Le Monde diplomatique
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Bonus : les faux-semblants de la régulation Potemkine

vendredi 21 août 2009, par Frédéric Lordon

On prête à Grigori Potemkine, favori de la tsarine Catherine II, d’avoir, pour lui plaire et masquer la réalité misérable des campagnes russes, fait construire des villages de carton-pâte destinés à donner l’image d’un développement en fait inexistant. Si, à en croire les historiens, il y aurait encore matière à discuter de la véracité de cette allégation, nul doute qu’elle s’applique avec une parfaite pertinence à l’état présent de la régulation financière, toute de rhétorique et de gesticulation deux ans après le déclenchement d’une crise de format séculaire. Confirmant une sorte de vocation particulière à la servilité, les médias français se sont distingués dans l’enthousiasme célébrateur après des G20 dont la richesse en paroles martiales n’a eu d’égale que la minceur des réalisations concrètes et l’inexistence en fait de toute volonté politique d’aboutir à quoi que ce soit de sérieux. On passera par charité sur le cas de Claude Askolovitch à qui son objectivité professionnelle a permis de reconnaître en Nicolas Sarkozy un « maître du monde » [1], propos en réalité d’une parfaite retenue puisque, supposé entraîner à sa suite tous les maîtres du monde, il fallait comprendre en fait que Sarkozy était le maître des maîtres du monde, immanquable conclusion à laquelle le discret dispositif rédactionnel d’Askolovitch conduisait fatalement tout lecteur normalement doué de logique.

On ne peut pas dire qu’il y ait eu beaucoup d’effets d’apprentissage entre le G20 de Washington 2008 et celui de Londres 2009 si l’on en juge par les cris d’admiration poussés derechef par la presse française convaincue absolument, et du simple fait de la parole présidentielle, que le monde avait changé d’époque, et peut-être même de base. On cherche en vain les hypothèses adéquates – celle d’un magnétisme d’une espèce inconnue produit par les tics d’épaule du président à son pupitre ? – qui permettraient de comprendre que, là où la presse financière anglo-saxonne faisait méthodiquement le décompte des forfanteries, des approximations et des contre-vérités flagrantes du discours de Gordon Brown, la presse française s’abandonnait à l’extase-réflexe, comme le rappelle Bakchich [2] avec une délicieuse cruauté, à propos d’« Un G20 pas vain » (Libération, 3 avril 2009), de « L’incroyable succès du sommet du G20 » (Le Parisien), de « La symphonie du nouveau monde » (Le Figaro), de « ce nouveau monde qui émerge à Londres sous nos yeux » (Le Monde), et de ce que « cette fois on ne pourra pas dire que la montagne a accouché d’une souris » (Sud Ouest).

Si, comme l’a dit alors Nicolas Sarkozy, qui ne voit jamais l’utilité de faire l’économie d’une rodomontade, le bilan du G20 de Londres est allé « au-delà de ce que nous pouvions imaginer », force est de conclure que les dirigeants politiques n’ont pas l’imagination très développée. Et tel est bien le problème en vérité, pour peu qu’on voie derrière le défaut d’imagination la carence avérée de la volonté politique. Le problème de l’inflation rhétorique, peu coûteuse sur le moment, tient évidemment au moment délicat où refont surface les réalités que, sauf à croire à la magie des mots, les seuls discours n’avaient pas le pouvoir d’altérer. Ainsi des paradis fiscaux, qui ont peut-être donné à Londres l’occasion des paroles les plus martiales et des déclarations à portée historique les plus solennelles, et à propos desquels Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de se féliciter : l’ère du secret bancaire, « c’est terminé ».

Quelques mois plus tard, on est bien forcé de constater que, des trois listes établies par l’OCDE, la plus stigmatisante, celle des Etats refusant tout standard international, est désormais… vide. La liste intermédiaire, entièrement constituée de lieux d’un parfait exotisme et aux noms très évocateurs, regroupe des Etats qui se sont engagés à rejoindre les standards internationaux mais n’ont pas encore démontré de substantiels progrès – mais au nom de quoi, on se le demande, contesterait-on leur évidente bonne volonté, et de si louables intentions ne valent-elles pas en elles-mêmes quitus et tranquillité ?

Quant à la première liste, on y découvre désormais, au côté des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, etc., des noms aussi fiscalement corrects que les Bermudes, Jersey et Guernesey, l’ile de Man et le Luxembourg, dont la contrition et la normalisation sont visiblement complètes et justifient entièrement les coups de colère de Jean-Claude Juncker au soupçon que l’Etat dont il est premier ministre pourrait avoir des airs de paradis fiscal. Ajoutons pour faire bonne mesure le dénouement en queue de poisson du différend entre la banque suisse UBS et le fisc américain (IRS), compromis a minima autour de 4 500 révélations d’identité de contribuables américains indélicats là où 52 000 étaient initialement visées, et ceci au terme d’une violente bataille diplomatique au cours de laquelle le gouvernement helvétique n’a pas hésité à menacer UBS de saisir ses fichiers (!) pour les soustraire à l’IRS, éloquente démonstration de sa bonne volonté « d’en finir avec le secret bancaire »…

Les inexistantes « règles du G20 »

Evidemment la révision des listes de l’OCDE a le bon goût d’être suffisamment discrète, davantage en tout cas que les larges octrois de bonus qui finissent par se voir plus qu’ils ne voudraient. La conjonction de l’éclat qu’ils prennent immédiatement dans le paysage et de l’impossibilité d’en banaliser les montants faramineux, du symbole d’inégalité qu’ils sont devenus, à plus forte raison en temps de crise aiguë, et de la remarquable persistance dans l’obscénité des banques qui les déversent, voue les bonus à se faire à eux seuls l’incarnation presque parfaite de l’inanité des G20 et de leur insincérité avérée. Au moins l’affaire BNP-Paribas, préfiguration de ce qui se prépare sans doute dans de nombreuses autres banques françaises et déclinaison locale de tout ce qui s’observe dans le monde financier justement dit « développé », a-t-elle la propriété d’accuser le contraste dans le débat médiatique entre, d’une part, les références constantes aux « règles du G20 » et, d’autre part… l’absence quasi-totale de rappel de leurs contenus effectifs. C’est qu’en effet il est préférable de ne pas y regarder de trop près – on y découvrirait l’extraordinaire inconsistance des fameuses « règles du G20 », dont la presque totale vacuité est loin de n’avoir que des inconvénients, en tout cas pas pour tout le monde, et pour certains même tout au contraire !

Car il faut bien quelques degrés de liberté pour autoriser les principaux intéressés – gouvernants, financiers, avec parfois le secours de quelques auxiliaires du « commentariat » – à nous jouer cette saynète de l’été qu’on pourrait appeler « la comédie des engagements », où l’on voit d’abord entrer en scène Le Pouvoir qui ordonne – « J’exige le respect des engagements du G20 » (Nicolas Sarkozy) –, suivi du Banquier qui s’exécute – « Nous respectons scrupuleusement les engagements du G20 » (Baudouin Prot), – enfin rejoints par Le Superviseur qui certifie – « J’ai vérifié : ils respectent bien les engagements du G20 » (Christian Noyer). Comment le public ne serait-il pas très impressionné de cette remarquable orchestration des règles solennellement rappelées, de l’autorité des uns et de l’obéissance des autres ? À ceci près que le public en question peut difficilement se défaire par ailleurs de cette désagréable impression de dissonance cognitive qui vient de s’entendre dire que les « engagements » sont strictement tenus et de voir néanmoins le milliard d’euros provisionnés pour les traders. Il y a deux issues, et deux seulement, à cette dissonance : soit le milliard a été fabriqué, mais aux dernières nouvelles il semble que non, soit c’est la teneur véritable des « engagements » qui doit être questionnée plus sérieusement. À y regarder de plus près il apparaît bien que cette dernière option doive s’imposer : les engagements sont en toc, les engagements sonnent le creux, et ça n’a pas coûté grand-chose à tous ces comédiens des engagements de s’engager solennellement à des engagements qui n’engagent à rien.

Comme beaucoup des sujets « techniques » abordés lors du G20, la question des bonus a été sous-traitée au Financial Stability Forum (FSF), sous-comité hébergé par la Banque des Règlements Internationaux à Bâle où s’élabore l’essentiel de la doctrine en matière de supervision financière internationale. Mais le texte du FSF, « Principes pour de bonnes pratiques de rémunération », publié au moment du G20 de Londres, s’ouvre sur une déclaration générale qui indique d’emblée ce que sont ses intentions, et surtout ce qu’elles ne sont pas : « Les principes ont pour but de réduire les incitations à prendre des risques excessifs. Ils n’ont pas pour visée de prescrire des schémas particuliers ou des niveaux maximaux de rémunération »… Au moins le FSF a-t-il bien compris dès le début et sans qu’il faille lui faire un dessin jusqu’où ne pas aller trop loin. À la vérité, il serait bien injuste d’accabler le pauvre comité qui, par construction, ne peut pas avoir plus de volonté politique que celle qu’on lui injecte et dont on l’investit par la nature même des demandes qui lui sont faites ; et il faut bien dire qu’en cette matière, cette volonté externe étant nulle ou presque, il ne pouvait sortir de ce mandat implicite qu’un risible filet d’eau tiède.

Au « robinet » du FSF, voilà donc ce qu’il y avait à récupérer : quatre « principes », mais tous plus inoffensifs les uns que les autres et dont la parfaite innocuité est avérée à leur énoncé même.

« Le pilotage par le conseil d’administration »

En voilà une fameuse idée ! Les conseils d’administration se sont déjà révélés parfaitement incapables de modérer la rémunération de l’unique personnage dont ils ont le plus à connaître, celui qu’ils ont sous la main en permanence, le président de l’entreprise himself, et l’on voudrait leur confier la surveillance des traders et de leur bonus… Il faut croire qu’elle a la vie dure cette chimère du conseil d’administration à qui l’on remettrait le règlement des plus épineux problèmes – il est vrai qu’on nous la raconte depuis si longtemps. L’entrée en masse des administrateurs indépendants et la création de comités ad hoc – comité d’audit pour éviter le truandage ouvert des comptes après Enron, comité… des rémunérations, mais oui !, pour fixer le juste prix du mérite présidentiel – étaient supposées répondre adéquatement à tous les légers débords qui avaient (inutilement) agité l’opinion publique après les débâcles de la « Nouvelle économie ». On ne peut pas dire que les résultats en matière de rémunérations patronales aient été bien convaincants, et l’on se demande comment ils pourraient l’être en matière de bonus quand les directions générales des banques elles-mêmes savent à peine ce qui se passe dans leurs départements Investment Banking et leurs salles de marché… Il faut au choix un goût prononcé pour le rêve éveillé ou bien, instruit de l’éloquent bilan des performances des conseils depuis une petite décennie, une solide dose de duplicité pour s’imaginer le problème des bonus réglé d’avance une fois remis entre leurs mains expertes.

« La surveillance par les actionnaires »

Comme si l’histoire n’en finissait pas de se répéter, et pour que le bégaiement soit tout à fait complet, le discours de la crise 2007-2009 n’omet aucune des fausses solutions de la crise précédente et, depuis la re-reponsabilisation des conseils d’administration, par administrateurs indépendants et comités ad hoc interposés, jusqu’aux vigilances de la « démocratie actionnariale », aucune des brillantes idées ayant depuis spectaculairement fait la démonstration de leur inanité n’est négligée. Il est pourtant vrai sur le papier que les actionnaires, bien fondés, en tout cas dans leur logique à eux, à s’estimer lésés par la captation interne des bonus et les gigantesques soustractions d’une valeur qui « devrait » leur revenir, pourraient constituer une force d’opposition susceptible de contraindre, de l’extérieur, à la modération.

L’expérience récente atteste que de tels conflits actionnaires-managers ne sont pas impossibles, tout en montrant cependant que ces conflits éclatent le plus souvent à l’initiative des petits actionnaires, par construction les moins puissants même quand ils se regroupent pour quelque action coordonnée en assemblée générale. Le retour aux profits mirifiques, avec grassouillets dividendes et plus-values rondelettes, suffira à calmer les velléités de rébellion d’actionnaires à qui il deviendra très facile d’expliquer, moyennant quelques courts-circuits argumentatifs, que les bonus sont « la cause même » des performances qui font leur joie – et leur prospérité.

Aussi les « règles du G20 » qui réclament de soumettre les packages de bonus à l’approbation des actionnaires en assemblée générale ne prennent-elles pas grand risque. En prendraient-elles le moindre d’ailleurs qu’elles ont prudemment opté pour le strict encadrement de ce droit de regard actionnarial, puisque celui-ci demeurera… purement consultatif. Dans un domaine qui n’est pas bancaire mais dit tout des réalités de la « démocratie actionnariale », il est utile, pour mesurer la force véritable des dispositions du G20, de méditer le cas Shell qui, au printemps dernier, a vu son assemblée générale refuser à 59% le package de rémunération de ses dirigeants… sans que ceux-ci, ni leur conseil d’administration, n’y voient la moindre raison convaincante de ne pas le maintenir tel qu’il l’avait décidé.

« Les rémunérations ajustées du risque »

Si les prises de position des traders lient nécessairement des risques à des profits escomptés, il est judicieux, considère à raison le FSF, de prendre en compte ces risques en tant que possibilité de pertes futures pour évaluer correctement leurs performances et leurs rémunérations. Formulée ainsi la remarque n’a rien que de très sensé et de difficilement contestable. À ceci près que les bulles et autres emballements de marché ont précisément pour caractéristiques que l’appréciation des risques s’y trouve complètement distordue, aussi bien du fait de l’euphorie collective qui s’empare de l’ensemble des acteurs du marché – professionnels de la mesure du risque compris (agences de notation comme superviseurs, artistement passés à travers la bulle immobilière) –, que du fait du profil objectif de la dynamique des cours : les actifs croissant à un rythme non seulement élevé mais stable, un regard superficiel peut estimer « à bon droit » que les risques sont « réellement » en voie de réduction, ce dont témoignent d’ailleurs de nombreux indicateurs de volatilité qui rejoignent des minima historiques au plus fort de la bulle [3] c’est-à-dire au moment où en fait… les risques s’accumulent le plus !

Demander ou espérer l’ajustement des bonus par le risque en de pareilles périodes est à peu près équivalent au souhait d’obtenir d’un fêtard d’éprouver un besoin d’ajustement de sa consommation d’alcool en début de biture, et seul les lendemains de crise sévère peuvent faire croire que les « ajustements » opéreront lorsque la prochaine bulle sera sur les rails. Car les bulles ont toute la même histoire : une histoire d’abolition des discernements et de joyeuse distorsion cognitive. Y espérer de justes appréciations du risque pendant que l’euphorie spéculative bat son plein, c’est rêver les yeux ouverts.

Le texte du FSF n’ira pas jusqu’à tenir des propos de cette nature ; il n’en reconnaît pas moins la difficulté intrinsèque du problème de « l’ajustement du risque », et ne cache rien des approximations qui grèveront nécessairement sa mise en œuvre. C’est d’abord que, de l’intérieur, les traders eux-mêmes, parties prenantes au processus de l’évaluation, sont constamment incités à l’influencer dans le sens de la « douce négligence » puisque un résultat de risque minimal est celui qui rend le bonus maximal. Le problème est aussi que, pour une bonne part, le risque de portefeuille est extrinsèque et ne peut être apprécié sur la base des caractéristiques propres du département de la banque : risque de contrepartie (c’est-à-dire défaillance à l’autre extrémité des positions prises), et surtout risque de liquidité (lié à un mouvement de ventes paniques collectives condamnant un marché sans acheteur à des chutes de prix vertigineuses).

Le FSF ne cache pas que, dans ces conditions, l’appréciation des risques est le fruit « d’un mélange de jugement et de mesure quantitative » [4], et que le mieux qui puisse être espéré est que « sur le moyen terme, l’industrie [financière] expérimente »… Bon courage à elle donc, et aussi à nous tous : il ne nous reste plus qu’à souhaiter que les « expérimentations de l’industrie » aient débouché avant la prochaine bulle, tout en chassant de nos esprits d’éventuels doutes quant à son désir réel d’expérimenter et de ce qu’elle pourrait faire d’expérimentations qui ne livreraient pas les « bons » résultats.

« Prendre en compte la performance,
mettre fin aux bonus garantis »

Principe dual du précédent, si les bonus doivent être ajustés du risque, ils doivent l’être également de la performance. Sauf la force de l’habitude – car on finit par s’habituer à tout, même au fait délirant des bonus –, l’idée d’avoir à établir le lien des bonus avec les performances devrait en soi faire lever quelques sourcils : n’était-il pas de l’essence même des bonus d’offrir un complément de rémunération précisément indexé sur la performance ? Il faut croire que les bonus ont silencieusement muté, mettant à mal d’ailleurs leur propre grammaire justificatrice, puisque le complément de rémunération garanti entre difficilement dans les apologies habituelles du mérite. La plupart des textes produits dans les différentes instances (par le FSF, mais aussi par la FBF, la Fédération Bancaire Française, ou la FSA, Financial Services Authority au Royaume-Uni) convergent sur l’idée de bannir les bonus garantis sur des périodes supérieures à un an… laissant par là malencontreusement échapper que les bonus garantis à moins d’un an demeurent d’une parfaite actualité, sans qu’on voie beaucoup mieux en quoi le principe même de garantie ex ante cesse d’être contradictoire avec celui de rémunération à la performance – qui, sauf inversion de la flèche du temps, n’est connue qu’ex post.

Mais il faut savoir être sport et prendre les bonnes choses comme elles viennent : la suspension des garanties pluri-annuelles est certainement une avancée par rapport à leur maintien… Tout de même pas un pas de géant. Car, à supposer qu’on veuille vraiment maintenir le principe des bonus – il n’est pas inutile de rappeler que leur suppression pure et simple est aussi une option… –, le progrès véritable consisterait à les rendre entièrement symétriques, c’est-à-dire négatifs en cas de pertes, comme il conviendrait si « l’industrie » prenait au sérieux ses propres principes méritologiques. Mais, grâce au ciel, rien de tout ça n’est au programme. « Les bonus devraient diminuer voire disparaître en cas de mauvaise performance », suggère avec un grand courage le FSF. Or « disparaître » signifie dans le pire des cas devenir égal à zéro, en un parfait maintien du principe « pile je gagne, face je ne perds pas » qui rend tellement plus confortables les jeux de hasard.

Il ne fallait logiquement pas attendre de la Fédération Française Bancaire [5] qu’elle soit beaucoup plus aventureuse. Bien sûr elle aussi finit par se rendre à l’idée d’un horizon pluri-annuel d’évaluation des performances, mais avec la même difficulté que le FSF à comprendre jusqu’au bout l’idée de symétrie : « Dans certains cas plusieurs années sont nécessaires avant de connaître les résultats complets d’une opération. La pratique du compte bloqué, toutefois, n’est pas recommandée car il est plus difficile de justifier une reprise de fonds qu’une absence de versement ». Il faudrait un cœur de pierre pour n’être pas touché du souci psychologique de la Banque qui s’inquiète de ce que « reprendre », comparé à « ne pas verser », pourrait constituer un traumatisme d’arrachement préjudiciable au confort mental d’individus de complexion fragile (comme tous les virtuoses). Il reste que si, aux inconvénients psychiques près, « reprendre » et « ne pas verser » sont tenus pour équivalents, c’est bien que la reprise n’aurait su de toute manière aller au-delà de ce qui avait été versé, par quoi l’on comprend de nouveau qu’il n’a jamais été question d’infliger aux traders l’ultime commotion de la perte, mais simplement la déception du non-gain. Pour ce qui est du seul principe capable de rectifier les incitations distordues – le malus –, il faudra donc attendre encore un peu.

Au fait, pourquoi des bonus ?

« Parce qu’ils le valent bien », répond instantanément le sens commun de la finance, bien aidé par tous les relais médiatiques qui s’offrent, entre deux critiques sans conséquence, à rappeler les lois élémentaires de la morale du mérite – ainsi Le Monde et ses reprises des chroniques Breakingviews, dont une récente demande qu’à propos des bonus la seule question posée soit celle de l’éventuelle spoliation du contribuable : « Le législateur devrait s’en tenir à cette seule question. Car le principe qui sous-tend les bonus – selon lequel la rémunération doit dépendre des résultats – est solide » [6].

« Solide », vraiment ? À des choses déjà dites ailleurs [7], il est possible, pour prolonger la nécessaire entreprise de démolition de l’argument méritologique, d’ajouter ceci. La fortune des traders dépend moins de leur compétence individuelle que du segment de marché où le hasard de leur trajectoire professionnelle les a placés. À la fin des années 1990, un trader sur produits de taux pouvait bien déployer tout son méritoire génie, il était voué à gagner infiniment moins que le dernier des lourdauds du desk actions. Sitôt digéré le krach Internet, c’est sur les produits structurés et les dérivés de crédit qu’il fallait être pour faire de l’argent. La conjoncture du « mérite » est changeante et seul un avenir imprédictible, dans la détermination duquel les individus n’ont aucune part, désignera les futurs méritants – à qui iront les bonus « bien mérités » : matières premières ? marchés émergents ? changes ? actions de nouveau ? Car c’est le lieu occupé l’élément déterminant de la performance, et secondairement le talent des individus.

Et l’argument topologique se prolonge. Soit, par exemple, un brillant sujet sorti des meilleures écoles scientifiques, auquel s’offriraient deux trajectoires professionnelles, la première qui ferait de lui un ingénieur ou un chercheur dans l’aéronautique, l’imagerie médicale ou n’importe quoi d’autre, la seconde qui en ferait un golden boy dans une salle de marché. Le même individu. Même « capital humain » comme disent joliment les économistes, mêmes compétences génériques, mêmes talents, mêmes dispositions. Même mérite. Lequel des deux avatars de l’individu dédoublé selon ses trajectoires possibles gagnera-t-il le plus, à mérite identique ? Poser la question, c’est y répondre…

Mais si le mérite est le même, comment est-il concevable que la rémunération ne le soit pas et, inversement, si les rémunérations diffèrent, se peut-il que le mérite sous-jacent ne diffère pas non plus ? Or on a posé, par hypothèse, que non. Voilà bien des difficultés pour l’argument méritologique, qui ne veut voir que des individus et jamais rien d’autre, en particulier pas des structures. Car l’argument topologique (et anti-méritologique) pleinement déployé dit ceci : il est moins question dans cette affaire de mérite individuel que de position dans la structure sociale du capitalisme, de place occupée dans la configuration d’ensemble de la division du travail.

Les individus en ont d’ailleurs une vive conscience à l’état pratique. Car ce genre de considération ne cesse pas de déterminer leurs stratégies et leurs choix de trajectoires, selon un critère simple mais décisif : viser les « bonnes places » dans la division du travail – les « bonnes places », entendre bien sûr : les plus rémunératrices. Aussi ne cessent-ils de se poser pragmatiquement la question d’identifier les lieux de la structure économique d’ensemble où s’offrent les opportunités maximales d’extraction de valeur, en termes techniques la localisation des rentes. Et tous les jeunes gens – évidemment ceux en situation scolaire d’y aspirer – de ne vouloir plus qu’une chose (en tout cas avant la crise) : aller « dans la finance » pour s’y faire des choses en or.

Parmi toutes les raisons de reconnaître enfin à la finance de marché son caractère fondamentalement parasitaire – son utilité sociale est nulle ou presque, sa contribution aux inégalités est avérée, les risques qu’elle fait courir à l’économie tout entière sont insensés, sa légèreté à faire payer ses errements par la société stupéfiante, sa responsabilité directement engagée dans tous les épisodes de ralentissement et de chômage des deux dernières décennies –, à toutes ces raisons, donc, il faudrait encore ajouter les terribles distorsions qu’elle fait subir à l’allocation générale du « capital humain », dit autrement : au processus d’orientation des compétences, formées aux frais de la collectivité, faut-il le rappeler, entre les divers emplois en attente d’être occupés au sein de la division du travail.

Un article paru dans le New York Times fin 2006 [8], avant la crise des subprimes donc, raconte l’édifiante histoire de Robert Glassman, médecin et chercheur diplômé de la Harvard Medical School qui, considérant les bonds qu’il pouvait faire faire à ses revenus, décida de larguer des travaux de cancérologue, suffisamment brillants pour qu’il ait même pu nourrir des rêves de Nobel, afin de devenir banquier d’affaire pour le compte de Merrill Lynch, chargé des investissements dans les secteurs de santé bien sûr. Robert Glassman rappelle surtout le choc d’une de ces réunions de promo propices aux comparaisons, à l’occasion de laquelle certains de ses collègues restés médecins et chercheurs découvrent avec ébahissement les écarts de salaire qui les séparent de leurs congénères « dix fois moins brillants » mais passés à la finance.

À moins d’étendre le mérite au judicieux des choix de carrière, on voit mal que la morale méritologique puisse s’y retrouver dans des situations pareilles. On voit mieux tous les effets pervers qui en résultent à l’échelle de la société tout entière. Et l’on comprend sans peine qu’aient fleuri les cycles de formation pour traders d’élite, ceux-là mêmes dont le rapport Attali a souhaité ardemment le développement [9], qu’ils aient littéralement aspiré des fractions croissantes de cohortes générationnelles [10], détournées des matières moins clinquantes mais peut-être économiquement plus nécessaires, et qu’ils aient ainsi concouru à la formation, à l’extension et à la reproduction de ce qu’il faut bien appeler une classe parasitaire.

C’est pourquoi encadrer, ou même supprimer les bonus n’a pas seulement pour effet de limiter les prises de risque et de réduire de honteuses inégalités, mais également de rectifier l’allocation d’ensemble du capital humain au profit d’activités socialement moins nuisibles, et de fournir de manière moins déséquilibrante la division du travail.

« Ils s’en iront », ou le meilleur argument
en faveur de la limitation des bonus

Contrairement à ce qu’il s’imagine, le sens commun financier, qui croit tenir avec la menace de la fuite concurrentielle des « cerveaux » l’objection définitive à tout projet de limitation des bonus, pourrait bien paradoxalement lui apporter son meilleur argument. On pourrait certes commencer par objecter à l’objection que la situation du marché du travail sur le segment « trader » n’est pas des plus reluisantes et que, de Wall Street à la City, les firmes de la finance licencient à tour de bras. Les brillants sujets de la BNP ou de la SocGen n’y sont pas spécialement attendus et se figurer claquer la porte en un somptueux geste d’humeur risque de les exposer à quelques déconvenues.

Mais l’essentiel est ailleurs ; il est dans le développement supplémentaire que se donne « l’objection » quand elle ajoute qu’au terme de la fuite des cerveaux, seuls les « génies » s’exporteront et qu’il ne nous restera que les cloches ; à quoi il faut répondre que, oui, c’est exactement cela qu’il nous faut ! Si ne restent que les moins agiles et les moins malins – incidemment les moins gourmands –, force sera de constater qu’il ne faut leur confier que les produits financiers les plus simples – et partant (toutes choses égales par ailleurs) les moins risqués.

Pour que cet argument n’ait pas tout de la simple provocation, il faut le restituer à la perspective plus large dans laquelle il prend pleinement sens, et où d’ailleurs il faudrait trouver la ligne directrice de toute reconstruction sérieuse des structures de la finance – absolument manquante en l’état présent des politiques Potemkine en cette matière. Cette perspective plus large pose que l’objectif stratégique à poursuivre consiste en la fermeture de l’exorbitant privilège de profitabilité dont aura joui la finance pendant ces deux décennies et à la ramener à des activités rudimentaires. Il est donc utile de rappeler, fût-ce de manière exagérément cursive [11], que la concurrence et l’innovation, ordinairement tenus pour deux incontestables vertus capitalistes, sont dans le cas de la finance de véritables fléaux.

Il y a lieu d’insister particulièrement sur « l’innovation financière » dont la mise en cause est sans doute la plus contre-intuitive, peut-être même la plus choquante, et qui expose fatalement celui qui s’y risque à paraître « contre l’innovation » tout court, quand ça n’est pas carrément « contre le progrès ». Quitte à résumer très brutalement des arguments plus longuement exposés ailleurs [12], l’innovation proprement financière a pour double tare, d’une part, que l’extrême sophistication s’accompagne presque toujours d’un défaut de compréhension et de maîtrise des opérateurs (comme l’aura spectaculairement montré le cas des produits structurés et des dérivés de crédit) et d’autre part que, par delà ses propriétés techniques, l’« innovation » est vouée à fonctionner comme une croyance collective, conduisant les agents à s’imaginer dans un monde entièrement nouveau, dans lequel ils seraient libérés des « anciennes » contraintes pesant sur les couples rendement-risque.

Nulle bulle n’aura illustré plus canoniquement cet effet de croyance que celle des subprimes ; il faudrait plutôt dire : celle des dérivés de crédit structurés, dont l’agencement et la promesse mêmes consistaient à offrir pour des classes de risque données des rendements supérieurs à ceux qui leur étaient jadis attachés. Risquer moins à rendement donné et – surtout – gagner plus à risque donné était une promesse qui ne pouvait qu’aller droit au cœur de la finance dont la seule obsession est de maintenir, et même de pousser, des rentabilités de ses capitaux propres à des niveaux qui défient toute raison macroéconomique. Il faut rappeler, une fois encore, que là où la rémunération du capital est normalement le taux d’intérêt, dont ladite « règle d’or » des économistes néoclassiques eux-mêmes énonce que dans le long terme il doit rejoindre le taux de croissance de l’économie, soit quelques pourcents en termes réels, que là où les entreprises les plus profitables du CAC 40 affichent des ROE (Return On Equity) déjà déraisonnables de 15% à 20%, ceux de la banque d’investissement gravitaient avant crise autour des 40%, parfois même au-delà…

Qu’on ne se fasse aucune illusion : c’est cet écart abyssal que la finance défendra au couteau s’il le faut. Et c’est lui qui est régulièrement reproduit par les vagues successives d’« innovations »… toutes vouées à mal finir. C’est cette intime connexion du « privilège de profitabilité », de l’« innovation financière » et du risque in fine hors de contrôle qu’il faut impérativement défaire. Envisager la fermeture du privilège et le retour forcé au rudimentaire, c’est donc tout un. Voilà pourquoi l’objectif intermédiaire d’une transformation des structures de la finance consiste en sa désophistication. Il est temps d’envisager une sérieuse désescalade en matière de complexification financière, dont il apparaît au travers de maintenant trop nombreux épisodes, qu’elle n’a jamais tenu ses promesses les plus idéologiquement affichées (« l’innovation financière stimule la croissance »), que les services rendus sont d’une minceur extrême rapportée à l’inflation spéculative pure qu’elle nourrit en fait (comme le montre le cas des dérivés supposés offrir des techniques de couverture aux agents de l’économie réelle mais sur des marchés dont les volumes sont absolument dominés par les liquidités spéculatives), et qu’elle a au total beaucoup moins d’avantages que d’inconvénients – pollution spéculative, instabilité chronique, complète perte de contrôle des risques, violents accidents récurrents, déstabilisations consécutives de l’économie réelle, etc. Dans cette perspective de la désophistication de la finance, le départ des traders virtuoses privés de bonus n’est plus du tout un problème : il est une partie de la solution.

Notes

[1] Claude Askolovitch, « Sarkozy en maître du monde », Le Journal du Dimanche, 16 novembre 2008.

[2] Laurent Macabies, « Quand Nicolas Sarkozy annonçait la fin des bonus », Bakchich, 7 août 2009.

[3] Ainsi, par exemple, de l’indice de volatilité VIX, au plus bas entre 2003 et fin 2006, ou, dans un autre genre, les spreads (écarts) de taux, compris comme mesure du risque différentiel, entre les obligations d’entreprise et les bons du Trésor à 10 ans, eux aussi rejoignant des minima sur la même période.

[4] « FSF Principles for Sound Compensation Practices », Financial Stability Forum, 2 avril 2009, p. 9.

[5] « Rémunération des professionnels des marchés financiers », Groupe de travail de place, Fédération Bancaire Française, 4 février 2009.

[6] Christopher Hugues, « Quatre questions autour de la fièvre antibonus au Royaume-Uni », Le Monde, 18 août 2009.

[7] Repris in La crise de trop. Reconstruction d’un monde failli, Fayard, 2009, chapitre 2.

[8] Louis Uchitelle, « Lure of Great Wealth Affects Career Choices », The New York Times, 27 novembre 2006.

[9] « Décision 101 : Multiplier les initiatives communes entre les enseignements supérieurs et les institutions financières dans le financement de chaires dédiées aux recherches sur la modélisation financière », Rapport pour la libération de la croissance française, p. 94.

[10] Plus exactement de la sous-classe ayant accès aux études supérieures.

[11] Pour des arguments un peu plus substantiels permettant de soutenir cette proposition, voir Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, 2008, chapitres 1 et 2.

[12] Id., voir également « Après la crise financière, réguler ou refondre ? Les insuffisances des stratégies prudentielles », Revue de la Régulation, n° 5, février 2009.

57 commentaires sur « Bonus : les faux-semblants de la régulation Potemkine »

  • permalien Djac Baweur :
    21 août 2009 @17h35   »
    Les faux-semblants de la régulation Potemkine (à propos des bonus)

    Pfouloulouuu, mais ce blog, mais ça foisonne tout d’un coup ! :o)

    Bon, hé bien, la mort dans l’âme, attaquons-nous derechef à ce pensum lourd et pesamment écrit avec des mots compliqués par un élitiste couard qui fait rien qu’à chercher de préserver son petit pouvoir d’universitaire en ayant la mauvaise fois de se donner de fausse raisons issues d’un structuralisme fallacieux (je résume).

    Bref, youpi ! :o)

  • permalien cyclomal :
    21 août 2009 @18h49   « »
    Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.

    M.Lordon, vous méritez bougrement mieux que ce "Jacque baveur" exhibant fièrement sa culture de série TV ! (au passage, cela montre la pertinence de votre refus de débattre sur un média pour public avide de malbouffe)

    Dans un français qui l’a fait fuir, qu’il n’a pas lu comme il l’avoue lui-même, son instinct sans doute l’avertissant qu’il n’y comprendrait goutte, vous faites aux murailles qui nous dominent une promesse de septième jour que je ne puis qu’approuver. Merci.

  • permalien Djac Baweur :
    21 août 2009 @18h57   « »

    (Cyclomal, Cyclomal...
    Voyons...
    N’avez-vous donc point vu l’ironie totale de mon laïus ? N’était-ce pas suffisamment caricatural pour comprendre de qui je me moque réellement ?
    Voyons, me faire ça, à moi, qui défend Lordon becs et ongles sur le forum d’arrêt sur image... Tsss...)

  • permalien Pipas :
    21 août 2009 @22h58   « »
    Les cerveaux, les structures et ce foutu libre arbitre.

    Puisqu’il est de bon ton de faire grand cas des raisons structurelles de la geste des chevaliers traders (la cupidité en étendard), je vous assure qu’en qualité de chômeur n’ayant pour autre horizon professionnel que le secteur public et ses places plébiscitées de surveillant pénitentiaire ou de fantassin dans l’armée de terre ; pour tout l’or du monde et même s’il ne restait que ces emplois à pourvoir pour vivre honnêtement, je ne postulerai pas, pas plus qu’à la bourse.

    Gardons nous d’envisager les surdoués hystériques des salles de marché comme a priori dépossédés de leur libre arbitre.
    Cette finance mollement totalitaire (structurellement invincible ?) n’appelle que deux réactions : la collaboration ou la résistance.
    Comprenez la cupidité ou la tempérance.

    Au fait, qui de l’homme ou de la structure vous paraît le plus apte à être "moralisé" ?

  • permalien Alexandria (et non AlexSangria) :
    21 août 2009 @23h37   « »
    Vue cavalière de la fête à son début (avec fin prévisible à l’horizon...)

    “Demander ou espérer l’ajustement des bonus par le risque en de pareilles périodes est à peu près équivalent au souhait d’obtenir d’un fêtard d’éprouver un besoin d’ajustement de sa consommation d’alcool en début de biture”
    J’adore... Je vois que votre goût tout scientifique de l’expérimentation vous a conduit jusqu’aux bords glissants du risque métaphorique le plus fou ! (et c’est une alcoolique, désormais non pratiquante, qui vous parle. À chacun son expérience scientifique...)

  • permalien Yvan :
    21 août 2009 @23h59   « »
    Bonus : les faux-semblants de la régulation Potemkine - du village au cuirasser

    A propos des "bonus garantis", leur dénomination laisse à penser qu’ils seraient une rente pépère pour des fils de famille (fils de budget dit-on en publicité). En réalité, il n’en est rien.

    Les "bonus garantis" sont plutôt une pompe à motivation, pour une tâche qui contrairement à ce qu’on imagine n’a rien de valorisant. C’est en quelque sorte une mise en condition du génie potenkine, un appat, le clignotement du bandit manchot, qui va mettre nos traders en position psychologique favorables pour exercer correctement leur tâche.

    Comme après la guerre les mineurs furent les héros de la reconstruction, les sidérurgistes les remplacèrent comme fer de lance du développement, il faut bien trouver des arguments attractifs pour faire un métier qui consiste essentiellement à vendre quand les prix sont hauts et acheter quand les prix sont bas.

    Parce que la sophistication des produits empêche de faire appel à une main d’œuvre peu scolarisée, on est obligé de faire appel à un personnel ayant démontré son savoir comprendre à un niveau universitaire élevé. Il n’empêche que le travail continue d’être la vente à prix élevé et l’achat à prix bas.

    Donc la spécificité du trader est de savoir a un moment donné oublier tout ce qu’il a appris pour se focaliser sur une obsession : quand vendre quand acheter. Si vous ajoutez à ça qu’il faut savoir le faire à une vitesse électronique pour des montants qui n’excitent même plus l’imaginaire, vous comprenez que la qualité principale du trader repose dans le fonctionnement de son système nerveux.

    Si un gestionnaire à qui l’esprit de synthèse permet de poursuivre une carrière relativement longue, un analyste, verra cette cette période limité par sa capacité cognitive et un trader encore plus par la résistance de son système nerveux.

    On comprend alors pourquoi la "carrière" d’un trader s’apparente plus à celle d’un foot-balleur qu’à celle d’un concertiste. Une fois qu’on a compris ça le reste suit.

    S’en prendre à un trader c’est s’en prendre à un système nerveux. C’est au gestionnaire que reviennent les petits plaisirs de délits d’initiés, d’élaboration d’escroqueries sophistiquées, de négociations de combines au plus haut niveau politique, de participation active à des lobbies en vue d’aménager les législation de façon plus favorables, enfin tout ce qui depuis Jacob Frugger fait toute la noblesse de la finance. Le trader lui son job, c’est d’acheter quand c’est pas cher et de vendre quand c’est cher, bonus ou pas quand son système nerveux tombe en rade, alors c’est la porte.

  • permalien Didier :
    22 août 2009 @04h39   « »

    Système nerveux ou pas, comment peut-on accepter que dans une même entreprise bancaire un trader gagne en une année 40 années de salaire d’un directeur de territoire exposé à des risques juridiques, sociaux, managériaux, commerciaux... En deux ans, sans risque pour lui, avec un profit court terme pour l’entreprise et un risque final payé par les contribuables, il aura perçu une rémunération valant une vie d’expérience professionnelle au service de clients réels et de collaborateurs engagés. Ahurissant, mais les banques ne modifieront pas ce système tant qu’elles n’y seront pas obligées par une réglementation.
    Que les journalistes effarouchés se tournent vers les législateurs plutôt que vers les entreprises privées qui - même avec la meilleure volonté - n’ont pas le même sens de l’intérêt public qu’un état (démocratique).

  • permalien Yvan :
    22 août 2009 @10h43   « »

    @Didier,

    Il faut bien comprendre que si les banques livrent les traders à l’opinion, c’est qu’ils ne leur plus d’aucune utilité (sauf activité marginale).

    Tout a été ratissé, aujourd’hui c’est la phase du racket des états nations qui est en marche. Le jeu consiste à faire un chantage à la crise systémique, afin de détourner l’argent public sans contrepartie. Là les traders n’ont aucun avenir, c’est un autre métier et ils peuvent aller retrouver les mineurs et les sidérurgistes au panthéon des cocus du profit.

  • permalien Calagan :
    22 août 2009 @12h43   « »

    Je découvre avec plaisir qu’on peut trouver sur le net, outre des milliers d’articles de fond engagés, des textes à la fois théoriques et en prise sur l’actualité aussi denses et intéressants que ceux que nous propose Frederic Lordon.
    Il y a tout de même une tendance problématique du journalisme numérique : une certaine trivialité du propos. Ca fait du bien de voir qu’il ya aussi autre chose. Le net est vraiment une bibliothèque de Babel, avec ses trésors cachés et ses gouffres de stupidité et de vulgarité.
    Je dis tout ça peut-être très naïvement, mais c’est juste parce que je suis content.
    Merci donc...

  • permalien Gunnar :
    22 août 2009 @13h00   « »

    "[...] Militant quotidien
    De l’inhumanité
    Des profits immédiats
    Des faveurs des médias
    Moi je suis riche, très riche
    Je fais dans l’immobilier
    Je sais faire des affaires
    Y’en a qui peuvent payer
    J’connais le tout Paris
    Et puis le reste aussi
    Mes connaissances uniques
    Et leurs femmes que je.......
    Fréquente évidemment
    Les cordons de la bourse
    Se relâchent pour moi
    Il n’y a plus de secrets
    Je suis le Roi des rois [...]"

  • permalien cyclomal :
    22 août 2009 @14h45   « »
    Au temps pour moi

    Djack, j’ai marché comme un renard enragé dans la chausse-trappe, en plus d’avoir fait mon troll positif : tout faux j’ai sur le coup. Mais j’ai beau relire l’article, je n’y trouve rien à redire d’autre qu’impeccable, alors j’aggrave mon cas...

  • permalien Olivier Béru :
    22 août 2009 @17h01   « »
    Motivation

    Heu, petit rappel : il me semble qu’un instrument fort de motivation du salarié est ce que l’on appelle en langage courant "le salaire".

    La preuve, c’est peu bon nombre de salariés pas assez motivés ou efficaces le perdent tous les ans (en même temps que leur emploi généralement).

    Je n’ai jamais eu conscience que le salaire était destiné à vous décider à venir au travail, mais qu’il fallait un "bonus" pour vous inciter à travailler efficacement...

  • permalien Yvan :
    22 août 2009 @21h10   « »

    Stephen Foley dans The Independent à identifié 4 clés pour ouvrir ou fermer les portes de la régulation Potemkine :

    « flexibilité », « innovation », « liquidité » et « compétitivité »

    Quatre mots qui pourraient revenir nous hanter

  • permalien Djé :
    23 août 2009 @11h50   « »
    Ordre de grandeur du caractère parasitaire de la finance.

    @Frédéric LORDON
    "Parmi toutes les raisons de reconnaître enfin à la finance de marché son caractère fondamentalement parasitaire – son utilité sociale est nulle ou presque...".

    Vous serez-t-il possible d’illustrer/étayer ce propos par quelques données chiffrées ?
    Cordialement.
    Djé

  • permalien Crapaud Rouge :
    23 août 2009 @14h21   « »

    @Dje : look at cette page : http://www.leap2020.eu/Alerte-LEAP-...

    et l’image sous-titrée "La pyramide inversée des liquidités mondiales - Sources : Banque des Réglements Internationaux / Independent Strategy". Je vous laisse interpréter, je ne suis pas spécialiste.

  • permalien Pipas :
    23 août 2009 @14h30   « »
    Guérilla sémiotique

    @Yvan

    Quand je lis "flexibilité ; innovation ; liquidité ; compétitivité", je comprends "précarité ; sophistication ; avarice ; inégalité".
    Quel rôle social peuvent bien tenir les banques dont les métiers ont naturellement évolué vers la finance ?
    Peut-on parler d’un rôle antisocial ?

    @ Djé

    Je me demande si la finance n’est pas, après tout, haïe à tord. Je m’explique par cette question : si notre salut dépend de la reprise, de la croissance, et de bons chiffres dans un monde où stupidement les ressources s’épuisent et les déchets s’amoncellent ; n’est-il pas sain de préférer le monde onirique de la finance ?

    La finance n’est peut-être pas plus un parasite gargantuesque qu’un fer de lance de la décroissance ! Une gardienne de l’espèce humaine !

    @Lordon

    Une fois que vous aurez chiffré vos propos qui n’ont donc pour l’heure aucune crédibilité, pourriez-vous effectuer une transcription en numération sumérienne pour approfondir votre raisonnement ?
    Mou ah ah...

  • permalien Pas lolo :
    24 août 2009 @14h26   « »

    à pipas :
    Pour lordon : Il l’a déjà fait quant aux "financement" des entreprises par les marchés. Entre autres, dans son dernier bouquin, et c’est sourcé.
    Si vous êtes sincère, recherchez, sinon, comment dire....

    à Lordon : Continuez pour le principe, mais ces histoires de bonus n’ont qu’un intérêt anecdotique. Le pilotage des entreprises à l’EVA, c’est ça le nœud du problème, et vous y aviez donné un début de réponse avec le SLAM. 

  • permalien Dr Maboul :
    24 août 2009 @15h12   « »
    Une régulation possible ? (2)

    Mais les principes de bases du capitalisme sont-ils encore respectés ?
    - La valeur des actions d’une entreprise ne représente pas uniquement la valeur de l’entreprise, des machines qu’elle possède, de son savoir faire et de sa réputation. La valeur d’une action dépend aujourd’hui de nombreuses autres variables totalement extérieures à la valeur intrinsèque de la boîte. Ainsi le dernier bulletin de santé de Steve Jobbs peut faire chuter l’action Apple. "L’indice de confiance du consommateur américain" à la baisse fait chuter le CAC et les autres bourses européennes parfois plus encore que ne baisse le Dow Jones...
    - Keynes voulait qu’on paye les plus haut salaires possibles en faisant les prix les plus bas possibles. Ca reste vrai pour les salaires des membres du conseil d’administration mais c’est tout.
    - "La police" (ou institution d’état remplissant ce rôle) chargée de s’assurer de la légitimité de la propriété privée (matérielle et intellectuelle pour les brevets), et de contrôler ces échanges, n’existe plus au niveau de l’état. Et, est prôné par les grands prêches de la mondialisation, sa disparition totale.
    - La rétention de certaines propriétés privées dans l’unique but de faire augmenter artificiellement les prix. Et non dans le but de les échanger (comme la spéculation immobilière) me semble aussi une hérésie au regard de la doctrine originale.
    ...

    Tous ces faits (je suis limité par mon ignorance crasse de l’économie, mais je suis sûr qu’on pourrait en trouver bien plus), tendraient à démontrer que les bases mêmes de notre système financier ne sont pas respectées, et le poussent à créer des bulles artificielles dans lesquels la valeur d’un bien ou d’une action sera forcément mal évaluée.

    Est-ce réellement parce qu’on s’est beaucoup éloignés du système original comme je le pense ou bien la faute aux produits financiers de plus en plus complexes et de moins en moins compréhensibles comme semble le dire M. Lordon ?

    Je n’en sais fichtre rien, mais le système me semble tellement artificiel aujourd’hui, tellement mal construit, que je m’interroge sur la nécessité de le garder (pour retrouver une petite crise dans 5 ans, une grosse dans 10...).
    D’un autre côté je ne saurais pas quelle alternative proposer.

    Mais si on veut la finance changer à coups de lois régulatrices et qu’on accepte votre raisonnement M. Lordon : interdire des produits financiers trop complexes. On devrait interdire la vente à découvert qui ne peut être que nuisible et artificielle puisqu’elle spécule sur la spéculation. Mais si on empêche les traders de spéculer sur la baisse, n’aura-t-on pas de nouveau une augmentation artificielle de la valeur des biens ou des actions ?
    Donc suivie d’une crise régulatrice pour remettre des prix plus proches de la valeur réelle ?

    N’est-on pas, comme le dirait les informaticiens, dans une boucle infinie ?

  • permalien Dr Maboul :
    24 août 2009 @15h13   « »
    Une régulation possible ? (1)

    Le béotien de la finance que je suis, détecte tout de même une certaine ironie dans le commentaire précédent ("la numérotation sumérienne"). Propos qui illustre un autre problème majeur de la finance : l’exclusion technocratique de la réflexion sur l’économie de tous ceux qui ne viennent de ce milieu. Et par ce fait des politiciens, sauf si ceux-ci sont avocat de finance (N Sarkozy ou C Lagarde) et donc déjà acquis à la doctrine économique contemporaine...

    Pourtant même quelqu’un qui n’y connait rien se rend bien compte que le système qu’on nous défend becs et ongles est loin d’être parfait. Et cette opacité entretenue fait même dire à certains, y compris à des économistes comme l’auteur de ce billet, que même les spécialistes de la finance ne comprennent plus (pas ?) ce qu’ils font.

    Certains comme Goldmann et Sachs vont prendre le problème à l’envers et créer des algorithmes capables de prévoir les évolutions du marché quand celles-ci ne peuvent plus être anticipées par l’homme en "période d’hypervolatilité" (http://libertesinternets.wordpress.... programmeur qui a aussi un procès pour avoir fait un logiciel espion pour la même boîte).

    Et d’autres vont tenter de coller une rustine de plus à un système qui périclite. Voir, vont se contenter de dire qu’ils colleront une rustine sans réellement l’envisager comme le démontre habilement M. Lordon.

  • permalien ODog :
    24 août 2009 @15h15   « »

    Catherine de Russie.....
    Peut de temps après l’épisode des villages en carton, toute la petite famille ROUMANOV se retrouvait à la fosse commune, éxécutée par des Bolchéviques assoiffés de vengeance et ivres de rage......

    Qui provoque les révolutions ?? Le PCF ?? Le NPA ?? La CGT ?? Ou l’arrogance sans limite de nos "élites" ???

    Allez-y !! Continuez avec vos bonus !!! Ceux qui crèvent de faim vous regardent !!!!

    Chaque jour vous jetez dans les rues une Armée de miséreux qui le moment venu vous sautera à la gorge comme un chien enragé !!
    Il sera alors inutile de demander pitiée.....

  • permalien ♪Yves Remort ♪ :
    24 août 2009 @15h59   « »

    Le plus inquiétant c’est le manque de Réactions du Pouvoir Politique face à l’ampleur des Problèmes

    A croire que la Classe Politique censément représenter le plus grand Nombre n’est devenue que le Factotum du Microcosme de la Finance qui n’aspire qu’à la Ploutocratie...
    Je sais c’est un poil rustique
    mais ça passe analytiquement haut la main et les faits ne sont pas là pour contredire

    Il suffit de prendre le simple cas Emblématique de Christine Lagarde et de son Plan de carrière pour prendre la mesure de cette affirmation

    Sans parler de la Fascination de Notre « Bien Aimé Minarque » pour tout ce qui a attrait au pognon

    PETIT RAPPEL HISTORIQUE
    si souvent passé sous Silence
    ENTRE 1945 ET 1975 AVANT LA DÉRÈGLEMENTATION FINANCIÈRE & SANS LES TRADERS ,SANS LES FONDS SPÉCULATIFS et les ROE à 20% ou PLUS

    1°CROISSANCE 5%
    2°CHÔMAGE 0%
    3°DETTE DES ÉTATS NULLE OU PRESQUE

    Pour ceux qui nous Rebattent les Oreilles que la Financiarisation est source de Progrès
    Favorisant l’investissement , l’emploi l’innovation dans l’économie Réelle

    Je leur conseille de voir un petit Documentaire

    Ma Mondialisation Un film de Gilles Perret

    Petit Bonus Émouvant
    Nicolas Sarkozy les subprimes , son épée de Bois et la Moralisation du Capitalisme Financier

  • permalien ODog :
    24 août 2009 @16h33   « »

    BARRACK GORBATCHEV.....

    Plusieurs articles du diplo font état d’un parallélisme entre la chute de l’URSS et la crise financière aux Etats Unis, genre plan de relance et Gosplan......

    En poussant l’image un peu(t) plus loin, Barrak Obama et toute sa bonne volonté ressemble tragiquement au camarade Gorbatchev.....TO LATE MISTER PRESIDENT....

  • permalien Bekyar :
    24 août 2009 @16h51   « »

    Bonjour et merci une fois de plus (y compris pour le chti mail)

    Vous êtes DR en finance et vous prônez la fin de la recherche en finance (je caricature)... Je suis sûr que vos collègues vous adorent !
    Tout comme ils m’adorent moi qui suis MDC en microélectronique quand je leur dit que j’arrête de faire de la recherche étant donné l’absence total de contrôle sociétal sur les innovations notamment dans les nanotechnologies, et sur ce qui touche aux systèmes de surveillance, et sur les modes de financement et d’évaluation de nos activités.

    @pas lolo

    Il me semble que le SLAM répond à une question qui concerne l’en 1er ressort l’économie réelle, les entreprises. La question des bonus est un problème touchant en 1er ressort la finance, et ne touchant l’économie réelle qu’en 2ème ressort.

    Il me semble également que F. Lordon n’est pas en train de s’amuser "pour la forme" à descendre les bonus.
    En effet, ses arguments sont très utiles dans des conversations plus générales (et politiques) sur la méritocratie (il faut des arguments solides pour lutter contre le "travailler plus pour gagner plus" en vigueur, qui séduit l’ego qui est en beaucoup d’entre nous), sur la relocalisation de l’économie (car un des corollaires de l’innovation financière est l’échelle -mondiale- à laquelle elle se déroule, tout cela créant chaos et nuisances pour ... les terrien-ne-s ), sur le lien entre l’économie réelle et l’économie virtuelle, sur les mensonges du discours médiatique dominant...

    F. Lordon est "une boîte à outils", moi je pioche dedans pour plein d’autres sujets qui me tiennent à coeur ! La finance est tellement l’emblême de la société capitaliste tournée vers l’argent que des arguments inattaquables contre elle servent dans tous les domaines (santé, éducation, etc, etc)

    Par exemple, de mon point de vue, je reprends de nombreuses analyses de FL pour abreuver l’écologie politique notamment en raison des liens que je fais entre ce que je lis sous sa plume et ce qui constitue le tryptique de l’écologie politique : autonomie, solidarité, responsabilité... Sur la relocalisation de l’économie, de la production, de la finance... etc. Sur la question de ce qu’est une juste rémunération, de manière générale...

    Bref, je fais des connexions entre le sujet purement financier exposé ici et un discours politique + général (que FL n’a aucune légitimité à mener, c’est à nous de nous y coller).

    Très cordialement

  • permalien Pipas :
    24 août 2009 @22h47   « »
    Quand même cela me turlupine !

    @ Dr Maboul
    Et même une ironie certaine ! Cette caste financière probabiliste a élaboré un jargon parfaitement hermétique pour se mettre à l’abri de son hôte : notre société. Sans succès ?

    Que pense notre cher Fred Lordon des travaux de Nicholas Georgescu-Roegen ? Voilà une question qui me turlupine, voilà un économiste hétérodoxe, certes moins drôle que sir Lordon, mais tout à fait prompt à stimuler le bulbe !

  • permalien ♪Yves Remort ♪ :
    26 août 2009 @12h00   « »
    « Notre Bien Aimé Minarque » FAIT RECULER LES BANQUIERS...

    Non Content d’édicter des règles "Précises, Contraignantes et Immédiates" en ce qui concerne la rémunération des Traders.

    SARKOZY FAIT RECULER LES BANQUIERS en nommant Michel Camdessus*76 ans ,auteur de «  La libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but final correct (1)  », Superviseur des Rémunérations dans les Banques.....

    C’est Rassurant de savoir que nos chers Pyromanes seront bientôt sous la garde attentive d’un Brave Marchand d’Allumettes

    (1) la tribune 1998

    *Michel Camdessus ex-maître à penser du FMI, ex-conseiller de Jean Paul II,

  • permalien Stéphane :
    26 août 2009 @13h11   « »

    Je ne peux m’empêcher de porter à la connaissance de Frédéric Lordon le texte que Jacques Julliard vient de publier.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

    Il pourra servir dans la série des textes qu’avait utilisée F.Lordon "Avant la crise, après la crise" lors de la soirée ACRIMED ou dans son dernier livre paru.
    Il est d’autant plus savoureux qu’il semble que Julliard copie l’auteur de ce blog et ce jusqu’au vocabulaire comme losqu’il attaque les "salopins des Phynances"...
    À noter aussi le "L’Etat s’est désengagé de partout. L’Europe (de quoi je me mêle ?) nous a obligés à bazarder nos services publics. ". Même la chère Europe de ce oui-ouiste est abandonnée lorsqu’il s’agit de retrouver du crédit.
    Finalement ce texte pourrait s’appeler "Comment baisser son pantalon et pomper Lordon sans le citer".
    Stéphane

  • permalien Yvan :
    26 août 2009 @15h21   « »
    Bonus : un peu de couleurs dans cet austère blog

    @♪Yves Remort ♪, je n’ai pas su résister à la tentation de faire partager l’image de l’amour que ce grand socialiste à su si bien offrir au monde.

    L’histoire de cette photo.

  • permalien Yvan :
    26 août 2009 @15h56   « »

    Rappelons aussi que cette marque d’ouverture et de confiance de la part du Président est en quelque sorte un renvoi (dans le sens qu’il vous plaira) d’ascenseur, bien compréhensif pour le rôle que M. Camdessus a joué en jetant sa peau de banane Chiquita® CPE sous un pied ad hoc, dans la lutte pour le pouvoir de notre Président, mais aussi pour l’éloboration de sa dialectique hypnotique :

    Michel Camdessus disait :

    “la France a un impérieux besoin de réformes. Celles-ci sont trop fondamentales pour pouvoir être réussies droite contre gauche, gauche contre droite. Elles exigent un véritable “sursaut” de tout le pays rassemblé.

    ... sursautons donc...

  • permalien une bille :
    26 août 2009 @17h47   « »
    Malus : les faux-semblants de l’emprunt Potemkine

    Français vous ne voulez pas vous endetter ? pas de problème votre président est là pour ça !

    A quoi l’argent du grand emprunt peut-il servir ?

    Envoyez d’urgence vos suggestions à chouchou@carlita.fr qui transmettra.

    Il y a tout à perdre, mais grouillez-vous avant que la terre entière se foute de nous.

  • permalien Pascale :
    26 août 2009 @19h26   « »

    @Yvan : je copie ce que vous avez écrit : "Tout a été ratissé, aujourd’hui c’est la phase du racket des états nations qui est en marche. Le jeu consiste à faire un chantage à la crise systémique, afin de détourner l’argent public sans contrepartie. Là les traders n’ont aucun avenir, c’est un autre métier et ils peuvent aller retrouver les mineurs et les sidérurgistes au panthéon des cocus du profit."

    C’est depuis longtemps, non, que ce racket existe ?

    Là il est poussé à son paroxysme (et encore je pense que l’on n’a pas encore tout vu) mais quel est le but final ?

  • permalien Yvan :
    26 août 2009 @20h22   « »

    @Pascale « on n’a pas encore tout vu » dites-vous. Ça vaut pour le futur, comme pour le passé. La finance à le don de faire sa pelote en toute discrétion.

    Si on regarde la vie de Jacob Fugger (1459-1525), on s’aperçoit qu’il est à l’origine de la renaissance du Saint Empire Romain Germanique par l’achat des électeurs en faveur de Charles Quint, montrant ainsi que la détestation des financiers pour les frontières n’est pas nouvelle.

    En organisant pour le pape le commerce des indulgences, il a entrainé la critique d’Érasme, qui a entrainé la Réforme, et les guerres de religions (on peut parler aussi à cette époque de paroxysme).

    Pourquoi demandez-vous ? Érasme à aussi écrit "l’éloge de la folie", et Jacob Fugger n’avait pas d’enfant.

    Pendant ce temps, la terre continue à tourner, les gens ordinaires à survivre souvent au milieu des cataclysmes déclenchés par cette pathologie et l’acceptent comme une fatalité.

    De Crésus à Bill Gates, les adeptes de la chrématistique, se succèdent et se ressemblent étrangement sans que personne depuis Aristote ne pense sérieusement à en réduire les dégâts sur l’économie, il apparaissent même dans certaines religions comme des modèles.

  • permalien Jeankakal :
    27 août 2009 @00h17   « »
    Les contradictions du prof’ Lordon

    Cher Professeur,

    Vous éclairez nos lanternes depuis votre alcôve. Bien.

    Vous nous avez appris qu’il fallait sauver les banques et tout le fatras du financement de l’économie (programme de 1ère ES) dans le seul but de sauver nos fesses, nous autres pôvres salariés. Pass’que sans quoi cela aurait été pire, et nos PEL auraient fondu à vue d’œil. Alors, voui, il fallait déverser à mort le liquide et céder à la prise d’otage comme vous dites.
    Et pi pour changer tout le bazar, on verra plus tard...faites confiances aux forces de l’histoire, au mouvement social, à la rue....Seulement rien ne se passe et c’est reparti hardi petits.

    Mais la question c’est pas que vous passiez dans les médias, petits ou grands, pour que quiconque daigne vous entendre. Le problème c’est que la crise tout le monde s’en cogne sans toutefois être dupe du micmac. En effet, personne n’en est suffisamment victime pour ne plus hésiter à s’en prendre une par les CRS. Conclusion, vivement la prochaine, et qu’elle soit plus forte !

  • permalien Anatine :
    27 août 2009 @12h40   « »

    Votre analyse est limpide.

  • permalien BA :
    27 août 2009 @23h21   « »

    PIB des Etats-Unis au 25 août 2009 : 14 089,7 milliards de dollars.

    Source : F.6 Distribution of Gross Domestic Product.

    http://www.federalreserve.gov/relea...

    Déficit public des Etats-Unis : 1 580 milliards de dollars, soit 11,2 % du PIB.

    « Washington a confirmé que son déficit budgétaire pour l’exercice 2009, qui prend fin le 30 septembre, devrait atteindre 1.580 milliards de dollars, soit 11,2 % du PIB américain »

    http://www.lesechos.fr/investisseur...

    Dette publique des Etats-Unis au 25 août 2009 : 11 730 400 622 450 dollars, soit 83,25 % du PIB.

    http://www.treasurydirect.gov/NP/BP...

    Dette totale (publique + privée) des Etats-Unis :

    Domestic nonfinancial sectors : 33 931,9 milliards de dollars.
    Domestic financial sectors : 17 021 milliards de dollars.
    Foreign : 1 907 milliards de dollars.

    Dette totale (publique + privée) des Etats-Unis : 52 859,9 milliards de dollars, soit 375,16 % du PIB.

    Source : D.3 Debt Outstanding By Sector.

    http://www.federalreserve.gov/relea...

  • permalien ric :
    28 août 2009 @15h31   « »

    Excellent.

    //Qu’on ne se fasse aucune illusion : c’est cet écart abyssal que la finance défendra au couteau s’il le faut.//

    Et le pouvoir de la finance, ainsi que son contrôle sur nos "démocratie" est colossal. Pour moi, je doute que quoi que se soit ne change. Jusqu’à la prochaine crise et nous pourrions bien ne jamais nous en relever.

  • permalien BA :
    31 août 2009 @11h47   « »

    Augmentation des difficultés des banques américaines.

    Le nombre de banques et caisses d’épargne américaines en difficulté a brutalement augmenté au deuxième trimestre 2009, avec 416 établissements recensés, contre 305 au trimestre précédent, le secteur enregistrant une perte de 3,7 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros), indique l’organisme de garantie des dépôts (FDIC, Federal Deposit Insurance Corp).

    Le secteur bancaire est retombé dans le rouge au deuxième trimestre 2009, après avoir annoncé 7,6 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre.

    Ces mauvais résultats sont la conséquence des coûts associés à une augmentation du nombre de prêts insolvables et des dépréciations d’actifs.

    Le FDIC signale que son fond d’assurance, utilisé pour garantir les dépôts des banques, a diminué de 20 % au deuxième trimestre, s’élevant désormais à 10,4 milliards de dollars. Ce creusement résulte principalement d’une somme supplémentaire de 11,6 milliards de dollars mise de côté en vue de nouvelles faillites bancaires anticipées.

    Les autorités ont fermé 81 banques depuis le début de l’année, contre 25 l’an passé, et 3 en 2007.

    http://fr.reuters.com/article/busin...

    Ce chiffre de 81 banques en faillite n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, 31 août 2009, le nombre de banques en faillite aux Etats-Unis est de 84.

    Christine Lagarde réagit à tous ces mauvais résultats : « Euh … c’est-à-dire … euh … en fait … je voulais dire … voilà voilà voilà … euh … ces chiffres confirment que la crise est finie. »

    Merci, Christine.

  • permalien Pipas :
    31 août 2009 @13h29   « »
    Chronique de la guérilla sémiotique grenobloise

    Bonne nouvelle ! En plein centre ville de Grenoble, une toute nouvelle Caisse d’Epargne doit ouvrir ses portes à la rentrée. Comme quoi, toutes ces banques qui ferment, ce n’est pas si grave : d’autres s’ouvrent ! Cessez donc, cher BA, vos sarcasmes envers Mme Lagarde !

    Exit cependant l’écureuil. Il a été, pour cette agence, remplacé en vitrine par de magnifiques statues grecques drapées de blanc ; et des lettres dorées géantes annonçant sans ambages gestion privée et gestion de fortune.

    Peu de temps après la fin des travaux, les lettres for ont été retirées pour logiquement laisser gestion de tune au beau milieu d’autocollants belliqueux disposés ci et là par des personnes visiblement peu réjouies de l’ouverture prochaine de cette classieuse agence de la Caisse d’Epargne...

    Finalement, avant l’inauguration, toutes les lettres restantes de gestion de fortune ont soigneusement été retirées de la vitrine, cette fois par les soins de l’agence elle même.

    S’agirait-il d’une victoire contre la pompe à phynance ?

  • permalien BA :
    31 août 2009 @14h07   « »

    Partout dans le monde, les Etats ont injecté 5,3 % du PIB mondial pour éviter l’effondrement du système. Coût de cette injection d’argent public : 2 900 milliards de dollars !

    Lisez cet article :

    Les Etats ont investi 2.900 milliards de dollars, soit 5,3 % du PIB mondial, pour soutenir l’activité. Peu d’économistes critiquent cette injection massive d’argent, tant elle était indispensable pour empêcher l’effondrement du système. Au moins ce scénario catastrophe a-t-il été évité et c’est là « la véritable bonne nouvelle », estime Sylvain Broyer.

    Mais son résultat est l’envolée de l’endettement public. Si certains pays, comme la Chine, ont de la marge en la matière, ce n’est le cas d’aucun des grands pays développés. Plus dur sera l’ajustement. Pour Pierre Cailleteau, « cela va rendre encore plus indispensables les réformes que les pays développés repoussent depuis vingt ans, comme celle des retraites ».

    http://www.lesechos.fr/info/inter/0...

    Conclusion : les banquiers ont ruiné la planète, les contribuables ont payé 2 900 milliards de dollars pour éviter l’effondrement du système, et donc les retraites vont être baissées car il n’y a plus d’argent pour les payer.

    Conclusion numéro 2 : les banquiers, à la guillotine.

  • permalien BA :
    2 septembre 2009 @23h21   « »

    Quelque 70.000 entreprises menacées en France, selon le Medef.

    La présidente du Medef Laurence Parisot prévient que la vague des plans sociaux n’est pas terminée et que 70.000 petites et moyennes entreprises sont menacées de disparition cette année.

    A l’occasion de l’ouverture de l’université d’été de l’organisation patronale, elle a estimé que le soutien aux PME et la réforme des retraites étaient prioritaires, et a délivré un satisfecit à la politique fiscale du gouvernement.

    Priée de dire si la vague des plans sociaux était terminée, elle répond dans un entretien publié par Le Monde que "le plus grand plan social, ce sont les dépôts de bilan des PME".

    "Si l’on reste sur le rythme du début d’année, près de 70.000 entreprises vont disparaître en 2009 et, avec elles, des centaines de milliers d’emplois", ajoute-t-elle.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien Pipas :
    3 septembre 2009 @18h23   « »
    En parlant du Medef

    L’université d’été de notre syndicat préféré aura assurément un programme très novateur, éthique, alternatif, écologique et tout ce qu’il faut pour que surtout rien ne change, comme en témoigne ce lien invraisemblable http://www.decroissance.org/

    A mon sens, ce lien tient pourtant plus de la logique dans ce qu’elle a de plus simple que de la fatalité.

    Ne vivons-nous pas une époque formidable ?

  • permalien BA :
    3 septembre 2009 @22h27   « »

    Jean-Pierre Jouyet a prévenu jeudi 3 septembre qu’à moins de modifier la régulation des marchés, le système financier pourrait imploser.

    Le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a précisé qu’il pouvait retracer à la Bourse de Paris moins de la moitié de l’ensemble des transactions portant sur les actions du CAC 40.

    Actuellement, moins de la moitié des transactions réalisées sur le marché parisien passent par une place boursière traditionnelle, les autres étant réalisées sur les marchés non réglementés, a-t-il déclaré aux entrepreneurs français participant à l’Université d’été du Medef. A Londres et New York, le nombre d’échanges que les régulateurs peuvent surveiller est encore plus faible, a-t-il ajouté.

    "Il y a un risque d’implosion - on n’est pas sûr que le marché soit accessible à tout le monde, que le marché crée de la richesse, qu’il soit au service du financement de l’économie", a indiqué Jean-Pierre Jouyet.

    http://www.easybourse.com/bourse/ac...

  • permalien BA :
    4 septembre 2009 @22h38   « »

    L’emploi aux Etats-Unis : 9,7 % de chômeurs en août (le pire chiffre depuis juin 1983).

    La Fed prévoit que le taux de chômage puisse atteindre 10,1 % à la fin de décembre et qu’il continue de monter encore pendant une bonne partie de 2010.

    La montée du nombre de chômeurs de longue durée inquiète particulièrement les autorités. La Fed estime qu’elle pourrait entraîner une "perte de savoir-faire" aux conséquences dramatiques pour le pays.

    Pour l’économiste indépendant Joel Naroff, "la course aux licenciements a ralenti mais il faudra une vraie croissance avant que le marché de l’emploi aille bien de nouveau".

    D’autant plus que les chiffres du ministère ne témoignent pas entièrement de la réalité. Si l’on prend en compte les chômeurs dits "découragés" et les gens contraints par la crise de ne travailler qu’à temps partiel, le chômage touche près de 26 millions de personnes et non pas les seuls 14,9 millions de chômeurs "officiels".

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien Pipas :
    6 septembre 2009 @01h16   « »
    Le cadre stagiaire : la meilleure blague de la soirée

    Certains amis qui travaillent encore plaisantaient en vacances à l’apéro en disant "en ce moment, c’est vraiment n’importe quoi, bientôt dans les boites, on n’aura plus que des cadres et des stagiaires".

    Ce soir au bar j’ai revu mon vieux pote Akim qui m’a raconté qu’il s’est fait virer la semaine dernière.
    L’entreprise d’informatique respectable pour laquelle il travaillait a embauché à sa place (mais bien-entendu à un salaire inférieur) le stagiaire que Akim a formé pendant presque une année.
    J’ai bien failli m’étouffer dans ma bière en éclatant de rire.

    Vous connaissez la blague du cadre stagiaire ?
    C’est l’histoire d’un mec fraîchement adoubé par son patron qui un jour voit débarquer un nouveau stagiaire dans l’entreprise...

    Mettre l’accent sur la formation en période de crise : pourquoi pas ? Tant que la peur de perte de savoir-faire n’effraye point le lucre...

  • permalien BA :
    7 septembre 2009 @23h16   « »

    Près de 70.000 défaillances d’entreprises prévues en 2009.

    Les défaillances d’entreprises en France devraient augmenter de 20 % en 2009 par rapport à 2008 et approcher les 70.000 avec une forte poussée à l’automne, selon une étude de l’assureur-crédit Euler Hermes Sfac.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien Etienne :
    8 septembre 2009 @03h58   « »

    Cette histoire de "bonus" et celle de la promesse de leur régulation qui ne dupe que les naïfs n’est peut-être que l’abre qui cache la forêt.

    Car le signal certainement le plus désastreux qui a été donné par les pouvoirs publics au systême financier est la façon dont ces derniers ont pris en charge les milliards de titres de créances pourris (qui ne valent tout simplement rien faute d’acquéreurs potentiels).
    Ces titres, détenus par les banques centrales ou cantonnés dans des structures de défaisance, viennent peser massivement sur les bilans des banques centrales, ce qui revient à un transfert pur et simple des pertes du secteur financier vers le secteur public.

    Comment s’étonner que les agents du systême bancaire, ainsi délestés de la responsabilité de ces pertes massives, et que les banques qui ont ainsi rapidement assaini leur propres bilans, et se retrouvent à nouveau avec des bénéfices, ne reprennent pas le jeu là où il s’était arrêté avec la crise ?
    Il semble tout-à-fait contre-intuitif et contre-productif de garantir artificiellement la valeur de ce stock de cette "fausse monnaie", alors même que la crise financière a démontré qu’elle ne valait rien. En outre, F. Lordon a expliqué ailleurs que l’on pouvait très bien sauver le systême en renflouant non pas les créanciers, mais les débiteurs.(http://www.jaidulouperunepisode.org...).

    Paradoxalement, bien qu’ils ne jurent que par la "valeur du marché", les agents du systême financier ont reçu par cette manoeuvre le signal puissant qu’il pouvaient reprendre sans états d’âme leurs activités de "faux monnayeurs" fondées sur l’utilisation massive de la titrisation et de l’effet de levier, retrouvant au passage des rendements mirifiques et des bonus stratosphériques...

    Il semble donc évident que les moyens d’empêcher une nouvelle catastrophe se trouvent bien plus dans l’interdiction de la titrisation, le strict encadrement de la leviérisation, et le gel voire le recul des "innovations" financières que dans la régulation des incitations salariales des "traders". La question n’est pas en effet d’encadrer la conduite des agents du systême financier, mais simplement d’empêcher la formation de bulles spéculatives, qui sont justement la source des rendements faramineux de la finance - au moins jusqu’au moment du krach.
    De toutes façons, quand cette industrie aujourd’hui largement parasitaire sera contrainte de retrouver des taux de rentabilité normaux, tels qu’on les trouve dans le secteur non financier, la source inépuisable des "bonus" se tarira d’elle-même...a condition bien sûr que ces mesures soient prises.

  • permalien Beaware :
    8 septembre 2009 @21h45   « »

    Bonsoir, n’y aurai t-il pas des sites plus complets (tas d’indicateurs et graphiques) que boursorama pour suivre les places financières mondiale et le cour des matières premières en direct ? Il me semblai que j’avais repéré un lien dans un commentaire d’un autre billet mais je ne le retrouve plus. Et de plus gratuit bien sûr. Merci. J’aimerai bien voir en direct l’agitation qui se prépare.

  • permalien BA :
    8 septembre 2009 @22h33   « »

    Le crédit à la consommation US a baissé à un record de 21,6 milliards de dollars en Juillet.

    8 septembre (Bloomberg) – Le crédit US à la consommation a plongé de plus de cinq fois plus que prévu en Juillet ; les banques maintiennent des conditions de prêt plus restrictives alors que les pertes d’emplois rendent les ménages hésitant à emprunter.

    http://www.bloomberg.com/apps/news?...

    Quand la consommation des Etats-Unis baisse, c’est toute l’économie mondiale qui s’effondre.

    Attachez vos ceintures : la vraie crise est devant nous.

  • permalien BA :
    9 septembre 2009 @14h13   « »

    Juin 2009 : aux Etats-Unis, effondrement du crédit à la consommation. La baisse est de - 15,5 milliards de dollars, au lieu des - 10,3 milliards annoncés en première estimation.

    (Toujours le même truc : ne pas donner les vrais chiffres pour ne pas déclencher la panique. Donner les vrais chiffres 3 ou 4 mois plus tard. C’est autant de temps de gagné.)

    Juillet 2009 : le crédit à la consommation continue de s’effondrer. L’effondrement est de pire en pire. Le chiffre officiel est de : - 21,6 milliards de dollars.

    (Rendez-vous dans 3 mois pour le chiffre réel, qui sera encore pire.)

    http://www.boursorama.com/infos/act...

    Concrètement :

    - Toute l’économie mondiale est tirée par une locomotive : la consommation des Etats-Unis.

    - Après le 15 septembre 2008 et la faillite de Lehman Brothers, les dirigeants américains ont injecté des milliers de milliards de dollars pour tenter de maintenir le crédit.

    - Tous ces milliers de milliards de dollars n’ont eu que peu d’effet sur le crédit : un an après, le crédit continue de s’effondrer aux Etats-Unis.

    - Quand la consommation des Etats-Unis baisse, l’économie mondiale s’effondre.

    - Préparons-nous à subir la deuxième crise.

  • permalien Pipas :
    9 septembre 2009 @19h15   « »
    Oui mais...

    « Quand la consommation des Etats-Unis baisse, l’économie mondiale s’effondre.

    Préparons-nous à subir la deuxième crise.  » dit BA.

    Oui mais...

    N’avons-nous pas troqué notre bonne vieille locomotive de marque américaine contre une chinoise ?

  • permalien Pipas :
    13 septembre 2009 @08h39   « »
    Observez bien

    Observez bien la manière dont réagissent les forces en présences sous les assauts web et bouche à oreille de récents événements.

    Exemple : http://www.rue89.com/2009/09/12/int...

    Autre exemple : http://nantes.indymedia.org/article...

    Ces forces en place ont-elles lu 1984 ? Assurément. En tirent-elles les mêmes conclusions qu’Eric Blair ?

    Le télécran n’en a pas fini de ses basses besognes, et s’agissant de la finance ou de l’économie, on imagine mal qu’il leur réserve un traitement privilégié. Restez vigilants.

  • permalien BA :
    15 septembre 2009 @23h19   « »

    Yves Cochet est très très intéressant :

    http://www.dailymotion.com/swf/xadd...

  • permalien Pipas :
    16 septembre 2009 @09h05   « »
    La décroissance au Medef

    Certes Cochet envoie du gros dans un cadre qui n’a rien d’évident.
    Mais lisez ce Georgescu-Roegen qui (bien que très proche de Schumpeter) s’est fait virer de Harward quelques décennies auparavant pour hétérodoxie qualifiée !
    Le bouquin à l’époque censuré par Attali et toujours non édité se nomme "La décroissance Entropie-Ecologie-Economie". On le trouve en PDF sur le net.

    Selon BFM, les valeurs les plus sexy du moment sont les "technos" et les "pharmas". Mais pour autant que je sache, la reprise tant attendue n’en finit pas de débander.
    Quelle place BFM radio gardera dans l’histoire ? Et le Medef ?

  • permalien BA :
    16 septembre 2009 @22h40   « »

    Une info qui risque TOUT chambouler. Aux Etats-Unis, le virus de la grippe A vient de muter. Deux Américains décédés de la grippe A étaient porteurs d’une mutation.

    Didier Raoult est spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital de la Timone à Marseille.

    Le Monde.fr : La France vient d’enregistrer son premier décès d’un porteur du virus H1N1 sans antécédent médical. Doit-on s’inquiéter ?

    Didier Raoult : Une chose est sûre, il ne s’agit pas d’une "grippette". Cette grippe est unique, elle suit un schéma particulier jamais vu jusqu’à présent. Je rentre tout juste d’un congrès international sur la grippe aux Etats-Unis. Les travaux présentés ont mis en évidence que deux Américains décédés de la grippe A étaient porteurs d’une mutation. Cette mutation n’explique peut-être pas tous les morts sans antécédents médicaux, mais il faut prendre cette éventualité en compte.

    http://www.lemonde.fr/planete/artic...

  • permalien Holeg :
    17 septembre 2009 @02h51   « »

    Maintenant que les banques ont résolu leurs problèmes de trésorie, pourquoi ne pas demander le remboursement de leur créances ? n’est ce pas le principe du kénésianisme ?
    Pourquoi également ne pas demander que la rénumération des traders soit faite avec ces soit disant actifs douteux ?

  • permalien Pipas :
    18 septembre 2009 @15h43   « »
    Un article édifiant de Bakchich

    Ce passage fait froid dans le dos, le reste de l’article est succulent :

    À la génération des polytechniciens s’ajoute donc désormais celle de ces « réducteurs de coûts » qui ont aiguisé leur froide stratégie au sein des cabinets de conseil anglo-saxons. Isabelle Pivert, diplômée d’une grande école de commerce, a travaillé dans ce milieu bien particulier avant d’en démissionner, écœurée, pour se reconvertir dans l’édition [5]. Elle nous a raconté l’ambiance qui y prévaut : « En face de moi, dans le cabinet de conseil en organisation, un jeune centralien barrait des chiffres sur un tableau. C’était une réduction de personnel. Au début, je croyais que c’était une blague. J’ai eu un choc émotionnel. Il ne savait absolument pas qui il virait, il ne voyait pas les gens. Le choc, c’était que lui ne se posait pas de questions. Ces gens sont complètement dans une bulle qui a pour leitmotiv le profit. La Bourse est la nouvelle idole. Il faut toujours aller plus haut, up or out. Il n’arrive pas à s’extraire de cette bulle. Ce sont des personnes de quarante ou cinquante ans qui ne connaissent que ce système-là et sont persuadées qu’il s’agit du seul système d’organisation de la vie existant au monde [6]. » L’élite technocratique française issue des grands corps techniques de l’État était souvent qualifiée d’arrogante. Mais elle pilotait de grands programmes industriels qui échappaient en partie aux contraintes financières de court terme et étaient censés contribuer au bien commun. Cette période est définitivement close. L’arrogance des polytechniciens se combine à la logique froide et indifférente des financiers.

    http://www.bakchich.info/France-Tel...

  • permalien ODog :
    18 septembre 2009 @15h43   « »

    La bourse va mieux, qu’on se le dise.

    Le CAC40 connaît une évolution proportionelle au nombre de licenciements, certains experts envisagent d’atteindre les 4 000 points pour l’indice français....

    Les prévisions de recession, pardon de croissance négative, sont "moins pire" que prévu, pour la FRance notamment. Le gouvernement Fillon semble confiant et affiche un optimisme certain.
    D’autre pays comme la Pologne pensent même retrouver une croissance positive et profitable.

    Alors fin de la crise et retour à l’efficacité du système libéral, ou pas ?
    Peut-on croire comme on le dit que finalement la crise a été bénéfique ?

    Nonobstant les taux d’intérets historiquement bas, les perfusions de fonds publics qui un jour ou l’autre devront cesser, il semble surtout qu’une nouvelle bulle spéculative soit en cours de gonflement.......

    Quitte ou double....Tel semble être le pari des places boursières...

    Une question me taraude.....Cette nouvelle bulle spéculative (dont l’origine sont les fonds publics, et les taux d’intérets proche de zéro) va t’elle atteindre à nouveau les valeures immobilières ? Chassez le naturel......

    Autre question, le retour probable de l’inflation, notamment par le biais du cours du pétrole. A priori, le retour de la croissance devrait signifier une augmentation des cours, donc de l’inflation....Donc une remontée des taux d’intérets ?? Paf, fin de la bulle ? De 4000 à 2000 points en une semaine ?? Va falloir licencier !!!

  • permalien ODog :
    18 septembre 2009 @16h05   «

    Potemkine était-il Schizophrène ??
    Je ne sais pas, mais il semble bien qu’aujourd’hui cette maladie mentale soit devenue un remède financier.....

    Les causes de la crise ? La surconsommation de crédits en tout genre, et la surconsommation de pétrole (grace à nos belles bagnoles notamment).....

    Les remèdes à la crise ? Plus de crédits, et plus de bagnoles.......

    Quand on voit qu’a ces remèdes miracles, le gouvernement français aujoute une "taxe carbonne" au momment même ou il facilite l’achat de véhicules qui produisent du carbonne, on se dit que finalement on a le choix....Schizophrénie ou amnésie, choisissez le plus confortable pour vous.....

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