Le Monde diplomatique
Accueil du site > Information 2.0 > « Le Jeu de la mort » ou la télé en zone extrême

« Le Jeu de la mort » ou la télé en zone extrême

samedi 13 mars 2010, par Marie Bénilde

Le 17 mars, France 2 diffuse un documentaire de télé réalité, « Le Jeu de la mort », où 81% des candidats à un jeu télévisé ont actionné des manettes susceptibles d’administrer des chocs électriques mortels à une victime consentante. Il s’agit bien entendu d’une mise en scène voulant démontrer l’étendue du pouvoir du petit écran. Mais en cherchant à expliquer « jusqu’où va la télé », la chaîne nous renseigne surtout sur les limites d’une expérience.

Le 17 mars, à 20h30, la télévision française se livrera à une expérience sur d’authentiques cobayes humains qu’elle va transformer, le temps d’un jeu télévisé, en des tortionnaires en puissance. C’est tout le paradoxe du documentaire de Christophe Nick, intitulé « Le Jeu de la mort », qui sera diffusé ce jour-là sur France 2. Réitérant l’expérience de Stanley Milgram, menée au début des années 1960 dans un laboratoire de l’université de Yale, le documentariste s’est appuyé sur une équipe de chercheurs dirigée par la professeur de psychologie sociale Jean-Léon Beauvois pour vérifier si la télévision était bien en mesure de fabriquer de la soumission à l’autorité, comme dans la célèbre expérience reprise dans le film I Comme Icare, d’Henri Verneuil.

La transposition à l’écran d’une expérience

Contrairement à la BBC, qui a reproduit les conditions de l’expérience en laboratoire, en mai 2009, Christophe Nick ne s’embarrasse pas de blouses blanches. Son sujet n’est pas l’obéissance à une autorité scientifique, mais l’emprise de la téléréalité comme système de domination des consciences. Il a donc réuni quatre-vingt personnes parmi des candidats à un « pilote » d’un nouveau jeu télévisé devant être diffusé sur France Télévisions. Après un entretien avec le supposé producteur de l’émission, les candidats acceptent de participer à ce programme de divertissement, intitulé « La Zone Xtrème », où il devront administrer des « chocs électriques » à leur partenaire en cas de mauvaise réponse dans la restitution d’une liste de mots. Puis, le candidat se retrouve sur le plateau de « La Zone Xtrème », dans les studios habituels de ce genre d’émissions, à la Plaine Saint-Denis, et fait face une double pression : celle d’une authentique animatrice de France 2, Tania Young, et celle d’un public gonflé à bloc par un chauffeur de salles. Lumières crues, musique d’ambiance, gros plans... Pas de doute, tous les codes des jeux télévisés sont bien là. La mise en scène est d’ailleurs signée du réalisateur de « Fort Boyard » (France 2), Gilles Amado.

L’expérience de Milgram, qui a été rééditée une bonne vingtaine de fois en cinquante ans, ne trouve pas dans sa transposition télévisuelle des facteurs d’atténuation de la soumission. Bien au contraire. La présence d’un public décuple la tension qui pèse sur les individus et les incite à aller toujours plus loin dans la punition : 81% des candidats « questionneurs » vont ainsi jusqu’à la phase finale de l’expérience qui consiste à envoyer une décharge de 460 volts à la victime « questionnée » et supposée assise sur une chaise reliée à des bornes électriques (en réalité un acteur dont le questionneur et le public n’entendent que les réactions simulées : protestations, refus, révolte, souffrance et enfin silence). De son côté, l’animatrice revêt les habits de l’autorité légitime en répétant des injonctions déresponsabilisant le candidat, conformément au protocole de Milgram (« Ne vous laissez pas impressionner », « Nous assumons toutes les conséquences »...). Seule différence : l’appel au public qui intervient en dernier ressort pour achever de convaincre le participant de poursuivre le jeu (« Qu’en pense le public ? » Réponse : « châtiment », « châtiment »...).

Dans l’expérience de Stanley Milgram, seuls 62% des participants avaient été jusqu’à infliger des décharges supposées mortelles à l’individu soumis à la « question ». Avec « Le Jeu de la mort », non seulement cette proportion est encore plus importante (81%), mais la « désobéissance » y est toute relative : personne n’a refusé d’actionner la manette du « châtiment », sachant que neuf personnes ont arrêté l’expérience entre 100 et 220 volts et que sept ont attendu entre 320 et 420 volts. Auteur d’un documentaire sur la Résistance, Christophe Nick érige néanmoins en modèles les (trop rares) auteurs de ces actes d’insoumission. La référence au nazisme ainsi qu’au totalitarisme communiste est d’ailleurs évoquée par une des participantes (Milgram lui-même cherchait, à travers son expérience menée après le procès Eichmann, à comprendre les mécanismes psychologiques de soumission au nazisme).

La pulsion de mort

Si l’on suit le cheminement de Christophe Nick, il s’agit donc de montrer que la télé réalité peut conduire au pire, autrement dit à la mise à mort d’autrui. Partant de faits réels relevés sur les écrans du monde entier comme des accidents filmés, une séquence de roulette russe ou l’assassinat d’une femme par son ancien conjoint après une émission de télé-intimité espagnole, le documentariste entend démontrer que la transgression ultime se profile quand les télévisions en arrivent à faire sauter le tabou de la mort. Des images viennent en appui de la thèse d’une dérive toujours plus affirmée vers la satisfaction des plus bas instincts, comme la pulsion de mort. Après Eros et ses traductions pornographiques en « Loft Story », « Big Brother » ou « L’Ile de la Tentation », s’annonce Thanatos avec « Fear Factor » ou « Scarred » sur MTV, « The Shotgun accident », la dissection de cadavres etc. Après le déballage intime, l’humiliation des moins forts, l’élimination du maillon faible ou la promotion de l’adultère, la mise en scène de la mort achèverait un cycle d’insensibilisation progressive à nos valeurs profondes de civilisation éclairée. Et assurerait donc, en creux, l’avènement d’un monde barbare où tout est bon pour s’enrichir et avoir son quart d’heure de notoriété.

Mais ce noble objectif - qui est également servi par le documentaire du même Christophe Nick, Le Temps de cerveau disponible, diffusé le 18 mars - a t-il pour autant besoin de reconstituer l’expérience de Milgram à travers une adaptation sous le forme d’un jeu télévisé ? L’intérêt est sans doute de reprendre les armes de la télé réalité pour les retourner contre elle dans un documentaire coup de poing... Mais, malgré la construction de tout un appareil de légitimation scientifique, Nick ne saurait s’épargner un questionnement éthique qui rend problématique son expérimentation.

Les limites de l’expérience télévisuelle

1 - D’abord, Christophe Nick n’ignore pas que l’Association américaine de psychologie, qui réunit les chercheurs en psychologie sociale outre-Atlantique, recommande ne plus se livrer à une telle mise en scène en raison de « l’état de tension qu’elle provoque chez les sujets testés ».

« L’American Psychologist Association a donc décidé de ne plus cautionner d’éventuelles reprises et a demandé à la communauté mondiale des chercheurs de ne plus reproduire l’expérience », écrit-il lui-même dans le livre qu’il a cosigné avec Michel Eltchaninoff [1].

Les candidats sont en effet soumis à un stress qui est la résultante d’une violence psychologique exercée à leur encontre. Le documentariste ne peut se contenter d’évincer la question en s’appuyant sur les théories mécanistes de Jean-Léon Beauvois et en mettant en avant la tradition libérale de la responsabilité individuelle propre à l’école américaine.

2 - Le jeu télévisé « La Zone Xtrême » produit du conditionnement qui est moins le produit de la télévision que le résultat d’une mise en scène qui conjugue pression collective, déresponsabilisation et injonctions répétées.

Ou comme le dit Ignacio Ramonet, auteur de Propagandes silencieuses : masses, télévisions, cinéma (Gallimard, 2003) et ancien directeur du Diplo :

« Ce n’est pas tant la télévision en elle-même qui constitue un instrument de soumission que le dispositif qui l’entoure. Il s’agit d’un système (...). Je crois qu’au fond c’est le dispositif de la scène qui produit cet effet de soumission [2]. »

3 - N’y a-t-il pas ensuite contradiction à dénoncer une spirale infernale qui amène la télé réalité à flatter les plus bas instincts humains et, dans le même temps, s’assurer une audience en convoquant le voyeurisme du téléspectateur ? Un tel travers eut été facilement évitable en floutant les visages des candidats « questionneurs ». Cela n’aurait rien enlevé à l’expérience même si, c’est vrai, le spectacle en eut été un peu altéré. Mais le producteur et la chaîne s’y sont refusés.

4 - A moins de considérer que la fin justifie toujours les moyens, et d’être ainsi peu éloigné de la pensée totalitaire, on ne peut aussi passer sous silence les lendemains qui déchantent pour les candidats testés. Comment sera perçue dans son environnement social, familial, professionnel la « prestation » du pseudo-tortionnaire ? Quelles en seront les conséquences individuelles ? Toute l’équipe de Christophe Nick s’est employée à rassurer les cobayes en leur disant que leur comportement a été parfaitement « normal » et qu’aucun ne doit se sentir coupable car, n’est-ce pas, nous sommes tous des victimes de l’emprise télévisuelle. Du reste, n’y a-t-il pas que trois personnes qui ont refusé d’apparaître à visage découvert ? Chacun est volontaire pour aider à une prise de conscience globale... Mais on peut aussi se demander si l’émission n’abuse pas de son cautionnement universitaire ou scientifique pour obtenir une forme de soumission à un projet de diffusion grand public. Cela ne vous rappelle rien ? Il n’est pas tout à fait sûr, en outre, que « Le Jeu de la mort » ne profite pas de la faiblesse d’individus qui préfèrent une petite notoriété, même négative, au néant télévisuel. Après avoir administré 460 volts, l’un d’eux demande en quittant le plateau à un membre de la production : « Est-ce que j’ai été bon ? »

5 - Enfin, « Le Jeu de la mort » se donne une apparence de représentativité statistique qui est très discutable. Les volontaires de l’émission ne viennent pas pour participer à une expérience scientifique sur la mémoire, comme chez Milgram, mais pour être associés au pilote d’un jeu télé. Autant dire que seule est représentée dans l’émission la catégorie très particulière des personnes susceptibles d’étrenner un jeu fictif, sans gain à la clé. Par ailleurs, il est hautement probable qu’un certain nombre d’individus n’ont pas cru une seconde à la supercherie organisée sous le label du service public, à travers un sorte de contrat ludique. Nick, qui a éliminé les candidats se référant à I comme Icare, précise qu’ils sont 17% à avoir déclaré qu’ils n’avaient pas cru à la réalité des chocs électriques, avant de leur asséner : « Qu’en savaient-ils ? » On peut regretter le présupposé qui consiste à voir un salaud qui cherche à se disculper plutôt qu’un contorsionniste qui cherche se jouer d’un système expérimental.

L’homme seul face à lui-même

Cela n’invalide pas, bien sûr, l’intégralité de l’expérience du « Jeu de la mort ». Si l’émission aboutit à déclencher un électrochoc salvateur dans l’esprit du public, elle aura atteint son but. Elle montre bien, de surcroît, en quoi la télévision est parfaitement adaptée à un mécanisme d’obéissance dans la mesure où elle produit de la solitude tout en fabriquant un besoin mimétique de ressembler à un public fédéré devant son écran. « La télévision vise une nouvelle manière de faire société, écrit Michel Eltchaninoff. Je suis seul, mais je participe avec intensité aux activités d’une masse humaine virtuelle [3]. » L’un des participants au jeu le reconnaît d’ailleurs à sa façon en expliquant après coup - donc après avoir administré ses 460 volts - qu’il cherchait à coller à l’image qu’il a, en tant que téléspectateur, des candidats aux jeux télés. Ce n’était pas sa relation à l’autre qui occupait alors son esprit sur le plateau, mais la projection de son moi au centre d’un univers familier à son cerveau.

Le Temps de cerveaux disponible, qui suivra le 18 mars à 22h35, avec ses interviews fulgurantes de Bernard Stiegler, vient donc en complément indispensable au « Jeu de la mort ». On peut préférer quand Christophe Nick se fait analyste et journaliste plutôt qu’expérimentateur ou apprenti blouse blanche... Même si c’est dans l’intérêt de France Télévisions qui voit sans doute là l’occasion d’affirmer sa différence avec la télé privée.

Notes

[1] L’Expérience extrême, éditions Don Quichotte, mars 2010, p. 50.

[2] Voir interview in Le Monde, supplément Télévision, 14-15 mars 2010.

[3] In Philosophie Magazine, « La Naissance de l’homme-foule », mars 2010, p. 52.

59 commentaires sur « “Le Jeu de la mort” ou la télé en zone extrême »

  • permalien
    13 mars @21h31   »
    Caméra et obéissance

    En parlant de caméra, je me suis dit que c’était peut-être le fait que le candidat-sujet était surveillé, qui faisait qu’il était si obéissant. Et « caméra », « surveillé »… ça m’a fait penser à la « vidéo-surveillance ».

    La vidéo-surveillance, ça ne serait pas un « jeu de la mort » en moins violent, en quotidien, en plus discret  ?

    Et est-ce que c’est un clin d’œil à Milgram de renommer vidéo-surveillance en « vidéo-protection »  ? La protection de qui  ? La protection de l’autorité  ? Est-ce que ça ne serait pas la même autorité que dans l’expérience de Milgram  ? Est-ce que le « vidéo-surveillé » n’est pas poussé à obéir, à cause de la vidéo-surveillance  ?

    Je ne l’avais jamais vu sous cet angle là mais, la vidéo-surveillance, c’est peut-être aussi un moyen pour rendre les gens un peu plus obéissants  ?

  • permalien YouYou :
    13 mars @23h12   « »
    « La Société de la mort » ou la conscience en zone extrême

    Je ne l’avais jamais vu sous cet angle là mais, la vidéo-surveillance, c’est peut-être aussi un moyen pour rendre les gens un peu plus obéissants  ?

    Mise en forme interrogative inutile ;)
    Ce que tu dis pourrait être exprimé objectivement ;) C’est :

    1) Logique

    2) Pour ceux à qui ne suffit pas la logique ; ça a été longuement et minutieusement étudié et démontré. C’est d’ailleurs pas tombé dans l’oreille de sourds...

  • permalien marion :
    14 mars @00h09   « »

    Les questions éthiques étant évidemment importantes, je pense néanmoins qu’il faut aller jusque là pour que la population se rende compte du niveau de manipulation qu’a atteint la télévision, de la destruction des consciences qu’elle opère chaque jour et dont il faut s’insurger maintenant pour ne pas que les générations suivantes banalisent le barbarisme, sous couvert d’une norme dictée par un système qui leur aura totalement échappé.
    Une société comme la notre, qui n’a de coupable que nous même, pauvres animaux dictés par nos pulsions et nos affects dans un besoin toujours plus grand de survivre et donc de se plier socialement à des règles que nous n’avons plus la force d’analyser, ne peut perdurer.
    Je suis étudiante en psychologie sociale et je m’insurge contre facebook, qui sous couvert d’une mondialisation de la communication, ne nous plongera que dans l’asservissement social et nous obligera à être dans une représentation quantitative de nous même plutôt que dans une existence qualitative.
    Nous rend-on nous compte, des effets psychologiquement négatifs que la technique amène avec elle ?
    Je ne veux pas baisser les bras et tomber dans le cynisme, je veux encore croire en l’Homme mais nous sommes arrivés à un tel niveau d’asservissement volontaire avec comme seul maitre mot la jouissance, que j’ai du mal à croire qu’on se lève un jour et que l’on marche, enfin, sur nos deux jambes...

  • permalien Patrick :
    14 mars @02h56   « »

    Marion : casse ta télé et marche ;-)

  • permalien Naftul :
    14 mars @08h05   « »

    Peu de gens connaissent l’expérience de Rosenthal d’ou dérive l’expression "d’effet Pygmalion" : possédant qulelques accents bourdivien, ceci explique peut-être cela :-)

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_...

    Après avoir constitué deux échantillons de rats totalement au hasard, il informe un groupe de six étudiants que le groupe n° 1 comprend 6 rats sélectionnés d’une manière extrêmement sévère. On doit donc s’attendre à des résultats exceptionnels de la part de ces animaux.

    Il signale ensuite à six autres étudiants que le groupe des 6 rats n° 2 n’a rien d’exceptionnel et que, pour des causes génétiques, il est fort probable que ces rats auront du mal à trouver leur chemin dans le labyrinthe. Les résultats confirment très largement les prédictions fantaisistes effectuées par Rosenthal : certains rats du groupe n° 2 ne quittent même pas la ligne de départ.

    Après analyse, il s’avère que les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient particulièrement intelligents, leur ont manifesté de la sympathie, de la chaleur, de l’amitié ; inversement, les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient stupides ne les ont pas entourés d’autant d’affection.

    L’expérience est ensuite retentée avec des enfants, à Oak School, aux États-Unis, par Rosenthal et Jacobson, mais en jouant uniquement sur les attentes favorables des maîtres.

  • permalien nikko :
    14 mars @12h08   « »

    "Je ne l’avais jamais vu sous cet angle là mais, la vidéo-surveillance, c’est peut-être aussi un moyen pour rendre les gens un peu plus obéissants  ? "

    Oui, c’est sur : la vidéo-surveillance conduit tout naturellement à l’auto-surveillance...Le niveau d’implémentation sera partiellement inconscient : on finira par intérioriser la présence des caméras, et modifier notre comportement de façon à en expurger tout déviance. On double le surmoi, au sens psychanalytique du terme, qui habituellement est là pour "réprimer" , et "condamner" nos comportements déviants en nous rappelant la "loi", par un "surmoi" matériel, le petit oeil de la caméra qui est toujours sur nous...
    Ce qui est marrant, si on poursuit le raisonnement un peu plus loin encore, c’est que le système de vidéo-surveillance n’est pas sans rappeler l’oeil tout puissant de Dieu, auquel les croyants ne pouvaient se soustraire, et que les prêtres- et à travers eux le pouvoir- utilisaient à des fins de contrôle social. Nous n’avons plus dieu...heureusement la technique est là !

  • permalien L’auteur du commentaire du 13 mars à 21h31 :
    14 mars @12h37   « »

    YouYou & nikko : Ce que je voulais dire, avec « cet angle-là », c’est la déresponsabilisation à travers la caméra.

    Parce que ce n’est quand même pas évident. Ça relève d’une construction : considérer que l’autorité (celle de l’expérience de Milgram) exerce son pouvoir à distance, à travers la caméra. Et aussi, que l’autorité n’a pas besoin de donner d’ordres, le sujet vidéosurveillé sait ou devance les ordres.

  • permalien L’auteur du commentaire du 13 mars à 21h31 :
    14 mars @14h24   « »

    En continuant à y penser… avec une généralisation de la vidéosurveillance (ou « vidéo-protection ») je crains aussi un effet Kitty Genovese. Surtout si le mot vidéo-protection est employé, la protection des victimes devenant l’affaire du système de « vidéo-protection ».

    J’ai peur qu’une majorité ne réagisse pas, pensant que l’autorité voit ce qui se passe par caméra. Bref, que plus personne ne prenne sa responsabilité, et que la majorité attende la réaction de « l’autorité-derrière-la-caméra ». Comme par exemple, qu’un assassinat puisse être commis, que toutes les images soient prises par vidéosurveillance, mais que personne n’ait réagi.

    Je n’ai aucune formation en psychologie, mais je me rend bien compte que la question de la responsabilité est extrêmement importante.

  • permalien Lapilazzuli :
    14 mars @14h43   « »
    « Le Jeu de la mort » ou la dangereuse fumisterie scientifique

    Outre le préjudice porté à des candidats innocents qui s’imaginent peut-être avoir été de vrais tortionnaires (ce qui suffit à détruire une vie), qui aurait pu croire ne serait-ce qu’un instant qu’un jeu de ce type, en pleine démocratie occidentale, sous couvert d’une diffusion sur une grande chaîne nationale qui fait autorité (France 2), aurait pu cautionner la torture réelle sur un participant ? Même si ils ne se sont pas vraiment posés la question, rien n’aurait pu laisser penser que les décharges étaient réelles. Surtout dans des pays comme les nôtres ou les questions morales et éthiques paralysent tous les réels progrès scientifiques : OGM, recherche sur le génome, cellules souches, vaccinations, etc. La passivité des candidats ne souligne en rien une quelconque soumission à la pulsion de mort. Il n’y a absolument rien de choquant dans cette affaire, si ce n’est d’avoir fait croire à des innocents qu’ils ont été naturellement tortionnaires. Pour juger d’une réelle pulsion de mort, il faudrait pour cela un cadre explicite : une visite dans une prison américaine pour terroriste, mettons, où on proposerait aux visiteurs d’actionner un engin de torture sur un terroriste présumé, par exemple. Là, on pourrait juger d’une authentique pulsion de mort. Mais pas dans un cadre aussi "innocent" où personne n’avait à mettre en doute - même inconsciemment - la réalité des décharges. Pour ma part, ce jeu démontre plutôt la perversion psychanalytique d’un chercheur ayant outrepassé les limites et ayant fait plus de mal que de bien pour des motifs scientifiques hautement contestables. Il y a plus à craindre des expériences vaseuses de professeurs tournesols que des citoyens demeurés de nos démocraties ronflantes.

  • permalien Nathan :
    14 mars @17h56   « »

    Il y a un paradoxe à vouloir réaliser une émission-spectacle dans le but d’illustrer certaines dérives de la télévision. D’un côté, on prétend fustiger une télé-réalité qui flatte les bas instincts des spectateurs mais d’un autre côté, on exploite ces mêmes instincts en s’abritant derrière le prétexte d’une émission à caractère sérieux, voire scientifique. Autrefois, dans les feuilles à ragots, on montrait des photos de nus en titrant en grand "Quel scandale !". C’était tout bénéfice. Ça faisait vendre du papier, ça donnait à tout le monde une occasion de rincer l’œil tout en permettant à chacun de resté drapé dans une attitude vertueuse. Les apparences étaient sauves. Il s’agit ici de l’application du même principe.

    En tout état de cause, la logique du spectacle a toujours le dernier mot. Le créateur de l’émission et expérimentateur occasionnel y est soumis, qu’il le veuille ou non. On peut déjà se poser pas mal de questions à propos de la prétendue neutralité d’un psychologue expérimental comme Milgram mais dans le cas d’un homme de télévision, elle est inexistante. Si par exemple, l’émission n’avait pas été spectaculaire à souhait ; si elle avait obtenu des résultats inférieurs à ceux de Milgram ; si les participants avaient été plus apathiques, moins agressifs et moins télégéniques ; si le public avait été moins complaisant, nul doute que Christopher Nick aurait été déçu. Non parce que les résultats auraient été moins probants mais parce que le spectacle n’aurait pas été au rendez-vous.

    On peut aussi se poser des questions à propos des candidats. Ont-ils vraiment cru à la réalité de la douleur infligée à la victime ? Ne se sont-ils pas dit que c’était du chiqué ? N’ont-ils pas subodoré une mise en scène ? Ont-ils vraiment pris au sérieux une expérience se déroulant dans le cadre d’une émission de télé-réalité, dont chacun connaît depuis longtemps le caractère fabriqué et factice. N’avaient-ils jamais entendu parler de l’expérience de Milgram ?

  • permalien NaOH :
    14 mars @19h08   « »

    Je ne peux que répéter le seul conseil pertinent et plein de bon sens : celui de Patrick (voir plus haut).

    casse ta télé et marche

  • permalien thiery :
    14 mars @19h56   « »

    J’ai du mal à croire que depuis le temps que cette expérience existe, avec en plus le film d’Henri Verneuil I comme Icare, il existe encore des personnes qui n’ ont jamais entendu parler de cette expérience. Ou les candidats sont complètement stupides, ou ils jouent le jeu, solution qui me parait le plus vraisemblable. Donc le problème de cette émission n’est plus la soumission à l’autorité comme lors de l’expérience de Milgram mais le plaisir que prennent les candidats à séduire l’animateur et le public. De plus, ils nous prennent, nous téléspectateurs, vraiment pour des billes.

  • permalien César :
    14 mars @23h46   « »

    Cette émission télé, comme l’expérience de Milgram, montre que la plupart des gens sont conformistes. Ils obéissent à une autorité qui exercent une pression psychologique sur eux.
    Il aurait été intéressant que Christophe Nick organise une révolte dans le public assistant à l’émission qui aurait contesté les ordres de l’animatrice pour voir qui le sujet de l’expérience aller suivre.

    Milgram lui même dans une des variantes de son expérience a rajouté des collègues au "sujet" qui à un moment donné désobéissent au scientifique. Le "sujet" se range du côté des désobéisseurs. Il se conforme à la volonté du groupe.

    Milgram a également créé une autre variante pour tenter de vérifier si il y’avait une "pulsion de mort" chez les "sujets". Durant l’expérience la personne choisissait le voltage à envoyer à la fausse victime. Les "sujets" ont majoritairement envoyé les décharges les plus basses (de 15 à 45 volts).

    Il n’y a donc pas de sadiques ou de salauds mais juste des gens obéissants qui suivent la consigne.

  • permalien caramélisse :
    15 mars @00h27   « »
    Pseudo-réalité Vs pseudo-facilité

    En Amérique du Nord, il y a des campagnes pour rappeler aux parents supporter d’enfants sportifs :
    - de ne pas continuellement augmenter la pression sur leurs enfants
    - de ne pas se battre entre parents pour influencer les matches de leurs enfants.

    Il y a régulièrement des batailles rangées entre parents supporter dans les patinoires de hockey, sur les terrains de football (US), etc.

    La première chose que les médias de masse détruisent, c’est le libre-arbitre, et ça commence à l’échelle la plus locale qui soit.

    L’expérience de Milgram porte sur l’autorité.
    Cette expérience-ci aggrave le contexte de l’expérience de Milgram en ajoutant une dimension médiatique qui réduit le libre-arbitre en plus d’augmenter la soumission à l’autorité.

    Les médias créent des situations où des événements peu probables sont présentés comme des évidences.

    En l’occurence, je suis persuadé que le comportement des "victimes" acteurs est trop homogène pour correspondre à la réalité, trop improbable, mais les médias nous habituent à considérer comme normales des situation improbables.
    Un pblic entièrement convaincu est aussi improbable. Dans la réalité, c’est probablement un spectateur (une spectatrice) qui interviendrait et sauterait sur la scène - ça arrive tout le temps.

    Ces situations de pseudo-facilité créent l’illusion que la réalité se conforme à nos souhaits ou à nos besoins, ce qui diminue notre sens critique et notre libre-arbitre.

    C’est ce qui crèe les batailles de parents sur les patinoires (parce que la réalité n’est pas conforme aux attentes, bien que la situation soit localement médiatisée).
    C’est ce qui favorise la transgression télévisuelle, dont la transgression de la souffrance et de la mort est un cas particulier (l’imprévisibilité de la réalité est une barrière contre la transgression - la télé-réalité montre une réalité rendue conforme à un schéma, rendue prévisible).

  • permalien une bille :
    15 mars @07h38   « »

    J’ai toujours été très critique vis à vis de ce tour de passe-passe, toujours spectaculaire, qui consiste à faire juger avec une morale individuelle un comportement collectif.

    C’est un débat vieux comme la philosophie qui n’apporte pas grand chose dans la connaissance des mystères de la vie.

    Par contre, que ce soit l’expérience de Milgram, ou tous ses sous produits, il y a une chose de moralement excitante qu’on oublie de citer, c’est l’exécution en commun d’un éblouissant tour de passe-passe digne de scènes spectaculaires dans un film manichéen et populiste.

    C’est ce tour de passe-passe qui nous permet de manger un beefsteak sans avoir à égorger un bœuf chaque matin et de ne pas avoir à pétrir nous même notre pain ni à baratter le beurre, ni à torréfier le café que nous aurons récolté dans nos champs, de notre p’tit dèj’ (qui sera sans sucre pour faire simple).

    Ce qu’il faut bien identifier dans ce qui parait une anomalie comportemental, c’est que le problème vient de l’expérimentateur et de personne d’autre. Mettre un mécanisme collectif au service d’une démence individuelle, voilà l’élément moral essentiel dans ce processus, car il permet de juger un individu au travers d’une morale individuelle.

  • permalien Nathan :
    15 mars @09h49   « »

    Marie Bénilde écrit :

    "Elle montre bien, de surcroît, en quoi la télévision est parfaitement adaptée à un mécanisme d’obéissance dans la mesure où elle produit de la solitude tout en fabriquant un besoin mimétique de ressembler à un public fédéré devant son écran. « La télévision vise une nouvelle manière de faire société, écrit Michel Eltchaninoff. Je suis seul, mais je participe avec intensité aux activités d’une masse humaine virtuelle [3]. »

    Mais il faut ajouter que le même mécanisme d’identification collective peut-être utilisé au service de causes plus nobles : Téléthon ou "Enfoirés", par exemple.

    A mon sens, il y a une différence fondamentale entre "Le jeu de la mort" et l’expérience de Milgram. Dans le cas de Milgram, il ne s’agissait pas d’un jeu (avec une récompense à la clé) mais un simulacre d’expérience scientifique censée favoriser l’apprentissage par le conditionnement. Secundo, dans l’expérience de Milgram la dimension du spectacle était inexistante. Il n’y avait pas de public pour encourager le candidat si ce n’est que dans les deux dernières variantes de l’expérience, Milgram a ajouté deux figurants jouant le rôle de complices (soit pour pousser le candidat à se rebeller contre l’autorité de l’expérimentateur soit au contraire pour encourager le candidat à envoyer la décharge). Dans cette dernière variante, plus de 90% des candidats sont allés jusqu’au bout de l’expérience, ce qui un peu le cas de figure du "Jeu de la mort". Autrement dit, la présence d’un public qui encourage le candidat et la dimension du spectacle qui le déresponsabilise amplifient encore un peu plus la soumission à une source d’autorité. L’autorité (verticale) et le mimétisme (horizontal) se conjuguent pour amplifier les comportements d’obéissance et de passivité.

  • permalien David :
    15 mars @15h55   « »

    Excellent article qui change de ce qu’on a pu lire sur le sujet. La plupart des autres commentaires de cette expérience se contentent de gloser sur un effet de sidération : "Rendez-vous compte, 81% des gens sont des monstres en puissance.... C’est fou ce que peut nous faire faire la télé"

    Vous pointez fort justement selon moi que les tortionnaires sont plutôt à chercher du côté de ceux qui ont conçu une pareille expérience où il y a une sorte de double peine : non seulement on te conditionne pour faire de toi un agent de la torture (même si tu t’es contenté de jouer la comédie) mais en plus on va te livrer ensuite en pâture au bon public qui va pouvoir se convaincre de la lâcheté de l’être humain.

    Cela me fait penser aux bouquins d’Henri Amouroux sur les 40 millions de pétainistes... Cela ne repose sur rien mais c’est toujours intéressant de faire croire qu’on est un peuple qui a abdiqué toute résistance...

  • permalien Lorie :
    15 mars @20h45   « »

    C’est bien joli tout ça,mais on se dit:moi si j’avais été cobaye,j’aurais résisté,par ce que,moi,je ne suis pas comme ça.Oui,mais voilà,une forte majorité de gens sont des monstres ou des Eichman en puissance et je me dis humblement,pourvu que je n’en fasse pas partie.

  • permalien
    16 mars @18h39   « »

    Lorie, je pense que tu te trompes : la plupart des gens ne sont pas des "monstres en puissance", comme tu crois que nous pouvons le conclure à partir de cette expérience, et de ses variantes. Ce qui est par contre beaucoup plus vraisemblable - et sur ce point la psychologie sociale à largement étayé ce constat, c’est qu’un dispositif groupal est quelque chose d’extrêmement puissant, et de potentiellement destructeur ( suivant l’utilisation, éventuellement perverse, que l’on en fait.) Ëtre le seul à s’opposer à une influence groupale dominante est très difficile : cela provoque, chez celui qui s’y oppose, des émotions très négatives ( angoisse extrème, stress etc...) telles que pour réduire l’inconfort- et le mot est faible-, le sujet n’a d’autre choix que d’obéir au groupe, et de rallier la croyance ou le comportement dominant de celui ci. J’ai plusieurs exemples en tête : les bizutages humiliants, dégradants, de certaines écoles d’ingénieur (Arts et métiers, notamment.)...celui qui le refuse est complètement ostracisé, mis au ban du groupe, et menacé de destruction psychique. Ce qui ne veut pas dire que ceux qui l’acceptent sont eux mêmes des monstres : seulement, le coût psychique du refus est si élevé, qu’il est préférable, pour réduire la tension, de l’accepter... L’année suivante, ils deviennent à leur tour "bourreau" : simple identification à l’agresseur...C’est difficile d’être seul contre tous. On ne peut jeter la pierre à celui qui préfère rejoindre le groupe, quand ce qui est en jeu, dans le pire des cas, c’est sa propre survie...
    Dernier point : il serait interessant de refaire cette expérience, en introduisant parmi les candidats 1 ou 2 comparses qui refuseraient d’infliger des décharges électrique trop importantes et tenteraient de convaincre les autres candidats de se rebeller, et d’arrêter le jeu. Dans cette situation, nous n’aurions pas 81 % de "monstres", mais une infime minorité. Tout cela pour montrer que l’influence groupale peut fonctionner dans les deux sens : négatif, comme "le jeu de la mort" essaye de nous le prouver, mais aussi positif.

  • permalien Murmure :
    16 mars @20h08   « »

    Quand va-t-on s’apercevoir que « humanité » n’est qu’un costard. Des êtres censés supérieurs à l’espèce animale l’ajustent dès qu’il faut balanstiquer l’inhumanité “des autres”.

    Bien avant les exécutions et décapitations publiques, le lynchage des Indiens, ensuite les Noirs grâce à la loi de Monsieur Lynch.

    Les Romains pour rassasier un public avide de sang mettait en scène des jeux (les ludi) pour la satisfaction du plus vil instinct du public : Le droit de vie ou de mort par l’entremise d’un pouce levé ou tourné vers le sol.

    La vindicte d’une foule hargneuse est toujours d’actualité, pas besoin de télé pour ça, faites circuler la rumeur que vous avez pour voisin un pédophile notoire, et vous verrez une foule prête à le clouer au pilori sur des ouï-dire.

    L’être humain est un prédateur en puissance, qui a toujours besoin de prouver sa supériorité sur l’autre.

    Déculpabilisez un être humain de toutes ses tares, donnez lui l’occasion de sauter par dessus les interdits, la loi, la bienséance etc.

    La liberté de paraitre tel qu’il est sans tous les artifices que la société moderne lui à attribué et abstenez vous d’être surpris du résultat... C’est normal.

    Je pense que ce genre d’expérience ne démontre en rien la soumission à l’autorité mais tout bêtement la soumission aux instincts primaires en toute liberté et en toute impunité.

    Le reality show, crêpage de chignon et autres accessoires, spectacle et voyeurisme, c’est malsain, mais c’est humain.

  • permalien Bertrand :
    16 mars @23h23   « »
    « Le Jeu de la mort » ou la télé en zone extrême LES "BUZZ" RUQUIER-ARDISSON

    Toutefois, on peut considérer que la démolition des invités chez Ruquier relève du même principe. Z. et Naulleau tapent régulièrement sur des invités sous le prétexte de mener la guerre du goût (ce qui est risible dans cette émission), acclamés par des gens qui aiment le jeu de massacre mais dont on peut supposer que pour la plupart, ils ne lisent pas plus Stendhal ou Baudelaire que l’invité démoli (sinon ça se saurait !).

    Si ces deux faux D’Artagnan de la culture conviaient les éditeurs ou les producteurs des mauvais écrivains ou des mauvais chanteurs à rendre compte de la nullité de leurs choix ... cette guerre du goût serait crédible. Le but de ces émissions est donc le spectacle et la mise à mort.

    En outre, Z et N. profitent financièrement de la vente des produits de la sous-culture.

    Rappelons-nous de la justification très "guy-sormanienne" des producteurs et éditeurs de disques et de livres nuls "pour les masses " : vendre du best-seller sans intérêt au bon peuple (sous-entendu à une écrasante majorité de cons) avec une promotion solide, c’est ce qui permet (selon eux) de produire quelques livres ou disques de très haute qualité mais dont le succès commercial sera forcément nul.

    Cet argument satisfait deux groupes : les consommateurs qui ont été amenés à croire que des mauvais chanteurs bredouillant des niaiseries sur des airs à trois notes font partie de la culture populaire, alors qu’il s’agit de produits "en boîte" conçus précisément parce qu’ils ne contiennent rien et se ressemblent, et le groupe de ceux qui estiment appartenir à l’élite culturelle, ne cessent de se tordre les bras en dénonçant les ravages de la culture de masse mais ne font rien contre, puisqu’ils n’adressent jamais leurs doléances à qui de droit : les producteurs et les éditeurs (et les investisseurs), mais au fond, ne s’en soucient guère puisqu’ils pensent que le monde se divise en deux : l’élite /les cons.

  • permalien metking :
    17 mars @09h49   « »

    Aprés avoir lu pas mal de choses, je pense que l’expérience filmée dans cette émision est un fake : les cobayes sont des acteurs, et le public aussi.
    D’un point de vue éthique, France 2 ne peut pas faire ce type d’expérimentation pour montrer les effets de la télé.
    Par contre, l’idée d’utiliser une transposition "virtuelle" (et oui, avec la télé, tout est possible, et le virtuel avant tout) de l’epxérience de milgram à la télé avec des résultats encore plus probants est très bonnes.
    Je suis donc persuadé qu’aprés l’émission et l’électrochoc qu’il provoquera chez les télespectateurs (pas un fake, celui là), ils informeront qu’il s’agissait d’attirer l’attention mais que tout était faux, sans remettre en cuase les résultat de l’expérience originelle.

  • permalien dd :
    17 mars @11h30   « »

    L’expérience de Milgram a eu lieu début 60’s. Peu de gens avaient la télé à ce moment. Pourtant, l’obéissance à des ordres "mortels" jouait chez la majorité des sujets.
    peut-être que la TV accentue la proportion, mais comme dans les années 60’s, ou pire les années sombres de l’occupation et du nazisme, il y aura toujours moins de resistants que de moutons, TV réalité ou pas !

  • permalien folincourt :
    17 mars @16h01   « »

    Je conseille aussi la lecture de David Abiker sur le débat qui a suivi entre Hondelatte et les réfractaires à la télé :

    http://davidabiker.fr/wordpress/

  • permalien Bertrand :
    17 mars @16h20   « »
    « Le Jeu de la mort » ou la télé en zone extrême AUTRES ÉMISSIONS

    Dommage que vous refusiez de débattre de l’esprit qui plane sur l’esprit d’autres shows télévisés - prétendument intelligents et que vous ne compreniez pas qu’il ya la version "soft" à vernis intello, conçue pour attirer de nouveau toutes les classes sociales vers la télé (que certaines commençaient à délaisser : c’est bien le rôle des shows Ardisson-Ruquier : éviter que la télé cesse d’être la courroie de transmission en direction de toutes les couches sociales) et la téléréalité plus, crue, qui cible le popu.

  • permalien kaddroid :
    17 mars @17h06   « »

    Elle montre bien, de surcroît, en quoi la télévision est parfaitement adaptée à un mécanisme d’obéissance dans la mesure où elle produit de la solitude tout en fabriquant un besoin mimétique de ressembler à un public fédéré devant son écran. « La télévision vise une nouvelle manière de faire société, écrit Michel Eltchaninoff. Je suis seul, mais je participe avec intensité aux activités d’une masse humaine virtuelle [3].

    Je vais peut être faire une hors sujet et vous voudrez bien m’en excuser.....mais ce passage m’a renvoyer directement a Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et l’adaptation cinématographique de Lelouch, Passages décrivant la solitude de la femme du pompier ne vivant plus qu’au travers des ’’amis’’ présent a longueur de journée sur les mur qui la rassure et et ses espoir quand enfin elle va avoir un petit rôle (quelques répliques banales) dans une pièce populaire...moment de gloire éphémère.

    Le fait de dénoncer ce pouvoir de soumission ne changera rien en fin de compte. L’humain a toujours eu besoin de pouvoir se dédouaner sous le prétexte de l’autorité pour laisser s’exprimer ses instinct.

    Oh bien sur l’expérience montre la soumission a l’autorité et que cette soumission abouti au pire. Bien sur les ’’victimes’ solmisent de cette expérience vont avoir du mal a se supporter maintenant qu’elles sont mise devant le fait accompli et n’ont plus la sécurité protectrice du ’’Moi ? je n’aurais pas jeter la première pierre’’....

    mais .. oui j’ai mis victime entre "", parce que je pense que les dominants dans l’histoire, c’est a dire pour Milgram, les complices et l’autorité sont tout aussi victimes que les soumis sujet de l’expérience...

    Bien sur la rhétorique n’est pas la même il se sont pas soumis a une autorité puisqu’ils sont l’autorité.... ils sont juste soumis au aux cobaye soumis qui justifient leur permettent d’exister et monter ce genre d’expérience pour eux aussi pouvoir assouvir leur soif de reconnaissance.

    En fin de compte, cette expérience ne démontre qu’une chose, quelque que soit la méthode utilisée nous trouvons une justification pour libérer nos instinct. En justifiant notre soumission ou notre domination.

  • permalien fred_h :
    17 mars @18h23   « »

    Je n’ai pas besoin d’avoir vu cette émission pour savoir que c’est un spectacle grand-guignolesque dénué de tout caractère scientifique. La science c’est la technologie (téléphones portables, télévision, automobile, gps, avions, drônes, frappes chirigicales,...) Bref, tout ce qui est utile pour améliorer ma vie au quotidien. Rien de tout ce débalage pseudo-sociologique et pseudo-psychanalitique n’a de valeur formelle que je puisse vérifier chaque jour que ce dieu mort fait.

    Eichmann était un people du XXème siècle, et le buzz dont il a été victime est juste dommageable. Il faut savoir tourner la page, c’est le passé. Rien de tout cela ne peut plus exister de nos jours : grâce aux progrès technologiques de la vraie science nous ne voyons plus personne souffrir d’inhumanité dans des camps.

    Ma vie est aussi formidable que les moyens techniques et technologiques me le font croire. Je n’ai jamais affaire à des tortionnaires (pas même dans mon travail, car je travaille, c’est bon pour ma santé). Je ne suis jamais confronté à des moutons qui ne savent qu’obéir aux instructions qui leurs sont données (pas même dans mon travail, car mon travail consiste à améliorer le contrôle des masses par la création d’une base de données mondiale des clients : fidèles, prospects, et potentiels). Ou alors c’est qu’ils n’ont pas le choix, et qu’ils sont obligés (d’appuyer sur le bouton pour asséner une charge électrique au cobaye récalcitrant, mais après coup qu’est-ce qu’on se marre de ses gesticulations et de ses grimaces de douleur... on s’envoie la vidéo sur internet : c’est mortel !)

    Je ne crains pas d’être jamais confronté à ce genre de situation où une meute s’en prend à un individu parce qu’il est déclaré ne plus faire partie de la communauté pour ses mauvais résultats, car tout le monde est beau, gentil, parfait, intelligent, doué du sens commun de l’amélioration perpétuelle de notre condition de vie. Il suffit de regarder des émissions télévisées culturelles, et non pas ces prétextes à abrutir les masses par la peur qu’elles inspirent.

    Nous vivons dans une société où la vidésurveillance promet d’éradiquer l’insécurité, puisqu’on nous répète que c’est pour notre sécurité qu’on nous surveille partout. C’est juste une nouvelle façon de concevoir la liberté. Au sens moderne du terme. Il faut savoir s’en remettre aux sociétés de sécurité qui observent nos moindres faits et gestes pour alimenter leur base de données afin d’améliore nos vies futures. Ne soyons pas rétrograde au temps de la technologie !

    Bref : je vis dans le meilleur des mondes, et big brother est mon ami.
    Pas vous ?

  • permalien magus :
    17 mars @21h05   « »

    A Kaddroïd : l’adaptation du roman de Bradbury, Fahrenheit 451
    est de Truffaut et de non de Lelouch...

  • permalien fabrice :
    17 mars @22h24   « »

    FELICITATIONS que l expérience soit vraie ou fausse , on se croit dans les arenes de Jules César avec le public dans l arene qui encourage la mise à mort.

    En quoi la télé réalité est elle constructive, que nous apporte t elle ?

    Qu apporte t elle à la construction de nos pays ?

    Nous devons réflechir sur qui nous sommes , le sens de notre vie et que voulez vous faire vous meme pour vous et non dicté par un tiers
    Nous sommes ce que nous décidons d etre.
    soyons moins cons et plus innovant
    Fabrice

  • permalien coriolis :
    17 mars @22h25   « »

    Soyez tous honnétes et responsables ,ne jouez pas les martyrs ,les candidats ont été utilisés comme des cobayes et le CSA c’est rendu coupable de complicité,il faut pousser les candidats à porter plainte contre les producteurs...aristote_912@hotmail.com

  • permalien Tr. V. :
    17 mars @23h40   « »

    Ce documentaire ayant été diffusé, ainsi que le débat, on peut maintenant juger sur pièce.

    Pour ma part, je suis assez frappé de constater à quel point le documentariste, tout en prétendant avertir le téléspectateur des dangers de la télévision, s’est lui-même complu dans des effets pathétiques qui, tous, viennent à l’appui de son propos. On remarquera, par exemple, qu’il est quelquefois assez difficile de distinguer la musique du documentaire proprement dit et la musique de la fausse émission. Que le téléspectateur a bien de la peine à ne pas entrer en empathie avec l’animatrice, lorsqu’elle fait part aux "désobéissants" de son soulagement. Et qu’on n’est pas malheureux, appréciant les belles choses, de la voir ensuite s’entretenir avec des psychologues parfois moins glamour qu’elle.

    Ces ficelles un peu grossières sont-elles vraiment de nature à susciter une réflexion libre ? On aurait aimé que la question fût au moins posée lors du débat. Mais un bon quart d’heure d’échanges sur la morale ne permet pas aux devisants, sans doute coupés au montage, de faire cette réflexion pourtant simple : le commencement de l’éthique consiste à s’interroger sur son propre acte, et il n’est pas sûr que Christophe Nick l’ait remarqué.

    Signe que les dés sont pipés : le générique final de ce débat est extrait du documentaire qu’il s’agissait, aurait-on cru, de discuter.

  • permalien lolivier :
    17 mars @23h41   « »
    France 2 nous blufferait-elle ?

    J’ai du mal à croire que le CSA ait pu laisser passer cela, imaginons que l’un des questionneurs qui est allé jusqu’à 460 volts se suicide de honte ou fasse une dépression suite à l’émission, n’y ont ils pas pensé, au CSA ?

    Donc on aura peut-être demain un communiqué de France 2 disant que tout était faux de A à Z et que l’on testait finalement la capacité des téléspectateurs de ce soir à accepter qu’une telle émission-documentaire existe.

    Si ce n’est pas le cas, il faudrait qu’une action citoyenne ou une action en justice soit intentée
    - vis à vis de France 2 d’une part,
    - mais surtout vis à vis des scientifiques qui ont cautionné la chose (et qui vont en profiter pour publier un article scientifique) en infraction flagrante avec la Loi Huriet sur le consentement éclairé des personnes qui participent à une expérience clinique

  • permalien VB :
    18 mars @01h38   « »

    1) L’expérience est faite sur des sujets motivés par la participation à un jeu télévisé, cela fausse le résultat. De plus, même en supposant que les candidats n’avaient jamais entendu parler de l’expérience de Milgram, ils pouvaient être rassurés par l’idée même confuse que la puissante et officielle télévision ne tue pas, que tout est garanti médicalement et légalement etc mais qu’en revanche elle a l’habitude de truquer tout ce qu’elle organise.
    2) La conclusion sur l’emprise quasi-absolue de la télévision est abusive : pire, elle procède elle-même de la suggestion manipulatrice et sectaire ("regardez bien, vous êtes en mon pouvoir...").
    3) Ce qui est plus inquiétant, c’est :
    a) le caractère ordinaire du comportement des exécutants-bourreaux : cela tient, plus qu’à une emprise réelle, au fait que chacun a en lui une tendance quasi-insurmontable à donner de son environnement social, vital pour lui, une interprétation qui en maximise la normalité ; la victime (ou le collègue harcelé ou licencié) a ainsi suscité elle-même ce qui lui arrive, ou du moins " il n’y a pas le choix " pour ceux qui décident (?) ; on sourit avec complaisance du ridicule de la victime... ; on se place "hors action", en spectateur-voyeur de ce qu’on exécute ou supporte comme simple exécutant ... Le rôle de l’autorité sociale (et non du pouvoir de gourou de la télévision, qu’il ne faudrait pas exagérer hors de son contexte) est de libérer l’individu de sa responsabilité et ainsi de le rassurer : "cela se fait", ce sont "eux" qui savent, qui veulent, qui décident, je ne fais qu’exécuter... Cela permet de profiter impunément du pouvoir (cf. les "petits sourires" des bourreaux dé-responsabilisés). On connaît les "petits chefs", sans aucune volonté de relativiser leur pouvoir sur l’autre, et la foule de ceux qui leur sont soumis, confortés dans leur bonne conscience par leur soutien à la persécution.
    b) Le fondement purement émotionnel des rejets constatés. On n’ose imaginer ce qu’eût donné l’expérience aseptisée, avec une victime invisible ... C’est pourtant notre quotidien (les morts et les chômeurs pour nos diamants, notre pétrole, notre croissance etc). Les larmes et la demande de pardon de ce qui a été virtuellement commis étaient belles, mais il eût été rassurant de voir des refus de principe, fondés librement et rationnellement sur des valeurs de respect absolu de la personne et de sa dignité, au-delà même de ses propres choix présents . Et c’est ce que "l’expérience" était incapable de faire...
    L’enracinement profond, chez nous tous, d’une tendance à idolâtrer le "gros animal social" invite à relire Simone Weil... et le Nouveau Testament !

  • permalien Quentin :
    18 mars @02h53   « »

    C’est marrant, ça. J’ai l’impression que quoi que la télévision propose, elle sera systématiquement stigmatisée par une poignée de personnes dont le postulat manichéen est le suivant : « “Télé = Caca”, ne regardez pas, d’ailleurs c’est parce que je sais que la télé c’est le mal que je ne l’ai pas chez moi... » (Soit dit en passant, c’est un peu facile de juger à l’emporte-pièce et dans une globalité qui n’existe pas, un média que l’on ne consulte jamais.)

    Je trouve pour ma part cette expérience très intéressante. J’ai entendu parler de l’expérience de Milgram il y a sept ou huit ans de cela (j’avais douze ans à l’époque), et j’ai toujours pensé que si j’avais été à la place des sujets testés, j’aurais probablement fait comme eux. Tout simplement parce que je suis un être humain comme tous les autres, qui vit dans une société où l’image que l’on renvoie aux autres importe souvent plus que sa morale personnelle.

    Je pense aussi que ceux qui disent qu’eux, jamais de la vie ils n’auraient fait ça, c’est scandaleux, etc., sont pour la plupart de doux rêveurs qui préfèrent se bercer d’illusions et projeter leur surmoi plutôt que d’observer la réalité de leur çà. (Ces donneurs de leçons auraient sans doute été dans la Résistance pendant la guerre... disent-ils.)

    Quant au biais de l’expérience, il est critiquable mais hélas nécessaire. Soyez réalistes, pensez-vous une seule seconde que l’expérience aurait eu une quelconque valeur scientifique si on avait dit aux sujets avant le début du tournage : « Vous allez envoyer des décharges électriques, mais en fait c’est pour de faux, hein, le mec c’est un comédien et on fait ça pour savoir si vous êtes une ordure ou pas, maintenant veuillez signer le droit de diffusion s’il vous plaît... » ? Je trouve même que l’impact psychologique est mieux géré dans cette version puisque les sujets sont rassurés immédiatement après l’expérience - chez Milgram, il y avait quelques jours de latence.

    En conclusion, je suis pour ce genre de programmes ouvertement choquants qui ont pour but de créer un “électrochoc” (c’est le cas de le dire) et faire prendre conscience du risque de dérives imminentes de la télé-réalité... Dans la meime veine, les Néerlandais avaient organisé il y a trois ans un faux télé-crochet où trois malades en attente de greffe devaient se soumettre au vote des téléspectateurs pour gagner une greffe de rein... (Le lendemain, le but du programme était atteint : le nombre de donneurs d’organes a sensiblement augmenté aux Pays-Bas.)

  • permalien gatinais :
    18 mars @08h07   « »

    @Marion : votre message (n°3 dans la liste) est une synthèse parfaite du monde actuel et du modèle de société dans lequel nous vivons. Rien à ajouter ... c’est PARFAIT !

  • permalien L’isthme de Botul :
    18 mars @09h39   « »

    Tout ce que ce reportage (mais aussi les intervenants du débats, et également les commentateurs, articles et autres lu ici ou ailleurs), ne semble pas vouloir ou pouvoir prendre en compte est notre "part d’ombre", notre jouissance inconsciente à infliger la torture et la mort dans un contexte, enfin, autorisé.

    Ce que tout le monde retient de l’expérience de Milgram (et des expérience suivantes), c’est la facilité avec laquelle l’être humain se soumet à l’autorité (scientifique, télévisuelle...etc...). C’est en partie vrai. Mais c’est oublier bien vite que cette autorité, en nous autorisant à infliger la douleur et la mort, joue sur du velours. Ces expériences prouvent surtout qu’il nous suffit de nous pousser à peine pour que certains d’entre nous tombent dans l’horreur la plus totale et la plus impardonnable.

    Que se soit sous la forme d’un jeu télé, d’une expérience scientifique, d’une chasse au mécréant ou la traque de l’ennemi, le processus est toujours le même : l’autorité nous autorise enfin à assouvir notre jouissance sans entrave. Enfin je peux torturer, enfin je peux tuer, enfin je peux me débarrasser de mon voisin.

    Et c’est le gros reproche que j’aurais à faire à ce reportage et aux discours, attendus, des psychologues et autres philosophes : le dédouanement systématique du participant. "les conditions font que", "le sujet se retrouve seul", "il faut un grand courage pour". Oui les conditions font que, mais le participant lui aussi "fait que". Regardez à nouveau ce reportage, vous verrez que certains, notamment un, sont en pleine jouissance. J’en ai repéré un qui a même cette phrase ignoble en poussant la manette "ah ben c’est le jeu hein" avec un grand sourire de contentement.

    Enfin pour finir ce long commentaire, je voudrais revenir sur le "on y croyait pas vraiment". Oui peut-être que certains n’y ont pas cru. Et alors ? Est ce parce qu’on pense que c’est une blague qu’on doit s’y prêter ? Même si c’en est une, ne devrait on pas dire "pardon mais ceci n’est vraiment pas drôle donc allez vous faire voir". Et si on "se doute qu’il y a un piège" est ce une raison pour y tomber ? Le doute ne devrait il pas nous freiner au contraire ?
    N’est ce pas également la défense de certaines "petites mains" du nazisme qui juraient leur grands dieux qu’il était "inimaginable que de telles choses existent, on y croyait pas vraiment" ?

    La désobéissance est salutaire, et il est important de la cultiver à travers l’esprit critique, ce qui implique également de savoir se voir dans toute notre "splendeur et décadence".

  • permalien j.louis :
    18 mars @11h12   « »

    Le message est clair.
    Juste aprés la sortie cinéma de VEL D’HIV,
    On nous dit plus jamais ça.
    Soyons maitre de notre destin.

  • permalien Oghme :
    18 mars @11h47   « »
    Question

    En complement de toutes ces interogations et reflexions j’en pose une suplémentaire.

    Si on part du principe que nous sommes confronté à la même situation. Et que nous nous considérions comme bien pensant comme la majorité des personnes réagissant ici.

    Quel serait le pourcentage de ces personnes qui en voyant jusqu’où va l’intensité du voltage des "punitions", s’arreterais dès le départ en se disant : "je n’infligerais pas 400 volts, pourquoi en infliger 20 ? " et jusqu’à quelles limites nous irions une fois pris dans l’engrenage ?

    Car finalement même les premiers 20 volts démontrent une facette sadique naturelle de l’humain !

    (De plus il est interessant de voir qu’auncun cobaye ne se projette sur les intensitées supérieures alors que si on leur proposait directement une décharge "mortelle" peu de personnes
    la délivrerait)

    Je me trompe peut être mais réfléchissez y !

  • permalien maximusbrest :
    18 mars @13h37   « »

    Voilà...sans que cela ne soit trop représantatif de la société actuel et celle à venir, cela Prouve indirectement les " bétises" de la société...ce " jeu " rappel les anciennes arêne greco-romaines datant de 4 et 5 siécles avant J.C...le relatif plaisir des gens face à la mort...bien évidament dans quelque siécles vu l’évolution des moeurs cela pourrait toutafais " paraître " normale dans plusieurs siécles...pathétique...

  • permalien Richard Heiville :
    18 mars @16h04   « »
    Une émission irresponsable

    Que va-t-il arriver à toutes ces personnes qu’on voit à visage découvert et qui ont cru commettre des actes monstrueux après que leur proches, leur amis, leur collègues sauront ce qu’ils ont fait ?

    Pire, dans la deuxième partie le nom d’un homme qui a poussé 27 fois la manette est dévoilé.

    Ceux qui sont désignés comme des rebelles ont accepté le principe de l’émission : châtier une personne à coups de décharges électriques. Certaines ont poussé 21 fois la manette.

    Ces gens qui ont été manipulés ont-ils été soumis à un suivi psy dans la durée ?
    Est-ce que la diffusion de ce "documentaire" ne va pas engendrer des préjudices moraux en plus de préjudices psy ?

    Dans le bureau du "producteur", on entend distinctement des gens affirmer, sauf erreur, que le principe leur va puisque ce n’est pas eux qui recevront les décharges électriques.

    Comment vivriez-vous quand toute la France vous a vu accepter de pousser 27 fois une manettes, croyant électrocuter un homme, et lever les bras en signe de victoire après ce forfait ?

  • permalien P :
    18 mars @17h16   « »

    L’homme est un esclave irresponsable et incapable de protéger ses enfants.. Merci l’éducation !! C’est vraiment pitoyable le monde moderne.

  • permalien sam_lawry :
    18 mars @17h48   « »

    L’idée paraissant bonne mais au final docu plutot bidon, et expérience forcément faussée :

    D’une part, le principe du jeu télé implique que les candidats souhaitant y participer ont un rapport à la télévision assez important, tout le monde ne souhaite pas participer à un jeu télévisé et être médiatisé. Donc, forcément, la quantité de gens moins influencables par la télé et qui auraient refusé le principe est quelques part réduite par ce principe, alors qu’une expérience scientifique aurait pour effet de moins "selectionner" ses cobayes.

    Secundo, et cette impression est sans doute due ou accentuée par le fait que l’on sache qu’il s’agit d’une supercherie, mais les cris de l’acteur sonnent faux, et ne convainc pas vraiement de sa souffrance. N’aurait-il pas été plus interessant de montrer à l’écran le supplice du candidat/ acteur pour faire prendre conscience au cobaye de la souffrance qu’il inflige ? Dans ce cas, n’y aurait-il pas eu plus de candidats à refuser d’aller jusqu’au bout ? La mise en scène de l’émission, du fait de la séparation des deux candidats, met une distance, et finalement ne permet pas de faire prendre conscience de la gravité de la situation. c’est une chose de pousser un bouton sans en connaitre les conséquences, ça en est une autre de continuer sciament de torturer un homme que l’on a en face de soi...

    Et pour finir, la voix-off très moralisatrice, et pas seulement objective, associé au fait que l’on ne voit quasiment que des candidats jusqu’au-boutistes me pousse à croire à un fort parti pris lors du montage, me poussant ainsi à douter très fortement de ce que je vois, un peu comme dans les films de Michael Moore où il abandonne de plus en plus la démonstration pour un style plus percutant, mais du coup plus manipulateur. De plus, le fait de voir un simple montage de l’émission (voir à la suite, en 10 secondes, 5 ou 6 candidats pousser les manettes) ne me permet pas de savoir s’il a hésité ou non, comment la décision a été prise et quel a été l’impact des cris du commendien sur son comportement.

    Bref, une très bonne idée de départ faussée par un motage partial et une recherche systématique du sensassionalisme qui plombent le docu, difficilement crédible à mes yeux.

  • permalien Quasimodor :
    19 mars @00h28   « »
    Sarkozy, Fillon, et « Le Jeu de la mort », ou « À qui le crime profite »

    La mort est toujours aussi grave et toujours aussi simple.

    Hier nous a donné à voir comment les deux premiers politiciens de France appréhendent la mort.

    Pour Nicolas Sarkozy, « Le Jeu de la mort » est avant tout affectif.
    On se souvient du pouffement présidentiel devant dix cercueils de soldats français.
    Cette fois-ci, il s’agit de la police. On ne pouffe plus. Qui va s’en plaindre ?
    Et qui expliquera ce mystérieux amour présidentiel pour la Police ? Elle le requinque. Même si ça doit saigner.
    Comme dans la fameuse expérience télévisée, Nicolas Sarkozy s’enflamme sur la mort devant les projecteurs. Le voici parti pour réformer la Justice en direct, devant la famille en deuil. La Constitution Française - heureusement - ne permet pas les Lois systématiques. Surtout venant d’un président qui l’est aussi peu.

    Pour François Fillon l’éternel Crucifié, la mort est toujours l’occasion de culpabiliser l’électeur - le sien, celui des autres, l’abstentionniste.
    François Fillon aime la culpabilité universelle.
    François Fillon saigne toujours, et c’est toujours le sang des autres. Ce n’est pas tant qu’il craigne la douleur. C’est plutôt que François Fillon n’aime ni les tâches ni la violence. En cela, François Filon est bien le digne successeur d’Édouard Balladur. En cela François Fillon montre sa constante inspiration ecclésiastique : la mort comme effet de manche, mais sans tâche, et surtout sans violence.

  • permalien janin :
    19 mars @05h02   « »

    Je n’y vois rien de plus qu’une nouvelle émission de télé-réalité. Dans d’autres émissions on met en scène des couples et les manipule avec de l’alcool et des montages vidéos pour les pousser à la rupture, ou bien on enferme des personnes dans un huis-clos de façon à faire monter les tensions. Ici c’est une intense violence psychologique qu’on impose aux cobayes, le tout sur le service public et sous le couvert de la science.

    Dans quel but ? Un but scientifique ? Certainement pas, cette expérience n’apporte rien par rapport à celle de Milgram, voire en retire pour ce qui est de la pertinence statistique du choix des participants. De même la réalisation n’a rien d’un exposé scientifique des faits. Musique inquiétante, ton grave de la voix off, montage qui fait croitre la tension ... une fois de plus on manipule le téléspectateur.

    Le but est de choquer le spectateur pour rendre son cerveau disponible à recevoir soit de la pub pour des sachets de soupe, soit la thèse de Christophe Nick.

    Si on y ajoute le "pétage de plombs" de Hondelate dans le débat qui a suivi (séquence non diffusée), l’incapacité de la télévision à se remettre en cause est triste à voir, même mise si près de ses abus.

  • permalien Fasila :
    19 mars @12h07   « »

    On peut ajouter à tout ce qui précède le fait que les images qui ouvraient le documentaire étaient particulièrement violentes. Etait-ce pour alerter le téléspectateur ou pour jouer à se faire peur avec tout ce qu’il faut d’effets de dramatisation ?

  • permalien remedia :
    19 mars @12h38   « »

    http://www.youtube.com/watch?v=WO8KMSc5hp4
    Le récit d’Alexandre Lacroix de Philosophie Magazine lors du débat autour du documentaire " le jeu de la mort." mis en scène par des comédiens
    http://davidabiker.fr/wordpress/

  • permalien Matthieu Robert :
    20 mars @00h25   « »

    La TV exercerait-elle trop d’influence ? L’influence médiatique et collective a fait que l’Homme est prêt à tuer son prochain (qui plus est au pays des Lumières), et que personne, ni les candidats, ni le public - qui poussait le candidat à infliger des chocs électriques, et qui est donc aussi coupable que lui - ne s’insurge.

  • permalien iamadreamer :
    20 mars @07h43   « »

    L’expérience de Milgram, et celle reprise dans son principe par Christophe Nick, ne doivent-elles pas nous inciter à en tirer des leçons sur nous-mêmes et notre attitude dans notre vie de tous les jours, face aux injustices, aux violences dont les médias nous témoignent tous les jours... ?
    Nous sommes tous, qu’on le veuille ou non spectateurs, et parfois acteurs, de ce qui se passe dans le monde, sous nos yeux, presque en temps réel, grâce aux reporters et aux médias...
    Jusqu’où va notre passivité... ? jusqu’où peut aller notre engagement... ? Comme le public de ce plateau TV, ne sommes-nous plus capables d’exercer notre sens critique et oser affronter la solitude de celui qui ose dire NON... !

    L’objection de conscience ainsi que l’anti-conformisme devraient être considérées comme des droits de l’homme inaliénables à part entière et être intégrés dans ces textes prestigieux qui honorent notre humanité...
    Il est évident que les dictatures et les régimes autoritaires les plus divers s’opposeront à cela, en prétextant toutes sortes d’arguments fallacieux comme l’ordre et la sécurité, par exemple... !
    A méditer...
    Belle journée à toutes et à tous !

  • permalien Norpoix :
    20 mars @10h54   « »
    Les sans papiers : le mesureur de notre passivité

    Tout à fait d’accord avec vous : le jeu de la mort n’est qu’un artifice assez grossier qui doit nous amener à réfléchir sur notre propre passivité face aux injustices de notre temps.
    Dans la France d’aujourd’hui, j’en vois une assez flagrante, c’est le sort des sans papiers et cette République qui s’autorise à être coercitive, mesquine et pas généreuse avec des exilés sur son territoire.
    J’étais il y a peu au service de régularisation des sans papiers de la sous préfecture d’Antony : il faut se baisser pour parler à l’agent administratif car une vitre empêche toute communication. Cela ne gêne personne. Les politiques sont très vigilants avec les Français mais qui se soucie encore de l’image de la France pour ces non Français ? Un jour RESF a distribué des tracts à tout le personnel administratif pour les alerter car un homme avait été arrêté après s’être présenté pour régulariser sa situation. Ca a soulevé les consciences car le tract était sur le mode : "Vous êtes complices de la politique des quotas d’expulsions". Eh bien, la police a dû cessé d’interpeller les sans papiers à la sous préfecture car un bon quart du personnel s’était mis en arrêt maladie. C’était leur façon à eux de ne pas actionner la manette de Milgram qui conduit certains à être renvoyés dans leur pays et à connaître, en effet, la mort...

  • permalien coriolis :
    20 mars @19h00   « »
    Alerte portons plainte.

    Un collectif se crée pour porter plainte contre France 2 ,le csa et les producteurs car ils ont utilisés les candidats et les spectateurs comme des cobayes avec tous les conséquences graves que cela a sur nos enfants et l’avenir des candidats qui passent maintenant pour des bourreaux.Vous étes tous concernés avocats ,journalistes,télé-spectateurs ,la loi Huriet interdit d’utiliser des candidats et de leur mentir sur la motivation profonde des producteurs.Réagissez.aristote_912@hotmail.com

  • permalien
    20 mars @21h21   « »

    Vous n’avez rien compris à l’expérience et je me désole de cette situation... Essayez de faire un effort cognitif. Merci

  • permalien Michel Julien :
    21 mars @18h32   « »

    Le jeu de la mort est tristement révélateur sur l’état de notre société.

    On a reproduit l’expérience des années 60 du psychologue Stanley Milgram. Dans ces années là, 60% sont allé jusqu’aux bout contre 80% en 2010 ! Le véritable but de l’expérience « démontrer le pouvoir d’asservissement de la télévision » selon le producteur. Certes dans ce domaine, l’expérience à été tristement concluante.

    Mais il y a plus hélas. Notre société, plus informée, plus libre, démontre un jugement et une empathie envers les autres dangereusement déficients. En fait cela démontre que le degré de moralité a baissé de 20%. Ceux qui on résisté a l’influence médiatique, étaient minoritaires. Les gens sont plus influençables qu’avant. Le journalisme manque énormément d’impartialité et est centré sur le sensationnalisme. Nos médias sont de moins en moins indépendants. Il est encore plus facile qu’auparavant de manipuler l’opinion publique.

    Le public a encore tendance à se dire « puisque c’est à la télévision c’est que c’est vrai ». Quoique minoritaires, mes félicitations à ceux et celles qui n’ont pas suivit le courant ni succombés à la pression mais ont plutôt obéi à leur conscience.

    Comment expliquer cela ?

    * La violence à la télé, au cinéma et jeux vidéo ?
    * Nous sommes une société foncièrement égoïste, le moi d’abord ?
    * Notre société de consommation de plus en plus matérialiste ?
    * La baisse généralisée des valeurs morales ?
    * La croyance à la survie du mieux adapté ?
    * La fin justifie les moyens ?
    * Baisse de la capacité de juger ?…
    * L’absence de plus en plus grande d’amour naturel ?

    C’est sans aucun doute un ensemble des points ci-hauts. Mais une chose est sûr, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.

    Cette expérience me donne la chaire de poule. Pour ceux qui on encore une conscience, ils ont probablement reçu une véritable gifle. Le ‘’jeu de la mort ‘’ nous a brusquement remis les deux pieds sur terre. C’est là hélas la vraie nature de notre société et cela ne dit rien de bon pour l’avenir. Dans cette expérience, il y a bien une mort…. Pas mort d’homme mais celle de la moralité collective. Je retiens finalement comme leçon que majorité n’est absolument pas synonyme de vérité.

  • permalien Delair :
    22 mars @07h13   « »

    Une chose est prouvée, il faut au plus vite arrêter de regarder tout jeu de "télé-réalité" et, au plus vite, faire passer le message au créateurs de programmes (les vrais responsables !), d’oublier le gain et de surveiller les dérives ici visibles d’une force créatrice peu scrupuleuse qui insidueusement déshumanise et mène à ce qu’a essayé de démontrer le programme.
    Le cerveau des téléspectateurs est fragilisé par la passivité. Il ne peuvent pas rentrer dans la boîte pour réagir et cela leur convient mais on est en train de les conduire à se transformer en monstrueux personnages puisqu’ils s’identifient au modèle imposé et se définissent comme modernes et informés. Malheureusement l’épidémie est grâve !
    Ils sont sous une emprise impalpable, celle de la relation qu’ils entretiennent avec la ’Petite Boîte’, leur amie Télévision, qui mondialement, a envahi les foyers et domine incontestablement "La Vie en Société Moderne".
    Bien naturellement, à leur tour, par des comportements calqués inconsciemment sur ceux de leurs modèles virtuels, les téléspectateurs manipulés détruisent leur entourage et peu à peu, puisqu’ils sont majoritaires et de tous âges, nous font vivre dans un monde où l’instinct humain devient bestial.
    LA PREUVE DEVRAIT ETRE ETABLIE ; IL FAUT REFLECHIR ET SE TROUVER DES PROGRAMMES PLUS SAINS POUR OCCUPER LES HEURES ’JE NE PENSE A RIEN, JE REGARDE LA TELE’.

  • permalien Albert :
    25 mars @16h14   « »

    A vouloir dénoncer la télé réalité, le réalisateur a fait un documentaire voyeuriste qui a fait un buzz parce que tout le monde veut voir comment réagissent les cobayes... même si tout le monde le sait déjà puisqu’avant la diffusion ils ont déjà présenté les résultats de l’expérience (à savoir le pourcentage de cobayes qui vont jusqu’au bout).
    Mon agence au pair

  • permalien LepageJ :
    26 mars @10h44   « »

    Je suis affligé (mais nullement étonné) par les multiples réactions moralisantes et de sens commun suscitées par l’expérience menée par Beauvois et al. (2009).

    Rappel : il ne s’agit pas d’un documentaire mais d’une expérience scientifique rapportée dans un documentaire. Beauvois est l’une des plus importantes références dans le champ de la psychologie sociale et des sciences humaines en général. Que l’on se renseigne avant d’évaluer la pertinence de la démarche expérimentale !
    Limites de l’expérience : à définir par des scientifiques sur la base de critères scientifiques. Ceci a été fait par un collège de chercheurs avec validation.
    Les résultats ne portent pas sur "l’influence de la télé mais on sait qu’elle influence alors la recherche ne sert à rien" ! Pouvoir, autorité, ordre : un effort de définition et d’opérationnalisation de ces notions de la part des "érudits" juges de l’expérience svp !! La psychologie sociale l’a fait alors veuillez restituer les acquis de la discipline par honnêteté intellectuelle. Les résultats sont : la télé possède un pouvoir prescriptif , ce qui diffère radicalement du phénomène d’influence sociale, et seule une telle reproduction de l’expérience de Milgram pouvait amener scientifiquement à une telle conclusion ; les niveaux de soumission à l’autorité sont supérieurs à ceux de Milgram.

    Pas une seule fois un psychologue social n’a été invité pour commenter cette expérience : mais une orgie de psychanalystes, philosophes, littéraires aux référentiels théoriques identiques (personnologiques : déni de l’impact fondamental de l’environnement dans la détermination des comportements et processus de connaissance) qui du fait de ces derniers ne peuvent que par ignorance et idéologie dégrader les résultats et méthodes de l’expérience.

    Ceci illustre un puissant mécanisme socio-cognitif d’immusion idéologique face à une connaissance scientifique socialement inacceptable car dissonante relativement à nos représentations sociales au service de la reproduction idéologique.
    (cf R.-V. Joule, 2006, sur ce problème : "la psychologie sociale, en tant que corps de connaissances constituées est si peu connue du grand public qu’elle semble ne pas appartenir à notre paysage scientifique et culturel. Ce n’est pas parce qu’elle est moins scientifique ou parce qu’elle permet moins d’applications que les autres disciplines scientifiques. Ce n’est pas non plus parce qu’elle peut déboucher sur des applications plus immorales ou parce qu’elle est plus difficile à diffuser. Pour l’auteur, c’est surtout parce les connaissances issues de la psychologie sociale rompent avec l’image de l’homme dominante (celle de l’homo œconomicus) dans nos sociétés".).

    Nous assistons à une nouvelle chasse aux sorcières.

  • permalien LepageJ :
    26 mars @14h12   « »

    De même, pour commenter les réactions nombreuses et consensuelles face à la situation sociale propre au cadre expérimental et au statut des sujets de l’expérience :

    - Les critiques libérales adressées à cette expérience prétendent que la généralisation de résultats obtenus dans le cadre expérimental au "monde réel" ne peut se faire car la situation expérimentale serait par définition arbitraire.
    Présupposé : les autres situations sociales ne le sont pas ou moins ! Par définition, toute situation sociale est contingente et arbitraire (expérimentale, organisationnelle, etc.).

    - Les sujets de l’expérience : ces derniers sont présentés comme des victimes de l’expérimentation car placés dans une situation dont ils ne saisissent pas toutes les variables et sont amenés à émettre des comportements problématiques sous la pression d’une autorité. N’est-ce pas la définition de la majorité des situations sociales ?
    Personne dans la vie de tous les jours n’a conscience du dixième des variables qui déterminent les comportements, et l’essentiel de ces comportements ne sont produits que du fait de la pression de l’environnement social (la plupart de nos comportements ne sont pas spontanés mais sont relatifs à des attentes extérieures).
    Les sujets ont vécu peu ou prou ce qu’ils vivent tous les jours. Un vécu problématique que met en exergue l’expérience menée par Beauvois et al. (2009). Et cessons de la confondre avec le documentaire !

    Tout ceci montre l’hypocrisie des critiques adressées et leur décalage relativement au travail effectué par les psychologues sociaux : ce qui dérange et se retrouve menacé ce sont les résultats et l’application d’une méthode scientifique au social. Méconnaissances et propos normatifs caractérisent malheureusement les réactions et articles de presse, deux biais on ne peut plus régulés socialement pour servir la reproduction sociale

  • permalien Dom :
    28 mars @16h17   « »
    la télé

    Salut à toi grand jean ferrat

    Jean FERRAT la création et les impératifs commerciaux
    et la chanson "A la une" sur ce blog :
    Jean Ferrat : 1990 "A la une"

  • permalien Dédé73 :
    21 avril @14h27   « »
    « Le Jeu de la mort » ou la télé en zone extrême 1 mois après ???

    Les "apprentis tortionnaires - au sens imagé de l’émission" ont ils facilement trouvé un travail par exemple à EDF ?
    Leur entourage les a-t-il félicités de leur capacité à torturer (en apparence) les victimes jusqu’à la mort sans s’émouvoir ?
    Qui peut prendre le risque d’employer des gens dont l’ignorance (tout le monde sait que 220 V sont mortels alors 460 !!!) n’est dépassée que par la veulerie ?
    Autre réflexion. Si le comédien "candidat" leur avait dit , entre deux hurlements de douleur, quelles étaient les peines qu’encourent les auteurs d’actes de torture et de barbarie et que la production de l’émission ne les couvrait pas, auraient-ils continué à envoyer des "décharges" malgré les injonctions de l’animatrice ? Entre le risque de perdre au jeu télé et celui de prendre la perpète, beaucoup auraient-ils continué ?
    Les plaintes de Mme Lienneman et M Quilès seront instructives. Normalement, les "apprentis tortionnaires" seront interrogés pour savoir s’ils pensaient, lors de leur prestation, que les décharges électriques qu’ils envoyaient étaient réelles. Si oui, une des conditions pour constituer l’infraction d’incitation à la commission d’actes de barbarie sera établie.
    Une oasis dans le Sahara s’appelait (s’appelle peut-être encore) "Bidon V". Avec Christophe Nick et les mirages de la téléréalité, nous arrivons à "Bidon VI".

  • permalien homo ludens :
    2 juin @19h20   «

    “Surréaliste”

    Jean-Pierre Martignoni, sociologue spécialiste des jeux à l’université Lyon 2, explique pourquoi ce programme est une supercherie qui donne à voir sur notre société et la télévision mais dont on ne peut tirer aucune conclusion scientifique.“Ce jeu présenté sur France 2 a repris l’expérience de Stanley Milgram, réalisée dans les années 60. L’objectif était de comprendre, dans le contexte du procès Eichmann, ce qui s’est passé dans les camps de la mort pendant la seconde guerre mondiale et pourquoi des individus ordinaires ont pu devenir devenir des monstres. Mais à l’époque cette expérimentation avait déjà fait l’objet de polémiques et de débats éthiques. Ce qui serait intéressant pour un sociologue ce serait d’interroger les participants pour savoir comment cela s’est réellement passé. Je me demande jusqu’à quel point les participants n’avaient pas parfaitement conscience que ce n’était qu’un jeu, et donc finalement si ce ne sont pas les participants qui se sont « joués » des organisateurs. D’autant plus que les cris de la victime ont été enregistrés. Bref, je crois que les participants n’étaient pas dupes de la supercherie. Certes la violence a un côté fascinant, voire érotique comme l’a démontré Sade dans son oeuvre. Mais en voulant combattre et dénoncer cette violence, je pense qu’un jeu comme celui de France 2 l’instrumentalise. Il laisse croire que la violence ne dépendrait que d’une soumission à une autorité. Un peu comme le nazi Adolph Heichman qui justifiait ses actes barbares en expliquant qu’il n’était pas un monstre, qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres de sa hiérarchie, mais en oubliant qu’il était un adepte zélé de l’antisémitisme. Par contre, en tant que sociologue citoyen, je trouve que ce programme est une vaste supercherie qui cherche à tester notre démocratie et questionne la déontologie des psychologues qui donnent leur caution scientifique. Le conseiller de cette émission, le psychologue Jean-Léon Beauvois après avoir hésité longtemps avant d’accepter, a qualifié ce jeu « d’expérience sulfureuse Les journalistes à l’origine du projet ont cru démontrer scientifiquement la docilité de nos contemporaines soumis à l’autorité totalitaire de la télévision, cela démontre avant tout que les patrons des chaînes de télévision sont dans la soumission à l’autorité… de l’audimat L’objectif c’était avant tout de faire le buzz. Voilà pourquoi de mon point de vue on ne peut tirer aucune conclusion scientifique de ce genre d’émission.

Ajouter un commentaire