Le Monde diplomatique
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Instabilité boursière : le fléau de la cotation en continu

mercredi 20 janvier 2010, par Frédéric Lordon

Première partie d’une analyse qui se poursuivra dans Le Monde diplomatique de février sous le titre : « Et si on fermait la Bourse ? ».

Il faut reconnaître d’emblée qu’évoquer un « fléau », nuisance de forte taille, généralement bien identifiée du sens commun — peste, choléra, algues vertes, droite sarkozyienne — à propos d’une obscure particularité technique des marchés financiers comme la « cotation en continu », a toutes les chances de déconcerter quelque peu la lecture qui, des deux pôles de cette association baroque entre une énormité annoncée et un détail apparemment de seconde zone, ne sait auquel se rendre. Mais le sens commun, qui dit assez d’âneries comme ça, a bien su reconnaître par ailleurs que « le diable était dans les détails » et, dans le cas présent, il faut le suivre sans hésiter.

Quoi qu’il soit possible d’avoir bien des désaccords avec Maurice Allais, il faut pourtant lui accorder d’avoir été l’un des premiers à s’être élevé contre la cotation en continu des actions à la Bourse. Le krach de 1987 lui en avait donné une excellente occasion ; il est vrai que la déréglementation des marchés de capitaux, œuvre impérissable du socialisme de gouvernement, et de Pierre Bérégovoy en particulier, vieille d’à peine un an, n’avait pas tardé à tenir toutes ses promesses — d’instabilité chronique, d’emballements collectifs et de « correction » des excès par les excès. Pour ceux qui, l’éloignement dans le temps aidant, tiennent la cotation en continu pour une sorte d’évidence immémoriale et ne voient même plus le problème, il faut au moins rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi et que les transactions boursières d’avant la déréglementation s’effectuaient selon de tout autres procédures, notamment celle du fixing [1]. Comme son nom le suggère, le fixing consiste en l’enregistrement préalable, pendant la première partie d’un jour de Bourse, des offres et des demandes, leurs arrivées successives faisant varier un prix fictif, jusqu’à un certain moment de la journée où est arrêté — fixé — un prix réel auquel toutes les transactions sont ensuite concrètement effectuées (règlement et livraison), chaque cours de bourse ne prenant donc qu’une seule valeur effective par jour.

Mais une seule valeur par jour c’est terriblement planplan alors qu’une cotation en continu permettrait de multiplier, autant que la vitesse d’exécution des ordinateurs le peut, les allers-retours spéculatifs au cours de la journée — en termes plus techniques : accroître considérablement la vitesse de circulation de la monnaie dans les marchés financiers et, par là, espérer augmenter dans les mêmes proportions la plus-value cumulée. Gains spéculatifs des uns, commissions de courtage des autres, frais de bourse touchés par les places de marché, et bonus pour tout le (ce) monde : il n’est pas un acteur de la finance qui n’ait intérêt à ce remarquable progrès. Le justifier de manière un peu plus présentable est une autre affaire. La finance est cependant rarement à court d’arguments, même si au final elle en assez peu en stock, mais dont elle fait des usages intensifs. Et parmi ceux-ci, un surtout, utilisable en n’importe quelle occasion ou presque : la liquidité.

Les miracles de la liquidité…

On comprend que les discours de la finance usent et abusent des invocations à la liquidité. Car liquidité est l’autre nom de la « bonne sortie », celle par laquelle on se défait de ses actifs pour se retirer, plus-value en poche. Dit un peu plus précisément, la liquidité est la propriété offerte par un marché de trouver à tout instant des contreparties (des vendeurs si on est acheteur, des acheteurs si on est vendeur) avec lesquelles réaliser une transaction qui, par elle-même, n’affectera pas significativement le prix courant. La liquidité, pour faire une image, est une sorte de propriété de dilution : elle signifie que le marché est suffisamment vaste et suffisamment actif pour que l’offreur et le vendeur réunis pour la transaction considérée y soient comme noyés dans la masse et y comptent « pour peu » : le marché absorbera leur offre et demande dont la part minuscule dans les offres et demandes globales du moment garantit l’absence d’effet propre sur le prix de marché. Réciproquement, nos offreurs et demandeurs particuliers peuvent prendre pour référence le prix de marché qu’ils observent juste avant la passation de leur propre transaction, puisqu’ils savent que celle-ci n’aura pas d’impact significatif sur celui-là. On comprend bien l’avantage de la chose par différence avec la situation d’un marché illiquide dans lequel ne s’affairent que peu d’intervenants, où les volumes globaux échangés sont faibles et, où, dans ces conditions, l’arrivée d’un « gros » demandeur ou bien d’un « gros » acheteur, ayant pour effet de modifier significativement à lui seul l’offre ou la demande globale, aurait également celui d’entraîner une forte variation du prix.

Quoique formellement symétrique, il est assez évident que le raisonnement de la liquidité revêt toute son importance du côté de l’offre, bien plus que du côté de la demande : apporter ses actifs à l’offre, c’est se proposer de sortir du marché, double moment de vérité puisqu’il y est non seulement question de la matérialisation des plus (ou moins) values, mais aussi, plus fondamentalement, de la possibilité même de modifier ses positions, et notamment de retourner au cash, l’actif sans risque par excellence (même si sans rendement non plus…) où l’on se rue quand le marché dégringole. Par la possibilité qu’elle offre à tout instant de sortir du marché au prix courant, la liquidité est une promesse de réversibilité. Comme l’a montré André Orléan, en ce sens le relecteur le plus fidèle de Keynes, la liquidité est par essence anti-sociale : elle est la posture de l’individualisme radical, qui ne s’engage à rien, qui consent certes à apporter ses capitaux… mais sous la condition de pouvoir les reprendre à tout instant, et qui ne s’implique que sous la clause d’être par avance, et à sa souveraine appréciation, délié. La liquidité des marchés financiers est la forme institutionnelle qui réalise cette déliaison, ou cette liaison paradoxale, comme on voudra, et dont le confort propre est désormais tenu pour une sorte d’acquis social de la finance. Qui n’en voit les avantages par rapport à l’investissement en capital physique ? Apporter ses ressources monétaires directement à la formation de capital fixe (pour l’entrepreneur-propriétaire qui finance immédiatement équipements, immeubles, fonds de roulement, etc.), ou bien prendre une part de capital d’une entreprise non cotée, c’est immobiliser indéfiniment ses fonds sans espoir de recouvrement sauf vente à la casse dans le premier cas, ou aléatoire cession de gré-à-gré dans le second. L’opération n’a cependant rien d’aberrant puisque les fonds investis vont payer — ils paieront du profit et du dividende —, mais elle suppose une disposition à l’engagement long tout à fait particulière, la seule qui vaille vraiment d’être qualifiée d’entrepreneuriale, car c’est peu dire que le désir de réversibilité n’y trouve pas son compte.

C’est bien pourquoi, comme Schumpeter l’avait parfaitement vu en son temps, la société par actions, pour n’avoir en soi aucun caractère « technologique », n’en mérite pas moins d’être considérée comme une innovation fondamentale du capitalisme — mais une innovation institutionnelle. En convertissant le capital physique immobile en titres de propriété négociables sur un marché ad hoc (la Bourse), portant chacun une fraction de valeur seulement, donc plus aisément revendables, la société par actions réalise la transsubstantiation du capital fixe en capital liquide : à la place des machines revendables dans le meilleur des cas à la casse avec les dépréciations qu’on imagine : du papier, ou plutôt du petit papier, et même plein de petits papiers, échangeables entre plein d’« investisseurs », mais d’investisseurs désormais financiers ; des petits papiers dont le prix (le cours) va d’ailleurs pouvoir varier, avec à la clé de possibles gains spéculatifs — réversibilité et plus-value : la fête ! Et voilà le grand argument de la liquidité boursière : à l’état illiquide, l’investissement en capital physique, irréversible ou presque, n’attirera pas grand monde ; « liquéfié » par le double jeu de la quotité modeste et de la négociabilité des titres, le capital « financiarisé » prend de tout autres attraits et promet de faire venir du monde — épargnants qui n’ont rien d’entrepreneurs et n’entreront… qu’à la condition de pouvoir sortir. Aussi, l’opération institutionnelle de la liquéfaction financière du capital, parce qu’elle offre la certitude de pouvoir vendre, induit par là même d’envisager acheter. L’arme fatale du capital-actions, c’est donc, par la promesse cardinale de la réversibilité, de drainer vers le capital des entreprises des flux d’épargne qui ne s’y seraient jamais investis autrement, et d’étendre bien au-delà de la disposition statistiquement rare à l’engagement long la mobilisation possible de fonds. Arme fatale ?

… et ses aberrations

En tous les sens du terme alors. Car, des indéniables facilités de la liquidité boursière, Keynes, qui n’était pas hémiplégique, n’avait pas manqué non plus de souligner toutes les tares. Rompant avec la logique de l’investissement physique qui, lui, se soucie par nécessité des données économiques fondamentales de l’entreprise, l’investissement financier s’intéresse à de tout autres choses puisqu’il n’a plus à connaître que des papiers négociables et les variations de leur prix. Or la cause prochaine de ces variations réside dans les mouvements de l’offre et de la demande proprement financières — on pourrait même dire de la demande spéculative puisque, prenant au sérieux la garantie de sortie de la liquidité, les « investisseurs » n’ont plus tant à se préoccuper des données du capital physique sous-jacent à leurs titres que des fluctuations immédiates du prix de ces titres en tant qu’ils sont générateurs de possibles plus-values : celles-là mêmes qu’on réalise au moment de la fameuse « sortie ». En résumé, les investisseurs financiers ne sont plus intéressés qu’aux mouvements des prix de leurs actifs financiers qui sont eux-mêmes gouvernés par les offres et les demandes financières, donc par les comportements des autres investisseurs financiers, cette répétition un peu lourde ayant vocation à faire comprendre que la communauté du marché in fine regarde bien moins les investissements physiques au service desquels elle est supposée être… qu’elle ne se regarde elle-même. Sans doute les investisseurs financiers ne perdent-ils pas complètement de vue les dits investissements physiques — les entreprises — mais moins pour former à leur propos des anticipations objectives… que pour imaginer ce qu’en penseront les autres.

Keynes a immortalisé cette déformation du regard financier sous le nom de « concours de beauté » : un journal demande aux membres d’un jury non pas d’élire la reine selon leur goût mais d’imaginer quel sera le choix majoritaire — et ces messieurs de se désintéresser des beautés pour ne plus se regarder qu’entre eux. On tâchera de ne pas trop en vouloir à Keynes, qui pouvait difficilement sauter par-dessus son époque, et mis spontanément des dames sur le podium et des messieurs au jury (comme de juste…), pour ne retenir que la structure formelle du problème : les choses à juger (les actifs physiques dans le cas économique) se trouvent déclassées dans l’ordre des priorités cognitives des juges qui sont tout affairés à conjecturer les jugements des autres juges. Mais chacun tentant de percer les avis des autres, et tous en faisant autant, il en résulte une divergence des conjectures croisées (chacun tente d’imaginer ce que les autres imaginent, mais doit alors aussi imaginer ce que les autres imaginent qu’il imagine, donc qu’ils imaginent qu’il imagine qu’ils imaginent, etc. à l’infini) rendant extraordinairement instable l’identification du point d’équilibre du marché où pourtant tous aspirent à se rendre. André Orléan nomme auto-référentialité cette propriété parasite [2] de la liquidité financière, mais telle qu’elle entre néanmoins dans son essence même, et y voit très justement le principe de l’instabilité intrinsèque des marchés d’actifs spéculatifs.

Les discours apologétiques de la finance sont beaucoup moins diserts à ce sujet — on les comprend, il y a de quoi mettre à terre la promesse solennellement faite à l’économie par la finance : l’efficace allocation du capital. Il faut sans doute un moral au carbure de tungstène pour continuer de soutenir prétention d’une pareille énormité après les extravagances de la bulle internet ou, pour faire référence à un autre genre de beauté, celles des produits structurés dérivés des crédits, et ceci pour ne pas remonter plus loin dans le temps puisque, depuis que la finance est finance (spéculative), elle a pour charme spécial de reproduire invariablement les mêmes aberrations. Présenter comme la meilleure orientation possible de l’épargne financière l’investissement dans des start-ups sans profit ni parfois même chiffre d’affaire, sans autre perspective qu’une combinaison vague de lendemains technologiques étincelants et de crédulité du public, demeure avec le recul du temps une performance de la doctrine financière appelée à tenir dans l’histoire une place équivalente à celle des bulbes de tulipes hollandais, de la Compagnie des mers du sud ou des mirages de la rue Quincampoix [3].

Rapportés aux propriétés fondamentales de la liquidité financière on comprend pourquoi tous ces épisodes ont un caractère, non d’aberrations exceptionnelles et mystérieusement-malheureusement réitérées, mais bien de nécessité structurale : dès lors que les opérateurs se regardent mutuellement plus qu’ils ne regardent les entreprises elles-mêmes, le produit de composition de ces conjectures croisées est susceptible de se refermer sur littéralement n’importe quoi (des tulipes valant de l’or, ou des start-ups milliardaires en rêve), et surtout de connaître des déplacements d’une brutalité inouïe : un jour les bulbes au pinacle, le lendemain aux tréfonds, et ceci simplement parce que l’opinion collective, qui est la seule maîtresse du marché, s’est soudainement repolarisée sur une nouvelle croyance majoritaire. Comme le rappelle très bien un texte récemment publié par David Bourghelle et Pauline Hyme, tout ce qui améliore la liquidité a donc peut-être pour effet d’induire les épargnes en mal d’emploi à s’investir, mais a aussi celui d’approfondir un peu plus le fonctionnement autoréférentiel du marché, c’est-à-dire la déconnexion grandissante des évaluations financières, menées par l’identification du consensus, d’avec les données réelles des actifs économiques sous-jacents, que tout le monde ou presque a oubliés depuis belle lurette. On objectera que le « presque » rachète à peu de frais une notoire exagération : l’intense activité d’analyse financière ne déverse-t-elle pas quotidiennement ses « notes de recherche » auprès des investisseurs ? Et le fait est qu’elles sont farcies de tableaux, de graphiques et de prévisions qui en apparence ne font que parler des entreprises. Mais les analyses financières ne peuvent revendiquer aucune position d’extériorité objective et, prises dans la logique d’ensemble de l’opinion financière, elles en sont au contraire l’un des symptômes les plus caractéristiques puisqu’elles ne font la plupart du temps que restituer, mais sous une forme technique et avec tous les semblants de la rationalité, les croyances qui ont déjà saisi les esprits de la finance — les « analyses » n’ont-elles pas expliqué sans ciller les immenses perspectives de profit des start-ups, l’irrémédiable archaïsme de la « vieille économie » (moyennant quoi toute la croissance étasunienne d’après-krach internet a été tirée par l’immobilier…), ou bien l’infaillible sûreté des dérivés de crédit ?

Pour un fixing mensuel

La liquidité financière est donc une propriété redoutablement ambivalente et il faut en tenir les deux bouts pour savoir exactement qu’en faire quand il est question de transformer les structures de la finance. Mais le discours de rationalisation de la finance qui, conformément à un propos marxien d’une inaltérable actualité, s’efforce d’habiller d’idées générales ses intérêts particuliers, s’y entend pour oublier en route la moitié d’argument qui la gêne et ne conserver que celle qui l’arrange. C’est pourquoi il n’est pas inutile de lui rappeler les effrayants dégâts qui suivent de tout sacrifier à la liquidité, et notamment les emballements spéculatifs autoréférentiels, le groupe électrisé des opérateurs s’abandonnant à une forme de délire évaluatif collectif qu’aucune force ne parvient à ramener au réel… sauf l’éclatement catastrophique de la bulle (dont on sait qui paye les conséquences). S’il est indéniable que la liquidité comme promesse de réversibilité est seule à même de décider des épargnes à s’investir sur les marchés (et ceci dit sous réserve que cet investissement ait effectivement des vertus économiques, ce qui reste à sérieusement discuter, il faudra y revenir plus tard), il ne s’en déduit pas pour autant que cette réversibilité doive être, littéralement, de tous les instants comme le revendique la cotation en continu. C’est bien sur l’échelle de temps de la réversibilité qu’un compromis est alors à chercher entre les effets antagonistes de la liquidité. Si, admettant par provision la logique de l’investissement boursier, on accorde la nécessité d’aménager des possibilités de « sortie », mais que, symétriquement, on désire contenir les tendances à la divergence qui suivent du refermement autoréférentiel du marché quand l’option de sortie permanente ne favorise plus que le jeu purement spéculatif, il s’en déduit assez logiquement que le « compromis » en question consiste à « boucler » les investisseurs pendant un temps minimal – « boucler » signifiant en clair : sortie interdite.

On n’échappe pas à la part d’arbitraire de l’exercice qui, tentant provisoirement de se soustraire à l’alternative du « tout » (la cotation continue et (l’espoir de) la liquidité absolue) ou « rien » (l’illiquidité complète… c’est-à-dire la suppression des marchés d’actions — et après tout pourquoi pas ? il faudra y repenser), cherche à mettre un curseur quelque part dans l’entre deux. La proposition qui suit est nécessairement affligée de cet arbitraire, mais elle indique au moins une logique d’ensemble — et puis laisse entièrement ouverte à la discussion la fixation des détails. En l’espèce les détails sont numériques puisqu’il s’agit de répondre à la question « combien de temps ? ». Combien de temps doit-on « boucler » les investisseurs — leur interdire de sortir après être entrés — pour « déspéculativer » (un peu) leur regard sur les actifs boursiers ?

Puisqu’il faut bien commencer avec un chiffre, disons ceci : un mois. Ou plutôt : le délai d’illiquidité institutionnelle [4] doit être de l’ordre de grandeur du mois. La chose signifie concrètement que sera établi un fixing mensuel (ou pluri-mestriel), précédé d’une période à déterminer (de l’ordre de la journée ou de quelques jours) d’enregistrement des offres et demandes, à l’image du fixing quotidien de l’ancien CAC40, mais étendu, et que, hors de ces périodes, rien ! Ni pricing, ni transactions (et bien sûr, sévère répression de toutes les tentatives de contournement du type discrètes transactions de gré-à-gré), mise en sommeil complète de toute activité boursière, retour des opérateurs à leurs chères études, c’est-à-dire à des formes d’analyse financière plus préoccupées des entreprises à évaluer que des divagations de ceux qui les évaluent.

Dans un compartiment de marché différent de celui des actions, mais selon un principe général très semblable, le Chili et la Malaisie à la fin des années 90 avaient institué un système de régulation de la liquidité contraignant les capitaux flottants extérieurs désireux d’entrer à laisser un dépôt d’un tiers auprès de la banque centrale, recouvrable à la seule condition de demeurer investis au moins un an — et il n’est pas fortuit que ces pays fassent partie de ceux qui aient le mieux résisté à la crise financière internationale de 1997-1998… Un an, ou un trimestre, ou un semestre comme période de suspension inter-fixing sur les marchés d’action ? Il faut y penser.

Ce qu’investir veut dire

Pour toutes ses sophistications revendiquées, la finance est parfois un être dont les réactions sont simples à prévoir. Par exemple, on sait déjà ce qu’elle dira, ou dirait, une pareille proposition lui serait-elle soumise. Passé le stade du grand cri inarticulé, c’est l’air éternel de la liquidité qui reviendrait tautologiquement, et ceci quand bien même on lui aurait préalablement opposé tous ses inconvénients. Il reviendra notamment sous la forme, comique dans le discours de la finance, d’un plaidoyer pour la stabilité — mais après tout pourquoi se priver… En espaçant trop les moments de formation des prix, la procédure du fixing, dira l’argument, aura pour effet de leur donner un profil plus heurté, que, précisément la cotation en continu permettait de lisser — et comment pourrait-on vouloir d’une idée qui accroîtrait la volatilité (pleurnichera la finance dont tous les mécanismes déréglementés contribuent à la nourrir, quand elle n’en fait pas carrément son beurre). À la vérité, aucun argument sérieux ne vient donner crédit à ce qui demeure une pure conjecture (intéressée) de sa part, et l’on observera même que le passage en 1986 du fixing à la cotation continue n’a produit aucun effet de réduction de la volatilité des cours de bourse, bien au contraire. On ajoutera aussi pour faire bonne mesure, et conjecture contre conjecture, qu’il se pourrait que des rendez vous de pricing espacés aient précisément la vertu inverse de reconcentrer les esprits de la finance sur des horizons temporels un peu plus éloignés que ceux auxquels le fonctionnement autoréférentiel du marché les contraint, et que la qualité des évaluations ne s’en porte que mieux — de quoi d’ailleurs, avec un rien de conséquence, on pourrait déduire que la périodicité du fixing pourrait/devrait être étendue bien au-delà d’un mois…

Et si vraiment la finance tenait à faire revivre les arguments de la liquidité, l’occasion serait idéale de lui rappeler ce qu’« investir » veut dire, et dont, pour faire sans cesse usage du mot, elle a cependant complètement perdu le sens. Etymologiquement parlant, il est utile par exemple de lui faire souvenir qu’« investir » signifie « entrer » [5] — et non entrer pour sortir immédiatement… Ce dont il lui faut retrouver le sens tient donc dans l’idée d’engagement, sans croiser les doigts derrière le dos, avec risques et irréversibilité acceptés ; et l’on peut ne pas tomber dans la célébration apologétique de la geste entrepreneuriale tout en évoquant ce qu’il en coûte cependant d’investissement (au sens extra-financier plus encore que financier) à celui qui transforme sa richesse monétaire en capital fixe — en machines, en bâtiments et en équipements —, ceci par ailleurs n’ôtant pas une once de pertinence à la critique ultérieure (ou antérieure) du rapport de subordination salariale et ne fondant aucunement un droit souverain-despotique de l’entrepreneur sur les salariés, mais ayant au moins pour vertu de signaler l’abîme qui sépare l’investissement entrepreneurial de l’investissement financier. Il se trouve que, par le jeu des transformations des structures générales de la finance, le capital financier actionnarial a acquis un pouvoir sans précédent sur les entreprises dans le moment même où il approfondissait ses possibilités de retrait, de désengagement et pour tout dire de défausse : car la liquidité des marchés d’actions étant ce qu’elle est du fait de la cotation en continu notamment, les « investisseurs » (financiers) disposent comme jamais de la possibilité de quitter une entreprise (vente), le cas échéant dans l’instant qui suit celui de leur entrée (achat). Maximum des droits pour minimum de l’engagement, voilà l’aberrant privilège que la finance actionnariale défendra avec la dernière énergie.

Abolir la cotation en continu et imposer un fixing mensuel ou plurimestriel constituent une première étape pour le lui faire lâcher. À l’injustifiable exigence de la liquidité totale, de la réversibilité absolue et de l’engagement quasi-nul, on lui opposera donc le rappel de l’irréversibilité complète de l’engagement en capital fixe, et on lui fera savoir que, comparée à l’horizon temporel virtuellement infini de l’investissement physique, un lock-in d’un mois ou de quelques mois pour l’investissement financier est une mesure en fait d’une parfaite modération. La finance actionnariale se trouvera peut-être même un peu mal à l’aise d’avoir inventé elle-même ses propres formes d’illiquidité et de lock-in : la private equity ! Les épargnants qui apportent leurs capitaux à des fonds de private equity consentent en effet à une immobilisation complète de plusieurs années, avec seulement le droit de se taire et d’attendre — parfois même de se voir refuser la restitution des avoirs comme ça a été le cas ces deux dernières années, bien des fonds de LBO ayant frisé la mort clinique du fait de leur sur-leviérisation et de l’impossibilité de refinancer leur dette dans des marchés de gros du crédit congelés. Il est vrai que leurs clients, qui ne font pas exactement partie de la catégorie des pauvres gens (la quotité pour placer ses petites économies dans un fonds de private equity est plus près du million de dollars que du plafond du livret A) ont aussi, pour contrepartie de ces « inconvénients », le droit de toucher des rendements faramineux qui sont le propre de la sauvagerie actionnariale particulière de la private equity, en quoi l’on verra un motif supplémentaire de penser que le réglage de la liquidité ne fait pas tout à lui seul. Pour reprendre des façons de faire dont le discours de la finance est coutumier, on gardera donc, de l’expérience de la private equity, ce qui nous arrange — la possibilité, contre toutes les jérémiades de la liquidité, du lock-in et l’éradication sans regret du fléau de la cotation continue — en nous réservant le droit de modifier tout ce qui nous dérange. Remarque qui devrait donc être lue comme une conclusion toute provisoire, et même une clause de revoyure. Prochaine [6].

Notes

[1] Qui demeure d’ailleurs en vigueur sur certains compartiments de marché

[2] André Orléan, Le pouvoir de la finance, Odile Jacob, 1999.

[3] Pour reprendre les épisodes les plus marquants de la longue histoire des bulles financières racontée par Charles Kindleberger, Histoire mondiale de la spéculation financière, éditions P.A.U., 1994

[4] Parler ici de liquidité ou d’illiquidité institutionnelle est une façon de rappeler qu’il s’agit toujours d’une propriété corrélative à certaines règles d’organisation du fonctionnement des marchés — et que le marché « à l’état de nature » est une chose qui n’existe que dans l’esprit des idéologues libéraux

[5] Et même plus précisément : entrer dans un vêtement

[6] Je mentionne, mais hélas un peu tard (ajout fait le 11-02-2010), et à l’usage de ceux qui voudraient des approfondissements techniques, des textes (académiques) de Fabian Muniesa qui a consacré une bonne part de ses travaux précisément à la question de la cotation en continu : ici, et

85 commentaires sur « Instabilité boursière : le fléau de la cotation en continu »

  • permalien Nicks :
    20 janvier @23h23   »

    Un article une nouvelle fois lumineux en plus d’être simple d’accès. Bien entendu, on vous taxera dans les milieux violemment orthodoxes de stalinien "liquidicide", la possibilité de spéculer à l’échelle du millionième de seconde étant naturellement associée à la première des libertés fondamentales.

    En finir avec la capitalisme financiarisé passe évidemment par la production d’alternatives. Vos propositions techniques y contribuent. Pour autant, il faut que le politique s’en saisisse et qu’il y soit incité. Voilà pourquoi, comme vous le faites remarquer dans plusieurs de vos contributions sur ce blog, une différenciation conscientisée entre le capitalisme "désengagé" et son pendant "investi", sous domination aujourd’hui quasi complète du premier, est probablement une clé qui pourrait entrainer un changement de paradigme. La Révolution française aurait-elle été possible sans les bourgeois ?

  • permalien bili :
    21 janvier @03h39   « »

    merci pour vos articles toujours aussi lumineux

    cette argumentation est tout aussi valable pour un autre fléaux de la finance moderne que sont les effets de levier, qui sont démesuré ( fois 10 , fois 100 et plus sur les marchés des dérivés)
    qui accroit les bulls et les cracks ( et surtout les profits des intermédiaires et spéculateurs ) des cycles boursier sous couvert d’alimenter la liquidité si essentiel a l’efficience de nos marché financier...

    lors d’une émissions sur internet vous disiez ne pas participer au débat télévisuel car se format ne permet pas la bonne exposition des idées,qui demande du temps.
    Si un (vraie) gouvernement de gauche vous proposais le poste de ministre de l’économie et des finances (le rêve n’est pas le propre de l’homme :-) ), accepteriez -vous le poste ?

    bonne continuation

  • permalien jc :
    21 janvier @05h06   « »
    Une voie politique ?

    Merci encore.

    La remarque de Bili est intéressante et à approfondir. N’y a t’il VRAIMENT !!! aucune volonté politique d’aller dans ce sens ? AUCUNE ?

    Car Beaucoup d’entre nous entendent très bien vos remarques et sont ravis de comprendre les rouages du monde financier (c’est certainement parce que l’on ne voulait pas s’y intéresser qu’elle a réussi à en venir là).

    Mais pour autant, il n’aura pas fallu en venir à ce niveau de technicité pour susciter chez nous l’envie d’agir, de s’investir dans une lutte politique contre le capitalisme financier.
    Quelqu’un connait un moyen efficace de lutte ? Un parti politique volontaire (le NPA ?) ?

    Monsieur Lordon, êtes vous en contact avec des organismes un tant soit peu politique ?

  • permalien
    21 janvier @09h11   « »

    Non JC, il n’y a aucune volonté politique de l’establishment pour une modification d’un système dont il vit, et plus que bien.
    La politique officielle, découlant du suffrage universel et ayant pignon sur rue médiatique ne pourrait pas remettre en cause les fondements des richesses de ses donneurs d’ordre et de ses financiers (souvent les mêmes).
    Peut être qu’une crise sociale sans précédent entraînerait de légers correctifs ou assouplissements, uniquement temporaires et opportunistes, mais les récents progrès techniques dans le matériel de surveillance et de répression devraient lui permettre de ne plus avoir à recourir à d’aussi pénibles expédients...

  • permalien gladiador :
    21 janvier @09h34   « »

    Merci encore M. Lordon de votre décryptage des magouilles financières. Il est terriblement frustrant de s’apercevoir que la médiocrité de nos représentant politiques les confine à l’inaction et la passivité la plus totale, quand ils ne sont pas complices d’un génocide économique et sociale.
    Les excès de la finance n’ont d’autres palliatifs que des excès encore plus sophistiqués mais sommes toutes nihilistes car seul compte l’instant présent, le gain immédiat. Tandis que les structures traditionnelles étatiques et sociales atomisent affaiblissant ainsi toute forme de contestation, d’opposition à un pouvoir de plus en plus autoritaire, l’orthodoxie ploutocratique féodalise progressivement nos sociétés en répandant l’idéale individualiste et ultra libérale comme une fièvre virulente.
    Le seul espoir qui nous reste est de voir ce système imploser, s’autodévorer par concentrations successives, et après...

  • permalien ff :
    21 janvier @11h01   « »

    Merci pour votre article, j’ai bien rigolé. Surtout sur la partie concernant la cotation mensuelle

  • permalien Fred² :
    21 janvier @11h16   « »

    Je n’ai pas les connaissances économiques pour le savoir : y a-t-il des inconvénients à revenir à un système de fixing pour les entreprises (c.a.d. les emprunteurs de fonds utilisés pour investir et créer une véritable richesse supplémentaire plutôt que de jouer au Monopoly) ?

    Je comprends bien que les financiers ont tout à perdre à revenir sur vingt ans de déreglémentation financière, mais quid du monde productif ?

  • permalien Pipas :
    21 janvier @12h37   « »
    Le pouvoir temporel

    Éminemment politique. Les chient dans leurs bens (traders grolandais) rient, secoués de high frequency trading ; tandis que vous entonnez, belle Marianne économique masculine, le refrain du fixing.
    Les subventions publiques vont à la nanotechnologie et à la finance qui ne manquera pas de s’en servir pour innover. Je répète. Les subventions publiques vont à la nanotechnologie et à la finance qui ne manquera pas de s’en servir pour innover.
    Accélère...

  • permalien Tanios :
    21 janvier @14h51   « »

    Passionnant article comme d’habitude. N’ayant eu vraiment aucune formation en économie ni en finances, je vous dois en grande partie ma compréhension de la crise que nous vivons.

    Si un (vraie) gouvernement de gauche vous proposais le poste de ministre de l’économie et des finances, accepteriez-vous le poste ?

    Les responsabilités politiques sont une occupation à plein temps, propice à la répétition et à la superficialisation de la pensée. Je ne sais pas si cela peut être conciliable avec l’activité de chercheur, ni si c’est nécessaire, dans la mesure où on peut être engagé politiquement sans prendre de responsabilités politiques. A chacun de prendre ses responsabilités.

  • permalien Bouboune :
    21 janvier @17h08   « »

    Merci M. Lordon pour ce texte brillant.

    J’aime beaucoup votre proposition, qui a par ailleurs l’élégance de tuer le High Frequency Trading dans son oeuf... à moins qu’il ne soit déjà trop tard et que la créature maléfique soit déjà à l’oeuvre :-(

  • permalien RST :
    21 janvier @19h40   « »
    Liquidité et création monétaire

    Après ce cours magistral sur les effets néfastes de la recherche effrénée de la liquidité (le Saint Graal du capitalisme selon A.Orélan) aurons nous droit à un petit exposé sur la liquidité elle-même (la monnaie), comment est-elle actuellement créée, quels problèmes cela pose et comment faudrait-il procéder pour améliorer la situation ?

    A l’occasion de la revoyure peut-être, que l’on espère avant 4 mois ;-)

  • permalien Crapaud Rouge :
    21 janvier @22h22   « »

    J’avais depuis longtemps la même idée en tête, ralentir la cadence infernale des cotations, mais j’aurais été bien incapable de la justifier, qui plus est avec une telle maestria. Hélas, je pense qu’elle est vouée à l’échec pour cause d’inefficacité. La liberté de la cotation en continu ayant été acquise, "les marchés" se croiront injustement brimés et donc justifiés de créer des circuits parallèles. Ils s’installeront dans les paradis fiscaux, les ordinateurs et les réseaux feront le reste. Qui voudrait revenir aux conventions d’avant Mai 68 ?

  • permalien betov :
    22 janvier @07h58   « »

    Désolé pour le saut d’eau froide, mais penser que la cause des problèmes économiques se situe dans la cotation en temps réel est juste dilatoire.

    1) Cela ignore le problème du débutant en bourse : La granularité. A quelle fréquence faut-il jouer ? Avec quel montant ? Sur quelle échelle de temps ? En fonction de quelle mise de départ ?

    Le fait de passer des absurdités "sable fin" du HFT à une autre absurdité de type "rocher de grande dimension"... aura pour premier effet de réserver le jeu aux grandes fortunes exclusivement. Prenons l’exemple d’un retraité qui place ses économies en bourse plutôt que dans l’immobilier ou les jolies jeunes filles. Que fera-t-il si la granularité dépasse ses capacités et ruine tout espoir de gain autre que par pur hasard ? Simple : Il choisira les jolies jeunes filles plutôt que la bourse.

    On obtiendra, au final, un renforcement de la cause réelle des problèmes : Une dominance sociale accrue.

    2) Toujours le même mensonge qui discrimine "spéculateur" et "investisseur" ! Comme dit Jorion, supprimons les paris sur les variations de prix et le malade sera guéri. Un peu comme si la vocation de l’investisseur était de jouer pour perdre ! Je nie férocement la notion même d’investisseur. Cette notion est une insulte à l’intelligence. Tout intervenant dans la sphère financière est, par définition, un spéculateur, et rien d’autre. Spéculer est dans la nature humaine. Il est non seulement normal mais nécessaire de spéculer. De plus, ce n’est absolument pas le problème.

    3) En prenant les effets pour les causes, on masque le problème derrière des chiffons rouges. A la limite, en quoi le fait de fermer la bourse, serait-il une solution à la dominance sociale ? Les patrons du CAC-40 seraient-ils moins rémunérés si leurs entreprises tournaient en auto-financement ? Ces entreprises cesseraient-elles de délocaliser vers du moins-disant social pour cause de fixing mensuel ?!

    La quasi totalité des difficultés que l’humanité rencontre depuis la césure mésolithique / néolitique peuvent être résolus en plafonnant les fortunes personnelles. Il suffit pour cela de bien identifier les sources des maux :

    La violence interindividuelle, c’est fait (à peu près). La dominance sociale, ça reste à faire. Il manque une simple loi : Il faut et il suffit de plafonner les fortunes personnelles sur cinq millions d’euros, en sorte qu’il soit impossible à un individu de nuire à la collectivité.

    (Pourquoi cinq ? Parce qu’il est impossible à un homme avare, travaillant seul, sans exploiter les autres, d’en accumuler six, en toute une vie).

    Au très grand criminel qui détient 15 milliards, le fisc dira : "Monsieur, vous nous devez 14.995 millions". Point final de l’histoire.

    Tant qu’on ne parle pas de dominance sociale, on ne parle de rien, si ce n’est de ses manifestations externes.

  • permalien Yvan :
    22 janvier @08h16   « »

    L’oxymore "investisseur financier", s’explique aussi au travers de la gestion des risques.

    L’approche essentiellement financière du marché oblige les opérateurs à multiplier les opérations, en espérant qu’en gagnant moins mais plus souvent ils seront gagnants au final, car qu’on le veuille ou non il y a toujours un "fixing" au moment de l’attribution des bonus.

    Seulement les investisseurs réels en sont exclus, car dans ce système, les risques liés à l’activité des entreprises, ne sont plus reflétés par le marché. Mis à part le rite codifié des "profits warnings ", qui fournissent les indispensables renversements de tendances, l’activité réelle de l’entreprise est superfétatoire.

    De ce fait, ceux qui désirent s’investir dans les entreprises humaines, se voient exclus des marchés, augmentant la masse des liquidités, au détriment des besoins des entreprises, des clients, des salariés.

    On se retrouve ainsi avec deux type de liquidités : une "liquidité financière" extrêmement véloce qui en général alimente la trésorerie d’actionnaires dématérialisés eux aussi (banques, assurances, caisses de retraites, et autre zinzins), et une "liquidité entrepreneuriale" qui pour l’instant croupie dans d’obscures SICAV financières en attendant un retour à la raison.

    Parce qu’un retour à la cotation au fixing ne peut être dissocié des choix fondamentaux de l’organisation de l’état et de la société, Obama l’a bien compris, car sa réforme du système de santé est indissociable, de la réorganisation du système financier.

    Plutôt qu’investisseurs financiers, il serait plus juste de parler d’agioteurs.

  • permalien Marmar :
    22 janvier @14h52   « »

    "Non JC, il n’y a aucune volonté politique de l’establishment pour une modification d’un système dont il vit, et plus que bien.
    La politique officielle, découlant du suffrage universel et ayant pignon sur rue médiatique ne pourrait pas remettre en cause les fondements des richesses de ses donneurs d’ordre et de ses financiers (souvent les mêmes). " [...]
    On comprend que si Roosevelt ou L.Blum avaient raisonné ainsi on en serait encore au IIIème Reich.
    En fait 95% de la population, les travailleurs et leurs familles, même si on décompte les profiteurs du système, ont intérêt à faire stopper cette machine infernale du diktat de l’oligarchie financière qui provoque aujourd’hui une crise de plus en plus profonde sociale, écologique, de surendettement... La politique monétariste et "financiariste" de diktat de l’oligarchie financière mondialisée, préconisée par l’économiste Milton Friedman d’extrème droite selon ses propres dires , avait été adoptée successivement par la Droite (Reagan Thatcher) puis par la fausse Gauche (Bérégovoy, Delors, Fabius suivis par DSK, Royal...).
    Cette machine a pu s’accompagner de quelques résultats positifs pour une partie significative de la population dans la phase 1980-2007 : croissance, gains financiers..., et n’a pas été rejetée mais elle l’est aujourd’hui spontanément. Cependant les critiques les plus lucides (scientifiques, associations, syndicats, partis ou courants de partis) devraient s’unir autour d’une campagne claire d’explication des méfaits du financiarisme d’extrème droite et montrer les liens entre les conséquences vécues par la majorité et les causes : canonnade de la désinformation médiatico-financière, choix politiques de la financiarisation et surtout les solutions. Les principaux choix pro oligarchie financière ont été imposés par des gouvernements et présidents mais non votés par le peuple. Il s’en est fallu de quelques milliers de voix dont beaucoup trafiquées au siège de certaines grosses Fédés départementales (Marseille, Montpellier) pour que le PS ne vote pas en interne en 2004 pour le T.C.E. Si des solutions claires sont indiquées et popularisées la majorité de la Gauche peut suivre. Il faut oser lutter pour oser vaincre disait un gus célèbre.

  • permalien bdebray :
    22 janvier @18h51   « »

    Voici de bons arguments pour le private equity avec ou sans effet de levier. Indépendamment des avis, bons ou mauvais, sur ses pratiques, le Private equity / LBO a à la lumière de cet article de solides avantages dans son principe (retour à l’entreprenariat, rémunération du risque). En ce qui concerne la prise en compte des sous jacents économiques au moment de la sortie, je ne suis pas sur qu’il soit totalement immunisé des effets pervers du "concours de beauté". Ce d’autant plus qu’une dette, autrefois abondante, et toujours peu couteuse incite les acteurs à des montages financiers très éloignés des préoccupations et des besoins des entreprises et de ceux qui y travaillent.

  • permalien Lame Spirale :
    22 janvier @19h30   « »

    passionnant !

  • permalien Cassandre :
    23 janvier @08h29   « »

    Je ne connais rien à la finance et je ne vous connais que par ouï-dire, mais, j’aimerais vous poser une question : il me semble, si mes souvenirs sont bons, que vous êtres, comme moi, partisan de recréer deux races de banques (l’une de dépôts et l’autre d’investissements, l’une avec garantie de l’état, l’autre sans)

    J’étais, récemment dans une soirée avec un économiste d’une banque privée (le plus réputé de mon pays) sa banque exige un patrimoine assez important pour vous accepter comme client ce qui met automatiquement à l’abri, les gens comme moi qui ne peuvent se permettre de perdre trop…

    Quand je lui ai parlé de la création de deux banques distinctes (il pensait comme moi), je lui ai demandé si c’était dans l’air du temps, il m’a affirmé que non, pourquoi ? Par ce que « il est plus facile de ne pas donner d’os à son chien, que de le lui arracher, quand il l’a dans la gueule, c’est très rentable »

    C’est tout à fait évident vu les derniers événements : le beurre et l’argent du beurre !

    J’ai lu la semaine dernière, qu’Obama (il remonterait dans mon estime !) Avait l’intention, pour éviter, un nouveau « too big to fail »d’exiger quelque chose de proche de mes désirs.

    Donc question est-ce vrai, d’après ce que vous savez ? Cela a-t-il une chance de réussir le bas ? Si oui, cela a-t-il une chance d’inspirer l’Europe ? Merci de votre réponse

  • permalien olmel :
    23 janvier @13h11   « »
    Mon point de vue et réponse à jc.

    C’est le premier article que je lis de vous et je trouve l’analyse juste et claire. Cependant, elle est tellement spécialisée qu’elle souffre, je trouve, d’un effet de zoom. En se reculant un peu, on s’apercevra qu’un système au fixing nous ramènerait dans l’utopie du « capitalisme modéré », rendant sa juste valeur au risque pris, utopie récemment ressortie du chapeau de notre Président.

    Donc je souhaite mettre deux compléments à votre réflexion :
    1 / Le caractère même du capitalisme, très financier ou plus entreprenarial, voué à trouver différents équilibres en accroissant la production se heurte aux limites de notre Terre : épuisement des réserves naturelles et non gestion de la pollution crée.
    2 / Le capitalisme, même avec une gestion contrôlée des liquidités, bénéficie toujours à ceux qui ont les moyens d’investir. Donc, pas à moi, pas à ma famille qui n’a pas eu de capital hérité, et pas à la majeure partie des citoyens, tout niveau d’étude confondu.

    Vous évoquez la suppression de la bourse, c’est cette mesure qui est la plus juste, quoique insuffisante ! C’est à ça qu’il faut réfléchir pour que ceux qui produisent puissent gérer eux-mêmes les bénéfices de leur travail.

    Cordialement,
    Olmel, militant du NPA.

  • permalien Crapaud Rouge :
    23 janvier @15h45   « »

    Cassandre écrit : "... « il est plus facile de ne pas donner d’os à son chien, que de le lui arracher, quand il l’a dans la gueule,... »" : c’est bien mon avis. La dérégulation a ouvert une boîte de Pandore, ça va être coton de la refermer. Et surtout d’y remettre tous les maux qui s’en sont échappés. L’histoire n’est pas réversible.

  • permalien betov :
    23 janvier @17h49   « »

    Ben, justement, olmel, on serait curieux de savoir ce que les fascistes du NPA ont à dire sur le sujet. Bien que j’ai, personnellement, toutes mes économies en bourse (100% liquide actuellement, rassure-toi), je suis également partisan de la fermer... et "plus". C’est sur le "plus" qu’on serait surpris d’entendre les fascistes dire quelque chose : Cela nous changerais des habituels bruits de bouche de l’idiot utile.

  • permalien olmel :
    23 janvier @21h04   « »
    agressivité.....

    Fascisme ? Tu te trompes de bord... Un peu de respect pour nos camarades morts en se battant contre le fascisme s’il te plaît.

    Tu insultes, tu n’argumentes pas, tu me parles de tes économies.
    Bien dommage car le débat était jusque là élevé.
    Si tu souhaites investir tes économies car tu as trop de liquidités je te conseille de nous faire un don. A bientôt donc sur le site du NPA.

    Olmel.

  • permalien pisc :
    24 janvier @03h21   « »

    j’ai eu la naïveté de placer mes économies en bourse depuis longtemps et je reste persuadé que celà constitue un soutien essentiel, irremplaçable pour l’économie nationale.

    En fait, je n’en ai retiré que des pertes annuelles, piègé par différentes affaires véreuses comme Vivendi, EADS, ... et d’autres encore où l’état français se désintéresse totalement des malversations et surtout de restituer aux investisseurs les sommes qui leur ont été dérobées par différents moyens.

    ( l’emprunt russe s’est il transposé en France ??)

    Je n’appréhende vraiment qu’une chose : c’est que sous ces prétextes de stabilité ( comment voulez vous qu’ une entreprise soit stable ??) on ne rafle proprement les fonds constitués pour les retraites des différents régimes ( sauf si celles des parlementaires de l’assemblée nationale, du Sénat et d’autres politiciens les précèdent dans cet abîme !!)

    Pour le reste, je considère comme vital la cotation journalière seule susceptible de fournir à l’entreprise les apports de capitaux dont elle a besoin au moment où elle en a besoin.

    On devrait plutôt focaliser les efforts de normalisation et de répression sur les magouilles évidentes des services spécialisés des très gros "investisseurs" qui provoquent d’ importantes fluctuations de cours indépendantes de toute nouvelle économique.

    A ce propos, un remède simple existe : il suffit de combattre vraiment le délit d’initié pour que chaque détenteur d’actions ou d’obligations ait la même information au même moment.

    ah ! la pire des choses qui puisse arriver pour tout le monde serait une réforme boursière pensée par ce président qui détruit tout pour mettre en place des systèmes sous performants et surtout orientés "pompe à profits" au seul bénéfice de ses amis et relations distingués qui constituent un " monde" bien à part ! quelle honte !!!! .

  • permalien une bille :
    24 janvier @06h00   « »

    Au moment où nos élites s’interrogent sur leur identité nationale, il serait bon d’appliquer les grands principes de la République, comme celui de l’égalité devant l’impôt.

    Si les fabricants de profits étaient taxés à 30% sur les plus-values comme n’importe quel citoyen, il est sûr que ça calmerait efficacement le jeu et qu’on n’aurait pas besoin des mettre les “comments avant les pourquois”.

  • permalien une bille :
    24 janvier @06h24   « »

    (suite) Dans la même veine que ci-dessus :
    ContreInfo :: Inégalités, surendettement, les deux faces d’une même réalité, par Albert Edwards 

    Pourquoi reconstruire la Ligne Maginot ?... puisque que le front s’est déplacé :

    Vous avez aimé les subprimes, vous adorerez les « dark pools » | slate

  • permalien RST :
    24 janvier @10h57   « »
    De la totale incompréhension du fonctionnement de la bourse

    @ pisc

    Vous dites :
    « Pour le reste, je considère comme vital la cotation journalière seule susceptible de fournir à l’entreprise les apports de capitaux dont elle a besoin au moment où elle en a besoin. »

    J’ai peur que vous n’ayez pas bien compris le fonctionnement de la bourse. Vous apportez du capital à une entreprise lors de l’introduction en bourse. ou lors des augmentations de capital qui n’ont pas lieu tous les jours. Ensuite, ce n’est qu’un échange de titres entre individus qui n’apporte strictement rien à l’entreprise.

    Enfin, les statistiques montrent qu’il y a plus d’argent qui a été extrait des entreprises vers l’extérieur grâce à la bourse que le contraire. Celle-ci, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui et comme l’explique F.Lordon ne sert absolument pas à financer les entreprises.

  • permalien jc :
    24 janvier @16h08   « »
    Pour une solution politique

    @ olmel et à tous !!

    Bonjour à tous,
    Content de voir que science et politique peuvent faire bon ménage ici.. à propos sur un blog Lordonnien.
    Olmel, vous représentez un parti qui base sa politique sur la destruction de ce modèle failli dont les tares sont ici à longueur d’article démontrées... donc des mieux placés pour la traduction politiques des recherches de Lordon. Qui plus est ; le NPA est le fruit de la pensée du regretté Daniel Bensaid. Pour ces deux raisons, il n’est pas idiot de vous accorder crédit, n’en déplaise aux antifascistes..

    Je dois cependant constater que vous vous y prenez très mal dans votre premier post... et dans votre "réponse" à mon poste je n’ai trouvé que très peu de ... réponses !
    Revenez donc, s’il vous plait, nous orienter vers un texte explicite du programme du NPA traitant des actions où reflexions envisagées pour la suite... J’aimerais beaucoup voir réagir à vos propositions, nous, qui sommes éclairées des lumières de F. Lordon.

    Attendant votre aide sur des voies politiques, j’apporte une réponse à ma question : Enric Duran... c’est le nom du "Robin des banques".. il propose de faire des emprunts à des banques, de ne pas les rembourser et de diriger l’argent vers un fond commun de promotion de la sociabilisation hors marché. Ce groupe de jeunes activistes espagnoles ont pensé très loin la construction de ce nouveau paradigme dont je vous laisse vous informer sur la toile à partir de son nom. Il y a plein de choses disponibles. C’est très utopiste mais c’est en marche et faute de mieux...

    à moins qu’il y ai mieux... olmel .. ? autre ?

    au plaisir de se revoir !!

  • permalien olmel :
    24 janvier @22h03   « »
    parti anticapitaliste

    Bonjour.
    Tout d’abord désolé si je m’y prends mal. Je n’ai pas la prétention et l’intention de représenter le NPA qui ne m’a pas mandaté (je ne représente donc que moi, simple militant). Le NPA n’est pas fait de professionnels de la politique et je ne suis pas économiste. Cependant je m’y intéresse évidemment.

    Je vous envoie deux liens, un peu longs certes, mais qui je pense vous apporteront des réponses plus concrètes.
    Le « programme d’urgence » que nous souhaitons :
    http://www.npa2009.org/content/r%C3%A9solution-g%C3%A9n%C3%A9rale-situation-politique-et-sociale
    Et l’utopie vers laquelle nous souhaitons avancer :
    http://www.npa2009.org/content/principes-fondateurs-du-nouveau-parti-anticapitaliste-adopt%C3%A9s-par-le-congr%C3%A8s

    Le programme du NPA n’est cependant pas un programme figé qui aurait pour vocation de régler tous les problèmes, nous essayons de nous enrichir de toutes les expériences anticapitalistes et de toutes les nouvelles idées .
    C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu cet article de F.Lordon et, avec impatience, j’attends l’article suivant, dans le monde diplomatique de février apparemment, intitulé « Et si on fermait la bourse ? ».
    J’en profite pour inviter tous les lecteurs à relire et réentendre Daniel Bensaïd à qui je voue un grand respect, respect pour son travail et son engagement emprunt d’humilité et d’humanisme.
    Cordialement,
    Olmel.

  • permalien Oups ! :
    24 janvier @22h39   « »
    Et la fiscalité ?

    Toujours un plaisir de trouver du "Lordon tout frais " sur ce blog.
    Bien sûr, bien sûr, le fixing est un dispositif intéressant.
    Mais quelle place réserver à la fiscalité ? Ne peut-elle pas contribuer aussi à allonger l’horizon temporel des investissements financiers tout en assurant aux états d’appréciables recettes ?
    La réponse, peut-être, dans la note à venir...

    Petit défi : trouver les deux fautes d’orthographe que contient le texte de F Lordon...Oups !

  • permalien betov :
    25 janvier @09h19   « »

    Merci, Olmert, pour le lien NPA : Critique du système qui tombe dans tous les lieux communs. Absence totale de critique des bases réelles du système. Propositions genre "liste au Père Noël". Le plus amusant de ce fatras est sans doute la rubrique " Face à cette politique", qui commence par la larme sur les renoncements du PS, continue sur les divisions de l’autre gauche (alors que le NPA en est le premier responsable !), et se termine sur le bon vieux "votez pour moi". Consternant.

    Même que le NPA est contre la guerre, contre la casse des diplômes, contre l’inégalité hommes femmes, et pour l’augmentation des salaires. C’est dire si les fascistes sont bons. Pour nous tous, qui étions pour la guerre, pour le nivellement par le bas, pour le sado-masochisme, et pour l’appauvrissement, la découverte est réellement... révolutionnaire. :)

  • permalien olmel :
    25 janvier @20h15   « »
    Spéciale pour toi betov...

    Betov, ta haine n’a d’égale que ta bêtise… Insultes, jeux de mots idiots… Tu manies le mépris avec l’aisance de la gauche caviar ou l’aigreur du vieux stalinien dépité…
    Petite précision, le NPA n’est pas responsable de la division de l’autre gauche, c’est clairement la direction du PCF qui a stoppé les discussions en ne renonçant pas à ses petits accords avec le PS, mais c’est un autre débat qui n’a rien à faire ici.
    Moi, j’ai présenté le programme de mon parti et toi où sont tes idées ?
    Allez, présente-le nous ton programme qui lui part des bases réelles de la société… J’ai hâte de voir ce qu’un grand penseur de ton acabit peut nous apprendre...
    D’ailleurs plus j’y pense, plus je me dis que ta réalité ne doit pas ressembler à la mienne…

  • permalien gladiador :
    26 janvier @00h17   « »

    Quelques informations en provenance de l’Espagne, lieu où comme tout le monde sait est en train de se dérouler le prochain choc type subprime. D’après El Pais le ministre du travail annonce plus de 100.000 chômeurs supplémentaires pour le seul mois de janvier, alors que le mois n’est même pas fini.
    Plus préoccupant:l’Association Hypothécaire espagnole annonce que les promoteurs immobilier cumulent à eux seuls une dette de 300 milliards d’euros "qu’ils ne peuvent plus rembourser". L’Association Hypothécaire espagnole qui rassemble les banques, caisses d’épargne et autres entités financières affirme que leur "rating" (notation) se dégrade et font appel à la banque d’Espagne.
    Le sentiment généralisé est que rien ne semble arrêter le rouleau compresseur et que le chaos économique gagne du terrain. Les politiciens sont tétanisés par la peur et l’ignorance se contentant de constater l’ampleur des dégâts.

  • permalien betov :
    26 janvier @06h35   « »

    Olmert, je ne suis pas lié au PCF, mais je ne vois pas quel autre choix stratégique ils auraient eu, après le refus du NPA de rallier le Front de Gauche, autre que de sauver les meubles en raccrochant ce qu’ils leur restait de wagons à la gauche caviard.

    La succursale de la CIA dont tu est fier de faire partie a très bien joué son rôle de verrou de la gauche réelle.

    Je ne suis pas particulièrement admirateur de l’illusionniste Mélenchon mais, dans la mesure où c’est "ce qu’on a de moins pire", briser tout espoir à gauche (même illusoire), comme vient de le faire le NPA, en jouant à fond la carte sarkosienne, est un crime dont, j’espère vous allez payer la note.

    Quand à mes idées, elles ne comptent pour rien. Il ne suffit pas d’avancer des idées pour qu’elles rencontrent un écho. Encore faut-il que ces idées aillent dans un des sens du possible. Qu’elles soient "dans l’air du temps". Je l’ai vérifié sur plusieurs médias, les miennes sont parfaitement inaudibles. Elles le seraient, même chez les petits cons de la FAI. Dont acte.

  • permalien Bob l’éponge :
    26 janvier @08h01   « »

    Plutôt d’accord avec betov, le NPA est une arme pour le capitalisme. En laissant croire au peuple, qu’un programme et qu’un vote (dans le cadre de la démocratie en système économique capitaliste) peut changer la vie de chacun, on lui ment, on le manipule et on fait le jeu et les beaux jours du capitalisme (c’est aussi absurde que de croire que l’on va "moraliser" le capitalisme par le fixing, merci Mr Lordon pour le vent brassé).

    http://fr.internationalism.org/icco...

  • permalien BA :
    26 janvier @16h37   « »

    France : consommation de produits manufacturés : + 1 % en 2009.

    Cette hausse de la consommation s’explique par la prime à la casse. L’Etat a distribué une prime à la casse de 1 000 euros pour l’achat d’une voiture neuve.

    Lisez cet article :

    Tous les économistes s’attendent en effet à un "contrecoup", une fois dissipés les effets d’aubaine de la prime à la casse. Celle-ci est tombée de 1.000 euros en 2009 à 700 euros début 2010, puis devrait descendre à 500 euros au 1er juillet.
    Sans la hausse des achats d’automobiles en 2009, "les dépenses de consommation en produits manufacturés auraient baissé de 0,3 %", a calculé Mathilde Lemoine, économiste chez HSBC.
    Son arrêt progressif et la fin des mesures de relance du gouvernement lui font désormais prévoir "une baisse des dépenses des ménages au premier semestre 2010".

    http://www.boursorama.com/infos/act...

    Autrement dit :

    - en France, les ménages sont fauchés : ils ne peuvent plus consommer par eux-mêmes ;

    - l’Etat a donc aidé les ménages : l’Etat a distribué aux ménages des dizaines de milliards d’euros pour qu’ils puissent consommer (crédits d’impôt pour l’achat de logements écologiques, prime à la casse, prime de rentrée scolaire, prime de Noël, prime à la cuve, etc.)

    - conséquence : le déficit budgétaire a explosé ; l’Etat s’est surendetté à la place des ménages ;

    - ce cercle vicieux est très dangereux : c’est l’Etat qui soutient la consommation à bout de bras. Quand l’Etat arrêtera de distribuer toutes ces aides et toutes ces primes, la consommation s’effondrera.

    - Conclusion : dans les pays occidentaux, le libéralisme économique est mort. Les dirigeants politiques, même quand ils sont libéraux, sont contraints de faire intervenir l’Etat par dizaines de milliards pour empêcher l’effondrement de l’économie.

    C’est l’Etat qui tient l’économie à bout de bras.

  • permalien Sam. :
    26 janvier @17h00   « »

    Consternant et débat typiquement franco français ! Que doit faire un épargnant qui souhaite se défaire de ses actions pour un meilleur placement ? Attendre ?
    Je comprends mieux pourquoi les Français sont les plus opposés à l’économie de marché.

  • permalien Jordi GRAU :
    26 janvier @17h40   « »

    Je propose que tous les intervenants de cette discussion se cotisent pour ce malheureux Sam. Étant issu d’une vieille famille noble, il n’a pas le droit de travailler et en est réduit à boursicoter. Comme lui, exprimons notre colère contre ces infâmes Lordon et consorts qui veulent s’en prendre aux droits sacrés des actionnaires.

    Comme tout un chacun peut le constater - sauf en France, le pays du complot marxisto-colbertiste - la dérégulation financière et la spéculation boursière ne cessent d’enrichir la planète. Laissons les actionnaires faire ce qu’ils veulent où ils le veulent. Le petit doigt de la main invisible me dit que c’est sûrement pour notre bien.

  • permalien olmel :
    26 janvier @18h46   « »
    NPA suite et fin

    Le vote n’est qu’un moyen de changer les choses. Il y a aussi la révolte populaire, mais ce n’est pas au NPA (ni au CCI...) de la décréter. Seulement, si elle arrive, nous voulons être capables de proposer des débouchés politiques.
    J’ai du mal à comprendre comment un parti anticapitaliste peut être une arme pour le capitalisme…(Un problème pour le PS, ok, mais ça, ça n’est pas mon problème, c’est le leur).
    De plus, j’invite Bétov à reconsulter les comptes-rendus de débat de la gauche de la gauche et à ne pas croire TF1 : ce n’est pas le NPA qui refuse de rentrer dans le front de gauche, c’est bien la direction du PCF qui ne souhaite pas poursuivre le débat sur les idées communes (pas forcément ses militants d’ailleurs). Je suis plus modéré envers le parti de gauche qui a souvent joué avec sincérité le médiateur.
    Sur ce sujet, je me place parmi les « unionistes » qui souhaitent et œuvrent pour le rassemblement de la gauche de la gauche, et c’est bien en s’investissant dans un des trois principaux partis concernés que cela a une chance d’aboutir. Soyons pragmatiques, il y a urgence.
    Dernière petite précision et j’arrête d’intervenir sur ce forum (chacun ayant son idée) : si on souhaite une union (et tu la souhaites Betov, car en nous accusant, tu sembles regretter qu’elle n’ait pas lieu), le plus intelligent est de respecter les militants de tous les partis concernés, on ne s’unira pas ni les uns, ni les autres sur de la haine et des insultes.

  • permalien Alalanterne :
    27 janvier @05h01   « »
    Il serait temps de prendre les leçons du LKP...

    ... Car pendant ce temps, en face, on ne lâchera rien, mais strictement rien.

    Depuis la victoire républicaine dans le Massachussets, The Economist par en croisade contre l’Etat trop gros, et, en choeur avec l’International Harald Tribune, on presse Obama de revenir au centre, comme s’il avait était jamais à gauche.

    Les "élites" après avoir peut-être eu peur de quelques réactions populaires mais ne voyant rien de particulier venir, se remettent à leurs aises avec une allégresse qui laisse songeur... "a great battle is brewing. And as in another influencial revolution, the first shot may have been heard in Massachussets" [The Economist, éditorial du 23 janvier 2010].

  • permalien Bob l’éponge :
    27 janvier @08h05   « »

    >> Il y a aussi la révolte populaire, mais ce n’est pas au NPA (ni au CCI...) de la décréter.

    Ca, c’est sûr que le NPA ne va pas aider à provoquer une révolte populaire (c’est même le contraire total), pour cela il faut que se développe une conscience de classe et le travail du NPA combat sur toute la ligne un tel développement.

    >>J’ai du mal à comprendre comment un parti anticapitaliste peut être une arme pour le capitalisme…

    Je vais t’expliquer ça très succinctement : prenons un jeu de société (la démocratie en régime capitaliste), ce jeu est n’est pas équitable, ses dés sont pipés et ses règles pas du tout équilibrées (pensons aux médias, à l’argent nécessaire pour être candidat, aux choix de ces candidats-d’ailleurs qu’elles sont les étiquettes des maires qui signent pour notre ami facteur- à l’opacité des urnes et aux dérives et tricheries possibles qui en découlent etc...), bref, ce sont toujours les mêmes qui gagnent (Ceux qui détiennent les outils de production, ce sont eux qui font l’élection. Même la victoire de Mitterrand a été la victoire du patronat finalement) et toi, tu n’as AUCUNE chance de gagner si tu joues à ce jeu.
    Alors dis-moi, un mec qui te dit qu’il est nécessaire d’y jouer, que les choses vont changer si t’y joues (comme un prêtre promettant le paradis si le paysan va se tuer au champ au service de l’aristocratie), ce gars là, ce ne serait pas un escroc, un menteur au service des gars qui, de toute façon, gagneront toujours à ce jeu.
    Spartacus aurait-il pu gagner sa liberté en suivant scrupuleusement les lois romaines ?
    Le tiers état aurait pu se libérer des chaînes de l’aristocratie en suivant les règles de l’ancien régime ?
    Les salariés et les ouvriers gagneront-ils une véritable égalité par le truchement des urnes dans une économie capitaliste ?

    Je conseille vivement la lecture de l’excellent livre, "Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours", à vous dégoûter de la mascarade démocratique.

  • permalien Sam. :
    27 janvier @08h15   « »

    A Jordi

    je prends Jordon pour qq d’intelligent, mais je suis en désacord sur son analyse concernant la cotation en continu. Votre "réponse" me confirme dans mon opinion de la crasse méconnaissance de certains du fonctionnement (imparfait) de l’économie du 21ème siècle. On m’avait prévenu, mais je suis qd même soufflé.
    Sans allocation optimale de l’épargne (laquelle ne se limite pas aux actions), tout le monde perd, ce qui reste de l’économie hexagonale en premier.

  • permalien Jordi Grau :
    27 janvier @10h12   « »

    À Bob l’éponge

    Je n’appartiens à aucun parti, mais je vais tout de même essayer de me mettre à la place d’un militant du NPA. Peut-être se dit-il qu’il n’y a aucune chance, en effet, d’arriver au pouvoir par le jeu institutionnel. Mais peut-être aussi considère-t-il les élections comme une tribune permettant de faire entendre des idées différentes et de remuer les consciences... Les militants du NPA confirmeront ou infirmeront cette hypothèse, à eux de voir.

    À Sam

    Je n’ai pas pu m’empêcher de faire un peu d’ironie à votre égard. Je conviens que ce n’était pas une véritable réponse à votre propos. Si j’ai le temps, je vous proposerai quelques arguments plus tard. Mais je crains que nous soyons trop éloignés sur le plan idéologique pour que cette discussion soit profitable.

  • permalien Bob l’éponge :
    27 janvier @20h22   « »

    >>Mais peut-être aussi considère-t-il les élections comme une tribune permettant de faire entendre des idées différentes et de remuer les consciences... Les militants du NPA confirmeront ou infirmeront cette hypothèse, à eux de voir.

    J’entends bien et c’est l’argument principal que me sortent les gauchistes du NPA. Mais au fond, n’y a-t-il pas un problème de crédibilité à dire qu’on est contre ce système mais qu’on l’utilise malgré tout pour porter un message (qui se résume au fond à : "votez pour nous") ?
    C’est un peu comme d’utiliser les média pour s’opposer aux média, c’est complètement vain et contre productif, la forme finit toujours par bouffer le fond (Bourdieu en avait fait l’amer expérience en passant à Arrêt sur Images).
    Tout nous montre que ça fait beaucoup de gesticulation mais que ça n’éveille en aucun cas une véritable conscience de classe (bien au contraire).
    L’expérience historique nous enseigne que l’avènement d’une véritable société communiste ne doit en aucun cas passer par un programme défini à l’avance (indépendant des aspirations du peuple) et par un parti (supposé guider le peuple). Le NPA ne semble pas avoir saisi cela (ou peut être joue-t-il son rôle justement, celui d’exutoire inoffensif)

  • permalien Jordi GRAU :
    27 janvier @21h21   « »

    À Sam

    Puisque vous ne semblez guère apprécier l’ignorance crasse des Français, je vous renvoie à Stieglitz l’Américain. Comme vous le savez, il s’agit d’un économiste mondialement reconnu. "Prix Nobel" d’économie (c’est-à-dire lauréat du prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel), il a été conseiller de Clinton et vice-président à la Banque Mondiale. Autant dire que ce n’est pas un dangereux gauchiste.

    Et pourtant, dans La grande désillusion, il soutient des thèses très proches de celles de notre ami Frédéric Lordon. Libéral modéré, il fait une critique sévère de l’idée suivant laquelle la liberté totale de circulation des capitaux conduirait à une "allocation optimale" de l’épargne, comme vous dites. Son analyse de la crise de 1998 (dont Lordon parle aussi dans son article, si ma mémoire est bonne) fait ressortir les graves dangers d’une telle liberté sans limites. Non seulement cette liberté est en grande partie responsable des bulles spéculatives, mais elle produit des catastrophes lorsque la bulle éclate. En 1998, les pays qui s’en sont le mieux sortis sont ceux qui n’ont pas suivi les recommandations libérales du FMI. C’est notamment le cas de la Malaisie, qui a imposé un gel provisoire des mouvements de capitaux.

    Mais au-delà de l’argumentation économique, je comprends mal comment on peut trouver normal - sur le plan éthique et politique - que l’emploi et les revenus de millions de gens dépendent du bon vouloir d’investisseurs anonymes et irresponsables. Si on est vraiment démocrate et ami de la liberté, alors il faut aller jusqu’au bout et agir pour que les travailleurs prennent le pouvoir dans leur entreprise. Mais j’imagine que vous voyez dans un tel projet, au mieux une belle chimère, au pire une entrave à la sacro-sainte liberté de s’enrichir sans limite.

  • permalien Oups ! :
    27 janvier @23h00   « »
    Exclusif : Lordon plume de Sarkozy à Davos

    Sur le thème de la cotation en continu, écoutez le discours de Sarkozy en ouverture du forum de Davos à partir de la 5ème minute (sur Dailymotion)...Croustillant :
    "...la valeur d’une entreprise ne change pas de seconde en seconde..."
    Juppé a refusé la cour des comptes, Lordon refusera-til bercy après les régionales ?
    Oups !

  • permalien BA :
    27 janvier @23h23   « »
    Le chômage en France.

    En réalité, il y a en France 4 688 800 demandeurs d’emploi.

    Demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi :

    - catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;

    - catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;

    - catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ;

    - catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…) y compris les demandeurs d’emplois en convention de reclassement personnalisé (CRP) et en contrat de transition professionnel (CTP), sans emploi ;

    - catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

    Total A+B+C+D+E = 4 688 800 demandeurs d’emploi.

    Ce chiffre total de 4 688 800 demandeurs d’emploi est caché dans le tableau page 15 :

    http://www.travail-solidarite.gouv....

  • permalien BA :
    27 janvier @23h24   « »
    Le nombre d’offres d’emploi s’effondre.

    Et du côté des offres d’emploi ?

    Que s’est-il passé en décembre 2009 du côté des offres d’emploi ?

    Réponse : le nombre d’offres d’emplois collectées par Pôle Emploi s’est effondré.

    - En novembre 2009, Pôle Emploi avait collecté 124 500 offres d’emplois durables.
    En décembre 2009, Pôle Emploi a collecté 118 100 offres d’emplois durables, soit une baisse de - 5,1 % sur un mois.

    - En novembre 2009, Pôle Emploi avait collecté 110 200 offres d’emplois temporaires.
    En décembre 2009, Pôle Emploi a collecté 109 700 offres d’emplois temporaires, soit une baisse de - 0,5 % sur un mois.

    - En novembre 2009, Pôle Emploi avait collecté 43 200 offres d’emplois occasionnels.
    En décembre 2009, Pôle Emploi a collecté 38 900 offres d’emplois occasionnels, soit une baisse de - 10 % sur un mois.

    Regardons les chiffres en données corrigées des variations saisonnières :

    - En novembre 2009, Pôle Emploi avait collecté 284 000 offres d’emplois en tout.
    En décembre 2009, Pôle Emploi a collecté 273 000 offres d’emplois en tout, soit une baisse de - 3,9 % sur un mois.

    Conclusion : ceux qui disent que c’est la reprise sont des menteurs.

    Tous ceux qui disent que c’est la reprise du marché du travail sont des menteurs.

    http://www.travail-solidarite.gouv....

  • permalien BA :
    28 janvier @16h25   « »
    Faillite de la Grèce : ça se précise.

    Faillite de la Grèce : ça se précise.

    Lisez cet article :

    Etats de la zone euro prêts à un sauvetage de la Grèce : Berlin dément.

    Une porte-parole du ministère allemand des Finances a démenti de son côté les informations du journal Le Monde. "Il n’existe aucune réflexion au sein du gouvernement allemand pour soutenir financièrement la Grèce pour qu’elle surmonte sa difficile situation budgétaire. Cela vaut autant pour de prétendues aides de la zone euro dans son entier que pour des aides bilatérales", a-t-elle dit.
    "C’est le devoir de la Grèce d’assumer avec ses propres forces sa responsabilité en matière de stabilité de la zone euro", a ajouté la porte-parole.

    Un soutien des autres pays européens à la Grèce "n’est pas prévu" et serait "contre-productif", avait déclaré mardi 26 janvier le président de la banque centrale allemande (Bundesbank), Axel Weber.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien BA :
    29 janvier @15h25   « »
    On fonce dans le mur.

    Jeudi 28 janvier 2010 : "Est-ce grave, docteur ?"

    Synthèse : l’optimisme présent et les problèmes structurels.

    On ne peut qu’être frappés du contraste entre l’optimisme présent au sujet de la situation des économies, aux Etats-Unis et dans la zone euro, et l’ampleur des difficultés structurelles :

    • délocalisation et désindustrialisation accélérées ;

    • désendettement durable du secteur privé ;

    • déformation du partage des revenus au détriment des salariés ;

    • hausse future inévitable des prix des matières premières ;

    • effets de l’endettement public excessif.

    http://cib.natixis.com/flushdoc.asp...

    Ce qui est écrit dans cette étude, les arguments, les comparaisons, les chiffres, les graphiques, etc. Tout renvoie vers une conclusion : on fonce dans le mur.

    Quand allons-nous percuter le mur ?

    Je ne sais pas.

  • permalien BA :
    29 janvier @21h06   « »
    Le scandale de l’année 2010.

    La Grèce a placé sa dette souveraine. Tout le monde est soulagé, mais pas nous.

    ▪ Nous pressentons une tragédie grecque plutôt qu’un conte de fées.

    On expliquait récemment dans le Financial Times que la Grèce "se débat pour placer sa dette". Puis, un peu plus loin, on apprend que les cinq milliards d’émission ont été sursouscrits, avec quatre fois plus d’acheteurs que nécessaire. Sans avoir l’esprit spécialement tordu, avouez qu’il est étrange que les acheteurs se bousculent pour quelque chose qui se vend mal. Cherchez l’erreur...

    ▪ Les émissions dépassent l’épargne : étrange.

    Il faut rapprocher les émissions de dettes souveraines et les taux d’épargne. L’Europe, par exemple, va émettre cette année 2 200 milliards d’euros. Le PIB de la Zone euro est de 12 000 milliards d’euros. L’émission de dettes représente 18% du PIB. Parallèlement, le taux d’épargne est inférieur. En France il a atteint un taux record de 17%, le plus élevé depuis 1983. Mais en moyenne, il serait plutôt de 10% en Europe.

    Conclusion : l’épargne ne suffit pas à absorber les émissions obligataires. C’est pourquoi, la Grèce est contrainte d’envoyer des émissaires de Goldman Sachs pour placer sa dette en Chine.

    ▪ Les mystérieuses "sur-souscriptions".

    Trois hypothèses sont possibles. Je vous livre d’abord la plus présentable. Les investisseurs délaissent les marchés actions et se tournent vers l’obligataire. Cela présage mal du comportement des Bourses en 2010, puisque tout l’argent disponible se tournerait vers l’obligataire.

    Deuxième hypothèse : tout est absorbé par les réserves de change des pays émergents. La Chine se serait donc ruée sur la dette grecque dès que le taux l’aurait satisfaite. Avouez quand même que c’est peu crédible. Elle a déjà fort à faire pour éponger les émissions en dollar.

    Troisième hypothèse : la monétisation de la dette (quantitative easing et rachat en sous main par les banques centrales des émissions) se poursuit à un rythme bien plus grave qu’on veut le dire.

    ▪ Les banques centrales "tricheraient" ?

    Pourquoi la Fed refuse-t-elle un audit ?

    Pourquoi Fitch met-il en garde contre les risques de marché sur la dette à court terme ?

    Nous nous insurgeons contre l’idée fausse que les banques centrales maîtrisent leurs taux directeurs. Ce sont les acheteurs de dette qui vont fixer les taux longs et les taux courts devront suivre. C’est le prix à payer quand on vend sa dette à l’étranger.
    Epargnants, vendez vos obligations souveraines ! Déjà plus de 6% en Grèce. A combien faudra-t-il monter pour que l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal et la France casent les leurs ? Que deviendra la vieille dette émise à des taux ridicules ?

    http://www.la-chronique-agora.com/a...

  • permalien Bob l’éponge :
    1er février @08h55   « »

    Une petite réponse au livre de Michel Aglietta "la Crise – Pourquoi en est-on arrivé là ? Comment en sortir ?" , où il est question de la faillite des états.

    http://fr.internationalism.org/ri40...

  • permalien thejoker :
    1er février @15h41   « »

    je suis ravi de trouver cet article qui eclaire les mecanismes de la finance dérégulée par elle-même (lobbying)

    je voudrais porter à votre attention les propositions de solidarite et progres sur la facon d’envisager une economie au service de l’Homme :

    http://www.cheminade-le-sursaut.org...
    http://www.solidariteetprogres.org/...

    http://www.solidariteetprogres.org/...

  • permalien Petit-Boutien :
    1er février @16h36   « »
    PEIGNE DE DIRAC

    Il y a une autre façon de décrire la question que vous posez.

    En traitement du Signal, un signal analogique est une mesure en continu (ici, cotation continue).
    Un signal numérique est un signal échantillonné sur la base d’une fréquence d’échantillonnage (ici, cotation discrète).
    L’opérateur utilisé pour le passage du continu au numérique est ce qu’on appelle un PEIGNE DE DIRAC.
    Pour le cas que vous énoncer, la fréquence d’échantillonnage serait donc le Mois.
    En fait, tout celà revient à ajouter une dimension, le Temps, à l’espace sur lequel travail l’opérateur.
    Pour ce que je retiens de cette question : installer une base de Temps sur le monde de la finance et installer une base de temps sur le monde des échanges de fichiers, relève de la même problématique . . .
    Le Finance, autre lieu de piratage P2P ?

  • permalien Mortimer :
    1er février @21h31   « »
    Un autre exemple d’excès dans les pratiques boursières

    Merci de nous aider à voir qu’il existe d’autres organisations financières et même d’autres organisations sociales que celle que nous vivons et qu’on nous présente comme "évidente" voire "naturelle".

    J’ajouterai un point de détail qui va dans votre sens.

    Vous soulignez que le système actuel donne à l’actionnaire :

    "le Maximum des droits pour minimum de l’engagement, voilà l’aberrant privilège que la finance actionnariale défendra avec la dernière énergie".

    Si on rentre dans la technique boursière on voit que grâce au "service de règlement différé" offert sur Euronext il est possible à un actionnaire de vendre ses titres avant une assemblée générale et de se faire reconnaître un droit de vote lors de cette même assemblée (puisque sa vente n’est pas encore enregistrée).

    Ainsi pour mieux faire marcher la bourse on s’assied sur un principe essentiel du droit des sociétés par actions (seuls les actionnaires votent). Je me demande comment la finance justifie une pratique qui aboutit à un tel excès.

  • permalien BA :
    2 février @16h29   « »
    L’Allemagne ne paiera pas pour la Grèce.

    Mardi 2 février 2010 :

    Allemagne : de nombreuses communes au bord de la ruine.

    Les communes allemandes ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur leur situation financière désespérée mardi, et prévenu qu’un certain nombre d’entre elles étaient "au bord de la ruine".

    La fédération allemande des communes table sur un déficit cumulé de 12 milliards d’euros cette année, le plus élevé de l’après-guerre.

    La crise économique et financière a sérieusement amputé leurs revenus, dont la taxe professionnelle, proportionnelle aux bénéfices des entreprises, représente le plus gros. Les recettes fiscales de la taxe professionnelle ont chuté de plus de 18 % sur un an en 2009.

    En parallèle les dépenses des communes, auxquelles incombe notamment une partie de l’indemnisation des chômeurs, ont augmenté.

    Et cette tendance devrait nettement s’aggraver cette année alors que le marché du travail allemand, pour le moment relativement épargné par la crise, va se dégrader.

    "Nous allons devoir faire face à la deuxième vague de la crise", a prévenu Petra Roth, présidente de la fédération et maire de la capitale financière du pays, Francfort (ouest), lors d’une conférence de presse.

    http://www.romandie.com/ats/news/10...

    Message transmis aux naïfs qui croient encore que l’Allemagne va payer pour sauver la Grèce.

    Message transmis aux naïfs qui ne comprennent toujours pas pourquoi les dirigeants politiques allemands ne veulent pas payer pour sauver la Grèce.

  • permalien Gladiador :
    3 février @10h33   « »

    L’UE devra sauver la Grèce, mais aussi l’Espagne, le Portugal, l’Irlande... La raison est simple, comme pour les banques, si l’un de ces pays tombe tous suivront car les économies nationales sont aussi interdépendantes et leurs banques (BBVA et Santander pour l’Espagne) ancrées dans le tissus financier européen.

  • permalien BA :
    3 février @22h33   « »
    La Grèce sera-t-elle sauvée par le FMI ?

    Mercredi 3 février 2010 :

    Un plan d’aide pour la Grèce sera indispensable, selon l’économiste Nouriel Roubini.

    Les responsables européens ont beau multiplier les démentis, il est inévitable que la Grèce soit renflouée d’une manière ou d’une autre pour éviter un défaut de paiement, estime l’économiste Nouriel Roubini.

    Ce soutien viendra "soit de l’Union européenne, soit de la BCE, soit du FMI", a indiqué dans une interview à Bloomberg celui que l’on surnomme "Dr Doom" pour avoir prédit l’éclatement de la bulle des subprimes.

    Un scénario pourtant incompatible avec les propos de Joaquin Almunia, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, qui a assuré la semaine dernière qu’un "renflouement n’est pas possible et n’aura pas lieu".

    Le gouvernement de George Papandreou vient de lancer un vaste plan de réduction des dépenses publiques afin de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici 2012. L’an dernier, celui-ci a atteint 12,7 %.

    Ce volontarisme n’empêche pas les marchés de s’inquiéter de l’état des finances de la Grèce en raison de l’absence de reprise économique : le pays, qui n’est toujours pas sorti de la récession, pourrait voir son activité continuer de décliner si l’on en croit les derniers indicateurs d’activité publiés.

    Une sortie de la zone euro est même une hypothèse de plus en plus évoquée, ce qui leur permettrait de dévaluer leur monnaie et de donner un coup de fouet à leur économie.

    Si l’Union européenne exclut pour l’instant toute aide financière à la République hellénique, le FMI en revanche envisage d’apporter son soutien "si la Grèce le demandait".

    L’institution dirigée par Dominique Strauss-Kahn estime toutefois qu’Athènes devrait pouvoir assainir ses finances sans aide extérieure.

    http://www.capital.fr/a-la-une/actu...

  • permalien BA :
    4 février @00h36   « »
    Tragédie grecque.

    Mercredi 3 février 2010 :

    La Grèce espère un soutien de l’UE face aux attaques spéculatives.

    Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou a déclaré mercredi que son pays espérait le soutien des autres membres de l’UE dans la crise actuelle des déficits publics de la Grèce, pour se défendre contre les attaques spéculatives des marchés internationaux.

    « Nous attendons et demandons à nos partenaires européens de soutenir la Grèce dans les jours à venir », a déclaré M. Papaconstantinou à la chaîne de télévision grecque Mega.

    « Ils doivent soutenir les efforts de la Grèce, et dire aux marchés internationaux qu’il n’y a pas de maillon faible que les attaques spéculatives pourraient casser dans la zone euro, dont la Grèce fait partie, que nous nous trouvons tous dans le même bateau, et que nous devons travailler ensemble », a-t-il poursuivi.

    Ce genre d’encouragement serait très utile pour la Grèce « puisqu’il n’y a pas d’autres options au sein du système européen concernant d’autres formes de soutien », a-t-il ajouté.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

    Cet appel à l’aide du ministre grec des Finances est pathétique.

    Quelle que soit notre opinion à l’égard de la Grèce, à l’égard du gouvernement actuel de la Grèce, à l’égard de la classe politique grecque qui a exercé le pouvoir depuis 20 ans, nous lisons l’appel au secours du ministre grec des Finances, et nous voyons le côté pathétique de cet appel :

    - la BCE n’a pas le droit d’aider la Grèce (article 123 du traité de Lisbonne) ;

    - les autres membres de l’Union Européenne sont eux-mêmes dans une situation économique catastrophique ;

    - les autres membres de l’UE ne peuvent pas aider la Grèce car ils en sont eux-mêmes incapables.

    Tragédie grecque.

    Le Destin est tout tracé, et les Grecs savent ce qui va leur arriver.

    Tragédie grecque.

  • permalien thejoker :
    4 février @10h16   « »

    j’attire votre attention sur le fait que la Grece b’est qu’une bouc emissaire :
    "— D’abord, comme le rapporte une lettre à la rédaction du quotidien britannique The Guardian, la dette grecque est loin d’être la pire de la zone euro. Si l’on considère le taux de croissance de la dette par rapport au PIB entre 2007 et 2011, on anticipe 39,8 %. Ce taux sera de 44 % pour le Royaume Uni, 71,1 % pour l’Irlande et 37,9 % pour l’Espagne. Si l’on additionne la dette publique et la dette privée, elle représente 179 % du PIB de la Grèce. Alors que la moyenne européenne est de 175 %, cette dette totale s’élève à 219 % en Belgique, à 222 % en Irlande, 194 % en Italie, 234 % au Pays-Bas, 197 % au Portugal et 207 % en Espagne. Tous ont donc une dette plus importante que la Grèce. Parlant à Davos, l’économiste Nouriel Roubini a également replacé le cas grec dans un cadre plus général. Sur la liste des victimes potentielles d’une faillite d’Etat, il n’hésite pas à mettre « L’Espagne, le Royaume-Uni, le Japon, les Etats-Unis… »

    — D’ailleurs, la « vraie grosse crise qui se profile à l’horizon, n’est pas celle de la Grèce, mais celle de l’Espagne » affirme Lyndon LaRouche. L’Espagne n’est pas un pays exotique, mais au sein de l’Europe. Et la crise bancaire et immobilière espagnole « touche de plein fouet les Britanniques par la position de la Royal Bank of Scotland (RBS) ». Une faillite d’Etat en Espagne, pays qui « pèse » quatre fois le poids économique de la Grèce, aurait des implications énormes. On y envisage de reculer l’âge de la retraite de 65 à 67 ans. Alors que le taux de chômage atteint 20 % et même 45 à 50 % chez les jeunes, le ministre des Finances espagnol annonce qu’il compte réduire le déficit budgétaire, actuellement à 11,4 % du PIB, à 3 % d’ici 2013.

    — Royal Bank of Scotland, la plus grande société au monde en termes d’actifs, gérée par des proches de la Couronne, forme depuis des lustres une « alliance stratégique » avec la première banque d’Espagne, Banco Santander, par ailleurs douzième banque du monde en capitalisation boursière (90 millions de clients) et la plus grande banque de la zone euro."
    http://www.solidariteetprogres.org/...

  • permalien
    4 février @19h41   « »
    Quid des produits de taux

    Bonjour,

    Article intéressant et bien argumenté. Des idées sans doute à creuser.
    Mais une question demeure : pensez-vous que les mêmes arguments pourraient être tenus pour les produits de taux (à commencer par les plus simples, les obligations et les billets de trésorerie) ?
    Le financement par la dette des entreprises passe, et sans doute à juste titre, par des titres des diverses échéances, du plus court pour faire face aux aléas de trésorerie (bien liés à l’activité réelle) au plus long (pour financer les investissements notamment). Des marchés à court termes semblent donc nécessaires pour ces produits.
    Qu’en pensez vous ?

    Pensez-vous qu’il serait envisageable d’avoir des échéances de liquidité différentes entre les marchés actions et taux ?

  • permalien BA :
    4 février @21h19   « »
    Le gouvernement grec a un super-plan.

    Le programme d’assainissement de ses finances publiques présenté par la Grèce est encourageant et il est important qu’Athènes prenne toutes les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs, a déclaré jeudi le président de la Banque centrale européenne.
    Le gouvernement grec a remis à la Commission européenne une nouvelle mise à jour de son programme de stabilité et de croissance prévoyant de ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2012, et l’exécutif européen l’a approuvé mercredi.

    http://fr.reuters.com/article/busin...

    Récapitulons :

    1- La Grèce a aujourd’hui un déficit de 12,7 % du PIB.

    2- Le gouvernement grec a remis à la Commission européenne son plan de rigueur : en 2012, le déficit ne sera plus que de 2,8 % du PIB ! Je vous jure qu’il l’a promis ! Le déficit grec sera à 2,8 % en 2012 !

    3- La Commission européenne a aussitôt répondu : « Alors là, bravo ! Passer de 12,7 % à 2,8 % en 2012, mais c’est un plan magnifique ! C’est un plan formidable ! Nous sommes sûrs que vous allez y arriver ! Les marchés devraient être rassurés ! »

    4- Le président de la Banque Centrale Européenne a renchéri : « Je dirais même plus : c’est un plan vachement crédible ! Nous sommes sûrs que vous allez vachement y arriver ! Les marchés devraient être vachement rassurés ! »

    5- Résultat : sur toutes les places boursières européennes, ça a été la panique. Les Bourses européennes se sont effondrées.

  • permalien gladiador :
    4 février @22h51   « »

    Quoiqu’il en soit la coque du vaisseau est rouillée et se fissure de partout, hier la Grèce, aujourd’hui l’Espagne et demain la France, l’Angleterre, la Belgique, les Pays Bas, on voit bien que les États ne peuvent plus digérer les dettes transférées des banques et la crise sociale qu’elles ont engendrés.
    Par des mesures et réformes à l’emporte pièce dans l’urgence les États tentent désespérément de refaire leurs finances en sacrifiant le services publics et politiques sociales mais rien n’y fait car en faisant cela elles aggravent la situation. Cette spirale infernale ne peut être stoppée car les recettes économiques proposées sont les mêmes (exemplaires les déclarations de Emilio Botin, président de Banco Santander qui affirmait aujourd’hui au sujet de la dégringolade boursière, qu’il suffit d’appliquer les recettes habituelles, baisse des dépenses, des salaires et licenciements libres pour retrouver la croissance, et ce sans sourciller). Petit rappel, l’Espagne est un pays de mileuristas (personnes gagnants autour de 1000 euros soit 60% de la population active).

  • permalien BA :
    5 février @20h48   « »
    Tragédie grecque. Tragédie portugaise. Tragédie espagnole. Tragédie italienne.

    Pierre-Antoine Delhommais écrit dans Le Monde ces phrases décisives :

    « il y a aussi dans l’attitude intransigeante de l’Allemagne une vraie conviction économique, résumée sèchement par Axel Weber, le patron de la Bundesbank : « Il est impossible de justifier auprès des électeurs qu’on aide un autre pays afin que ce dernier puisse s’épargner les douloureux efforts d’adaptation qu’on a soi-même endurés. »
    Les dirigeants allemands avaient accueilli, on s’en souvient, avec beaucoup de réserve l’idée de faire entrer dans l’euro des pays d’Europe du Sud, « les pays du Club Med », « les cueilleurs d’olives ». Ils avaient fini par accepter mais, précisément, en obtenant l’ajout d’une clause de no bail out, de non-assistance financière à pays en danger.
    La Bundesbank, notamment, considérait que ces pays n’étaient pas assez solides et vertueux pour partager la même monnaie qu’eux. »

    http://www.lemonde.fr/economie/arti...

    Toute la tragédie grecque est résumée dans ces phrases remarquables.

    Les pays du sud de l’Europe ne sont pas assez solides et pas assez vertueux pour partager la même monnaie que l’Allemagne.

    Tragédie grecque. Tragédie portugaise. Tragédie espagnole. Tragédie italienne. Tragédie française.

    Le compte à rebours est lancé pour l’Europe.

    L’éclatement de la zone euro est programmé.

  • permalien izarn :
    6 février @15h57   « »
    Baale II et la BRI : Le fléau de l’Europe

    D’abords arretons de dire qu’avant la disparition du fixing, il y avait un capitalisme moral du bon patron. Il y a un plan ultra-libéral destiné a faire repartir le capitalisme chancelant de bon papa depuis 1971. Donc inutile de regretter comme Sarkosy le capitalisme "familial" et autres foutaises. Personne sur la planete ne veut revenir à cette économie de la prédation coloniale, autre méthode pour redresser un systemé "libéral" en crise déja au XIXieme siécle. Ce n’est pas pour rien que Marx vivait à cette époque.
    Voyons le déroulement du scénario depuis le début :

    - Le disparition de convertibilité dollar-or en 1971 : Vive la fausse monnaie officialisée. Dénoncée par De Gaulle. Permet de spéculer à son aise et d’escroquer (Crise des dot com puis des subprimes) sans aucun moyen de réference : Cassons le thermomètre !
    - La disparition du fixing partout:L’outil de l’arnaque à venir.
    - L’apparition de la titrisation des crédits, et l’invention sur cette base des produits "dérivés" : Un véritable non-sens économique le plus absurde depuis 250 ans. Du véritable Madoff.
    - Les nouvelles normes comptables de type Bale II dite "prudentielles" (Comique !) imposées à l’Europe dés 2004 et qui consistent entre autres au "mark to market", la valorisation continue des actifs, mais aussi des moyens de valider une comptabilité "hors bilan" des produits dérivés...Ce qui vient encore d’empirer sous Obama (Stess-test bidon réussi et hop les CDS vont se cacher), les banques affichant frauduleusement une bonne santé, permettant de distribuer de pseudo bénéfices qui comme la combine de Maddoff viennent du rachat massif d’actifs toxiques à prix délirant par la FED et la BCE. Bref les bonus viennent de la générosité criminelle et complice de la FED et de la BCE qui payent des néfles au prix de l’or en faisant croire aux gogos que bientot ça retrouvera de la valeur !
    Hilarant !

    Alors le fixing, c’est une toute petite chose... L’énormité de la chose dépasse meme le capitalisme lui-meme qui a décidé de mentir depuis 1971 sur son avenir chancelant pour cause de guerre froide : Qui allait s’effondrer le premier : l’URSS ou les USA ?

  • permalien etienne :
    6 février @17h50   « »

    Bonjour,

    Ce papier a le mérite de rappeler la strérilté complète du fonctionnement en continu de la cotation, et son caractère générateur d’instabilité.

    Cependant, je ne vois pas bien en quoi la limitation de la fréquence des cotations peut bien avoir un effet sur les échecs des marchés financiers mis en évidences dans le papier de Bourghelle et Hyme concernant :

    - leur apport quasi-nul au financement de l’économie - ce qui est quand même leur fonction première - au regard du volume ridicule des transactions du marché primaire (émissions de titres), alors qu’on enseigne toujours au lycée que nous sommes à l’ère du financement désintermédié...En réalité, le compartiment secondaire de la "Bourse" n’est d’aucun apport à l’économie réelle, sans parler des "rachats d’action" qui se traduisent même par une décapitalisation et une évaporation des fonds propres.

    - leur incapacité à valoriser de façon efficiente le couple risque/rendement : faire passer le "concours de beauté" d’une fréquence continue à une fréquence mensuelle ne change pas grand-chose à l’affaire.

    - leur incapacité structurelle à garantir collectivement la liquidité en période de stress : c’est là le principal paradoxe souligné par ailleurs par F. Lordon et d’autres. Puisque la liquidité se dévoile au fur et à mesure qu’on la désire collectivement, c’est donc qu’il est parfaitement illusoire de prétendre l’organiser. Suspendre ou ralentir les cotations sur un marché devenu parfaitement illiquide du fait d’anticipations convergentes à la baisse revient à casser le thermomètre pour faire disparaître la fièvre.

  • permalien etienne :
    6 février @17h51   « »

    Aussi, même si je n’ai pas encore lu la suite de l’article dans la version papier du diplo, il me semble qu’on ne peut se dispenser d’une critique bien plus radicale des marchés financiers et de leur incurie structurelle : inutiles, néfastes et ne servant qu’à feindre de calmer les angoisses des "investisseurs" (qui sont en réalité tout sauf cela) sans pouvoir y parvenir, par définition, puisque la liquidité finit toujours par se dérober - tout cela rémunérant grassement une classe d’intermédiaires financiers dont l’utilité sociale est nulle.

    Leur mise au pas ne peut donc passer a minima que par une taxation confiscatoire des transactions spéculatives, qui représentent aujourd’hui 99,99% du volume des échanges (estimation au doigt mouillé), exactement dans l’esprit d’une taxe Tobin dans une version "massue" ou encore du SLAM proposé par l’auteur de ce blog.

    Le chantage à la liquidité ne devrait impressionner personne en dehors des naïfs ou des complices du systême : l’épargne en mal de placements finira toujours par se poser quelque part...après tout, cette liquidité se paye aujourd’hui très cher sous formes de commissions complaisamment versées aux intermédiaires financiers sans que personne ne semble trop s’en plaindre. Que la puissance publique se substitue en partie à ces intermédiaires me semble une idée fort simple et fort juste, et peut-être nettement plus efficace que le seul espacement des cotations.

    Les auteurs précités proposent même carrément de soustraire les sociétés de la cotation publique, ce qui reviendrait en gros à fermer la "Bourse"...je pense que nous pourrions être nombreux à savoir ce qu’en pense l’auteur de ce blog.

    Mais puisque ce dernier nous promet de reparler de la "fermeture des Bourses", j’attends donc la suite avec impacience....

  • permalien BA :
    6 février @21h25   « »
    Les grands médias français et le chômage US.

    Samedi 6 février, les grands médias traditionnels ont relayé la propagande de l’administration Obama.

    Les télévisions françaises, les radios françaises, les journaux de la presse papier ont répété que le chômage avait baissé aux Etats-Unis.

    Ce matin, tous les grands médias traditionnels ont agi comme des perroquets, répétant, et répétant encore, et répétant toujours la même propagande :

    « Aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 9,7 %. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 9,7 %. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 9,7 %. »

    Chose étonnante : aucun grand média français n’a expliqué comment l’administration Obama truque les statistiques du chômage.

    Voici un graphique concernant le chômage aux Etats-Unis :

    C’est le nombre de demandeurs d’emploi découragés qui sortent chaque mois des statistiques officielles :

    http://business.theatlantic.com/ass...

    En septembre 2009, au total, 700 000 demandeurs d’emploi découragés sont sortis des statistiques officielles.

    En janvier 2010, au total, 1,1 million de demandeurs d’emploi découragés sont sortis des statistiques officielles.

    Avec 1,1 million de demandeurs d’emploi découragés en janvier, le gouvernement Obama peut faire sa propagande : « Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! »

    Conclusion : les grands médias français sont des perroquets cons. Et la consommation va s’effondrer aux Etats-Unis à cause de tous ces demandeurs d’emploi découragés.

    En France, c’est pareil.

    Pôle Emploi vient d’annoncer qu’un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en 2010. Et un million de chômeurs qui arrivent en fin de droits, c’est un million de chômeurs qui sortent des statistiques officielles.

    Nicolas Sarkozy pourra revenir sur TF1 pour faire sa propagande : « Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! »

  • permalien BA :
    7 février @22h02   « »

    Beat Kappeler est un économiste suisse.

    Beat Kappeler explique que l’euro n’est pas une zone monétaire optimale. Il explique que, dès sa naissance, l’euro était destiné à éclater.

    Lisez cet article très intéressant :

    L’échec prévisible de l’euro.

    L’Union Européenne a négligé certains aspects essentiels pour la viabilité de l’euro. Du coup, les pays touchés par l’endettement font face à de sombres perspectives d’avenir.

    Je l’avais bien dit. Au mois de mars en 1993, quand l’union monétaire du futur euro entrait en vigueur, je rendais mon étude sur le sujet au "Fonds National de la Recherche". Dans ce rapport, je soulignais qu’en Europe, les deux conditions essentielles pour une union monétaire stable n’étaient pas remplies. Le Fonds National me remercia pour mon travail, me paya très bien, et mit l’étude dans un de ses tiroirs.

    Ces deux conditions essentielles font toujours défaut en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Irlande, ce qui a effrayé avant-hier les bourses du monde entier.

    Lorsque des pays renoncent à leur monnaie pour former une union monétaire, il peut leur arriver de subir des chocs « asymétriques », c’est-à-dire qu’ils ne concernent pas l’union entière. Les pays concernés ne peuvent plus s’en tirer par une dévaluation, comme l’avait fait la France par trois fois sous Mitterrand. Les travailleurs des pays ébranlés doivent donc pouvoir se déplacer en masse : ce phénomène se produit aux Etats-Unis. C’est aussi arrivé en Suisse, quand l’horlogerie licenciait 60 000 ouvriers dans les années 1980. Ils durent partir pour le canton de Vaud, pour Genève, ou rentrer en France.

    De même, dans une union monétaire efficiente, les pays frappés par ce choc obtiennent des versements automatiques et importants « du centre » sous forme d’assurance chômage, de rentes et de péréquations financières préétablies.

    Or ces deux conditions font défaut en Europe. Les chocs actuels proviennent de l’endettement considérable de certains Etats membres, et de manière sous-jacente de leur perte de compétitivité vis-à-vis des pays du Nord. J’avais déjà souligné dans ces colonnes que l’union monétaire de l’euro est une machine à exploiter l’Allemagne, les Pays-Bas et les pays nordiques au profit de l’Europe latine, moins disciplinée en matière de coûts salariaux et de productivité.

  • permalien BA :
    7 février @22h03   « »
    L’échec prévisible de l’euro (suite et fin).

    Suite :

    Bruxelles, au centre de cette union monétaire, en a clairement énoncé les conséquences : ces pays doivent appliquer une rigueur jamais vue depuis 80 ans. Le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et la Grèce doivent sévir dans les dépenses publiques, réduire les salaires de tout le monde, fermer des branches subventionnées de leur économie, diminuer les rentes vieillesse.

    A l’époque du Traité de Maastricht, contenant cette union monétaire, je n’avais pas du tout compris l’empressement, partout en Europe, des syndicats pour cette nouvelle étape de l’Union. Leur aveuglement idéologique les avait éconduits du royaume de l’intérêt bien compris de leurs membres. Aujourd’hui, les leaders syndicaux ameutent leurs troupes pour manifester contre ces mesures draconiennes.

    La théorie des unions monétaires, avec ses deux conditions essentielles, avait été formulée au début des années 1960 par un tout jeune professeur américain, Robert Mundell. J’avais suivi un de ses cours à l’Institut des hautes études, à Genève. Il était un peu grassouillet, les cheveux longs, les vêtements négligés, cela faisait chic en 68. Grande fut ma surprise d’apprendre que le Prix Nobel lui avait été attribué en 1999 et que sur les photos apparaissait un homme digne, svelte, les cheveux blancs, posant dans son palais florentin.

    Pendant 60 ans, entre 1865 et 1927, la Suisse a fait partie de l’Union monétaire latine. La France, la Belgique, l’Italie, la Suisse et la Grèce (encore elle) avaient des pièces d’argent du même poids, et les échanges se faisaient librement. A l’inverse de l’euro, cette monnaie, avec ses billets, était fondée sur l’or et l’argent-métal. Si un pays exagérait avec ses prix et ses salaires, il pesait trop lourd et son bilan commercial devenait négatif. Pour payer, il fallait envoyer des tonnes d’or et d’argent-métal par train aux autres membres de l’union. Ainsi la circulation monétaire se réduisait, elle forçait automatiquement la retenue et corrigeait tout.

    En revanche, l’euro n’est que du papier : les dettes commerciales et étatiques gonflent allègrement, et en même temps la confiance se perd. La zone euro est aux abois du fait de ses fautes de construction. Ce ne sont plus des camions remplis d’or qui administrent la correction, mais des ukases de Bruxelles, sur papier, eux aussi. Attendons la suite, elle sera déprimante, tant économiquement que moralement.

    Beat Kappeler.

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/17d...

  • permalien BA :
    8 février @08h44   « »
    2010 : cette année, on va s’éclater.

    Lundi 8 février 2010 :

    La Bourse de Tokyo a achevé la séance de lundi en baisse de - 1,05 %, l’indice Nikkei terminant sous le seuil des 10.000 points pour la première fois en deux mois, toujours minée par les craintes concernant les dettes de plusieurs pays européens.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

    La France et la zone euro vont maintenant vivre des semaines historiques.

    La zone euro va éclater.

  • permalien BA :
    8 février @23h00   « »
    L’écart de taux continue de se creuser.

    Lundi 8 février 2010 :

    Les cures d’austérité annoncées par la Grèce et l’Espagne pour réduire leurs déficits publics risquent désormais de provoquer des tensions sociales dans les deux pays, ce qui pourrait alimenter l’inquiétude des investisseurs.

    Les plans d’assainissement budgétaire présentés par Athènes et Madrid n’ont pas encore convaincu les marchés obligataires, sur lesquels la dette grecque continue de faire les frais des craintes qui l’entourent, tandis que l’euro reste sous pression.

    La monnaie unique peine à remonter au-dessus de 1,37 dollar, et la livre sterling commence elle aussi à pâtir des craintes de voir les difficultés de la zone euro se propager à l’économie britannique. La devise du Royaume-Uni a ainsi touché son plus bas niveau depuis huit mois et demi contre le billet vert.

    Parallèlement, les rendements des obligations grecques, espagnoles et portugaises, creusent leur écart par rapport aux emprunts allemands, la référence pour la zone euro.

    Ces écarts (ou "spreads") représentent la prime qu’exigent les investisseurs pour détenir des emprunts dont le risque de remboursement est jugé plus élevé.

    L’écart de taux entre la dette grecque à dix ans et l’allemande s’est creusé à 365 points de base lundi, contre 350 points vendredi.

    http://www.lesechos.fr/info/inter/r...

  • permalien BA :
    9 février @18h38   « »
    La BCE ne sauvera pas la Grèce.

    Mardi 9 février 2010 :

    Ewald Nowtotny, l’un des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE, a expliqué que le mandat de la BCE l’empêchait d’intervenir pour aider la Grèce ou tout autre Etat membre.

    "La BCE a un mandat clair. Nous avons une clause de non-renflouement claire", a-t-il déclaré lors d’un entretien au site FT Alphaville, qui dépend du Financial Times.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien H2O compagnie :
    10 février @18h40   « »

    Bonjour,

    Pour continuer sur le sujet des etats européens qui sont au bord de la faillite !
    Je me pose une question issue de la théorie du choc de naomie klein:a savoir que le néolibéralisme ne progresse jamais autant qu’à la faveur de choc (crise, attentat, catastrophe naturel, coup d’état........etc)

    http://www.la-bas.org/article.php3?...

    Dans le cadre de cette théorie,et sachant que les ultras libéraux prechent toujours moins d’état (éducation, santé, retraite, assurance chômage, fonctionnaires) est-il légitime de pouvoir penser, que cette crise a été crée volontairement par les élites politico financières ultras libérales, dans l’optique de détruire les derniers vestiges étatiques dans l’économie ?

    Pour preuve, les mesures drastiques de la grèce et de l’espagne envers leurs dépenses publics, qui vont se faire au détriment de la santé, de l’éducation.......etc

    Transmettre la dette du privé vers le public et ensuite, apporter le coup de grâce aux politiques publics en tenant ce discour :"nous n’avons pas le choix"

    Moins de dépenses publics=des services publics défaillants
    La solution qui sera vendu au peuple, passera par une privatisation de l’ensemble des biens et services comme les accords de L’OMC le prévoient grace à l’AGCS :
    http://www.amazon.fr/LAGCS-Quand-Et...

    Tout cela vous semble-t’il plausible ?

    J’ai rencontré F.LORDON la semaine dernière lors d’un débat public.
    Suite à cette question "est-il possible de céer volontairement une crise" il m’a répondu :"oui tout est possible, mais elle n’à pas été crée volontairement"

  • permalien gladiador :
    10 février @21h20   « »

    Bonjour H2O compagnie,
    je ne pense pas non plus que cette crise aie été provoquée volontairement. Il suffisait de voir les têtes des dirigeants des grandes banques, leur silence coupable après la faillite de Lehman brothers.
    Ils ont par ailleurs frôlé la nationalisation, si seulement les États étaient vraiment intervenus pour contrôler la finance globale... Il me semble que les banquier ne s’attendaient pas à tant de générosité des gouvernements. A mon humble avis les économistes des états sont les plus médiocres de chaque promotion et complétement incapables de gérer de tels situations. Les meilleurs cerveaux, les plus diplômés de chaque État ont été pompé par la finance globale, les salaires mirobolants, leurs bonus et autres revenus non imposables. Ne sentant pas aptes à prendre en charge cette crise on s’est contenté de sauver les banques en leur faisant une petite morale en espérant que tout rentrerai dans l’ordre, comme avant en injectant des liquidités avec la complicité des banques centrales dont les dirigeants n’en savent pas davantage sur le tenants et aboutissants des sophistications de la finance (titrisation, subprimes, effet de levier, tout cela est du chinois pour eux).

    Cela dit depuis un an, les banques se sont aperçus de la faiblesse des Etats, des institutions vidés de leur substance grise, mais aussi des démocraties qui semblent dans un état de léthargie fataliste, sans doute en raison de médias peu enclins à informer le peuple de tout ce qui se passe, entre autre, parce que la plupart sont propriété de grands groupes industriels et financiers qui n’ont pas hésité à les acheter malgré la situation de faillite virtuelle de la presse mondiale. Seule compte contrôler l’information coûte que coûte. Les banques donc se sont rendu compte qu’elles peuvent par ce fait réaliser ce qu’elles ont rêvé depuis la nuit des temps. Contrôler tout sans opposition. Tout bien sur terre doit être marchant et le marché ne peut être contrôlé ou régis que par les banques et la finance.

  • permalien Pipas :
    11 février @08h21   « »
    Instabilité provoquée, crise continue : la clé d’un système pérenne

    De Zeitgeist à Kleim en passant par Lordon, il est difficile de mettre l’ampleur de la catastrophe du monde du dehors sur le dos du hasard ou de réminiscences simiesques. L’auteur de ce blog est un fieffé structuraliste, mais parfois jusqu’à l’excès ! (c’est aussi pour cela que je l’aime 8)

    L’Europe continuera d’étendre son contrôle ;d’installer des caméras ; ses partenariats avec les américains dans des entreprises néocoloniales.
    Il n’est pas question de se séparer de qui que ce soit. Bien au contraire.
    Surtout pour une question de pourcentage de dette.

    Evoquer une sécession avec la Grèce c’est faire fit de Chypre, de l’intégration de la Turquie, donc d’une marche vers l’Iran, partenaire commercial énergétique privilégié de la Chine.
    La géopolitique appartient à l’inertie d’un complexe militaro-industriel à contre courant du flux fossile d’énergie globalisée ; pas aux réflexes masturbatoires de banksters en complet-veston.

  • permalien BA :
    12 février @22h37   « »
    Deux informations concernant l’économie réelle.

    Lundi 18 janvier 2010 : Jean-François Roubaud, dirigeant de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), s’exprime.

    Capital.fr : Quel est aujourd’hui l’état de santé des PME françaises ?

    Jean-François Roubaud : Il n’est évidemment pas florissant. Beaucoup d’entre elles sont au bout du rouleau. En 2009, elles ont reçu des aides de l’Etat et et réduit au maximum leurs coûts, mais le problème c’est que les carnets de commandes ne se regarnissent toujours pas. Au cours des 5 à 6 prochains mois la situation va devenir très délicate pour bon nombre de PME et les faillites vont continuer d’augmenter. Il ne faut surtout pas arrêter de les soutenir. Les PME doivent être placées au cœur de la politique sociale de notre pays : ce sont les entreprises qui créent de la richesse et in fine de l’emploi.

    Source : capital.fr

    Vendredi 12 février 2010 : l’INSEE donne ses chiffres pour le 4ème trimestre 2009. L’investissement a reculé de - 1,2 % au 4ème trimestre.

    « pour le septième trimestre consécutif, l’investissement a fortement régressé (- 1,2 %, soit une chute de - 6,9 % sur l’ensemble de l’année 2009).
    Cet effondrement de quasiment deux ans s’observe tant pour l’investissement des ménages que pour celui des entreprises, leur repli annuel atteignant respectivement - 8,1 % et - 7,7 %. C’est là que réside le point faible de la reprise française. Car, tant que l’investissement des entreprises restera aussi déplorable, le cercle vertueux investissement-emploi-consommation ne pourra pas se mettre en place.

    http://www.acdefi.com/index.php?pid=912

  • permalien BA :
    14 février @21h27   « »
    L’Allemagne ne sauvera pas la Grèce.

    D’après l’enquête Emnid, dont Bild am Sonntag a fait état, 53 % des Allemands interrogés estiment que l’Union européenne devrait, si nécessaire, exclure la Grèce de la zone euro.

    Angela Merkel, la chancelière allemande, a opté pour une position prudente, disant d’une part que la Grèce ne serait pas laissée à son sort mais d’autre part qu’Athènes devait tâcher de régler ses problèmes seul.

    D’après le sondage publié par Bild, 67 % des Allemands interrogés ne veulent pas que l’Allemagne ou d’autres Etats européens accordent des milliards d’euros à la Grèce.

    Certains représentants de la coalition au pouvoir en Allemagne ont également exprimé leur réticence à venir en aide à Athènes.

    "Si nous commençons maintenant, où allons-nous nous arrêter ? Comment expliquer aux Allemands au chômage que leurs indemnités ne seront pas augmentées d’un centime mais que les Grecs peuvent partir à la retraite à 63 ans ?", s’interroge dans le journal Welt am Sonntag Michael Fuchs, un des chefs de file au Parlement de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel.

    Au cours de son premier mandat, cette dernière a relevé l’âge de la retraite de 65 à 67 ans afin de contenir les déficits publics dans les limites fixées par l’Union européenne.

    Un membre du partenaire de coalition de la CDU, les libéraux du FDP, s’est montré encore plus hostile à toute aide à la Grèce.

    "La résolution de ce problème ne passe pas par une aide à la Grèce. Il s’agit surtout de préserver les contribuables allemands des éventuelles conséquences des difficultés d’Athènes", déclare Otto Fricke, expert budgétaire du FDP, également au Welt am Sonntag.

    http://www.lepoint.fr/actualites-ec...

    Pronostics : l’Allemagne ne versera pas un seul euro pour sauver la Grèce. La zone euro va éclater en 2010.

  • permalien BA :
    16 février @21h19   « »
    Les Pays-Bas ne sauveront pas la Grèce.

    Les Pays-Bas ne veulent pas payer un seul euro pour renflouer la Grèce.

    Aux Pays-Bas, le Parlement est constitué de deux assemblées :
    1- La Première Chambre (Eerste Kamer) est la moins importante des deux.

    2- La Seconde Chambre (Tweede Kamer) est la plus importante des deux. Elle peut être comparée à l’Assemblée Nationale en France.

    Or, que vient de faire cette Seconde Chambre ?

    La Seconde Chambre vient de voter une motion pour interdire que l’argent des contribuables néerlandais sauve la Grèce.

    Chose étonnante : cette motion précise que l’argent des contribuables néerlandais ne doit pas être utilisé pour renflouer la Grèce, que ce soit directement par une aide de l’Etat néerlandais, mais aussi indirectement par une aide d’un organisme européen.

    Les Néerlandais ne veulent pas verser un seul euro pour sauver la Grèce.

    Dernière précision : cette motion a été votée par tous les partis politiques, sans exception.

    Holland’s Tweede Kamer has passed a motion backed by all parties prohibiting the use of Dutch taxpayer money to bail out Greece, either through bilateral aid or EU bodies. “Not one cent for Greece,” was the headline in Trouw. The right-wing PVV proposed “chucking Greece out of EU altogether”.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/...

  • permalien BA :
    17 février @11h23   « »
    La Grèce en défaut de paiement. La poussée d’angoisse de Sarkozy.

    La poussée d’angoisse de Sarkozy.

    Le Canard Enchaîné, 17 février 2010, page 2 :

    Sarkozy craint surtout un effet domino en Europe, comme il l’a confié aux mêmes visiteurs : « Le problème grec n’est pas encore réglé. La situation de l’Espagne et du Portugal est inquiétante, et celle des finances de l’Italie est préoccupante. Il ne faudrait pas que tout s’effondre, parce que la crise de 29, ce serait de la rigolade à côté. »

    Cette poussée d’angoisse de Sarkozy s’explique mieux lorsqu’on mesure les risques pris par les banques françaises dans ces pays. En Grèce, les établissements financiers hexagonaux, le Crédit Agricole notamment, sont en première ligne. En Espagne comme au Portugal, ils se situent au second rang.

    Un seul chiffre permet de mesurer l’ampleur des dégâts possibles : l’exposition des banques françaises en Espagne atteint presque 180 milliards d’euros, selon la Banque des Règlements internationaux.

    L’addition risque d’être aussi épicée qu’un plat méditerranéen.

  • permalien alterette :
    2 mars @14h13   « »

    Bien que j’aime beaucoup F. Lordon, il faut signaler qu’il n’est pas le 1er à avoir proposé de fermer la Bourse
    - en 2001 : Jacques Nikonof professeur d’économie, écouter l’émission 5, 6 et 7 http://dsedh.free.fr/emissions_pass...
    - en 2006 Jean-luc Gréau. Lire les Alternatives extraites de « L’avenir du capitalisme » http://www.m-pep.org/spip.php?artic...

  • permalien doug :
    2 mars @20h35   « »
    Est-ce paler pour ne rien dire ?

    Mr Lordon,

    Je vous ai ecoute sur La-bas le 2 mars, c’etait tres ineressant et je suis d’accord avec vos analyses mais en meme temps j’ai l’impression que c’est parler pour ne rien dire car je ne vois pas comment il est possible de faire marche arriere (ou marche avant).

    Par exemple, travaillant aux USA, ma retaite, comme celle de tous les americains qui ont un plan de retraite, est investie en bourse au travers des fameux fonds de pensions. Fermer la bourse voudrait donc dire fermer tous les plans de retraite des americains, ce qui n’arrivera jamais.

    Il n’y a que 2 moyens de preparer sa retraite ici,

    1) investir dans les entreprises (bourse en general),
    2) investir dans l’immobilier et le louer,

    le dernier etant reserve aux plus fortunes et eduques, le premier aux masses. La derniere alternative est de ne pas preparer sa retraite et travailler jusqu’a la mort.

    Donc meme si le systeme s’effondre, il renaitra de ces cendres de plus belle car il n’y a pas d’autre modele possible et connu sauf le systeme communiste qui bien entendu ne pourra jamais s’imposer car il a ete tue dans l’oeuf et le peu qui en est connu n’inspire que la chasse aux sorcieres. Exactement ce qui se passe aujourd’hui, le maccarthisme est revenu dans les media americains, a la difference que le mechant socialiste liberal (liberal au sens americain) est Barack Obama.

  • permalien PLB :
    3 mars @15h17   « »

    Bonjour,

    Pour ajouter ma petite pierre à l’édifice, je suis tombé par hasard et avec plaisir sur la une du Monde Diplomatique et l’article sur la bourse alors que je venais juste de publier un post sur mon blog qui rejoint ces idées /www.capeutchemar.fr> en allant plus contre le trading électronique ce qui rejoint le point du fixing mais sous un autre angle.

    Très heureux d’avoir découvert ce blog !

    PLB

  • permalien wiseman :
    3 mars @18h36   « »

    Le vrai PIG ou STUPID, à mon sens, c’est les Etats Unis avec leur dette ( dette privée+dette fédérale+dettes de chacun des états+dette corporate+dette des banques, environ 400% du PIB ??) hypertrophiée et qui en plus se permet de donner des leçons.
    La finance est arrogante et raciste.
    Mais c’est dans le mur qu’on conscientise le mieux le mur, ou encore la parabole du film "La Haine", ou encore jusqu’à quand ?

  • permalien
    4 mars @00h17   « »

    @ doug

    "Fermer la bourse voudrait donc dire fermer tous les plans de retraite des americains, ce qui n’arrivera jamais.

    Il n’y a que 2 moyens de preparer sa retraite ici,

    1) investir dans les entreprises (bourse en general),
    2) investir dans l’immobilier et le louer"

    Vous n’avez manifestement pas compris le propos de F. Lordon : il ne s’agit pas d’empêcher l’épargne de s’investir en actions, mais d’en finir avec la cotation publique et en continu. Ainsi, vos fonds seront toujours investis dans des sociétés si vous le désirez, mais hors marché : cela comporte pour vous, l’épargnant, un avantage, en vous préservant des mouvements erratiques des cours (sachant que quand tous les épargnants américains de la génération du "baby-boom" parviendront à l’âge de la retraite, la vente massive de titres ne peut que se traduire par une baisse généralisée des cours, et donc la fonte de votre retaite), et un inconvénient, puisque le rendement de ces titres, préservés de la rapacité des marchés, ne crachera peut-être pas les 15% actuellement exigés par les "zinzins"....à vous de voir.

    Pour la collectivité, si cela a un sens pour vous, ce transfert d’épargne vers des titres non cotés aura l’immense avantage d’en finir avec cette pression insupportable sur les salaires- c’est-à dire le vôtre - et les emplois - le vôtre aussi -qu’exercent ces mêmes fonds de pension, dont la logique a entrainé la crise d’endettement privé qui nous a mené collectivement où l’on sait....

    Ainsi, la réponse à votre objection se trouve intégralement dans le papier de JL Gréau :

    http://www.m-pep.org/spip.php?artic...

    "Fermer la bourse, par un acte direct de l’autorité publique ou en organisant la sortie des entreprises cotées de la cage du marché des actions, constituerait un acte transgressif. Mais ce serait changer de régime et non de système.

    Réaliser ce projet exige cependant de répondre à une question préalable : que faire de l’argent qui venait auparavant se placer en bourse ?

    [...]

    On peut imaginer un mouvement d’ensemble qui conduirait à reconvertir une partie notable de l’épargne placée en bourse, qui a cessé de s’injecter dans la production, dans des fonds consacrés aux sociétés non cotées.

    Le « private équity » pourrait alors s’étendre bien au-delà de son territoire actuel pour devenir la forme dominante du placement collectif en actions. Simultanément, avec la sortie progressive des entreprises du champ de la cotation boursière, l’univers des entreprises privées, présentement divisé entre sociétés cotées et sociétés non cotées, tiendrait à une plus grande homogénéité."

  • permalien rob :
    30 avril @04h40   «

    Bon billet, cela me permet de mieux comprendre quelques "subtilités" du monde de la finance et l’idée d’immobiliser les investissements pendant un laps de temps (un mois) empêchant ainsi la spéculation d’être sauvage en est une bonne.

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