Le Monde diplomatique
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Souvenirs de la répression de 1988

Quand Ferrat réchauffait le cœur des embastillés iraniens

vendredi 2 avril 2010, par Mohammad Zahedi

Replonger dans mes souvenirs de 1988, l’année terrible du massacre des prisonniers politiques iraniens, est chose pénible. Mais le décès de Jean Ferrat et la demande d’un camarade iranien ont fait que j’ai pris la plume pour écrire ces quelques lignes.

En cette année-là, plus de 12 000 prisonniers politiques iraniens furent livrés au bourreau, sans que l’opinion publique mondiale en soit avertie, et sans qu’elle puisse d’une manière ou d’une autre exprimer sa colère. Ces prisonniers avaient commis l’insoutenable crime d’être amoureux de leur patrie, celle « qu’aucun d’eux ne trompa ». Que ce soit « celui qui croyait au ciel » ou « celui qui n’y croyait pas », nous partagions tous le même « grabat », des cellules prévues au départ pour un seul prisonnier mais qui en réalité, étaient occupées par trois ou quatre personnes.

Nous avions reçu chacun une couverture étalée à même le sol sur laquelle nous passions nos nuits sans lune. Nous n’avions pratiquement aucun droit et l’avenir nous paraissait sans issue. Mais nous n’étions pas de la trempe de ceux qui abandonnent dans des conditions carcérales dures. C’est ainsi qu’à la suite d’âpres discussions avec la direction de la prison, nous avions pu obtenir un certains nombres de livres parmi lesquels le premier tome du livre de Mauger, Langue et civilisation françaises. Ayant fait mes études supérieures en Belgique, je fus tout naturellement amené à enseigner le français à plus de soixante prisonniers de toutes tendances politiques. Outre les bases de la langue de Voltaire, j’essayais de leur apprendre certains éléments de la culture orale et notamment les chansons françaises, parmi lesquelles « La France » de Jean Ferrat. Parmi nos camarades, il y en avait un, beaucoup plus âgé que nous, qui avait fait ses études supérieures en France, avait fait partie des Brigades internationales pendant la guerre civile d’Espagne et était très proche du PCF. Il tenait beaucoup à ce que les prisonniers francophones apprennent La Marseillaise, et il y était tant bien que mal parvenu. Nous la chantions lors de différentes occasions qui se présentaient.

Après la libération des prisonniers politiques, certains ont rapporté que ceux qui avaient appris le français, et qui allaient être exécutés, chantaient « La France » de Jean Ferrat. Je ne pourrais jurer de l’exactitude d’une telle affirmation, puisque j’étais alors occupé à défendre mon existence devant les bourreaux. Qu’ils aient chanté l’une ou l’autre chanson — et même si cet épisode tient de la légende —, ne change rien au fait qu’ils sont tous morts la tête haute, parce que ils n’ont pas voulu « vivre à genoux », et surtout qu’ils ont donné leur vie pour que « chantent les lendemains ».

Est-ce qu’Aragon n’avait pas écrit son fameux poème « Légende de Gabriel Péri » (C’est au cimetière d’Ivry / qu’au fond de la fosse commune / dans l’anonyme nuit sans lune / repose Gabriel Péri) ? Ne dit-on pas — enjolivant l’histoire — que la puissance de ce petit poème avait obligé la Kommandantur des forces d’occupation à Paris à placer des gardes mobiles autour du cimetière, pour empêcher que les « ombres » ne viennent fleurir chaque nuit la tombe de Gabriel Péri ? De même, la dictature de la République islamique d’Iran, ayant peur que « les hortensias bleus puissent fleurir inexplicablement » sur les tombes sans nom des martyrs à Khavaran (cimetière près de Téhéran), empêchent chaque année les épouses et les familles des exécutés de se réunir à cet endroit...

Non seulement les mesures prises par les bourreaux n’aboutissent à rien, mais, dans un avenir pas très lointain, chaque martyr de ce combat inégal contre l’impérialisme — qui ne peut voir aucun peuple décider de son propre sort — sera un sérieux problème pour toute la nation iranienne, et peut-être un cas de conscience pour les démocrates du monde entier. On entend déjà tout un peuple en marche dans son mouvement vert pour la démocratie et la justice sociale. Et le cœur des enfants de ceux qui reposent sous la terre d’indifférence de Khavaran battent pour un Iran libre et démocratique. Ils savent aussi qu’à l’instar des « loups qui ont regardé vers Paris », les armées israélo-américaines qui envisagent d’envahir le pays ne peuvent rien contre la volonté de ce peuple courageux et inventif.

Mohammad Zahedi.
Ancien prisonnier politique

33 commentaires sur « Quand Ferrat réchauffait le cœur des embastillés iraniens »

  • permalien Espark :
    2 avril @14h21   »

    C’est très touchant, cet air de liberté au delà des frontières...

    A leur mémoire
    Merci Mohammad

  • permalien parkway :
    2 avril @14h28   « »

    tous les révoltés contre les tyrans sont mes amis !

    et si en plus ils aiment FERRAT...

  • permalien
    2 avril @14h35   « »

    Merci Mohammad.

    On a du mal à s’immaginer que des hommes comme vous existent encore.

    Ce rappel de l’histoire réchauffe le coeur.

  • permalien vigneron :
    2 avril @17h36   « »

    je suis très heureuse de lire un écrit d’un ancien politique IRANIEN
    son texte est magnifique . JEAN FERRAT était l’homme de tous pays en grande détresse politique .Il à tout fait toujours ,pour dire au mon
    de entier son soutien et son engagement à interpeller haut et fort les dirigeants de tous ces pays opprimés MERCI MONSIEUR de nous ouvrir nos yeux fermés .Trés accablant pour les pays dont le pouvoir
    rime avec richesses et malversations .Souvent j’ai honte d’étre Fran
    çaise pays plus que convaincu d’etre fière d’etre LE pays DES DROITS
    DE L’HOMME TRISTESSE !!!!!! Continuez la lutte contre l’oppression

  • permalien doudou :
    2 avril @18h48   « »

    J’aimerais juste connaître de quoi exactement cet homme a été accusé, avant qu’il ne se serve de l’émotion de la mort provoqué par Jean Ferrat, au risque d’être insultant, ça sent la propagande à plein nez

  • permalien Chimael :
    2 avril @22h06   « »

    @doudou
    Par pitié ne venez pas souiller la poésie et la douleur qui transpire entre ces lignes.

  • permalien EM :
    2 avril @22h24   « »

    Rappelons pour mémoire que dans la période en question de cinq mois ayant commencée le 19 juillet 1988, communément dénommée “exécutions de 1988 des prisonniers politiques iraniens” le Premier ministre était depuis octobre 1981 et jusqu’à août 1989 un certain Mir-Hossein Mousavi Khameneh, le même dont vous avez entendu à l’Ouest des éloges appuyées depuis juin 2009...

  • permalien Rostam Ferdowsi :
    3 avril @02h10   « »

    Le billet commençait bien, mais il finit malheureusement de façon tout à fait puante. On se demande bien ce que viennent faire là les fantasmées "armées israélo-américaines". D’un, c’est l’Iran ahmadinejadien qui menace continuellement Israël, pas l’inverse. De deux, les États-Unis, depuis plus d’un an, font continuellement des propositions de dialogue à l’Iran, qui s’obstine à les refuser.

    Je suis iranien, toudehi et fan de Ferrat, mais la connerie existe à gauche et vous le démontrez avec brio, hélas.

  • permalien Zabih :
    3 avril @10h36   « »

    Doudou : je connais l’auteur, il a été arrêté en tant membre de parti Toudeh comme des milliers d’autres.

    Rappel Historique :
    L’attaque contre le parti Toudeh, légal à l’époque, en 1983 a été organisée dans un consensus intérne-externe. En interne cette attaque coïncidait avec la reconnaissance de la propriété privée par Khomeni (via sa déclaration en huit points) remise en question depuis la révolution. En externe cette l’attaque est intervenue après l’évasion d’un membre de l’ambassade de l’URSS à Téhéran vers l’angleterre. Quelques semaines après cet événement un haut responsable de service de sécurité anglaise a rencontré M.Asgaroladi, le ministre de commerce, en Pakistan pour lui transmettre un dossier sur les activités d’espionnage du parti Toudeh en faveur de l’URSS et à l’attention de ce parti d’organier un coup d’état. Une semaine plus tard une autre rencontre a été organisé toujours au Pakistan, cette fois avec M.Nategh-Nouri, ministre de l’intérieur à l’époque. A partir de là, la machine d’arrestation des dirigeants et membres du parti Toudeh a été mise en marche. Il est important de souligner que ça n’a jamais prouvé que le parti Toudeh préparait un coup d’état et plus tard même M.Rafsanjani a reconnu que cette accusation n’était pas bien fondée.

  • permalien Murmure :
    3 avril @12h50   « »

    Rostam Ferdowsi :
    3 avril @02h10 «  »

    D’un, c’est l’Iran ahmadinejadien qui menace continuellement Israël, pas l’inverse.

    Il serait plus honnête d’écrire que c’est Israël qui menace d’attaquer l’Iran et que celui-ci réplique à juste titre qu’il ne restera pas les bras croisés, comme ce fût le cas de l’Irak (Osiraki) et de la Syrie -le supposé réacteur nucléaire bombardé en 2007-.

    Ahmadinejad par contre n’a cessé de conspuer Israël en termes moins diplomatiques que le reste de la planète.


    les armées israélo-américaines qui envisagent d’envahir le pays

    J’aurais aimé que M. Mohammad Zahedi développe un peu plus cette phrase.

    A ma connaissance les États Unis ont toujours renâclé “d’envahir” l’Iran, que se soit du temps de Bush, (l’exemple de l’Irak a été une leçon) ou celui d’Obama qui a récolté l’épithète de faible par les faucons à force de vouloir dialoguer avec l’Iran pendant l’année écoulée.

  • permalien Rouzbeh :
    3 avril @13h23   « »

    @Rostam

    « D’un, c’est l’Iran ahmadinejadien qui menace continuellement Israël, pas l’inverse. »

    Permettez moi de vous signaler que vous faites erreur, c’est bien Israël qui menace l’Iran, pourtant je ne suis pas un fan de la RII et encore moins d’ahmadinajad, mais cela n’empêche pas d’être lucide !
    Comme vous le savez aussi bien que moi, ni l’Iran, ni d’autres pays de la régions n’ont cette capacité (ni économique ni encore moins militaire) d’attaquer d’Israël , mais l’inverse est vrai !

    « Je suis iranien, toudehi et fan de Ferrat, mais la connerie existe à gauche et vous le démontrez avec brio, hélas. »

    ça tombe bien, moi aussi je suis iranien et fan de Ferrat, mais je n’ai jamais oublié que les toudehi ont bien soutenu ce régime « « « anti-impérialiste » » », et comme vous l’avez très bien dit « la connerie existe à gauche » Hélas !!!

  • permalien Nathan :
    3 avril @13h58   « »

    Le drame de l’Iran, c’est de savoir que l’alternative à la sinistre paire Khamenei-Ahmadinejad n’est rien d’autre qu’un Moussavi associé à d’autres mollahs, le véritable pouvoir restant entre les mains des gardiens de la "révolution". Une bande de mollahs remplacée par une autre bande de mollahs, tu parles d’un progrès ! Pauvres Iraniens ! Ça sera toujours toujours le sabre et le goupillon avec en plus un zeste d’uranium enrichi à 90%. La question véritable est donc : où sont les mouvements laïques et authentiquement démocratiques dans ce pays (et je ne parle pas des anciens staliniens du parti Toudeh ni des nostalgiques de l’ancien régime) ? Mystère et boule de gomme.

    A propos, des terroristes du réseau al-Qaida viennent de massacrer 25 villageois en Irak. Il parait qu’al-Qaida est une invention... En tout cas, pour une invention, elle continue à faire des dégâts. Hier, on a également appris qu’une des deux kamikazes islamistes ayant massacré 40 civils dans un métro de Moscou avait à peine 17 ans. Bientôt, ils les prendront au berceau. C’étaient mes "Nouvelles d’Orient".

  • permalien Bazile :
    3 avril @14h22   « »

    @Nathan

    A propos, des terroristes du réseau al-Qaida viennent de massacrer 25 villageois en Irak. Il parait qu’al-Qaida est une invention... En tout cas, pour une invention, elle continue à faire des dégâts. Hier, on a également appris qu’une des deux kamikazes islamistes ayant massacré 40 civils dans un métro de Moscou avait à peine 17 ans. Bientôt, ils les prendront au berceau. C’étaient mes "Nouvelles d’Orient".

    Votre à propos est totalement hors sujet. A moins que vous n’attribuiez à l’"islamisme" une dimension globale expliquant tous les maux du moyen-orient, dans lequel vous incluez la Russie.

    Mais alors utilisez votre tête et vos lectures plutôt que vos instincts, les débats gagnerons en qualité, et cela ne sera pas dommage...

    De plus, c’est un peu insultant pour l’auteur de ce billet que d’essayer de détourner la discussion, c’est même choquant et pour tout dire idiot.

    D’avance merci.

  • permalien Nathan :
    3 avril @14h25   « »

    Vous avez raison, Bazile. Veuillez m’excuser.

  • permalien espark :
    3 avril @15h03   « »

    Je reviens au texte de Mohamad Zahedi, que je ne connais pas mais je respecte énormément car j ai déjà lu à propos des conditions de détention des prisonniers politiques notamment de gauche dans ces années en Iran. Des milliers ont été executés et enterrés dans des fosses communes, par un régime certe dans l’ensemble anti-impérialiste, d’où tout le paradoxe Iranien. Régime hétérogène dont le parti Toudeh n’a cessé depuis la victoire de la Révolution d’analyser sa dualité ; d’un côté la base populaire, la justice sociale et le côté anti-impérialiste héritage de la Grande Révolution de 79 et de l’autre la puissance des bazari, des réactionnaires en résumé et pour simplifier du Capial ... Le Toudeh en a été vicitme, mais l’existence même de Moussavi démontre plus de 20 ans après la justesse de ses analyses et l’existence de cette dualité...
    Ces prisonniers étaient des héros, défendant la Révolution et exécutés par les gardiens de la Révolution (!) chantant Ferrat pour ne pas chanter en Persan, interdit devant les bourreaux les menaçant de les faire souffir avant la mort...

    A leur méémoire,

  • permalien lostman :
    3 avril @16h55   « »
    Voila une condamnation hative...

    espark...

    Je reviens au texte de Mohamad Zahedi, que je ne connais pas mais je respecte énormément car j ai déjà lu à propos des conditions de détention des prisonniers politiques notamment de gauche dans ces années en Iran. Des milliers ont été exécutés et enterrés dans des fosses communes

    Mes sympathies pour tout les hommes sincères défendant n’importe quelle cause.

    C’est curieux ce genre d’accusations !! de telles affirmations mériteraient un peu plus de sérieux et respect de soi et un début de preuve au moins.

    C’est vrai que l’Iran n’est pas particulièrement apprécié ces jours-ci, mais cet espace est censé être d’hommes cultivés et intelligents.

  • permalien fernand :
    3 avril @17h28   « »
    Dualité... dualité

    Régime hétérogène dont le parti Toudeh n’a cessé depuis la victoire de la Révolution d’analyser la dualité ; d’un côté la base populaire, la justice sociale et le côté anti-impérialiste héritage de la Grande Révolution de 79 et de l’autre la puissance des bazari, des réactionnaires en résumé et pour simplifier du Capital ... Le Toudeh en a été vicitme, mais l’existence même de Moussavi démontre plus de 20 ans après la justesse de ses analyses et l’existence de cette dualité...

    Dualité : dans un sens, le shah et le Toudeh communiste étaient dans le même bateau, celui de la modernité, tandis que les religieux et les bazari étaient dans un autre, le bateau de l’Ancien Régime. L’historien Hobsbawm a montré quelque chose de semblable en Europe : les rois et les paysans d’un côté, les capitalistes et les ouvriers de l’autre.

    En utilisant les idées du sociologue Hall sur la culture, on pourrait dire que l’Ancien Régime est celui de la culture à dominante "formelle", attentive avant tout à la hiérarchie sociale (qui est supérieur à qui), et que le Nouveau Régime est celui de la culture "technique", attentive à ce que l’individu peut produire.

    Je pense que l’émergence d’une culture technique en Europe depuis le XVIIe siècle est un phénomène comparable en importance à la révolution néolithique.

  • permalien Zabih :
    3 avril @17h52   « »

    Lostman
    Ce n’est pas avec le déni de la réalité de ces exécutions que vous pouvez défendre l’Iran et son peuple.
    Oui, malheureusement des milliers d’hommes et de femmes ont été exécutés dans les années 80 en Iran...
    La preuve est à Khavaran, fosse commune à sud est de Téhéran. Je vous invite à vous documenter sur ces exécutions sommaires.
    Celà dit, Espark n’a pas nié les menaces contre l’Iran. Un coup d’Etat américain en 1953 a déjà réprimé le mouvement des Iraniens vers la justice sociale, l’indépendance et la démocratie... à l’époque aussi des héros du parti Toudeh ont été exécutés (Rouzbeh, Siamak, ...)

    Ce mouvement populaire continue à travers l’histoire de l’Iran et a aussi ses représentants au sein même du régime actuel. Ce n’est pas facile à comprendre mais il ne faut pas nier la répression sous pretexte de la lutte anti-impérialiste
    D’où la dualité et la complexité de la situation iranienne.

  • permalien Tristan :
    3 avril @23h57   « »

    Ma foi, ca semble assez claire que les chefs du mouvement vert sont les même qui ont plongé dans l’Iran Gate et dans les massacres de communistes.

    Bon, vu de Bolivie, je n’aime pas énormément les partis communistes, remplis de traîtres à la solde de la CIA, même si le Ché et Mercelo Quiroga Santa-Cruz me sont plutôt sympatique (deux grands communistes qui ont été assassiné en Bolivie grâce à la complicité, semble-t-il, de certains de leurs "camarades"). Mais là, je pense surtout à un intélectuel trotskiste, Filemón Escobar, qui avait réussi à faire ratifier, quand il était président du sénat, le traité qui donne l’immunidad aux citoyens des USA, en Bolivie, en cas de crimes de guerre, vis-á-vis de la cours de la Haye. Bon, heureusement, il a été foutu dehors du parti d’Evo Morales, en étant traité de ce qu’il devait être : un agent de la CIA.

    Moi aussi, à défendre un paysan comme Evo Morales, je dois faire partie des réactionnaires, contre les communistes progressistes comme Filemñon Escobar et des progressistes comme le Shah, mais j’ai bien conscience de la forte dualité des positions que je défends.

    Et comme beaucoup de chefs d’états d’Amérique du Sud, je continu à soutenir la légalité des élections en Iran, de son droit d’utiliser l’énergie nucléaire civile et d’être dirigé par une république islamiste. Pour moi, il faudrait encore plus de pays qui tiennent le même positions et que l’Iran ne se sente plus attaqué. En même temps, ca obligera le mouvement vert d’attendre les prochaines élections, pour défendre ses positions (comme dans toutes démocraties qui se respectent). On pourrait aussi proposer à plusieurs pays amis d’envoyer des inspecteurs lors des prochaines élections, pour obliger aux perdants d’accepter leur déroute, car sans les inspecteurs de l’OEA, en Bolivie, l’opposition n’auraient jamais accepter la victoire d’un "indio" (bon, ils ne l’avaient pas accepter, mais ils n’ont vraiment pas fini par avoir d’autres choix, comme même l’assassinat et le coup d’état avaient échoué).

  • permalien Rozbeh :
    4 avril @12h31   « »

    @ Tristan

    " Bon, vu de Bolivie, je n’aime pas énormément les partis communistes, remplis de traîtres à la solde de la CIA... "

    Pardonnez- moi Tristan, j’ai vraiment du mal à vous comprendre, peut-être cela vient de mes lacunes de la langue française ?!! On vous parle de milliers (je pèse bien mes mots, DES MILLIERS) d’assassinats d’innocents, et vous, vous nous parlez des communistes traitres ?!! C’est vraiment décevant de la part d’une personne qui se définit comme " humaniste ".

    " Moi aussi, à défendre un paysan comme Evo Morales, je dois faire partie des réactionnaires... "

    Comme je vous ai dit une fois sur une autre file de la discution, " il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes ". La Bolivie de Morales et le Venezuela de Chavez, n’ont rien avoir avec la RII, est-ce que vous pouvez comprendre cela svp ? Je comprends que vous vous sentiez un peu « redevable » envers la RII, puisque vous avez dit plusieurs fois (dans vos précédents postes) que, la RII avait fourni à la Bolivie des gardes des corps et construit un hôpital (je ne parle pas encore en échange ce qu’ils ont exigé, je croyais en toute naïveté que la solidarité, d’une part n’a rien avoir avec la charité, et de deux, quand on fait qq chose par solidarité, on n’exige rien en échange, mais bon, passons...)

    " en Bolivie, l’opposition n’aurait jamais accepté la victoire d’un "indio" "

    Je connais un peu « pas autant que vous bien sûr » la Bolivie et le Venezuela, et je sais aussi que Evo Morales (comme Hugo Chavez d’ailleurs), ont lancé une référendum, ce qui n’est pas le cas d’Ahmadinajad !

    Malgré tout, c’est votre droit de soutenir la RII, mais n’oubliez pas que vous défendez les assassins d’êtres humains " vos semblables ", et surtout, ne dites pas plus tard que vous ne le "saviez pas " !.

  • permalien démo n :
    4 avril @17h48   « »

    Peut on croire pareil récit avec des politiques iraniens chantant la france en allant s’exécuter !!! Alors que les vrais dictateurs sont tranquil grace à leur complicité pour s’allier avec le seul état démocratique de la région qui applique l’APPARTHEID sous ses formes les plus abominables& emprisonnent femmes & enfants sans jugement et ceux qui terminent leur peine reste en prison.
    les lobbies et les grandes Entreprises ne peuvent tolérer qu’une démocratie Hypocrite qui sert leurs intérets quittent à tuer 2 millions d’irakien et de spôlier la terre à 10 millions de palestiniens dont la moitié est devnu réfugié sans terre ni nation.

  • permalien Tristan :
    4 avril @19h25   « »

    @Rozbeh

    Oui, ca me fait mal de penser à tous les communistes qui sont mort, en Iran, sous la république islamique (et avant), comme tous ceux qui sont mort sous les dictatures, en Amériques du Sud. Et même si je n’ai pas une très grande estime des partis communistes boliviens, je sais qu’il y avait des gens de très grande valeur, comme Marcelo Quiroga Santa-Cruz (et il doit y en avoir encore). Pour moi, ces gens ont, bien sûre, leurs places dans n’importe quel république (en Suisse aussi, on a notre parti communiste).

    Si on regarde de plus près quels sont les responsable, en Iran, de ses massacres, on voit que le premier ministre de l’époque, Mousavi, qui travaillait avec le MOSSAD et la CIA (lors du fameux Iran Gate), sur des rumeurs propagée par les services secrets britanniques, semble faire clairement partie des assassins. Maintenant, j’ai bien conscience que la république islamiste n’est pas parfaite, mais la république francaise, comme la démocratie suisse, ont aussi beaucoup de sang sur les mains et ce n’est pas pour autant que je ne soutiendrais pas ces régimes politiques, qui méritent, bien sûre, des améliorations et de reconnaître certains de leurs crimes.

    Sur les comparaisons entre Evo Morales, Hugo Chaves et Ahmadinajad, votre commentaire est intéressant, car si il y a eu des référendums revocatorios, c’était dans l’idée ou sur la base d’un changement de la constitution, c’étaient des référendums à mi-mandat. Il serait intéressant de proposer quelque chose de semblable aux dirigeants actuels de l’Iran, qu’à la demande du mouvement vert, avec des inspecteurs internationnaux de pays amis, il puisse y avoir un référendum du même genre, à la moitié du mandat constitutionnel d’Ahmadinajad (dans ce cas, il faudra que l’Iran intègre à sa loi électorale le référendum à mi-mandat, avec la possible nessécité d’un changement constitutionnel)

    En Bolivie, comme au Vénézuéla, malgré le fait que l’opposition avait aussi parlé de fraude massive, jamais Evo Morales et Hugo Chaves n’ont permis de faire de nouvelles élections, ce qui auraient été vu (comme en Iran), comme la preuve que ces personnes avaient volé les élections. D’ailleurs, en Floride, il s’est passé la même chose, où la réalité de fraudes massives est, là, clairement avérée. Mais aux USA, pour ne pas affaiblir le président Bush, au niveau internationnal, les démocrates n’ont même pas été jusqu’au bout des démarches juridiques possibles. Franchement, il y a bien des similitudes entre l’Iran, la Bolivie, le Vénézuéla et d’autre pays qui ont vu des révolutions colorées, où l’opposition n’a jamais hésité à n’importe quels actions pour revandiquer le pouvoir. Il y a même eu des cas avérés où ces même oppositions avaient tué de leurs propres manifestants, pour crée des martyrs (en Serbie, au Vénézuéla) et j’ai des fortes suspitions sur certains morts, en Bolivie.

  • permalien Danielle :
    5 avril @18h27   « »

    Merci Mohammad, je vois que les débats ci-dessus sont très loin de ton récit simple, émouvant et touchant. Il décrit un petit moment des souffrances subis par ces prisonniers et par le peuple iranien dans sa conquete de la justice sociale, l’indépendance et la liberté. Lutte commencé il y a plus d’un siècle contre les impérialistes et poursuivi jusquà nos jours.

    Enfin Mohammad, on voit bien à travers ton écrit qu’il ne s’agit en aucun cas de tomber dans un piège quelconque des occidentaux tu le finis en demandat à nouveau vigilence...

    as-tu d’autres écrits. Où est-ce qu’on peut te lire ?

    Amitiés

  • permalien Tristan :
    7 avril @01h44   « »

    @Danielle

    Désolé d’être à côté de la plaque, c’est vrai, je squatte le blog de monde diplo qui parle beaucoup de l’Iran et du Moyen Orient, alors que, même si c’est des thêmes qui m’intéressent, je suis plus branché Bolivie.

    Mais là, de nouveau, je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle entre l’histoire de la Bolivie et cette lettre.

    On entend déjà tout un peuple en marche dans son mouvement vert pour la démocratie et la justice sociale

    On a aussi eu une des plus importantes forces de gauche, le MIR, en Bolivie, qui a eu de nombreux martyrs et prisoniers politiques, sous la dictature, dire le même genre de chose que M. Zahedi, quand ils se sont allié au général Banzer (à plusieurs reprises), pour prendre ou partager le pouvoir (dans les années 1990).

    Il me semble que savoir si Mousavi est un des principals assassins de ces communistes est une question qui n’est pas vraiment hors sujet. Car si c’est effectivement le cas, on a là le texte d’une personne qui défend le mouvement de son bourreau.

    J’aime autant vous dire que ce mouvement de gauche révolutionnaire (le MIR), en Bolivie, est connu, aujourds’hui, comme une des plus grandes prostituées de la politique bolivienne, ils se sont vendu, et à leur boureau (Banzer) et au néolibéralisme.

    Je ne connais pas M. Zahedi et ses véritable positions actuelles et rien ne me ferait plus plaisir de savoir qu’il ne partage pas le destin de nombreux dirigents du MIR.

    Un gag, en Bolivie, dit que le MIR est un parti qui a très bien réeussi à lutter contre la pauvreté. Ils étaient tous pauvre, mais à la fin de leur gestion, ils étaient tous riches.

  • permalien Espark :
    7 avril @20h54   « »

    Tristan, tu dois apprendre le respect. Je ne te réponds pas car tu ne connais rien de l’histoire d’Iran, fait un blog pour exposer tes idées.

    Moussavi n’est pas responsable des tueries des années 80. Celà est connu par ceux qui suivent la situation en IRan. Ahmadi Nejad, Tabassi, Hojatieh, ... le sont par contre.

    Avant d’accuser les hommes honnetes et courageux, essaie de comprendre la situation historique. A moins qu’il s’agisse de ton job pour pourrir les blogs et remplir l’espace. Je ne te répondrai plus.

    Par ailleurs, je demande à Mohammad, de nous donner un lien à ses autres écrits, touchants, sincères et émouvants.

    Amitiés

  • permalien Lorie :
    7 avril @23h15   « »

    Quel courage !meme si c’est une légende,ce texte est poignant et beau.

  • permalien Tristan :
    9 avril @06h35   « »

    @Espark

    Oui, effectivement, je ne connais pas grand chose de l’histoire de l’Iran, contrairement à Mike (qui, dernièrement, à posté quelques messages sous le pseudo de EM).

    le Premier ministre était depuis octobre 1981 et jusqu’à août 1989 un certain Mir-Hossein Mousavi Khameneh

    Je ne devrais peut-être pas le croire sur parole, vous allez sûrement me dire que ce qu’il a dit est un affreux mensonge.

    Mais bon, je cherche à voir où j’ai manqué de respect. C’est vrai, j’ai de la peine à avoir du respect vis-à-vis du Général Banzer et des partis de gauche qui se sont allié à lui. Mais si vous tenez à le défendre et à m’apprendre à le respecter, c’est peine perdue, autant que vous ne me répondiez plus.

  • permalien zabih :
    9 avril @15h21   « »

    Danielle
    J’ai un autre récit de Moahmmad sur ses 6 années de détention si tu veux je peux te l’envoyer par mail

    Amitiés

  • permalien Eric :
    9 avril @15h25   « »

    Légende ou réalité, c’est très émouvant. J’espère que le peuple iranien avancera dans les combats qu’il mène depuis des dizaines d’années.

    Nous n’avons pas oublié le coup d’état de la CIA en 53, la Révolution de 79, la guerre, la répression des années 80 puis le tournant à droite enfin avec toutes les contradictions ...

    Merci Mohammad

  • permalien Danielle :
    10 avril @21h51   « »

    Zabih,
    Je ne peux pas envoyer mon mail dans un blog publique, surtout quand je vois un certains nombre de commentaires qui parfois frolent l’irrespect (voir commentaires Tristan, ...).
    Si le texte est sur un site quelconque, merci d’ajouter le lien.

    En tout cas je pense encore au récit de Mohammad en murmurant Ma Frnace ...

    Amitiés

  • permalien
    10 avril @23h46   « »

    Pour le New York Times, le peuple iranien peut difficilement s’adonner à la résistance non violente parce que son histoire et sa religion le prédisposent à la violence.

    MOHSEN SAZEGARA recognizes that nonviolent protest is a tough sell for most Iranians, given that bloodshed is a part of both their long history and their faith.

  • permalien Zabih :
    11 avril @19h40   « »

    Rappel :
    Gabriel Péri était un dirigeant communiste et membre influent du mouvement de la Résistance. Il était membre du comité central du PCF, rédacteur du service politique étrangère de l’Humanité et député. Il fut arrêté par les Allemands et fusillé en compagnie de 92 autres otages en décembre 1941.

    Aragon, ce grand homme de lettre et communiste qu’on avait appelé Voltaire du XXème siècle, avait écrit pour le seconde anniversaire de l’exécution de Gabriel Péri un poème qui s’appelle "Légende de Gabriel Péri" dans lequel il décrit la légende selon laquelle toutes les nuits des "ombres" fleurissaient la tombe de Gabriel Péri au cimétière d’Ivry (C’est au cimetière d’Ivry/Qu’au fond de la fosse commune/Dans l’anonyme nuit sans lune/Repose Gabriel Péri...Ici des hortensias bleus/Inexplicablement fleurissent/Dans le cimetière d’Ivry/Dont on a beau fermer les portes/Quelqu’un chaque nuit les apporte/Et fleurit Gabriel Péri.../Vous souvient-il ô fusilleurs/Comme il chantait dans le matin/Allez c’est un feu mal éteint/Il couve ici mais brûle ailleurs.../Il y aura d’autres aurores/Et d’autres Gabriel Péri...).

    Ce poème, publié illégalement, a fait le tour de la France et lorsque les forces d’occupation ont pris connaissance de ce poème, ont cru vraiment que chaque nuit des partisans fleurissaient la tombe de Gariel Péri. Alors elles ont placé des gardes tout autour du cimetière d’Ivry. Un fait qui a renforcé davantage ladite légende. Ce poème a eu un effet extraordinaire sur le moral des résistants...

  • permalien Reza Hiwa :
    23 avril @13h52   «

    Merci mon ami pour ce bel article. Comme s’il avait besoin de prouver l’Homme est un, tout comme son combat pour la liberté. A chaque fois que j’écoute les récits des camarades emprisonnés de ces années noires, et leur engouement pour apprendre de l’expérience des autres peuple, et pour apprendre tout court, et aller de l’avant, je me sens fier être … un homme. Pas nécessairement un iranien, un français. Un homme debout.

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