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La Thaïlande à l’heure des règlements de comptes

mercredi 28 avril 2010, par Jean-Claude Pomonti

Les seaux d’eau du Nouvel An sont vides, rangés. Le 13 avril, trois jours seulement après un brutal dérapage – vingt-cinq morts, plus de huit cents blessés, dont deux cent trente soldats –, les passants se sont joyeusement aspergés, selon une habitude récente, peu conforme à la tradition. De gros pistolets à eau ont remplacé les fusils automatiques et les lance-grenades, sans pour autant effacer le carnage. Rouge, jaune, bleu, noir, rose, arc-en-ciel, les couleurs de la politique thaïlandaise continuent de pâlir. Les institutions, l’Etat de droit se replient sur le fond de la scène, n’apparaissent plus qu’en pointillés.

Guerre civile ? Non – ou du moins pas encore. La Thaïlande n’a pas plongé dans le précipice. Le plus préoccupant demeure toutefois le recours à des lance-grenades M79 qui, pour la première fois, ont fait dans la soirée du 22 avril des victimes civiles : officiellement, un mort et plus de quatre-vingt-six blessés parmi les contre-manifestants. Les tirs sont venus d’un parc occupé par les « rouges » antigouvernementaux. Ces deux dernières semaines, des actes de sabotage ont endommagé des pylônes soutenant les lignes à haute tension qui alimentent Bangkok en électricité, et un incendie, rapidement circonscrit, a touché un dépôt d’essence. Le commandement militaire a réaffirmé qu’il n’avait pas pour autant renoncé à disperser les manifestants rouges. Le nom de l’opération prévue : « Payback ».

Le 10 avril, des officiers supérieurs discutent de la marche à suivre au carrefour de Khoh Wua. L’état d’urgence a été décrété trois jours auparavant par le premier ministre Abhisit Vejjajiva, à la suite d’une intrusion de « chemises rouges » au sein du Parlement. La séance a été interrompue dans la confusion, et des ministres ont dû, à l’aide d’une échelle, escalader un mur pour rejoindre, de l’autre côté, des hélicoptères chargés de les évacuer en banlieue, au quartier général du 11e régiment d’infanterie, siège du gouvernement depuis le début des manifestations, le 14 mars.

Les officiers réunis à Khoh Wua ont reçu l’ordre d’occuper une intersection voisine, celle de Phan Fa, alors le principal centre de rassemblement des « rouges », avec estrade géante, haut-parleurs, village de toile, cantines, toilettes et douches portables. Un immense campement qui regroupe familles venues du nord et du nord-est du royaume, sympathisants locaux, agitateurs, milices et dirigeants du Front uni pour la démocratie et contre la dictature (UDD), le mouvement rouge. Ils réclament la démission de M. Abhisit, la dissolution du Parlement et des élections anticipées. L’objectif des militaires est alors de les déloger avant le Nouvel An, le 13 avril.

L’opération n’aura pas lieu. Après la tombée de la nuit, des tireurs d’élite visent le groupe. Des explosions se produisent. Un colonel est tué, un général et un autre officier supérieur grièvement blessés. Les trois hommes sont proches du général Prayuth Chan-ocha qui doit succéder, le 30 septembre, au général Anupong Paochinda à la tête de l’armée de terre, le poste le plus influent des forces armées. La chaîne de commandement est brisée par un acte que le premier ministre qualifie, imprudemment, de « terroriste ». A la suite d’échanges de tirs meurtriers, les soldats reçoivent l’ordre de se replier. Ils abandonnent blindés, armes et munitions. Quelques soldats sont pris en otage par les manifestants, qui finissent par les libérer après les avoir exhibés.

L’avant-veille, M. Abhisit avait interdit la chaîne de télévision des « rouges », ainsi que plusieurs de leurs sites sur la Toile. Les SMS aidant, des « rouges » se précipitent vers l’émetteur de Thai.com, en banlieue, pour exiger le rétablissement des émissions. La réponse des milliers de policiers et de soldats de garde est molle, et les manifestants obtiennent satisfaction. Le soir même, toutefois, les militaires réoccupent l’émetteur. A la suite des affrontements du 10 avril (dix-neuf manifestants, cinq militaires et un cameraman japonais tués), les émissions reprennent.

Le 12 avril, coup de théâtre supplémentaire. A l’issue d’une longue enquête, la Commission électorale recommande la dissolution du Parti démocrate, celui de M. Abhisit, pour avoir perçu des donations jugées illégales lors des élections de 2005. Les démocrates dominent la coalition gouvernementale. La recommandation est adressée au bureau de l’attorney general. Si ce dernier l’approuve, elle sera soumise à la Cour constitutionnelle, qui jugera. La procédure peut prendre entre deux mois et un an. La décision de la Commission électorale, qui est l’objet de pressions ouvertes des « rouges », tend à affaiblir encore davantage un gouvernement déjà en piteuse posture, dont l’autorité est battue en brèche et auquel les « rouges » reprochent d’être le produit de manœuvres parlementaires, non d’une victoire électorale.

La crise en cours remonte à la fin de 2005, quand les « jaunes », mouvement extraparlementaire et royaliste, descendent dans la rue pour protester contre M. Thaksin Shinawatra, alors le premier ministre le mieux élu de l’histoire du royaume. Leurs manifestations font le lit du coup d’Etat de septembre 2006, au cours duquel M. Thaksin est limogé. Les militaires rendent le pouvoir aux civils à l’occasion d’élections en décembre 2007. Le parti du clan Thaksin arrive en tête. Les « jaunes » reprennent leurs manifestations – occupant le siège du gouvernement et même les deux aéroports de Bangkok – jusqu’à l’intervention d’un tribunal, qui dissout le parti parrainé par M. Thaksin – lui-même en exil volontaire pour éviter la prison à la suite d’une condamnation pour abus de pouvoir.

Le dysfonctionnement du système est patent. Dans la foulée du coup d’Etat de 2006, l’UDD, autre formation extraparlementaire, est formé, et les « rouges » succèdent aux « jaunes » dans les rues. En avril 2009, les « rouges » empêchent la réunion à Pattaya, station balnéaire, d’un sommet régional. Toutefois, ayant perdu le contrôle de leurs troupes à Bangkok, ils sont contraints de mettre un terme à leurs manifestations. En mars 2010, ils envahissent à nouveau la capitale, deux semaines après la confiscation, par la justice, des deux tiers des avoirs bancaires de la famille Shinawatra.

Les « rouges », cette fois, sont organisés. Financés au moins en partie par M. Thaksin, ils ne manquent de rien. Ils semblent bénéficier de complicités dans la police et dans l’armée, ce qui leur permet de connaître à l’avance les mesures décidées par les autorités. Ce qui a été le cas à Khoh Wua. Plus récemment, le 16 avril, quand la police a repéré l’hôtel où cinq leaders de l’UDD passaient la nuit, les « rouges » ont été prévenus – toujours par SMS – à temps pour pouvoir se rendre sur place et aider leurs leaders à s’enfuir tout en prenant en otage, au passage, deux officiers de police relâchés peu après. L’un des dirigeants « rouges » a pu s’enfuir de sa chambre à l’aide d’une corde, devant les caméras des télévisions : des centaines de partisans l’attendaient au sol pour le soustraire à la police. La presse parle de trois sortes de militaires : une majorité, qui obéit aux ordres du commandement ; les « pastèques », à l’uniforme vert et au cœur rouge ; les « cantaloup », verts à l’extérieur et jaunes à l’intérieur.

Entre-temps, les « rouges » ont évacué Phan Fa après avoir établi, à partir du 3 avril, le nouveau point de ralliement à Rajprasong, l’un des principaux centres commerciaux de Bangkok avec ses gratte-ciel, ses grands magasins et une douzaine d’hôtels de luxe. Un endroit non inexpugnable, mais dont les forces de l’ordre ne peuvent reprendre le contrôle sans risquer de sérieux dégâts. Les « rouges » ont élevé des barricades et placé des camions en travers des avenues pour boucler le quartier et filtrer la circulation. Les grandes surfaces et leurs galeries marchandes ont baissé leurs grilles. Les hôtels cinq étoiles se sont vidés. A Bangkok, le taux d’occupation des hôtels est tombé à 20 %, contre de 70 % à 80 % en cette saison. Des dizaines de millions de dollars partent en fumée, la Bourse vacille, une économie en plein redressement commence à accuser le coup. L’épreuve est rude.

Le rôle du général Anupong

Neuf semaines de manifestations ont débouché sur une situation qui comporte sa part d’irrationalité. Tout le monde se réclame de la démocratie et de la non-violence. Mais les invectives pleuvent, les gestes d’intimidation également. Le gouvernement se réunit dans une caserne. Le premier ministre ne peut pas se rendre à son domicile, il est également persona non grata dans plusieurs villes de province. Si le commandement militaire soutient le gouvernement, le général Anupong n’en a pas moins déclaré, après avoir ordonné le repli des soldats le 10 avril, que la crise devrait être réglée par des moyens politiques, non par la force, et qu’une dissolution du Parlement pourrait être un moyen d’en sortir. Lors d’un échange télévisé surréaliste – deux séances de trois heures –, M. Abhisit a proposé d’avancer d’un an des élections prévues au plus tard en décembre 2011. Les leaders « rouges » présents ne lui ont accordé que quinze jours pour dissoudre la Chambre.

Afin d’occuper les manifestants, les « rouges » ont recouru à la magie noire : du sang humain répandu aux portes de l’adversaire pour lui jeter un sort. Très souvent, les campements prennent une allure de carnaval ou de joyeux pique-nique. Face à des rangées de bonzes protestataires, la police a déployé des unités de femmes, sachant que les porteurs de la robe safran n’ont pas le droit d’entrer en contact avec elles. Dans l’intervalle, des quartiers entiers de Bangkok ont continué de vaquer à leurs occupations tout en bénéficiant de quelques jours supplémentaires de congé. L’état d’urgence, décrété le 7 avril, interdit les rassemblements publics de plus de cinq personnes. Quelques milliers de manifestants sont encore regroupés à Rajprasong.

Ceux qui revendiquent la représentation d’une « majorité silencieuse », les « sans couleur » ou encore les « arc-en-ciel », ont commencé à se réunir à Democracy Monument, à mi-chemin entre Khoh Wua et Phan Fa, donc sur des lieux tenus pendant des semaines par les « rouges », avant de se replier sur un parc plus éloigné, celui de Chatuchak, limitrophe du plus grand marché de Bangkok. Ils sont contre la dissolution du Parlement et le limogeage de M. Abhisit. Ils affichent drapeaux nationaux et portraits d’un roi hospitalisé depuis septembre. Ils sont contre les « rouges ». Ils sont apparus à la « une » de la presse avant d’en être chassés par le nuage de cendres qui couvre l’Europe. Silencieux pendant des semaines, les « jaunes » ont, de leur côté, fait leur réapparition le 18 avril en accordant « sept jours » aux autorités pour rétablir l’ordre et la paix, faute de quoi ils redescendraient dans la rue.

Dans la cacophonie ambiante, au milieu des manœuvres et des manipulations, des intimidations et des humiliations, au-delà des professions de foi, un fait sera difficile à effacer : des chefs militaires ont été tués, le 10 avril, lors d’une opération de style militaire, exécutée par des professionnels. Il y a une volonté de revanche dans l’air. La chasse aux responsables du forfait est ouverte. Vingt-cinq mandats d’arrêt ont été lancés. Pendant de longues semaines, militaires et policiers étaient intervenus sans armes. Les soldats sont de nouveau armés. Leurs cibles : des hommes vêtus surtout de noir, parfois masqués, équipés de fusils ou de lance-grenades, aperçus dans la foule des « rouges ». Les « dommages collatéraux » doivent être réduits le plus possible.

Dans le pur style de la guerre froide, un rapport des services militaires de renseignement estime que les éléments armés, dans le camp d’en face, sont recrutés parmi trois groupes : les séparatistes de l’extrême sud du royaume ; des mercenaires originaires des pays voisins ; des paramilitaires entraînés par les « pastèques ». Une alerte générale est décrétée. Elle affecte également les meilleures unités : commandos de fusiliers-marins, escadrons de F-16, fantassins héliportés, parachutistes. Pour avoir réagi avec un temps de retard, le commandement n’en affiche pas moins sa détermination.

Dans la nuit du 18 au 19 avril, alors que les tireurs d’élite de l’armée prennent position dans les gratte-ciel qui dominent Rajprasong, des soldats quadrillent le centre financier et d’affaires de Silom, que les « rouges » ont envisagé d’occuper avant d’y renoncer. Armés de leurs fusils d’assaut, protégés par des chevaux de frise, les soldats occupent toutes les intersections du quartier. Ils sont appuyés par vingt-cinq compagnies de la police antiémeutes. C’est à la limite entre Silom et le campement des « rouges » que les cinq explosions de grenades se produiront dans la soirée du 22 avril.

Dans un éditorial publié le 19 avril, The Nation, qui ne cache pas son hostilité à l’égard de M. Thaksin, estime que l’ancien premier ministre et sa clique, « qui se disent les défenseurs de la démocratie, ont peut-être réussi pour le moment à exploiter, à des fins égoïstes, les revendications des “rouges” ». Toutefois, ajoute le quotidien anglophone de Bangkok, « personne ne peut nier que les revendications des ”rouges” ordinaires sont réelles ». Lors de son passage au pouvoir (2001-2006), M. Thaksin a réveillé les campagnes avec des mesures populistes que, d’ailleurs, les démocrates continuent d’appliquer depuis leur arrivée au pouvoir, en décembre 2008. Les paysans ne veulent pas renoncer à ces acquis et se fichent des bonnes affaires qu’aurait pu réaliser le magnat lors de son passage au pouvoir.

D’un autre côté, au cours des cinq dernières décennies, la Thaïlande s’est considérablement enrichie. Des classes moyennes urbanisées se sont formées. Le tourisme n’y représente plus que de 6 % à 7 % du PNB. Le royaume est la deuxième économie de l’Asie du Sud-Est, derrière l’Indonésie. La société est complexe : les réflexes féodaux y cohabitent avec des intérêts bien compris, la modernité, la pratique de mœurs politiques anachroniques et la désaffection générale à l’égard de la classe politique, ce qui explique pourquoi le débat a gagné la rue et que certains acteurs dégainent...

L’épreuve de force n’a pas encore eu lieu. La thèse d’un complot, préparé de longue main par M. Thaksin et ses acolytes, gagne du terrain. Si les « rouges » ont l’ambition de changer la société, d’autres les utilisent comme un paravent à leurs propres projets. Pour avoir joué un rôle prépondérant depuis l’abolition de la monarchie absolue en 1932, l’armée n’a pas l’intention de laisser faire. Le pire, vendredi 23 avril en milieu de journée, n’était pas exclu.

* Une version de ce texte a été publiée dans Cambodge Soir

19 commentaires sur « La Thaïlande à l’heure des règlements de comptes »

  • permalien Yaoline :
    28 avril 2010 @20h12   »
    Un article indigne du Monde Diplomatique

    J’ai rarement vu une compilation aussi imbécile la lutte des Chemise rouges.
    Des affirmations ridicules et contradictoires alternant avec des faits bruts.
    Le titre en lui même est une insulte au peuple thaïlandais.
    Il n’y a pas de "règlements de comptes" il y a des luttes sociales dans un pays "émergeant". Une société, contrainte par la mondialisation, à rejoindre la cohorte des sociétés de consommation, donc de production forcée au bénéfice des oligarchies, terriennes, industrielles, financières et militaires.
    La Thaïlande est une dictature, elle connait la censure, la répression, elle vit sous la domination de généraux pourris, ayant bâti leur fortune sur les trafics en tous genres : drogues, armes, prostitution (2 000 000 de prostituées dons 800 000 enfants), esclavage (bravo Addidas et Nike ) la corruption. Les bases américaines de la guerre du Viet Nam, l’amitié de l’ogre américain à laissé derrière elle une dictature et des bordels.
    Un article indigne du Monde Diplomatique.
    Je ne le citerai même pas dans mes blogs, comme je le fait pour le Figaro par exemple, lui un exemple de cohérence dans sa haine du peuple.

  • permalien FerDex :
    30 avril 2010 @18h57   « »

    Oh ! Yaoline ! Tu connais la Thaïlande ?
    Parce qu’au temps de Thaksin, ce n’était pas une dictature, peut-être ?
    3500 dealers ou pseudo dealers dénoncés comme tels, assassinés par le police pendant une campagne anti-drogue, des votes de paysans achetés, une corruption énorme : ce ne sont pas des pratiques dictatoriales, ça ?

    Je préfère vivre dans une dictature comme la Thailande que dans une démocratie comme la France, je t’assure.

    C’est certain qu’au niveau social il y a beaucoup à faire, mais c’est un des rares pays de la région où il y a un SMIG, une sécurité sociale gratuite pour les soins, une retraite faible il est vrai, mais qui existe, pas d’indemnités de chômage ou de RSA, mais une facilité de créer un petit business permettant de vivre ou de survivre dans le pire des cas, avec très peu d’argent
    Mais, c’est vrai, il y a encore beaucoup de pauvres et de très pauvres.
    Si tu veux voir une vraie dictature, va faire un tour de l’autre côté de la Moey river, en Birmanie !

    Cordialement
    FerDex

  • permalien mordicus :
    30 avril 2010 @19h03   « »

    Evitez les posts de Yaoline !!!! Madame est très sélective et répend son discours agressif, stupide et partisan sous chaque article qui ne fait pas l’apologie des "rouges"
    Donc, voici un petit message, juste pour toi Yaoline :
    - les rouges luttent pour une "vraie" démocratie (par opposition à la "fausse" démocratie ou dictature actuelle)
    - les rouges ne sont pas manipulés ni financés par thaksin
    - d’ailleurs ce dernier ne cherche pas à revenir au pouvoir
    - et s’il revenait, de toute façon, ce serait une "vraie" démocratie
    - il n’y aurait plus de corruption, de drogue, de prostitution....
    - les rouges ne sont pas armés, à la limite quelques branches de bambou
    Je pourrais continuer encore mais bon, tout le monde a compris
    Tu délires Yaoline ou alors tu es en mission...

  • permalien FerDex :
    30 avril 2010 @20h35   « »

    D’accord, Mordicus , j’ai compris !
    Bye
    FerDex

  • permalien luk :
    1er mai 2010 @14h02   « »

    Malheureusement la Thaïlande est à son tour sous le coup d’une opération de prise de pouvoir par le groupe Carlyle.

    Une preuve avant la création du thai rak thai, pendant la crise extrait :

    "Thailand’s financial crisis :
    Publication : Journal of Economic Issues

    George Soros used the above events and concerns in order to lead a speculative attack on the Thai baht—the official currency of Thailand.

    George Soros bought forward currency contracts on the baht in the spring of 1997. Forward currency contracts are legal agreements to exchange currency at an agreed upon rate at some date in the future. Perhaps these forward contracts gave Soros the option of selling baht at the rate of one US$ for 26 baht in January of 1998. Next Soros sells all of his baht, convinces all of his friends to sell their baht, and advertises the current problems of the Thai economy (see above) in an effort to get others to sell their baht. Soros advertised Thailand’s problems because he wanted to create a panic where all foreign investors would want to sell their baht immediately for fear its value was on the verge of collapse. As everyone begins selling baht (and no one wants to buy it), the Thai government must buy up the resulting surplus in order to maintain the fixed exchange rate. Thailand spent US$6.8 billion and committed at least an additional US$23.4 billion in forward obligations in an effort to maintain the fixed exchange rate (Leightner 1999 ; note Thailand had US$39 billion of foreign reserves in January 1997). On July 2, 1997, the BOT gave up its fixed exchange rate and floated the baht (stopped buying and selling to keep the baht’s value fixed). By January 1998, the baht had fallen to US$1 for 54 baht. In January 1998, George Soros could exchange US$1 billion for 54 billion baht on the spot market (the market using current prices). He could then use his forward contracts to exchange the 54 billion baht for more than US$2 billion—more than doubling his money. (2) Soros took advantage of Thailand’s problems to make a huge personal profit and in the process Thailand was devastated.

    Thaksin was one of the few Thais who gained financially from the collapse of the Thai baht (McCargo and Pathmanand 2005). The political party that Thaksin created was called the "Thai Love Thai" (Thai Rak Thai) party."

    L’un Soros empire la crise, l’autre Thaksin en profite, sachant qu’ils font tout les deux partie de Carlyle et que Thaksin crée des fondations sur le même modèle que Soros.

  • permalien luk :
    1er mai 2010 @14h04   « »

    C’est une opération comme il y en a eu dans de nombreux pays, comparable a celle en Ukraine, on change la couleur des tshirts, mais le but est le même, permettre aux société étrangère de rentrer sur un marché trop protégé par l’état, mais il faut d’abord placer le traitre au pouvoir et peut importe ce que l’on peut faire croire au rouge, au final si ils gagnent Thaksin retournera au commande en temps que 1 er ministre et continuera la libéralisation du pays, sachant que son principal obstacle est le roi.

    Ce pays avant Thaksin était imprenable car uni, Thaksin a crée les divisions d’abord entre musulman et bouddhiste, ensuite entre les pauvres du nord est et les classes riches et moyennes du pays, diviser pour mieux régner ...

    La Thaïlande qui est resté si longtemps indépendante, risque de tomber au main des multinationales qui on réussi a corrompre les cerveaux des plus pauvres.

  • permalien jacqueline :
    1er mai 2010 @23h54   « »

    Je connais assez bien la Thailande pour y avoir sejourne, sous Thaksin..

    L’Europe s’est encore ridiculisee en allant donner des lecons de democratie a la Thailande pendant la revolution pacifique des chemises jaunes lors de l’eviction de Taksin, en voyage ( qu il y reste : allez tchao )

    Je n’ai jamais compris que les paysans de l’Issan puissent soutenir le premier ministre le plus pourri qu’ ils aient pu avoir en Thailande.

    Connaissant un peu le pays, si les "chemises rouges" ne sont pas finances par qqun ce n’est meme pas possible.

    On nous les presente comme de pauvres paysans..

    Et lorsqu on connait la vie des thais un peu plus privilegies que les paysans, a Bangkok ou ailleurs, ils n’ont pas les moyens de s’arreter de bosser pendant une semaine pour aller mettre le bronx.

    Avant de dire que la Thailande est une dictature, est ce vous savez seulement dans quelles conditions et a la suite de quoi et de qui, leur roi est arrive a la tete de ce pays ?

    Question subsidiaire : pourquoi ca se passe en ce moment ?

    Triste pour mes amis thais.

  • permalien jacqueline :
    2 mai 2010 @01h31   « »

    Bien entendu mon post s’adressait a Yaoline..

    Merci pour l’info de Carlyle :

    un lien en francais..

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe...

    Et tant qu a faire, puisque des gens viennent causer sans meme savoir ce qui se passe..

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Soros

  • permalien mordicus :
    2 mai 2010 @09h16   « »

    Mais vous croyez vraiment qu’elle va comprendre ????
    Quand on en est encore à comparer le mouvement rouges à la révolution française !!! j’en doute
    Bon courage quand même Yaoline !!

  • permalien Aphisit/Privilège :
    4 mai 2010 @05h00   « »
    "Les rouges, y comprennent pas quand on leur explique..."

    On entend souvent des gens dire, écrire : "tu as déjà été en Thaïlande ? MOI je connais bla bla bla..."
    C’est aussi ridicule que de prétendre pouvoir parler de la France entière parce qu’on y est né.

    Les rouges ne sont pas sans contradictions mais ceux qui sont en face non plus, surtout lorsque l’on se dit "démocrate" et que l’on ferme tout les médias de l’opposition et qu’on fait un usage très large de certaines lois pour faire taire les opposants et en inventant des complots.
    Et il faudrait quand même rappeler que l’achat des voix avant les scrutins n’est pas une pratique des seuls partis pro-Thaksine. Les "démocrates" s’y adonnent tout autant. Les gens peuvent prendre l’argent des deux côtés, ça ne les empêchent pas de choisir.

    Une chose qui pourrait peut-être faire réfléchir (pourquoi pas) ceux qui voient les rouges exclusivement comme des marionnettes de Thaksine, payées par ce dernier, est le fait que les "ploucs" (mal éduqués évidemment, comparés certains braves étudiants de Bangkok qui ne trouvent bien souvent rien à redire à voir des soldats dans les rues), participent eux-même au financement de l’action des rouges dans la capitale et ailleurs dans le pays (voir article d’un correspondant du "New-York Times").

  • permalien Aphisit/Privilège :
    4 mai 2010 @05h19   « »
    A luk.

    "Ce pays avant Thaksin était imprenable car uni" ;

    - La guérilla musulmane dans le Sud existe depuis la seconde moitié des années 1940.

    - Les divergences politiques entre le Nord/Nord-est et la plaine du Centre n’est pas nouvelle non plus. Ces régions concentraient les principales bases de la guérilla communiste, guérilla qui n’a été éradiquée que dans les années 1980.

    Et aussi, c’est sous le maréchal Sarit Thanarat (au pouvoir 1958-1963) que les multinationales ont commencé à s’installer en Thaïlande. Il ne semble pas que le roi ait alors fait rempart à cette politique.

  • permalien daovys8183@yahoo.fr :
    4 mai 2010 @12h25   « »

    Dessaints

    Avec un peu de bon sens je pense que ce pays va retrouver le calme d’une part que les groupes antagonistes se parlent et d’autre part que ce pays modifie sa constitution car le véritable enjeu c’est la succession du roi et la véritable option pour voir émerger la Thaïlande dans l’Asie du sud -est .Tout le reste n’est que bla bla excusez - moi de peu !
    Le tout demeure en la stratégie : comment faire de la Thaïlande un dragon solide parmi les autres dragons de l’Asie !

  • permalien Yaoline :
    4 mai 2010 @15h29   « »
    Oui la Thaïlande est une dictature militaire !

    @FerDex
    La censure y règne et la liberté de presse est nulle aujourd’hui.
    Les pires chiffres sur les dealers tués font état de 2250 (Amnesty) et non de 3500. Beaucoup sont le résultat de règlement de compte entre dealer... et quand on sait le rôle joué par la police et l’armée dans ce trafic pas difficile d’imaginer ce qu’a déclenché "le permis de tuer" délivré par Thaksin.
    Pour critiquable que soit le gouvernement de Thaksin, il était démocratiquement élu.
    Voir la façon dont la junte a organisé la prise de pouvoir par Abhisit et le contenu de la Constitution de 2007.
    http://www.europe-solidaire.org/spi...

    Je connais la Thaïlande. J’y vit ! Et j’ai peur chaque jour pour ma liberté. La corruption a toujours été importante en Thaïlande, mais de l’avis même "The Economist Intelligence Unit’s Index of Democracy" la démocratie s’est détériorée depuis le coup d’État.

    Tu préfères vivre dans une dictature comme la Thailande que dans une démocratie comme la France, mais alors il te faut fermer ta gueule. Moi je préfère vivre chez moi en Thaïlande et j’ai du mal à la fermer... depuis mon passage en France ! Quand une voiture inconnue se gare devant ma porte ma peau se hérisse...
    Pour la protection sociale :
    Le salaire minimum : gouvernement Thaksin, la sécurité sociale : gouvernement Thaksin, la retraite : gouvernement Thaksin.
    Ce n’est pas parce que c’est pire en Birmanie que la Thaïlande, le Laos, la Tunisie, Cuba, la Chine, le Maroc, l’Égypte ne sont pas des dictatures...

  • permalien Yaoline :
    4 mai 2010 @15h40   « »
    Toute jeune, le virus de la justice m’a été inoculé...

    ... et cela m’a valu bien des désagréments.
    @mordicus
    Est un ferme partisan de la liberté d’expression ! Évitez les posts de Yaoline . La censure d’Abhisit lui convient, je pense.
    - les Rouges luttent pour une "vraie" démocratie par opposition à la dictature actuelle, c’est en partie vrai.
    - tous les Rouges ne sont pas manipulés ni financés par Thaksin, j’ai financé modestement leur action comme des millions de Thaïlandais.
    - d’ailleurs ce dernier cherche certainement à revenir au pouvoir, mais ce n’est pas le problème de tous les Rouges.
    - et s’il revenait, de toute façon, ce serait une "vraie" démocratie, oui avec le rétablissement de la Constitution de 1997, autant que faire se peut dans une monarchie constitutionnelle.
    - il y aurait moins de corruption, de drogue, de prostitution si les condition de vie s’améliorent....
    - les Rouges peuvent, doivent s’armer si il le faut. "L’opprimé a le droit de résister par tous les moyens à l’oppression et la défense armée d’un droit n’est pas la violence !" (Élyse Reclus une Française !). Il y a de nombreux Rouges dans l’armée du peuple.

    Je ne délire pas, ni n’ai d’autre mission que celle que je me donne. "Agir c’est combattre." (Pierre-Joseph Proudhon)

    Tu utilises les méthodes des fascistes et des communistes qui consistent à accuser les contradicteurs d’être des malades mentaux et/ou de mauvaise foi.

  • permalien Yaoline :
    4 mai 2010 @15h45   « »

    @luk
    "Ce pays avant Thaksin était imprenable car uni, Thaksin a crée les divisions d’abord entre musulman et bouddhiste, ensuite entre les pauvres du nord est et les classes riches et moyennes du pays, diviser pour mieux régner" oses-tu écrire.
    Je t’invite à lire ceci : http://www.persee.fr/web/revues/hom...
    "La formation de la classe capitaliste thaïlandaise et son mouvement de recomposition dans les années quatre-vingt "
    La Thaïlande, grâce au FMI (dirigé aujourd’hui par un Français) est déjà au main des multinationales depuis plus de dix ans. Avant elle étaient au main de la diaspora chinoise, des États-Unis et du Japon.
    Pour les divisions de la société thaïlandaise, tu as du louper pas mal d’épisodes, comme le passage de Siam à Thaïlande par exemple.

  • permalien Yaoline :
    4 mai 2010 @16h01   « »
    Les gens qui se croient instruits...

    @jacqueline
    JE SUIS THAÏLANDAISE !
    Je parle aussi français !
    Je suis cultivée, instruite, athée, anarchiste (et oui) et je suis pour les Chemises rouges. Pas pour Thaksin ni pour Chaovalit d’ailleurs.
    Et en passant, pour Mordicus oui Thaksin est un peu un Danton ou un de la Révolution française...
    Peut-être pourriez-vous comparer ce qui s’est passé Thaïlande au coup d’État de septembre 1797 en France. Un coup d’État qui chasse deux des cinq directeurs et destitue ou invalide l’élection de 177 députés après la victoire au élections des Royalistes.

    Contrairement à ce que suggèrent certains, je ne suis pas qu’une Thaïlandaise idiote facilement manipulable comme le pense beaucoup de Farang des Tahïlandais !
    Vous me demandez :
    "Est ce vous savez seulement dans quelles conditions et a la suite de quoi et de qui, leur roi est arrivé a la tête de ce pays ?"

    Oui je sais, et vous ?
    En un mot, SAR le Roi est arrivé sur le trône, suite à l’assassinat à 21 ans de Sa Majesté le Roi Ananda Mahidol, Le Huitième Régnant : Rama VIII. Assassinat jamais élucidé. Un bon début pour Rama IX qui a décidé de ne plus jamais sourire en public ! C’est l’Assemblée Nationale qui proclama Ananda Mahidon roi sous le nom de Rama VIII en 1935, il était âgé de 10 ans.

    "C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde."(Boris Vian)

    Je pensais que le monde diplomatique était une revue fréquentée par des gens instruits, tolérant et de gauche. Me suis-je trompée ?

  • permalien Baba :
    5 mai 2010 @11h30   « »

    JE vous prie messieurs dames de rester calme...
    L’echange (tres) interessant de vos informations et idees est gache par vos invectives...
    Nul besoin de dechainer des passions aveuglantes et irrespectueuses, cela nuit a vos differentes positions, et cela agace les lecteurs avide de savoir et recherchant une sortie positive a cette crise... Les concours de qui connait mieux la Thailande n’aide pas la Thailande...
    Merci...
    Pour ce que j’en dit moi...

  • permalien Yaoline :
    5 mai 2010 @15h34   « »
    Pendant ce temps... ils croupissent en prison

    @baba
    il faut rester calme et les bras croisés quand l’aveuglement est criminel ?
    En Thaïlande le ministère de la Justice refuse de dire combien de personnes sont actuellement inculpés ou emprisonnés pour lèse majesté. Mais on sait qu’il y a parmi eux un ancien ministre, Jakrapob Penkae, (pour avoir posé une question sur la monarchie au Club de la presse étrangère) ; un étudiant, Chotisak Oonsung, qui a refusé de se lever quand l’hymne royal a été joué comme il est obligatoire au cinéma ; un militant, Suchart Nakbangsai, qui se serait réfugié en exil ; un dirigeant d’un front d’opposition, Daranee Charnchoengsilpakul (« Da Torpedo » dix-huit ans de prison !), pour un discours dénonçant un coup d’État ; une militante, Boonyen Prasertying, condamnée à douze ans de prisons (ramenés à six), pour propos injurieux envers le roi et son fils ; un correspondant de la télévision britannique BBC, Jonathan Head, pour des reportages impertinents ; un écrivain australien, Harry Nicolaides, pour un roman jugé insultant ; un internaute, Suwicha Takor, pour avoir surfé là où il ne fallait pas : près de trois milles sites Internet sont actuellement bloqués en Thaïlande…
    Et certains trouvent ça normal et répètent comme des perroquets ce que diffusent les médias capitalistes. dans un style peu brillant un plagiat du Figaro...

    Je serais peu-être demain sur la liste...
    à vomir...

  • permalien luk :
    6 mai 2010 @18h06   «

    ouvrez les yeux, avant thaksin il y avait des problèmes mais pas autant, il a fait tué pleins de civils innocent dans le sud et carlyle a fait revenir ses jihadiste d’afganistan, ensuite thaksin a fais venir dans la région son autre partenaire thai de carlyle, vous me faite penser à tout ces gens de gauche qui ont voté sarko qui travail lui aussi comme thaksin pour carlyle et qui s’en mordent les doigts !
    Le roi est le dernier rempart à l’ultra libéralisme, Thaksin n’est que la marionnette de soros et de Carlyle et vous êtes en train de vendre votre pays a un gars à la propagande bien ficelé, vous allez être déçu s’il gagnent !
    Participé à l’arrivé au pouvoir de grand groupe qui ne veulent que piller la Thaïlande, en utilisant les plus facilement manipulables, c’est triste.
    Malheureusement je sais à quel point leur propagande est efficace et je sais aussi que vous ne comprendrais votre erreurs que quand cela sera trop tard, espéreront que non.

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