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Du djebel algérien aux montagnes afghanes

Nouvelle prospérité de la contre-insurrection à la française

jeudi 26 novembre 2009, par Philippe Leymarie

Souvenirs, souvenirs. Les stratèges français, en ces temps de doute sur la conduite à tenir dans le conflit afghan, multiplient les coups d’œil dans le rétroviseur : nationalisme, islam, tribus, guérilla, conflit asymétrique, contre-insurrection, population, bataille des esprits et des cœurs, actions civilo-militaires, sur fond de cailloux et de montagnes… Mais c’est bien sûr le djebel [1] algérien, la Kabylie, la pacification : une expérience certes cuisante, mais qui peut resservir !

C’est le général Bruno Dary qui donne le « la », dans une publication du Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF) : Nous avons pacifié Tazalt, journal de marche d’un officier parachutiste placé à la tête d’une Section administrative spécialisée (SAS) dans le Constantinois, en Algérie, en 1956-57. Dans sa préface, l’actuel gouverneur militaire de Paris affirme que « l’expérience algérienne vécue par l’armée française nous donne l’exemple d’une stabilisation réussie, ou sur le point de l’être, même si la pacification a été par la suite arrêtée, mais pour des raisons politiques et par la volonté du Président ». Pour lui, ce livre « reste entièrement d’actualité et s’inscrit même dans une vieille tradition française de pacification, chère à Galliéni, puis reprise par Lyautey et tant d’autres ».

Méthode de la tache d’huile

Le général cite justement une des consignes du général Galliéni à ses troupes qui viennent d’envahir Madagascar, à la fin du XIXe siècle : « Pacifier et occuper fortement le territoire par la méthode de la tache d’huile. Progresser constamment vers la périphérie. Combiner l’action politique et militaire pour prendre possession du pays. Entrer sans délai en contact intime avec les populations, connaître leur tendance, leur état d’esprit, et satisfaire à leur besoin pour les attacher, par la persuasion, aux institutions nouvelles. »

On pourrait, estime Bruno Dary, « reprendre aujourd’hui ces consignes mot pour mot, dans les règles d’engagement pour un ordre d’opération en Afghanistan » : c’est la « bataille des cœurs » désormais prônée par les stratèges américains, pour se sortir des bourbiers irakien et afghan. Car, poursuit le général, « on ne pacifie pas un pays en s’enfermant dans les camps retranchés — parce qu’on se coupe de la population —, ni en menant des opérations de jour — parce qu’on laisse le terrain libre à l’adversaire la nuit venue ». Cet engagement « corps et âme », conclut le général, implique une mise en danger, le « pacificateur » devenant une cible au milieu des populations : mais « est-on prêt à en payer le prix ? », se demande-t-il.

Le Clausewitz de la contre-insurrection

Les cercles stratégiques, ces derniers mois, se sont étonnés de l’influence qu’avaient pu avoir sur leurs collègues américains d’anciens spécialistes français de la « guerre révolutionnaire ». Dans un de ses Cahiers de la recherche doctrinale, le CDEF s’interroge sur « l’héritage français dans la pensée américaine de la contre-insurrection, de Galula à Petraeus ». Ce dernier, aujourd’hui à la tête du Commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM), a contribué à « pacifier » l’Irak, à partir de 2007, en tant que commandant en chef des forces américaines, sur la base d’un nouveau Manuel de contre-insurrection de l’US Army et de l’US Marines dont il avait supervisé la rédaction (lire « Manuel du parfait soldat », par Helena Cobban, Le Monde diplomatique, mars 2007).

Ce manuel intègre les grandes idées du lieutenant-colonel David Galula, considéré par certains comme le « Clausewitz de la contre-insurrection » : cet officier français avait observé les insurrections communistes des années 1950 en Asie du sud-est (Indochine, Malaisie, Philippines), ainsi que le soulèvement nationaliste en Algérie, et publié en 1964, avec le soutien de l’université de Harvard, son maître-ouvrage : Counterinsurgency Warfare, Theory ans Practice (Greenwood Press).

On y retrouve également l’influence du colonel Roger Trinquier, autre officier français, qui avait participé aux combats en Indochine puis à la bataille d’Alger, et théorisé "l’anti-subversion", mais sous un angle plus tactique que stratégique, dans La guerre moderne (La Table ronde, 1964).

Ces techniques auraient ensuite fait recette. Par exemple, en Amérique latine. Dans Escadrons de la mort, l’école française (La Découverte, 2003), la journaliste Marie-Monique Robin a enquêté sur les liens unissant les services secrets français à leurs homologues argentins et chiliens, montrant que des méthodes contre-insurrectionnelles utilisées durant la guerre d’Algérie (1954-1962), notamment l’usage généralisé de la torture, avaient été enseignées par des Français aux forces de sécurité argentines, qui les copièrent lors de la « guerre sale », de 1976 à 1982 (lire « De la guerre coloniale au terrorisme d’Etat », par Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, novembre 2004).

Savoir-faire politico-militaire

Dans Les Blancs s’en vont (Albin Michel, 1998), Pierre Messmer faisait une allusion à des liens souterrains également avec la Grèce des colonels. Dans L’Inavouable (Les Arènes, 2004), le journaliste Antoine de Saint-Exupéry écrit, à propos de ce qu’aurait été le rôle de la France dans le génocide au Rwanda : « Nous n’avons tenu ni machettes, ni fusils. Nous avons instruit les tueurs. Nous leur avons fourni la technologie : notre “théorie”. La méthodologie : notre “doctrine”. Nous avons appliqué au Rwanda un vieux concept tiré de notre histoire d’empire. De nos guerres coloniales. Des guerres qui devinrent “révolutionnaires” à l’épreuve de l’Indochine. Puis se firent “psychologiques” en Algérie... »

Une guerre noire – Enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994), de David Servenay et Gabriel Périès (La Découverte, 2007), établit justement la généalogie de ce qui fut pendant des décennies « un véritable savoir-faire politico-militaire de l’armée française ». Et qui, selon les auteurs, « a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans beaucoup d’Etats africains, dont le Rwanda des années 1960 » : « Ce n’est pas le fruit du hasard si l’un des meilleurs élèves africains de la “guerre révolutionnaire” perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. »

Des armes et des cœurs

Le colloque organisé en début de semaine par le Centre de doctrine d’emploi des forces s’intitulait « Des armes et des cœurs : les paradoxes des guerres d’aujourd’hui ». Et le général Thierry Ollivier, qui le commande, citait pour l’introduire un grand ancien, le maréchal Lyautey, lequel expliquait — dans une de ses Lettres du Tonkin — qu’il fallait y regarder à deux fois avant de « détruire un nid de rebelles la nuit, qui est souvent un marché le jour ». Une manière d’illustrer un des paradoxes (pour les militaires) des guerres d’aujourd’hui, dites de « stabilisation » : elles sont une course de vitesse avec l’adversaire, non pas tellement pour « remporter la victoire par les armes », mais pour « gagner la population ». D’où l’accent mis sur le « civilo-militaire », la recherche de la confiance des villageois…

Tout cela peut donner lieu à d’assez passionnants débats, comme celui qui s’est déroulé ces jours-ci sur le blog Alliance géostratégique à partir d’un article du général Gambotti dont voici un extrait :

« Pour l’Afghanistan je m’appuierai volontiers sur la formule de Mao la plus galvaudée, mais en l’occurrence la plus pertinente, “l’insurrection doit être dans la population comme un poisson dans l’eau”. Puisque le combat “poitrine contre poitrine” n’est pas le plus adéquat, oublions le poisson et concentrons-nous sur l’eau. »

Peau de léopard

« Faut-il siphonner le bocal, vider les zones à contrôler de leurs habitants ? Mode opératoire désespéré et inutile, certainement contreproductif si l’on accepte l’hypothèse que la population est l’environnement de la rébellion, son soutien mais aussi pour une partie de ses forces, son vivier. A mon sens, le conflit migrera avec les populations, les ferments insurrectionnels se répandant géographiquement selon le principe de la “peau de léopard”. De surcroît, les images de déportation de la population, de cet exode — destinés pourtant à offrir in fine la paix et la sérénité à cette population — pourraient être définitivement catastrophiques pour la coalition.

"Il reste donc à agir sur la nature de l’eau, faire que la population ne soit plus le biotope de l’insurrection. “Gagner les cœurs et les esprits” répond à cet objectif, mais n’est-il pas illusoire d’imaginer que le natif accepte la main tendue de l’étranger sans tendre ensuite lui-même la main à son fils ou à son frère ? Selon moi, il n’est pas cynique de penser que l’autochtone prend ce qui se trouve dans la main tendue et le partage avec sa fratrie, dans sa totalité et dans toute sa complexité. Un jour l’étranger quittera la vallée et si la gouvernance, l’infrastructure, l’économie, la sociologie n’ont pas changé, c’est qu’il partira vaincu et la population retournera à sa propre soumission, à ses propres contradictions. »

Déni de droit

Réaction, sur ce même blog « Alliance géostratégique », de Yves Cadiou : « Evoquer la guerre parmi les populations pose de nos jours une question fondamentale : de quel droit ? De nos jours, à juste raison et parce que les principes humanistes ont beaucoup progressé en Europe par comparaison à l’époque de CVC, nous différencions les concepts de “peuple” et de “population”. Pourtant ces mots sont, trop souvent encore, employés fautivement comme des synonymes : la population, ce sont des gens qui sont là, sur un terrain. Le Peuple, c’est la population mais avec son Histoire, ses traditions, une âme, des droits sur son territoire.

"Cet aspect de l’environnement des opérations ne semble pas intéresser les théoriciens de la guerre contre-insurrectionnelle. Ils sont en faute, car cet aspect est fondamental. Du moins il doit être fondamental pour nous Français, même si les tenants du “shoot them all” essayent de nous convaincre du contraire, en arguant que ce sont nos penseurs qui sont à l’origine de leurs principes d’action. Et l’on doit reconnaître aux Américains qu’ils sont constants : du massacre des Indiens à la théorie du choc des civilisations, c’est toujours la même idéologie au fond : le refus du Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes.

"Le problème sémantique (et surtout conceptuel) était présent chez nous lors de la guerre d’Algérie : “population algérienne” signifiait “l’Algérie c’est la France” mais “peuple algérien” aurait signifié qu’il s’agissait d’une guerre internationale. C’est pourquoi les opérations militaires en Algérie ne furent qualifiées de “guerre” qu’après l’indépendance. Auparavant et inversement c’était aussi pourquoi les communistes français, pour aider l’Indochine à passer dans le camp communiste, avaient imposé que soient nommées “guerre” nos opérations militaires en Indochine. On a maintenant inventé une expression, la “guerre asymétrique”. Mais ce n’est qu’une expression. En réalité c’est un déni des principes du Droit international que nous prétendons, sous le drapeau de l’ONU, promouvoir. »

« Robuste sursaut »

Ces jours-ci, le président américain — qui a déjà assuré qu’il « finira le travail » en Afghanistan — s’apprête à annoncer l’envoi de renforts, assorti peut-être d’un lointain calendrier de retrait. « Un sursaut [2] robuste mais temporaire serait le meilleur moyen de mettre fin à la guerre », soutient le général McChrystal, qui commande les troupes américaines et alliées en Afghanistan. A ce propos, repéré à la volée sur le Net (mais sans pouvoir retrouver l’auteur et l’adresse !), cette réflexion, à peu près en ces termes : « Renforcer les effectifs en guise de plan de retrait, c’est comme lorsqu’on détruisait un village au Vietnam, soit-disant pour le rendre plus sûr ! »

Notes

[1] Montagne ou massif montagneux, caractéristique de la géographie physique d’une partie de l’Algérie.

[2] Surge pourrait-il être traduit aussi par « montée subite », ou « frappe rapide » ?

24 commentaires sur « Nouvelle prospérité de la contre-insurrection à la française »

  • permalien oxymore :
    26 novembre 2009 @15h14   »

    armée de pacification

  • permalien YM :
    26 novembre 2009 @17h42   « »

    Le coeur du problème fait retour avec la maturation impossible d’un état nation qui manque d’agrégant singulierement depuis la fin de la royauté . La tutelle contractuelle des zones d’influence par les riverains ne semble plus hors sujet : un double pouvoir à la fois central et périphérique selon des lignes ethnolinguistiques aurait plus de pouvoir pour stabiliser les antagonismes

  • permalien Yvan :
    26 novembre 2009 @18h11   « »

    Ce qui est effrayant quand on regarde toutes ces aventures de "pacification" c’est qu’elles se déroulent toutes suivant le même schéma.

    Elle partent toutes du même postulat, c’est l’autre est un imbécile, un ennemi et qu’il regroupe dans ses rangs autant de crétins que de fanatiques. Pour les crétins la carotte et les instit. pour les fanatiques le bâton et la gégène.

    Ce qui amène les militaires fins stratèges a entreprendre une action que sans vergogne, il n’hésitent pas à qualifier de "psychologique" et qui consiste à ce que vulgairement on appelle "ménager la chèvre et le chou".

    Le problème c’est qu’à ce petit jeu nos "spécialistes" futés, face à l’empilement des échecs et se refusant à voir des êtres de la même espèce qu’eux en ceux qu’on [les politiciens] leur a désigné comme "ennemis" finissent par s’énerver et commencent à espérer un "retour de baraka" au détour de chaque djebel. C’est l’addiction, il sont shootés comme un joueur interdit bancaire devant un bandit manchot, et au bout du compte, non seulement ils se font bouffer par la chèvre mais ce qui est le comble du déshonneur par le chou !

    L’exemple le plus lumineux de ce phénomène à été vu cette semaine à la TV dans la concession française de Shanghai.

    Évidemment il arrive toujours un moment où quelqu’un doit siffler la fin de la partie, et comme toujours c’est toujours au moment où la baraka attendait au djebel suivant, et ce quelqu’un c’est forcément un "pékin", un "civelot", un politique !

    Il est possible qu’Obama dont le calendrier ne coïncide pas vraiment avec celui du général Mc Chrystal, finisse par accepter l’envoi de renforts en Afghanistan, mais ce sera au prix d’une check list serrée, avec validation de chaque étape, car la fin de la partie approche, les spectateurs commencent à s’impatienter, et il ne faudra pas attendre après les "pacificateurs" pour prendre la décision.

  • permalien K. :
    26 novembre 2009 @19h03   « »

    Evoquer la guerre parmi les populations pose de nos jours une question fondamentale : de quel droit ?

    Il est quand même extraordinaire que l’on n’entende que très rarement ce genre de réflexion.

    Merci pour le lien sur cet excellent article.

  • permalien Stéphane :
    26 novembre 2009 @21h01   « »
    Contre-insurrection à la française : éviter les amalgames !

    Je pense qu’il est facile de faire des amalgames. L’amalgame de concepts agrémenté d’anachronisme ne fait pas progresser le débat. J’ai l’impression que vous y avez quelque peu cédé dans certaines parties de votre billet. Si la colonisation n’a pas été toujours positive, tout ce qui a été fait n’a pas toujours été négatif, notamment de la part des forces armées. Par exemple, tout ce qui a été fait en Algérie ne fut pas négatif. Quand des forces armées alphabétisent des enfants d’un village ou soignent les malades, je ne conçois pas où se trouve le mal lorsqu’il s’agit d’améliorer le niveau de vie de la population. Vaut-il mieux ne rien faire ? Ne rien faire tue souvent plus souvent et surement que les bombes mais c’est moins visible.
    Par ailleurs, pour le Rwanda, l’accusation d’armer et d’entrainer les génocidaires, contre l’armée française, est récurrente. J’attends toujours que de vraies preuves soient produites. J’ai lu l’ouvrage de M. de Saint-Exupéry et je n’ai pas été franchement convaincu, même si je pense que ce drame est l’un des pires des 20 dernières années. Et puis, je pense que les autres peuples n’ont pas besoin d’une hypothétique école française pour mener des exactions contre des populations.
    Il faut raison garder car les formes armées occidentales, notamment françaises, commettent peu de dérives et celles-ci sont sévèrement sanctionnées lorsqu’elles existent. Le procès de recyclage de vieille méthodes ne me semble pas mérité. Il est injuste pour nos compatriotes déployés sur les théâtres d’opérations.

  • permalien une bille :
    26 novembre 2009 @21h53   « »

    Si le souvenir du 93 rue Lauriston a, avec beaucoup d’autres crimes, traumatisé les Allemands au point qu’aujourd’hui la moindre bavure de son armée est immédiatement sanctionnée :

    "Je vais démettre à sa demande le chef d’état-major (Wolfgang Schneiderhan) de ses fonctions et le secrétaire d’Etat à la Défense Peter Wichert assume aussi sa responsabilité", a annoncé devant les députés Karl-Theodor zu Guttenberg, ministre de la Défense depuis fin octobre.

    la France a développé de la villa Susini à la villa Grimaldi sa "french touch" avec la certitude de ceux qui, à temps, sont passés dans le camp des vainqueurs.
  • permalien Tarjean :
    27 novembre 2009 @03h41   « »
    Oui, mais creuser Panama, c’est plus compliqué que creuser Suez

    Le Military Headcount c’est pas mon sujet, mais...
    Faire de la contre-insurrection de l’autre côté de la Méditerranée avec des Colons qui entretiennent l’entertainment localement, c’est a priori pas pareil que faire la même chose exactement, mais 5000km plus loin, sans la plage, et sans les lampions des Colonies.

  • permalien
    27 novembre 2009 @05h12   « »
  • permalien Jean-Joël Kauffmann :
    27 novembre 2009 @05h25   « »

    Bonjour,

    "Ces techniques ["contre-insurrectionnelles"] auraient ensuite fait recette. Par exemple, en Amérique latine. Dans Escadrons de la mort, l’école française (La Découverte, 2003), la journaliste Marie-Monique Robin a enquêté sur les liens unissant les services secrets français à leurs homologues argentins et chiliens, montrant que des méthodes contre-insurrectionnelles utilisées durant la guerre d’Algérie (1954-1962), notamment l’usage généralisé de la torture, avaient été enseignées par des Français aux forces de sécurité argentines, qui les utilisèrent lors de la « guerre sale », de 1976 à 1982 (lire « De la guerre coloniale au terrorisme d’Etat », par Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, novembre 2004)."

    Selon Jacques Foccart, ces méthodes avaient déjà failli être utilisées lors des évènements de mai 1968 ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacque... ).

    "Nous avons été si loin contre eux, qu’il faut nous assurer de tous pour qu’ils ne nous fassent point de mal." (Alexandre VI Borgia, pape de 1492 à 1503). ( http://www.universalis.fr/encyclope... ). Les "élites" françaises actuelles étant conscientes de l’impopularité de leurs "réformes", il n’est pas exclu qu’elles finissent par avoir recours aux mêmes méthodes que Pinochet au Chili, les colonels Grecs ou les généraux Argentins.

    JJK

  • permalien alditas :
    27 novembre 2009 @09h41   « »

    Bonjour !

    La comédie humaine vient probablement des contradictions ....Quand il y a la guerre et ses misères, les gens courent dérrière la recherche de la paix et lorsqu’il y a la paix, les gens pour d’innombrables motifs, les gens cherchent la guerre.

    Qui transgresse les régles du jeu et qui profite de situation s confuses ?

  • permalien Murmure :
    27 novembre 2009 @10h17   « »

    Du moins il doit être fondamental pour nous Français, même si les tenants du “shoot them all” essayent de nous convaincre du contraire, en arguant que ce sont nos penseurs qui sont à l’origine de leurs principes d’action.

    pour nous Français qui sous l’égide de Mitterrand se distingueront par des frappes chirurgicales (c’est comme même du “shoot them all” ) lors de l’opération "Tempête du désert", alors qu’une signature de paix franco-Irakienne était à portée de secondes.

    pour nous Français qui avons participé a la mort de plus de 100 000 irakiens et le double sinon le triple en nombre de blessés.

    pour nous Français qui avons participé à l’élaboration de la résolution 661.

    Embargo faisant 8000 victimes, chaque mois en Irak, entre autres de la malnutrition de toute une population. Enfant en première ligne.

    pour nous Français essayez le profil bas, insurrection ou pas, vous êtes loin d’être les portes drapeau de “l’humanisme”. En période de guerre ou en période Sarkozy.

    La mémoire à beau être courte, elle efface les erreurs très rapidement d’un coup de crayon mais non la souffrance d’une population anéantie.

    Mais de quel droit ?

  • permalien Istyrl :
    27 novembre 2009 @10h35   « »

    « Vaut-il mieux ne rien faire ? »

    Probablement oui, en se basant sur le principe des peuples a disposer d’eux meme. Ce principe qui permet a des pays entier de s’ efondrer dans des guerres fratricides. Qui conduit des populations sous le joug de dictateur. Mai qui permet avec le temps , a ces meme peuples de se construire petit a petit...ou de disparaitre. Je suis un partisan du laisser faire, de l isolation organisee. L’ afghanistan ne sera pas pacifiee par une intervention exterieure, laissons les afghans se trouver LEUR equilibre, meme si malheureusement cela correspond a un retour a l’afghanistan des talibans . Veillons a ce qu’ ils ne propagent pas leur violence aux alentours en controlant leurs frontieres, mais arretons de croire que l’ on peut decider a leur place...C est malheureux, mais je suis convaincu que c est une des lois d’ equilibre dans l ensemble des especes vivantes, s’ adapter (muter ?) ...ou disparaitre, le reste n est qu ecran de fumee a des interet politiques ou economiques...Les afghans qui me liront risquent de me trouver cynique et ecoeurant, eux qui ont tant souffert de la situation talibane, mais avons nous fait mieux depuis en afghanistan (ou en Iraq ?)...

  • permalien K. :
    27 novembre 2009 @16h38   « »

    « Vaut-il mieux ne rien faire ? »

    Il faut quand même rappeler l’origine du “faire”, qui n’est pas, qui n’est jamais, améliorer le sort des populations envahies, et qui est améliorer la “sécurité” des pays envahisseurs, sécuriser les lignes d’approvisionnement, contrecarrer l’influence des peeer competitor, etc...

    Donc la question qui me parait plus pertinente est, Peut-on (“on”, les pays envahisseurs) se permettre de ne rien faire sans risquer une diminution de notre puissance, de notre domination ?

  • permalien K. :
    27 novembre 2009 @22h45   « »

    Pour info,

    Selon cette étude récente menée par des économistes US, si (aux Etats-Unis) les emplois créés grace aux activités militaires sont matériellement plus intéressants que ceux liés aux activités non militaires c’est essentiellement grace à une bien meilleure couverture de santé, qualifiée d’“excellente” dans l’article.

    Le plus intéressant est qu’il s’agit d’une assurance maladie ...publique, alors que « ce niveau des services gouvernementaux de soutien pour le personnel militaire est en contraste frappant avec la couverture beaucoup plus pauvre des autres secteurs de l’économie américaine. »

    Une explication pour comprendre la réticence de certains à accepter une assurance publique accessible au plus grand nombre, d’autant plus que, selon la même étude, les dépenses non-militaires créent bien plus d’emplois que les dépenses militaires (+ 151 % pour les dépenses liées à l’éducation).

  • permalien une bille :
    28 novembre 2009 @12h20   « »

    Maxime Le Forestier
    PARACHUTISTE
    Paroles et musique : Maxime Le Forestier, 1971

    Tu avais juste dix-huit ans
    Quand on t’a mis un béret rouge,
    Quand on t’a dit : "Rentre dedans
    Tout ce qui bouge."
    C’est pas exprès que t’étais fasciste,
    Parachutiste.

    Alors, de combat en combat,
    S’est formée ton intelligence.
    Tu sais qu’il n’y a ici-bas
    Que deux engeances :
    Les gens bien et les terroristes,
    Parachutiste

    Puis on t’a donné des galons,
    Héros de toutes les défaites
    Pour toutes les bonnes actions
    Que tu as faites.
    Tu torturais en spécialiste,
    Parachutiste.

    Alors sont venus les honneurs,
    Les décorations, les médailles
    Pour chaque balle au fond d’un coeur,
    Pour chaque entaille,
    Pour chaque croix noire sur ta liste,
    Parachutiste

    Mais, malheureusement pour toi,
    Bientôt se finira ta guerre :
    Plus de tueries, plus de combats.
    Que vas-tu faire ?
    C’est fini le travail d’artiste,
    Parachutiste.

    C’est plus qu’un travail de nana
    De commander à ceux qui savent lire,
    Surtout que t’as appris avec moi
    Ce que veut dire
    Le mot "antimilitariste",
    Parachutiste.

    Te as rien perdu de ton talent,
    Tu rates pas une embuscade
    Mais comme on ne tire pas vraiment,
    Tu trouves ça fade.
    C’est peut-être pour ça que t’as les yeux tristes,
    Parachutiste.

    Mais si te es vraiment trop gêné
    D’être payé à ne rien faire,
    Tu peux toujours te recycler
    Chez tes petits frères.
    Je crois qu’on engage dans la Police,
    Parachutiste.

  • permalien K. :
    28 novembre 2009 @20h24   « »

    On comprend que dans ce cas même le pistolet à eau, en complément des armes high tech bien sur, puisse être présenté comme la stratégie miracle pour combattre l’insurrection.

    Selon un article de USA Today (17/11/2009), le Pentagone se paie les services de généraux et amiraux à la retraite afin qu’ils offrent leurs conseils (soit dit en passant les sommes - et autres avantages matériels- obtenues par les anciens officiers sont bien supérieures à leur- déja confortable - retraite).

    Le problème est que la plupart de ces anciens officiers sont également embauchés par l’industrie de l’armement.

    McKissock is one of at least 158 retired admirals and generals the Pentagon has hired to offer advice under an unusual arrangement. Most of the retired officers, one to four stars in rank, have been paid hundreds of dollars an hour by the military even as they worked for companies seeking Defense Department contracts, a USA TODAY investigation found.

  • permalien K. :
    30 novembre 2009 @14h08   « »

    Pour Justin Raimondo du site Antiwar, l’attirance qu’exerce la doctrine Galula sur les stratéges US a comme prémisse la ferme conviction que la guerre d’Algérie comme celle du Vietnam étaient gagnables si seulement des « hommes politiques défaitistes » n’avaient pas mis des batons dans les roues des militaires.

    En même temps, les prochaines élections US se rapprochant à grand pas,

    Obama est saisi d’une mortelle peur d’être caractérisé de cette manière par les républicains – et les démocrates pro-guerre - et cela sous-tend une grande partie de la rhétorique sur l’Afghanistan comme étant une « guerre de nécessité », quand en fait il s’agit d’une nécessité politique.

  • permalien
    1er décembre 2009 @12h33   « »

    Petite faute relevée à la lecture de cet article très intéressant :
    l’auteur de L’inavouable, c’est Patrick de Saint-Exupéry, pas Antoine.

  • permalien
    1er décembre 2009 @13h25   « »

    Patrick, bien sûr. Dont acte !

  • permalien Sakhra :
    2 décembre 2009 @12h10   « »

    à Stéphane,

    "Si la colonisation n’a pas été toujours positive, tout ce qui a été fait n’a pas toujours été négatif, notamment de la part des forces armées. Par exemple, tout ce qui a été fait en Algérie ne fut pas négatif. Quand des forces armées alphabétisent des enfants d’un village ou soignent les malades, je ne conçois pas où se trouve le mal lorsqu’il s’agit d’améliorer le niveau de vie de la population. "

    Avez-vous demandé l’avis des "pacifiés" algériens, et comment ils "recevaient" cette "bienfaisance" ?

    Je vous le donne :
    1958, dans un village algérien, un Français en uniforme "m’alphabétisait".Il m’enseignait la langue française, ce n’était pas la langue de ma mère, ni de mon père, qu’un français avec le même uniforme avait "mis hors d’état de nuire".

    Un autre Français en uniforme, soignait la population du village, et pendant qu’il soignait, cette même population pouvait voir et entendre réguièrement, au loin dans le ciel ,des avions français bombarder au napalm les djebels, pour les "nettoyer" ...Ces avions étaient pilotés par des Français, avec le même uniforme, et ceux qui étaient bombardés, étaient les fils, les pères, les époux de "cette population"à qui on faisait tant de bien.

    C’ était positif pour vous, pour moi, c’était la dernière hypocrisie du colonialisme, qui espérait pouvoir ainsi, nous voir renier la Résistance .

  • permalien K. :
    25 décembre 2009 @01h59   « »

    Pour évaluer les stratégies militaires US, les journalistes US sollicitent des membres de "Boites à réflexion" (“Think-Tanks”) qui non seulement sont financés par l’industrie de l’armement, mais aussi participent à l’élaboration des stratégies en question.

    Il parait que les journalistes n’ont pas le choix, parce que donner la parole à des personnes qui conseillent d’éviter d’agresser les autres, “ça fait pas sérieux” (sic).

  • permalien K. :
    5 avril @19h18   « »

    « Sommet sur les armes alternatives » du 24 au 26 mai prochain à Washington DC :

    La nécessité de nouvelles et meilleures solutions pour aider les États-Unis et renforcer le rôle de la coalition du maintien de la paix n’a jamais été plus grande !

    Cette année l’accent sera mis sur les armes « non létales », qui reflètent,

    ...l’évolution de la stratégie de défense américaine concernant les opérations en milieux urbains, l’aide humanitaire, et les guerre irrégulières et non conventionnelles.

    Avec un programme spécial consacré au Moyen-Orient, et seulement au Moyen-Orient, le 24 Mai de 8:30am - 10:30am,

    Les Technologies moins meurtrières et le prisme culturel : La gestion des foules au Moyen-Orient :

    Bien que des hypothèses peuvent être émises sur le comportement des Occidentaux en réponse aux actions de renforcement de la loi, nous ne pouvons pas dire qu’elles sont les mêmes pour les cultures non occidentales.

    Les tactiques utilisées pour contrôler la foule aux États-Unis peut entrainer des interprétations et des réponses très différentes dans les cultures non-occidentales.

    Cette première partie [du programme] mettra l’accent sur les différences cognitives en fonction des cultures et sur l’influence de ces différences quant à la façon dont les individus interprètent l’utilisation des armes non létales.

  • permalien K. :
    25 juin @15h39   « »

    Paul Rogers, 24/06/2010 :

    Il est utile de rappeler que Stanley McChrystal a lui-même été installé à la place de David McKiernan pas plus tard qu’en mai 2009, ce qui signifie que Barack Obama a maintenant trois commandants en Afghanistan en moins de deux ans.

    Un temps encore plus court que celui qui a vu la succession rapide de commandants français - Jean de Lattre de Tassigny (1950-51), Raoul Salan (1952-53) et Henri de Navarre (1953-54) - dans les années désastreuses de la fin de la guerre d’Indochine qui a abouti à la chute de Dien Bien Phu en mai 1954 et au retrait précipité des Français.

  • permalien a h d :
    22 juillet @19h25   «

    ’’tout ce qui a ete fait en algerie ne fut pas negatif’’ecrit un lecteur.personne n’a demande a la france de venir massacrer les algeriens et sutout pas les premiers concernes,les algeriens sux memes.non seulement l’armee coloniale a commis des crimes abominables mais ses soldats perdus,ceux de l’oas,sont partis porter leurs methodes en amerique du sud.La, des regimes militaires,instruits et conseilles par les francais[avec la complicite des usa]ont utilise contre leurs peuples les methodes dites contre insurectionnelles mises au point par les leger ,godard,massu et bigeard lors de la bataille d’alger.on connait le resultat final,malgre les souffrances inouies,l’algerie est independante et les pays de l’amerique du sud vivent en democratie.l’insurection en afganistan,au pakistan et dans certaines parties du monde musulman ont pour origine la frustration nee de la situation faite au peuple palestinien.une reponse correcte a cette question fera immediatement tomber le niveau de violence.mais l’occident a besoin de gerres,c’est dans sa nature et dans sa culture.

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