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Sauver les banques jusqu’à quand ?

mardi 11 mai 2010, par Frédéric Lordon

Quoique le texte qui suit ait pour propos de développer un argument indépendant (relativement), il est difficile de ne rien dire du plan « de stabilisation » que viennent d’annoncer l’Union européenne et le FMI, à propos duquel se pose immanquablement la question de savoir ce qu’il va stabiliser et pour combien de temps...

Le « plan de stabilisation », ou les risques du bootstrapping

Le paquet d’ensemble est en trois morceaux : 60 milliards d’euros de concours de l’Union directement mobilisables, 250 milliards du même métal mais par le FMI, et le « gros » morceau d’un fonds de garantie de 440 milliards. Disons le clairement, les 60 milliards de l’Union sont ridicules rapportés au problème potentiel des défauts souverains dans la zone euro – mais ils sont proportionnés au pouvoir fiscal de l’Union (en fait aux contributions nationales qui abondent son budget)… Les 250 milliards du FMI sont déjà plus substantiels et pourtant, même ajoutés aux 60 précédents, ils ne font toujours pas l’affaire – un plan de sauvetage de l’Espagne seule a été estimé par Natixis à un ordre de grandeur de 400-500 milliards d’euros, et l’on ne parle encore ni de l’Italie, ni de l’Irlande, etc. On doit donc conclure que, une crise de contagion attaquerait-elle simultanément plusieurs dettes souveraines, c’est le fonds de garantie qui reprendrait l’essentiel des tensions.

C’est bien là que le bât blesse car en son fond, le dispositif aboutit à faire garantir des dettes suspectes par des finances publiques suspectes… Bien sûr l’idée joue de l’hétérogénéité des situations des finances publiques européennes en faisant garantir les moins bonnes par les moins mauvaises. Il reste cependant un effet de circularité qui deviendrait manifeste lors d’une contagion tant soit peu étendue qui verrait s’inverser la proportion des (jugées) moins bonnes et des (jugées) moins mauvaises, et les premières, de minoritaires, devenir majoritaires. C’est bien là, à mot commun de « garantie », toute la différence entre le plan d’aujourd’hui et le plan de garantie des banques privées mis en œuvre par les États à l’automne 2008, alors que les États en question avaient encore des dettes publiques modérées et paraissaient en situation d’extériorité et de solidité par rapport au secteur bancaire. Dans le plan de stabilisation présent, ce sont les États qui se garantissent mutuellement au moment même où leurs solvabilités sont mises en doute – et destruction de la double condition d’extériorité et de solidité. Rien ne permet d’exclure le scénario au terme duquel – dans six mois, douze, dix-huit ? – l’opinion financière, aujourd’hui enivrée par les centaines de milliards gracieusement mis à sa disposition, prendrait pleinement conscience du caractère de bootstrapping [1] de la manœuvre. Si la croyance financière effectue ce nouveau déplacement, l’ensemble du dispositif connaîtra la ruine et tout sera à refaire. Il faut donc souhaiter très fort que la croissance revienne au plus vite et permette d’absorber toutes ces tensions en amorçant gentiment l’ajustement des ratios de solvabilité souverains dans les meilleurs délais.

Le seul ancrage robuste du plan de sauvetage réside dans la quatrième composante : l’adoption par la BCE d’une stratégie de Quantitative Easing [2] qu’elle avait proclamée jusqu’ici inenvisageable – miracles de la crise extrême qui rendent possibles les choses réputées impossibles, attestant par là même du caractère profondément politique des partages d’impossibilité réputés objectivement techniques. Si la métempsycose existait, on demanderait volontiers à revenir mouche pour se poser innocemment sur un mur de la salle du conseil de la BCE – où les vitres pourraient bientôt trembler. Peut-être saura-t-on bientôt ce qu’il a fallu de rapport de force et de torsion de bras pour imposer aux représentants allemands (et peut-être à d’autres) une mesure décisive mais qu’ils réprouvent absolument et ont tout fait pour contrecarrer.

Une fois de plus victime de la rigidité générale de toute la construction européenne telle qu’elle la contraint à édicter des règles réputées infrangibles pour devoir ensuite les violer, la BCE a pris l’habitude de rechercher un visage d’unanimité, supposé gage de crédibilité, qui tolère alors très mal les expressions publiques de dissensus vécues comme fractures et comme drames. C’est dire que les déchirements dogmatiques qui se sont sans doute déjà emparés de la banque centrale, et ne vont qu’aller s’aggravant, risquent de faire vilain. Spécialement si l’on considère que, une crise de contagion souveraine viendrait-elle à se produire, la BCE, comme composante la plus fiable du plan d’ensemble, se retrouverait en toute première ligne – et MM. Stark et Weber d’assister, furieux, à l’emballement (nécessaire) de la planche à billets. Le passage au Quantitative Easing est donc le seul ancrage techniquement robuste. Mais il est peut-être le plus politiquement fragile. On peut donc anticiper que l’histoire est loin d’être close et d’ores et déjà prendre quelques rendez vous.

Sauver la Grèce… ou sauver les banques ?

L’annonce du plan de stabilisation ne change rien, bien au contraire !, à l’une des questions centrales que soulève (à nouveau) l’étape présente de la crise financière. Même les plus épais des commentateurs autorisés se sont aperçus que les sommes énormes péniblement assemblées pour « sauver la Grèce » sont en fait destinées à sauver… les investisseurs. Banques, fonds et autres créanciers internationaux sont en effet les heureux récipiendaires de fait de l’effort des citoyens grecs et des fonds publics européens, c’est dire tout de même que la solidarité n’est pas un vain mot et demeure une valeur sûre en ces temps troublés. On regrette que l’enthousiasme pédagogique qui préside à des initiatives aussi admirables que le Codice (Conseil pour la Diffusion de la Culture Économique) [3], l’Institut pour l’Éducation Financière du Public ou la reprise en main des programmes des classes de SES trouve ici inexplicablement sa limite. Dieu sait qu’il y a là une occasion rêvée de pédagogie, d’habitude jugée si nécessaire par la troupe d’élite des précepteurs médiatiques et politiques. Car l’idée que, sous couleur de sauver la Grèce, on sauve en fait les investisseurs, gagnerait à être davantage popularisée, à des fins bien sûr exclusivement expérimentales, pour enregistrer quel effet pourrait bien avoir sur l’opinion publique sa propagation la plus large et pour observer, mais toujours dans un esprit très scientifique, ce qui pourrait s’en suivre.

Certes, en toute rigueur on ne saurait dire que ce sont les contribuables européens qui viennent au secours des créanciers internationaux. Les États européens vont lever un supplément de dette sur les marchés pour les trois années du plan, ils feront même (scandaleusement) une marge sur le dos des Grecs, et l’on peut penser qu’à l’image des pratiques du FMI, ils se sont ménagés un rang de créancier super-senior qui leur garantit de passer avant tout le monde en cas de restructuration.

Mais tout de même. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, et Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, à l’automne dernier, croyant alors que la crise faisait relâche pour de bon, ont eu l’imprudence, dans un mouvement de soulagement prématuré, de se laisser aller à confier que secourir la finance privée était en soi suffisamment scabreux pour qu’on ne doive surtout pas avoir à le refaire une deuxième fois. C’est pourtant très exactement ce qui est en train de se passer, à ceci près que la médiation opportunément fournie par les dettes souveraines permet de maintenir vaille que vaille l’illusion qu’il s’agit de sauver un État impécunieux (comme tous les États) et rien d’autre. Or aucun État n’est jamais mort de faire défaut sur sa dette pour la simple et bonne raison que l’expression « faire faillite » n’a rigoureusement aucun sens à propos d’une entité politique souveraine – et ceci à la différence des banques privées en 2008 qui, n’eussent-elles été sauvées, étaient, elles, promises au trépas. En bonne logique si l’État ne meurt pas de défaut, ce n’est pas l’État qu’on sauve. Alors qui ? Ses créditeurs, bien sûr.

Les dettes souveraines de la zone euro sont détenues en moyenne à hauteur de 12 % par les banques et 14 % par les investisseurs non bancaires [4]. Dans le cas de la Grèce cependant, puisque, paraît-il, c’est « la Grèce » qu’on sauve, la clé de répartition est singulièrement différente. Sur la période 2005-2010, la dette publique grecque a été souscrite à 43 % par des banques, 22% des fonds mutuels, 15 % fonds de pension, 8 % des gérants (asset managers) et 4 % des hedge funds [5]. Voilà la population des nécessiteux auxquels il est urgent que les fonds publics du secours européens viennent en aide. Et à rappeler la sympathie spontanée qu’attirent tous ces braves gens, la question vient immanquablement à l’esprit de savoir pourquoi finalement on ne les laisserait pas choir.

C’est une question qui vaut mieux qu’un mouvement d’humeur – dont on voit tout de suite la réponse qu’il apportera, non sans légitimité d’ailleurs. Car, ainsi que l’épisode de l’automne 2008 l’a déjà prouvé, la finance a objectivement les moyens de nous forcer à son aide. Il importe alors de mesurer dans quelle mesure exactement, puis de se demander s’il n’y aurait pas quelques conclusions politiques à tirer de cette situation de forçage – qui n’a rien d’imaginaire.

L’absence de mécanisme de restructuration
des dettes souveraines

Que se passerait-il dans les banques si la Grèce venait à faire défaut ? Rappelons d’abord que « défaut » ne signifie pas nécessairement perte complète et définitive pour les créanciers, mais restructuration de la dette suivant un savant mélange de rééchelonnement et de décote (haircut dans le langage pour une fois astucieusement imagé de la finance). Il est exact que la restructuration d’une dette marchéisée, par opposition à une dette bancaire syndiquée, présente de redoutables difficultés. Là où l’on pouvait mettre autour de la table un nombre raisonnable de créanciers bancaires ou étatiques, comme par exemple lors des crises de dettes latino-américaines du début des années 80 avec leur « clubs » (Club de Paris, Club de Londres), pour négocier, la réunion du très grand nombre des créanciers obligataires est une autre paire de manches. Elle n’est pas complètement impossible cependant, raison pour laquelle le FMI, prenant conscience au début des années 2000 de cette mutation des formes des financements souverains, s’était posé la question d’une procédure de règlement ordonné des défauts obligataires, sur le mode d’un chapter 11 [6] (en fait d’un chapter 9 [7]) remodelé à l’usage des dettes souveraines. Ann Krueger, alors directrice adjointe du FMI, avait ainsi fait circuler un projet de SDRM (Sovereign Debt Restructuring Mechanism) décalqué du droit des faillites privées, organisant, sous l’égide d’un FMI converti en sorte de tribunal de commerce international, la réunion des principaux créanciers afin de produire un règlement concordataire rendu exécutoire pour tous dès lors qu’il était avalisé par une majorité qualifiée. L’idée ne manquait pas de… défauts, mais au moins prenait-elle acte de ce qu’un nouveau mode de financement souverain appelait nécessairement de nouveaux modes de règlement des défauts souverains ! Mais Wall Street ne l’entendait pas de cette oreille, car « restructuration » signifie fatalement « coupe de cheveux », et nos amis de la finance sont des zazous qui ne veulent pas céder sur la tignasse. Il est bien clair en effet que le concordat porte toujours sa part de décote, alors que de bons plans de sauvetage publics, sous la houlette du FMI ou des États, offrent de bien meilleurs espoirs de tout récupérer en faisant un peu suer le burnou par « ajustement structurel » interposé. On sortait à peine des années Clinton et l’on ne pouvait rien refuser à la finance. Le SDRM finit à la poubelle.

L’incernable point d’illiquidité bancaire

À défaut de lui donner une nouvelle naissance, on peut au moins en conserver la prémisse essentielle : quand il y a défaut, les créanciers en sont normalement de leur poche. Celles des investisseurs d’aujourd’hui voudraient rester cousues ; il va falloir songer à les leur rouvrir. Mais jusqu’où et avec quelles conséquences possibles ?

Les banques sont incontestablement en état de prendre des pertes ! Mais comme toujours (voir « La croisée des chemins »), la question décisive est celle de la localisation des points critiques. Que signifie « point critique » en l’occurrence, autrement dit que peut-il s’y passer ? Comme pour toute entité économique non-souveraine, le point critique est celui de l’illiquidité. Le problème de l’illiquidité bancaire cependant se pose très différemment de celui d’un agent économique non-financier. En effet les banques doivent quotidiennement opérer des réglages fins de leur liquidité, qu’elles satisfont au guichet de la banque centrale, mais aussi, et pour une part qui est devenue croissante avec la libéralisation financière, sur les marchés de capitaux, en particulier dans ce compartiment très spécial qu’est le marché interbancaire. La continuité de leurs financements de très court terme revêt une importance vitale, et tout ce qui vient la menacer est potentiellement catastrophique. Car, comme on en a eu la démonstration à grand spectacle depuis l’été 2007, les illiquidités bancaires demeurent rarement locales. Elles se propagent de manière foudroyante par le jeu des engagements croisés interbancaires – et c’est précisément en cette propagation que consiste la matérialisation d’un risque systémique.

Le problème vient alors du fait que, l’illiquidité d’une seule pouvant très rapidement entraîner celle des voisines, les banques ont la surveillance mutuelle paranoïaque. La paranoïa ici a beau être assez bien fondée, elle n’en perd pas pour autant ses inconvénients, et notamment de parfois battre un peu la campagne. En l’espèce la chose signifie que du fait de l’emballement des anticipations dans le marché interbancaire et les marchés de gros du crédit, un simple soupçon d’illiquidité peut se transformer en illiquidité réalisée : « nous craignons que la banque A ne soit pas liquide – même si beaucoup d’éléments pourraient conduire à la conclusion inverse – donc nous ne lui prêtons plus, et comme elle a chaque jour un besoin vital de satisfaire ses besoins de trésorerie, elle cesse en effet d’être liquide… » Par ses propriétés puissamment autoréalisatrices, la contagion du soupçon est le poison violent de la finance, comme les États de la zone euro sont d’ailleurs en train de s’en apercevoir, et comme les banques privées vont peut-être bientôt le redécouvrir (puisqu’elles en ont déjà intensivement exploré les joies à l’automne 2008).

C’est pourquoi d’ailleurs les banquiers mentent systématiquement à propos de leurs expositions et comme des arracheurs de dents. À l’automne 2007, on se souvient que l’état-major de la Société Générale jure ses grands dieux que « dans le pire des scénarios » elle ne risque pas plus de 200 millions de perte sur les subprime – elle finira à 2,5 milliards, astucieusement passés en douce avec le paquet Kerviel pour faire diversion et dilution. Baudoin Prot, président de BNP-Paribas a commencé par promettre qu’il n’avait quasiment pas d’exposition aux risques souverains grecs. Avant d’avouer 1 milliard d’euros. Puis cinq. Auxquels il faut rajouter trois de créances commerciales. Et ceci dit en oubliant opportunément qu’il est aussi l’heureux propriétaire de Fortis qui est la banque européenne recordwoman de la détention de titres publics grecs (à hauteur de 60 % de son actif net si l’on en croit les données publiées par le Financial Times, cet organe des rouges). Le pire dans cette affaire est qu’à leur place on mentirait pareillement. Car il y a une rationalité objective du mensonge quand on est soumis aux errements parfois délirants de la croyance collective de la finance – à ceci près que cette rationalité que M. Prot s’accorde, il faudra l’accorder tout autant à l’État grec…

Jusqu’où faire perdre les banques ?

On pourrait tout de même tirer de tout cela quelques conclusions simples. La première tient qu’un système dont les effets sur la vie matérielle du plus grand nombre sont si grands – il faudrait le dire en anglais, ici plus parlant : far reaching – et qui, fonctionnant en dernière analyse aux forces primitives de l’opinion et de la croyance, est voué aux formes les plus aberrantes du soupçon et aux réactions les plus aberrantes qui s’en suivent nécessairement, un tel système, donc, est malfaisant, et donne par soi, de nombreuses raisons de le mettre au pas.

La seconde nécessite un détour et part de l’idée qu’on ne sait jamais très bien où on en est avec les pertes bancaires, et que cette incertitude force d’abord à marcher sur des œufs. Comme n’importe quelle entreprise, une banque peut prendre des pertes. Rien ne s’oppose en principe à ce qu’elle en prenne sur les titres grecs. Il est cependant un seuil de pertes, éventuellement assez loin du point d’illiquidité, où s’enclenchent tous les mécanismes autoréalisateurs des anticipations défiantes qui vont brutalement y conduire. Dans l’univers bancaire, une crise de liquidité est en général une inquiétude d’insolvabilité qui a mal tourné du fait d’anticipations interbancaires adverses [8] – par un délicieux paradoxe de cet univers, les banques ne laissent jamais l’une de leurs consœurs aller d’elle-même à l’illiquidité, elles tiennent beaucoup à se charger de l’y conduire…

Jusqu’où donc laisser les banques « encaisser » ? La réponse consiste en un « ni trop ni trop peu » qui n’est pas d’une grande aide opératoire. Mais la sainte trouille de l’automne 2008, mêlée à l’efficace « présence » des intérêts bancaires au cœur des appareils d’État et le contexte général de crise financière en plein développement ont notoirement fait pencher la balance du côté du « pas trop », voire du « pas du tout ». Si l’on excepte le cas Lehman Brothers, on est bien obligé de noter que les créanciers des banques impliquées [9] dans le naufrage général de la finance s’en sont tirés sans un poil de mouillé, exploit tout de même considérable si l’on songe à la magnitude du choc, car tous ses braves gens sans exception auraient dû finir en liquette sans le secours public…

Il y a quelque chose d’intrinsèquement pénible dans cette remise à flot permanente des créanciers des banques et des banques elles-mêmes [10] qui les rend quasiment insubmersibles Mais le pénible s’élève au carré lorsqu’on songe que cette forme de grâce dont ils sont les bénéficiaires est loin d’être entièrement infondée. Ça n’est pas que la faillite d’une banque soit essentiellement inenvisageable. Bien sûr la brutalité des processus de marché la prive d’un coup de tous ses financements de court terme – vitaux. Et, à part les créditeurs, il est d’une importance stratégique de ne pas laisser non plus les contreparties suspendues en l’air trop longtemps. On peut cependant très bien imaginer maintenir la continuité des opérations de la banque sous administration judiciaire de la banque centrale (sinon sous « administration judiciaire » du moins sous perfusion de liquidité garantie) le temps nécessaire d’un règlement concordataire qui restructure la dette, distribue les pertes et organise la sortie de l’insolvabilité (si cette sortie est possible) par des recapitalisations ad hoc (par exemple en mobilisant d’office les créanciers par des debt-equity swap, c’est-à-dire en convertissant leurs dettes en capitaux propres).

Mais le problème que pose le choc d’un défaut souverain au secteur bancaire est non-local. Un grand nombre de banques vont se trouver simultanément affectées. Les choses s’en trouvent passablement plus compliquées. Suffisamment pour rendre impossible un règlement ordonné. On pourrait faire l’expérience de laisser faire le défaut souverain pour voir si le système bancaire est finalement capable de l’absorber sans faire collapsus – et il est possible qu’il le soit. Mais l’expérience est joueuse, car s’il ne l’est pas… Il est donc très préférable avant d’appuyer sur le bouton « défaut souverain » d’avoir le (deuxième) plan de sauvetage bien dans la poche, tout armé et prêt à sortir. Tout dépend évidemment de la taille du défaut souverain considéré. Sans qu’on puisse le dire précisément, puisque, rappelons-le, les effets au total dépendront pour une large part de l’ampleur des mécanismes d’amplification autoréalisateurs, ex ante imprévisibles.

La capture privée du bien commun
de la stabilité financière

À supposer même que ces effets ne soient pas fatals, il en résulterait cependant à coup presque sûr un tour de vis supplémentaire dans la contraction du crédit, puisque c’est ainsi que réagit systématiquement le secteur bancaire à toutes ses infortunes – exactement ce qu’il nous faut au beau milieu d’un ralentissement carabiné. Aussi bien l’éventualité de l’effondrement que celle du brutal coup de frein du crédit font alors signe en direction du point qui justifie toute la présente discussion, à savoir la connexion objective de l’intérêt particulier du secteur bancaire et de l’intérêt économique général du corps social. Les banques en effet ont pour caractère distinctif d’occuper cette position très particulière dans la structure sociale du capitalisme où leur destin propre se lie à celui de la collectivité – une sorte de passage au réel des prétentions ordinairement imaginaires de l’idéologie, puisque Gramsci définit précisément l’idéologie comme l’opération discursive qui transfigure des intérêts particuliers en intérêt général (et dont la formule générique a été donnée par le célèbre « ce qui est bon pour General Motors est bon pour les États-Unis »). C’est pourquoi il faut toujours regarder avec la plus extrême suspicion les déclarations de certains agents lorsqu’ils prétendent que le bien-être du plus grand nombre dépend du leur propre. Il faut s’en méfier en principe mais sans que cette méfiance a priori bien fondée empêche de voir les cas où cette liaison est objectivement constituée. Car il y en a. Et notamment en matière bancaire.

En économie capitaliste, l’intérêt matériel commun passe effectivement par cet isolat qu’on appelle le secteur bancaire. Il en est ainsi car les agents économiques du secteur productif ont un besoin vital de maintenir leur accès au crédit pour financer le cycle de production, et bien sûr au delà pour investir. Une atteinte non pas de telle ou telle banque locale mais du secteur dans son ensemble a dans le pire des cas – le meltdown – l’effet de mettre en panne presque instantanément l’économie entière, et dans le moins grave – des pertes importantes sans effondrement d’ensemble – celui de ralentir brutalement la croissance par constriction du crédit (après avoir ramassé une dégelée, les banques ne veulent plus prêter et ne songent plus qu’à restructurer leur bilan).

On sait depuis 2008 que laisser aller le système bancaire au tapis n’est pas une possibilité. Lui faire encaisser des pertes demeure envisageable mais, il faut en être conscient, au prix d’un contrecoup qui viendra rapidement ternir notre joie de voir enfin les banquiers déguster. Mais alors, demandera-t-on à ce moment précis, « nous sommes entièrement dans leurs pattes ? » La réponse est oui.

Déprivatiser le secteur bancaire

Le moment de grosse colère qui suit de cette aperception est pourtant dépassable, il peut même être de courte durée. Car l’identification de cette connexion objective porte elle-même sa conséquence politique : la situation de dépendance de l’intérêt commun à un intérêt particulier si précisément localisé et si concentré a pour véritable nom capture, et par suite ne peut être toléré. Ce qui touche à l’intérêt commun concerne le commun et ne saurait être en aucun cas abandonné à des intérêts privés – qui, prévisiblement, réduiront la communauté aux dernières extrémités de la dépendance : « sauvez moi ou je vous fais mourir, ne me touchez pas ou je vous blesse gravement, qu’il ne m’arrive rien ou vous en pâtirez », le pire étant qu’à chaque fois ces menaces sont vraies ! Il n’y a pas lieu de se désespérer de cette « vérité », il suffit d’en tirer les conclusions logiques : s’il apparaît que du fait des propriétés très spéciales du crédit en économie de marché capitaliste le secteur bancaire est le détenteur de fait des intérêts matériels supérieurs de la communauté, et qu’il dispose des moyens objectifs de forcer la communauté à lui accorder tout ce qu’il demande, alors il doit être rendu à la communauté.

Une autre formulation de ce principe est : un secteur bancaire privatisé n’est pas tolérable. À mettre bout à bout le nombre des concessions que la finance bancaire aura fait avaler aux corps sociaux depuis trois ans, c’est une idée qui aurait tout pour faire son chemin. Il faut croire que ça n’est pas encore suffisant à en juger par le méga-plan de sauvetage européen du 9 mai qui ne change rien aux structures déterminant le rapport des pouvoirs (dits) souverains et de la finance, et finalement accorde à cette dernière absolument tout de ce qu’elle demande : d’un côté les plans de rigueur pour les populations, de l’autre les garanties pour elle ! Il est vrai que la joie de la finance découvrant le 10 au matin, au gros paquet de 750 milliards d’euros, que Noël est en mai est touchante. Quoique un peu mêlée de quelques envies de cogne si l’on se met à penser que les retraites en France vont gaillardement vers leur démantèlement pour une impasse de 30 milliards à l’horizon de vingt ans. Pour le coup l’interprétation des marchés est la bonne, en tout cas à court terme : toutes les valeurs bancaires sont à la hausse, c’est si bon de se savoir aimées. Si – mais on se demande bien par quel miracle – une secousse politique de grande ampleur venait à se produire, une secousse dont il est de plus en plus évident que les gouvernements ne seront pas l’origine, et qu’une nouvelle donne apparaisse à l’horizon, alors il faudrait y inclure formellement le principe de prohibition de la capture des biens communs – comme la stabilité et la sécurité financière lato sensu – par des intérêts privés, et en tirer la conclusion opérationnelle qui s’en suit logiquement : nationalisation puis socialisation du système bancaire [11].

Comme souvent le passage de la colère rentrée à la colère ouverte ne demande qu’un mot de trop, un abus marginal dans l’abus général, une provocation surnuméraire, la plupart du temps pas même consciente dans l’esprit du provocateur. Remercions donc sous ce rapport l’excellent Baudouin Prot, président de BNP-Paribas et de la Fédération bancaire française, qui, alors même qu’on n’en était pas à sauver la Grèce et aligner les centaines de milliards, s’inquiétait d’une possible taxation des banques – sans oublier de joindre la menace à l’« inquiétude » : « une taxe réduirait les fonds propres dont le niveau conditionne la solidité et la capacité à accorder des prêts des banques […] Si l’on va trop loin, on va rendre le crédit plus rare et plus cher » [12]. On ne saurait énoncer la capture en termes plus transparents. Ni mieux fouetter les envies d’aller « trop loin ». Et même encore beaucoup plus loin.

Notes

[1] Le bootstrapping désigne la tentative du baron de Munchausen de s’élever dans les airs en tirant lui-même sur les lanières de ses bottes, et plus généralement les processus récursifs dans lesquels on escompte d’un effet qu’il produise lui-même sa cause.

[2] C’est-à-dire d’intervention directe dans les marchés pour des prises fermes de titres publics.

[3] Je recommande vivement la visite du site pour qu’on sache, photos à l’appui, quels transports de bonheur c’est « de mieux connaître l’économie » – ce dont « on ne peut pas faire l’économie » ajoute plein d’esprit le bandeau d’accueil.

[4] Sylvain Broyer, Costa Brunner, "Qui détient les dettes publiques européennes ?", Flash Natixis, n° 124.

[5] Chiffres donnés par La Public Debt Management Agency, agence grecque de gestion de la dette publique.

[6] Le chapitre du droit des faillites étasunien consacré aux entreprises.

[7] Le même mais pour les collectivités publiques territoriales.

[8] Voir sur ce blog « La « régulation financière », entre contresens et mauvais vouloir », section « Le dérivatif de la solvabilité ».

[9] Et dans une moindre mesure les actionnaires – quoique : eux auraient dû tout perdre sans le sauvetage.

[10] Banques qui sont de très importantes créancières et débitrices mutuelles.

[11] Dont une préfiguration a été donnée dans « Pour un système socialisé du crédit », sur ce blog.

[12] « Taxe bancaire : “une fausse piste” pour Baudouin Prot », Challenges, 15 avril 2010.

92 commentaires sur « Sauver les banques jusqu’à quand ? »

  • permalien Gladiador :
    11 mai @13h05   »

    Merci encore M. Lordon, j’attendais avec impatience votre analyse.

  • permalien Nicks :
    11 mai @14h04   « »

    CQFD !

    Il est évident que les politiques en place ne feront pas le chemin qui nous mènerait à la raison. Cela dit, l’imminence du précipice à quelques effets positifs même pour les plus myopes. La décision arrachée du plus mauvais gré de la BCE d’acheter de la dette (même si indirectement) est peut-être un début d’entrebaillement, certes non conscientisé, refoulé même, mais il s’agit d’y mettre le pied.

    La restructuration de la finance pourrait passer par le chas de cette aiguille. Faudra t’il s’avancer plus avant au dessus du précipice ou compter sur un sursaut citoyen anticipé (c’est à dire avant le chaos) bien aléatoire ?

  • permalien ch :
    11 mai @15h04   « »

    Jolie démonstration. J’aime beaucoup la fin de votre papier.
    Après tout ça y’a quand même un truc qui m’échappe : comment peut on voter à droite quand on a pas de fric ? Vous me direz comment peut on voter à gauche avec celle qu’on se trimbale ??
    Donc...
    CQFDé.... La suite est une affaire d’appréciation individuelle mais à vocation collective.

  • permalien eiffel :
    11 mai @15h26   « »

    Bonjour,

    Texte de Frédéric Lordon à :
    http://www.marianne2.fr/La-crise-qu...

    Aucun, je dis bien aucun, "économiste" libéral de ceux qui monopolisent les médias depuis 30 ans ne tiendrait une seconde devant les contre-arguments massue de Frédéric Lordon.

    Alors, faites comme moi, suppliez-le, puisqu’il ne le veut pas, de venir ne serait-ce qu’une fois, une seule fois (à ses conditions bien sûr), sur un plateau de télé clouer le bec de tous ces hommes politiques et "économistes" désavoués par les faits.
    Ils occupent le terrain continuellement. Il faut contre-attaquer.

    Je vous le demande Mr Lordon, venez, venez juste une fois, pour le plaisir, même si cela ne rapporte rien. Je vous le demande ici et sur le site de Marianne et j’invite toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus et dont la colère et la haine sont tellement contenues d’en faire de même avant qu’il ne soit trop tard, avant que certains "éléments" parmi nous ne passent à l’acte hors de l’urne.

    Merci.

  • permalien Guillaume de Baskerville alias GdB :
    11 mai @15h52   « »

    Bonjour,

    merci pour la lucidité et "l’impertinente pertinence" de ces analyses que je partage en quasi totalité...

    Le plan de sauvetage annoncé n’est pas un plan de sauvetage d’un pays ou même de "l’euro" comme on dit, mais bien pour moi un plan de "sauvetage" (c’est à dire avec plein de fric à se faire en ayant parié que le sauvetage serait mené à bien -aléa moral qu’on appelle !-) des marchés et des banques de nouveau. A partir du moment où on acte que les marchés ne peuvent
    durablement dysfonctionner et que les banques ne peuvent faire de perte sans un risque systémique, la messe est dite : c’est très très dur quand on est banquier de faire des pertes vous avouerez quand on regarde la montagne de profits engrangés depuis une décennie au regard des quelques
    pertes subies (pour certaines) depuis deux ans...

    Il y a là une asymétrie tout de même frappante qui devrait ouvrir les yeux. Je suis d’ailleurs surpris de na pas voir de données agrégées mises sur la place publique faisant le bilan des profits totaux engrangés par les banques européennes et US pendant toute la phase ascendante (disons depuis 96 pour prendre les vraies dix ans de hausse) et les pertes REELLES
    de ces banques depuis 2 ans : vous n’avez pas l’impression que même quand tout part en fumée les pertes ne sont pas là dans ce milieu ???? (Si quelqu’un a fait le boulot de recherche je suis preneur...)

    On a hurlé que la grèce risquait de faire défaut mais... A CHAQUE FOIS les émissions d’obligs ont été sursouscrites (par les "investiseurs ou les "marchés", donc les banques...), et il faut voir les taux récupérés ce faisant : le pari c’est "si ça fait défaut ben on est marrons, mais bon hein les gars, on est d’accord, ça peut pas faire défaut de toute façon !". Votre article fournit des données chiffres très explicites sur qui détient la dette grecque...

    Voir aussi comment aux US les banquiers -et Paulson en tête- ont en pleine crise fait du chantage, du racket, de la prise d’otages en fait, pour que les autorités votent le plan Paulson de 700 milliards de sauvetage des banques. Ce n’est pas nouveau cette manière de faire du fric : si tu crées un problème qui est le tien au départ, mais que tu parviens à faire en sorte qu’il devienne celui de plein de gens voire de tous sans que l’on puisse trop identifier ce que tu es en train de faire, alors tu es sûr d’être 1) sauvé et 2) GRAND GAGNANT du jeu ! C’est en langage très imagé ce que j’appelle balancer la mXXXX dans le ventilo : d’un problème localisé qui n’intéresse que vous, on en arrive à un problème TRES réparti qui concerne tous le monde...

    [...]

  • permalien Guillaume de Baskerville alias GdB :
    11 mai @15h56   « »

    [...] (fin de mon commentaire...)

    En Europe, la Grèce aura été le Lehman des US : l’allumeur de mèche (avec dans les deux cas remarquez le bien Goldman sachs impliquée en sous main. Paulson ex CEO de Goldman est plus que suspecté d’avoir laissé tomber Lehman alors qu’il était à la tête du Trésor, pour mieux ensuite faire son racket à 700 milliards : les pyromanes pompiers, donc...).

    Une bonne prise d’otage et un bon racket impliquent un problème sérieux initiateur mélé à un rapport de force. Ensuite c’est ce rapport de force qui détermine si tu seras gagnant en tant que banquier lors de l’issue trouvée pour le problème sérieux. Quand on nous dit que l’EUrope vient d’envoyer un message aux spéculateurs, a t’on oublié qui spécule ? A t-on
    oublié que les hedge funds (qu’on devait soit disant éradiquer après le G20...) sont des faux nez des banques (cf Goldman ? et autres...). C’est du grand Guignol tout ceci...

    Si je décortique l’actu ce n’est plus parce que j’y crois mais parce
    que je veux valider que le prochain coup joué et bien celui que
    j’anticipe...

    Bien sûr les banques centrales sont des émanations des banques, c’est même leur création à mon humble avis, comme l’histoire de la FED nous l’enseigne. Regardez ne serait-ce que le début du documentaire "The Warning" sur le cas de l’énigmatique Greenspan pour comprendre qu’on a affaire là à des INSIDERS... Le reste c’est du jargonnage et de l’écran de fumée. Etant bien conscient de cela, j’en reste convaincu qu’il faut décortiquer leur manèges pour mieux les dénoncer : car beaucoup croient à ces manèges...

    http://www.pbs.org/wgbh/pages/front...

    Pensez quand même que ces banquiers centraux, dont Trichet (et demain Drgahi ex Goldman Sachs, ou un autre ?), ne loupent pas un seul des meetings Bilderberg (par exemple) où tout le gratin aussi de la finance est présent. Après, comment pouvez vous comprendre et expliquer le mot "indépendance" à vos enfants ?

    PS : au fait si vous vous rappelez je vous avais questionné en sortant d’une de vos conférences à Strasbourg sur le film L’argent Dette peu de temps avant que vous ne donniez votre avis fort pertinent sur ce blog d’ailleurs...

  • permalien NaOH :
    11 mai @16h34   « »

    ...
    Lundi, Wall Street avait enregistré sa plus forte hausse journalière depuis mars 2009, rassérénée par le plan de secours colossal adopté en Europe pour faire face à la crise qui menace la zone euro. Le Dow Jones avait gagné 3,90%, le Nasdaq 4,81% et le S&P 500 4,40%.
    Mais mardi les investisseurs se penchaient sur les détails du plan adopté.
    "Aujourd’hui (mardi), c’est le deuxième jour, le jour d’après cette glorieuse première journée. Et comme nous nous y attendions, la +solution+ proposée par les gouvernements européens ne passe pas l’épreuve du temps", ont souligné les analystes de High Frequency Economics.
    La veille, l’euro s’était replié en fin de séance américaine, signe précurseur d’un retour du scepticisme des investisseurs.
    "Les marchés mondiaux semblent un peu assommés ce matin, alors que la réalité des choses s’imprime : essayer de résoudre un problème de dette souveraine en créant encore plus de dette, c’est un peu comme un consommateur essayant de résoudre des questions de dette en transférant ses déficits sur une carte de crédit avec un plafond plus élevé", a observé Patrick O’Hare, du site d’analyse Briefing.com.
    ...
    AFP 11 mai 2010 16h03

    Vous voyez ? Ils s’en rendent compte aussi ! Peut-être que quelques centaines de milliards de plus ça finirait par les rassurer ?
    (remarquez en passant que pour ces gens-là, l’épreuve du temps, c’est 24 heures !)

  • permalien betov :
    11 mai @16h41   « »

    +1, Eiffel.

    Je comprend bien le choix de Frédéric de rester dans sa tour d’ivoire. Tous les trucs et astuces du système de propagande sont connus et décrits, mais le problème est qu’ils fonctionnent à merveille, et fonctionnent d’autant mieux que ceux qui pourraient dire quelque chose ne disent rien.

    Ne rien dire, c’est d’ailleurs la toute première arme du système de propagande, avant même la diabolisation et la déformation des faits. Aussi désagréable soit-il d’adresser la parole à des gens dont on sait ce qu’ils sont et pourquoi ils sont là... il faut se faire violence, Frédéric.

  • permalien fred_h :
    11 mai @18h56   « »

    Et s’il ne s’agissait pas d’un plan de sauvetage d’un Etat politique, mais d’une nouvelle translation d’un pan de son pouvoir dans les griffes des sociétés commerciales :
    le pouvoir des ministres du commerce et de l’industrie n’est plus entre leurs mains mais dans celles des lobbies qui font pression sur le parlement européen ,
    le pouvoir des ministres du sport et de la jeunesse est passé entre les mains de centres d’entrainement professionnels privés,
    le pouvoir des ministres de la santé n’est plus vraiment entre leurs mains mais dans celles des établissements privés (accessoirement grâce aux restrictions d’accès à la sécurité sociale),
    le pouvoir des ministres de l’intérieur n’est plus totalement entre leurs mains mais arrive dans celles d’organismes privés de systèmes de surveillance et de protection,
    le pouvoir des gardes des sceaux est en train de passer entre les mains des seules institutions pénales confrontées à des cabinets d’avocats privés,
    de la même façon que le pouvoir des ministres de l’économie leur glisse des mains pour aller dans celles des professionnels de la finance privée...

    A terme, le pouvoir ne sera plus détenu par les politiques (avec leur soulagement plus ou moins éloquent), mais par ceux qui détiennent de quoi faire vivre les gens. Comme il en a toujours été, de tous temps, et en tous lieux. Après les seigneurs féodaux, puis les rois, et les présidents : les directeurs d’industrie... dont je doute que les motifs soient le bien de tous.

    Schématiquement, et comme vous le dites tous très bien et mieux que moi, le pouvoir qu’exerce la politique nationale sur le peuple est obsolète car en train de se translater en pouvoir mondial (global) exercé par le capitalisme marchand sur les consommateurs.
    Je ne suis plus un électeur parce que le pouvoir politique ne peut plus rien pour moi : je suis un consommateur parce que le pouvoir mercantile m’emploie, me nourrit (bons d’achat), me loge (1% patronal), me vêt (bleu de travail à l’effigie de mon entreprise), me divertit (entertainment), garde mes enfants et s’occupe de l’entretien de mon domicile (chèque emploi), me fait faire des rencontres (meetic),...

    Les biens matériels me détiennent autant qu’ils me rattachent à la seule condition par laquelle je n’existe plus désormais qu’en tant que représentant de cette marchandisation.

    Elle est pas belle la vie ?!

  • permalien Pipas :
    11 mai @21h59   « »
    Sauver les banques, leur toute-puissance, pour des siècles et des siècles, amen.

    @Lordon
    Il faut donc souhaiter très fort que la croissance revienne au plus vite et permette d’absorber toutes ces tensions en amorçant gentiment l’ajustement des ratios de solvabilité souverains dans les meilleurs délais.
    Euh, je crois que ça va pas être possible... Les pics de Hubbert, la Chine, la thermodynamique, tout ça...

    @Eiffel
    avant que certains "éléments" parmi nous ne passent à l’acte hors de l’urne
    Si vous aussi vous vous y étiez mis, nous n’en saurions probablement pas réduits à d’imminentes extrémités. Il existe pourtant des solutions offensives efficaces http://www.la-bas.org/article.php3?...

    @NaOH
    (remarquez en passant que pour ces gens-là, l’épreuve du temps, c’est 24 heures !)
    C’est exactement ce que je me disais tout à l’heure, en écoutant BFM dans ma voiture. Nous votons une fois tous les cinq ans pour des types que nous n’avons jamais rencontré. Des types qui n’ont aucune vision de l’avenir. Des types qui s’agitent et se pavanent, au jour le jour, pour distraire la guilde des usuriers qui les soumet. Et les pauvres hères ayant voté pour eux.

    @fred_h
    Navré de devoir confondre votre vision résignée de la vie, mais tant qu’il y aura des votes blancs, des tags et des slogans sur les murs propres, des chômeurs, des bénévoles, des voleurs, des donneurs, des récupérateurs, des squatteurs, des travailleurs au noir, des mendiants, des artistes anonymes, des solidarités familiales, amicales et amoureuses, de bonnes vieilles phéromones... Et je vous prie de croire qu’il en existe encore !
    Les possibilités de vous libérer de votre condition de représentant de la mercantilisation en détention ne manqueront pas.

  • permalien polaire :
    11 mai @22h52   « »

    à FL
    In fine, ne croyez-vous pas que cette attaque contre € est orchestrée par les anglo-saxons pour défendre leur statut de monnaie de réserve mondiale ?. En contraignant la BCE à monétiser la dette de l’UE, les A.S. instillent dans l’€ le poison dont leurs monnaies est de longue date infestée.
    Polaire

  • permalien perdreau :
    11 mai @23h42   « »

    "Le bootstrapping désigne la tentative du baron de Munchausen de s’élever dans les airs en tirant lui-même sur les lanières de ses bottes"

    C’est une variante de la tentative où il s’extrayait d’un marais l’engloutissant en se tirant lui-même par les cheveux ?

  • permalien Caleb Irri :
    11 mai @23h49   « »

    bonjour,

    les Etats ont-ils d’autre solution que d’aider les banques ?
    s’ils les laissent tomber, on s’apercevrait peut-être que leur point d’illiquidité serait plus vite atteint qu’on ne le pensait. ensuite, restructurer de façon transparente les dettes pourrait également mettre à mal quelques intervenants, avec quelques milliards planqués ici ou là, disparus on ne sait trop où, entre armes, pétrole, drogue et rétrocommissions en tous genres.

    mais plutôt que de continuer à chercher une raison économique à tout cela, de dénoncer les contradictions de ce plan qui semble pris en dépit du bon sens, pourquoi ne pas, au moins, tenter de s’interroger sur la possibilité qu’en partant d’un autre point de vue (celui du pouvoir), les choses s’expliquent aisément ? que tout semble logique si l’on part du principe que nos gouvernants, et leurs amis financiers (qui tous deux ont le même intérêt) pour le moins profitent de la situation, et pour le plus la précipitent pour exiger des peuples plus qu’ils n’en auraient pu rêver par la force ?

    http://calebirri.unblog.fr/2010/05/...

  • permalien fred_h :
    11 mai @23h58   « »

    @ Pipas
    Vous avez raison : je vais contracter un crédit (y’a pas de raisons : moi aussi je peux bien m’endetter) pour m’acheter une voiture afin d’écouter BFM et de m’extasier à chaque fois que je vois par la fenêtre un chômeur, un tag, un SDF, un bénévole des restos du coeur, un artiste de rue,... ça devrait exciter mes hormones (pas mes phéromones puisque je ne sentirais que l’odeur des sièges en cuir)
    Ainsi me sentirais-je plus libre de m’affranchir de cette mercantilisation qui n’emprisonne que les autres...

    Plus sérieusement : pour gagner sa vie il faut s’en remettre à ceux qui ont les moyens de se la payer.
    Plus simplement : hier l’Etat était le principal employeur des citoyens, aujourd’hui ce sont les entreprises commerciales, qui, comme leur nom l’indique, emploient les consommateurs...

    Ce n’est pas ce qui se passe derrière les vitres de votre automobile qui change, c’est ce qui se dit dans votre autoradio : augmentez le volume, au besoin. Vous n’entendrez plus les politiques faire leurs beaux discours quotidien qui ne valent que 24h, mais les entreprises (même sur BFM) faire leur propagande commerciale toutes les 5 minutes.

    C’est quoi la marque de votre voiture ? ça ne consomme pas trop ? Et du point de vue de l’équivalent carbone : ça reste dans des normes acceptables ? ça ne décôte pas trop à l’argus ?
    Avouez que ça a quand même plus de gueule que : c’est quoi vos convictions politiques ? ça ne demande pas trop d’efforts de réflexion ? Et du point de vue de la pérennité : ça tient un peu plus de 24h ? ça ne se périme pas trop vite face à la surenchère médiatique des fast-thinkers qui ont réponse à tout sans même chercher à approfondir le sujet ?

  • permalien U.H.M. :
    12 mai @08h46   « »

    Et, soyons fous, encore plus loin sans doute.

    La nationalisation des banques me paraît une évidence, hurlante depuis 2008. Pour mettre un terme à la "capture" que vous décrivez, et que tous ont pleinement ressenti depuis deux ans.

    J’espère que les chiffres alignés par nos fantastiques "gestionnaires" (puisque je ne vois plus aucune volonté politique là-dedans, sinon celle de perpétuer le dispositif existant sous prétexte qu’il est bien ancré et que le marché a une vie propre), ces chiffres qui donnent le tournis, ne fera pas totalement disparaître l’idée qu’un peuple est le seul à pouvoir disposer de lui-même - cette "souveraineté" mentionné dans votre article, et dont on se demande ce qu’elle pèse encore face à la spéculation.

    Je crois savoir qu’en Grèce en tous cas, l’idée d’une reprise en mains de son destin par le peuple, fait doucement son chemin.

    Et dans ce contexte, je ne m’étonne pas de voir un siège bancaire livré aux flammes dans ce pays. Il va sans doute falloir s’y habituer, et c’est notamment à Mr Baudouin Prot et ses coreligionnaires que ce conseil doit s’adresser.

    Cela fait deux ans que j’attends (je n’espère pas, j’attends) l’éclosion de faits divers révélateurs - tel chômeur agressant tel trader au sortir de sa tour de verre, telle voiture bélier défonçant l’agence d’une banque, etc. (Il est vrai qu’en France du moins, on préfère harceler des populations minoritaires plutôt que de faire un sort aux oligopoles financiers qui détruisent des pans entiers de l’économie mondiale).

    Car à terme, quelles que soient les conséquences sur la santé économique des pays en cause, la population ne regrettera en rien les ravages qu’elle causera elle-même dans ce bel ordre financier. Et il faut bien admettre que, selon une logique de responsabilité (en voie de disparition définitive dans le secteur bancaire international), cette perspective est malheureusement séduisante... et se dirige doucement vers sa concrétisation.

  • permalien betov :
    12 mai @09h19   « »

    U.H.M., il faut penser plus loin, si on veut en finir avec la prédation, et avoir une vue globale.

    Ce n’est pas ceci ou cela qu’il faut nationaliser en fonction de je ne sais quel critère de nécessité, mais tout ce qui, par nature, est collectif. Banques, santé, énergie, recherche, éducation... et tout ce qui se termine par l’adjectif "publique".

    Au delà, Il ne peut pas être toléré qu’une entreprise qu’un homme seul n’aurait jamais pu créer, quelque soit son "talent" et sa longévité, appartienne à un individu.

    Il n’y a rien de révolutionnaire à être raisonnable.

  • permalien U.H.M. :
    12 mai @09h50   « »

    Ah ça, je suis évidemment d’accord : la revalorisation des notions de "domaine public", d’intérêt général et de "bien commun" est plus que nécessaire, dans un contexte de mondialisation d’une part, de dématérialisation d’autre part.

    Je ne suis pas partisan à tout crin d’une nationalisation générale, d’ailleurs probablement ni réaliste ni envisageable compte tenu de la disparité des situations et de la souveraineté de chaque Etat, et qui poserait de toutes façons la question de la gestion publique, dont on voit ce qu’elle donne actuellement (ou ce qu’elle a pu donner dans le passé dans des contextes collectivistes).

    Mais il y a des évidences qui s’imposent, et la notion de bien public doit progresser, qu’il s’agisse des banques qui gèrent le crédit des entreprises et des ménages, des fluides et énergies, de certains biens culturels et/ou informationnels, etc.

  • permalien b :
    12 mai @09h56   « »
    Faire de la finance notre Thétchénie à nous

    Il est urgent de fournir aux populations désoeuvrées et sans inspiration un objectif rationnel, de proximité et à la portée intellectuelle de tout un chacun : comme l’a théorisé dans un autre contexte le chef d’État d’une grand puissance, nous proposons donc d’aller chercher le terroriste banco-financier jusque dans les lieux d’aisance et l’y rosser jusqu’à soulagement : http://pourceau.wordpress.com/2010/...

  • permalien U.H.M. :
    12 mai @09h56   « »

    "Au delà, Il ne peut pas être toléré qu’une entreprise qu’un homme seul n’aurait jamais pu créer, quelque soit son "talent" et sa longévité, appartienne à un individu."

    Je comprends cette logique. Je ne suis pas certain qu’elle soit applicable.

    J’y préfère l’idée de "taille critique" et de "responsabilité complémentaire". Dès lors qu’une entreprise dépasse une "taille critique", non seulement sur son marché pertinent mais en valeur absolue, cette entreprise peut influer sur un nombre non négligeable d’êtres humains. Cette entreprise peut peser sur des bassins géo-sociaux, sur des familles, sur des régions, sur des pays entiers. Les multinationales relèvent évidemment de cette catégorie, pour ne rien redire des banques et des fonds d’investissement.

    Pour ces entreprises, ces fonds, ces entités ayant atteint ou dépassé la "taille critique", les principes du libre marché doivent être minorés, contrebalancés par un corpus de règles qui assurent la conformité de la politique de cette entreprise à des principes forts applicables en matière sociale et de gestion de ce qu’on appelle les "ressources humaines", d’environnement, d’énergie, de gestion des déchets, de recours à des formats ouverts, d’interopérabilité, etc... Des règles fortes qui font de ces entreprises des mastodontes soumis à des réglementations plus contraignantes, afin d’éviter qu’un individu seul, pour reprendre votre image, puisse détruire une collectivité quelle qu’elle soit. Des règles qui re-soumettent ces mastodontes à une volonté populaire, nationale sinon internationale.

    En résumé, dès qu’une entreprise dépasse une taille critique (l’introduction en bourse constituant par exemple un critère de détermination évident), elle sort des règles du marché pour rejoindre un statut quasiment "sous tutelle".

  • permalien U.H.M. :
    12 mai @10h02   « »

    @ b (9h56) : outre que votre titre m’a valu un rire matinal, je pense qu’on se dirige vers ça, de toutes façons, vu l’encaphélogramme plat qui sert d’activité mentale à ceux qui prétendent juguler la crise...

    Mais les petits chefs, les caporaux et les hommes d’affaires qui usurpent, en France déjà, les fonctions de représentants, de décideurs et d’hommes d’état, préfèrent construire d’autres ennemis intérieurs, artificiels ceux-là, pour y étaler leur sécuritarisme veule et leur autoritarisme scélérat.

    Sloterdijk a écrit des pages intéressantes sur la comparaison à faire entre un trader et un terroriste - pour faire court. Les deux sont dans une forme d’aventure, de négation totale des règles applicables au commun des mortels, les deux sont dans la flibuste et le dézingage, au mépris des conséquences sur les populations.

  • permalien RéCiF :
    12 mai @10h02   « »

    @eiffel

    Laisse tomber, c’est un têtu, le bougre. Il ne passera pas à la TV !...

    Mais nous...toi, moi,... est-ce qu’on ne peux pas essayé de les faire passer, les idées émises ici ? A nos amis, collègues, amants, voisins, familles, et autres.Ça n’aura pas l’impact d’un "vu à la télé", c’est certain, mais devrons-nous nous laisser imposer comme seule diffusion d’idée les masses-média ?

    Je te sens pas convaincu, là : “On n’est pas assez nombreux, on n’arrivera pas à contrer la machine de guerre des médias...”
    Ben si on part battu d’avance c’est sûr qu’on va pas y arriver ! A nous d’inventer les moyens de faire immerger les idées hétérodoxes dans le débat public. Allez, au boulot !

  • permalien Pipas :
    12 mai @10h05   « »
    Il existe des solutions, à commencer par bouder les banques

    @fred_h
    Vous avez raison
    Je suis à cent lieues de vouloir vous convaincre de quoi que ce soit, sinon de tenter d’exprimer clairement le point de vue suivant : il y a la toute-puissance très "officielle" des banques ; et il y a l’intériorisation de la contrainte. Heureusement, il nous reste encore notre fucking libre arbitre.

    Vous pouvez effectivement contracter un crédit, acheter une voiture, par exemple. Pour ma part, je cesse ensuite de rembourser le prêt en n’utilisant que des moyens licites -prorogation du droit de gage mobilier 5ans ; immobilier 2 ans-. Ainsi, mettre à disposition des effets subtilisés aux banksters au bénéfice d’AMAP, de Woofers, d’installation de petits producteurs biologiques, d’organisation de soirées culturelles, de militants, etc, n’a rien de compliqué. Je mets aussi régulièrement ce véhicule utilitaire à disposition de structures associatives rattachées à l’éducation populaire, ou d’amis souhaitant se lancer dans l’autoconstruction (hélas un petit manque à gagner pour Bouygues).

    Plus sérieusement : pour gagner sa vie il faut s’en remettre à ceux qui ont les moyens de se la payer.
    C’est vrai, notre vieux système hiérarchisé fonctionne. Mais il est également vrai que créer de petits réseaux, allant de l’agriculture à la culture, de l’artisanat à l’art, fonctionne tout aussi bien.

    J’aime écouter BFM, j’ai vraiment l’impression de me promener dans une faille temporelle en écoutant parler les différents intervenants, réclame comprise.

    C’est quoi la marque de votre voiture ? Fiat Doblo Cargo.
    ça ne consomme pas trop ? ça peut aller.
    Et du point de vue de l’équivalent carbone : ça reste dans des normes acceptables ? Je m’intéresse davantage à l’augmentation de l’activité phytoplanctonnique, l’autotrophie. Le pricing du carbone par Gore&Co; et peut-être bientôt de l’argon ou du dioxygène, ne m’intéresse guère.
    ça ne décôte pas trop à l’argus ? Je l’espère pour mon banquier, lorsqu’il exercera son droit de gage. Non, je déconne.

    Avouez que ça a quand même plus de gueule que :
    Les goûts et les couleurs...
    c’est quoi vos convictions politiques ? Anarchiste
    ça ne demande pas trop d’efforts de réflexion ? ça peut aller
    Et du point de vue de la pérennité : ça tient un peu plus de 24h ? ça ne se périme pas trop vite face à la surenchère médiatique des fast-thinkers qui ont réponse à tout sans même chercher à approfondir le sujet ? Vaste palabre, qui mériterait bien d’être entamée autour d’une bonne bière. J’espère vieillir, et m’assagir, pour pouvoir me trouver stupide avec du recul.

  • permalien thorgal :
    12 mai @13h26   « »

    Lordon ! au balcon ! Lordon ! au balcon !

    Allez bonhomme, quoi ! mouille-toi ! quand on a des trucs a dire comme ce que tu dis, faut pas se planquer ! allez quoi ! :D

  • permalien PLOUTOPIA :
    12 mai @13h45   « »

    Frédéric LORDON, notre MIRABEAU contemporain ?
    Ci-dessous, le discours par lequel MIRABEAU exhorte l’Assemblée constituante, face à la crise, à décider la confiscation d’un quart des plus grandes fortunes (1789) :

    " Il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume (...). Vous reculez d’horreur... Hommes inconséquents ! Hommes pusillanimes ! Et ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d’un acte mille fois plus criminel ? (...) Croyez-vous que les milliers, les millions d’hommes qui perdront en un instant, par l’explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ? Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que tant d’hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n’avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ? Non : vous périrez."

  • permalien fred_h :
    12 mai @14h16   « »
    On juge une société d’après ses prisonniers (jailhouse rock)

    Le pouvoir (monarchique, religieux, parlementaire, mercantile) ne peut risquer de se voir remis en cause d’aucune manière (sédition, reniement, sécession, grève) : ne pas se soumettre (physiquement, spirituellement, militairement, financièrement) à l’instance suprême (roi, dieu, état, marché), et refuser de s’engager à défendre la souveraineté de son activité (appropriation féodale, oratoire religieux, politique gouvernementale, moratoire économique) c’est être coupable.
    Car les décisions prises par les représentants du pouvoir (ministériaux, prélats, parlement, directoire) ne souffrent aucune suspicion : sa perfection se propage à tout (ce qu’il s’approprie, touche, gouverne, achète). Au nom du souverain (monarque, dieu, président, pdg) il ne peut y avoir d’erreur ni de désenchantement : les suppôts (révoltés, hérétiques, opposants, marxistes) sont déclarés coupables de ne pas reconnaître la perfection de la création (féodale, sacramentale, gouvernementale, commerciale) lorsqu’ils refusent de se conformer à l’autorité (chevalerie, inquisition, forces de l’ordre, banques) et de se soumettre à l’ordre établi (seigneurial, divin, étatique, économique).

    Sauver les banques aujourd’hui c’est se payer l’autorité (économique) de demain

  • permalien Guillaume de Baskerville alias GdB :
    12 mai @15h01   « »

    Je rajoute ces éléments d’informations, disons "troublantes"...

    Vous avouerez que cela a de quoi questionner tout de même : eh oui le Bolderberg 2009 a eu lieu... en GRECE ! très précisément du 14 au 17 Mai 009, au Nafsika Astir Palace, 40 Avenue Apollonos, 16671 Vouliagmeni, Grèce !

    http://www.alterinfo.net/Bilderberg...

    Papandréou était là, juste avant qu’il ne prenne la tête de son pays en Octobre. Etonnant, non ?

    Si on donne un peu de crédit à Daniel Estulin et à ses sources , un des rares journalistes qui suit le Bilderberg depuis de longues années pour en dénoncer l’existence et l’opacité, on ne peut qu’être frappé par la "deuxième option" évoquée dans cet article qui n’est sans doute pas que prémonitoire mais avec le recul surtout très réaliste :

    " 2. soit une dépression intense mais plus courte qui ouvre la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, avec moins de souveraineté mais plus d’efficacité"."

    Cela fait tout de même beaucoup de recoupements TROUBLANTS, non ?

    1) Mai 2009 : Bilderberg en Grèce...
    2) ... avec présence de Georges Papandréou
    3) ... qui devient premier ministre Grec en Octobre 2009
    4) ... révèle les déficits plus importants que prévu dès décembre 2009
    5) ... ce qui amène à la crise grecque début 2010
    6) ... et finalement (je passe sur les détails tels que les spéculations adverses des hedge funds y compris de Goldman sachs qui ont pourtant aidé à maquiller les dettes grecques en 2000 avec l’assentiment d’Eurostat) un beau plan de sauvetage européen de la "Grèce, des Etats et de l’euro" (en
    fait des banques et des marchés financiers !) le 9 Mai 2010
    7) ... qui ouvre la porte à tous les plans de rigueurs que l ’on nous
    annonce de ce fait comme si cela allait de soi désormais.

    Bel enchainement, non ?

    Ah au fait autre coincidence : il semble confirmé que le Bilderberg 2010 se tiendra début juin en... Espagne !

    http://www.nbiou.com/international/...

    Vous en faut-il plus pour commencer à... disons envisager de douter sur la probabilité de tels enchainements ?

    J’ai pour ma part été pendant des années un peu dubitatif sur un certain nombre de thèses, mais je dois avouer pour les avoir gardé en tête afin d’en valider la crédibilité que j’ai dû admettre qu’elles avaient quelque fondement. Que chacun se fasse sa propre opinion...

    PS : pour info Mario Draghi, autre ancien de Goldman Sachs, était aussi présent bien sûr au Bilderberg 2009. Sur le pédigrée du bonhomme (qui est sur la liste des successeurs possibles de Trichet...) en rapport avec les affaires grecques et Goldman, voir ici :

    http://www.bankster.tv/index.php?to...

  • permalien Pipas :
    12 mai @15h39   « »
    Laissez mourir les banques, ou achevez-les : la nécessité du contre-choc

    @GdB
    Les crimes passés de Friedman et de la CIA (en Amérique latine) décrits dans la stratégie du choc de Klein n’augurent rien de bon pour notre vieille Europe aux mains des disciples du néolibéralisme les plus fervents. Puissent nos frères grecs nous montrer le chemin de l’insoumission.

  • permalien chbeno :
    12 mai @16h04   « »

    Merci pour vos éclairages , pertinents et pointus.

    Deux questions :

    1. La scission banque d’affaires /banque de dépôt ne pourrait elle pas répondre a ce risque de faillite- les détenteurs de placements risqués supporteraient à la fois les boni et mali de leurs opérations , sans gangréner les titulaires de comptes de dépôts.

    2. Ne peut on empêcher, par la loi, les fameuses ventes a découvert sur des devises. Sachant que ce sera aux Etats de pallier in fine aux défaillances des banques, pourquoi continuer à se mortifier de la sorte ?

  • permalien Pierre-Marie :
    12 mai @16h53   « »

    Monsieur Lordon,

    Dans toutes les solutions à la crise de la dette que vous proposez, un élément central est essentiellement le retour à la croissance du PIB.

    "Il faut donc souhaiter très fort que la croissance revienne au plus vite et permette d’absorber toutes ces tensions en amorçant gentiment l’ajustement des ratios de solvabilité souverains dans les meilleurs délais."

    Tout d’abord, le bien fondé social de la recherche éternelle de la croissance de cet indicateur se discute : Produire plus, pour consommer plus, en travaillant plus, pour gagner plus, tout ça pour pouvoir payer les intérêts de la dette ? Est-ce là l’objectif d’une société agréable à vivre que nous voudrions construire ?

    Deuxièmement, la poursuite de la croissance du PIB n’est éminemment pas souhaitable d’un point de vue environnemental, notamment en ce qui concerne le réchauffement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre (Je rappelle que le PIB ne prend pas en compte les dégâts causés à l’environnement, comme les émissions de gaz à effet de serre, qui auront "un jour" une contre-réaction extrêmement négative sur ce même PIB).
    Je vous recommande à ce sujet la lecture de cet article :
    http://www.manicore.com/documentati...

    Troisièmement, la croissance éternelle du PIB n’est tout simplement pas possible, et ce pour une question de ressources !
    L’indicateur qu’est le PIB ne prend pas en compte la destruction de ressources, qu’elles soient renouvelables ou non renouvelables, et sa croissance ne permet pas du tout d’anticiper les problèmes dans le futur, par exemple la pénurie de pétrole.
    Je vous recommande à ce sujet la lecture de ces articles :
    http://www.manicore.com/documentati...
    http://www.manicore.com/documentati...

    [...]

  • permalien Pierre-Marie :
    12 mai @16h53   « »

    [...]

    La finitude d’une ressource, le pétrole, n’est d’ailleurs pas étrangère à l’entrée dans la crise que nous connaissons aujourd’hui.
    La production de pétrole a globalement toujours augmenté sur la planète depuis le début de la révolution industrielle et ce jusqu’en 2005, année à partir de laquelle la production a atteint un plateau. La demande continuant d’augmenter, les prix ont eux aussi augmenté jusqu’à atteindre 147$ en juillet 2008, déclenchant l’entrée décisive dans la crise actuelle.
    A des prix de l’énergie tels, on a assisté à une hausse des dépenses et des charges contraintes des ménages et des entreprises, qui ont du réduire la part de leurs autres dépenses, et ont eu de plus en plus de mal à rembourser leurs crédits.
    Cette spirale hausse du prix de l’énergie-> baisse des autres consommations -> récession + défauts de remboursement (notamment les subprimes) -> crise bancaire et financière -> contraction du crédit -> récession actuelle s’explique tout à fait avec comme élément déclencheur la hausse du prix du pétrole, dû à sa finitude dans le sous-sol terrestre !
    Une partie des experts pétroliers s’accordant à affirmer que le pic historique mensuel de production de pétrole a très probablement été atteint en juillet 2008, et qu’à partir de cette date sa production ne fera que décroitre, il est à craindre que nous ne sortions jamais de la crise que nous vivons actuellement, surtout si la seule solution sur laquelle nous comptons est le retour de la croissance du PIB !
    Si d’ailleurs par miracle une croissance du PIB s’observait dans les pays de l’OCDE en 2010-2011, la prochaine crise pétrolière est à prévoir quelque part entre 2011 et 2013 (ce qui laisse présager d’élections présidentielles assez "chaudes" en France et aux Etats-Unis en 2012...) , entrainant une nouvelle spirale hausse du prix de l’énergie -> défauts de remboursement de crédits+baisse de la consommation-> récession+crise bancaire et financière> grosse récession

    Et pour cette nouvelle crise, les Etats n’auront plus vraiment les moyens d’intervenir, ce qui peut laisser présager du pire...

    Il est grand temps de changer de système monétaire, de sortir du système d’argent-dette qui rend indispensable la croissance, puisque qu’une croissance infinie n’est tout simplement pas possible sur une planète finie, et nous en avons atteint les limites !

  • permalien
    12 mai @18h28   « »
    BNP-Parisbas : Un scandale de plus

    UK credit rating set for downgrade under Lib-Lab deal, City analysts warn

    http://www.guardian.co.uk/business/...

    As the Institute of Directors called on political parties to focus on the economy rather than the need for electoral reform, analysts at BNP Paribas reckoned that a "Lab-Lib government is the least liked option by markets and would almost guarantee a downgrade of the UK sovereign [debt]".

    Les analystes de BNP-Parisbas ont suggéré que la note des dettes publiques baisserait au-dessus de AAA s’il y avait une alliance gouvernementale entre Clegg (Lib-Dem) et Brown (Labour). On connait la suite.

    Et pendant ce temps-là...

    Trichet approuve le droit de regard budgétaire de l’UE

    http://fr.reuters.com/article/busin...

    Athènes décrète l’hyperaustérité par ordonnance

    http://www.humanite.fr/2010-05-10_I...

  • permalien Pipas :
    12 mai @18h43   « »
    Sauver les banques jusqu’à quand ? Jusqu’au prochain POP, bien sûr !

    $1244.05 prix de l’or aujourd’hui.
    La recherche du refuge s’intensifie.

    À part ça, le gouvernement européen a fait le job.
    Les marchés sont rassurés quant à la bulle de l’endettement public ; la bulle monétaire ; et bien sûr celle des matières premières ; sans oublier la bien nommée bulle verte ; sachant que celle de l’immobilier commercial s’approche du sol.
    Quintuple POP en perspective.
    En réalité, les marchés ont bien raison de se chercher un refuge.

    En réaction à la rigueur annoncée, la bulle sociale risque bien de faire POP, et ça va pas être joli joli. Mais bon, comme nous l’apprend l’AFP, 55% des grecs sont favorable à la tonte. http://news.fr.msn.com/m6-actualite...

  • permalien Audi alteram partem :
    12 mai @19h44   « »
    " Ami, entends-tu, les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? "

    "Sortez de la paille, les fusils, la mitraille, les grenades…... "

    Bien sûr on peut exhorter l’ami Lordon à investir les plateaux TV et radio ; bien sûr on peut railler la peau de saucisson que les médias, nos hommes politiques ; nos proches, nos collègues, ont sur les yeux ; bien sûr ont peut pester contre nos responsables politiques, voter ou pas, etc…

    Mais sauf catastrophe économique et sociale à ne pas souhaiter ou insurrection généralisée peu probable, les choses ne bougeront que très lentement ; si elles bougent.

    On peut aussi prendre ce blog comme des graines à semer en invitant nos amis, nos cousins, notre belle mère, notre buraliste, notre coiffeur, notre chauffeur de taxi, notre boulanger, nos chefs, à s’y connecter. Comme à d’autres.

    Et même – surtout – notre député, notre conseiller général, notre maire, notre responsable local de syndicat, notre garagiste, nos clients, nos fournisseurs, nos maîtresses, nos dentistes (tiens, oui, aussi les dentistes), avec un petit mail d’accompagnement pour expliquer que d’autres façons de voir les choses existent.

    Voire même laisser un mail sur le site de la Présidence…

    http://www.elysee.fr/ecrire/

    Un mail, une graine, mais quant à la date de la récolte, si elle a lieu…

    « Il est des pays où les gens au creux des lits font des rêves… »

  • permalien citoyen frondeur :
    12 mai @20h19   « »

    Excellent article une fois encore avec plein de commentaires intéressants et instructifs !

    @brassweb, moi qui croyais encore utile le questionnement en tant que citoyen sur les mesures politiques convenables a exiger dans l’épisode actuel, c’est surement nécessaire pour notre « éducation politique et citoyenne », mais utile dans les contexte actuel ? …

    Les deux mesures que tu évoques apparaissent, il me semble, comme des outils techniques de bon sens pour éviter le pire et surtout pour éviter que les uns (les dépositaires) ne perdent tout a cause des autres (les as de la roulette et du black jack), en cas « de crise majeure d’insolvabilité sur les marchés financiers ». Quoique, comme cela était évoqué dans un article précédent du blog, les dettes n’étant même pas valorisables de façon fiable par les experts de la finance, les critères de survenance d’une telle crise d’insolvabilité restent flous. Une catastrophe par effet de contagion hystérique d’insolvabilité interbancaire renderait probablement cette interrogation caduque, de manière violente, comme on l’a déjà vu et comme on le voit actuellement pour les banques européennes fortement exposées a la dette grecque…

    Quoi qu’il en soit, oui, la réinstauration d’un Glass-Steagall est en discussion âpre au sénat américain, et un Glass Steagall en Europe apparait tout indiqué. Quant a l’interdiction des ventes a découvert sur les devises et produits dérivés, cela semble aussi simplement du bon sens au vu des expériences récentes. Plus globalement, une régulation forte des activités d’investissement et de spéculation du secteur privé par les Etats semble, encore une fois, une évidence aujourd’hui, au vu des événements financiers des 3 dernières années, même a tout profane.

    Comme le propose Frédéric Lordon à la fin de son article précédent, (La « régulation financière, entre contresens et mauvais vouloir »), il faudrait probablement même aller plus loin : « cantonnement des banques de dépôts aux activités de crédit ordinaire et de fourniture de produits d’épargne sous la forme exclusive du livret (à intérêt bas et garanti), régulation sévère de l’enclave « banque d’investissement » pour réduire le différentiel de rentabilité des épargnes entre les deux sphères bancaires, interdiction du trading pour compte propre… »
    (on peut se reporter a l’article pour avoir une vision exhaustive des propositions).

    Sans avoir la compétence en économie pour comprendre techniquement et précisément les apports de chacune des mesures énoncées, il parait évident que, plus que ces deux mesures que vous évoquez, c’est la souveraineté des Etats vis-à-vis de l’émission de monnaie qu’il faudra(it) réinstaurer. Dans ce sens, permettre a la BCE de prêter directement aux Etats a taux bas.

  • permalien citoyen frondeur :
    12 mai @20h20   « »

    Rappelons que depuis que la France paie des intérêts aux banques privées pour le financement de son budget, c’est-à-dire la loi Pompidou – Giscard de 1973, c’est environ 700 milliards payés en intérêts cumulés (soit 500 milliards échus et 200 milliards, bientôt, de dette). En gros, la France ne serait donc pas endettée aujourd’hui sans ce non-sens de paiement d’intérêts a des privés pour financer des projets d’intérêt général ! (En fait, elle le serait un peu auprès de la banque de France, mais très peu (car taux bas). Si les choses fonctionnent autrement, c’est simplement la démonstration de l’éminence totale et globale de l’oligarchie financière.

    Le souci n’est donc pas dans la technique ou les mesures. Le souci est celui de la gouvernance et de la nécessité de remise au pas du secteur bancaire par les politiques, ce qui a toutes les chances de ne pas arriver, pour les raisons évoquées par les uns et les autres… D’ailleurs, Frédéric Lordon parle de la nécessité de « prescription préemptive » et non de régulation, concernant les pratiques d’investissement et de spéculation. Ca parle de soi. Pour cela, le gouvernement doit avoir une compétence économique et les gens compétents prêts à contribuer à des prescriptions préemptives semblent ne pas manquer… Au contraire, on ne parle que de régulation, ce qui est simplement une façon markétée de vendre aux populations la stricte et simple continuation du système.

    Mais l’évolution des cercles d’influence et la dérégulation progressive depuis 60 ans font que ce sont les terroristes (les financiers et leurs sbires politiques, dans un jeu de chaises musicales entre entreprises multinationales, banques ou Hedge Funds et institutions gouvernementales, merci GdB pour ces précisions craquantes sur les Etats de service de notre socialiste grec préféré !) qui pilotent le Boeing (Airbus ? non…) et resteront cramponnés au palonnier vraisemblablement jusqu’au crash : ils n’ont pas la compétence de pilote et le logiciel du pilote automatique est vérolé. Des gens capables de créer un logiciel sain et d’apporter leur expertise pour sa mise en œuvre ne manquent pas, mais il faut décrocher les sangsues du palonnier. Comment ? Ah, si quelqu’un avait la réponse-miracle…

    Sortir dans la rue, exiger ce genre de mesures de bon sens et « se mettre ensemble pour tout stopper » ne semble pas une option vraisemblable aujourd’hui car les peuples sont encore aujourd’hui trop ignorants, trop divisés, c’est 40 ans de travail de lobotomisation par les élites dirigeantes (sur la classe politique aussi pour celle qui coopère par hypnose idéologique, car tous ne sont pas corrompus au sens propre) et montés les uns contre les autres, trop consommateurs et trop avides, exactement de la même façon que le sont les « sangsues du cercle ». D’où la pérennisation de ce trou noir « par les deux extrémités ».

  • permalien citoyen frondeur :
    12 mai @20h22   « »

    Uno la structure de classe des sociétés occidentales, son évolution et le fonctionnement de l’oligarchie : faire naitre et aviver le désir d’être riche des classes moyennes pour les appauvrir et s’enrichir encore un peu plus sur leur dos.

    Deuxio L’entreprise est de plus en plus verrouillée par les marchés et les états dans ses possibilités de développement économique réel, c’est une histoire de gouvernance financière globale. Dans le monde actuel, donc, a part de rares exceptions sur des niches, le travail et l’abnégation ne paient plus, ils te permettent seulement d’avoir le droit de t’endetter. Donc ne tombons pas dans le piège de « crée ton entreprise, innove ». c’est frelaté.

    L’innovation et la création ne rapportent plus grand-chose a leurs instigateurs dans le monde actuel. Il ne faut pas créer. Il faut manager. La création est le management.

    Abandonnons tout espoir d’être riche (pour ceux qui l’ont encore) ou même de s’enrichir et surtout TOUT DÉSIR d’être riche (pour ceux qui l’ont encore, encore plus nombreux) : la est le début de notre salut je crois. Le bateau coule, il ne faut plus ramer dans l’espoir de s’envoler (devenir riche), il faut sortir et nager. Et essayer de comprendre ENSEMBLE en quoi peut concrètement consister à "nager". Nous ramions. de plus en plus. Nous coulons. Et il va nous falloir ENSEMBLE apprendre à nager. à contre-courant...

    Alors oui, nager, ca doit être privilégier les circuits courts, aller au marché et éviter le plus possible la grande distribution, ca peut être ne plus prendre de prêt ou ne pas en prendre, ca peut-être investir maintenant dans de la pierre, éventuellement en commun si nécessaire, avec ses petites économies pour ne pas les voir fondre comme neige au soleil (episode d’hyperinflation probable), ce que j’envisage personnellement en ce moment (si tout le monde fait ca, c’est très brutal pour nos banques, et en même temps, plus besoin de Glass-steagall, pour les particuliers en tout cas, je suis acide), ca peut-être de faire du troc, ce que je fais de plus en plus (j’ai échangé ma bagnole, ma hi-fi et j’ai garde les contacts), ca peut-être acheter systématiquement a des particuliers et d’occasion toutes les babioles qu’on aurait par réflexe acheté neuf chez la grande enseigne du coin, etc… Tout cela avec une autre façon de voir son rapport a l’autre lors d’une vente ou d’un échange, voir le double intérêt, avoir un autre rapport au temps en en donnant un peu pour les autres (associations, bénévolat) et puis comme le dit ReciF, diffuser les idées de ce courant hétérodoxe dans chacun de nos cercles personnels …

  • permalien citoyen frondeur :
    12 mai @20h23   « »

    Cette démarche personnelle et de petites communautés serait probablement qualifiée de fallacieuse par nos dirigeants puisque les effets (pour ne pas dire le but visé…) en seraient d’étouffer dans l’œuf les perspectives de reprise-croissance et de ralentir encore l’économie réelle, avec augmentation du chômage, diminution des recettes de l’état et tutti quanti…Pour sur, cela nous couterait ENCORE PLUS CHER, a nous le peuple…

    Approfondissement du cercle vicieux. Course à l’incommensurable catastrophe…

    Attendu que tout croissance du PIB de toute façon dans les conditions actuelles ne bénéficiera que peu au peuple et lui bénéficiera toujours de moins en moins, éteignons l’économie par nos comportements par petits cercles d’abord invisibles, et s’ils se rejoignent, on aura de gros problèmes, nous diront les autres (car tout va bien pour nous aujourd’hui dans le meilleur des mondes et ca va continuer…).

    On peut donc se dire que nous avons le pouvoir au niveau personnel et aujourd’hui par petits cercles d’initier l’accélération de la chute physique de l’économie, on verra si ca prend des proportions significatives ou pas, mais le fait de tenter cela nous rapprochera peut-être les uns des autres et nous permettra de quitter, de façon coopérative, pour une fois, notre roue de hamster, pour la majorité d’entre nous.

    Les effets pervers de cette autodestruction rendront probablement l’émergence d’un embryon de révolte plausible, et son urgence et sa nécessité plus grandes aussi. Par accélération de la chute économique et, aussi et surtout, par augmentation de la solidarité citoyenne et de « l’éducation mutuelle »,,,

    Commençons, essayons et diffusons… Que faire d’autre ?

    Ce soir, visionnage (Home cinéma dernier cri acheté a crédit : 5 ans, je déconne !) de Fight Club, des amateurs ?
    ensuite un petit brainstorming sur le décryptage symbolique du film et propositions de comportement et d’actions communautaires pour ce nouveau projet « Chaos » 2010.
    Mais (contrairement au film), nous inviterons les « singes » seulement s’ils souhaitent travailler à leur dé-lobotomisation. Les autres sont les premiers bienvenus, bien entendu.

  • permalien michap :
    12 mai @20h26   « »

    Bonjour,
    J’aime beaucoup lire les articles de Frédéric Lordon, de Jacques Sapir ou Paul Jorion, mais il faut un gros bagage économique pour les comprendre, cela ne touche qu’une infime partie des Français et ces articles devraient être plus simples, donner des exemples chiffrés, pour toucher 90% des Français et leur prouver le bien fondé de ces raisonnements, il ne sert à rien de rester entre vous et de vous gargariser de discours, certes convaincants, mais qui ne sont que des coups d’épées dans le paysage médiatique.
    Le plus important est de sortir le bon peuple de France de son ignorance et le dévier des explications économiques qu’ils entendent sur TF1 !!! c’est le seul moyen de changer les choses, il ne suffit pas de se faire plaisir en écrivant des articles, il faut être efficace et être convainquant pour tous.
    Pardon pour ce petit coup de gueule et merci.
    Michap

  • permalien Philémon :
    12 mai @21h44   « »

    € star , € tunnel etc...

  • permalien Occitan 64 :
    12 mai @22h33   « »

    Bonsoir,

    Excellent comme d’habitude ....
    La peut-être seule "bonne nouvelle" réside dans le fait que la BCE devienne une Banque Centrale comme les autres : pas de quoi sauter au plafond évidemment ; mais la fin d’une aberration..... .

    Je confirme avec la même soif ce que dit Eiffel plus haut .....

    Un seul débat, chez Taddéi par exemple, contre de bons pères-la-rigueur-docteur-même-pas-es-finance..... Quel délice .... .

    Même si je comprends aussi la pénibilité d’une telle épreuve dans un format télévisuel si peu propice à l’argumentation raisonnée face à des docteurs de l’Académie médiatique qui font passer leurs intérêts -idéologiques, symboliques, et parfois matériels- particuliers pour des vérités scientifiques…..

    Je me souviens d’un « débat » de la sorte, il y a longtemps, sur France Culture il me semble, entre notre présent rédacteur et un certain Jean-Paul Betbèze ; très représentatif des ces « économistes multi-cartes », se permettant d’enquiller des fonctions non seulement diverses (Cercle des économistes ; membre du CAE, chef économiste du Crédit Agricole, Président de l’UNICE à l’époque) mais surtout où les conflits d’intérêts empêcheraient un honnête homme -c’est dire ce qu’ils sont- de dormir ……
    Ah oui ; à cette époque déjà, le « débat » portait entre autres thèmes sur "l’efficience des marchés financiers" ; et malheureusement Betbéze, par des « arguments » de mauvaise foi, s’en était plutôt pas trop mal tiré ……
    Au minimum, Frédéric LORDON aura-t-il gagné par KO quelques années plus tard…. .

  • permalien Nicolas :
    12 mai @23h24   « »

    michap > Le plus important est de sortir le bon peuple de France de son ignorance et le dévier des explications économiques qu’ils entendent sur TF1 !

    Et comment fait-on ça, sachant que, justement, 90% des citoyens "s’informent" via TF1, 20mn et Ouest-France ?

  • permalien jc :
    13 mai @07h36   « »

    @Michap

    Si vous voulez du "Lordon pour les nuls" vous en trouverez un peu sur youtube et sur le site de "là-bas si j’y suis".
    http://www.la-bas.org/article.php3?...

  • permalien citoyen frondeur :
    13 mai @08h42   « »

    Sauver les banques jusqu’a quand ?

    Jusqu’à ce qu’ILS déclenchent la guerre ? ...

    Éclairage historique dissident de la géostratégique économique des prémices et de l’issue de la seconde guerre par Annie Lacroix-Riz.

    "L’histoire se répète sans jamais vraiment se répéter..."

    http://www.dailymotion.com/video/x5...

    A méditer profondément en ce moment, ...

    Si vous avez trois heures trente de votre précieux temps a "perdre", cette bonne femme, c’est de la bombe, au sens quasi-propre.

  • permalien vladimir :
    13 mai @10h53   « »

    La realité de 2010 rappellée par la crise grecque :

    Le volume de la speculation mondiale depasse le volume de la production de biens et de services mondiaux depuis ???.

    Aujourd’hui en Grèce, demain en Espagne et au Portugal, après demain en France.

    Pour dénoncer cette réalité les militants communistes des Alpes Maritimes du PCF ont déployé cet après midi (12 mai) une banderole de 70 m2 sur la tour Bellanda à Nice. :

    FAISONS PAYER LES BANQUES PAS LES PEUPLES !!!

    La prochaine initiative se tiendra à Cannes le samedi 15 mai à 15 heures devant l’Hôtel Martinez.

    http://www.pcf06.com/article-festiv...

    Malgré le vote recent du Parlement Europeen pour une taxation des flux financiers,aucune mesure institutionnelle pratique pour tracer,mesurer ces flux. :

    “D’un autre côté rien n’a été entrepris pour contrôler et réglementer la "Libre circulation des capitaux" malgré le vote du 11 mars 2010 au Parlement de Strasbourg où il y a eu une majorité de 536 voix contre 86 pour étudier l’impact d’une Taxe Tobin.

    Le Brésil, Taïwan, l’Indonésie, l’Inde, la Russie sont bien plus avancés pour freiner la libre circulation des spéculations sauvages....”

    L’Europe providence bancaire engraisse la spéculation et la libre circulation des capitaux sur le dos des contribuables

    Par Thomas, le Cimbre, le 10 mai 2010, - Economie de bulles, crises systémiques, subprime - Lien permanent

    http://www.renovezmaintenant67.eu/i...

  • permalien Thomas, le Cimbre :
    13 mai @14h57   « »

    Merci Vladimir de faire un copié-collé de mon site, mais sépare tes propos des miens. Je ne suis pas encarté et j’y tiens.

  • permalien francis :
    13 mai @15h02   « »

    sauver la Gréce ou saiver les bnques ?

    les deux, bien sûr, dans un monde ou créancier et débiteur sont quasi menottés l’un à l’autre...

    j’observe simplement que l’auteur semble rejoindre les plus libéraux en estimant qu’il eut mieux valu ne rien sauver du tout...

    pour ma part je me satisfais de ce plan de sauvetage, imparfait, criticable, mais qui me semble préserver l’essentiel : dissuader la spéculation, et laisser à chacun l’obligation de régler sa situation...

  • permalien betov :
    13 mai @15h57   « »

    Vladimir, c’est quoi la différence entre "spéculation sauvage" et "spéculation domestique" ?

    Plus avant, c’est quoi un être humain qui ne "spéculerait" pas ? Un lobotomisé qui ne saurait pas qu’il faut rester sous l’abris bus quant il pleut ?

  • permalien BA :
    13 mai @21h11   « »
    Grèce : ça va de plus en plus mal.

    Grèce : "comité de crise" après des "annulations massives" de touristes.

    Le gouvernement grec a annoncé jeudi la création d’un "comité de crise" face aux "annulations massives de réservations" touristiques dans le pays, l’Association des hôteliers d’Athènes (AHA) évoquant près de 20.000 nuits d’hôtels annulées dans la capitale et ses environs.

    "Après les annulations massives de réservations, un comité de crise piloté par l’Organisme grec du tourisme a été mis en place", a annoncé un porte-parole du gouvernement à la presse, estimant le coût de ces annulations à "des dizaines de millions d’euros".

    Près de 20.000 nuits d’hôtel ont été annulées depuis les violences qui ont fait trois morts en marge des manifestations du 5 mai contre le plan de rigueur du gouvernement et "ce chiffre continue d’augmenter", avait auparavant affirmé à l’AFP le directeur de l’AHA, Loukas Douvas.

    http://www.romandie.com/ats/news/10...

  • permalien Jean-Joël Kauffmann :
    14 mai @09h40   « »

    Bonjour,

    L’avis (prémonitoire) de deux experts éminents sur la crise :

    Les Français sont allergiques au marché. Sondages d’opinion et paroles d’experts le confirment dans une belle unanimité : le capitalisme financier est vécu comme une source insupportable d’aliénation et d’inégalités, il détruit l’économie et la société. Ce sentiment de défiance crée un malaise profond chez nos compatriotes et les singularise dans le concert des nations.
    Or, ce livre en fait l’éclatante démonstration, certains lieux communs du discours anti-capitaliste sont faux et doivent être dénoncés comme tels. Partout, le développement financier est un accélérateur de croissance. Les marchés n’induisent pas la myopie industrielle pour laquelle on les blâme, mais permettent au contraire le financement de projets de longue haleine. La finance n’est ni l’ennemie de l’emploi, ni celle de l’égalité si chère à nos concitoyens.
    Pour décrypter la signification de ce malaise, un détour par l’histoire de notre pays s’impose. Contrairement à une idée répandue, la France n’était pas prédisposée à l’anti-libéralisme. C’est le succès mal interprété des Trente Glorieuses qui a nourri l’illusion qu’un "autre capitalisme " serait possible. Notre économie reste largement structurée par l’héritage de l’après-guerre. La libéralisation des années 1980, stoppée en rase campagne, a donné naissance à un capitalisme hybride et schizophrène : un patronat hésitant entre sa loyauté au pays, aux actionnaires ou aux salariés, des actionnaires en majorité étrangers et qui ne représentent pas une force politique. Pour rendre au capitalisme sa légitimité, il faut faire des Français les acteurs à part entière d’un capitalisme financier dont ils doivent être les premiers bénéficiaires.

    http://www.amazon.fr/Grand-M%C3%A9c...

    A quand la fin de l’impunité des prescripteurs d’opinion ?

    (Comme par exemple, quelqu’un qui dégoisait dans Le Monde du 17/09/1998 sur "la dure et juste loi des marchés financiers". Miracle de la soi-disante "mémoire perpétuelle" d’Internet, cet article y est introuvable.)

    http://www.sixnonquoi.com/site/inde...

    JJK

  • permalien BA :
    14 mai @11h50   « »
    La Grèce n’est pas solvable.

    Josef Ackermann (Deutsche Bank) a des doutes sur la solvabilité de la Grèce.

    Le président du directoire de Deutsche Bank a déclaré jeudi 13 mai qu’il doutait de la capacité de la Grèce à rembourser sa dette, tout en expliquant que le plan de stabilisation de la zone euro serait utile pour l’Espagne et l’Italie, mais que la situation portugaise restait "difficile".

    Josef Ackermann, qui a participé à la coordination des initiatives du secteur privé allemand en vue d’aider la Grèce, a remis en question la capacité d’Athènes à sortir de la crise budgétaire, selon des extraits d’un entretien que devait diffuser jeudi soir la chaîne de télévision ZDF.

    "Pour ce qui est de savoir si la Grèce est à l’heure actuelle réellement en mesure de fournir l’effort nécessaire, j’ai des doutes", a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’agissait là "d’efforts incroyables".

    Mais, si la Grèce venait à s’effondrer, il y aurait une contagion à d’autres pays et cela pourrait se traduire par "une sorte d’effondrement".

    Grâce au plan de 750 milliards d’euros, l’Italie et l’Espagne seront "suffisamment fortes pour honorer leurs dettes", ce qui limite les risques de contagion. Pour le Portugal, en revanche, la situation est plus "difficile", a-t-il ajouté.

    En dépit des turbulences qui secouent la zone euro, cette dernière reste plus forte que les Etats-Unis ou l’Angleterre, a également déclaré Josef Ackermann, estimant que l’Allemagne, en particulier, bénéficierait de la chute de l’euro en raison du poids des exportations dans son économie.

    http://fr.reuters.com/article/frEur...

  • permalien phil01 :
    14 mai @15h09   « »

    Laissons les choir...

    L’evolution des analyses de F. LORDON est très intéressante. Au moment de la crise dite des subprimes, le sauvetage (fort coûteux) du système était incontournable. Aujourd’hui l’hypothèse de le laisser choir n’est plus une incongruité d’ultra-gauchiste irresponsable.

    Le système est-il amendable, réformable ? Est-il préférable de se résigner à une longue et certaine agonie, ou est-il plus que temps de tenter le grand saut dans l’inconnu qui nous tord un peu les tripes ?

    C’est très bien de se congratuler sur internet de la justesse et de la pertinence de nos analyses, mais que faire ?

    Je serai ce week-end sur le plateau des Glières. En mars 1944, alors que ce maquis se battait encore contre une issue fatale, le Conseil National de la Résistance faisait paraître son programmme. Il s’intitulait « les jours heureux ».

    Résister, combattre et créer sont des verbes qui se conjuguent au présent, et, comme le dit si bien Stéphane HESSEL, il n’est pas nécessaire pour cela d’être les plus nombreux. Mais il faut être décidé et peut-être n’avoir rien à perdre.

  • permalien K. :
    14 mai @15h30   « »

    L’idéologie néolibérale et le temps présent :

    ...l’idéologie post-socialiste doit emprunter à la religion. Ici, l’idéologie fonctionne en effet comme l’eschatologie d’un homme pauvre : (..) le présent, ou l’existence réelle, est nulle en elle-même. Sa valeur n’est mesurée que par rapport à l’attente d’un objectif promis, la parousie inévitable de la « liberté » inhérente à la démocratie libérale et du « progrès » accordé par le développement du marché capitaliste.

    Ainsi, on doit endurer les tourments de ce monde, il faut accepter le présent tel qu’il est, même si ce présent est souffrance, même si cela implique la réduction brute du sujet humain à l’animalité de l’exploitation capitaliste, parce que de telles souffrances ne sont rien comparées à la rédemption que l’avenir anticipé nous réserve.

    Avec la promesse de l’utopie libérale-capitaliste, l’état actuel des choses reçoit une bénédiction, tandis que l’ensemble des mécanismes d’exclusion, de domination et d’exploitation qui structure cette existence disparaît sous nos yeux.

    La conscience de l’histoire que nourrit le post-socialisme dans ce domaine s’inscrit parfaitement dans le verdict de Mallarmé : "Un présent fait défaut".

  • permalien BA :
    14 mai @20h49   « »
    Grèce : la fin des illusions.

    Si l’Etat grec devait emprunter à 10 ans, combien devrait-il verser de taux d’intérêt ?

    Lundi 10 mai : à 18 heures, le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 6,717 %.
    Vendredi 14 mai : à 18 heures, le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 8,012 %.

    Et pour un emprunt à 2 ans ?
    Si l’Etat grec devait emprunter à 2 ans, combien devrait-il verser de taux d’intérêt ?

    Lundi 10 mai : à 18 heures, le taux de l’obligation grecque à 2 ans était de 5,48 %.
    Vendredi 14 mai : à 18 heures, le taux de l’obligation grecque à 2 ans était de 7,27 %.

    - Conclusion numéro 1 :

    Le plan de sauvetage de 750 milliards d’euros n’était qu’un gigantesque coup de bluff destiné à rassurer les marchés. Ce coup de bluff n’a pas fait illusion bien longtemps : il a fait illusion pendant cinq jours. Pendant ces cinq jours, les médias nous ont joué du pipeau pour nous rassurer : « Tout va très bien, madame la Marquise. La Grèce est sauvée. »

    - Conclusion numéro 2 :

    La saison touristique en Grèce s’annonce désastreuse en raison des trois employés de banques tués, et en raison des attentats qui se multiplient en Grèce. Les touristes qui annulent leurs vacances en Grèce sont de plus en plus nombreux. Ces annulations sont catastrophiques car le tourisme représente 17 % du PIB grec. L’Etat grec va subir un effondrement de ses recettes.

    - Conclusion numéro 3 :

    Malheureusement, l’Etat grec fonce vers le défaut de paiement.
    Fin des illusions.
    Retour au réel.

    http://www.boursier.com/vals/ALL/le...

  • permalien Caroline Dubé :
    14 mai @22h23   « »

    A quand les consultations publiques sur la façon de gérer les biens et ressources de l’Humanité ?

  • permalien Jérôme S. :
    14 mai @22h29   « »

    @ FLordon
    Vous préconisez donc que les Etats s’approprient le "bien commun" du crédit en nationalisant les banques et que ceux-ci "cassent les reins" à l’actionnariat des banques en faisant défaut. Soit. Mais la mise en oeuvre d’une telle politique par un seul gouvernement en Europe (imaginons la France après 2012...) n’aurait-elle pas pour préalable la sortie de la zone Euro, étant donné qu’il semble exclu que tous les Etats appartenant à la dite zone puissent s’accorder pour mener une telle politique ?

  • permalien une bille :
    14 mai @23h30   « »

    Va comprendre :
    L’Europe se mobilise contre la spéculation, Sarkozy joue les chefs d’orchestre

    Les dirigeants européens tentent de rassurer les marchés - international - toute l’actualité internationale - France Info

    Ce ne sont pas les banques qui sont à sauver, c’est la démocratie.

    Derrière toutes ces pitreries, ce qui est en cause, c’est la souveraineté des peuples. Les mauvais élèves ce sont bien évidemment d’abord ceux qui par leurs choix se sont éloignés du Dogme. En tête la Grèce qui se portait si bien avant d’élire un socialiste, l’Espagne et le Portugal sont aussi dans la même position que la France de 1981.

    La finance n’est qu’un outil et dans la crise de la représentativité que nous vivons en ce moment, c’est l’outil que les oligarques ont choisi pour mieux asservir les peuples.

    Il n’y a pas de solution économique à des problèmes qui sont avant tout politiques. Si nos chers (trop chers parfois) dirigeants, font toutes ces contorsions, c’est pour ne pas avoir à légiférer, car s’ils étaient réellement dans leurs rôle, et la hauteur des mandats que leurs peuples leurs ont confiés, il y bien longtemps qu’ils auraient jugé et condamné tout ces faiseurs de désespoirs.

  • permalien Image :
    15 mai @00h27   « »

    Excellent article !
    Tout privilège ayant sa rançon, les investisseurs et les banques n’éviteront pas in fine leur propre effondrement qui, par certains cotés, sera salutaire. Reculer pour mieux sauter ne sert à rien et investir de la monnaie de singe non plus. Si c’est cela le progrès du libéralisme ... arrière toute et viiiiiiite ! Les petites gens n’apprécieraient pas de ne pas revoir leurs dépôts bancaires (non rémunérés le plus souvent).

  • permalien une bille :
    15 mai @07h17   « »

    Des mesures qui vont dans le bon sens :

    France24 - Les pressions judiciaires s’accentuent sur les banques à Wall Street

    ... il serait temps !

  • permalien Nicolas :
    15 mai @17h07   « »

    Tout ca c’est jolie, mais le problème, c’est avant tout ces fegniaces de glandeurs de grecques et ceux qui ont adopté leur modèle.

    Ce sont ces gens là qui veulent encore, toujours emprunter.
    Les banques ont raison de dire non.

    Les grecques n’ont pas besoin de consommer pour vivre : ils peuvent se passer de fonctionnaires et de services publics. Ils peuvent entrer dans le monde de la décroissance et montrer la voie.

    Avec l’Europe qui leur à donné 300 milliards depuis leur entré, et leur 300 milliards d’emprunts, ils ont eu le temps de faire leur preuve, ou pas.

    Tant pis pour eux. Le monde peut vivre sans les grecques, pas sans banques.

  • permalien enviededire :
    15 mai @18h50   « »

    Si l’on poursuivait en justice les responsables des banques, à titre personnel, (et non pas les banques) pour mauvaises gestions et prises de risques inconsidérées. Cela réfrénerait sans doute leur ardeur à faire n’importe quoi des fonds qui leur ont été confiés.

  • permalien wed :
    15 mai @23h23   « »

    juste un petit message hors sujet (pas tant que ca) pour le très honorable mais loin d’être assez honoré monsieur Lordon a propos de l’émission d’arrêt sur images de vendredi dernier où vous avez décrit la société actuelle (a l’aide d’un vocabulaire bien plus riche que le mien je vous le concède volontiers) comme étant séparée en trois (votre remarque était a propos des éléments de langage élyséen faisant suite au plan de "rigueur" ) trois parties donc a savoir le gouvernement que je nommerai pouvoir politique , le pouvoir économique (le marché on peux dire ca comme ca je pense) ainsi que le soi-disant pouvoir souverain : notre très cher peuple ! En entendant cela je ne tenait plus en place et je suis venu de ce pas du haut de mon infime connaissance du sujet (en tout cas comparé a la votre) vous dire que vous vous trompez avec tout le respect et l’admiration que je vous porte ou plutôt que je porte a vos idées a a votre façon de les exprimer étant donner que je ne vous connais pas personnellement , donc je disait que contrairement a ce que vous avez dis le monde n’est pas séparé en trois mais toujours en deux a mon sens comme le disait Roger Fournier et bien d’autre « Le monde est irrémédiablement divisé en deux : ceux qui sont en haut, et ceux qui sont en bas. »

    mais je préfère nettement celle écrite par Sergio Leone<< Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses. >>

    et c’est toujours vrai depuis l’aube de l’humanité (bon peut être pas si loin dirons l’antiquité c’est déjà bien) rien na changer et le soi disant pouvoir politique (le gouvernement français dans l’exemple) ne fait qu’un avec le "pouvoir économique" ils sont riches ils spécules beaucoup d’hommes politiques sont des chefs d’entreprises et ils font de toute façon partis des mêmes réseaux d’influence que les patrons des bourses etc... bref que les salopards qui s’en foutent plein les fouilles !!! (j’avais prévenu que mes connaissances était limités) et de l’autre coté par contre vous aviez entièrement raison il y a le peuple , le peuple a qui on ment , le peuple qu’on manipule , le peuple qui ne fait rien et pour cause ils sont tellement apeurés et pour la plupart tellement "stupides" (maintenu dans l’ignorance plutôt, rien de péjoratif juste un constat) et trop préoccupés par la défense de leur bout de gras qu’ils n’ont pas une vue d’ensemble bref de toutes façon si un jour il ya une révolution elle sera sans doute encore utilisée pour servir les intérêts d’une nouvelles classe de bobos assis bien au chaud chez eux et le tout a l’insu du peuple qui crève sauf des rares esprits éveillés et parmi lesquels sont encore plus rares ceux qui ce battent depuis des siècles pour l’avènement d’une vraie démocratie et dont a mon sens vous en faite partie même si vous l’ignoré peut être encore) les anarchistes !

  • permalien wed :
    16 mai @00h03   « »

    (fin du commentaire...)
    bref tout ca pour dire qu’il ne faut pas trop compliquer les choses quand elles sont si simple dans une guerre il ne peux y avoir trois camp dans celle qui nous intéresse il y a tout simplement les riches d’un cote et les pauvre de l’autre, donc le gouvernement ne ment pas au marché comme cela a été dis dans l’émission le gouvernement fait partie intégrante du marché (je sait pas si marché c’est le bon terme disons le camp des riches comme ca c’est clair) en tout cas j’espère de tout cœur que le scenario que vous avez décrits a la fin de l’émission devienne réalité et le plus vite possible je m’excuse d’avance auprès de ceux qui seront choqué par le fait que je souhaite la guerre (mais malheureusement il reste pas beaucoup d’options et puis de toute façon des méchants doivent mourir non ? [rires]
    parce-que la aussi j’ai un désaccord avec vous monsieur Lordon car j’ai cru comprendre que la "saisie" des banques et je rajouterai de la majore partie des biens des riches en France ce fera dans la douceur c’est a mon sens une façon bien naïve si je puis me permettre de voir les choses, dans une situation dramatique comme celle que vous décrivez les "maitres du monde" massacreront tous ceux qui ce mettront en travers de leur chemin en tout cas c’est ce que je pense , leurs masques qui on déjà bien du mal a cacher leur vrai visage finiront par tomber définitivement !

    sur ce bonne soirée a tous

  • permalien Bilbao :
    16 mai @02h30   « »

    Bonjour, je prends le risque d’aller à contre-courant de la majorité des commentaires en vous apportant un peu de contradiction. Si sur le diagnostic et le constat, je suis assez d’accord avec vous, je me permets quand même quelques remarques quant à la solution que vous proposer (la "déprivatisation" des banques).

    A mon sens, l’origine de la dette accumulée se situe dans les décisions des pouvoirs politiques de présenter des budgets en déficit (je ne juqe pas). Donc "déprivatiser" les banques n’aidera pas à résoudre le problème posé par les déficits budgétaires. Les banques ne font que prêter l’argent en répondant à des emprunts émis par les états. L’origine du problème est donc plutôt dans des finances publiques chroniquement déficitaires au delà de la capacité de remboursement des états excessivement emprunteurs (je ne dis pas que le déficit est mauvais par principe).
    Pour moi donc, "déprivatiser" les banques ne diminuera pas la soif de déficit de nos gouvernants et donc le problème qui est le nôtre aujourd’hui persistera, avec ou sans "déprivatisation".

    Je comprends que vous proposer aussi un rééchelonnement unilatéral de la dette, sans toutefois l’assortir de mesures de discipline budgétaire (je ne juge toujours pas). Mais quelles seraient les conséquence de telles préconisations ? Qui prêtera pour financer le déficit des années suivantes ? Les banques qui auront été "déprivatisées" ou bien les banques étrangères à qui on aura expliqué que les emprunts des années précédentes seront remboursés, mais pas à l’échéance prévue. Et si même certains organismes acceptent encore de prêter, à quel prix le feront-ils ? Il me semble que nous retombons à la case "Départ".

    En conclusion, traiter le symptôme ("déprivatiser" pour traiter le passif accumulé) mais sans traiter l’origine du problème (des finances publiques structurellement déficitaires et au delà du raisonnable) ne me semble pas suffisant.
    Désolé d’être peu enthousiaste, mais je ne crois pas aux baguettes magiques.
    Votre proposition est certainement assez séduisante pour certains (cf. la majorité des commentaires) ; pour moi, la solution ne réside pas dans une mesure particulière qui viendrait tout régler comme un "deus ex machina".
    J’ai bien peur que notre passé nous rattrapent et que, cette fois, il n’y ait plus moyen d’y échapper en empruntant encore un peu plus pour reculer l’échéance. Les états endettés vont devoir payer une addition qui s’accumule depuis des années, et en plus, il leur faudra adopter une discipline budgétaire beaucoup plus restrictive pour ne pas retomber dans les mêmes difficultés, et ceci avec ou sans "déprivatisation" des banques.

  • permalien TSA7516 :
    16 mai @04h13   « »

    à ceux qui encouragent M.LORDON à aller sur les plateaux télés :
    Il me semble que l’auteur de ce blog nous est beaucoup plus utile à son bureau que sur un plateau télé. Nous avons là un français, qui comprend l’anglais, qui cherche à comprendre ce qui se passe dans la finance internationale et semble bien armé pour, qui respecte l’intelligence des gens, qui est honnête et qui partage son travail avec une belle langue et beaucoup d’esprit (allez, je m’arrête là). Laissons-le se concentrer, non ? Nous qui sans lui (et quelques autres) ne comprendrions rien à la finance internationale. Nous, qui prenons plaisir à le lire avec avec cette délicieuse impression de redécouvrir la manette anti-brouillard n’avons peut-être que deux options : soit on se met à l’anglais, à l’économie, aux maths, à la finance et à la philosophie et on revient dans 5 ans (et je suis gentil) pour l’aider dans ses travaux, soit on le protège comme un petit bijou précieux pour que surtout il ne s’arrête pas et on le fait connaître. J’invite tous ceux qui comme moi ne peuvent pas arrêter de travailler pour reprendre les études à ne pas l’encourager à aller perdre son temps, sa santé, ses idées et sa philanthropie sur les plateaux télés. Sommes-nous obligés d’attendre que monsieur LORDON passe et repasse à la télé pour espérer qu’une de ses idées ou un de ses décryptage arrive dans une conversation au travail, à la maison ou le dimanche en famille ? Certainement pas. Le minimum que l’on puisse faire si on veut que les idées qu’il défend retentissent de plus en plus fort, c’est le lire, comprendre ce qu’on peut, retenir un maximum et redistribuer ses idées dans les conversations en n’oubliant pas de le citer... Pour ma part, j’ai remplace de plus en plus mes " halala, on nous prend vraiment pour des cons" par "justement, tu sais ce que dis à ce propos monsieur LORDON ?".

  • permalien betov :
    16 mai @06h35   « »

    La bonne question, celle que tu ne pose pas, Bilbao, serait de savoir pourquoi ce principe de dette et cette dette par principe.

    Déjà au niveau entreprise, la notion de dette est une aberration. Ce que toute entreprise produit, quelle qu’elle soit, c’est de l’argent. Un producteur de sel emprunte rarement du sel.

    Au niveau de l’ état, nous sommes, avec la dette, dans la folie pure. Un état a les recettes et les dépenses qu’il veut. Quand le service des impôts me fait parvenir ses exigences, je ne négocie pas. Je paye. La dette des états est donc manifestement délibérée. Elle a pour cause le fait de refuser de faire payer les riches. A l’inverse, la dette est fructueuse pour les riches.

    @TSA751 :

    Si une majorité de la population était capable de "comprendre ce qu’on peut, de retenir un maximum et de redistribuer ses idées dans les conversations en n’oubliant pas de le citer", non seulement un Sarko n’aurait jamais été élu, mais la gauche se contenterait difficilement d’un Mélenchon (trop à droite).

    Dans les faits observables, on voit que plus les pouvoirs tapent sur les gens... plus les victimes votent pour leurs bourreaux.

  • permalien gloc :
    16 mai @07h19   « »

    betov : Ce que toute entreprise produit, quelle qu’elle soit, c’est de l’argent. Un producteur de sel emprunte rarement du sel.

    ... s’il "produit de l’argent" et manque de sel, son choix c’est acheter, voler ou emprunter du sel... ça ne manque pas de sel !

  • permalien BA :
    16 mai @09h25   « »
    750 milliards pour gagner du temps : 4 jours.

    Crise de l’euro : "on n’a fait que gagner du temps, rien de plus", selon un économiste de la BCE.

    En adoptant un plan de sauvetage de 750 milliards d’euros afin d’éviter une contagion de la crise grecque à d’autres Etats de la zone euro, "on n’a fait que gagner du temps, rien de plus", estime le chef économiste de la Banque centrale européenne, l’Allemand Jürgen Stark.

    "Quand les marchés deviennent fous, personne ne peut prévoir les conséquences. Les politiques ont dû prendre rapidement des mesures pour enrayer aussi tôt que possible des développements néfastes", a-t-il expliqué dans un entretien à l’édition dominicale du quotidien d’affaires Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais interrogé sur l’efficacité du plan lui-même, M. Stark a estimé que l’"on n’avait fait que gagner du temps, rien de plus".

    http://www.lesechos.fr/info/marches...

    Ils ont gagné du temps : ils ont gagné quatre jours !

    Lundi 10 mai : ils annonçaient que la zone euro était sauvée grâce à un plan de sauvetage de 750 milliards d’euros. Tous les grands médias répétaient cette propagande : "La zone euro est sauvée ! La Grèce est sauvée ! Les marchés sont rassurés !"

    Vendredi 14 mai : toutes les Bourses européennes s’effondraient.

    L’illusion n’aura duré que quatre jours.

    Retour au réel.

  • permalien Vinnie :
    16 mai @14h01   « »

    Superbe analyse comme toujours du Prof. Lordon !

    Ah ma joie le jour où ledit Professeur ira clouer le bec à tous ces "téléconomistes" de pacotilles qui sévissent dans les médias, sans parler de ces politiques qui n’ont en matière d’économie qu’une ignorance crasse et qui passent leur temps à répéter, tels des perroquets même pas savants, la vulgate ultra-néo-libérale que les intérêts privés pour lesquels ils roulent ne cessent de leur susurrer à l’oreille, en croyant que nous ne les entendons pas...

    Revenons à nos moutons (terme bienvenu pour désigner les financiers). Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce qu’a écrit Naomi Klein dans son excellent ouvrage "La stratégie du choc", quand je vois cette crise et les mesures qui l’accompagnent, des emplatres sur une jambe de bois.

    Pour résumer : un choc (catastrophe naturelle, accident technologique, coup d’Etat, etc) constitue une opportunité pour pouvoir démanteler une situation sociale donnée ou bien pour pouvoir s’installer dans un pays ou le défaire ou destituer les dirigeants en place qui déplaisent.

    C’est là que c’est intéressant : il en est des profiteurs de crise comme des profiteurs de guerre - pourquoi ne pas provoquer les événements afin de saisir l’opportunité ainsi créée ? A la lumière de cette crise, je me demande si cette crise n’a pas été provoquée afin de pouvoir démanteler les Etats et les acquis sociaux. Par exemple.

    Quand on voit le prix social que vont payer les Grecs, et après eux nous autres, faut pas rêver, le recul social sans précédent qui va avoir lieu, il n’est pas interdit de penser que c’est bien là le but de toute l’opération (en plus de s’en mettre plein les fouilles au passage...). Le MEDEF en rêvait, les banques, l’UE & le FMI vont le faire ! Démanteler les systèmes de protection sociale, de solidarité sociétale, et pour finir, l’Etat-nation, n’est-ce pas là leur agenda ?

    (suite dans le message suivant)

  • permalien Vinnie :
    16 mai @14h03   « »

    (suite du message précédent)

    Personnellement, cela me paraît évident, notamment au niveau de l’Europe, ultra-libérale. C’est à leurs actes que l’on reconnaît les aspirations et les fidélités de chacun. L’Europe a bien montré pour qui elle roule : pas les populations (sauver les Grecs ? Pfff... on s’en moque !). L’Europe de Monnet et les autres, celle que nous avons maintenant, ne tend que vers un but : détruire les Etats. La preuve, cette dernière idée brillante qui est de soumettre le budget des Etats au contrôle de la Commission ! Et pourquoi pas lui remettre les clés de l’Elysée et de Matignon, tant qu’à faire ?! (Pour la France. Pour les autres pays, insérez le domicile officiel de vos dirigeants.)

    Cette Europe a bien montré où sont ses priorités : le sauvetage de ceux qu’elle arrange, c’est-à-dire les financiers. Pas les peuples. Cerise sur le gâteau, si en plus on transforme notre continent en annexe du Tiers-Monde, pour du travail à bas-coûts sociaux et environnementaux, eh bien pourquoi se gêner, non ?

    Puis-je rajouter à la colère des peuples évoquée par le Prof. Lordon dans ses ouvrages, le désir de secession pour se débarrasser de cette Europe et des banquiers/financiers/rentiers qui la dirigent et sucent notre sang ? Il ne faut pas oublier que la Révolution de 1789 a été suscitée par une classe d’individus qui en avait marre de faire tourner la boutique du pays (le Tiers-Etat) pour le seul profit d’une classe de parasites (la noblesse) ? Les financiers sont les parasites de notre époque, qui ne font de l’argent que sur le dos des autres, sur leurs efforts et leur créativité, en dormant pendant que nous autres, on bosse (ou l’on tente de bosser).

    En tout cas, heureusement que le Prof. Lordon est là pour nous stimuler intellectuellement car il ne faut pas compter sur la plupart des médias pour ça (sans parler de son style sarcastique inimitable que j’adore). J’ai aussi constaté que nombre d’internautes sont dans la même vision de l’économie et de ses buts pour la société. C’est rafraichissant.

  • permalien PE :
    16 mai @19h04   « »

    A propos de la Grèce un papier intéressant de James Petras : “Greece : The Curse of Three Generations of Papandreou’s”

    Les Européens du nord auraient tort de se réjouire des malheurs du peuple grec qu’on étrangle aujourd’hui, leurs propres cleptocrates ne manqueront pas de leur réserver le même sort pour servir leurs maîtres le moment venu.

  • permalien Marmar :
    16 mai @19h56   « »

    Les Etats de la zone euro c’est à dire les citoyens travailleurs contribuables ont déjà perdu avec l’acroissement moyen de la dette publique depuis 2007 de 30% du PIB annuel l’équivalent de quatre mois de salaire. Les nouveaux 800 milliards c’est 2000 euros par habitant, 5000 euros par actif (il y a 40% d’actifs occupés)soit trois mois de salaire moyen en plus. Les banksters nous ont donc déjà volé sept mois de salaire.

    Le journaliste rocardien du Nouvel Obs Jacques Julliard (deuxième gauche proche de la première droite)annonce qu’il faudrait baisser de 20% les salaires. Le résultat serait bien sûr de provoquer une crise économique type 1929 mais la majorité des éditorialistes gardent leur place par le principe de Peter, principe d’incompétence qui leur permet d’être bien vu des banksters qui financent leurs media.

    La question clé reste : jusqu’où les 95% de familles qui vivent de leur travail vont-ils se laisser dépouiller par les 0,1% de l’oligarchie des banksters ?

    Un interview complémentaire est celui de Jacques Généreux qui propose des solutions
    http://www.marianne2.fr/J-Genereux%...

    Dernière remarque : une proposition par exemple de dix mesures clé minimales signées au départ par 100 économistes, puis scientifiques, syndicalistes, politiques assçciatifs etc. issus d’un maximum de pays permettrait d’élargir un front uni social et écologique anti-bankstérisation et de placer les gouvernants au pied du mur : ou les 0,1% de banksters, ou les 95% qui vivent de leur travail.

  • permalien
    16 mai @20h32   « »
    Privatisation de la Grèce : à l’ancienne !

    @vinnie, et @vous tous, amiEs blogueurs

    Goldman Sachs est aujourd’hui à la Grèce ce que JP Morgan et Citibank furent à l’Argentine de 1990 : des créanciers* renfloués grâce aux complicités gouvernementales ; aptes à privatiser les services publics, les retraites, et à réformer le code du travail.
    Le FMI et la BCE demeurent des véhicules du consensus de Washington. http://fr.wikipedia.org/wiki/Consen...

    La crise grecque n’est qu’une étape** sur la feuille de route de la guilde des usuriers. Son ignoble chantage au risque systémique fige le peuple greceuropéen, telle une grenouille dans une casserole.
    Il est grand temps.
    Puissent nos frères grecs nous indiquer le chemin de l’insoumission !
    Longue vie à Frédéric Lordon !
    Longue vie à Naomi Klein !
    Longue vie à Eric Duran !
    Longue vie à Julien Coupat !

    *des crapules de banksters, ouais !
    **la suivante sera vraisemblablement l’Espagne.

  • permalien BA :
    16 mai @21h36   « »
    Grèce : le tourisme aussi s’effondre.

    "Le tourisme grec est dans une situation critique. Après les annulations massives de réservations, un comité de crise piloté par l’organisme grec du tourisme a été mis en place", a indiqué le porte-parole du gouvernement grec à la presse.

    "Il y a des milliers d’annulations, en raison des incidents des derniers jours et de la récession, qui provoquent chaque semaine la perte de dizaines de millions d’euros", a-t-il ajouté.

    Ces annulations touchent "toute la Grèce", a précisé une source gouvernementale.

    Selon l’Association des hôteliers d’Athènes (AHA), près de 20 000 nuits d’hôtel ont été annulées dans la capitale et ses environs depuis les violences qui ont fait trois morts en marge des manifestations du 5 mai contre le plan de rigueur du gouvernement.

    "Ce chiffre continue d’augmenter", affirme le directeur de l’AHA, Loukas Douvas. "Il n’y a aucune raison d’être optimiste car nous avons chaque jour de nouvelles annulations, et surtout nous n’avons pas de nouvelles demandes de réservation", a-t-il ajouté.

    Le tourisme représente près de 17 % du produit intérieur brut grec.

    http://www.lemonde.fr/europe/articl...

    Karl Otto Pöhl est l’ancien président de la Banque Centrale allemande. Karl Otto Pöhl vient de déclarer :

    "Un petit, un tout petit pays comme la Grèce, sans base industrielle, ne pourra jamais rembourser 300 milliards d’euros de dettes" :

    "ein kleines, ein winziges Land wie Griechenland noch dazu ohne industrielle Basis niemals in der Lage sein wird, 300 Milliarden Euro an Schulden zurückzuzahlen".

  • permalien
    17 mai @01h12   « »

    Il ne me semble pas que la crise actuelle ait été "volontaire".
    Assumée, peut-être. Volontairement provoquée...

    Pour ce que j’ai compris (entre autre de M Lordon), c’est le fonctionnement du système (tel qu’il fonctionne aujourd’hui) qui est la cause.

    Il serait sans doute plus rassurant de trouver des déstabilisateurs qui après un vaste complot auraient choisi de déclencher la crise.

    Même pas, c’est juste un système vicié qui arrive au bout de ses contradictions. Au bout de ses contradictions actuelles, ce système ayant démontré à l’envie se force et ses capacités de résilience.

  • permalien BA :
    17 mai @07h14   « »
    L’agonie de l’euro.

    Lundi 17 mai 2010 :

    L’euro plonge à son plus bas niveau en quatre ans, et entraîne la chute des Bourses d’Asie.

    L’euro a plongé lundi à son plus bas niveau depuis quatre ans face au dollar et les Bourses asiatiques chutaient dans la foulée, l’inquiétude pour la dette des pays européens se doublant de craintes sur la reprise économique du Vieux continent.

    La monnaie unique européenne cotait 1,2234 dollar vers 02H30 GMT à Tokyo, son plancher depuis avril 2006. Elle remontait très légèrement peu après 03H00 GMT, autour de 1,2270 dollar, mais restait nettement sous son niveau de vendredi à 21H00 GMT, où elle valait encore 1,2365 dollar.

    L’euro se dépréciait aussi face à la devise japonaise, à 112,73 yens contre 114,32 yens à 21H00 GMT vendredi.

    Les Bourses asiatiques chutaient dans la foulée, inquiètes de cette dégringolade et de la panique ayant soufflé en fin de semaine sur les places financières européennes.

    A la mi-séance, la principale d’entre elles, Tokyo, perdait 1,98 %.

    Vers 03H00 GMT, Sydney abandonnait 2,82 %, Shanghaï 2,60 %, Hong Kong 2,47 %, Taipei 2,20 % et Bombay 1,57 %.

    "Le marché n’a pas confiance en l’euro", a résumé Daisuke Karakama, analyste de marché à la banque Mizuho, qui notait que la monnaie unique européenne chutait en dépit de toute nouvelle susceptible de peser sur sa valeur.

    Les 750 milliards d’euros mis sur la table la semaine dernière par l’Union européenne et par le Fonds monétaire international ne suffisent pas à rassurer les investisseurs, inquiets du haut niveau d’endettement de plusieurs pays de la zone euro, en premier lieu la Grèce mais aussi le Portugal, l’Espagne et l’Italie.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien kulu :
    17 mai @10h50   « »

    Les bourses plongèrent, plongèrent. Quelques patrons les suivirent pour faire bonne mesure comme en 29 à Wall Street. Les entreprises s’effondrèrent et les chômeurs se multiplièrent comme les petits pains dans les mains de Jésus. Les rues furent envahies par les SDF, résignés. Ceux qui avaient encore un boulot, certes de moins en moins bien payé, sans retraite, sans congés, 60 heures par semaine, en dessous du SMIC. Ceux là priaient en regardant la télé pour ne pas faire partie de la prochaine charrette de moutons promis à l’abattoir afin de sauver les banques et les entreprises. Car quand les riches sont riches ils peuvent plus aisément jeter les miettes des brioche à la poplulace. Qui c’est qui dit merci ?C’est vrai quoi, si les banques et les entreprises disparaissent totalement, y’aura totalement plus de boulot ! Merci notre bon maître de nous le rappeler !
    Donnez-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, no’t bon maitre !
    La crise fut terrible, il y eut des événements un peu violents bien sûr mais bon, depuis le temps que les patrons se préparaient à la guérilla urbaine en formant l’armée à toute éventualité, en espionnant les communications, en encartant le populo en compartimentant bien les classes sociales, en verrouillant bien l’accès aux étages supérieurs et en finançant les groupuscules d’extrême droite, il arriva ce qui devait arriver : un homme providentiel capable de faire bander de nouveau la bourgeoisie, ce ventre mou des démocraties. Dans les années 30 il s’appelait Hitler. Aujourd’hui les choses sont plus compliquées, un Hitler ça fait mauvais genre, un peu trop vulgaire. Qui sera le prochain ? On a l’embarras du choix. On pourrait voter pour ça non ? Ça donnerait un petit air démocratique comme en janvier 33 en Allemagne...

  • permalien kulu suite :
    17 mai @10h51   « »

    Mes chers collègues, ne pensez-vous pas que le temps des palabres sans lendemain est déjà passé ? Ne pensez vous pas qu’un de ces quatre il faudrait prendre notre avenir en main et faire rendre gorge à ce 1% de la population mondiale qui nous baise sans fin en roulant carrosse et leur apprendre une fois pour toute les bonnes manières ?
    Pour mémoire : en 1789 ils étaient aussi 1% de la population française à rouler carrosse sur le dos de 99%. Hé oui ! Mais là y’avait pas encore une vraie classe moyenne avec son courage et son honnêteté intellectuelle bien connus.
    Pendant 10 ans y’a eu du chambard mais finalement une alliance haute bourgeoisie financière/aristocratie a tiré les marrons du feu révolutionnaire. Résultat : 15 ans de Napoléon, de flics façon Fouché et de guerres européennes qui laminèrent une génération de jeunes européens... déjà.
    La suite vous la connaissez, la restauration avec tout ce que cela suppose de réaction.
    Il fallut attendre juillet 1830 pour que la règle du jeu s’établisse définitivement en faveur de cette oligarchie industrio-financière (synarchie) sur le dos du petit peuple et vaguement de la classe moyenne qu’on su tenir en laisse en la faisant un peu monter dans l’échelle sociale. La peur de la rechute fut une garantie suffisante pour qu’elle ne bronche pas. Depuis, cette règle du jeu n’a guère changée et même si le niveau de vie a augmenté, on se fait toujours autant baiser étant entendu que quand y’a une grosse turbulence dans le système, c’est le populo qui trinque et l’oligarchie qui boit le champagne !

  • permalien kulu suite :
    17 mai @10h52   « »

    Au fond, depuis la Révolution, le différent qui divise les deux extrémités du corps social n’est pas tranché car la classe dirigeante a su corrompre à merveille la classe moyenne ce qui en fait le ventre mou des démocraties.
    En 1902 Lenine se demandait "Que faire ?" Là aussi on connaît la suite. Ce n’était pas la bonne réponse.
    Mais en 2010, la question demeure et il serait peut être temps d’y répondre, non ? Peut être un peu plus intelligemment que des petits bourgeois frustrés qui formèrent les cadres de tous les partis bolchéviks-communistes et dont finalement le bilan est aussi désastreux que celui des "démocraties libérales". A part le choix entre le cancer et le choléra, y’a peut être autre chose. Je ne parle pas des écolos évidemment.
    Mon opinion est qu’on ne gagne pas un tel combat en respectant comme des cons la règle du jeu de l’ennemi ou adversaire (ça dépend comment on voit les choses)
    Il me semble que Lordon nous explique très bien que ça craint à mort.
    Reste plus qu’à faire quelque chose de cette magnifique démonstration.
    Bien à vous.

    Ps : je ne suis pas un provocateur de la flicaille. J’en ai tout simplement ras le bol, ça m’agresse tous les jours ce monde débile et débilitant. Je ne manie pas les analyses économiques, je ne joue pas au crac de la statistique, j’en ai seulement marre. J’ai des gosses et je me dis que tout ce qu’on va avoir à leur offrir c’est l’enfer. On est vraiment des nuls !

  • permalien lysandre :
    17 mai @12h06   « »

    Bonjour

    je trouve votre analyse à la fois brillante sur le fond, très juste politiquement et agréable voire drôle à lire (lorsque l’on sait garder un minimum de recul dans ce genre de situation diablement énervante)

    Arnaud Montebourg (vous savez, celui qui avait foncé bille en tête contre le blanchiment d’argent et les paradis fiscaux il y a quelques années, juste avant de tenter d’ailleurs d’envoyer Chirac alors Président devant la haute cour de Justice de la République) a proposé tout récemment que le système bancaire soit mis sous une forme de tutelle (à défaut selon lui d’avoir les moyens budgétaires de privatiser les banques).

    http://www.lcpan.fr/Arnaud-Montebou...

    Que pensez-vous de cette proposition (qui je trouve change des poncifs socialistes habituels) et comment celle-ci pourrait-être mise en oeuvre selon vous ?

    Merci de votre réponse.

  • permalien Marmar :
    17 mai @12h38   « »

    L’oligarchie des banksters est comparable à une méga marée noire mondialisée. Il y a deux politiques possibles.
    Soit les aider à creuser de nouvelles fuites, à les élargir et aggraver toujours plus cette méga marée noire. On vous prête toujours plus d’argent public (banques centrales et Etats) à taux quasi zéro et vous pouvez en faire ce que vous volez,notamment spéculer contre la protection sociale, le salaire indirect, l’emploi etc. : c’est la politique de la Droite internationale Reagano-Thatchérienne parfois aidée par la fausse gauche social libérale (Clinton ...) ou non vraiment contredite (Obama a pris comme ministre de l’Economie un ancien bankster ). cette politique correspond aux intérêts des 0,1% de l’oligarchie.

    Soit boucher systématiquement les fuites : interdiction réelle des paradis fiscaux, de la réunion de mêtiers contradictoires comme banques de dépot du peuple à nationaliser et conserver, banques d’affaires spéculatives à laisser crever, bancassurances ; interdiction des CDS, de la libération totalitaire des capitaux etc. Cette politique correspond aux intérêts des 95% des familles qui vivent de leur travail.
    L’U.E. est la plus avancée dans cette politique bankstériste ultra-libérale. Elle en est réduite à la croissance zéro, au chômage et à la précarité toujours plus grande. Elle risque si ça continue d’être colonisée par des pays qui ont une politique moins laisser fairiste et moins débile : Etats-Unis, Chine, Inde...
    On peut changer cette politique par un appel des économistes indépendants des "marchés financiers" (banksters), par la sanction systématique des politiques pro banksters de Droite et de la fausse Gauche.
    http://www.marianne2.fr/J-Genereux%...

  • permalien betov :
    17 mai @13h51   « »

    @lysandre :

    Ah ! Montebourg ! Si même les culs à fauteuils Louis XVI s’y mettent... :)

  • permalien kulu :
    17 mai @13h54   « »

    Je lis :

    "Soit boucher systématiquement les fuites : interdiction réelle des paradis fiscaux, de la réunion de mêtiers contradictoires comme banques de dépot du peuple à nationaliser et conserver, banques d’affaires spéculatives à laisser crever, bancassurances ; interdiction des CDS, de la libération totalitaire des capitaux etc. Cette politique correspond aux intérêts des 95% des familles qui vivent de leur travail."

    Comment fait on pour obliger les "banksters" à ne plus l’être ?
    Comment on fait pour détruire les paradis fiscaux ?
    Comment fait on pour ré-imposer la loi de Roosevelt de 33 dont j’ai oublié le nom ?
    On vote ? Comme on a voté contre le traité constitutionel par exemple. Ça marche, si, si ! On est pas pris pour des rigolos, non, non ! C’est pas du tout un déni de démocratie, non, non.
    On leur demande gentiment ? "Monsieur le bankster, auriez vous l’amabilité de débattre avec nous qui trouvons vos méthodes vraiment pas..., mais alors vraiment pas..., hein ! Il faudrait peut être que vous nous laissiez un peu de place autour de la table quand même ! Zut alors !
    Ou alors on pourrait lutter camarades et peu à peu on finirait bien par gober quelques miettes, grâce aux syndicats par exemple ou le Parti Socialiste pourquoi pas...
    On fait comment concrètement ?
    Franchement, ils doivent se gondoler les banksters en ce moment !
    Ils doivent se dire qu’ils ont encore de beaux jours devant eux.

  • permalien Marmar :
    17 mai @17h14   « »

    Kulu dit :
    "Comment fait on pour obliger les "banksters" à ne plus l’être ?
    Comment on fait pour détruire les paradis fiscaux ?
    Comment fait on pour ré-imposer la loi de Roosevelt de 33 dont j’ai oublié le nom ?
    On vote ? Comme on a voté contre le traité constitutionel par exemple. Ça marche, si, si ! On est pas pris pour des rigolos, non, non ! C’est pas du tout un déni de démocratie, non, non. "

    Le vote 2005 sur le TCE était défensif mais le vote 2007 sur les Présidentielles a été gagné par le candidat de la majorité des media financés par les banksters qui avaient aussi choisi son adversaire. Il y a un moyen sûr de perdre : c’est de se laisser dépouiller sans réagir. Si on n’est pas aquoiboniste il faut regarder les choses en face. Il y a dans l’absolu trois méthodes de prise du pouvoir : insurrection armée style 1917, putsch militaire type Pinochet, vote démocratique. Je suis pour la troisième.
    Les choses changent et la situation des commis des banksters (Droite et droite de la gauche style DSK ) va devenir plus difficile. Est ce qu’on peut changer les partis de gauche. J’ai tendance à répondre oui : y compris la gauche du PS même si ce sera très difficile.

  • permalien
    17 mai @17h35   « »
    La gauche

    @Marmar
    "Est ce qu’on peut changer les partis de gauche. J’ai tendance à répondre oui : y compris la gauche du PS même si ce sera très difficile."

    Y’a Mélénchon et la Partie de Gauche. C’est un possible.

    http://www.lepartidegauche.fr/
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/

    À ne pas manquer pour se faire une idée :
    http://www.dailymotion.com/video/xd...

  • permalien kulu :
    17 mai @18h37   « »

    OK Marmar !
    Je reconnais que je me laisse gagner par l’amertume Autant pour moi.
    Je te trouve néanmoins très optimiste. C’est vrai, tu as raison, je sais que ça bouge mais si lentement que s’en est désespérant et j’ai tendance à penser qu’ils (les banksters et leurs commis) se renforcent en ce moment malgré toutes les gamelles du système... Ils vont pas lâcher leur os comme ça. Alors ne pas se laisser dépouiller grâce au bulletin de vote j’ai des doutes. Je crois qu’on va s’en prendre encore plein le nez en 2012.
    Je ne pense pas qu’on puisse sérieusement faire entendre et faire peser un discours alternatif crédible sans montrer une certaine force sinon une force certaine laquelle est pour l’heure éparpillée.
    Crédible, ça veut dire disposer d’un programme politique suffisamment pertinent, puissant, convaincant au delà des frontières, entraînant, bref, un programme capable de cristalliser cette force. Le SLAM de Lordon pourrait être en tout cas une bonne base de travail, sans flagornerie.
    Blablabla. Finalement moi aussi je cause, je cause...
    En effet ça risque d’être long.

  • permalien BA :
    18 mai @08h56   « »
    Le peuple allemand ne veut plus de l’euro.

    Lundi 17 mai 2010 :

    L’opinion allemande se montre quant à elle majoritairement opposée au plan d’aide à la Grèce ou à tout autre pays de la zone euro lourdement endetté. Selon un sondage de l’institut Allensbach publié par le quotidien Bild, près de la moitié des personnes interrogées souhaitent un retour au Deutsche Mark.

    http://www.lepoint.fr/actualites-ec...

  • permalien Citoyen Frondeur :
    18 mai @08h56   « »

    @BA

    ’Il ne me semble pas que la crise actuelle ait été "volontaire".
    Assumée, peut-être. Volontairement provoquée..." Il ne te "semble" pas ? c’est-a-dire ? tu as une boule de cristal ?
    As-tu des arguments ? As-tu fait des observations ? Quelques éléments ?

    Cela parait a priori assez surréaliste, d’une certaine façon. Et pourtant.

    Mais si l’on enquête un peu, si on comprend et on intègre qu’en occident (EU et Europe), le système politique est construit de telle façon a ce que les intérêts de la caste financière et ceux de la classe politique sont confondus et n’en forment réellement qu’un, alors il est déjà plus simple de se représenter l’idée d’une crise déclenchée. On peut distinguer des modalités multiples utilisées par la caste financière de part et d’autre de l’Atlantique pour asservir la classe politique, mais c’est une réalité.

    Je le cite souvent, mais parce que son travail est honnête et sérieux et que sa démonstration est assez efficace, je te conseille un coup d’œil aux quatre vidéos de Michel Drac sur DailyMotion : "Crise ou coup d’Etat ?" dont la première est ici :

    http://www.dailymotion.com/video/xc...

  • permalien Citoyen Frondeur :
    18 mai @08h59   « »

    Pour répondre a ton observation sur le fait que la crise actuelle ait pu être déclenchée, on peut résumer ce qui est important dans ce que dit Drac (qui correspond en argumentation macroéconomique construite et chiffrée a ce qu’était déjà une conviction moins scientifique chez moi) :

    1) les marchés financiers, toujours plus voraces, ont du trouver d’autres sources de revenus que la croissance économique réelle en occident, celle-ci s’étant effondrée depuis les années 80, sans jamais avoir redécollé depuis 1973.

    2) ils ont trouvé ces leviers de croissance
    — > avec nos impôts, depuis 1973 en France (puisque l’équivalent de l’impôt sur le revenu s’évapore en intérêts aux banques privées dont une bonne part doit se "retrouver" -je tiens aux guillemets- sur les marchés)
    — > avec l’intérêt du crédit particulier
    — > avec la capitalisation boursière croissante des entreprises
    — > avec ces merveilleux instruments de virtualisation a effets de levier magique que sont les produits dérivés, la titrisation ( CDO, CDS), appliques aux fonds précédemment "collectés"
    — > et maintenant puisqu’il n’y a plus rien d’autre avec nos vies : c’est-a-dire la santé, les salaires, la retraite, nos acquis sociaux

    3) M. DRAC observe qu’avec l’épisode d’endettement record des américains (avec la complicité de la FED et de son taux directeur), les banques et hedge funds pouvaient pas ne pas savoir qu’avec ce piège des intérêts variables après 2 ans d’argent donne pour appâter les poissons, au vu de la solvabilité moyenne des ménages, le château de cartes ne pouvait pas ne pas s’écrouler. C’est la crise des subprimes en 2007.

    4) En fait, il y a aussi peu de chances , malgré le peu de maitrise de la science économique moderne, en tenant compte de l’interpénétration des milieux bancaires et du pouvoir, des réseaux d’influence, pour qu’a ce moment-la et bien avant, les décideurs financiers n’avaient pas tous les éléments de certitude qu’ils serait renfloués : prévoir l’enrichissement (renflouement) après l’enrichissement (intérêts des emprunts prives et produits dérivés), avec au moins un coup d’avance.

    5) Aujourd’hui, sans reprise de l’économie, avec des états exsangues, les rapaces continuent de chercher a s’enrichir, mais avec le "capital-homme" et sa dette a deux générations, avec son labeur et en rognant sur le cout de la santé, puisque tout a été dévasté. Toujours lever des fonds et continuer le casino infernal. Avec tous ces outils qui permettent de spéculer sur la dette d’un état et de faire s’ouvrir un gouffre financier en son sein par simple prophétie d’auto-réalisation... Ce genre d’accident dans le paysage financier, par le système tel qu’il fonctionne et les idéologies qui le sous-tendent, crée forcement un trou d’air et un appel de fonds !

  • permalien Citoyen Frondeur :
    18 mai @09h14   « »

    Et cet appel de fonds "ultime" avec le prétexte prophétique de la Grèce, maintenant c’est NOS VIES : salaires, impôts, retraites (des technocrates-clowns vides de sens et de compétence décideront de ce qu’il seront a la commission Européenne, indirectement par le jeu du Budget), notre système de santé, nos écoles, nos villes et la dette surtout a 2 ou 3 générations...

    (regardez un peu l’état de la Californie ou on paie le peu de fonctionnaires avec des bons du trésor et ou les incomparables bienfaits du PPP -partenariat public-privé- ont donné tous leurs fruits, des routes dans un état déplorable...).

    Si nous continuons a courber l’échine et a nous oublier en dealant avec les banques en leur donnant notre fric (le peu qui nous reste) avec des prêts pour acheter toutes les babioles de notre monde codifié, nous serons tous des chinois, très bientôt (enfin, je parle des 98% de chinois qui ne profitent nullement de la croissance chinoise).

    Bon allez, une petite sieste, ca fait du bien et je vais me mettre au mandarin. ca peut servir...

  • permalien Blbird :
    18 mai @19h24   « »

    Bravo pour cet excellent article !

    Je rajouterais qu’en plus de privatiser les banques, il faut absolument sortir de l’impasse à 2 autres niveaux essentiels :

    - la création monétaire sous forme de réserves fractionnaires : n’enrichit que les plus riches, et enferme la masse monétaire dans les rêves de richesses de tout un chacun, sans aucun contrôle réel

    - revenir à un étalon (de ressource quelconque, à priori l’or), qu’on nous a enlevé depuis 1973 en Europe, et qui fournit à tout les spéculateurs la possibilité de spéculer à l’infini et de manière exponentielle, d’où les bulles à répétition.

    Il faut absolument revenir à un système ou l’argent nous sert, et pas l’inverse comme actuellement : l’argent doit servir à l’échange de biens et de services, point à la ligne.

    Regardez donc la Grèce : que lui est-il arrivé pour que tout un peuple doive se serrer la ceinture ? Tsunami ? Ou comme disait Roosevelt, un essaim de sauterelles s’est-il abattu sur le pays ?

    Rien de tout cela, tout est un problème de dettes, qui se crée à chaque instant envers des organismes privés au moment même où un prêt est créé.

    Tout ceci est vraiment inadmissible.

  • permalien
    18 mai @22h26   « »

    Ce n’est pas à moi de prouver une hypothèse.
    Celui qui avance que la crise est volontairement déclenchée n’a qu’a apporter les éléments...

    Ceci étant, il ne faut pas confondre l’aveuglement et la fuite en avant et un vaste plan. D’autant que l’idée du "vaste plan" a des avantages pour les libéraux : ce n’est pas le système qui est vicié mais une corruption de celui-ci.

    (or, les contradictions ayant entrainé la crise, si elle n’ont fait que s’accentuer, ne datent pas de 2006, 2001 ou 1990 !)

  • permalien cpolitic :
    20 mai @07h56   «

    Pour contrôler les banques, réellement, il ne reste plus qu’à les nationaliser. C’est tout.
    Ensuite il faut encadrer tout le système pour éviter un deuxième crédit lyonnais
    Parallèlement interdire toutes les pratiques spéculatives, les ventes à perte, les tracker à la noix...

    Les Etats doivent contrôler les entreprises et les établissements financiers. Pas l’inverse. Car l’Histoire nous a prouvés que c’était une erreur.

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