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Camus, Leconte et la mélancolie coloniale

dimanche 10 janvier 2010, par Alain Gresh

Personne n’a pu y échapper. Lundi 4 janvier, à l’unisson, les radios publiques et la télévision ont marqué le cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus. C’est devenu une habitude : nous traquons les anniversaires d’événements ou de personnages qui permettent de nous ressourcer dans les lieux communs du moment. Ces commémorations souvent rituelles, rarement stimulantes, sont la plupart du temps exaspérantes tant elles assènent banalités et évidences, et aussi une volonté rarement dissimulée de discréditer aussi bien les pensées dissidentes que les révoltes qui ont marqué l’histoire. Régulièrement, les bornes du supportable, nous ne dirons même pas de l’honnêteté, sont allègrement franchies. Ce fut le cas lors de l’entretien sur France Inter avec Daniel Leconte.

Que Daniel Leconte soit un grand ami de Philippe Val, directeur de la station ; qu’il ait réalisé un médiocre documentaire sur le procès de l’ancien directeur de Charlie Hebdo autour des caricatures de Mahomet, C’est dur d’être aimé par des cons (2008), n’a, évidemment, rien à voir avec cette invitation. Pas plus que son implication dans la campagne de l’extrême droite juive contre le journaliste de France 2 Charles Enderlin. Les titres de gloire de Leconte sont nombreux ; le documentariste s’est illustré dans les dénonciations de la gauche radicale (Mona Chollet, « “De quoi j’me mêle !”, ou quand Arte dérape », Le Courrier, 10 mai 2004). Il est aussi l’auteur d’un obscur opuscule sur Camus dont personne n’avait entendu parler, mais que France Inter a exhumé et dont on pressent que le thème central sera : « qu’elles étaient belles nos colonies »... Et l’idée que si la France avait seulement consenti à quelques réformes, les colonisés auraient accepté avec joie de vivre dans notre grand pays, symbole de toutes les libertés.

Pour réussir cette « démonstration », Daniel Leconte doit effectuer quelques tours de passe-passe intellectuels — rien n’est outrancier quand il s’agit de défendre la bonne cause. Et d’abord expliquer que la violence durant la guerre d’Algérie fut le résultat du choix du Front de libération nationale algérien (FLN) : ce n’est qu’ensuite qu’il y a eu une riposte française.

« Sur la question de la fin et des moyens, ça veut dire que l’on pouvait être du côté des Algériens, du nationalisme algérien ; comme lui, on pouvait encourager l’idée d’un Etat fédéral sans aller jusqu’à l’indépendance, MAIS en refusant les moyens qui étaient utilisés. C’est-à-dire en refusant de placer une bombe dans un endroit public, comme ça a été le cas au milieu de bars. Ce qui est, en gros, probablement l’acte fondateur du terrorisme moderne. Celui qui dit en fait “on tue les gens pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils font”. Et ça, c’est terrible ! Au milieu de bars, on a mis une bombe qui a tué une première fois huit personnes. Vous, moi, pouvions y être ! Des enfants ont été tués à ce moment-là ! Ça a été ça, si vous voulez, la première signature du terrorisme à Alger. Il y avait, et il y a eu, par la suite, Massu, la torture. Il y avait ce cycle infernal des deux côtés. Mais on a condamné, si vous voulez, la torture du côté français (et on la condamne toujours), mais peu de voix (la seule, c’était celle de Camus) s’élevaient contre l’utilisation de cette arme absolue, qui était une arme terrible. On voit bien aujourd’hui où ça nous mène. Cinquante après, nous avons aujourd’hui ramassé les conséquences de cela. L’histoire de l’arme des pauvres, etc. On a le droit de tout faire, tout est permis, au nom de la cause. »

Vous avez bien noté :

— D’abord, on a eu le FLN qui a posé des bombes et tué des innocents ;

— Il y a eu, par la suite, Massu, la torture. Les politiques et l’armée français n’ont fait que répondre à une violence suscitée par leurs ennemis.

Oubliés les massacres de Sétif, la violence quotidienne de la colonisation, la banalisation de la torture bien avant 1954 et le début de l’insurrection algérienne.

D’autre part, Leconte affirme que l’on pouvait être pour le nationalisme algérien, sans aller jusqu’à l’indépendance... Que veut dire ce galimatias, assaisonné de l’idée d’un Etat fédéral ? Une seule chose : il ne fallait pas d’Etat indépendant algérien. Pourquoi ? Leconte ne le dit pas... En d’autres termes, il fallait la poursuite de la domination française, certes « humanisée »...

Revenons sur la question de la violence, car pour Leconte, et il a raison, elle est d’actualité. Nous avons aujourd’hui, explique-t-il, « l’histoire de l’arme des pauvres », sous-entendant que la violence, dans notre monde, c’est celle des pauvres, justifiée par quelques intellectuels égarés : la violence des Palestiniens, celle du terrorisme, etc. Mais pourquoi ne dit-il rien sur la violence des Etats-Unis en Irak ou en Afghanistan, sur celle d’Israël contre les Palestiniens à Gaza et ailleurs, etc.? Sans doute parce qu’il pense qu’elle est une riposte justifiée à la violence des pauvres... A se demander qui a déclenché la guerre d’Irak en 2003, ou qui occupe la Palestine. Il est vrai que Leconte considère la guerre d’Irak comme une guerre juste...

Certes, la violence n’est pas toujours la meilleure voie à suivre. Les Palestiniens peuvent réfléchir sur l’usage de la non-violence. Mais, parfois, il n’y a pas d’autre voie et, au risque de me répéter, je reprendrai ce qu’écrivait Nelson Mandela évoquant ses négociations avec le gouvernement sud-africain et les demandes d’arrêter la violence : « Je répondais que l’Etat était responsable de la violence et que c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. » (Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Livre de poche, p. 647.) Et, en Algérie en 1954, aucune autre voie n’existait pour le peuple algérien, tant la violence de la colonisation bouchait toute perspective politique.

Bien sûr, Leconte oppose Camus à Sartre. « Sartre a théorisé la libération des peuples. Avec toutes les conséquences que cela a eu. La grandeur que cela a eu, et les débordements. Je crois que Camus est l’homme de la philosophie de la liberté individuelle. C’est ce qui fait sa modernité, et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, Camus nous rend plus service que Sartre. Je crois que c’est ça, la vraie différence entre les deux. » Si on le comprend bien, la libération des peuples n’est plus à l’ordre du jour, ce qu’il faut défendre c’est la liberté individuelle, effaçant une fois de plus la ligne de démarcation qui n’a pas disparu entre dominants et dominés.

Camus ne se résume pas à ses positions politiques. Il fut à la fois celui qui dénonçait le colonialisme dans les années 1930 et celui qui resta muet pendant presque toute la guerre d’Algérie. De ce point de vue, on peut lui préférer Francis Jeanson, membre du comité de rédaction des Temps modernes, qui s’engagea dans le soutien direct au FLN. Ou Yves Vié-Lesage, ce catholique professeur de philosophie à Oran évoqué par Messaoud Benyoucef dans Le Monde (« Fallait-il préférer sa mère à la justice ou affronter les ultras de l’OAS ? », 9 janvier) : « Ces temps, décidément, sont scélérats qui voient le Barnum indécent de ceux qui sont revenus de tout, de ceux qui ont renié tout et son contraire, de ceux qui n’attendaient qu’un alibi solide pour se soustraire à leur simple devoir d’humain, de ceux qui ne rêvaient que de dénoncer les “pièges de l’engagement” pour pouvoir se consacrer - enfin ! - à leur petitesse, s’ébranler pour de fabuleuses ripailles derrière une effigie [celle de Camus] qui n’en peut mais, certes, mais qui aurait dû y penser. » Que des catholiques, des curés, au nom de leur foi, aient combattu le colonialisme, se soient même engagés aux côtés du FLN, tandis que des soi-disant défenseurs de la République laïque et universelle se sont retrouvés aux côtés des ultras, est à méditer...

Incontestablement, Albert Camus fut un grand écrivain. Ce qui n’empêche pas de contester ses positions politiques ni de lire son œuvre, comme l’a fait Edward Said dans L’Orientalisme, à travers la grille orientaliste. Mais, quoi qu’il en soit, Camus ne mérite pas des avocats comme Daniel Leconte.

Propagande israélienne

A lire, cet article de Serge Dumont dans le quotidien suisse Le Temps (8 janvier) : « Israël muscle sa riposte sur le Net ». Espérons qu’il n’y a pas sur ce blog des professionnels payés... :-)

Palestinisraël : voyage en pays inconnu

Palestinisraël : voyage en pays inconnu de Sébastien Boussois (éditions du Cygne, 2009) montre, à travers une centaine de photos et des chroniques, la vie quotidienne sur cette terre déchirée qui pourrait devenir, pense l’auteur, un ensemble homogène, un nouveau pays, « Palestineisraël ».

145 commentaires sur « Camus, Leconte et la mélancolie coloniale »

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  • permalien
    10 janvier 2010 @14h13   »

    c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte

    Doit-on comprendre que les meuchants Britanniques n’ont pas utilisé la violence contre les opprimés d’Inde ?

  • permalien Yvan :
    10 janvier 2010 @14h14   « »

    Entre le promontoire au dessus des ruines de Tipaza, où la stèle à Camus dit : "Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure" et le mont Chénoua, Il y a une immense plage qu’on appelle Matares.


    Au milieu de la plage de Matares, il y a une source. C’est à cette source que l’anti-héros de l’ Étranger, Meursault à tué l’Arabe. Tout est dit sur tout.

    "Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. Tout à l’heure, quand je me jetterai dans les absinthes pour me faire entrer leur parfum dans le corps, j’aurai conscience, contre tous les préjugés, d’accomplir une vérité qui est celle du soleil et sera aussi celle de ma mort."

    Extrait de l’essai d’Albert Camus, "Noces à Tipaza"

    Leconte combien de divisions ?

  • permalien elbé :
    10 janvier 2010 @14h20   « »

    Camus, ce grand écrivain, n’était pas un grand philosophe. Face à Sartre, il ne faisait pas le poids. Néanmoins, les questions qu’il a soulevé pendant la guerre d’Algérie méritent d’être discutées. Elles ne se réduisent pas à ce qu’en dit Leconte. On peut en effet, et on est en droit de se poser la question de savoir si des méthodes utilisées pendant une guerre ne préfigurent pas un futur gouvernement violent et totalitaire.
    Cette interrogation n’est légitime que si l’on dénonce au préalable l’état, responsable de la colonisation. Mais ce n’est pas suffisant pour légitimer l’interrogation. En effet comment "oublier" que la Colonisation s’est faite par la violence et a perduré par la violence ?
    Sartre, puis Mandela ont eu raison de dire que le choix des armes, c’est l’occupant qui en décide et non l’inverse comme le fait croire Leconte.

    Les moyens utilisés par une rébellion contre une occupation ne sont que le pâle reflet des moyens utilisés contre cette rébellion. S’ils sont douteux, c’est qu’ils renvoient faiblement l’image des moyens qu’ils subissent.

    Comment oublier les villages brulés au napalm ? Les maisons qu’on enfumait pour en faire sortir les habitants et y faire mourir les récalcitrants ? Et ceux qui en sortaient, battus, fusillés contre le mur ? Des pauvres hères dont on éclatait la tête de leurs enfants contre les murs ? Les femmes déshabillées et violées devant leur famille ? Les hommes jetés vivants du haut des hélicoptères , fusillés , torturés ?

    Soutenir un combat contre une oppression coloniale ne revient pas à fermer les yeux sur les moyens. Mais à comprendre le manque de choix. Et à en faire porter ENTIÈREMENT la responsabilité sur le colonisateur.

    Pendant la lutte, dénoncer publiquement la violence des moyens du combattant revient concrètement à conforter le colon. C’est ce qu’a fait Camus. On peut comprendre les scrupules moraux, les partager. Mais pas quand cela revient objectivement à donner raison à l’oppresseur.
    Rien n’empêche le militant, auprès de ses compagnons de lutte et/ou une fois le combat gagné, de s’élever contre la violence si elle perdure et contre le totalitarisme s’il s’érige en système de gouvernance.

    Définitivement pour Sartre et Mandela ,contre Camus.

  • permalien elbé :
    10 janvier 2010 @14h31   « »

    Espérons qu’il n’y a pas sur ce blog des professionnels payés... :-)

    PERDU !

    Il suffit d’en lire certains, qui sévissent aussi ailleurs. Sur facebook notemment.

  • permalien elbé :
    10 janvier 2010 @14h38   « »

    Quant à un hypothétique état israélo-palestinien, la perspective s’éloigne de plus en plus, à supposer que les israeliens en voudraient. Ce qu’ils n’ont jamais désiré.

    A supposer qu’un De Gaulle isrélien appelle à la fraternisation, le "je vous ai compris", on peut compter sur une autre OAS pour la réduire à néant.

    Je crains que de toutes façons, ce serait à la fois, trop peu et trop tard.

  • permalien RW :
    10 janvier 2010 @15h15   « »

    Dans toute guerre, le meurtre de civils perpétré sciemment est intolérable, c’est ainsi que je comprends la position de Camus.

    Une chose qu’il ne faudrait pas oublier au sujet de la guerre d’Algérie, c’est la volonté, de part et d’autre, de mettre hors-jeu les “tièdes” et d’éradiquer ceux qui pouvaient... disons faire le pont entre les différents camps. C’est ainsi qu’on a abouti en fin de compte à la confrontation OAS-FLN, avec les résultats que l’on sait.

    Au risque de faire grincer pas mal de dents, je tiens à préciser que je mets les porteurs de valise du FLN et les gens qui finançaient les commandos Delta dans le meme sac immonde que ceux qui, de tout temps, ont procuré de l’argent à des tueurs de civils.

    Ce qui n’enlève rien à la nécessité du combat pour l’indépendance de l’Algérie — au tout début duquel, est-il nécessaire de le rappeler, seuls des objectifs militaires et des notables musulmans avaient été désignés par le FLN.

  • permalien elbé :
    10 janvier 2010 @15h28   « »

    Je suis pour les tièdes quand le dialogue est possible et voulu. Quand il n’est ni voulu, et rendu impossible par l’occupant,- car c’est toujours lui qui détermine son opposant, -il vient le moment où être "tiède" s’apparente à de la trahison.

    Il suffit de penser au successeur d’Arafat : Mahmoud Abbas.

  • permalien elbé :
    10 janvier 2010 @15h43   « »

    A RW,

    Ceux qui ont voulu faire le pont, comme vous dites, ont fait le pied de grue dans les anti-chambres ministériels françaises pendant des années. Pour uniquement plaider à une égalité de traitement entre les colons et les "indigènes". En vain. Parfois ils n’étaient même pas reçus. Ils se sont donc résignés à rejoindre la lutte armée. Croyez-vous que ce fut de gaité de coeur ? Qu’ils étaient assoifés de sang ?
    Vous dites que le FLN ,au début n’appellait qu’à cibler des militaires. Alors, posez-vous la question de savoir pourquoi, ils se sont ensuite pris à des civils.

    Ne serait-ce pas parce que l’armée française s’en est prise à des civils ?
    Ne serait-ce pas parce que le FLN ne disposait pas d’armements sophistiqués pour bombarder des militaires en nombre ? Alors que l’armée française disposait, elle d’avions pour bombarder de napalm des villages entiers, où demeuraient des civils.

    Si un autre choix fut possible, il n’a pas été voulu par La France.

  • permalien elbé :
    10 janvier 2010 @15h52   « »

    Je rajouterais :

    Et quand il a été voulu par la France, les algériens n’en voulaient plus : D’abord, on leur accordait trop peu mais aussi trop tard.

    A ceux tentés de saisir ce trop peu et ce trop tard, je vous accorde que le FLN s’est montré à leur égard impitoyable.

    Mais il ne pouvait pas en être autrement, en regard d’une indépendance qui s’est voulu totale.

  • permalien Olivier :
    10 janvier 2010 @16h05   « »

    Merci cher Alain Gresh.
    On peut révérer le Camus des années 30, celui de la Résistance, et se permettre de porter un regard critique sur le Camus de la guerre d’Algérie.
    Merci aussi pour Sartre, qui a une fois de plus reçu son lot de coup de pieds de l’âne (Demorrand).
    Quant à Leconte, monsieur-j’ai-le-melon-et-je-ne-compte-pas-me-soigner : son compte est bon ! N’en jetez plus !
    Son néo-conservatisme matinal suffit à gâcher la journée.

  • permalien christophe :
    10 janvier 2010 @16h15   « »

    Effectivement, merci Alain Gresh pour votre refus du conformisme ambiant.
    On peut admirer l’oeuvre littéraire de Camus, moins sa production pseudo-philosophique et dénoncer son colonialisme à peine feutré sous couvert de dénoncer les extrémistes de tout poil. Finalement, si l’on en croit Camus, mieux ne valait rien faire plutôt que d’employer la violence face à l’Etat colonial : pain bénit pour les colons ! On en oublierait qui a été l’agresseur...
    Et puis ces consensus mous autour des "grands hommes", ras-le-bol ! Je trouve la situation révélatrice : le besoin de s’identifier à un sauveur, à un héros, à un rassembleur. A quand l’éloge politique de Louis Ferdinand Céline puisque son oeuvre littéraire est reconnue excellente ?

  • permalien Nathan :
    10 janvier 2010 @16h33   « »

    On sent bien que Elbé ne fera pas de quartier si les circonstances l’exigeaient. Je crains qu’on ne doit pas attendre beaucoup de mansuétude de sa part.

    Lorsqu’on mène un combat politique, même juste, doit-on s’abstenir de tout critère éthique ? La fin justifie-t-elle nécessairement les moyens ? Les Khmers rouges sont-ils justifiés d’avoir exterminé le quart de leur peuple sur l’autel de la guerre anti-impérialiste ?

  • permalien sebastien :
    10 janvier 2010 @16h37   « »

    Camus a été vilipendé par les partisans de l’Algérie Française en janvier 1956 lorsqu’il proposait une trêve civile, pour que l’armée française et le FLN épargnent les civils.
    Je crois que Camus connaissait l’Algérie, et qu’il était attaché à son caractère multiculturel, c’était une position assez proche de celle des communistes.
    Le FLN prônait une Algérie arabe et islamique, ce que Camus, ni arabe, ni musulman, ne pouvait accepter.
    Pour Sartre le FLN avait raison, quelque soit sa vision de l’Algérie indépendante.

    Mais la vision du FLN de l’Algérie n’est pas sans causer des remous au sein du peuple algérien.

    Je cite Kateb Yacine : « L’Algérie est un pays subjugué par le mythe de la nation arabe, car c’est au nom de l’arabisation que l’on réprime le tamazight. En Algérie, comme dans le monde entier, on croit que l’arabe est la langue des Algériens. »
    Pourquoi je ne suis pas musulman.

    « L’Algérie arabo-islamique, c’est une Algérie contre elle-même, une Algérie étrangère à elle-même. C’est une Algérie imposée par les armes, parce que l’islam ne se fait pas avec des bonbons et des roses. Il s’est fait dans les larmes et le sang, il s’est fait par l’écrasement, par la violence, par le mépris, par la haine, par les pires abjections que puisse supporter un peuple. On voit le résultat. »
    Aux origines des cultures du peuple : entretien avec Kateb Yacine » (1987), dans Revue Awal, n° 9/1992 - Hommage à Kateb Yacine, Kateb Yacine, éd. MSH, 1992, p. 127

  • permalien sebastien :
    10 janvier 2010 @16h38   « »

    Pourquoi il a existé un mouvement indépendantiste algérien, le MNA, de Messali Hadj, un des pionniers du nationalisme algérien, qui a été massacré par le FLN ?

    Pourquoi les communistes, en tant que parti, ce sont méfiés du FLN, et cela même si des militants se sont joints au FLN ?

    Des questions dont les réponses permettraient de mieux comprendre Camus et la Guerre d’Algérie.

  • permalien une bille :
    10 janvier 2010 @16h54   « »

    Qu’est-ce qui relie Camus à Céline ?

    Sartre Bien sûr.

    Tandis que le brillant élève de terminale "philo" du Lycée Henry IV qu’il est resté toute sa vie mesurait la longueur de sa philozizie à celle de Camus celui-ci lui répondait dans son roman à clés La Peste par l’intermédiaire du docteur Rieux : « Je n’ai pas de goût, je crois, pour l’héroïsme et la sainteté. Ce qui m’intéresse, c’est d’être un homme. »

    Car Camus n’a pas eu vraiment le choix : Interdit de philosophie républicaine pour cause de tuberculose, il a été condamné sa courte vie durant à douter,... lui.

    Mais notre incorrigible premier de la classe avait besoin d’un second pour se mettre en valeur. Après s’être retrouvé "agité du bocal" pour avoir essayé de mordre le cancre Céline, il a finalement jeté son dévolu sur cet insaisissable écolier buissonnier qu’était Camus.

  • permalien Ben Adeb :
    10 janvier 2010 @17h39   « »

    Tristement convenue, la lecture de Messaoud Benyoucef de la phrase de Camus prononcée après le prix Nobel lui permet de n’y voir que « l’aveu candide qu’il ne pouvait imaginer pour sa mère d’autre statut que celui que lui garantissait l’oppression d’un peuple ». Pendant que Messaoud Benyoucef poursuivait heureusement des études « en classe de terminale philo », la mère analphabète de Camus, avait sans doute cessé depuis peu ses ménages pour subvenir aux besoins élémentaires de sa famille. Certes sur le plan historique, cela « fait un peu tache ». Il faut également beaucoup d’ignorance des haines dont Camus fut l’objet de la part des « ultras » pour pouvoir affirmer qu’il « n’(avait) pas renoncé à l’ordre de la tribu ».
    Depuis deux ou trois décennies, le démontage en règle de la pensée progressiste dont celle d’une Gauche qui avait pour elle le « sens de l’histoire », recourt à grand renfort d’approximations à des penseurs critiques anti-autoritaires. Ceux qui avaient été hier l’objet de divers procès en sorcellerie, de moult déqualifications de la part d’une Gauche alors intellectuellement hégémonique — on se souvient des « vipères lubriques », des « philosophes de classe de terminale » — sont aujourd’hui instrumentalisés par les conservateurs. Qu’un Le Pen ou un Finkielkraut se réclament de Péguy suffit aux intelligents d’aujourd’hui pour se dispenser de la lecture des Cahiers de la Quinzaine. Qu’un Leconte nauséabond distille son galimatias en citant Camus, et tous ces esprits « libres » de continuer, droits dans leurs bottes, à « préférer » Sartre, Jeanson et — pour le petit coup de peinture — Mandela contre Camus. Car bien sûr, il n’y a aucun « creux » dans leur vision du monde, aucun espace d’interrogation laissé en déshérence, aucune « question absente » comme aurait dit le vieux Charlie Marx. Rien que du plein. Rien que du solide. Face à la réaction, les questions d’un Péguy aux Dreyfusards sont sans intérêt. Face la violence coloniale, les questions d’un Camus frisent la collaboration avec l’ennemi. Longtemps après, beaucoup — psychanalyste en herbe, apprenti moraliste — y vont de leur fiel en dénonçant ou en prêtant — au présent — des positions à Camus. Ainsi ils disent plus des à peu près sur lesquels repose leur conscience rassasiée que de la pensée pas seulement solaire mais incarnée et enracinée, douloureuse et située d’un Camus.
    En ces temps de défaite idéologique, quelques uns n’ont de cesse de sauver le soldat Sartre en conspuant Camus. Dans le long désarmement théorique tri-décennal, ils auront bien méritée de la Patrie reconnaissante. Il aurait pourtant été intéressant ici, non pas de choisir un peu stupidement Sartre contre Camus ou l’inverse, mais de tenter de les penser ensemble.

  • permalien Sakhra :
    10 janvier 2010 @17h56   « »

    Sébastien, et la" nostalgérie"

    Je crois que Camus connaissait l’Algérie, et qu’il était attaché à son caractère multiculturel, c’était une position assez proche de celle des communistes.
    Le FLN prônait une Algérie arabe et islamique, ce que Camus, ni arabe, ni musulman, ne pouvait accepter

    Quel est le texte ou la déclaration du FLN combattant qui prônait une Algérie Arabe et musulmane ?

    De quels communistes parlez-vous ? De Thorez ou du PCF, qui a voté les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet pour la répression féroce du mouvement national algérien, de ceux, qui considéraient que H Curiel était un communiste Egyptien "douteux", parce qu’il était anticolonialiste, et qu’il a soutenu les mouvements de libération des peuples opprimés ?
    ou encore des "communistes, qui ont participé au génocide perpétré à Sétif, Guelma, Sedrata,le 8 mai 1945, contre un peuple désarmé, ?

    Quant à Camus, pour qui l’Algérien, l’Arabe, comme il l’écrivait(comme les sionistes, quand ils parlent des Palestiniens),n’avait ni nom, ni prénom dans ses romans, n’était qu’un élément du "décor", il a combattu pour "sa mère", c-à-d la France colonialiste, il a combattu pour" l’Algérie française".

    "Non, Camus n’a jamais été un homme de paix, bien au contraire"

    Ce sont des communistes Algériens, qui le disent.

    http://solidarite-internationale-pc...

  • permalien gloc :
    10 janvier 2010 @18h21   « »

    Sakhra : Quel est le texte ou la déclaration du FLN combattant qui prônait une Algérie Arabe et musulmane ?

    Quel est le texte ou la déclaration de Camus qui prônait que "Camus n’a jamais été un homme de paix, bien au contraire"

  • permalien K. :
    10 janvier 2010 @18h30   « »

    On sent bien que Elbé ne fera pas de quartier si les circonstances l’exigeaient. Je crains qu’on ne doit pas attendre beaucoup de mansuétude de sa part.

    Lorsqu’on mène un combat politique, même juste, doit-on s’abstenir de tout critère éthique ? La fin justifie-t-elle nécessairement les moyens ? Les Khmers rouges sont-ils justifiés d’avoir exterminé le quart de leur peuple sur l’autel de la guerre anti-impérialiste ?

    Mais quel rapport avec ce qu’a écrit Elbé ? ça n’a strictement rien à voir ! Et à partir de ce que les autres auraient prétendument dit et qu’ils n’ont jamais dit, ils se lancent dans leurs tirades aussi grandiloquentes que soporifiques.

    Je vais vous expliquer ce qu’a dit Elbé.

    Elbé a dit que si vous espérez que 300 millions d’Arabes allaient accepter de trainer dans la boue et la misère juste pour faire plaisir à Israel c’est que vous êtes dans un état encore plus délirant qu’on ne le pensait, et que les misérables qui leur servent de dirigeants et que chaperonnent vos misérables dirigeants n’y pourront rien changer.

    Elbé essaye de vous faire comprendre que si vous pensez que vos appels à la soumission pouvaient être pris pour des appels à la paix, vos innombrables posts racistes et haineux, aussi enrobés de miel- ah ! qu’il est poisseux- soient-ils, sans compter votre volonté de conserver la supériorité militaire écrasante d’Israel, font que vous n’avez aucune chance d’y réussir.

  • permalien Mike :
    10 janvier 2010 @19h00   « »

    Nathan :
    10 janvier @16h33

    (...) Les Khmers rouges sont-ils justifiés d’avoir exterminé le quart de leur peuple sur l’autel de la guerre anti-impérialiste ?

    As-tu des difficultés en arithmétique Nathan, ou est-ce une habitude de trafiquer les chiffres ?

  • permalien Anonyme 13 :
    10 janvier 2010 @19h04   « »

    K.,

    Je croyais qu’on parlait de l’Algérie et de Camus...

    Vous voyez que c’est vous qui êtes obsédé !

  • permalien Anonyme 13 :
    10 janvier 2010 @19h07   « »

    Après l’ex-numéro deux du régime Nuon Chea et l’ancien chef de la diplomatie Ieng Sary, l’ex-chef d’Etat du régime ultra-radical, Khieu Samphan, âgé de 78 ans, a été inculpé vendredi de génocide par les deux co-juges d’instruction. Les trois hommes sont déjà inculpés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour le massacre d’1,7 million de personnes, soit 20 % de la population khmère de l’époque.

  • permalien Mike :
    10 janvier 2010 @19h52   « »

    Anonyme 13 :
    10 janvier @19h07 (...)

    En 2002 le dernier recensement officiel au Cambodge datait de 1962, pour information... Arnaud Dubus se fonde sur quoi donc pour comptabiliser 1,7 million de victimes et son pourcentage de 20% ???

  • permalien Karim B., Montréal :
    10 janvier 2010 @20h31   « »

    Elbé,

    merci pour vos commentaires riches et pertinents et félicitations à Alain Gresh pour un autre article qui vise juste.

    J’ai jeté un coup d’oeil à votre blog et c’est de l’excellent travail.

    Malheureusement, je ne suis pas étonné des commentaires réactionnaires de certains habitués de ce site.

    En effet, le passage suivant répond bien à tout ceux qui pensent que les Algériens avaient vraiment le choix de ne pas se battre pour recouvrer leur indépendance et qu’ils sont responsables du sang versé :

    "Ceux qui ont voulu faire le pont, comme vous dites, ont fait le pied de grue dans les anti-chambres ministériels françaises pendant des années. Pour uniquement plaider à une égalité de traitement entre les colons et les "indigènes". En vain. Parfois ils n’étaient même pas reçus. Ils se sont donc résignés à rejoindre la lutte armée. Croyez-vous que ce fut de gaité de coeur ? Qu’ils étaient assoifés de sang ?
    Vous dites que le FLN ,au début n’appellait qu’à cibler des militaires. Alors, posez-vous la question de savoir pourquoi, ils se sont ensuite pris à des civils."

    Les Daniel Leconte et ceux qui le soutiennent sont des négationnistes qui préfèrent blâmer les victimes de la colonisation plutôt que de blâmer le colonialisme et la colonisation.

    Leur vision est la suivante : "le colonialisme ce n’était pas si mal, le colonialisme c’était mieux que l’indépendance et la guerre de libération n’était pas justifiée."

    C’est toute la pensée des nostalgiques de l’Algérie francaise.

  • permalien Karim B., Montréal :
    10 janvier 2010 @20h35   « »

    Quant à Kateb Yacine, que dire sinon qu’il comparait les Arabes du VIIIe siècle avec les Francais des XIXe et XXe.

    Comme si des crimes commis par des Arabes au Moyen-Äge justifiaient ceux des Francais durant la période coloniale.

    Une tradition amazighe ancienne voulait que les tribus battues sur le terrain s’assimile volontairement aux us et coutumes des gagnants. C’était une coutume amazighe.

    (voir:COMMENT LA BERBÉRIE EST DEVENUE LE MAGHREB ARABE par Gabriel Camps dans http://www.mondeberbere.com/)

    C’est pour ça que les Maghrébins arabes ont tous sans exceptions, du sang amazighe.

    On peut blâmer avec raison l’arabocentrisme, mais faire des Arabes des monstres et leur régime pire que celui de l’Apartheid qui prévalait dans la France coloniale est une abberation au niveau historique et morale.

    De plus, ajoutons que l’arabocentrisme contemporain, au Maghreb et ailleurs, est calqué sur le modèle d’intégration jacobiniste à la francaise.

    Avant la colonisation et l’indépendance, c’était l’ordre tribal et le droit coutumier qui prévalait. Les tribus amazighes et arabes vivaient de manière indépendante.

    Aux partisans des thèses de Kateb Yacine et sa haine de l’arabe musulman qui remplace dans leur imaginaire le colonisateur européen (réel celui-là), je suggère "La mère du Printemps" de Driss Chraibi.

    Les Amazighes dans leur écrasante majorité aimaient l’Islam mais n’aimaient tout simplement pas la domination politique arabe.

    Et je terminerais en rappelant que pendant très longtemps le Maghreb a été dominé par des empires amazighes musulmans.

    Donc, dans le cas de Leconte, Yacine et cie, comme pensée réactionnaire, on ne peut pas vraiment faire mieux.

    Les défenseurs de l’Algérie francaise sont comme les trafiquants d’esclaves et les partisans de l’apartheid qui affirmaient que l’esclavage en Amérique était une oeuvre civilisatrice qui améliorait le sort des Africains.

    Camus, c’est la défense du statut coloniale, la défaite de la pensée, bref, le nihilisme.

    C’est pas de la nourriture pour l’âme, c’est plutôt un poison distillée.

    La morale : ne vous battez pas pour recouvrez votre liberté, mieux vaut en vie et enchainée.

  • permalien K. :
    10 janvier 2010 @20h48   « »

    @ Anonyme 13,

    à partir de ce que les autres auraient prétendument dit et qu’ils n’ont jamais dit, ils se lancent dans leurs tirades aussi grandiloquentes que soporifiques.”

    Etant donné que la réponse de votre compère n’avait rien à voir avec le commentaire de Elbé sur la “tiédeur”, je me suis dit que ce qui vous a gêné est peut-être ce passage de mon post ?

  • permalien Nathan :
    10 janvier 2010 @21h03   « »

    K. : 10 janvier @18h30
    Elbé a dit que si vous espérez que 300 millions d’Arabes allaient accepter de trainer dans la boue et la misère juste pour faire plaisir à Israel

    Mon cher, les 300 millions d’Arabes se font aussi et surtout traîner dans la boue par leurs dirigeants et leurs régimes autocratiques et féodaux. Ont-ils le parfois le temps de réfléchir à leur situation ou préfèrent-ils comme vous, recourir perpétuellement à leur cache-misère favori ?

    A propos, va-t-on profiter de ce fil pour se pencher sur la situation actuelle de l’Algérie et des Algériens, près d’un demi-siècle après l’indépendance ? Ou devra-t-on se satisfaire comme de coutume d’un : "Circulez, il n’y a rien à voir" ?

  • permalien Mike :
    10 janvier 2010 @21h13   « »

    Nathan :
    10 janvier @21h03

    (...)

    A propos, va-t-on profiter de ce fil pour se pencher sur la situation actuelle de l’Algérie et des Algériens, près d’un demi-siècle après l’indépendance ? (...)

    Ce n’est pas le sujet du fil Nathan ! Tu n’as pas lu le papier d’Alain Gresh ?

  • permalien Mohedz :
    10 janvier 2010 @21h19   « »

    Merci Mr Gresh pour vos articles critiques qui font tâches dans ce conformisme intellectuel des "grand journaux" français ! c’est tout à l’honneur de ce grand journal qu’est LE MONDE DIPLOMATIQUE..
    Longue vie au Diplo !!

  • permalien simplesanstete :
    10 janvier 2010 @21h45   « »

    J’ai lu l’etranger il y a quelques temps et ça m’avais laisser une drôle d’impression un peu comme la mauvaise vie de Fred Mitterand, il me semble que nous entrons dans une période très singulière de retournement de sens des mots avec l’appui de la notoriété, toujours vertueuse et virtuel c’est le problème des marques et de laisser des impressions, le marketing du sens travaille fort et la rhétorique de l’absurde fait rage, le nettoyage du passé au karsher et que ça brille et puis c’est vrai ces résistants/terroristes/ingrats luttaient avec des armes dégoutantes et des méthodes illégales encore et toujours décridibilisé c’est exactement ce que disait les allemands durant l’occupation, la grande ? que je me suis toujours posé, aurais je été résistant en 40 ?
    Camus, Miterrand une célébration de l’absurde de plus, la cerise sur le gâteau gâteux, n’en jeter plus...bon article.
    PS bon courage pour 2010 Mr Gresh et particulièrement au soldat de 1ere classe Nathan......cloué au poste.

  • permalien gloc :
    10 janvier 2010 @22h01   « »

    simplesanstete : J’ai lu l’etranger il y a quelques temps et ça m’avais laisser une drôle d’impression un peu comme la mauvaise vie de Fred Mitterand, il me semble que nous entrons dans une période très singulière (...)

    En fait voilà comment ça se passe, simplesanstete, les livres ne s’écrivent pas au moment où vous les lisez. L’Étranger a été écrit en 1942. Si vos considérations sur "avec c’qu’on voit d’nos jours mon pauv’ monsieur" peuvent concerner les états d’âmes et autres émois du ministre Mitterand en 2010, ils sont beaucoup moins pertinents pour ce qui concerne Camus.

  • permalien Nathan :
    10 janvier 2010 @22h02   « »

    @ simplesanstête

    Vous avez lu "l’Etranger" et ça ne vous a pas donné l’occasion de perfectionner vos conjugaisons et notamment l’accord du participe passé ? Dommage !

    Tiens, j’ai lu sur le blog de Jorion que vous aviez un p’tit faible pour Alain Soral. Ça dit tout !

  • permalien Sakhra :
    10 janvier 2010 @22h10   « »

    @ Karim B, Montréal

    Salam,

    Certes il existe , et nous nous réjouissons , une communauté musulmane dans notre pays.Mais ceci tient seulement au fait reconnu que notre religion ne relève pas seulement de la mystique divine, elle est aussi un monument philosophique , social juridique et même plastique.Elle a eu pour nous une formidable puissance historique puisque réduite à sa plus misérable expression, elle nous a permis de rester nous-mêmes et de résister, avec nos haillons et nos vieilleries, aux batteries de Saint-Arnaud, aux mitrailleuses et avions du général Duval, aux fours crématoires d’Achiary, aux croisades, aux immigrations, à la famine, à la honte , à la prostitution organisée, aux saloperies de l’administration coloniale.....p>

    Il faut que tout le monde sache que le slogan de l’Algérie départements métropolitains est né du cerveau de ces petits généraux de colonie qui voulaient étouffer tout germe national, ...

    L e combat pour l’indépendance commencé par Abdelkader continue, a toujours continué

    Kateb Yacine,

    Abdelkader et l’indépendance algérienne

    .

    (Le général Duval et le sinistre Achiary sont , parmi d’autres, les criminels, qui ont massacrés massivement les populations civiles, désarmées à Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945.
    Les communistes nous ont traités de nazis et ont applaudi aux massacres.)

    Yacine n’a rien à voir avec Leconte, c’est injuste de le mettre dans le même sac.

    Yacine était un patriote algérien, il était aussi un défenseur acharné de la libération de la Palestine.On peut ne pas partager ses idées concernant la religion, mais ce n’était ni un négationniste comme Leconte, ni un traitre aux causes justes.

    Amicalement.

  • permalien une bille :
    10 janvier 2010 @22h32   « »

    Le 16 octobre 1957, Albert Camus est attablé au premier étage d’un restaurant du Quartier latin lorsqu’un jeune chasseur vient lui annoncer qu’il a reçu le prix Nobel de littérature.

    Le 17 octobre, arrive une lettre de Kateb Yacine….

    Mon cher compatriote, Exilés du même royaume nous voici comme deux frères ennemis, drapés dans l’orgueil de la possession renonçante, ayant superbement rejeté l’héritage pour n’avoir pas à le partager. Mais voici que ce bel héritage devient le lieu hanté où sont assassinées jusqu’aux ombres de la Famille ou de la Tribu, selon les deux tranchants de notre Verbe pourtant unique. On crie dans les ruines de Tipasa et du Nadhor. Irons-nous ensemble apaiser le spectre de la discorde, ou bien est-il trop tard ? Verrons-nous à Tipasa et au Nadhor les fossoyeurs de l’ONU déguisés en Juges, puis en Commissaires-priseurs ? Je n’attends pas de réponse précise et ne désire surtout pas que la publicité fasse de notre hypothétique co-existence des échos attendus dans les quotidiens. S’il devait un jour se réunir en Conseil de Famille, ce serait certainement sans nous. Mais il est (peut-être) urgent de remettre en mouvement les ondes de la Communication, avec l’air de ne pas y toucher qui caractérise les orphelins devant la mère jamais tout à fait morte. Fraternellement, Kateb Yacine

  • permalien Sakhra :
    10 janvier 2010 @23h17   « »

    gloc : Quel est le texte ou la déclaration de Camus qui prônait que "Camus n’a jamais été un homme de paix, bien au contraire"

    D’abord son silence assourdissant sur les crimes de l’armée française, allant des tortures, aux corvées de bois, aux bombardements au napalm, aux déplacements de population,etc ;; ; et sur ceux de l’OAS, qui n’avaient aucune commune mesure avec les violences du FLN, qui lui, combattait pour l’indépendance de son pays et de son peuple,à moins que pour vous, comme les Israéliens aujourd’hui, ce n’était que terrorisme ?

    Ensuite, comme l’écrit Edward Said :

    " Quand, dans les dernières années de sa vie, Camus s’oppose publiquement, et même violemment, à la revendication nationaliste d’indépendance algérienne, il le fait dans le droit-fil de la représentation qu’il a donnée de l’Algérie depuis le début de sa carrière littéraire, même si ses propos font alors tristement écho à la rhétorique officielle anglo-française de Suez. Ses commentaires sur le « colonel Nasser », sur l’impérialisme arabe et musulman, nous sont familiers, mais le seul énoncé politique, d’une intransigeance totale, qu’il consacre à l’Algérie dans ce texte apparaît comme un résumé sans nuance de tout ce qu’il a écrit antérieurement : « En ce qui concerne l’Algérie, l’indépendance nationale est une formule purement passionnelle. Il n’y a jamais eu encore de nation algérienne. Les juifs, les Turcs, les Grecs, les Italiens, les Berbères auraient autant de droit à réclamer la direction de cette nation virtuelle. Actuellement, les Arabes ne forment pas à eux seuls toute l’Algérie. L’importance et l’ancienneté du peuplement français en particulier suffisent à créer un problème qui ne peut se comparer à rien dans l’histoire. Les Français d’Algérie sont eux aussi et au sens fort du terme des indigènes. Il faut ajouter qu’une Algérie purement arabe ne pourrait accéder à l’indépendance économique sans laquelle l’indépendance politique n’est qu’un leurre. (...) » »(2)Edward Said, in le monde diplomatique

  • permalien gloc :
    10 janvier 2010 @23h56   « »

    Edward Said : Camus s’oppose publiquement, et même violemment, à la revendication nationaliste d’indépendance algérienne,

    Edward Saïd ce n’est pas pas Albert Camus. Toute sa vie et encore aujourd’hui on a voulu tout mettre et son contraire dans la bouche de Camus.

    Si Camus s’est opposé publiquement à la revendication nationaliste d’indépendance algérienne, il doit bien y avoir des traces de son opposition, autres que les racontars des uns et des autres. C’est ça ce que j’aimerais entendre, les propos ou les écrits de Camus qui le présente comme contraire d’un homme de paix c’est à dire comme un homme de guerre.

    Je sais qu’il y a une posture en Algérie qui veut que Camus soit assimilé à un dirigeant de l’OAS, de la part de personnes qui n’ont pas connu cette période

    Il faut bien comprendre que pendant les "évènements" pour la métropole et la "guerre d’indépendance" pour le FLN, la vision n’était pas aussi claire qu’aujourd’hui. Même De Gaulle qui est passé de "l’Algérie restera française" à "je vous ai compris" puis à l’autodétermination était loin d’avoir les idées claires sur la question.

    Le FLN ne faisait pas l’unanimité, même parmi les "indigènes" et de nombreux "petits blancs" ayant lutté contre les abus des colons s’inquiétaient de savoir ce qu’allaient devenir les Algériens à qui l’administration coloniale avait interdit l’accès à la gestion du territoire. (La fameuse expression pied-noire "que vont-ils devenir sans nous !).

    Il n’y a pas si longtemps et bien que l’Algérie soit devenue une grande démocratie moderne, Bouteflika invitait les pieds noirs qui le désiraient à revenir au pays, partageant ainsi le point de vue de Camus.

    A partir de 1957 jusqu’en 1961 les choses se sont emballées, il n’y avait plus de place pour la raison, Camus s’est effectivement tu, mais pas seulement lui, seuls les fous hurlaient, comme l’a écrit Kateb Yacine dans le post de une bille.

  • permalien Nobo :
    11 janvier 2010 @00h46   « »

    Alors Nathan, on aprend que tu serais payé... Si ce n’est pas trop indiscret, à combien se monte ta prestation ?

  • permalien Deïr Yassin :
    11 janvier 2010 @01h11   « »

    Je conseille de lire "Lettres de Prison" du grand intellectuel et ex-ministre algérien Ahmed Taleb Ibrahimi. Il y a une lettre ouverte à Albert Camus, écrit de la prison de Fresnes, le 26 août 1959 où Ibrahimi fut incarcéré. Tout y est dit. Qu-est ce que vous dites, Sakhra, vous qui êtes algérienne ? Est-ce Ibrahimi a encore bonne presse en Algérie ? En tout cas, ses lettres sont bouleversantes et montre sa très grande culture, alors qu’il avait à peine 25 ans.

  • permalien Abu Yahya :
    11 janvier 2010 @08h19   « »
    Pour Alain Gresh

    bonjour,

    ça faisait longtemps qu’on ne vous lisait plus.

    J’espère que vous vous portez bien, et je vous souhaite bonne et longue route.

    Merci à vous

  • permalien RW :
    11 janvier 2010 @09h09   « »

    Je trouve certaines réponses tout à fait intéressantes, surtout pour qui sait faire la part des choses.

    Elbé, vous adoptez une position pragmatique tandis que la mienne est morale. Je ne peux pas être en désaccord avec vous, mais je ne peux approuver ni les crimes de l’armée française, ni ceux du FLN, ni ceux de l’OAS.

    Karim B., votre remarque sur « l’Apartheid qui prévalait dans la France coloniale » relève de la pure propagande. C’est d’autant plus dommage que votre phrase suivante (« l’arabocentrisme contemporain, au Maghreb et ailleurs, est calqué sur le modèle d’intégration jacobiniste à la francaise ») me semble tout à fait juste.

    Je me permets de vous conseiller à tous deux la lecture d’Où va l’Algérie ?, de Mohamed Boudiaf, où l’idée surannée d’un « socialisme scientifique » n’altère en rien la force et l’intérêt du témoignage.

    Pour conclure, je voudrais juste rappeler deux dates :

    Mort d’Albert Camus : 4 janvier 1960

    Création de l’OAS : 11 février 1961

  • permalien Anonyme 13 :
    11 janvier 2010 @10h15   « »

    Nobo,

    Ne versez donc pas dans la calomnie !

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @10h43   « »

    Camus :" un colonialiste de bonne volonté", selon l’expression de R. Aron.

    Dans l’Express 1958, après l’expédition de Suez, Camus écrivait :

    "Il faut considérer la revendication d’indépendance nationale algérienne en partie comme une des manifestations de ce nouvel impérialisme arabe,dont l’Egypte, présumant de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment la Russie utilise à des fins de stratégie antioccidentale"
    "

    En somme, les Algériens , qui ont pris les armes pour recouvrer leur dignité,n étaient rien d’autre que manipulés par "une main étrangère", et que ce n’était pas l’ignominie du système colonial, qui était en cause.Les "Arabes"( car pour lui les Algériens ça n’existait pas, reprenant ainsi une déclaration de Thorez) pour lui, étaient contents de vivre sous l’oppression coloniale, si ce n’était "l’impérialisme arabe",et la Russie, qui les a utilisés contre l"Occident".

    Quant à K Yacine, il écrivait aussi, à propos de "son compatriote" :

    "l’Je préfère un écrivain comme Faulkner , qui est raciste mais dont l’un des héros est un noir, à un Camus, qui affiche des opinions anticolonialistes( ???, où,)alors que les Algériens sont absents de son oeuvre et que pour lui, Algérie c’est Tipaza, un paysage..."

    Mon cher gloc, l’Algérie n’est peut-être pas devenue "une grande
    démocratie moderne"(encore que les "grandes démocraties modernes" , aujourd’hui n’ont rien à envier aux républiques bananières, et qu’hier, c’est au nom de la "grande démocratie" que les expéditions coloniales étaient justifiées !! :), mais en aucun cas celà ne saurait disculper l’ignominie de la colonisation en Algérie.Et, il ne faut pas réduire cette ignominie aux 7années de la guerre de libération, mais il faut y intégrer la guerre de conquête sauvage(massacre du tiers de la population- à lire les exploits de Saint-Arnaud et autres, dépossession des Algériens de leurs terre : 2/5 des terres et les meilleures terres : seuls les Palestiniens ont été dépossédés d’une façon plus intense, destructions de toutes les organisations sociales, destructions de la culture etc...)et l’occupation pendant 132 ans, 132 ans de violences sous toutes les formes et au quotidien.

    Celà ne saurait ,en aucun cas non plus, remettre en cause la légitiminité du combat des Algériens pour l’indépendance et la dignité.

    Quant aux pieds-noirs, "les petits blancs" comme vous dites, j’admets qu’ils ont été en partie victimes , mais du système politique colonialiste français, pas des Algériens.

    Et le FLN combattant, ne vous en déplaise, incarnait l’aspiration à l’indépendance de tout le peuple algérien , toutes tendances confondues, à l’exception des Bachaghas "Boualem" , des Sid Cara et autres collabos : il y a en a eu dans toutes les résistances à l’occupation étrangère.

  • permalien Danval :
    11 janvier 2010 @11h08   « »

    Merci à Alain Gresh pour ses articles pertinents et ses positions intéressantes par rapport aux grands messes habituelles... particulièrement en ce qui concerne les capacités illimitées de certains dans leurs commémorations singulièrement ciblées.

    J’ajoute qu’il est bon de lire enfin une plume qui ose s’attaquer à ces "stars" du petit écran à qui l’on aimerait mettre une paire de claques. Pas la première fois d’ailleurs que Leconte dérape dans ses interventions. Faut pas être grand clerc pour comprendre ce qui anime l’individu... et de plus en plus souvent aussi, Arte. Mais, la présence de B-H Lévy dans son CA n’y est sans doute pas étranger !

  • permalien Anonyme 13 :
    11 janvier 2010 @11h28   « »

    Sakhra :

    Vous faîtes montre d’un dogmatisme tout stalinien. C’est exemplaire !
    J’aimerais bien que vous nous donniez les références des accusations (pardon informations) que vous nous offrez si vaillamment. Notamment celle de R. Aron.

  • permalien gloc :
    11 janvier 2010 @11h41   « »

    @ Sakhra

    Si tout ce que vous reprochez à Camus c’est qu’il ait dit tout haut, ce que tout le le monde se répétait tout haut, à savoir que c’est Nasser qui armait le FLN contre la France mais aussi contre les autres partis, ça va !

    Si vous reprochez à Camus, c’est que Kateb Yacine lui préfère les racistes, ça va !

    Si vous reprochez à Camus d’afficher des positions anti-colonialistes, ça va !

    Si vous croyez que Camus est l’instigateur du colonialisme, vous êtes très mal informée, çà revient à lui reprocher sa naissance, mais c’est tellement gros que, ça va !

    Si "celà ne saurait ,en aucun cas non plus, remettre en cause la légitiminité du combat des Algériens pour l’indépendance et la dignité" vous revendiquez préférer un parti pris dogmatique à votre mère, c’est votre problème, mais pas celui de Camus, ça vous va !

    Je vous assure, à l’époque il y avait des personnages qui méritent votre rancœur beaucoup plus que Camus, mais comme je le disais plus haut, cette posture vous semble confortable alors ça va !

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @11h56   « »

    "Il faut considérer la revendication d’indépendance nationale algérienne en partie comme une des manifestations de ce nouvel impérialisme arabe,dont l’Egypte, présumant de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment la Russie utilise à des fins de stratégie antioccidentale"

    Précisez vos sources. Maintenant, je ne vois pas en quoi cette phrase serait la preuve d’une pensée colonialiste de Camus : il ne dit pas que l’indépendantisme algérien est uniquement le fruit d’une manipulation étrangère, il précise simplement que selon lui les revendications d’indépendance algériennes peuvent s’inscrire, en partie, dans un mouvement plus large de panarabisme, dont Nasser a été un acteur clé. Est-ce faux ?

    D’autre part vous savez très bien également que les deux super puissances ont instrumentalisé les questions de décolonisation afin de renforcer leur influence dans les anciennes possessions européennes. En quoi est-il colonialiste de le dire ?

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @12h03   « »

    @ Sakhra (également post précédent)

    alors que les Algériens sont absents de son oeuvre et que pour lui, Algérie c’est Tipaza, un paysage..."

    Et puis si on a lu Camus on ne peut pas dire ça, n’en déplaise à Yacine...

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @12h22   « »

    K.

    Merci de comprendre ce que j’ai voulu exprimer.

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @13h14   « »

    Vous faîtes montre d’un dogmatisme tout stalinien. C’est exemplaire !
    J’aimerais bien que vous nous donniez les références des accusations (pardon informations) que vous nous offrez si vaillamment. Notamment celle de R. Aron

    "

    "En dépit de sa volonté de justice, de générosité, M. A Camus n’arrive pas à s’élever au-dessus de l’attitude du colonisateur de bonne volonté". Raymond Aron, dans son livre : L’Algérie et la République.Plon 1958 page 107 ;

    Les accusations,et les calomnies c’est vous qui les portez, comme à votre habitude , celà remplace les arguments, que vous n’avez pas ? :dogmatisme stalinien ? Prouvez-le !

  • permalien Anonyme 13 :
    11 janvier 2010 @13h24   « »

    Sakhra :

    Merci pour les références de R. Aron.

    Quant à discuter avec vous, non merci.

  • permalien RW :
    11 janvier 2010 @13h34   « »

    Et le FLN combattant, ne vous en déplaise, incarnait l’aspiration à l’indépendance de tout le peuple algérien , toutes tendances confondues, à l’exception des Bachaghas "Boualem" , des Sid Cara et autres collabos : il y a en a eu dans toutes les résistances à l’occupation étrangère.

    Ce n’est pas du tout ce que dit Hocine Aït Ahmed dans Mémoires d’un Combattant (L’Esprit d’indépendance 1942-1952).

    C’est quand même ennuyeux qu’un chef historique du FLN contredise vos affirmations.

    J’ai mis en gras la partie de votre phrase qui relève à l’évidence de la propagande et du mythe.

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @14h07   « »

    Une Bille, vous dites :

    "Tandis que le brillant élève de terminale "philo" du Lycée Henry IV qu’il est resté toute sa vie mesurait la longueur de sa philozizie à celle de Camus celui-ci lui répondait dans son roman à clés La Peste par l’intermédiaire du docteur Rieux : « Je n’ai pas de goût, je crois, pour l’héroïsme et la sainteté. Ce qui m’intéresse, c’est d’être un homme. »

    Car Camus n’a pas eu vraiment le choix : Interdit de philosophie républicaine pour cause de tuberculose, il a été condamné sa courte vie durant à douter,... lui.

    Mais notre incorrigible premier de la classe avait besoin d’un second pour se mettre en valeur. Après s’être retrouvé "agité du bocal" pour avoir essayé de mordre le cancre Céline, il a finalement jeté son dévolu sur cet insaisissable écolier buissonnier qu’était Camus."

    - J’aime votre humour. Vous avez une sacrée plume !
    Ce portrait de Sartre est plutôt bien vu comme toute caricature.
    Effectivement, il y avait en lui ce désir de briller, de se montrer le plus intelligent. Mais pourquoi lui reprocher sa naissance bourgeoise ? Elle serait la seule raison de sa supériorité philosophique sur Camus ?
    Je ne le crois pas, sinon tous les bos-bos seraient des grands philosophes. Je crois même que tout en étant un produit de cette bourgeoisie, il s’en est le plus éloigné dans ce qui lui était possible.
    Quant au doute, il est faux de prétendre que Sartre n’en a pas eu sa part. Il s’en est ouvert , souvent , avec franchise.

    Camus, oui j’ai un faible pour ses souffrances, et ses faiblesses. Pour l’homme. Pour l’écrivain.

    Je vais faire sans doute de la psychologie de bazar mais je crois que dans ce qui a opposé Sartre à Camus, il entrait une bonne part d’amour déçu. Ces deux là s’aimaient. N’oublions pas que Camus connaissait une grande célébrité, qu’il ait donc étalé publiquement ses scrupules moraux sans même en parler à son ami auparavant, Sartre l’a ressenti comme une double trahison : Trahison de l’amitié et trahison politique. Sachant l’audience de Camus, les deux ne pouvaient ignorer l’impact qu’auraient les propos de Camus. Ils pouvaient rallier à lui, outre les tenants de la colonisation, tous les indécis pour l’indépendance algérienne. Et une guerre se joue aussi par les ondes influençant l’opinion médiatique ( surtout quand le faible ne dispose pratiquement que de cela)
    L’attitude de Camus ne peut donc se résumer à un scrupule, une souffrance personnelle, somme toute humains mais pas sans conséquences graves pour le colonisé. On ne peut pas prétendre défendre le droit à l’indépendance et saper à la fois la possibilité de l’acquérir. Ou alors, on se contente d’écrire des romans à clés, sans faire de "la politique" comme il a voulu en faire.

    Suite :

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @14h08   « »

    Suite,

    Bien que les deux furent écrivains, sincères dans leurs choix, ce qui , à mon sens ,les distingue , c’est que , Sartre fut davantage "un politique". Avec ce que cela implique de pragmatisme. Il a compris, je pense, que le doute profite à l’adversaire.

    On peut être horrifié de cela, de ce pragmatisme qui passe parfois par perte et fracas des vies humaines. Mais les guerres ne sont pas déclarées fait par des enfants de coeur. Une puissance qui assujetit , choisit volontairement ou pas ,son adversaire ( là dessus, on pourrait gloser longtemps sur les comment et les pourquoi) Elle détient la première , pour ce faire, l’outil militaire et l’outil politique.
    C’est pourquoi je la tiens pour la première responsable des malheurs qui accablent tous les innocents. C’est à elle que j’incombe le sang versé.
    Si elle était sage, elle choisirait des sages. Le problème , c’est qu’elle ne le fait jamais ou rarement (prière de me donner des exemples). La voix des sages est d’abord étouffé par le puissant. L’adversaire ne fait qu’emboiter le pas.
    Admettons qu’il ne le fasse pas, que cette voix de la bonté soit entendue par l’humilié. Celui-ci se ferait tout bonnement écrasé ! Car le puissant lui, est resté sourd ...

    Pour ma part, je rêve aussi d’un monde où il n’y aurait que des sages mais les hommes étant ce qu’ils sont, l’humilié a ma faveur. Jusqu’à tant qu’il ne devienne un puissant ,usant de sa force pour humilier à son tour.

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @14h16   « »

    Anonyme 13

    Sakhra :

    Merci pour les références de R. Aron.

    Quant à discuter avec vous, non merci.

    - A Anonyme 13,

    Vous n’en avez peut-être pas les moyens...

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @14h58   « »

    @ Elbé

    il s’en est le plus éloigné dans ce qui lui était possible.

    Pas trop loin du café de Flore tout de même...

  • permalien hilal :
    11 janvier 2010 @15h14   « »

    Se casser la tete pour justifier la position de l’un ou de l’autre est une initiative respectée mais pour un minimum d’’effort il faut voir le problème d’un autre angle,ou plutot determiner son origine en repondant aux questions suivantes:qui a commencé ?qui etait la source de la violance ?
    Tout etre humain à le droit de defendre sa propriete ;c’est justifié et c’est courant meme chez les annimaux.
    Vous m’avez pris ce qui m’apprtient je dois le recuperer, comment ?peu importe.le remede à la violance n’est pas la violance et n’est meme pas le dialogue,la solution est evidente est unique etait de remettre à l’algerie ce qui appartient à l’algerie.IDEM pour le probleme palestinoisraelien

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @15h16   « »

    @ Adrien,

    Précisez vos sources. Maintenant, je ne vois pas en quoi cette phrase serait la preuve d’une pensée colonialiste de Camus

    Mes sources : " Algérie 1958 .", préface de Camus aux "Chroniques Algériennes 1939-1958.

    Ce que vous ne voyez pas, un écrivain Tunisien Albert Memmi le dit mieux que moi :

    « ...Je ne lui fais pas grief de n’avoir su parler que des siens propres. Chacun doit parler de ce qu’il connaît le mieux... mais lorsque les Algériens ont commencé à réclamer leur liberté politique, il n’a pas vu qu’il s’agissait d’une revendication nationale, il a mésestimé le fait national algérien » ... « ...si l’on est inconditionnellement solidaires des siens, on trahit la justice, si l’on a le respect inconditionnel de la justice, tôt ou tard on trahit les siens ».

    D’autre part vous savez très bien également que les deux super puissances ont instrumentalisé les questions de décolonisation afin de renforcer leur influence dans les anciennes possessions européennes. En quoi est-il colonialiste de le dire ?

    Quelle a été l’influence des deux superpuissances, (qui n’avaient pas besoin d’instrumentaliser les revendications nationalistes des pays colonisés, ces revendications existaient ) ?

    Au lendemain de l’indépendance, l’Algérie a tôt fait de renforcer le mouvement des non-alignés.

    Je vous signale tout de même, que parmi les pays étrangers, qui ont aidé le plus le FLN, dans sa lutte contre le colonialisme, il y avait la Chine.

    Quant à Yacine, je crois qu’il a lu Camus, avec ses yeux d’Algérien, et ne pouvait faire la même lecture que vous. Aucun regard, aucune lecture n’est neutre, vous en conviendrez.

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @15h17   « »

    @ Elbé

    Sartre fut davantage "un politique". Avec ce que cela implique de pragmatisme. Il a compris, je pense, que le doute profite à l’adversaire.

    On peut être horrifié de cela, de ce pragmatisme qui passe parfois par perte et fracas des vies humaines. Mais les guerres ne sont pas déclarées fait par des enfants de coeur. Une puissance qui assujetit , choisit volontairement ou pas ,son adversaire ( là dessus, on pourrait gloser longtemps sur les comment et les pourquoi) Elle détient la première , pour ce faire, l’outil militaire et l’outil politique.

    Pragmmatisme qui confine à l’intransigeance la plus dure lorsqu’il s’agit de défendre le totalitarisme soviétique et ses dérives les plus dures. Même après les "affaires" Lyssenko ou Kravtchenko. Car à cette période, l’Union Soviétique est bien "une puissance qui assujetit", détenant "l’outil militaire et l’outil politique".

    Mais je vous rejoins sur l’idée d’un Sartre "politique", intellectuel très engagé et passionné.

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @15h18   « »

    @ elbé,

    Merci d’avoir répondu à ma place et c’est exactement ce que je voulais dire à ce brave anonyme.

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @15h22   « »

    @ elbé,

    A aucun moment je n’ai reproché à Sartre ses origines bourgeoises, et c’est tout le problème avec Sartre, c’est qu’en bon prof de philo il définit la thèse et l’antithèse en fonction de sa synthèse. Ainsi "à Billancourt" il vient expliquer aux ouvriers que c’est le rôle d’un bourgeois d’apprendre au peuple à s’émanciper de la justice bourgeoise, sans même se rendre compte que les ouvriers de Renault se demandent bien de quoi peut parler le lascar. Il a toujours mis en avant sa classe pour légitimer ses positions.

    Attaqué par Aron, par Mauriac, par Sartre et quelques autres, Camus s’est toujours étonné de cet intéret pour lui, il a parfois répondu plus par politesse que par conviction, puisqu’il refusait toute chapelle, mais il n’a, à ma connaissance, jamais agressé personne. Il n’était peut-être pas doué en science philosophique, mais il a vécu en philosophe.

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @15h37   « »

    Ce n’est pas du tout ce que dit Hocine Aït Ahmed dans Mémoires d’un Combattant (L’Esprit d’indépendance 1942-1952).

    C’est quand même ennuyeux qu’un chef historique du FLN contredise vos affirmations

    J’ai mis en gras la partie de votre phrase qui relève à l’évidence de la propagande et du mythe.

    Il se trouve que je suis très proche de Hocine Ait Ahmed.

    Alors citez donc ce qu’a dit exactement Hocine Ait Ahmed, sur la représentativité du FLN combattant.Y avait-il un autre mouvement nationaliste, qui représentait les Algériens ?Ait Ahmed l’a donc dit ?Qui a déclenché la guerre de libération ?

    Propagande et mythe dites-vous ? Ah bon !et la votre de propagande ?

    Quant à Ahmed Taleb, qui est un homme de culture, et un des hommes politiques algériens des plus sains, il a bien adressé cette lettre à Camus en 1957. Il en est revenu depuis cette date et surtout à partir de 1958....Tout est dit ?, non, rien n’est dit
    définitivement.

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @15h43   « »

    « ...Je ne lui fais pas grief de n’avoir su parler que des siens propres. Chacun doit parler de ce qu’il connaît le mieux... mais lorsque les Algériens ont commencé à réclamer leur liberté politique, il n’a pas vu qu’il s’agissait d’une revendication nationale, il a mésestimé le fait national algérien » ... « ...si l’on est inconditionnellement solidaires des siens, on trahit la justice, si l’on a le respect inconditionnel de la justice, tôt ou tard on trahit les siens ».

    C’est encore une fois le point de vue de quelqu’un d’autre et non pas forcément celui de Camus lui-même. Mais de toute façon, je ne vois pas en quoi "mésestimer" le fait national algérien serait une preuve de colonialisme de la part de Camus.

    Ce que vous, vous ne voyez pas, c’est justement que la question de l’identité, des identités, et de leur complexité, est au centre de son oeuvre. Né en Algérie, citoyen français, son point de vue ne peut être simpliste, il se trouve coincé dans une situation paradoxale.

    Penser la complexité, voici ce que peut lui reprocher Sartre d’un point de vue politique, lui-qui ne déviera jamais de sa ligne, paradoxale elle aussi : anticolonialiste mais soutien inconditionnel d’un régime totalitaire impérialiste lui aussi, le soviétisme.

    N’oubliez pas non plus le recul que nous avons par rapport à cette époque : la nationalité algérienne qui paraît si évidente maintenant ne l’était pas forcément à ce moment, loin s’en faut : s’interroger sur elle ne revient pas forcément à la nier.

    Quelle a été l’influence des deux superpuissances, (qui n’avaient pas besoin d’instrumentaliser les revendications nationalistes des pays colonisés, ces revendications existaient ) ?

    Pour Suez, cette influence a été prépondérente, puisqu’elle a fait stopper l’intervention.

    Pour l’Algérie, les livraisons d’armes au FLN débuttent dés le mois de janvier 1959, grâce à des bateaux marchands battant pavillon des pays d’europe de l’est et faisant escale au Maroc et en Tunisie. D’autres armes étaient acheminée à partir de l’Egypte en passant par la Lybie.
    Voir notamment Mohieddine Hadhri, l’URSS et le Maghreb, De la révolution d’octobre à l’indépendance de l’Algérie, 1917-1962, L’Harmattan, 1985, pp. 163-165.

    Ce n’est pas parce que ces revendications existaient que l’URSS ou les Etats-Unis n’avaient pas besoin de les instrumentaliser dans leur intérêt..

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @15h45   « »

    pardonnez moi mon post précédent était destiné à Sakhra

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @15h53   « »

    @ Sakhra

    Et pour l’URSS, la question de l’Algérie rentre pleinement dans sa lutte d’influence avec Pékin, qui elle aussi approvisionnait le FLN, et avait reconnu bien avant le GPRA.

    D’ailleurs, dès 1963, un accord d’aide financière est signé entre l’URSS et l’Algérie ouvre le champ à une intense période de collaboration économique et politique : le prêt contacté par l’Algérie représente environ 50 milliards d’anciens francs, sur 12 ans, à un taux d’intérêt de 2,5%.
    Pour l’URSS, il s’agit bien évidemment de faire entrer l’Algérie dans le giron des pays socialistes.

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @16h02   « »

    Influences de l’URSS et le la Chine qui s’est prolongée bien après l’indépendance, puisqu’à l’époque de Chadli, les professeurs de foot-ball russes, croisaient les acupuncteurs chinois, tandis que les Saoudiens fournissaient dans chaque village des mosquées rutilantes clefs en mains (un peu plus hautes que les églises préexistantes).

  • permalien qui donc ? :
    11 janvier 2010 @16h44   « »
    textes et images

    Franchement, il me semble que l’insigne pauvreté du débat public sur Camus se répercute quelque peu sur ce blog. On examine les positions et discours de Camus comme si il s’agissait de choisir le meilleur intellectuel du XXe siècle de la même manière que de nos jours on vote pour un membre de la Star Académy. Car que camus ait été un homme de gauche, et autrement de gauche que la plupart des grands bavards de notre époque, cela ne fait aucun doute, et même qu’il se soit opposé fermement au colonialisme, il suffit d’avoir lu un temps soit peu son travail de journaliste, et particulièrement dans les années 30 pour que cela soi évident, - sans parler de l’étranger ou la critique est latente, mais le deux poids deux mesure explicite - etc.
    Mais l’essentiel est pendant la guerre d’Algérie : en effet Camus a été douteux de ses principes, il s’est maintenu à la remorque de l’histoire, il a préféré sa mère à la justice - et ne le déplorait il pas un peu ? - il n’a pas eu le courage de jeanson, ni l’hypocrisie de le défendre : en somme il n’a pas été un héros. ll n’ pas été absolument irréprochable. Il a montré ses faiblesses. Ce qui, d’un point de vue spectaculaire, n’est pas correct. Mais permettez-moi de m’en maintenir aux textes, et non à l’image : mieux vaut un bon écrivain un peu lâche, qu’une personnalité médiatique qui n’a jamais eu tort.

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @17h32   « »

    A Adrien, vous dites :

    "Car à cette période, l’Union Soviétique est bien "une puissance qui assujetit", détenant "l’outil militaire et l’outil politique"

    Quelque soit son obédience, le pragmatisme , pour moi, s’applique contre TOUTES puissances qui assujetit et humilie. Ce qui a été le cas de l’Urss envers les pays de l’Est. (Pour ne pas parler de sa politique intérieure) Bien que pour Sartre, la puissance états-unienne, constituait un bien plus grand danger...
    Sans rentrer dans les détails de cette ancienne polémique, je crois néanmoins que l’Urss étant indépendante n’avait pas à imposer sa forme de gouvernance à d’autres pays. Le colonialisme quand il n’est pas territoriale prend d’autres formes. Ainsi celui des Etats-Unis. De par leurs puissances, et leur souveraineté intérieure, aucuns ne méritent la complicité du silence.

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @17h44   « »

    @ Elbé

    Quelque soit son obédience, le pragmatisme , pour moi, s’applique contre TOUTES puissances qui assujetit et humilie. Ce qui a été le cas de l’Urss envers les pays de l’Est. (Pour ne pas parler de sa politique intérieure) Bien que pour Sartre, la puissance états-unienne, constituait un bien plus grand danger...
    Sans rentrer dans les détails de cette ancienne polémique, je crois néanmoins que l’Urss étant indépendante n’avait pas à imposer sa forme de gouvernance à d’autres pays. Le colonialisme quand il n’est pas territoriale prend d’autres formes. Ainsi celui des Etats-Unis. De par leurs puissances, et leur souveraineté intérieure, aucuns ne méritent la complicité du silence.

    Je vous rejoins à propos des Etst-Unis, mais pas vraiment sur l’URSS (je n’ai pas bien compris en fait) : l’URSS a quand même imposé sa forme de gouvernance à bon nombre de pays, notamment à l’Est, par l’entremise des partis communistes locaux et grâce à sa puissance militaire. Pour l’Algérie, c’est moins direct, et cela participe + à une politique de zone d’influence.

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @17h58   « »

    A Une bille, en parlant de Camus, vous dites :

    puisqu’il refusait toute chapelle,

    - Ben pas tout à fait ! Il s’est dit de gauche, c’est déjà une chapelle. Il a écrit dans des journaux, s’est impliqué dans les débuts de la guerre d’Algérie aux côtés de Sartre, c’est faire partie d’une chapelle !
    Faire machine arrière toute dès lors que "les siens" risquaient d’y laisser sa peau (et je le comprend en tant qu’homme) , c’est changer de chapelle !
    Prétendre, quand on se désengage d’une chapelle, ne faire partie d’aucune est quelque peu malhonnête. Il n’ignorait aucunement l’impact de ses écrits et dires, sinon il se serait abstenu dès le départ ! A vous lire, il semble déconcerté de ce qu’on l’ait attaqué. naïveté ? Ne se sentait-il pas plutôt morveux d’être mouché ?

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @18h09   « »

    A Adrien, vous dites :

    "Je vous rejoins à propos des Etst-Unis, mais pas vraiment sur l’URSS (je n’ai pas bien compris en fait) : l’URSS a quand même imposé sa forme de gouvernance à bon nombre de pays, notamment à l’Est, par l’entremise des partis communistes locaux et grâce à sa puissance militaire"

    Relisez-moi. Mais, peut-être me suis-je mal fait comprendre ?
    Je suis d’accord à propos de l’URSS.

    En revanche, son aide n’a pas été imposé aux dirigeants algériens. Ceux ci l’ont choisi en fonction de leurs intérêts , via l’Egypte. Cette aide a accompagnée mais n’a pas été le ressort de la volonté d’indépendance. Perso, une dictature, qu’elle soit d’obédience communiste ou capitaliste, n’est pas ma tasse de thé.

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @18h15   « »

    Elbé, relisez-vous, vous dites : "Ben pas tout à fait !" et ensuite vous expliquez qu’il n’en a pas, et que par conséquent ça en fait un morveux.

    Là faut choisir ☺

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @18h15   « »

    A adrien,

    Pour enfoncer le clou, en cas de non-clarté :
    Je suis d’accord avec vous sur la puissance dominatrice de l’Urss.

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @18h22   « »

    @ Elbé "être de gauche" c’était la chapelle de Franis Jeanson ou de Guy Mollet ?

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @18h24   « »

    A une Bille,

    Décidemment, je dois écrire peu clairement !

    C’est VOUS qui avez dit que Camus n’était d’aucune chapelle. J’ai repris votre propos, non pour mon propre compte mais pour vous commenter, et m’opposer à votre affirmation .
    Excusez-moi si j’ai prêté à confusion.

    Amicalement

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @18h28   « »

    A une Bille,

    Vous l’avez deviné, n’est-ce pas ? Je penche vers Francis, plutôt que Guy.

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @18h30   « »

    @ Elbé,

    C’est VOUS qui avez dit que Camus n’était d’aucune chapelle.

    Non c’est Camus qui revendique sa liberté si vous avez eu le temps de regarder ce petit film, dans sa parabole sur le théâtre, il parle d’église, mais c’est dans le même sens.

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @18h32   « »

    A une Bille,

    Mais pencher, c’est aussi se redresser quand on a mal au dos !

    Mais moi, je peux, je ne suis pas "un politique" ...Qui ça intéresse et surtout quelles conséquences ce que je pense ?

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @18h37   « »

    A Une Bille,

    Ok, c’est lui qui le dit (église) mais c’est vous qui citez qu’il n’est d’aucune chapelle en l’approuvant si j’ai bien compris le sens de vos
    messages précédants.

    Ohé, on n’est pas sorti de l’auberge ce soir !

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @18h39   « »

    @ Elbé (nous voilà resynchronisés)

    Vous penchez pour Francis, mais Camus étant à la fois juge et parti ne pouvait pencher vers aucun des deux (ceci explique ses différences avec Sartre, qui lui, au bout du compte n’en avait rien à faire).

    En plus comme il était contre le terrorisme et contre la torture, il était contre les deux.

  • permalien RW :
    11 janvier 2010 @18h46   « »

    Il se trouve que je suis très proche de Hocine Ait Ahmed.

    Oké, c’est bon, j’ai autre chose à faire que de causer avec des mythomanes.

  • permalien elbé :
    11 janvier 2010 @19h01   « »

    A Une Bille,

    "Mais Camus étant à la fois juge et parti ne pouvait pencher vers aucun des deux (ceci explique ses différences avec Sartre..."

    Je comprends très bien qu’être juge et parti est incommode. Cela ne va pas sans souffrances et déchirures. Mais d’autres que Camus, ont fait ce choix cornélien.Je pense aux pieds-noirs,anonymes qui ont fait ce choix. Aux avocats pieds-noirs assassinés par l’OAS, pour leur soutien aux indépendantistes. Ce choix est donc possible, contrairement à ce que vous dites. Je les admire, je ne sais si j’aurais eu ce courage.

    Je pense aussi , tant il y a de similitudes (imparfaites certes) pour l’heure actuelle, aux israéliens qui soutiennent les palestiniens. Mais le courage, car il en faut, n’est pas donné à tout le monde.

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @19h15   « »

    RW,
    vous n’avez pas trouvé le passage de Hocine Ait Ahmed qui concerne le FLN, plutôt , ou vous n’avez jamais lu le bouquin !!!

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @19h34   « »

    @ Elbé,

    Je pense aussi , tant il y a de similitudes (imparfaites certes)

    J’y vois aussi une autre similitude imparfaite aussi à cause du contexte colonial, avec les français venu d’Algérie certains depuis 4 générations, et qu’un débat imbécile sur l’identité nationale voudrait nous présenter comme étrangers.

    Camus a vécu ce même traumatisme, il a fait des recherches sur ses origines, et se retrouvait dans la situation d’un personnage de Paul Auster, complètement étranger à lui-même.

    Il est difficile d’interpréter les choix d’un homme aussi complexe, qui ne vivait pas par la procuration d’une idéologie, et assumait ses doutes, mais il me semble qu’il effectuait ses choix par élimination. Un de ses critères majeurs devait-être la violence. A partir du moment où toutes les chapelles sur le marché n’imaginaient plus d’autre issues que la violence, il a préféré se retirer, parce qu’il se considérait incompétent dans ce domaine. Mais ce n’est que mon sentiment.

    Je sais qu’il était très malheureux à cause de ça. Quelque part dans un film que je n’ai pas retrouvé sur le web, il quelque chose comme : "quoique je fasse, j’ai le sentiment d’avoir tort". A cause de sa célébrité il était démarché par les uns contre les autres, et comme il gardait son libre arbitre il déchainait les passions contre lui.

  • permalien Phil :
    11 janvier 2010 @19h42   « »

    avec les français venu d’Algérie certains depuis 4 générations

    Vous pouvez aller jusqu’à sept générations.

    C’est mon cas.

  • permalien une bille :
    11 janvier 2010 @19h55   « »

    @Phil pour être précis depuis 1830.

  • permalien Bachir :
    11 janvier 2010 @21h26   « »

    J’ai parcouru avec bcp d’intéret les différents points de vue qui se sont exprimés a propos de Camus, et de ses positions. j’aimerais , a partir d’un commentaire d’Elbé : "En revanche, son aide n’a pas été imposé aux dirigeants algériens. Ceux ci l’ont choisi en fonction de leurs intérêts , via l’Egypte." rappeler ce qui me semble étre une évidence :
    Les algériens qui ont fait Novembre, et le peuple algérien qui les a massivement soutenu dés 56 ( un peu plus d’un an aprés le début de la révolution...) l’ont fait au nom d’un principe universel : le droit des peuples a disposer d’eux mémes.
    l’Egypte de Nasser, pour avoir offert a la révolution algérienne, et pour avoir été le lieu de la proclamation du premier Novembre, a toujours essayé, non pas d’aider, mais d’utiliser le combat pour l’indépendance des patriotes algériens. ( le bide de Suez ( régler la rebellion de là ou elle vient, du caire) en est un exemple probant)
    Ceux-ci ( les révolutionnaires) n’en ont jamais été dupes (le plus probant en est que, le GPRA a été proclamé de Tunis,en 1958).
    Cette révolution, au sens entier du terme, s’est fait en conformité, et en adéquation totale avec les principes de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789.
    Ce que je trouve choquant, c’est cette appréciation de deux poids deux mesures ( en termes humains), qui revient systématiquement quand il s’agit du peuple algérien. on le voudrait toujours soumis, asservi aux uns ou aux autres, manipulés ou utilisé...
    en quoi un groupe humain ( peuple, nation, famille, clan, ou autre) est-il inférieur ou supérieur a un autre de meme sorte ?
    Pourquoi parle-t-on de l’égypte, de l’URSS ( qui défendait leurs intérets nationaux, et c’est légitime)dont les aides concrétes ont été dérisoires, pour ne pas dire inexistantes, mais sans jamais évoquer la chine, ou la Yougoslavie de Tito, états qui durant la guerre d’Algérie, ont fourni une aide matérielle, diplomatique, militaire réelle au nom de ce fameux principe de droit universellement reconnu, sans meme attendre de contrepartie ?

    C’est au nom de la même
    Le conflit pour l’indépendance algérienne n’a pas été qu’une guerre de libération. cela a été une REVOLUTION au sens le plus accompli du terme.

  • permalien Deïr Yassin :
    11 janvier 2010 @22h01   « »

    Sakhra
    La lettre de Taleb Ibrahimi est bien datée du mois d’août 1959 et non 1957 - en tout cas dans l’édition que j’ai du S.N.E.D. 2e édition, achété Rue Didouche Mourad il y a une vingtaine d’années.

    RW @ 11.jan 09h09
    "Votre remarque sur "l’Apartheid qui prévalait dans la France coloniale" relève de la pure propagande".
    L’Apartheid signifie en afrikaans "le fait d’être séparé" et, selon des témoignages de cette époque, du côté des colonisés bien sûr (les colonisateurs, de toute façon, s’étonnent toujours quand les "indigènes" !! ne veulent plus de leur condescendance et paternalisme), je trouve que cela colle assez bien aux descriptions. Est-ce qu’il faut absolument aller jusqu’aux Bantoustans pour parler de l’Apartheid ? Il peut être social et économique, à part les "Fatima", est-ce les colons fréquentaient les Algériens ? Personnellement, j’estime qu’à partir du moment où toutes les relations interethniques sont hiérarchisées on s’y approche. Enfin, puisqu’on a encore du mal à admettre que la Palestine vit à l’heure de l’Apartheid, comment pourrait-t’on admettre que cela fut le cas dans les colonies ?? Disons "des sociétés à castes" alors !

  • permalien adrien :
    11 janvier 2010 @22h22   « »

    @ Elbé

    A adrien,

    Pour enfoncer le clou, en cas de non-clarté :
    Je suis d’accord avec vous sur la puissance dominatrice de l’Urss.

    Pardonnez moi, j’ai lu un peu à la va vite et je vous avais mal compris !

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @22h51   « »

    @Deir Yassin,

    Taleb Ibrahimi réagissait, en cette année 1957, dans une lettre ouverte à Albert Camus : « Pour la première fois, un écrivain algérien non musulman prend conscience que son pays, ce n’est pas seulement la lumière éclatante, la magie des couleurs, le mirage du désert, le mystère des Casbah, la féerie des souks, bref, tout ce qui a donné naissance à cette littérature que nous exécrions, mais que l’Algérie, c’est aussi et avant tout une communauté d’hommes capables de sentir, de penser et d’agir ».

    http://www.paperblog.fr/1660625/115...
    S’agit-il de la même lettre,( je n’ai pu mettre la main sur "Les lettres de prison", que j’ai en principe.)

    Toujours est-il ,que dans son livre "De la colonisation à la révolution culturelle- 1962-1963, Ahmed Taleb écrit que "Camus a manqué de lucidité et de courage , à l’heure des choix décisifs".

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @22h55   « »

    @ Deir Yassin,

    Il faudrait rappeler aussi, pour ceux qui sont scandalisés qu’on utilise le mot apartheid, que sur les plages en Algérie, il y avait des pancartes sur lesquelles, on pouvait lire :" Interdit aux Arabes et aux chiens."

  • permalien Liberté égalité solidarité :
    11 janvier 2010 @23h26   « »

    Le silence de d’Albert Camus à propos de l’indépendance de l’Algerie est à relativiser. Il était simplement plus proche d’une vision "libertaire" de l’émancipation du peuple Algérien contrairement à la vision centraliste et autoritaire du FLN.
    Il était notamment proche des positions de Messali Hadji et du Cercle Zimmerwald (Pierre Monattre).
    Si vous voulez connaitre l’avis d’Albert Camus sur la question de l’Algerie lisez la lettre ouverte à Francis et Colette Jeanson (parut en février 1956 dans la Révolution Prolétarienne).

    La paix puis l’indépendance pas le contraire.

  • permalien Deïr Yassin :
    11 janvier 2010 @23h33   « »

    Sakhra @ 11 janvier 22.51
    Je pense que la lettre de Taleb Ibrahimi de Fresnes en août 1959 est une reprise révisé et radicalisé de sa lettre initiale. Il écrit bien à un moment donné : "Pour la première fois (en ajoutant "nous dirions-nous") un écrivain Algérien non Musulman ... Déja dans le "nous dirions-nous" Taleb Ibrahimi met une certaine distance par rapport au lettre initiale. La silence continue de Camus a dû le faire tomber définitivement du piédestal ! Taleb Ibrahimi écrit entre autre : "il est curieux de constater que vous qui clamez votre amour de vos "frères" arabes, affichez en fait un souverain mépris pour tout ce qui est arabe, musulman er oriental. Vous qui prétendez que l’Algérie est votre "vraie patrie" ignorez tout de son patrimoine au point d’oser parler de villes algériennes "sans passé". Une connaissance, même superficielle de l’histoire du Maghreb eût suffi à vous montrer que la nation algérienne n’est pas un épiphénomène, est aussi africaine et arabe."
    D’ailleurs, est-ce que Camus parlait l’arabe ?
    ma’a salaama

  • permalien Sakhra :
    11 janvier 2010 @23h50   « »

    @ Deir Yassin,

    Merci pour la précision concernant la lettre de Taleb.

    Non, Camus ne parlait pas arabe , voyons !

    L’humouriste algérien, Fellag, dans un de ses skechs(Orthographe ?) disait : " les Français sont restés 132 ans en Algérie, et quand ils sont partis, ils n’ont même pa su dire "au revoir " en arabe !

    Salam.

  • permalien Deïr Yassin :
    12 janvier 2010 @01h06   « »

    @ Sakhra
    Ils sont donc dit ni "au revoir" en partant (peut-être ils pensaient que vous alliez les supplier de revenir !) ni "bonjour" en débarquant !! Quel bon exemple de "mission civilisatrice" !

  • permalien Karim B., Montréal :
    12 janvier 2010 @04h02   « »

    À Sakhra,

    merci pour les précisions, cela a définitevement introduit des nuances dans mon évaluation de son oeuvre.

    J’aurai néanmoins trouvé plus courageux qu’il écrive son "pourquoi je ne suis pas musulman" en arabe.

    Cela aurait été beaucoup plus conséquent pour un "patriote".

    Je refuse de penser qu’il ne pouvait pas deviner à quel sorte de récupération cela donnerait lieu.

    Je ne trouve pas ça très brave...

    B’slema 3alik.

  • permalien gloc :
    12 janvier 2010 @07h18   « »

    J’aurai néanmoins trouvé plus courageux qu’il écrive son "pourquoi je ne suis pas musulman" en arabe.

    Je suppose que vous avez voulu dire en amazigh,

    autrement pourquoi plus l’arabe, que le turc ou que l’espagnol... ou que le français ?

    Je crois qu’il a préféré l’écrire dans sa langue quitte à vous paraitre lâche.

  • permalien gloc :
    12 janvier 2010 @07h34   « »

    Bachir : Le conflit pour l’indépendance algérienne n’a pas été qu’une guerre de libération. cela a été une REVOLUTION au sens le plus accompli du terme.

    Pas indépendance puisque le pouvoir est passé du catholico-franchouillard à arabo-musulman :

    La constitution algérienne du 28 novembre 1996

    Le 1er novembre 1954 aura été un des sommets de son destin, aboutissement d’une longue résistance aux agressions menées contre sa culture, ses valeurs et les composantes fondamentales de son identité que sont l’Islam, l’Arabité et l’Amazighité, le 1er novembre aura solidement ancré les luttes présentes dans le passé glorieux de la Nation.

    ... juste un changement de boutiquier, une révolution !

  • permalien elbé :
    12 janvier 2010 @14h47   « »

    A Gloc,

    Oui une révolution !

    Ce n’est pas changer de n’importe quelle crèmerie à n’importe quelle autre.
    Ne vous en déplaise, le peuple algérien avait plus de chance de se reconnaître en l’Émir Abel -Kader qu’en Bugeaud, en Mohamed (saws) qu’en Jésus (saws).
    Nos ancêtres les gaulois, désolé,ça ne leur parlait pas.Surtout quand ils leur sont tombés sur la tête...

  • permalien gloc :
    12 janvier 2010 @15h05   « »

    elbé : le peuple algérien avait plus de chance de se reconnaître en l’Émir Abel -Kader qu’en Bugeaud, en Mohamed (saws) qu’en Jésus (saws).

    ... et en Dyhia, la Kahina, qu’en Cléopatre Séléné

    ne vous en déplaise vous-même !

  • permalien elbé :
    12 janvier 2010 @16h01   « »

    une bille :
    11 janvier @19h34 «  »
    @ Elbé,

    "Je pense aussi , tant il y a de similitudes (imparfaites certes)

    J’y vois aussi une autre similitude imparfaite aussi à cause du contexte colonial, avec les français venu d’Algérie certains depuis 4 générations, et qu’un débat imbécile sur l’identité nationale voudrait nous présenter comme étrangers.

    Camus a vécu ce même traumatisme, il a fait des recherches sur ses origines, et se retrouvait dans la situation d’un personnage de Paul Auster, complètement étranger à lui-même."

    - Pour la similitude avec l’identité nationale, en France :

    En apparence uniquement, car comme vous le dites vous même, le fait colonial change tout ! Trop de dissemblences.
    Par la colonisation :
    - on a voulu détruire l’identité des autochtones, sans même lui en accorder une de rechange, sinon très tard.
    - On a pillé les ressources,spolié les meilleures terres, (il y a eu des famines, inconnues avant l’arrivée des français), on a massacré.
    - puis on est resté dans ce pays avec morgue et prétendue supériorité raciale.

    Et vous voulez que cela ne laisse pas de traces dans la construction des identités ?
    Plus grand chose à voir avec ce qui nous agite en France !

    Suite,

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