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La « régulation financière », entre contresens et mauvais vouloir

mercredi 21 avril 2010, par Frédéric Lordon

A lire également, dans Le Monde diplomatique de mai 2010 (en kiosques le 28 avril) : « Commencer la démondialisation financière », par Frédéric Lordon.

La mise au jour des délicatesses de Goldman Sachs fournira-t-elle l’impulsion désespérément manquante à la mise au pas de la finance ? Il faudra au moins ça car, à simplement prolonger les tendances antérieures, et sauf grave rechute des banques qui forcerait à les secourir de nouveau et ferait déborder le vase, il est assez évident que, pareille à la guerre de Troie, la re-régulation financière n’aura pas lieu. Pour se faire une idée de ce mauvais vouloir régulateur, il suffit d’observer la « philosophie générale » qui se dégage de l’ensemble des propositions actuellement sur la table : non pas éviter la survenue de la prochaine crise mais contenir ses effets… De cette (prévisible) révision à la baisse, pour ne pas dire annulation complète, des ambitions initialement proclamées, résulte, techniquement parlant, une orientation exclusive de tous les projets en circulation vers les questions couplées de la solvabilité et des faillites bancaires. Au moins, dans cette aire très strictement délimitée, l’imagination ne faiblit-elle pas, et peut-être d’autant moins que davantage d’agitation dans ce registre particulier fera oublier l’inexistence complète de toute activité dans d’autres qu’il serait pourtant bien plus impérieux d’explorer. Ratios contracyclique, Cocos, Living wills et Bail-in sont devenus les spécimens les plus appréciés d’un bestiaire qui serait l’équivalent d’un grand zoo où il n’y aurait que des gastéropodes – ce qui fait un parc à thème amusant mais pas vraiment une vue exhaustive du règne animal.

Les limaces de la re-régulation

Des ratios de capital contracycliques

Les ratios de solvabilité ne sont pas une nouveauté dans la finance. Depuis 1996, les accords de Bâle préconisent d’imposer aux banques un niveau réglementaire du ratio entre leurs fonds propres et la somme de leurs actifs pondérés par leur niveau de risque. Dit aussi simplement que possible, ce ratio donne une indication indirecte de l’épaisseur des fonds propres qui subsisterait si se matérialisaient les pertes liées aux actifs risqués, or cette « épaisseur » détermine la solvabilité de la banque entendue comme sa capacité à maintenir un actif net positif (c’est-à-dire à garantir qu’il lui resterait quelque chose si, dans l’hypothèse d’une faillite, elle devait liquider ses actifs pour repayer toutes ses dettes et rembourser tous ses créanciers).

Pour toutes les assurances qui avaient été données alors, on s’est aperçu que, non seulement le ratio bâlois en question n’évitait aucun désastre, mais qu’il avait même tendance à en faciliter la survenue du fait de ses propriétés fortement procycliques. En effet une phase de bulle a pour conséquence, d’une part de faire augmenter rapidement le numérateur du fait des épais profits liés aux plus-values (réelles et latentes dans la valorisation au mark-to-market [1]) mais aussi, d’autre part, de ralentir fortement la croissance du dénominateur du fait de la baisse des niveaux de risque apparent qui entrent dans la pondération des actifs : il y a d’abord que la bulle offre objectivement un profil dynamique relativement stable des prix des actifs, propriété ensuite renforcée du fait de la croyance collective euphorique des opérateurs en la disparition du risque, les deux ensemble déformant profondément les divers indicateurs de risque – indice VIX de la volatilité qui a atteint par exemple des niveaux historiquement bas pendant les années de folie subprime, ainsi que les spreads donnant les primes de risque des divers actifs par rapport aux bons du Trésor et qui se réduisent à trois fois rien pendant la bulle.

Il s’ensuit que les ratios de solvabilité s’améliorent pour ainsi dire tout seuls et que les banques se considèrent alors autorisées à se charger encore plus en actifs puisqu’elles se voient satisfaire à l’aise la contrainte réglementaire. La bulle va son train, donc les ratios s’améliorent ; les ratios s’améliorent donc les banques gonflent leurs actifs (titres et crédits accordés) ; les banques gonflent leurs actifs, donc la bulle va (encore mieux) son train… Et ceci bien sûr jusqu’au déraillement final, où l’on s’aperçoit d’une part que les ratios, loin de constituer une force de rappel, portaient en fait en eux-mêmes des effets puissamment procycliques (c’est-à-dire d’amplification, et non de correction, de la tendance), et d’autre part donnaient une image profondément faussée de la solvabilité des banques, d’ailleurs rapidement détruite au moment du krach.

L’idée géniale consisterait donc à bricoler légèrement les ratios pour, non seulement neutraliser leurs effets amplificateurs, mais même, tant qu’à faire, les doter de quelques propriétés modératrices. D’où par exemple la proposition avancée par Goodhart et Persaud [2] de ratios contracycliques qui imposeraient une proportion de fonds propres (par rapport aux actifs pondérés) non pas fixe mais croissant parallèlement aux prix desdits actifs : le ratio ainsi redéfini aurait pour double effet, d’une part, de ralentir le rythme de croissance des actifs, donc leur contribution à la bulle et, d’autre part, mais par le même truchement, de contraindre réglementairement les banques à se constituer un matelas de fonds propres plus important et plus susceptible d’absorber les éventuelles pertes qui suivraient d’un brutal retournement des marchés – dont la probabilité est jugée croissante avec le niveau des prix des actifs. Ralentissement de la bulle et consolidation des bilans bancaires : l’idée ne semble-t-elle pas des plus intéressantes ?

Cocos

Appeler les cocos au secours en cas de crise financière, n’est-ce pas délicieusement drôle ? A ceci près que ces cocos-là ne portent pas drapeau rouge ni couteau entre les dents mais consistent en un dispositif particulier de conversion financière – coco voulant dire en fait contingent convertible (ou dans une autre version contingent core capital). Les cocos désignent en effet une classe spéciale de titres obligataires émis par les banques et soumis à une clause de « métamorphose automatique » qui convertit cette dette en capitaux propres si d’aventure le ratio de solvabilité de la banque en question passe au dessous d’un certain seuil réglementairement défini. Par le jeu de la conversion, le passage (à la baisse) du seuil a donc pour effet d’immédiatement consolider la base de fonds propres de la banque et de remonter mécaniquement son ratio vers des niveaux moins critiques. On voit déjà le glissement par rapport au dispositif des ratios contracycliques puisque, là où ces derniers relevaient d’une finalité préventive, les cocos, par construction, entrent en jeu alors que ça déjà commence à sentir un peu le roussi.

Living wills (testaments)

Mais que dire alors des living wills, alias « testaments bancaires » qui, eux prennent carrément le parti de se situer dans l’hypothèse d’une faillite bancaire avérée en prévision de laquelle ils envisagent à l’avance, et à froid, un découpage possible de la banque permettant d’identifier des actifs (filiales, départements…) susceptibles d’être cédés à très bref délai afin de procurer les liquidités d’une recapitalisation. On ne saurait mieux dire que la faillite d’institutions financières demeure une éventualité parfaitement assumée puisqu’il est ouvertement question ici d’en prévoir des formes de règlement planifiées à l’avance. Loin de devenir l’événement à bannir absolument, la faillite se trouve simplement incluse dans des procédures de gestion dont on espère qu’elles permettront de lui donner un tour moins dramatique.

Bail-in

L’idée du bail-in prolonge cette logique d’acceptation a priori de la faillite en mêlant plus ou moins Cocos et Living wills. Elle envisage à l’avance des cessions à effectuer qu’elle combine avec un plan d’ensemble de restructuration du capital : i) reconnaissance rapide et sévère des pertes, quitte à ce que la base de fonds propres en soit entièrement détruite ; ii) reconstruction de cette base par conversion en equity des actions préférentielles et des dettes subordonnées ; iii) ouverture d’une ligne de liquidité par un consortium bancaire de place [3]. Si l’on met à part ce dernier élément, cette procédure de resolution (le terme de l’anglais financier qui rassemble l’ensemble des mécanismes de traitement des faillites bancaires) mérite en effet d’être qualifiée de bail-in, puisque, par opposition au bail-out où, par définition, le secours vient du dehors, il vient ici du dedans et plus précisément des actionnaires préférentiels et des créanciers mobilisés par le jeu des divers mécanismes de conversion. Ceux-ci revêtent une importance stratégique puisque, assez logiquement, il ne faut pas compter sur le bon vouloir d’apporteurs de fonds extérieurs au moment précis où l’entreprise est menacée de disparition : le plus vraisemblable est donc que ni nouveaux actionnaires ni nouveaux créditeurs ne se précipiteront pour remettre au pot dans ces conditions où la probabilité de ne jamais revoir leur mise ni en récupérer le moindre bénéfice est plus haute que jamais… En revanche actionnaires préférentiels et créanciers historiques sont déjà impliqués, ce dont le mécanisme de conversion tire parti pour simplement modifier la forme de leur implication et les faire (les forcer à) s’engager en equity de sorte que la base de capitaux propres se trouve reconstituée. Le crédit syndiqué de place demeure le seul élément technique de bail-out, mais obtenu moins par le jeu des mécanismes de marché – à cette aune il est bien clair que personne « n’ira » – que par la coordination coercitive du régulateur, à l’image du secours « privé » qu’avait monté la Réserve Fédérale en 1998 pour sauver le fonds LTCM en pleine déconfiture.

Le dérivatif de la solvabilité

Au moment précis où le consensus des experts internationaux décrète qu’il n’est pas d’enjeu plus central que la solvabilité bancaire, on pourrait trouver aventureux d’en dire qu’elle est en fait une question secondaire. Il y a pourtant bien des raisons de le penser, la première étant que les problèmes de solvabilité sont très difficilement mesurables à chaud, du fait notamment de l’extrême incertitude qui plane sur le montant réel des pertes, donc des destructions de capital. L’une des grandes caractéristiques de la crise des subprime restera que les banques s’y sont trouvées pendant des mois dans la plus complète incapacité de valoriser leurs actifs et de déclarer leurs pertes. Il n’y est pas allé que d’un mauvais vouloir ou d’une réticence à l’aveu mais bien, également, d’une difficulté objective liée au fait que les actifs étant évalués au mark-to-market, soit sur la base de leur prix de marché instantané, la valorisation devient impossible au moment où les marchés se congèlent, où toute transaction y devient impossible, et où par conséquent… il n’y a simplement plus de prix de marché. L’évaluation au mark-to-market en panne est alors remplacée par l’évaluation au mark-to-model, c’est-à-dire d’après des modèles de valorisation… dont la crise révèle précisément que leurs hypothèses centrales sont erronées. La complexité intrinsèque des actifs, notamment ceux de la finance structurée, agglomérats d’une gigantesque multitude de crédits élémentaires hétérogènes, rend titanesque la tâche d’y voir un peu clair dans les valorisations. Le processus de révélation des pertes est donc nécessairement étalé – ne s’est-il pas compté en semestres dans le cas de la crise présente ?

On comprend mieux les évaluations (nécessairement) fantaisistes des ratios de solvabilité au cœur de la crise. Avec une dose seulement modérée de mauvaise foi, les banques peuvent afficher des ratios de capital plus qu’honorables au moment même où elles sont en train de couler – deux jours avant d’aller à la faillite, Lehman n’affiche-t-elle pas un ratio Tier-1 étincelant de 11% là où le minimum réglementaire étasunien est de 6% ? Ce qu’est vraiment la solvabilité de Lehman (le cas Bear Stearns est très semblable) à ce moment précis, nul ne peut le dire. En tout cas, sur la foi des données disponibles, le problème n’est pas là. À la vérité, la chute de Lehman relève de tout autres mécanismes : ceux du run et de la crise de liquidité. Lehman tombe du fait d’un mouvement collectif de défiance, puissamment auto-réalisateur comme toujours dans la finance. Le run, c’est le (double) mouvement de fuite par lequel, d’une part, ses anciennes contreparties refusent maintenant de transacter avec la banque – contribuer au renouvellement de ses financements de court terme, n’en parlons même pas – et, d’autre part, les clients de la banque se précipitent pour retirer de toute urgence leurs avoirs. Impossibilité de reconduire les opérations ordinaires dans les marchés faute de contrepartie, impossibilité de procéder à la moindre émission de titres, impossibilité de conserver les fonds : c’est Lehman qui fuit maintenant mais au sens d’un réservoir mitraillé avec des gros trous dedans. Lehman aura beau communiquer frénétiquement sur les milliards de dollars dont elle dispose en trésorerie, son matelas de liquidité va se trouver épuisé en quelques jours et la banque rendue à l’illiquidité définitive.

S’il y avait matière à distinguer dans cet enchaînement fatal un problème de solvabilité, en dépit des indications « rassurantes » du moment, ce serait alors par la médiation des croyances collectives – en fait le mode structurel d’articulation des crises de solvabilité et des crises de liquidité. Le fait « dur » de la mort économique, le principe de réalité, ne prend jamais la forme de l’insolvabilité, qui est une abstraction, mais celle de l’illiquidité qui est, elle, un phénomène objectif : l’entreprise n’a plus de trésorerie, elle ne peut matériellement plus payer. Une entité insolvable peut être prolongée autant qu’on veut pourvu qu’on lui assure de rester liquide – la preuve en est donnée d’ailleurs par les cas de Fannie Mae et Freddie Mac dont les ratios de solvabilité sont devenus si minuscules que, comparées à Lehman, elles devraient être mortes depuis longtemps. À ceci près que le gouvernement étasunien a décidé qu’il ne les laisserait pas mourir. Bien sûr, en règle générale, une information sur l’insolvabilité chronique d’une entreprise décourage de la maintenir artificiellement à grand coups de lignes de liquidité, raison pour laquelle la crise de solvabilité débouche sur la mise en faillite. Mais on ne passe de l’une à l’autre que par une décision humaine – comme le rappelle incidemment l’expression de mettre en faillite – et non par un enchaînement causal irrésistible. C’est la crise de liquidité qui, elle, impose sans appel son verdict de fin, et dans ce cas là, pourrait-on dire afin de marquer la différence, l’entreprise n’est pas mise en faillite : elle y tombe.

Il y a donc toujours une sorte ou une autre de médiation sociale entre insolvabilité et dépôt de bilan et, dans le cas des institutions financières, cette médiation prend le plus souvent, pour ne pas dire systématiquement, la forme de la croyance collective. Parce que les divers opérateurs – clients, contreparties, créditeurs potentiels – forment, à tort ou à raison, bien informés ou mal –, des jugements défavorables sur la solvabilité d’une banque, il en résulte un mouvement centrifuge général qui laisse la banque seule au monde et bientôt vidée de toute liquidité – mort objective. Le run, et la crise de liquidité qui s’ensuit, sont donc le produit d’un déplacement brutal de la croyance collective dont l’institution financière était l’objet et auquel, quelle que soit l’ampleur de ses ressources de trésorerie, il lui est impossible de résister si elle ne parvient pas très vite à retourner l’opinion commune.

Les pouvoirs (très) limités des resolutions

La problématique de la resolution est d’aussi peu de secours que celle de la solvabilité. Sans doute on se trouvera un peu mieux (ou moins mal) avec des plans de faillite ordonnée que sans. Mais s’imaginer qu’ils feraient l’affaire en cas de crise financière sérieuse est une douce illusion. En premier lieu les situations critiques ont un talent certain pour rendre caduques, dépassées ou impraticables les dispositions élaborées à froid. Car c’est bien beau de bâtir des programmes de cession, mais encore faut-il trouver acquéreur, et si la crise est généralisée il est à craindre qu’il ne s’en présente pas beaucoup, ceci pour ne rien dire des prix de cession réels, probablement fort différents de ce qui avait été anticipé par beau temps.

Plus généralement, c’est là le point le plus faible de toutes ces approches par la « restructuration en bon ordre » (living wills ou bail-in) qu’elles restent dans le cadre d’une hypothèse implicite de gestion de faillites localisées. Peut-être, en effet, des dispositions de cette nature permettraient-elles de faire face dans d’assez bonnes conditions à des cas isolés – après tout la faillite de Bear Stearns, celle d’Indymac et de bon nombre d’autres institutions ont bien été gérées sur ce mode-là (et d’ailleurs sans recours à ces instruments bizarres). Mais le traitement ponctuel atteint sa limite lorsque la crise prend un tour systémique, comme l’atteste le « moment Lehman » (il faudrait dire en fait le moment Lehman-AIG) qui signe l’impossibilité de poursuivre dans le registre des sauvetages successifs et incoordonnés pour basculer dans celui du plan de sauvetage global de tout le secteur financier. À ce moment, living wills, cocos et bail-ins peuvent aller se rhabiller, il y a belle lurette qu’ils sont entièrement dépassés. Si donc on se gargarise de ces habiles trouvailles en se racontant qu’elles nous tireront d’affaire à la prochain crise, il est à craindre que, supposé celle-ci tant soit peu sérieuse, on en revienne en haillons.

Changer de modèle

Mais qui ne voit les intérêts à persévérer dans ce registre de la régulation inoffensive, le projet, par la multiplication ostentatoire de ses gadgets techniques, de le donner pour tout à fait suffisant, et pour finir le désir de ne surtout rien changer de fondamental ? L’aveu en est implicitement fait par l’objectif directeur qui réunit toutes ces « propositions » plus édulcorées les unes que les autres : non pas éviter la survenue des crises mais améliorer la gestion de leurs effets. Il n’est que de lire les diverses déclarations des ayant-voix-au-chapitre, régulateurs comme régulés, pour les découvrir tous bien d’accord à propos de l’idée que les crises sont aussi inévitables que le retour des saisons, sorte de fatalisme intéressé qui donne l’essentiel de sa rationalisation au mauvais vouloir régulateur. On peine à croire pourtant que, d’un événement aussi cataclysmique – de l’aveu même de ceux qui étaient en première ligne pour y faire face [4] – qu’a failli l’être la crise financière, si peu de conséquences soient tirées. Et il est assez évident que la panoplie – mais presque au sens enfantin du terme : « pour de faux » – des instruments actuellement proposés condamne le système financier à finir de nouveau en morceaux si l’événement en question se reproduit dans les mêmes proportions. C’est pourquoi tout projet de re-régulation significative doit impérativement changer de modèle, et d’abord en changeant d’objectif stratégique, plus précisément en posant qu’il ne s’agit plus de simplement limiter les effets des faillites mais d’éviter impérativement leur survenue. Rien en effet ne peut garantir contre la mutation fatale d’une séquence de faillites ponctuelles, contenues au coup par coup, en une dynamique de faillites en cascade, corrélation-propagation qui est le propre de la matérialisation d’un risque systémique, dans lequel les plans en chambre de resolution ordonnée sont voués à finir volatilisés. Face à l’éventualité de cet irrésistible enchaînement, l’impératif de l’évitement des faillites bancaires est le seul objectif stratégique sérieux, et l’on accordera sans barguigner qu’il est des plus exigeants. Mais il est atteignable.

Il l’est en particulier pourvu que l’on consente à modifier radicalement le principe de régulation pour passer de la supervision réactive à la prescription préemptive – en d’autres termes neutraliser-prohiber avant plutôt que réparer après. Ainsi donc, au triptyque de la régulation prudentielle : laissez faire / observer / rectifier, il faut substituer le triptyque de la refonte radicale : interdire / surveiller / réprimer. Maintenir grand ouvert le « domaine stratégique » des acteurs de la finance, c’est-à-dire l’ensemble des actions qu’il leur est licite d’entreprendre, en espérant les maîtriser du regard, moyennant quelques dispositifs de recadrage (tels les ratios de solvabilité contracycliques par exemple) est le plus sûr moyen de finir dans le décor avant même d’avoir eu le temps de faire ouf. C’est cet ensemble qu’il faut drastiquement réduire, en fermant de nombreux degrés de liberté de la finance – dit plus clairement en rendant interdites ou impossibles un certain nombre de stratégies d’investissement. Ce n’est pas ici le lieu de réexposer dans leur détail des propositions déjà présentées ailleurs (ici et ) en ce sens et dont la (re) lecture suffit à marquer la différence de « ligne » avec l’orientation des projets de régulation actuellement sur la table ; on se contentera donc, pour mémoire, d’en rappeler simplement les têtes de chapitre :

-  Re-séparation drastique des banques de dépôts et des banques d’investissement

-  Cantonnement des banques de dépôts aux activités de crédit ordinaire et de fourniture de produits d’épargne sous la forme exclusive du livret (à intérêt bas et garanti)

-  Régulation sévère de l’enclave « banque d’investissement » pour réduire le différentiel de rentabilité des épargnes entre les deux sphères bancaires

-  Interdiction du trading pour compte propre

-  Limitation drastique des ratios de leviérisation

-  Interdiction des investissements sur marge

-  Fermeture des marchés OTC

-  Rapatriement de toutes leurs transactions dans des places sous contrôle public

-  Fermeture de certains marchés de produits dérivés (tous ceux qui n’ont pas pour sous-jacents des objets concernant directement l’économie réelle)

-  Sélection des opérateurs autorisés dans les marchés de dérivés restant et limitation de leurs positions

-  Soumission obligatoire de toute innovation financière à une agence ad hoc (qui dira non)

-  Interdiction de la titrisation

-  Et probablement, car jamais les Etats-Unis et le Royaume-Uni n’accepteront pareil programme, mise en œuvre à l’échelle d’une Zone Européenne Financière régulée (sans les Anglais) dûment munie des protections (c’est-à-dire des contrôles de capitaux) accordées à son niveau supérieur de réglementation [5].

Avouons par ailleurs, et sans détour que, dans « interdire / surveiller / réprimer », on a été très tenté d’écrire plus simplement pour le terme médian : fliquer. Car, par un paradoxe bien le signe des temps, le flicage, qui est un mode de contrôle social dont l’extension tourne désormais au délire, ne s’applique pas à la seule aire qui en serait vraiment justiciable. Quitte à aller au bout de l’aveu, on pourrait même ajouter que, s’agissant d’un élément aussi violemment anti-social que la finance, il ne serait pas déplacé de concevoir le « réprimer » à la chinoise : châtiment brutal à vocation exemplaire. Qu’on se rassure il ne s’agit pas de peine de mort pour les banquiers – plutôt pour les banques. Puisque, comme se plaît à le répéter la théorie économique, tout ce beau monde fonctionne aux « incitations », on va lui en donner. Une banque qui serait convaincue de tourner le dispositif de réglementation-prohibition, en quelque clause que ce soit, serait instantanément saisie par la puissance publique, ou bien, plus vicieux, fermée avec répartition de ses actifs, clients etc. à ses concurrents – excellent « schéma incitatif » pour encourager la délation interbancaire et la surveillance des banquiers par les banquiers. Gageons que les dirigeants, désormais efficacement « incités », se tiendront à carreau, et aussi que leurs actionnaires et leurs administrateurs, exposés au risque de tout perdre, les y encouragerons vigoureusement.

Compte-tenu de l’ampleur de la nuisance sociale, maintenant démontrée en acte et à très grande échelle, que constitue la finance, on se rend à ce genre de solution sans état d’âme particulier. Si vraiment il faut en arriver là pour que la catastrophe qui a failli tous nous engloutir ne se reproduise plus, alors ainsi soit-il.

Notes

[1] Les normes comptables du mark-to-market imposent en effet de valoriser les actifs en portefeuille à leur prix de marché instantané.

[2] Charles Goodhart et Avinash Persuad, « How to avoid the next crash », Financial Times, 30 janvier 2008.

[3] Voir Paul Calello et Wilson Ervin, « From bail-out to bail-in », The Economist, 28 janvier 2010.

[4] De ce point de vue les témoignages aussi bien des régulateurs et des autorités publiques (Ben Bernanke et Tim Geithner de la Réserve Fédérale, Henry Paulson, secrétaire au Trésor) que des banquiers privés (John Thain de Merril Lynch ou John Mack de Morgan Stanley) ne laissent aucun doute quant au degré de frayeur que leur a fait traverser la période critique de la deuxième quinzaine de septembre 2008.

[5] Voir « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières ».

71 commentaires sur « La “régulation financière”, entre contresens et mauvais vouloir »

  • permalien eirean :
    21 avril @14h06   »

    Pourquoi ne trouve-t-on pas dans cette liste l’excellente idée d’un dédoublement de la politique des taux ? Cela semblait pourtant, au néophyte que je suis, une initiative simple et de bon goût ?

  • permalien Pipas :
    21 avril @14h26   « »
    Ni contresens, ni mauvais-vouloir. Le spectacle se poursuit.

    L’émergence de la caste vampirique des méta-banquiers est la suite logique de la mondialisation. Logique, pas inéluctable.
    Même les yakusas s’avouent en retard pour leur reconversion en requins de la phynance ! Un détail signifiant, s’il en est un.

    La suite du spectacle, vous la devinez peut-être. La brochette d’acteurs/criminels économiques en cols blancs menace de tout faire sauter si nous refusons les ajustements et autres régulations nécessaires. Et après ? D’autres menaces ? Un risque systémique ?
    Le seul risque, en vérité, c’est que les spectateurs restent sagement sur leur siège à attendre que leur soit contée la suite de l’histoire.
    Rendez-vous au prochain acte, malheureusement en compagnie de banquiers et d’assureurs.

  • permalien th Mercier :
    21 avril @15h09   « »

    cher Frédéric Lordon,

    Vos analyses croisent souvent celles tellement voisines ou complémentaires de Paul Jorion.
    Avez-vous envisagé de créer quelque chose comme un pôle commun d’opposition critique à la finance débridée, avec des personnes telles que lui ?
    Il me semble que l’addition des forces très écoutées, les vôtres, les siennes, pourrait donner quelque chose comme une audience plus importante que séparés.
    Cordialement
    th Mercier

  • permalien Citoyen Frondeur :
    21 avril @16h21   « »

    Excellent article ! Pour le citoyen que je suis, simplement porté sur la chose économique et sans réelle compétence ou expertise, mais ressentant plus les choses par analyse des faits passés et instinct scientifique, cet article a été l’occasion de connaitre quelques nouveaux concepts en finance de marchés et surtout de se faire confirmer le fait que l’économie financière actuelle est une science molle, et puisque le terme de science m’apparait comme déplacé, j’ai maintenant plus envie de parler d’un lit abracadabrantesque de techniques et formules pseudo-erronées, selon la complexité et la folie des montages financiers (le clou du spectacle pouvant être atteint avec les fameux credit default swaps…).
    Toujours est-il que le point important ici à noter est que la science financière n’est pas plus capable aujourd’hui qu’hier (avant la crise des subprimes) de valoriser ses actifs, d’estimer de façon fiable son ratio de solvabilités et de déclarer ses pertes, à cause de la complexité folle de certains montages financiers. Des lors, le dérivatif de la solvabilité comme vous le qualifiez, ainsi que toute la panoplie de rustines percées dont il s’entiche (coco, bail in en particulier) doit être considéré comme caduque et non avenu…
    Pour s’élever au-delà de la technique, j’ai envie de dire que ces réflexions masturbatoires et financiarisantes sur des mesurettes de comptoir (et autres salles de marchés pour ces messieurs en cols blancs) émanent des élites politico-financières mondiales et européennes qui, avouant qu’elles ne peuvent pas permettre d’éviter la survenue des crises mais seulement –DANS LE MEILLEUR DES CAS- d’améliorer la gestion de leurs effets, n’ont pour objet que de fournir les alibis bienséants (et techniquement insondables pour la majorité, y compris nos politiques) au maintien en place d’un système de fascisme financier au détriment des Etats et des peuples et au profit direct et indirect de cette caste vampires des marchés financiers. Et ce maintien du système – et les nouvelles bulles et plans de rigueur des Etats qui finiront par dériver en guerres civiles - perdurera tant que les politiques resteront a la solde des financiers, que ce soit par manque de courage politique, par corruption ou convergence d’intérêt, ou par incompétence et idéologie financière de l’économie (Suivez mon regard vers Mme Lagarde ou Mr Woerth : nos affaires publiques ne sont plus menées par des hommes / femmes d’Etat mais par des managers et des comptables, adeptes acharnés d’un modèle qui prouve de jour en jour sa non-validité et sa folie. Qu’ils s’en aillent tous ! Les politiques doivent observer et critiquer le système et commissionner des experts pour en sortir quand c’est nécessaire, ils n’ont aucune légitimité à se poser en tant qu’idéologues… problème à la fois de casting politique et de compétence citoyenne).

  • permalien Citoyen Frondeur :
    21 avril @16h25   « »

    Il faut donc que nos concitoyens exigent un programme politique qui amène une classe politique courageuse capable de remonter les bretelles à nos cols blancs avides en s’appuyant sur des experts comme vous, et effectivement, comme vous le proposez, ce qui, même pour le profane que je suis, apparait comme du bon sens, régulent fortement le secteur bancaire en réintroduisant le Glass Steagall Act (séparation des activités d’investissement du secteur du dépôt-crédit productif) et régulent fortement le secteur de l’investissement et de la spéculation, voire même le mettent en faillite ordonnée. Qui ne tomberait pas d’accord avec le fait que les banquiers ne devraient s’enrichir qu’en rapport avec leur apport à l’économie réelle ? Or, même si les activités d’investissement ont aussi un rôle indirect de support à l’économie réelle (afflux de capitaux et de fonds propres pour l’investissement), la perversion du secteur des marchés financiers est telle que ne pas l’abolir revient à le laisser revenir au pouvoir après une régulation efficace mais temporaire, à la solde des changements de gouvernements. Donc on ferme complètement en France les activités bancaires de spéculation. Comme vous le faites remarquer dans un des vos articles, « l’autofinancement, le crédit bancaire et éventuellement des marchés obligataires constituent un mode de financement tout à fait viable de l’économie ». D’où, comme le propose le mouvement politique Solidarité et Progrès, une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière qui serait un audit des activités bancaires en France, ou des experts comme vous seraient commissionnés pour séparer les activités de support a l’économie réelle de toutes les pratiques spéculatives, à mettre au ban. Pour signer la pétition pour créer une telle commission, c’est ici.

  • permalien Citoyen Frondeur :
    21 avril @16h26   « »

    Enfin, un petit point de divergence avec vous, Monsieur Lordon, quand vous distinguez l’Europe des Etats-Unis et du Royaume-Uni quant à l’applicabilité des mesures ici proposées, je pense que vous faites erreur. L’Europe de Maastricht et de Lisbonne est le plus bel outil institutionnel et idéologique au service des marchés que l’on ait pu inventer… Même si, c’est vrai, les secteurs bancaires anglais, américains et européens sont très différents, l’idéologie financière en place dans les élites européennes (Olli Rehn, Jean-Claude Juncker, Jean-Claude Trichet et… Angela Merkel, l’Allemagne ayant une place d’influence dans l’Europe) rendra l’adoption de telles mesures pour l’Europe quasi-impossible. La vision de tous ces technocrates de pacotille est que les marchés financiers sont le moteur de l’économie –c’est faux, ils en sont un poids vampiresque- et donc qu’il faut se mettre à leur service, les états et les citoyens les premiers, et éventuellement les réguler de façon cosmétique pour « diminuer les risques systémiques »… Quelle incompétence ! quelle inconscience ! quelle corruption ?!? Voici un exemple du niveau de leurs réflexions actuelles avec ce cher Monsieur Balladur...
    Par conséquent, la seule solution pour la France est de quitter l’Europe, de recréer une banque de France capable d’émettre du crédit productif public sans passer par des banques privées (abrogation de la loi Pompidou Giscard de 1973) et de créer un système politique de contrôle des banques privées (levée du secret bancaire) capable de reformer, contrôler et sanctionner si nécessaire le secteur bancaire comme il se doit, au service des citoyens et de l’économie réelle. Cela pourrait passer par exemple par la création d’une commission publique interbancaire au ministère des finances composée de fonctionnaires d’état ayant un sens aiguisé de l’intérêt général et ayant vocation à commissionner des experts INDENPENDANTS. Cela pourrait se faire en 2012-2015, selon les résultats aux prochaines élections présidentielles, et donc selon qui NOUS amenons au pouvoir, nous, citoyens… J’ai toujours été un peu utopiste et rêveur…
    A nous citoyens de le faire se produire !
    Retrouvons-nous sur mon blog, si ca vous dit !

  • permalien Marmar :
    21 avril @18h00   « »

    Même en Angleterre des voix s’élèvent pour contrer au moins verbalement les banksters
    "La finance est devenue une machine apocalyptique qui doit être radicalement réformée" (Martin Wolf, FT)
    http://www.contreinfo.info/breve.ph...
    Les 95% des familles qui vivent de leur travail contribuent à enrichir les banksters et accroître la méga-rente financière par de multiples canaux.
    En tant que consommateurs les débiteurs les plus fragiles d’entre nous paient sur les crédits revolving des taux juste au dessous du taux d’usure officielle fixé par Sarkozy Lagarde à 20% par an. A ce taux le capital dû double tous les trois ans et demi. Les banques pendant ce temps empruntent à la banque centrale à 0,5%, doublement du capital en 140 ans ou créent de la monnaie (0%)
    En tant que citoyens contribuables les travailleurs paient les intérêts de la dette publique bientôt équivalent à 100% du PIB, soit 3,5% du PIB chaque année pour un taux d’intérêt de 3,5% (et non 0,3% comme l’a affirmé le nouveau ministre du budget Baroin sur France 2 dans l’émission d’A.Chabot) ou encore bientôt 20 à 25% du budget de l’Etat, les dépenses d’investissement, d’éducation et sociales devant alors baisser. LA DETTE PUBLIQUE A AUGMENTE DE 30 POINTS DE PIB EN 4 ANS approchant 90 bientôt 100% du PIB et rendanr CADUCS les critères de Maastricht (le taux ne pouvait excéder les 60%).Elle ne sera jamais remboursée faisant des travailleurs les nouveaux endettés à vie.
    En tant que travailleurs les salariés paient des dividendes élevés aux gros actionnaires etc.. 10% des ménages détiennent plus de 80% des actions. Le capital impose l’intensification et la précarisation du travail ainsi que le chômage, la baisse du pouvoir d’achat alors que la productivité continue à augmenter..
    Nous sommes la grande majorité. La seule solution est de sanctionner tous ceux qui continuent à protéger les banksters : l’extrème droite (Le Pen est pour les paradis fiscaux), la droite qui a dérèglementé et privatisé 80% du système bancaire et y a placé ses hommes, la droite du PS qui comme M.Valls déclare "L’Etat providence s’est terminé" ce qui lui permet d’être invité dans les media sarkozystes etc.

  • permalien
    21 avril @21h53   « »

    La mise au jour des délicatesses de Goldman Sachs fournira-t-elle l’impulsion désespérément manquante à la mise au pas de la finance ?

    Edward Harrison :

    ... les fédéraux savent que Goldman est le vampire aux yeux de l’Amérique ordinaire. C’est pourquoi ils l’ont prise pour cible. Toutefois, n’oubliez pas qu’il ne s’agit que d’une affaire civile concernant un salarié de moyenne envergure. Ce n’est pas une affaire criminelle. Aucun gros bonnet n’a été inculpé.

  • permalien une bille :
    21 avril @23h31   « »

    Aussi vrai qu’il n’y que deux types d’assurances, la terme fixe et l’ assurance vie, il n’y a que 2 activités pour les financiers prêter ou investir.

    Dire que rajouter une couche d’enfumage législatif sur ces marigots nauséeux, c’est réglementer, c’est une remarquable supercherie.

    La finance ne renonce pas à ses démons chéris : créer de la règle pour créer de la faille et s’y engouffrer pour faire du profit.

    Réglementer, c’est simplifier les pratiques financières de telle façon qu’elles aussi compréhensibles pour les directeurs de banques.

    Comme disait Missus TINA, il n’ y a d’autre alternative que de re-tricoter , ce qui a été détricoté au nom du profit immédiat, malgré la finance, si celle-ci ne veut pas se retrouver, à la tête de monceaux, de devises de la valeur d’une poignée de lentilles.

    Règlementer, c’est sauver la finance d’elle-même, car aujourd’hui, "ça fait système".

  • permalien cyclomal :
    22 avril @07h15   « »
    régulation n’est pas régularisation...

    Plus on avance dans l’analyse, et cela reste un plaisir de vous y suivre, plus on désespère de ne pouvoir réellement influer sur les catastrophes à venir et leur conséquences sur ceux qui n’y sont pour rien, sauf à leur imputer leurs lieux de naissance et leur pacifisme. Reste donc à payer les pots cassés par d’autres qui se gavaient déjà sur notre compte ou à partager la bauge des noceurs en se présentant à notre tour comme l’élite qu’il faut gâter de peur qu’elle ne nous quitte pour d’autres cieux.

    L’escroquerie serait de cette ampleur, mal cachée sous les conséquences de ses frasques mais rigolarde sous la protection d’un "système" dont on ferait si peu partie, comme des intouchables d’un nouveau genre toujours recommencé...

    Désespérant, mais instructif à l’aube d’une nouvelle attaque sur les retraites : Pourquoi ne pas demander la généralisation des retraites dorées ou "chapeau", puisque ce serait le top ? Quel mérite nous ferait défaut, nous les précautionneux avec leur berline low-cost d’occasion, à l’aune de ceux qui se vantent de planter régulièrement leur belle limousine qui nous revient si cher ?

  • permalien Marmar :
    22 avril @17h43   « »

    Flambée des taux, déficit record : la Grèce se rapproche de la faillite , titre Le Monde. C’est quoi la faillite pour un Etat ? C’est sortir de la zone euro et dévaluer pour retrouver de la compétitivité et renégocier sa dette ? Ou encore recontrôler sa banque centrale, nationaliser ses banques, couvrir ainsi une partie du déficit budgétaire et arrêter de saigner les citoyens au profit des banksters ? Ne va t’on pas être fortement incité à revenir à une monnaie commune et non unique et donc aux monnaies nationales vu les écarts d’inflation et de compétitivité qui se sont accumulés ? Peut-on continuer à payer des intérêts de plus en plus élevés aux banksters qui ont obtenu un monopole privé de création monétaire et la liberté quasi-totale de spéculer avec l’argent des travailleurs expliquant l’écart de plus en plus monstrueux des richesses dans chaque pays et au niveau mondial ?
    La Grèce et les pays ayant dépassé 100% de dette publique sont l’avenir de la zone euro sauf peut-être l’Allemagne qui a un commerce excédentaire. Pour la zone euro c’est soit un accord pour une forte régulation rendant caduc Maastricht, soit la destruction programmée de l’euro.

  • permalien BA :
    22 avril @21h02   « »
    Les pays européens ne peuvent pas avoir la même monnaie.

    Je répète :

    les pays européens ne peuvent pas avoir la même monnaie.

    Jeudi 22 avril 2010 :

    Vers 18H30, les taux longs grecs étaient à 8,780 %, contre 8,086 % mercredi soir, après un nouveau niveau record à 8,802 %.

    Le différentiel ("spread") avec l’emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, était à près 575 points de base, un niveau encore jamais vu depuis l’entrée du pays dans la zone euro en 2001.

    Cela signifie que pour emprunter sur les marchés et compenser le manque de confiance des investisseurs, les Grecs doivent offrir des taux d’intérêt de 5,75 points de pourcentage plus élevés que ceux des Allemands.

    Cette flambée des taux grecs a eu des répercussions sur les rendements d’autres pays périphériques (les moins sûrs de la zone euro), faisant craindre une contagion de la problématique de dettes souveraines.

    Les taux portugais à 10 ans du pays ont grimpé à 4,881 %, contre 4,711% mercredi soir.

    Ceux de l’Irlande à 10 ans ont eux aussi progressé à 4,767 %, contre 4,600 % la veille au soir.

    Les rendements espagnols sont montés un peu moins brutalement à 3,952 %, contre 3,867 % mercredi.

    Sous la pression des marchés en raison de leur endettement élevé, ces quatre pays sont parfois appelés "PIGS".

    http://www.romandie.com/infos/news/...

    La situation de la Grèce est en train de dégénérer.

    La Grèce fonce vers le défaut de paiement.

    Lisez cet article :

    Flambée des taux, déficit record : la Grèce se rapproche de la faillite.

    http://www.lemonde.fr/economie/arti...

  • permalien Nemo :
    22 avril @21h51   « »
    DEUX ANS !

    Deux ans que ce blog existe !

    Deux ans de plaisir à suivre ce qui s’y écrit.
    Deux ans d’une actualité chargée qui confirme le sens des analyses qui y sont présentées.

    Un grand merci à Frédéric Lordon pour ces deux ans de contribution. Joyeux anniversaire à la Pompe à phynance et longue vie à elle !

  • permalien Caleb Irri :
    23 avril @00h33   « »

    Monsieur Lordon,

    vous qui êtes tellement conscient et du contresens, et du mauvais vouloir, comment pouvez-vous encore espérer encore être entendu ?

    Le mal que vous vous donnez, vous et quelques autres, à réfléchir aux solutions pour réguler la finance, tout en sachant par ailleurs que c’est peine perdue, pourquoi ne le mettez-vous pas à réfléchir autrement ?

    Car de toutes manières, si on vous écoutait pour ce que vous proposez, alors il n’y aurait rien pour s’opposer à aller plus loin encore :

    http://calebirri.unblog.fr/2010/03/...

  • permalien BA :
    23 avril @11h21   « »
    Grèce : les deux scénarios.

    Il y a dès lors deux sorties de crise possible pour la Grèce :

    Scénario 1 : les pays européens y vont quand même, aident massivement Athènes, mais sans savoir jusqu’où cette aide va les entraîner. Surtout si d’autres pays ont besoin d’aide dans la foulée. C’est un engrenage dangereux. Or il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Le soutien à la Grèce est un enjeu à plusieurs centaines de milliards d’euros. En a-t-on encore les moyens ?

    Scénario 2 : la Grèce fait défaut. Elle reconnaît qu’elle ne peut plus rembourser et on entre dans une négociation pour rééchelonner sa dette sur 15, 20, 25 ans comme on l’a fait jadis pour l’Argentine. Ce scénario évidemment douloureux pour les créanciers, au premier rangs desquels les banques et assureurs européens, était impensable il y a encore 48 heures pour un pays de la zone euro. Il est débattu aujourd’hui. Il est encore tabou chez les dirigeants européens. Les marchés financiers sont en train de les forcer à ouvrir les yeux.

    http://www.lesechos.fr/info/inter/0...

  • permalien Jean-Jacques CANDELIER :
    23 avril @14h17   « »

    M. Jean-Jacques Candelier, député PCF du Nord, attire l’attention de Mme le ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi sur la nécessité de fermer la Bourse française.

    L’éminent économiste, chercheur au CNRS, M. Frédéric Lordon, a dressé un constat lucide du fonctionnement des marchés financiers : destruction de valeur, des activités productives, vampirisation des entreprises par les établissements financiers, exubérances des demandes de rendement, création de bulles spéculatives…

    Les promesses faites par la libéralisation de la finance, avec à la clé plus de croissance, plus de richesses, n’ont pas été tenues.

    Dans la logique capitaliste même, la Bourse est devenue une aberration, car ce sont aujourd’hui les entreprises qui financent la Bourse, et non l’inverse.

    Les entreprises vont moins s’approvisionner en capital à la Bourse qu’elles n’y vont s’en faire dépouiller, puisque ce que les actionnaires leur extorquent (en dividendes et en rachat d’actions) finit par l’emporter sur ce qu’ils leur apportent.

    La contrainte des actionnaires censure une part de plus en plus importante de l’investissement, en écartant les projets jugés insuffisamment rentables (et l’insuffisance commence à 10 %, voire plus) et les entreprises sont soumises à des contraintes de gestion (modes managériales successives, court-termisme…) incompatibles avec la conduite de moyen-long terme de projets industriels.

    Enfin, les actionnaires découragent eux-mêmes le financement par action puisque les nouvelles émissions ont la caractéristique de diluer le capital existant.

    Face à ces fléaux, M. Lordon avance une solution positive, celle de fermer la Bourse. Institution humaine, la Bourse pourrait et devrait être défaite, puisqu’il apparaît qu’on y a plus d’inconvénients que d’avantages.

    Pour assurer le financement externe des fonds propres des entreprises, cette proposition pourrait se combiner avec celle de créer un pôle public bancaire national, tel que le recommandent les députés communistes, qui consiste à nationaliser les banques, dans le cadre d’un nouveau service public, et à placer leur fonctionnement sous le contrôle de la population et des salariés.

    Le député demande au ministre son avis sur la question de la fermeture de la Bourse en France.

  • permalien une bille :
    23 avril @18h21   « »
    Courrier des lecteurs, Naked Capitalism, 23 avril 2010

    ContreInfo :: Document : aucune leçon n’a été tirée de la crise, la bulle menace de tout emporter 

    Je suppose que ce qui est le plus difficile à avaler, c’est le fait que nous ayons eu une telle incroyable opportunité de corriger ces déséquilibres ... et que cette chance nous a été dérobée.

    Ce qui me met hors de moi, c’est la direction que prennent les choses. Toutes ces cochonneries que les gens jugent révoltantes : les CDO, l’accord de prêts standards où l’on se débarrasse des risques sur des investisseurs idiots via la titrisation, une culture du délit d’initiés, où le terrain de jeu est tout sauf équitable, tout cela sera redevenu la normale dans quelques mois. Et c’est exactement ce que veulent les autorités !

    Nous avons assisté à la plus grande injustice de l’histoire de l’humanité. Tout cela a été révélé de façon choquante, jusqu’au moindre détail. Pourtant, rien ne sera fait en la matière. Aucune fortune mal acquise ne sera restituée, aucune règle ne sera véritablement changée, et pas un seul parmi ceux qui ont causé cela ne devra répondre de ses méfaits. Le peuple américain a été victime d’un vol à main armée ... et personne ne s’en soucie.

  • permalien fernand :
    23 avril @19h07   « »

    Zone Européenne Financière régulée (sans les Anglais)

    Sans les Allemands non plus (déjà exclus de la zone euro dans un précédent article). Sans les Polonais, alors, isolés de l’autre côté de l’Allemagne. Sans Belges (il n’y a plus de Belges). Et même sans les Français (ils sont trop néo-libéraux). Les Néerlandais, les Danois, les Suédois ne voudront sûrement pas rester là-dedans. Finalement, une zone Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Europe de l’Est ce serait assez joli. Et tellement plus moral.

  • permalien Marmar :
    23 avril @22h35   « »

    Un article intéressant de Henri Sterdyniak, Les malédictions de la globalisation financière
    http://www.ofce.sciences-po.fr/clai...
    Voici la conclusion :
    "La mise en cause implicite des politiques budgétaires par les marchés financiers, qui pourtant les ont rendues nécessaires par leur aveuglement et leur avidité, illustre une nouvelle fois l’instabilité de l’économie mondiale induite par la globalisation financière. Il faudra, un jour, que les responsables politiques et économiques le reconnaissent : la globalisation financière ne fonctionne pas. L’économie mondiale ne peut être dominée par les jeux et les humeurs des opérateurs financiers. Le problème essentiel de la stratégie de sortie de crise n’est pas le dégonflement des dettes publiques, mais celui de la finance spéculative. Les mesures prises aux trois G20 successifs de l’année 2009 n’ont pas été assez loin ; il faut non seulement réguler la finance internationale, mais aussi réduire drastiquement son importance pour éviter que l’économie mondiale ne soit paralysée ou déstabilisée par le jeu des marchés financiers. Ceci suppose de diminuer la part des marchés et d’augmenter celle d’un secteur bancaire contrôlé et recentré."

  • permalien Pipas :
    24 avril @08h07   « »
    La « régulation financière », ni contresens, ni mauvais vouloir

    La régulation financière est une énième feuille de route.
    À cela près que l’internationale financière est l’internationale politique. Ne lui demandez pas de se tirer une balle dans le pied.
    L’obscénité des liens entre pouvoir et finance en vient même à nous faire rire, quand par exemple petit Jean ne parvient pas à tenir son rang.
    Ne leur demandez rien. Réfléchissez.

  • permalien BA :
    24 avril @14h31   « »
    Grèce : que peuvent les dirigeants politiques ?

    Ce qui est inquiétant, c’est qu’on ne connaît toujours pas le nombre de centaines de milliards d’euros qui seront nécessaires pour sauver la Grèce.

    Ce qui est inquiétant, c’est la phrase prononcée par un dirigeant européen à propos de la dette publique grecque : « Avec la Grèce, les chiffres changent tout le temps. »

    On ne peut rien planifier à partir du moment où tous les chiffres de la dette publique grecque ne sont pas connus.

    Le seul économiste qui a tenté de faire ce calcul, c’est à ma connaissance Nicolas Barré, et lui-même a conclu que la dette publique grecque ne pouvait être chiffrée qu’AU MINIMUM :

    « il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Le soutien à la Grèce est un enjeu à plusieurs centaines de milliards d’euros. En a-t-on encore les moyens ? »

    http://www.lesechos.fr/info/inter/0...

    Si nous acceptons ce chiffre d’ AU MINIMUM 300 milliards d’euros d’ici 2015, la situation commence déjà à s’éclaircir. La Grèce aura besoin d’au minimum 300 milliards d’euros d’ici 2015 : nous pouvons maintenant planifier ce qui va se passer :

    les Etats européens ne pourront pas sauver la Grèce du défaut de paiement.

    Je n’ose même pas imaginer ce qui se passera ensuite pour la dette publique du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de la France, etc.

    Je propose donc aux dirigeants du G20 de tirer les conséquences de cette réalité :

    les dettes publiques des Etats occidentaux ne pourront jamais être remboursées.

    Je suggère donc aux dirigeants du G20 de choisir entre quatre possibilités :

    - 1- L’inflation.

    - 2- La guerre.

    - 3- La privatisation de tout (sauf la Justice, la Police et l’Armée car il faudra réprimer les émeutes).

    - 4- Le défaut de paiement de tous les Etats du G20, annoncé à la fin du prochain G20 : « A partir d’aujourd’hui, nous arrêtons de payer nos dettes. Nous remettons les compteurs à zéro. Merci encore. Au revoir. »

  • permalien une bille :
    24 avril @15h04   « »
    "Certains à Wall Street ont oublié que derrière chaque dollar en Bourse ou investi, il y a une famille qui essaie d’acheter une maison, de payer des études, d’ouvrir un commerce ou d’économiser pour une retraite", a énuméré le président. [Obama]

    Les Grecs n’ont pas oublié : A Athènes, des manifestants crient "FMI go home" - LeMonde.fr

    La question n’est plus de savoir si la Grèce règlera ou non sa dette, mais si les citoyens veulent se voir déposséder de leur souveraineté.

    Du temps des rois, le souverain n’avait pas tant de scrupules. Comme Philippe le Bel brulant tout vifs les templiers. Brûler le l’usurier, permet de remettre à coup sûr l’ardoise à zéro, c’est donc une pratique qui va dans le sens de la collectivité, c’est une pratique salutaire.

  • permalien
    24 avril @18h01   « »

    je suis toujours très passionné et attentif aux propos incisifs et décapant du "Pofesseur Lordon" et bien sur je suis tout à fait en phase avec ses propositins de solution.
    Mais attention à certains commentaires comme ceux venant de "Solidarité et progrès" organisation de Cheminade et Larouche classée dans les organisations dit "sectaires" !

  • permalien Bob l’éponge :
    24 avril @18h54   « »

    « Je propose donc aux dirigeants du G20 de tirer les conséquences de cette réalité :

    les dettes publiques des Etats occidentaux ne pourront jamais être remboursées.

    Je suggère donc aux dirigeants du G20 de choisir entre quatre possibilités :

    - 1- L’inflation.

    - 2- La guerre.

    - 3- La privatisation de tout (sauf la Justice, la Police et l’Armée car il faudra réprimer les émeutes).

    - 4- Le défaut de paiement de tous les Etats du G20, annoncé à la fin du prochain G20 : « A partir d’aujourd’hui, nous arrêtons de payer nos dettes. Nous remettons les compteurs à zéro. Merci encore. Au revoir. » »

    Il est vain de proposer des solutions aux politiques. Ils sont aux ordres de ceux qui possèdent les moyens de production, de ceux qui ont tout intérêt à ce que le système perdure. Tout comme il est vain d’essayer de proposer des solutions pour tenter de sauver le système (comme les solutions petites bourgeoises exposées par Lordon), c’est la financiarisation et les crédits qui arrivent encore à faire tourner la machine, sans cela, le capitalisme, miné par ses contradictions internes, ce serait effondré depuis presque un siècle déjà.
    La solution ne peut venir par le haut (autant demander au roi de jeter sa couronne et de se mettre à nue ou au propriétaire romain de l’antiquité de se séparer de ses esclaves), c’est par le bas que le monde peut encore être sauvé, par la fédération des ouvriers-chômeurs-salariés en Conseils, par une réappropriation des outils de production, par une prise en main de leur destin commun (et croyez-moi, c’est tout ce que cherchent à éviter nos politiques réunis à ce fameux G20, et de manière encore plus pernicieuse, cette prise de conscience du "peuple d’en bas" est étouffée par les pseudo propositions-solutions d’économistes soit disant non orthodoxes)

  • permalien lionel goutelle :
    24 avril @23h52   « »
    les crises financières, victoires paradoxales des financiers ?

    Ce qui est fou dans ces projets de minuscules réactions de "régulation" (on pourrait presque dire d’anti-régulation à vrai dire) qu’expose Frédéric Lordon, c’est qu’elles trahissent le pari que prennent les financiers et les "élites" sur l’avenir : loin que cette expérience du passage tout prêt de la catastrophe finale (qui aurait dû signer leur arrêt de mort) précipite le peuple dans une envie d’en finir avec un tel monde, elle l’accoutume au contraire à l’idée que ces crises sont inévitables et qu’on peut tout au plus essayer d’en réparer quelques dégats annexes. Autrement dit, utiliser la crise des subprimes pour éduquer à subir les crises économiques, comme on subit les cyclones (à une heure ou pourtant on peut se demander si eux aussi ne dépendent pas de l’action humaine). Utiliser en quelque sorte les crises financières pour progresser un peu plus vers le summum de la légitimation de la domination sociale : un mécanisme impersonnel et lointain qui dépasse tout le monde et auquel on ne peut rien et contre lequel on ne peut pas se révolter, à moins d’être fou...

  • permalien betov :
    25 avril @07h55   « »

    Salut Bob. Cherchant à mettre un nom sur tes propositions, je ne trouve qu’un mot : Anarchisme. Petit problème, à chaque fois que l’anarchisme a pointé dans l’histoire, les anarchistes se sont toujours fait massacrer, tant par les fascistes de gauche que par les fascistes de droite, et je ne vois aucun espoir qu’il en aille autrement dans le futur. Pire que cela, les anarchistes actuels ont atteint un tel niveau d’inconsistance et de stupidité qu’une résurrection de l’anarchisme n’est même plus pensable.

    Il est évident que "Il est vain de proposer des solutions aux politiques", puisque aucun mouvement citoyen ne semble capable de penser hors des cadres convenus. Raison de plus pour promouvoir des solutions "non orthodoxes", sur ces blogs qui construisent la pensée de l’après capitalisme.

    Qualifier les solutions lordonesque de "solutions petites bourgeoises" me semble un peu court. Il est vrai que des solutions comme "fermer la bourse", "interdire les paris sur les prix" (Jorion), ou autres, manquent totalement la cible, puisqu’elles ne touchent en rien, ni la dominance sociale, ni l’idéologie du mérite. Toutes ces "solutions" ont en commun de ne pas noter que la crise économique n’existe pas et ne peut plus exister. La productivité va continuer à croître et le travail disponible à diminuer... et c’est très bien. La finance, elle, n’est rien. Rien d’autre que ce qu’elle a toujours été : Une convention sociale.

    Quand on est anarchiste, on se doit de constater que l’anarchie est morte et enterrée et qu’il faut aborder le problème de la socialisation sous un autre angle. Comme il n’existe nulle part de politique de gauche, la seule porte restante est de promouvoir ce qui ressemble le plus à une gauche actuelle, en espérant que les citoyens se rendront compte, plus tard, que ce "front de gauche" est, en fait, un mouvement de droite. Restera un petite chance que la notion première de dominance sociale sorte enfin du bois pour :

    Criminaliser l’excès de richesse relative
    .

  • permalien Bob l’éponge :
    25 avril @12h26   « »

    Pitié, ne faîtes pas de moi un anarchiste (qui, je vous l’accorde n’ont aucun avenir et sont de doux utopistes). Non, non, il est évident que la solution passe par l’internationalisme, la centralisme et le communisme.

    >>omme il n’existe nulle part de politique de gauche, la seule porte restante est de promouvoir ce qui ressemble le plus à une gauche actuelle, en espérant que les citoyens se rendront compte, plus tard, que ce "front de gauche" est, en fait, un mouvement de droite. Restera un petite chance que la notion première de dominance sociale sorte enfin du bois pour :

    Bein oui, tiens ! Faisons comme tous les politiques vis à vis du peuple, de notre entourage, des ouvriers et des salariés : mentons !
    Et pourquoi ne pas jouez franc jeu directement ? Pourquoi ne pas dire aux salariés et aux ouvriers, quelque soit le secteur, qu’ils partagent les mêmes intérêts (intérêts radicalement opposés aux propriétaires des moyens de productions et à leurs laquais, les politiques) ? Pourquoi ne pas leur donner des pistes pour s’autoorganiser ? (en étudiant les révolutions russe de 1905 et 19017 et la Commune par exemple). Pourquoi ne pas les avertir des erreurs à ne pas reproduire (surtout dans l’exemple de la révolution de 19017 avec la contre révolution stalinienne qui a suivi) ?
    Pourquoi ne pas prendre ouvriers et salariés pour des gens capables et responsables ? A moins que vous ne pensiez qu’ils n’ont pas ce "mérite"...ce qui serait un comble et ce qui ferez de vous, inconsciemment, un supporter du capitalisme et de son idéologie.

  • permalien Bob l’éponge :
    25 avril @13h10   « »

    Arf, c’est dommage que l’on ne puisse éditer nos messages (ça permettrait de corriger les fautes d’orthographes ^^).

    Je reviens sur le commentaire de "lionel goutelle" :
    "Autrement dit, utiliser la crise des subprimes pour éduquer à subir les crises économiques, comme on subit les cyclones (à une heure ou pourtant on peut se demander si eux aussi ne dépendent pas de l’action humaine). Utiliser en quelque sorte les crises financières pour progresser un peu plus vers le summum de la légitimation de la domination sociale : un mécanisme impersonnel et lointain qui dépasse tout le monde et auquel on ne peut rien et contre lequel on ne peut pas se révolter, à moins d’être fou..."

    Vous avez parfaitement raison. Sur les crises successives, symptôme d’un capitalisme agonisant (et que malgré tout certains économistes "non orthodoxes" essaient de sauver), ça me fait penser à ce commentaire de Rosa Luxemburg :
    "Ainsi le crédit, loin de contribuer à abolir ou même à atténuer les crises, en est au contraire un agent puissant. Il ne peut d’ailleurs en être autrement. La fonction spécifique du crédit consiste-très généralement parlant- à corriger tout ce que le système capitaliste peut avoir de rigidité en y introduisant toute l’élasticité possible, à rendre toutes les forces capitalistes extensibles, relatives et sensibles. Il ne fait évidemment ainsi que faciliter et qu’exaspérer les crises, celles-ci étant définies comme le heurt périodique entre les forces contradictoires de l’économie capitaliste".
    Un remède qui aggrave le mal donc, comme tous les pseudo remèdes que l’on tenterait d’appliquer à la "bête".

  • permalien BA :
    25 avril @13h57   « »
    L’Allemagne ne veut pas prêter.

    Nous devons quand même faire une autre hypothèse.

    Cette autre hypothèse, la voici :

    l’Allemagne ne veut pas prêter un seul euro à la Grèce car l’Allemagne pense que la Grèce n’est pas sauvable.

    Autrement dit : l’Allemagne ne veut pas prêter des milliards d’euros à la Grèce car elle pense que la Grèce ne les lui remboursera jamais.

    Si cette hypothèse est la bonne, cela expliquerait l’attitude d’Angela Merkel.

    Si cette hypothèse est la bonne, cela rejoindrait l’analyse de Nicolas Barré :

    « il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Le soutien à la Grèce est un enjeu à plusieurs centaines de milliards d’euros. En a-t-on encore les moyens ? »

    http://www.lesechos.fr/info/inter/0...

  • permalien une bille :
    25 avril @14h34   « »

    La régulation existe déjà, comme d’hab. c’est Goldman Sachs qui gère :

    Le Sénat américain ayant pris connaissance des courriels de Goldman Sachs, il nous invite à en prendre connaissance ici.

  • permalien une bille :
    25 avril @14h51   « »
    oups !

    Le Sénat américain ayant pris connaissance des courriels de Goldman Sachs, il nous invite à en prendre connaissance ici->
    http://levin.senate.gov/newsroom/su...

  • permalien betov :
    25 avril @15h31   « »

    "Mentons"... en quoi ???

    * "Pourquoi ne pas dire aux salariés et aux ouvriers, quelque soit le secteur, qu’ils partagent les mêmes intérêts (intérêts radicalement opposés aux propriétaires des moyens de productions et à leurs laquais, les politiques) ?"

    Parce qu’ils le savent depuis toujours et que ça n’a jamais changé rien à rien.

    * "Pourquoi ne pas leur donner des pistes pour s’autoorganiser ?"

    L’auto-gestion a un nom connu : Anarchie. A moins que tu connaisses une forme de communisme, autre que fascisante, et donc non foncièrement contraire à l’auto-organisation. Si cela a existé en 17, même si cela ne se nommait pas anarchisme, cela fut rapidement détruit par Lénine.

    Cette voie est définitivement fermée... par l’expérience.

    * "Pourquoi ne pas les avertir des erreurs à ne pas reproduire".

    C’est déjà reproduit, que ça se nomme PCF, NPA, ou Parti de Gauche. Tu me fais penser à Danielle Bleitrach, qui se garde bien d’expliquer comment et pourquoi les systèmes révolutionnaires évoluent naturellement vers le fascisme (et dans son cas vers la censure). Que ce soit inscrit dans les gènes du parti semble lui échapper totalement. Les erreurs commises ont une cause naturelle : La pauvreté théorique et son remplacement par l’illusion de l’alibi culturel (typiquement Marx le pompier). Tant que les partis ne parleront pas de dominance sociale, les "erreurs" seront inévitables.

    * "Pourquoi ne pas prendre ouvriers et salariés pour des gens capables et responsables ?"

    Ce n’est pas le problème. Aussi capable et responsable soit-on, on subit l’organisation des impôts, de l’état, de l’éducation, de la société, du capitalisme, etc... Sans compter que parier sur l’intelligence des gens qui votent FN, UMP, ou PS, me semble un tantinet... irresponsable. Quoique... "FN"... quand c’est juste protestataire...

    * "ce qui serait un comble et ce qui ferez de vous, inconsciemment, un supporter du capitalisme et de son idéologie."

    Qu’importe le "capitalisme" ? En quoi le capitalisme aurait-il besoin d’une "idéologie" ? Il existe trois sortes d’entreprises viables. L’artisanat. La SCOP. L’entreprise d’état. Peu importe la nomination illusoire de "communisme" ou de "capitalisme". Ce qui importe, c’est la reconnaissance du "chef" et la délégation de pouvoir social qui va avec,... qui va nécessairement là où nous en sommes, lorsque cette délégation n’est plus élective.

    PS. Je ne sais pas où tu va chercher que Lordon chercherait à "sauver le capitalisme". Il me semble naturel qu’un prof d’économie fasse la critique de l’économie. Si ce n’était que cela, il pourrait tout aussi bien la laisser se planter toute seule, comme toutes les probabilités l’indiquent.

  • permalien Bob l’éponge :
    26 avril @08h31   « »

    >>L’auto-gestion a un nom connu : Anarchie. A moins que tu connaisses une forme de communisme, autre que fascisante, et donc non foncièrement contraire à l’auto-organisation.

    Les premières tribus humaines et les premières organisations sociales humaines. Les premières sectes chrétiennes. Bref, le communisme primitif selon Marx.

    >>Cette voie est définitivement fermée... par l’expérience.

    J’imagine l’homme préhistorique se moquant de son voisin qui essaie de mettre quelques animaux dans un enclos ou de labourer la terre : "Mais mon pauvre vieux...Cette voie est définitivement fermée... par l’expérience."
    Ou le propriétaire romain ridiculisant son alterégo lui expliquant qu’un monde sans esclaves est possible : "Mais enfin, soyez raisonnable...Cette voie est définitivement fermée... par l’expérience." La science nous montre depuis que l’homme est homme que ce qui était impossible hier devient trivial demain.

    >>C’est déjà reproduit, que ça se nomme PCF, NPA, ou Parti de Gauche.

    S’il vous plaît ne mélangez pas les théories de Marx, Engels et les enseignements que nous offrent l’histoire du mouvement ouvrier avec celles du PCF ou du Parti de Gauche (partis clairement nationalistes et républicains quand l’ouvrier est international) ou avec celles du NPA (de bons soldats trotskystes, de ceux qui pensent que le socialisme peut être confiné à un seul pays ce qui est complètement antinomique).

    >>Tu me fais penser à Danielle Bleitrach, qui se garde bien d’expliquer comment et pourquoi les systèmes révolutionnaires évoluent naturellement vers le fascisme (et dans son cas vers la censure).

    Première nouvelle. En tout cas, vous répétez comme un bon perroquet la propagande bourgeoise. C’est le capitalisme et son système pseudo démocratique qui évoluent naturellement vers le fascisme (rappelez vous l’Allemagne, et même maintenant, avec la crise qui va s’aggraver en Europe, vous observerez avec attention les résultats électoraux, ce sera très instructif)
    http://fr.internationalism.org/node/2773

    >> Tant que les partis ne parleront pas de dominance sociale, les "erreurs" seront inévitables.

    Vous en êtes toujours à en appeler aux "sacro-saints" partis. Ce qui fut justement l’erreur de Lénine. Dans votre cas, cela vous emprisonne dans le système politique de la démocratie capitaliste qui ne peut vous offrir de portes de sorties.

    La suite tout de suite...

  • permalien Bob l’éponge :
    26 avril @08h38   « »

    suite....

    >> Ce qui importe, c’est la reconnaissance du "chef" et la délégation de pouvoir social qui va avec,... qui va nécessairement là où nous en sommes, lorsque cette délégation n’est plus élective.

    Le communisme (et non la dictature à la sauce URSS) propose l’organisation de la société (en un premier temps car sa caractéristique est de proposer une société de transition, de ne pas proposer de "programmes") en conseils ouvriers, qui élisent des représentants pour des tâches données (et non pour "gérer généralement" la société d’une manière ambigüe et floue comme on le fait pour un président de la république), représentant révocables à tout moment et pourvus d’un salaire moyen d’ouvrier etc... (bref ce qu’organisèrent la Commune, et les premiers Soviets russe).

    >>PS. Je ne sais pas où tu va chercher que Lordon chercherait à "sauver le capitalisme". Il me semble naturel qu’un prof d’économie fasse la critique de l’économie. Si ce n’était que cela, il pourrait tout aussi bien la laisser se planter toute seule, comme toutes les probabilités l’indiquent.

    Marx était un grand économiste, il n’a pourtant jamais proposé de pseudo rustines pour sauver un système qu’il savait condamné par ses propres contradictions. Au contraire même, par sa compréhension de la science, du darwinisme et des techniques, il a compris ce qui permettait de dépasser le système.
    Prétendre trouver des solutions aux paradoxes inhérents aux systèmes tout en acceptant ce même système c’est tromper les gens (le prolétariat pour être précis, car les bourgeois acceptent en général ces contradictions même si celles-ci nous conduisent tous à l’abîme), c’est faire comme les partis politiques.

    Mais bon, j’ai conscience qu’il semble que nous soyons en profond désaccord (vu votre tendance a constamment chercher à me mettre en porte à faux). J’accepte le débat, hélas, pour l’instant je ne vois pas de quoi me remettre en question, si vous pouviez me donner quelques unes de vos références (livres, sites internet bref ce qui nourrit votre pensée, j’irai y jeter un coup d’oeil avec plaisir). De mon côté, je ne peux que vous encourager à lire avec plus d’attention Marx et Engels ( http://www.marxists.org/ , ayons fait des études en philosophie, après plusieurs années de sciences et d’électronique, ce livre : http://www.marxists.org/francais/en... a été pour moi une véritable révélation et une bouffée d’air frais qui m’a libéré de la vaine métaphysique universitaire) et à étudier plus avant l’histoire de la classe ouvrière et de ses luttes (le CCI et ses différentes publications peuvent pas mal aider dans ce cas)

  • permalien Pipas :
    26 avril @08h58   « »
    Anarchie ! Pas anomie ! De l’ordre ! Pas de pouvoir !

    @ Betov

    "Tant que les partis ne parleront pas de dominance sociale"
    Un parti politique est une organisation pyramidale à la recherche des commandes d’une autre organisation verticale bien plus ancienne et dangereuse : l’Etat.
    Si ce parti remporte les élections, disons par exemple le FN (qui ne serait en passant n’en doutons point qu’un inoffensif parti protestataire commandant aux armées...) et qu’il se met à parler de "dominance sociale" -concept intéressant que je me traduis par "hiérarchie"- ; ce serait davantage pour la justifier que pour la combattre, à moins de nous révéler une improbable schizophrénie ou tendance à l’autodestruction structurellement opposées à sa nature.
    Mais peut-être me trompe-je...

  • permalien J. Halpern - :
    26 avril @09h20   « »
    Monétiser la dette ?

    @BA
    "Je suggère donc aux dirigeants du G20 de choisir entre quatre possibilités :
    - 1- L’inflation.
    - 2- La guerre.
    - 3- La privatisation de tout (sauf la Justice, la Police et l’Armée car il faudra réprimer les émeutes).
    - 4- Le défaut de paiement de tous les Etats du G20, annoncé à la fin du prochain G20 : « A partir d’aujourd’hui, nous arrêtons de payer nos dettes. Nous remettons les compteurs à zéro. Merci encore. Au revoir. »"
    Il existe une 5e possibilité, explorée à la marge aujourd’hui par le Trésor Américain mais qui sera peut-être l’ultime moyen de différer les échéances : le financement direct des États par les banques centrales - en quelque sorte : une économie de guerre... sans la guerre. Inconvénient : priver les banques de leur vache à lait favorite. Avantage : avec un taux proche de 0% et un risque nul de crise de solvabilité, on pourrait étendre très loin la régulation boiteuse actuelle, à savoir la prise en charge par l’État de tout le poids des ajustements macroéconomique (plus ou moins assuré par l’indexation des salaires avant les années 70, et par le gonflement de la dette privée depuis).
    Hypothèse à explorer me semble-t-il...

  • permalien BA :
    26 avril @16h21   « »
    Grèce : presque 10 %.

    La situation de la Grèce s’aggrave sur les marchés financiers.

    En dépit des promesses d’aide du week-end, les marchés financiers ont encore fait monter d’un cran la pression sur la Grèce lundi, le coût du crédit réclamé à Athènes par des investisseurs de plus en plus méfiants s’emballant à nouveau.

    L’écart entre les bons allemands à dix ans, considérés comme une référence, et les bons grecs, ont battu un nouveau record lundi, à 6,32 %. Ce qui signifie que si les autorités grecques cherchent à se financer sur les marchés, elles auraient besoin pour obtenir des prêts d’offrir un taux d’intérêt avoisinant les 10 %. Soit trois fois plus que ce qui est actuellement réclamé à l’Allemagne.

    Et les valeurs grecques ont plongé, l’indice de référence de la bourse d’Athènes perdant 3 % à 1.802,44 points à la mi-journée.

    Le ministre des Finances grec George Papaconstantinou devait rendre compte lundi au parlement du résultat de ses consultations du week-end à Washington avec les dirigeants du FMI et de l’Union européenne sur l’aide réclamée par Athènes pays de la zone euro et au Fonds Monétaire International.

    En Grèce, les syndicats en lutte contre le plan de sauvetage et furieux des nouvelles mesures d’austérité qu’il devrait entraîner, multipliaient les mouvements de grève : lundi, les ferries étaient à quai au Pirée, bloqués par une grève des marins.

    Mardi 27 avril, les salariés des transports publics devaient cesser le travail pour six heures, alors que le principal syndicat de fonctionnaires prévoyait une grande manifestation dans la soirée.

    (Dépêche Associated Press)

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

    Le commentateur précédant indique une 5ème possibilité, très intéressante.

  • permalien betov :
    26 avril @16h48   « »

    @Pipas :

    Oui. Remarque évidente. D’autant plus en prenant exemple du FN, qui est une caricature assez grossière de dominance sociale. Plus délicat serait de décrire en quoi des partis comme les partis de la gauche de la gauche, ne sont, eux-mêmes, pas très loin de cette maladie du chef de bande.

    @Bob :

    Non, nous ne sommes pas en profond désaccord. Tout du moins, pas en symétrie. La preuve, moi, je me garderais bien de te faire l’insulte de te vouvoyer. :))

    "si vous pouviez me donner quelques unes de vos références"

    J’ai tout compris à l’humanité en observant un troupeau de chèvres, et je met un point d’honneur à me tenir à l’écart des livres inutiles. Un homme qui écrit 1,20 mètres linéaires d’ouvrages mondialement connus (suivez mon regard), est un homme qui n’a rien d’important à dire (hormis les ouvrages techniques et artistiques, cela va sans dire).

    Mes choix littéraires vont à l’Alchimie médiévale, en excluant se qui se situe après la renaissance. Autant dire que je suis un allumé, qui n’a pas besoin de référence ni d’alibi culturel pour développer une pensée hors cadres.

    Sérieusement, dans ton optique de "communisme primitif rénové", il conviendrait d’expliquer comment et pourquoi :

    * Le mouvement anarchiste s’est effondré, jusqu’à son folklore actuel.

    * Comment et pourquoi le mouvement des communautés post-68, auquel j’ai participé pendant trois ans, avant 68, est tombé totalement à plat, au lieu de se répandre.

    * Comment et pourquoi la totalité des entreprises ne sont pas passées en SCOPs, alors que tout rend ce format possible et souhaitable.

    * Comment et pourquoi un mouvement de contribution gratuite, auquel j’ai participé pendant une dizaine d’année

    http://betov.free.fr/

    ... ne parvient pas (et ne parviendra apparemment pas) a faire disparaître Microsoft au profit de Linux (d’où je t’écris).

    Il y a autre chose que la raison, dans l’humanité, qui fait que, par exemples, on préférera encore longtemps le sucre à la stévia, le pétrole au énergies surabondantes et gratuites, l’agriculture chimique au bio, etc... Cette raison, (connue de tous mais caché dans ses causes et dans ses effets), c’est la dominance sociale, et il faut et il suffit d’une simple loi de plafonnement des patrimoines individuels pour y mettre fin.

  • permalien BA :
    27 avril @14h29   « »
    Grèce : recul du PIB supérieur à 2 % en 2010.

    Mardi 27 avril 2010 :

    Grèce : le recul du PIB pourrait dépasser 2 % en 2010.

    La Banque de Grèce, qui tablait jusqu’à présent sur un recul du PIB de 2 % en 2010, a estimé mardi que la récession pourrait être supérieure compte tenu du "grand niveau d’incertitude" entourant le redressement de l’économie du pays.

    Un "recul" du PIB "plus grand" que celui prévu par la Banque de Grèce dans son dernier rapport, soit 2 %, "est très probable du fait des conditions actuelles, caractérisées par un grand niveau d’incertitude", a indiqué le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, devant l’assemblée générale de la Banque centrale.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien carole Joly :
    27 avril @15h47   « »
    La « régulation financière »,de l’électricité et le secret pour RTE

    dans le Sud-Aveyron
    il y a en ce moment même de gros investissements dans ce secteur eolien et les milieux financiers ont sauté là-dessus ayant trouvé de nouveau matière à spéculer,
    Enfin, suite à cette production d’électricité à partir du renouvelable, on pourrait dire que « le robinet coule » en Aveyron
    Il faut,convoyer cette énergie vers l’Espagne, car ily a urgence ! , il a été décidé de construire (rapidement) en 2011 en Sud-Aveyron à StVictor -et-Melvieu, un transformateur sur 10 hect de terres agricole, tant pis pour l’agricultrice.
    ( dossier RTE daté de décembre , nous , conseillères municipales n’y avons eu accès que le 6 avril 2010, soi-disant il n’y en avait pas).nous n’avons pas été informée de la première réunion en sous - préfecture de Millau le 12 février 2010 :

    Car en grand secret a été voté favorablement (en levant le doigt , dixit le maire) l’aire d’étude du projet, et avec les 3 maires des communes concernées : Les Costes-Gozons, St Rome de Tarn, fief du député Alain Marc et St Victor-Et-Melvieu. Il y avait aussi selon les renseignements pris auprès de Action-Environnement : Le PRN , , le député Alain Marc, CCI, CA, FDSEA, Mr Azam du Conseil général, LPO, , DDTerritoires, DREAL Midi- Pyrénées, RTE, LE cabinet Montfort.
    Demandant des explications au maire il nous a dit que RTE leur avait demandé de garder le secret.
    nous n’avons eu enfin vent de cetteréunion que le 31 mars
    Bon, revenons à notre transfo, celui- ci est chargé d’accueillir en 2014 les 650 mégawatts supplémentaires issus des éoliennes, afin d’atteindre l’objectif visé de 1300 MW en 2014.
    Mais il est aussi question d’atteindre 2100MW en 2020, et là, nous soupçonnons que RTE mettra en œuvre la stratégie No 4 dont il n’est pas question pour le moment car trop longue à mettre en œuvre (7 à 10 ans) c’est-à-dire doublement de la ligne THT qui passe du nord au sud.IL y a pire, la mairie depuis 2001 a acheté et vendu des terrains proches de la ligne THT, depuis 2007, elle a fait venir des familles en lotissement tout à coté de la ligne THT ( 50 mètres) et maintenant donne son feu vert à RTE pour que le débit sur la THT passe jusqu’à 2100 MW .
    Il faut se rendre compte que 2100 MW, c’est l’équivalent de 2 réacteurs nucléaires et que pour le moment on ne voit pas le début de fermeture de centrales, au contraire Mr Proglio met le paquet pour que soit relancé le nucléaire. Alors le sud-Aveyron ne va pas payer un tribut à l’éolien pour que s’enrichissent les marchés financiers.
    C’est en fait la colonisation de territoires ruraux afin d’en faire des lieux de production et distribution d’électricité.
    Carole Joly, conseillère municipale depuis le printemps 2008 , à St Victor et Melvieu (350 hab.),
    C’est un appel pour relayer l’information car le maire dit que le sous-prefet ne veut pas qu’il en parle..

  • permalien Bob l’éponge :
    28 avril @08h18   « »

    @ Betov

    Je vouvoie par politesse (j’aime à être poli même avec l’électorat du FN) et parce que je ne vous connais pas (internet est un lieu magique où tout ce qu’on dit peut être faux et où on peut avancer parfaitement masqué, que ce soit vous ou moi).

    >>* Comment et pourquoi la totalité des entreprises ne sont pas passées en SCOPs, alors que tout rend ce format possible et souhaitable.

    Et c’est moi l’anarchiste ?
    Si l’idée des SCOPs peut être séduisante, elle n’a cependant aucun avenir dans un monde capitaliste (où la compétition est généralisée, même entre SCOPs, et donc même entre travailleurs, alors qu’il est nécessaire que ces derniers soient tous unis ayant, au fond, et souvent sans le savoir consciemment, les mêmes intérêts de classe). Elle laisse subsister l’idée d’offre et de demande, de vente et d’achat (bref, c’est loin d’être un principe réellement communiste, c’est même une idée qui légitime le capitalisme...comme, en général, les idées et propositions des anarchistes, hélas, alors qu’ils n’ont souvent pas un mauvais fond).

  • permalien BA :
    28 avril @10h31   « »
    Grèce : le compte à rebours.

    Mercredi 28 avril 2010 :

    Grèce : taux d’intérêt de l’obligation à 10 ans : 10,89 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Grèce : taux d’intérêt de l’obligation à 2 ans : 18,50 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

  • permalien BA :
    28 avril @15h41   « »
    La Grèce ne pourra jamais rembourser les prêts.

    Voici une information très importante concernant le conseiller officieux d’Angela Merkel, Hans-Werner Sinn.

    Hans-Werner Sinn est un économiste allemand, président de l’institut de recherche économique Ifo. Il vient de dire tout haut ce que tous les dirigeants européens n’osent pas dire à leurs opinions publiques :

    la Grèce ne remboursera jamais les prêts que pourraient lui accorder les Etats européens.

    Lisez cet article :

    La Grèce ne remboursera jamais l’aide financière à l’Allemagne (Hans-Werner Sinn).

    La Grèce ne remboursera jamais l’aide financière que l’Allemagne entend débloquer dans le cadre d’un mécanisme de soutien européen à Athènes, a prévenu mercredi un influent économiste allemand.

    A la question de savoir s’il croyait au remboursement de l’aide financière à l’Allemagne, Hans-Werner Sinn, président de l’institut de recherche économique Ifo, l’un de ceux qui conseille le gouvernement, a répondu sur la radio MDR : « à dire vrai, non ».

    http://www.romandie.com/ats/news/10...

    Nous pouvons donc maintenant prévoir ce qui va se passer :

    - 1- l’Allemagne ne prêtera pas un seul euro à la Grèce, car l’Allemagne sait que la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit ;

    - 2- l’Allemagne laissera la Grèce se déclarer en défaut de paiement ;

    - 3- l’Allemagne préfèrera renflouer les banques allemandes ruinées par le défaut de paiement de la Grèce ;

    - 4- la France la jouera de façon plus sournoise : elle commencera par prêter quelques centaines de millions en urgence, puis, quand la Grèce aura fait défaut, la France renflouera les banques françaises.

    De cette façon, les dirigeants français pourront dire :

    « Vous avez vu ? La France a prêté à la Grèce ! La France a fait preuve de solidarité ! La France n’a rien à se reprocher ! »

  • permalien BA :
    29 avril @15h43   « »
    Le diktat.

    Les Etats européens et le FMI accepteraient de prêter 45 milliards d’euros à la Grèce … à condition que la Grèce accepte une régression sociale historique.

    En clair : il faudrait que le déficit grec passe de 13,6 % à 3,6 % du PIB en 2 ans !

    Concrètement : baisse des salaires, hausses des impôts, hausse de la TVA, suppression de dizaines de milliers de fonctionnaires, privatisation de tout, etc.

    Lisez cet article :

    Grèce : UE et FMI demandent une réduction de 10 points du déficit en 2 ans.

    ATHÈNES – L’Union Européenne et le FMI ont demandé au gouvernement grec de réduire le déficit public du pays de 10 points en 2 ans et d’effectuer des coupes salariales, a indiqué à la presse un syndicaliste après une réunion jeudi des partenaires sociaux avec le Premier ministre Georges Papandréou.

    L’UE et le FMI examinent avec les responsables grecs une réduction du déficit public « de 10 points en 2 ans, 2010 et 2011 et des économies de 25 milliards d’euros », a précisé ce participant en sortant de la réunion.

    « Ils examinent aussi une suppression des 13ème et 14ème mois de salaire dans le secteur public pour les salariés ainsi que pour les retraités », a-t-il ajouté.

    Les taux de TVA devraient également être augmentés de 1 ou 2 points, selon un autre participant ayant requis l’anonymat.

    Des responsables de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI discutent actuellement à Athènes avec les autorités grecques des conditions en échange desquelles leur seront accordés les prêts des pays de la zone euro et du FMI.

    Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn a affirmé jeudi que ces négociations étaient « sur le point d’être terminées » mais que les prêts seraient conditionnés à la mise en oeuvre des réformes demandées.

    L’enveloppe des prêts promis à la Grèce par la zone euro et le FMI pour 2010 atteint quelque 45 milliards d’euros.

    http://www.romandie.com/ats/news/10...

  • permalien BA :
    30 avril @07h19   « »
    Grèce : un prêt total de 120 milliards d’euros !

    Nous venons d’apprendre que les Etats européens devraient prêter en tout 120 milliards d’euros à la Grèce.

    Concrètement, qui devrait prêter combien ?

    - 1- L’Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, l’Allemagne devrait prêter 33,6 milliards d’euros à la Grèce.

    - 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, la France devrait prêter 25,2 milliards d’euros à la Grèce.

    - 3- L’Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, l’Italie devrait prêter 22 milliards d’euros à la Grèce.

    - 4- L’Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, l’Espagne devrait prêter 14,8 milliards d’euros à la Grèce.

    http://www.euractiv.fr/sites/defaul...

    Ce « plan d’aide » pose quatre problèmes insolubles.

    Premier problème : les Etats européens sont eux-mêmes surendettés.

    Deuxième problème : les Etats européens devraient emprunter sur les marchés internationaux, et ensuite re-prêter ces sommes à la Grèce à un taux d’intérêt de 5 %.

    Troisième problème : plusieurs Etats européens devront emprunter à plus de 5 % car ils sont très mal notés par les agences de notation. Exemples : le Portugal doit emprunter à 5,50 %, l’Irlande doit emprunter à 5,20 %.

    Quatrième problème : ces 120 milliards d’euros prêtés à la Grèce seront à fonds perdus car la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.

    Conclusion :

    ce « plan d’aide » n’est pas un plan d’aide. C’est un gigantesque mensonge destiné à rassurer les marchés internationaux.

    C’est du bluff pour faire croire que la Grèce pourra éviter le défaut de paiement.

  • permalien
    30 avril @09h13   « »

    Salut Frédéric
    Bon article, comme d’hab
    tous mes encouragements
    amitiés spinozistes
    pol

  • permalien GAM’UN :
    30 avril @10h36   « »

    Qu’on ne se fasse pas d’illusions, tant que nous ne serons pas dans le mur (de l’argent) il ne se passera rien ! J’admire ces hommes et ces femmes qui expliquent très bien que nous y allons mais croyez-vous que ceux qui tiennent la finance ne le savent pas ?
    Les gouvernements, complices ou impuissants, nous mentent, nous cachent la vérité dans tous les domaines : le chômage, les finances, les délocalisations, les guerres etc. etc.
    Comment les peuples peuvent-t-ils reprendre la main ? A qui confier cette tâche immense de détricoter l’Europe et la Mondialisation ? Où sont ces hommes qui ont la conviction et la volonté de combattre cette prise en otage des peuples par une poignée de financiers ? Ils existent mais le verrouillage global de l’information les rend inaudibles !

  • permalien BA :
    30 avril @16h20   « »
    Moody’s dégrade neuf banques grecques.

    Moody’s abaisse les notes de neuf banques grecques.

    L’agence de notation financière Moody’s a annoncé vendredi 30 avril qu’elle abaissait la note de solidité financière (BFSR) et de crédit de neuf banques grecques, maintenant une perspective négative, en raison des pressions sur le secteur bancaire dans le contexte économique grec.

    Moody’s pourrait encore dégrader les notes des dépôts et de crédit de ces banques lorsqu’elle réévaluera la note de dette à long terme de la Grèce.

    Les neuf établissements en question sont NBG (Banque nationale de Grèce), Eurobank, Alpha, la Banque du Pirée, Emporiki (filiale du Crédit Agricole), Agricultural Bank of Greece, General Bank of Greece (filiale de la Société Générale), Marfin Egnatia Bank et Attica, détaille Moody’s dans un communiqué.
    Moody’s avait déjà dégradé la note de BNG, Alpha, Eurobank, la Banque du Pirée et Emporiki le 31 mars.

    L’agence de notation estime que le contexte économique grec a des répercussions sur la solidité du secteur financier local, qui a de plus en plus de mal à avoir accès au marchés interbancaire et obligataire et s’appuie donc sur le financement de la Banque Centrale Européenne (BCE).

    "La BCE va rester une source de financement pour les banques jusqu’à ce que la confiance revienne sur les marchés. Cela dit, le soutien de la BCE n’est pas illimité, rappelle Moody’s.

    Autre difficulté pour le secteur bancaire : la mise en place de mesures pour redresser les finances est positive pour la solvabilité du pays, mais peut avoir un coût sur la croissance à court ou moyen terme, souligne l’agence de notation, citant pêle-mêle un risque de hausse du chômage, une baisse des revenus et une moindre rentabilité pour les entreprises.

    http://www.romandie.com/infos/news/...

  • permalien Onair :
    1er mai @12h31   « »

    Il y a bien plus simple que l’établissement d’une réglementation compliquée qui pourrait être tournée en raison de son inégale implémentation planétaire. C’est l’endettement public direct auprès de la banque centrale, et non plus envers les marchés financiers. Ce système a fonctionné en France de 1945 à 1973, et il était accompagné d’un refinancement automatique des banques de dépôts escomptant les effets de commerce. Pourquoi ce système a-t-il été prohibé par la loi Giscard de 1973, le traité de Maastricht et celui de Lisbonne ?
    La réponse dans cet article de Romain Kroës "La Grèce et le G20", sur
    http://parolesdesjours.free.fr/

  • permalien BA :
    2 mai @21h06   « »
    Europe : le suicide collectif.

    Les ministres des finances de la zone euro ont décidé, dimanche 2 mai, "d’activer" sans délai un plan d’aide à la Grèce de 110 milliards d’euros, dont 80 milliards à leur charge, et le reste apporté par le FMI.

    http://www.lemonde.fr/europe/articl...

    Prenons les quatre pays qui devraient prêter le plus :

    - 1- L’Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total, soit 22 milliards 336 millions d’euros.

    - 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total, soit 16 milliards 776 millions d’euros.

    Vous avez bien lu : la France devrait prêter à la Grèce 16 milliards 776 millions d’euros.

    - 3- L’Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total, soit 14 milliards 736 millions d’euros.

    - 4- L’Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total, soit 9 milliards 792 millions d’euros.

    Les Etats européens vont maintenant emprunter sur les marchés internationaux. Ensuite, ils vont re-prêter ces sommes à la Grèce. Enfin, ils ne reverront jamais ces sommes car la Grèce ne pourra jamais les rembourser.

    Cette folie a un nom : ça s’appelle un suicide collectif.

  • permalien BA :
    4 mai @07h11   « »
    Europe : le suicide collectif (suite).

    Plan d’aide à la Grèce : l’Assemblée a adopté le volet français.

    Les députés ont examiné lundi soir le projet de loi de finances rectificative intégrant le prêt de 3,9 milliards d’euros destiné à la Grèce en 2010, et l’ont adopté dans la nuit, mardi à 1h20, par vote à main levée.

    Au total, la France doit prêter 16,8 milliards d’euros sur trois ans, a précisé la ministre de l’Economie Christine Lagarde, qui assistait à la séance.

    Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d’euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de conséquences fiscales.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

    J’adore cette dernière phrase : “Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d’euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de conséquences fiscales…”

    … sauf si la Grèce est incapable de rembourser à la France ces 16 milliards 800 millions d’euros.

    Mon pronostic :

    - La France va prêter à la Grèce 16 milliards 800 millions d’euros.

    - La Grèce sera incapable de les rembourser.

    - Les contribuables français l’auront dans le c…

    - Vous avez aimé les emprunts russes ? Vous adorerez l’emprunt grec.

  • permalien Pipas :
    4 mai @08h38   « »
    La régulation sociale par le bas, le bon sens du crédit agricole & compagnie

    Enfin ! Nous avons cru jusqu’au dernier moment, niais que nous sommes, que l’Europe abandonnerait les méta-usuriers tenant en respect le peuple grec à leur triste sort : le défaut de paiement.
    Que nenni ! Ils sont sains et saufs ! Ouf, nous respirons !
    Ces branleurs de fonctionnaires grecs peuvent dire adieu à leurs privilèges ; quant aux autres feignasses du privé, il est grand temps qu’ils se prennent en main. Les marchés n’ont plus de moyens à dilapider dans leur santé, leur éducation ou leur retraite.
    D’un point de vue financier, le cas grec appartenant désormais au passé (les usuriers ont maintenant les bottes bien léchées), je ne parviens plus à cacher mon impatience.
    À qui le tour ? Espagne ? Portugal ? Italie ?
    J’ai un petit faible pour l’Espagne. Avec son taux de chômage officiel de 20%, y’a d’la caillasse à se faire, pour sûr...

  • permalien BA :
    4 mai @14h32   « »
    Les autorités financières se préparent à l’effondrement.

    Selon nos informations, pour éviter de mauvaises surprises, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) et l’Autorité des marchés financiers (AMF) viennent d’écrire à toutes les banques françaises, afin d’obtenir, dans des délais rapides, le montant de leur exposition aux dettes de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande.

    http://www.lemonde.fr/economie/arti...

    En clair : ça commence à sentir mauvais pour les banques françaises engagées en Grèce, Portugal, Espagne, Irlande.

    J’ai l’impression que les CONtribuables français vont devoir renflouer les banques françaises « dans des délais rapides ».

    Bof, ce n’est pas grave : nous avons l’habitude.

  • permalien BA :
    5 mai @13h46   « »
    Grèce : le nuage de Tchernobyl.

    Mercredi 5 mai 2010 :

    Il existe une menace de contagion des problèmes financiers de la Grèce à d’autres pays membres de la zone euro, estime Axel Weber, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).

    "Il existe une menace de contagion sérieuse pour les autres pays de la zone euro et de réactions négatives sur les marchés financiers", a déclaré Axel Weber dans une déclaration au parlement allemand.

    "Un défaut de la Grèce dans la situation actuelle très fragile constituerait un risque important pour la stabilité de l’union monétaire et le système financier", a-t-il ajouté.

    http://fr.reuters.com/article/busin...

  • permalien Révolté créatif :
    5 mai @15h01   « »

    un auditeur de votre conférence d’hier après-midi, Monsieur Lordon, qui s’exprime sur le blog de Monsieur Jorion :
    "Concernant la situation de l’Europe, il n’y a pour lui (j’espère ne pas déformer ses propos) que 2 solutions.


    1) La révolution totale. Vu la coercition entre les sphères politiques et économiques « une bande de grands copains sic » rien ne se fera sans un coup de gueule monumental et sans demi mesure.
    2) Le ras le bol des responsables européens face à la fièvre des marchés. Ceux-ci ne fonctionnant que sur le court terme et sur le mode binaire confiance/défiance (il n’est pas imaginable que sur du long terme une nation puisse être en faillite totale). Nos responsables européens finiraient par couper le cordon ombilical pour passer au stade suivant nécessitant une refonte complète des traités (notamment le rôle de la BCE). En permettant à nouveau aux nations d’emprunter à la BCE plutôt que d’être obligé d’aller vers les marchés."
    Je n’ai pas l’impression qu’il croyait beaucoup à l’option 2."


    Et doit-on croire a l’option 1 ?
    Ce n’est pas une révolution totale qui changera les choses, car quand les peuples "ont faim", il est trop tard. Une révolte citoyenne ordonnée dans le sens de 2 me semble plus pertinente... j’ai créé un modeste blog dans ce sens...

    l’option 2 que vous évoquez d’après cet auditeur, Monsieur Lordon, peut être qualifiée de Glass-Steagall global, et effectivement cela passe par une souveraineté des états vis-a-vis des banques et des marchés financiers. Avec en effet un recours direct des États a la BCE a taux bas. Avec un marché des devises européennes a taux de change fixe, aussi, probablement, pour aller plus loin. Et aussi par une reprise de contrôle des États sur leur système bancaire privé comme vous le proposez.

  • permalien Révolté créatif :
    5 mai @15h02   « »

    Il semble en effet difficile dans les conditions actuelles que le mouvement vienne d’Europe, mais des discussions intenses se poursuivent à l’intérieur des États-Unis et entre des milieux institutionnels américains et les grandes puissances eurasiatiques, principalement par le biais de l’économiste Lyndon LaRouche.

    Pour résumer :
    - 2) est a mettre dans 1) : il y a une âpre bataille politique à mener pour faire connaître les idées, les imposer, en prenant à témoin les citoyens et en communiquant sur ce que personne ne dit jamais.
    - Il y a donc par ailleurs un espoir extrinsèque de libérer l’Europe...

    Ce qui ne dédouane pas de "s’efforcer" sur le premier point.

    Et commençons par exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière ! C’est ici.

    Pour remettre les banquiers dans le rôle qui aurait toujours du rester le leur. Et pour protéger les secteurs bancaire et de l’entreprise des marchés financiers.

    Signez, diffusez LARGEMENT !

  • permalien betov :
    6 mai @07h32   « »

    T’as raison, "Révolté créatif" :

    C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule.

     :))

  • permalien BA :
    6 mai @08h54   « »
    Montez aux étages supérieurs !

    Jeudi 6 mai 2010 :

    Bourse de Tokyo : Le nikkei chute de 3,27 % en clôture.

    L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a abandonné 3,27 % jeudi à la clôture, pour tomber à 10.695,69 points, en raison des inquiétudes liées à la crise de la dette grecque et au renchérissement de l’euro face au yen, une évolution qui handicape les groupes exportateurs.

    http://www.romandie.com/ats/news/10...

    La vraie crise européenne, la vraie crise japonaise, la vraie crise étatsunienne, etc. c’est la crise des dettes publiques.

    Et cette crise est en train d’arriver sur nous comme un raz-de-marée.

  • permalien betov :
    6 mai @10h24   « »

    Comme dirait Elie Cohen, "ça va bientôt être le moment d’entrer en bourse", hein, BA ?

     :))

  • permalien BA :
    6 mai @18h07   « »
    Montez en haut de la colline !

    Jeudi 4 mars 2010 : l’Espagne a lancé un emprunt à 5 ans. L’Espagne a dû verser un taux d’intérêt de 2,81 %.

    Jeudi 6 mai 2010 : l’Espagne lance un emprunt à 5 ans. L’Espagne doit verser un taux d’intérêt de 3,532 %.

    Conclusion : en deux mois, l’Espagne a été obligé d’emprunter à un taux d’intérêt en hausse de 25 %.

    Mais à part ça, l’Espagne va bien.

    L’Espagne va de mieux en mieux.

    Tout va très bien, madame la Marquise.

    Voici le graphique des taux d’intérêt pour un emprunt à 5 ans :

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

  • permalien Beaware :
    6 mai @21h05   « »

    Putain c’est la fête ce soir à Wall Street !!! Continue BA, j’adore tes commentaires, un régal de réalité.

  • permalien Athouni :
    6 mai @22h09   « »

    Y’a un truc qui me dépasse quand même : comment des Etats peuvent-ils accepter de se faire ainsi marcher dessus par les marchés. "Les Etats", "Les marchés", j’ai bien conscience de manquer de précision et de clarté mais je reconnais sans mal mon ignorance.

    Si j’ai bien compris, les agences de notation comptent parmi les responsables de la crise des subprimes (pour avoir continué à noter AAA des banques quelques jours à peine avant qu’elles ne fassent faillite). Aujourd’hui, ces mêmes agences sont ont "coulé" la Grèce et s’attaque au Portugal et à l’Espagne.

    Si j’ai bien compris, les agences de notation leur reproche leur déficit public et l’endettement. Pourtant ces dettes ne s’expliquent-ils pas en partie parce que les Etats ont sauvé les banques (que ces agences notaient AAA), non ?

  • permalien BA :
    6 mai @22h34   « »
    Montez en haut du peuplier !

    Jeudi 6 mai 2010 :

    Si l’Irlande voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 5,80 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si l’Irlande voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 4,41 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si le Portugal voulait emprunter à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,14 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si le Portugal voulait emprunter à 2 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 5,73 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si la Grèce voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de ...
    11,31 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si la Grèce voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de ...
    16,36 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

  • permalien citoyen frondeur :
    7 mai @06h47   « »

    @Betov,

    Ai-je raison ou tort dans ce que j’écris ? ou même d’écrire ? je ne me pose pas la question, a vrai dire.
    Et puis, par les temps qui courent, parler de rien, c’est déjà quelque chose, non ?

    Plus sérieusement, j’estime avoir écrit ces lignes pour un autre motif que le simple fait de les écrire.

    Mais tout le monde n’a pas votre niveau d’érudition (je vous fais l’insulte de vous vouvoyer :-/), et parler de révolte citoyenne dans le présent plutôt que d’histoire sociale ou de lutte des classes dans ce blog, c’est peut-être trop terre-à-terre, même si les sujets sont liés quand on y réfléchit un tout petit peu... Que ces plates digressions vous ennuient, trop molles pour un rebond vers de prochaines joutes-tournois passionnées, je le conçois, c’est une autre affaire.
    Pour ma part, ce n’est pas forcément ce que je suis venu chercher ici... Je ne viens rien chercher ici d’autre que d’exprimer ma conviction, Et éventuellement, d’avoir un échange.

    Si j’ai raison, au fond, tu (l’insulte du vouvoiement s’évapore…) n’as pas tort : je me sens mieux dans citoyen frondeur que révolté « créatif »… Le créatif, c’est plutôt toi, probablement. Toi qui « as tout compris à l’humanité en regardant un troupeau de chèvres » et survoles les sentiers battus. Alors je m’adresse au créatif observateur que tu es, englobant car cultivé...

    Les plates questions que je soulève me semblent pertinentes –voire centrales- dans la conjoncture actuelle, même si elles ne sont qu’indirectement reliées à cet article de Monsieur Lordon. Allez, je t’aide à lire entre les lignes, bon garçon que je suis, toi qui n’en as pourtant pas besoin : a l’heure où l’oligarchie ploutocratique mondiale a décidé de saigner les peuples grâce aux belles institutions européennes (les grecs sont les premiers du troupeau, expiateurs fainéants et grassement payés – 14 mois de salaire, vraiment…- du grand péché du mensonge de leurs dirigeants sur les finances du pays) pour maintenir ses positions de domination absolue, que penser d’une compétence politique citoyenne (au sens ou les citoyens deviennent de plus en plus compétents sur les sujets d’actualité, ceci grâce a l’ère de l’internet en particulier) comme la base d’une révolte citoyenne (dans la rue) ? que penser d’un mouvement comme le DARD ? Aucun espoir que l’internet délivre les chèvres ? ou Internet est-il en danger ? c’est-a-dire de plus en plus contrôlé…

  • permalien citoyen frondeur :
    7 mai @06h48   « »

    Voilà ce qu’il y a dans les quelques lignes que j’ai écrites. En face de la goutte d’eau des 50000 grecs dans la rue qui vocifèrent de rage contre les voleurs, qui, le vivant, eux, ont bien compris la prédation absolue des banques et des marchés, combien de leurs « confrères européens » pensent encore que les grecs ont péché et qu’ils doivent être punis ? Combien dans le troupeau européen ne voient pas que ce sont les ploutocrates grecs qui ont péché ? Que ceux-là vont s’enrichir malgré tout dans cet épisode (positions bancaires…) ? Et qu’eux seront grecs aussi bientôt à leur tour ? Probablement beaucoup parmi les allemands que l’ange Merkel a déjà saignés depuis longtemps et donc qu’on a réussi à monter contre leurs confrères grecs. Et pas mal parmi nous les franco-francais, également, qui allons continuer de subir en version accélérée la saignée déjà allègrement entamée depuis 3 ans (beaucoup plus longtemps en fait, ah, ce cher De Gaulle nous manque). Ne nous sentirons-nous un peu plus proches des grecs que quand on sera encore un peu plus au fond du trou ? J’espère que ça arrivera avant, et peut-être qu’Internet peut (encore) y aider.

    Jean-Luc Mélenchon parle d’un retour du nationalisme d’extrême droite et/ou de gauche dans les pays de la zone euro qui vont sombrer et sortir de l’Euro, un peu a la manière de l’Amérique latine des années 1990/2000… Je suis aussi de cet avis, cela va se produire.
    Et cette vision du Glass Steagall global avec libération des Etats vis-à-vis du secteur bancaire privé (par émission directe de crédit public par les Etats et ensuite contrôle de l’état sur les banques privées et séparation des activités) est le seul rempart contre cette dérive, avant cette dérive. La ploutocratie gouvernementale européenne et française n’ira pas dans ce sens ? Que nous reste-t-il a faire a part l’exiger dans la rue et commencer par demander un referendum 2005bis pour sortir de cette Europe ? et exiger une commission d’enquête parlementaire en France sur la crise financière ?… plus loin : quand le nationalisme, ci et la, sera au en place, cette exigence citoyenne ne serait-elle pas un pied-de-nez possible ? …
    Encore faut-il être nombreux, ensemble. Il faut manifester contre tout cela Mais aussi demander, -EXIGER, pardon- autre chose.
    Quel naïf utopiste je fais, à défaut d’être créateur ! C’est tout ce qui nous reste, il me semble…

  • permalien BA :
    7 mai @08h30   « »
    Montez en haut du Mont-Blanc !

    Vendredi 7 mai 2010 :

    Marchés d’Asie et euro toujours dans la tourmente.

    La tempête continuait à faire rage vendredi sur les Bourses d’Asie et la monnaie européenne restait sous pression face au dollar, sur fond de craintes de contagion de la crise grecque à d’autres pays de la zone euro et dans la foulée d’une chute historique de Wall Street.

    Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro devaient se retrouver vendredi en sommet extraordinaire à Bruxelles, les ministres des Finances du club de grands pays industrialisés du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) ont annoncé la tenue d’une conférence téléphonique dans la journée sur la crise de la dette grecque.

    La monnaie unique européenne, qui avait atteint jeudi son plus bas niveau depuis mars 2009 face au billet vert à 1,2523 dollar, remontait légèrement mais restait sous pression vendredi matin lors des échanges en Asie. Vers 02H50 GMT (04H50 HEC) un euro valait 1,2708 dollar, contre 1,2644 jeudi vers 20H00 GMT.

    Le ministre japonais des Finances, Naoto Kan, a exclu des mesures concertées du G7 pour redresser l’euro. "Je ne pense pas qu’il y aura de demande d’intervention" lors de la conférence téléphonique, a-t-il déclaré.

    Alors que les télévisions du monde entier diffusaient en boucle les images d’affrontements entre policiers et manifestants à Athènes, les marchés d’Asie ont poursuivi leur net recul entamé la veille.

    A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei des valeurs vedettes a dégringolé de 3,74% à la mi-séance, cumulant une perte de près de 7% en deux jours.

    "La raison de la chute, tout le monde la connaît : la Grèce. Le marché prend en compte la possibilité que le problème grec s’étende à l’Espagne et au Portugal", a expliqué Hideaki Higashi, analyste chez SMBC Friend Securities.

    La chute de Tokyo était amplifiée par la rapide ascension ces derniers jours face à l’euro du yen, traditionnelle valeur-refuge par temps de crise, un phénomène qui pénalise lourdement les exportateurs japonais. Des valeurs comme Sony, Panasonic ou Nintendo dévissaient de plus de 5%.

    L’euro affichait toutefois un timide redressement vers 02H50 GMT et s’échangeait pour 117,35 yens, contre 114,49 yens à 20H00 GMT la veille.

    Prenant les devants, la Banque du Japon (BoJ) a injecté vendredi 2000 milliards de yens (17,4 milliards d’euros) dans le système bancaire du pays, afin de tenter de rassurer les investisseurs. C’est la première fois depuis décembre que la BoJ prend une mesure d’urgence de ce type.

    La plupart des autres marchés d’Asie connaissaient également une journée mouvementée.

    Dans le courant de la matinée, Sydney et Taipei perdaient plus de 2% chacune, tandis que Séoul lâchait environ 3%. Les pertes étaient plus limitées à Shanghai (-0,42%) et Hong Kong (-0,67%) vers 02H45 GMT.

    http://www.romandie.com/infos/news/...

  • permalien betov :
    7 mai @08h38   « »

    Il n’y a pas de 1789 sans siècle des lumières, "citoyen frondeur". Et là, c’est l’obscurantisme footballistique qui ne mérite, effectivement rien d’autre qu’un DARD ou un Larouche. Nous sommes dans le siècle des clowns. Non seulement une "révolte" n’aura probablement pas lieu, mais, même si elle avait lieu, ce ne serait qu’agitation sans objectif ni même compréhension des causes et des effets.

    Moi aussi, je vote "Mélenchon", mais je ne me fais aucune illusion, bien que l’illusionniste hyper-raciste soit talentueux. Le PG n’est *pas* de gauche. Les fascistes du PC et de NPA encore moins. On commencera à parler de gauche quand on parlera de limitation de la dominance sociale, quand l’excès de richesse relative sera considéré comme un crime, quand l’existence d’un "grand patron" ne sera plus tolérée, etc..., et nous en sommes loin, imbibés que nous sommes tous de l’idéologie du mérite.

    Quant à la crise de la dette en Europe, elle se terminera (provisoirement) de la même façon qu’aux US : Par la virtualisation. C’est-à-dire que la crise réelle (celle du sens) approfondira son niveau de schizophrénie vers le niveau suivant d’abstration morbide. Après le virtuel de l’économie (la finance), le virtuel de la finance. Le virtuel du virtuel, en quelque sorte.

  • permalien citoyen frondeur :
    8 mai @11h24   « »

    Une révolte citoyenne dans la crise actuelle ne sera pas la révolution 1789. L’histoire ne se répète jamais vraiment. Oui l’obscurantiste « déculturation » à l’œuvre depuis la révolution postindustrielle, encore beaucoup plus profonde depuis la deuxième moitié du 20ème siècle et l’avènement de ce destructeur rêve américain globalisé. Les gens doivent s’éduquer, imparable. On est dans une putain d’ornière, c’est clair. Inextricable ? …

    Mais je vais te dire, moi qui déteste le football comme toi pour ce qu’il représente d’avilissante drogue du peuple : je préfère presque voir qu’une certaine tranche de la population se fera toujours berner et que d’autres restent éducables avec effort, grâce a l’internet notamment, que de voir des gens avisés que la lucidité profonde n’appelle qu’a un vide d’espoir destructeur : discours extrême, d’une violente désinvolture. Les deux faces du visage du chaos. En vérité, il m’apparait de façon éclatante que les illuminés désenchantés sont au moins autant un obstacle à la « révolution » que ceux-là. Savoir, conscience, énergie, être…

    Le DARD est probablement une utopie entropique pour les raisons que tu exposes, mais il a le mérite d’exister, c’est ilot de résistance. Et donc, malgré tout, voyons voir ! C’est populaire, c’est vrai et ca touchera donc une frange de footballeux (footballeux au sens large), c’est clair, encore plus de mérite ! Peut-être que ceux-là ne méritent pas mieux, mais c’est au moins ce qu’ils PEUVENT. Quelqu’un va les chercher pour « essayer quelque chose ». Je trouve que c’est fort.

    Quant à Larouche et son confrère français Cheminade, c’est très différent. D’ailleurs, leur démarche est en quelque sorte de revisiter les Lumière (un petit tour sur le LYM / LYM France permet de le constater) pour faire renaitre au sein d’une communauté (vue comme une secte par les ignares ou les dominants) une culture de la découverte à projeter dans un avenir centré sur l’homme. Le concept d’économie physique de Larouche est dans cette lignée et à l’opposé de la débile « science » économique moderne de Harvard et Princeton, dont les subsides planifiés sont, entre autres, la religion du football du peuple. La stratégie de ce mouvement est d’essayer d’accrocher le peuple et de créer un sursaut avec ce fond, mais pour les raisons que tu évoques, c’est très compliqué : il faut faire le grand écart.

    Le fait que tu mettes le DARD et Larouche dans la même besace est à mon sens aussi obscurantiste que la religion footballistique elle-même (car c’est a l’évidence diamétralement opposé même si les deux ont ceci de commun qu’ils peuvent être considérés comme « outils ») : est-ce par paresse intellectuelle (je ne crois pas), discours pseudo-dialectique provocant sur fond de désillusion profonde et cynique, … ?

  • permalien citoyen frondeur :
    8 mai @11h42   « »

    Mélenchon hyper-raciste ? Oui c’est un laicard un peu « intégriste », on peut en discuter, mais en faire un hyper-raciste, quelle provocation stupide ! Mélenchon est un homme du monde né au Maroc et il n’est clairement pas raciste, quelle qu’en soit l’acception. Stupidité à peine moins grossière par sa provocation que le choix de cette photo de Mélenchon dans cet article de leçon d’universalisme « les mots sont importants » qui n’a de leçon que son développement lénifiant … Quelle bêtise !

    Tu dis que le PG n’est pas de gauche alors que tout ce que tu définis d’une vraie gauche (limitation de la dominance sociale…) est dans le programme de Meluche : excès de richesse relative sera considéré comme un crime, existence d’un "grand patron" ne sera plus toléré, etc… Tout cela est indiscutablement dans ses intentions et son programme. Le PG est de Gauche dans son programme et ses intentions. Indiscutablement. Pour le NPA et le PC, je te rejoins un peu.

    Ensuite, Mélenchon, politique, politicien, « énarque », mettrait-il à exécution de façon honnête ses belles intentions s’il était au pouvoir ? Autre histoire… Nous le verrions bien s’il y parvenait. Personnellement, sur un ressenti psychologique de l’individu et de son parcours, je pense que oui, mais je peux fortement me tromper.

    La crise de la dette en Europe, rien de virtuel : car rien de plus terriblement incarné pour les populations que le morbide. Après les coussins moelleux amortissants pour la virtualisation qu’ont été les budgets des états, nous arrivons au DUR. Virtualité et abstrait, encore, au niveau de la communication médiatique qui en sera faite, oui. Mais pour un temps.

    Si la finance est le virtuel de l’économie, le virtuel s’arrête ici. La virtualisation aura détruit la finance elle-même et plus : l’économie physique et les peuples. La finance virtuelle étant détruite (et ses medias virtualisants avec), le virtuel s’arrête ici, le virtuel détruit par le virtuel, même si les derniers sursauts des écopeurs de l’oligarchie ont consisté à dématérialiser cette chute de l’Empire en remettant la Bourse virtuellement a flot artificiellement après son décrochage normalement fatal dans les derniers jours… Assez frappant.

    Et la dialectique de l’Histoire demandera de construire autre chose qui n’a jamais demandé d’être aussi nouveau, sur un terreau qui, en effet, n’a jamais été aussi pauvre et sec.
    Sécheresse de culture, de vision. De créativité. De peur. D’avilissement et d’abrutissement. Mais sécheresse tout autant d’entropie-désespoir. De lucidité sans courage. Tout cela, au même niveau, est le fonds de commerce polymorphe entretenu par l’oligarchie pour sa perpétuation. Et le demeurera le plus longtemps possible.

  • permalien PLOUTOPIA :
    11 mai @12h10   « »
    QUAND LA DEMESURE ATTEINT DES SOMMETS

    10 mai 2010, un plan d’aide de 750 milliards d’euros !

    Après la faillite des banques, des assureurs puis des Etats, on prépare celle d’un continent ! La démesure et les inégalités vont atteindre des sommets.

    Gates, Buffet, Slim, Sorros, Mittal à droite et le reste (6,7 milliards d’individus) à gauche…

    Le plus affligeant, c’est qu’une bonne partie de la gauche souhaite aller vers la droite et raisonne comme la droite (travailler plus pour gagner plus, moins d’impôts, combattre l’inflation, des banques indépendantes, de la croissance svp !)

    Alors qu’il serait si simple de couper les ailes de ces charognards financiers.

    QUAND LA DEMESURE ATTEINT DES SOMMETS

    PLOUTOPIA

  • permalien Prof. & Dr BOUTTI :
    12 juillet @22h53   «

    L’ensemble des éléments vernaculaires ennoncés correspondent parfaitement à l’ethique de la finance islamique qui n’a pas été touché par la crise systémiques des subprimes.
    EXEMPLE I  : Le devoir d’adosser les transactions financières
    à un actif tangible

    En islam, la monnaie n’est pas identifiée comme un
    objet de commerce (excepté dans certains cas
    particuliers) : en effet, celle-ci n’a aucune utilité intrinsèque
    et ne constitue qu’un moyen d’échange ;
    chaque unité d’argent étant en tout
    point équivalente à une autre unité de
    la même dénomination, il y a donc aucune possibilité de réaliser un bénéfice (légitime et justifié du point de vue de la Shariah (législation musulmane)) par l’échange de ces dernières entre elles : tout surplus obtenu suite à un tel échange constitue
    du ribâ (intérêt) et est par conséquent interdit pour
    le musulman. La réalisation d’un bénéfice est par
    contre justifiée dans le cas où quelque chose
    ayant une utilité intrinsèque est vendue pour de
    l’argent (ou lorsque des monnaies différentes sont
    échangées l’une contre l’autre).

    EXEMPLE 2 : L’interdiction du gharar
    En toute chose, le musulman doit se garder d’adopter
    une attitude ou de faire quelque chose qui aurait pour
    conséquence d’entraîner (inutilement et de façon injustifiée)
    des tensions et des conflits au sein de la société.
    C’est justement pour cette raison que, dans les affaires et
    le commerce, il ne lui est pas permis de conclure un bay’
    oul gharar, c’est-à-dire une transaction qui renferme un
    flou non négligeable au niveau d’un des biens échangés
    et/ou qui présente en soi un caractère hasardeux et
    incertain. C’est le cas notamment :
    • lorsque la vente porte sur une marchandise qui n’est
    pas déterminée de façon précise.
    • lorsque la transaction est conclue sans que le prix de
    la marchandise ne soit fixé de façon claire.
    • lorsque la transaction porte sur une marchandise
    déterminée que le vendeur ne possède pas encore.
    • lorsque le transfert de propriété est conditionné à un
    évènement hasardeux.

    Prof. Dr Rachid BOUTTI

    Titulaire de la Chaire Euro Arabe « Développement durable »

    Expert Comptable

    Consultant International Actif auprès de l’AUF, USAID, AXA et BID

    Responsable du Mastère international Métier de Conseil et Encadrement Supérieur (Programme Meda)

    Auteur d’ouvrages dans le domaine du management opérationnel et stratégique

    Ex Directeur Administratif et Financier (CFO)
    de la multinationale ELF

    Ex Chief Executif Officer du Holding Industriel Richbond

    Portail :http//www.controledegestion.org

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