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Lettre d’Ecosse

Travailleurs saisonniers : cueille ou crève

mardi 18 août 2009, par Romain Fantin

Bienvenue à Castleton, une petite ferme perdue au fin fond de l’Ecosse, à 4 km du hameau le plus proche et à 40 km d’Aberdeen. Ici, deux cents étudiants, presque tous d’Europe de l’Est, viennent cueillir des fraises pendant les deux ou trois mois d’été. Ils sont attirés par des salaires moins bas que chez eux, de la même façon que les Ukrainiens sont attirés par les fermes polonaises et les Moldaves par les fermes ukrainiennes. Ils sont recrutés par des agences, qui choisissent les fermes pour eux et donnent même des dérogations aux universités pour que les étudiants puissent terminer leurs examens un peu plus tôt dans l’année et venir travailler en Ecosse.

Ce système d’agences permet aux exploitations d’interdire à leurs employés de changer de ferme, et donc de garder, même contre leur gré, un nombre suffisant de travailleurs. Il évite aussi certains frais inutiles, comme les visites médicales : il n’y a de toute façon ni médecin ni infirmerie à Castleton. Le seul problème de ce recrutement est bien loin des préoccupations des patrons : le niveau d’anglais général est tellement faible qu’il crée des tensions entre les communautés.

Au moment de signer le contrat de travail, chaque nouvel employé se voit projeter une vidéo stakhanoviste, parfois dans sa langue, dans laquelle on voit un « bon cueilleur » ramasser les fraises à un rythme fou. Il y apprend que le « bon cueilleur » mange équilibré, qu’il dort beaucoup, qu’il ne boit pas, qu’il reste concentré toute la journée sur son travail et que son esprit ne va que vers des images positives comme sa copine ou sa famille. Pour en arriver là, il a travaillé dur et appris en regardant faire les autres « bons cueilleurs » : il n’est pas question de trouver sa technique, mais de recopier celle des meilleurs.

Dès le lendemain, l’ouvrier est prêt à travailler comme les autres, généralement comme cueilleur. Il peut arriver que l’on travaille pendant quelques heures au désherbage ou à l’entretien, mais c’est très rare. C’est d’ailleurs parce que c’est occasionnel que les serres dans lesquelles travaillent les ouvriers sont couvertes de boue et d’orties. Le rendez-vous matinal est à 6h45, le travail commençant généralement vers 7 heures, le temps pour chaque équipe de s’entasser à trente-cinq dans une camionnette quinze places pour rejoindre son champ. La journée finit généralement vers 15 h 30, avec une pause d’une demi-heure maximum pour manger.

Normalement, il y a un jour de repos par semaine, ce qui donne des semaines de 48 heures. Comme il n’est annoncé que la veille au soir, les employés ne savent même pas quand sera leur prochaine journée de libre. Et, comme le temps de travail dépend des conditions météorologiques, presque aucune semaine n’est normale. Les semaines sans soleil, les cueilleurs peuvent aller jusqu’à ne travailler que 35 heures. Dans le cas contraire, comme la ferme n’est soumise à aucune législation, ils peuvent travailler plus de deux semaines sans interruption, même le dimanche.

Reporter sur les saisonniers
les risques liés à la météo

Les cueilleurs sont payés au mérite, en fonction de leur récolte et au jour le jour. D’ailleurs, dès que l’un d’entre eux baisse de rythme, les contremaîtres lui rappellent que sa paie sera moindre. Les salaires sont basés sur le prix de vente de la récolte (la quantité, la qualité et le type de fraises entrent en compte) selon un calcul semblant tombé du ciel. Surtout que la récolte doit autant au cueilleur qu’aux conditions de travail : l’employé ne peut choisir ni le type, ni la qualité de fraises qu’il va cueillir, ni la quantité qu’il y aura dans sa ligne, qui dépendent de la météo, du champ et de la place dans la serre. Par exemple, une journée passée à cueillir uniquement les fraises invendables, très nombreuses dans les bords de serre, rapporterait moins de 3 euros. Malgré tout, les ouvriers sont obligés de les ramasser. Les cueilleurs sont un peu comme de petits producteurs indépendants à qui la ferme rachète la production, mais sans la négociation sur les prix.

Ce système permet à la ferme de faire peser les risques liés à la météo sur les saisonniers. Ainsi, quand il pleut, l’entreprise ne perd pas d’argent, puisqu’elle ne paie aucun salaire et qu’elle engrange quand même les deux cents loyers quotidiens. Et, pour que tout le monde sache bien que certains gagnent beaucoup, le classement des cueilleurs est affiché tous les jours avec leurs salaires. Il est d’ailleurs amusant de constater que les gains des tout premiers sont gonflés pour motiver tous les autres. La direction rappelle ainsi quotidiennement à ses employés que, s’ils étaient meilleurs, ils pourraient gagner beaucoup d’argent.

Tout cela ne devant pas suffire pour maximiser la productivité, l’entreprise a inventé un système original : tous les jours, ceux qui ont rapporté le moins de cagettes sont renvoyés aux caravanes à midi, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas le droit de cueillir l’après-midi. Le rituel est d’ailleurs assez impressionnant. Au moment où l’équipe revient de la pause déjeuner, le superviseur passe dans les rangs et désigne les punis, auxquels il adresse une seule et unique phrase : « Go back to caravane. » La sanction est d’autant plus lourde que toute personne n’ayant pas travaillé jusqu’à la fin de la journée, quelle qu’en soit la raison (même maladie ou blessure), se voit infliger une journée de pénalité durant laquelle elle n’est pas autorisée à travailler.

Ce système est assez aléatoire, en particulier parce que les écarts sont faibles, ce qui le rend très efficace. Car si l’entreprise se prive de quelques bras pour l’après-midi, cela lui permet de mettre sous pression la quasi-totalité des cueilleurs, un tout petit nombre étant assuré de passer à travers. Et au bout de trois renvois, le cueilleur reçoit une lettre assez menaçante lui rappelant qu’il ne cueille pas assez et que, s’il veut pouvoir rester, il faut qu’il s’améliore rapidement. Au bout de trois lettres, il est renvoyé sans préavis : peu importe s’il a eu ces trois lettres en deux semaines ou en trois mois.

Cette dernière technique ne serait toutefois pas si machiavélique si on pouvait trouver un quelconque intérêt à retourner aux caravanes avant les autres. Mais même ce point a dû être réfléchi, tant les efforts pour améliorer les conditions de vie sont minimalistes. La distance avec les villages voisins étant énorme, tous les saisonniers louent leur logement à l’entreprise et ne sortent presque jamais de la ferme : la sortie de la semaine, pour laquelle tout le monde se met sur son 31, est le voyage en bus organisé par la ferme jusqu’au Tesco [1]. Le site Internet de la ferme promet pourtant monts et merveilles ; mais les plages sont en fait à plus de dix kilomètres, et les charmantes balades dans les environs se résument à une suite de champs de fraises. Les deux cents employés se partagent trois ordinateurs 1995 aux claviers peu fiables. Les caravanes sont le plus souvent sans chauffage, ce qui n’est pourtant pas un luxe en Écosse, sans eau chaude – alors qu’il n’y a que deux douches communes –, quand ce n’est pas sans toilettes. Quant aux équipements sportifs dont se targue l’entreprise sur son site, ils se limitent à un billard fait maison, deux tables de ping-pong, deux vélos cassés, un panier de basket ovalisé par la rouille sur un terrain en pente, et un terrain de football imaginaire. Tout est donc fait pour que même ceux qui sont habitués à un confort spartiate préfèrent travailler que de rester aux caravanes.

Néanmoins, la sanction la plus sévère reste d’être muté sur le rig. Le rig est une énorme plateforme qui porte onze personnes : le conducteur et dix cueilleurs. Ces derniers sont allongés sur le ventre au-dessus de la ligne de fraises, parallèlement les uns par rapport aux autres, et doivent cueillir tous les fruits qui leur passent dessous. A la fin de chaque serre, les cueilleurs ont quelques minutes pour ramasser les fraises qu’ils ont oubliées. Ce temps forme d’ailleurs les pauses, bien qu’il soit obligatoire : il n’est donc pas payé. Résultat, pour rogner sur les salaires, il suffit de demander au conducteur d’accélérer le rythme pour diminuer les heures payées sans baisser la production.

Le salaire horaire net est d’environ 6,30 euros, mais en comptant les heures impayées, il tourne autour 5,50 euros. A titre de comparaison, le SMIC horaire net français est de 6,84 euros – sachant qu’il comprend les cotisations pour les retraites et la sécurité sociale, ce qui n’est pas le cas en Ecosse. C’est aussi à ce poste que les cueilleurs sont les plus flexibles. Ce sont eux qui sont prioritairement donnés en exemple quand il faut licencier. Ainsi, il est arrivé que, énervée par de trop nombreuses absences dans les autres équipes, la contremaître générale décide arbitrairement de renvoyer en Pologne quatre des saisonniers présents sur le rig. Quant à la journée de huit heures, elle n’est pas toujours valable. Il est fréquent que le talkie-walkie du superviseur grésille au dernier moment pour annoncer que deux heures de travail supplémentaires viennent d’être programmées. Inutile de dire qu’il n’est même pas question pour les ouvriers de donner leur avis : les patrons ne se déplacent de toute façon jamais.

Le travail sur le rig est d’une pénibilité incroyable. Tout d’abord, la machine avançant en permanence, il est impossible de s’arrêter quelques secondes de cueillir tant que la ligne n’est pas terminée, soit en moyenne toutes les deux heures. Parler est rarement toléré et penser à autre chose est impossible dès que le rythme s’accélère. Les ouvriers sont de plus très exposés aux conditions climatiques, surtout au froid, à l’humidité et au vent, puisque seuls les bras peuvent se dégourdir et que le rig les place sous le niveau protecteur des serres.

Le conducteur choisissant le rythme, le cueilleur n’a aucune influence sur son travail. Il lui est impossible d’évaluer la qualité de ce qu’il fait : qu’il ait laissé ou non beaucoup de fraises, il ne peut ni s’en satisfaire ni s’en désoler, car il ne sait pas si c’est dû au rythme de la machine ou à la qualité de son travail. Du coup, même les perspectives de progresser, de trouver une nouvelle technique ou de terminer la tâche plus vite sont impossibles, ce qui empêche de trouver le moindre motif de satisfaction. En fait, ce travail a les mêmes caractéristiques que le travail à la chaîne, la seule différence étant que les cueilleurs n’ont pas d’influence les uns sur les autres. On retrouve la monotonie, la continuité, mais aussi la simplification à l’extrême de la tâche, qui se résume à cueillir et à trier les fruits, les deux actions se faisant sans réfléchir et dans un même geste.

Les chiens des patrons
ont un nom, eux

Du salaire au mérite dans un système totalement libéralisé découlent donc des travailleurs journaliers et affaiblis par l’absence de loi les protégeant, et une direction toute-puissante et invisible, qui prend, tel un roi, toutes les décisions régissant la vie de ses employés. Mis à part la contremaître générale, dont le rôle principal est de concentrer toute la haine des ouvriers contre la direction en hurlant sur toute personne se trouvant sur son chemin, les contacts entre les cueilleurs et les dirigeants sont inexistants. A tel point que les patrons n’ont aucune idée du nombre de personnes travaillant pour eux. Les rares fois où ils adressent la parole à leurs employés, on peut légitimement se demander si leurs chiens ne sont pas traités avec plus de respect. D’abord parce qu’ils ont un nom, contrairement aux cueilleurs qui n’ont qu’un numéro. Et surtout, ils sont priés de rentrer au frais dès que la température monte, alors que les employés qui travaillent dans le jardin personnel des propriétaires ne sont même pas autorisés à boire de l’eau.

Le libéralisme peut donc dériver jusqu’à endosser les caractéristiques d’un Etat totalitaire. On y retrouve la propagande, qui vise ici à faire croire que ceux qui font des efforts sont bien traités, pour obliger les autres à accepter n’importe quelles conditions de travail ; un système de répression des cueilleurs les moins efficaces et les plus faibles, blessés ou malades : dire que règne la loi du plus fort n’est pas seulement un cliché. S’y ajoutent des décisions prises sans aucune consultation, de façon totalement arbitraire, et le fait que les saisonniers n’ont même pas le droit de refuser de travailler jusqu’à 75 heures par semaine.

Donner des leçons aux Chinois sur la façon dont ils traitent leurs employés est sûrement justifié. Mais on devrait aussi regarder chez nous, en Europe, car cette ferme est loin d’être un cas isolé : beaucoup de saisonniers ont vécu des expériences similaires ailleurs au Royaume-Uni [2]…

Romain Fantin est étudiant.

Notes

[1] Premier groupe de distribution britannique.

[2] Lire Jerome Taylor, « Revealed : Scandal of Britain’s fruit-farm workers », The Independent, 10 juillet 2009 (traduction française sur Presseurop.eu).

16 commentaires sur « Travailleurs saisonniers : cueille ou crève »

  • permalien une bille :
    18 août 2009 @14h15   »

    "Du salaire au mérite dans un système totalement libéralisé découlent donc des travailleurs journaliers et affaiblis par l’absence de loi les protégeant, et une direction toute-puissante et invisible, qui prend, tel un roi, toutes les décisions régissant la vie de ses employés."

    N’exagérons pas, il reste tout de même quelques mauvaises habitudes du temps des "communisses" :

    « Ils sont attirés par des salaires »
    « signer le contrat de travail »
    « il y a un jour de repos par semaine »
    « des semaines de 48 heures. »
    « Les cueilleurs sont payés au mérite »

    Comme en France, de bien belles réformes à venir !

  • permalien Magdaléna :
    18 août 2009 @14h37   « »

    Nous devrions recommander à la consommation les produits alimentaires culture bio ou raisonnée bien contrôlée et signaler sur les étiquettes des produits les conditions de travail et de rémunération "exemplaires". Le consommateur saurait alors quel choix il fait et ce qu’il encourage en achetant ces produits.

  • permalien Jean-Christophe :
    19 août 2009 @00h02   « »
    Racisme

    En son temps lorsque le parti communiste avait dénoncé le dumping social qui découle d’une immigration "choisie" certains l’avaient accusé de racisme alors qu’il s’agissait de tout le contraire. Les exploiteurs de main-d’oeuvre étrangére, encouragés par une Union Européenne libérale, jouant sur la parité des monnaies ou sur les différences de législation entre pays sont les vrais racistes.

  • permalien Anièry :
    19 août 2009 @07h36   « »

    Dans "Vies perdues. La modernité et ses exclus", Zygmunt Bauman écrit :

    "La production de "rebut humain", ou plus exactement d’humains mis au rebut "en surnombre" et "redondants", c’est-à-dire la population de ceux qui ne pouvaient pas (ou que l’on ne souhaitait pas reconnaître ou autoriser à) rester est un résultat inévitable de la modernisation et un compagnon inséparable de la modernité. C’est un corollaire incontournable de la construction de l’ordre (chaque ordre rejette une certaine partie de la population existante comme étant "incapable", "pas à sa place" ou "indésirable") et du progrès économique (qui ne peut procéder sans dégrader et dévaluer les possibilités, autrefois efficaces, de "gagner sa vie" et par conséquent ne peut que priver ceux qui les utilisaient comme moyens de subsistance).

    L’une des recommandations le plus communément proposées aux jeunes est d’être flexibles, et pas spécialement difficiles, de ne pas trop attendre de leurs emplois, de les prendre comme ils viennent, sans trop se poser de questions, et de les considérer comme une opportunité dont il faut profiter sur le moment tant qu’elle dure, plutôt qu’un chapitre d’introduction à un "projet de vie", une question d’estime et de définition de soi, ou une garantie à long terme."

  • permalien Hln :
    19 août 2009 @08h48   « »

    Pour l’avoir vécu dans une entreprise Française que je ne citerais pas les conditions de travail sont les mêmes en France pour le cueillette de myrtille...

  • permalien Murmure :
    19 août 2009 @09h23   « »

    “C’est les fraises de la colère” et Steinbeck revisité après y avoir ajouté “étranger”.

  • permalien lilou45 :
    19 août 2009 @10h05   « »

    On en est pas loin pour les pommes en france, pire, les agriculteurs (chéris du 13h de Tf1) se plaignent des 35h, des charges, du droit du travail (non appliqué) tout en nous arrosant de pesticides pendant le travail. J’y ai fait 2 saisons, sans le smic, ce serait les champs de coton au 19e dont rêvent nos "gentils agriculteurs" largement subventionnés par nos impôts.

    On devrait mettre un coup de pied la-dedans et imposer les méthodes de l’agriculture raisonnée. Quitte à facher la FNSEA, CA ce serait du volontarisme, du courage politique, de la rupture écologique et sociale. On sait bien envoyer nos CRS contre les ouvriers, étudiants, sans-papiers, enseignants.

  • permalien Dun :
    19 août 2009 @15h32   « »

    Bonjour,

    Très bon article, merci. Il semble que la situation ne soit pas forcément immensément meilleure en France, j’en veux pour preuve le commentaire au dessus évoquant le travail dans la myrtille, ou ma propre expérience pour de la fraise, en Dordogne.

    La Dordogne et la fraise. Une belle histoire, il y a même une IGPN. Les petites mains qui récoltent viennent en car depuis le Portugal. Les conditions de travail et d’hébergement sont sommaires, c’est le moins que l’on puisse dire, pour ce que j’en ai vu. Pour ma part, c’était plus le conditionnement, au profit d’une coopérative de producteurs.

    Vous y êtes embauché avec un contrat de type agricole saisonnier, qui vous met pieds et poings liés, vous n’êtes en effet pas sous la juridiction classique du droit du travail. Vous embauchez sans savoir à quelle heure vous arrêterez, ce qui est évidement très pratique pour organiser sa petite vie, vous savez, celle qui devrait exister quand on quitte le travail, que l’on doit s’occuper de ses gosses, des tâches diverses et variées...
    C’est le chef qui décide, en fonction de la production qui arrive. Vous savez si vous travaillez le lendemain au moment de votre débauche, pas avant.

    Les pauses ? A moins d’être revendicateur et passablement énervé, vous oubliez. Les gens qui travaillent avec vous sont majoritairement des personnes vivant du RMI et qui n’ont accès, dans ce milieu bien rural, qu’à ces quelques mois de travail en pointillé pour continuer à justifier le fait de le percevoir. Trouver autre chose ? Ben oui, c’est bien connu, tous ces assistés, ils ne veulent pas bosser. Et bien, si, mais du travail, il y en a bien peu, alors on accepte n’importe quoi, dans n’importe quelles conditions. Et avec tellement la corde au cou qu’il en devient difficile voir impossible de l’ouvrir pour revendiquer quoi que ce soit, en sachant pertinement que si vous l’ouvrez...

    Il semblerait que nos sociétés occidentales se durcissent sur le plan social, un peu partout. Et tant qu’il y aura des exploiteurs, des politiques à leur botte pour faire sauter les avancées sociales existantes, et des foules de plus en plus nombreuses de personnes en difficultés à mettre en concurrence, on n’en sortira pas...

  • permalien ymcyzy :
    20 août 2009 @22h42   « »

    L’exploitation de l’homme par l’homme ! Et ça continue....On n’en finira jamais. On pourrait presque avancer que cela fait partie des lois de la nature de profiter des plus faibles pour survivre soi-même. Il suffit de regarder les règnes animal et végétal : une lutte incessante et sans pitié pour la vie. On pourrait croire que l’humain avec son intelligence, vivrait en harmonie avec ses congénères, respecterait ses semblables mais la réalité nous prouve le contraire....
    Ne rappelle-t’on pas dans les manuels d’histoire que l’esclavage a été aboli ?

  • permalien volodia :
    21 août 2009 @00h53   « »

    Pour moi qui vient de la campagne, je connais toute cette pression dans le boulot de la terre.
    Mais je me pose une question, le chômage en Écosse existe, alors pourquoi aller chercher des jeunes dans les pays de l’EST, qui malgré la pénibilité du travail reviendront l’année prochaine , Parce que payé moins cher, plus dociles ? C’est du dumping social !
    En France il y a 1mois et demi, les agriculteurs avaient besoin d’un million cinq cent milles bras, c’est pas ce qui manquent comme jeunes en île de France en grappes d’ennui au bas des immeubles, emmerdant tout le monde, faisant des émeutes et cassant tout, ben non il a fallu faire appel à de la main d’oeuvre étrangère. La fainéantise crée le dumping !

  • permalien Murmure :
    21 août 2009 @07h31   « »

    c’est pas ce qui manquent comme jeunes en île de France en grappes d’ennui au bas des immeubles, emmerdant tout le monde, faisant des émeutes et cassant tout, ben non il a fallu faire appel à de la main d’oeuvre étrangère. La fainéantise crée le dumping !

    Le sujet n’est pas la france, pas les jeunes en bas des immeubles, c’est l’exploitation de la misère, avez vous des arguments pour ou contre ?

  • permalien gloc :
    21 août 2009 @08h07   « »
    Travailleurs saisonniers : cueille ou crève en grappe

    « Pour moi qui vient de la campagne, je connais toute cette pression dans le boulot de la terre. »
    (...)
    « c’est pas ce qui manquent comme jeunes en île de France en grappes d’ennui au bas des immeubles _ »

    ... Ève et rêve du paradis perdu... et cueille les raisins du pêché...

    Il y de bien "strange fruits" en banlieue... au bas des immeubles...

  • permalien maria-paula :
    21 août 2009 @21h04   « »

    les travailleurs saisonniers, ils sont aussi en France dans la restauration. Elle a bénéficié de la baisse de TVA cette année, mais pas les saisonniers qu’elle emploie.
    Les jeunes diplômés nouveaux travailleurs, tous contents d’avoir trouvé le travail promis au Lycée Hôtelier le diplôme en poche tout frais, travaillent tous les jours 14 h par jour, heures sup non payées à la fin du mois. Le travail, ils en trouve, ils ne sont pas fainéants , même plutôt consciencieux, mais au bout de un an , deux ans de rythme infernal de saison d’hiver qui suivent les saisons d’été, ils arrêtent, éreintés et dégoutés. Et d’autres les remplaceront, et ainsi de suite...

    On est dans un pays ou les lois sur le travail existent, mais ceux qui sont abusés n’osent pas se plaindre, c’est le chantage à l’emploi, comme ça le sera pour le travail "volontaire" du dimanche, de la même façon que dans le domaine agricole,celui qui a besoin d’argent supporte..

  • permalien volodia :
    21 août 2009 @21h24   « »

    Réponse à l’exploitation de la misère, tout est dit ! Facile
    Au nom de votre réponse, on réduit à néant 150 luttes, pour obtenir des acquis sociaux, tarif horaires, contrats de travail, nombre de jours de travail, existence d’une sécurité sociale (qui se doit d’être alimenter) d’allocations familiales de bons de CAF rentrée scolaire, bons de vacances et autres etc....
    Si j’ai répondu à l’article sur l’Ecosse, c’est que la situation est identique en France, où on peut sans dégraisser le chômage faire des travaux saisonniers, je le fais parfois : vendanges et pommes.
    Mais l’égalité à gauche c’est toujours faite par le bas, et, les jeunes qui s’emmerdent peuvent continuer à buller, et les acquis à disparaître, et les privatisations ne vont pas tarder !

  • permalien maria-paula :
    23 août 2009 @09h11   « »

    j’ai du oublier la conclusion à mon texte, je n’ai jamais voulu dire qu’il fallait baisser les bras et ignorer les acquis et les luttes qui les ont permises.
    ce que je voulais dire , c’est que ce ne sont pas ceux qui subissent qui peuvent réagir, mais d’autres qui maitrisent la contestation doivent le faire pour eux, les syndicats par exemple...
    Pourquoi interviennent-ils si peu sur ce terrain, parce qu’ils n’ont pas d’adhérents ? Ce serait l’occasion au contraire d’en attirer des nouveaux, toutes ces entreprises saisonnières sont petites et les salariés temporaires non syndiqués c’est ce qui permet les dérives.

  • permalien Gilles A. :
    3 novembre 2009 @02h13   «

    Magdaléna a dit :

    Nous devrions recommander à la consommation ... bien contrôlée et signaler sur les étiquettes des produits les conditions de travail et de rémunération "exemplaires". Le consommateur saurait alors quel choix il fait et ce qu’il encourage en achetant ces produits.

    Oui Magdaléna tu as tout à fait raison ! je suis entièrement d’accord avec toi. Je pense sincèrement que certaines personnes prendraient cette démarche au sérieux. Moi le premier.

    Mais combien s’en foutraient royalement ?

    Pas mal de consommateurs vont faire leurs courses les dimanches maintenant. Ils savent très bien que c’est un jour chômé par essence. Toutefois, ça ne les dérange pas d’aller au magasin. Alors, sous cet angle, comment pourrait-il se positionner en tant qu’acheteur de fruit et de légume primeur ? Du moment que ça tombe dans le chariot, c’est le plus important...

    Tiens justement en parlant de magasin j’ai même un jour entendu ceci : d’un client à un employé, dit sur un ton tout à fait sérieux " haaa ! heureusement qu’on vient vous voir le dimanche, sinon vous vous ennuieriez sans nous !

    C’est vrai, la plupart de gens qui travaillent le dimanche préfère se coltiner au travail que de rester tranquillement à la maison avec la famille... c’est bien connu !

    Je sais que je m’écarte un peu des fraises d’Ecosse, mais la production, la vente et le distribution sont un tout indissociable. Du moins, je le crois : Tu produis là, il cueille ici, nous vendons là-bas, vous distribuez pas loin... Je consomme.

    Signé Gilles

    (un ancien étudiant/vendeur de fraises très mal payé et aussi un ancien employé de la grande distrib dans l’alimentaire)

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