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Géographie de l’enfance

mercredi 28 octobre 2009, par Philippe Rekacewicz

Les enfants âgés de 0 à 14 ans sont aujourd’hui 1,9 milliards et la moitié d’entre eux n’ont accès à aucun des services fondamentaux auxquels ils ont droit : l’alimentation, la santé, l’éducation, la protection contre les abus. La géographie mondiale des droits de l’enfant désigne sans erreur possible les lieux de l’enfance en péril. C’est la géographie de tout ce qu’il manque. Les tâches sombres qui, sur les cartes, représentent les situations les plus dramatiques se retrouvent toujours sur les mêmes régions : l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du Sud où la plupart des Etats subissent encore avec violence les conséquences des politiques d’ajustement structurel des années 1980 et 1990. Comment des pays, priés de privatiser ses services publics, ou croulant sous une dette qu’ils peinent à rembourser, pourraient-il créer des systèmes de santé et d’éducation adaptés à leur population d’enfants ?

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Travail des enfants entre cinq et quatorze ans

Les droits des enfants y sont simplement bafoués, à commencer par le premier d’entre tous, le droit à la vie. Au Burkina Faso, au Mali ou au Tchad, un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Au Sierra Leone ou en Afghanistan, c’est un enfant sur quatre. Le droit d’exister aussi, d’acquérir une nationalité, une identité : de nombreux enfants ne sont toujours pas enregistrés à la naissance (plus de la moitié des enfants en Afrique sub-saharienne ou en Asie du Sud) malgré les efforts notables de quelques états pour remédier à cette situation, comme le Cambodge qui vient de terminer une vaste campagne au cours de laquelle plusieurs millions de personnes ont été finalement enregistrées. Le droit à l’alimentation enfin : environ un tiers des enfants en Afrique sahélienne ou en Inde absorbe largement moins de calories que le minimum quotidien nécessaire et souffrent de ce fait d’insuffisance pondérale plus ou moins grave.

Pour certains indicateurs, les courbes d’évolution montrent des situations qui, au mieux restent stable, au pire se détériorent, comme dans les régions occidentales ou orientales de l’Afrique. Retard de croissance et sous-nutrition touchent une part grandissante de la population enfantine, l’accès à l’eau et aux services d’assainissement ou aux centres de santé y est plus difficile que jamais.

Rappelons enfin que cette photographie de la situation des enfants dans le monde est anachronique. Comme souvent, les institutions internationales mandatées publient les statistiques socio-démographiques avec deux ou trois ans de retard, voir beaucoup plus dans certains cas. Soit les Etats eux mêmes ne produisent des enquêtes qu’une fois tous les cinq ou dix ans, soit les organisations internationales n’ont pas les budgets pour produire des statistiques plus à jour. Produire des chiffres coûte cher. L’Unesco, l’Unicef ou le PNUD publient en 2009 des statistiques de 2007 ou de 2006, de sorte que l’image cartographique présentée ici — bien que réalisée avec « les derniers chiffres disponibles » — montre une situation qui n’existe déjà plus en 2009. C’est paradoxal, surtout à l’heure ou n’importe quelle statistique économique ou financière est disponible le jour ou le mois même. Il faut dire que les budgets alloués pour la production de ces statistiques sont gigantesques (Banque mondiale, FMI et OCDE). Il est apparemment plus rentable de connaître l’état précis des PIB, du commerce international ou des transactions financières au jour le jour que de celui des enfants qui manquent de l’essentiel.

Lire, dans Le Monde diplomatique de novembre 2009 (en kiosques) : « Où vont tous ces enfants ? », par Claire Brisset.

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3 commentaires sur « Géographie de l’enfance »

  • permalien manou dornbierer :
    29 octobre 2009 @18h42   »

    Que fait Unicef vraiment ? Il lui faudrait bouger davantage et publier para excemple des statistiques sur l’état des enfants dans le pays où ils ont des boutiques. J’ offre mon espace jounalistique au Mexique pour les reproduire et ajouter des opinions. Merci MD

  • permalien Philippe Rekacewicz :
    12 novembre 2009 @01h34   « »

    Reuters, 11 novembre 2009

    La sous-alimentation entrave la croissance de millions d’enfants

    Près de 200 millions d’enfants vivant dans des pays en développement souffrent de problèmes de croissance et de santé en raison d’une mauvaise alimentation dans leur petite enfance, a fait savoir mercredi l’Unicef.

    En Asie, le pourcentage d’enfants souffrant d’un retard de croissance est cependant tombé de 44% en 1990 à 30% l’an dernier et en Afrique, il est passé de 38 à 34% sur la même période, indique un rapport de l’Unicef.

    En dépit de ce recul, 195 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance dû à une sous-alimentation pendant la période critique située entre la conception et le deuxième anniversaire.

    Les enfants sous-alimentés sont souvent en mauvaise santé et leur développement mental est plus lent. Lorsque ce problème est répandu, comme en Inde ou en Afghanistan, cela réduit la capacité de ces pays à améliorer leur économie et à éradiquer la pauvreté.

    "Plus du tiers des enfants qui meurent de pneumonie, de diarrhée et d’autres maladies auraient pu survivre s’ils n’avaient pas été sous-alimentés", a déclaré Ann Veneman, directrice générale de l’Unicef dans un communiqué.

    Plus de 90% des enfants de pays en développement souffrant de retards de croissance vivent en Afrique et en Asie. Un tiers d’entre eux, environ 60,8 millions, vivent en Inde.

    Parmi les pays où, selon l’Unicef, la prévalence des retards de croissance chez les enfants de moins de cinq ans est la plus forte figurent l’Afghanistan (59%), le Yémen (58%), le Guatemala et le Timor Oriental (tous deux 54%), la République démocratique du Congo (46%) et la Corée du Nord (45%).

    L’Inde, pays le plus peuplé au monde après la Chine, continue de compter un taux élevé d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’un retard de croissance, mais ce taux est tombé d’environ 52% en 1992-1993 à 43% en 2005-2006, précise l’Unicef.

    Ann Veneman a déclaré lors d’une téléconférence qu’environ 8,8 millions d’enfants mouraient chaque année de causes que l’on pourrait prévenir et que la sous-alimentation constitue un facteur contribuant à plus d’un tiers de ces morts.

    Elle a ajouté que l’accès à une alimentation adéquate pour les enfants et les mères enceintes ou allaitantes était lié au problème plus large de la sécurité alimentaire dans le monde où un milliard de personnes souffrent de la faim ou de la malnutrition.

    Louis Charbonneau, version française Nicole Dupont

  • permalien Philippe Rekacewicz :
    13 novembre 2009 @10h08   «

    le Réseau Education Sans Frontières affiche chaque dimanche sur le parvis de Notre-Dame les photographies de familles et d’enfants maltraités par la politique migratoire du gouvernement,voir les images et l’appel sur

    http://www.educationsansfrontieres....

    Dernier rendez-vous devant Notre-Dame ce dimanche 15 novembre de 16h à 17h. Et dimanche 22 novembre à l’occasion du 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

    Marie-Jésus Diaz

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