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A partir des retraites, imaginer un salaire à vie

mercredi 8 septembre 2010, par Bernard Friot

Dans « Le Monde diplomatique » de septembre, le sociologue Bernard Friot affirme que la logique actuelle du système de retraite, loin d’être obsolète, comme on voudrait le faire croire, mériterait au contraire d’être étendue, et permet d’imaginer une société où le travail serait libéré à la fois du marché de l’emploi et de l’emprise de la finance (lire « Retraites, un trésor impensé »). Il détaille ici sa proposition.

1. Le débat sur la nature
de la pension :
revenu différé
ou salaire continué ?

Les réformes de la protection sociale menées depuis les années 1980 dans l’Union européenne sont souvent définies comme libérales, sur le modèle anglo-saxon. S’agissant des pensions de retraite, par exemple, les autorités européennes s’attaqueraient aux régimes en répartition pour les remplacer par des régimes en capitalisation. Cette hypothèse est à la fois juste et fausse.

Il est évident que les élites réformatrices promeuvent la capitalisation, malgré une base initiale très faible [1]. Mais pas jusqu’à réduire les régimes nationaux en répartition à un niveau résiduel à l’anglaise. Les élites réformatrices veulent promouvoir la capitalisation, mais l’échec anglais en la matière est tel qu’il n’est pas attractif pour ces réformateurs, qui incriminent en particulier l’horizon trop incertain des salariés britanniques du fait de l’insuffisance du régime public de pensions. C’est donc plutôt un régime à forte composante de répartition qui est promu par l’Union européenne, étant entendu qu’il doit s’agir d’une répartition favorable à la capitalisation : ce sont très précisément les qualités que présente le régime suédois issu des réformes des années 1990. Cette promotion d’un modèle nordique n’est pas isolée : sur le terrain très décisif de la réforme du marché du travail, c’est le modèle danois de la flexicurity qui est préconisé. Dans le champ du travail, les réformateurs européens s’inspirent davantage des pays scandinaves que des pays anglo-saxons, peut-être parce que leur modèle est plus apte à sauver la mise d’un capitalisme en crise.

C’est ici qu’il importe de sortir de l’opposition binaire entre répartition et capitalisation. Ceux qui s’opposent à la promotion de la capitalisation en « défendant la répartition » pensent que la répartition est l’alternative à la capitalisation. C’est oublier qu’il y a des formes contradictoires de régimes en répartition, et que la répartition peut être la condition de la capitalisation. Il faut donc se garder d’une opposition à la réforme qui serait menée « en défense de la répartition » sans préciser laquelle ! Répartir, c’est une technique : on transforme immédiatement des contributions en prestations, sans passer par l’épargne. Ce contenant peut avoir des significations très différentes selon son contenu, et c’est pourquoi la question centrale est : que répartit-on ? Sont en conflit aujourd’hui le salaire et le revenu.

Répartir du salaire, c’est financer des pensions qui sont la continuation du salaire ; répartir du revenu, c’est financer des pensions qui sont tirées d’un patrimoine constitué de la somme des cotisations passées du retraité. Le critère du salaire continué, c’est le taux de remplacement du dernier salaire par la première pension. Le critère du revenu différé, c’est le taux de rendement des cotisations. Dans le premier cas, la pension est, comme tout salaire, la reconnaissance de la qualification actuelle du retraité. Dans le second cas, le retraité est un inactif qui récupère sa prévoyance passée. L’enjeu actuel des réformateurs est de passer du salaire continué, qui est la réalité de la plupart des systèmes de pension en Europe, au revenu différé, qui caractérise les réformes italienne et suédoise des dernières années. On est toujours en répartition, mais elle a complètement changé de sens. Voyons comment s’exprime cette contradiction aujourd’hui entre :
— la pension comme revenu différé : « J’ai cotisé, j’ai droit (à récupérer mes cotisations passées par le biais des cotisations actuelles des actifs) » et
— la pension comme salaire continué : « J’ai une qualification, j’ai droit (au salaire à vie) ».

Dans les deux cas, nous sommes en répartition, mais il s’agit de deux régimes antagonistes. Examinons la chaîne des mots dans l’un et l’autre cas.

Soit (revenu différé) c’est la solidarité entre générations qui est au cœur des représentations de la retraite. L’emploi, le marché du travail, sont les seules institutions légitimes pour transformer les activités en travail. Le retraité ne travaille pas, il a des activités utiles qui ne génèrent aucune valeur économique. Ce sont les actifs qui financent les inactifs. Le travailleur est titulaire d’un gagne-pain dont il tire une prévoyance pour le moment où, sans emploi, il dépendra de la valeur créée par ceux qui ont un emploi. Ce revenu (ce n’est pas un salaire puisque le salaire rémunère les emplois) est différé, non pas au sens où chacun récupère ses cotisations passées, mais au sens où il n’a pas tout dépensé de son salaire lorsqu’il était actif, en affectant une partie aux pensions de la génération précédente : il attend en retour (c’est le pacte générationnel au cœur du lien social) que la génération après lui se comporte de même. Nous sommes ici en pleine aliénation : les institutions du capital (emploi et propriété lucrative) sont légitimées, la situation de mineur social du travailleur nié comme seul producteur et posé comme titulaire d’un gagne-pain est intériorisée, le rapport entre générations devient le cœur des rapports sociaux.

Soit (salaire continué) le retraité est enfin titulaire de sa qualification, exprimée dans le caractère irrévocable de son salaire. Il n’a plus besoin de passer par l’emploi pour travailler, le salaire à vie est l’institution qui abolit le marché du travail et convertit les activités utiles en travail. Les 13% du PIB affectés aux pensions correspondent à la valeur attribuée au travail des pensionnés. Ce qui distingue un retraité d’un employé, ce n’est pas la génération (selon une naturalisation de la caractéristique biographique qu’est l’âge, comme le fait le capitalisme pour le genre, la nationalité, etc.), c’est le fait que le retraité travaille parce qu’il a un salaire à vie, alors que l’employé travaille parce qu’il a un emploi. Alors que le discours générationnel invente un rapport social imaginaire dans de dramatiques distinctions entre salariés, le salaire continué met à nu le rapport social capitaliste en le subvertissant et en montrant que l’emploi et la propriété lucrative peuvent être dépassés par le salaire universel.

On ne le répétera jamais assez : les réformateurs poursuivent un projet politique sous couvert d’impératifs gestionnaires, et c’est sur les enjeux politiques de la réforme que la controverse doit porter, à condition de voir ce qu’a de révolutionnaire le déjà-là de la pension comme salaire continué.

2. En quoi le salaire à vie se différencie-t-il
du projet de revenu minimum garanti ?

Nous retrouvons ici l’opposition déjà esquissée – et à mon sens au cœur du conflit de classes aujourd’hui – entre salaire et revenu. Elle nous offre un exemple incisif de la guerre des mots.

Poser le salaire comme un revenu a été une entreprise fondamentale des économistes, classiques et plus encore néo-classiques. Le revenu, c’est-à-dire le flux de ressources que l’on tire d’un stock patrimonial, trouve son expression (et sa légitimité) dans le droit de propriété lucrative : je dispose d’un patrimoine que je ne consomme pas afin d’en tirer un revenu. Accumuler des titres financiers me donne le droit de ponctionner, sous forme de monnaie, le produit d’une partie du travail d’autrui. Chaque dégonflement de bulle (et chaque période d’austérité consécutive à une création intempestive de monnaie pour sauver le taux de profit des détenteurs de titres financiers) nous rappelle que la prétendue « monnaie virtuelle » est un oxymore : pas plus qu’un titre financier n’est un réservoir de valeur, il ne peut générer de la monnaie. Sa conversion en monnaie suppose que celle-ci soit déjà là, comme expression de la valeur attribuée au travail en train de se mettre en œuvre. Les prétendus « investisseurs » n’apportent absolument rien : ils disposent d’un droit de propriété lucrative qui leur permet de ponctionner, sous forme de monnaie, un partie de la valeur ajoutée en train d’être produite.

L’abolition ou le renforcement de ce droit est au cœur de la contradiction entre salaire et revenu. Car la naturalisation de ce rapport social particulièrement violent qu’est la propriété lucrative repose, depuis l’invention de l’économie politique et plus particulièrement depuis sa dérive en science économique, sur l’assimilation du salaire à un revenu : celui que le titulaire d’un « capital humain » tire de ce stock qu’il ne consomme pas pour lui-même et qu’il met en valeur sur le « marché du travail ». Le salaire, c’est la chose la plus évidente pour tout manuel de science économique, est le revenu du travail. L’évidence de la chose pose comme tout aussi évidente l’existence d’un revenu du capital tout court. Rente de la terre, profit du capital et salaire du travail : le « revenu » a perdu toute épaisseur politique, c’est une désignation générique qui permet de mettre travail et capital sur le même plan et de naturaliser le droit de propriété lucrative en lisant toute ressource comme ce que l’on tire d’un capital lors d’un échange marchand.

Marx a fait une critique décisive de cette saga des économistes en posant le salaire comme le prix de la force de travail et le profit comme l’extraction de la survaleur non pas sur un marché mais lors de la production, une production menée selon la dictature de la valeur travail : des marchandises mesurées par leur temps de travail abstrait de production. Mais l’usage qu’a fait le mouvement ouvrier de cette critique a conduit à des représentations ambiguës. D’une part on observe une tendance à naturaliser cette force de travail en la sortant du rapport de production capitaliste pour en faire l’équivalent de la capacité créatrice dont est porteuse toute personne (de ce fait, un artisan, un fonctionnaire, qui ne relèvent pourtant pas du marché du travail et ne produisent pas de marchandises, seront dits avoir une force de travail). D’où une grande vulnérabilité à la thématique du revenu et à une représentation du travailleur en écho à la saga économiste : ma force de travail est mon gagne pain dont je tire un revenu. D’autre part, le salaire étant le prix de cette force de travail, sa mesure est celle des consommations nécessaires à sa reproduction. D’où une lecture du salaire en termes de besoins, de pouvoir d’achat ; d’où également une lecture de la cotisation sociale comme permettant la couverture collective de besoins de reproduction de la force de travail que chaque capitaliste pris individuellement, cherchant à ne couvrir que les besoins de présence hic et nunc du travailleur sur son poste de travail, néglige au risque de mettre en cause les intérêts de classe du capital (enfants, éducation, …) : la sécurité sociale, dans cette perspective, fait partie du prix de la force de travail. Cela conduit les opposants à la réforme des pensions à une lecture aliénée du salaire qui les empêche de sortir du cadre de pensée de la réforme, comme nous l’avons vu au point précédent.

Le revenu minimum garanti s’inscrit dans cette représentation aliénée. Certes, son caractère garanti en fait un attribut de la personne, alors que la logique du marché du travail suppose que ce sont les postes de travail, et non les personnes, qui sont les supports des droits salariaux. Mais précisément il ne s’agit pas d’un droit salarial, au sens où salaire à la qualification et cotisations sociales ont construit le salaire comme affirmation de la qualité des personnes comme seules productrices, contre le marché du travail et le droit de propriété lucrative. Il s’agit au contraire d’un droit au revenu minimum, qui confirme ces deux institutions du capital. Revenu, il est, selon ses promoteurs, tiré du patrimoine collectif constitué par le travail des générations passées ou par le travail informel que ne peut pas s’approprier le capital : nous ne sortons pas du droit de propriété lucrative. Minimum, il nous renvoie d’une part à la représentation aliénée des personnes comme des êtres de besoin qui est au cœur de leur disqualification dans le capitalisme, et il nécessite d’autre part un « second chèque », celui que chacun ira chercher sur le marché du travail s’il ne se contente pas du minimum. Loin d’être amoindri comme le prétendent ceux qui estiment que le premier chèque donnera un pouvoir de négociation face aux employeurs, le marché du travail sera renforcé par cette allocation forfaitaire qui fera partie, avec le droit individuel à la formation, le droit à un régime complémentaire de santé et le droit au reclassement, de la panoplie des « droits portables » que les travailleurs transporteront avec eux de job en job, panoplie flexicuritaire qu’esquisse le catastrophique accord de janvier 2008 dit « de modernisation du marché du travail ».

Le salaire universel l’est au double sens de pour tous (chacun, de sa première entrée dans un collectif de travail à sa mort, a droit à une qualification et au salaire irrévocable qui va avec) et pour tout (l’investissement est financé par une part socialisée du salaire, ponctionnée sur la valeur ajoutée par une cotisation économique). Il se substitue au marché du travail et au droit de propriété lucrative. C’est un droit politique qui récuse l’imposture du capital comme acteur économique et qui qualifie les personnes, les posant comme les seules productrices et faisant des producteurs des acteurs politiques. Le salaire universel donne au travail la charge politique que le capitalisme lui refuse.

Notes

[1] En 1990, lorsque le commissaire à la concurrence de l’époque entreprend de promouvoir une directive unifiant le marché européen des fonds de pensions, ceux-ci ne représentent que 12% des pensions, 88% étant assuré par les régimes nationaux en répartition.

43 commentaires sur « A partir des retraites, imaginer un salaire à vie »

  • permalien Jean-Joël Kauffmann :
    8 septembre 2010 @15h10   »
    Et l’impérialisme états-unien, dans tout ça ?

    Bonjour,

    Je suis d’accord par principe avec toutes les mesures de justice sociale, définie comme toute mesure capable d’améliorer le sort de ceux qui ont peu, ou de ceux qui perçoivent une rémunération qui n’est pas à la hauteur de la pénibilité du travail qu’ils effectuent (la liste n’est pas exhaustive). Mais il y a à mes yeux un très gros problème, qui n’est jamais ne serait-ce que mentionné.

    Le problème en question (comme le rappelle la Valise Diplomatique du 4 septembre, http://www.monde-diplomatique.fr/ca... ), c’est les Etats-Unis, qui, depuis au moins 1945, ont systématiquement écrasé sans pitié et de manière sanglante tous les mouvements visant à instaurer plus de justice sociale, comme l’a montré William Blum ( http://killinghope.org/ ).

    La question est donc celle qu’a posée par Jean Bricmont de la manière suivante : "lorsque les changements, réformistes ou révolutionnaires, qu[e la gauche] préconis[e] auront lieu, et que les Etats-Unis chercheront à les détruire, comment fer[a-t-elle] pour les arrêter ?" ( http://www.monde-diplomatique.fr/20... )

    JJK

  • permalien Jordi Grau :
    8 septembre 2010 @15h43   « »

    Bonjour.

    Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris le sens de votre article. Apparemment, vous êtes pour la pension au sens de "salaire continué", expression que vous définissez ainsi : « J’ai une qualification, j’ai droit (au salaire à vie) ».

    Mais que signifie "qualification" ? J’imagine que vous ne réduisez pas cela aux compétences reconnues par un diplôme. S’agit-il des savoirs-faire professionnels ? Mais alors, que faire des gens qui ont toujours été au chômage, ou qui n’ont pu travailler à cause d’un handicap... ? Que faire des gens "inutiles" ? L’idée d’un revenu minimum garanti est sans doute discutable, mais elle a l’intérêt de découpler la personne et son travail. Bien évidemment, tous les revenus viennent du travail humain. Mais faut-il considérer que seuls ceux qui travaillent ont le droit de manger ?

    Enfin, faut-il établir une proportionnalité entre le montant des pensions et le niveau des qualifications ? Pour ma part, je n’en suis pas du tout sûr, mais répondre à non à cette question serait révolutionnaire... ce qui n’est sans doute pas pour vous faire peur.

  • permalien kaos :
    8 septembre 2010 @16h31   « »

    Dans le genre pinaillage sémantique, c’était difficile de faire mieux.

    Que ce soit un revenu garanti ou un salaire universel, tout le monde s’en moque, les gens sont payés, ne sont pas à la merci de leurs employeurs ni des actionnaires de leur boîte, et peuvent vivre correctement. De la même façon pour les retraités, que les inactifs perçoivent un revenu sur la production des actifs ou aient droit à un salaire continué, ils touchent le même pognon, en provenance des même personnes.
    Même en faisant un effort, je suis pas sûr de bien voir où vous vouliez en venir...

  • permalien chamil :
    9 septembre 2010 @10h59   « »

    L’article pose de vraies questions de fond. Est-ce qu’un système de revenu universel serait un vrai projet de gauche ? Oui et non. Ne faut-il pas plutôt aider proportionnellement plus celles et ceux qui en le plus besoin ? Pour le dire clairement, on peut craindre les risques d’assistanat et de critique des dispositifs.

    Restaurer des services publics réellement universels et gratuits (éducation, santé, transports) serait déjà plus urgent. C’est serait en plus une forme de protection universelle qui serait plus aisée à faire... et beaucoup plus consensuelle pour les militants de gauche et l’opinion.

    Mais le débat a le mérite d’être lancé

  • permalien samit :
    9 septembre 2010 @12h28   « »

    Bonjour,
    c’est très bien tout cela même si ce n’est pas très clair !
    pourtant, pour plus d’efficacité (ce que les spéculateurs, il me semble, ont compris) il faudrait se débarrasser de l’argent en temps que tel (car je pourrais mettre des centaines et des centaines d’euros dans le réservoir de ma voiture elle n’avancera pas pour autant, alors qu’un seul litre d’essence lui permettra d’aller...) et de le remplacer par exemple par un solde de points acquis et non cumulables qui donneraient accès aux besoins véritables (éducation et culture comprises) et non superflus.
    Un salaire continué serait donc ce qui garantirait, à vie, les moyens de vivre à toute personne du simple fait de sa naissance et peu importe son évolution, et seulement ensuite viendront s’ajouter des "valorisations" (ou travail) selon les aspirations, les ambitions et les rêves de chaque personne, laquelle sera alors bien obligée de se prendre en main sans la pression du "travail contre salaire" qui permettrait de gagner sa vie (puisque la subsistance est garantie) et sans accepter ce que l’on nous vend (prêt à l’emploi) pour nos loisirs et quasiment pour tous les domaines de la vie.
    un salaire continué ne serait alors que les éléments qui ayant déchargés la personne du poids des exigences de sa survie lui donneraient les moyens et le temps (qui doit prendre son temps, nous dit-on) de vivre enfin.
    à mon tour je ne sais si je suis clair mais je n’ai pas vraiment le temps qui faudrait pour être plus clair.
    merci

  • permalien Guillermo :
    9 septembre 2010 @14h21   « »
    et la révolution ?

    Il faudrait savoir ce qui relève du principe et ce qui relève de la proposition politique. Que tout le monde pense de façon "aliénée" dans la logique du marché du travail et de la propriété, c’est un peu inévitable car c’est l’idéologie naturelle ("dominante" dirait KM) que tout le monde connait. On peut le critiquer, mais de cette critique ne naitra pas spontanément une réalité alternative.

    Quant à votre proposition "politique" elle est absolument impensable sans une transformation profonde de type révolution, puisqu’au fond il ne s’agit pas moins que de l’abolition du capitalisme. Abolir le marché du travail et répartir les salaires au regard des compétences (lesquelles ? d’ailleurs comme le note quelqu’un justement), c’est abolir la production qui a besoin de connaitre/fixer le prix et la quantité du travail pour exister, c’est donc abolir l’économie capitaliste. Vaste sujet.

    En attendant, la réforme des retraites doit continuer à se penser de façon aliénée, parce qu’en effet ce sont des salariés qui se font filouter des derniers petits avantages arrachés à la production. Et l’horizon flexsécuritaire que vous dénoncez est le seul possible (je ne dis pas souhaitable) dans cette économie avancée qui n’a plus tant besoin que ça du travailleur et surtout de moins en moins de sa force physique...

    + LOL pour le commentaire sur l’impéralisme US. Il y a des obsessions qui sont pathologiques...

  • permalien Christophe B. :
    9 septembre 2010 @14h36   « »

    Cher Bernard Friot.
    Nous avons, après examen attentif de votre cas, tel que vous le documentez, renoncé à vous confier la rubrique "Perspectives" de notre hebdomadaire, que tenait jusqu’à présent Jacques Attali, et qui sera finalement tenue, désormais, par Jacques Attali, puisqu’aussi bien, comme l’a judicieusement fait remarquer l’un de nos plus anciens (et fidèles) collaborateurs - merci, Jacques - « on ne change pas une équipe qui win ».
    Bien à vous.

  • permalien Holmec :
    9 septembre 2010 @20h26   « »

    Cher Bernard Friot,

    Merci pour cet exercice étymologique, aussi difficile qu’il est rare.
    Il nous aide à détricoter le discours réformateur qui nous imprègne tant qu’il nous est devenu difficile d’en sortir pour résister à la contre réforme des retraites.

    Merci de nous rappeler que les batailles pour la protection sociales ont été menées par les salariés revendiquant d’être des producteurs de richesse, et non des "ressources humaines" au service du capital. La salaire a toujours été au coeur du conflit pour le partage de la richesse, et c’est à travers lui qu’a été obtenu le financement par les entreprises d’une part de plus en plus grande de temps "hors emploi" : congés payés, arrets pour maladie, chômage, retraite, allocations familiales, congés de maternité et parental, etc. Ainsi, les cotisations sociales, qui sont bien du salaire en plus payé par les entreprises, ont elles pris une part croissante du salaire total jusqu’à en représenter plus de 45% aujourd’hui.

    L’idée que, dans le prolongement d’une tendance historique, le salaire en vienne un jour prochain à payer plus de temps libre que de travail subordonné dans l’emploi, effraye le patronnat.

    Ainsi, pour mener la bataille des retraites, il nous faut d’abord sortir de la logique socio-libérale misérabiliste qui pose le retraité comme un "pauvre travailleur usé par la tache et qui mérite bien une compensation décente pour toute cette peine accumulée, en particulier dans des emplois pénibles, etc., etc."

  • permalien Bobi :
    9 septembre 2010 @23h01   « »
    Bannir le capital ?

    Monsieur,

    pour quiconque a observé les méfaits que produit la dictature du capital dans les entreprises, votre idée d’y instaurer une "cotisation économique" ponctionnée sur la valeur ajoutée en lieu et place de la rémunération de l’actionnaire est très intéressante. Ceci amènerait sans doute plus de justice dans la répartition de la richesse entre capital et travail.

    Mais pensez-vous réellement qu’elle serait suffisante pour financer, comme vous le suggérez, l’investissement des entreprises et assurer ainsi leur indépendance et leur développement ? Merci.

  • permalien Frederic :
    10 septembre 2010 @13h47   « »

    Bonjour Mr Friot,
    Habitué personnellement à lire vos écrits, j’ai, comme d’habitude, lu attentivement votre article dans le Monde Diplo : un bol d’air !
    Je souhaitais juste vous dire que je l’ai transmis à mes camarades de la commission exécutive de mon syndicat pour une diffusion plus large.
    Les réactions sont très positives. Que de perspectives ! Les échanges commencent !

    Bien cordialement

  • permalien claude :
    10 septembre 2010 @15h12   « »

    J’ai décroché au 4ième chapitre...

    Pourtant ça a l’air alléchant, mais comment voulez-vous que les gens normaux (lisez : qui n’ont pas un doctorat en économie) s’y retrouvent ?

  • permalien Stolypine :
    10 septembre 2010 @17h13   « »
    Quelques remarques.

    Article très intéressant, mais j’ai quelques remarques sur le fonctionnement de ce dispositif.

    Les revenus proviendraient de deux sources, un salaire à vie garantie, et un second chèque issu de son travail, il reste à néanmoins à fixer la part de l’un par rapport à l’autre.
    Si le salaire à vie est trop fort, il n’incitera pas à travailler, et se comportera comme un gros RMI, (si je dois me lever tout les jours et travailler pour gagner 20% de revenus supplémentaires, il vaut mieux rester à la maison).
    Si ce salaire à vie est trop faible par rapport à ce second chèque, il paupérisera les plus âgés, qui ne pouvant plus travailler, devront se contenter de celui-ci.

    D’autres part, si ce salaire à vie est ponctionné sur les revenus des capitaux, il pourrait y avoir deux effets pervers à la mesure :
    Un renchérissement du prix de revient des biens et des services, et dans un marché ouvert et globalisé, cela peut faire très mal.
    Un désintérêt des investisseurs et de créateurs d’entreprises, si le rendement du capital devient trop faible, il partira à l’étranger (fuite des capitaux) ou bien s’investira sur d’autres supports, immobilier locatif (avec hausse des loyers) ou marché obligataires. Il risque donc d’y avoir pénurie de créations de nouvelles entreprises et donc de richesses.

  • permalien Spawn :
    10 septembre 2010 @22h49   « »

    Stolypine,

    si vous en avez l’occasion, je vous invite à lire l’article "Payer les gens à ne rien faire ?" de Baptiste Mylondo dans le journal dirigé par Paul Ariès, Le Sarkophage, n°19. Il s’agit d’une analyse s’attachant à démonter un à un les arguments opposés généralement à l’instauration d’un revenu minimum garanti (on parle ici d’un revenu déconnecté de la profession contrairement à ce qui est recommandé par B. Friot). L’auteur montre que les peurs que suscitent cette hypothèse de revenu minimum garanti sont généralement infondées ou plutôt fondées sur le rapport insensé que nous entretenons avec le travail. Les quelques expériences de revenu garanti dans l’histoire n’ont pas eu pour effet les conséquences que vous indiquez. Si on observe une baisse du temps de travail, elle est extrêmement limitée. La question du revenu minimum garanti est au coeur du projet politique défendu par les objecteurs de croissance. Cela implique nécessairement une réorganisation fondamentale de la société mais sur des bases assurément plus humaines que la société du travail qui nous est proposée aujourd’hui. Il me semble que c’est la pierre angulaire du projet de société émancipateur dont a besoin la gauche pour se refonder.

    A ce sujet, un texte d’entretien avec André Gorz : http://www.lesperipheriques.org/art...

  • permalien Pif :
    11 septembre 2010 @12h25   « »

    Une interview de Bernard Friot par Daniel Mermet sur ce sujet.

    Réflexion intéressante, il serait grand temps que nos intellectuels prétendus progressistes se réveillent du coma dans lequel ils sombrent depuis les années 90 et inventent une solution alternative au capitalisme ! Il y en a marre de la démagogie généralisée et de la répression sociale !

  • permalien Rémi :
    12 septembre 2010 @11h07   « »

    Je vous en prie, pensez à ceux, nombreux, pour qui cet article manque de clarté. Je décroche !!!!!
    Pour vous ces figures de style sont sans doute très jubilatoires, mais ne nous laissez pas sur le bord du chemin de la compréhension.
    Je retourne à mon dico et promets de faire des efforts
    A la prochaine fois peut être !!

  • permalien RfP :
    12 septembre 2010 @19h06   « »

    Il est vrai que cet article est difficile, mais comment pourrait-il en être autrement dans le cadre d’une page de journal ? Et si l’auteur explicite dans un bouquin, il risque de dépasser les 300 pages .. et de laisser ses lecteurs les moins avertis sur le carreau. Pb de vulgarisation, pas nouveau ..

    Je croirais plus volontiers aux travaux pratiques : un retraité, et même un salarié d’active déjà un peu ancien, ça possède des bulletins de salaire depuis longtemps. Il peut savoir ( conversion en euros constants ) combien il a cotisé, de combien est ou sera sa pension soit actuelle soit prévisible. Et en regard vu son parcours professionnel, on transformerait une partie ( laquelle ? à voir ) de ses salaires successifs en " salaires à vie " de sorte que au final leur somme reproduise la " pension de retraite " qu’il touche actuellement ( ou qui lui est promise dans le système actuel). Après, la question sera : avec ce "salaire à vie" à un certain moment de ma vie, aurais-je continué à travailler ? aurais-je changé d’activité ?
    Et si un jour j’hérite de mes vieux parents quelque bien que je n’occupe pas parce que je suis déjà logé, qu’est-ce que la loi ( à venir ) me permet d’en faire : le vendre et monter une entreprise qui me rapportera un revenu supplémentaire ? Sûrement pas, ce serait une propriété lucrative. Alors quoi ? La louer à titre gratuit, c’est à dire pour un loyer permettant seulement l’entretien du bien ( l’entropie croît c’est connu ) ... ? Vous voyez, dès qu’on pense en termes de réalité, les questions pleuvent : raison de plus pour creuser précisément là : c’est le moyen d’évaluer une théorie, quelle qu’elle soit, car sinon, elles sont légion, les théories séduisantes....

  • permalien guydufau :
    13 septembre 2010 @09h51   « »

    Je trouve que André Gorz, sur le même sujet est beaucoup plus clair et convaincant en développant l’idée d’un revenu suffisant attribué à vie à chaque citoyen.
    Lire Misères du présent, richesse du possible.

  • permalien EON Jean :
    13 septembre 2010 @14h05   « »

    Est-il possible que vous veniez à Alençon nous présenter vos analyses qui nous paraissent fort intéressantes ?
    Si vous en acceptez le principe, sur quelle adresse courriel vous contacter ?
    Un membre d’Attac61

  • permalien Toto :
    13 septembre 2010 @14h23   « »

    Indéniablement, l’argument est intéressant...Mais imaginez une minute que Fillon ou Chabot mettent le nez sur votre raisonnement...D’abord, ils ne comprennent pas puis ensuite ils tirent argument de leur incompréhension pour jurer que les opposants à la réforme n’ont que des arguments tordus, renvoyant à votre prose 30 millions de citoyens qui abonderont en leur sens comme ils abondèrent au "travailler plus pour gagner plus" !

  • permalien P. :
    13 septembre 2010 @16h47   « »

    @ Spawn

    Les quelques expériences de revenu garanti dans l’histoire n’ont pas eu pour effet les conséquences que vous indiquez.

    Que sont devenues les sociétés ou les groupes sociaux qui les avaient mis en place ?

    Ce système est-il capable, si ce n’est d’assurer la subsistance des individus d’une entité politique l’appliquant, de les protéger efficacement contre les prédations d’autres systèmes ou entités politiques ?

  • permalien Alcofribas :
    14 septembre 2010 @15h27   « »

    Sauf que... Une retraite dite "par capitalisation" serait aussi une retraite "par répartition". Non pas de "répartition des cotisations" mais bien de "répartition du produit social". Ce qui change, c’est la "clé" de cette répartition : dans un cas, les choix démocratiques de solidarité entre les générations, dans l’autre, le patrimoine accumulé. Dans cette perspective, les retraités ne peuvent manger qu’en exploitant le travail salarié, et dominent (à travers par exemple les fonds de pension) les modes de gestion des entreprises où ils ont "investi", et on renforce la logique du capital. Le choix de la "répartition de cotisations" est celui de la solidarité. Celui de la capitalisation est le choix de la guerre entre les générations.

  • permalien Yanick Toutain :
    20 septembre 2010 @20h43   « »
    1000 euros (par mois) pour chaque Terrien de 14 à 114 ans

    Non à la spoliation !

    (99,99 % de notre productivité provient de notre héritage ancestral, de la "productivité ancestrale").

    Les spoliateurs ne payent pas les "droits d’auteur ancestraux".

    Il faut les collecter et reverser un SALAIRE ÉGAL à chaque Terrien.
    Se fixer comme objectif : 1000 euros par mois (+ 500 par enfant) auxquels il faut ajouter 300 euros pour l’investissement démocratique.

    Se poser la question d’un revenu MINIMUM est un raisonnement de SPOLIATEUR. (Individu qui nie l’existence de la productivité ancestrale).
    Lire mon commentaire sur RUE89
    Le ministère des pirates de la culture : Il faut rendre aphasiques tous les spoliateurs voleurs de notre héritage ancestral !

  • permalien Georges :
    21 septembre 2010 @16h48   « »

    Le problème des retraites n’est pas dissociable de la place occupée par le travail dans la société et notamment de sa soumission aux lois du marché ;l’humain ne saurait s’accomoder des lois du marché qui sont liées à la finance et aux manoeuvres spéculatives dont la pratique pervertit le fonctionnement de l’économie. De même que Clémenceau estimait que la guerre est une chose trop sérieuse pour en confier la direction aux militaires,car ce sont les civils qui la font, l’économie,c’est à dire la production de richesses est une affaire trop importante pour que sa direction soit laissée entre les mains de ceux qui s’en approprie les fruits car ce sont les vrais producteurs qui sont concernés.Il faut en effet au moins au niveau local transformer ces producteurs en acteurs politiques et ceci en dépit de la pression des multinationales. En vue d’une évaluation, des chantiers expérimentaux basés sur des C.O.P. et des associations appropriées pourraient être envisagés avec bien sûr un minimum de collaboration des pouvoirs publics et un renversement des tendances libérales actuelles. L’important c’est de commencer et de le faire savoir.

  • permalien Pat :
    23 septembre 2010 @11h41   « »

    Un fil d’actualité où l’on peut suivre en temps réel le cours de la journée de mobilisation populaire de protestation contre la "réforme" des retraites.

  • permalien Spawn :
    25 septembre 2010 @17h28   « »

    @ P.

    Bonjour,

    lorsque j’écrivais "Les quelques expériences de revenu garanti dans l’histoire n’ont pas eu pour effet les conséquences que vous indiquez", je reprenais simplement l’analyse de l’auteur du texte cité ("Payer les gens à ne rien faire ?", B. Mylondo, dans Le Sarkophage, n°19).
    Je n’ai pas plus d’éléments que l’article sur le devenir social, politique et économique des groupes ayant expérimenté une forme de revenu garanti. Ainsi, je vous retranscris le passage de l’article traitant de ces expériences :

    "Evidemment, aucun pays n’ayant pour l’heure adopté un revenu inconditionnel tel que nous le concevons, il nous est impossible d’en évaluer à posteriori l’impact sur l’offre de travail des individus - et non pas sur les offres d’emplois. Néanmoins, à défaut d’une mise en oeuvre durable, de nombreuses expérimentations ont tout de même été menées aux Etats-Unis et au Canada dans les années 1970 et 1980. Plusieurs miliers de foyers se sont ainsi vu verser pendant quelques années un revenu, dont le montant variait suivant les expériences, sans qu’il leur soit demandé de travailler, de chercher un emploi, ou de s’adonner à une activité en général.
    On imagine déjà tous les bénéficiaires arrêtant immédiatement de travailler... Mais en réalité il n’en fut rien ! Au cours de ces expérimentations, une baisse du volume d’heures travaillées a bien été observée dans les familles participant aux programmes, mais elle se limita en moyenne à 9% du temps de travail. Une baisse marginale donc, qui s’est traduite, au sein de chaque foyer, par l’abandon du job étudiant des enfants scolarisés, la réduction du temps de travail des femmes assignées à la garde des enfants et par l’abandon d’un emploi pour les individus qui en cumulaient plusieurs. De même, et contre toute attente, une étude portant sur des gagnants de l’équivalent belge de notre "Tac o Tac TV gagnant à vie" a révélé l’impact quasi nul sur l’offre de travail de gains comparables au montant d’un revenu inconditionnel "suffisant" (entre 700 et 1000 euros par moi environ)."

    Voilà pour le passage. L’auteur de l’article assure qu’ "il est bien sûr difficile d’extrapoler les résultats obtenus lors des expérimentations et études menées jusqu’à présent, et il serait particulièrement hardi d’en conclure l’absence d’impact du revenu inconditionnel sur l’ardeur au travail de ses bénéficiaires. Mais le fait est qu’aucune expérimentation ne vient étayer l’hypothèse d’une baisse massive de l’offre de travail." Et de conclure cette partie : "Si une baisse de l’activité économique devait intervenir suite à l’instauration d’un revenu inconditionnel, elle serait donc vraisemblablement limitée".

    [suite dans le commentaire suivant]

  • permalien Spawn :
    25 septembre 2010 @17h30   « »

    [suite et fin du commentaire précédent]

    Ainsi, il ne s’agît pas ici de détailler des études sociologiques mais de tirer certaines conclusions à partir des observations faites. L’enseignement tiré, selon l’auteur, de ces expériences, va à l’encontre de l’idée générale que l’on aime à définir comme allant de soi : en garantissant à chaque citoyen l’accès aux biens et services essentiels, cela desinciterait fortement les travailleurs à produire des biens et des services.

    L’article traite d’autres aspects. P., Je ne peux que vous inviter à le lire en entier.

    Au delà des grandes lignes évoquées ici de ces expériences, il est en effet absolument intéressant et nécessaire d’aller voir de plus près l’évolution de ces populations expérimentatrices.

    Cordialement,

    Spawn.

  • permalien Yanick Toutain :
    28 septembre 2010 @17h33   « »

    @Spawn.

    Une contribution absolument passionnante.
    Rien ne m’étonne de tout cela (cela fait bientôt 20 ans que la société ne me verse plus rien et .... je travaille sans .... arrêt !)
    Mais, lorsqu’on tape le passage, on s’aperçoit que ce texte n’est pas en ligne.
    Pourquoi ses auteurs n’en permettent-ils pas la lecture ?
    Cherchent-ils à poursuivre ceux qui auraient le culot de les citer ?

    Demandez-leur si la REpublication (sur mon blog Révolisation Actu) du passage que vous citez est autorisée ?
    Cela va tout à fait dans le sens de "mon" "1000 euros pour tous les Terriens" !

  • permalien tchoo :
    29 septembre 2010 @14h33   « »

    Pour ce qui aurait des difficultés de compréhension ( et j’en fait partie, la manipulation de concept abstrait m’a toujours posé problème) je vous recommande les vidéos de la conférence de Bernard Friot que vous trouverez là :

    http://www.latetocarhaix.org/articl...

    à réécouter plusieurs fois si nécessaire

  • permalien matthieu :
    2 octobre 2010 @15h12   « »
    partager le gâteau c’est bien, construire la cuisine de demain c’est mieux !

    "l’idée d’un revenu suffisant, attribué à vie à chaque citoyen"
    pour moi c’est une idée idéaliste et même une idée dangereuse.

    Ma réflexion part de cette hypothèse :
    A chaque fois qu’un individu ne produit pas de valeur travail pour la société alors un ou des individus doivent assumer sa charge.

    Cela vient à dire que lorsqu’on ne travail pas, la société nous assiste ; l’asistanat ! le mot est lancé.

    Lorsque l’auteur propose à travers cet article, un budget à flux tendu et de créer une ligne de budget dédié à sa proposition. on assiste en fait a une redistribution des valeurs générées.
    pas de ressources supplémentaires, donc pour des dépenses plus importantes, on deshabille le travailleur.
    l’idée de taxer les entreprises est biensur évoqué mais comme le dis l’article quelle est la difference entre taxé le salaire brut ou le résultat, le salaire net : aucune !

    personnellement (si ca interresse quelqu’un ;) )
    l’auteur ne parle pas des causes qui ébranle notre système ; les crises. son système tombe à l’eau si le chômage double ; il n’a rien résolu !
    je souhaite vivre dans une société solidaire qui aide les plus faibles.
    je crois en l’investissement.
    en tant que jeune actif, j’aimerai aujourd’hui participer à aider les plus faibles et investir.
    Nous faisons partie d’une société capitalisme et nous n’en jouons pas le jeu.
    pour moi il n’y’aurait rien de choquant à ce que tous les francais possèdent une part de leur(s) entreprise(s).
    Capitaliser en vue des lendemain ; c’est ce que je fais chaque jour ; je suis à l’opposé de ce système décrit par l’auteur qui est un système de vie au jour le jour.

    et puis aussi tant que j’y suis :
    un salaire à vie, ca n’a jamais existé !

    Matthieu 28ans

  • permalien max :
    6 octobre 2010 @16h04   « »
    Pourquoi ce concept ne semble pas possible aux yeux de tous

    Ce que je retiens de l’ article de B Friot et de son émission sur là-bas.org...

    La partie des richesses allant aux salaires ( et cotisations ) n’ a fait que décroître depuis 50 ans pour aller essentiellement au capital.
    Le part capital réinvestissant de moins en moins pendant cette période dans le système économique ( proportionnellement...). D’ où les inégalités qui se creusent mais qui ne sont qu’ une partie de problème

    Ce que je pense :

    Il y a beaucoup trop de richesses produites, qui ne vont ni aux salaires et cotisations et ni au réinvestissement économique.

    Il manque un maillon essentiel à l’ opinion publique : ou partent ces richesses ?

    Il faut absolument mettre en parallèle la partie des richesses qui s’ évade dans les paradis fiscaux et qui échappe totalement à toute redistribution par l’ impôt, les salaires où un réinvestissement pour moderniser les outils de production qui sont obsolètes et polluants...

    Je me prends un produit qui côute 0,1 euros , fabriqué au cambodge, je me le revends à mes différentes sociétés off-shore pour au final l’ acheter 9 euros par ma société française et le revendre 10 euros en France.
    Je vais générer 1 euro en France et générer quelques miettes d’ impôt, de salaires( distribution ;conditionnement) de participation salariale.

    Au final , je gagne 8,99 euros offshore + ,30 euro en france et je vais rapporter quelques centimes d’ impôts et cotisation salariales à mon pays. ( HT)

    1700 milliards partent du fait des prix de transferts frauduleux dans la poche de quelques uns chaque année

    Le modèle de salaire (revenu ?) universel ne peut fonctionner qu’ en relocalisant la production et prenant toutes les garanties de transparence pour les achats de biens ; matières première à l’ étranger.

    On comprends très vite qu’ avec une redistribution des richesses, le salaire universel est largement applicable, à condition de relocaliser, et surtout en allant vers une décroissance.

    Le but ultime étant d’ arrêter d’ être sur un modèle de productivisme et d’ aller vers une production et une consommation de biens utiles et indispensables et réparables ! La joie de consommer est une tromperie inculquée par 50 ans d’ endoctrinement publicitaire . Le bonheur est ailleurs si on sort la tête du guidon...

    Un salaire universel est la condition indispensable ainsi qu’ un plafonnement des revenus à 12 fois (par exemple) le plus petit salaire en vigueur
    Cela laisse de la marge à tous les créateurs et autres entrepreneurs...

    Si nous voulons réussir ce projet, la gauche de la gauche doit oublier le système productiviste, seul pourvoyeur d’ emploi et de revenu selon elle et plutôt aller vers une décroissance indispensable à la survie de l’ humanité.

    On doit bel et bien réinventer le sens du travail, de la consommation et redonner un sens à notre vie.

  • permalien Peretz :
    15 octobre 2010 @10h49   « »
    L’Etat providence ?

    Pourra-t-on admettre comme inéluctable une charge qui serait répartie plus équitablement si c’est l’Etat qui, devenu super-providence, allouerait un revenu direct et suffisant à chacun ? Entériner une marginalisation d’une partie de la société que le plus souvent la chance de la naissance n’a pas favorisée, n’est-ce pas accepter définitivement cet état d’infériorité sociale permanente bien que choisie ou du moins acceptée ? Fera-t-on disparaître les frustrations des inégalités sociales, bien que matériellement vécues sans grandes difficultés ? C’est accepter définitivement qu’il existera toujours au moins deux classes, que l’ascenseur social n’arrivera jamais à supprimer.

    Ou que chacun puisse gagner suffisamment sa vie, en travaillant ou pas, tout en comptant sur la prospérité généralisée du pays grâce au plein emploi pour diminuer les inégalités. Que chaque individu ait une chance et puisse par lui-même sortir de cette inégalité. En recevant un juste revenu reparti équitablement. Dans une option du plein emploi c’est le travail qui par une bonne redistribution, le permettrait. En bonne logique, c’est cette dernière forme du vivre ensemble, qui semble le plus normal.

    Peut-on choisir entre deux types de société, dont l’une comporterait définitivement des marginaux assistés, et l’autre satisfaite d’avoir contribué par son travail à la prospérité générale, sans qu’il y ait des laissés pour compte ? Ne pas avoir à indemniser des chômeurs d’un côté, grâce au plein emploi, ou allouer une aide universelle de l’autre pour les classes défavorisées est économiquement une charge identique. Mais le poids de cette charge n’est pas réparti sur les mêmes personnes. Plus ou moins équitablement sur toute la population contribuant indirectement à cet assistanat par les impôts ou sur le monde du travail seulement, (patronat compris) et travailleurs ?Bref une société qui préfèrerait apprendre à pêcher plutôt que fournir le poisson. Dans ce dernier cas c’est l’inconnu. Les acquis sociaux ont été obtenus par les luttes des travailleurs solidaires. Pourquoi ne pas compter encore sur ce type de conquête pour ce nouvel acquis ?

    Et, in fine, que faire en cas d’afflux important d’émigrés attirés par ce type de paradis ? S’il s’agit de les accueillir en période de plein emploi, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Mais s’agissant d’émigrés attirés par l’unique avantage du minimum vital, sachant que travailler ne serait pas une obligation permanente en entrant dans cette société qui est effectivement un paradis comparé à celui de leur patrie d’origine, cet afflux n’apportant pas de perspective de croissance économique·, sera certainement encore plus rejeté que ça l’est actuellement. Alors que conditionné par le travail, selon notre option, l’émigration pourra de nouveau être vue comme une chance.

  • permalien JFK17 :
    18 octobre 2010 @18h18   « »

    pour répondre à Kaos je ne suis pas sur de bien comprendre de quelles " memes personnes" on "touche le pognon

    ne touche t’on pas parfois celui de l’état ou de la collectivité voire d’une société privée qui dit sociéte dit groupe de personnes , pas le seul patron de droit divin , non ?

  • permalien Georges :
    5 décembre 2010 @17h01   « »

    Suite au commentaire du 21 septembre,il paraît necessaire de raisonner en termes d’économie réelle, c’est à dire de prendre ses distances avec les aspects d’évidence de l’économie de marché et démystifier la financiarisation généralisée qui aboutit à manipuler des valeurs virtuelles,nourriture indispensable des phénomènes spéculatifs dont le résultat essentiel n’est pas la liquidité des transactions mais l’appropriation indirecte et monétaire de la plus value ainsi que la perversion de la reproduction élargie du capitalisme entrainant une politique à court terme et l’absence de réinvestissement suffisant pour maintenir la croissance et l’emploi. La toute puissance de la sphère financière tend donc vers une destruction relative de l’économie réelle.
    (l’existence en Chine de "banques politiques" permet par exemple de maintenir la croissance.
    Dès que disparaissent les fantasmes financiers et les appétits malsains de leurs auteurs,l’économie réelle est remise sur pied et l’activité humaine rétablie les solutions de la nature de celles que nous propose B.Friot sont envisageables et leurs apparentes cotradictions (cf.critique de J.M.Harribey)peuvent très bien évoluer sur le plan expérimental.
    Le but restant bien sûr que le salaire universel donne au travail la charge politique que le capitalisme lui refuse.

  • permalien Spawn :
    9 décembre 2010 @19h27   « »

    Superbe article de Mona Chollet ici : http://peripheries.net/article326.html

    Bonne lecture.

    Spawn.

  • permalien Spawn :
    27 juillet 2011 @10h05   « »

    @ Yanick Toutain et P.

    Baptiste Mylondo source plus précisément les expérimentations menées de revenu inconditionnel :
    http://pourunrevenusocial.org/wp-co...
    Voir annexes 1 et 2 [les fameuses expérimentations à assez grande échelle en Amérique du Nord].

    Bonne lecture,

    Spawn.

  • permalien idlehands :
    28 août 2011 @16h26   « »

    Bonjour,

    Lorsque j’ai pris ma retraite il y a plus de cinq ans (j’étais expert comptable indépendant) je n’imaginais pas à quel point je pouvais être qualifé pour être retraité, c’est à dire ne rien faire : bien le faire absorbe tout mon temps.

    La retraite par repartition n’est pas, à mon avis, un droit, mais une nécéssité sociale pour assurer le transfert générationnel.

    Si je n’avais consacré qu’à ma retraite ce que j’ai du consacré à la collectivité et à l’éducation de mes enfants, je n’aurais pas besoin d’un retour de faveur. Mais si chaque génération ne consacre pas à la collectivité et à l’éducation des générations suivantes, les moyens necessaires, la société s’effondre.

    La retraite est la version moderne de la famille étendue (qui n’était pas le cas le plus frèquent) : tu reprends la ferme ou l’entreprise mais tu assures ma fin de vie).

    Par contre ne pas tomber dans l’excés inverse : tout garanti. C’est subsituer à la tyranie des marchés celle de l’état (Big Brother de la retraite, zombification sociale).

  • permalien baron :
    28 juin 2012 @18h29   « »

    Pour réponse, je dirais que je ferais le même travail que j’ai actuellement à la différence que j’ai 55 ans et qu’avec le salaire de vie que propose j’aurais la possibilité de partir à la retraite ou de continuer mon activité le temps que mon épouse atteigne l’âge de 55 ans , en étant mieux payé et en travaillant moins.
    Voilà ce que serait le salaire de vie

    http://www.pouruneconstituante.fr/s...

  • permalien ion adrian :
    22 août @16h16   « »

    Les sciences économiques n’ont pas réussi encore à fonder ces desideratas de la raison et du coeur des hommes, même si c’est tellement simple de les fonder de manière économique, ainsi tout devient à notre sens comme l’oeuf de Colomb.
    Donc, les axiomes qui doivent fonder de manière économique et juridique le desiderata exposé ci-dessus en posant les fondations du développement des sciences économiques, que nous allons appeler la Troisième Voie de développement de l’Humanité, sont :
    Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits car il naissent et restent jusqu’à leur mort, et ceci de manière inaliénable, propriétaires de leur force de travail et propriétaires à parts égales des ressources naturelles dans les composantes non touchés par l’exploitation et la transformation de l’homme.
    Bien entendu, c’est à la charge des spécialistes des sciences économiques d’appliquer de tels axiomes, s’ils les acceptent, car un axiome n’a pas besoin d’être démontré, il nous suffit de l’accepter et l’appliquer, en créant par la même occasion les bases théoriques d’implémentation sociale de la Troisième Voie, visage humain de la globalisation opposé au rictus mauvais de l’hypocrisie diabolique destructive.
    Dans les lignes qui vont suivre je vais faire une incursion dans l’histoire du développement de la civilisation en rapport avec le respect des axiomes que nous proposons.

  • permalien ion adrian :
    22 août @16h25   « »

    Excusez-moi, le message ci-dessus est la deuxième partie du texte envoyé

    Donc :

    I.Postulats pour les sciences économiques ou la Troisième Voie

    Nous allons vous proposer un article qui présente des considérations portant sur les fondements d’une science économique qui aurait à sa base des postulats en tant que principes aussi bien économiques que moraux. Nous affirmons que la Troisième Voie de développement économique et social de l’Humanité que même si elle est souhaitée par beaucoup N’EXISTE PAS (encore), mais elle s’impose comme une NECESSITE.
    Quelque chose qui s’impose donc comme une nécessité peut ne pas être reçu par ceux que ces questions concernent et parfois nous pensons même que nous sommes pas encore prêts pour cette Troisième Voie, plus précisément nous pensons que l’humanité n’est pas encore prête pour recevoir les axiomes que je propose, même si je suis convaincu que sans leur adoption elle va disparaître d’une façon ou d’une autre, pas forcement d’une manière totalemais très certainement en tant que civilisation, tel que c’est présenté dans des divers films fantastiques et apocalyptiques.
    J’ai préparé un court énoncé avec lequel je vais conclure, avec la présentation du desiderata social le plus profond, et ont peut prouver que c’est grâce à son application que le développement positif de notre civilisation à eu lieu.
    Ceci apparaît de manière plus explicite au cours du XVIIIe siècle au Etats-Unis chez ses pères fondateurs, qui comme Philip Mazzei ont affirmé « Tous les hommes sont créés égaux » pour mieux légiférer cette proposition dans l’introduction de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amériques, écrite par Thomas Jefferson en 1776, qui dit textuellement :
    « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ».
    Par la suite les textes devient plus précis et plus proches d’une formulation juridique : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
    Ces mots figurent au frontispice de deux plus grands textes de l’humanité, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789 et la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l´Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution du 10 décembre 1948.
    Nous soutenons que même si ces mots restent au stade de desiderata, le développement positif de la civilisation a dépendu du degré d’application de ces principes et il est évident que cet état de fait à été maximal à l’endroit où ces idées ont vu le jours, c’est-à-dire au Etats-Unis et dans l’occident européen.

  • permalien ion adrian :
    22 août @16h27   « »

    lll.
    L’Âge de la pierre : la propriété de l’individu portait sur sa propre personne et ses outils, nous avons donc une liberté individuelle et une propriété commune des ressources naturelles qui étaient dans une relative abondance et dépendaient uniquement de la capacité technique de transformation à côté du marché libre et l’action de la loi de la valeur.
    L’Esclavage : pour l’homme libre, la propriété privée sur les facteurs de production, certaines ressources sur le régime privé d’autres en propriété commune et l’esclave tel une bête de somme donc dépourvu de toute forme de propriété, mais aussi le marché libre et la loi de la valeur.
    Le despotisme asiatique : l’esclavage est porté ici à la limite, les hommes ne sont pas propriétaires mais simplement les esclaves d’un « dieu » représenté par un chef, un marché libre pour la zone qui ne tombait pas dans le périmètre de l’intérêt de ce chef pour qu’il ne porte pas tous ces soucis relatifs à son organisation, et une loi de la valeur déformée par l’intervention même du despote.
    Le Capitalisme : dans lequel tous les hommes redeviennent libres comme dans l’âge de la pierre, les moyens de production (ressources naturelles, matières premières et les outils) sont propriété privé motif qui induit selon Marx l’exploitation de l’ouvrier ne possède que la force de travail par le capitaliste qui lui possède les moyens de production. Le marché est libre dans ce cadre théorique et a à sa base la loi de la valeur.
    Le Socialisme, avec son évolution obligatoire vers le communisme, dans lequel théoriquement le travail reste libre comme dans le capitalisme et les moyens de production deviennent propriété commune motif qui fait que le gouvernement a une tendance intrinsèque de devenir comme dans le despotisme asiatique et le travail rémunéré comme dans ce même système. Le marché inexistant, celle qui semble être, étant juste un simulacre basé par
    ailleurs sur des alignements purement formels par rapport aux marché libres existantes dans les économies capitalistes.
    La Troisième Voie : le travail libre soit la propriété privée de la force de travail, des moyens de productions et des matières premières (les objets du travail qui résultent d’un procès de travail), les ressources naturelles sont en principe sous le régime de la propriété commune (pour ajuster le modèle de marché et non pas pour un qui soit effectif) et le libre marché, le plus libre possible.

  • permalien ion adrian :
    22 août @16h29   « »

    IV
    Les effets de la tendance humaine de devenir propriétaire des ressources naturelles sont celles qui conduisent à la guerre de même que les tendances du propriétaire une fois établit de restreindre l’accès des autres aux ressources, de cette façon nous entrons dans la zone correctement décrite par von Mises quant il adressait la question de la propriété sur les ressources et quand dans son ouvre « Marxism Unmasked : From Delusion to Destruction » il écrit : « est-il juste qu’un pays qui possède des ressources dont elle n’a pas la capacité de les exploiter de priver celui qui peut les exploiter de faire ceci et de prétendre de lui respecter ce droit qui en définitive devient un droit qui concerne la paix ou la guerre, cas où nous emmène la ressource pétrole ? ». Il est évident que la réponse est non mai en même temps ni la réponse à ce comportement qui à été la création du système colonial et qui part de l’idée qu’un pays doit à tout prix conquérir certaines ressources pour disposer d’elle selon son bon vouloir, c’est-à-dire en devenant propriétaire de ces ressources, en les sortant de la propriété commune ou des autres, n’est pas correct.
    En effet nous voyons dans ces deux exemples la limite et le caractère
    problématique, en fait infertile, de la propriété privé ou de groupe sur les ressources qui fait que « homo homini lupus » et qui fait que des groupes humains, aujourd’hui des états, puissent recevoir ce même proverbe romain, reprit un peu plus proche de nous par Thomas Hobbes, ceci ne serait plus le cas si nous reconnaissions que les ressources naturelles sont un cadeau fait par la nature à l’homme et non pas à un homme seul ou à un groupe d’hommes, mais à tous les hommes qui sont tous propriétaire en indivision dès leurs naissance et jusqu’à leur mort, propriété qui ne peut être transmise par héritage mais revient à tous et chacun sut la base de la simple naissance.
    Si ce principe est d’une manière évidente juste et fertile il est inopérant sur le plan effectif car nous ne sommes pas à l’Âge de la pierre à l’époque des chasseurs nomades quand nous utilisions la ressource pour ensuite la laisser derrière.
    Aujourd’hui les ressources doivent être traitée sur le plan pratique comme juste qu’ici, c’est-à-dire en continuant à simuler la propriété, exactement comme si elles étaient sous la propriété privé, mais les relations de production doivent acceptent ce postulat de même que les calculs économiques dérivées, qui en réalisent la correction nécessaire.

  • permalien ion adrian :
    22 août @16h30   « »

    V
    Prenons un exemple empirique. Si nous poursuivons donc le système économique capitaliste le plus développé, soit celui où nous soutenons qu’il enfreigne le moins les postulats proposés, nous voyons que c’est là où est introduite la plus grande indemnisation de chômage, de laquelle le fameux économiste américain John Galbraith disait qu’elle est l’un des pilons fondamentaux de l’économie capitaliste moderne car elle limite aussi bien l’exploitation que l’autoexploitation.
    Il n’a expliqué que par les conséquences cette grande importance car il est évident qu’un ouvrier qui a un minimum de moyens de subsistance est beaucoup plus libre presque réellement libre et égal quant à la liberté devant le travail, qui dévient ainsi vraiment un droit.

    Nous affirmons que le motif de cette nécessité de l’assurance chômage est qu’une personne sans travail vu qu’elle n’a pas accès par ce motif à sa côte part des ressources qui lui reviendrait théoriquement de la dote de l’humanité, est en droit d’exiger de la part de ceux qui la travaillent une redevance.
    Le montant de cette redevance doit être discuté et négocié dans le cadre d’une nouvelle science économique, mais le simple fait de son existence, même si les questions du montant et de la période dont on peut bénéficier et en tout cas la part reçue comme dans un système d’assurances pour lequel on cotise tant que on travaille, doit être regardé séparément par rapport à cette redevance.
    En conclusion nous croyons que nous avons tracé les jalons minimaux et nous ajoutons que c’est ni facile ni impossible qu’une nouvelle science économique soit possible dans le respect des postulats de la Troisième Voie et bien entendu que les économistes peuvent la développer.
    J’ajoute quelques exemples plus récents dans lesquels toujours de manière empirique on a essayé des mesures qui sont fondées sur le plan scientifique sur les postulats proposés ici, mais comme dans le cas de Galbraith étant inconnues elle apparaissent seulement comme intuitions ou desideratas remarquables.

  • permalien ion adrian :
    22 août @16h31   «

    VI
    Ainsi, nous allons rappeler une proposition de Jean Marc Ferry qui dans son ouvrage « L’allocation universelle » (1995) propose, une « allocation universelle » de citoyenneté, qu’il définit comme un revenu social primaire distribué de manière égalitaire, non conditionnelle comme vrai revenu de citoyenneté. Si une telle initiative venait à être adoptée, selon, Ferry, le droit au travail cesserait d’être une hypocrisie.
    L’idée qui manque encore de fondement théorique est appréciée favorablement et a été reprise à l’échelle européenne en 2013 sous la forme d’un projet sous le nom de Revenu Minimum Garanti (UBI). Ceux qui ont initié le projet, sollicitent une loi européenne qui devrait stipuler que chaque personne, indépendamment son age, ancêtres, domicile ou lieu de résidence, profession etc., ait le droit à une allocation de manière inconditionnelle.
    Selon eux, ce revenu de base est un droit de l’homme qui ne doit pas dépendre d’aucune condition préalable quelle qu’elle soit. Ce revenu de base ne sera pas conditionné par d’autres revenus, économies ou propriétés.
    C’est exactement la conséquence de l’application sur le plan pratique des principes proposées qui visent la « liberté égale » par la reconnaissance du droit égal de propriété sur les ressources naturelles pour chaque être humain.
    Pour que cette proposition de projet puisse être prise en compte en commission au sein de l’union européenne (prise en compte et non encore adoptée) il faut requérir un million des signatures dans les pays de l’UE.
    Malheureusement, que trois-cent-mille signatures ont pu être totalisées, mais peut-être en réessayant ultérieurement en ajoutant un meilleur fondement théorique le projet recueillera d’avantage de signatures.
    C’est pour ceci que nous considérons que si ce projet venait à être fondé de manière scientifique sur le plan théorique, et non exclusivement sur des considérations de morale et d’altruisme social, mais bien sur une théorie comme celle décrite ci-dessus, pour être fondée scientifiquement et non pas seulement éthiquement ou égalitariste socialiste ,le projet augmentera ses chances de succès.

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