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En route vers la Grande Dépression ?

(Si oui, sortons le gros bâton)

mardi 18 mai 2010, par Frédéric Lordon

Ça commence comme un octosyllable, et pourtant la situation manque de poésie. On pourrait enchaîner sur l’aphorisme de comptoir en ajoutant que si le pire n’est jamais sûr, il n’est pas davantage exclu. Tout cela pour dire qu’on avait été surpris de voir à l’automne 2008 les gouvernements capables de tout mettre sur la table pour sauver le secteur bancaire de la ruine complète (et nous par la même occasion) et que, de temps en temps, on pouvait ne pas désespérer complètement des effets d’apprentissage – la collection des erreurs qui avaient transformé le krach de 1929 en Grande Dépression avait été méditée et évitée. Bien sûr, les banques s’en étaient tirées avec le magot des fonds publics, rigoureusement rien ne leur avait été demandé en contrepartie, et le scandale intrinsèque de ce rapt unilatéral s’agrémentait du spectacle de voir le manège repartir pour un tour – avec profits, bonus et inévitablement crise prochaine au bout de la séquence. Mais au moins nous n’étions pas morts, ça n’était pas si mal. 2008 et passim pouvaient échapper au bégaiement de l’histoire et n’être pas la simple répétition des années 1930.

No longer.

On prendra la brutalité du tête-à-queue général effectué par les politiques économiques européennes pour un indice de la puissance tutélaire acquise par les marchés de capitaux. Car il y a deux mois encore, l’analyse à l’ordre du jour, jusque dans la presse la plus raisonnable – financière et anglo-saxonne –, commandait de songer à sortir progressivement des plans de soutien à l’économie, mais pas maintenant et surtout pas trop vite. Quelques semaines de délire spéculatif ont suffi pour que ces précautions plutôt sensées soient envoyées par-dessus les moulins et que les gouvernements, soucieux jusqu’ici de ne pas laisser la croissance s’effondrer – quelqu’un se souvient-il que Sarkozy a créé un ministère spécialement à cet effet ? –, passent d’un coup à la rigueur extrême. C’est qu’il faut bien avant tout complaire à nos amis les investisseurs – ceux-là mêmes qui souscrivent nos émissions… et en ont tiré le droit de tout commander [1]. Pour le coup cette situation-là impose objectivement ses contraintes : s’en remettre en totalité aux marchés obligataires pour financer les déficits publics conduit ipso facto à se soumettre sans exception à leurs foucades. Et si les marchés d’un coup extravaguent et demandent le dernier degré de l’austérité sous peine de tout massacrer (taux, change), alors il faut le leur donner. N’importe qui d’autre songerait à mettre en question la « situation » en question et, soit à limiter les marges de manœuvre spéculatives des opérateurs, soit à reconsidérer les stratégies de financement des déficits pour ne plus avoir à en passer par les marchés. Pas les gouvernements européens. Il est vrai qu’ils n’avaient pas davantage songé à demander quoi que ce soit aux banques en contreparties des milliards à centaines sans lesquelles elles eussent trépassé. On pourra donc les créditer d’une certaine forme de cohérence…

La Grèce en éclaireur du pire

Ça n’est pourtant pas exactement cette « cohérence »-là qu’il leur faudrait pour s’apercevoir que la tutelle qu’ils se sont choisie les emmène au désastre. Le plan grec, isolément, pouvait déjà être considéré comme self defeating (voir « Crise, la croisée des chemins », 7 mai 2010). A l’encontre de ce que répète la théorie économique orthodoxe, les conditions de réussite des ajustements budgétaires sont particulières, rarement satisfaites et en fait fondamentalement extrinsèques : ce n’est pas la restriction fiscale (coupe des dépenses, hausse des impôts) par elle-même qui produit la réduction du déficit, mais plutôt son interaction avec des circonstances latérales comme : l’exploitation d’une aubaine de matières premières, une dévaluation plus ou moins subreptice, ou l’existence de relais de croissance externes du fait de la bonne conjoncture des pays environnants et des principaux partenaires commerciaux. La Grèce n’aura aucune de ces faveurs. Les voitures ne roulent pas encore à l’huile d’olive ; l’euro a beau baisser, il n’en interdit pas moins, par construction, la seule dévaluation pertinente, à savoir contre les partenaires européens de l’économie grecque ; quant à l’état de vigueur des partenaires en question, parlons-en, ou plutôt n’en parlons pas.

Le plan grec est donc voué à l’échec, c’est-à-dire, dans le pire des cas, à une aggravation du déficit, les recettes fiscales chutant plus vite que ne s’opère l’ajustement budgétaire du fait de l’effet récessionniste du plan même, et, dans le meilleur, à une réduction du déficit si lente qu’elle condamnera de fait la Grèce à une décennie d’austérité… et à voir sa dette croître encore à grande vitesse par le cumul de déficits à peine ralenti, donc le ratio Dette sur PIB à continuer d’exploser pour cause de numérateur en augmentation prolongée et de dénominateur en contraction forte. Les marchés obligataires réaliseront alors que, là où le plan européen exonère la Grèce de tout retour au marché pour trois ans, ce sont en fait dix bonnes années d’immunisation qu’il lui faudrait, et que l’Union ne suivra pas pour de pareilles échéances. La dette s’avérera d’une solvabilité encore plus dégradée qu’au début, sans espoir d’amélioration significative endogène ni possibilité de prolonger le secours européen. Le grand massacre des titres grecs (re)commencera alors, et cette fois rien ne pourra l’arrêter.

Le(s) plan(s) européen(s),
ou la Grande Dépression do-it-yourself

On en était là, lorsque le sommet de Bruxelles du 9 mai a choisi d’ajouter sa petite touche à lui, manière de rendre le tableau encore un peu plus riant. Moins tant d’ailleurs le sommet lui-même que ses immédiats prolongements, puisque l’annonce du plan européen « de stabilisation » à 750 milliards d’euros a été suivie à quelques jours de distance, mais dans un mouvement visiblement coordonné, par une rafale d’annonces de plans de rigueur nationaux – et les marchés ont bien eu tout ce qu’ils voulaient.

Il se pourrait pourtant que cette victoire apparente ne résiste pas au moyen terme, et pour les mêmes raisons qui vouent le plan grec à l’échec, donc les investisseurs à la déconfiture finale, mais le tout à la puissance dix. Car la Grèce ne pèse jamais que 2,5% de PIB européen (et sa dette publique 3,8% du total de la zone euro). Or, mettre non pas 2,5% du PIB européen en carafe mais quelque chose comme un bon tiers, si l’on fait déjà la liste des pays ayant annoncé de grands freinages (Portugal, Espagne, Italie, Irlande, France, bientôt Royaume-Uni), promet des effets de ralentissement d’une tout autre ampleur. On en a longtemps appelé à grands cris à la coordination des politiques européennes : la voilà enfin réalisée – mais pour le pire. Et pour des ordres de grandeur jamais vus depuis que l’euro existe (et même bien avant). Car les ajustements budgétaires rendus impérieux par la pression des marchés financiers visent la demi-douzaine de points de PIB en moyenne, quand ça n’est pas davantage, par exemple en Grèce, en Irlande, en Espagne… ou au Royaume-Uni. Certes, ce dernier n’appartient pas à la zone euro ; certes, le gouvernement Cameron n’a encore formellement rien annoncé. Mais les effets d’interaction passent par le commerce intra-européen et ne s’arrêtent pas aux frontières de la zone euro – et le Royaume-Uni ne pèse pas peu dans cette affaire.

C’est donc une gigantesque synergie négative qui est en train de se mettre en place à l’échelle européenne, chacun contribuant à créer pour les autres un effet dépressionnaire supplémentaire et tous s’entraînant mutuellement dans la pente. Pas besoin d’être prophète pour annoncer que ce ralentissement organisé, d’une extension et d’une intensité inouïes dans l’histoire européenne, va avoir des conséquences récessionnistes comme on n’en a jamais vues. Comme toujours, il va falloir du temps pour qu’elles se matérialisent pleinement – le pire des effets peut être attendu à partir d’un horizon de deux ans, et entre-temps ce sera une longue et irrésistible descente.

Comme pour la Grèce, mais à l’échelle de la zone tout entière, et a fortiori du fait des externalités, ce plan est fou, et trop probablement promis à l’échec. Ainsi donc, des effets d’apprentissage, il y en a eu… mais à concurrence seulement de ce qu’autorisait la finance : en gros, faire ce qu’il faut pour la sauver, et puis c’est tout. Un ralentissement consécutif à une contraction du crédit, elle-même déclenchée par un accident spéculatif d’une magnitude exceptionnelle, ne peut être résolu que par des politiques budgétaires contracycliques, acceptant sur le moyen terme de laisser se creuser les déficits qui opèreront la relance de croissance propre à les résorber spontanément. C’est la voie rigoureusement inverse que prennent les gouvernants européens, le couteau des marchés entre les omoplates et le cerveau lessivé à grande eau libérale.

Retour vers le futur : quand les Etats de 2010
recréent les conditions de 1930

La période ne pouvait manquer de faire surgir la tentation du parallèle avec la crise des années 1930. A bien des égards, la comparaison était légitime : de l’une à l’autre époque, on retrouve les mêmes caractères de l’internationalisation concurrentielle, de la libéralisation financière et des orientations orthodoxes des politiques économiques – « orthodoxes » signifiant plus précisément : systématiquement favorables aux intérêts des créanciers. A bien des égards mais pas à tous. Il est en effet un domaine décisif au moins qui rend impossible de donner les deux époques pour parfaitement rabattables l’une sur l’autre : les structures du marché du travail et les mécanismes de formations des salaires.

Le marché du travail des années 1920 et 1930 est hautement concurrentiel et peu réglementé. Il l’est tellement que les salaires y sont très flexibles et enregistrent pleinement les effets des fluctuations conjoncturelles. Signe hautement caractéristique, les salaires nominaux [2] peuvent varier à la baisse pendant la phase descendante du cycle. Ce sera là la plaie du régime de croissance de l’époque. Car, dès lors que survient un choc conjoncturel violent, comme celui qui suit le krach de 1929, le ralentissement de la croissance tourne très rapidement à l’effondrement cumulatif, puisque les premières montées de chômage font baisser les salaires nominaux, donc la consommation [3], puis la demande, et la récession ne cesse ainsi de s’approfondir de son propre mouvement dès lors qu’il n’existe aucun mécanisme contracyclique capable de venir en contrarier la tendance. C’est là l’enchaînement fatal qui va conduire à la Grande Dépression – au plus profond de la crise, le taux de chômage étasunien atteindra les 25%.

Des années 1930 à la période contemporaine, l’une des différences fondamentales tient aux transformations profondes des structures du marché de l’emploi et des mécanismes de formation de la rémunération du travail. Les conventions collectives, les statuts, notamment le contrat à durée indéterminée (CDI), la montée des revenus de transferts (allocations sociales) sont autant d’éléments ayant conduit à une déconnexion assez poussée du revenu salarial global et de la conjoncture – d’où a résulté d’excellentes propriétés stabilisatrices et notamment de faire oublier les effondrements cumulatifs de l’époque pré-fordienne. La politique économique de régulation keynésienne du cycle a fait le reste. Ce sont ces deux éléments que les divers plans européens sont en train de faire sauter.

Sans doute les politiques structurelles néolibérales s’étaient-elles mises à la tâche de longue date. La dite « flexibilisation » du marché du travail n’est pas autre chose qu’une entreprise de démolition méthodique du rapport salarial fordien en tant que ses constructions institutionnelles spécifiques avaient précisément pour vertu de soustraire les ajustements de quantité (le volume de l’emploi) et de prix (les salaires) aux mécanismes de marché les plus brutaux. Mais la bête s’est montrée plus coriace que prévu, et, quoique les démanteleurs remettent périodiquement le couvert, l’improprement nommé « marché du travail » n’a, précisément, pas encore été ramené à l’état de marché pur – ce dont témoigne en premier lieu la rigidité relative des « prix » (les salaires) et leur faible sensibilité aux déséquilibres offre-demande (c’est-à-dire le chômage).

Cette récalcitrance fait le désespoir des libéraux. Elle fait également notre salut, car les mécanismes de formation des salaires viendraient-ils à être parfaitement « marchéisés », avec un chômage à 10% nous serions déjà pris dans la lessiveuse de l’effondrement cumulatif : choc initial → hausse du chômage → baisse des salaires → baisse de la consommation → baisse de la demande → hausse du chômage, etc. Un libéral de passage objecterait que la baisse des salaires a de « bons » effets sur la compétitivité et peut permettre de gagner plus en exportations qu’on ne perd en demande intérieure. Mais pas quand la consommation fait 70% de la demande (comme en France). Et encore moins quand tous nos partenaires commerciaux, sur le dos desquels nous pourrions « faire » nos exportations, sont dans le même état de sinistre que nous.

Le grand paradoxe de la période présente tient alors à ce fait que ce que des décennies d’ajustement structurel néolibéral ne sont pas parvenues à faire, ce sont les Etats qui s’en chargent en direct, et au pire moment possible, en décidant, chose inouïe depuis les années 1930, de baisser les salaires nominaux de leurs fonctionnaires. Le paradoxe s’élève au carré si l’on considère que c’est finalement par un geste absolument hétérogène à la logique de marché – un geste décisoire de souveraineté politique – que l’Etat reproduit les mécanismes du marché. Bien sûr, la chose n’est possible que dans la limite des salaires que les Etats ont sous leur contrôle direct : ceux des fonctionnaires. Mais en sachant, d’abord que les fonctions publiques ne représentent pas de petites fractions de la population active, ensuite que les salaires du secteur public peuvent jouer un rôle de référence dans la fixation de ceux du secteur privé, enfin que les baisses envisagées sont considérables : 5% en Espagne, de 5 à 15% en Irlande, 14% en Grèce (par la suppression des 13e et 14e mois), à quoi viendront s’ajouter hors des limites de l’Etat stricto sensu les restrictions sur les retraites (le « salaire » régulé des pensionnés). Voilà donc l’Etat, normalement l’instance des régulations contracycliques, occupé à démanteler son propre pouvoir de stabilisation et à reconstituer par ses propres moyens une configuration « années trente » là où il a hérité d’un agencement institutionnel qui lui permettait précisément d’en éviter toutes les tares macroéconomiques – on admirera la clairvoyance de la manœuvre…

Echec et mat – pour tout le monde

La manœuvre en question a tout pour mal finir, et pas seulement pour les gouvernements qui s’empressent de déférer aux sommations des créanciers : pour les créanciers eux-mêmes (mais dont la rationalité de long terme n’a jamais été le fort). Pareil à l’enchaînement grec, mais en plus violent puisque magnifiquement coordonné à l’échelle du continent entier ou presque, l’ajustement budgétaire forcené a les plus grandes chances de se mettre en échec lui-même et de produire le résultat exactement inverse de celui qu’il croit atteindre : le rétablissement de la solvabilité des dettes souveraines. Dans le meilleur des cas, la réduction ultra-lente des déficits laissera se faire le cumul boule de neige des dettes et, récession à l’appui, l’explosion des ratios Dette/PIB. Craignons le jour où les investisseurs prendront conscience de l’impasse, du mur au bout et de la joyeuse vitesse du convoi.

Ou alors attendons-le avec impatience – et les investisseurs au tournant. Car c’est en ce point précis que Dépression rime avec Gros bâton. S’il se produit, ce moment fera en tout cas événement. Car il faut se figurer ce qui suivrait d’un retournement unanime de la croyance financière prenant conscience que le plan, non plus à l’échelle d’un seul pays, mais de la zone tout entière, aboutit à l’exact contraire de qu’il vise et s’avère sans espoir. Le dessillement risque de faire mal, et une panique simultanée sur un grand nombre de dettes souveraines européennes ne sera pas belle à voir. Ceci d’autant moins que les recours à activer seront épuisés. Pour être générale, la panique sur les dérivés de crédit privés de 2008 a pu être gérée car le recours de la prise en charge par des dettes publiques saines était disponible. Quand c’est le recours lui-même qui sombre, que reste-t-il ? Une petite manœuvre dilatoire comme celle du plan de stabilisation du 9 mai tentant de faire croire que les dettes publiques peuvent être à elles-mêmes leur propre recours. Jusqu’à ce que le voile se déchire.

L’impossibilité révélée de continuer à serrer des boulons qui fragilisent en fait l’édifice conduira d’elle-même à reconnaître la perte de soutenabilité des dettes souveraines – dont il faudra rappeler vigoureusement qu’elle a été causée par le choc financier privé, puis par les mesures ineptes qui s’en sont suivies –, et à jeter l’éponge : le défaut. On s’inquiétait il y a quelques jours encore du volume de pertes que pouvait propager dans le secteur bancaire international un défaut grec seul : on regrettera ce temps béni au moment où six ou sept Etats européens déclareront stop dans un bel ensemble – le total de la dette publique de la zone euro se monte à 7 000 milliards d’euros en 2009 (8 700 pour l’UE entière), disons pour faire un prix à la louche qu’on met le tarif d’un bon gros défaut au tiers, ça nous fait dans les 2 500 milliards d’actifs en grand danger dans les bilans des banques… Les subprime nous apparaîtront alors comme une aimable bluette, et il y a de fort bonnes raisons à ça : les dettes publiques ont repris le contrecoup d’un choc non pas sectoriel (immobilier), mais macroéconomique – tout de suite, ça chiffre…

Si ce scénario se produit, ce sera l’accident nucléaire en grand format. On verra bien qui tiendra le choc ou pas. En fait, d’ailleurs, on ne verra pas grand-chose, car celles des banques qui auraient été en état de résister à leurs propres pertes seront de toute façon vitrifiées par le risque systémique activé par le collapsus des autres – et tout le monde ira au tapis. Dans un grand moment de déjà vu, on assistera donc à nouveau au spectacle des banques en guenilles se pointant auprès de… l’Etat pour demander assistance. Cette fois-ci, il ne faudra pas les louper.

L’occasion historique du défaut général :
saisie totale du secteur bancaire

La nationalisation s’imposera, et pour être tout à fait précis, « ne pas les louper » signifiera alors : nationalisation, mais par saisie. On entend d’ici le chœur des vierges : le droit sacré de la propriété, l’efficacité suprême du marché, le Gosplan qui nous rappelle des heures sombres de l’histoire continentale, ou carrément, comme Pierre-Antoine Delhommais, ahuri rayonnant qui ne désarmera pas même lorsque le marché nous aura ramené aux derniers degrés de l’indigence, les « khmers rouges [4] ».

Dieu sait pourtant que la saisie a pour elle un argument qui a la simplicité des gros bâtons – et la même force de frappe. Car une situation extrême comme celle qui est envisagée ici par hypothèse ne laissera le choix qu’entre deux états du monde possibles, et deux seulement. Etat 1 : on laisse les banques aller à la faillite, les actionnaires perdent tout, nous mourrons derrière ; état 2 : l’Etat saisit les banques, les actionnaires perdent tout, nous sommes sauvés. Les plus perspicaces auront déjà noté que ces deux états du monde que tout sépare n’en ont pas moins un fort point commun : les actionnaires (des banques) y meurent dans tous les cas de figure. Dans l’hypothèse considérée, il n’y a en effet aucune possibilité qu’ils survivent. Il s’en suit logiquement que leur sort nous est indifférent, et que ça n’est pas d’après leurs intérêts (transfigurés en droit sacré de la propriété) que l’action publique doit se régler. Si, à volatilisation identique des actionnaires, l’alternative s’énonce « nous mourrons » vs. « nous ne mourrons pas », il ne devrait pas y avoir trop longtemps à hésiter.

Cette opération à chaud pourrait avoir quelques intéressantes propriétés. En premier lieu, elle sera consécutive au défaut des Etats sur leur dette… qui leur fera le plus grand bien. Le formidable choc qui s’en suivra néanmoins offrira alors une opportunité unique de changer de monde un bon coup. Et notamment en créant par la saisie du secteur bancaire les conditions institutionnelles d’un commencement de « démondialisation financière » [5] par la renationalisation des dettes publiques (pour ceux qui le peuvent...). Il ne faudra pas s’arrêter en si bon chemin et tirer parti bien complètement de cette fenêtre historique, à la faveur de laquelle finalement la libéralisation financière aura fait la démonstration à grand spectacle de son pouvoir d’autodestruction – puisque le défaut souverain généralisé ne sera pas autre chose que la conséquence ultime d’un enchaînement dont elle porte la responsabilité de bout en bout : depuis l’origine du choc jusqu’à l’incapacité à tolérer l’ajustement de moyen terme des dettes publiques qu’elle aura fait elle-même exploser. Saisie flash du secteur bancaire, mutation rapide vers un système non plus étatique mais « socialisé » du crédit [6], renationalisation des dettes publiques et, par-dessus tout, refonte intégrale des structures de la finance [7].

Taxer la finance ? Ou la laisser aller
au bout de son autodestruction ?

Marx en son temps observait déjà combien la bourgeoisie du capital était incapable de résister à poursuivre aveuglément « ses intérêts les plus bornés et les plus malpropres [8] » au détriment de ses propres intérêts de classe de long terme. S’il avait deux sous de jugeotte et de lucidité quant aux effets prochains – sur lui-même ! – de ses propres dérèglements, le capital financier se rendrait avec soulagement à la seule solution qui pourrait lui éviter l’enchaînement conduisant à son engloutissement : sa propre taxation. Une estimation récemment faite [9] chiffre à 920 milliards de dollars en année pleine le produit d’une taxe sur les transactions financière au taux ridicule de 0,1%. On se prend à rêver de ce que pourrait rapporter un joli point tout rond (1%) – peut-être pas dix fois plus, puisqu’il faut compter avec l’éventuel rétrécissement de la base taxable qui accompagne l’élévation du taux, mais un paquet rondelet tout de même. A quelle vitesse les déficits ne seraient-ils pas réduit et les dettes ramenées à solvabilité à l’aide de cette évidente recette ? A ceci près que l’évidence ne crève pas tous les yeux. On comprend que les taxables ne veuillent pas la voir, mais faut-il que les gouvernants soient dans leur main pour n’y pas voir davantage…

Ainsi le capital financier n’aperçoit-il même pas qu’il n’y aurait là finalement qu’une contribution des plus raisonnables au maintien du système qui le fait prospérer. Mais la finance a décidé qu’elle ne paierait rien et ne concéderait rien. Moyennant quoi elle perdra tout. C’est qu’il est un point où le refus systématique de quoi que ce soit renverse ses effets. A fermer elle-même le dernier degré de liberté qui permettrait de sortir de l’impasse du surendettement public, il se pourrait que la finance creuse sa propre tombe. Car le nœud de contradictions de la configuration néolibérale du capitalisme (dont la construction européenne est une pièce éminente) se rapproche de son point critique, celui où il ne restera plus aucun moyen d’accommoder les tensions – sauf l’explosion définitive et la nouvelle donne radicale. On en finirait presque par trouver une certaine logique à l’idée que, au point où elle en est, et au point où elle nous a conduits, la finance [10] ne mérite même plus la faveur d’être taxée. La tondre – si un petit pourcent de prélèvement peut encore être appelé une « tonte » [11] –, c’est somme toute la laisser encore vivante, et pas beaucoup moins gaillarde, puisque, autant la taxation des transactions financières peut s’avérer d’un excellent rapport fiscal, autant il est permis de douter de son pouvoir de modification profonde des comportements structurels de la finance. Il se trouve donc que la libéralisation financière pourrait nous faire la grâce d’emmener au tapis tout le système, et elle-même avec, puisqu’elle en est le plus bel ornement. Assurément c’est une perspective qui donne à penser. Car si, rendu au point présent, le capitalisme de déréglementation à dominante financière a le bon goût de s’autodétruire, c’est peut-être la seule de ses tendances qu’on pourrait envisager de ne pas contrarier.

Epilogue. La riche idée européenne :
la désinflation concurrentielle
(plus de crise ? plus de concurrence !)

On peut compter sur les gouvernements pour tenter de repousser ce scénario par tous les moyens. Sont-ils vraiment conscients du possible désastre qui les attend et ne cherchent-ils qu’à gagner du temps ? La question restera sans réponse, tout en suscitant immédiatement une autre interrogation : gagner du temps, mais pour faire quoi ? A ce sujet il est possible d’avoir les idées un peu plus claires. Car on voit d’ores et déjà se profiler la subtile stratégie sur laquelle l’UE compte pour se tirer de ce pétrin : la désinflation concurrentielle. Le fait est que, posé le refus de principe de modifier quoi que ce soit au « cadre », le nombre d’outils encore disponibles à l’intérieur du cadre devient tendanciellement décroissant. Sans doute compte-t-on un peu sur la dépréciation de l’euro pour apporter quelque aide aux exportations européennes – sans trop d’espoir toutefois, l’essentiel du commerce extérieur des États membres est intra-européen… Non, la vraie grande idée est ailleurs.

On n’a sans doute pas prêté suffisamment attention au rapport « opportunément » remis à la Commission le 10 mai dernier par Mario Monti (ex-commissaire à la concurrence, et pas un mou). L’excellent Mario a trouvé la solution : tous nos problèmes viennent de l’insuffisance de concurrence du Grand Marché. « N’êtes-vous pas à contretemps, en pleine contestation du modèle libéral et de la crise de l’euro ? » questionne pour la forme Arnaud Leparmentier [12] qui l’interroge pour Le Monde. « Jamais le marché unique n’a été aussi peu populaire. Pourtant, il est aujourd’hui plus nécessaire que jamais. La crise grecque, désormais devenue la crise de l’euro, le montre clairement », répond imperturbablement Monti. L’histoire retiendra peut-être cette phrase comme le résumé le plus dense possible des aberrations historiques de la construction européenne façon Maastricht-Lisbonne. Car il y a quelque chose de presque héroïque dans ce degré de cécité bornée dont même les journalistes les plus acquis des titres les plus acquis à la cause « européenne » viennent à (fugitivement) s’inquiéter, quelque chose de presque héroïque mais qui est pourtant l’ordinaire de la pensée européenne, dont se révèle en filigrane une sorte de devise implicite qu’un héraldiste du futur mettra peut-être à jour et qui dirait à peu près ceci : « Contre le peuple, je maintiendrai quoi qu’il arrive ».

Visiblement très attaché à donner à la thèse de la stratégie du choc de Naomi Klein l’illustration européenne qu’elle n’avait pas encore trouvée – et jusqu’à ses dernières extrémités ! –, Monti, et tous ceux qui ne tarderont pas à lui emboîter le pas, donne un autre des fins mots de la doctrine libérale européenne, bien fait lui aussi pour être mis en blason : « Jamais assez ». Les structures de la concurrence n’ont rigoureusement aucun rapport avec l’enchaînement de désastres financiers depuis 2007 ? Peu importe : une occasion se présente de pousser plus loin la déréglementation, il faut en profiter. Le libéralisme offre le spectacle bariolé de ses tares congénitales ? La crise grecque « montre » donc qu’il faut l’intensifier.

Car voilà où en est rendu le néolibéralisme européen, et le dernier espoir auquel il accroche sa survie : la seule solution résidant dans la reprise de la croissance, et ses sources internes étant anéanties du fait des plans de restriction, le salut ne peut venir que des exportations. Donc de la compétitivité par la déflation salariale. Que cette riche idée tombe sous la même objection que la dépréciation de l’euro et condamne des pays qui commercent principalement ensemble à se tirer mutuellement vers le bas sans aucun gain pour personne (et d’autant plus qu’ils feront tous la même chose) importe peu. Comme d’habitude. On peut en tout cas être bien certain d’une prochaine inflexion du discours autorisé qui verra en séquence Monti, Barroso, Lagarde et pour finir Michel Godet remettre sur la table avec insistance « les rigidités du marché du travail », les « vertus de la flexibilisation », et l’impératif de la « compétitivité », injustement négligés depuis qu’on ne parle que de marchés financiers.

Le mutisme de sidération qui avait suivi le cataclysme de 2007-2008 n’aura finalement pas duré trop longtemps. La « crise de la dette publique » s’est vite offerte à « leur » faire retrouver la parole. Et comme si chaque échec était une occasion d’aller plus loin dans la même direction, les « thèmes » sont consommés, et lessivés, à un rythme de plus en plus élevé. Pour faire oublier l’incapacité à réguler la finance, la « dette publique » a très bien rempli son office, et même davantage : elle a idéalement justifié une splendide avancée dans le démantèlement de l’Etat social. Que l’inefficacité de cette brillante idée soit rapidement avérée, et la solution suivante attend déjà d’être lancée, prête à l’emploi. Avec la concurrence et la compétitivité, on est encore plus loin de la crise de finance privée, et encore plus près de faire advenir complètement ce brave new liberal world qui nous réussit tant. Pourquoi s’embarrasser, le peuple, qui règle toutes les ardoises – comme chômeur (licencié par la crise), comme contribuable (les recettes à augmenter), comme usager (les dépenses à réduire), et bientôt comme salarié (« déflaté ») – n’a pas voix au chapitre. A moins que lui aussi ne finisse par avoir une idée. L’idée du Gros Bâton.

Notes

[1] Voir « Et si on commençait la démondialisation financière ? », Le Monde diplomatique, mai 2010.

[2] On nomme salaire nominal le salaire en unités monétaires courantes (simplement : celui qui est mentionné en bas des fiches de paie), par opposition au salaire réel qui est le salaire nominal corrigé de l’inflation.

[3] Et ceci alors même qu’à l’époque les prix des biens baissaient également, mais sans suffire à soutenir le pouvoir d’achat, du fait de la course poursuite des salaires et des prix à la baisse.

[4] Pierre-Antoine Delhommais, « Merci les marchés et vive la rigueur », Le Monde, 15 mai 2010.

[5] Voir : « Et si on commençait la démondialisation financière ? », Le Monde diplomatique, mai 2010.

[6] Voir sur ce blog « Pour un système socialisé du crédit », 5 janvier 2009.

[7] Voir sur ce blog : « Si le G20 voulait... », 18 septembre 2009.

[8] Karl Marx, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Editions sociales.

[9] Stefan Schulmeister, Margit Schratzenstaller et Oliver Picek, « A general financial transaction tax. Mtoves, revenues, feasability and effects », Document de travail de l’Österreichisches Institut für Wirtschatsforschung, mars 2008.

[10] Par élision, il faut entendre ici la finance de marchés de capitaux déréglementés.

[11] Et quoiqu’il ne faille pas méconnaître que le 1% s’appliquerait aux encours des transactions et non aux seules plus-values – à ce compte-là tout de même la coupe de cheveux dégage bien les oreilles.

[12] « Mario Monti : “Il faut un marché unique avec plus de concurrence” », Le Monde, 10 mai 2010.

96 commentaires sur « En route vers la Grande Dépression ? »

  • permalien 4 Août :
    18 mai @21h42   »

    "Dans un grand moment de déjà vu, on assistera donc à nouveau au spectacle des banques en guenilles se pointant auprès de… l’Etat pour demander assistance. Cette fois-ci, il ne faudra pas les louper."

    Un gouvernement de Front de Gauche ne les louperait pas...

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/20...

  • permalien ever :
    18 mai @21h43   « »

    très intéressant commentaire. Sur le diagnostic (l’aveuglement de la classe politique et la gloutonnerie de la classe finanicère), bcp de points communs avec La longue crise de l’Europe, de Michel Aglietta http://www.lemonde.fr/opinions/arti...

  • permalien Crapaud Rouge :
    18 mai @21h58   « »

    Génial ! Et enthousiasmant car, au-delà des catastrophes qui se profilent, on voit un petit bout du bout du tunnel. Sympa et intelligent. Merci !

  • permalien P. Chaleur :
    18 mai @22h05   « »

    Quant à moi, je me demanderai toute ma vie (aussi longue que toutes ces crises idiotes me la permettront) pourquoi aucun dirigeant soi-disant digne de ce nom n’a un fil RSS à ce blog. C’est à croire que la logique implacable des événements énoncée clairement les dépasse.

  • permalien Nicks :
    18 mai @22h26   « »

    Nous sommes je crois à un tournant dans la considération que porte une majorité de gens sur cette crise. Je pense que beaucoup sont désormais convaincu que le secteur financier n’est pas un vecteur économique sain. Il y a des indices de cette prise de conscience, ici et là : un Jean Quatremer qui parfois fait une embardée lucide (il arrive encore à rester sur la route européiste néanmoins, mais la vue est troublée sans conteste possible), quelques ouiistes partenaires de combat au moment du referendum qui s’extasient devant vos analyses alors qu’ils auraient menacé de crucifixon il y a cinq ans, à la simple évocation de certaines évidences hétérodoxes.

    Pour autant, est ce suffisant pour voir l’ombre du gros bâton s’avancer ? Et si c’est tout simplement l’avenir de la démocratie qui était en jeu dans cette crise. La finance, à travers ses alliés politiques au pouvoir a les moyens policiers pour contrôler les populations...

    Cela dit, malgré cette menace bien réelle, il faut continuer à porter les alternatives, jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elles soient appliquées, avant le chaos ou après, si malheureusement l’incurie de nos dirigeants nous y mène. C’est une question de dignité, une question de principe...

  • permalien Miette :
    18 mai @22h36   « »
    Merci

    Merci pour cet article.
    Quelle belle formule presque zolienne : "Le libéralisme offre le spectacle bariolé de ses tares congénitales".

  • permalien PLOUTOPIA :
    18 mai @23h53   « »
    SIRE, TAXONS LES PAUVRES, ILS SONT PLUS NOMBREUX

    Le mutisme suite au cataclysme 2007-2008 aura effectivement été de courte durée. Depuis lors, il y a bien eu de belles et tonitruantes déclarations d’intentions mais dans les faits, en cœur, nos oligarques Européen reprennent et appliquent toujours l’indémodable maxime de Colbert (argentier de Louis XIV) :

    « SIRE, TAXONS LES PAUVRES, ILS SONT PLUS NOMBREUX ».

    http://ploutopia.over-blog.com/arti...

  • permalien Hadrien :
    19 mai @00h57   « »
    Où PATRICK ARTUS abandonne l’offre compétitive pour la demande keynesienne

    On a commenté ailleurs son dernier ouvrage sur “La liquidité incontrôlable”, où Artus explique en quoi les banques centrales ont été dépassées par les effets déflationistes permanents de la globalisation, lors de la crise financière :
    La liquidité fut inutilisée par le secteur économique en occident, où les salaires et la demande sont sous la pression des pays émergents. Elle s’est déversée dans le secteur financier spéculatif, en munitions préparant la bulle suivante.

    Dans son FLASH ECONOMIE du 30 mars, chiffres et tableaux en main, Artus a déboulonné un autre tabou, ce credo libéral inaltérable répété en boucle par tous les “apprentis économistes” ainsi que nos politiques de la pensée unique : la compétitivité dans la mondialisation.
    http://cib.natixis.com/flushdoc.asp...
    (”Comment faire repartir la croissance en Europe ?”)

    Aprés avoir analysé l’échec des politiques monétaire et budgétaire pour la liquidité, Artus fait de même avec celui “des politiques structurelles visant à augmenter la croissance de long terme” c’est à dire, en Europe, la stratégie de Lisbonne visant à échapper à la concurrence des bas salaires par le recentrage sur l’innovation et la high tech, en montant dans le haut de gamme à forte valeur ajoutée, .
    Il observe qu’aucun des pays occidentaux généralement cités dans ce domaine (Allemagne et Japon compris) n’a vu sa part d’exportations augmenter sensiblement depuis 1990, le Royaume Uni et les Etats-Unis subissant les plus fortes dégradations (autour de -30%). C’est en revanche la Chine qui en tire le bénéfice (environ +45%) !
    Il note par ailleurs que “les pays émergents aussi (la Chine en particulier) montent en gamme très rapidement et font d’énormes efforts de R&D et d’éducation supérieure.”

    L’auteur en tire les conséquences immédiates :
    “Synthèse : que reste-t-il en Europe pour stimuler la croissance à l’horizon de quelques
    années (2010-2012) ?
    Des politiques de soutien de la demande dans les pays européens qui ne soient plus les politiques macroéconomiques usuelles :
    • déformer le partage des revenus en faveur des salariés, la propension à consommer les salaires étant supérieure à celle à consommer les profits.
    Depuis le début de la crise, on a observé l’inverse [que continue de recommander J.Peyrelevade]… baisse de la part des salaires dans le PIB.
    • modifier la structure de la fiscalité en fonction des besoins des économies après la crise. Il y a insuffisance de la demande [ce que disaient déjà JL.Melenchon et ATTAC]…, faible besoin d’investir avec la faiblesse du taux d’utilisation des capacités”
    …Il paraît donc légitime :
    • de réduire la pression fiscale sur les revenus du travail, pour soutenir la demande et l’emploi ;
    • d’accroître la pression fiscale sur les revenus du capital, puisqu’il y a faible besoin d’investissement…”

  • permalien Hadrien :
    19 mai @01h14   « »
    PATRICK ARTUS remet le couvert ...

    ...dans l’ouvrage publié cette semaine avec Marie-Paule Virard :
    POURQUOI IL FAUT PARTAGER LES REVENUS, Editions La découverte, Mai 2010.

    Ce n’est autre que la suite logique du FLASH ECONOMIE du 30 mars :
    http://cib.natixis.com/flushdoc.asp..., analysé plus haut

    Sous un titre d’apparence modeste, l’ouvrage justifie bien la réputation de l’auteur pour son aptitude à jouer avec une multitude de facteurs, sans trop perdre le sens de l’équilibre.
    Ici, point de tableaux ni de courbes, mais de la synthèse en termes compréhensibles par tout le monde.
    Un extrait de l’introduction suffit à donner un avant goût du paysage, néanmoins sombre, dans la logique que dépeint Artus pour les années à venir :
    “Dans cet ouvrage, nous défendons la thèse selon laquelle il faut que la France soutienne sa demande intérieure, sans nourrir d’illusions sur l’aide qui pourrait lui venir de l’extérieur : les exportations vers les pays émergents seront en effet décevantes et la solidarité internationale est plus qu’improbable dans un contexte où les politiques macroéconomiques usuelles ne pourront plus être mobilisées pour soutenir la demande, car elles seront usées aprés avoir beaucoup servi… Dès lors, que reste-t-il comme pistes possibles ?
    D’abord, modifier le partage des revenus entre salaires et profits en faveur des premiers. Spontanément, la crise pèse et va peser sur les salaires en raison du chomage élevé, de la volonté des entreprises de maintenir coûte que coûte la rentabilité du capital, de la concirrence accrue des pays émergents. Pourtant, la baisse de la part des salaires dans le revenu national est une trés mauvaise idée, car les salaires sont consommés, alors que les profits sont peu dépensés, surtout dans un environnement où les investissementsdes entreprises sont déprimés avec la faiblesse de l’utilisation des capacités de production. Il est donc absurde de réduire les salaires quand on veut stimuler la demande. D’où la nécessité de réfléchir à des solutions innovantes pour infléchir le partage des revenus en faveur de ceux qui consomment, c’est à dire les salariés.
    Ensuite, la réforme fiscale. Aprés la crise, il est indispensable de repenser la structure de la fiscalité. En effet, il n’y a pas assez d’emplois, plaie de la lupart des économies développées , et il n’y a pas besoin de beaucoup investir, puisque le monde est en surcapacité de production et que la demande est plutôt faible. Dans ces conditions, il est aberrant d’avoir une taxation trés élevée des revenus du travail, et faible des revenus du capital : pourquoi décourager l’emploi et la consommation et favoriser l’épargne, quand le problème est l’excés d’épargne mondiale ? »

    Point de nationalisations en vue, aucun de ces mots qui fâchent ...
    Mais bientôt, Artus pourra boxer dans la catégorie au-dessus !

  • permalien
    19 mai @09h44   « »

    "On peut compter sur les gouvernements pour tenter de repousser ce scénario par tous les moyens. Sont-ils vraiment conscients du possible désastre qui les attend et ne cherchent-ils qu’à gagner du temps ?"

    Ca change, un gouvernement...Ceux qui coulent aujourd’hui pantoufleront demain...Ce qui demain prendront en main les affaires sauront expliquer les erreurs de leurs prédécesseurs.
    Quant aux espoirs de nationalisation, de récupération, tout ca, mais alors c’est encore plus utopique qu’un marché librement régulé par la concurrence !
    L’option rêvée, c’est l’option habituelle, à savoir, la guerre, toujours la meilleure solution capitaliste pour régler les crises trop profondes.
    Attaquons l’Iran tout de suite ! Et cherchons immédiatement un autre ennemi. L’Afghanistan est exclue du jeu, il semblerait qu’ils soient meilleurs que nous...

  • permalien creeds :
    19 mai @10h59   « »

    J’ai toujours beaucoup de plaisir à lire vos analyses. Merci de nous faire entendre un autre son de cloche que celui qui résonne à nos oreilles depuis plusieurs dizaines d’années.

  • permalien Ploutopia :
    19 mai @11h27   « »
    Un marché LIBÉRAL TOTALITAIRE

    Concernant la concurrence, comme l’ont conclu Lipsey et Lancaster : la concurrence est un tout. Y aller pas à pas est funeste. Le marché pur et parfait n’existe que s’il est TOTALITAIRE. Un marché LIBÉRAL TOTALITAIRE, encore un bel oxymore pour Serge Latouche !
    http://ploutopia.over-blog.com/page...

  • permalien sergueï :
    19 mai @11h30   « »
    Tout cela on le sait depuis longtemps

    Oui, M. Lordon, sans polémique, au contraire, vos articles sont excellents, mais Marx, que vous citez-utilisez trop peu, nous l’a dit l’histoire ne progresse pas par le "bon côté" (réponse à Proudhon), mais par le mauvais, les contradictions dans les rapports de forces, lorsqu’elles arrivent à leur point d’incandescence, se résolvent toujours dans la violence, quelle qu’en soit la forme, et la fuite en avant à laquelle nous assistons aujourd’hui est tout sauf surprenante. De là à pronostiquer (mais c’est le jeu) une "sortie" keynésienne, c’est être encore sous le charme dudit keynes, rien dans la situation ne nous met à l’abri d’un coup de bâton bcp plus brutal, de type fascisme façon 21ème, car on ne renverse pas le capital au détour d’une crise, fût-elle "systémique". Le pire est donc à venir, mais un pire qui solutionnera la contradiction dans les balises, si ce n’est les valises, du capital. Du classique, somme toute.

  • permalien Marie :
    19 mai @11h48   « »
    Question

    J’ai une question. Je suis profondément intéressée par vos analyses. J’ai voté oui au référendum et j’aurais probablement voté oui à Maastricht si j’avais été en âge de voter. Pour une raison simple : je crois en l’Europe, je crois que c’est notre avenir commun à tous et surtout la seule façon de garantir la paix entre des ennemis séculaires. Ça me paraissait donc un moindre mal de voter pour une construction libérale, tant qu’elle nous permettait de continuer à construire l’Europe, un peu l’idée du vélo qui continue de rouler même sur une route avec de plus en plus de trous, alors que s’il s’arrête il tombe direct. Je me disais qu’à force, on finirait par refaire la route, afin d’éviter que le vélo tombe, même en continuant de rouler. Bref.
    Ma question est la suivante. Pensez vous que les décisions politiques, les plans, et toutes les mesures prises récemment pour endiguer la crise, et qui vous semblent la renforcer à long terme ne sont issues que de la volonté de maintenir le système libéral ? Je veux dire, vos analyses me séduisent extrêmement, mais j’ai du mal à imaginer que les gouvernements européens agissent de la sorte, et mettent à genoux le peuple, uniquement pour ne pas remettre en cause le libéralisme. Si votre solution est évidente, pourquoi ne la mettent-ils pas en place ? Quelles sont les forces si puissantes qui les empêchent d’y voir clair ? Au pays du libéralisme incarné, où la propriété privée est sacrée, Obama a quand même nationalisé (en partie), une partie du secteur bancaire, si lui peut penser à cette solution, pourquoi pas l’Europe ?

  • permalien yvan :
    19 mai @11h51   « »

    Bravo.

    Et, je me permettrais d’ajouter que comme pour tout système humain, tuer son contrepouvoir est se tuer soi-même.

  • permalien Ben :
    19 mai @12h04   « »

    Marie si vous ne l’avez pas lu, ce petit bouquin peut vous aider à trouver des éléments de réponse (enfin je pense) : François Denord & Antoine Schwartz, L’Europe sociale n’aura pas lieu

  • permalien jsaid :
    19 mai @13h31   « »

    il y a quelque chose de presque héroïque dans ce degré de cécité bornée

    Ces grand manitous de la finance sont des diafoirus modernes. Le patient est souffrant, saignons le. Son état s’aggrave, c’est qu’on ne l’a pas assez saigné. Oups, il est mort, « je t’avais bien dis qu’il fallait le saigner plus... »

  • permalien gatinais :
    19 mai @13h32   « »

    BRAVO pour cet article (faire circuler le lien). Très intéressant comme d’habitude. Mais là, j’applaudis des 2 mains, car ENFIN ... quelqu’un ose faire une approche de la "théorie du chaos". Mais cette théorie offre un espoir immense que vous écrivez vous-même : "l’espoir d’un monde nouveau" ... je pense à mes enfants !

  • permalien fred_h :
    19 mai @13h57   « »

    Tout le monde (le monde entier) se reconnaît extrêmement préoccupé face au spectre de sa propre mort – économique donc physique, puisque privé de pouvoir d’achat (mais si : travailler plus pour gagner plus) il devient inenvisageable pour la grande majorité d’entre nous de subvenir à ses besoins primaires –, à tel point que chacun (des financiers professionnels aux professionnels de la finance) s’accorde à proposer une solution pour y échapper.

    En route vers la Grande Dépression ou Restructuration de l’économie politique mondiale ? (hypothèses)

    On peut lire ici :
    Car une situation extrême comme celle qui est envisagée ici par hypothèse ne laissera le choix qu’entre deux états du monde possibles, et deux seulement. Etat 1 : on laisse les banques aller à la faillite, les actionnaires perdent tout, nous mourrons derrière ; état 2 : l’Etat saisit les banques, les actionnaires perdent tout, nous sommes sauvés. Les plus perspicaces auront déjà noté que ces deux états du monde que tout sépare n’en ont pas moins un fort point commun : les actionnaires (des banques) y meurent dans tous les cas de figure.

    On peut lire  :
    Il semblerait que le thème principal de la conférence [Bilderberg] cette année était d’aborder la crise économique de façon à entreprendre « une dépression prolongée et douloureuse condamnant le monde à des décennies de stagnation, de déclin et de pauvreté […] ou une dépression plus courte mais plus intense ouvrant la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, offrant moins de souveraineté, mais plus efficient.

    Une troisième hypothèse consisterait à considérer que la politique du New Deal n’a été qu’une hystérésis en regard de celle engendrée par la WWII…

  • permalien fred_h :
    19 mai @13h59   « »
    New Deal Vs. Do nothing (2)

    Monnaie de singe (démonstration)

    Le FMI est une institution internationale multilatérale dont le rôle est de « promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté »
    Créée en 1944 (suite à la Grande Dépression) lors de la conférence de Bretton Woods, cette institution devait donc garantir la stabilité du système monétaire international. Après 1976 et la disparition d’un système de change fixe (système étalon-or également hérité de Bretton Woods), le FMI a vu son rôle restreint à celui d’intermédiaire devant résoudre les problèmes d’endettement des pays en développement afin d’éviter la propagation de crises financières.
    L’obtention de prêts par les pays qui rencontrent des difficultés financières et risquent d’ébranler le Nouvel Ordre Economique est conditionnée par la mise en place de certaines réformes économiques qui visent à ‘améliorer’ la gestion des finances publiques et une croissance économique équilibrée à long terme du pays en question : politique d’ajustement ‘conseillée’ afin de remédier aux causes de la dépréciation de sa monnaie.
    Les fonds dont dispose le FMI proviennent de la quote-part que chaque État membre verse à l’organisation, et dont le montant est calculé par rapport au PNB et par l’importance de son commerce extérieur.
    Le PNB est la valeur totale de la production finale de biens et de services marchands des acteurs économiques d’un pays donné au cours d’une année.
    Le PNB est donc proportionnel à la force de travail, c’est-à-dire à la main d’œuvre, qui est elle-même proportionnelle aux salaires disponibles et versés.

    Le conférence de Bretton Woods a donc engendré des mesures qui ont aujourd’hui disparus à dans le sillage du système étalon-or pour garantir la stabilité du système monétaire international.

    L’objectif de Bilderberg est de créer un trésor mondial par le biais d’une banque centrale mondiale, rôle qui serait a priori assumé par le Fonds Monétaire International (avec l’accord du G20).
    Rien n’empêche les conférences Bilderberg, à l’image de Bretton Woods, d’engendrer un système étalon-travail pour garantir la stabilité du système financier global.
    Il leur suffit de relier les actifs des sociétés commerciales pour constituer un trésor mondial par le biais d’une banque centrale mondiale qui émettrait une monnaie d’échange globale permettant à leurs salariés d’être payés avec quelque chose susceptible de subvenir à leurs besoins…

  • permalien fred_h :
    19 mai @14h01   « »
    New Deal Vs. Do nothing (3)

    La classe possédante est parasitaire ; leur affaire est de détourner à leur usage toute la substance possible, et de retenir par devers elle tout ce qui est entre ses mains. Ce principe de parasitisme (ou cette habitude de se donner les choses en proie) a veillé sur la croissance des conventions qui régissent le monde des affaires ; il y a opéré sa sélection. Ce sont là des conventions de propriété, des dérivés plus ou moins lointains de l’ancienne culture prédatrice. (Thorstein Veblen, 1899)
    De tout temps, l’une des prérogatives fondamentales du pouvoir (depuis l’époque médiévale jusqu’à celle économique) a été de battre monnaie, ou au moins de posséder le privilège d’émission sur son domaine : exercer une mainmise sur le moyen de régler les échanges permet de comptabiliser les marchandises importées et exportées sur son territoire (cela permet aussi d’en prélever une partie en imposant des taxes).
    Le flux de richesse transite sous forme de produits et de charges qui leur sont fixées en fonction de leur rareté sur chaque territoire, et de leur besoin par les populations. Ce capital correspond aux ressources (biens) et aux emplois (services) qui sont créés pour assurer la distribution et la répartition sur son domaine (depuis le territoire féodal jusqu’au territoire économique). Outre le gain du retour sur investissement pour compenser les frais généraux, l’objectif est toujours de réaliser une plus-value.
    Un mode de règlement n’a de valeur que sur le territoire concerné par les échanges entre les contractants qui acceptent et reconnaissent le mode de paiement proposé. Pour les collectionneurs, la rareté d’émission en fait au contraire la valeur.

  • permalien fred_h :
    19 mai @14h02   « »
    New Deal Vs. Do nothing (4)

    Le denier du culte (cqfd)
    D’abord, seule l’église acceptait sa monnaie épiscopale. Ces pièces étaient gravées de symbole religieux pour en assurer la valeur devant l’éternel. La piétaille se débarrassait de ces ronds de métal qu’elle glissait dans les troncs en formulant une prière pour espérer des jours meilleurs (on ne sait jamais). Rendre à la divinité protectrice ce qu’elle a émis (ce doit donc être précieux et avoir de la valeur) pour s’accorder ses faveurs.
    A l’époque féodale, les pièces en circulation étaient frappées du sceau du seigneur qui régnait sur le domaine pour en garantir la valeur, et en certifier l’authenticité. Mais l’atonie de la circulation monétaire rendait impossible la rétribution des services en espèces sonnantes et trébuchantes. Les paiements se faisaient donc par la concession d’un bien foncier ou en nature, et les petits règlements s’effectuaient encore sous forme de troc. Le châtelain conservait dans la salle du trésor de son castel une cassette contenant sa fortune (constituée de pierres, de bijoux, d’or, et de titres).
    Avec le remembrement des terres domaniales sous la coupe d’un souverain (pontife, royal, politique) les pièces en circulation se sont homogénéisées.
    Lors d’une révolution les nouveaux représentants du pouvoir s’empressent d’affirmer leur solvabilité par l’émission d’assignats.
    Pour confirmer son autorité, l’état a émis des billets aux figures emblématiques et ouvrages représentatifs pour que le peuple s’y reconnaisse et y adhère. Meilleur moyen pour lui faire adopter ce mode de transaction fiduciaire qui n’équivaut même plus à la valeur du papier utilisé. Mais les liquidités devaient s’étalonner sur le stock d’or détenu par la Banque.
    Aujourd’hui, le pouvoir économique émet des actions équivalentes à une fraction de l’entreprise commerciale. Ces titres de propriété d’une partie du capital sont des valeurs fluctuantes sans support (ni papier, ni métal). Pour motiver un accroissement de la production, les employés profitent de l’intéressement aux bénéfices et parfois de bons d’achat gracieusement offerts par leur Comité d’Entreprise. Les gros salaires sont rémunérés en partie avec des stock-options (d’où leur obligation de résultat à tout prix…)

  • permalien fred_h :
    19 mai @14h03   « »
    New Deal Vs. Do nothing (5)

    La monnaie de la pièce (scories)
    Prôner la nationalisation des organismes bancaires, c’est immanquablement revenir à une monnaie nationale, donc sortir de la zone euro, à l’image de la Grande-Bretagne qui se désolidarise des péripéties financières Grecques pour la simple (leur économie politique n’est en rien liée au destin de la monnaie européenne) et bonne (leur gouvernement n’a donc pas à intervenir pour sauver un concurrent à l’agonie) raison que la loi du marché est sans pitié. Notons toutefois que les états samaritains prêteurs ne sont pas non plus des philanthropes…
    Envisager la nationalisation des banques c’est d’ores et déjà se demander qui sera en mesure de retenir les capitaux (sociétés capitalistes) des employeurs, alors tentés de faire jouer la concurrence entre les monnaies nationales, puisque eux resteront dans leur logique de profit : c’est pour ça qu’ils sont payés et qu’ils y sont directement intéressés.

  • permalien ping :
    19 mai @14h39   « »

    Laisser filer les déficits ? Mais, monsieur, ça fait fait 30 ans et plus que la France n’a pas eu un budget équilibré et est en déficit !! Ce n’est visiblement pas LA solution.

    Je préfère la solution Angela Merkel qui resserre les vis... le but est de ne pas dépenser plus que ce l’on gagne. C’est pourtant simple.

    Je redécouvre le terme "Qui n’a pas de dette s’enrichit" Eh oui, en un sens, ce sont les intérêts de cette dette qui plombent le budget.

    La seule acceptable est une dette raisonnée pour investissement. Il ne s’agit pas d’emprunter pour consommer...

  • permalien mendia :
    19 mai @14h43   « »
    Petit renseignement...

    Bonjour,
    Juste un petit éclairage, svp : qu’en est-il de la situation du second train de subprimes annoncé par F. Lordon en 2008 (alt-a mortgages etc.) (Monde Diplo, Octo. 2008) ? Sont ils arrivés à échéance, vont-ils l’être dans l’année qui arrive ? quel peut être leur effet sur la situation macro-économique décrite dans cet article ? Ma question sous-jacente est de savoir si un second convoi de dettes privées américaines impliquant les titrisations des banques européennes peut constituer le domino qui ferait tomber le reste. Et pour cause, la création de dettes publiques ne pourra plus venir à leur secours (une troisième ? quatrième ? cinquième fois ? je ne sais plus à combien nous en sommes). Merci d’avance.

  • permalien ping :
    19 mai @15h16   « »

    @mendia : le "train" des subprimes suit son cours... Le bouquet final est prévu courant 2011 avec un défaut majeur des banques aux USA, La crise des dettes privées devenues publiques en Europe ayant sa propre histoire de crash à venir.

  • permalien de la margelle :
    19 mai @15h25   « »

    Assez d’accord avec Sergueï , le gros baton risque d’être plus violent que la saisie . Parcequ’on ne peut pas raisonner sur un seul état mais sur tous , que parmi les actionnaires , les fonctionnaires , les salariés et les travailleurs non-déclarés d’un état il y en a beaucoup qui ne sont pas de cet état . Dans votre hypothèse 2 , nous ( qui nous ? ) ne serions pas sauvés : la bastonnade serait telle que même les survivants seraient achevés . La question d’un retour généralisé à des états marxistes ne se pose même pas .
    Une hypothèse moins violente est que , peut-être heureusement , les "décideurs" n’auront pas besoin de décider : la dévaluation de l’euro se fait toute seule . D’autant que plus les tirades grandiloquentes des responsables et de leurs experts médiatisés clament blanc-blanc-blanc , plus on traduit instantanément noir-noir-noir . Et si le risque que la cordée-euro dévisse devient trop grand , le retour des monnaies nationales se fera tout seul sans passer par la case monnaie commune : la monnaie la plus forte prendra naturellement le dessus . Le pays en question fera appliquer aux autres ses propres règles d’orthodoxie financière pour construire un "ordre nouveau", en espérant qu’il s’en tienne là .
    Quelle idée de s’encorder si vite à 16 et même 27 !

  • permalien betov :
    19 mai @15h51   « »

    Je n’ai pas le graphique en tête, Ping, mais je suppose que tu peux ajouter une année. Je me souviens m’être dit "chouette, ça va péter juste avant les élections de 2012".

    Merci de redonner un lien vers le graph, si je me trompe.

    Et l’immobilier commercial, qu’est ce qu’il devient celui-là ?

  • permalien Gilbert "gibus" Wiederkehr :
    19 mai @16h03   « »
    Pourquoi se casser la tête ?

    Toute l’oligarchie politico-financière vit depuis longtemps dans un univers parallèle qui n’a plus aucun point commun avec le notre. Les cohortes de fourmis dérisoires rampent sur le sol, ils volent loin au dessus du chaos, de palais luxueux en lieux exclusifs, dans leurs belles libellules colorées.
    Ils sont convaincus de faire partie d’une branche mutante du rameau humain, il sont l’évolution triomphante.
    Un seul d’entre eux est l’équivalent de milliers de ces misérables résidus demeuré que nous sommes.
    Le grand Darwin l’avait annoncé : seul les plus aptes, les plus forts, les plus intelligents survivront.
    Pourquoi changeraient-ils de paradigme maintenant ?

  • permalien ping :
    19 mai @16h12   « »

    pour Betov : j’ai ce graphique :
    http://contreinfo.info/IMG/jpg/subp...

  • permalien mendia :
    19 mai @16h55   « »
    alt-a mortgages suite

    @Ping ; @Betov
    merci pour l’info.
    Mais les banques européennes sont elles exposées à même hauteur que pour les suprimes ? Car si le "krach" européen a sa propre histoire (Ping), le solde des dettes par A.I.G./F.E.D. aux banques BNP, SG et consorts n’interviendra plus cette fois, non ? Cette "couche" là paraît rédhibitoire.

  • permalien Pipas :
    19 mai @17h08   « »
    La fin de l’Histoire, le retour ?

    Big Up à Lordon !
    J’ai bien ri sur le coup des "héraldistes" !
    Sans oser contredire Fukuyama, je me plais parfois à imaginer un cours d’histoire de 2512. Au moyen-âge technologique, la société était divisée en trois classes. Ceux qui travaillent, ceux qui les battent, et ceux qui prient pour que ça dure... 8)

    Je meurs d’impatience, mon esprit bouillonne dans l’attente du climax capitaliste : l’immobilier commercial, la dette publique, la monnaie, certes ces bulles feront bientôt Pop Pop Pop. Le recul du secteur touristique est un bon indicateur du premier éclatement. L’"agitation" des marchés est un excellent indicateur des pops suivants.

    J’ai toutefois une question : qu’en est-il de la bulle verte, vous savez, celle sur laquelle se repose notre seul espoir de croissance "durable" ? Une dernière question : où trouver des informations susceptibles de répondre à cette question : la réduction des émissions de CO2 voulue par la taxe carbone dépasse-t-elle l’augmentation des ventes des droits de pollution ? En d’autres termes, le pricing du carbone est-il plus profitable à la phynance, ou à l’environnement ?

    Merci encore, votre faconde est un délice !

  • permalien
    19 mai @17h11   « »

    @mendia : je pense que BNP les autres banques sont toujours engagées dans ces obligations pourries US. Ils vont devoir provisionner les pertes à venir, si ce n’est pas déjà fait.

  • permalien desclaquesoui :
    19 mai @17h38   « »
    Un visionnaire !

    Tous les arguments, points par points, contredisent ceux de F. Lordon....
    http://fr.euronews.net/2010/05/17/d...
    Comment tolérer autant de contre-vérités ? LUI, un futur présidentiable de GAUCHE ???
    C’est écœurant.

  • permalien fred_h :
    19 mai @19h38   « »
    tendre l’autre joue (ou pas) : telle est la question

    C’est à ces différents reproches que je cherche à répondre aujourd’hui ; c’est pourquoi j’ai intitulé ce petit exposé : L’existentialisme est un humanisme. Beaucoup pourront s’étonner de ce qu’on parle ici d’humanisme. Nous essaierons de voir dans quel sens nous l’entendons. En tous cas, ce que nous pouvons dire dès le début, c’est que nous entendons par existentialisme une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine. Le reproche essentiel qu’on nous fait, on le sait, c’est de mettre l’accent sur le mauvais côté de la vie humaine. Une dame dont on m’a parlé récemment, lorsque par nervosité, elle lâche un mot vulgaire, déclare en s’excusant : « Je crois que je deviens existentialiste. » Par conséquent, on assimile laideur à existentialisme ; c’est pourquoi on déclare que nous sommes naturaliste ; et si nous le sommes, on peut s’étonner que nous effrayions, que nous scandalisions beaucoup plus que le naturalisme proprement dit n’effraye et n’indigne aujourd’hui. Tel qui encaisse un roman de Zola, comme La Terre, est écoeuré dès qu’il lit un roman existentialiste ; tel qui utilise la sagesse des nations – qui est fort triste – nous trouve plus triste encore. Pourtant, quoi de plus désabusé que de dire « charité bien ordonnée commence par soi-même », ou encore « oignez vilain il vous poindra, poignez vilain il vous oindra » ? On connaît les lieux communs qu’on peut utiliser à ce sujet et qui montrent toujours la même chose : il ne faut pas lutter contre la force, il ne faut pas entreprendre au-dessus de sa condition, toute action qui ne s’insère pas dans une tradition est un romantisme, toute tentative qui ne s’appuie pas sur une expérience éprouvée est vouée à l’échec ; et l’expérience montre que les hommes vont toujours vers le bas, qu’il faut des corps solides pour les tenir, sinon c’est l’anarchie. Ce sont cependant les gens qui rabâchent ces tristes proverbes, les gens qui disent : comme c’est humain, chaque fois qu’on leur montre un acte plus ou moins répugnant, les gens qui se repaissent des chansons réalistes, ce sont ces gens-là qui reprochent à l’existentialisme d’être trop sombre, et au point que je me demande s’ils ne lui font pas grief, non de son pessimisme, mais bien plutôt de son optimisme. Est-ce qu’au fond, ce qui fait peur, dans la doctrine que je vais essayer de vous exposer, ce n’est pas le fait qu’elle laisse une possibilité de choix à l’homme ?

    Jean-Paul Sartre, 1946

  • permalien lionel goutelle :
    19 mai @19h49   « »

    Si cette grande dépression se produit, cet article pourrait, par sa simple existence, prouver que les "responsables politiques" de notre époque pouvaient savoir en temps voulu, et donc anticiper et éviter cette catastrophe. Il y aurait donc là motif à la création juridique d’une nouvelle catégorie de délit : "crime économique prévisible, mais sciemment ignoré". Je propose donc (c’est très sérieux, il faut savoir être aussi vicieux et combattif que son adversaire, le surprendre, le déstabiliser) qu’on se partage un travail d’envois de lettres recommandées à chacun d’eux avec accusé de réception (avec l’original déposé chez un huissier) : "par la présente lettre, je vous avertis qu’en temps que citoyen, nous avons pris connaissance de la logique meurtrière du plan que vous vous apprêtez à mettre en oeuvre. Peut être n’avez vous pas encore la culture logique et économique adéquate pour anticiper la catastrophe qu’il ammenerait. Si tel est le cas, ce document est fait pour vous ouvrir les yeux, et à partir du moment ou vous l’aurez reçu, vous ne pourrez plus arguer que vous ne saviez pas. Si vous l’ignorez sciemment et n’en tenez pas compte, alors nous prouverons facilement que vous pouviez savoir en temps voulu, et que vous n’avez pas voulu savoir, et agir en conséquence. Et nul ne doute que vu l’ampleur de la catastrophe qui s’annonce si votre plan n’est pas modifié dans le bon sens, nous n’aurons aucun mal à vous attribuer l’équivalent du titre de "criminel contre l’humanité". En espérant commencer enfin à vous respecter.....qu’en pensez vous ? qu’en pensent ceux qui pourraient avoir du poids dans une telle stratégie, parce qu’ils ont un nom qui compte (dont Lordon lui même d’ailleurs ?) et le Monde Diplomatique, Marianne peut être (?), etc....il s’agit d’essayer d’inventer un "scandale" et un "bruit productif" on l’aura compris....

  • permalien BA :
    19 mai @21h44   « »
    L’Espagne m’inquiète.

    Mercredi 19 mai 2010 : des nouvelles très inquiétantes de l’Espagne :

    Mardi, l’Espagne a manqué l’objectif qu’elle s’était fixé dans le cadre de son adjudication de ses bons du Trésor. Elle n’a vendu que 6,44 milliards d’euros de bons à 12 et 18 mois, contre un objectif situé dans une fourchette de 6,5 à 7,5 milliards.

    Les bons à un an ont été placés à 1,699 %, un taux nettement plus élevé que lors de son adjudication d’avril (0,904 %) et près de 50 points de base au-dessus de l’Euribor à 1 an (1,247 %).

    "C’est le placement de l’Espagne qui stresse tout le monde, d’autant que demain, l’Espagne a une grosse adjudication à long terme", commente un analyste. L’Espagne s’est fixé pour objectif de placer 3,5 milliards d’euros d’obligations à 10 ans jeudi 20 mai.

    "Les banques européennes détiennent énormément de dette directe espagnole dans leur portefeuille et les investisseurs craignent une dévalorisation de ces dettes", précise un trader.

    L’exposition des banques européennes vis-à-vis de la dette publique et privée espagnole totalise 851 milliards d’euros, dont près de 220 milliards pour les banques françaises.

    http://fr.reuters.com/article/busin...

  • permalien sailorman :
    19 mai @22h17   « »

    Les commentaires sont effarant !!!!
    Vous êtes tous spectateur d’un film catastrophe qui se passe sous vos fenêtres .Sous cette analyse ,il y a de vrais gens,avec de vrais familles qui vont subir socialement,ou être écrabouillées économiquement !!!!!!!.qui iront faire vos poubelles pour manger.Mais vous tous les planqués de la vie,avec vos analyse à la con,vous ne voyez pas venir la rage des populations,avec des risque de guerre civile de lutte des classes,mais quelle classe ???????honte,j’ai honte.

  • permalien lionel goutelle :
    19 mai @22h25   « »
    réponse à l’intervention ultra-pertinente de Sailorman

    je comprends très bien ta réaction et ton désespoir. Cette crise n’est pas un "jeu de lettrés" à commenter. Et c’est bien pour celà que j’ai proposé une "action"....Avant de n’avoir que le désespoir ou le terrorisme comme seule perspective..Qu’en dis tu ? On s’y met ?

  • permalien JT Gio :
    19 mai @22h35   « »

    L’histoire va vous obliger à écrire de nouveau ! Vous aviez publié un billet juste avant le plan européen de soutien à l’euro (ce qui nous avait valu une suite le lendemain) et voilà que l’Allemagne interdit les ventes à terme le jour de la parution du présent article !
    Alors, même si je sais que la décision unilatérale des allemands risque de ne pas changer la teneur de vos analyses, est-ce qu’une politique européenne coordonnée interdisant les ventes à terme (et plus généralement les fluctuations de prix) pourrait nous sortir de l’ornière et éviter des effets potentiellement "nucléaires" (pour vous citer) ?
    Vous nous devez en tous les cas une suite...

    PS : à vous lire aujourd’hui, j’éprouve la "sainte trouille" dont vous aviez parlé à la suite de la faillite de Lehman Brothers. Êtes-vous toujours habité par ce sentiment ?

  • permalien JT Gio :
    19 mai @22h51   « »

    @ lionel goutelle et sailorman

    En guise d’action, voilà ce que je vais faire jeudi 20 mai 2010 : je suis enseignant et je vais réunir le maximum de personnes (enseignants, surveillants, administration, personnels...) après les cours pour leur expliquer que plusieurs bulles sont sur le point d’exploser. Je partirai de la crise des subprimes et terminerai par la crise Grèce. J’ai préparé un diaporama très clair qui permettra à tous de comprendre la Grande Crise que nous traversons. Puis j’irai distribuer des tracts explicatifs dans mon quartier (avec plusieurs volontaires) en insistant sur le fait que les banques sont toujours techniquement insolvables (voir rapatriement d’actifs toxiques de la SocGen en France à hauteur de 35 milliards d’euros et la création de la bad bank irlandaise "la Nama" qui va permettre à l’état d’éponger 81 milliards d’actifs toxiques ; dans le cas de la SocGen, on épongera via des réductions d’impôts). Il faut faire peur aux gens pour qu’ils comprennent ce qui est en train de se passer.
    Pour terminer, je contacterai la presse et les élus du quartier pour que mon action ait le plus de retentissement possible. Faites comme moi au travail, dans votre quartier, dans votre village et vous n’œuvrerez pas vainement.

  • permalien J-O. Charron :
    19 mai @23h06   « »

    Un texte épatant et tonique. Je me disais bien depuis quelque temps qu’étudier les marchés financiers de nos jours c’est un peu comme se pencher sur la cour de Versailles en 1788...

    Bon, maintenant que cela sent vraiment le roussi, il faut penser à la suite. Vous le faites déjà, mais on peut continuer.

  • permalien th M :
    19 mai @23h13   « »

    Vous citez le taux de chômage durant la grande dépression (25% des actifs aux Etats-Unis). Mais il semble que si l’on ne s’en tient pas aux chiffres officiels, qui sous-estiment largement la réalité, on en est aujourd’hui à près de 20 % aux EU...

  • permalien Pipas :
    20 mai @08h08   « »
    Et le chômage alors ?

    Les gains de productivité devraient permettre de mieux répartir les charges de travail. Cependant, l’organisation inique de l’appareil productif tire toute sa force de ses participants, plus préoccupés par leur rang et leur pouvoir d’achat que par leur liberté ou leur érudition.
    Ainsi, au lieu de profiter de la vie, de jouer, de faire du sport, de lire de bons bouquins après n’avoir marné que dix ou quinze heures par semaine ; chacun consacre son temps et son énergie au saint job, ou à sa recherche, du cadre zélé -dont le salaire n’atteindra jamais le prestige de la fonction- au stagiaire -envieux, of course motivé et bénévole- las de ne point trouver une place, en passant par tous les zombies errant au pôle emploi.

    Comment s’étonner que certaines actions redonnent du sens, là où à priori il n’y a qu’oxymore ? http://www.politis.fr/La-greve-des-...

  • permalien Le Banquier :
    20 mai @08h27   « »

    J’adore. On vit une epoque formidable.
    J’espere que le crash arrivera assez vite afin que je sois encore de ce monde pour faire la fête sur les cendres des banques....

  • permalien fda :
    20 mai @09h09   « »
    So what ?

    Désolé de ne pas être aussi laudateur que la plupart des autres contributeurs, mais, bien que partageant les prémices de votre analyse, je reste sur ma faim :
    * comment réagira la population face à l’effondrement prévisible de la valeur de ses actifs (immobiliers, assurance-vie etc ...), a fortiori dans un pays à fort taux d’épargne comme la France ?
    * vous donnez très peu de chiffres dans cet article : pourquoi ?

  • permalien jc :
    20 mai @10h07   « »
    Un citoyen militant n’est pas un excité ! @ sailorman

    C’est la théorie du héros qui tue le militantisme.

    Pour moi, militer est un travail de longue halène :

    - se forger une théorie solide (ca passe par la lecture, la discussion et l’expérience)

    - se rapprocher des gens qui partagent nos idées

    - se frotter à la matière (PIMMS, solidarité, consommation en conscience)

    - et de temps en temps, on va en manif, quand le reste a manqué on gueule un coup !

    Car si sur un coup de colère, on part en guerre, on casse les vitres des banques et on renverse le système. On fait quoi ensuite sans idée du monde qu’on veut ?

    Pour moi, le guichetier ASSEDIC qui écoute le chômeur au bout du rouleau est un meilleur militant que le casseur de banques d’un soir.

    Qu’en penses tu , toi ?

  • permalien Pipas :
    20 mai @17h12   « »
    Le bon peuple, sa foi en l’Économie, et le culte du chiffre bidon

    @fda
    comment réagira la population face à l’effondrement prévisible de la valeur de ses actifs (immobiliers, assurance-vie etc ...), a fortiori dans un pays à fort taux d’épargne comme la France ?
    Il faut déjà savoir quelle catégorie de la population vous préoccupe. En effet, les réactions pourraient être hétéroclites : colère, joie, indifférence, espoir, tristesse... Dans tous les cas, nous ne pouvons douter de l’inventivité propre aux situations exceptionnelles. Par exemple, lorsque la foi dans la monnaie est suffisamment ébranlée, l’on peut utiliser des billets en guise de tapisserie (les rouleaux de papier peints étant alors plus cher), comme cela a déjà été le cas en Amérique latine.

    vous donnez très peu de chiffres dans cet article : pourquoi ?
    Oui, c’est la grande carence des analyses lordonesques. J’ai déjà exhorté l’éminent professeur à se soucier de sa crédibilité en chiffrant systématiquement ses propos, et même à en effectuer une transcription en numération sumérienne pour approfondir son raisonnement, hélas en vain...

  • permalien JC :
    20 mai @19h50   « »

    Comme toujours vos analyses sont riches, fines et probablement justes. Un petit regret toutefois, mais qui n’a rien à voir avec l’économie : vous citez Naomie Klein, vous savez donc quelles sont les amitiés préférées du gourou néo libéral, friedman le mal nommé. Pinochet, Suarto etc... bref que des gens qui aiment le peuple, la démocratie, la liberté etc... Il me semble manquer, ou bien je ne l’ai pas vu dans les articles et livres que j’ai lu de vous, une reflexion si ce n’est une analyse : et si le néo libéralisme n’avait pris l’économie comme alibi, feuille de vigne, pour un programme politique profondémment réactionnaire, cherchant à remettre en cause non pas la présence de l’Etat, mais la présence politique du peuple ? Au moyen de l’économie dite libérale, revenir aux âges obscurs ou le serf obeïssait à son seigneur ? Bref et si l’économie n’était qu’un alibi pour un programme beaucoup plus sauvage

  • permalien fred_h :
    20 mai @19h57   « »
    Idée d’une histoire universelle

    Ce n’est pas parce qu’on annonce qu’il va y avoir des températures négatives cet hiver qu’on est responsable des malheureux qui mouront de froid… Mais, sachant cela et ainsi que nombre de contributeurs le revendiquent : rien n’empêche d’agir (sinon pour guérir, du moins pour prévenir).

    Ces exemples montrent que la redistribution a également tendance a enserrer dans les relations sociales le système économique proprement dit. Nous croyons, en règle générale, que le processus de redistribution fait partie du régime politique dominant, qu’il s’agisse de la tribu, de la cité-Etat, du despotisme ou de la féodalité fondée sur le bétail ou la terre. La production et la distribution des biens s’organisent pour l’essentiel grâce à la collecte, l’emmagasinage et la redistribution, tandis que le chef, le temple, le despote ou le seigneur sont au centre de ce modèle. Comme les relations du groupe dirigeant avec les dirigés diffèrent selon la nature des fondements du pouvoir politique, le principe de la redistribution implique des mobiles individuels aussi différents que le partage librement consenti du gibier par les chasseurs et la crainte du châtiment qui pousse le fellahin à payer ses impôts en nature.

    Karl Polanyi (La grande transformation, 1944)

  • permalien BA :
    20 mai @21h05   « »
    "Une crise mondiale semblable à celle de la fin de 2008".

    Jeudi 20 mai 2010 :

    La crise de la dette européenne menace l’économie US, selon la Fed.

    La crise de la dette européenne constitue un risque “potentiellement important” pour la reprise économique américaine car elle menace les marchés de crédit et le commerce mondial, a estimé jeudi Daniel Tarullo, un des gouverneurs de la Réserve fédérale.

    Pour ce responsable de la Fed, si la crise de la dette européenne n’est pas contenue, cela pourrait entraîner un gel des marchés financiers et provoquer une crise mondiale semblable à celle de la fin de 2008.

    Ted Truman, ancien responsable au Trésor américain et qui doit témoigner devant une sous-commission du Congrès après Daniel Tarullo, juge la menace très réelle.

    “Le risque est que la situation européenne devienne incontrôlable, se répande à travers l’Europe au-delà de la Grèce, replonge l’Europe en récession, et cause de nouveaux dommages à l’économie américaine et mondiale ainsi qu’au système financier”, estime-t-il selon le texte de son témoignage.

    http://fr.reuters.com/article/busin...

  • permalien Vellavius :
    20 mai @22h09   « »

    JT Gio, tu partagerais ton diaporama ?

  • permalien Audi alteram partem :
    20 mai @22h30   « »
    Crimes et châtiments

    @ Lionel Goutelle

    Pour info Michel Rocard a déclaré sérieusement à plusieurs reprises, que selon lui, Milton Friedman méritait d’être traduit en justice pour crime contre l’humanité. Tu n’es donc pas tout seul à pencher pour ce type de solutions.

    Les juristes objecteront sans doute qu’il est nécessaire d’instituer un nouveau crime mais qui ne concernera pas nos dirigeant actuels pour cause de non rétroactivité "in mitius " de la loi pénale. (La nouvelle loi ne pouvant concerner les infractions commises avant son entrée en vigueur que si elle est plus favorable au délinquant).

    Par ailleurs, le reflexe qui consiste à créer une nouvelle infraction à tour de bras en réaction à chaud m’évoque trop de choses détestables...

    Quant à la question de la responsabilité, elle importe moins à mes yeux que celle de l’analyse des causes.

  • permalien Gege :
    20 mai @22h31   « »

    J’aime beaucoup vos analyses, monsieur Lordon, qui me paraissent extrêmement instructives d’un point de vue financier.
    Toutefois, je travaille dans le domaine de l’énergie et vos analogies avec la Grande Dépression des années 30 me posent problème. Si les circonstances financières semblent similaires, les circonstances physiques me semblent radicalement différentes. Des plans de relance pour soutenir l’activité supposent qu’il reste une marge de manoeuvre conséquente pour la croissance. Or toute relance de forte magnitude, et je pense que nous allons l’observer avec la relance chinoise, va se heurter au mur de la pénurie d’énergie et de matières premières (sans même parler de l’eau ou des denrées agricoles). On voit déjà les prix du pétrole remonter dès que la croissance rebondit.
    Dès lors il n’y a plus beaucoup de choix pour les pays émergents : il leur faut imposer la décroissance (ou la récession selon la terminologie qu’on préfère) aux pays occidentaux pour rattraper leur niveau de vie. Je pense que nous sommes maintenant dans un jeu à somme nulle et c’est la grande différence avec les années 30 où le développement du pétrole aux a permis des gains de productivité considérables alors même que le charbon trouvait ses limites (je pense à l’automobile et aux engins agricoles ou de btp par exemple...)

  • permalien Olivier :
    20 mai @22h42   « »
    L’alternative, vraiment ?

    Analyse intéressante (toujours), pertinente (certainement), effrayante (hélas) et enfin réjouissante
    Mais... l’alternative nous sommes tous morts vs ils sont morts seules a-t-elle une chance (eh oui, une chance) vraiment de se réaliser ? Les chantres de l’économie dérégulée ne vont-ils pas tout faire pour ne pas aller la situation jusqu’à ce choix tragique ? Pas pour ne pas être mort (ne le sont-ils pas déjà, d’ailleurs ? Il y a quelque chose de nihiliste dans la finance) mais bien pour ne pas à avouer leur erreur.
    Ils feront tout pour trouver des dérivatifs ou boucs émissaires a posteriori, comme casser l’euro et laisser la spéculation s’engouffrer et clamer qu’il faut encore plus de réduction de déficit. Ou se gargariser de l’accroissement du niveau de vie chinois qui découlera de la redirection de leur appareil productif vers leur marché intérieur, une fois le marché européen voir US en récession, pour hurler que ce qui marche c’est plus de flexibilité en tout sens et des salaires à l’aune de Pekin.
    Bref, n’importe quel argument sera bon pour laisser à croire que rien n’a échoué et qu’au contraire il faut aller encore plus loin, plus fort, plus dur dans l’arrêt de la machine économique, puisque c’est sur des flux atones qu’on peut le plus facilement poser des dérivations vers ses propres poches.

    Re bref, comment s’assurer que le choix se posera ?

  • permalien Rasalhague :
    20 mai @22h48   « »

    A noter que cette crise financière va aller de paire avec une autre crise dont on parle peu. Les effets de ces 2 crises atteindront leur paroxysme dans le même moment : dans 2 ans.

    Il s’agit de la crise énergétique qui démarre actuellement. Pour éviter un long laïus ici même, je vous conseille de vous reporter vers ce lien :
    http://www.snui.fr/snui-locaux/dg/s...
    A déconseiller aux dépressifs ...

  • permalien ekami :
    21 mai @01h14   « »

    - En tant que citoyen et salarié qui côtoie déjà de près la déflation salariale (-10% en 12 ans) et l’explosion des prix de l’immobilier, le "gros bâton", j’en rêve toutes les nuits.
    Mais il reste la question du "comment" ? par le vote, le boycott, l’action citoyenne ?
    - La question qui me taraude est " Que ce passerait-il si en cas de panique bancaire, un pourcentage significatif de la population venait à solder ses comptes bancaires et vider les comptes des banques de dépôt ? " (ou plus simplement essayer de punir les banques par le même procédé...)

  • permalien betov :
    21 mai @07h50   « »

    Rasalhague, ton lien pour non dépressifs ne tient pas compte de ce qui "n’existe pas" et ne pose pas les bonnes questions.

    Une des premières bonnes questions serait de se demander pourquoi les dominants sociaux ont fait en sorte que le pétrole soit la source d’énergie obligée.

    Ensuite, dans ce type d’analyse (descriptive de la situation réelle), ce qui n’existe pas... n’existe pas. Trop facile. Quid des ballons solaires ? des films fins ? du moteur Stirling ? Du pitch magnétique ?

    Certes, le problème se posera probablement dans deux ans. Certes, les lobby pétrolier et nucléaire feront tout pour qu’on y aille (dans le mur). Mais que fera un pays comme la Chine, qui a peu de réserves sur son sol, quand elle sera vraiment dans le besoin ?

    Le seul vrai problème énergétique qui puisse se poser est, pour les dominants sociaux, de trouver une réponse à la question : "Comment faire pour faire payer aux gens quelque chose de gratuit et de sur-abondant".

    Si certains pensent que je délire, qu’ils se posent la question :

    Combien faudrait-il d’énergie, s’il n’y avait pas la lumière du jour, pour éclairer la planète ?

  • permalien Julien Tournier :
    21 mai @10h50   « »
    Eager for change !

    Une idée pour agir ? Ecrire un livre destiné à un large public... réaliser un "webdocumentaire" simple et accessible... définir un "plan d’actions"... les bonnes idées et les bonnes volontés pêchent par un manque de cohésion, de cohérence, d’unité, d’organisation, de concertation, de ligne directrice... face au "bon peuple" en ordre dispersé : un Nouvel Ordre Mondial ( et qu’on ne me traite pas de complotiste, les dirigeants politiques libréaux, néo-libéraux et sociaux-démocrates emploient ce terme depuis belle lurette ) dont l’agenda est constant et ponctué par une série de "chocs" planifiés à dessein. Bien, qu’on arrête de se poser des questions, face à un tel ennemi avec de tels moyens, il faut impérativement une "union des peuples " sans précédent historique autour de moyens d’actions imparables ( Les politiques ne veulent pas d’un protectionnisme européen ? Qu’importe, boycottons les produits importés ! Ils ne veulent pas taxer les banques ? Tous au crédit coopératif ! Ils ne veulent pas réglementer les pesticides ? Achetons bio ! etc. etc. etc. il faudra réellement rédiger une charte de bonne conduite du citoyen actif pour contrer l’oligarchie... et si possible sans que cela ne soit un sacerdoce trop contraignant... histoire que chacun puisse prendre part à l’action commune).

    Il me semble que l’union d’un maximum de bonne volontés autour d’un tel projet (pour le coup "apolitique" car pro-demos) est un impératif à court terme. Celle de M. Lordon étant à ce jour l’une des plus écoutées, je lui suggère - en plus de ses analyses - de proposer, de temps à autres, quelques solutions concrètes directement opérationnelles pour les citoyens désireux que ça change. Du concret !

  • permalien ♪Yves Remort ♪ ‹(•¿•)› ‹^›. :
    21 mai @11h00   « »
    Grande Dépression ? Rions un peu avec Jacquestali

    OUF on est sauvé !!!!!!

    Jacques Attali a énoncé cinq sujets prioritaires :

    la restauration des finances publiques, l’innovation et l’économie du savoir, l’emploi, « l’équilibre entre les générations » (les retraites)
    ainsi que « la nécessité de renforcer l’Euro et l’Europe

    Merci qui..... MERCI ..... JACQUESTALI

  • permalien miras :
    21 mai @15h21   « »
    Et les Etats Unis ?

    Les US empruntent 1500 milliards de $ par an, sans en exagérer l’importance, est-ce que ce scénario ne devrait pas ouvrir un chapitre sur une possible influence d’une éventuelle dégringolade due à je ne sais quel revers en Afghanistan, dans la "crise" iranienne ou la révélation de la moitié du quart du tiers de quelque chose d’exact à propos du 11 septembre ? ou est-ce que je suis complètement à côté de la plaque ? ou est-ce qu’on peut toujours dire n’importe quoi comme Alexandre Adler parce que de toute façon comme dirait Mitterrand "ni vous ni moi n’y pouvons rien" ?

  • permalien willaz :
    21 mai @21h18   « »
    autre alternative ; l’économie distributive.....

    merci pour cette article,

    Si nous allons droit vers le mur n’est ce pas le moment de trouver un modèle économique différent ?

    J’ai découvert un site qui parle de l’économie distributive, elle peut paraitre utopiste à première vu mais très intéressante.

    Lisez : http://www.lecolibri.org/economies/... pour vous faire une idée

    et http://www.lecolibri.org/economies/... pour voir la mise en place d’un tel système.

    Je ne suis pas connaisseur en matière de finance car cela ne m’intéresse pas du tout le profit sur le dos des autres......j’aime le partage et l’entraide.

    QU’EN PENSEZ VOUS ?

    QUEL EST VOTRE AVIS SUR CETTE ALTERNATIVE ?

    MERCI

  • permalien Schrouki :
    21 mai @21h48   « »

    Bonsoir
    Est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut nous sortir de ce pétrin ?
    Ni communiste, ni socialiste, ni UMPiste, ni Modemiste, ni Front Nationaliste etc, etc…
    Juste un français quoi ! Avec des idées claires, des objectifs précis notamment nous sortir de l’Union Européenne, de l’OTAN et de la Finance pourrie qui nous écrase…. !!
    Si vous avez des idées, merci pour les réponses !

  • permalien th m :
    21 mai @23h16   « »
    l’Allemagne interdit les ventes à terme :

    N’est-ce pas une bonne nouvelle ?
    Première mesure concrète et sévère pour contrer les "marchés" ?

  • permalien betov :
    22 mai @06h39   « »

    @Schrouki :

    Non.

    @th m :

    Non.

    Paul Jorion pense que ce genre de mesure chirurgicale sera d’un grand effet. Il prend là un gros risque avec sa popularité. Il est évident que l’interdiction des ventes à découvert sur les CDS nus n’aura aucun effet sur rien, mais, en admettant que je me trompe, le résultat, s’il y en avait un, ne pourrait être qu’un léger ralentissement de l’effondrement. Il parle de "mesures chirurgicales" quand il conviendrait d’utiliser le bull-dozer.

    En France, la VAD sur les financières a été interdite au début de la crise financière (ce que notre "ministre de l’économie", ignorait totalement, jusqu’à ce qu’on le lui dise, récemment...). Même si ce n’est pas exactement la même interdiction, il suffit de regarder les courbes de ces financières, pour constater que ça ou rien, c’est pareil.

  • permalien de la margelle :
    22 mai @16h01   « »

    L’euro "absolument pas" en danger, selon Christine Lagarde
    Trichet : l’euro n’est pas en danger‎
    François Baroin : « L’euro n’est pas en danger »‎
    Aie !
    Zone euro : les vingt-sept recherchent l’apaisement

    Ayayayaie Mariya !

  • permalien MCABON :
    22 mai @20h02   « »

    Merci pour vos analyses

    http://www.unehistoiredeladette.fr/

  • permalien betov :
    23 mai @15h53   « »

    68 commentaires ? Pas question !

    +1

    Je préfère le porno.

  • permalien Marlowe :
    23 mai @16h11   « »

    Hier, nous étions tous des grecs.
    Ce jour, nous savons que nous sommes tous des chinois.

    Bon voyage à tous.

  • permalien etienne :
    23 mai @22h12   « »
    Gardiens de l’orthodoxie

    @ Hadrien :

    Effectivement, cela fait un petit moment qu’on est plusieurs à constater le revirement progressif de cet ancien orthodoxe repenti, économiste en chef d’une banque qui a fait preuve de sa clairvoyance et de sa bonne gestion du risque dans le passé récent :) : après tout, c’est avant tout un conjoncturiste, et les bons vieux schémas keynésiens, rappelés à juste titre par F. Lordon dans ce papier, n’ont pas pris une ride, pour qui privilégie la connaissance à l’idéologie.

    Ceci dit, l’orthodoxie libérale a encore ses fervents
    adeptes, qui sévissent entre autres sur le service public radiophonique :

    http://www.dailymotion.com/video/xd...

    On y entend et voit P. Manière, dirigeant de l’obscur "Footprint consultants", ancien directeur de l’Institut Montaigne, un bon think tank libéral de la plus pure tradition ; qui ne bouge pas, lui, d’une semelle, face à une S. George à qui Demorand ne laisse pas en placer une :

    - il ne voit "rien de nouveau" dans la crise. Rien de nouveau, effectivement...la finance mondiale a bien failli se retrouver en pleine déconfiture, l’économie des pays industrialisés est entrée dans une récession carabinée pour au moins une décennie.
    Mais rien de nouveau, à part ça.

    - il se contente d’amalgamer, comme un vulgaire éditocrate de l’Express, le budget d’un Etat et le budget d’un ménage, en parlant de ces dépenses publiques "folles" (dispensant au passage le fameux adage : "on ne peut pas dépenser plus que ce qu’on gagne"). En même temps, les éditorialistes attitrés d’Inter qui émaillent le 6:30-10 ont plutôt bien préparé le terrain, puisqu’ils annônnent la même antienne quotidiennement et ceci à fréquence élevée, à peu près toutes les 20 minutes, au cas où on n’aurait pas compris : l’auditeur moyen na pas dû se sentir dépaysé...

    - il justifie sans vergogne les mouvements spéculatifs contre la dette souveraine de l’Etat grec, et s’étonne même que les "investisseurs" n’aient pas ouvert les yeux avant. Quand on sait que la soi-disant "crise" des dettes souveraines est le pur effet du report des paris de la finance, promptement renflouée par les Etats et ayant retrouvé par là tout son appétit prédateur, vers une nouvelle proie innocente et opportune, il y a de quoi se marrer.

  • permalien Paul Laurendeau :
    24 mai @13h15   « »

    Nos gouvernants agissent-ils sur le moteur de cette crise : une guerre interne puissante mais sourde...

    http://ysengrimus.wordpress.com/200...

    j’en doute...

  • permalien BA :
    24 mai @14h07   « »
    Après la Grèce, l’Espagne.

    L’euro accentue ses pertes face au dollar, regain d’inquiétudes en zone euro.

    L’euro rechutait face au billet vert lundi 24 mai, les cambistes fuyant les investissements à risque dans un regain d’inquiétudes sur la santé économique des pays membres de la zone euro, alimenté notamment par le sauvetage d’une caisse d’épargne régionale par la Banque d’Espagne.

    "L’escalade des inquiétudes sur les dettes souveraines en zone euro a conduit les investisseurs à évaluer plus sérieusement les risques de voir se matérialiser une récession à double creux dans les économies avancées", commentait Lee Hardman, analyste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi.

    Ainsi "l’euro devrait continuer sa contre-performance tant que les inquiétudes sur les dettes souveraines saperont la demande pour les actifs de la zone euro", prévenait l’analyste.

    En effet, les craintes poussent les cambistes à fuir les investissements jugés plus risqués, notamment les devises à plus fort rendement comme l’euro, et à chercher la sécurité dans les valeurs refuge que sont le billet vert et la monnaie nippone.

    Les craintes des investisseurs étaient renforcées par l’annonce samedi du sauvetage d’une caisse d’épargne régionale par la Banque d’Espagne, sur fond de doutes sur la capacité du pays à redresser ses finances.

    En grande difficulté financière, Cajasur, une caisse d’épargne du sud de l’Espagne que contrôlait jusqu’à présent l’Eglise catholique, a été mise sous tutelle publique, après l’échec d’un projet de fusion avec un autre établissement, Unicaja.

    Cette annonce rappelait aux cambistes que les craintes d’une contagion de la crise grecque planent toujours sur les pays du sud de la zone euro, principalement l’Espagne, le Portugal et l’Italie.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien RiGeL :
    24 mai @17h30   « »

    @Betov.

    S’il est vrai que l’article évoqué par Rasalhague ne prend pas en compte toutes les données du problème, Il n’en reste pas moins fortement d’actualité, et me parait au contraire poser de très bonnes questions.

    Tu évoques un certain nombre de techniques qui ne sont pas prises en compte dans l’article, soit. Cependant, après vérification, aucune de ces techniques ne me parait à même de remplacer, même partiellement, une chute brutale de production pétrolière. Comme indiqué dans l’article, les utilisations du prétrole et de ses dérivés sont particulièrement nombreuses, et ne concernent pas que la production d’énergie, loin de là.

    Quant à présumer de la découverte de nouvelles techniques, de nouveaux matérieux, il y aura des découvertes, c’est une certitude. La question qui se pose, c’est quand. En admettant que l’article soit particulièrement pessimiste, et que nous disposions en fait de 30 ans, plutôt que 5, ce serait encore une période très courte pour permettre un développement technologique suffisant pour pallier à la fin du pétrole. Mais cet article est-il si pessimiste ? pas sûr.

    Enfin, concernant ta dernière question, j’y répondrais par une autre : Combien d’énergie serons-nous capables de récupérer de la lumière du jour, et comment la transformerons-nous en autre chose que de l’énergie ?

    C’est bien d’être optimiste, c’est mieux lorsque ça ne s’apparente pas à de l’aveuglement.

  • permalien Denis :
    24 mai @17h31   « »

    M. Lordon, votre analyse est plaisante, mais elle frise le romantisme.
    Elle part du principe que, puisque les financiers et nos gouvernants agissent comme des imbéciles, ce sont tous des imbéciles.
    Erreur.
    Il faut revenir un peu en arrière et regarder la situation telle qu’elle était avant cette crise ;
    - Augmentation exponentielle des besoins en matière première et en énergie (pays émergents).
    - Augmentation rapide de la population mondiale,
    - Crise climatique, avec en perspective pénuries d’eau et mouvements massifs de population.
    >> Ca ne pouvait pas durer bien longtemps...
    Cette crise, les têtes pensantes de la planète l’ont sciemment laissée survenir, et la laissent sciemment se dérouler - quitte à y laisser quelques plumes-, en disant à leurs pantins (obama, sarkozy, brown,...) : "pas le droit de faire ça et ça, sinon on coupe les robinets, pour le reste, vous faites comme vous le sentez" (puisque de toutes façons ça ne changera rien au résultat final).
    Le but étant de reprendre, à terme, le contrôle d’un monde qui, confronté à ses propres limites, promettait de devenir incontrôlable.
    La population qui y survivra, traumatisée, dira amen à tout régime qui promettra la fin du chaos, le sacrifice de la démocratie étant alors devenu un moindre mal.
    Ca, c’est le story-board. Mais la stratégie du chaos a ses limites. Elle a très bien fonctionné le 11/9, le patriot act est passé comme dans du beurre, mais aller plus loin me semble déjà bien plus aléatoire.
    Et je me plais à penser que le scénario va leur échapper... Après tout, peut-être que moi aussi je suis un romantique...

  • permalien Oppossum59 :
    24 mai @18h53   « »
    Remarques et Commentaires 02

    Commentaire perdu dans le découpage ! je suis fainéant et ne le ré-écrit pas !

  • permalien BA :
    24 mai @22h56   « »
    Tous les regards se tournent vers l’Espagne.

    La Bourse de New York a terminé en nette baisse lundi, au terme d’une séance morose face aux nouveaux épisodes de la crise de la zone euro en Espagne : le Dow Jones a perdu 1,24 % et le Nasdaq 0,69 %.

    Les inquiétudes des investisseurs se sont concentrées sur l’Espagne, où la banque centrale a dû procéder au sauvetage samedi de Cajasur, une caisse d’épargne du sud du pays que contrôlait jusqu’à présent l’Eglise catholique.

    "La crainte d’un effet domino ressurgit", a estimé John Wilson, de Morgan Keegan. "Malheureusement, il semble qu’il soit trop tôt pour fêter la fin de la crise".

    http://www.boursorama.com/internati...

  • permalien giblin :
    25 mai @00h57   « »

    D’habitude, ça se termine par une guerre. Reste à trouver un ennemi ou un bouc émissaire.

  • permalien BA :
    25 mai @07h27   « »
    L’Espagne.

    Mardi 25 mai 2010 : tous les regards sont tournés vers l’Espagne, vers la situation catastrophique de l’Espagne.

    Les pays d’Europe du sud sont en train d’entraîner toute la planète dans leur chute.

    Lisez cet article :

    Les bourses asiatiques en forte chute à mi-séance.

    Les bourses asiatiques étaient en forte chute mardi à mi-séance, dans un contexte toujours marqué par les craintes pesant sur l’euro et sur la dette de certains pays européens.

    L’indice Nikkei perdait 2,4 % à 9,526.97 points.

    L’indice sud-coréen Kospi perdait 3 % à 1.556,28 points.

    Les bourses néo-zélandaises, australiennes et taïwanaises étaient également en baisse.

    http://www.boursorama.com/internati...

  • permalien betov :
    25 mai @07h37   « »

    @RiGeL :

    Certes, on transforme le pétrole en toutes sortes de choses, mais qui dit qu’on doive transformer l’énergie en autre chose que de l’énergie ? Qui dit qu’il n’existe pas de substituts aux plastiques ? Non seulement il en existe depuis la nuit des temps (verres, cartons,...), mais il en existe déjà de nouveaux, ne serait-ce que pour les sacs en "plastic" bio-dégradable, non ?

    Je ne suis pas spécialiste des approvisionnements en matières brutes, mais il me semble que les quantités des dérivés du pétrole sont sans commune mesure avec la gabegie pétrolière. Ayant la chance de vivre à la campagne, j’ai tendance à prendre la mode catastrophiste avec des pincettes. Le pécouse sait que la terre est inépuisable et très fortement sous exploitée. Qu’on l’épuise avec des technique démentielles et qu’on la sur-exploite pour des causes totalement inutiles et sur des motifs de non orientation vers le bien de tous est une autre histoire...

  • permalien loiis :
    25 mai @08h02   « »
    Une banque nationalisée en Espagne

    Une banque nationalisée en Espagne : http://miilka.wordpress.com/2010/05...

  • permalien betov :
    25 mai @11h25   « »

    On dirait que c’est parti. Aujourd’hui, l’interdiction des ventes sur position nues, semble faire toute la preuve de sa redoutable efficacité, Par la démonstration de trapèze volant. "Violent", même, le trapèze. :))

  • permalien Pipas :
    25 mai @12h14   « »
    D’ici 2012...

    L’interdiction des ventes à découvert, selon cet article, ne passerait pas en droit positif européen avant 2012. Ensuite seulement les Etats membres ratifieraient, ou pas. Il peut s’en passer des choses, d’ici 2012. http://finance.blog.lemonde.fr/cate...
    C’est avec une certaine émotion que je me souviens de la période historique où le courage politique a éradiqué la menace des paradis fiscaux, et cetera desunt.

  • permalien BA :
    25 mai @16h35   « »
    Panique à la Banque Centrale Européenne !

    Mardi 25 mai 2010 :

    La Banque centrale européenne (BCE) a alloué mardi environ 106 milliards d’euros aux banques implantées en zone euro dans le cadre de son appel d’offre hebdomadaire.

    Au total, 83 établissements ont demandé des liquidités, au taux fixe de 1 % au cours de cette opération, précise la BCE dans un communiqué aux marchés.

    Toutes les demandes ont été honorées, comme le veut la règle depuis la fin 2008.

    Après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, la BCE avait décidé de mettre à la disposition des banques autant de liquidités qu’elles le souhaitaient afin d’éviter une asphyxie du marché monétaire, et par ricochet une pénurie du crédit.

    http://www.romandie.com/infos/news/...

    Ce pauvre Jean-Claude Trichet ne sait plus quoi faire pour empêcher le naufrage du Titanic "ZONE EURO".

    C’est la panique, Jean-Claude !

    C’est la panique à la Banque Centrale Européenne !

    Dans les cales du Titanic "ZONE EURO", l’eau s’engouffre de toutes parts.

    Vas-y Jean-Claude !

    Balance encore plus de liquidités !

    Comme si ça pouvait empêcher le Titanic de couler !

  • permalien Rh :
    25 mai @21h07   « »

    Pour la flexibilisation du monde du travail, c’est déjà acté. On entend déjà les idéologues habituels déclarer que le marché du travail espagnol est trop rigide, et qu’il faut le flexibiliser pour diminuer le chômage.

  • permalien Pipas :
    25 mai @21h57   « »
    En route vers la Grande Relance Tatcherienne ?

    Entendu ce matin sur BFM de la bouche d’Alain Madelin : ce qu’il faut, c’est une politique de relance tatcherienne, une politique de relance par l’offre, plus de liberté, plus de concurrence
    Et encore, de la bouche d’autres intervenants : les réactions keynésiennes à la crise sont simplistes... prenez l’exemple de la GB sous Tatcher, les statistiques prouvent qu’après une période d’austérité...

    Accrochez vos ceintures !
    La faille temporelle est ouverte !
    Décollage imminent !

  • permalien de la margelle :
    25 mai @23h42   « »

    17 mai 2010
    La BCE va commencer à éponger les liquidités excessives (16,5 milliards d’euros )
    25/05/10
    La BCE a prêté plus de 106 milliards d’euros lors de son appel d’offre hebdomadaire

  • permalien Onubre Einz :
    26 mai @06h14   « »
    Les USA s’acheminent vers un Collapsus.

    On peut s’interroger sur les USA qui risque fort d’être conduit à une situation similaire tant leur dette publique devient inquiétante .

    http://criseusa.blog.lemonde.fr/201...

    http://criseusa.blog.lemonde.fr/201...

    http://criseusa.blog.lemonde.fr/201...

    http://criseusa.blog.lemonde.fr/201...

  • permalien ergsee :
    26 mai @14h23   « »
    Les politiques ???!!késako

    Incapables d’anticiper pour des raisons conjoncturelles à répétition, donc structurelles, nos élus , pour 80% d’entre eux visent l’enrichissement personnel et familial.
    577 députés et 348 sénateurs... !!! ça ne vous parait pas exhorbitant ?
    300000 € de coût annuel pour les uns et 500000€ pour les autres, vous trouvez ça normal ?
    Et pendant ce temps là, haro sur les chefs d’entreprise qui créent le présent et l’avenir.
    Non..je vous jure .. 1930 peut être mais guerre ..civile..probable ..
    Cette fois ci, l’exode sera sans doute celui des créateurs que d’autres cieux combleront.
    Un point positif.. Ne pas servir de retraites au baby boom aura un impact positif sur notre productivité.

  • permalien TSA7516 :
    27 mai @10h27   « »
    go, go, go !!!

    Enfin des perspectives enthousiasmantes pour des jeunes précaires comme moi, donc futurs héritiers d’un jusque-là triste bordel. Grâce à ces idées de secours, nous, les sans-actifs, nous les sacs-à-passifs, pouvons nous préparer à plusieurs éventualités assez grisantes : un plan d’austérité européen, donc des rues d’Europe bien peuplées et à la clé une taxation de la finance (pour aller vite) ; ou on continue nos vi-vies en attendant que tout se casse la gue-gueule et aboutisse à une saisie générale des banques par les Etats. Et cette idée que l’horloge qui pourrait (pour une fois) jouer en notre faveur... j’adore (laissons-les scier et reposons nos bras). Heureusement qu’il reste des gens capables d’envisager plusieurs hypothèse et des plans B, je ne supportais plus les Alain Minc et leur "on continue, quitte à miser toujours plus parce que si on perd, c’est l’apocalypse"(je comprenais un peu près ça).
    Bref. J’aurais aimé ici développer l’hypothèse de la nationalisation des banques, enfin surtout partager mes questions sur ce point. Prenons l’exemple de BNP PARIBAS, est-ce encore réellement une banque française ? Le siège est certes à Paris, mais c’est, si mes souvenirs sont bons, la première banque européenne et la 5ème mondiale en termes de résultat. Je pensais donc à un scénario parmis tant d’autres :
    La crise s’aggrave mollement, BNP PARIBAS continue les acquisitions (comme avec FORTIS), pendant ce temps les électeurs européens se radicalisent et se gauchisent, face aux "marchés" une sorte d’Europe politique se bricole à l’arrache, la croissance ne revient pas en Europe, on bricole une Europe sociale pour calmer la rue, les caisses des Etats se vident de chez vide, les échéances fatales se rapprochent, de plus en plus d’Etats européens taquinent le défaut, les banques n’arrivent plus à savoir lesquelles sont les plus exposées car elles sont toutes surexposées tant le risque du défaut est général, elles ne se prêtent plus entre elles, et ne peuvent plus se tourner vers les Etats, donc patatra... Quel type alors de nationalisation quand on connait, je reprend mon exemple, la dimension d’une banque telle que BNP PARIBAS ? Est-une nationalisation par l’Etat français qu’il faudrait alors envisager ou bien une nationalisation du genre par "les Etats d’Europe Unis" qui aurait peut-être plus de sens car plus à la mesure de la société en question ?
    Je ne suis pas pressé, donc si cette question a un peu de sens peut-être trouverai-je plus tard la réponse dans un article ou un de vos livres.
    Encore merci de nous aider à décrypter tout ça et de plancher sur ces scénari alternatifs.

  • permalien yanni :
    1er juin @03h31   « »

    Les raisons de la crise sont simples : sur abondances du crédit depuis les attentats du 11/09 2001 mais aussi d’une manière générale depuis que mr Greenspan a pris la tête de la F.E.D.

    Si il y a création monétaire, ou si le rapport entre le taux de croissance et les taux d’intérêts est neutre voir négatif il y a obligatoirement inflation, soit des prix soit des actifs (bulles).

    Mr Bernanke a dit au printemps 2006 que les risques que faisaient courir l’éclatement d’une bulle étaient plus important que les risques de ralentissement économique et que donc il s’emploierai a diminuer la masse monétaire, se qu’il a essaye de faire des sa prise de fonction, mais la réaction des marchés et la volonté politique de l’administration Bush l’en on empêché
    On connaît la suite
    L’administration Clinton a aussi sa responsabilité en ayant favorisé par une réglementation bancaire l’accès au crédit immobilier a des foyer modestes n’ayant pas les moyens d’assumer le remboursement des dits prêts

    Les normes I.F.R.S imposées a la suite de l’affaire Enron sont une aberration comptable responsable de la disparition des fond propre des banques ne pouvant évaluer un actifs non liquide

    On le comprend facilement les raisons de la crise sont des réglementations mal adaptées et un interventionnisme politique

    Au lieu de tirer comme conclusion de cette crise qu’il faut renforcer le rôle de l’état c’est l’inverse qui doit être fait, et laisser au marché le soin de s’auto réparer lui-même, il est le seule a pouvoir le faire, l’économie générant de nouvelles crises évolutives donc non reproductives, une réglementation est des lors obligatoirement inadapté puisque elle aura pour but d’empêcher une crise de se reproduire se qui n’est jamais le cas

    On dira alors qu’il est immorale de demander a l’état de renflouer les banques, les acteurs économiques ou qui que se soit en cas de crise ?
    La réponse est simple l’état s’approprie entre 30 et 50 % suivant les pays du P.I.B c’est un de ses rôle d’intervenir financièrement en cas de crise, comme c’est son rôle de créer les infrastructures nécessaires au développement économique, au system éducatifs, de santé etc…
    Par la suite les conclusions sur la viabilités des activités sauvées devrons être laissés au soin du marché, mais une fois que le risque systémique est passé ,et que le choque sociale a pu être amortie

  • permalien
    3 juin @21h15   « »

    1- les éléments que vous indiqués dans la participation ci-dessus avaient pour objectifs pour la plupart de sortir de la crise de 2001 (et avant, de ... etc).

    2- les crises précédentes avaient une cause qui fondamentalement la même qu’ici.

    3- si les salaires américaines étaient suffisant, ils pourraient payer les prix revendiqués pour l’immobilier US. Il n’y aurait donc... pas de crise de subprime...

  • permalien titi04 :
    3 juin @22h15   « »

    Pourquoi devrait-il y avoir toujours un projet pour le Monde alors qu’il est constitué d’une diversité telle qu’il en est impossible à faire le tour à travers une quelconque idéologie ?
    L’idéologie capitaliste et libéral économique, elle, ne s’accomode pas de cette diversité et je pense qu’elle est prête à en écraser une grande part pour assouvir un projet, une vision du Monde (je prends l’exemple de ce chef indien d’Amazonie venu en Europe pour qu’on l’aide à faire renoncer le Président brésilien -pourtant soit disant de gauche - à construire un barrage hydrolique qui engloutirai le territoire où son peuple vit) et l’appliquer sur la Terre. Mais pour qui, pour quoi, pour quelle raison ?. Je ne vois dans tout cela que cette vision prométhéenne de l’homme divin devant toujours se surpasser, pousser les choses toujours plus loin sans considération aucune des hommes et de la nature.

    Alors à mon humble avis, il faut de nouveau vivre sur son territoire mais je m’aperçois que cela n’interpelle plus personne car nous ne sommes plus rattaché, en harmonie avec la nature qui elle, nous donne des signes tangibles et concrets dans le temps et tout le temps !

  • permalien Le Niais :
    6 juin @16h17   « »

    Bonjour Monsieur,

    Permettez à un simple citoyen de se poser quelques questions sur le fonctionnement des marchés financiers.
    L’ensemble des dirigeants politiques, des économistes, et autres « responsables planétaires », évoque l’impérieuse nécessité de réglementer, en mettant fin à l’autorégulation qui a montré ses limites.
    La mondialisation constitue, me semble t’il, une tendance quasi irréversible, dans un contexte de circulation grandement accélérée, des idées, des connaissances, des biens et services, à travers notre planète.

    Existe t’il une (ou des) institution(s) capable(s) d’obtenir un consensus sur quelques réformes simples et de bon sens ? O N U, F M I, G 20 ... ?

    Voici quelques pistes, peu évoquées ( à ma grande surprise), susceptibles d’apporter une amélioration considérable au fonctionnement et à l’efficience des marchés.

    1) Fin des marchés de gré à gré.
    Les transactions sur titres, monnaies, matières premières, produits agricoles … ne seraient autorisées que sur des marchés réglementés.

    2) Fin des cotations « en continu ».
    Organisation de quatre fixings par jour ( espacés de 6 heures)pour chaque marché, pour prise en compte des fuseaux horaires.
    La simultanéité pour l’ensemble des pays renforcerait les volumes, permettrait un meilleur accès à l’information et à son analyse, rendant les marchés plus efficients et transparents.

    3) Autorisation des ventes à découvert.
    L’accroissement de la liquidité des marchés généré par ces opérations est plus bénéfique que nuisible, à condition de rendre accessible à tous l’information sur les montants d’achats et de ventes à terme ainsi que sur les prêts/emprunts de titres.

    4) Limitation des accès aux systèmes de transferts électroniques ( type SWIFT …)
    et aux sociétés de clearing, aux sociétés et organismes respectant un cahier des charges défini.
    Ce cahier comprendrait notamment l’obligation de pouvoir produire, sur demande autorisée, les identités des donneurs d’ordres, des bénéficiaires et en particulier des personnes physiques disposant de signature et de leurs mandants.

    5) Instauration de taxes sur les transactions, type impôt de bourse, individualisées par type de marché, mais uniformisées au plan mondial, collectées par les intermédiaires au bénéfice des états de localisation des marchés et /ou d’institutions supranationales ( type FMI,BIRD, ..)

    Vous remerciant de vos commentaires, je vous adresse, Monsieur, l’assurance de ma considération.

  • permalien yingyiang :
    15 juin @13h45   « »
    subprimes à la française... On est sauvés !!!

    arf ,je crains le pire pour la suite ... et pour mes 2 pitchounettes...

    solution :
    - casser mon PEL ,retirer tous mes actifs ( de prolo moyen et acheter de l’or (pas papier ,ça vaut mieux...)
    - faire des grosses courses avant que ça pète,
    - trouver une vieille bicoque isolée dans le larzac avec du terrain
    - y mettre poules et moutons
    - planter des patates
    - trouver une source d’eau sur le terrain et creuser un puits
    - garder un calibre à portée de main pour les jours sombres...

    bon en attendant ,vais voir ma banquière pour obtenir un prêt !!
    à ce propos ,lisez ça ,ça va vous plaire :

    http://weinstein-forcastinvest.net/...

    Comme quoi on oublie vite...

    Votre avis sur ma technique de survie ? lol... ?

  • permalien etienne :
    20 juin @18h14   « »

    Pareil à l’enchaînement grec, mais en plus violent puisque magnifiquement coordonné à l’échelle du continent entier ou presque, l’ajustement budgétaire forcené a les plus grandes chances de se mettre en échec lui-même et de produire le résultat exactement inverse de celui qu’il croit atteindre : le rétablissement de la solvabilité des dettes souveraines. Dans le meilleur des cas, la réduction ultra-lente des déficits laissera se faire le cumul boule de neige des dettes et, récession à l’appui, l’explosion des ratios Dette/PIB. Craignons le jour où les investisseurs prendront conscience de l’impasse, du mur au bout et de la joyeuse vitesse du convoi.

    Il est effectivement stupéfiant de constater l’ignorance crasse et la bêtise insigne des dirigeants européens : le ratio dette/PIB dépend directement de l’écart entre les taux d’intérêts des dettes souveraines et le taux de croissance du PIB. Plutôt que de permettre un financement des dettes publiques à des taux nuls ou quasi-nuls tout en relançant la croissance des économies par une hausse des dépenses publiques, c’est exactement l’inverse qui est mis en oeuvre...à ce titre là, ce n’est plus l’effet "boule de neige" de la dette qu’on enclenche, mais une véritable avalanche.

    Les "marchés" ne sont d’ailleurs pas aussi cons qu’ils en ont l’air : l’agence Fitch a pointé les effets récessionnistes des politiques de rigueur à propos de la notation des titres espagnols. On frôle le surréalisme : les Etats "bons élèves", qui appliqueront avec le plus de zèle les politiques de rigueur seront ceux qui seront les premiers punis par ces mêmes "marchés", qui leur ont pourtant prescrit ces thérapies...

    Les gouvernements grecs, portugais, espagnols...et français, le doigt sur la couture, sont en train de précipiter leurs pays dans une récession douloureuse et durable, tout en aggravant le problème qu’ils sont supposés résoudre : comment accélérer droit dans le mur en klaxonnant, tout en se tirant une balle dans le pied...

    Par contrecoup, l’Allemagne, dont la croissance dépend fortement de ses exportations vers la zone euro, contribue par son entêtement à sa propre perte, et risque de dévisser en accompagnant ses camarades de cordée les PIGS au fond du gouffre : mais comment peuvent-ils être aussi bêtes ?

  • permalien etienne :
    20 juin @18h17   «

    Suite

    Le plus dingue dans l’histoire est que rien n’interdit réglementairement aux Banques Centrales nationales de se remettre à fabriquer des euros en douce pour financer les dettes publiques. Les gouvernements des des Etats les plus endettés ont la solution sous la main, et ils ne la voient même pas !
    Bien entendu, ça se verrait assez vite, et cette solution non coopérative ficherait en l’air instantanément la zone euro, mais il est incroyable que les Etats concernés ne se servent pas de ce chantage pour faire pression sur la BCE et l’Allemagne.

    Les gouvernements Brüning en Allemagne, MacDonald en Grande-Bretagne et Laval en France dans les années 1930, qui avaient méthodiquement précipité la crise, avaient au moins une excuse : la "Théorie Générale" n’était pas encore publiée.

    Que nos dirigeants actuels fassent les mêmes conneries 80 ans plus tard, le tout au nom d’une Europe ni faite ni à faire qu’il s’ingénient à détruire sans le savoir, est proprement incompréhensible, voire franchement comique.

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