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Tensions et fraudes en Iran

dimanche 14 juin 2009, par Alain Gresh

La situation à Téhéran (et dans d’autres villes du pays) reste tendue, plusieurs manifestations ayant rassemblé samedi des partisans de Moussavi qui contestaient l’élection d’Ahmadinejad. Selon diverses informations, plusieurs dizaines de réformistes auraient été arrêtées. D’autre part, l’un des trois candidats, le conservateur Mohsen Rezai (crédité de 1,7 % des voix) a proclamé son soutien à Ahmadinejad (cette information a été démentie le 14 au soir, Rezai ayant publié une lettre contestant les résultats), avec d’autres leaders officiels, comme Ali Larijani, le président du Parlement (« Iran reformists held after street clashes », John Simpson, 14 juin, BBC World Service. Lire aussi, « Reformists held after Iran riots, », Al Jazira en anglais). Enfin, dimanche après-midi, les partisans du président Ahmadinejad se réunissaient à Téhéran pour fêter leur « victoire ».

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a réagi de manière prudente, affirmant qu’elle espérait que le résultat refléterait « le désir véritable et la volonté du peuple iranien ».

Dans un article du quotidien israélien Haaretz du 14 juin, Amos Harel explique que la victoire d’Ahmadinejad est ce qu’il y a de mieux pour Israël (« Ahmadinejad win actually preferable for Israel »).

Rappelons d’abord que tous les candidats se situent dans le cadre de la République islamique et ne la contestent pas, aucun n’est un opposant au sens propre du terme – même si Moussavi, après avoir été premier ministre dans les années 1980, avait été absent de la scène politique depuis lors. Le scrutin a-t-il été truqué ? Si la majorité des observateurs occidentaux le pensent, quelques voix dissidentes se font aussi entendre.

Le correspondant du quotidien britannique The Guardian, Abbas Barzegar publie le 13 juin un article intitulé « Wishful thinking from Tehran » et sous-titré, « depuis la révolution, les universitaires et les éditorialistes (pundits) ont prédit l’effondrement du régime iranien. Cette semaine ils n’ont pas fait mieux. »

« Depuis une semaine, les mêmes courants hostiles à la corruption, populistes et pieux qui ont conduit à la révolution étaient disponibles pour ceux qui voulaient les voir. Ahmadinejad, pour la majorité du pays, représente ces idéaux. Depuis qu’il a accédé à la présidence, il a refusé de porter un costume, de changer de domicile (qu’il avait hérité de son père) et de modifier sa rhétorique contre ceux qu’il accuse de trahir la nation. Quand il a publiquement accusé son imposant rival, l’aytollah Hashemi Rafsandjani, un lion de la révolution, de corruption parasitique, et comparé sa trahison à la tentative de tromper le Prophète Mohammed qui a conduit, il y a 1 400 ans, à la scission entre sunnites et chiites, il a libéré l’imaginaire des masses. La défense de Rafsandjani à travers un journal de Moussavi a signé la fin des réformistes. »

Helena Cobban dresse un parallèle sur son blog Just World News (13 juin) avec les élections en Palestine en janvier 2006 et qui ont donné la victoire au Hamas. « The results of free and fair elections » (13 juin) et se demande combien d’Américains ont protesté contre la violation du résultat de ces élections par la communauté internationale.

Ces remarques et le fait que nombre d’observateurs extérieurs ont sous-estimé la question sociale et la popularité d’Ahmadinejad telle qu’elle apparaît dans les images des correspondants qui ont pu le suivre en province, ne semblent néanmoins pas suffire à mettre en doute les manipulations du scrutin.

Gary Sick, sur son blog Gary’s choices, parle d’un « Iran’s political coup ». Il trace l’historique des événements du 12 juin, la coupure des communications par SMS, l’annonce des résultats avec les mêmes proportions de voix quelles que soient les provinces (voir les remarques de Juan Cole plus bas), la rapidité avec laquelle le Guide a soutenu la « victoire » d’Ahmadinejad, la coupure de la plupart des communications internationales après, etc.

Pour Juan Cole, il ne fait aucun doute que l’élection a été « volée » (« The stealing of the iranian election », Informed Comment, 13 juin). Il en donne quelques preuves :

« Ahmadinejad aurait obtenu 57 % des voix à Tabriz. Son principal concurrent est Moussavi, un Azeri de la province d’Azerbaïdjan dont Tabriz est la capitale. (...) Or dans les élections passées, les Azéris ont voté de manière disproportionnée même pour des candidats présidentiels qui étaient mineurs parce qu’ils venaient de cette province. »

On annonce qu’Ahmadinejad aurait obtenu plus de 50 % des suffrages à Téhéran. Or, il n’est pas populaire dans les villes, y compris dans les quartiers pauvres, même s’il le prétend, car sa politique a conduit à une importante inflation et à un fort taux de chômage. Qu’il ait pu l’emporter à Téhéran est tellement peu probable que l’on peut avoir des doutes sur ces chiffres. »

Le correspondant de la chaîne Al-Jazira, Teymoor Nabili retrace le film des événements dans la journée du 12 juin (« Mousavi sees election hopes dashed ») qui soulève bien des doutes. Alors que les journalistes avaient été convoqués à un point de presse à 11 heures du soir au ministère de l’Intérieur, celui-ci était repoussé tandis que l’agence de presse officielle Irna annonçait qu’Ahmadinejad menait largement en province. Finalement, le point de presse se tenait avec près d’une heure de retard, et on annonçait que, sur 5 millions de votes décomptés, Ahmadinejad menait avec 69 % des voix. Plus tard, les mêmes pourcentages étaient donnés régulièrement, comme si toutes les villes avaient voté de la même manière, y compris à Tabriz, la ville de Mousavi. Ahmadinejad annonçait sa victoire, confirmée par le Guide de la révolution, l’ayatollah Khamenei.

En revanche, Moussavi contestait les résultats, dans une déclaration à l’agence Reuters reprise par la BBC World Service (« Ahmadinejad re-election sparks Iran clashes) » :

« Je proteste fortement contre les nombreuses irrégularités et je vous préviens : je ne me plierai pas à cette dangereuse mascarade. De telles activités menées par certains officiels mettront en cause les piliers de la République islamique et aboutiront à la tyrannie. »

Le groupe de religieux regroupés autour de l’ancien président Mohammed Khatami appelait aussi à l’annulation des résultats, selon une dépêche du 12 juin de l’AFR reprise par le site Nasdaq (« Khatami’s Clerical Group Urges Annulling Iran Poll Results »).

Deux autres anomalies ont été soulignées par des observateurs. D’abord, le comité électoral est censé attendre trois jours pour entendre les éventuelles plaintes des candidats avant de proclamer les résultats. Et ces résultats doivent être approuvés par le Conseil des experts avant d’être confirmés par le Guide Khamenei. Or Khamenei a confirmé les résultats sans attendre ce délai.

Il est difficile de savoir comment la situation va évoluer, mais les divisions au sein même de la classe politique sont un élément nouveau.

761 commentaires sur « Tensions et fraudes en Iran »

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  • permalien Emir :
    14 juin 2009 @18h01   »

    Attendre 3 jours avant de proclamer le résultat : une irrégularité ???
    Le monde entier est donc dans l’irrégulartité et l’Iran fait partie de ce monde.

    M gresh, en plus des médias traditionnelles Tf1, F2 ... vous faite une liste critique de plus sur le déroulement et le résultat de ces élections : tension et fraude ? mais pourquoi ne pas attendre 3 jours aussi avant de délibérer ?

    Les médias français recoivent en pleine gueule, une fois de plus l’amer déception dans leur échec. Celui de nous peindre un monde répondant aux critères occidantaux.

    Henry Géno :" ce n’est pas une bonne nouvelle ni pour les Iraniens, ni pour le monde " !!! Mais qui a voté ? des extra-terrestres ?

    France 2 qui espere un soulèvement , une révolte du peuple iranien ??!!! mais qu’est ce que c’est que ces médias ???

  • permalien Tête d’épingle :
    14 juin 2009 @18h33   « »

    Des média défendant la démocratie à l’Occidentale. Emir, si ça vous choque, Copé a bien dit lors du rejet de la loi Hadopi : "ce n’est désormais plus la teneur de ce texte qui est en cause. Ce qui importe c’est le problème politique créé par son rejet surprise et par le comportement absurde de l’opposition".

    Toujours en démocratie française, oui, oui...

  • permalien K. :
    14 juin 2009 @18h52   « »

    Peut-être, à la lumière des résultats du sondage pré-électoral de l’organisation US “Terror Free Tomorrow”, c’est l’Israélien Ephraim Kam (Ancien colonel de la Division de recherche du renseignement militaire des forces de défense israéliennes et actuel chef adjoint de l’Institut israélien d’études de sécurité nationale spécialisé sur les questions de sécurité du Moyen-Orient, le renseignement stratégique, et les questions de sécurité nationale d’Israë) qui est le plus proche de la réalité ?

    Il n’y a pas de surprise dans la victoire électorale d’Ahmadinejad. La surprise a été dans l’écrasante majorité qu’il a obtenu au premier tour. La plupart des évaluations étaient qu’il allait gagner car il a des avantages sur ses adversaires, en particulier, il est assez populaire parmi les pauvres et dans les milieux ruraux et il avait l’appui du chef spirituel, des Gardiens de la Révolution, ainsi que des organisations religieuses. Cependant, il existe une base pour penser que les résultats ont été faussés parce que sa victoire est trop écrasante.

    Il déclare par ailleurs :

    L’élection d’Ahmadinejad lui donne un nouveau mandat pour poursuivre son ancienne politique. Il n’y a pas de changements à attendre dans ses politiques internes ou externes. Pas plus qu’il ne fallait s’attendre à des changements [si un autre candidat avait été élu] parce que le véritable pouvoir politique est entre les mains du chef spirituel Khamenei, pas Mahmoud Ahmadinejad.

    Si Moussavi avait été élu il y aurait eu des changements sur le plan interne, peut-être plus de liberté pour le peuple. (..). Les manifestations et la violence que nous voyons reflétent [la déception de ses partisans], mais le régime a une capacité impressionnante de réprimer ces manifestations et je m’attends à ce que cela prenne fin dans quelques jours ou quelques semaines.

  • permalien Emir :
    14 juin 2009 @21h25   « »

    Définition : La mythomanie : C’est une tendance plus ou moins volontaire et consciente aux mensonges et à la création de récits imaginaires. La mythomanie n’est donc pas seulement l’action de fabuler ni celle de mentir. C’est une véritable constitution, un type de déséquilibre entraînant l’élaboration de récits d’événements et d’actes qui n’ont pas eu lieu mais que le malade fait croire à autrui.

    Oui le média français souffre de cette pathologie.

    Avant le dépouillement, avez vous entendu un média craindre des irrégulartités dans le scrutin ? Non, puisqu’ils croyaient tous que l’opposition allait triomphér grace à des iraniens décus.

    Ahmadinejad reélu et PAF !!! Le scrutin est douteux et nous assistons à un concert de commentateurs agités.

  • permalien itzhak :
    14 juin 2009 @23h21   « »

    Je suis en accord totalement avec vous, Emir ; l’Iran est un état démocratique, et il est malséant de douter de la régularité de cette élection.
    Il est indéniable que l’Elu est ce qui est mieux pour la nation iranienne, et si en Iran :

    1 Iranien sur cinq vit en-dessous du seuil de pauvreté

    c’est la faute du prix du baril de pétrole dont le coùt à horriblement baissé.

  • permalien K. :
    14 juin 2009 @23h41   « »

    Bientot une nuit des longs couteaux en Iran ? C’est ce qu’une “source bien informée” aurait appris à Steve Clemons :

    My contact predicted serious violence at the highest levels. He said that Ahmadinejad is now genuinely scared of Iranian society and of Mousavi and Rafsanjani. The level of tension between them has gone beyond civil limits — and my contact said that Ahmadinejad will try to have them imprisoned and killed.

    Likewise, he said, Rafsanjani, Khatami, and Mousavi know this — and thus are using all of the instruments at their control within Iran’s government apparatus to fight back — but given Khamenei’s embrace of Ahmadinejad’s actions in the election and victory, there is no recourse but to try and remove Khamenei. Some suggest that Rafsanjani will count votes to see if there is a way to formally dislodge Khamenei — but this source I met said that all of these political giants have resources at their disposal to "do away with" those that get in the way.

    He predicted that the so-called reformist camp — who are not exactly humanists in the Western liberal sense — may try and animate efforts to decapitate the regime and "do away with" Ahmadinejad and even the Supreme Leader himself.

  • permalien Tête d’épingle :
    14 juin 2009 @23h49   « »

    Itzhak, l’argumentation nécessite une cohérence dans les différentes remarques. Là, je ne vois pas de rapport entre la situation économique, la démocratie, la régularité des élections passées ou le prix du pétrole.

    Les candidats aux élections misent sur de meilleures conditions de vie pour attirer leur public, comme partout.

    Pour l’instant, vous etes mal placé pour critiquer le fanatisme des mollahs, je ne vois qu’un illuminé qui croit que tous les malheurs du monde viennent du fait que l’on ne soit pas soumis à l’Occid... que l’on applique pas le modèle occidental de démocratie. Après, il faut bien combattre le feu par le feu, n’est-ce pas ? Vous faites sensation.

  • permalien Tête d’épingle :
    14 juin 2009 @23h51   « »

    K., votre dernière contribution doit-elle être prise au sérieux, ou ne s’agit-il que de divagations ?

  • permalien K. :
    14 juin 2009 @23h52   « »

    À en croire Roger Cohen présent sur place, il y a au moins du cafouillement :

    Khamenei, under pressure from Rafsanjani, appeared ready to let the election unfold, but he reversed course, under pressure, or perhaps even diktat, from the Revolutionary Guards and other powerful constituencies.

  • permalien K. :
    14 juin 2009 @23h54   « »

    Tête d’épingle, je me pose la même question.

  • permalien pierre :
    15 juin 2009 @02h28   « »

    Emir et Iznak, si vous en voulez aux medias francais, ne melangez pas tout en vous permettant de juger le peuple iranien qui souffre actuellement d’un veritable coup d’etat. si vous connaissiez la situation et les details de ces "elections", vous comprendriez pourquoi les iraniens et peu a peu les medias occidentaux parlent de fraude.
    vous parlez de criteres occidentaux ; et si ces criteres sont la democratie et la liberte et que ceux en Iran sont le totalitarisme et la dictature, changez votre place occidentale avec un iranien qui essaie de se battre et ne reve que de cela, de liberte, meme si ce n’est qu’un critere occidental.
    alors merci de garder votre amertume contre la France et les medias pour vous ou pour un blog dont c’est le sujet et de respecter les iraniens qui essaient de faire entendre leur choix pour plus de liberte

  • permalien Milla :
    15 juin 2009 @02h39   « »

    pierre

    n’oubliez pas que celui qui tire les ficelles est exactement de ceux que vous appelez dictateurs et qui est très bien soutenu par le Quai D’Orsay, Rafsanjani en quelques sortes !!! Par pitié, en termes de culot, on jamais vu une Europe aussi décomplexée, genre on reçoit Kadhafi en France, puis en Italie ou en Berlusconie on l’invite même a discourir au parlement, çà n’a peut etre rien a voir mais en gros celà signifie que la dictature on s’en sert quand çà sert, crise oblige... Bref dans la politique actuelle, rien de nouveau... et encore moins dans les médias français alors que justement, une certaine dissidence iranienne se forme et critique la manière dont les médias ont traité leurs élections.

  • permalien K. :
    15 juin 2009 @09h17   « »

    Très bien dit Milla. Il est étonnant que l’on nous ressert régulièrement la farce de la défense de la démocratie par l’Occident là ou il a été révélé maintes et maintes fois et depuis belle lurette que les enjeux n’étaient que les dominations géopolitique, stratégique, économique de l’Occident. Il n’y a qu’à voir l’indifférence occidentale que rencontrent les opposants qui ne s’opposent pourtant pas aux ““valeurs”” occidentales mais refusent de sacrifier les intérêts de leur pays au profit de l’Occident.

    Du point de vue de l’intérêt économique intellectuel mental spirituel des peuples de la région, les dictateurs qui ont la préférence de l’Occident parce qu’ils servent ses intérêts sont-ils préférables aux dictateurs qui s’y opposent ? Kif Kif l’humiliation du diktat étranger en plus. Et la deuxième catégorie a toujours l’excuse des énormes obstacles posés par l’Occident contre leur pays (dont ils ne souffrent pas eux mais leurs populations).

    Et puis, en fin de compte, l’état des populations des pays occidentaux est-il si enviable aujourd’hui que l’on doive tout sacrifier dans l’optique d’un hypothétique moment ou l’on verrait les élites occidentales imposer à leurs sbires une certaine démocratisation ? Vous êtes en train de perdre progressivement tous vos acquis sociaux au nom de la “santé budgétaire” pendant que l’on puise largement dans ces mêmes budgets pour ne pas laisser les milliardaires en centaines devenir des milliardaires en dizaines, les pauvres ! Et comment réagissez-vous devant ces hold-up ? Heureusement qu’il reste des personnes qui sont différentes de vous pierre ...

  • permalien Nathan :
    15 juin 2009 @09h38   « »

    Au delà des idéologies, c’est toujours la même histoire. Il y avait un printemps à Prague, les ennemis de la liberté et leurs soutiens idéologiques l’ont brisé, de même qu’ils sont combattu Solidarnosc en Pologne. D’autres ennemis de la liberté ont brisé le printemps chilien d’Allende. Et aujourd’hui, d’autres ennemis de la liberté et leurs idiots utiles sur ce blog applaudissent au coup d’arrêt donné au printemps de Téhéran et aux aspirations légitimes d’un peuple.

  • permalien Tristan :
    15 juin 2009 @10h17   « »

    @Nathan

    En tous cas, le refus par l’opposition du résultat officiel est du pain béni pour les ennemis de l’Iran. Les élections semblaient exemplaires, jusqu’a la publication des résultats.

    Je ne sais pas si il y a eu une fraude massive ou non, mais pour moi, dans un cas comme dans l’autre, l’opposition, qui faisait pourtant partie de l’appareil d’état, aurait dû penser à l’intérêt supérieur de l’état, en soutenant le gouvernement.

    Comme je l’ai dit précédemment, je pense qu’Ahmadinejad est la meilleur personne pour négocier avec Obama et qui peut faire accepter à la population la plus conservatrice des concessions. Les autre candidats seraient facilement accusé d’avoir été acheter par l’occident.

    Mais à, on a l’impression qu’ils ont déjà été acheter par les USA pour affaiblir la diplomatie iranienne et permettre un accord plus favorable à Obama. Où alors, bien plus grave, acheté par ceux qui cherche à refaire le même coup qu’en Irak : libérer l’Iran de la dictature et crée un chaos encore plus grand au moyen orient, qui peut déboucher sur le meilleur ou sur le pire.

  • permalien adrien :
    15 juin 2009 @10h23   « »

    @ Tristan,

    Vous écrivez "Comme je l’ai dit précédemment, je pense qu’Ahmadinejad est la meilleur personne pour négocier avec Obama et qui peut faire accepter à la population la plus conservatrice des concessions. Les autre candidats seraient facilement accusé d’avoir été acheter par l’occident."

    De quelles concessions parlez vous ?

  • permalien adrien :
    15 juin 2009 @10h34   « »

    Emir, on a le droit aussi d’avoir notre point de vue sur les modalités de la réélection d’ Ahmadinejad. Par exemple quand 3 jours avant l’élection les Pasdarans mettent en garde contre tout changement de régime et qu’il n’accepteront aucune tentative de le réformer, on peut se poser des questions quant à la nature "démocratique" des élections. Souligner cet aspect comme la répression sévère qui a lieu en ce moment ne me paraît pas hors de propos ou relevant d’une énième "manipulation". Ou bien refusez vous toute critique envers Ahmadinejad ? C’est bien ce qu’on appelle le totalitarisme.

  • permalien adrien :
    15 juin 2009 @10h41   « »

    @ Tristan

    vous écrivez aussi "Mais à, on a l’impression qu’ils ont déjà été acheter par les USA pour affaiblir la diplomatie iranienne et permettre un accord plus favorable à Obama. Où alors, bien plus grave, acheté par ceux qui cherche à refaire le même coup qu’en Irak : libérer l’Iran de la dictature et crée un chaos encore plus grand au moyen orient, qui peut déboucher sur le meilleur ou sur le pire."

    Vous avez raison de le souligner Tristan, mais ce n’est un jeu de dupes pour personne. L’opposition est en partie financée par Washington, tout comme Ahmadinejad a le soutien des plus hautes autorités du régime et de sa police politique, et il ne serait pas impossible que certains résultats aient été gonflés en sa faveur.
    Le Hezbollah est financé en partie par l’Iran. Le trouvez pour cette raison moins légitime en tant que force d’opposition au Liban ? De votre point de vue il le devrait, en tout cas..

  • permalien Emir :
    15 juin 2009 @10h44   « »

    Pierre : vous rigolez j’espere !!??

  • permalien Haïder :
    15 juin 2009 @10h53   « »

    bonjour, une question pour itzhak et Emir : les contestataires risquant leurs libertés, voire leurs vies sont-ils, à votre avis, à la solde des médias français ?

  • permalien Haroun :
    15 juin 2009 @11h37   « »

    Ce que les médias pro-occident ignorent ou refusent de dire :

    - Ahmadinijad ne reçoit pas de salaire en tant que Président de la République d’Iran. Il a offert son salaire et vit sur son propre patrimoine.

    - Depuis qu’il est président il vit dans sa propre maison familiale.

    - Il porte des vêtements modestes achetés de son propre budget.

    - Il ramène avec lui à travail de Président un sandwich au frômage de chez lui et refuse le déjeuner présidentiel, etc.

    Ceci est génant :

    * Aux Princes, rois et présidents "forever" du moyen orient car il fait revivre les attitudes des 5 Califes de l’Islam ayant gouvernés après le Prophète Mohammed.

    * Aux Sionistes et leurs alliés occidentaux car l’Iran Islamiste constitue une ligne de défense contre intérêts impérialistes désirant approprier les richesses du moyen orient du Nil au Euphrate (Pétrol, terre, reserves en eau, etc.).

    Les idiots croient les idées sionistes. Les musulmans intéligents (ou croyants) ne subissent pas les mêmes coups les deux fois de suite.

  • permalien Aube :
    15 juin 2009 @12h47   « »

    Pour ceux qui s’intéressent aux faits :

    http://www.confluences-mediterranee...

  • permalien Ana :
    15 juin 2009 @12h48   « »

    L’Iran et nous - Dedefensa.org, 15 juin 2009

    (...) "S’il est jugé légitime de critiquer l’élection iranienne et ses magouilles, les troubles qui en résultent et les manipulation d’Ahmadinejad, n’est-il pas alors tout aussi légitime pour les autres de critiquer fondamentalement un système qui affirme avec tant de hauteur sa supériorité et qui n’est pas capable d’attirer plus d’un tiers de ses citoyens pour renouveler le Parlement européen, dans une caricature honteuse de démocratie transnationale où les volontés populaires sont absolument ignorées ?

    "S’il est jugé légitime de critiquer l’extrémisme d’Ahmadinejad, n’est-il pas justifié pour les autres d’en faire au moins autant, nous qui avons la force en plus pour traduire nos anathèmes en actes, à l’encontre de notre politique d’un extrémisme épouvantable, avec les manipulations qui vont avec, telle qu’elle se manifeste avec zèle et constance, du Kosovo à l’Irak, des excès de la croisade anticommuniste à la bonne conscience de la croisade anti-islamiste ? (Au reste, pour trancher le débat général sur nos responsabilités et notre politique radicale et encore mieux mesurer les fondements de la situation actuelle, Obama nous a récemment et opportunément rappelé que la situation en Iran est due à un enchaînement dont la source est un coup d’Etat machiné en 1953 par le couple CIA-MI5, liquidant le démocratiquement élu Mossadegh.)" (...)

  • permalien Murmure :
    15 juin 2009 @12h55   « »
  • permalien Nobo :
    15 juin 2009 @13h33   « »
    Tensions et fraudes dans la psyché française...

    "Depuis qu’il a accédé à la présidence, il a refusé de porter un costume, de changer de domicile (qu’il avait hérité de son père) et de modifier sa rhétorique contre ceux qu’il accuse de trahir la nation. "

    Messieurs les Françaouis, ça doit vous changer du bonimenteur bling-bling qui pérore à l’Elysée !
    Au lieu de nous assener vos bêtises aussi délirantes qu’ethnocentriques, vous seriez bien inspirés en nettoyant vos écuries d’Augias qui dégagent une bien drôle d’odeur at home..

  • permalien Nobo :
    15 juin 2009 @14h26   « »
    Tensions et fraudes dans la psyché journalistique française...

    Et pour ce qui est des journalistes français, plus larbins les uns que les autres, qu’ils en prennent de la graine :

    "Les journalistes iraniens arrivent à informer la population, malgré un salaire de misère, malgré des journaux qui se ferment, malgré le fait qu’il y ait une censure, ou plutôt une autocensure,. Celle-ci prédomine car pour les journalistes, il est important de préserver le journal de la fermeture, de ne pas finir en prison. Mais il y a une possibilité de dire les choses, entre les lignes. Les Iraniens s’intéressent à l’information, ils écoutent surtout les radios et les télévisions étrangères, comme dans tous les pays fermés. La société est très politisée, on parle de politique partout."

  • permalien Tristan :
    15 juin 2009 @14h27   « »

    @adrien

    Il y a une grande différence entre le finacement du Hezbollah et celui de l’opposition en Iran. C’est que l’Iran n’a jamais voulu déclarer la guerre au Liban. Au USA, le financement des partis politiques par une puissance étrangère est aussi accepté, mais je crois me rappeler qu’il ne falait pas recevoir d’argent d’URSS. Le Hezbollah, aussi, a fait preuve d’un grand fair-play, acceptant une défaite, alors que sa coalition a largement gagner en pourcentage de voix. En regardant la presse occidentale, on a vraiment l’impression d’avoir affaire à une horrible dictature en Iran et que si on leur déclarait la guerre, on serait accueilli en liberateurs. J’ai même entendu à la radio qu’Ahmadinejad n’aurait été que troisième, comme pour dire qu’il n’a aucun soutien populaire.

    Alors je ne demande si l’opposition, en Iran, n’a pas cherché à donner une mauvaise image de leur pays, au moment même où vont sûrement s’ouvrir d’importantes négociations avec les USA. Et ce qu’on peut dire, c’est que la presse occidentale en a rajouté. Je pense que la diplomatie iranienne va en payer le prix fort et peut-être même qu’Obama ne va pas pouvoir convaincre sa population de l’importance de faire la paix (mais peut aussi en profiter, pour faire pression sur l’Iran). J’ai rien contre les oppositions constructives, surtout quand elles ont une légitimité démocratique, mais là, je trouve qu’on frise la haute trahison.

    Quand je parle de concessions, c’est peut-être d’accepter des observateurs internationaux, lors des prochaines élections et sur leurs sites de développement nucléaires, de soutenir encore plus fortement la démocratisation de l’Irak et de l’Afghanistan, de pousser la Syrie, le Hezbollah et le Hamas à soutenir les propositions d’Obama, pour régler le problème israélo-palestinien. Mais bon, qu’est-ce que j’en sais, moi, je ne suis pas dans la tête d’Obama, mais si il va discuter avec Ahmdinejad, c’est qu’il est près à faire certaines concessions et en même temps, attends à recevoir quelque chose en échange.

  • permalien Milla :
    15 juin 2009 @16h15   « »

    Il veulent un nouveau scrutin !! soit , mais qui serait alors le perdant ? les élus ou les électeurs... Pourquoi Obama tarde a prendre une décision ou même de s’impliquer dans le processus iranien ? il pourrait par exemple évoquer des élections avec plus de transparence avec aussi des urnes transparentes et un médiateur international ou de l’ONu et que sais je encore pour vérifier de la sobiriété du son déroulement... Mais comme on sait, les urnes dans les états dictats, elles toujours pré bourrées de papiers, normal pour feinter la forte participation... Or là je parle aussi de celui qui a organisé la manif, et qui brigue le siège, un parent a rafsandjani si ma mémoire ne me fait pas défaut... Mais est ce une bonne chose, puisque on sait que la véritable résistance est dans le peuple qui sont parfaitement au courant de ces choses et ne veulent d’aucun candidat en présence !! Il y aurait de forte chance que des élections plus transparentes mettent en valeur une très forte abtsention ce qui je crois, ne va pas plaire au candidat quelqu’il soit !!!

  • permalien Murmure :
    15 juin 2009 @16h29   « »

    .

    .. Pourquoi Obama tarde a prendre une décision ou même de s’impliquer dans le processus iranien ? il pourrait par exemple évoquer des élections avec plus de transparence avec aussi des urnes transparentes et un médiateur international ou de l’ONu et que sais je encore pour vérifier de la sobiriété du son déroulement...

    Discours d’Obama au Caire :

    Je sais qu’il y a eu une controverse concernant la promotion de la démocratie ces dernières années. Et, l’essentiel de cette controverse est lié à la guerre en Irak. Je veux donc être clair. Aucun système de gouvernement ne peut ou ne doit être imposé à un pays par tout autre pays. Cela ne réduit pas, pour autant, mon attachement aux gouvernements qui reflètent la volonté du peuple."

    "L’Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour chacun, tout comme nous ne prétendrions pas choisir l’issue d’une élection pacifique."

  • permalien K. :
    15 juin 2009 @19h48   « »

    Marie-Claude Decamps du journal « Le Monde », dans un article intitulé Iran : la "troisième révolution" ?
    écrit http://www.lemonde.fr/proche-orient...

    La première, en février 1979, a renversé le Chah. La deuxième, selon l’ayatollah Khomeyni, fondateur de la République islamique, a consisté, quelques mois après, à s’emparer de l’ambassade américaine. Que serait la troisième ? Les supporteurs de M. Ahmadinejad ont avancé le mot "Révolution", lui-même lui a donné un contenu durant la campagne.

    Le gros problème est que non seulement ce n’était pas Khomeyni, mais la victime supposée de la “troisième”, à savoir Mir Hossein Mousavi en personne :

    This was what Mousavi had to say in a 1981 interview about the 444-day hostage crisis when young Iranian revolutionaries kept American diplomats in custody : "It was the beginning of the second stage of our revolution. It was after this that we discovered our true Islamic identity. After this we felt the sense that we could look Western policy in the eye and analyze it the way they had been evaluating us for many years."

  • permalien Murmure :
    15 juin 2009 @20h20   « »

    Mais :

    Les médias de tout bord pousse Obama d’intervenir et se demande :

    How Should Obama Respond to Iran ?

    (...)

    • The Wall Street Journal editorial board contends that Obama has a "moral obligation" to show support for the protesters and "show the regime there are consequences for stealing elections." He should "rethink his pursuit of a grand nuclear bargain with Iran, though early indications suggest he plans to try anyway." [WSJ]

    • The Washington Post editorial board agrees with the Obama administration’s cautious response, but believes it could also "make clear that a government wanting to be taken seriously by the international community should not use violence against peaceful protests, arrest opposition leaders and their followers, jam radio broadcasts, or block Internet use. It could call for a transparent process to address opposition claims of fraud." Going forward, Obama "has to find a way to speak to Iran’s people as well as the leaders who claim to represent them."

    (...)

    Et la litanie continue... Oui ! Il est interdit à tout Président américain de changer.

  • permalien Ana :
    15 juin 2009 @20h47   « »

    Les résultats officiels des élections en Iran - détail.

  • permalien Nathan :
    15 juin 2009 @21h17   « »

    Un grand bravo au site Iran-resist qui avait prévu une semaine à l’avance le résultat des élections truquées en Iran !

    http://www.iran-resist.org/article5...

  • permalien K. :
    15 juin 2009 @21h25   « »

    Merci Ana

    A-t-on les proportions vote rural versus urbain ? Le Vice-président US, Biden, dit qu’elles sont de l’ordre du 30 versus 70.

  • permalien K. :
    15 juin 2009 @22h02   « »

    « Rappelons d’abord que tous les candidats se situent dans le cadre de la République islamique et ne la contestent pas »

    Une photo, qui voit des femmes en tchador se précipiter contre des membres des forces de sécurité iraniennes en train de battre un partisan de Moussavi, prise par le journal « Le Monde », en est une illustration je crois.

    La illaha ila al dollar wa al euro rassoul al dollar (il n’y a de dieu que le dollar et l’euro est son prophète) ou l’explication du “Tiananmen iranien” (les citoyens iraniens étant certes totalement innocents mais complètement manipulés dans cette triste histoire) selon M K Bhadrakumar :

    Si nous voulons quitter l’inconséquente "foule Gucci" du nord de Téhéran, qui a sans doute donné beaucoup de couleur, de verve et de joie à la campagne de Mousavi, le noyau dur de sa plate-forme politique était composée de puissants intérêts privés qui procédaient à une ultime tentative d’accaparement du pouvoir dirigé par le régime de Khamenei. D’une part, ces groupes d’intérêt étaient fortement opposés à la politique économique d’Ahmadinejad, qui menaçait leur contrôle de secteurs clés tels que le commerce extérieur, l’enseignement privé et l’agriculture.

    Pour ceux qui ne connaissent pas mieux l’Iran, il suffit de dire que le clan familial Rafsandjani possède de vastes empires financiers en Iran, parmi lesquels le commerce extérieur, de vastes propriétés foncières et le plus grand réseau d’universités privées en Iran. Connues sous le nom de Azad il en existe 300 branches disséminées à travers le pays. Ce ne sont pas seulement des pourvoyeurs d’argent, mais ont aussi peser dans la campagne électorale de Moussavi en tant que groupe de militants étudiants au nombre de 3 millions.

    Les campus et amphis de Azad ont fourni le point de ralliement de la campagne de Moussavi dans les provinces. Le but recherché était que l’on voit que la campagne avait atteint les zones rurales pauvres qui ont constitué le gros des électeurs et la base politique d’Ahmadinejad. Le style politique de Rafsandjani est de construire une vaste toile dans pratiquement tous les échelons supérieurs de la structure du pouvoir, notamment dans des organismes comme le Conseil des gardiens, le Conseil de discernement, le clergé de Qom, le Majlis, l’appareil judiciaire, la bureaucratie, le bazar de Téhéran, et même des éléments dans les cercles proches de Khamenei.

    (..)

    Tout ceci est un acte de désespoir de la part de groupes d’intérêts privés qui sont devenus désespérés devant l’incroyable augmentation de la puissance de l’IRGC au cours des dernières années. [Les membres de l’IRGC n’étant certes pas moins filous...]

  • permalien Tristan :
    15 juin 2009 @22h26   « »

    @Nathan

    Génial, ton lien, il semble montrer qu’il n’y a pas eu de fraude, juste une manipulation médiatique.

  • permalien Nathan :
    15 juin 2009 @22h27   « »

    Malgré l’interdiction, des centaines de milliers d’Iraniens ont manifesté aujourd’hui dans les rues de Téhéran. La fin de ce régime serait-elle proche ? Tombera-t-il enfin telle une poire blette ? Il faut l’espérer.

  • permalien Yann :
    15 juin 2009 @22h29   « »

    The meaning of the Tehran spring

    (Pepe Escobar, Asia Times, 15/06/09)

    "As Trita Parsi of the National Iranian American Council, among others, has noted, Rafsanjani is now counting his votes at the Council of Experts (86 clerics, no women) - of which he is the chairman - to see if they are able to depose Khamenei. He is in the holy city of Qom for this explicit purpose. To pull it off, the council would imperatively have to be supported by at least some factions within the IRGC. The Ahmadinejad faction will go ballistic. A Supreme Leader implosion is bound to imply the implosion of the whole Khomeini-built edifice.

    (...)

    Will Rafsanjani go for broke ? As he prepares a Council of Experts counterpunch against the Supreme Leader and Mousavi plots the next resistance steps, the ball is now in the Iranian street’s court. Much will depend on this Monday’s peaceful march along Vali Asr street in Tehran and in 19 other cities, and a national strike on Tuesday, both called by Mousavi. Everyone remembers how a week ago the green revolution formed a chain down the entire 18 kilometer length of Vali Asr.

    (...)

    This has nothing to do with the US-supported color-coded revolutions in Eurasia. This is about Iran. An election was stolen in the United States in 2000 and Americans didn’t do a thing about it. Iranians are willing to die to have their votes counted. There is now an opening for a true Iranian people-power movement not specifically to the benefit of Mousavi, but with Mousavi as the catalyst in a wider struggle for real democratic legitimacy. The die is cast ; now it’s people power against "divine assessment". "

  • permalien Tête d’épingle :
    15 juin 2009 @22h31   « »

    Pour laisser quoi ? Vous êtes le comble de l’irresponsabilité ou de la bêtise, voire des deux, Nathan.

    Dites-moi ce qui arrivera si le régime iranien s’écroule. Dites-moi ce que le peuple iranien désire. La tranquillité dans une théocratie ou une révolution pour transformer le "n" de l’Iran en "k" ?

  • permalien Nathan :
    15 juin 2009 @22h51   « »

    Selon la police, deux millions d’Iraniens ont défilé pacifiquement à Téhéran, malgré l’intervention des satrapes du régime et de la Savak islamiste qui a tiré dans la foule. Quel démenti cinglant pour tous ceux qui ici-même n’avaient pas manqué de tresser des louanges sirupeuses à Ahmadinejad et de psalmodier leurs éternelles accusations concernant les "médias occidentaux".

    C’est le peuple iranien qui se bat pour sa liberté !!!!

  • permalien K. :
    15 juin 2009 @23h07   « »

    @ Yann,

    Avez-vous remarquer ? On n’a jamais vu autant les commentateurs honnêtes et compétents (dont fait partie Pepe Escobar bien sur) avoir des analyses aussi opposées qu’après ces élections. Vous êtes surement d’accord avec moi, plus que jamais la prudence est de mise :

    Voila ce que dit Paul Woodward à propos de la décision de Khamenei de réévaluer le scrutin et de la position de faiblesse dont cela témoignerait :

    Some of the headlines are describing this as a “stunning reversal”. It could be. It could mean there’s a counter-coup in the making. Much more likely though is that Khamenei is following the well-practiced tradition employed by democratic governments around the world : use an inquiry to deflect pressure from the opposition. Once the critics have lost their political momentum, the inquiry can then absolve the government. Ten days should probably be long enough for all the protests to fizzle out.

    Et encore l’ancien ambassadeur indien :

    L’axe de Rafsandjani avec Khatami, est à la base de la plate-forme politique de Moussavi, composée de réformateurs et de conservateurs. Les élections étaient sensées aboutir à un verdict partagé qui devait forcer à un second tour le 19 Juin. (..) Mais, si le calcul de Rafsandjani était que la "mutinerie" au sein de l’establishment clérical allait exciter Khatami, il a mal évalué l’équilibre des forces du pouvoir à Téhéran. Khatami a fait la pire chose possible à Rafsandjani. Il a tout simplement ignoré le "Requin" [surnom de Rafsandjani] (..) Le message de Khatami a Rafsandjani est brutal : acceptez la défaite avec grâce et ne vous méprenez pas davantage. Les élections de Vendredi rendent certaines le fait que la maison du guide suprême Khamenei restera, de loin, le point focal du pouvoir. (..)

    Je ne connais pas Geneive Abdo, mais elle (il ?) ne dit pas autre chose :

    Ahmadinejad’s reelection has once and for all consolidated power around Mr. Khamenei, the military, and the circle of hard-line political elites who form the core of the Iranian regime.

  • permalien Tristan :
    15 juin 2009 @23h17   « »

    @Nathan

    on a eu la même chose en Bolivie : un million de personnes pour soutenir l’opposition alliée au USA, mais ca n’a pas empêcher à Evo Morales de gagner les référendums suivants, avec de larges majorités. Et on ne peut même pas parler de fraude massives : il y avait des observateurs de nombreuses organisations internationales. Chaves aussi, a eu droit à un coup d’état du même genre, mais à la fin, il est revenu au pouvoir et n’arrête pas de gagner les élections.

    J’avais entendu parler d’une entreprise spécialisée en coup d’état pacifique et qu’ils avait réussi en Serbie et en Géorgie. Il nous parlait aussi de l’Ukraine, en nous annoncant un scoop : la couleur orange. Je n’en ai plus entendu parler d’eux depuis, mais si c’est eux au Venezuela et en Bolivie, ils ont loupé leur coup.

    Est-ce qu’on a un truc semblable en Iran ? A voir l’organisation, je pense que oui

  • permalien K. :
    15 juin 2009 @23h21   « »

    L’institut US “Terror Free Tomorrow” qui avait fait un sondage avant les élections (dont j’ai donné le lien précédemment) assure qu’il n’y pas eu fraude. Juan Cole n’est pas du tout d’accord.

  • permalien K. :
    15 juin 2009 @23h47   « »

    @ Tristan

    L’IRGC et les bénévoles Basij qui se comptent par dizaines de millions [sic] se sont rapidement mobilisés. Ils se sont regroupés avec les millions de ruraux pauvres qui adorent Ahmadinejad comme leur leader.

    http://www.atimes.com/atimes/Middle...

  • permalien Lou :
    15 juin 2009 @23h53   « »

    @K. " plus que jamais la prudence est de mise "

    d’autant plus que , le site Isranews cite une quantité d’articles sur/contre l’Iran, et ça doit être une première, le blog de Richard Hetu et le site Juan Cole !!!

  • permalien Yann :
    16 juin 2009 @00h32   « »
    @ Espions de la liberté

    @ K (et @ Lou et Ana),

    Follow The Developments In Iran Like A CIA Analyst

    (Marc Ambinder, The Atlantic, 15/06/09)

    "Don’t assume that Ayatollahs who appear at protests necessarily support the protesters. Don’t assume that the Khamenei speaks for the rest of the council of guardians. Don’t assume that Iran’s government had a plan to contain the protests — or has a plan for tomorrow, ten days from now, or next month.

    Look for sources that disprove your thesis. Go outside the country and outside your comfort zone. See what, say, China’s news agency reports about the protests."

    Amicalement,

  • permalien Yvan :
    16 juin 2009 @07h42   « »

    Comment ne pas rapprocher ce qui se passe en Iran avec ce que nous venons de voir dans le monde. Que ce soit avec la révolution de velours en Tchécoslovaquie, la révolution orange en Ukraine, la révolution des roses en Georgie. Où à chaque fois contre un régime autoritaire, se lève une armée de modérés, des financements occultes et des prétendants adeptes de la liberté de marché, avant d’apparaitre comme des tyrans pire que le appareils qu’ils ont renversés.

    Après les dénis de démocratie accumulés en Europe (lobbies, Constitution, Parlement, syndicats) ont comprend mieux la fébrilité des médias, de l’ouest, financés par le complexe militaro-industriel, a nous présenter des élections comme un "coup d’état" et des émeutes, comme une "légitimité populaire".

    L’Union Européenne, si absente pendant l’opération plomb durci, se déchaine, à propos des élections présidentielles en Iran.

    La mise en retrait de Washington, montre que derrière tout ça se profilent des intérêts, privés et liberticides.

  • permalien une bille :
    16 juin 2009 @08h11   « »

    Faut-il sauver le soldat Kouchner ?

    Paris avait convoqué l’ambassadeur d’Iran en France au ministère des Affaires étrangères pour lui réclamer "des explications". Mais le Quai d’Orsay a dû se contenter d’exprimer ses inquiétudes sur la situation en Iran au conseiller de l’ambassadeur en France, le premier représentant de Téhéran à Paris étant "indisponible".

    Ayons une pensée émue pour l’ambassadeur de France à Téhéran, quand celui-ci présentera ses lettres de créances au président.

  • permalien Haroun :
    16 juin 2009 @10h25   « »

    Les commentaires d’un Sioniste qui a commencé à se frotter les mains en espérant que le régime Iranien s’éffondra un jour. Les commentaires sont allés jusqu’à encourager les résistants iraniens tout en oubliant que même le clan Moussavi est dedans un régime islamiste. Donc c’est clair que les sionistes n’encouragent pas les résistants pour une question de démocratie mais plutôt ils espèrent l’éffondrement de tout le pays de l’Iran et ainsi se débarasser d’un pays en plein essort de puissance régionale. La fin d’Israel peut ne pas venir d’Iran comme la fausse prédiction sur une fin à cause de l’Irak dans les années 80. Cette fin peut être même sur les mains des sionistes qui sait !!!

  • permalien Yvan :
    16 juin 2009 @11h01   « »

    Les révolutions de velours, des roses ou orange, nous ont appris à nous méfier de ces révolutionnaires qui répondent aux médias en anglais (en 68 aussi l’anglais était aussi la langue des révolutionnaires).

    Dire que des modérés qui n’acceptent pas un vote démocratique représentent la légitimité populaire, c’est un langage déjà bien souvent entendu, face à des régimes réellement ou supposés totalitaires, mais qui dans tous les cas s’est traduit par l’instauration du dogme néo-conservateur.

    La prudence de Washington nous porte à croire qu’il s’agit d’une initiative privée.

    Quelques interviews en farsi aideraient à rendre le caractère populaire de l’insurrection plus crédible.

  • permalien Murmure :
    16 juin 2009 @11h40   « »

    Fraude ou pas.

    Battage médiatique occidental ou pas.

    La rue Iranienne est en ébullition et déjà des victimes.

    Une troisième révolution ? Peut être pas. Les gardiens de la Constitution prêts à recompter les voix.

    Mais force est de constater que la France, l’Allemagne on été prise pour cible via leurs ambassades respectives en Iran.

    L’ingérence des colons, n’est pas prête de trépasser.

    Une fois, n’est pas coutume, l’ambassade des États Unis a été superbement négligée en Iran.

    La retenue de Barack Obama est à saluer. Il a mis des actes sur ses mots. : “que c’était à l’Iran de choisir ses dirigeants”.

    Respect.

  • permalien Yasmina :
    16 juin 2009 @12h12   « »

    L’arme de la stratégie américaine en question ?

    La même qu’en 1916, oui, la même stratégie élaborée depuis le Caire par La Grande-Bretagne d’alors en lançant le Chérif de la Mecque contre l’Empire ottoman, le même piège dans lequel Brzezinski a fait tomber l’Irak et entretenu le conflit durant des années, avec l’Iran : séparer l’ambition politique des Musulmans de leur guidance spirituelle. C’est cette double autorité, que Foucault qualifiait de « spiritualité politique » qui oppose jusqu’à ce jour un alliage résistant aux adversaires de l’Iran et confie ce pays et l’ordre du monde à la garde de Dieu. Sans elle, les dirigeants politiques et musulmans d’Iran et d’Asie ne seraient pas différents de nous, tous égaux, comme les pions sur un jeu d’échec, qui sont mus et croient avancer d’eux-mêmes ! Seul l’homme de foi sait plus que ce que signifie échec et mat, il sait quelle est la main qui joue en dernier ! Et cela les Brzezinski l’ont toujours ignoré, de là leur arrogance creuse.

    le reste de l’article sur mondialisation :http://www.mondialisation.ca/index....

  • permalien Sébastien :
    16 juin 2009 @12h44   « »

    Et pour cause il n’y en a plus depuis que son personnel a été pris en otage en 1979, ( ce qui était d’ailleur totalement illégal ).

  • permalien Murmure :
    16 juin 2009 @13h04   « »

    Encore et comme toujours une intéressante analyse sur Mondoweiss

    Même en supposant que Ahmadinejad se dégage de la crise actuelle avec sa présidence intact, les protestations en Iran ont rendu caduc l’image de l’Iran comme un pays monolithique prêt à détruire Israël. La grande ironie de l’élection iranienne est que la soi-disant vague antidémocratique et répressive va revoir les résultats et a révélé une société civile iranienne étonnamment vibrante. Le monde observe la démocratie dans l’action.. Les protestations n’ont peut être pas endommagé fatalement seulement la légitimité du gouvernement Ahmadinejad, mais ont aussi détruit l’image soigneusement entretenue des néocons que l’Iran est le centre de l’axe de mal.

    Aujourd’hui le monde est debout avec les Iraniens, demain il ne pourra pas faire demi-tour et les attaquer.

  • permalien nbvc :
    16 juin 2009 @13h11   « »

    Pourquoi les Occidentaux ne parlent-ils jamais des fraudes massives dans les dictatures comme l’Egypte par exemple ? Et DE TOUTE FACON, lorsque le résultat d’une élection libre et transparente ne plaît pas à l’Occident "bien pensant" (cf. le gouvernement Hamas en Palestine), il ne se gêne pour l’ignorer avec toute l’hypocrisie dont il sait faire preuve.

  • permalien Murmure :
    16 juin 2009 @13h30   « »

    Assez troublante cette phrase jetée sans autre explication dans un article du Daily News.

    The regime may fear CIA interference. The agency has recruited Iranian agents to be in place to foment dissent, sources said.

  • permalien Nathan :
    16 juin 2009 @14h03   « »

    Fascinant commentaire d’une lectrice du Monde qui résume assez bien l’attitude de la plupart des commentateurs de ce blog :

    "...selon moi ce ne sont pas les Iraniens qui manifestent à proprement parler, c’est les USA à travers eux".

    En d’autres termes, cette dame est incapable de percevoir l’aspiration des Iraniens tant elle est omnibulée par les USA. C’est comme si ces centaines de milliers d’Iraniens étaient invisibles.

    Et pour finir, à part le bandana vert vaguement islamiste et pas trop à mon goût, voici le port du voile que je préfère. Ah, qu’elles sont belles ainsi ! C’est tout de même mieux qu’un sac à patates !

    Admirez la photo 2

    Allez, atchao les communautaristes !

    http://www.lemonde.fr/proche-orient...

  • permalien Haroun :
    16 juin 2009 @14h03   « »

    La stratège des sionistes pour monter les alliés occidentaux et appuyer ainsi un front intra-iranien résistant contre le régime de l’Iran est vieille comme le monde ; elle se repète toujours. Aurefois, les sionistes ont sollicité les romains- puissants de leur époque- à éradiquer les chrétiens. Aujourd’hui, ils ont réussi grâce à leur lauby à pousser les USA à un choc avec le monde musulman. Si les américains et les européens veulent exaucer les aspirations sionistes, ces derniers souhaiterons écraser tous les régimes islamistes. Les évangélistes-sionistes veulent réaliser les prédictions du retour du Messih en aidant à la réalisation de la prédiction du retour des juifs sur les terres de la Palestine. et ainsi protéger Israel jusqu’à la réalisation totale de la prédiction en dépit des palestiniens musulmans et chrétiens qui souffrent et en dépit de la paix mondiale. Et si on croient les prédictions incertaines chez quelques sources musulmanes, il faudrait attendre encore des périodes troublantes d’une très mauvaise guerre catastrophique accompagnée d’un effondrement sécuritaire, des perturbations sur le système de la nature et des épidemies... Les temps à venir exigent à éviter les confrotations catastrophiques surtout une attaque occidantale contre l’Iran, la Corée, la Chine ou la Russie. Quand à une éventuelle attaque Israelienne contre les Iraniens elle est très improbable du fait que la tactique gamine des sionistes consiste à pousser les autres faire la guerre à leur place contre les ennemis puissants. Quand aux ennemis démunis, pauvres, enfermés, sans armes, désorganisés... ils préfèrent leur combattre eux mêmes pour faire des spectacles show inhumains pour se convaincre de leur superiorité, et que bien sûr ils sont le peuple préféré !? :)

  • permalien K. :
    16 juin 2009 @15h09   « »

    Profitant des troubles actuels, une alliance MEK (“Iran Resist”), Jundallah (MEK et Jundallah ont été soupçonnés antérieurement d’être financés par les Etats-Unis par Seymour Hersh) et Al qaida se forme contre l’Iran selon Syed Saleem Shahzad.

    Selon l’auteur les Etats-Unis aujourd’hui ne sont pas enchantés des troubles actuels parce que Obama « a besoin de l’Iran pour ce qui concerne le retrait des forces des Etats-Unis d’Irak et la situation en voie de rapide détérioration en Afghanistan et Pakistan. »

  • permalien Tristan :
    16 juin 2009 @17h13   « »

    @Nathan

    ce qui me fait beaucoup douter, c’est qu’on a eu un truc semblable en Bolivie. On a bien vu dans la rue des centaines de milliers de personnes qui manifestaient pacifiquement contre le gouvernement, on nous parlait aussi des modérés, face à l’extrémiste Evo Morales.

    Malgré ca, il a réussi à avoir des résultats électoraux semblable a ceux d’Amhadinejad, alors que la presse le disait perdant, mais là, il y avait tellement d’observateurs étrangers que les dénonciations de "fraudes massives" n’étaient crues que par la classe moyenne.

    Mais ce qui m’a fait plaisir, c’est qu’Amnesty international montre bien qui sont les gentils et qui sont les méchants (et je crois que c’est une organisation encore neutre)

  • permalien Tristan :
    16 juin 2009 @17h21   « »

    @Nathan

    ce qui me fait beaucoup douter, c’est qu’on a eu un truc semblable en Bolivie. On a bien vu dans la rue des centaines de milliers de personnes qui manifestaient pacifiquement contre le gouvernement, on nous parlait aussi des modérés, face à l’extrémiste Evo Morales.

    Malgré ca, il a réussi à avoir des résultats électoraux semblable a ceux d’Amhadinejad, alors que la presse le disait perdant, mais là, il y avait tellement d’observateurs étrangers que les dénonciations de "fraudes massives" n’étaient crues que par la classe moyenne.

    Mais ce qui m’a fait plaisir, c’est qu’Amnesty international montre bien qui sont les gentils et qui sont les méchants, je crois qu’on peut dire que c’est une organisation encore neutre

  • permalien M :
    16 juin 2009 @17h22   « »

    Y a pas 36 manières d’entrevoir une élection démocratique

    Une élection démocratique est pour moi une élection ou les candidats de tout bords sont libres de se présenter et de défendre leurs idées, sans pressions sur les électeurs ou les candidats, sans bourrage des urnes, achat de voix ou que sais-je encore, où le dépouillement est régulier, etc etc.

    Les élections ne devraient pas être utilisées pour légitimer un régime en place, quel qu’il soit, mais pour donner au peuple les dirigrants et la politique qu’ils souhaîte, même si c’est dans la continuité.

    Toute fraude doit être sanctionnée, peu importe qui la commet. Un candidat qui fraude ne respecte pas les électeurs et ne mérite pas de les représenter. Vu le doute qui plâne, il est légitime d’enquêter le plus neutralement possible et s’il s’avère que le président sortant et ses alliés ont fraudés, qu’il soit sanctionné et que de nouvelles élections soient organisées, dans l’intérêt du peuple iranien qui seul peut décider de ce qui est bon pour lui.

  • permalien América :
    16 juin 2009 @17h52   « »
    L’ennemi c’est le simplisme

    Tristan,

    Nous avons eu quelques échanges au sujet de choses sud-américaines.
    Ce fut plaisant, au moins pour moi, au moins passagèrement, jusque ce que vous parliez de « base sociale des FARC », et que ça tourne au vinaigre, si vous me passez l’expression.

    Là vous faîtes des allusions de manipulations des foules à Teheran.
    Il est vrai que l’actuel président iranien est un pote de Chávez, et par ricochet de Evo, entre barons populistes du pétrole, on se comprend.

    Ce n’est pour offenser personne, mais j’ai toujours trouvé que les gens s’occupant de politique sud-américaine en France et ailleurs dans les pays riches (Allemagne, Belgique Portugal, Espagne, etc) mettaient soudainement leur cerveau dans le placard, et faisaient brutalement descendre le niveau de la discussion, avec un réductionnisme populiste assez affligeant, preque à tous les coups.
    En témoigne la complaisance envers ce gougnafier de Che Guevara, encore adulé (voire plus encore auj.) chez certaines espèces d’imbéciles de par le monde.

    Un grand historien français avait pour devise : «  L’ennemi c’est le simplisme  ». Il ne s’agit pas d’un homme de droite, tout au contraire (il était anarcho-syndicaliste) : Lucien Febvre.

    Cela devrait s’appliquer aux visions de l’Amérique Latine, et sûrement aussi du « monde musulman ».

  • permalien Tristan :
    16 juin 2009 @18h23   « »

    @M

    Justement, il y a 36 manière d’entrevoir une élection démocratique.

    Chaque pays a sa loi électorale qui indique quels postes sont mis en élection, qui a le droit de se présenter et qui a le droit de vote. Chaque pays a aussi ses lois sur la campagne électorale, avec ce qui est légal et ce qui est illégal. Pour les fraudes, c’est vrai, elles devraient être sanctionnées, mais pour ca, il faut avoir une bonne institution judiciaire qui a la confiance de la population. Dans certain pays, il vaut mieux accepter des fraudes mineures, si elles ne changent pas trop les résultats du vote.

    Il ne semble qu’il y a un critère qui permet de dire si une démocratie fonctionne : il faut que la population se sente représentée par leurs candidats et qu’ils acceptent la victoire d’autres candidats, en cas de défaite.

  • permalien Tristan :
    16 juin 2009 @19h02   « »

    @América

    Alors oui, on peut ne pas aimer le populisme d’un Chavez, d’un Evo ou d’un Amhadinejad, mais refuser les résultats des urnes et utiliser tous les moyens violants pour les détrôner, je trouve limite. En Bolivie, après avoir tous essayé, ils ont envoyé des paramilitaires pour préparer son assassinat. Je ne peut que remercier l’Iran d’avoir envoyé des agents de ses services secrets (qui connaissent toutes les méthodes du Mossad) pour aider à la sécurité du président.

  • permalien Yann :
    16 juin 2009 @19h14   « »

    Changing the Face of Iranian Politics

    Iranian Youth Make History

    (Behzad Yaghmaian, Counterpunch, 16/06/09)

    "The next few days and weeks are crucial for the future of the democracy movement. If defeated, Iranians will face even more severe repression. Many will be jailed, and tortured. More rights will be taken away from Iranian people. Darker years may follow.

    However, Iran also faces the potential for a growing non-violent movement for change. The youth have demonstrated not only zeal and courage, but also remarkable self-discipline in their peaceful street politics. They are ready to change the face of Iranian politics.
    Not only important for the future of Iran, the current democracy movement sets an example for the millions of people elsewhere in the Middle East, a region devastated by continuing violence. We are witnessing the birth of a powerful movement with important implications for Iran and the Middle East."

  • permalien K. :
    16 juin 2009 @19h27   « »

    Dans la continuité du dernier post de Murmure,

    Moussavi, un Azeri

    Un pays décidément de plus en plus loin des clichés de nos “démocrates” de pacotille.

    Lou, pensez-vous que Isranews va rapporter ce post de Richard Hétu ?

  • permalien Yann :
    16 juin 2009 @19h51   « »

    Should the Mullahs be Worried ?

    Democracy in Iran

    (Brian M. Downing, Counterpunch, 16/06/09)

    "The Islamic Republic is facing its strongest challenge. The revolution that ousted the shah and brought in the rule of the Ayatollah Khomeini was a massive, popular movement, which seemed to augur eternal unity of leader and nation – a key delusion in Islamist thought. That has been lost, and the paradox of a regime that came to power by street demonstrations now being challenged by them, must be apparent to all. The mullahs should be worried."

  • permalien Ana :
    16 juin 2009 @20h06   « »

    Et comment votent les juifs iraniens ? Les juifs iraniens votent...

  • permalien K. :
    16 juin 2009 @20h36   « »

    Le B.A BA sur le MEK et le MEMRI.

    Et pour ceux qui veulent creuser un peu, voir ici et ici.

  • permalien Yann :
    16 juin 2009 @20h38   « »
    Entre les deux, mon coeur balance

    Why the US Wants to Delegitimize the Iranian Elections

    Are You Ready for War with a Demonized Iran ?

    (Paul Craig Roberts, Counterpunch, 16/06/09)

    "The great macho superpower is eager to restore its hegemony over the Iranian people, thus settling the score with the ayatollahs who overthrew American rule of Iran in 1978.
    That is the script. You are watching it every minute on U.S. television."

    _ Dueling Demonstrations in Tehran

    (Juan Cole, Informed Comment, 16/06/09)

    "I’d say that there are three factions : the hard liners, the pragmatic conservatives, and the reformists. Larijani is a hard liner, so what he said is not surprising. If the pragmatic conservatives continue to back Mousavi, however, that is a real challenge to the regime.
    "

  • permalien Nathan :
    16 juin 2009 @20h54   « »

    Et c’est reparti, on accuse les Américains, les Européens, les Israéliens, les médias, le chat de ma concierge et que sais-je encore de comploter pour renverser le régime des mollahs.

    Mais non, c’est bien plus simple. Ça crève les yeux. Les Iraniens manifestent parce qu’ils aspirent au changement et qu’ils en ont marre de ce régime rétrograde digne du moyen-âge.... Eh oui, ce n’est pas le paradis là-bas, avec ou sans vierges... sauf pour les inénarrables communautaristes qui sévissent sur ce blog.

  • permalien K. :
    16 juin 2009 @20h57   « »

    MEK et Jundallah ont été soupçonnés antérieurement d’être financés par les Etats-Unis par Seymour Hersh.

    L’alliance Israel/MEK.

  • permalien TO :
    16 juin 2009 @21h15   « »

    @ Nathan

    "sauf pour les inénarrables communautaristes qui sévissent sur ce blog."

    Vous parlez de vous même ?

  • permalien clem :
    16 juin 2009 @21h20   « »

    J’ai étudié pendant longtemps la fraude électorale, et celle-ci en à toute les charactéristiques.
    Normalement ces fraudes se font dans la finesse et ne visent que quelques points. Mais là, ils y sont allés très fort !

    Dans ce cas précis, ce qui me surprend le plus, c’est la manière éhontée avec laquelle on présente des résultats qui croissent exponentiellement, indépendament de toute variable sociale ou géographique.

    Certains cyniques ont perdu toute notion critique et finissent par établir une analogie assez facile entre le traitement médiatique des élections au Vénézuela et celles d’Iran. S’ils étaient de bonne foi, ils devraient reconnaître que dans le cas des élections Iraniennes, les résultats sont grotesques.

  • permalien K. :
    16 juin 2009 @21h36   « »

    @ Yann,

    ...the “pragmatic conservatives”, c’est le très corrompu shah enturbanné en puissance qu’est Rafsandjani. Je l’ai déja dit, aller de Ahmadi à Rafsandjani c’est “tomber de Charybde en Scylla” pour le peuple iranien, avec tout le respect que je dois à Juan Cole.

    Va pour “the reformists”, mais je crains qu’ils ne soient que des instruments entre les mains des “pragmatic conservatives”. Et on doute beaucoup que celui qui a été premier ministre sous un régime beaucoup plus oppressif que celui de Ahmadinajad dans les années 1980, Moussavi en l’occurence, en soit devenu un, lui qui a axé sa campagne sur un "retour" aux enseignements de Khomeini.

    Ceci dit les arguments de Paul Craig Roberts ne m’ont guère convaincus non plus.

  • permalien K. :
    16 juin 2009 @22h08   « »

    Manifestations “pro-Moussawi”alors que Moussavi avait appeler à ne pas manifester....Moussavi n’a apparemment été qu’un prétexte pour l’expression d’un ras-le-bol trop longtemps refoulé d’une partie des Iraniens.

    Moussavi, finalement, ce n’est qu’un homme du sérail. Et peut-être que le fait que Ahmadinejad lui aurait promis le poste de ministre des Affaires étrangères a aussi joué un role dans son appel à ne pas manifester.

  • permalien Lou :
    16 juin 2009 @22h37   « »

    Rafsanjani’s gambit backfires

    By M K Bhadrakumar

    traduction Planète non-violente

    Le Pari De Rafsanjani se Retourne Contre Lui

    La politique iranienne n’est jamais facile à décoder. Toute l’agitation autour de l’élection présidentielle de vendredi est source de curiosité pour la plupart des décrypteurs avides de scanner les codes iraniens. Ainsi donc, de nombreuses fausses pistes sont apparues et il est devenu difficile de trouver qui étaient les réels concurrents et quels étaient les enjeux politiques.

    Pour ceux qui ne connaissent pas vraiment l’Iran, il suffit de dire que le clan familial Rafsanjani possède de vastes empires financiers en Iran, incluant le commerce extérieur, de vastes propriétés terriennes et le réseau le plus vaste d’universités privées en Iran. Connu sous le nom d’Azad, il y a 300 branches disséminées dans tout le pays, qui non seulement pouvaient injecter de l’argent mais aussi établir un réseau d’étudiants actifs pour la campagne électorale de Mousavi de quelques 3 millions de personnes.

    je dirais même plus : la prudence est de mise....

    @K., il semble qu’Isranews se soit un peu calmé, on doit craindre ce qui peut surgir de ce bouillonnement iranien ?
    Ils reviennent à leur champ de compétence obsessionnel : la prédiction de 2014 pour la bombe atomique iranienne.

    Au moins leurs lecteurs auront pu connaître d’autres sites.

  • permalien Yann :
    16 juin 2009 @22h41   « »

    Who’s Fighting Who in Iran’s Struggle ?

    (Trita Parsi, Time Magazine, 16/06/09)

    "(...) The schism in Iran is not reducible to social class, ethnicity, region or generation.

    (...)

    So there’s no easy demographic breakdown between the two sides.

    What’s often forgotten amid the genuinely awe-inspiring spectacle of hundreds of thousands of long-suppressed people risking their lives on the streets to demand change is the fact that the political contest playing out in the election is, in fact, among rival factions of the same regime.

    (...) (Those who seek overthrowing the system entirely have routinely advocated boycotting the polls.)

    The struggle may be among warring factions within the system itself, but many of those on the streets demanding their rights nevertheless have a significant stake in its outcome : If the system cannot be changed peacefully through the ballot box because of the hard-line establishment’s unwillingness to heed to popular demand for change — albeit change within the limits of the system — then what peaceful means for change are people left with ?

    And if the struggle at the top leads people to conclude that working within the limits of the system is hopeless, both factions risk losing, since, at the end of the day, they sit in the same boat. Neither side can afford a complete collapse of the system, because that would be the end of all of them. The question, then, is who will blink first."

  • permalien najih :
    16 juin 2009 @22h49   « »

    Je me demande si à chaque fois que le résultat d’un scrutin ne convient pas aux Mollahs occidentaux on doit assister à ces scènes de pleurs et de sanglots ? Franchement, cette vieille histoire de "démocratie" est de plus en plus ridiculisée par ses prétendues défenseurs. Les manifestants qu’ils soient des milliers ou des millions ne veut rien dire. on est des milliards d’heureux à avancer vers des désastres écologiques et éthiques et, et...

  • permalien K. :
    16 juin 2009 @23h18   « »
    L’Iran n’aurait pas voulu perdre la seule bombe atomique en sa possession : Ahmadinejad :-))

    “In this clear and decisive decision, it seemed that Iran refused to meet the new US President Barack Obama halfway, because according to any serious analysis of his speech, he didn’t really offer in essence more than his predecessor did, even though he seemed very advanced and excelled in his promotional campaign. Perhaps there are people in Tehran who suspect that Obama has opened up much more to the Sunni Islamic world than to the Shiite one ! The reason is known, and there is no need to make a comparison between his greeting to the Iranians on the occasion of Norooz last March and his speech at Cairo University on June 4. Iran considered that the time hasn’t come yet to address a message of openness to America or to let go of Ahmadinejad, whom it deems to be equivalent to an atomic bomb…"

    - As-Safir, Lebanon

  • permalien Matthieu :
    17 juin 2009 @00h25   « »

    Bonsoir,

    Selon le Washington Post, les résultats des élections iraniennes pourraient bien refléter le véritable choix des Iraniens.

    Un sondage réalisé trois semaines avant les élections donnait Ahmadenijad vainqueur avec deux fois plus d’intentions de vote que Moussavi.

    Le sondage a été réalisé par un institut américain indépendant sur l’ensemble du territoire iranien et aborde plusieurs thèmes comme le nucléaire, le rapport avec les pays Occidentaux, l’opinion des Iraniens sur leurs institutions etc. .

    Le sondage est à la page 8. Néanmoins, la plupart des sondés s’attendaient à un second tour. Un sondage passionnant.

  • permalien Yvan :
    17 juin 2009 @07h13   « »
    Tensions et fraudes en Iran... attentisme à Washington

    Conformément à son discours de Caire :

    "Alors, ce que j’ai dit c’est : écoutez, c’est aux Iraniens qu’il appartient de décider. Nous n’allons pas nous en mêler", a-t-il dit à la chaîne CNBC. "Mon approche c’est : attendons de voir".

    (...)
    "Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en terme de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on ne l’a dit".
    Quel que soit le dénouement de la crise, "nous allons avoir à traiter en Iran avec un régime qui, historiquement, est hostile aux Etats-Unis", a jugé le président américain.

  • permalien clem :
    17 juin 2009 @07h30   « »

    @ Matthieu

    Ce sondage n’est pas si révélateur que ça. Effectué par téléphone depuis les Etats Unis a partir de listes douteuses, le sondage indique deux fois plus d’intention de vote, c’est à dire 34% contre 14%. Il restait donc encore 52% d’indécis qui se sont fait une idée dans les derniers jours (les plus importants) de la campagne.

    J’attire votre intention sur le commentaire que j’ai écrit un peu plus haut à propos des fraudes electorales...

  • permalien Yvan :
    17 juin 2009 @07h31   « »

    Avec le recul l’analyse du Conseil national de la résistance iranienne, apparait fort pertinent.

    le 5 juin 2009 :

    Mme Radjavi a ajouté que l’escalade des querelles internes et les divulgations des secrets du régime ont profondément inquiété le guide suprême des mollahs Ali Khamenei. Il a permis le débat entre les candidats qu’il a approuvés, pour tenter de chauffer l’atmosphère de la farce électorale déjà boycottée. C’est une erreur de calcul et une imitation maladroite des campagnes électorales dans d’autres pays. Mais le régime médiéval n’a pas la capacité de mener de tels débats, et cela lui a porté préjudice dans sa totalité avant même de bénéficier à l’un ou l’autre des candidats.

    Redoutant la divulgation de secrets scandaleux, Khamenei est entré en scène le lendemain pour prendre les rênes et le contrôle de la crise. Mettant en garde les dirigeants de la théocratie, il a déclaré : « Ne laissez pas se détruire la structure solide du régime. Si cela arrivait, on ne pourrait guérir aucune blessure ni réparer les dégâts. Nous devons prendre soin de la structure solide du système islamique comme l’imam [Khomeiny] nous l’a enseigné ... Nous ne devons pas permettre la confrontation, les querelles ou les conflits [entre nous]. Vous devez être prudents. Si vous remarquez que quelqu’un insiste pour semer le chaos et provoquer des conflits, sachez qu’il est soit un traître soit extrêmement ignorant. »

    ... un problème de réglage de thermostat...

  • permalien Yvan :
    17 juin 2009 @07h42   « »
    Tensions et fraudes en Iran... frénésie idéologique à Libreville

    "L’ampleur de la fraude est proportionnelle à la violence de la réaction", a déclaré M. Sarkozy à des journalistes à Libreville en marge des obsèques du président gabonais Omar Bongo Ondimba.

    "Ces élections sont une exécrable nouvelle (...) Le peuple iranien mérite autre chose", a-t-il poursuivi en se déclarant "préoccupé par la situation en Iran".

    ... sur la ligne exactement opposée de celle de son nouveau copain Barack.

  • permalien Nathan :
    17 juin 2009 @08h34   « »

    Deux gros bobards qui ont cours ici et auxquels la BBC apporte un démenti

    1. Le bobard du programme nucléaire iranien à visée exclusivement civile et pacifique. La réalité ? el-Baradei, patron de l’AIEA a déclaré que l’Iran souhaite disposer de l’option nucléaire militaire : http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_e...

    2. Le bobard de l’ingérence, voire de la conspiration américaine derrière la révolte des Iraniens. La réalité ? Obama déclare ne pas vouloir se mêler dans les affaires intérieures iraniennes : http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_e...

  • permalien Nathan :
    17 juin 2009 @09h07   « »

    On se pose ici beaucoup de questions sur les rapports de force entre les apparatchiks du sérail iranien. Ça s’appelle "enculer les mouches" et c’est aussi passionnant que de savoir quelle tendance va triompher au prochain congrès du PS. Tu parles d’un intérêt ! Ça me fait penser à ces kremlinologues qui, à la fin du règne de Brejnev, tentaient de décrypter quelle mouvance lui succéderait au sein du Politburo : l’espion Andropov, le gâteux Tchernenko etc. Et puis un beau jour, Gorbatchev est arrivé et quelques années plus tard, le régime communiste, totalement vermoulu, discrédité et à bout de souffle, s’est effondré sous une simple pichenette du peuple.

    Il en ira de même en Iran. Le peuple iranien est en marche. Les enturbannés auront beau quadriller le pays avec leurs satrapes et leur "police religieuse", les jours du régime des mollahs sont comptés.

  • permalien une bille :
    17 juin 2009 @09h08   « »

    3. troisième bobard, faire croire à la guerre des zaméricains contre les mollahs

    4. quatrième bobard, ignorer qu’il y a un conflit interne à l’Iran et un confilt interne aux USA

    5. cinquième bobard faire croire que Moussavi est l’archange de la liberté, et le représentant de l’axe du bien en Iran

  • permalien Sakhra :
    17 juin 2009 @09h20   « »

    Avec "l’ami Bongo," il n’y a jamais eu de fraude électorale et donc pas de violence, et la paix a toujours régné au Gabon, pour le plus grand bonheur des "démocrates et autres défenseurs des droits de la femme....La solution :interdire aux peuples "arriérés" musulmans, surtout ceux qui ont des ressources énergétiques, de voter, et il n’y aura plus de violence !!!

  • permalien Nathan :
    17 juin 2009 @09h28   « »

    Je voudrais apporter un bémol à ce que j’ai dit. Le régime communiste est tombé parce que les gens en avaient soupé mais leur révolte a été rapidement récupérée par l’oligarchie qui attendait le moment propice pour retourner sa veste. Il en ira sans doute de même en Iran. Si un jour, comme on le souhaite, le régime des mollahs s’effondre, soyons sûr que les oligarques genre Rafsandjani abandonneront vite le turban pour le complet-veston. A part un quarteron d’authentiques fanatiques religieux, la vraie religion de nos jours est celle de l’argent, tout le monde sait ça.

  • permalien Nathan :
    17 juin 2009 @09h53   « »

    Aussi cynique que la clique à Ahmadinejad : le mossad et son chef, Meir Dagan. Il a déclaré que la révolte des Iraniens serait un feu de paille, sans lendemain, et il préfère de loin avoir affaire à un dur comme Ahmadinejad.

    Même ennemis, les extrémistes s’entendent toujours comme larrons en foire...

    http://haaretz.com/hasen/spages/109...

    La stratégie des durs comme le chef du mossad est critiquée par l’éditorialiste du Ha’aretz Aluf Ben, qui cependant, commet l’erreur de croire que Netanyahou serait plus ouvert à la négociation que les faucons du gouvernement israélien.

    http://haaretz.com/hasen/spages/109...

    L’écrivain David Grossman, proche du parti de gauche Meretz et de la Paix Maintenant, affirme que Netanyahou n’a pas fait le moindre pas vers la paix. "La carte des colonies contredit le plan de la paix".

    http://haaretz.com/hasen/spages/109...

  • permalien Ana :
    17 juin 2009 @11h07   « »

    Elections en Iran : Et si Ahmadinejad avait vraiment gagné ?

    Autre chose : l’écrivain David Grossman, proche du parti de gauche Meretz et de La Paix Maintenant, était pour la guerre du Liban en 2006 (il y a perdu un fils) et pour les bombardements de Gaza en janvier 2009.

  • permalien Murmure :
    17 juin 2009 @11h11   « »

    Nathan pourquoi cette corrélation grotesque qui revient comme un leitmotiv fastidieux entre le communisme et les pays musulmans ?

    L’ennemi à abattre ? Si vous l’avez oublié, le communisme est athée.

    Sur ce blog la quasi-totalité des intervenants doutent alors que vous, vous assenez vos certitudes arbitraires, serait-ce votre confiance aveugle dans les médias que vous ingurgitez ?

    Il en ira de même en Iran. Le peuple iranien est en marche. Les enturbannés auront beau quadriller le pays avec leurs satrapes et leur "police religieuse", les jours du régime des mollahs sont comptés.

    Jugulez votre jubilation, c’est une vision niaisement biaisée des événements .

    Les manifestations ne sont pas contre le Conseil des Gardiens de la Constitution qui détient le pouvoir absolu en toute circonstance, mais juste pour un emblème plus charismatique de l’Iran.

  • permalien Tristan :
    17 juin 2009 @11h13   « »

    @Nathan

    Ils ne sont pas stupide, au Mossad et à la CIA. Ils savent très bien que le state building, c’est juste utile pour détruire un état, mais pas pour le reconstruire.

    Voulez-vous vraiment la destruction de la république islamique, sans savoir ce qui va la remplacer ? Il y a, quand même une grande partie de la population, plus conservatrice, qui soutient Amhadinejad et qui ne va pas accepter le retour d’un roi ou d’une élite corrompue au pouvoir, avec un risque de guerre civile.

    Obama est le plus intelligent : pousser au calme et au compromis pour que l’Iran ne rentre pas dans un chaos extrêmement dangereux et ne surtout pas soutenir un camp contre l’autre. A la fin, quel que soit l’issu du conflit, il sera bien placé pour ouvrir des négociations avec, soit le vainqueur, soit avec la coalition qui risque de composer le nouveau gouvernement iranien.

  • permalien Lou :
    17 juin 2009 @12h35   « »
    Le peuple français mérite autre chose

    Sarkozy

    le chef de l’État a dénoncé mardi "l’ampleur de la fraude" lors de la présidentielle. Elle "est proportionnelle à la violence de la réaction", a déclaré Nicolas Sarkozy à des journalistes à Libreville, en marge des obsèques du président gabonais Omar Bongo Ondimba. "Ces élections sont une exécrable nouvelle. (...) Le peuple iranien mérite autre chose", a-t-il poursuivi.

    Obama

    Le président américain Barack Obama estime que la différence politique entre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son opposant malheureux à la présidentielle Mir Hossein Moussavi n’est pas aussi grande qu’il y paraît.

    "Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en termes de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on l’a dit", a déclaré Barack Obama lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision CNBC.

  • permalien Murmure :
    17 juin 2009 @13h10   « »

    L’apport iranien à notre crise de civilisation

    Les temps ont changé, vous dit-on. La crise iranienne n’est pas à prendre avec des pincettes, et elle n’est pas prise avec des pincettes. On ne parle certainement pas des commentaires européens, français-parisiens surtout, qui sont embourbés dans un vaste espace de mélasse vertueuse parcourue d’une longue houle charriant les pensées sur les droits de l’homme, démocratie et port du tchador ; il y a là le cas d’une pensée, nous parlons surtout de l’intelligence parisienne, saisie de quelque chose qui serait le vertige épileptique de la paralysie achevée, une sorte d’éjaculation permanente du verbe paralysé dans le territoire de l’inutilité incantatoire. (Diantre, ces gens nous feraient poètes un tantinet érotiques, sinon héroïques. Passons.)

    (...)

    Nous savons parfaitement ce qui se passe en Iran, mais nous refusons d’en tenir compte dans nos analyses pour ne chercher que ceci : s’ils se révoltaient tout de même, pour devenir comme “nous”, c’est que “nous” ne serions pas si mal en point que cela ? Nous “comprenons mal” l’Iran parce qu’il ne nous importe pas une seconde de “comprendre l’Iran”. Nous importe une seule chose : voir affirmée quelque part dans le monde extérieur la justesse de notre conception du monde, d’une conception du monde qui se pulvérise sous nos yeux. Lorsque Libération titre à propos de l’Iran “L’espérance brisée”, ou “Le rêve brisée”, ou une platitude du genre, du pur pathos pour la midinette du bar-tabac du coin, il se fiche de l’Iranien moyen comme d’une guigne

    (...)

  • permalien Tristan :
    17 juin 2009 @13h32   « »

    @Lou

    bah, il suffit juste que les médias changent de position, et Sarkosy aura toujours été derrière Obama, soutenant le dialogue avec l’Iran, ect... Je ne me fait pas de soucis pour la France

  • permalien une bille :
    17 juin 2009 @13h40   « »

    Il n’empêche que quand je vois la passivité des "citoyens" dans la partie du monde touchée par la grâce de la globalisation, en France, avec la persécution des épiciers corréziens, des journalistes, des écoliers, ou en Angleterre ou les employés de British Airways plébiscitent le travail gratuit (et je préfère ne pas parler du cynisme de l’escroquerie "Europe"©, parce que là, je m’énerve par de bon), j’envie les iraniens d’avoir encore la possibilité d’exprimer leurs opinions, malgré une répression qu’une avalanche d’mages veut nous faire croire censurée.

  • permalien Tête d’épingle :
    17 juin 2009 @13h41   « »

    Il faut aussi rappeller que ce sont les Français qui ont élu Sarkozy. Et qu’aux Européennes, l’UMP est arrivée en tête. Donc logiquement, on en déduirait soit que les prises de positions de Sarkozy reflètent celles des Français, soit que nous ne sommes pas dans une démocratie.

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