En kiosques : décembre 2016
Abonnement Faire un don

Première visite

Vous êtes abonné(e) mais vous n’avez pas encore de compte en ligne ?

Vous n'êtes pas abonné(e) ?

Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout le site.
Une question, un problème ? Consultez la notice.
Accéder au menu

Débats à la télévision iranienne

par Alain Gresh, 21 janvier 2010

Oui, une répression frappe intellectuels et manifestants en Iran, notamment depuis l’élection présidentielle de juin 2009. Oui, la torture a été utilisée dans les prisons. Pourtant, il est absolument réducteur de ramener le régime au nazisme ou au stalinisme. Car il existe de vrais espaces de liberté, des débats animés et une presse qui, malgré les restrictions, parvient à s’exprimer. On assiste même à des situations surprenantes pour ceux qui se contenteraient de la vision des médias occidentaux. Ainsi cette information que rapporte une dépêche de l’Agence France Presse du 18 janvier, signée par son correspondant Siavosh Ghazi, sous le titre « Iran : la télévision d’Etat donne la parole à l’opposition ». A ma connaissance, aucun journal français ne l’a reprise.

« Pour la première fois depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin, la télévision d’Etat iranienne a commencé à donner la parole à l’opposition, dans l’espoir de dénouer
l’une des plus graves crises politiques de la République islamique. Depuis une semaine, la télévision organise un soir sur deux, à une heure de
grande écoute, des débats entre partisans du président Ahmadinejad et de
l’opposition. »
(...)

« L’un des premiers débats a opposé le député réformateur Mostapha Kavakebian et le patron du quotidien ultraconservateur Kayhan, Hossein Shariatmadari. “Si on accuse tous les anciens présidents d’être liés aux Etats-Unis ou d’être les chefs d’une conspiration, il ne reste plus personne” pour soutenir le pouvoir, a lancé M. Kavakebian. »
(...)

« Lors d’un débat suivant, l’ex-député réformateur Javad Ettaat a dénoncé la répression des manifestations lors de la journée de deuil religieux de
l’Achoura, le 27 décembre, qui a fait huit morts et des centaines de blessés. “Si siffler et taper dans ses mains le jour d’Achoura est une erreur, frapper les gens est pire et les tuer est une faute encore plus grande”, a déclaré M. Ettaat. »

(...)

« “L’un des aspects importants de ces débats est de couper l’herbe sous le
pied des chaînes satellitaires en persan comme la BBC et la Voix de l’Amérique (VOA)”, relève M. Kavakebian. Depuis le début de la crise, l’audience de ces deux chaînes a augmenté au détriment de la télévision d’Etat, et les autorités les accusent de jouer un rôle actif dans l’organisation du mouvement de protestation. Sur le plan politique, “la poursuite de tels débats pourra préparer la venue de Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi” sur le petit écran, espère le député modéré Ghodratollah Ali-Khani. Les deux candidats battus lors du scrutin de juin “pourraient être invités et dire ce qu’ils ont à dire, ce qui ouvrirait la voie à la réconciliation nationale”, confirme M. Motahari. »

Delphine Minoui, correspondante au Moyen-Orient du Figaro, écrit (« Iran : tensions chez les conservateurs », 11 janvier 2010) :

« Le rapport de l’enquête parlementaire est sans appel. Présenté dimanche aux députés iraniens, majoritairement conservateurs, il accuse, preuves à l’appui, Saïd Mortazavi, l’ancien procureur de Téhéran, un fondamentaliste proche du président Ahmadinejad, d’être responsable de la mort sous la torture de trois manifestants antigouvernementaux dans la prison de Karhizak, à la périphérie de Téhéran. “Bien que Mortazavi ait maintenu qu’Amir Javadifar, Mohsen Ruholamini et Mohammad Kamrani soient morts d’une méningite, des examens postmortem prouvent qu’ils sont décédés à la suite de mauvais traitements”, précise le document. »

La cour de Téhéran a annoncé le 21 janvier qu’elle allait ouvrir une enquête sur la mort de dix-sept manifestants durant les manifestations qui ont suivi l’élection de juin 2009. Et Ali Larijani, président du parlement, a déclaré à Arak, le 20 janvier, que l’on ne pouvait se prévaloir des ordres du Guide suprême pour violer la loi. Les jours précédents, la censure avait été aussi levée sur plusieurs autres films.

Un site sur l’Arabie saoudite

Il existe peu de sites en français sur l’Arabie saoudite. Raison de plus de signaler celui-ci Saudiwave. Et le dernier article, « Craintes d’une “irakisation” de l’Arabie », en date du 18 janvier.

Alain Gresh

Partager cet article /

sur Zinc
© Le Monde diplomatique - 2016