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Les mauvaises ondes de la radio publique (1)

France Inter et sa bande magnétique

vendredi 26 juin 2009, par Marie Bénilde

La nomination par l’Elysée de Jean-Luc Hees à la présidence de Radio France, et l’arrivée de Philippe Val à la tête de France Inter, permettent l’intrusion au cœur même de la radio publique d’un système clanique et partisan qui risque de heurter les convictions d’une très large partie des auditeurs. C’est aussi pour Nicolas Sarkozy une occasion de reprendre astucieusement en mains la radio dont il peut désormais révoquer le patron.

C’est la première décision du nouveau directeur de France Inter, Philippe Val : à la rentrée, la revue de presse ne sera plus assurée par Frédéric Pommier mais par un journaliste choisi par lui. L’intersyndicale de Radio France a aussitôt réagi en précisant que ce limogeage avait été opéré « dans les deux heures » qui ont suivi la prise de fonction du nouveau patron, ce qui laisse planer de sérieux doute sur son aptitude à diriger une radio de plus de 450 salariés. Lorsqu’il était encore directeur de Charlie Hebdo, en février, Philippe Val avait vertement reproché à Frédéric Pommier d’avoir cité son concurrent Siné Hebdo au cours de sa revue de presse. Le journaliste avait commis l’irréparable : intégrer cette publication intolérable et inadmissible – puisque mise à l’index du discours bien pensant – dans le saint des saints de la légitimation médiatique : la revue de presse de France Inter.

Sur Radio France, le nouveau président Jean-Luc Hees avait annoncé de simples petits ajustements ici ou là. En réalité, c’est un nouvel état d’esprit qu’il s’agit aujourd’hui d’instiller. On peut le résumer à la façon de l’intrigue d’un film de Coppola : « Rien de ce qui touche à la famille ne m’est étranger ». On se souvient que toute l’histoire a commencé avec Jean, fils de Nicolas, qui fut raillé par Siné, lequel lui prêtait l’intention de se convertir à la religion juive pour réussir un beau mariage avec une héritière Darty. Il fut alors renvoyé par Philippe qui saisit cette trop belle occasion de se débarrasser d’un ennemi de l’intérieur qui le suspectait d’épargner Clearstream dont l’avocat était aussi celui de Charlie Hebdo, Richard Malka. C’est alors que Nicolas se mit à bien aimer Philippe, auquel il avait apporté son soutien écrit dans l’affaire des caricatures du prophète Mahomet que Charlie Hebdo avait publiées en 2007. Rappelons que Siné a été relaxé en janvier 2009 par le tribunal de grande instance de Lyon de toute « incitation à la haine raciale » dans le procès que lui avait intenté la LICRA.

Carla, Philippe, Jean-Luc et les autres

Philippe, Carla le connaît aussi. Ils se sont vus chez Raphaël (Enthoven), le copain de Christophe (Barbier) et de Bernard-Henri (Lévy), que Nicolas a prolongé le 25 juin à la présidence du Conseil de surveillance d’Arte, sur les conseils d’Alain (Minc). Ensemble, Philippe et Carla ont une dizaine de fois poussé la chansonnette dans de petites soirées privées, avant que celle-ci ne rencontre Nicolas, en 2007, grâce à Jacques (Séguéla). Nicolas, lui, ne s’intéresse pas beaucoup à la musique. Ni à la radio, qui n’est pas vraiment pour lui un enjeu de pouvoir. Mais il s’intéresse à Carla. Aussi lorsque celle-ci lui suggère de remplacer le ringard Cluzel qui n’a pas le bon goût d’être un socialiste repenti, Nicolas voit tout de suite l’intérêt de l’affaire. On lui rapporte que Dominique (Strauss-Kahn) n’a pas apprécié d’être caricaturé pour ses penchants sexuels par l’humoriste de France Inter Stéphane Guillon. Et ses conseillers assurent sans rire que la première secrétaire du PS Martine Aubry elle-même se serait plainte à l’Elysée d’être comparée à un « petit pot à tabac ». Sans compter l’accoutrement saugrenu de Jean-Paul Cluzel, apparu torse nu avec un masque de catcheur dans un calendrier de lutte contre le sida d’Act Up… Ah, si je pouvais profiter de mon nouveau pouvoir de nomination à Radio France pour reprendre en main astucieusement une maison qui m’est réputée culturellement hostile…

Il lui suffit pour cela d’écouter Carla : elle lui a conseillé de placer Philippe aux commandes de France Inter. Val soutient la loi Hadopi et les droits d’auteur des chanteuses à succès. Et il a prêté main forte sur France Inter au ministre Bernard Kouchner face à Pierre Péan qu’il rend coupable de « démagogie crapoteuse » et de « néo-pétainisme » à la suite de ses révélations sur une étude grassement payée à l’ex-french doctor par Omar Bongo. Pour la présidence de Radio France, Philippe n’a plus qu’à suggérer le nom de son ami Jean-Luc, auquel il doit ses premières chroniques radiophoniques. « Jusqu’alors Nicolas Sarkozy n’y avait pas songé » assure un « proche du chef de l’Etat » à la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué (« Philippe Val : fini de rire », Le Monde, 17 juin).

Ingestion et renvoi d’ascenseur

La magie peut alors opérer. A Charlie Hebdo, Philippe Val avait mis au point un système clanique digne des gouvernants les plus autocrates : qui n’est pas avec moi est contre moi. C’est la même ritournelle qui risque de prévaloir très vite à France Inter. Qui est contre moi n’a plus sa place en tant que tel et qui reste à son poste accepte pleinement le nouvel ordre des ondes. Nicolas Demorand, l’animateur de la tranche matinale, a le premier anticipé le changement. A un François Bayrou qui remet en cause le mode de désignation du patron de la radio publique, il proteste sèchement de la liberté absolue qui règne dans sa station… sans comprendre que cet assaut de protestation véhémente témoigne surtout de son ingestion totale du nouveau mode de nomination qui vient de se mettre place à l’occasion de la désignation de Jean-Luc Hees. Les amateurs goûteront la tautologie : Demorand est libre puisqu’il n’est pas inquiété par le pouvoir ; et il n’a pas à exprimer de critique sur la restriction de cette liberté puisque, précisément, il est libre.

Libre en somme de ne pas se rebeller contre l’interventionnisme de l’exécutif à la tête de sa station.

Le système clanique qui va se mettre en place à France Inter se vérifiera d’abord par quelques recrutements clés. Pascale Clark, journaliste à RTL et amie de Jean-Luc, qui l’avait mise à l’antenne, animera à la rentrée un magazine culturel sur la tranche 20h-23h. Faut-il s’attendre à l’arrivée de Caroline Fourest, pour l’heure employée à Charlie Hebdo et à France Culture ? Ou à un retour de Frédéric Bonnaud, une recrue de Jean-Luc, qui avait été débarqué de France Inter et avait ensuite rejoint Europe 1 ? C’est à voir, car Bonnaud passe pour un ennemi de Sarkozy. En tout cas, le renvoi d’ascenseur risque de fonctionner à plein régime. Exit celui qui avait pris ma place de directeur de France Inter, Frédéric Schlesinger, bienvenue à celui m’avait accordé des chroniques à Charlie Hebdo, mon ami Philippe…

Une radio de service privé

Mais il y a plus grave. On peut reprocher à Jean-Luc Hees d’avoir réalisé un ménage, en novembre 2002, au profit d’un colloque annuel de Novartis, de l’avoir accompagné d’un éditorial élogieux ou d’avoir évincé le médecin-écrivain Martin Winckler qui, pour ses chroniques sur France Inter, subissait des pressions du lobby du médicament (Leem). Mais on peut difficilement lui faire grief d’un point de vue très acéré sur ses contemporains. Philippe Val en revanche n’a pas le consensualisme mou de son patron. Ses jugements à l’emporte-pièce et sa haine de tout ce qui colle pas à son petit bréviaire BHLien sont légendaires. Ainsi, en pleine offensive israélienne sur Gaza le 16 janvier dernier, il s’emporte sur France Inter contre « l’obscénité et le ridicule qu’il y a à s’engager ici en France dans ce conflit au point de vociférer dans les manifestations la haine d’un pays, la haine d’un peuple et la haine de ceux qui se sentent solidaires de ce peuple » [1]

Et il va plus loin en mettant en cause les propos entendus ici ou là sur les ondes : « Certaines prises de parole, y compris à la radio parfois hélas, n’expriment qu’une haine rendue arrogante par la certitude que le bon droit permet enfin tous les excès. C’est à vomir ». Les défenseurs de la cause arabe ont de quoi s’inquiéter devant pareil aveuglement partial quand les victimes civiles meurent alors par milliers sous les bombardements israéliens… Mais les pro-Palestiniens et les Musulmans ne sont pas les seuls à souffrir les sentences du commissaire Val. La gauche radicale, les communistes, les syndicalistes, les nonistes, les altermondialistes, les catholiques, et bien sûr les droites qui ne s’inclinent pas devant Nicolas Sarkozy et sa politique d’ouverture…Tous ceux-là ont eu à subir les attaques au vitriol du chroniqueur Val qui les rend le plus souvent coupables d’exprimer ce qu’ils sont.

Question : une radio de service public peut-elle être dirigée par un homme qui a professé sa haine d’idées chères à disons 80 % de la population, sachant que la radio est un média écouté en France par un Français sur huit ?

Il est significatif qu’après le limogeage du titulaire de la revue de presse et l’intrusion inopinée de Jean-Luc Hees, le 15 mai, dans la matinale de France Inter pour répondre à Edwy Plenel qui contestait la procédure de désignation du président de Radio France (lequel avait promis au CSA qu’il ne ferait plus d’antenne que pour interviewer « Bruce Springsteen ou Barack Obama » (Sic)), le SNJ mette en garde contre les « oukases » du nouveau directeur Philippe Val alors que le SNJ-FO demande une inédite « clause de conscience » au sein de la station. Même le Parti socialiste exprime dans un communiqué « sa vive inquiétude quant au respect du pluralisme et à l’indépendance de l’information au sein du groupe Radio France et tout particulièrement à France Inter » [2].

Experts d’Internet et chantres de la modernité

S’ajoutent à ces appréhensions idéologiques des inquiétudes sur l’avenir de la radio. Auditionné le 7 avril par le CSA, Jean-Luc Hees a été incapable d’exprimer son projet d’entreprise à l’heure des nouveaux canaux numériques qui détournent de la radio publique les nouvelles générations. Peu avant sa nomination, Jean-Paul Cluzel, son prédécesseur, avait accordé un entretien au Monde.fr où il tint une langue si peu diplomatique que le quotidien s’abstint de reprendre l’interview dans son édition papier. A la question « L’estimez-vous capable de gérer une maison aussi complexe ? », le PDG avait répondu : « Lui qui est si moderne et dont les capacités stratégiques sont bien connues (sourire). Cet homme qui, il y a quelques années, lors d’un comité de rédaction de Radio France, avait déclaré : l’internet, c’est la mort de la radio ? » [3].

Aujourd’hui, il se contente de dire publiquement lors de son audition au CSA : « La diffusion broadcasting va assurer de longues, longues années à la radio ». A-t-il conscience de l’imminence des nouveaux usages numériques ? Le choix de Philippe Val est une forme de réponse à cette interrogation. Le nouveau directeur de France Inter considère Internet comme « la kommandantur du monde ultra-libéral » qui n’est utilisé que par « des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs » [4]. Bakchich.info, qui est sans doute le plus impertinent des nouveaux sites d’information, est comparable à ses yeux à l’hebdomadaire collaborationniste Je suis partout. Une enflure verbale qui vaut à l’ancien directeur de Charlie Hebdo d’être poursuivi en diffamation par Bakchich.info…

L’impertinence dans la pertinence

Mais il est vrai que l’impertinence n’est plus tout à fait de rigueur à la maison ronde. « L’impertinence, j’ai pas toujours trouvé que c’était le meilleur slogan de France Inter », explique Jean-Luc Hees au CSA en se disant « difficile » sur le rire [5]. Stéphane Guillon est sans doute protégé par sa notoriété et son goût des cachets, qui sauront l’inciter à rendre très pertinente son impertinence… Mais que dire de tous ceux qui, à Radio France, croient encore à l’expression radiophonique en toute liberté, sans autocensure ? Que dire d’un Daniel Mermet dont l’émission « Là Bas si j’y suis » s’est retrouvée, sous le mandat de Cluzel, à un horaire moins exposé l’après-midi ? L’avenir dira si son soutien à la contestation sociale peut encore trouver sa place sous le mandat d’un président nommé par Nicolas Sarkozy...

Parions que Jean-Luc Hees saura trouver les mots pour écarter les irréductibles, chiffres à l’appui. « Le service public doit faire de l’audience, déclare-t-il. Il ne peut rester autour d’un feu de camp et deviser en trouvant que le monde extérieur est cruel » [6]. Les boy scouts de Radio France apprécieront.

Notes

[1] Chronique du 16 janvier

[2] « Ça commence mal à Radio France comme à France Inter », communiqué de Patrick Bloche, secrétaire national aux médias du Parti socialiste.

[3] Le Monde.fr, 1er avril

[4] « Du rififi à France Inter : 22, v’là Philippe Val ! », 23 juin

[5] « Présidence de Radio France : l’audition publique de Jean-Luc Hees », sur le site du CSA.

[6] Anne-Marie Gustave, « Hees bien raisonnable ?, Télérama.fr, 15 avril.

22 commentaires sur « Les mauvaises ondes de la radio publique (1) »

  • permalien une bille :
    26 juin 2009 @14h47   »

    Ne connaissant personne dans les milieux médiatiques, artistiques, politiques, journalistiques, militaro-industriels et financiers, je me demande, s’il va falloir, payer un parrainage pour avoir le droit d’écouter cette radio ?

  • permalien TheArtofYello :
    26 juin 2009 @15h48   « »

    Bonjour,

    Frédéric Bonnaud écrit dans Siné Hebdo, c’est dire ses chances de revenir sur France Inter sous la direction de Philippe Val. Il faudrait que Jean-Luc Hees soit très persuasif !

    Bien cordialement.

  • permalien Cristal :
    26 juin 2009 @16h26   « »

    Bien vu ! Sarko pense qu’en choisissant un homme "ni de droite et de gauche" on ne pourra lui reprocher de politiser les ondes. Mais il n’a pas encore bien mesuré à quel point la nomination de Val est mal acceptée tant en interne qu’à l’externe. Faut-il que la République médiatique de la bande à Carla rende aveugle !

    A moins qu’il faille y voir une volonté de saper les bases de la radio publique - c’est à dire sa relation exceptionnelle avec son public - pour en finir avec une maison d’agités des bocaux qui passent leur temps à bouffer du Sarko...

  • permalien Nathan :
    26 juin 2009 @16h43   « »

    "Question : une radio de service public peut-elle être dirigée par un homme qui a professé sa haine d’idées chères à quelque 80 % de la population... ?"

    Je n’ai pas bien compris comment l’auteur de l’article a obtenu ce chiffre. C’est sur base du premier tour des présidentielles ? En ce qui concerne le passage un peu obséqieux sur les "droites qui ne s’inclinent pas devant Nicolas Sarkozy", ça me fait un peu penser aux résultats du référendum sur l’Europe : d’ordinaire on déteste Le Pen mais quand c’est nécessaire, on le compte avec soi. Ah, la magie des chiffres ! Abracadabra, nous sommes 80% !

  • permalien Upshaw :
    26 juin 2009 @17h39   « »

    Partout, Sarkozy, Val, BHL prônent les doits de l’homme et la république irréprochable, alors qu’ils sont la figure de proue du pire des népotismes.
    Ils cancanent, ils bavassent, ils assènent, pérorent, "démocratie", "laïcité", "presse"...
    On en est là... Entre 15 et 16 heures du lundi au vendredi, le vendredi à 20 heures, quelques fois le dimanche matin, subsistait un espace critique sur France Inter. Les motifs d’inquiétude sont nombreux. Bon courage à Daniel Mermet et à la bande de "Là-bas si j’y suis".

  • permalien Alice :
    26 juin 2009 @20h02   « »

    Frédéric Bonnaud écrit dans Siné Hebdo, c’est dire ses chances de revenir sur France Inter sous la direction de Philippe Val.

    En même temps, Bonnaud a déjà co-animé avec Guy Bedos (lui aussi collaborateur de Siné Hebdo) un des raouts plénéliens récents « pour la liberté de la presse », auquel ont aussi participé deux dessinateurs de Charlie (Charb - qui a pris la suite de Val à la tête de l’hebdomadaire - et Tignous) ainsi que Bernard Maris alias Oncle Bernard, ex-directeur adjoint du journal. C’était le 30 janvier dernier au Théâtre du Châtelet, et on peut visionner ce moment d’anthologie sur le site de Mediapart.

    Il semble donc bien que tous les liens ne sopient pas rompus entre certains collaborateurs de Charlie et certains chroniqueurs de Siné Hebdo, dont Bonnaud, qui pourrait dès lors avoir encore un certain nombre de « chances » d’être nommé à France Inter si l’occasion se présentait, même sous la direction de Philippe Val.

  • permalien 88 :
    26 juin 2009 @21h12   « »

    à Nathan

    l’auteur de l’article "idées chères à 80% de la population" _ >idées non partagées par 80% mais dont la somme (arbitraire puisque faite à partir des détestations d’un homme) donne 80%.
    Le chiffre de 80% est lui même est d’origine inconnue.

    vous "Abracadara, NOUS sommes 80%" _ >idées partagées par 80% de la population

    le sophisme est gros, trés très gros.

  • permalien robebertotofofrero :
    27 juin 2009 @00h36   « »

    Ce F. Pommier (personnellement, pour l’avoir écouté 2 ou 3 fois, je le trouve nul, autant que cette P.Clark, dont il est le clone, c’est la même insignifiance) n’a aucun souci à se faire : Demorand* est là, qui le protège (en regardant ailleurs quand les gens disparaissent) demandez à Miguel Bennassayag...

    * Surnommé "le caniche", par Pierre Marcelle, qui s’y connait puisque oeuvrant à Liberachion...

  • permalien Marie Bénilde :
    27 juin 2009 @03h56   « »

    A Nathan,

    Allez, je vous le concède : ces 80% n’ont rien de scientifique et ne prétendent à aucune légitimité de ce point de vue.

    Ils disent simplement que 80% des Français écoutent la radio (ça c’est ce que dit Médiamétrie). Et qu’on doit trouver à peu près autant de gens qui se retrouvent dans l’une ou l’autre des catégories qu’exècre Philippe Val.

    Je reconnais que c’eut été sans doute plus clair dit comme ça. Mais je ne renie pas non plus le petit effet d’hyperbole qui permet de prendre conscience que tous ceux qui font vomir Philippe Val déclenchent une vomissure assez largement éclaboussante...

  • permalien une bille :
    27 juin 2009 @06h55   « »

    @Marie Bénilde

    pas d’accord la loi de Pareto est bien un principe empirique universellement reconnu qui est à la base de notre organisation.

    Le fait qu’une loi soit basée sur l’observation et l’expérience ne remet pas en cause son exactitude. L’idée que le "scientifique" ne peut être que "théorique" est une chimère, et les remises en question de la perception du "théorème de Thalès" à la "théorie des cordes" sont là pour en attester.

    Si au lieu de dire : « une radio de service public peut-elle être dirigée par un homme qui a professé sa haine d’idées chères à disons 80 % de la population », vous aviez dit : "une radio de service public peut-elle être dirigée par un homme qui a professé sa haine d’idées chères à l’élément majeur de la population selon la loi de Pareto", vous auriez dit la même chose, mais personne ne vous aurait compris.

  • permalien Zibeline :
    27 juin 2009 @10h31   « »
    ON FAIT QUOI MAINTENANT ????

    J’ai bien peur que tout ce pataquès ne soit un choix très précis et unse stratégie à long terme afin d’affaiblir et de retirer le plus possible d’auditeurs à France Inter, de démolir à petit feu avec les intervenants les meilleurs qui disparaissent, les pires, comme Guetta qui restera jusqu’à sa retraite à 73 ans bien entendu aggrippé à son 8 h 17 comme une vieille moule à son rocher qui a raison sur les questions internationales à peu près aussi souvent que les éclipses de soleil, les pires et les plus fades demeurant en place jusqu’à la nuit de l’info. Style Calvi et son C dans l’air à mourir de rire tant il est téléphoné par je ne sais quels sbires du Service d’information de MAtignon et tant, dans sa précipitation à avoir un avis sur tout, il tombe dans les panneaux les plus ou tente de faire tomber l’auditeur.

    Comme l’Europe interdit les soutiens aux entreprises en difficulté et lutte contre les services publics quels qu’ils soient, c’est la mort annoncée de France Pamper et France Culterreux (c’est ce que c’est devenu).

    Sarkozy a réussi : plus de liberté d’expression, de ton, d’opinion. La télévision offre la même stupide pâtée à mioches sur toutes ses chaînes et Arte se ringardise, perd de son acuité...
    J’imagine que les Français vont voter en 2012 en remerciant mille fois le NS de bien occulter ce qui dérange profondément : l’alignement année par année du niveau de vie des Français sur celui des pays émergents, une société à deux classes avec son darwinisme social et dégueulasse. Quand les français auront la jugeote de penser à créer un rapport de force au lieu de voter pour les gogols DCBendit qui s’est bien fichu de vous et continuera avec bonheur tant il est lui aussi aliéné au pouvoir, à l’image, au fric,, Mélenchon, Ps et Cie peut-être que la bataille pourra s’engager.

    C’est un monde qui disparait, celui de la critique et de la dialectique, de la guerre sociale. Vivez tous très vieux et très stupides, allumez des bougies pour Jackson, cette victime de Madoff, et que Val et Hees, et Guetta, Maris, Gelinet aident bien Sarkozy et sa poire blette à bouffer du foin à sodomiser les Martiniquais et les Guadeloupéens : qu’ils mangent de l’autonomie, voilà le menu, alors qu’ils demandent un niveau de vie décent.

    Philippe Val, Naulleau, Charb, Fourest avec son combat bidon contre les musulmans, son clan, sont de pauvres hères désèspérés de la vie : sans pognon et sans pouvoir ils ne sont rien. Cela s’appelle l’aliénation.

    Ps : Il peut toujours faire semblant de lire des bouquins, le Président, que l’on a tous lus d’ailleurs (il a le bac, non ? Il est supposé avoir lu tout cela). Le programme de lecture arrangé par Bruni Star Blette et tirée aux oreilles est destiné aux 4éme/3 éme dans tout lycée qui se respecte.

    PS 1 : passons l’été à causer burqua et glissons sur les 3 000 licenciements mensuels.

    BON ON FAIT QUOI MAINTENANT ???

  • permalien Yvan :
    27 juin 2009 @14h17   « »

    Comment ne pas rapprocher, l’anecdote Val/Pommier, de la déjà oublié Hees/Plenel, où ce dernier était autorisé par Hees a pouvoir aboyer...

    ... ou peut-être de la garde à vue de Vittorio de Filippis, ou encore de l’admonestation de M’sieur Joffrin par M’sieur l’président....

    ... ou encore le limogeage du sous préfet Bruno Guigue, ou du préfet Jacques Laisné, ou du préfet Jean Charbonniaud...

    ... ou peut-être encore des descentes "au faciès" dans les cités, les "chiens renifleurs" dans les collèges, ou encore des épiciers corréziens en garde à vue.

    Tout ces événements n’ont qu’une conséquence, la création un climat de brutalité et d’insécurité, dans toute les strates de la société française.

    Serait-ce un système ?

  • permalien Yvan :
    27 juin 2009 @14h32   « »

    Comment ne pas rapprocher, l’anecdote Val/Pommier, de la déjà oubliée Hees/Plenel, où ce dernier était autorisé par Hees a pouvoir aboyer...

    ... ou peut-être de la garde à vue de Vittorio de Filippis, ou encore de l’admonestation de M’sieur Joffrin par M’sieur l’président....

    ... ou encore le limogeage du sous préfet Bruno Guigue, ou du préfet Jacques Laisné, ou du préfet Jean Charbonniaud...

    ... ou peut-être encore des descentes "au faciès" dans les cités, les "chiens renifleurs" dans les collèges, ou encore des épiciers corréziens en garde à vue.

    Tout ces événements n’ont qu’une conséquence, la création un climat de brutalité et d’insécurité, dans toute les strates de la société française.

    Serait-ce un système ?

  • permalien elbé :
    27 juin 2009 @15h54   « »

    Cela ressemble effectivement fort à un système.Cela concerne aussi la presse écrite.Où l’on voit que des descentes de police viennent saisir des photos dans un journal.Pour éviter que soient diffusées des infos secret défense contre le terrorisme ?Non,que nenni,pour protéger les "copains" ,souvent des bandits,que sont les grands distributeurs,contre des paysans manifestants pour une plus juste rémunération de leurs produits :

    http://www.montpellier-journal.fr/2...

  • permalien l’abeille :
    27 juin 2009 @16h29   « »

    Salut à tous,

    Journaliste moi-même à Radio France, je pense que le plus grand danger n’est pas forcement pour un Mermet par exemple. Lui aussi a sa notoriété et pas mal d’auditeurs se mobilisent pour le défendre, bien que rien ne soit sûr à 100%. Ce que je crains, c’est la petite censure au quotidien, sur le choix des sujets, sur leur traitement, ou après un petit coup de fil de qui-de-droit, de retirer un sujet de l’antenne (c’est arrivé récemment). Et c’est à ce niveau que se fabrique vraiment l’information. C’est beaucoup plus facile soumettre un journaliste lambda. Ca se voit moins, même si l’intéressé peut s’en plaindre à un syndicat ou à la SDJ. Il y aura peut-être un tract. Et alors ? Il en faudra beaucoup, des tracts, pour que les auditeurs se rendent compte de ce qui se passe au quotidien. Et quand ils se mobiliseront, s’ils se mobilisent, il sera trop tard. Le pli sera pris.

  • permalien elbé :
    27 juin 2009 @17h32   « »

    Un texte plus général sur la résistance.
    Ce texte d’Edward Said,toujours d’actualité,de l’Irak à l’Iran aujourd’hui,à La Palestine toujours et encore.Ce texte sur le monde arabe,qui noue les tripes,serre la gorge et me fait monter les larmes aux yeux :

    QUAND ALLONS-NOUS RESISTER ?

    http://sindibad.fr/spip.php?article62

  • permalien bsna :
    27 juin 2009 @22h37   « »

    C’est la guerre. Le pouvoir se prépare dés maintenant pour la rééelection et, pour cela, prépare les inconscients des journalistes en mettant en place du haut en bas des patrons et des contre maîtres qui organisent "la terreur" de l’auto-censure. Le seul hic, c’est l’absence de contrôle d’internet qui les empêche de légitimer leur discours.

  • permalien Let :
    27 juin 2009 @23h27   « »
    @Zibeline

    la liberté n’interesse personne, si ce n’est qques rares esprits libres. quant à la critique ou à l’esprit d’indépendance, ils ne servent qu’en cas de besoin, et pour les électeurs du clown, le besoin n’existe pas. Le reste est compensé par la jouissance, la sécurité, l’assurance vie. C’est ainsi que l’équilibre entre les contraintes et la jouissance penche du bon côté, puisque la jouissance s’exprime de nos jours sur une palette de couleur qui va du journal de 20h aux boules_du_bonheur, fait un petit tour par la mort en directe en provenance de pays lointains, puis revient toute propre sous la forme de la répression pour le bien de tous. la force du clown est qu’il n’est plus le représentant d’un peuple, mais le représentant de l’idée qu’une partie du peuple se fait de lui même, et l’idée qu’il se fait du bonheur ; cette idée du bonheur, il se la fait à la lueur d’un écran bleu. l’autre partie du peuple est donc quantité négligeable, peu importe le vacarme de celui-ci, il est sous surveillance, il est même parfois l’ennemi. Lorsque la contrainte est un peu trop lourde, la colère peut donc s’abattre sur l’ennemi. L’objectif est de satisfaire une majorité qui garantira la pseudo élection, non de faire avancer un peuple tout entier. Enfin, le clown est au service de la minorité qui lui a donné ses ailes, de ceux qu’ils croient être l’essentiel : le pouvoir économique. Il l’a dit lui même : je suis le patron de l’entreprise. Il avance sur cette route et sous cet angle. Donc, une majorité changeante au gré des mirages de l’ennemi votera et revotera le prix de sa jouissance et de sa sécurité, les Européennes en témoignent. La mécanique est à peu près celle-là. Exit les lumières de la ville, exit la culture et sa contre-culture, exit l’avenir et le progrès. La peur est là, il fait noir, fin de la partie, vous pouvez baisser le rideau. Ce qu’aura oublié le clown c’est qu’on ne gagne jamais avec la moitié d’une équipe. Mais d’après Pereto cité plus haut, seul 20% suffirait ... :o) Merci pour ton joli et fort sympathique texte. On fait quoi maintenant ? Bah on attends que tout le monde se réveille et on garde son étoile bien brillante. Ca peut durer longtemps.

  • permalien Paulescot :
    29 juin 2009 @12h01   « »

    Ecoutant Henri Guainot sur France Inter ce matin, je me demande bien comment peut être comptabiliser ce type d’intervention d’un conseiller du président de la République. C’est quoi ? La parole du président, celle du gouvernement ... ? J’imagine que le CSA doit se casser la tête pour recenser ce type de propos.
    De surcroît, j’observe que nous avons eu droit à un débat d’experts sur l’emprunt populaire... et pas beaucoup de relance sur le scandale du bouclier fiscal et des cadeaux d’impôts faits aux catégories les plus favorisées. Le choix des questions des auditeurs m’a eu l’air légèrement filtrée... mais je rêve sans doute.

  • permalien une bille :
    29 juin 2009 @12h51   « »

    @Paulescot, je me suis posé la même question quand MG Buffet en principe invitée pour répondre aux auditeurs, s’est vue confisquer la parole par B. Guetta, qui ne lui a jamais rendue.

  • permalien
    30 juin 2009 @19h17   « »

    J’ai aussi entendu le Commissaire Val, la semaine qui a suivi les attentats de décembre 2008 dans mon pays l’Algérie, danser sur les cadavres de mes compatriotes, pour le seul plaisir de se payer Bouteflika.

  • permalien sir.chamallow :
    1er juillet 2009 @12h12   «

    Brillant Article

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