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Afghanistan : ave Petraeus !

vendredi 25 juin 2010, par Philippe Leymarie

Vingt minutes : c’est le temps qu’il aura fallu au président Barack Obama pour limoger le général Stanley McChrystal, commandant en chef des troupes américaines et de l’OTAN en Afghanistan. Et pour remplacer l’élève par le maître : le général David Petraeus, qui était déjà patron du Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom), c’est-à-dire de l’ensemble des troupes américaines dans le Golfe, en Irak et en Afghanistan. « On se moque de savoir qui commande, a fait aussitôt savoir Yousouf Ahmadi, un des porte-paroles réguliers du commandement taliban : nous combattrons les envahisseurs jusqu’à leur départ. »

Ancien chef des opérations spéciales de l’US Army, McChrystal – qui remplaçait le général David McKiernan, remercié par le président américain en juin 2009 – avait :

- remis la population au cœur de la stratégie de l’OTAN ;
- mis un frein aux frappes aériennes (génératrices de « bavures » et autres « dommages colatéraux ») ;
- demandé aux GI’s de sortir des casernements (et donc de prendre des risques avec leur propre sécurité) ;
- convaincu l’exécutif américain d’envoyer 30 000 hommes en renfort (au prix d’une périlleuse annonce de début de retrait à partir de l’été 2011) ;
- banni l’alcool sur les bases de l’OTAN ;
- fait fermer des postes dans les secteurs les plus reculés, pour concentrer davantage de forces au sein des zones peuplées ;
- et poursuivi la politique "d’afghanisation" (armée et police).

La « grande offensive » lancée en février dernier dans la région rurale de Marjah, dans le Helmand (sud), un des bastions talibans, n’avait pas convaincu. Le général en préparait une autre, plus importante, sur Kandahar, mais qui - de son propre aveu - avait pris du retard. Les chefs militaires de l’OTAN avaient prévenu que les premiers signes positifs du changement de stratégie ne pourraient être constatés avant la fin 2010, au plus tôt.

Le général, à défaut de rencontrer l’assentiment des populations, semblait au moins avoir gagné la confiance du président afghan, M. Hamid Karzaï, ainsi que celle d’une majorité de diplomates et chefs militaires étrangers : « Avant McChrystal, c’était une basse-cour, remplie de poulets courant dans tous les sens, commente un diplomate cité par l’AFP. Aujourd’hui, tout le monde marche dans la même direction ». [1]

Le limogeage du général tient à ses propos imprudents et cavaliers (dits « d’après-boire » !) recueillis par le périodique Rolling Stones, qui ne témoigneraient pas de « l’unité dans l’effort » exigée par la situation… et par le président américain. Mais McChrystal est aussi victime de la dégradation du contexte sécuritaire de ces dernières semaines : dès avant le 23 juin, on savait que ce mois serait le plus meurtrier pour les forces internationales (79 morts). A trois reprises, ce mois-ci, une dizaine de soldats de l’OTAN sont morts durant une même journée. Depuis le début de l’année, la coalition a essuyé plus de 300 pertes, ce qui laisse augurer d’une année plus difficile que 2009, considérée comme « l’année terrible » (520 morts).

Armée de Babel

Petraeus est l’homme du « surge » (le sursaut, le retournement de situation, la montée en puissance), la politique finalement endossée par le président Obama :

- ce général - un des plus décorés de l’armée américaine - avait réussi à retourner partiellement la situation en Irak, à partir de 2007, en saisissant l’opportunité de s’appuyer sur le ralliement des chefs de tribus sunnites (la branche ethno-religieuse à la quelle se rattachait le régime de Saddam Hussein, ainsi que la majorité de la population de la région de Bagdad).
- Il est aussi le chef militaire qui, dès 2006, avait fait de son manuel de contre-insurrection un outil politico-militaire, porteur d’une alternative. Depuis – a relevé le colonel Michel Goya, de l’IRSEM, lors des Assises de la recherche stratégique, à Paris, le 24 juin dernier –, les experts en contre-insurrection débattent de cette question des tribus, et de leur place dans une stratégie de reconquête « du cœur et des esprits ».

Petraeus se retrouve à la tête d’un contingent militaire étranger en Afghanistan désormais plus important que celui d’ Irak, mais qui – au fil des renforts décidés par le président Obama – est de plus en plus américain : la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) qui regroupe les contingents de l’OTAN – une armée de Babel, quasi ingouvernable en raison de l’hétérogénéité des règles d’engagement (extrêmement restrictives pour le Japon, très limitatives pour les troupes allemandes, etc.) – sera désormais très minoritaire, et de plus en plus cantonnée aux tâches de formation, entraînement, conseil de l’armée et de la police afghanes.

Exagérément négative

Officiellement, il n’est pas question de changer la stratégie dite « globale » qui a été adoptée par les Alliés au sommet de l’OTAN à Bucarest en 2008, et confirmée au sommet de Strasbourg-Kehl en 2009. Le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, relevait à la mi-juin « des progrès », et soulignait que la nouvelle stratégie américaine n’était en œuvre que depuis quatre mois, l’ensemble des renforts annoncés n’étant pas encore à pied d’œuvre. Il jugeait alors « tragique mais inévitable » que de nouvelles victimes soient à déplorer parmi les soldats américains, alors que les troupes avancent vers des zones tenues par les talibans : « C’est dur et nous subissons des pertes significatives comme nous l’anticipions », a déclaré quelques jours plus tard Robert Gates, pour qui « la situation est dépeinte d’une manière exagérément négative ». [2]

Le secrétaire à la défense a rappelé que « l’armée afghane devrait être prête à assumer des responsabilités de base en matière de sécurité dans certaines régions d’Afghanistan d’ici un an, à compter de juillet 2011 ». Le général Petraeus, entendu par une commission du Sénat à la mi-juin, avait assorti le début de retrait des militaires américains d’une série de conditions : il sera en première ligne pour les valider sur le terrain ...

La nomination du « sauveur de l’Irak » est sans doute une des dernières cartouches dont dispose le président Obama, afin de « finir le travail » – pour reprendre une expression souvent utilisée dans le milieu militaire. Mais cette valse des grands chefs [3] , intervenant quelques mois après une autre, fait tout de même désordre, dans le contexte dramatique du moment. Elle souligne également, par défaut, combien les Européens et autres alliés au sein de l’OTAN sont à la remorque des Américains, dans ce conflit où ces derniers décident de tout.

Pendant ce temps, une enquête effectuée par cette même commission du Congrès américain a établi qu’en sous-traitant à des entreprises privées la protection des convois américains d’armes et de ravitaillement en Afghanistan, le Pentagone finançerait indirectement les chefs de guerre et peut-être même les talibans !

Notes

[1] Cf. Karim Talbi, Afp, Kaboul, 24 juin 2010.

[2] Cf. AFP, Washington, 20 juin 2010.

[3] Elle se double de changements importants dans la direction afghane, avec la mise à l’écart récemment du ministre de l’intérieur et du chef des renseignements.

47 commentaires sur «  Afghanistan : ave Petraeus !  »

  • permalien algèbre :
    25 juin 2010 @19h44   »

    Excellent article, complet et pertinent. Obama est empêtré dans cette guerre prepaée et executée par les néo-conservateurs et ce n’est pas en changeant le commandement americain qu’il pourra mettre fin à l’insurrection des Talibans mais on sait depuis fort longtemps qu’aucune armée n’est arrivée à reduire l’insurrectioin d’un peuple soucieux de sa liberté à l’instar du peuple Afghan. Quant à la reussite présumée du Général PETRAEUS en Irak, elle est éphémère comme le montre la reprise de la lutte armée... Comme votre journal l’a montré le simplisme des prémisses idéologiques, les mensonges et les manipulations qui ont servi à la légitimation de ces deux guerres ne peuvent avoir une solution dans un programme de communication... Les chiens de garde et les entrepreneurs moraux ne leur restent que la redemption pour expier leur péchés ou de s’accroher éperdument à un accomplissement futur de la conversion du colonalisme en "démocratie libératrice". Sans risque de se tromper, on peut généraliser ce raisonnement sur la crise économique et son traitement médiatique ou concernant le problème palistinien

  • permalien
    25 juin 2010 @21h40   « »

    La seule personne qui ai réussi à vaincre les populations de ces contrée lointaine, fut Sémiramis ( 1400 avant JC). alors que les armées de l’empereur de Ninive s’enlisaient dans un siège interminable.
    Voir Diodore de Sicile "Naissance des dieux et des hommes". collection les belles lettres.
    L’empire perdra sur toute la ligne. militaire et économique.

  • permalien Bob :
    25 juin 2010 @21h49   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    C’est notre vieil ami Eyjafjallajökull qui a grillé le général Stanley McChrystal en fait, à cause de lui Michael Hastings et le général Stanley McChrystal et sa petie bande sont restés coincés dix jours à Paris, au lieu des deux jours prévus initialement, ils sont allés ensembles en car à Berlin, etc. Au bout du compte ils sont restés ensembles un mois complet.

    Stanley McChrystal est un effet collatéral de l’éruption du volcan islandais, avec le temps et la promiscuité, l’attention s’est relâchée, les militaires ne faisaient même plus attention à lui, ils le trouvaient plutôt sympathique, picolaient ensemble et voilà, ce qui devait arriver arriva...

    Ce qui est grave, c’est que ce sont des types comme eux qui ont la charge de mener une guerre absurde et meurtrière depuis bientôt neuf ans, soit plus que celle du Vietnam si je me souviens bien, ou ça ne saurait tarder et qu’elle n’a strictement aucune chance de réussite s’accordent à dire tous les analystes sérieux.

    Enfin avec le général David Petraeus, on ne risque pas d’avoir les mêmes dérapages verbaux, il a la réputation d’un "faillot" de première, discipliné comme un robot, avec des canines qui raient le parquet et un QI de la taille des ses rangers, en mesures US bien entendu ; il a le profil idéal quoi !

  • permalien jmartin :
    26 juin 2010 @12h04   « »

    Malheureusement, « surge » n’a jamais signifié un sursaut, ou un retournement de situation, mais, avec l’idée d’une vague, d’une poussée, d’un flot grossissant, ce n’est qu’une montée en puissance.

    C’est bien le problème ! On ne retourne rien, on reste sur le même chemin. On augmente les troupes, et on accroît l’insurrection. On augmente la gabegie, et on accroît la corruption. On centralise, on renforce, on insiste, on persévère, on s’obstine !

    Plus que votre erreur de traduction, c’est notre mauvaise perception qui voudrait nous faire espérer un sursaut ou un retournement...

  • permalien K. :
    26 juin 2010 @15h13   « »

    « Irak, Afghanistan : 500.000 victimes américaines au total », en comptant les blessures et les maladies, affirme Matthew Nasuti, un ancien capitaine des Forces aériennes US et procureur adjoint de la ville de Los Angeles qui a travaillé pour le Département d’État en Irak pendant une période :

    Selon ce schémas, les dommages chroniques et de nombreux dommages aigus internes, telles que la déficience auditive, les douleurs du dos, une légère blessure traumatique du cerveau, les problèmes de santé mentale et une foule de maladies subies par le personnel en Irak et en Afghanistan ne sont généralement pas considérés comme étant liés à la guerre, aussi débilitants soient-ils. Ils sont généralement regroupés dans la catégorie des “dommages non-hostiles” ou ne sont tout simplement pas comptabilisés du tout.

  • permalien Henry :
    26 juin 2010 @15h13   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    Selon le Los Angeles Times le général McChrystal pourrait ne pas être le seul à sortir du jeux, la prochaine tête à rouler pourrait être celle de Richard C. Holbrooke, l’envoyé spécial pour la région, qu’ils décrivent comme "un homme décapité, pouvant encore marcher quelque temps". Karl Eikenberry, l’ambassadeur des États Unis à Kaboul serait également dans le collimateur présidentiel, qui jugerait le leadership civil "complètement dysfonctionnel", son collège à Bagdag vient d’ailleurs d’être remplacé sans explication par James Jeffrey, qui était jusqu’ici en poste à Ankara. Ça bouge décidément pas mal ces temps-ci, si ce n’est que sur le terrain le moral et la confiance des troupes ne sont pas au mieux, du côté de la coalition tout au moins.

  • permalien K. :
    26 juin 2010 @16h02   « »

    “Surge”, “CT”, “COIN”, et à Marjah, Kalim le boulanger, qui a « trop peur de retourner à son métier », dit :

    Nous avons ici le sous-gouverneur, la police, l’armée afghane, les Marines, et avec toutes ces forces ils ne peuvent pas vaincre les talibans ; qui va nous protéger ?

  • permalien Henry :
    26 juin 2010 @16h20   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    En effet la théorie de contre-insurrection dont le général Petraeus est l’architecte est en Afghanistan au moins, un peu à l’image de ce dernier s’effondrant mardi matin lors de son audition au sénat américain, sur justement la situation en Afghanistan, difficile de ne pas faire le rapprochement. Ce pays est la tombe des empires, cela se confirme.

  • permalien K. :
    27 juin 2010 @00h31   « »
    Afghanistan : aye Petraeus !

    Une bonne question de Laura Rozen : Et si, conscient de l’échec irrémédiable du “COIN” et ne voulant pas qu’on lui en impute la responsabilité, McChrystal avait agi ainsi exprès pour se faire virer ?

    Ce qui m’amène personnellement à une autre question : Et si Obama avait fait exprès de nommer à sa place Petraeus, un concurrent potentiel aux prochaines présidentielles, pour le couler ?

  • permalien K. :
    27 juin 2010 @01h32   « »

    Les analyses de Gareth Porter d’IPS :

    ...les rapports de l’an dernier sur l’élaboration des politiques de l’administration Obama montrent clairement que Obama n’a cédé aux pressions militaires en 2009 pour un déploiement de troupes en 2010 que dans le cadre d’un compromis en vertu duquel McChrystal et Petraeus acceptaient un surge de 18 mois.

    Il était également clair, aussi bien pour les officiels civils que militaires, que, une fois le surge achevé, l’administration devait entrer en négociations pour un règlement de la guerre.

    Les compétences politiques de Petraeus et sa capacité à vendre une stratégie reposant sur un règlement négocié offrent à Obama une flexibilité plus grande que celle qu’il a eu avec McChrystal.

    Par ailleurs sur le site “the Real News”, Gareth Porter affirme dans une interview que l’Afghanistan ne revêt pas d’importance stratégique réelle pour les Etats-Unis et que ces atermoiements « sont en grande partie, si ce n’est exclusivement, motivés par des considérations de politique intérieure. »

  • permalien Tchavolo :
    27 juin 2010 @13h36   « »

    Ave Petraeus, morituri te salutant !

  • permalien K. :
    27 juin 2010 @14h59   « »

    Ave Petraeus, morituri te salutant !

    Le 16 Juin, à Lahore, un chauffeur de pousse-pousse, sa femme et ses trois enfants ont pris du poison, poussés au désespoir par l’extrême pauvreté. Seule la femme a survécu. Le 17 Juin, un autre jeune homme s’est suicidé poussé à bout par la pauvreté et le chômage. Le 18 Juin, le ministre de l’Information pakistanais Qamar Zaman Kaira a conseillé aux gens qui tuent leurs enfants à cause de la misère de les remettre plutôt au Baitul Mal (le trésor islamique qui sert de système d’aide sociale). Aujourd’hui, à Rahim Yar Khan, une femme d’une trentaine d’années a sauté devant un train qui approchait avec ses trois enfants, âgés de 2 à 7 ans. Tous sont morts sur le coup ...

    En même temps, le Pakistan a reçu les trois premiers, parmi un lot de 18, avions de combat F-16 des États-Unis. Il a également reçu plus de 10 milliards de dollars en aide militaire depuis 2002. Voyez-vous, c’est pour la sécurité des Pakistanais.

  • permalien Henry :
    27 juin 2010 @19h08   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    Au fait depuis le temps, les troupes de la coalition y sont pourquoi déjà en Afghanistan ?

    Pour la guerre du Golfe, je me rappelle de l’attaque de l’Irak contre le Koweït, OK, pour la guerre en Yougoslavie de l’attaque des Serbes au Kosovo, OK, pour la 2ème guerre du Golfe on nous a dit depuis qu’il n’y avait pas de bonne raison, OK, (Sauf que du coup on se demande ce qu’y fichent encore les Ricains aujourd’hui…) mais pour l’Afghanistan je ne me souviens plus !

    Ils avaient fait quoi déjà, pour qu’on leur fasse une guerre ?

    Peut-être quelqu’un se souvient-il et pourrait m’aider ?

  • permalien
    27 juin 2010 @19h30   « »

  • permalien Henry :
    28 juin 2010 @15h43   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    Dans sa chronique habituelle du Guardian, Robert Fisk observe avec la pertinence qu’on lui connaît, (la plupart du temps) que Mr Obama n’est pas toujours aussi susceptible et sévère, qu’il vient de l’être avec son général américain 4 étoiles, par exemple quand depuis plus d’un an Netanyahu ne cesse de l’humilier et l’insulte au bas mot toutes les semaines...

  • permalien
    28 juin 2010 @17h43   « »

    Les véritables raisons de l’éviction du général McChrystal par le président Obama
    Le président américain Barack Obama a annoncé aujourd’hui avoir révoqué le général Stanley McChrystal, en invoquant ses propos désobligeants sur l’exécutif.

    En réalité, l’éviction du chef militaire en Afghanistan serait due a son incapacité à reconquérir le district Marjah, lors de « l’opération moshtarak » il y a quelques semaine, et plus encore suite à l’annulation de l’offensive dans la province de Kandahar, fief de la résistance afghane.
    Source : Mécanopolis

    Ce que relève K ci dessus me parait plus vraisemblable

    Une bonne question de Laura Rozen : Et si, conscient de l’échec irrémédiable du “COIN” et ne voulant pas qu’on lui en impute la responsabilité, McChrystal avait agi ainsi exprès pour se faire virer ?

    maintenant qu’il a vu à qui il a affaire..
    Et K ajoute

    Ce qui m’amène personnellement à une autre question : Et si Obama avait fait exprès de nommer à sa place Petraeus, un concurrent potentiel aux prochaines présidentielles, pour le couler ?

    De la à supposer qu’Obama et Mc Chrystal se soit préalablement mis d’accord sur ce coup..le chemin n’est pas long et cela expliquerait que le "cas" fut régler en 20 minutes.. De plus Obama et Mc Chrystal ont l’air du même moule idéologique, sans parler que ce dernier fut nommé à se poste par le premier, des bons pots quoi .

  • permalien
    28 juin 2010 @19h04   « »
    Afghanistan : à quand la liberté ?

    Ils avaient fait quoi déjà, pour qu’on leur fasse une guerre ?
    Peut-être quelqu’un se souvient-il et pourrait m’aider ?

    Depuis quand est-il nécessaire d’avoir fait quelque chose pour mériter une occupation ?
    Le mot "guerre" venant directement de l’endoctrinement atlantiste, ce mot ayant une connotation qui suppose un but, la victoire, alors que dans l’occupation le but est plus ambigu..
    Peut-on citer entre autre ; présence stratégique, oléoduc, minerais, et surtout utiliser et tester ce stock d’armes qui ne cesse de gonfler. En ce sens L’Afghanistan est très social, il permet à des travailleurs de produire et à l’économie de tourner, sans parler qu’il contribue au développement de la technologie.
    Cerise sur le gâteau, du même coup l’on réduit à néant une culture d’un autre âge (là bas où c’est tout obscure..) qui n’a plus rien à faire dans notre bon monde, où désormais les chevaliers sont assis derrière des consoles, à marquer des points qui se solde par la morts de gens vivant dans des conditions tribales à l’autre bout du monde.
    Le plus drôle de l’affaire est que la tribut par sa bravoure vienne à bout de cet armada humano-techno (ou l’inverse ?), comme quoi les bonnes valeurs du chevalier ou du cow-boy héroïque* fonctionne encore, seulement elle ont changé de camps..

    Yousouf Ahmadi, un des porte-parole réguliers du commandement taliban : "nous combattrons les envahisseurs jusqu’à leur départ."

    Il me parait difficile de mettre en doute sa détermination et de la trouver injustifiée.( Sans pour cela approuver ou désapprouver leurs mode d’être, c’est à eux à se construire)
    *Bien que l’ex. ne soit pas tout à fait pertinent, puisque dans ce cas nous avons affaire à des résistants, le mot devenant dans ce cas là acceptable dans tous ses sens..

  • permalien
    28 juin 2010 @20h25   « »

    Les deux posts précédent sont de Shiv7

  • permalien K. :
    28 juin 2010 @22h50   « »

    The Swoop : “la haute stature de Petraeus...”

    Selon notre évaluation, la haute stature de Petraeus auprès du public américain, permet à l’administration de calmer [les] inquiétudes à court terme [inquiétudes quant à savoir « si la stratégie actuelle de contre-insurrection peut atteindre le résultat souhaité, qui est celui de permettre un retrait des États-Unis en 2011 »].

  • permalien K. :
    29 juin 2010 @01h17   « »

    Notre empire de bases et de présence militaires mondiale a engendré une sous-espèce toute nouvelle d’Américains, une classe ou caste qui tire ses revenus, sa tradition, et dans de nombreux cas son histoire familiale de la longue expérience d’intervention militaire américaine à l’étranger.

    Ils sont les chevaliers de l’imperium américain, ce sont non seulement des militaires mais aussi des civils dont les intérêts sociaux, économiques, et politiques sont inextricablement liés à la croissance de l’empire.

    Cela inclut les contractants militaires, les administrateurs, les conseillers politiques de Washington qui viennent avec des justifications sans fin en faveur de la guerre - et, en fait, toute la classe politique à Washington, et leurs vassaux parmi les élites des villes côtières.

  • permalien Henry :
    29 juin 2010 @02h17   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    J’ai bien aimé les déclarations dimanche du Directeur de la CIA Leon Panetta admettant que la guerre en Afghanistan se révèlait plus dure et plus longue que prévu initialement... Heureusement qu’il le dit parce que l’on ne l’aurais pas remarqué !

    La courbe des morts prend une franche allure exponentielle de 2001 à 2009, et pour 2010, le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne s’arrange pas, en 6 mois le nombre de morts de toute l’année 2009 est dépassé laissant présager de 600 à 700 morts rien que pour 2010 si ça continue comme cela...

    Notons qu’il ne s’agit que des morts, les chiffres très supérieurs des blessés ne sont pas publiés...

  • permalien Henry :
    29 juin 2010 @02h39   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    Précisons aussi qu’on est entré en juin (99 morts) dans la période de l’année où les combats sont les plus violents (juin à octobre) du fait du climat, en 2OO9 il y a eu 335 morts rien que dans cette période sur le total de l’année de 521, cet été risque d’être très dur pour la coalition...

  • permalien Shiv7 :
    29 juin 2010 @16h40   « »

    Pendant que la pauvreté touche le peuple Afghan, les dollards destiné à l’aide s’envolent sous de meilleur cieux..

    Dans son édition de lundi, le Wall Street Journal a révélé que plus de trois milliards de dollars avaient quitté illégalement l’Afghanistan au cours des dernières années.

    http://online.wsj.com/article/SB100...

    http://www.theatrum-belli.com/archi... pour le résumez en français

  • permalien K. :
    29 juin 2010 @21h14   « »

    - Michael A. Cohen, analysant le cout humain du COIN à travers l’histoire (dans les pays conquis par Rome, et, de notre temps, aux Philippines, en Chine, en Algerie, au Vietnam, au Sri Lanka), montre à quel point celui-ci est meurtrier pour les populations civiles, et se demande au nom de quelle fantaisie les Etats-Unis croient pouvoir mener leur COIN en Afghanistan en épargnant autant que possible les civils.

    - C’est au tour de Ronald E. Neumann du site “Foreign Policy” de se raconter des fables : il veut « réformer la corrompue et inefficace police afghane. » Et s’il commençait par demander la réforme du très corrompu (mais très efficace par contre) système électoral US ?

    - Parce qu’il s’est montré écoeuré par ces histoires d’Alice au pays des yankees, l’envoyé spécial britannique en Afghanistan, Sir Sherard Cowper-Coles, a été démis de ses fonctions.

  • permalien K. :
    30 juin 2010 @11h00   « »

    On ne peut mieux dire :

    Petraeus marchera-t-il sur l’eau ou coulera-t-il ?

  • permalien Thucydide :
    30 juin 2010 @17h58   « »
    Afghanistan : ave Pétrin !

    Ce qui m’inquiète c’est que l’échec patent en Afghanistan est en fait l’échec d’une implantation solide des intérêts occidentaux en Asie Centrale.

    Entrer par la porte sud s’avérant plus que très compliqué, les portes Nord et Est trop bien tenues par la Russie et la Chine n’étant pas envisageables, ne reste que la porte Ouest, où les repérages diplomatiques et politiques sont en cours.

    Je serais Iranien je commencerais à mal dormir, et militaire euro-US à écrire mes dernières volontés.

    Car l’Iran, c’est l’Afghanistan à la puissance dix et l’affolement américain n’en est plus à un désastre près.

  • permalien Henry :
    30 juin 2010 @23h10   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    Shiv7
    28 juin @19h04

    Depuis quand est-il nécessaire d’avoir fait quelque chose pour mériter une occupation ?

    Bah depuis fin 2001 je dirais, non ? Avant et depuis début 2009 on essayait de trouver des prétextes, vous savez comme ces jours-ci, le navire soi-disant shooté par la Répubique Populaire de Corée, mais en fait miné par les US eux-mêmes.

    Pour l’Iran c’est pareil me direz-vous. Qu’a-on objectivement à leur reprocher ? Strictement rien ! Ils enrichissent de l’Uranium civil ? Et alors ? Ils en ont parfaitement le droit ! Les inspections ont-elles révélé des infractions au TNP ? Strictement rien ! Les dernières sanctions (Pour quels crimes ?) adoptées se fondent sur le non respect par l’Iran de sanctions antérieures qui sont elles aussi illégales, c’est kafkaïen pour le moins. Les 5 mafieux viennent de décider de contrôler les navires iraniens et les US ont envoyé des navires de guerre dans le Golfe Persique, (Avec la bénédiction du traître Mubarak) à quoi cela va-t-il aboutir ? Que cherchent-ils sinon la guerre ? Les Iraniens vont défendre leurs navires s’ils sont attaqués, c’est plus que sûr, n’importe quel pays qui se respecte ferait de même. Tous les experts occidentaux en matière de conflits armés prévoient une catastrophe au moins régionale épouvantable si l’on pousse l’Iran à la guerre, pourquoi jouent-ils donc avec le feu ? Les bourbiers afghan et d’Irak ne leur suffisent donc pas ? Ils veulent pire encore ?

    Pour ce qui est de vos remarques sur le terme "guerre", elles sont très pertinentes, à en croire Abdul Salam Zaeef, les Afghans ne font pas la guerre d’ailleurs, c’est le Jihad qu’ils mènent...

  • permalien Shiv7 :
    1er juillet 2010 @10h35   « »

    @ Henry

    Pour l’Iran c’est pareil me direz-vous. Qu’a-on objectivement à leur reprocher ? Strictement rien ! Ils enrichissent de l’Uranium civil ? Et alors ? Ils en ont parfaitement le droit !

    Tout à fait. Le processus est le même que pour les Afghans, d’une part on construit des prétextes bidons et d’autre part on diabolise un maximum la politique intérieur de ces pays afin de faire passer la pilule devant l’opinion mondiale.

    Que cherchent-ils sinon la guerre ? Les Iraniens vont défendre leurs navires s’ils sont attaqués, c’est plus que sûr, n’importe quel pays qui se respecte ferait de même.

    Cela s’appelle de la légitime défense, bien que ces dernier temps on ait tendance à appeler cela du terrorisme.

    Tous les experts occidentaux en matière de conflits armés prévoient une catastrophe au moins régionale épouvantable si l’on pousse l’Iran à la guerre, pourquoi jouent-ils donc avec le feu ? Les bourbiers afghan et d’Irak ne leur suffisent donc pas ? Ils veulent pire encore ?

    J’ai l’impression que la catastrophe risque d’être plus que régionale, bien que la servilité devant l’Empire risque d’atténuer la révolte que devrait amener dans le monde une telle éventualité. Du reste le peu d’infos sur la provocation actuelle et ses dangers est asser symptomatique. Au fait que fait, ou où est actuellement cette flottille Us Israélienne ?

    les Afghans ne font pas la guerre d’ailleurs, c’est le Jihad qu’ils mènent...

    Une Jihad dans ce cas précis est tout à fait justifiée, puisqu’il s’agit de défendre une intégrité territoriale géographique et
    idéologique.

  • permalien Billy :
    1er juillet 2010 @12h00   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    Our French friends who don’t understand Shakespeare’s language can find a French translation of the Rolling Stone article that led to General McChrystal’s firing at legrandsoir.info.

  • permalien K. :
    1er juillet 2010 @22h35   « »

    Ann Jones : « Si c’est si mauvais, pourquoi cela ne peut-il être arrêté ? »

    Elle tourne en rond, cette machine inexorable, cette construction complexe du capitalisme de guerre, générant d’immenses sommes d’argent pour un nombre relativement restreint de personnes, une dette immense pour notre nation, un sacrifice immense pour nos soldats de combat, et, pour les Afghans ordinaires et ceux qui les pris d’amitié, des moments de promesses et d’espoir, des moments de clarté et de rage, et des moments de rires sombres qui parfois ne peuvent prévenir l’émergence du désespoir.

  • permalien Murmure :
    2 juillet 2010 @09h28   « »

    Monsieur Philippe Leymarie, même si vos articles manquent cruellement d’analyses, dont je suis friande, néanmoins, ils collent a l’actualité, et présentent les faits avec probité en laissant au lecteur de penser par lui même. « un luxe ».

    Je pense que sans le vouloir Hastings a tiré une grosse écharde du pied d’Obama et lui a offert une opportunité en or de limoger McCrystal pour le remplacer par Petraus “le héros”.

    Qui dans l’establishment pourrait contester la décision d’un tel Général pour le début d’un retrait prévu en juillet 2011 ?

  • permalien K. :
    2 juillet 2010 @11h21   « »

    Rory Stewart, maintenant député britannique :

    Tout comme au 8e siècle les bouddhistes Mahayana ont inventé des mondes les uns après les autres, les remplissant de leurs démons et bodhisattvas, nos think tanks et gouvernements ont aussi développé leurs propres structures métaphysiques, tels que "États défaillants" ou "contre-insurrection."

    Ces théories semblent avoir été créées pour symboliser l’absurde et, en effet, les générations futures se demanderont, comme nous le faisons aujourd’hui pour le mysticisme du huitième siècle, pourquoi les croyances de gens aussi nombreux, puissants et intelligents ont-elles été façonnées par des systèmes aussi excentriques.

  • permalien Murmure :
    3 juillet 2010 @11h48   « »

    Le président Barack Obama, qui a limogé la semaine dernière le général McChrystal de ses fonctions de chef des troupes alliées en Afghanistan, est intervenu personnellement pour garantir qu’il conserverait son rang, a indiqué mardi la Maison-Blanche.

    Malgré l’insulte, il jouira d’une retraite quatre étoile.

    J’ai de plus en plus de respect pour ce Président fidèle a ses convictions Barack Hussein Obama.

  • permalien
    3 juillet 2010 @12h02   « »

    Gné ? Quelle insulte ? Vous n’avez manifestement pas lu le papier de Rolling Stone, le général Stanley McChrystal n’a jamais insulté Obama dans cet article !

    Pour ce qu’Obama serait "fidèle à ses convictions" ce doit être de l’humour, voilà plus d’un an qu’il s’évertue à faire l’inverse strict de ce qu’il promettait avant d’être président et dans ses premiers jolis discours de président, c’est très drôle !

  • permalien Murmure :
    3 juillet 2010 @13h31   « »

    Gné ? Quelle insulte ? Vous n’avez manifestement pas lu le papier de Rolling Stone, le général Stanley McChrystal n’a jamais insulté Obama dans cet article !

    Pour ce qu’Obama serait "fidèle à ses convictions" ce doit être de l’humour, voilà plus d’un an qu’il s’évertue à faire l’inverse strict de ce qu’il promettait avant d’être président et dans ses premiers jolis discours de président, c’est très drôle !

    McCrystal a insulté l’administration dont Obama est le commandant en chef.

    Si vous n’avez pas compris cela, comme feriez-vous pour le reste. Évitez.

  • permalien
    3 juillet 2010 @14h07   « »

    Il n’a insulté personne, il a fait une plaisanterie, de très mauvais goût soit, sur Joe Biden et dit que ça l’emmerdait de lire les emails d’Holbrooke. C’est malvenu, mais ce ne sont pas des insultes, il s’agirait de ne pas affabuler pour le présenter comme Satan et Obama comme le Messie !

    Comme Messie, on fait très facilement mieux qu’Obama ! Jusqu’à preuve du contraire, mis à part dans ses beaux discours, Obama n’a rien fait d’autre que d’entraîner son pays dans un Vietnam N°2 ! Obama est un escroc intellectuellement parlant (c’est pas une insule mais un constat) et il n’a même pas l’excuse d’être un crétin notoire comme son prédécesseur.

  • permalien K. :
    4 juillet 2010 @21h20   « »

    Ian Welsh, du site “Crooks and Liars” :

    Obama doit rester en Afghanistan parce que les dépenses de guerre sont l’une des seules formes fiables de relance économique dont il dispose. L’économie est en mauvais état, et elle a besoin de ce stimulus. Comme il ne peut obtenir un nouveau crédit de relance important du Congrès [pour des dépenses non militaires] cela signifie qu’il DOIT laisser la guerre se poursuivre en Afghanistan s’il ne veut pas d’un désastre économique, qui conduirait alors à un désastre électoral.

    C’est la triste réalité de l’Amérique : la seule forme acceptable de dépenses keynésiennes est le keynésianisme militaire. Au lieu d’embaucher des dizaines de milliers d’enseignants, de construire un réseau ferroviaire à grande vitesse à travers le pays, de réaménager tous les bâtiments pour qu’ils aient un haut rendement énergétique et d’opter massivement pour l’énergie solaire et éolienne afin de réduire la dépendance au pétrole, et bien, les États-Unis préfèrent plutôt transformer Afghans et Pakistanais en une fine brume rouge.

    Cette fine brume rouge est ce qui est de maintien l’économie américaine de s’effrondrer complètement. Et alors, même si c’est la mauvaise chose à faire, même si c’est le cimetière de l’empire de l’Amérique, la guerre continuera.

  • permalien K. :
    4 juillet 2010 @21h22   « »

    Erratum :

    Cette fine brume rouge est ce qui empêche l’économie américaine de s’effrondrer complètement.

  • permalien Will :
    5 juillet 2010 @20h48   « »

    Cette guerre est une impasse, je ne comprends pas que nos politiques persistent à ne pas admettre l’évidence, chez nous au Canada si on demandait aux gens pourquoi on a perdu 150 soldats, ils ne sauraient même pas dire pourquoi, pire que ça ils ne sauraient même pas dire pourquoi on y est allé et le pire c’est qu’on y est au moins pour un an encore, le mandat doit se terminer le 1er juillet 2011...

  • permalien K. :
    6 juillet 2010 @00h59   « »

    Il n’aura pas fallu longtemps avant que Petraeus, en bon présidentiable US, ne commence à prendre les gens pour des imbéciles : Notre stratégie sera modifiée de manière à exposer le moins possible la vie de nos troupes tout en continuant à exposer le moins possible la vie des civils afghans.

    Soit dit en passant c’est exactement ce qu’avaient prévu Tom Engelhardt et Nick Turse dans leurs “prévisions 2010” dans un article fin 2009 :

    Si les choses ne se passent pas bien – et rapidement – dans cette guerre croissante, attendez-vous à ce que la frustration croisse et la pression augmente pour faire appel à la force aérienne. Des officiels non nommés du renseignement filtrent déja dans la presse des avertissements disant que, l’insurrection des Taliban s’étendant de plus en plus, “le temps est compté.”(..)Quand des Américains meurent, maintenir un surge sans un surge de la puissance aérienne est certainement un test de volonté et de patience (ni l’une ni l’autre n’étant le fort des US).

  • permalien K. :
    6 juillet 2010 @14h26   « »

    Anthony Cordesman, l’expert du CSIS, (alias “maison close de luxe”), un des think tank US les plus “respectés” (comprendre : chargé de vendre les manigances de l’establishment) déclare :

    Le fait est que, les causes stratégiques pour rester en Afghanistan sont incertaine et trop bancales pour l’essentiel. La raison principale est plutôt tactique. Nous sommes déjà là [sic]. Nous avons des capacités majeures sur place. Si nous pouvons démontrer que la guerre peut être gagnée à un coût supplémentaire raisonnable en dollars et en sang, il est logique de persister. Mais, seulement si nous pouvons démontrer que nous pouvons gagner et montrer que le coût additionnel a des limites raisonnables. Le confinement et d’autres usages des mêmes ressources sont des alternatives très réelles, et seraient probablement plus intéressantes (..). La réalité est, cependant, que les nations ont rarement l’occasion de choisir le terrain idéal pour prendre des décisions stratégiques. Elles sont prisonnières de leurs actions passées, et nous aussi.

    Gareth Porter (qui nous rappelle qu’il existe une expression qui dit : “parler peu mais parler bien”) répond :

    Il est un "prisonnier des actions passées", et je suis d’accord sur le fait que la Sécurité Nationale des États-Unis est prisonnière des action passées - Ils se sont fait prisonniers et c’est de leur intérêt. Mais ce n’est pas notre intérêt. C’est une déclaration très révélatrice.

  • permalien Loïc S. :
    15 juillet 2010 @17h11   « »

    A la date d’hier les Européens ont perdus 581 soldats en Afghanistan depuis novembre 2001, ça représente 30% des 1936 soldats de la coalition tués dans cette période. (Les USA ont eu 1184 morts soit 61%) N’est ce pas cher payé pour jouer les supplétifs des Américains dans cette guerre absurde et injuste ? N’est ce pas d’autant plus absurde, que comme nous l’annonçaient les anciens combattants soviétiques, cette guerre est de toute évidence vouée à l’échec ?

  • permalien Yannic :
    31 juillet 2010 @18h26   « »

    Pourquoi l’OTAN doit se retirer d’Afghanistan
    Christoph Schwennicke

    Il est difficile pour les politiciens d’admettre qu’ils ont eu tort. Mais quand il s’agit de l’Afghanistan, les conséquences de ne pas le faire pourrait être élevées. Il est temps pour l’Occident de réduire ses pertes et se retirer.

    La chose la plus difficile à faire en politique est de changer de cap - en admettant que tout ce qui était juste hier ne va pas aujourd’hui. C’est une manœuvre particulièrement difficile lorsque la décision est entre la guerre et la paix.

    Winston Churchill, têtu comme il était, ne pouvait admettre qu’il avait commis une erreur en 1915 quand, comme premier lord de l’Amirauté, son erreur stratégique a contribué à l’amère défaite des troupes de l’Entente entre les mains de l’Empire ottoman à Gallipoli. De même, il a fallu 30 ans pour l’ex-secrétaire américain à la Défense Robert McNamara pour reconnaître que la guerre du Vietnam avait été une erreur.

    Le gouvernement allemand, l’OTAN et l’Occident ne devraient pas attendre aussi longtemps. Ensemble, ils devraient se rendre compte - et admettre - que la guerre en Afghanistan ne va pas prendre fin par une réussite. Nous avons échoué. La guerre a été perdue. Le pays que nous laisserons derrière nous ne sera pas pacifié. Il est possible que nous aurions pu réussir si nous avions compris plus tôt comment le pays fonctionne. Mais maintenant, nous ne sommes plus une partie de la solution - de plus en plus, nous sommes devenus une partie du problème. Il est préférable de partir maintenant, avant que du sang supplémentaire ne soit versé. Les documents secrets de guerre donnés aux journaux par Wikileaks le confirment d’autant plus.

    Dirigés par les États-Unis, l’OTAN et d’autres alliés occidentaux ont tenté de pacifier l’Afghanistan depuis près de 10 ans - avec peu de succès. Les buts de la guerre ont changé fréquemment. Aucun d’entre eux, cependant, n’a été atteint. Les intervalles entre les conférences de grande envergure en Afghanistan, de Berlin à Paris, de Londres à Kaboul, sont de plus en plus courts, mais la liste des problèmes n’a fait que croître. Le pays demeure un terreau potentiel pour le terrorisme tel qu’il était avant les attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Et le peu que l’Occident a importé en Afghanistan depuis lors a pris des racines si profondes qu’il devrait survivre à un retrait pour longtemps. Les écoles de filles, les puits et les routes nouvellement goudronnées sont d’agréables effets secondaires de la mission de l’OTAN en Afghanistan. Comme justification, cependant, ils ne suffisent pas.

    Plus clairement avec de la distance

    "Rien n’est bon en Afghanistan", a déclaré Margot Kässmann, alors chef de l’Eglise protestante d’Allemagne, il y a quelques mois. (...)

  • permalien Yannic :
    31 juillet 2010 @18h33   « »

    (...) La réponse rageuse des dirigeants politiques allemands a été rapide et mordante - et a montré qu’elle avait touché une corde sensible. Ses commentaires ont été critiqués, à juste titre, pour avoir montré un manque de connaissance détaillée de la mission de l’OTAN en Afghanistan. Mais parfois les choses sont plus claires avec une certaine distance.

    L’Afghanistan est un cauchemar, un cimetière des empires. Les Britanniques sont venus en premier, suivi par les Soviétiques, et maintenant l’OTAN et l’ONU ont perdu leur innocence sur les champs de bataille de l’Afghanistan. Au total, les USA, ses alliés et les entreprises de sécurité privée ont près de 200.000 soldats stationnés dans le pays, soit à peu près le nombre des Soviétiques qui y étaient stationnés dans les années 1980. Il n’a pas suffit alors, et il ne sera pas suffisant aujourd’hui. Et augmenter ce nombre serait militairement difficile et politiquement impossible. L’Occident a eu les yeux plus gros que le ventre.

    Lorsqu’ils ont envoyé des troupes à l’étranger, les gouvernements ont fait une sorte d’emprunt auprès de la population - un emprunt de confiance. Cela est particulièrement vrai en Allemagne. Dans le cas où un paiement de remboursement ne peut être fait de ce prêt, l’électorat en appelle finalement au remboursement de la totalité. Et sans le soutien de la population, les missions outre-mer deviennent de plus en plus difficiles. Ce point a été atteint déjà à Berlin et dans plusieurs capitales de l’OTAN.

    Perdre avec dignité

    Il est difficile d’ignorer les parallèles politique avec la guerre du Vietnam. L’alliance de l’Ouest a atteint le point où les appels à la patience et à continuer le soutien sont de plus en plus aigus, voire désespérés. Les mots des politiciens sonnent de plus en plus creux. Dans une déclaration récente du gouvernement, la chancelière Angela Merkel était si peu inspirée qu’elle a eu recours à un emprunt de la célèbre formule ancienne du ministre de la Défense, Peter Struck, disant que la sécurité de l’Allemagne est "défendue dans l’Hindu Kush."

    Avant que l’objectif de la mission en Afghanistan ne devienne uniquement de sauver la face, nous devrions nous retirer. L’ancien secrétaire d’Etat US Henry Kissinger a demandé en 1971 que son pays devrait perdre la guerre au Vietnam avec dignité. Pour atteindre cet objectif, les USA y sont restés deux années supplémentaires - années qui ont entraîné la mort de centaines de milliers de personnes supplémentaires au Vietnam, au Laos et au Cambodge.

    On peut entendre des expressions similaires de désespoir ces jours-ci. Seulement récemment, le Ministre allemande du développement Dirk Niebel a déclaré à la télévision que l’Allemagne devait rester en Afghanistan. Berlin le doit à ceux qui ont perdu leur vie, a-t-il dit.

    On peut se demander combien de temps nous aurons à écouter de telles justifications.

  • permalien Nath :
    2 août 2010 @23h23   « »
    Afghanistan : ave Petraeus !

    J’avais lu cet excellent article dans Der Spiegel, c’est une très bonne idée de l’avoir traduit et mis ici !
    J’aurais plutôt écrit "Cela n’a pas suffit alors, et cela ne sera pas suffisant aujourd’hui.", mais tout le monde aura compris. ;-)

  • permalien Yannic :
    3 août 2010 @00h45   « »

    Erratum : Lire SVP "Cela n’a pas suffit alors, et cela ne sera pas suffisant aujourd’hui." Merci !

  • permalien K. :
    11 novembre 2010 @22h45   «

    Bombs Away : Afghan Air War Peaks With 1,000 Strikes in October
    By Noah Shachtman November 10, 2010
    http://www.wired.com/dangerroom/201...

    Flambée de la guerre aérienne en Afghanistan avec 1000 frappes en Octobre [2010]

    Les États-Unis et leurs alliés ont lancé une massive campagne aérienne en Afghanistan, lançant du ciel des missiles et des bombes à un taux rarement vu depuis les tout débuts de la guerre. (..).

    Depuis que le général David Petraeus a pris les commandes à la fin de Juin [2010], les avions de la coalition ont effectué 2600 sorties d’attaque. C’est 50% de plus que durant la même période en 2009. Il n’est alors pas surprenant que le nombre de victimes civiles soit en hausse.

    (..)

    (..) une chose est claire : il s’agit d’une stratégie que Petraeus a déja utilisé. Quand il avait pris la guerre d’Irak en main, les frappes aériennes avaient été multipliées pratiquement par sept.

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