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Une journée contre le racisme d’Etat

Les Roms, et qui d’autre ?

Cécile Canut (professeur de sociolinguistique), Cécile Kovacshazy (maître de conférences en littérature comparée) et Thomas Lacoste (cinéaste et éditeur) organisent, le samedi 11 septembre 2010, une grande journée d’action et de réflexion autour de la question des Roms en France et de la politique discriminatoire qu’ils subissent. Cette manifestation se déroulera à partir de 14h00 à la Maison de l’arbre à Montreuil (Seine-Saint-Denis) : tables rondes, débats et projection. Ils expliquent ci-dessous les raisons de leur initiative.

par Cécile Canut, Cécile Kovacshazy & Thomas Lacoste, 9 septembre 2010

L’été politique a été particulièrement violent cette année, puisque le gouvernement a fait expulser des ressortissants de l’Union européenne vers la Roumanie et la Bulgarie en raison de leur origine ethnique. Ces expulsions sont menées au mépris du droit européen (principe de libre circulation).

M. Nicolas Sarkozy et son gouvernement stigmatisent encore plus cette petite minorité qui, au sein de la population de la France, voit ses droits bafoués depuis de nombreuses années. Beaucoup, malgré la période estivale, ont manifesté leur opposition à cette politique indigne.

Parce que nous refusons de nous taire face à la politique menée en France à l’égard des Roms, parce que nous condamnons les politiques migratoires xénophobes, et pour marquer notre opposition à ce racisme d’Etat, il nous semble nécessaire de nous exprimer collectivement sur un problème qui menace ce qu’il y a de plus fondamental du point de vue des droits humains.

Nous vous invitons à participer à une grande manifestation qui aura lieu samedi 11 septembre 2010 à partir de 14h, à la Maison de l’arbre (« La Parole errante » qui héberge les Roms de Montreuil récemment expulsés), 9, rue François Debergue, 93100 Montreuil (tél : 01-48-70-00-76), à 300 mètres du métro Croix-de-Chavaux (ligne 9). Tables rondes, débats, projections, concert pour affirmer notre refus de voir la France appliquer une politique aussi discriminatoire.

Avec : Etienne Balibar (philosophe), Luc Boltanski (sociologue), Cécile Canut (sociolinguiste), Eric Fassin (sociologue), Marie Gaille (philosophe), le GISTI, Patrick Henriot (magistrat), Cécile Kovacshazy (comparatiste), La Bande Passante, Thomas Lacoste (cinéaste et éditeur), Danièle Lochak (juriste), Migreurop, Christophe Mileschi (italianiste et écrivain), Jacques Rancière (philosophe), Isabelle Saint-Saëns (revue Vacarme), le Syndicat de la magistrature, la revue Vacarme, Sophie Wahnich (historienne), Patrick Williams (ethnologue).

Et sous réserve : Fanny Ardant (comédienne et réalisatrice), Laurent Bonelli (sociologue), Paul Brannac (critique d’art), Thomas Dutronc (musicien), Saimir Milé (Voix des Rroms), Marie Ndiaye (écrivain), Toni Negri (philosophe), Tzvetan Todorov (historien et essayiste).

 13h30 : accueil des participants

 14h00 : table ronde 1 : penser l’Europe avec les Roms

Etienne Balibar, Eric Fassin, Gisti, Migreurop, Saimir Milé (sous réserve), Patrick Williams.

Intermède : lecture de textes littéraires romani (par Fanny Ardant, sous réserve).

 15h00 : table ronde 2 : l’« identité nationale » ou le racisme d’Etat

Paul Brannac, Marie Gaille, Patrick Henriot (vice-président du syndicat de la magistrature), Christophe Mileschi, Jacques Rancière, Sophie Wahnich.

Intermède : Lecture d’un texte par la réalisatrice Claire Denis (sous réserve).

 16h00 : table ronde 3 : face à la dérive politique actuelle, quel engagement ?

Luc Boltanski, Danièle Lochak, Marie Ndiaye (sous réserve), Toni Negri (sous réserve), Isabelle Saint-Saëns, Tzvetan Todorov (sous réserve), revue Vacarme.

 17h00 : Projection en avant-première du film de Thomas Lacoste (en présence du réalisateur) Ulysse clandestin, pour la nécessaire suppression du ministère de l’immigration et de l’identité nationale (93 minutes, 2010).

Entrée libre pour tous !


A lire ou à relire sur le site du Monde diplomatique...

 Roms et gens du voyage : l’histoire d’une persécution transnationale, par Céline Bergeon (juillet 2010).
La réunion des Roms et gens du voyage sous le signe d’une apparente délinquance commune laisse entrevoir un durcissement de la répression en France. De nombreux exemples, à l’extérieur de nos frontières, montrent déjà des situations plus que dramatiques.

 Les Roms, un peuple européen, par Philippe Rekacewicz (juillet 2010).
Les Roms, les Manouches et les Gitans se définissent comme une nation « sans territoire compact et sans prétention à un tel territoire ». Leurs revendications ne portent pas sur l’espace, mais sur le droit et la justice.

 L’art libertaire de Tony Gatlif, par Mehdi Benallal (février 2010).
Liberté, le dernier film du cinéaste gitan, évoque la chasse à ces hommes libres que furent toujours les nomades. A travers l’histoire d’une petite communauté de bohémiens, le film décrit les persécutions dont les Roms furent victimes sous le gouvernement de Vichy.

 Les Roms, « étrangers proches » des Balkans, par Laurent Geslin (juillet 2008). _ L’éclatement de la Yougoslavie et les déplacements de population consécutifs aux guerres des années 1990 ont accéléré le processus de simplification identitaire. Figures de l’altérité par excellence, les Tsiganes, discriminés, n’en participent pas moins au jeu politique.

 Un vent mauvais souffle en Italie, par Geraldina Colotti (juillet 2008).
Un éclairage sur la situation des Roms en Italie, pays qui compte environ 150 000 Tsiganes, dont 70 % appartiennent aux ethnies rom et sinti, souvent de nationalité italienne, les autres étant des populations slaves originaires des Balkans, ou des Roumains.

 Fragile statut pour les Tziganes français, par Chantal Aubry (mai 2003).
Si on dénonce souvent l’antisémitisme et parfois le racisme antiarabe, on oublie que ce sont les Tziganes qui suscitent, et de loin, le rejet le plus large. Leur seule arrivée dans une ville suscite les pires craintes… L’exemple d’Arles met en lumière toutes les contradictions dans lesquelles se débat une municipalité, même bien intentionnée.

...Et sur la Toile

 Sarkozy, les médias et l’invention de la « mafia roumaine », par Caroline Damiens, Les mots sont importants, avril 2005.
Une étude en deux volets sur le traitement politique et médiatique de la « question tsigane » en France. A ne rater sous aucun prétexte.

 France : Imminent ‘Humanitarian Fingerprinting’ of Roma with OSCAR, par Meryem Marzouki (septembre 2010), article en anglais sur le site EDRI-gram (lettre d’information électronique sur les droits civils en Europe).

Cécile Canut, Cécile Kovacshazy & Thomas Lacoste

Cécile Canut est professeur de sociolinguistique à l’Université Paris-Descartes, et travaille notamment sur la circulation des discours en Bulgarie.

Cécile Kovacshazy est maître de conférences en littérature comparée à l’Université de Limoges et travaille notamment sur les littératures romani de France et d’Europe centrale (Allemagne, Autriche, Hongrie).

Thomas Lacoste est cinéaste et éditeur (La Bande Passante).

Contact : Cécile Kovacshazy (cecilekova@yahoo.fr)

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