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Morgan Freeman et Clint Eastwood s’emparent du mythe Mandela

Les dérobades d’« Invictus »

mardi 12 janvier 2010, par Mona Chollet

Le choix de raconter l’après-apartheid à travers l’organisation par l’Afrique du Sud, en 1995, de la Coupe du monde de rugby, ne semble pas se justifier uniquement par sa cinégénie. Invictus, réalisé par Clint Eastwood, témoigne aussi d’un credo idéologique peut-être inconscient, mais très caractéristique : faire tenir une société, ce n’est rien d’autre que lui offrir quelques satisfactions symboliques, en même temps que des modèles identificatoires qui stimulent l’initiative individuelle.

Qui se souvient encore que dans les années 1970, le leader du mouvement de la Conscience noire, Steve Biko – assassiné en 1977 –, représentait en Occident le symbole de la lutte contre l’apartheid ? Comme le rappelait Augusta Conchiglia [1], « sa renommée [dépassait] largement celle de Nelson Mandela à l’époque. Les liens de ce dernier avec le Congrès national africain (ANC), organisation taxée de “marxiste”, voire de “pro-soviétique”, avaient considérablement réduit, guerre froide oblige, les cercles qui relayaient en Europe et plus encore aux Etats-Unis la campagne de l’ANC pour la libération de celui qui allait devenir une icône mondiale à la fin des années 1980 [2] ».

Vingt ans après sa libération – le 11 février 1990 –, Nelson Mandela a achevé sa mue. Considéré comme un « terroriste » par Washington dans les années 1970 et 1980, le fondateur de l’aile militaire clandestine de l’ANC est devenu un personnage éminemment consensuel, adoré de la jet-set qui se dispute les photos en sa compagnie et voit en lui une sorte d’équivalent africain du dalaï-lama : un vieux sage malicieux et éternellement souriant. On en oublierait presque qu’Amnesty International, par exemple, n’a pu militer pour sa libération, la charte de l’organisation lui interdisant de soutenir les prisonniers d’opinion qui prônaient le recours à la violence [3]. Ces propos de l’acteur Morgan Freeman, qui l’incarne dans le film de Clint Eastwood Invictus, sur les écrans français le 13 janvier, témoignent bien de cette aura religieuse qui l’entoure désormais : « Lorsque je lui ai dit qu’il faudrait que j’aie accès à lui, je lui ai dit que je voulais pouvoir lui tenir les mains. Et je l’ai fait, j’ai vraiment pu lui tenir les mains. Et oui, j’en retire énormément de choses en tant qu’acteur. Je peux le toucher. Je ressens l’impression, l’énergie qu’il y a au fond de cette personne, parce que Madiba [le nom clanique de Mandela] est un homme très tranquille. » (Interview sur Europe 1, 4 janvier 2010.) Et Clint Eastwood, pour sa part, s’émerveille : « Il a invité son geôlier à sa cérémonie d’inauguration. Quelle noblesse ! Je ne vois pas qui d’autre aurait pu faire ça... à part Jésus-Christ ! » (Entretien au Point, 12 janvier 2009.)

Arrivant quelques mois avant que l’Afrique du Sud n’accueille la Coupe du monde de football [4], la production hollywoodienne constituait une étape obligée de cette canonisation. Elle contraint le spectateur à un certain effort pour identifier un personnage aussi connu que Mandela sous les traits d’un acteur aussi connu que Morgan Freeman. Désignée par l’ancien président sud-africain lui-même comme étant le mieux placé pour interpréter son rôle à l’écran, la star américaine cherchait depuis longtemps à adapter son autobiographie, Un long chemin vers la liberté ; mais le projet se heurtait à la difficulté de faire tenir le récit dans la durée d’un long métrage. Invictus se concentre donc sur un épisode bien particulier : l’organisation par l’Afrique du Sud, en 1995, un an après l’accession de Mandela à la présidence, de la Coupe du monde de rugby. Afin de donner des gages à une communauté blanche inquiète, le nouveau président s’oppose à la dissolution des Springboks, l’équipe sud-africaine, très populaire auprès des Blancs, mais haïe des Noirs, pour qui elle représentait un symbole de l’apartheid. En dépit du faible niveau de l’équipe nationale, Mandela demande à son capitaine, François Pienaar (joué par Matt Damon), de tout faire pour remporter la Coupe – laquelle s’achève effectivement sur la victoire des Springboks.

Le destin exceptionnel d’un homme, une épopée sportive sur l’air de « quand on veut on peut », la réconciliation entre Blancs et Noirs, le label « réalité plus belle que la fiction » [5] : tous les ingrédients susceptibles de faire saliver un producteur étaient réunis. Avec une réalisation efficace, voire emphatique (la séquence où François Pienaar et ses joueurs visitent l’ancienne prison de Mandela, à Robben Island, atteint des sommets de kitsch), nappée d’une musique pompeuse qui met le paquet pour susciter des frissons d’émotion, on obtient une sorte de grosse machine irrésistible, et parfaitement attendue.

Lorsque, avant un match important, Mandela donne à François Pienaar le texte, recopié de sa main, du poème qui l’a aidé à tenir le coup en prison – et qui s’intitule Invictus –, le spectateur français aura du mal à ne pas penser à l’épisode désastreux qui, lors du match d’ouverture de la Coupe du monde de rugby de 2007, vit Bernard Laporte, alors entraîneur du XV de France, faire lire à ses joueurs la lettre écrite à ses parents par le jeune résistant Guy Môquet avant son exécution. Certes, dans l’Afrique du Sud de 1995, en proie à de graves tensions communautaires, le contexte justifiait davantage ce rapprochement entre une lutte de libération et un tournoi sportif. Il n’empêche que le choix de raconter l’après-apartheid à travers cet événement ne semble pas se justifier uniquement par sa cinégénie : il témoigne aussi d’un credo idéologique peut-être inconscient, mais très caractéristique. Un credo qui affirme que faire tenir une société, ce n’est rien d’autre que lui offrir quelques satisfactions symboliques, en même temps que des modèles identificatoires qui stimulent l’initiative individuelle.

Mandela, un « héros solitaire » ?

C’est quasiment mot pour mot ce que se disent Mandela et Pienaar la première fois qu’ils se rencontrent. Prenant le thé au palais présidentiel, les deux hommes discutent de « leadership ». « J’essaie de guider par l’exemple, de donner l’exemple par mon comportement », déclare Pienaar ; et l’on devine que Mandela partage cette vision des choses. Le culte de la personnalité et de l’homme providentiel qui imprègne le film illustre assez bien, comme le fait remarquer Eric Libiot dans L’Express, le thème eastwoodien du « héros solitaire » — au risque de donner l’illusion que Mandela a vaincu l’apartheid tout seul. L’intéressé écrit pourtant dans ses mémoires qu’il se considère comme « la somme de tous ces patriotes africains disparus avant [lui] »... Intégrée à l’univers farouchement individualiste du réalisateur, la chute du poème Invictus, « Je suis le maître de mon destin / Je suis le capitaine de mon âme », se teinte d’un sens bien différent de celui qu’elle pouvait revêtir pour un prisonnier tenant tête à ses geôliers.

L’action politique qui consiste, non pas à « inspirer » le peuple (le grand mot de Mandela dans le film), mais à prendre des décisions concrètes pour le bien commun, n’a aucune place dans cette configuration. Détail significatif de cette vision dépolitisée : le personnage de Mandela, jugeant son salaire de président trop élevé – toujours « donner l’exemple » –, décide, non pas de le réduire, mais d’en verser une partie à des œuvres de bienfaisance… Surtout, Invictus montre sa tâche à la tête du pays comme une suite de réunions interminables avec des technocrates, d’obligations diplomatiques et protocolaires vides de sens. Sa nouvelle passion pour le rugby lui offre des occasions d’échapper à cet univers formel et ennuyeux, suscitant la complicité bienveillante du spectateur : tel un gamin faisant l’école buissonnière, il veille plus tard que ne le lui a recommandé le médecin pour suivre un match à la télévision ; il interrompt son travail avec son assistante pour lui demander de lui faire répéter les noms des Springboks, qu’il veut connaître par cœur. Et quand il s’échappe en hélicoptère pour aller saluer les joueurs à la veille de l’ouverture de la Coupe du monde, il leur glisse, espiègle : « Parfois, en tant que président, j’ai le droit de faire ce que je veux ! »

Invictus donne ainsi une vision incroyablement lénifiante de l’Afrique du Sud de cette époque. De manière systématique et délibérée, tout au long du film, plusieurs personnages commencent par apparaître comme menaçants, avant de s’avérer de braves bougres inoffensifs, ou animés des meilleures intentions. Seules de rapides images d’émeutes à la télévision, une manchette de journal évoquant une explosion de la criminalité, ou encore les reproches de l’assistante de Mandela lui assénant qu’« il y a des problèmes partout où nous posons les yeux », et qu’il y a donc des choses plus importantes que le rugby (mais elle aussi finira par se laisser séduire...), suggèrent que tout n’est pas rose depuis l’avènement de la « nation arc-en-ciel ».

« Ce pays a soif de grandeur »

Le plus saisissant, cependant, c’est la naturalisation des inégalités entre Blancs et Noirs à laquelle procède le film. La tâche de Mandela, entend-on dans la bande-annonce, consistait à « concilier les aspirations des Noirs et les craintes des Blancs ». Sauf que la formule relève de la publicité mensongère : Invictus montre bien comment il apaise les craintes des Blancs ; on n’y voit rien, en revanche, de la manière dont il répond aux aspirations des Noirs – à moins de considérer que le seul rêve de ceux-ci était de voir leur pays remporter la Coupe du monde de rugby, ce dont on peut fortement douter au regard des conditions de vie de l’écrasante majorité d’entre eux. « Ce pays a soif de grandeur », déclare Mandela/Freeman. Sans doute ; mais n’a-t-il soif que de cela ? Et la grandeur passe-t-elle forcément par une victoire sportive ? Lorsque, avant la Coupe du monde, les Springboks entament une tournée des townships, cela donne de très jolies images de joueurs blancs fraternisant avec des gamins noirs ; sauf que, la partie de rugby terminée, les joueurs repartent, et la township reste la township.

Le film laisse croire que l’apartheid se réduisait à une animosité abstraite entre Blancs et Noirs, en omettant le fait qu’il se traduisait aussi par toute une série de lois et de mécanismes précis, destinés à maintenir la domination économique des premiers sur les seconds. En 1995, d’après une étude de la Banque mondiale, l’économie sud-africaine était l’une des plus inégalitaires au monde : même si la proportion de Noirs faisant partie des privilégiés augmentait, la minorité blanche (13% de la population) absorbait toujours 61,2 % du revenu national. A cet égard, en dépit de progrès indéniables, l’action de Mandela n’a pas été la hauteur. Le régime de propriété de la terre hérité de l’apartheid, par exemple, n’a pas été aboli de manière satisfaisante (lire Colette Braeckman, « Paysans sans terre d’Afrique du Sud », Le Monde diplomatique, septembre 2003).

Mandela élu, l’époque où l’ANC effrayait par ses orientations marxistes n’était plus qu’un lointain souvenir. « En 1996, l’ANC a opéré un virage historique en optant pour une politique néolibérale classique », écrit Johann Rossouw, retraçant en détail l’histoire de ce revirement (« Pretoria aux prises avec la crise sociale », septembre 2006). Il précise le rôle joué par le vice-président et futur successeur de Mandela, Thabo Mbeki : « Diplômé en économie, M. Mbeki jouait de facto le rôle de premier ministre tandis que la figure historique de l’ANC se concentrait sur la réconciliation raciale. Le vice-président était fasciné par l’évolution des sociaux-démocrates européens dans les années 1990. La “troisième voie” du premier ministre britannique Anthony Blair représentera pour lui un modèle. En outre, M. Mbeki ne voulait pas voir se répéter, dans son pays, l’échec économique des pays africains “socialistes” dans la période qui suivit les indépendances. » En 1999, peu avant l’élection présidentielle, un député de l’ANC ne cachait pas son impatience : « Ce n’est pas l’entrée de quelques hommes d’affaires noirs dans le cercle des Blancs privilégiés, notamment par la cotation en Bourse de leurs entreprises, qui nous intéresse. Le gouvernement s’est engagé à réduire les inégalités et à redistribuer les richesses, et jusqu’ici les résultats ne sont pas très probants. » (Claude Wauthier, « L’Afrique du Sud se prépare à l’après-Mandela », mars 1999.) C’est cette orientation résolument néolibérale, et les frustrations qu’elle aura suscitées, qui ouvriront la voie, en 2009, au « lumpen-radicalisme » du président Zuma.

Loin de se justifier par son caractère de petit-événement-apparemment-frivole-mais-en-réalité-si-important, le choix de se focaliser sur la Coupe du monde de rugby apparaît alors comme une dérobade, un moyen de faire diversion, de gonfler démesurément le symbolique pour mieux camoufler la démission du politique. « Que l’on n’y cherche pas la moindre critique sur une période pourtant débattue où les choix économiques et politiques de l’ANC, sous la direction de Mandela, se sont largement éloignés de l’objectif premier de réduction de la pauvreté proclamé lors de la lutte », regrette à juste titre le site Africultures dans sa critique d’Invictus. Le résultat, c’est que le film invite le spectateur à s’attendrir sur la complicité nouvelle, à la faveur d’un moment de liesse sportive partagée, entre la mère de François Pienaar et sa domestique noire. Autrefois un rien transparente, cette dernière, au fur et à mesure que Pienaar se rapproche du nouveau président noir du pays, se met à faire partie intégrante de la famille, et exprime sa gratitude en minaudant avec une modestie du meilleur aloi. Film gentiment antiraciste, Invictus semble se satisfaire pleinement de ce happy end. Quant au fait que la Noire soit toujours la domestique, et la Blanche la patronne, il semblerait que cela relève de l’ordre naturel des choses : le film y est tout simplement aveugle. Ce n’était pas le sujet, objectera-t-on ; peut-être. Mais pourquoi a-t-on la fâcheuse impression que ça ne le sera jamais ?

Invictus, un film de Clint Eastwood (2h12). Avec Morgan Freeman, Matt Damon… Sortie le 13 janvier 2010.

Notes

[1] « Steve Biko, la conscience noire », La valise diplomatique, 11 septembre 1997.

[2] En 1980, Peter Gabriel chantait Biko – chanson reprise en 1987 dans le film de Richard Attenborough Cry Freedom, avec Denzel Washington dans le rôle de Biko. En juin 1988 avait lieu à Wembley un grand concert célébrant les 70 ans de Mandela et réclamant sa libération, occasion pour les Simple Minds d’écrire leur Mandela Day. Le récit que donne Wikipédia (en anglais) des tractations autour du concert montre bien l’étape décisive qu’il représenta dans la transformation de l’image du leader de l’ANC en Occident.

[3] Plus de détails ici.

[4] Lire Philippe Rivière, « Quand les Sud-Africains réclament un toit », Le Monde diplomatique, avril 2008 ; Jean-Christophe Servant, « Afrique du Sud : ceux qui descendent d’ailleurs », et Ph. R., « Opération coup de poing à Durban », Echos d’Afrique, 5 août et 1er octobre 2009.

[5] Encore que le milieu du rugby bruisse de rumeurs de triche... Voir « Au-delà de l’amertume », Sud-Ouest, 9 janvier 2009.

41 commentaires sur « Les dérobades d’“Invictus” »

  • permalien Bruno :
    12 janvier 2010 @20h03   »

    Donc Invictus n’est pas un documentaire précis et historique de cette époque et Mandela n’a pas réglé tous les problèmes de l’Afrique du Sud.
    Faut être un rude c.. pour avoir cru qu’un film d’Eastwood serait un précis historique et qu’un homme politique puisse rattraper des siècles d’apartheid.

  • permalien
    13 janvier 2010 @11h35   « »

    Le régime de propriété de la terre hérité de l’apartheid, par exemple, n’a pas été aboli de manière satisfaisante

    Mugabe a aboli, lui, façon "destruction des koulaks comme classe", mais il a détruit le Zimbabwe en même temps. Et on peut se demander quel genre de film on pourra faire sur le président Zuma.

  • permalien de quoi ? :
    13 janvier 2010 @16h16   « »

    Peut-être qu’un film "lénifiant" "apolitique" et "individualiste" est aussi le meilleur reflet de ce qu’est devenu l’Afrique du sud... C’est un exemple très frappant du mouvement général qui consiste à abolir une segregation politique pour ne laisser que l’inégalité économique, à l’allure davantage naturelle, moins revoltante.

  • permalien zazie :
    13 janvier 2010 @19h41   « »

    C’est un conte de fée que l’on nous raconte là. Ce n’est ni un documentaire, ni un film historique, ni un film sur Mandela, ni un film sur l’ANC, ni un film sur le soutien de toutes les puissances occidentales au système d’apartheid, ni.... La fin de l’apartheid a été saluée par beaucoup de diplomates et politiciens de "miracle" . Alors un cinéaste peut bien choisir la version conte de fée.

  • permalien quaeps :
    13 janvier 2010 @20h00   « »

    Bruno et le commentaire suivant : c’est beau comme du Jean Tilkin....

  • permalien Rémy :
    14 janvier 2010 @10h00   « »

    Bien vu. Une analyse qui confirme le très mauvais sentiment que j’ai eu en voyant la bande annonce. Ce n’est pas qu’"un" film ; c’est UN film. C’est à dire ce par quoi se forgeront les symboliques et les opinions dans l’avenir. Hollywood vient de marquer un (mauvais) point.

  • permalien Benyungsoo :
    14 janvier 2010 @11h02   « »

    Ce n’est qu’un film.
    Encore une fois la forme prend le pas sur le fond, mais n’est-ce pas le but premier d’un film ?
    On nous raconte une histoire, vraisemblablement pro-Nelson Mandela, dont la symbolique est forte, mais ce n’est pas l’Histoire.

  • permalien Juju :
    14 janvier 2010 @12h46   « »

    Excellente critique.

  • permalien Charles Martel :
    14 janvier 2010 @16h10   « »
    Je vais aller le voir

    Les critiques des films sur ce blog sont vraiment mauvaises et descendent en flammes d’excellents film ("La guerre selon Charlie Wilson", "L’affaire Farewell"...), Invictus doit donc être un bon film....
    Merci bien.

  • permalien Jojo :
    14 janvier 2010 @18h01   « »

    Les contre-arguments de Charles Martel sont aussi profonds que son pseudonyme, il semble...

    Il semble bien qu’on ait un encore un énième "film", qui, s’il ne prétend n’être qu’un "film" ou "conte de fées", continuera d’influencer l’imaginaire populaire, selon lequel la politique c’est chiant et les tournois mondiaux détruisent la haine et les inégalités.

  • permalien Nicolas Krebs :
    14 janvier 2010 @19h12   « »

    Voir aussi Philippe Person, Clint Eastwood a-t-il vraiment changé ?, 2009-06, et Sébastien Hervieu, Invictus, le jeu politique de Nelson Mandela, 2009-12-16.

  • permalien David :
    16 janvier 2010 @12h55   « »
    Cela me donne envie d’aller le voir

    Ce qui est dommage dans votre article, c’est que vous ne parlez pas des intentions du réalisateur. Ce serait plus éclairant. Je sais qu’il y a une gauche "anti-eastwoodienne" en matière de cinéma, tout ça parce qu’étant de droite, Eastwood nous servirait dans chacun de ses films de l’idéologie de droite, et de la morale à deux balles.
    Peut-être a-t-il vu dans la situation de l’Afrique du Sud d’alors et d’aujourd’hui de grands points communs avec la société américaine d’alors et d’aujourd’hui. Il a peut-être voulu montrer un aspect de la réconciliation en disant simplement que la Coupe du Monde de rugby était une occasion à saisir, sans pour autant dire que tout était résolu. Je ne pense pas que Clint Eastwood soit naïf à ce point. De même que, forcément, Mandela n’était pas le seul à s’être dressé contre le système en place. On n’est pas naïf non plus.
    Ce que l’on peut critiquer effectivement, c’est cette société du spectacle envahissante qui est devenue, en quelque sorte, un des symboles de l’échec du politique, une renonciation à offrir du bien-être et du bonheur aux gens autrement que par des niaiseries télévisuelles, du sport à la télé, etc.
    Mais j’irai le voir pour m’en faire une idée plus précise. C’est également toujours bien de connaître les intentions du cinéaste.

  • permalien Anonyme 13 :
    16 janvier 2010 @15h43   « »
    Aux "Lovers" et aux "Ennemis" de Clint

    Bonjour à tous :

    D’accord avec vous David. Toujours se méfier des réductions de l’art (ou du divertissement artistique) à des questions politiques.

    Quant à C. Eastwood, dans la Vie des Idées, une brillante plumitive nommée Sylvie Laurent a écrit un fâcheux pamphlet contre "Gran Torino", l’un des derniers films de ce cinéaste, accusé ici de racisme et de prolonger les discours du candidat de droite John McCain... Je vous laisse libre de juger par vous-même de la pertinence de ces propos : je vous indique uniquement que je les trouve brillamment grotesque : l’art (ou ce dont le cinéma est le nom dans ces domaines du spectacle -pour moi "Gran Torino" est de l’art tout court, et sans virgule) ne peut se réduire à la politique, bien que celle-ci soit intéressante pour mettre en perspective : ce qui ne doit pas vouloir réduire à certains aspects du contexte politique. D’ailleurs et enfin "Gran Torino" est plutôt anti-raciste à mes yeux. Que Kowalski (le protagoniste principal) adopte le jeune Hmong (dont 4000 réfugiés viennent d’être expulsés de Thaïlande il y a peu) et se sacrifie , littéralement, devenant figure christique, ne devrait pas induire en de telles erreurs grossières en cela typiquement d’une gauche bien-pensante et sûre la beauté de son âme petite-bourgeoise et demi-savante.

    Cordialement

  • permalien Ph.L. :
    18 janvier 2010 @09h20   « »

    Eastwood ou pas , c’est surtout un film qui fait du bien par où ca passe, qui tire la larme pour de la "bonne cause", qui nous sort du catastrophisme ambiant. Conforme ou pas à l’Histoire (qui le sera ?), il nous sort de la télé : de l’air, du souffle, du stade ! Pourquoi pas aussi un "droit à la légereté" ?

  • permalien Mona Chollet :
    18 janvier 2010 @14h57   « »

    Un mot à propos de l’argument « il ne faut pas réduire l’art à la politique ». Non, certes. Mais ce n’est pas moi qui en fais un film politique ! Qui peut croire qu’un film montrant un président sud-africain en exercice, juste après la fin de l’apartheid, pourrait ne pas avoir de dimension politique ? J’ai seulement voulu essayer d’expliciter l’idéologie qui flotte dans le film, invisible – parce qu’elle correspond à celle dans laquelle nous baignons aujourd’hui – mais bien réelle. C’est un film qui montre où en sont les élites mondiales, politiques et culturelles, dans leur rapport au racisme (« Le Point » parle de « premier film de l’ère Obama »). La dimension artistique est par ailleurs assez mince dans ce qui est avant tout un film de commande, Eastwood ayant accepté le projet pour permettre à son ami Morgan Freeman de réaliser son rêve de jouer Mandela. C’est un produit hollywoodien bien calibré, avec les séductions et les limites du genre. « Art » est un bien grand mot...

    Quant à l’aspect optimiste, conte de fées, film qui fait du bien, etc., je suis probablement un monstre sans coeur, mais je ne l’ai que très peu ressenti. Confier sa soif de merveilleux à ce genre de grosse machine hyper attendue et consensuelle, qui s’arrange à ce point avec la réalité, en se laissant séduire par la vision biaisée qu’elle donne de l’histoire, ça me semble un brin risqué... Il me semblerait plus sage de chercher le merveilleux sur des terrains moins idéologiques.

  • permalien Geckocha :
    20 janvier 2010 @15h05   « »

    Excellente critique, d’une rare finesse de déconstruction de l’évidence lénifiante.

    Les commentaires sont d’autant intéressants de mon point de vue qu’ils donnent à voir aussi ce qui plaît dans ce film, et par là même une part du discours convenu dans notre société qui se veut bien souvent comme seul légitime.

    Merci donc de nous donner à penser sans dogmatisme, et non à brouter.

  • permalien Jean-Luc :
    20 janvier 2010 @16h12   « »

    Eastwood, Tarantino, "L’Affaire Farewell" : autant de fausses gloires, autant de baudruches. Merci pour vos articles.

  • permalien Michel 13 :
    5 février 2010 @18h15   « »

    Si réaliser une œuvre cinématographique (artistique) se résume à faire un énième conte de fée (zazie, où "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Ou pour les traumatisés de la societé, le cinéma doit permètre de sortir "du catastrophisme ambiant" pour vivre "ma vie en rose". le cinéma de Clint Eastwood est le meilleur Gardénal.
    Pour ma part je considère que toute création artistique n’a d’intérêt que si elle est porteuse de sens (quel qu’il soit), autrement dit si l’auteur a quelque chose a dire. Par définition le sens d’une œuvre est - politique - n’en déplaise aux effarouches par le mot.
    Une création qui serait essentiellement esthétique ne présente a mes yeux qu’un intérêt secondaire, ce qui est le cas de l’œuvre d’Eastwood.

    Mais comme aurait put le dire Michel Audiard :"C’est pas parce qu’on a rien a dire qu’on doit fermer sa gueule"... surtout si ça empêche les autres de s’exprimer.

  • permalien Caillou :
    6 février 2010 @16h45   « »

    Je suis assez consterné par les commentaires qui affirment péremptoirement que "l’art c’est l’art" (donc, l’art n’est pas la politique).
    L’art c’est l’art, d’accord, mais... c’est quoi ? Et si c’était (attention, puissante conceptualisation à la fin de cette phrase, ça va être très très compliqué) une vision du monde ? (oui, j’avais prévenu, c’est une profonde philosophie inaccessible au profane)

    Hum hum, mais alors l’art serait aussi l’expression de pensées et de problèmes ?

    Je ne vois pas pourquoi "art", "belles images", "belle histoire" ou "conte de fées" signifieraient nécessairement "dépourvu de sens". Au contraire, il me semble plus juste de dire qu’une belle histoire, une belle image, ce sont avant tout des condensations de significations complexes, inconscientes, implicites, etc.

    Merci pour cet article. Je signale que je ne suis pas sans coeur : j’ai été absolument captivé par l’intrigue du film d’Eastwood, et j’étais heureux à la fin du film. Mais en sortant j’ai eu une impression de vide, parce que ce film nous dit à peu près la même chose que la télé (plus puissamment, c’est Eastwood quand même) : c’est en regardant le foot que nous nous réalisons pleinement.

  • permalien Anonyme 13 :
    6 février 2010 @17h04   « »

    Caillou,
    C’est du rugby. Pour le reste...

  • permalien franco-sudaf :
    6 février 2010 @20h13   « »

    L’ignorance bien française... dans toute sa splendeur.
    C’est une habitude tout à fait gauloise de lancer des pierres à C. Eastwood, parce que, empreint de toute l’expérience des Townships de Soweto et d’Alexandra où l’auteur a sans doute passé des années pour pouvoir en parler aussi bien (il n’est visiblement pas à l’abri des clichés...).

    Mandela a du sang sur les mains, je le rappelle à chaque fois qu’une description lisse m’est faite de lui... Pourtant, oui... sans lui, il aurait pû y avoir une guerre civile. Nostalgique de la révolution française, le gaulois espère que toute transition se fera dans un bain de sang, comme pendant la Terreur. Il suffit de traverser la Manche pour voir que la Révolution Française n’est sujet de fierté qu’en France... Le gaulois y voit le symbolisme, le voisin y voit tout ce sang versé, souvent celui de l’innocent.

    Continuez, s’il-vous-plait, à nous éclairer de votre savoir à 10000 km d’ici. C’est un concept qui heurte beaucoup d’intellectuels, mais oui, une coupe du monde peut avoir des effets politiques décisifs.

    Cet article comforte la discussion avec deux expatriés ce matin, sur leur "impuissance" vis-à-vis de la France. Elle ne leur fait plus rêver, ils n’en ont plus de désir d’y retourner. Continuez s’il-vous-plait à faire des analyses et des leçons de morale quand la France se pose la question de "l’identité nationale" alors qu’elle n’a qu’une minorité d’immigrés. Et ce, alors que ça ne fait même pas 50 ans que la France s’est affranchit de sa dernière colonie...

    Pour les "siècles d’Apartheid", la loi date de 1948. Mais ça gène personne, puisque la plupart des blogueurs et des intervenants dans le débat n’ont jamais mis le pied en Af’Sud (mais ils ont une grande bibliographie d’auteurs français qui parlent de l’Af Sud). Bien joué les gars...

  • permalien Anonyme 13 :
    6 février 2010 @20h52   « »

    Mona Chollet :

    Merci de vos précisions.

    Je vous cite :

    J’ai seulement voulu essayer d’expliciter l’idéologie qui flotte dans le film, invisible – parce qu’elle correspond à celle dans laquelle nous baignons aujourd’hui – mais bien réelle. C’est un film qui montre où en sont les élites mondiales, politiques et culturelles, dans leur rapport au racisme (« Le Point » parle de « premier film de l’ère Obama »).

    Vous êtes brillante pour sûr, votre vision a de la force, vos synthèses sont audacieuses, vos explications, à défaut de convaincre, impressionnent par leur puissance, leur cohérence. La citation que vous faites est de celles qui résume une pensée : je me demande comment pouvez-vous savoir quelle peut bien être "l’idéologie (...) dans laquelle nous baignons aujourd’hui". Je vais vous brusquer : je me demande toujours comment les intellectuels de gauche peuvent toujours savoir quelle est l’idéologie dans laquelle on baigne, et de surcroît, la voir dans un film sur l’Afrique du Sud, de Clint Eastwood...

    Comprenez-moi, je ne veux pas du tout rabaisser votre travail. En rien du tout. Mais parfois je suis très surpris par l’audace de certains. Sincèrement surpris. Par ailleurs, même si Clint est de droite et n’est pas précisément sympathique par moments, lorsqu’il soutient McCain par exemple, Reagan, etc., dire "c’est un film qui montre où en sont les élites mondiales (sic), politiques et culturelles (resic, pourquoi politiques ? le cinéma, même hollywoodien, serait de la politique ?, fait par des politiques ?) dans leur rapport au racisme"...

    Je termine par une question : lorsque vous vous relisez, vous croyez encore à ce que vous écrivez ?

  • permalien cathy :
    7 février 2010 @00h27   « »

    Je comprends votre point de vue mais je ne le partage pas.
    J’ai bien aimé ce film mais cela n’est qu’UN FILM.
    J’en ai marre que les personnes confondent tout.
    Un film n’est qu’un point de vue d’un réalisateur et de ses scénaristes mais en aucun cas la réalité.
    Pour moi les personnes qui vont au cinéma ou regardent la télé ou lisent un livre/un article ou écoutent des personnes, pensant que tout cela est la vérité, ne sont que des sots.
    Car la seule vérité est celle que nous vivons.
    Les choses que nous lisons ou regardons selon le point de vue d’une personne est sa vision d’une vérité non la vérité.
    Alors apprécions ou pas un film/un livre/un documentaire/un article/etc..., mais si nous voulons en savoir plus, recherchons d’autres témoignages ou points de vue et essayons de nous rapprocher d’une vérité.
    Plus j’avance dans l’échelle des âges, plus je suis déçue de l’être humain, nous avons besoin d’humanité, de partage et de tolérance.
    Mais je ne désespère pas, je reviens à mes moutons et je trouve que le film INVICTUS est un bon film. Il m’a donné envie de me replonger dans l’histoire de ce pays l’afrique du sud.

  • permalien Alain :
    11 février 2010 @16h41   « »

    Je n’ai pas vu ce film et peut donc difficilement en parler objectivement. Cependant, je crois que le fond cet billet est mal interprété. Personne ne peut nier la dimension politique d’un film, personne ne peut nier l’influence d’un film sur l’imaginaire collectif, influence allant parfois jusqu’à le substituer aux repères historiques.
    Je doute très fortement que Mona Chollet soit à ce point froide pour ne pas voir la dimension émotionnelle et artistique de ce film. Mais comme toute forme d’art, ce film à un sens. Le sujet étant éminemment politique, cqfd.

    bien à vous.

  • permalien JIHELJI :
    11 février 2010 @22h00   « »

    J’ai vu le film, j’ai aimé et vibré et toute la salle aussi !

    Chacun est libre de critiquer ou d’applaudir, mais vouloir qu’un simple film réponde à tous les problèmes, évite tous les raccourcis et en plus témoigne d’une vérité historique incontestable et ne fasse appel à aucun ressort émotif ... c’est le culte des Parfaits et la négation même de la création artistique, littéraire ou cinématographique !

    J’ai eu la même désagréable impression devant les critiques tout aussi acerbes que jalouses des "historiens" ou "chercheurs" sur la "shoah par balles" et sur l’action du Père Desbois, ou encore sur la série TV "the War" ou sur le film colorisé "Apocalypse" : ces spécialistes qui se disent les seuls détenteurs de la vérité historique semblent enfermés dans une bulle et n’ont rien fait pour faire connaitre leurs recherches au grand public : mais comment le faire sans une certaine vulgarisation et une certaine dose de simplisme voire d’inexactitude ?

    Ce que je trouve moi de plus étonnant, c’est le parcours personnel et l’évolution de Clint Eastwood : mais c’est vrai que cet artiste est plus complexe à comprendre que le caricatural Charlton Heston et sa NRA !

  • permalien ASYS :
    12 février 2010 @17h20   « »

    J’ai vu Invectus et je suis ravie. Le film à mon avis est à l’image de Mandela. Il est vrai que le film n’a pas évoqué toute les étapes de l’Afrique du Sud. La trame se situant dans la période aprés apartheid, c’est à dire à l’accession de Mandela au pouvoir. Il est vrai comme le dis Bruno que mandéla n’a pas tout fait pendant son mandat. Mais je crois qu’il a posé un acte fort et essentiel : c’est à dire d’avoir permis à un pays de se redresser humainement et de vivre ensemble. C’est un grand pas même si le chemin reste à parfaire.

    Savoir pardonner, pouvoir avancer malgré les blessures du destin, VIVRE ENSEMBLE. Une grande leçon que Mandela nous offre.

  • permalien Clo :
    13 février 2010 @00h09   « »

    Je l’ai vu et oui c’est très "Clint Eastwoodien" mais franchement je préfère mon vieux cowboy solitaire devenu un excellent réalisateur, surtout quand je vois que les mêmes critiques montent en épingles les navets du cinéma français du style de "lol"
    Laissez moi donc "million dollars baby, Mystic river, Grand Torino et Invinctus" le cinéma c’est aussi l’histoire des bons et des méchants et si les gentils gagnent avec un message positif, si c’est bien tourné moi j’aime autant.
    Quand à la musique de Kyle Eastwood, elle nous rappelle celle du "zoulou blanc" et est de circonstance dans ce film.
    Enfin, avant de critiquer, essayez donc d’avoir un dixième du talent de gens comme Clint Eastwood et d’autres.
    Et si j’en choque, tant mieux, la médiocrité grandissante de la race humaine m’inssuporte

  • permalien Freaks :
    15 février 2010 @17h38   « »

    Mmmmmmh !

    Loin d’ètre en complet désaccord, je trouve cette critique par certain coté caricaturale.

    D’accord pour dire que le film a été "vite" tourné : la musique des films de Eastwood est toujours bien pensé, dans celui là, elle n’est pas toujours à propos, le montage n’est pas toujours judicieux, effectivement, la scène de la prison est un peu naive.
    Je pense que sous bien des aspects, le film a été trop vite bouclé.

    Maintenant, il ne faut pas oublié une chose, Eastwood est le représentant du cinéma classique américain, à ce titre il opère par symbole. Le sport est un symbole de communion, de persuasion par la psychologie. N’oublions que le scénario est historique, et que Mandela a réellement utilisé le sport à dessein politique (il le dit d’ailleurs dans le film).
    N’oublions pas aussi que Mandela dit aussi dans le film "bien étudier l’ennemie pour le combattre / c’est les blancs qui détiennent l’économie, l’armée, il ne faut faut pas se les mettre à dos" etc...Votre critique n’en fait pas mention. Et mème si la bonne est noire et la patronne blanche, n’était-ce pas la réalité DU MOMENT 1 ou 2 ans après l’élection de Mandela ? C’est pourtant bien un noir qui est président.

    Aussi maladroites que sont certaines séquences, ce film est un hommage clair à Mandela, tout le monde connait son légendaire pouvoir de persuasion. N’oublions pas la thématique du film : Mandela transmet son pouvoir de persuasion à une équipe moyenne et cette équipe gagne ! Et Mandela le fait à des fins politiques !(je me souviens avoir lu dans vos colonnes un article sur l’utilisation du sport en tant de crise par les gouvernements)
    Au passage, on comprend d’ailleurs que c’est cette force de persuasion qui l’a fait tenir.

    Je trouve en fait que la critique se focalise uniquement sur les maladresses de la mise en scène. Je pense que c’était un choix de Eastwood de ne considérer que le sport, car le reste on le connait, non ?

    N’oublions pas la performance de Morgan Freeman.

    C’est assez curieux, cet article ressemble à un autre écrit sur Eastwood dans vos colonnes, qui était proche de la caricature et qui démontrait, aussi ambigu que puisse ètre Eastwood (je ne partage pas toujours ses positions)
    , une méconnaissance de son cinéma.

  • permalien PE :
    21 février 2010 @09h20   « »

    Merci à franco-sudaf pour son commentaire si approprié...

  • permalien manu :
    23 février 2010 @16h19   « »

    Le propos du film ne m’intéresse pas plus que ca, et je ne suis pas un fan inconditionnel de ces fameux soit-disant "intellectuels de gauche". Il est caractéristique aussi de lire toujours les mêmes tirades haineuses, ridicules et véhémentes de la "bien-pensence" réactionnaire en ces temps (bientôt révolus ?) de sarkozysme teinté de lepénisation des esprits. Eastwood et l’industrie hollywoodienne avaient le droit de faire leur "premier film de l’ère Obama", Mona Chollet a le droit d’essayer d’en analyser certains aspects.

    Je ne savais même pas que Eastwood était de droite et avait été pour Mc Cain, merci les réac de me l’apprendre ;-) Merci en tout cas Mona Chollet de réveiller mes neurones le peu de fois ou je tombe sur un de vos articles au fil du surf sur Internet. Réveiller ces dernier, attiser l’esprit critique, ne pas se laisser endormir par la médiocrité ambiante qui s’impose tous les jours à nous, ce n’est ni plus ni moins à mes yeux la raison d’être de vos articles. Merci !

  • permalien Riwall :
    26 février 2010 @17h30   « »

    L’article-critique soulève des points de réflexion intéressants, mais je suis cependant en désaccord avec un certain nombre d’entre eux.

    D’un point de vu cinématographique, le principal problème reste la présentation des scènes de rugby. On sent bien que Eastwood doit découvrir ce sport pour la première fois, et l’assimile trop au football US dans la façon de le filmer, donc surement aussi dans la compréhension qu’il en a. Mais cela reste quand même un point mineur par rapport au thème présenté.

    En effet, le sujet du film n’est pas de traiter de l’apartheid (auquel cas il aurait effectivement été blâmable que n’apparaissent pas les mécanisme régissant ce système), mais d’un évènement post-apartheid, et de comment Mandela va utiliser cet évènement afin de garantir l’union de l’Afrique du Sud. On peut critiquer le tendance "Eastwoodienne" de ne traiter que des destins individuels, pour autant, que serait devenu l’Afrique du Sud sans la personnalité de Mandela, son rôle constant dans la recherche de la paix sociale (à une époque où la guerre civile menacée franchement -voir était même à l’œuvre au Kwazulu-Natal entre membres de l’IFP (zoulous) et ceux de l’ANC) ? Mandela n’a bien sur pas fait s’écrouler seul l’apartheid. Cependant, il est tout aussi certain que sans lui, le destin de l’Afrique du Sud aurait été sensiblement diffèrent. Il arrive que parfois, ce ne soit pas que les masses qui fassent l’histoire, mais aussi, précisément, des destins individuels.

    Dans son souci de concorde, Mandela (et les membres de l’ANC - à ce sujet, vous avez raison de pointer le rôle de Thabo Mbeki) n’a pas souhaité remettre en cause les structures économiques et sociale du pays. Il y aurait beaucoup à dire sur la politique de l’ANC depuis son accession au pouvoir en 1994 (il resterai aussi à savoir si l’ANC avait vraiment d’autres possibilités, en gardant en tête que son but était de dépasser le modèle raciste proposé depuis 1913, et donc d’éviter le départ des blancs).

    Et pour construire une nation, la force du symbolique est un élément important, surtout dans un pays si emprunt de religiosité que l’Afrique du Sud. Donc certes, l’Afrique du Sud ne rêve pas QUE de grandeur, mais elle en rêve quand même pas mal.

    Dans cette optique, Invictus est donc plutôt un bon film, tant dans la forme que sur le fond, même si Eastwood en fait parfois trop, je vous l’accorde (quand des flics laissent un gamin noir écouter le match depuis leur voiture, notamment).

  • permalien vera :
    1er mars 2010 @07h30   « »

    tout simplement un film grand public, cad commercial, accessible a tous dans tous les clichés du film américain-sans finesse aucune et dans la caricature, au cas où l on ne comprendrait pas .... - mais il passe bien pour la masse qui paiera ses 8 ou 10 euros,-
    ceci dit, aujourd’ hui même, ségrégation racisme et misère n’ont pas bougé d ’un centimètre de chair humaine- elle part dans tous les sens-blancs contre noirs, noirs contre noirs, noirs contre blancs jamais assez : ce qu il y a de plus surprenant : le noir, pour le blanc ou pour le noir, reste la bête préférée a abattre- pour le comprendre, il faut vivre dans le pays- et ces critiques de l’extérieur, et de la part des blancs-surtout européens, ceux qui savent tout sur tout et ont des idées sur tout- meme a 12 000 kms, me font toujours bien marrer de toutes leurs vanités-
    cette critique est nuancée et intéressante- et remet le fim a sa juste place : c est un film de divertissement avec une toute petite facette historique : finesse de Mandela d ’éviter la grande tuerie générale comme au Zimbabwe soutenue dans toutes ces conneries par qui encore ??

    et bravo encore pour ceux qui donnent leur avis avant meme d avoir vu le film..... ce qui confirme ce que je dis- ahaha !!! ces européens.... so funny !

  • permalien eva :
    7 mars 2010 @14h08   « »

    Ayant vu le film, et ayant eu l’occasion de me rappeler en le visionnant combien il est indécent parfois de se plaindre ou tout simplement de répandre des opinions et des critiques qui n’ont pour fonction que de nous faire oublier le simple message humain, trop humain, l’espir d’une élévation toujours possible, je dirai à tous ceux plus préoccupés d’argumentations que d’émotions, que l’on peut aisément et tout simplement se contenter et se réjouir de voir ce film pour entendre son message.

  • permalien arnaud :
    22 mars 2010 @03h46   « »

    moi je le trouve bien le film... choisir de parler d’un episode precis pour ne pas en faire des tonnes... le besoin important de lepok etait dunifier L’Af. du Sud.. il l’a compris.. et a vu en la coupe du monde 2 rugby une opportunite... en un sens il a ete visionnaire sur ce point.. surtout ke kom on le sait tous et kom on a pu le remarker en 98 après la victoire de la France a la coupe du monde... 1 victoire sportive peut symboliser une relance economique... un prealable parmi tant d’autres... je pense qu’on pourrait faire plusieurs films sur plusieurs passages de la vie de Mandela.. en loccurence.. ce film qui illustre un episode interressant de sa vie... est un bon film...

  • permalien Blasée N° 60 :
    3 juillet 2010 @20h37   « »

    "Aussi fantaisistes qu’ils puissent paraître avec leurs superhéros ou leurs zombies, les films hollywoodiens à grand spectacle reflètent souvent de façon saisissante l’état profond de la société américaine, ses peurs, ses obsessions, l’image qu’elle se fait d’elle-même et de sa place dans le monde." (MDV N° 111)

    "Du pain, des jeux" disait-on à Rome
    "C’est Juvénal qui en est l’auteur. Il l’a écrite pour évoquer les besoins fondamentaux du peuple de Rome qui vivait alors dans la misère. Pour éviter les émeutes et les révoltes, les consuls et les empereurs ont organisé des distributions de farine gratuite"
    Les Romains ont renoncé à leur liberté au profit d’un gouvernement absolu qui leur promettait « du pain et des jeux ».
    N’est-ce pas le but de la plupart des films, d’endormir le "gogo" pour le rendre plus servile, lui faire croire incessamment que tout va changer pour lui. Si les gogos n’y croyaient plus, imaginez un peu le délire général. En un mot, regarde donc des films, pendant ce temps là, tu ne regardes pas là où tu te fais "baiser"

  • permalien guy :
    14 juillet 2010 @09h30   « »

    De nombreux commentaires font voir à quel point des critiques comme celles de Mona Cholet sont nécessaires pour obliger même les plus réfractaires à penser et à ne pas aller voir un film simplement pour dire qu’ils l’ont vu.
    En effet, le symbolique n’est pas innocent, et l’on pourrait citer des milliers d’exemples. Prenons le cas du Canada qui a nommé comme gouverneur général une personne d’origine haïtienne, tout en participant pleinement à une recolonisation d’Haïti. Inutile de dire que l’heureuse "élue" est bien obligée de suivre le courant et de faire des déclarations suggérées en ce sens, tout cela au nom de la "réussite" individuelle qui utilise le symbolique comme marche-pied.

  • permalien Moderation :
    15 septembre 2011 @11h44   « »

    Ce commentaire est tellement linguistiquement ampoulé et politiquement sans intérêt que ça me donne une furieuse envie d’aller voir ce film. Apparemment, l’auteur de ce commentaire ne sait pas en quoi consiste le cinéma et la différence entre fiction et documentaire, si tant est que le documentaire ne soit pas mis en scène. Dommage. Si vous analysiez "Le monde selon Bush" ? Vous pourrez même essayez d’en définir le genre...

  • permalien Africain blanc :
    6 juillet 2012 @17h52   « »

    Cette article fleur bon le parisianisme, un intellectuel de salon qui par une critique, bien sentie cela dit, enfonce des portes ouvertes. Oui l’apartheid a été un régime pratiquant la ségrégation raciale, oui il existe encore aujourd’hui un fossé économique entre Blancs et Noirs et oui il y a eu du sang versé pour maintenir ce système. Mais ce sont les blancs, De Klerk en tête, qui ont choisi d’y mettre fin, et de dépasser leurs peurs.

    Que les noirs aient soif de grandeur soit, c’est naturel, mais qu’alors ils se montrent à la hauteur de leurs aspirations. La réalité vu du Jobourg est que le pays est au bord de l’explosion, que ceux qui ont permis au prix de lourds sacrifices d’en faire la première puissance économique d’Afrique sont montrés aujourd’hui du doigt par les biens pensant occidentaux et subissent des violences qu’ils n’imposaient pas du temps où ils avaient le pouvoir. L’affirmative action (merci Mandela) gangrène les sociétés en plaçant des incompétents plein de suffisance à des postes clés et qui ne sont choisit que pour leur couleur. Pour les noirs les blancs doivent partir la nation arc-en-ciel est une blague.

    Que les inégalités choquent je suis d’accord mais ne crachez pas sur ceux qui ont fait de l’Afrique du Sud un pays moderne qui attire les africains de tout le continent. Coupez les têtes de ceux qui ont su créer la richesse ne profitera d’ailleurs à personne. Demandez à une zimbabwéenne si elle ne rêve pas d’être la domestique de la mère de François Pienaar ?

    Et si les noirs veulent avoir des domestiques blancs alors qu’ils se montrent, cette fois, vraiment à la hauteur.

  • permalien JM :
    18 novembre 2012 @23h41   « »

    Ce film exalte les vraies valeurs et fait rêver. Phénomène engendré par le sport qui brise les inégalités sociales. Pourquoi reprocher à Clint Easwood d’avoir oublié la réalité au profit du rêve ? Nous la connaissons tous depuis des siècles, cette réalité. Par contre, le rêve reste toujours possible et le sport n’a pas son pareil pour unir un peuple en brisant les barrières. Clint n’a pas d’ambition politique dans ce film, mais humaine et je m’étonne de plus en plus en voyant cet acteur du western, très charismatique mais assez superficiel alors, réaliser dans vieillesse des films aussi profonds, et c’est loin d’être le seul ces dernières années. Bravo Clint !

  • permalien
    19 novembre 2012 @21h57   « »

    Merci, je suis resté perplexe en regardant ce film.
    Manquait -il de saveur , cousu de fils blancs.
    Le malaise grandissant, je me demandais si j’étais allergique aux bons sentiments...
    Une petite recherche sur internet pour vérifier que le sport en 1995, c’est du bon dopage et zéro controle et que les adversaires étaient empoisonnés. Voilà un bien meilleur scénario !
    Et enfin cet article qui m’éclaire et confirme mon malaise, un grand merci pour ce coup de projecteur rafraichissant.

  • permalien pierrot vagabond poète du Québec :
    13 janvier 2013 @19h25   «

    Nelson Mandela
    est le plus grand
    rêveur équitable de la planète

    Pierrot
    vagabond poète du Québec
    http://www.reveursequitables.com
    http://www.enracontantpierrot.blogs...

    ` MERCI MANDELA

    VOYAGE
    chu rien qu’un chanteur qui voyage
    tu m’verras jamais à t.v.
    j’ai 35 ans j’fais pas mon âge
    j’fais du flolklore dans mes tournées

    j’ai comme des explosions dans tête
    que j’ai besoin d’te raconter
    d’un coup je meurs d’un hasard bête
    dans des pays trop éloignés
    —–
    Au Japon j’ai connu l’boudhisme
    avec des temples de l’ancien temps
    pis en Afrique des musulmans
    qui ont plusieurs femmes évidemment

    moi catholique baptisé
    thraumatisé par le péché
    y a tellement d’religions sur terre
    qu’aujourd’hui j’me sens libéré

    ——
    j’ai vu des noirs bleus comme la mer
    qui vendaient des serpents séchés
    des noirs charbons en Côte d’Ivoire
    qui m’ont donné leur amitié

    du fond de la brousse ma peau blanche
    a eu honte de ses préjugés
    y a tellement de couleurs sur terre
    qu’aujourd’hui j’me sens libéré

    ——
    j’ai vu des langues par dizaines
    des dialectes par centaines
    sayonara good by je t’aime
    midowo antimari midowo

    moi québécois enraciné
    qu’on a monté contre les anglais
    y a tellement de languages sur terre
    qu’aujourd’hui j’me sens libéré
    ————–

    les religions sont des poètes
    comme les langues et les couleurs
    j’ai comme des explosions dans tête
    qui font qu’aujourd’hui j’ai pu peur

    d’être québécois dans l’fond du coeur
    et j’ose crier à la jeunesse
    maudit déniaise t’as 18 ans
    je sais que la planète t’attend

    j’sais pas si j’ai bien fait d’parler
    mais pour le reste oubliez-moé.

    Pierrot
    vagabond céleste

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