 @11h33   « »
    Ils ne comprennent que la force

    L’analogie evec Jack Bauer n’est peut-être pas aussi innocente que ça. Elle apporte des informations sur les méandres culturelles, qui aboutissent à une telle condamnation.

    En effet, Kiefer Sutherland, qui joue le rôle de Jack Bauer, s’est aussi illustré dans un film de 2006 The Sentinel, à la gloire des USA et de ces nouveaux chevaliers que sont les membres des services secrets face aux méchants terroristes un peu islamistes, mais pas vraiment.

    Là où les méandres interviennent, c’est que ce film est un détournement d’un livre de Gerald Petievich qui n’est pas du tout au service de la gloire des services secrets US, puisque toute la machination ourdie contre le héros à pour origine une affaire de cul entre le président et la First Lady. On y voit une machine anti-terroriste énorme se mettre en marche pour une histoire de placard.

    Nous sommes passé dans le monde du story-telling.

    Tout ça pour dire que d’amalgame en amalgame, d’analogie en approximation, on fini toujours par avoir midi à sa porte.

  • permalien Jean-Luc :
    14 avril 2009 @12h23   « »
    Un film dérangeant

    A Mona Chollet,

    En 1h30, ce film condessence de nombreux problèmes vécus par une grande partie des profs et des populations. Délitement de la cellule familiale, culpabilisation générale, angélisme bobo, etc. ; la "journée de la jupe" contrairement à ce que vous écrivez relate le quotidien de nos banlieues, lieux que vous ne connaissez manisfestement pas où qu’à travers un prisme déformant. Vous y trouvez cette misère sociale, fruit de 50 ans, de non politique d’intégration et de ghettoisation de populations immigrées ; mais aussi, des lueurs d’espoir grâce à des jeunes qui se battent contre ce carcan pour se sortir et exister.
    Je vous invite à aller dans les ZEP et interroger ces profs esquintés après seulement 2 années d’enseignement, car confrontés à des situations ne rentrant pas dans leur rôle. Ils doivent être assistante sociale, grand frère, psycholoque, éducateur spécialisé et quant ils le peuvent profs. Ma compagne a été prof et a tenu 5 ans, mais, elle était fatiguée des remarques sexistes, de trouver son casier rempli de courriers salaces, de ne pas se sentir soutenu par les autres profs et sa hiérarchie, d’avoir les pneus de sa voiture crevés (4 fois), de découvrir des cadeaux "délicats" dans sa voiture (rats crevés, capotes usagées, etc.). Aujourd’hui, elle s’est reconnue dans cette Bergerac, alors oui, cela change de l’angélisme d’Entre les murs ou d’autres films plus proches de votre conception de l’école.
    Peut être que ce film va permettre un réveil et que nous allons enfin redistribuer les rôles de chacun et les mettre devant leurs responsabilités : aux parents, l’éducation et aux profs, l’instruction.

  • permalien sonia :
    14 avril 2009 @14h07   « »
    Ils ne comprennent que la force

    je n’ai pas vu le film mais a mon avis,une communaute ou les femmes et les profs sont respectes peut deplacer des montagnes.Il y a la responsabilite des puissants et puis la responsabilte individuelle qui,si on en prend conscience et que l’on s’en sert devient un vrai pouvoir,qui peut veritablement changer la donne.je n’ai pas lu les ouvrages de madame Chollet mais il me semble que je l’ai entendue une fois sur france culture,elle intervenait dans une emission sur le feminisme ,et elle coupait de temps en temps la parole a des militantes associatives pour expliquer combien leur action quotidienne dans les quartiers ’sensibles’ et sa mediatisation n’etait en fait qu’une facon deguisee de stigmatiser les hommes issus de l’immigration.bien.si il s’agit d’elle,je suis tres curieuse de lire ses ouvrages qui vont sans doute m’edifier,puisque mon experience personnelle est en contradiction avec les verites qu’elle semble defendre.une question a se poser est:doit-on ou non croire a son experience personnelle ?n’est-elle pas finalement,purement subjective ?et deformee par le prisme des medias qui dispensent une ideologie que l’on finit par interioriser ?c’est la question que je poserais volontiers a des proches qui resident en lozere depuis une trentaine d’annees(mes parents),qui n’ecoutent pas la radio ,ne regardent pas la tele et qui ne lisent que le monde diplomatique.Si je trouve leur experience de citoyens ruraux passionante,en revanche eux,n’acceptent d’entendre de mes experiences urbaines que celles qui abondent dans l’idee qu’ils se font de l’organisation du monde,de la societe,et qui est en accord total avec les arguments developpes dans les papiers du monde diplomatique,leur bible en quelque sorte.qu’il en aille du traitement des employes et des retraites,du nationalisme en russie(ou j’ai un temps reside)comme des conditions de travail en chine ou d’un sexisme que je trouve particulierement virulent dans certains quartiers de la banlieue parisienne,je me fais souvent traiter par eux de’social democrate’qui anonne betement ce que les medias’dominants’ m’ont fait rentrer dans la tete.Devant tant d’assurance et peu de place laissee au debat ,je finis ,en effet,par m’interroger sur la famille politique(sans doute hybride,impure) a laquelle j’appartiens.Quant a la place des femmes,puisqu’il en est indirectement question dans l’article de Mona Chollet,qui evoque une femme prof interpretee par Isabelle Adjani,je me demande pourquoi la lutte feministe est toujours passee au second plan,au nom de causes plus nobles,plus ’universelles’,plus urgentes,voire aujourd’hui,au nom d’une contradiction(?)avec la defense des classes populaires issues de l’immigration,ou d’un ethnocentrisme belliqueux.a mon avis,il n’y a pas,sur cette terre,de cause plus noble,plus universelle et plus urgente que la cause des femmes.Et si ce film,porte,entre autres ,ce message,alors son realisateur ne peut personnellement m’inspirer que de la sympathie.

  • permalien Charles Martel :
    14 avril 2009 @16h29   « »
    Politique de l’autruche.... ?

    « Cachez donc ce film qui ne correspond pas à nos stereotypes ! Cachez donc aussi cette vidéo d’agression dans un bus de la RATP !! _ »

  • permalien Arona :
    14 avril 2009 @17h35   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Franchement c’est une analyse particulièrement pertinente et juste sur la réalité du discours néo-raciste en France au sujet des populations des cités. Aujourd’hui même on annonce un nouveau plan contre l’excision sur la base de chiffres "extrapolés" au dire même du Monde de ce soir.
    50 à 65 000 jeunes filles menacées soit disant ! Mais ce n’est pas grave, en France au nom d’un schéma de pensé qui suinte le racisme, il est permis de s’affranchir des réalités et de travestir les chiffres de l’INED (chiffre en l’espèce sur un solde migratoire) pour prétendre une autre chose. Tant qu’il s’agit de cracher sur les jeunes des cités et les parents de ces jeunes pas de problème !

    Arona

  • permalien AIO :
    14 avril 2009 @17h35   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Est-ce que cette bande de bien pensant cohabitant pour la plupart dans des têtes communes, ces pseudo schizophrènes du parti vont poser la vraie question, celle qui abaissera un dernier tabou ?

    Est-ce que Mona Chollet est brune ou Blonde ? Et surtout : est ce qu’elle porte des jupes quand elle coupe les autres militantes dans les émissions radio ?

    Voilà la question iconoclaste !

    Lozère will never die !

  • permalien Adam :
    14 avril 2009 @17h39   « »
    Ils ne comprennent que la force

    @Mona Chollet

    Merci pour cet article et cette analyse o combien juste du film.

    Après la "droite décomplexée", on a maintenant droit à la "la haine professée" : le pire, c’est que cette haine et produite par l’argent du contribuable (ARTE)

    Qu’une chaine publique sème ce genre de discours ne parait pas émouvoir grand monde, et après on se demande pourquoi les préjugés du "noir violeur" ou "arabe voleur" sont-ils si ancrés dans la société française ?! Pourquoi on les regarde toujours comme des "étrangers" , des "non français" ou des "français de second zone"

  • permalien Bootsy :
    14 avril 2009 @18h14   « »
    Mmmm....

    Effectivement, ce film est nul.
    C’est le coup classique du réalisateur raté, qui n’a sorti jusque-là que d’immondes bouses, et qui décide de sauver sa carrière en faisant un film choc, avec en sus une grande actrice (sur le plan technique, du moins...)
    Les personnages sont effectivement des caricatures, le "méchant" doit absolument être dénué d’humanité, l’héroine hollywoodienne est entourée de lâches gauchistes et doit faire le travail toute seule, ou avec le concours de rares mecs "qui en ont", dans le plus pur style Ayn Randien.
    Bref, je me demande même s’il faut analyser Lilenfield à fond, ce mec est tellement con qu’il est très possible que les références, métaphores et thématiques du film soient de simples accidents.
    La contestation de mai 68, la provocation souvent gratuite à l’égard des musulmans, ces "barbares" (en utilisant pour cela les femmes libérées de mai 68, douce ironie...).
    Toutes ces thèses que l’on retrouve chez les imbéciles incapables de comprendre que la culture musulmane est différente de la notre, et qu’il faut un temps d’adaptation, et surtout de bonnes conditions, pour y intégrer la culture occidentale et son image de la femme.
    Que penser alors des Baruyas, qui font boire du sperme à leurs enfants ?
    En prison ?
    A la douche ?
    Culture occidentale qui ferait d’ailleurs bien de se demander pourquoi on retrouve des paires de nichons jusque dans les pubs pour les yahourts.
    Quelque chose à prouver, peut-être ?
    Si en plus, on parque ces jeunes-musulmans-pauvres-banlieues (qu’est ce que c’est bon, les amalgames !) dans des barres d’immeubles grises pourraves, qu’on les stigmatise jusqu’à ce qu’il s’identifient à cette stigmatisation, en prenant BIEN SOIN de ne PASSSSSS les mélanger avec les blancs des beaux quartiers, en s’assurant qu’ils ne pourront jamais s’y payer quoi que ce, ni même ceux des quartiers tout court, soit, même pas une cabane, alors on obtient des gens qui s’intègrent mal.
    Faites la même expérience avec des jaunes, des blancs, des rouges, des bleus, des violets, quelque peuple de quelque couleur que ce soit, et vous obtiendrez les mêmes résultats, et le même nombre de "monstres" au m².

  • permalien Bootsy :
    14 avril 2009 @18h14   « »
    Suite

    Il est donc aussi inutile de critiquer "Mouss" que de critiquer Sarkozy, il ne sont que des produits de leur environnement, faites les assassiner 5, 50, ou même 500 fois, il y aura toujours des candidats au poste.

    J’aimerais également saluer l’auteur de cette article, une femme, car il est beaucoup plus difficile d’avoir du recul sur la question du voile quand on se sent solidaire de son sexe.
    Les musulmans ont la capacité d’empathie, aiment leurs proches (et oui !), ils nous sont donc identiques en tout points.
    Simplement, il subissent le choc frontal de leur culture avec la notre, et ne sont pas franchement aidés dans leur quête pour l’intégration.
    Ont en-t-ils seulement envie ?
    Si résumer la femme à une paire de fesses, c’est la libérer, si intégrer les gens, c’est les parquer ensemble, si l’école est laïque, gratuite et républicaine, mais pas pour les riches, si on pense pouvoir un jour être fier de ça, alors en effet, il est facile de s’intégrer, ca doit même se faire en 5 minutes...

    Deux solutions :
    - Revoir l’urbanisme, faire en sorte que tout le monde se mèle avec tout le monde, sans distinction de couleur ou de classe, en y mettant les sous qu’il faut, quitte à couler les banques.
    En effet, ca coutera cher, mais ce sera la fin des ghettos.
    Il faudra, en sus, supprimer les écoles privées.
    Les pauvres ne sont pas les seuls à s’entasser aux mêmes endroits.

    - Mettre des flics jusque dans les salles de classe.
    Si on veut continuer avec notre splendide politique d’urbanisme, c’est comme cela que l’affaire finira.
    Ca n’a pas l’air de déranger, au moins.

    Evidemment, toute critique de gauche est teinté d’angélisme, puisque qu’on croie encore et toujours que l’homme mérite et est capable de mieux, alors qu’il est incontestable qu’il est aussi capable de tuer froidement 6 millions de juifs, un peu moins d’arméniens mais pas pas mal quand même, et surtout, 10 fois plus d’africains, pour des histoires de mines, de brevets et de colonialisme.
    Pour croire encore en l’homme après ca, il faut être plus borné qu’un curé.
    Pas grave, on assume !

  • permalien Charles Martel :
    14 avril 2009 @18h25   « »
    Un point.

    @Bootsy

    ...alors qu’il est incontestable qu’il est aussi capable de tuer froidement 6 millions de juifs...

    Bravo, vous avez marquer un point Godwin..

  • permalien Hugolabalafre :
    14 avril 2009 @18h29   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Eh bé ! que d’arguments déjà mille fois entendus que ceux des commentaires de cet excellent articles de Mona Chollet. Alors, si il faut y avoir habité pour parler des banlieues, et bien, j’en ai fait un paquet dans ma vie de classe populaire et je ne suis pas tombé dans le racisme latent que beaucoup expriment dans ces commentaires, dans la stigmatisation des minorités, dans la haine et la culte de la vengeance...

    Ce film est une caricature, une vision idéologique qui sent pas bon et les mauvaises odeurs apparaissent dès le titre "la journée de la jupe". Allons, soyons sérieux, on est vraiment dans la vision de la société de Finkelkraut, de Zemmour, en plein dedans. Arretons de rivaliser à celui qui connaitra le mieux la réalité. Sans doute sont-ce ceux qui ont bossé le sujet de façon approfondie par des enquêtes fouillées et sociologiques, un gros travail de fond sur plusieurs années qui pourrait le plus témoigner de la réalité... Et pas vraiment ceux qui sont au coeur des quartiers difficiles, de ses écoles, etc. Ils n’ont qu’un petit échantillon de la réalité et leur ressentiment empêche un regard posé, à froid, nuancé... Ils ont valeur de témoignages mais pas de synthèse de la situation, car là on a besoin, n’en déplaise à certains, de ces "intellos bobos, éloignés de la vérité" (et j’en passe) pour faire la réunion des infos, des chiffres, des cartes etc. pour une bonne vision d’ensemble loin des clichés et des fièvres...

    Effectivement, le débat facile de prendre directement le contraire extrême de ce que dit M. Chollet, genre "alors vous dites que c’est des bisounours..." c’est d’une facilité et d’un manque d’arguments flagrant, d’un emportement dans un débat de colères et de haine.
    J’aime cet article et il est juste. Comme la plupart des travaux de Chollet, il touche plus au ton, au champs du traitement d’un sujet, de l’axe et de l’angle de vue et du fond. Ainsi, je viens de finir "L’Orientalisme" de Edward Saïd, éminent intellectuel palestinien, disparu il y a quelques années, et ce bouquin génial révélant nos tendances à "orientaliser l’Orient" (Orient qui devient en fait tout le Sud, tout ce qui est autre que l’Occident en fait) et particulièrement son peuple par des clichés, des stéréotypes nés de la haine de l’autre, du fantasme de l’invasion et d’une longue colonisation. Ce que cet excellent article montre, c’est que cet "orientalisme" raciste est toujours vivant, on retrouve toutes les images de l’oriental (enfant éternel, obsédé sexuel, fainéant, dangereux, voleur/violeur, etc.) face à cet Occident, pur et virginal, rationnel et vertueux, qui enfin doit réagir devant l’invasion, fantasme plusieurs fois séculaire.

    Bravo Mme Chollet, Saïd aurait apprécié ce très bon taff d’"orientalisme" dévoilé.

  • permalien une bille :
    14 avril 2009 @18h42   « »
    Ils ne comprennent que la force

    @Bootsy

    Deux solutions :
    - Revoir l’urbanisme
    - Mettre des flics jusque dans les salles de classe.

    Pourquoi voulez-vous remettre en question une politique d’urbanisme initiée dans les années 60 et qui montre comme ce film l’indique sa pleine efficience, puisqu’elle écarte les pauvres des centre historico-touristiques des villes.

    Pour mettre des flics dans les classes, il faudrait qu’il y ait des dividendes à protéger, ne rêvez pas (c’est vrai que vous vous déclarez de gauche !).

  • permalien sonia :
    14 avril 2009 @19h11   « »
    Ils ne comprennent que la force

    la cause des femmes c’est quelquechose d’autrement plus ambitieux que de pouvoir montrer une paire de fesses pour vendre un pot de yahourt...mais certains semblent en avoir une vision limitee.lozere s’ecrit bien avec un accent,mais je n’en dispose pas sur mon clavier,et enfin,une societe qui respecte ses enfants peut deplacer des montagnes,au meme titre qu’une societe qui respecte les femmes et les profs.par respect des femmes j entends la possibilite de les considerer comme des etres humains comme les autres,avec les memes opportunites ,les memes droits et la meme valeur accordee a l’expression de leur humanite qui ne soit pas,sans cesse,ramenee a leur sexe.par respect des profs j entends le respect de la mission d’educateur et de la transmission du savoir qui est benefique a tous.et enfin je n’oppose pas la notion de responsabilite individuelle a celle de responsabilite des puissants.Nous,en tant que personnes ,nous avons le pouvoir de faire evoluer le monde,et de placer les puissants face a leurs responsabilites,a condition que nous nous considerions nous-meme comme des puissants,forts de nos responsabilites individuelles.voila ce que je voulais ecrire.enfin,il est possible que j’aie ecrit et que je pense plein de conneries(pardon pardon),mais si j’abonde dans le sens des autres commentateurs pour ce qui est des raisons d’un contexte social tendu,et que je partage aussi exactement les memes idees sur ce qu’il faudrait faire pour ameliorer ce contexte,ca ne m’empeche pas de trouver l’angelisme inopportun,et le mepris du vecu de certains d....disons irritant.

  • permalien Anonyme 13 :
    14 avril 2009 @19h15   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Éléments pour une histoire immédiate de la "Journée de la jupe".

    @ une bille et à d’autres

    Avez-vous lu l’article de Israel Bartal, Inventing an Invention, montrant l’imposture de Shlomo Sand ? Faudra-t-il que je le traduise ?

  • permalien agna :
    14 avril 2009 @19h30   « »
    prof d’anglais de LP, femme, vieillissante (24 ans de bouteille), contre la banalisation de la barbarie

    à Bootsie et Hugo la Balaffre

    "ce film est nul" "réalisateur raté" ’tellement ce mec est con (en parlant du réalisateur) " les imbéciles" ...Bootsie, vous suintez la haine que vous dénoncez par ailleurs (avec votre suffisance anti-raciste bien pensante qui est un leurre et pas chère à endosser) ; Hugo, c’est ça,
    recrutons les sociologues, ils savent tout décortiquer et synthétiser, laissons les gens de terrain dans leur merde, ils ne sont qu’un épiphénomène, leur point de vue est partiel donc partial, trop loin des belles théories ...qui provoquent ou laissent faire les tyrans, les barbares QUELS QU’ILS SOIENT. Méfiez-vous, le barbare sommeille en chacun de nous, qui veut faire l’ange, fait la bête.
    Donnez SVP du crédit à ceux qui vivent ça de l’intérieur et qui ne sont pas au chaud dans leur laboratoire pseudoscientifique, le VECU n’est pas anecdotique...c’est la vie telle qu’elle se vit sur le terrain (je n’exerce pas dans le 93 mais dans le 38, alors vous voyez, même "chez nous " en province, il y a des spots très chauds aussi...). C’est marrant, on veut toujours convoquer des gens très intelligents qui ne connaissent pas vraiment la réalité qu’ils analysent avec toutes sortes de paramètres excepté du CONCRET, en partant du vécu des gens.

  • permalien Hank :
    14 avril 2009 @19h55   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Amusant article. Le prochain portera-t-il sur la responsabilité de Le Pen, de Finkielkraut et de Zemmour (quoi, ça n’est pas la même chose ?) dans le passage à tabac de ces salauds de bourgeois blancs à même le plancher des bus de la RATP ?

    Muray avait raison : Le Monde s’enfonce toujours plus loin dans le déni idéologisant.

  • permalien johnmarguerite :
    14 avril 2009 @23h08   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Agna, ne perdons pas notre temps ici !

    Laissons les extrèmes s’affronter.

    Laissons-les à leur aveuglement et à leur mépris pour les profs ET pour les élèves.

  • permalien Yann :
    14 avril 2009 @23h26   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Merci à Mona Chollet pour cette analyse très éclairante.

    Un autre article, que je trouve très intéressant, qui ne va pas dans le même sens que celui de Mona Chollet :

    Pourquoi il fallait faire La journée de la jupe...

    (Philippe Meirieu, 30/03/09)

  • permalien agna :
    15 avril 2009 @00h05   « »
    Ils ne comprennent que la force

    D’accord, Johnmarguerite, retournons...sur le blog de J.P. Brighelli, par exemple, vous savez, cet horrible prof de droite qui ose parler de crétins comme la Bergerac... cqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqqquoique...

  • permalien agna :
    15 avril 2009 @00h34   « »
    Ils ne comprennent que la force

    article de Meirieu pourquoi il fallait faire la journée de la jupe : je synthétise :
    1)elle l’a bien cherché, elle n’a que ce qu’elle mérite (elle ne sait pas s’y prendre avec ses élèves)
    2) je suis plongée, je me complais dans une "esthétique de la désespérance" ’ça va plaire à Monsieur Mucchielli, expert en sociologie ès quartiers
    3) il va parait-il faloir faire preuve d’innovation pédagogique : c’est l’occasion de susciter des pratiques nouvelles pour que les apprenants s’approprient les apprentissages : dites Monsieur Meirieu, vous me montrez comment vous faites ? Concrètement, venez dans ma classe, montrez-moi...je suis preneuse. Les professions de foi, vous savez, ça ne nourrit pas son homme (ou sa femme).

    Pas mal, l’article, sauf que c’est le serpent qui se mord la queue, on en sort pas...Pendant ce temps, on assassine l’école

  • permalien David :
    15 avril 2009 @10h47   « »
    Injustice sociale

    J’ai vu une partie du film seulement, lorsqu’il est passé sur Arte.
    Je vous rejoins sur beaucoup de choses, à part sur la comparaison avec 24H Chrono, car je n’ai tout simplement pas vu cette série.

    Il y a une chose qui résume bien la situation dans ce que vous dites, c’est que le public qui fréquente les collèges sont des adolescents encore immatures qui sont en train de grandir. Par conséquent, vouloir diaboliser ou stigmatiser ces "monstres", les réalisateurs et l’ensemble des politiques feraient bien mieux de se demander qui les a engendrés. Jusqu’à preuve du contraire, ils sont le produit des politiques de la ville tout aussi désastreuses les unes que les autres depuis des décennies en France, et depuis le début du recours à l’immigration pour faire tourner notre économie.

    NOS politiques sont responsables de ce massacre social et du fait que les adolescents qui vivent dans ces ghettos où l’école républicaine, paupérisée par les gouvernements successifs (de droite le plus souvent), n’est plus qu’une île au milieu d’une mer d’indifférence, ne connaissent que les schémas sociaux de l’échec et que ces mêmes adolescents vivent au quotidien la violence sociale. On comprend bien le décalage qu’il peut y avoir entre un prof plein de bonnes intentions et ces jeunes français, souvent issus de l’immigration, mais FRANCAIS, qui depuis leur enfance voient l’injustice tout autour d’eux.

    Quelles valeurs peut-on leur inculquer lorsqu’eux même sont victimes de l’injustice au quotidien ? Quand je dis qu’ils sont victimes, ce sont au départ leurs parents qui le sont et comme l’héritage social est quelque chose qui se transmet souvent et que l’on ne peut y échapper quand on n’est encore qu’un enfant, on peut comprendre qu’il est inévitable que les jeunes des quartiers populaires aient des comportements incivils.

    Ainsi "briser les tabous", "sortir du politiquement correct" de cette manière-là sur ce sujet-là correspond, vous avez raison, à une attitude réactionnaire qui consiste à accuser ces gauchos de profs et à laisser penser que nous sommes menacés par la montée de l’islamisme.

    Comme toujours en situation de crise, il faut désigner un bouc-émissaire (ce que la droite sait bien faire). Et vu que toutes les politiques se sont révélées impuissantes jusqu’à aujourd’hui (et cela continue, même avec Fadela Amara aux affaires), on cède à la facilité en faisant passer le message que le jeune "black" ou "beur" adolescent des banlieues est mauvais et que pour en finir rien ne vaut les bonnes vieilles méthodes expéditives et punitives d’antan.

    Le pauvre est voué à être puni parce qu’il a volé pour manger. Si le pauvre est pauvre, c’est de sa faute. De nos jours, on n’arrête pas le progrès, c’est si tu es pauvre, et jeune en plus (voire mineur), que ’lon te fait ta fête. Et cela doublement, par l’injustice sociale, et par la répression. Belle société que la nôtre !

  • permalien v/ :
    15 avril 2009 @11h09   « »
    Ils ne comprennent que l’amour

    Chère Mona, j’irais voir ce film, qui est de fait au reportage ce que le roman est au documentaire n’est-ce pas, pour y voir Adjani qui demeure notre meilleure tragédienne contemporaine. A chacun son plaisir !

    Quant au reste, hum, le progrès est loin devant nous, ce qui est une marque d’espérance !

    De l’angélisme, certe, il y en a qque peu par ici.
    J’invite les qques co-menteurs à prendre connaissance du Paris intra-muros des années 10-30, où la populasse était toute blanche, la musique d’un terroire bien de chez nous en piano à bretelle, flon flon et valse à 2 balles, où une lorgne de trop-prononcée à une belle blonde au bal d’un 14 Juillet à Ménilmuche se terminait par un petit coup de serin bien placé dans le buffet, les bandes s’y affrontaient par quartier de Paris, rive droite contre rive gauche, Ménilmontant contre Belleville, j’en passe.

    Ah quelle jeunesse qui ne respecte plus rien, ni les murs qui nous séparent sur lesquels ils nous écrivent pourtant leur joie et leur bonheur de vivre ici depuis 25 ou 30 piges (merde, tu sais pas lire toi l’ami qui me lit ?), ni les flics, ni les profs, ni les vieux, ni même - c’est le pompon - les jeunes.

    Tout ça dans la valse à 3 temps des idées de soit-disant cultures qui s’affrontent, un temps pour les pics, un temps pour la peur, un temps pour la répression dont toi aussi l’ami qui ne me lit pas tu seras l’objet, n’ait crainte, nos artilleurs robocop sont là, protégeant les biens de ceux-là qui auront transformé un pays de culs terreux où l’on pouvait encore sourire, parfois, en une jungle de pequenots tristus au pathos de la dépression constante, du ’rentra chez soi, rentra chez soi, qué vent, qué ploui, qué sol’, et dans laquelle - bordel de dieu de chienlit bourgeoise de province de mes deux - on ne se sera jamais autant fait chier.

    La jeunesse s’emmerde, ça au moins, c’est clair, et nous avec, du coup, on se tape "Les jupes" alors qu’on aurait préféré regarder en dessous.

    Chère Mona, allons danser du côté de "Swan lake", puisque votre titre nous y invite, afin que j’apperçoive dans l’éternel énigmatique sourire que m’inspire votre joli prénom une invitation à une valse à tous les temps perdus où vous me direz sans détour : "et ensuite, quoiqu’il arrive, nous ne nous revoyons plus jamais, d’accord ?" (Baiser volé).

    Car s’il est bien une constante dans la jeunesse, c’est celle de jouir de la vie, de la caresser, de la mordre, de s’en foutre, un peu partout et là aussi, dans la plus parfaite des insouciance.
    Insouciance, et le temps disparait, et "deux et deux quatre, répétez dit le maitre, et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ? ... Ils ne font rien seize et seize, et surtout pas trente deux ... Et l’enfant a caché l’oiseau dans son pupitre, et tous les enfants entendent sa chanson ... "

    L’école, c’était quoi déjà ?

    V/

  • permalien sonia :
    15 avril 2009 @11h46   « »
    Ils ne comprennent que la force

    ces commentaires sont enrichissants.

  • permalien Hamedi :
    15 avril 2009 @13h07   « »
    le mythe du "politiquement correct"

    Selon certains, La journée de la jupe battrait en brèche le "politiquement correct", rentrerait dans le lard des bobos islamisés .Et pourtant, la droite, grâce à un programme axé sur l’insécurité, est au pouvoir depuis 2002. Et pourtant, la police vous parle le samedi matin sur France culture et le samedi soir sur France 2. Et pourtant, tous les médias ont chanté les louanges de ce film... Et pourtant...Et pourtant.
    Ceux qui dévoilent l’imposture, car c’est bien d’imposture qu’il s’agit, sont en vrac : bobos, angélistes, islamo-gauchistes.
    Comme dirait Jacques Bouveresse, "On en est là...", à ce niveau de débat-là.
    Ce film est politiquement correct, il s’inscrit dans le sensationnel, il pèche par idéologie, il parle de violence et d’insécurité, tout en omettant d’autres types de violences et d’insécurité : sociale ; symbolique, langagières...
    Mona Chollet, avec force détails, dévoile l’imposture.
    Le discours sur l’insécuité est partout, et pourtant, les causes de cette insécurité sont nulle part, à part dans les ouvrages de Loic Wacquant (Les prisons de la misère et Parias Urbains), de Laurent Bonelli (La France a peur) et de Laurent Mucchielli.

    De grâce, que cessent les raccourcis, point d’angélisme là-dedans, il est plus facil de de condamner que de comprendre, point d’excuses, juste des explications, et après, peut-être que les choses iront mieux.

  • permalien E. :
    15 avril 2009 @14h01   « »
    une part de réalité qu’il nous faut regarder puis comprendre pour esperer la changer

    Le message est dans le titre

  • permalien floreal :
    15 avril 2009 @15h28   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Molla Chollet dévoile avec force détails une posture et plus encore une expérience sur le terrain qu’elle n’a pas.

  • permalien floreal :
    15 avril 2009 @15h30   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Pardon, j’ai failli écrire Mollah.

  • permalien Sacha :
    15 avril 2009 @17h39   « »
    Les non dupes errent

    Tout d’abord, je suis étonné de la longueur de votre article. Je n’ai pas vu le film, mais apparemment, en tant qu’objet artistique, il ne vaudrait pas tripette. Donc, si je comprends bien, il faudrait le regarder sous l’angle du symptôme.
    Quand bien même, cette "Journée de la jupe" mérite-t-elle un tel amoncellement de mots ? Sauf à considérer que cet amoncellement est lui même un symptôme. D’où vient cet acharnement herméneutique ? Quel intérêt intellectuel à dépecer en long, en large et en travers un téléfilm sans grand intérêt qui recense tous -ou presque- les lieux communs et les stigmatisations dont on affuble les jeunes de banlieue ?
    "Tout ça pour ça" se dit-on à la fin de cette longue, éprouvante et souvent redondante lecture. A trop vouloir démontrer, on ne convainc pas, on lasse le lecteur.
    A moins que le lecteur lambda ne soit pas le tout premier destinataire de votre texte.
    Des comptes -personnels ?- à régler ici et là ?
    D’autre part et surtout, vous évacuez la partie du réel -souvent douloureux- qui occupe justement les personnels de l’éducation nationale dont il est question dans ce téléfilm. Ce n’est évidemment pas acceptable. Ce faisant, vous rendez un service inestimable à tous ceux dont vous dressez ici le réquisitoire.
    Un bien beau résultat en vérité.

  • permalien KdR :
    15 avril 2009 @18h53   « »
    Ils ne comprennent que la force

    "être une victime n’empêche pas d’être un bourreau"

    Pas mal celle-là ! Je la ressortirai chaque fois qu’on voudra excuser une énième exaction de l’armée Israélienne où qu’on tentera de minorer l’occupation des Terres palestiniennes !

  • permalien
    15 avril 2009 @20h14   « »
    Ils ne comprennent que la force

    trés bien ecrit chapeau

  • permalien b :
    15 avril 2009 @20h25   « »
    Ils ne comprennent que la force

    observons les images choisies pour accompagner le texte de Mona Chollet...

  • permalien Chamil :
    15 avril 2009 @20h42   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Entre les furieux d’extrême droite, qui voient derrière chaque problème de délinquance la main d’une mythique invasion islamique/étrangère/basanée, et les intellos bourgeois de l’extrême gauche qui parlent de phénomènes sociaux à défaut de les vivre de près, il faut souligner que les enseignants fuient ces établissements difficiles.

    Pas pour rien que le turn-over des enseignants (y compris quand ils ne sont pas TZR) y est élevé.

    Pas pour rien par exemple que les académies de Créteil et de Versailles, qui concentrent les collèges et lycées poubelles, soient les plus accessibles au barème (les collègues comprendront).

    Pas pour rien que s’y retrouvent systématiquement les jeunes lauréats, qui pourront à loisir mesurer l’abysse entre les imprécations vues du Vème arrondissement de Mona Chollet et une réalité de rejet du système scolaire d’une partie des classes populaires.

    Enfin, laissons ces deux dogmatismes hallucinés à leurs partisans, qui ne doivent ni les uns ni les autres souvent se retrouver devant une "classe difficile". A la différence des enseignants dont "La journée de la jupe" essaie, probablement très mal, de parler

  • permalien pompastel :
    15 avril 2009 @21h10   « »
    Ils ne comprennent que la force

    @ Sacha : Compte tenu de la couverture médiatique (comprendre concert de louanges) suscitée par ce téléfilm-événement ( !), il me semble légitime que Mona Chollet prenne le temps d’argumenter une position singulière

    @ Mona Chollet : (dans l’hypothèse où vous auriez le courage de lire tous ces commentaires déprimants et par conséquent d’arriver jusqu’à celui-ci)

    Si j’avais votre talent, c’est très exactement ce que j’aurais écrit. (Y compris la subtile ironie à propos du personnage Adjani, qui a réussi à faire faire à TOUS les journalistes un commentaire sur sa permanente absence, alors qu’on ne voyait/n’entendait qu’elle dans TOUTES les émissions. Quelle actrice ! )

  • permalien bobop :
    15 avril 2009 @21h58   « »
    Ils ne comprennent que la force ?

    ... et Mme Chollet pas grand chose, elle qui pourtant a l’air d’en
    connaître un rayon sur le décryptage des idéologies en tout genre.

    Je ne suis peut-être qu’une prof naïve et farouchement républicaine mais j’ai vu dans ce film quelque chose de très juste malgré un scénario évidemment abracadabrant (c’est un film), quelque chose que mes collègues qui ont réagi ont perçu comme une vision de la réalité de l’enseignement dans ces quartiers sensibles et délaissés.

    Pourquoi ignorer une fois de plus ceux qui connaissent le terrain et se réfugier dans le monde des idées ou des chiffres à l’instar de notre ministère ?

    Une dure réalité, donc, qui décrit aussi des jeunes (hommes, eh oui) sensibles à des discours extrémistes simplistes et cette évolution est palpable d’année en année même chez des très jeunes élèves : arrêtons de nous voiler la face.

    Des discours tout aussi simplistes finalement que votre analyse, Mme Chollet, qui omet dramatiquement de parler du malaise éprouvé par les enseignants, les élèves et les parents, tous bien seuls face à leurs problèmes, ce que montre bien le film.

  • permalien syntagme :
    15 avril 2009 @22h44   « »
    A victime, victime et demie

    Ainsi donc, on n’aurait pas le droit de fustiger un navet bourré de clichés racistes et sexistes parce que ce navet met en scène la violence sociale que l’école entérine, fût-ce à son corps défendant, si on n’en est pas victime ? Il y aurait un ordre du discours qui exigerait qu’avant de parler de racisme, on commence par un préambule qui rappelle solennellement qu’il y a une violence sociale dont les premières victimes ne sont pas celles qu’on croit ? Pire : il faudrait en être soi-même victime pour avoir le droit de parler d’autre chose, par exemple des causes de cette violence ? Savez-vous qu’avec un tel raisonnement on peut aller très loin ? Par exemple, vous n’auriez pas le droit de critiquer les petits « barbares » parce que vous ne savez rien de leur souffrance, de leur relégation, de leur humiliation, de celle de leurs pères et des filles voilées qu’on empêche d’étudier parce qu’elles dérangent la « liberté de conscience » des faibles d’esprit (ou pour les « libérer », comprenne qui pourra) ? Vous n’auriez pas le droit d’évoquer la laideur des banlieues si vous n’y êtes pas né(e), d’avoir une opinion sur l’islam si vous n’avez jamais fait le ramadan, de dénoncer les crimes de guerre israéliens à Gaza si vous n’êtes pas un soldat israélien, de condamner la collaboration parce que vous n’étiez pas à Vichy, de parler de la guerre alors que vous ne l’avez pas faite ?

    De projeter des clichés anti-intellos sur la vie de Mona Chollet dont vous ne savez rien ?

    ... Ou aurais-je mal compris le raisonnement primaire en forme d’oukase que certains nous assènent ici ? Et qui plaide tant en faveur du débat démocratique ?

  • permalien v/ :
    15 avril 2009 @23h09   « »
    Ils ne comprennent que l’amour

    @pompastel : si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, et si vous n’aimez pas prés verts, eh bien, aller vous faire f. ! :o)

    @Chamil & Sacha : à tout prendre, plutôt que du Molière, enseigner le droit social avec un flingue eut été bien plus interessant du point de vue des idées - une main armée pour armer un "élève" - mais je doute alors que le film eut un si grand succès, parce qu’aux jeux des différences, entre un prof armé et un flic, je n’en vois pas bcp, c’est la "Chuck Norris" attitude, chaud devant, un vrai programme solaire !

    C’est marrant, un patron séquestré, ça n’amuse personne, mais une prof de banlieue armée, ça plait ... va comprendre Charles.

    Tout ce qu’on peut reprocher à Mona, c’est de se gourrer de combat, et de ne pas aimer Truffaut. ;o)

    Ce film pue la propagande, restent les beaux yeux d’Adjani, affaire de goût, ok, seulement, hum, voyons voir, profil 2eme génération, celle pour laquelle le petit mot Karcher aura changé les intentions de votes .. les petits points de plus du clown, ils sont là. Mais pour savoir ça, encore faut-il aller souffrir à l’usine. Autres lieux, autres souffrances ... Aller, je sorts.

  • permalien Monsieur X :
    16 avril 2009 @00h28   « »
    ...

    Je viens, par hasard, de découvrir le site du Monde Diplo.
    Et de lire ce délicieux article, à la prose superbe.
    Merci pour ce moment.

  • permalien sonia :
    16 avril 2009 @06h39   « »
    a victime victime et demie

    a syntagme . je n’ai pas envie de squatter la colonne des commentaires mais syntagme,vous me tendez une perche.Bien sur,on peut parler de tout,y compris, lorsque l’on n’est pas dans la peau d’un des protagonistes d’un conflit social.heureusement.
    Mais on ne sert pas son propos en eludant le vecu,le ressenti,d’une partie des acteurs de ce conflit,fut-ce pour demonter les idees vehiculees par une fiction qui les met en scene de maniere empathique au detriment des autres.Dans le titre de votre commentaire vous etablissez un hierarchie entre ’victime’ et ’victime et demie’.tout est affaire d’appreciation.Et d’ailleurs ,pourquoi au fond faudrait-il opposer des profs ,des femmes,a des eleves en etablissant une hierarchie dans la victimisation.Ils sont tous victimes,d une certaine maniere.Mais pas seulement ,j’espere !
    Enfin,quand je lis certaines remarques dans des commentaires par ailleurs interressants ,de personnes progressistes(?)comme ’montrer une paire de fesses pour vendre des yahourts’ ou ’techniquement bonne’, ’profil deuxieme generation’ pour evoquer Isabelle Adjani,je me dis que les femmes vont devoir s’armer de patience,qu’on est loin d’etre parvenus a une societe egalitaire pour tous,y compris pour les femmes,les grandes oubliees de l’article de Mona Chollet,elles aussi,des ’victimes et demie’.A quoi cela rimerait-il si pour evoquer Depardieu qui incarnerait un prof de banlieue dans un film j’ecrivais sur lui en ces termes ?Ce serait sans doute moins banal.

  • permalien floreal@alice.it :
    16 avril 2009 @09h59   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Effectivement, M.Chollet se fiche bien des femmes, puisqu’elle tient le même type de discours que Christine Delphy et de leurs semblables. La seule chose qui soutienne leur discours sont les intérêts des Indigènes et des femmes voilées au détriment de tout le reste de la population, à commencer par les femmes.

    Il n’y a pas besoin de connaitre la vie privée de M.chollet (d’ailleurs quel intérêt ?) pour comprendre qu’elle ne s’est jamais trouvée trouvée dans une salle de classe confrontée à un gaillard qui fait une tête de plus que vous et vous file une grande claque dans la figure, ne s’est jamais retrouvée avec ses 4 pneus crevés le matin pour aller au boulot, n’a jamais eu à traverser un hall d’immeuble et se prendre des injures sexistes (dans la meilleure des hypothèses) de la part de charmants garçons-arabes-qu’il-ne-faut-surtout-pas-stigmatiser, les pauvres, ils sont si délicats.

    Non, c’est tellement plus facile de taper sur les victimes qui ne tendent pas l’autre joue.

    Son message c’est : "laissez-vous insulter et malmener, ça favorise l’intégration".

  • permalien pompastel :
    16 avril 2009 @10h57   « »
    Ils ne comprennent que la force

    M’enfin… Avons-nous lu le même article ?
    Ah, le mystère de la lecture…

    Intéressante chronique de la même Mona Chollet à ce propos - miracle des archives -.
    Dans laquelle elle évoque en quoi le lecteur est un créateur.

    http://www.arteradio.com/son.html?8372
    (Esprit d’escalier n°10, « la lecture », 4’34’, 9/02/2005)

  • permalien floreal :
    16 avril 2009 @14h35   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Je ne vais pas en plus m’infliger le pensum de l’écouter à la radio. Il me suffit de lire ses articles et ceux de ses semblables et de les démolir le plus possible pour qu’on voit ce qu’ils sont : une propagande pro-islam, pro-voile, et pro-immigration.

  • permalien pompastel :
    16 avril 2009 @15h06   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Dommage, çà aurait attiré votre attention sur ce qui se passe en nous pendant que nous lisons.

    Et ceci, de manière nuancée. Et intelligemment référencée.

    Mais votre lapidaire « Et de les démolir le plus possible » ne plaide guère pour la présence en vous d’un espace accessible à un élémentaire désir de penser.

    Ce dialogue ( ?) ne présente par conséquent aucun intérêt.

  • permalien stev :
    16 avril 2009 @16h04   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Jean-Paul Lilienfeld, dans les années 80, fût le scénariste de "L’œil au beur(re) noir", une comédie à prétention sociale, avec Smaïn et Pascal Légitimus, un arabe et un noir, confrontés au racisme ordinaire des "français de souches" dans leur recherche d’un appartement.

    Aujourd’hui, il semble que son propos ait quelque peu varié.

    Mais c’est intéressant car cette évolution en accompagne d’autres. Ces penseurs médiatiques, passés de "touche pas à mon pote" à "Ni putes ni soumises". Une évolution idéologique chez ces antiracistes militants, adoptant soudain un discours réactionnaire et stigmatisant, à l’égard de populations qu’ils défendaient jadis avec une bienveillance paternaliste.

    Mais dans l’intervalle, au début de ce siècle, il y a eu la seconde Intifada, et le "pote" d’hier est devenu soudain un islamo-violeur antisémite... Un barbare barbu le couteau entre les dents, la bite à la main et la ceinture d’explosifs prête à l’emploi... Normal, on ne peut pas cautionner, justifier, ou excuser, les ratonnades israéliennes, et scander "touche pas à mon pote" à la gueule du prolo français, désabusé par la peur du chômage et des petits voyous de banlieue, cédant au vote FN.

    Surtout quand le "pote" en question s’obstine à se sentir proche de la cause palestinienne (l’ingrat !), à s’y investir, faisant courir le risque que cette sympathie se diffuse dans la société française, dont l’attitude naturelle serait de soutenir un peuple désarmé, réprimé et occupé luttant contre une armée utilisant de moyens aussi sophistiqués que meurtriers.

    Bref, pour justifier la répression des arabes là-bas au nom de l’idéal sioniste, il fallait cesser de défendre les arabes d’ici pour de secondaires principes moraux, d’égalité et de justice sociale.

    Voilà comment notre "pote", qu’il fallait jadis "ne pas toucher", est devenu un islamo-violeur antisémite, un ingrat irrécupérable faisant courir un péril à l’identité française, judéo-chrétienne, tolérante, humaniste, pacifiste... Seule la "beurette", mérite notre attention, si elle consent à cracher dans les médias sur ses frères, son père, ses cousins, ses copains restés dans la cité...

    Voilà comment on est passé, en 25 ans, de "SOS Racisme" à "Ni putes ni soumises", et de "L’œil au beur(re) noir" à "La journée de la jupe"...

  • permalien
    16 avril 2009 @16h06   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Je suis profondément irrité par tous ces droitistes qui assimilent "recherche des causes sociales" et "culture de l’excuse". On sent bien derrière ça leur volonté de tout ramener à des explications simplistes et des solutions "viriles" et conservatrices.Et après, on dit que ce sont les "gauchistes" qui sont coupables d’"idéologie".

  • permalien hugolabalafre :
    16 avril 2009 @17h43   « »
    Ils ne comprennent que la force

    A Agna, voix de l’expérience

    Voilà donc une caricature de mon propos, ai-je évoqué un abandon de ceux qui travaillent sur le terrain ? Ai-je dit qu’ils n’étaient qu’un épiphénomène ? Quelle vision du sociologue ! (Re)Découvrez Bourdieu et vous verrez que cette science qui synthétise est une science de terrain et même "un sport de combat", loin de la vision passéiste du savant dans sa tour d’ivoire ou son "laboratoire pseudoscientifique"... Au contraire le sociologue se déplace, décrit, et a sa vision d’ensemble depuis un long travail qui ne se cantonne évidemment pas à du taff de bureau et de stats, il faut vivre avec son temps. Les profs, les animateurs, ceux qui sont dans la "merde" comme vous dites (ce qui donne une idée de votre vision de ces lieux et de ces habitants) sont d’une importance cruciale, ils sont les premiers témoins dont l’expérience riche est à recueillir, bien sûr... Maintenant, la plupart à partir de leur expérience estime, sans aucune humilité, connaître mieux la situation que tout le monde, comme vous le faites, sans aucune nuance ni distance, et il en faut dans ce dossier brûlant. Confucius disait que ’l’expérience est un peigne pour les chauves et une lumière qui n’éclaire que derrière soi" car l’expérience, voyez-vous Agna, est figée dans un temps et un lieu et seule ne permet pas ces conclusions hatives et pleine d’emportement à chaud sur un fait social à l’échelle nationale (voire ethnique et religieuse dans les sous-entendus nauséabonds de certains commentaires).
    Respectueusement...

  • permalien floreal :
    16 avril 2009 @18h28   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Pour moi ce qui est nauséabond, c’est l’injonction au métissage forcé, l’injonction au multiculturalisme, à la connaissance de la "culture de l’Autre" (un "autre" évidemment arabe ou noir ET musulman, le bouddhisme ou les asiatiques ne soulèvent guère de problèmes), la contrainte à l’acceptation de menus hallal, ou à la présence de femmes voilées dans les sorties scolaires, et aux "accommodements raisonnables". Un genre dans lequel excelle M.Chollet.

    Pas besoin de voter FN pour refuser tout cela en bloc, ni meme de voter à droite, ni meme de voter tout court.

  • permalien AIO :
    16 avril 2009 @19h14   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Bizarre,
    5 nouveaux pseudo par jour sur ce blog. Bizarre. Des discours identiques. Des copies/colles come le disait le camarade d’au dessus : peu importe le texte le message est deja ecrit. Attaque ad hominem en forme d’affabulation, ne s’appuyant sur rien, denigrer c’est beaucoup mieux que d’argumenter. Et le tout venant d’une deux ou trois personnes maxi... se prenant pour les defenseurs des prof quand ils sont incapables de la moindre argumentation, de l’honnetete intellectuelle minimale, de la discussion ouverte dans une societe ouverte, d’un discours structure autrement que sur des lieux communs predefinis en amont et ayant souvent la forme de begaiement, d’une pedagogie methodique. Alors franchement, j’espere que les 5 a 10 nouveaux pseudonyme a la jourmee ne s’imagine pas que la propagande et la repetition sont suffisantes pour masquer ce que Chollet devoile clairement.

  • permalien
    16 avril 2009 @19h51   « »
    Ils ne comprennent que la force

    floreal = nauséabond

  • permalien Jean-Michel :
    16 avril 2009 @20h26   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Je vous suis globalement, sauf sur le passage relatif à la série "24 Heures chrono". Votre vision de cette série est bien trop manichéenne... D’une façon générale, ne négligez pas ce que la production télévisuelle et cinématographique américaine peut avoir d’ambivalent et de complexe, de nos jours. C’est une tendance qui s’est largement développée depuis une dizaine d’année (et d’ailleurs un article du Diplo de l’été 2006 - je crois - le mentionnait). "24" ne fait pas exception à la règle, puisqu’en 6 saison (+ la 7ème en cours) on a eu droit à tous les schémas possibles, jusqu’au président lui-même chef des comploteurs...

    C’est un constat identique que l’on pourrait dresser pour la série des "New York" (New York unité spéciale, New York section criminelle, etc...). Loin du schéma "méchant criminel/gentille victime", les épisodes laissent souvent un statut ambigu aux uns et aux autres. Il me semble que c’est un peu pareil dans le dernier film (à la mode chez Ivan Rioufol), à savoir "Gran Torino".
    Certes, le "politiquement correct de gauche" semble vigoureusement dénoncé, néanmoins il ne s’agit pas que de cela. Et puis, si ça peut au moins permettre de creuser les clivages en torpillant (au moins culturellement) la gauche "sociale-libérale", celle du politiquement mou, ce sera toujours ça de gagné...

    Bref, je ne sais pas ce qu’il en est de ce film "La journée de la Jupe", et votre critique ne me donne pas envie de le voir. Néanmoins, il serait dommage que vous tombiez dans le manichéisme et la caricature que vous dénoncez si brillamment (et bien souvent à juste titre) chez vos adversaires.

    Bien cordialement,

  • permalien floreal :
    16 avril 2009 @21h24   « »
    Ils ne comprennent que la force

    Pas changé de pseudo depuis le début. Je n’en ai qu’un seul et c’est celui-là. Par contre un doux et délicieux anonyme ne s’est pas géné pour faire une équation présentant force argumentation.

    Minable. Un ectoplasme inspiré par allah ? Qui est grand et flanque des baffes, comme dans le film à Adjani, comme chacun sait et l’a compris.

    Il n’y a rien à discuter, juste à contrer l’injonction. Discuter signifie s’entendre dire : "mais c’est parce que vous ne connaissez pas les beautés et les joies de l’islam qui est mirifique par essence et nature" afin de vous persuader qu’il faut accepter plus des mosquées, des femmes voilées partout, des heures de piscine pour femmes voilées, des menus hallals dans les cantines et des femmes voilées dans les sorties scolaires avec des "accomodements raisonnables" en prime tous azimuts et que c’est la seule voie de l’intégration. Pourquoi pas un peu d’anti-évolutionisme dans les manuels scolaires, juste un chouia pour favoriser l’intégration pendant qu’on y est ?

    Rien à foutre des joies et des beautés de l’islam ; refus total de l’islamisation, un point c’est tout.

  • permalien AIO :
    16 avril 2009 @21h46   « »
    Ils ne comprennent que la force

    C’est interessant de se voir dire une chose prevue et ecrite auparavant. C’est symptomatique de cette categorie de personne.

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