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Homosexuels : cibles émouvantes, boucs émissaires

mercredi 21 octobre 2009, par Jean-Christophe Servant

En février 2008, une vague d’homophobie sans précédent déferlait sur le Sénégal. Dans le sillage d’un article, publié dans un magazine people, destiné à « alerter les autorités sur la montée de l’homosexualité chez les jeunes », des imams, des collectifs d’associations religieuses musulmanes, des hommes politiques connus pour leurs positions fondamentalistes et des journalistes menèrent de concert, pendant plusieurs semaines, une virulente croisade contre la « dégradation des mœurs et le non-respect des valeurs religieuses » (« L’homophobie se radicalise au Sénégal », par Habibou Bangré, Afrik.com, 21 février 2008). Plusieurs personnes présentes sur une des photos publiées par le magazine, prises lors d’une cérémonie de pseudo-mariage entre deux hommes, furent brièvement arrêtées pour « outrage à la pudeur et mariage contre nature ». Parmi eux, des militants ayant participé à un atelier organisé à Bamako par l’association Aides.

En décembre 2008, c’était au tour de neuf autres Sénégalais de Mbao, travaillant dans des associations de lutte contre le sida, d’être arrêtés puis condamnés en première instance à huit ans ferme de prison pour « comportements contraires aux bonnes mœurs ». En avril 2009, la Cour d’appel de Dakar annulait leur condamnation et ordonnait leur mise en liberté. Quelques semaines plus tard, des chefs religieux musulmans annonçaient la création d’un « Front islamique pour la défense des valeurs éthiques ». Intitulé « Riposte et engagement », un texte affirmant que des « lobbies tapis dans l’ombre » avaient « ourdi une conspiration dangereuse contre les valeurs religieuses » dans le but d’obtenir la légalisation de l’homosexualité était rendu public. Un imam de Guédiawaye (banlieue de Dakar) allant jusqu’à déclarer devant quelques journalistes vouloir la mort des homosexuels : « Ce sont des gens qui méritent d’être mis au ban de la société quitte même, s’ils refusent de le faire, à ce qu’ils rejoignent le silence des cimetières (...), qu’ils soient tout simplement éliminés de la vie » (« Des religieux créent un front islamique contre l’homosexualité », Agence France Presse, 30 avril 2009).

Des goordjigeen ancrés dans la culture wolof

Au Sénégal, l’article 3.913 du Code pénal de 1965 punit les actes homosexuels d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA (entre 150 et 2 300 euros). Pour autant, le pays était jusqu’alors considéré comme « l’un des plus progressistes d’Afrique sur la question de l’homosexualité », comme le précisait en 2008 Joel Nana, responsable de programme à l’IGLHRC (International Gay and Lesbian Human Rights Commission) pour l’Afrique Occidentale . « Le gouvernement a inclus depuis 2005 dans son plan de lutte contre le sida un engagement de lutter contre le VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. C’est pourquoi nous trouvons ces arrestations très inquiétantes » (« L’IGLHRC dénonce les arrestations d’homosexuels au sénégal », Behind the Mask, 8 février 2008]).

Loin de heurter la société, les goordjigeen (en wolof, hommes qui jouent a être une femme et, par généralisation, gays) sont d’ailleurs des figures ancrées dans le monde urbain wolof, et plus particulièrement dans son histoire contemporaine. Comme le rappelle le sociologue cheikh Ibrahima Niang, enseignant à l’institut des sciences de l’environnement de l’université Cheikh Anta Diop, et coordinateur en 2003 d’une étude sur les « stigmates, violences et vulnérabilité au VIH parmi les hommes qui ont des relations homosexuelles à Dakar » , « les femmes leaders, qui menaient les grandes mobilisations sociales, avaient autour d’elles des homosexuels. Il y avait systématiquement des homosexuels qui habitaient dans leur cour. (…) Dans les villes de Saint-Louis, par exemple, Gorée et Rufisque, à un moment donné, il y avait une grande culture d’acceptation de l’homosexualité » (« Nous avons besoin des homosexuels », interview recueillie par H. Fall et M. Wane, L’Observateur, 21 avril 2009).

Lors des fêtes familiales, y compris celles organisées à l’occasion du retour du pèlerinage à la Mecque, les riches femmes d’affaires s’entouraient d’homosexuels ou de travestis jouant le rôle de maître de cérémonie. Comblés de cadeaux par leurs bienfaitrices, les goordjigeen étaient également protégés par ces dernières contre la stigmatisation ou les violences dont ils pouvaient être l’objet. Aujourd’hui encore, nombreux sont les homosexuels sénégalais à jouer le rôle de maître de cérémonies lors de manifestations politiques ou sportives. L’étude menée par l’équipe de Cheikh Niang atteste qu’« on les retrouve aussi bien chez les musulmans que chez les catholiques, chez les cadres, les étudiants, les fonctionnaires, chez les chômeurs, dans toutes les catégories sociales et dans tous les groupes ethniques. »

A météo de crise, tempête morale

Pour la Sénégalaise Codou Bop, journaliste et coordonnatrice du Groupe de Recherche sur les Femmes et les Lois au Sénégal, et le bureau de coordination régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient du réseau Femmes sous lois musulmanes, cette poussée d’homophobie « révèle une stratégie déjà utilisée dans d’autres affaires du même genre. Elles se déroulent toujours dans un contexte de crise économique et sociale et qui cible des groupes vulnérables dont la mobilisation pour la promotion de leurs droits économiques ou sexuels commençait à porter des fruits. Hier, il s’agissait des femmes, aujourd’hui ce sont les homosexuels, catégorie encore plus vulnérable car victime d’un profond stigmatisme social » (« Homophobie et manipulation politique de l’islam » (PDF), 25 mars 2008). En face, poursuit la chercheuse, on trouve de fait « un nombre croissant de Sénégalais, les jeunes surtout, attirés par un discours fondamentaliste qui leur fait croire que la religion est la réponse aux problèmes économiques et sociaux qu’ils rencontrent. »

Le Sénégal n’est pas la seule démocratie africaine où les minorités sexuelles servent actuellement de boucs émissaires sur fond de creusement des inégalités sociales. L’Afrique du Sud de M. Jacob Zuma, qui avait déclaré que le mariage homosexuel était une « disgrâce pour la nation », voit ce droit, légalement autorisé depuis la fin 2006, de plus en plus remis en question par des lobbies chrétiens (« South Africa debates same-sex marriage », par Nicolas Brulliard, Global Post, 16 octobre 2009). Dans ce pays confronté à la plus importante crise économique depuis 1994, les actes homophobes se multiplient, à l’instar de la destruction au Cap de plus de 700 posters annonçant le quinzième festival sud-africain du cinéma gay et lesbien (« Our glorious posters have been trashed », 12 septembre 2009).

Au sein des nations du continent régulièrement épinglées pour leurs atteintes aux droits humains, l’instrumentalisation politique de l’homophobie se révèle encore plus flagrante. Au début de l’année, les parlementaires nigérians votaient ainsi à l’unanimité un projet de loi interdisant le mariage entre personnes de même sexe. (« Nigeria’s proposed ban on same-sex partnerships an assault on human rights »). Comme chez le géant d’Afrique, l’homosexualité en Ouganda était elle aussi qualifiée de crime passible d’une peine de quatorze ans de prison. Le 10 octobre 2009, un mois après que le président Yoweri Museveni ait été confronté aux plus graves émeutes urbaines depuis le début de son long règne (« En Ouganda, des émeutes sanglantes fragilisent président Yoweri Museveni », par Jean-Philippe Remy, Le Monde, 15 septembre 2009) un nouveau projet de loi était déposé devant le Parlement ougandais. Visant à renforcer l’arsenal législatif contre les homosexuels — une communauté de près de 500 000 personnes sur 31 millions d’habitants selon les associations locales de défense des droits des homosexuels —, il va jusqu’à proposer, dans certains cas, la peine de mort. (« Uganda MP urges death for Gay Sex », BBC News, 15 octobre 2009). Cette proposition du député David Bahaty, membre du parti au pouvoir, le Mouvement Patriotique Ougandais, est soutenue par le Family Life Network, réseau évangélique international auquel est affiliée l’église pentecôtiste de Kampala. Ce lobby bénéficie d’importants soutiens au sein du gouvernement, notamment de la femme du président ougandais, Janet Museveni (« Le Lobby Evangélique à l’assaut de l’Ouganda », Le Monde diplomatique, Anouk Batard, janvier 2008). La proposition de loi survient six mois après l’organisation par le Family Life Network d’un atelier intitulé « Exposing the truth behind homosexuality and the homosexual agenda », auquel participèrent plusieurs fondamentalistes chrétiens américains connus pour leurs positions homophobes.

Pour Mme Solome Nakaweesi-Kimbugwe et M. Frank Mugisha, deux défenseurs ougandais des droits de l’homme, « tout semble indiquer que ce projet de loi ne soit qu’une tactique de diversion. A l’approche des élections générales de 2011, de nombreux ougandais demandent à ce que soient menées des réformes électorales ainsi que la création d’un plus large espace politique permettant l’expression de voix alternatives et un réel multipartisme. Une partie des tactiques de diversion en cours est destinée à engager le parlement et les citoyens ougandais dans des “débats moraux” à forte charge émotionnelle plutôt que sur les vraies questions de gouvernance auxquelles est confronté l’Ouganda. Cette proposition de loi fait partie de la vaste panoplie de questions morales, toutes axées sur le genre et la sexualité (et parmi lesquelles on retrouve l’homosexualité et la prostitution) qui domineront dans les mois à venir le débat parlementaire, laissant peu ou pas d’espace du tout aux discussions sur les réformes des lois électorales. Cette loi, si elle était votée, serait en tout cas un outil permettant, durant la précampagne électorale, de combattre les opposants politiques, même au sein du parti au pouvoir, tout comme un instrument destiné à nettoyer de toute dissidence le parlement au cas ou l’on n’arrivait pas à empêcher un nouveau parti politique de faire élire ses représentants. Dans ce cas, les principales cibles de cette loi seraient les jeunes politiciens, ceux qui sont célibataires, divorcés et tous les autres qui ne rentrent pas dans la grille morale imposée par Bahati et ses alliés » (« Bahati’s bill : A convenient distraction for Uganda’s government », Pambazuka News, 16 octobre 2009).

Poussés vers l’invisibilité

Après avoir baissé tout au cours des années 1990, le taux de prévalence du sida en Ouganda augmente. Il atteint actuellement près de 8 % de la population. L’Ouganda fut longtemps cité en exemple dans le monde pour le prétendu succès de ses programmes de lutte contre le sida. Largement financées par des ONG confessionnelles de type pentecôtiste opposées à l’usage des préservatifs, ses campagnes de sensibilisation et de prévention furent souvent placées sous le signe de l’abstinence et de la fidélité. L’Ouganda reconnaît aujourd’hui ne plus avoir les moyens de sa politique. La présidence de la République ougandaise a attribué à la crise financière mondiale le retrait de plusieurs bailleurs de fonds internationaux de ses programmes annuels de lutte contre l’épidémie. Les bailleurs de fonds en question expliquent plutôt leur retrait par la difficulté à justifier leurs dépenses, compte tenu de la corruption qui mine le pays et notamment les services de santé, et l’ostracisme dont furent atteints les communautés les plus touchées par l’épidémie, en premier lieu prostituées et homosexuels. Au même moment, au Malawi, dans un pays ou l’homosexualité reste passible de 14 ans d’emprisonnement, Mary Shawa, sa secrétaire à la Nutrition et au VIH-sida, déclarait : « Si nous voulons combattre le sida, il faut mettre en place une approche envers les groupes à risque, tels que les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. » (« Gay rights way to fight Aids in Malawi-Official », Agence Reuters, 15 septembre 2009).

En forçant ses minorités sexuelles à choisir l’invisibilité, l’Afrique fait plutôt l’inverse…

18 commentaires sur « Homosexuels : cibles émouvantes, boucs émissaires »

  • permalien
    21 octobre 2009 @19h05   »

    Hé bien… En entendant « tapis dans l’ombre » et « conspiration dangereuse contre les valeurs », on dirait qu’un certain type de vocabulaire devient à la mode ! Une fois c’est pour l’« ultra-gauche mouvance anarcho-autonome », une autre fois c’est pour les homosexuels, ça sera qui la prochaine fois ? Il faut croire que certains on décidé qu’il était temps de « faire peur », de trouver des boucs émissaires… C’est inquiétant ! Faire peur, encore et toujours…

  • permalien Fourminus :
    21 octobre 2009 @21h03   « »

    Je suis déçu par cet article.

    Vous sautez sans élan du Sénégal aux grands lacs.
    Habituelle erreur de considérer l’Afrique comme un grand pays... J’ai habité dans les deux zones (j’écris du Sénégal d’ailleurs) et vraiment elles n’ont rien en commun, hormis la couleur de peau des habitants.

    Finalement les éléments factuels présentés ne servent qu’à illustrer votre raisonnement : l’homosexualité doit être visible, en Afrique comme ailleurs.
    Je crois comprendre la base de ce raisonnement : puisque la visibilité a été bénéfique en occident elle doit l’être pour le Sénégal musulman ou les grands lacs chrétiens-animistes.

    Bref : si c’est bon pour nous, c’est bon pour eux... Éternel présupposé de la vocation universaliste de notre culture tellement meilleure. (pardon... le but n’est pas de vous traiter d’hortefiste... permettez moi de poursuivre)

    Renversons l’argument. En Europe l’adultère est un fait avéré. Ne s’agit il pas de polygamie invisible ? La polygamie ayant prouvée en Afrique sa capacité à générer des relations stables, l’Afrique n’est elle pas en droit de promouvoir ce modèle chez nous ? N’est il pas inique que des lois punissent en France la polygamie ?
    Non, ce raisonnement là n’est pas acceptable car : notre opinion sur ce sujet est qu’une femme est plus libre si elle a un seul mari (quitte à ce qu’il ai une maitresse).

    L’homosexualité est un concept occidental récent ; bien plus récent que les relations sexuelles entre hommes...
    Dans les grands lacs je prétend que ce concept n’existe pas. Des hommes ont des relations sexuelles avec des hommes, évidemment (et tant mieux). Mais le concept de mono sexualité masculine qui entre en concurrence avec la famille traditionnelle n’est qu’une importation occidentale.

    Au Sénégal existe le concept de Goordjigeen. Contraction de Goordji l’homme et Djigeen la Femme. Goordjigeen = l’homme-femme. Bien plus explicite que votre traduction : "hommes qui jouent a être une femme et, par généralisation, gays". Voyez comme vous avez ainsi détourné le concept sénégalais en celui occidental de "gay".

    (le commentaire est trop long je dois le scinder en deux)

  • permalien Fourminus :
    21 octobre 2009 @21h07   « »

    Suite :
    La différence est importante, suffisamment pour avoir envoyé en prison les 9 de Mbao. En effet, quelques semaines avant leur arrestation ils avaient bénéficié des conseils avisés de 2 militants gays français salariés d’associations de lutte contre le Sida. (Eh oui, nous utilisons le SIDA comme cheval de Troie... Étonnez vous ensuite des conséquences en Afrique du Sud ou ailleurs...)

    Les militants français avaient fait la leçon aux jeunes de Mbao : pour faire progresser vos droits une seule solution : faites comme nous, affirmez vous homosexuels.
    Peu importe les centaines d’années de pratique apaisées des relations entre hommes au Sénégal sans ce concept d’homosexualité. Peu importe que l’émergence de ce concept soit concomitant avec les débuts de la répression au Sénégal... Si c’est bon pour nous...

    Lorsque ces jeunes furent arrêtés, ils affirmèrent haut et fort, y compris devant le juge qu’ils étaient homosexuels et que ca n’est pas interdit. Le juge les envoya en prison...

    Ce commentaire est déjà trop long. Je n’ai même pas encore parlé des femmes entre elles, sujet que je connais certes moins bien.

    Ma conclusion : avant de proposer d’étendre les bienfaits de notre culture à l’univers, prenons toujours le temps d’en discuter avec le reste du monde... Même sur ce sujet.

    Je ne peux quand même pas terminer sans souligner un non dit majeur. Le fils du chef de l’Etat, prétendant à la succession de son père, dans au moins un des pays cité, est homosexuel, au sens occidental (ou il a vécu, il est binational)

    Certainement cela n’est pas pour rien dans la vague d’homophobie... Ici au Sénégal je ressens le parallèle entre le soutien indéfectible de la France à des élites qui sont favorables à nos industries et le refus des peuples de certains de nos concepts importés.
    C’est terrible pour les victimes. Cela, votre article le dit et je vous en remercie.

    Fourminus

  • permalien Jean-Christophe Servant :
    21 octobre 2009 @23h57   « »

    Cher Fourminus, merci pour ces précisions concernant l’étymologie exacte de Goordjigeen
    Vous noterez que nous essayons dans ce blog de référer recherches, post, articles, points de vue, rédigés par des hommes et des femmes de ces Afriques... si différentes, comme vous le faites remarquer aussi.
    Il me paraissait très intéressant, dans ce post, en mettant en résonance ces récents cas d’atteintes aux libertés individuelles, de signaler les terreaux socio-politiques sur lesquels ceux ci semblent actuellement se développer tout en signalant, non seulement la présence grandissante d’une pensée et recherche africaine sur le genre et les sexualités, mais également le développement d’un réseau d’ONG locales se battant pour les droits des gays, lesbiennes et minorités sexuelles du continent.
    Un Champs d’activisme qui est rarement signalé de ce côté de la Méditérranée.
    Je profite de cette occasion pour signaler que ce blog est ouvert à toutes propositions d’articles en résonance avec son intention : parler des Afriques finalement aussi "normalement" que nous parlerions de ce Vieux Continent d’où je vous réponds présentement.
    En concentré, certes, mais en essayant un tant soit peut de cintrer chaque fois l’information autour d’une thématique, et en tentant, au mieux, tache délicate je le reconnais, d’éviter l’ethnocentré.

  • permalien Anonyme 13 :
    22 octobre 2009 @07h19   « »

    A Fourmibus
    Il est tout de même assez aberrant de lire, au nom d’une critique de l’ethnocentrisme, une défense de l’homophobie !
    Je pense que l’on peut observer, si cela était nécessaire, l’abîme de non-sens dans lequel gît la "haine de l’Occident". Défendre les libertés et droits individuels c’est être ethnocentrique, ce qui veut dire pour certains, porter le mal en soi et dans ses paroles. Bravo pour la pensée bien faite. Et ce n’est vraiment pas comme ça que l’Afrique ira mieux !
    A bon entendeur !
    Et n’oublions pas que le vieux lion de la République sénégalaise, Leopold Sedar Senghor, aimait beaucoup les hommes...

  • permalien Dr Justice :
    22 octobre 2009 @12h49   « »

    Anonyme 13,
    Je crois que vous n’avez rien compris au très intelligent et très subtile texte de Fourmibus.

    Dr Justice

  • permalien Malimane :
    23 octobre 2009 @12h05   « »

    Fourmibus merci merci merci merci merci merci merci merci et encore merci . S’il existait des dirigeants africains qui pensent comme vous maintenant aurait trouver l’Afrique rivalise avec la Chine. Enfin merci, je ne te connais pas mais tu es excellent.

  • permalien skphere :
    23 octobre 2009 @18h09   « »

    Le commentaire de Fourminus est intéressant car il montre qu’il qu’il y a un grand décalage entre ce qu’il est possible de revendiquer en occident et la marge de manoeuvre très faible qui existe ...dans le reste du monde. Ce décalage est parfois juste maladroit parfois désastreux. Apparemment au Sénégal il a contribué a envoyé des jeunes gens en prison. En Egypte, en 2001, au moment de l’affaire du Queen Boat où 52 homos présumés étaient en prison et attendaient d’être jugés pour cette raison mais sous d’autres prétextes, l’association Act Up avait intitulé son action de "soutien" : "Rendez-nous nos 52 amants , Au Caire comme à Paris la sodomie c’est la vie". La provoc et l’esprit caustique, marque de fabrique de l’association, qui fonctionne peut-être à Paris, ne sont pas exportables dans beaucoup d’endroits et notamment en Egypte. Au même moment tous les hommes emprisonnés niaient fermement leur homosexualité, c’était leur seule chance d’échapper aux condamnations à la prison et aux mauvais traitements que l’on réserve aux gays ou présumés comme tels.

  • permalien malik boulthan :
    24 octobre 2009 @01h59   « »

    bonjour Fourminus,excusez mon français , il y a peu de temps que je l’apprends ,tous vos exemples sont très convaincants votre commentaire est assez juste , mais pour en revenir a excision pourquoi vous ne parlez jamais de circoncision en occident j’ai ma réponse j’attends la votre .

  • permalien kleeps :
    24 octobre 2009 @23h12   « »

    Medi,
    je ne sais pas par quelle logique (ou peut-etre par quel miracle !) vous associez homosexualité et phénomènes géologiques du genre volcans.

    Votre commentaire n’a pas le moindre fondement, de quelque nature que ce soit.

    Il est clair qu’il vous reste un long chemin à faire avant de commencer à réfléchir sans vous contredire en permanence.

  • permalien Le cousin :
    25 octobre 2009 @17h07   « »

    Le commentaire de Fourminus m’a touché intellectuellement parlant. Je suis gay, et j’ai tendance à être d’accord. Qui sommes-nous pour aller "plaquer" nos valeurs, notre style de vie, nos enjeux, chez les autres ? Qui dit que la démocratie est le meilleur système et la libre circulation des idées la meilleure chose qui soit arrivé à la société depuis l’invention du pain ? Les autres aussi ont droits à leur croyances, leurs "mode de vie"... Tout comme ils n’ont pas nécessairement le droit d’apporter certaines coutumes ou habitudes chez nous (Polygamie, excision -merci Malik sur la remarque sur la circoncision : En effet, pourquoi... ?- , censure des idées, Tribunaux islamiques, etc...), parceque contre nos lois, valeurs, nous devrions hésiter avant "d’exporter" nos droits chez eux... N’est-ce pas un peu ce que nous sommes en train de faire en Afganistan ?... Tant qu’à Mehdi,... Il est la raison même pour laquelle j’ai peur de me promener tard le soir ou de prendre l’avion... Il a le raisonnement d’un dangeureux paranoîaque mélant Dieu, Satan, sexe et Amérique dans un long et verbeux cocktail délirant contre "la différence" ou qu’elle soit.... Malheureusement, il y en a trop comme lui. On peut être religieux et croyant sans être dans un délire de persécution/grandeur : Quel épouvante !

  • permalien Murmure :
    25 octobre 2009 @17h57   « »

    A Le cousin

    Vous inquiétez pas pour Medi, hier... C’était le jour "Sans camisole".

  • permalien youre :
    27 octobre 2009 @17h00   « »

    firmous ou firmousus que sais je encore ? qu ’est qui vous oblige à vouloir cloner le monde à votre image ? la difference est richesse. autant vous defendez vos cultures permettez aux autres aussi de defendre les leurs. soyez europeen et nous africains ou est vraiment le problème ? le formatage vaille que vaille conduit aux chocs des civilisations.

  • permalien PAIX :
    1er novembre 2009 @13h53   « »

    Bonjour

    je suis d’accord avec youre car malgré les particularités variables de concepts et de forme, l’universel est voué au partage pour l’enrichissement culturel et traditionnel des nations, et l’inverse est promouvoir la peur et la violence par la division identitaire, quoi qu’il en soit.

    Pour recadrer une certaine réalité, au Sénégal les 9, comme avant au Cameroun les 11, ont été libéré grâce à l’activisme qui les anime et les soutien, de la même manière que partout dans le monde le changement social avance notamment grâce aux activistes qui font pression ou marquent le soutien à des gouvernements, vers l’humanisme plutôt que le conservatisme, quoi qu’il en soit.

    Si Obama avait pu fermer Guantanamo ou désarmer le monde en un jour ça se saurait, et si Harvey Milk n’avait pas existé comme Djadji Diouf et les neuf de Mbao aujourd’hui... Puissant courage et forte détermination pour vivre en paix et en confiance, à la façon de Lady Gaga : aller au bout du rêve de soi et demander à Barack, Wade, Biya, Obassandjo, Ahmanidejad, Mugabé, Sarkozy et les autres, d’en faire autant, quoi qu’il en soit !

    Quel commentaire sur la loi sociologique du modèle et du leader sachant que dans l’histoire africaine des modèles homosexuels ont existé, pas seulement dans le sport et la chanson mais aussi en politique. Il est depuis longtemps établi que le coming-out de personnages importants de la société fait progresser l’émancipation de genre dans les enclaves les plus reculées d’une chefferie, d’un clan ou d’une nation, quoi qu’il en soit.

    C’est l’émancipation que clament la jeunesse et l’ensemble de l’Afrique. Afrique qui chante et ovationne avec joie des leaders noirs musicaux comme Black Eyes Peas et des filles qui s’enlacent dans leur clip, au message d’amour et d’émancipation : LET’S DO IT, as Nike, as Madonna, as MJ et tant d’autres... Véritables icones en Afrique ! I Gotta Feeling...

    Les peuples africains, continent entouré d’océans et globalisé par l’effets des réseaux contemporains, intègrent le désir planétaire d’émancipation, quoi qu’il en soit !

    Merci Jean-Christophe Servant pour ton article bien référencé qui retrace fidèlement la réinvention soudaine de l’homophobie au Sénégal, appelant à un questionnement - dans ce pays, son continent et planétaire - à propos de la marche de l’inclusion politique et sociale juste et désintéressée versus l’archétypal réflexe avide d’exclusion de la victime émissaire. L’ère Obama, de partage, d’espoir et de confiance en l’humanité facilite la diffusion du paradigme inclusif de la science politique et des sciences sociales. LET’S DO IT ! Quoi qu’il en soit...

    Cheers

  • permalien Istyrl :
    27 novembre 2009 @10h15   « »

    @ Medi

    Va t ’ equiper d une ceinture d’ explosif, protege bien tes testicules (tres important ca). Fermes toutes les portes et les fenetres de ta maison et appuie sur le bouton pour declencher l explosion. Tu verras , elle seront la, tes vierges tant attendues, a te recevoir et t encourager dans ton paradis minable de l intolerance et du fanatisme.

    Tu nous fais pities...

  • permalien Dom :
    27 décembre 2009 @14h07   « »

    Je lis ce blog un peu tardivement. Peut-être mon commentaire sera-t-il tout de même lu.

    La question est moins la visibilité de l’homosexualité que le respect des homosexuels en tant que tels. Pour les homosexuels l’enjeu n’est plus de survivre, de vivre sa sexualité coûte que coûte y compris cachés, « entre deux portes », en prétendant à une vie hétérosexuelle ou encore en se prêtant à des rôles entre-genres - tels a priori ces Goordjigeen (c’est ce que suggère la brève définition de Fourmimus – sous réserve de confirmation). D’autres sociétés ont ou avaient ces personnages me semble-t-il ; en Inde par exemple. Le rôle peut convenir à certains (c’est leur identité) : ni hommes ni femmes ou au contraire les deux à la fois, voire proche de celui d’un eunuque soit d’un être sexuellement neutre que l’on associera pas à la notion de virilité – pas des hommes donc. Ceci ne correspond pas à l’identité de beaucoup d’homosexuels qui veulent être reconnus comme des hommes, aussi virils que les autres – des hommes ayant une sexualité avec d’autres hommes, aussi virils qu’eux, et établissant une vie de couple sur cette base – et ne pas être méprisés pour cela. Le raisonnement est identique pour les femmes.

    L’homosexualité est un « concept » en effet assez récent en Occident, qui n’a jamais fait l’unanimité et ne la fait toujours pas. Parmi les arguments invoqués est que cela est contraire à la civilisation, sous-entendu occidentale ou tout au moins (judéo)-chrétienne. L’Eglise Catholique elle-même reste encore très réservée sur le sujet même elle n’est plus dans la condamnation simple. Aujourd’hui, l’Eglise et les mouvements qui se réclament d’elle n’ont plus l’influence ni les pouvoirs matériels d’agir que l’une et les autres ont eu dans le passé. Sans cette évolution, il est à peu près certain que les comportements observés et les propos entendus au Sénégal de nos jours auraient pu être relevés en Europe aussi.

    (...)

  • permalien Dom :
    27 décembre 2009 @14h10   « »

    (...)

    Quant aux autres courants chrétiens, des Orthodoxes aux Luthériens suédois, toute la palette des opinions est représentée.

    Le concept d’homosexualité serait-il plus étranger à l’Afrique qu’à l’Occident ? Greffé en Occident mais non implantable en Afrique ? Ou l’Afrique, au moins le Sénégal, est-elle au contraire déjà plus avancée sur le sujet avec ses Goordjigeen et n’aurait donc pas besoin de ces artifices ? Reste qu’on a vu et lu des choses particulièrement choquantes : peut-on refuser une sépulture descente sous prétexte d’homosexualité ? que dire du projet de loi de peine capitale pour les homosexuels en Ouganda ?

    Ce concept et surtout les revendications qui l’accompagnent sont le fruit d’un cheminement aux origines incertaines mais qui est passé par les « lumières » du 18ième siècle, les révolutions dont la française et l’américaine, l’humanisme, quelques génocides pour se formuler sous la forme des droits de l’homme. Tout le débat est là – sont-ils « universels », ces droits ? Ils affirment la liberté individuelle, le respect de chacun et des autres. Doit-on y inclure l’orientation sexuelle ?

    Je n’ai pas d’opinion quant à ce que les gays et lesbiennes africain(e)s devraient faire. Ils sont probablement seuls à avoir la réponse. Prendre en compte les cultures et les manières de communiquer locales est sûrement un pré-requis. Et il est bien facile pour les organisations gaies et lesbiennes européennes de conseiller de l’étranger.

    N’oublions cependant pas que beaucoup ont souffert en Occident, y compris au 20ième siècle, avant que les choses ne bougent enfin pour les gays et les lesbiennes. Et le chemin est encore long. Si l’Afrique doit bouger sur ce point, cela ne se fera en effet pas du jour au lendemain.

    Merci à vous pour ces échanges très intéressants.

  • permalien Jean-Christophe Servant :
    6 janvier @10h20   «

    a lire, ce rapport commis par le pretre anglican zambien Kapya Kaoma : "Globalizing the culture wars : US conservatives, african churches and homophobia"
    http://www.publiceye.org/publicatio...

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