Le Monde diplomatique
Accueil du site > Lettres de... > Quand l’Algérie s’enflamme pour le ballon rond

Lettre d’Alger

Quand l’Algérie s’enflamme pour le ballon rond

mardi 23 février 2010, par Jean-Pierre Séréni

Depuis l’automne dernier, trente-cinq millions d’algériens vibrent à l’heure du ballon rond. Avant le match, des files de jeunes et de moins jeunes sillonnent les rues des villes, de la capitale à la plus modeste cité du bled. Puis l’heure fatidique arrive, les trottoirs se vident, la circulation s’arrête, les rideaux des magasins se ferment, un silence sépulcral s’abat pour 90 minutes, troublé de temps en temps par une immense clameur qui avertit le rare Algérien qui n’est pas scotché devant son téléviseur que les Verts viennent de marquer. Plus étouffée, une plainte sourde perce les murs quant le sort hésite à leur donner la victoire ; c’est presque un sanglot quand son gardien de but doit aller ramasser la balle au fond de ses filets.

La fin du match opère comme une délivrance. La foule envahit les rues, on danse, on chante, les véhicules les plus divers encombrés de drapeaux blancs et verts défilent en klaxonnant jusqu’aux premières heures de l’aube, on embrasse les policiers rencontrés.

Cet engouement est récent et largement imprévisible. Le parcours de l’équipe d’Algérie dans les premiers matchs de qualification de la prochaine Coupe du monde de football, qui doit se tenir en Afrique du Sud à partir de mai prochain, n’avait guère donné l’occasion de rêver à ses supporters jusqu’à cette soirée du 12 octobre 2009 face à une modeste équipe africaine, celle du Rwanda. Les autorités, guère rassurées sur l’issue du match, l’avaient relégué à Blida, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. L’expérience montre qu’une défaite peut être meurtrière pour le mobilier urbain et les édifices publics, voire dangereuse pour le régime.

La victoire a tout changé. Les millions de passionnés qui supportent les Verts ont eu, pour la première fois depuis longtemps, le sentiment que l’Algérie sortait enfin d’un long tunnel d’humiliations et de déceptions, pas seulement sportives. « C’est notre tour », hurlaient sur tous les tons jeunes et moins jeunes. Les épreuves suivantes au Caire et à Khartoum ont suscité contre l’Egypte un exceptionnel accès de fierté nationale et quelques actes regrettables contre des biens appartenant à des sociétés égyptiennes. Même si la fièvre est un peu retombée lors des matchs de la Coupe d’Afrique des Nations en cours, la nouvelle génération veut croire que la revanche sur le destin a enfin sonné (lire le reportage « Jours tranquilles en Algérie » dans Le Monde diplomatique de février, toujours en kiosques).

Dans « Le Monde diplomatique »

  • « Luttes d’influence autour de la Sonatrach »
    par Ahmed Djezairi, La valise diplomatique, 19 janvier.
    Le président-directeur général de la Sonatrach — la plus grande entreprise algérienne, un monopole public qui gère les hydrocarbures et le gaz dans le pays —, a été placé sous contrôle judiciaire le 18 janvier. « Simple » histoire de malversations financières ou affaire politique ?
  • « Le “non-Maghreb” coûte cher au Maghreb » (aperçu)
    par Francis Ghiles, janvier 2010.
    Le conflit du Sahara occidental représente toujours l’un des obstacles majeurs à une coopération entre le Maroc et l’Algérie, freinant les échanges régionaux qui pourraient se développer avec la Tunisie. Une collaboration politique et économique aiderait pourtant à résoudre bien des problèmes de la rive sud de la Méditerranée.
  • « Guerre des plumes entre le Maroc et l’Algérie »
    par Ali Chibani, janvier 2010.
    Quand la presse algérienne défend « la Gandhi du Sahara Occidental », les titres marocains décèlent un « piège algérien ». La grève de la faim observée depuis le 15 novembre par une militante sahraouie a ravivé les querelles entre journalistes des deux pays.
  • « Algérie : l’opposition étouffée avant les élections » (A.C.), La valise diplomatique, 7 avril 2009.
    En avril 2009 se tenait une élection présidentielle gagnée avant d’avoir lieu par Abdelaziz Bouteflika. Le président sortant-rentrant était soutenu par une myriade de partis, d’associations et de syndicats officiels hantés par le spectre de l’abstention.
  • « L’Algérie ne croit plus aux promesses » (A. C.), février 2009.
    M. Bouteflika vient de réformer la Constitution pour supprimer la limitation des mandats présidentiels. Il compte se présenter pour la troisième fois en avril 2009, malgré l’aveu de l’« échec » de sa politique. Symptômes du climat de mécontentement, les émeutes se sont multipliées ces dernières années.
  • « Des footballeurs entre Paris et Alger »
    par Dominique Le Guilledoux, août 2008.
    Guerre d’Algérie, immigration, malaise des banlieues, psychose de l’après-11-Septembre : depuis cinquante ans, le football a reflété chaque étape d’une histoire toujours à vif.
  • « Les régimes arabes modernisent... l’autoritarisme »
    par Hicham Ben Abdallah El Alaoui, avril 2008.
    Depuis la première guerre du Golfe, les pays arabes ont connu une succession de bouleversements qui, partout ailleurs, auraient déstabilisé bien des pouvoirs. Pourtant, la plupart ont réussi à maintenir des structures archaïques que ni la seconde guerre mondiale ni la décolonisation n’avaient fait disparaître.
  • « Football à perpétuité »
    par Ignacio Ramonet, La valise diplomatique, 7 juin 2008.
    Le football est devenu un spectacle sur écran. Il relève beaucoup moins de l’univers de l’effort physique que de la sphère de la culture de masse. Ses vedettes comptent parmi les personnalités médiatiques les plus universelles.
  • « Le football face au vidéo-arbitrage »
    par Jacques Blociszewski, mars 1996.
    Devenu inséparable de son image, le sport est d’abord vu et vécu par l’écran. Dans le football moderne, les enjeux sont tels que la tentation grandit d’utiliser la technologie comme assistance à la prise de décision. La vidéo au service de l’arbitrage est-elle une garantie de justice ou le signe d’un renoncement au jugement et à la responsabilité humaines ?

29 commentaires sur « Quand l’Algérie s’enflamme pour le ballon rond »

  • permalien Yann :
    23 février 2010 @20h32   »
    Quand les Zarrabes NOUS menacent...

    One, two, trrri... Viva l’Algérie !

    Pendant ce temps, le pouvoir dictatorial se frotte les mains...

    Le scénario idéal :

    L’Algérie bat la France au Mondial (avec une liesse populaire dans les rues françaises !)

    ...

    puis l’équipe des Fénecs vient à bout du Brésil, en finale !

    Um, dois, três... Viva a Argélia !

  • permalien carnavon :
    23 février 2010 @22h09   « »

    Les algériens ont raison d’être fiers de leur patrie.
    Par contre ce qui me fait de la peine, ce sont les petits français, nés en France, qui ont un lien avec l’afrique du nord, et qui sifflent la Marseillaise dans les stades, et se roulent parterre quand l’algérie bat une autre équipe quand ils ne fracassent pas tout simplement les biens publics.
    Des amis algériens m’ont dit à quel point ils étaient peinés de voir une telle schizophrénie..

  • permalien Z. :
    23 février 2010 @22h18   « »

    carnavon :
    23 février @22h09 (...)

    Mumm... Voudriez-vous dire que vous apprécieriez les Maghrébins, à partir du moment où ils sont "chez eux" aux Maghreb, mais précisément pas "chez vous" en Europe ?

  • permalien Lou :
    23 février 2010 @23h24   « »
    Quand l’Algérie s’enflamme pour le ballon rond et le cinéma

    “Harragas” : de la décolonisation à la mondialisation
    Date février 21, 2010

    Il faut avoir le talent d’un Dilem (évoqué dans ce billet) pour résumer, en un dessin de presse, un demi-siècle d’histoire. Novembre 1954 : le FLN lance son premier appel au peuple algérien, point de départ d’une lutte qui prendra fin avec l’indépendance de juillet 62. Près d’un demi-siècle plus tard, la jeunesse algérienne – 1/3 des 35 millions d’Algériens a moins de 15 ans – “brûle” ses papiers (en arabe : ﺣﺮﺍﻗـة, haraga) avant de risquer sa vie, armée de ses seules rames, sur les “barques de la mort” pour tenter de gagner l’Eldorado européen.

    Plus que jamais, l’Algérie vit en effet à l’heure des harragas, ces milliers de jeunes qui désespèrent de leur pays et partent tenter leur chance dans un ailleurs qu’ils imaginent meilleur.

    (...) La question peut se poser au regard du soutien accordé par le ministère de la Culture algérien à Harragas, le dernier film de Merzak Allouache (مرزاق علوش) récemment présenté au “Sierra Maestra”, une des rares salles de cinéma dignes de ce nom (depuis sa récente restauration) à Alger, dans une ville qui en comptait près de 60 au début des années 1960.

  • permalien louiza kabylie :
    24 février 2010 @23h22   « »

    Azul moi c’est louiza de béjaia kabylie bon malguerie tous moi je suis toujours fiere de l’algérie .et en plus l’algérie elle as tous puis l’équipe des Fénecs vient à bout du Brésil, en finale almouhim vive l’algérie et vive la jsk

  • permalien
    25 février 2010 @09h51   « »

    @ Carnavon

    Je suis pas algérien..Ni maghrébin...

    Si je siffle la marseillaise....
    C’est parceque l’équipe de France est NULLE !!!!

  • permalien
    25 février 2010 @10h53   « »
    ou vas l’Algerie ?

    ou vas l’Algérie.... corruption verticale et horizontale..

  • permalien jalouxdelalgerie :
    25 février 2010 @11h26   « »

    Football ;"opium des peuples" du 3è millenaire.
    Inéspéré par le pouvoir Algérien,cet évènement sportif est tombé du ciel au trés bon moment pour faire prolonger la sieste au peuple.Au moment où la situation politico-socio-économique est des plus catastrophique,et où le mécontentement commençait vraiment à se manfester.Décidèment ce pouvoir là arrive toujours à s’en sortir.
    L’Algérie ne mérite pas ça !!!

  • permalien Z. :
    25 février 2010 @17h11   « »

    Anonyme :
    25 février @09h51
    (...) Je suis pas algérien..Ni maghrébin...
    Si je siffle la marseillaise....
    C’est parce que l’équipe de France est NULLE !!!!

    Ca semble assez logique en effet !  ;-)


     !!! Allez les Fennecs !!!

  • permalien Alex :
    25 février 2010 @17h17   « »

    Oui, c’est très logique de payer un billet pour pouvoir vomir sa haine d’une équipe de football, c’est même faire preuve d’une très grande intelligence.

    Par contre, niveau gestion financière, c’est pas trop ça.

    Et si des français non issus de la diversité, comme vous dites si bien en France, sifflaient l’équipe d’Algérie ? Nul doute que les cris de SOS Racisme s’entendraient jusqu’à Lille...

  • permalien Z. :
    25 février 2010 @18h05   « »

    Alex :
    25 février @17h17 (...)

    Pourquoi sa "haine" ??? On peut être supporter sans être hooligan, son insatisfaction tout simplement !  ;-)

  • permalien
    25 février 2010 @22h13   « »

    franchement, je suis sideré devant autant de contre-vérités et de mauvaise fois ; notamment quand ca vient d’un journal qui se prétend etre serieux......mon cher monsieur, n’importe qu’elle personne ayant une connaissance minime de l’Algérie ou des Algériens sait parfaitement que l’engouement du pays pour sa séléction n’est ni recent ni imprévisible,,,,,,,par contre l’EN joue a Blida n’ont pas parce que les autorités ont peur des debordements eventuels, mais parceque le stade du 5 juillet est en travaux,,,,,,permettez moi de vous dire que vous mentez et qu’en plus vous le faites sciemment et pour cause vous accusez les algériens d’accès de fierté nationale et d’actes regrettables contre des biens appartenant à des sociétés égyptiennes, non monsieur, les actes regrettables dont vous parlez ont eu lieu après aue l’equipe algérienne fut attaquée au Caire et que les autorités egypteinnes -excusez du ridicule- aient accusé les joueurs d’avoir organiser un mise en scene !!!!! aussi, je me demande comment on peut nous accuser d’acces de fierté nationale devant un pays ou on passe des appels au meurtre contre les algeriens a la television publique et ou on traite le peuple algérien de fils de putes (j’ai les videos si ca vous interesse)

    ca me fait de la peine de le dire, mais je me sens trahi par le diplo, mon journal preferé, et la je me pose des questions sur sa crédibilité, si cette article est completement faussé, qu’en est il des autres articles !

    ma decision est desormais prise, je boycotte ce journal, et j’ecrirais aux plus hautes autorités pour interdir sa vente en Algérie

  • permalien
    26 février 2010 @10h37   « »

    Au type du dessus.......

    Ohhh l’autre....Boycotter le diplo à cause d’un article sur l’équipe de foot.......Pfffffffffff

    Bon ça va c’est du foot quoi, pas plus....

    Moi je siffle la marseillaise parceque c’est MON equipe nationale à MOI, et que quand je suis pas content et ben je le dis ! Nah...
    Et je précise, je suis ni arabe, ni CORSE...LOL...

    Pour autant je réclame pas la peine de mort contre Domenech...

    Bon là ou je rejoint l’article c’est que c’est vrai que le foot peut servir à détourner l’attention d’évènements beaucoup plus importants.....Et puis y’a trop de fric, le transfert de Gronaldo au réal pour 90Millions d’€, ça me fout un peu la gerbe......

    Théoriquement le foot c’est juste un prétexte pour se retrouver entre amis, et même entre rivaux, pour déconner un peu....Merde quoi on est pas QUE des hommo-politicus....On peut aussi parler foot, bière, voitures et jolies filles non ??

    D’ailleurs le vrai problème, c’est justement quand l’HOmo-politicus ramène sa fraise, et nous gonfle parcequ’on siffle son petit hymne national à la c#n......Ou quand on vient greffer un patriotisme d’opérette sur les enjeux sportifs...

    De toute façon, chers français, vous billez pas ....
    NOtre équipe de foot est NULLE....Et ça c’est bon pour le climat social....LLOLL...

  • permalien Mahieddine :
    26 février 2010 @20h34   « »

    A l’avant-dernier qui a promis "d’écrire aux plus hautes autorités (sic) pour faire interdire le diplo", je dirai que les plus hautes autorités ne se gênent pas pour le saisir quand cela les arrange. Et puis soyez zen, ce n’est qu’un article de presse. Je suis algérien, vivant en Algérie et j’approuve totalement le contenu du papier de Monsieur Séréni.

  • permalien jafaar :
    3 mars 2010 @12h14   « »

    Monsieur Mahieddine, si pour vous ce n’est qu’un article de presse, pour moi la presse est le 4ème pouvoir, c’est la presse qui fait et défait les opinions publiques de part le monde, les exemples ne manquent pas. Ceci dit, cette these du "football opium des peuples" j’en ris à la renverse,,nous avons vecu des decennies sans avoir le moindre succès pour nous droguer, que s’est il passé alors : RIEN tout simplement rien, pas d’avancées sur le plans des libertés, pas de démocratisation de la vie politique, pas de societé qui evolue. le pouvoir a d’autres moyens autrement plus efficaces qu’une ephemere victoire footballistique pour maintenir son emprise.....alors de grace, ne souillez pas ce qu’il y a de beau dans notre algérie,,,et au mois essayez de gardez votre esprit professionnel.
    P. S : le diplo n’a jamais ete interdit en Algérie, d’ailleurs c’est une pratique qui a tendance à se rarifier de plus en plus du moment que de nos jour les moyens de communications depassent aisement toute censure.

  • permalien jj :
    8 janvier 2011 @18h31   « »
    Quand l’Algérie s’enflamme face à l’autisme des pouvoirs publics

    Près d’une semaine après le début des émeutes, les autorités continuent à se retrancher dans un profond mutisme.
    Zine Cherfaoui

    A l’exception de l’intervention, jeudi, devant les caméras de la télévision et les micros de la Radio nationale, du ministre du Commerce, Mustapha Benbada, qui est revenu sur les « raisons » de la flambée des prix de certains produits de large consommation, comme le sucre et l’huile, et qui, par ailleurs, a promis « un retour à la normale à partir de la semaine prochaine », aucun responsable important de l’Etat n’a encore daigné s’adresser à la population pour la rassurer.

    Au moment où les rumeurs évoquant un embrasement général se sont répandues comme une traînée de poudre et où, à Alger, les manifestations se sont étendues jeudi soir à la station balnéaire de Staouéli où résident les principaux décideurs politiques du pays et aux nouveaux quartiers résidentiels de Draria et de Chéraga, il était pour ainsi dire impossible, hier, de recueillir un avis officiel sur la situation quasi insurrectionnelle qui prévalait dans plusieurs villes du pays. Les services de sécurité ont été très peu communicatifs concernant l’étendue et le bilan de ces émeutes que l’on explique par la cherté de la vie et qui ont pour point de départ Fouka, une petite localité de Tipasa. <...> un officier de police a indiqué sous le couvert de l’anonymat que « cette explosion sociale était prévisible depuis longtemps eu égard à la misère, aux inégalités sociales et à la chute drastique du pouvoir d’achat ». « Tout cela figure dans les rapports que nous envoyons régulièrement à nos chefs », a-t-il poursuivi.

    Lire la suite <°°°>

    L’ire de la population est attisée par les scandales de corruption en série qui ont éclaboussé ces derniers mois le sommet de l’Etat et l’incapacité du pouvoir à répondre aux besoins de la population, alors que le pays enregistre, grâce à l’exportation des hydrocarbures, des rentrées d’argent record. Comme attendu, le département dirigé par Mustapha Benbada a annoncé, dans le courant de l’après-midi d’hier, la tenue aujourd’hui d’un Conseil interministériel « pour examiner les moyens de juguler la forte hausse des prix de certains produits de large consommation enregistrée ces derniers jours ». Une hausse à l’origine des émeutes. Cependant, il est peu probable que cette annonce soit suffisante pour calmer les émeutiers et une population auprès de laquelle le pouvoir « corrompu » a perdu toute crédibilité.

  • permalien jj :
    9 janvier 2011 @10h55   « »

    Un contre-pouvoir pour endiguer la violence [?]
    Abdelkrim Ghezali

    Le processus démocratique a été interrompu en 1992 (1) dans le sillage de l’annulation des élections législatives dont les conséquences tragiques ont laissé des séquelles profondes dans le corps social. Si le terrorisme agonise, et si la réconciliation nationale a pansé certaines plaies et rétabli l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire, n’est-il pas temps de dépasser le multipartisme formel, le pluralisme syndical boiteux et la société civile de façade pour mettre le cap sur une nouvelle étape démocratique où tous les mécanismes de soupapes de sécurité nécessaires à toute société moderne seront mis en place à travers la reconnaissance d’une réelle représentation des différentes tendances d’opinion ? Ces opinions différentes et divergentes qui traversent la société ont besoin de
    s’exprimer de façon structurée et d’occuper les scènes politique et médiatique afin d’instaurer une réelle tradition de débat porteur. La confrontation d’idées doit occuper les espaces publics afin que les facteurs nourrissant la violence et le sentiment d’exclusion de pans entiers de la société qui ont le sentiment que leurs préoccupations, leurs rêves et ambitions ne soient pas reflétés dans les discours dominants. C’est le cas de la jeunesse algérienne qui se sent marginalisée.
    Lire la suite <°°°>

    (1) On notera par ailleurs que “les autorités” — l’armée de facto — n’ont pas pu décréter l’état d’urgence à l’occasion des émeutes toujours en cours, et pour cause, il est toujours en vigueur depuis des lustres...

    Pour ceux en outre qui ne comprendraient pas les difficultés pécuniaires rencontrées quotidiennement par les familles, il suffit de considérer le prix d’un kilogramme de viande et de le rapporter au montant du “SMIG” en Algérie, on voit tout de suite quel est le souci...

  • permalien jj :
    9 janvier 2011 @17h25   « »
    Quand l’Algérie s’enflamme...

    Il n’y a pas qu’en Tunisie que la presse est réprimée :

    Arrestation d’un journaliste d’El Watan à Staouéli (*)
    09/01/2011

    Ce dimanche à 16 h, le journaliste Mustapha Benfodil d’El Watan a été interpellé par les forces de l’ordre en compagnie de plusieurs membres et des sympathisants du Comité citoyen intercommunal de Aïn Benian-Staouéli lors d’un rassemblement pacifique sur le place des Dauphins à Staouéli, alors qu’il couvrait l’événement.

    (*) Commune à l’Est d’Alger

  • permalien jj :
    9 janvier 2011 @17h26   « »

    Erratum :

    "à l’Ouest d’Alger"

  • permalien jj :
    10 janvier 2011 @16h22   « »

    Alger _ : Affrontements violents lundi matin à Bachdjerrah

    De violents affrontements ont éclaté lundi matin à partir de 9 H à Bachdjerrah entre des jeunes vendeurs à la sauvette et les forces de sécurité. Selon des sources locales, un policier aurait été poignardé au cours de ces échauffourées qui ont replongé dans le désarroi cette commune populaire fortement touchée par les émeutes déclenchées mercredi dernier.

    Tout a commencé, selon les dires des jeunes émeutiers, lorsque des policiers ont exigé, d’une manière irrespectueuse, le départ immédiat des jeunes vendeurs à la sauveur de la rue principale de Bachdjerrah qu’ils ont squattée une nouvelle fois pour y écouler leurs marchandises.

    "Ils ont lynché un jeune vendeur dont le seul tort est de venir en aide à sa pauvre famille en vendant quelques articles dans la rue. Ils nous disent que le commerce informel est interdit. Mais y a-t-il du boulot dans ce pays pour qu’on puisse travailler sans crever de faim ?", tancent les jeunes de Bachdjerrah qui ont fini par revenir à l’émeute pour faire éclater leur colère.

    Il s’en est suivi des lors de violentes confrontations avec la police. Le projectiles et les pierres se sont abattus brutalement sur les policiers. La rue principale de Bachdjerrah a été ensuite coupée à la circulation à l’aide des pneus brûlés. Furieux, des centaines de jeunes ont promis, une nouvelle fois, de faire la guerre à ce qu’ils considèrent comme une "hogra".

    En effet, remontés contre la mal-vie et le chômage qui créent la misère à Bachdjerrah, ces jeunes ne veulent plus subir les comportements indélicats et les provocations de la police. Et les policiers semblent de plus en plus dépassés par l’ampleur de cette colère de la jeunesse qui dégénère à chaque fois en violentes émeutes.

  • permalien jj :
    11 janvier 2011 @12h03   « »

    Rien ne va plus !
    Adlène Meddi

    1984. Emeute « du pain » à La Casbah, le cœur d’Alger. Quatre ans plus tard, Octobre1988. Hiver 2011, émeutes dans plusieurs régions du pays.

    L’année dernière, Liberté a comptabilisé 112 878 « interventions de maintien de l’ordre », soit presque 9000 émeutes et troubles… par mois ! Mais personne, au sommet de l’Etat, n’a cru bon de réagir, de prévenir par une meilleure gouvernance. Dans la rue, hier à Bab El Oued, les Algérois répétaient la même litanie face aux débris des violences de la nuit de mercredi : « 50% d’augmentation pour les policiers ! Et nous ? » La rupture est là. La cohésion sociale a volé en éclats, à un moment où le combat contre le terrorisme requiert une union entre citoyens et Etat. Ce n’est plus le cas depuis les premières émeutes de 2000.

    Car, de ce qu’il va en rester, de ce tsunami de colère, c’est bien cela. Une balafre dans le corps social. Une profonde méfiance face à un gouvernement incapable de trouver les mots. Maintenant, si certains parlent de « manipulations », tout comme le président Bouteflika considérait qu’en Octobre 1988 « le peuple a été sorti » (par qui ? Et quelles poursuites contre les responsables de plus de 500 morts ?), il faudrait abattre les cartes, décliner franchement les identités des « manipulateurs », quels qu’ils soient et quelle que soit leur responsabilité. Sinon, restons sur la première thèse, celle d’une colère profonde qui explose face aux provocations, celle de gens, comme nous tous, qui n’ont pas besoin d’obscurs barbouzes pour comprendre que rien ne va plus.

  • permalien
    11 janvier 2011 @14h09   « »

    11 janvier 2011 : un anniversaire du coup d’État au parfum d’émeutes généralisées.

    Les jeunes des quartiers les plus défavorisés ont fêté à leur manière – peut être sans même le savoir – le dix-neuvième anniversaire du coup d’État du 11 janvier 1992, exposant au monde entier la réalité d’un pays qui vit une dérive sans fin. Il est frappant de constater que la majorité de ces jeunes désespérés et sans perspectives sont nés après cette date et n’ont connu que l’atroce réalité du régime issu de l’interruption du processus démocratique. Les émeutes récurrentes qui secouent le pays depuis une dizaine d’années ont pris le relais d’une période sanglante qui a vu la mort de 200 000 Algériens, des milliers de disparus et des destructions innombrables. Les émeutes succèdent aux émeutes et les jeunes de ce pays ne rêvent que de le fuir, souvent au péril de leurs vies.

    article paru in Algéria-watch.
    @jj,
    Abdelkrim Ghezali, dont vous citez l’article est un , parmi "les élites démocrates" qui ont appelé au coup d’Etat...Un de ceux qui ont vendu leur âme au diable, et qui aujourd’hui ne comprennent plus rien à leur peuple.

  • permalien jj :
    11 janvier 2011 @14h33   « »

    11 janvier @14h09
    11 janvier 2011 : un anniversaire du coup d’État au parfum d’émeutes généralisées.<...>
    @jj,
    Abdelkrim Ghezali, dont vous citez l’article est un , parmi "les élites démocrates" qui ont appelé au coup d’Etat...Un de ceux qui ont vendu leur âme au diable, et qui aujourd’hui ne comprennent plus rien à leur peuple.

    J’ai ajouté un point d’interrogation au titre de son papier, je suppose que tout le monde aura compris que cela sous-entendait que je ne souscrivais pas à ce qu’il y écrivait...

  • permalien jj :
    12 janvier 2011 @09h48   « »
    Quand l’Algérie s’enflamme...

    L’heure est à la répression !
    Mokrane Ait Ouarabi

    Les personnes arrêtées lors des dernières émeutes qui ont secoué le pays continuent d’être présentées devant les tribunaux. Pour le troisième jour successif, des dizaines de personnes sont passées devant le procureur de la République territorialement compétent. Comme l’a promis le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, les mineurs ont été remis en liberté ; pour les autres, c’est selon leurs dossiers.
    Certains ont été mis sous mandat de dépôt, d’autres sous contrôle judiciaire. Attroupement illicite, destruction de biens publics et privés, obstruction de la voie publique, vol, vol qualifié, outrage à l’agent de l’ordre public, agression à l’arme blanche, incendie volontaire, atteinte à l’ordre public… sont autant de chefs d’inculpation qui ont été retenus contre eux.
    Des chefs d’inculpation qui reviennent cycliquement quand il s’agit d’affaires liées aux émeutes. Il y a cependant des charges plus lourdes, comme « constitution de bande de malfaiteurs », retenues contre les individus impliqués dans des opérations de saccage et de pillage qui auraient été arrêtés la main dans le sac.

    Dans ce cas de figure, les accusés risquent de lourdes peines, nous explique maître Salah Hanoune. Jusqu’à hier, la procédure judiciaire suivait son cours, dans le calme. Au tribunal de Chéraga, à l’ouest d’Alger, des dizaines de jeunes sont passés devant le procureur de la République. Certains ont été mis sous mandat de dépôt pour, notamment, « vol qualifié » et « destruction de bien d’autrui ».
    <...> il y a les personnes mises sous mandat de dépôt dont la procédure risque de durer des semaines. « Le juge d’instruction vient d’être désigné et peut demander des enquêtes complémentaires. Normalement, ils devraient être jugés dans un mois et demi, mais rien n’est encore sûr », souligne une avocate qui dit avoir trois clients, deux jeunes arrêtés à El Qaria, dans la commune de Zéralda. Comme à Chéraga, un calme plat régnait hier après-midi au tribunal Abane Ramdane où quelques jeunes ont été déférés devant le procureur. Hormis quelques avocats munis de leurs dossiers, le tribunal était quasi vide. Même constat au tribunal de Bir Mourad Raïs et à celui de Hussein Dey. Sur place, ni famille des prévenus ni mobilisation citoyenne pour leur libération.

    A Alger comme ailleurs, les familles des accusés attendent, impuissantes, le jugement et le verdict des tribunaux. <...> En tout cas, la machine judiciaire est bel et bien mise en branle. Et au nom de la justice, certains prévenus risquent de se faire broyer…

  • permalien jj :
    13 janvier 2011 @02h09   « »

    Alliot-Marie veut “pacifier” l’Afrique du Nord
    Mustapha Hammouche

    C’est une étrange proposition que celle publiquement faite par la ministre française des Affaires étrangères aux autorités algériennes et tunisiennes. “Le savoir-faire, reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité, permet de régler des situations sécuritaires de ce type”.

    Alliot-Marie explique le soulèvement par “énormément d’attentes de la part des jeunes, particulièrement de jeunes formés, de pouvoir accéder au marché du travail”, et nous assure que “le président Nicolas Sarkozy entend, dans le cadre du G8 et du G20, répondre aux préoccupations et aux besoins qui sont ceux de la Tunisie et de l’Algérie en la matière”. On voit mal comment il compte s’y prendre pour créer des emplois au Maghreb, quand on voit le nombre de jeunes Français qu’il n’arrive déjà pas à occuper. En attendant, apprécions l’intention, mais considérons aussi le projet de transfert du “savoir-faire” destiné à régler les “situations sécuritaires”, puisque c’est ainsi que MAM résume les mouvements de revendication politico-sociale qui s’expriment, actuellement, chez nous et chez nos voisins.
    Sous quelle forme allons-nous bénéficier du savoir-faire “reconnu dans le monde entier des forces de sécurité” françaises, comme le précise Alliot-Marie ? S’agit-il de transporter des bataillons de CRS vers Tunis et Alger ? Ou bien s’agit-il, pour la police française, de refiler à ses homologues de cette rive-ci les secrets de ses méthodes ?
    Outre que la proposition pose un problème de considération de la souveraineté des États qu’elle veut défendre contre sa population, Alliot-Marie n’a apparemment pas peur de réveiller des souvenirs des peuples, historiquement victimes du “savoir-faire” policier de la France. Ces souvenirs sont faits, en ce qui concerne l’Algérie, du 11 Décembre 1960 à Alger, au quartier Belcourt, et du 17 Octobre 1961 à Paris, par exemple. Avec un tel crédit, suggérer la sous-traitance du maintien de l’ordre pour le compte des régimes de ses anciennes colonies reviendrait à vouloir organiser un jubilé de ratonnades de triste mémoire.

  • permalien jj :
    13 janvier 2011 @02h11   « »

    La déclaration de la responsable de la diplomatie française, faite devant les parlementaires français, n’est pas à confondre avec une offre de compétence ou de moyens discrètement de gouvernement à gouvernement qui se soutiennent. On peut comprendre que les modes d’expression des jeunes Algériens et Tunisiens ne conviennent pas à l’idée qu’elle se fait de la manière dont on doit traiter des régimes “amis” ; mais l’image de la France, déjà suffisamment ternie par son silence complice habituel devant les massacres récurrents au Maghreb, n’est pas bonifiée par une offre qui constitue un affront aux souffrances, aux sacrifices et sévices que subissent en général les Maghrébins qui luttent pour leurs droits.
    Ainsi, après la métropole voudrait soutenir l’effort de “pacification” et mater cette nouvelle révolte d’indigènes en Afrique du Nord ! Sans être de ceux qui voient partout la résurgence du fantasme colonial, on ne peut que trouver dans le fait de réduire une crise sociopolitique complexe, même si elle est marquée par des “casses”, à une situation sécuritaire, l’expression d’une représentation colonialiste de l’ordre public.

  • permalien
    14 janvier 2011 @08h04   « »

    Un papier intéressant de Chawki Amari sur le site El Watan tentant de décrypter les origines possibles des émeutes qui ont éclaté en Algérie ces derniers temps :

    Décryptage. De l’origine des émeutes

    Tout le monde en parle et chacun se pose la question : la simultanéité et la violence des émeutes sur tout le territoire national sont-elles le fruit d’un ras-le-bol national et contagieux ou de l’allumage de foyers, au même moment, dans différentes régions ?

    Comme pour octobre 1988, la problématique de l’origine, émeutes spontanées ou manipulation, a trouvé un large écho dans la société, de même qu’au sein du régime, qui se confond en explications contradictoires. En tout état de cause, les conditions de l’émeute étaient bien là, malaise social, nouvelle année sans horizons, pouvoir d’achat en baisse, harga, destructions de constructions illicites et problématique du logement, abus policiers, corruption et chômage, autisme gouvernemental et absence d’ouverture politique et médiatique. Les Algériens peuvent-ils déclarer une émeute sans personne derrière ?

    Il semble que oui, les services de la gendarmerie ont officiellement dénombré pour l’année précédente 11 500 émeutes, manifestations publiques et autres rassemblements à travers le territoire national. Ce qui en dit long sur les capacités de la jeunesse à protester. Restent ces émeutes de ce janvier 2011, où plusieurs jeunes des quartiers ont dénoncé l’apparition de groupes indéterminés venus casser et saccager, et dans certaines localités, on a affirmé que des gens ont été payés pour « agresser » la population. Ce qui montrerait qu’il s’agit d’une véritable révolte qu’il fallait absolument faire déraper et passer pour un violent « chahut de gamins », ce qu’ont d’ailleurs fait l’ENTV et les médias officiels en ne montrant que des dégâts matériels, sur des biens publics et privés.

    Lire la suite <°°°>

  • permalien
    15 janvier 2011 @16h22   « »

    Un petit rassemblement s’est tenu en début d’après midi à Alger sur la "Place de la Liberté de la Presse" pour soutenir le mouvement de protestation qui a fait tomber le régime de Ben Ali en Tunisie.

    Le pouvoir algérien ne semble pas tirer de leçons de ce qui vient de se passer en Tunisie, il a interdit une manifestation de protestation prévue pour mardi à Alger et qui devrait malgré tout se tenir. Affaire à suivre...

  • permalien
    17 janvier 2011 @12h00   «
    Quand l’Algérie s’enflammera-t-elle ?

    Alger sous haute suveillance
    Nadjia Bouaricha

    Lorsque la rue gronde, les pouvoirs tremblent. La révolution tunisienne, qui a fini par faire fuir le premier bourreau de Carthage, fait craindre aux voisins un effet de contagion. Les rues d’Alger sont quadrillées depuis vendredi dernier par un important dispositif sécuritaire. La crainte de voir la rue algérienne, qui semble envier la révolte tunisienne, se « rebeller », a fait sortir un nombre important de camions de casques bleus.

    Les dizaines de ces derniers sont postés en différents lieux sensibles de la capitale. Sur la place du 1er Mai, plus précisément devant le siège de la centrale syndicale, un nombre important de camions des brigades antiémeute attendent un éventuel mouvement de rue. Aux Trois-Horloges, à Bab El Oued, et non loin du commissariat du 5e arrondissement, le même dispositif a été mis en place avec, en tête de peloton, le fameux blindé antiémeute appelé « moustache ». Devant le siège de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la même exhibition de force est constatée. Le palais d’El Mouradia, siège de la présidence de la République, demeure sous l’œil vigilant d’un ensemble de véhicules policiers dirigés par des officiers.

    Lire la suite <°°°>

Ajouter un commentaire