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L’Italie et la Libye main dans la main

mercredi 25 août 2010, par Stefano Liberti

Les frontières de l’Union européenne ne cessent de se déplacer, toujours plus loin vers le sud et vers l’est...

C’est un accord historique : 300 millions d’euros pour la protection des frontières méridionales de la Libye. L’appel d’offre a été remporté par l’entreprise Selex Systems Integrations, associée à la firme Finmeccanica commissionnée par l’Etat italien. Il est question d’installer un ensemble de stations radar pour quadriller et surveiller l’immense étendue désertique entre la Libye et ses voisins (le Soudan, le Tchad et le Niger). L’accord, signé en octobre 2009, devrait être opérationnel au cours des trois années qui viennent. Les « fonds pour le renforcement de la frontière sud de la Libye » seront attribués… par le gouvernement italien et l’Union européenne [1].

Exemple éclatant d’externalisation de la surveillance des frontières, cette opération figure noir sur blanc dans le Traité d’amitié de partenariat et de coopération signé à Bengazi, le 30 août 2008, entre le « guide » libyen Mouammar Kadhafi et le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi. Un accord qui aide à refermer la page du contentieux colonial, mais qui en même temps trace les contours d’une nouvelle stratégie de lutte contre l’immigration dite irrégulière.

L’Italie prend en charge le renforcement de la frontière sud de la Libye et les travaux sont confiés à une entreprise italienne. En échange, la Libye accepte les « refoulements directs » sur son territoire. Depuis le mois de mai 2009, les embarcations interceptées dans le canal de Sicile sont renvoyées en Libye sans que les passagers aient pu fouler le sol de l’Union européenne.

Peu importe qu’à bord puissent se trouver de potentiels demandeurs d’asile et que Tripoli n’ait jamais signé la Convention de Genève. M. Berlusconi l’a lui-même expliqué clairement au moment de la signature du Traité : « Nous aurons ainsi plus de pétrole et moins de clandestins. »

A lire en complément

- « Comment l’Union européenne enferme ses voisins », par Alain Morice et Claire Rodier, Le Monde diplomatique, juin 2010.

- « Les camps d’étrangers, symbole d’une politique », par Olivier Clochard, Visions cartographiques, 1er juin 2010.

- « L’Egypte veille sur les frontières d’Israël », par Alain Morice, Visions cartographiques, 4 juin 2010.

Notes

[1] L’Italie a déjà affecté une somme de 150 millions d’euros à ce projet pour les trois prochaines années. Les négociations avec l’Union européenne sont encore en cours. Pour l’instant, Bruxelles a offert seulement... 20 millions d’euros.

11 commentaires sur « L’Italie et la Libye main dans la main »

  • permalien el ahnaf :
    26 août 2010 @17h18   »

    Le Guide de la révolution libyenne peut ainsi compter sur la Mafia italienne pour se partager les prébondes de cet accord et perpetuer l’esclvagismes dont sont victimes les populations subsahariennes.
    Le cynisme des paroles de BERLUSCONI n’ont d’égal que l’iflammation des supporteurs de ce guide qui ne manqueront pas de souligner l’intelligence et la générosité de ce dernier. Mais le Colonnel libyen a au moins un élément à décharge, c’est que s’il ne se comporte pas de lasorte il connaîtra le même sort que Saddam Hussein.
    Plutôt que de construire un édifice de coopération plus respectueux des impératifs de démocratie, de démographie et de développement, les responsables occidentaux préfèrent soutenir les dictateurs

  • permalien jcpress :
    28 août 2010 @09h43   « »

    Désolé de m’écarter du sujet, mais on ne peut s’empêcher de songer aux guerres Puniques, en lisant la phrase de Berlusconi : « Nous aurons ainsi plus de pétrole et moins de clandestins. » Guerres qui de l’Afrique tripolitaine à Rome établirent, à partir du III° siècle avant Jésus Christ définitivement les lois du commerce en méditerranée par les romains. Les relations entre Tripolie et Rome sont anciennes ; l’immigration également. On voit combien l’histoire peut nous éclairer non pas sur les conjonctures présentes qui relèvent plus d’un processus relatif à une démographie incontrôlable, mais de cet atavisme des civilisations qui sur les traces du passé reviennent pour conquérir, à nouveau, un monde géopolitique qui les dépassent face aux véritables problèmes de fonds que rencontrent les civilisations modernes : les frontières ! L’Europe crut bannir définitivement les frontières en les repoussant le plus loin possible ; sans réellement y parvenir cependant. Le coût de l’opération est gigantesque tant d’un point de vue du financement que sur les mesures « préventives » susceptibles de pallier à ce phénomène exponentiel du XXI° siècle. L’Europe se veut garante des libertés de circulation de ses ressortissants dans un territoire où l’on parle plusieurs langues différentes, où l’on pratique plusieurs religions (en conflit) et où les couleurs de peau pastichent une toile de maître en perspective... Les derniers refoulés de France sont l’illustration d’un système européen claudiquant qui définit son choix de population par rapport à des critères individuels qui doivent scrupuleusement correspondre à l’éthique des nouvelles sociétés que nous prépare la Communauté européenne, oubliant l’excroissance de la pauvreté dans ses états. De vouloir s’enfermer en vivant entre nous, nous risquons de nous couper du monde que nous rejetons d’un point de vue géographique, mais que nous prisons à titre de touriste ! Attention à la récupération de ce contexte par les mouvements extrémistes qui nourrissent l’espoir de liberté chez les peuples défavorisés...
    jcpress de presselibre.fr

  • permalien jgn :
    29 août 2010 @10h34   « »
    Deux dictatures main dans la main pour le plus grand bonheur de l’Euroland

    L’étranger ne l’est non en tant qu’il serait ressortissant extra-européen, mais en tant qu’il l’est à la valeur, ce sacro-saint fondement de cet Euroland tel que l’a constitué la victoire des marchands et de leurs bureaucraties staliniennes sur les peuples.
    C’est bien ce que vient de prouver l’un de ses commis, en France, en réactivant une histoire "européenne" pas si lointaine à l’encontre des Tziganes.
    Le passeur de frontière doit aujourd’hui se montrer à la hauteur de ses prétentions : est-il à même, ou non, de se montrer au niveau de cette ligne de flottaison de la valeur ? Si tanker, ou autre gros porteur de pollution potentielle, pas de problème. Si petit porteur, ne passe qu’en groupe à chemises hawaïennes et appareils numériques. Sinon, peut bien couler.. Au diable l’éthique et les principes humanitaires. Tout cela est bon pour les jeunes, qui peuvent bien rêver d’humanité en attendant de devenir ministre.

    Les barrières sanitaires dont se garantit l’Euroland font étrangement penser à un certain Rideau de fer, avec ses satellites protégeant l’empire du mensonge déconcertant, en d’autres temps stigmatisé par ceux-là mêmes qui, avec toute la rhétorique dont leur accueil dans les universités aux frais du contribuable les rend capables, défendent aujourd’hui mesures d’expulsion et barrières de protection de leur sacro-sainte valeur, histoire de donner aux fonds de pension toutes les garanties d’un placement "sécurisé".

  • permalien Idi Amin Dada :
    31 août 2010 @14h27   « »

    Très très joli tous ces commentaires généreux : les pauvres gentils du sud, les méchants européens riches, mafieux et dépravés, à commencer par l’affreux Berlusconi, le méchant absolu, le cynique parfait qui ne désire que le sang et le pétrole de l’Afrique. l’Italie a parfaitement raison de se protéger d’une immigration incontrôlée. Une partie de l’Afrique ne rêve que d’Europe ; ne pensez-vous pas que nous sommes assez nombreux ? L’Italie et Berlusconi en particulier sont en train (avec les très méchants et mafieux chinois) de réussir une chose unique dans l’histoire du continent africain : un véritable développement, n’en déplaise aux âmes chagrines amoureuses d’un Thé au Sahara, d’un Out of Africa. C’est comme ça, Docteur Schweitzer

  • permalien bonobo :
    31 août 2010 @15h08   « »

    Ben toi Amin Dada ... t’as rien compris

  • permalien Shiv7 :
    31 août 2010 @17h14   « »

    Une partie de l’Afrique ne rêve que d’Europe ; ne pensez-vous pas que nous sommes assez nombreux ?

    Une bonne partie de la richesse occidentale provient du pillage du tiers monde, si ce n’avait pas été(ou est) le cas, les Africains ne rêverait pas de l’Europe.

    Piller les valeurs d’un pays ou d’un continent et empêcher les gens de ses pays d’émigrer est pour le moins ambigu, c’est ce qui s’appelle proprement de l’exploitation ou prendre les gens pour des cons.

  • permalien Shiv7 :
    31 août 2010 @17h22   « »

    Une partie de l’Afrique ne rêve que d’Europe ; ne pensez-vous pas que nous sommes assez nombreux ?

    suis un vrai Africain,

    En somme pour vous c’est ok (vivre en Europe), mais pas pour les autres ? A quoi ça tient ?

  • permalien K. :
    18 novembre 2010 @19h02   « »
    L’Italie et la Libye main dans la main, pour le pire et pour le pire

    On Gadflies and Burlesque Phonies (Des Taons et du Toc)

    p>

    Il semble que le colonel Kadhafi et Silvio Berlusconi sont des amis. On peut spéculer sur ce qu’ils ont en commun. Peut-être leur impopularité pour leurs manières dictatoriales ? Ou alors une une attirance pour le sexe faible ? (..).

  • permalien K. :
    18 novembre 2010 @19h08   « »

    Kadhafi se s’écrit parfois Gaddafi en anglais.

  • permalien Nadir :
    5 mars 2011 @19h16   « »

    Berlusconi, à mes oreilles ce nom est déjà ridicule vous pensez comme moi à des pates, Buitoni, Panzani etc, ce satrape débauché, corrupteur et corrompu ne pouvait que s’allier et s’encanailler avec un monstre comme kaddafi et ses sbires.
    A quand des Italiens lucides !

  • permalien tianes :
    7 mars 2011 @12h16   «

    Quelles que soient les critiques qu’on puisse faire à Berlusconi et je les partage, l’Italie est la première à subir le bourbier libyen et ce n’est qu’un début si la situation pourrit et pire encore si Kadhafi se maintient au pouvoir. Berlusconi s’est auto-défendu dans cette affaire qui n’en est, je le crains, qu’à ses débuts...Ignacio Ramonet avait bien analysé les flux migratoires de réfugiés climatiques et politiques. Nous y voilà et, n’y étant pas préparés, nous sommes dans la cacophonie où dominent les voix les plus extrémistes. Plancher sur l’accueil des réfugiés présents et à venir me semblerait plus productif que tous les commentaires politiciens et populistes auxquels nous assistons.

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