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Budget militaire américain : opération « Vertige »

samedi 23 mai 2009, par Philippe Leymarie

Enorme, titanesque, éléphantesque ! Comme à l’ordinaire, en cette saison américaine des budgets, on est saisi par le vertige des chiffres : Obama ou pas, c’est la rituelle valse des milliards, notamment au profit du Pentagone et du lobby militaro-industriel, en regard de laquelle les crédits d’aide au développement, au maintien de la paix, au soutien contre les épidémies et catastrophes naturelles, au financement des institutions internationales, etc. paraissent plus que dérisoires. Quelques coupes « cosmétiques » ont bien été opérées par le nouvel exécutif dans les budgets militaires, au titre de la crise financière, et certains programmes réorientés pour tenter de relever le défi « Afpak » [1]. Mais les montants restent astronomiques – les crédits américains de défense représentant toujours plus de 40 % des dépenses mondiales, et le double de l’ensemble des pays de l’Union européenne (le triple si on ne considère que l’équipement).

Le Sénat américain a voté à son tour le 21 mai l’enveloppe supplémentaire de 91 milliards de dollars, demandée par le Pentagone au titre du financement des guerres en Irak et en Afghanistan pour 2009, jusqu’au 1er octobre prochain – entrée en vigueur du prochain exercice budgétaire. Déjà adoptée par la Chambre des représentants, cette rallonge comporte – outre le financement quotidien des opérations en matière de transport, logistique, maintenance, munitions, remplacement de matériel détruit et achats d’équipements complémentaires – un milliard de dollars d’aide pour le Pakistan (400 millions pour le soutien à la contre-insurrection ; 600 au titre du développement), et un milliard également pour l’Afghanistan (agriculture, anti-drogue, réformes démocratiques) – des crédits assortis de la demande d’un rapport du président Obama après un an, pour évaluer les « progrès » d’Islamabad et Kaboul [2].

Contrairement à la Chambre des représentants, le Sénat s’est cependant refusé à une écrasante majorité (90 contre 6) à inclure dans ce budget supplémentaire les 80 millions de dollars demandés pour financer la fermeture annoncée du centre de détention extra-territorial de Guantanamo, sur la côte cubaine. Les sénateurs, hostiles à un transfert sur le sol des Etats-Unis de ces détenus considérés à Washington comme des « combattants illégaux », exigent au préalable d’avoir communication d’un plan du gouvernement sur le sort des prisonniers.

Petites économies

On connaît déjà le montant de l’enveloppe « opérations » (« War funding ») demandée par le Pentagone pour l’exercice 2010 : 130 milliards de dollars, soit 30 % d’augmentation, avec pour la première fois une priorité accordée à la guerre en Afghanistan (65 milliards) où les effectifs militaires américains devraient passer de 45 000 à 68 000 hommes d’ici la fin de l’année, les forces en Irak – dont un retrait partiel est programmé d’ici 2011– devant se contenter de 61 milliards.

A l’intérieur de cette enveloppe, le programme de « réponse urgente du commandement », affecté aux besoins de financement en matière de reconstruction, d’aide humanitaire, etc. – ce qu’on appelle en Europe les actions « civilo-militaires » – ne sera plus partagé à parts égales entre les deux conflits, comme c’était le cas ces dernières années, mais affecté aux quatre cinquièmes à l’Afghanistan (1,2 milliard), tandis qu’un crédit de 700 millions servira à « accélérer le développement des capacités du Pakistan en matière de contre-insurrection, et à financer les opérations qu’il mène en soutien des efforts américains » en Afghanistan [3].

Mais ces 130 milliards « dédiés » ne seront que le complément spécialisé d’un budget de base du Pentagone de 533,7 milliards pour l’exercice 2010, déjà voté par les deux chambres : il est en augmentation de 2 % par rapport à 2009, en dépit des coupes ordonnées par l’administration Obama, qui représentent moins d’une dizaine de milliards d’économies [4], comme par exemple :

- Arrêt de l’achat d’avions de combat F-22 Raptor, un appareil désormais considéré comme inadapté ;
- Réduction des services de sous-traitance du Pentagone (notamment en Irak) ;
- Arrêt du programme de satellite TSAT pour l’Armée de l’air ;
- Réduction du programme pour la mise au point de nouveaux hélicoptères présidentiels ;
- Interruption du programme de bombardier du futur (pour remplacer à partir de 2018 les B1, B2 et B-52, conçus à l’époque de la guerre froide) ;
- Abandon du projet d’un nouveau modèle de véhicule envisagé dans le cadre du Système pour le combat futur (FCS) ;
- Arrêt des études sur le Multiple Kill Vehicle, et le Kenetic Energy Interceptor, en raison de difficultés technologiques ; et pause dans le programme Airborne Laser ;
- Interruption des commandes d’avions-cargo géants C-17 (et donc de la chaîne de fabrication, en dépit de la résistance de certains élus du Congrès) ;
- Décalage des commandes de navires amphibie, etc.

Priorité à la contre-insurrection

Le secrétaire à la Défense Robert Gates – déjà en poste sous le président George W. Bush – espère réaliser à l’avenir des économies plus substantielles grâce à une réforme en profondeur de la politique d’achats du Pentagone (qui risque de compliquer les affaires de certaines « majors » de l’industrie de l’armement), et souhaite donner dans l’immédiat la priorité budgétaire aux armements destinés à combattre l’insurrection en Irak ou en Afghanistan :

- Dotation supplémentaire en drones d’observation et de combat Predator, Reaper, Global Hawk ;
- Remplacement des avions de patrouille P-3C Orion par le nouveau P-8A Poseidon (dérivé du Boeing 737) ;
- Optimisation des « plate-formes pour le champ de bataille d’aujourd’hui » (numérisation, guerre en réseau), et de la protection du combattant ;
- Recrutement de 2 400 hommes supplémentaires pour le Commandement des opérations spéciales (+ 4 %), et achat de 9 C-130 spécialisés ;
- Mise au point de nouveaux véhicules capables de résister aux « explosifs improvisés » (IED), et achat pour l’armée de terre d’un millier de tout terrain protégés contre les mines ;
- Acquisition d’un millier de véhicules légers Humvee pour les Marines) ;
- Réorientation de la défense anti-missiles en direction des « rogue threats » (« menaces des Etats voyous »), avec notamment l’équipement de six navires avec le système Aegis (déjà déployé en protection du Japon) ;
- Renforcement de la flotte de navires de liaison à haute vitesse, et de la flotte de combat côtier (Littoral combat ships) ;
- Accroissement des capacités du Pentagone en matière de « cyber-sécurité », avec création d’un commandement dédié ;
- Formation de 150 équipages d’hélicoptères en renfort des effectifs actuels ; etc.

Au total, l’US Army (armée de terre) devrait obtenir 225 milliards de dollars pour l’entretien de ses 547 400 hommes, notamment la modernisation de l’équipement individuel des soldats de ses brigades de combat : ses achat « courants » pour 2010 portent sur 16 000 véhicules, 200 hélicoptères, une centaine de drones …

La Navy (328 000 hommes, et 195 640 employés civils) et les Marines ( dont l’effectif atteint 202 100 hommes) consommeront 172 milliards, achèteront 200 aéronefs, 8 navires, etc.

De son côté, l’US Air Force (330 000 hommes), dotée de 160,5 milliards, s’engage à développer dès 2010 une armée « plus réduite, plus létale, flexible et efficace », en « concentrant la ressource humaine et les dollars sur les capacités critiques concernant le soutien aux combattants » [5].

Face cachée

Depuis 2001, le budget américain de défense a plus que doublé. Depuis 2008, il dépasse les 660 milliards de dollars. Le sous-secrétaire Robert Hale, qui a préparé l’exercice 2010, estime que « le robinet des dépenses ouvert en grand après le 11-septembre commence à se fermer ». Mais, dans l’immédiat, a admis le secrétaire d’Etat Robert Gates, l’inflexion « porte moins sur les lignes budgétaires que sur la façon dont les forces armées américaines envisagent et préparent l’avenir : il s’agit de mettre l’accent sur les conflits auxquels les USA font face aujourd’hui plus que préparer des combats futurs qui ne verront peut-être jamais le jour ». Le Pentagone reconnaît que le budget 2010 vise à rééquilibrer les dépenses en faveur de la contre-insurrection plus qu’à réduire drastiquement son train de vie.

Ce budget, présenté par ses auteurs comme celui de la « réforme », est surtout un budget d’attente : pour cause de nouvel exécutif, la Revue quadriennale sur la défense a été décalée, ce qui a incité les état-majors à la prudence. Ce futur « livre-blanc », qui permettra d’inscrire dans le temps les nouveaux formats de force et l’évolution de leurs matériels, ne sera pas défini avant la fin de cette année, voire le début de l’an prochain. Une refonte des plans à une perspective de 20, voire 30 ans – correspondant aux délais de développement des équipements majeurs - est également en chantier. Seuls ces deux types de programmation permettront de dessiner avec précision les contours des futurs outils de défense – ou d’attaque ! – d’une nation qui ne renonce pas à ses prétentions impériales.

Par ailleurs, rien n’est dit au sujet des dépenses de défense incluses dans les budgets des autres départements ministériels. L’analyste Chalmers Johnson [6] qui s’est fait une spécialité de dénoncer les artifices utilisés pour masquer la taille véritable de l’empire militaire américain, estimait que – pour l’exercice 2008, par exemple – 23 milliards de dollars au sein du budget du département de l’énergie allaient en fait aux applications militaires nucléaires (minerai, ogives, etc.), 25 milliards du département d’Etat consistaient en crédits d’assistance militaire (Israël, Egypte, Bahrein, etc.), et des dizaines d’autres milliards étaient nichés dans les crédits des anciens combattants, du département de la sécurité intérieure, des fonds de retraite du Trésor, de l’agence spatiale NASA, ou servaient aux activités paramilitaires du FBI et de la CIA, etc., si bien que l’ensemble des dépenses américaines pour son institution militaire - « prudemment calculées », affirme l’universitaire - devaient être en fait de plus de 1 100 milliards de dollars. Il n’y a pas de raison qu’il en soit différemment pour l’année 2010…

Notes

[1] L’acronyme « Afpak », contraction d’Afghanistan-Pakistan, symbolise l’approche régionale retenue par le président Barack Obama pour le règlement de la crise afghane. Voir « Afghanistan-Pakistan, “mission impénétrable” », Nouvelles d’Orient, 23 février 2009 et « The AfPak Paradox » sur le site du think tank Foreign policy in focus.

[2] Un montant à rapprocher des deux milliards de dollars adjoints à cette rallonge budgétaire militaire au titre de … la lutte contre la grippe porcine.

[3] Au titre de son approche régionale de la crise afghane, le président Obama a promis une assistance militaire et une aide financière de 1,5 milliards de dollars sur cinq ans au voisin pakistanais, devenu la base arrière d’une partie des rebelles afghans.

[4] La totalité du budget fédéral américain pour 2009-2010 se monte à 3 400 milliards de dollars.

[5] Documents budgétaires de l’US Air Force. Voir Defense news.

[6] Voir « Chalmers Johnson on the Cost of Empire » sur Truthdig.com ; « Chalmers Johnson : Nemesis : The Last Days of the American Republic » sur la République des Lettres ; et « Tomgram : Chalmers Johnson, How to Sink America » sur TomDispatch.com. Lire Chalmers Ashby Johnson, Nemesis : The Last Days of the American Republic, Metropolitan Books, 2007. Engagé dans la guerre de Corée, consultant de la CIA, spécialiste de l’Asie, il a enseigné à l’université de Berkeley-Californie.

50 commentaires sur « Budget militaire américain : opération “Vertige”  »

  • permalien Yvan :
    23 mai 2009 @18h32   »

    Budget militaire ne signifie pas budget de guerre.

    Si on regarde les postes "sacrifiés" on y voit des projets d’études "d’armes du futur", dans la philosophie de la guerre des étoiles, ou de la guerre des civilisations, ainsi que des emplois de services

    Si on regarde les postes "renforcés", on y trouve tout l’arsenal anti-insurrectionnel, et le remplacement de matériel déjà existant, recrutement et formation de nouveaux personnels. Ils sont créateurs d’emplois.

    Ce qui amène à rappeler qu’aujourd’hui, les USA doivent se battre sur 3 fronts :
    - l’Irak
    - l’AfPak
    - la récession.

    Il n’est pas impossible que les 2 premiers soient un prétexte, pour résoudre d’une façon ou d’une autre le troisième.

  • permalien Yann :
    23 mai 2009 @18h40   « »

    " l’US Air Force (...) s’engage à développer (...) une armée « plus (...) létale (...)."

    Civils afghans, irakiens, ..., bref musulmans, tremblez !

    "l’ensemble des dépenses américaines pour son institution militaire - « prudemment calculées » (...) devaient être en fait de plus de 1 100 milliards de dollars."

    Comme le reste du monde dépense grosso modo la même somme pour ses armées, la dépense mondiale totale s’élève à environ 2000 milliards de dollars.

    Nous sommes presque sept milliards d’humains.

    2000/7= 285 dollars par an et par personne, soit pas loin de 1 dollar par jour et par personne.

    Certaines personnes donnent donc plus à l’armée que ce dont elles disposent pour subvenir à leurs besoins.

    Pas grave, c’est pour la bonne cause. La nôtre, bien sûr, pas la leur.

  • permalien Shiv7 :
    23 mai 2009 @23h16   « »

    En résumer :
    Les usa ont l’argent pour jouer au (mauvais)cowboy du monde mais ne l’ont pas pour loger leurs propres habitants, faisant pour cela débourser la terre entière..

    Petite remarque sur le cowboy :
    ASPECT MILITAIRE DU "MEILLEUR DES MONDES 84".
    (NOUVEAU CODE DE L’HONNEUR AU COMBAT 2009).
    DRONE US contre TALIBAN (où villageois Pako-Afghan).
    MACHINE CONTRE HOMME,FEMME,ENFANT.
    L’échange SYMBOLIQUE impossible comme dirait Baudrillard.
    Où est passé l’héroïsme de la morale hollywoodienne ?
    Sans doute trop sucrée pour perdurer..mais de là à tomber si bas !

    Chercher à justifier cette barbarerie, par le constat de la barbarerie de l’ennemi kamikase se faisant sauter au milieu des civils, est mal venu.
    Car un kamikase malgré l’horreur (que je ne défends en tous cas pas), la plus part du temps, du choix de ces cibles, n’en offre pas moins sa vie (même si on essaye de les discréditers en disant qu’ils ne sont plus eux mêmes..).
    Contre des gens qui n’ont pas peur de mourrir, on envoie des drones, ça doit être ça la morale..

    En réalité une personne qui n’a pas peur de mourir sera toujours invincible, malgré toutes les armes possibles et imaginables, c’est plus la peine de dépenser des milliards..
    J’espère que le peuple des états unis bientôt se réveillera, car à vrai dire, si il y a bien un peuple qui devrait prioritairement se libérer, (pour son propre bien et celui de toute la planète), c’est bien celui-ci.

  • permalien K. :
    23 mai 2009 @23h48   « »

    Concernant le rôle économique très important du complexe militaro-industriel évoqué par Yvan, rôle que Chalmers Johnson appelle le Keynésianisme militaire, il ne doit pas faire oublier que d’autres formes de “Keynésianisme”, civiles celles-la (éducation, santé, etc..), sont possibles, avec des résultats économiques qui seraient au moins égales, et même nettement supérieures sur le long terme, si l’on se fie aux résultats de certains instituts universitaires US :

    « On prétend souvent que les guerres et l’augmentation des dépenses militaires sont bonnes pour l’économie. En fait, la plupart des modèles économiques montrent que les dépenses militaires détournent les ressources des usages productifs, tels que la consommation et l’investissement, et finalement ralentit la croissance économique et réduit l’emploi. »

    Les avantages économiques du Keynésianisme militaire paraissent avant tout concerner des groupes bien précis. Et comme il s’agit d’un blog sur la Défense et non pas sur l’Ethique, on laissera de coté ses abjects corollaires pour les populations civiles que les Etats-Unis cherchent à “civiliser”.

  • permalien K. :
    24 mai 2009 @00h30   « »

    Concernant la partie “aide au développement” du budget du Pentagone, voila la réalité de l’aide au développement en général :

    « Les niveaux d’aide internationale à l’Afghanistan restent bas et systématiquement inférieurs aux exigences prescrites. Le peu d’aide déjà apporté tend à être déterminé par l’offre et à refléter les préférences du donateur plutôt que le souci de répondre aux besoins réels de la population.

    « Selon le très critique rapport OXFAM/ACBAR paru en mars 2008 sur l’efficacité de l’aide, seuls 15 milliards de dollars ont été versés sur les 39 milliards promis à l’origine. Sur cette somme, un pourcentage « ahurissant » de 40% est revenu aux pays donateurs par les profits de leurs entreprises et les salaires des consultants... »

    Et un pourcentage très certainement significatif va très certainement dans les poches des officiels locaux.

  • permalien K. :
    24 mai 2009 @00h43   « »

    Erreur sur le premier lien. Le bon.

  • permalien K. :
    24 mai 2009 @01h12   « »

    « Le mythe du bénéfice économique de la guerre », par Caroline Pailhe.

  • permalien K. :
    24 mai 2009 @02h25   « »

    LA POLITIQUE PYROMANE DE WASHINGTON”, par caroline Pailhe :

    ...si l’aide au développement reste soumise aux dictats imposés par les intérêts économiques, de par la liaison de l’aide à l’achat de produits américains, les intérêts politiques et stratégiques des États-Unis sont également prépondérants par l’importance croissante du département de la Défense et le recentrage des programmes d’aide sous l’autorité du département d’État au détriment de l’USAID. Enfin, au sein de ce département, les programmes d’aide ont pris une importance stratégique centrale et sont souvent élaborés en termes de contribution à la guerre contre le terrorisme3.

    Dans le droit fil de ce nouvel axe stratégique, la secrétaire d’État Condoleezza Rice a élaboré en 2006 une nouvelle ligne de politique étrangère baptisée « diplomatie transformationnelle », dont l’objectif consiste à « œuvrer avec (les) nombreux partenaires (des États-Unis) dans le monde, afin d’édifier et de soutenir les États démocratiques et bien gouvernés qui répondent aux besoins de leur population, réduisent la pauvreté et se conduisent de manière responsable au sein du système international ».

    Cette nouvelle ligne politique maintient malheureusement le développement au rang d’outil au service de priorités essentiellement politiques et sécuritaires, et consacre ses budgets à armer plutôt qu’à développer les pays tiers.

  • permalien Yvan :
    24 mai 2009 @08h15   « »
    ou comment mettre fin à la 2ème guerre mondiale, la bulle des bulles financière.

    Alors que la guerre froide aurait dû permettre un atterrissage en douceur à l’élan donné par la 2ème guerre mondiale, au complexe militaro-industriel, elle n’a en réalité fait que le renforcé en lui fournissant un prétexte et des financements.

    A la fin de la guerre froide, le désarmement observé en Europe de l’est et de l’ouest, n’a pas été suivi par les USA qui sous Reagan ont commencé à se lancer dans des guerres virtuelles entretenues par une véritable industrie de la peur. A la guerre virtuelle contre les martiens de Reagan à succédé la guerre virtuelle contre les musulmans de Bush, puis le guerre virtuelle contre les armements virtuels de l’Irak puis maintenant de l’Iran puis la guerre virtuelle contre certains musulmans-mais-pas-d’autres.

    Quant on parle de guerre virtuelle, il s’agit bien évidemment du point de vue des USA, parce que du côté des "ennemis", il n’y a pas vraiment de guerre, mais des morts et des destructions.

    Sur cette bicyclette folle saute un Obama qui a 2 possibilités :
    - freiner des 2 freins et passer par dessus le guidon.
    - donner des petits coup de frein et relâcher, jusqu’à ce que l’appareil atteigne une vitesse raisonnable.

  • permalien Tristan :
    24 mai 2009 @16h09   « »

    hmm, il me semble que le gouvernement bolivien n’aime pas trop l’aide humanitaire des USA. Elle serait même accusée d’avoir chercher à assassiné le présidant et le vice-présidant, aussi que de pousser à une guerre de sécession.

    Quel et la vérité ? on ne le saura sûrement jamais. Et ce n’est pas la justice, elle aussi aidée depuis de nombreuses années, mais toujours victime d’une extrême corruption, qui va nous aider à y voir plus clair.

  • permalien lostman :
    24 mai 2009 @23h03   « »
    D’où vient cet argent...

    Pour moi, la question est que les USA se permettent de dépenser de telles sommes parce qu’essentiellement ce sont les autres qui payent.

    Le dollar ce n’est d’une imprimerie à billets qui fonctionne en continue en gageant en chemin le pétrole des arabes, les surplus des exportations des chinois et les économies des européens investis dans wall street.

    Au sommet de la crise financière, les USA n’ont pas trouvé mieux que de faire tourner un peu plus rapidement le planche à billet et inonder le monde avec plus de papier vert. Et ils continuent.

    Sans vraiment obliger les américains à payer réellement ce qu’ils achètent, je ne vois pas comment il ne feraient pas les plus grandes bêtises qu’ils sont en train de faire.

  • permalien K. :
    24 mai 2009 @23h45   « »

    « Le choix monétaire saoudien est politique, pas économique »
    LE MONDE | 07.05.08 | 16h48 • Mis à jour le 07.05.08 | 16h48

    Si sa politique de change était uniquement déterminée par des considérations économiques, l’Arabie saoudite mériterait un blâme. La décision prise samedi 3 mai de ramener le loyer de l’argent au jour le jour à 2 %, malgré un taux d’inflation de 10 %, montre que le royaume veut avant tout prouver son amitié aux Etats-Unis.

    (..)

    Couper le lien avec le billet vert ferait sens en dépit du fait que les actifs libellés en dollars détenus par le pays, environ 420 milliards de dollars (270 milliards d’euros), enregistreraient une lourde perte. La prédilection américaine pour de considérables déficits commerciaux et de faibles taux militent pour une faiblesse durable du dollar. Lier le riyal à un pays qui représente seulement 20 % des exportations et des importations est absurde. La logique politique saoudienne pointe en revanche sans équivoque pour un soutien à Washington. Les Etats-Unis fournissent l’équipement militaire, un soutien politique international et un engagement indéfectible au côté de la famille régnante.

    (..)

  • permalien fox :
    25 mai 2009 @13h23   « »

    la prise de muscle se fait très souvent au détriment des neurones.
    l’intelligence alliée à la foi, peut soulever des montagnes.

  • permalien Ph. Arnaud :
    25 mai 2009 @17h03   « »

    A M. Philippe Leymarie

    Donc, si je comprends bien, le F-22 Raptor serait sacrifié au F-35 Lighnting ? Alors que ce dernier n’a toujours pas fait la preuve de ses capacités opérationnelles, à l’inverse du F-22.

    Apparemment, donc, le F-35 remplacerait la totalité de la flotte des F-15, F-16 et F-18 inclus, qui commencent à dater. Comme les Américains n’ont plus de bombardiers de remplacement depuis le B-2 (au nombre de 21 seulement), et que le reste n’est constitué que de quelque 170 B-52 et B-1, peut-on en déduire que leur politique consistera à moderniser les avions déjà existants et à se tourner vers les drones ?

  • permalien Philippe Leymarie :
    25 mai 2009 @17h52   « »

    A Ph Arnaud

    Le commandes F 22 s’arrêteront au n° 187, mais la flotte actuelle de l’US Air force sera conservée et modernisée. De même, les commandes de C17 de transport n’iront pas plus loin que le 205 ème appareil. Effectivement, ils mettent le paquet sur les UAV, déjà en action depuis une dizaine d’années, dont ils vont pratiquement doubler la flotte, je crois. Quant au F 35, qui n’a pas fait ses preuves, c’est vrai, une vingtaine d’appareils sont déjà en commandes pour essais dans l’US Air force et la Navy : ils ont l’air sûrs d’eux !

  • permalien bluerider :
    25 mai 2009 @21h37   « »

    D’après de nombreux blogs, le F35 chauffe, rendant son informatique inopérante ... dans les pays chauds et à base altitude... or il est censé remplacer le F16 chasseur bombardier... avec un domaine de vol en l’état réduit à celui d’un chasseur à haute altitude.... mais sans ailes car rognées pour sa signature radar, et donc peu manoeuvrable lorsque l’air vient à manquer... et sa signature radar n’est pas si furtive que cela. et sa version stol n’est pas au point non plus, avec des gazs éjectés qui corrodent la structure. Et il est encore trop lourd...

    L’équipement informatique devrait conduire à de profondes restructurations du fuselage.... on est loin du temps de Marcel Bloch qui après le premier vol du prototype du SuperMystèreB2 à Mérignac, demanda à ses ateliers de l’allonger de quelques dizaines de centimètres dans sa portion centrale... ce qui améliora considérablement les aptitudes de l’appareil !

    Tant et si bien que les hollandais ont décidé de reporter l’achat de 1 des 2 des prototypes, voire des 2 devant être mis aux standards de la série aux allures de gruyère mal équarri à cette heure... et la Norvège se défile aussi en reportant l’achat de 45 appareils aux calendes vikings...

    D’autant, cerise sur le gateau, que les clés de l’informatique embarquée resteront sur les berges du Potomac... on ne sait jamais.... d’ici qu’un F35 détourné ne se retrouve en longue finale dans le mur Sud-Ouest du Pentagone.... on pourra téléguider le précieux joujou ailleurs (ou bien alors pile dans le mille pour la photo depuis le parking à condition qu’il ralentisse un peu ...).

    http://english.pravda.ru/opinion/co...

  • permalien Ph. Arnaud :
    25 mai 2009 @22h00   « »

    A M. Philippe Leymarie

    Merci d’abord pour votre précédente réponse. Je me demande si, après s’être concentrés sur les guerres lourdes (genre Seconde Guerre mondiale), les Américains ne vont pas trop loin dans l’autre sens en s’imaginant que tous les conflits seront des guérillas rurales genre Afghanistan ou urbaines pour le contrôles des mégapoles.

    Il existe en effet des adversaires potentiels (Russie et Chine au premier chef – et, pourquoi pas ? – d’autres pays capitalistes) qui développent des armées très traditionnelles. C’est ce qui nous est arrivé à nous, Français, en 1870, alors que nous pouvions nous targuer, contre les Allemands, des 40 ans de la conquête de l’Algérie et des victoires de Crimée et d’Italie, qui n’avaient été des victoires que parce que nos adversaires étaient encore plus nuls que nous…

    Un autre critère qui me fait douter de la pertinence de l’engagement en Afghanistan est son rapport « qualité/prix ». Comment se fait-il que les Américains, qui n’ont à l’esprit que la rentabilité, ne se demandent pas quelle est, en comptabilité analytique, la valeur des pertes ennemies : compte tenu du nombre de milliards que vous citez, ça met le taliban hors de prix. Alors qu’en face, il suffit de bricoler un obus pour en faire un IED et faire sauter un Humvee avec tous ses occupants.

    Pour le F-35, je me demande s’il ne s’agit pas plutôt d’un système que d’un avion. Un système en tant qu’il est destiné à remplacer le F-16, le F-18, le A-10 et le Harrier ! Un système aussi en tant qu’il est conçu pour contrer (j’ai même entendu dire étouffer) les industries aéronautiques européennes sous les espèces du Gripen, du Typhoon et du Rafale qui sont aussi des MRCA (si vous m’autorisez cet anglicisme).

  • permalien Philippe Leymarie :
    26 mai 2009 @11h00   « »

    Mal réveillé, sans doute, j’ai commencé par nager sur les "MRCA" : qu’est-ce que c’est déjà ?? Et puis, la fée internet a encore frappé. Juste pour rire, ca a donné cette liste ... le dernier seulement étant celui qui nous intéresse ici :

    Manitoba Rodeo Cowboys Association _ » www.mrcarodeo.com
    « ACRA , PRCA »
    Medical Refresher Courses for Afghans
    ( ONG française, fondée en 1985 ) _ » www.mrca-asso.org
    Mesure et réduction des charges administratives
    ( France )
    Metal Roofing Contractors Association
    Michigan Radio Control Association _ » www.mrcaclub.org
    Midwest Roofing Contractors Association _ » www.mrca.org
    Military Radio Collectors Association
    Military Rehabilitation and Compensation Act (2004)
    ( Australia )
    Mini Racing Club Antibois _ » www.mini-racing.com
    Missouri Rodeo Cowboys Association
    MRCA . Mississippi Roofing Contractor’s Association _ » www.msroofingcontractors.com
    Most Recent Common Ancestor
    « LCA , LUA , LUCA »
    Motorcycle Riders Club of America
    Mountains Recreation and Conservation Authority
    ( California ) _ » www.mrca.ca.gov
    Multi-Role Combat Aircraft
    « MRCA »

    Evidemment, tout ca fait plus dans l’anglo-saxon mondialisé à dominante américaine que dans l’universel... Mais merci tout de même au site acronymes.info (qui en a répertorié 200 000 , dit-il).

  • permalien adrien :
    27 mai 2009 @09h58   « »

    @ Philippe Arnaud

    Au sujet, du système JSF/F-35 qui en est effectivement un, il existe plusieurs études de LFRS à ce sujet :

    http://www.frstrategie.org/barreCom...

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 mai 2009 @00h35   « »

    A Adrien

    Merci de vos infos. Cela prouve une chose, c’est que les armes répondent souvent à une tout autre finalité que celle qu’elles ont officiellement (en l’occurrence, pour un avion, par exemple, d’assurer l’interception, le bombardement lointain ou l’appui au sol).

    Les armes répondent souvent à une finalité de prestige (liée au statut de leur utilisateur direct et indirect), à une finalité économique (procurer du travail) à une finalité politique (entretenir des relations avec un autre pays). Ce qui fait qu’elles sont parfois inadaptées, voire inefficaces parce que trop puissantes pour être mises en œuvre dans un cadre donné.

    Sinon, comment expliquer que les Etats-Unis et l’URSS, beaucoup plus puissants que le Vietnam et l’Afghanistan aient perdu leurs guerres contre ces pays ? Si leur puissance économique et leur capacité technologique avaient produit des outils à l’échelle de ce qu’ils savaient faire, ils n’auraient jamais perdu ! En fait, la technologie des armes ne représente qu’une toute petite partie de l’art de la guerre.

    Certains pensent naïvement que la possession d’une multitude d’armes élaborées conduit nécessairement à la victoire. C’est comme si on s’imaginait qu’en connaissant le dictionnaire par cœur on devient un grand écrivain…

    P.S. Lorsque vous me répondez sur un thème antérieur, signalez-le moi brièvement sur un thème plus récent (si je m’y suis manifesté), car je n’ai pas forcément l’idée de revenir en arrière. Ainsi n’ai-je découvert votre présente remarque que par hasard…

  • permalien
    28 mai 2009 @10h10   « »

    @ Philippe Arnaud

    C’est noté !

  • permalien Shiv7 :
    28 mai 2009 @22h48   « »

    Contrairement à M. Arnaud je doute que les peuples Afghans et Vietnamiens aient pu êtres vaincus. Détruis et envahis me semble plus adapté pour décrire cette possibilité.

    Ceux qui connaissent les deux peuples en questions, savent que se soit l’honneur pour le premier et la fierté pour le second ne souffre pas la défaite, la mort devenant secondaire..

    Je serais curieux de savoir dans quelle mesure cette attitude est prise en considération dans l’art de la guerre
    quand des conflits comme ci-dessus se préparent ?

    Quelqu’un peut-il m’informer ? merci

  • permalien Nicolas Krebs :
    1er juin 2009 @17h27   « »

    Philippe Leymarie :

    Arrêt du programme de satellite TSAT pour l’Armée de l’air ;

    Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Transf.... D’autres programmes militiaires états-uniens que vous listez, y compris pas encore opérationnels ou annulés tels TSAT, ont des notices dans wikipedia.org. Bien sur les lier (ou pas) dans votre article est votre libre choix.

    Chalmers Johnson [...] estimait que – pour l’exercice 2008, par exemple – [...] l’ensemble des dépenses américaines pour son institution militaire [...] devaient être en fait de plus de 1 100 milliards de dollars.

    Voir la traduction en français d’un de ses articles sur ce sujet : Chalmers Johnson : Banqueroute américaine.

  • permalien K. :
    18 juin 2009 @14h46   « »

    Army head General Sir Richard Dannatt (Royaume Uni)
    s’adressant le mois dernier au “centre de réflexion” britannique Chatham House, à Londres :

    “We are in an era of persistent conflict. Iraq and Afghanistan are not aberrations, they are signposts to the future.”

    "Nous sommes dans une ère de conflit permanent. L’Irak et l’Afghanistan ne sont pas des aberrations, ce sont les signes avant-coureurs de l’avenir."

  • permalien Alterphil :
    3 juillet 2009 @00h04   « »

    Combien de clones combattants seront créé pour venir enfermer les non-armé qui pensent autrement ???

    Il ne nous reste plus beaucoup de temps :-)

  • permalien K. :
    7 novembre 2009 @00h11   « »

    @ Ph Arnaud :

    ...il suffit de bricoler un obus pour en faire un IED et faire sauter un Humvee avec tous ses occupants.

    Pas seulement les Humvee, mais aussi les « Mine-Resistant Ambush-Protected vehicles » ou MRAP (les nouveaux véhicules capables de résister aux « explosifs improvisés » (IED) dont parlait Ph Leymarie).

    Et de graves inquiétudes sont soulevées par le fait que des versions plus légères, donc moins résistantes, de “MRAP” (appelées “M-ATV” et dont l’atout serait une vitesse et une maniabilité supérieures) sont en train d’être acheminées en Afghanistan alors même que les “gros” MRAP arrivent déjà à être percés par les “IED” (et les lance-roquettes nous dit-on) des Talibans.

    Les MRAP couteraient $1 million l’unité et le pentagone aurait déjà dépensé plus de $26.8 milliards de dollars pour les gros MRAP, alors que $5.4 milliards auraient déjà été investis sur les M-ATV.

    Les officiels US ont refusé de divulguer le nombre de MRAP détruits jusqu’ici, mais assurent que sans eux le nombre de tués aurait été beaucoup plus élevé.

    Cela ne rassurerait pas beaucoup les soldats US, qui eux pensaient que les MRAP, qu’ils doivent conduire sur les terrains accidentés d’Afghanistan donc avec peu de capacité de maniabilité, étaient réellement capables de résister aux IED.

  • permalien K. :
    13 novembre 2009 @22h49   « »

    WASHINGTON - Le nombre d’anciens combattants américains qui sont morts en 2008 parce qu’ils n’avaient pas d’assurance-santé a été 14 fois plus élevé que celui des soldats tués en Afghanistan pendant la même période, selon une étude publiée mercredi (11/11/2009).

    L’étude, s’appuyant sur des chiffres du Bureau du recensement américain, a établi à "environ 1,5 million de personnes" le nombre d’anciens combattants qui ne bénéficient ni d’une assurance privée, ni d’une couverture fournie par les services de santé des vétérans, accordée en priorité aux anciens prisonniers de guerre ou à ceux qui ont été blessés au combat, (..).

    ..

  • permalien K. :
    18 novembre 2009 @00h31   « »

    En avril dernier, deux Marines de Camp Lejeune ont prédit à un psychiatre que certains marines de retour de la guerre allaient « disjoncté ». Préoccupé, le psychiatre a demandé ce que cela signifiait. L’un des Marines a répondu : "Un de ces gars-là est susceptible de revenir avec une arme chargée et d’ouvrir le feu."

    En rentrant chez eux, les soldats souffrant de problèmes de santé mentale sont déversés dans un système de soins de santé débordé qui répond maladroitement à leurs crises, ont déclaré les hommes, et ils sont également victimes du harcèlement de leurs supérieurs du Corps des Marines ignorants de la gravité de leurs problèmes et dédaigneux de ceux qui cherchent de l’aide psychiatrique.

    Ayant enquêté sur les affirmations des deux Marines concernant les conditions de la base militaire de la Caroline du Nord, la plus grande base navale sur la côte Est, le Dr Kernan Manion a trouvé qu’elles étaient vraies. Manion, un psychiatre embauché en Janvier dernier pour traiter les Marines rentrant de guerre avec de graves problèmes mentaux, a averti ses supérieurs de difficultés imminentes à Camp Lejeune dans une série de notes de service de plus en plus urgentes.

    Mais au lieu d’être félicité pour avoir empêcher ce qui aurait été un autre massacre Fort Hood, Manion a été congédié par l’entrepreneur qui l’a embauché, NiteLines Kuhana LLC. Une porte-parole de l’entreprise a dit que Manion a été viré à la demande de la Marine. La Marine a refusé de commenter cette histoire.

  • permalien K. :
    1er février 2010 @22h19   « »

    Le budget de la Défense américaine ne connaît pas la crise

    (Health care 19.7%, Education and jobs 2.2%)

  • permalien K. :
    3 février 2010 @15h16   « »

    Fantastique article de David Sanger du NYT sur les déficits US et leurs « projections », qui cherche d’abord l’absolution en tapant sur Bush le petit, comme s’il y avait un mérite inoui à relever les délires d’une caricature :

    Le budget de M. Obama mérite crédit pour sa franchise. Il ne tripatouille pas, du moins de façon excessive, l’ampleur potentielle du problème. Le président George W. Bush a continuellement clamé, presque jusqu’à la fin de sa présidence, qu’il allait quitter ses fonctions avec un budget équilibré. Il ne s’en était jamais approché ; en fait, les déficits ont grimpé dans ses dernières années.

    Ce qui permet, à un auteur maintenant au-dessus de tout soupçon, d’écrire,

    Pour M. Obama et ses successeurs, l’effet de ces projections est clair : a moins qu’une croissance miraculeuse, ou qu’un miraculeux compromis politique, créent un changement imprévu dans la prochaine décennie, il n’existe pratiquement pas de place pour de nouvelles initiatives nationales pour M. Obama ou ses successeurs.

    Malgré quelques timides acrobaties rhétoriques, il ne sera jamais question des “initiatives” internationales, comprendre les entreprises impérialistes US, ni bien sur ne verra-t-on la moindre allusion à la responsabilité du budget militaire US ou encore des tripatouillages des banques US et de Wall Street, quant aux déficits en question.

    Il semble que pour David Sanger, les intérêts de l’oligarchie de son pays ne doivent surtout pas être remis en question.

  • permalien K. :
    6 février 2010 @09h38   « »

    Gates Shakes Up Leadership for F-35
    CHRISTOPHER DREW and THOM SHANKER
    New York Times, February 1, 2010

    Et tandis que M. Gates a déclaré que Lockheed Martin avait accepté d’absorber une partie des dépassements de coûts sur le Joint Strike Fighter, des consultants de l’industrie ont déclaré que d’autres sociétés militaires étaient ravies que, une fois de plus, une réduction tant redoutée des dépenses militaires n’ait pas été appliquée.

    « L’industrie de la défense est heureuse, mais perplexe », a déclaré Loren Thompson, une responsable à l’Institut Lexington, un groupe politique financé en partie par des contractants militaires. "Il a été répété pendant des années que, lorsque les démocrates arriveraient au pouvoir les programmes d’armement en prendraient un coup. Mais les dépenses continuent d’aller bon train."

  • permalien K. :
    6 février 2010 @17h24   « »

    Bernd Debusmann, un journaliste de Reuters :

    Aujourd’hui, les USA, avec un énorme déficit et aux prises avec les séquelles de la pire récession depuis les années 1930, a atteint un point où la seule façon dont le pays peut maintenir son rôle en tant que géant militaire dominant dans le monde est d’emprunter de l’argent au pays que de nombreux planificateurs militaires considèrent comme un futur adversaire potentiel - la Chine.

    « Évidemment, ce n’est pas un arrangement tenable sur le long terme », explique Loren Thompson, directeur général du Lexington Institute, un think tank avec des liens étroits avec les entrepreneurs de la défense. Le Pentagone, dit-il, doit se détacher de l’idée que l’armée américaine ne peut aller n’importe où et tout faire.

    Que ce processus de sevrage puisse survenir reste douteux.

    "Les intérêts de l’Amérique et son rôle dans le monde exigent des Forces armées ayant des capacités inégalables", selon le « Quadrennial Defense Review » (QDR) qui vient d’être publié, un rapport exigé par le Congrès sur l’avenir de la stratégie de sécurité nationale des États-Unis.

    “Inégalables” est une chose, éclipser le reste du monde en est une autre. Les États-Unis, par exemple, disposent de 11 porte-avions en service, le reste du monde en a huit. La Chine en construit un, mais les analystes estiment qu’il ne sera pas achevé avant 2015. "Les Etats-Unis", note le QDR, "restent la seule nation à projeter et soutenir des opérations à grande échelle sur de longues distances."

    Qu’ils puissent le faire est en grande partie possible grâce aux systèmes d’armes mis au point au cours et pour la Guerre froide, des porte-avions et sous-marins nucléaires aux bombardiers de longue portée. Au cours de sa campagne pour la présidence, Barack Obama a souvent promis de réformer le budget de la défense "de sorte que nous ne payons pas pour des systèmes d’armes conçus pour l’époque de la Guerre froide que nous n’utilisons pas." Il a répété cet engagement dans son premier message sur l’état de l’Union.

    Mais son budget de la défense, publié dans la même semaine que le QDR, ne montre aucune modification apparente des habitudes de dépenses perpétuées dans les budgets de son prédécesseur, George W. Bush. Il a alloué davantage de fonds pour les forces spéciales, des hélicoptères, des drones lance-missiles et autres matériels pour les « guerres asymétriques » en Afghanistan et en Irak mais il a également prévu un nouveau porte-avions et des sous-marins d’attaque.

    Si ce ne sont pas là des armes conçues pour l’époque de la Guerre froide et destinées à des conflits conventionnels, qu’est ce que c’est ?

  • permalien K. :
    11 février 2010 @19h00   « »

    Eric Margolis, Toronto Sun, 5 février 2010, traduit par Contre-Info :

    Les dépenses militaires engloutissent 19% des dépenses fédérales et au moins 44% des recettes fiscales. Sous l’administration Bush, les guerres d’Irak et d’Afghanistan - financées par l’emprunt - ont coûté plus de 25.000 $ à chaque famille américaine.

    Comme Bush, Obama finance les guerres américaines par le biais d’autorisations supplémentaires d’endettement - en les empilant sur la carte de crédit de la nation qui a déjà atteint son maximum autorisé. Les générations futures payeront la facture.

    Ce poker menteur joué par la présidence et les parlementaires est un comble de malhonnêteté publique.

    Les guerres de l’Amérique doivent être financées par les impôts, pas par la fraude comptable.

    Si les contribuables américains avaient dû payer les guerres en Afghanistan et en Irak, ces conflits s’arrêteraient à brève échéance.

    Ce dont l’Amérique a besoin c’est d’un impôt pour la guerre, honnête et transparent.

  • permalien K. :
    14 février 2010 @18h23   « »

    Source : Financial Times.

    Après vérification pour Raytheon, il s’agit de millions et non pas de milliards comme indiqué ci-dessus.

    Une réflexion : quand on voit le rapport entre les sommes reçues par les Représentants (sic) des citoyens US et celles reçues par les contractants, on se dit que soit les députés US se contentent de peu, soit que la pléthore de candidats au poste de député permet aux “war-businessmen” US de se montrer chiches. Quoi qu’il en soit le rendement est impressionnant.

  • permalien K. :
    14 février 2010 @18h29   « »

    J’oubliais que de nombreux “Représentants” sont actionnaires...

  • permalien K. :
    16 février 2010 @11h14   « »

    BOB HERBERT : les taux de chomage aux Etats-Unis sont les plus élevés dans les groupes dont les salaires les mettaient déja en situation précaire.

    .. le taux de chômage du groupe social [US] dont les revenus sont les plus plus faibles, (revenu familial annuel de $ 12,499 ou moins) (..) au cours du quatrième trimestre de l’année dernière était de 30,8 pour cent. Soit plus de cinq points de moins que le taux de chômage global au zenith de la Dépression.

    Le groupe suivant le plus bas, avec un revenu de $ 12.500 à 20.000 dollars, avait un taux de chômage de 19,1 pour cent.

    Ce sont des taux de chômage qui poussent dans le dénuement des familles qui étaient déjà en difficulté . (..). Rien de bon ne peut venir de ces immenses armées de chômeurs simplement assis là, à mijoter.

  • permalien K. :
    17 février 2010 @10h02   « »

    http://contreinfo.info/article.php3...

    Dépression : 50% des américains les plus pauvres sont au chômage ou en situation de sous emploi

    En complément des graphiques sur la répartition des revenus aux Etats-Unis sur wikipedia :

  • permalien K. :
    17 février 2010 @11h24   « »

    Frida Berrigan :

    En 2008, selon un rapport du Congressional Research Service(CRS), la valeur des contrats mondiaux sur les armes s’est elevee à $55.2 milliards. $37.8 milliards pour les seuls Etats-Unis soit 68.4 percent du "commerce" total.

    (..) Nul n’est besoin d’un Ph.D. en economie pour reconnaitre que, quand une seule nation compte pour près de 70 pour cent des ventes armes, le terme "commerce global des armes" n’est pas tres pertinent.

    Ne pensez pas une seconde que le monopole américain mondial sur les ventes d’armes est accidentel ou involontaire. La croissance constante et lucrative de ce marché pour les fabricants d’armes américains a été assurée par une judicieuse planification stratégique.

    Washington pense sans cesse à des façons nouvelles et inventives de donner un coup de fouet à la vente de ses produits mortels dans le monde.

    Comment pouvez-vous améliorer cette quasi-perfection ?

    Dans l’intérêt de renforcer la « compétitivité » de ce secteur de pointe, l’administration Obama étudie la possibilité de réviser les lois d’exportation pour rendre encore plus facile le fait de vendre des technologies militaires à l’étranger.

    Comme le porte-parole du Pentagone, Geoff Morell l’a expliqué en Janvier, le secrétaire à la Défense Robert Gates veut voir "de gros changements aux règles et aux règlements gouvernementaux sur les exportations de technologie" au nom de la « compétitivité ».

  • permalien Catlou :
    25 mars 2010 @22h10   « »

    Alors si je comprend bien,les républicains ont des vertiges à l’idée d’investir $940 milliards sur 10 ans pour que 95% des américains aient accès à des soins de santé ; toutefois ils n’ont aucune difficulté à investir $660 milliards par année pour aller jour aux cowboys et jetter des bombes sur la tête des pays qui n’adoptent pas leur point de vue...

    Au nom de la charité chrétienne ??? Non mais comme arrogance on peut difficilement faire mieux.

  • permalien K. :
    13 août 2010 @19h45   « »

    Comme le “New York Times”, “Le Monde” tient absolument à présenter Robert Gates comme quelqu’un qui “taille" dans le budget militaire US, alors qu’il pourrait tout au plus ralentir l’augmentation de ce budget en annulant quelques dépenses qui n’ont aucun intérêt pour la “défense” nationale (mais beaucoup pour ceux dont l’argent conditionne le mandat de certains Représentants) pour lui permettre d’en créer de nouvelles sans trop creuser le “déficit” US.

    La même remarque adressée au “NYT” par Dean Baker, vaut pour “Le Monde” :

    L’augmentation du budget de la défense de 1,0 pour cent par an au-dessus du niveau de l’inflation n’implique pas un budget d’austérité.

    Par ailleurs et pour info, si comme le dit LM, "le portefeuille de la défense avait augmenté de 4 % par an, en termes réels, depuis le 11-Septembre", cette augmentation est de 7% par an si on ajoute les coûts des guerres, comme le précise le "NYT".

  • permalien K. :
    14 août 2010 @00h15   « »

    Qui des journalistes MSM ou des Yankees sont les plus épatants ?

    Après que l’on nous ait appris que Gates devait se battre farouchement contre le Congrès pour obtenir l’annulation de certaines dépenses militaires complètement superflues, voilà que le même Gates presse le même Congrès de..

    .. ne pas faire l’erreur de procéder à des réductions
    du budget militaire.

    Et, apprend-t-on incidemment, s’il n’y avait pas eu de réduction du budget militaire après la fin de la guerre froide, le 11 septembre n’aurait pas eu lieu.

  • permalien K. :
    25 août 2010 @20h58   « »

    Taillader le R & D en faveur de choses plus importantes, comme les guerres et les profits. Qui se soucie de l’avenir de l’Amérique ?

    Le secteur “Recherche et Développement” US est en déclin,

    28% des dépenses dans ce secteur sont le fait du gouvernement et la moitié de ces 28% est lié aux armes (“sans compter les dépenses liées au nucléaire militaire et d’autres dépenses militaires cachées”). Une partie des investissements du privé sont également liés aux armes.

    Au total sans le secteur militaire le déclin serait plus prononcé encore.

  • permalien K. :
    8 septembre 2010 @11h01   « »

    Dans une interview donnée dernièrement à Fred Kaplan du magazine “Foreign Policy”, Robert Gates déclare qu’il est pour « une augmentation substantielle du Budget de la Défense. »

    Ce qui est remarquable concernant cette interview, dit Tom Engelhardt, c’est que la déclaration sus-citée n’a pas du tout été commentée par les médias et autres “experts”, qui ont préféré se focaliser sur l’annonce faite par Robert Gates de son prochain départ à la retraite.

    La raison en est que le bien-être de la quasi-totalité des “vedettes” des médias et de l’ “expertise" est directement proportionnel au Budget de la Défense.

    Il semblerait donc que, débarassée des “motivations idéologiques des néoconservateurs”, la “militarisation du gouvernement étatsunien” est chose non seulement acceptable, mais honorable.

  • permalien K. :
    8 septembre 2010 @13h20   « »

    Reuters, 8 Septembre 2010 :

    Aussi bien Lockheed que Boeing, respectivement fournisseurs n° 1 et 2 du Pentagone, ont salué l’annonce récente de réformes sur le contrôle des exportations, ainsi que de nouveaux plans pour prolonger et élargir les crédits d’impôt pour la recherche et le développement.

    Lockheed a dit que l’assouplissement des contrôles à l’exportation contribuerait à stimuler ses ventes internationales, l’objectif étant de les faire passer à environ 20 pour cent des recettes globales au cours "des prochaines années" au lieu des 14 pour cent actuels.

  • permalien K. :
    24 septembre 2010 @08h07   « »

    Jim Lobe (1/2) :

    ...les fonctionnaires du Pentagone ont insisté sur le fait que les dépenses de défense devraient continuer à croître en termes réels, bien qu’à un rythme significativement plus lent - au moins un pour cent par an - que durant la dernière décennie.

    "La principale mission de Robert Gates, n’est pas de taillader sur le budget du Pentagone, mais de le sauver", a déclaré à IPS William Hartung, le directeur de “Arms and Security Initiative” de la “New America Foundation” (NAF). "Ses divers changements visent tous à protéger son ministère de la réduction de son budget global."

    "Il peut réussir dans le court terme, mais, les inquiétudes concernant le déficit du gouvernement fédéral continuant de croître, le budget du Pentagone va inévitablement diminuer en termes réels, (..)," a-t-il ajouté.

    "La crise financière est réelle, elle pose de sérieuses menaces à long terme pour le bien-être et la position mondiale de l’Amérique, et la seule solution ... est de revoir toutes les dépenses et recettes fédérales, y compris celles de la défense", écrit Gordon Adams, (..), dans un colloque sur le site web du “National Journal”.

  • permalien K. :
    24 septembre 2010 @08h09   « »

    Jim Lobe (2/2)

    L’administration Obama (..) espère clairement que les économies réalisées par la réduction des effectifs américains en Irak, qui sera suivie, à partir de Juillet 2011, par un retrait progressif de l’Afghanistan, conduiront à la réduction du budget de la défense à des niveaux plus gérables. Le Pentagone dépense 65 milliards de dollars sur l’Irak et près de 100 milliards sur l’Afghanistan cette année.

    Mais même dans le cas, considéré comme très improbable par la plupart des analystes , - surtout considérant la pression exercée sur Obama par les hauts gradés pour retarder ou ralentir ses plans de retrait en Afghanistan - ou les coûts peuvent être réduits à près de zéro au cours des cinq prochaines années, le budget militaire restera sensiblement plus élevé en termes réels à ce qu’il était après les guerres précédentes, y compris les conflits de Corée et du Vietnam.

    Si, par ailleurs, l’économie ne parvient pas à générer des taux de croissance soutenue comme au cours des années 1990 “go-go”- une autre perspective hautement improbable compte tenu de l’ampleur de la récession dont cette économie émerge à peine - la pression pour des réductions supplémentaires s’intensifiera certainement, peu importe le parti qui contrôle le Congrès ou la Maison Blanche.

    La manière dont ces réductions seront atteintes est certaine d’avoir des conséquences géo-stratégiques financières et fiscales, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour une foule de pays, en particulier en Eurasie, qui ont longtemps compté sur sa domination militaire.

    Il ya "l’hypothèse selon laquelle les États-Unis sont toujours hégémoniques dans le monde, et ont le devoir d’être prêts à se battre contre tout le monde, partout, si les intérêts impériaux sont en jeu", a écrit le colonel Patrick Lang, un ancien haut fonctionnaire de l’Agence du renseignement de la défense, dans le colloque du “National Journal”. "Comment des personnes adultes, responsables, qui comprennent notre situation économique, peuvent-ils penser que cela a quelque chose à voir avec la réalité ?"

  • permalien K. :
    24 septembre 2010 @08h11   « »

    Jim Lobe (2/2)

    L’administration Obama (..) espère clairement que les économies réalisées par la réduction des effectifs américains en Irak, qui sera suivie, à partir de Juillet 2011, par un retrait progressif de l’Afghanistan, conduiront à la réduction du budget de la défense à des niveaux plus gérables. Le Pentagone dépense 65 milliards de dollars sur l’Irak et près de 100 milliards sur l’Afghanistan cette année.

    Mais même dans le cas, considéré comme très improbable par la plupart des analystes , - surtout considérant la pression exercée sur Obama par les hauts gradés pour retarder ou ralentir ses plans de retrait en Afghanistan - ou les coûts peuvent être réduits à près de zéro au cours des cinq prochaines années, le budget militaire restera sensiblement plus élevé en termes réels à ce qu’il était après les guerres précédentes, y compris les conflits de Corée et du Vietnam.

    Si, par ailleurs, l’économie ne parvient pas à générer des taux de croissance soutenue comme au cours des années 1990 “go-go”- une autre perspective hautement improbable compte tenu de l’ampleur de la récession dont cette économie émerge à peine - la pression pour des réductions supplémentaires s’intensifiera certainement, peu importe le parti qui contrôle le Congrès ou la Maison Blanche.

    La manière dont ces réductions seront atteintes est certaine d’avoir des conséquences géo-stratégiques financières et fiscales, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour une foule de pays, en particulier en Eurasie, qui ont longtemps compté sur sa domination militaire.

    Il ya "l’hypothèse selon laquelle les États-Unis sont toujours hégémoniques dans le monde, et ont le devoir d’être prêts à se battre contre tout le monde, partout, si les intérêts impériaux sont en jeu", a écrit le colonel Patrick Lang, un ancien haut fonctionnaire de l’Agence du renseignement de la défense, dans le colloque du “National Journal”. "Comment des personnes adultes, responsables, qui comprennent notre situation économique, peuvent-ils penser que cela a quelque chose à voir avec la réalité ?"

  • permalien VILLENEUVE :
    6 mars 2011 @15h50   « »

    Merci K pour tous ces posts instructifs et, hélas, totalement effrayants.

  • permalien K. :
    10 octobre 2012 @23h06   « »

    Les centaines de dollars des "IED" (engins explosifs improvisés) afghans ont laminé les 18 milliards de dollars du "Joint IED Defeat Organisation" (JIEDDO) yankee.

    ... as the technology [du JIEDDO] helped the U.S.-NATO command discover more IEDs, the Taliban simply produced and planted even larger numbers of bombs to continue to increase the pressure of the IED war.

  • permalien jeanpresse :
    23 octobre 2012 @11h02   «

    D’où vient l’argent des dépenses militaires ?

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