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« Capitalism : A Love Story » et la critique française

Michael Moore l’impatient

jeudi 3 décembre 2009, par Mehdi Benallal

Après son attaque ciblée contre les actionnaires et dirigeants de General Motors (Roger et moi, 1989), son argumentaire contre les vendeurs d’armes à feu (Bowling For Columbine, 2002), son pamphlet contre l’administration Bush et sa « guerre contre le terrorisme » (Fahrenheit 9/11, 2004) et sa charge contre le système privé de santé états-unien (Sicko, 2007), Michael Moore a rassemblé ses critiques contre le virage à droite du capitalisme américain depuis la fin des années 1970 dans un nouveau film fleuve, Capitalism : A Love Story. Il y dénonce le racket du peuple américain par une poignée d’actionnaires, de grands patrons, de banquiers et d’hommes politiques complices, en appelle à l’action collective et place son espoir en un Barack Obama fraîchement élu [1].

Ce n’est pas un hasard si, parmi les critiques parues dans la presse et sur Internet, beaucoup associent le traitement de l’information par Michael Moore aux pratiques des médias dominants ; soit pour les opposer idéologiquement : « De la contre-propagande, face à une immense machine de guerre idéologique : les chaînes de télévision… » (Télérama), « Le contestainment de Moore est une réponse à l’infotainment » (Les Inrockuptibles) ; soit pour les assimiler : « Ses procédés se rapprochent fort des méthodes employées par ceux qu’il dézingue » (Fluctuat.net) ; soit pour les mettre en concurrence : « Il ne fait souvent que radoter ce que les différents journaux de la planète ont expliqué en mieux depuis septembre 2008 » (Libération), ou encore : « Dans le genre trublion inoffensif et complaisant, on préfère Karl Zéro » (Le Figaro).

Michael Moore fut d’abord journaliste et, d’une certaine manière, il l’est resté : ses méthodes (dramatisation, approximations, schématisme) rejoignent sans complexe le tout-venant d’une « information » qui se consomme plus qu’elle ne donne à réfléchir et douter. Son programme : « pop-corn et rébellion » [2], a au moins une moitié en commun avec le mot d’ordre inavoué des grandes chaînes de télévision privées (et parfois publiques) : « pop-corn et réaction ».

Pourtant, à quelques exceptions près, la presse s’est montrée plutôt bienveillante envers Capitalism : A Love Story. Cela s’explique d’abord, sans doute, par le contexte : la crise économique mondiale est bel et bien là et complique le rejet idéologique de la défense des classes populaires, fût-elle élémentaire et schématique.

Il y a aussi que Moore est ultra-minoritaire. Face au flux tendu d’informations triées et manipulées par les grands groupes, ses films sont des gouttes d’eau. L’énorme succès de Fahrenheit 9/11 n’a pas empêché, ni même vraiment gêné, la réélection de George W. Bush en 2004. Moore s’amuse d’ailleurs à accuser son profil de Don Quichotte en se filmant au bas des gratte-ciels au sommet desquels siègent les présidents de ces groupes qui licencient des milliers d’ouvriers et font payer par la masse des travailleurs les conséquences désastreuses de leur avidité. Jamais, bien évidemment, ces patrons-là ne se risquent à descendre écouter les doléances de Michael Moore, dont la solitude et la ténacité à vouloir les mettre en face de leurs responsabilités ne manquent pas de noblesse. Mais, au-delà de l’estime ou de la tendresse que tout un chacun peut avoir pour le personnage et son action, que valent ses films et comment en rend-on compte ?

Dans la presse française, Michael Moore réussit souvent à entraîner les critiques, qu’ils soient du même camp ou du camp adverse, sur son terrain, celui du débat sur le capitalisme et ses vices. L’Humanité Dimanche, par exemple, ne voit rien à redire à des méthodes qui servent une thèse juste : « Les détracteurs du cinéaste qui qualifient systématiquement ses films de “brûlots” l’accuseront sans doute, encore une fois, de ne pas faire dans la nuance, voire de prendre une certaine liberté avec les faits. (…) Mais Michael Moore n’a pas tort de le souligner : l’histoire lui a souvent donné raison. » A l’autre extrémité du spectre politique, l’éditorialiste du Figaro ne dit rien non plus de la méthode, se contentant de rappeler que « les milliardaires ont aussi perdu des fortunes dans la crise » et lançant grossièrement : « Le film lui ressemble : il est lourd et traîne des pieds. »

Dans les journaux ou magazines moins franchement partisans, on se place du point de vue du spectateur peu ou mal informé, et on reconnaît au film une valeur « citoyenne » : « On ne ressort pas du film plus éclairé (…) mais plus vigilant » (Libération) ; « Ses films ont peut-être le mérite d’agiter plaisamment le débat et d’éveiller la conscience d’une part du public essentiellement “informé” par les grands networks télévisuels » (Les Inrockuptibles) ; « [Son film] est d’abord l’œuvre d’un citoyen dont le rôle, désormais, et les temps le prouvent, va bien au-delà d’une fonction d’amuseur public » (Sud-Ouest).

Certains aspects du discours de Moore gênent néanmoins les critiques : trop engagé (« Il se laisse emporter par ses engagements au point de céder parfois à quelques raccourcis un peu rapides (sic) », Ouest-France), imprécis et confus (« Il n’évite pas certaines âneries, comme son opposition entre démocratie – système politique – et capitalisme – système économique », L’Express ; « Il confond allègrement capitalisme et libéralisme, qui ne sont pas exactement la même chose », Les Inrockuptibles), partial (« Il oublie que le plan initial de Paulson a été amendé et que même Barack Obama l’a finalement voté », La Tribune), le film de Moore a des défauts qui sont indissociables de son projet : désigner vite et fort les responsables de la détresse d’une partie du peuple américain.

Quant à sa méthode, elle suscite doutes et interrogations (« effets de montage faciles », Les Inrockuptibles ; « On patauge dans le bon sentiment », Libération), parfois le mépris ou la colère (« Question méthode, c’est pire que d’habitude », Libération ; « Inutile, grossier et malsain », Fluctuat.net), mais sans que les critiques aillent eux-mêmes au-delà de quelques raccourcis et descriptions sommaires, de sorte que tous semblent balancer entre le « propos noble » et la « forme démagogique » (Fluctuat.net) et que la plupart se rabattent sur un portrait de l’homme Moore, sur sa « franchise » (Libération), sa personnalité « singulière et attachante » (Le Monde) ou bien sa « roublardise » et sa « complaisance » (Le Figaro).

Le principal problème que posent les films de Michael Moore, et qui est peu relevé, réside dans le sort fait à l’image. Car l’image est son talon d’Achille, étant invariablement, dans Capitalism comme dans ses précédents longs métrages, à la remorque d’un discours militant plein à craquer. Jamais chez lui elle ne constitue une donnée concrète indépendante de ce que la voix off lui fait dire. Or, le bât blesse quand Michael Moore brandit n’importe quelle image comme preuve. Le plan furtif sur Obama acclamé par la foule, par exemple, semble donner raison au commentaire qui prophétise que le nouveau président pourrait tendre l’oreille vers le peuple plutôt que vers les milieux d’affaires. Seulement, on peut sans difficulté trouver des images des néoconservateurs John McCain ou George W. Bush devant des foules enthousiastes… Aux mains du monteur habile qu’est Moore, la priorité est au discours et à son ordre. Et l’image peut tomber bien bas, au niveau du micro-trottoir (témoignages pris à la volée) voire du voyeurisme, comme lorsque des gros plans nous montrent de pauvres gens pleurant leurs proches.

Le meilleur de Capitalism : A Love Story, ce sont les détournements, à la manière situationniste, de publicités ou de téléfilms (Moore fait ainsi tenir au Jésus-Christ d’un mauvais péplum le discours d’un ultra-libéral cynique : maximisez vos profits, les pauvres doivent payer, etc.). Michael Moore est à l’aise dans ce registre parce que ces images-là, il ne les a pas produites. Celles qu’il a lui-même fabriquées sont de simples faire-valoir à un discours pré-écrit et, limitées, ne prouvent ni ne montrent rien : gros plans type confession, plans généraux trop courts sur des groupes de squatteurs ou de grévistes, ralentis pathétiques, etc. Pour le reste, il emprunte une bonne part de ses images aux reportages télé.

Tout comme font les chaînes d’info ou la publicité, Moore s’emploie à refouler le contenu des images, toujours plus fuyantes et ambiguës que ce qu’un commentaire et une musique pourront bien en dire. Raccourcies par le temps (le film va à toute allure), aplaties par le commentaire (omniprésent), ses images n’existent pas, puisqu’elles ne laissent à rien ni personne le temps d’exister à l’écran. Il n’est guère étonnant que ses films aient si peu d’impact et que Michael Moore finisse par se lasser d’en faire (il songerait à passer à la fiction). On ne fera pas bouger le spectateur en le traitant comme font les médias dominants. La formidable propagande quotidienne pour la conservation des privilèges des uns et la soumission des autres renverra inexorablement dans l’oubli ces deux courtes heures d’informations citoyennes en accéléré.

La toute dernière image de Capitalism : A Love Story (il faut attendre la fin du générique pour la voir) nous montre un petit chien souriant ne faisant qu’une bouchée d’un très gros chien méchant. Ce dessin animé joliment utopiste, qui illustre le nom de la société de Michael Moore, Dog Eat Dog, donne la mesure de l’impatience du cinéaste. Moore rêve de renverser la donne en un claquement de doigts. Il oublie, ou ne veut pas voir, que l’Histoire prend son temps.

Capitalism : A Love Story, de Michael Moore. Sorti en salles le 25 novembre.

Notes

[1] Lire Serge Halimi, « Michael Moore attaque le capitalisme (et ménage Barack Obama) », La valise diplomatique, 19 novembre 2009.

[2] Michael Moore, cité dans : Jean-Luc Douin, « Michael Moore lance son dernier film, appel à la révolte contre le “système” », Le Monde, 7 septembre 2009.

10 commentaires sur « Michael Moore l’impatient »

  • permalien christophe :
    4 décembre 2009 @17h51   »

    J’ai vu quelques films de M. Moore et je les ai appréciés.
    Toutefois, j’ai la même conviction que l’auteur de l’article : des documentaires intéressants mais souvent anecdotiques, image "prétexte" dont l’interprétation laisse le champ libre à tous les discours, un ton souvent humoristique, voire cynique, des interviews fracassantes mais peu fouillées... Pourquoi ne se lance-t-il pas plutôt dans le journalisme écrit ? Le message ne perdrait rien de sa consistance.
    En tout état de cause, M. Moore a le mérite d’exister et de déranger, et c’est déjà beaucoup.
    Mais son approche "fanfaronne" des problèmes qu’il traite le rapproche davantage des anciens fous du roi que des critiques radicaux du capitalisme. Et d’ailleurs apprend-on vraiment quelque chose que l’on ne savait pas dans ses documentaires ? Je n’ai pas attendu (ni entendu du reste) M. Moore pour rejeter le capitalisme, et d’ailleurs je ne dirige pas une société de production, qui cherche logiquement à faire du profit. Il me fait penser à tous ces penseurs altermondialistes qui enfoncent des portes ouvertes tout en oubliant l’héritage idéologique, les critiques et les outils conceptuels du mouvement ouvrier depuis plus d’un siècle. Lipietz d’un côté, Marx et Mandel de l’autre... Lequel a le plus apporté ?
    Finalement, ce qui nous fascine chez M. Moore n’est-ce pas plutôt qu’il est l’un des rares (?) américains à professer ouvertement son aversion du système dominant ? Pourtant, chez lui comme chez beaucoup d’autres, l’enjeu n’est pas de changer l’ordre social, mais simplement de le réformer. Précisément, le défi n’est pas le même.

  • permalien da glodi :
    4 décembre 2009 @23h11   « »

    bravo por cet article ou est utilisé correctement le terme etats unien pour parler des yankees.christophe corrobore cette impregnation dans nos ames et ne nous ferait presque pas douter quand il dit que m moore ne rejette pas le capitalisme ni les americains... d ailleurs...c pas peu dire quand on voit christiana kirchner...lula...et meme morales qui comme hugo se soutiennent eux mêmes dans leur imperalisme americain non democratique...ouf.

  • permalien vlf :
    5 décembre 2009 @14h40   « »

    Michael Moore fait de la vulgarisation politique, comme d’autres en font de la scientifique. Destiné à "ceux qui n’y comprennent pas grand chose", ses films simplifient, parfois trop, et exposent les justifications qui l’arrangent pour confirmer sa thèse. Et forcement froissent "ceux qui savent". Et qui, de haut, prétendent faire le contraire.
    Je pense pourtant que c’est l’un des rares qui ne cache pas ses envies de nous convaincre au mépris de l’objectivité. Il ne la revendique aucunement, au contraire des médias qui, tout en manipulant encore plus mais peut être plus finement, nous font croire (quand ils n’y croient pas eux même) qu’ils sont objectifs.
    Voilà peut être la qualité de Moore, personnifier la subjectivité journalistique... Et faire connaitre des thèses ou tout du moins des critiques qui n’affleurent pas dans tout les journaux cités dans cet article. Avec une mention spéciale pour Le Figaro qui préfère Karl Zero. La bourgeoisie peut effet s’y reconnaitre sans difficulté et il n’y a pas plus inoffensif que celui qui ne veut surtout pas offenser...

    Dans une veine bien plus radicale que Moore (mais la critique de fond fait à Capitalism, a love story dans cet article peut aussi s’y appliquer), je vous conseille De la servitude moderne de Jean François Brient. Moins d’humour, plus de rage et que du détournement.

  • permalien Chris :
    7 décembre 2009 @12h27   « »

    Cet article a au moins le mérite de ne pas traiter les films de Moore par des raccourcis faciles comme ils le sont presque partout dans la presse - comme l’auteur le note d’ailleurs. Car ce n’est pas parce que les procédés semblent parfois "grossiers" que sa méthode manque complètement d’intérêt, et, surtout, de singularité. Ce n’est pas tant que Moore est "seul" à traiter de ces sujets (même dans son pays), c’est surtout qu’il le fait dans un style incomparable qui apporte quelque chose de nouveau au documentaire.

    La plupart des critiques que l’article formule peuvent ainsi, me semble-t-il, se résumer au fait que l’auteur déplore en réalité l’écart entre les films de Moore et le documentaire "pur" ou "classique" (trop de subjectivité, pas assez de plans longs laissant la complexité d’une image se dévoiler, etc...). Et s’il est bienvenu de s’interroger concrètement sur le "style" des films, cette critique, au fond, explicite l’un des principes sous-jacents de nombreuses critiques "progressistes" faites à Moore : nous ne sommes pas assez dans l’objectivité du documentaire, c’est de la manipulation d’images, etc...

    Encore une fois, comme les films de Moore sont multiples par définition dans les images qu’il utilise et le traitement qu’il en fait, cette critique porte parfois, à certains endroits. Mais en faire la seule position générale possible, c’est manquer l’interrogation qu’ils portent tout de même sur un procédé intéressant, celui de "l’intervention". Et ce n’est pas exactement la même chose que la "subjectivité", le "parti pris", etc... Surtout, c’est assez unique au cinéma. Il y a l’intervention sur les images, le "détournement", que l’auteur "sauve" de sa critique ; mais pourquoi nécessairement condamner les autres types d’intervention, notamment celles de Moore lui-même ? On rejette toujours un peu trop vite, à mon sens, les possibilités de ce type d’intervention pour en revenir aux principes rassurants du documentaire "classique", et juger à partir d’eux une œuvre novatrice.

  • permalien Chris :
    7 décembre 2009 @12h29   « »

    Il me semble même qu’on peut discuter le passage le plus intéressant de l’article sur le discours en voix-off qui "assigne" un sens à l’image. Sur ce point, de nouveau, on trouvera certes quelques exemples qui appuient cette thèse. Mais elle est un peu générale, y compris sur ce dernier film, qui n’est certes pas le plus réussi : la voix-off opère-t-elle systématiquement ce "doublage" de l’image ? Je n’en suis pas si sûr. Une bonne partie de la voix-off, au début, est consacrée à une sorte d’autobiographie intellectuelle de Moore (d’où vient d’ailleurs le titre "A love story"). On y voit la naissance d’un doute. Alors, bien sûr, c’est aussi le moment où certains raccourcis vertigineux dans l’histoire du capitalisme transparaissent. Mais cet aspect "autobiographique" me semble renforcer l’une des constantes de toutes les voix-off chez Moore : elles posent beaucoup de questions. On pourrait répondre que ce ne sont pas de "vraies" questions, qu’elles sont rhétoriques, ironiques, etc... Or, la composante ici clairement autobiographique souligne que Moore se pose, ou au moins s’est posé ces questions. Elles ont aussi l’effet de miner l’évidence de certains principes qui régissent nos sociétés capitalistes. Bref, Moore ne fait pas qu’affirmer des thèses ou des mots d’ordre dans ses voix-off, tout n’est pas qu’imprécation et jugement.

    Un exemple : un commentaire ci-dessus juge Moore peu radical, trop "réformiste". Un autre commentaire, cité dans l’article, l’accuse de simplifier bêtement en mettant sur le même plan économie et politique. En réalité, dans le film, le cheminement "naïf" (faussement ou pas, peu importe) propre à Moore l’amène dans des usines qui adoptent un fonctionnement démocratique, et cela l’interroge sur le fait que la démocratie, à laquelle tout le monde fait allégeance, s’arrête souvent aux portes de l’entreprise. Alors, Moore se demande si ce n’est pas cela, le socialisme : la démocratie partout. Je veux bien que Moore soit "réformiste" (qu’est-ce que ça veut dire ?), mais ce socialisme-là est un tout petit peu plus radical que celui, disons, de nos "socialistes" français...

  • permalien Chris :
    7 décembre 2009 @12h29   « »

    La voix-off n’est pas là uniquement pour assigner un sens aux images. Elle raconte certes une histoire, mais c’est aussi l’histoire du questionnement de Moore, dont il est clair qu’il n’est pas né socialiste, et qu’il tâtonne quand il s’en approche. Exactement, d’ailleurs, comme ces salariés qu’il rencontre, et qui décident, à un moment, de reprendre leur entreprise, de changer l’organisation du travail, à partir de rien, à partir de questions, de colères, de sentiments même. Du coup, non seulement c’est intéressant pour tout le monde, mais ça l’est en particulier dans le contexte de la société américaine : dans le discours de Moore, et dans celui des gens qu’il rencontre, ce "socialisme" hybride naît aussi de traditions locales, d’une réinterprétation de la fameuse "communauté" (toujours centrale dans le discours politique et social aux Etats-Unis), des références religieuses, de l’attachement à l’entreprise, etc...

    Ainsi, Moore nous montre un bricolage plus qu’une thèse. Et pas seulement un bricolage des images (le "détournement"). Et ce bricolage, que l’on critique en le trouvant peu systématique, trop brouillon, c’est celui de tous ceux qui, à un moment, tentent d’inventer de nouvelles formes d’organisation sociale, d’organisation du travail, etc... Dire alors que Moore nous "fait la leçon" sur les images, c’est un peu injuste : il part d’une idéologie très systématique qui produit de l’injustice, et pour en sortir, COMME TOUT LE MONDE, il bricole, il cherche.

  • permalien Fredo :
    7 décembre 2009 @14h55   « »

    Peu importe ce que l’on pense de sa façon de travailler, Michael Moore réalise des films qui dénonce le système capitaliste américain, le documentaire "sicko" est très intéréssant..malheureusement il semble que Michael Moore joue beaucoup de son image, et cède légèrement à la "peopolisation", comme récemment lors d’une célebre émission américaine symbole et digne de ce système qu’il dénonce, ou il a déclaré avoir passé la soirée avec Hugo Chavez..c qui ç est avéré être complètement faux par la suite..dans quel intêret Michael Moore a t-il menti et voulu discrédité l’un des hommes qui représente l’espoir de l’Amérique Latine et des classes populaires du monde entier ? l’un des hommes à avoir subi et à subir les attaques de l’impérialisme US ? Cela amène à réfléchir sur l’ambiguité de Mr Moore, en tout cas ces films ne font pas de mal loin de là.

  • permalien vieilledame :
    7 décembre 2009 @19h50   « »

    je pense que Moore est obligé de faire le bouffon... autrement, il se ferait assassiner ou Mac Carthysé...
    cependant, j’aime bien la façon dont il retourne les armes des media suppôts du capitalisme contre celui-ci (comme GreenPeace).
    Il ne faut pas oublier que ce sont de gens héroïques, qui risquent gros. (à propos, le racisme anti-gros progresse, non ?)...
    mais je comprends aussi qu’il soit las d’utiliser de telles armes, même si cela pouvait être très amusant pendant un temps (aaaah, les attachées de presse de sa tournée d’écrivain...vous vous souvenez ?)
    Greenpeace a d’autres armes, comme les dossiers tout prêts-mâchés pour homme politique indigent...
    On peut remarquer qu’il fait très bien le tris dans nos media à nous : dis moi ce que tu penses de Moore et tu me dis qui tu es... non ?

  • permalien lele :
    10 décembre 2009 @00h02   « »

    Si les coups de Gueule de Moore ont le mérite d’éveiller ou de réveiller certaines consciences, ils n’échappent pas à l’inefficacité ambiante à trouver des solutions fortes aux dégâts du néo-libéralisme sur des couches de plus en plus importantes de nos populations...Seules des politiques étatiques fortes (mais intelligentes et surtout respectueuses des libertés individuelles) peuvent nous extirper de ce bourbier dans lequel nous enlisent dangeureusement les prophètes de l’individualisme roi...

  • permalien David :
    20 janvier 2010 @13h32   «

    J’apprécie ce genre d’énergumène poil-à-gratter, même si on le dit inoffensif. L’existence au plan médiatique de personnes comme M. Moore n’est pas étonnante. Elle symbolise la démission du politique devant les comportements cyniques des figures du capitalisme et les doigts d’honneur permanents faits aux modestes et aux pauvres par les ultra-libéraux. Les politiques ne sont pas aveugles mais lâches, ils ne veulent et n’ont jamais voulu réguler un tant soit peu le système capitaliste, car les détenteurs des richesses les tiennent par les c... et qu’eux-mêmes trempent et même barbotent allègrement dans le système.
    M. Moore vulgarise en schématisant. Et alors ? Pour moi tous ceux qui s’en prennent aux réalisations de Moore sont des petits bourgeois satisfaits du système à l’intérieur duquel ils sont trop bien installés pour vouloir en changer. Ils se préoccupent de relever des erreurs ici et là sans s’occuper des propos et des problèmes de fond qu’ils soulèvent. C’est une position bien commode de critiquer un journaliste américain qui sait qu’il est minoritaire, que son combat est quasiment vain, mais pas l’espoir, alors que l’on est ici en France, devant son petit clavier, à jouer les commères sur un tel et tel autre.
    Les intentions nobles de Moore excusent les petites erreurs et les approximations. Laissons-le mener sa lutte. Elle est salutaire, même si elle ne produit pas de grands effets (pour l’instant). Et puis qui peut savoir ce qui se passe dans les esprits de ceux qui visionnent ses documentaires ?

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