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Nasser, quarante ans après

lundi 27 septembre 2010, par Alain Gresh

Il y a quarante ans, le 28 septembre 1970, à l’issue d’épuisantes tentatives de conciliation entre le roi Hussein de Jordanie et la Résistance palestinienne qui s’étaient affrontés au cours de combats meurtriers (Septembre Noir), le président égyptien Gamal Abdel Nasser succombait à une crise cardiaque. Il avait à peine plus de cinquante ans, mais il avait profondément marqué l’histoire de l’Egypte moderne.

A l’occasion de cet anniversaire, une polémique a éclaté en Egypte. Mohammed Hassanein Heykal, un des plus proches conseillers de Nasser, a laissé entendre que, peut-être, son successeur, Anouar Al-Sadate, l’avait empoisonné. La fille de Sadate a décidé de poursuivre Heykal en justice « Sadat’s daughter sues former presidential aide over Nasser poisoning claims », Al-Masry Al-Yom, 21 septembre 2010).

Voici une courte biographie de Nasser, tirée pour l’essentiel des Cent clefs du Proche-Orient (écrit avec Dominique Vidal, Hachette, 2005), avec quelques développements.

Né le 15 janvier 1918 à Beni-Mor, dans la province d’Assiout, en Haute-Egypte, Gamal Abdel Nasser est le fils d’un fonctionnaire des postes issu de la petite paysannerie. Bachelier en 1934, il entame des études de droit et participe aux grandes manifestations de 1935 contre l’occupant britannique et le roi. Le retour du parti Wafd au pouvoir en 1936 ouvre les portes de l’Académie militaire aux enfants de la petite-bourgeoisie : une brèche dans laquelle s’engouffre le jeune Nasser. « Pour mener à bien l’œuvre de rénovation, écrira plus tard un de ses compagnons, Anouar Al-Sadate, nous avions besoin d’un corps solide et discipliné qui, mû par une volonté unique, serait capable de pallier l’absence d’autorité et de reconstruire la nation désintégrée. C’est l’armée qui fournit cet organisme. »

Sous-lieutenant, il reçoit sa première affectation, Moukabad, près de sa ville natale. Il y fait la connaissance de Sadate et esquisse, au cours de conversations passionnées sur l’avenir de l’Egypte, l’idée de la création d’une organisation d’« Officiers libres ».

Mais le chemin est encore long jusqu’à la prise du pouvoir, marqué à chaque étape par des humiliations. L’Egypte est, depuis 1882, sous la coupe de Londres, et l’indépendance formelle obtenue en 1922 n’y change rien. En février 1942, les blindés britanniques encerclent le palais royal et contraignent le souverain à nommer un nouveau gouvernement pro-anglais. En 1948 éclate la guerre de Palestine. Nasser participe aux combats – il s’illustre à la bataille de Faloujah – et revient du front avec à la bouche le goût amer de la trahison. En 1951, une lutte armée se développe le long du canal de Suez, contre la présence coloniale ; des milliers de jeunes volontaires – auxquels les Officiers libres fournissent armement et entraînement – partent se battre. Mais, en janvier 1952, le roi proclame la loi martiale. L’organisation de Nasser compte alors une centaine d’officiers ; un comité exécutif comprend quatorze membres – un large éventail qui va des communistes aux Frères musulmans – unis par la haine du colonialisme, de la corruption, de la féodalité. L’heure de l’action a sonné : le 23 juillet 1952, un coup d’Etat les porte au pouvoir. Le général Néguib, un vieil officier patriote et respecté, sert de figure de proue au mouvement, mais Nasser, qui n’a pas encore trente-quatre ans, en est le véritable homme fort.

Il n’a pourtant pas une idée précise de son rôle, ni même de ses objectifs. Dans son livre Philosophie de la révolution (1953) – que le dirigeant socialiste français Guy Mollet osera comparer à Mein Kampf ! –, le raïs rappelait que, durant la guerre de 1948, « nous nous battions au champ d’honneur alors que toutes nos pensées se portaient vers l’Egypte », et il rapportait les dernières paroles d’un camarade mort au combat : « La grande lutte est en Egypte. » Son horizon, comme celui des Officiers libres, n’était pas la libération de la Palestine, mais l’édification d’une Egypte indépendante, forte, moderne, débarrassée de toute tutelle étrangère.

En 1952, le tiers-monde n’est pas encore né, et les peuples arabes vivent sous la coupe de Londres ou de Paris. Les Officiers libres décrètent une première réforme agraire et proclament la République, le 18 juin 1953, mettant un terme à une dynastie vieille de cent cinquante ans. Mais quelle république ? Après hésitations et affrontements, Nasser élimine le populaire Néguib au printemps 1954 : il n’y aura pas de pluripartisme en Egypte et l’armée ne retournera pas dans ses casernes, un choix qui pèsera sur l’avenir du pays. Le pragmatisme prévaut en politique extérieure. Le 19 octobre 1954, un traité signé avec la Grande-Bretagne prévoit le retrait de toutes les troupes britanniques, mais des clauses contraignantes – en particulier le retour de ces mêmes troupes en cas de conflit – sont mal accueillies par de nombreux nationalistes.

Nasser cherche des alliés en Occident. Il est fasciné par les Etats-Unis, une puissance sans passé colonial. Mais Washington ne comprend pas le refus du nouveau maître de l’Egypte de participer à des pactes antisoviétiques. Tout va alors très vite. Nasser contribue à la fondation du non-alignement en participant au sommet de Bandoeng (Indonésie) avec Soekarno, Nehru, Chou En-lai, en avril 1955.

Les tentatives secrètes de négociations avec Israël ayant échoué, l’armée israélienne ayant attaqué la bande de Gaza sous contrôle égyptien et fait plusieurs dizaines de morts, Nasser radicalise son discours. Il achète à la Tchécoslovaquie les armes que les Etats-Unis lui refusent. Il nationalise la compagnie du canal de Suez, le 26 juillet 1956, après que les Etats-Unis ont refusé de financer la construction du barrage d’Assouan, et sort politiquement victorieux de la guerre qui s’ensuit, menée par la France, la Grande-Bretagne et Israël. Un nouveau dirigeant est né : pour les Egyptiens enfin libres, pour les Arabes dont il galvanise le combat contre le colonialisme, notamment à travers La Voix des Arabes, la radio du Caire (lire Slimane Zeghidour, « La voix des Arabes », Vie et mort du tiers-monde, Manière de voir, juin-juillet 2006).

Après l’échec de la République arabe unie (union de l’Egypte et de la Syrie, 1958-1961), Nasser radicalise sa politique intérieure : nationalisation d’une grande partie du secteur privé, nouvelle phase de la réforme agraire, adoption d’une Charte nationale résolument socialiste, et création d’un nouveau front politique, l’Union socialiste arabe (USA). Un immense effort de développement économique est entrepris avec d’indéniables succès. L’écho de ces mesures contribue à une mobilisation progressiste dans le monde arabe.

La guerre de juin 1967 sert de révélateur aux faiblesses de l’expérience nassérienne. L’effondrement de l’armée reflète la trahison de ceux qu’on surnomme la « nouvelle classe » : officiers supérieurs, technocrates, paysans enrichis, bourgeoisie d’Etat... tous ceux qui ont profité de la « révolution » et qui souhaitent en finir avec le socialisme.

« Nul mieux que Youssef Chahine n’a illustré, dans son film Le Moineau (1972), les limites du système : corruption et affairisme camouflés sous des slogans socialistes. Après la défaite de 1967, Nasser décide d’ouvrir un débat qui se focalise rapidement sur la “nouvelle classe”. La réforme agraire a fait naître d’autres inégalités et un capitalisme rural qui profite à une minorité, la grande majorité des paysans restant privés de terres. Dans les villes, les commerçants et les entrepreneurs, alliés aux administrateurs de l’économie d’Etat et aux hauts fonctionnaires, souvent des officiers – en 1964, vingt-deux des vingt-six gouverneurs provinciaux et un tiers des ministres en sont –, ont contourné les lois et édifié des fortunes. Le parti unique et l’administration ont souvent servi de relais aux parvenus et les mobilisations sociales sont bridées. » (lire « Dans l’Egypte de Nasser surgit une “nouvelle classe” », Le Monde diplomatique, juin 2010).

Ces nouveaux parvenus seront les fossoyeurs du nassérisme et la base sociale qui permettra à Sadate de mener à bien, après son accession au pouvoir en 1970, la « contre-révolution ». La peur de Nasser face à toute organisation autonome de la société (syndicale ou politique), le caractère bureaucratique de l’USA, ont encouragé la « nouvelle classe ». Enfin, la répression politique sur une grande échelle, l’usage de la torture contre tous les opposants, des marxistes aux Frères musulmans, l’étendue du pouvoir des moukhabarat (les services secrets), marqueront le régime nassérien mais aussi ses successeurs.

Démissionnaire après la défaite de 1967, rappelé par le peuple le 9 juin, Nasser n’en est pas moins un homme brisé. Quand il meurt le 28 septembre 1970, les Egyptiens lui font des funérailles grandioses. Au-delà des errements, ils pleurent l’homme qui leur a rendu la dignité. « Lève la tête, mon frère », lisait-on sur les banderoles hissées au-dessus des villages d’Egypte après le 23 juillet 1952. Le mythe Nasser reste très prégnant, comme l’a montré l’incroyable succès du film Nasser 56, de Mohamed Fadel, en 1996, projeté sur tous les écrans égyptiens, et qui a attiré plusieurs millions de spectateurs.

33 commentaires sur « Nasser, quarante ans après »

  • permalien chamil :
    27 septembre 2010 @15h42   »

    Beau portrait d’un homme qui fut indéniablement un des rares leaders honnêtes et courageux du monde arabe : ce ne fut ni un boucher type Saddam Hussein ou Hafez El-Assad,ni un dirigeant habile aux contorsions reptiliennes face à l’impérialisme type Hussein de Jordanie, Mahmoud Abbas ou les dirigeants saoudiens. Israël, la France et la Grande-Bretagne ne sont pas trompés en 1956 quand ils ont essayé de le briser : c’était lui qui a bloqué leurs prétentions néo-colonialistes.

    Cependant, on ne repétera jamais aussez la lourde responsabilité de Nasser dans l’autoritarisme qui a perverti les nations et jusqu’au coeur de la Nation Arabe, brisant d’ailleurs l’espoir anti-impérialiste lui-même à terme. Dans une Egypte profondément pluraliste, où une démocratie sociale avait toutes les chances de pouvoir réussir, il a préféré- parfois avec des raisons sincères- régner seul. Et briser férocement les opposants, faisant émerger un pouvoir de plus en plus monstrueux.

    Il est sûr qu’entre un Nasser et un Moubarak, il y a la différence entre un grand homme et le dictateur corrompu. Mais hélas pas de Moubarak sans Nasser, et pas de postérité de Nasser sans l’image de ce dirigeant qui meurt sur ce qui (re)deviendra hélas bientôt un trône héréditaire. Cruelle et triste ironie de l’histoire, dirait Hegel.

  • permalien Yvan :
    27 septembre 2010 @16h08   « »

    Démonstration que le méthodes des USA sont toujours aussi rustiques.

    Dès qu’un dirigeant est considéré comme incorruptible, il est irrémédiablement rejeté comme ennemi.

    Castro et Nasser se sont retrouvés socialistes aussi vite qu’Ahmadinejad "nouvel Hitler", ou Chavez "dictateur sanguinaire".

  • permalien
    27 septembre 2010 @16h56   « »

    trahison de ceux qu’on surnomme la « nouvelle classe » : officiers supérieurs, technocrates, paysans enrichis, bourgeoisie d’Etat... tous ceux qui ont profité de la « révolution » et qui souhaitent en finir avec le socialisme.

    Eh ben, les mecs, ça c’est de l’explication historique. On croirait lire l’Histoire du PC (b) de l’URSS.

    Donc tous ces richards (koulaks et saboteurs, en russe) étaient non seulement des traîtres, mais encore de parfaits idiots qui sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis... Et Nasser avait laissé se développer une telle faune en plein socialisme ?

    Ah, les "paysans enrichis"... et dans la culture du tabac, sans doute, non ? Ah, les vicieux !

  • permalien
    27 septembre 2010 @17h03   « »

    ...sort politiquement victorieux de la guerre qui s’ensuit, menée par la France, la Grande-Bretagne et Israël.

    guerre fomentée par la France et la Grande-Bretagne avec la participation d’Israël à laquelle ont mis fin les injonctions conjointes des USA et de l’URSS. Vous croyez vraiment que Nasser en est sorti tout seul ?

  • permalien meriam :
    27 septembre 2010 @18h49   « »

    Rétrospectivement Nasser peut être certes un personnage sympathique ; on a vu depuis pire ; mais n’oublions le principal (son uthopie de vouloir détruire Israel ; son laisser faire de manifestations quasi racistes ; son manque de réalisme avec son action en faveur de l’engagement de la guerre des six jours ; et enfin encore plus inexplicable, sa virée sanglante au yemen qui commanderait de nos jours la saisine du tribunal de la Haye)

  • permalien Islah@aol.com :
    27 septembre 2010 @22h18   « »

    Since he lost the 3 days war in June 67, it was all down the hill from there. He tried standing back up in his feet in a such a quick way that cost him even more loosing the faith of his country and that of other Arab nations. He ruined Egypt after that....

  • permalien barichane :
    27 septembre 2010 @23h12   « »

    je pense que Nasser a bien travaillé et a donné un bon exemple aux arabes ... mais malheusement il a été trahi ...et n’a pas joué en qualité de bon politicien en la matière ...(usage excessif de la force sans avoir calculer les risques prévisibles... dommage .../.

  • permalien Ph. Arnaud :
    27 septembre 2010 @23h25   « »

    A Meriam

    Quels racontars propagez-vous sur Nasser ? Que signifie l’expression « des manifestations « quasi-racistes » ? Pourquoi « quasi » ? Pourquoi pas « complètement racistes » ? Quel amalgame cherchez-vous à faire passer ainsi ?

    En ce qui concerne le Yémen, pourquoi ne regardez-vous que le côté qui vous arrange et non l’autre, à savoir la déstabilisation d’un régime nord-yéménite par les Saoudiens, pour le plus grand profit des Etats-Unis, qui ne pouvaient tolérer un si mauvais exemple ?

    Enfin, pour ce qui regarde Israël, considérez à quel point, pour l’ensemble du monde arabe de cette époque la création d’Israël pouvait être humiliante en ce qu’elle était reçue comme une dénégation, une insulte aux luttes de libération nationale (notamment en Algérie) qui avaient lieu à ce même moment, c’est-à-dire comme une apologie de la colonisation en un temps où celle-ci était rejetée de partout…

    Mais c’est une constante des pays européens que d’avoir donné l’image la plus détestable, la plus fausse, la plus calomniatrice de tous les leaders du tiers monde qui ont voulu se libérer de leur talon de fer : à côté de Nasser, voyez le sort réservé aux Patrice Lumumba, Fidel Cas-tro, Thomas Sankara, Che Guevara, Yasser Arafat, Dom Mintoff, Frantz Fanon, Ho Chi Minh, Hugo Chavez…

  • permalien Yvan :
    28 septembre 2010 @07h46   « »

    L’histoire d’un putsch militaire, sur fond de propagande droit-de-l’hommiste.

    Tout est dans les commentaires :

    YouTube - La guerre des Six jours : victoire d’Israël

  • permalien patkar :
    28 septembre 2010 @10h21   « »

    Et aujourd hui ?

    L Egypte reve ou n ose pas rever d un nouveau Nasser:un homme integre oeuvrant au profit de la nation egyptienne

  • permalien
    28 septembre 2010 @10h53   « »

    Pourquoi ne parlez-vous pas des persécutions des communistes égyptiens par Nasser ?

  • permalien Souriyâm :
    28 septembre 2010 @13h43   « »

    M. Gresh,

    j’aime assez, habituellement, vos billets sur ce blog que je trouve bien informés et synthétiques, mais aussi honnêtes, ce qui est assez rare sous nos latitudes quand il est "question d’Orient". Mais ce billet me paraît trop sommaire.
    L’exercice de résumer le nassérisme au pouvoir en quelques lignes est assez périlleux et peut-être est-ce l’explication du simplisme bienveillant envers Nasser de certaines de vos lignes. Ainsi il me semble qu’un tel résumé ne pouvait-être correctement réalisé sans évoquer au moins les points suivants, et donc sans une certaine longueur :
    1 - la part de responsabilité de Nasser, de son autoritarisme et de son "nationalisme égyptien", dissimulé derrière ses discours panarabes, dans l’échec de la République Arabe Unie de 1958, et donc dans l’échec du projet nationaliste arabe.
    Cet échec favorisera évidemment celui de 1967 : après que la Syrie ait connu une contre-révolution bourgeoise (contre l’insupportable tutelle égyptienne induite par la RAU) puis un nouveau coup d’Etat bathiste, Salah Jadid et Nasser seront ainsi incapables de se coordonner ; Jadid ayant d’ailleurs gardé les meilleures troupes syriennes à Damas pour s’assurer de la stabilité de son régime.
    2 - la part de responsabilité de Nasser dans l’incapacité du monde arabe à réussir à concilier les points de vue islamistes et progressistes laïcs au moins sur un principe d’alternance du pouvoir. Ce germe permanent de guerre civile ne manquât pas d’être utilisé par les forces ayant intérêt à s’opposer à l’essor du monde arabe (USA, Israël, ... URSS) et à sa résistance, et l’est encore journellement.
    En effet Nasser a contribué à radicaliser l’opposition panarabisme laïc / islamisme (frères musulmans) par la répression sanglante des oppositions intérieures et la fermeture de son régime. Ceci a permis a d’abord permis la manipulation de l’islamisme par Israël et les USA contre les forces de la résistance arabe (Hamas financé par Israël, influence de l’arabie saoudite contre les laïcs proches de l’URSS, ...), puis, plus tard, après la guerre froide (voire dès 1979), la manipulation des régimes ou forces autoritaires dites progressistes contre certains mouvements islamistes qui vont incarner le principe de la résistance arabe (Fatah corrompu contre Hamas, ...).
    3 - la part de responsabilité de Nasser dans l’installation de cultes de la personnalité qui empoisonnent tout le Proche-Orient (donnant lieu à de bien étranges dynasties républicaines...), toutes forces et idéologies confondues, et dont le nassérisme a été le parangon.

    Entre autres...

    Le bilan du nassérisme me paraît donc beaucoup plus contrasté que ne le laisse transparaître votre billet.

    Cordialement.

  • permalien meriem :
    28 septembre 2010 @18h42   « »

    A Ph Arnaud :

    vous avez raison ; manifestations racistes : jeter "les juifs " à la mer ; à l’époque on n’y mettait moins les formes ;on avait rien trouvé de mieux pour la com

    Yémen ; à ce que je sache la fin (discutable) ne justifie pas les moyens ;

    en ce qui concerne israel ; la manifestations d’une existence n’est pas de nature à "humilier" qui que ce soit, même ses ennemis ; à ce train vous autorisez les dit humiliés à faire n’importe quoi ; de grâce on ne va pas assister ceux qui n’assument pas un état de fait

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2010 @23h54   « »

    A Meriem

    Cessez d’instrumentaliser les juifs ! Israël n’est un Etat juif qu’à titre secondaire, mais un Etat occidental à titre principal. C’est à cet égard qu’il est rejeté par les Arabes, pas en tant qu’Etat juif…

    Au Yémen, les agresseurs étaient l’Arabie saoudite (et, derrière elle, les Etats-Unis) qui contestaient le renversement de la monarchie et ne voulaient pas voir s’établir un Etat accueillant des navires soviétiques le long de la mer Rouge.

    Si, pour les Arabes, Israël constitue une humiliation ! Humiliation du prélèvement indu (à quel moment les Arabes ont-ils été consultés par lord Balfour ?) d’une portion de chair musulmane par une puissance impérialiste (le Royaume-Uni) pour l’offrir à des colons d’Europe centrale n’ayant aucun lien avec cette contrée. Humiliation de l’implantation d’une colonie européenne en 1948, alors que partout (Algérie, Madagascar, Vietnam, Indonésie) les colonies étaient vomies…

    Et, contrairement à votre remarque méprisante, les humiliés ne font pas « n’importe quoi » : ils utilisent simplement tous les moyens en leur possession pour effacer l’humiliation, en quoi ils sont tout à fait fondés. Pour prononcer une phrase pareille, vous n’avez pas dû souvent vous trouver du côté des humiliés…

  • permalien avemaria :
    29 septembre 2010 @12h33   « »

    Il ne faut pas confondre biographie et hagiographie...
    Le seul gouvernant qui ait fait zéro fautes ?

  • permalien Laurent Szyster :
    29 septembre 2010 @13h22   « »

    Ph Arnaud,

    L’humiliation infligée aux Arabes par Israel c’est l’émancipation du peuple juif après quatorze siècles de subjugation.

    On ne peut comprendre le réjectionnisme d’Israel que si l’on considère la peur panique des Arabes à l’idée de l’émancipation des autres peuples soumis : Coptes, Berbères, Kurdes, Syriaques, etc.

    PS : Alain Gresh moderera sans doute mon commentaires comme tous les précédents, mes interventions s’éloignant trop de la "ligne du parti". Comme quoi, on peut débattre de tout mais pas avec tout le monde ;)

  • permalien Danvhv :
    29 septembre 2010 @14h18   « »

    "...les Etats-Unis, une puissance sans passé colonial".

    Euh... n’est-ce pas un raccourci qq peu osé, quand on sait les Etats-Unis se sont construits par vagues de colons européens qui ont sans doute procédé au plus grand génocide de l’Histoire récente, à savoir l’éradication de plusieurs millions d’Amérindiens ?

  • permalien Yann :
    29 septembre 2010 @15h20   « »

    @ Laurent Szyster,

    Vous êtes un bel exemple d’essencialisation.

  • permalien Yasmina :
    29 septembre 2010 @16h07   « »

    On ne peut comprendre le réjectionnisme d’Israel que si l’on considère la peur panique des Arabes à l’idée de l’émancipation des autres peuples soumis : Coptes, Berbères, Kurdes, Syriaques, etc.

    Faux. Le rejet d’Israel c’est en raison de l’injustice originelle que vous feignez d’oublier. L’injustice fondamentale qui a prévalu à l’établissement du jeune État israélien en terres arabes, au lendemain de la guerre essentiellement européenne de 1945.L’Etat d’Israel est perçu comme un voleur et les palestiniens comme des spoliés. Rien à voir avec vos peuples soumis( qui entre nous ne vous ont rien demandé surtout pas de les plaindre et de les aider à"s’émanciper")

    diviser les pays sur des critères ethniques ou religieux c’est diviser pour regner des empires coloniaux europeens. tout comme le nationalisme c’est une idée europeenne, etrangère à la sphère arabo-islamique.

  • permalien K. :
    29 septembre 2010 @20h00   « »

    p>

    La Différence...La Dignité.

  • permalien Sakhra :
    29 septembre 2010 @20h36   « »

    @ K,

    Un grand merci !

    Oui, "relève la tête, mon frère" !

    De la DIGNITE....C’est essentiel.

    "Pour qu’un Etat puisse protéger son peuple, il doit avoir le sens de la dignité de ses citoyens, avant tout"G. Corm.

  • permalien tessie :
    30 septembre 2010 @08h18   « »

    Penso che Gamal Abdel Nasser sia stato un uomo politico coraggioso che ha cercato di ridare l’orgoglio nazionale ad un Egitto sottomesso da troppi anni all’impero colonialista franco-inglese.
    E’ stato un uomo unico in un Egitto corrotta, che non si sia arricchito malgrado il potere assoluto che deteneva, un puro, che ha dovuto scegliere la Russia, per poter ottenere l’aiuto per costruire la diga di Assouan, mentre gli Stati Uniti nella loro consueta cecità, gli l’hanno negato.

  • permalien Ph. Arnaud :
    30 septembre 2010 @09h06   « »

    A Laurent Szyster

    Qu’est-ce que cette histoire de juifs subjugués par les Arabes ??? La conquête arabe n’a fait que succéder à la domination byzantine, elle-même avatar de la domination romaine. Cette conquête a vu, un certain temps, s’interposer la conquête franque, puis s’est effacée devant la conquête et domination turque, laquelle a cédé la place à la domination britannique…

    Et je vous rappelle que si la conquête de Jérusalem a été marquée par le massacre des mu-sulmans et des juifs, sa reconquête par Saladin n’a donné lieu qu’à une rançon – d’ailleurs calculée généreusement. Et que les juifs s’entendaient bien mieux avec les musulmans qu’avec les chrétiens…

    Quant à une hypothétique « émancipation » des Coptes, Berbères, Kurdes, Syriaques, dont vous faites un épouvantail pour les Arabes [? ??], elle ne poserait pas de problème aux Arabes en tant que tels mais à chacun des Etats à l’intérieur desquels ils se trouvent : Egypte, Algérie, Irak, Syrie… Cessez de vous représenter les Arabes comme une vague conquérante prête à engloutir un pauvre Occident sans défense.

    Il n’y a pas, non plus, de « ligne du parti » sur ce blog : cessez, une nouvelle fois (comme on aime tant le faire à droite), d’inventer une fantasmatique dictature des idées de gauche, qui opprimerait la liberté de penser ! Vous combattez des moulins à vent…

  • permalien SAMIA LAMINE :
    3 octobre 2010 @01h59   « »

    Quarante après, les photos de Nasser vibrent entre les mains des jeunes arabes dans toutes les manifestations. Quarante ans après, les jeunes ayant opté pour Nasser comme avatar se comptent par milliers ; c’est peut être avec Guevara l’avatar le plus utilisé sur FB et tant d’autres sites et forums arabes. Cela ne peut que témoigner que cette figure mythique est inscrite dans l’esprit collectif. Pourquoi si ce n’est que Nasser est le symbole de la nation, de l’union arabe, de la résistance et du défi ? Pourquoi si ce n’est que c’’est l’homme des trois "NON" brandis au visage des sionistes "NON à la réconciliation... NON à la reconnaissance... Non aux négociations." ? Pourquoi si ce n’est que c’est l’homme qui a été assassiné pour ses idées qui portent en elles le salut des arabes ? Pourquoi si ce n’est qu’il est l’homme contre qui toutes les forces impérialistes se sont unies parce pour inhumer son projet unioniste dans le berceau et donner la place à celui qui devait aller à Jérusalem puis à Camp David ?
    Pour le reste, des critiques, on peut en faire surtout concernant l’absence de démocratie. Mais, aujourd’hui, la démocratie n’est-elle pas le cheval de Troie que monte qui veut pour briser qui il veut parmi les pays ? Et est-ce les présidents arabes soutenus par l’occident sont plus démocrates que lui ??? Bref, pour l’honnêteté historique, malgré tout ce qu’on peut lui reprocher, Nasser a dans les cœurs arabes une place que toutes les erreurs n’effaceront pas.

    2) Pour ce qui est d’Israel, c’est une entité qui se veut reconnue comme un état juif pour tous les juifs du monde. Je pense que c’est la seule "démocratie" comme on veut bien l’appeler, qui réclame sa reconnaissance suivant l’appartenance religieuse de ses habitants !!! Mais de quelle démo-écrazie veut-on nous convaincre !?!

    Samia.

  • permalien Tristan :
    3 octobre 2010 @09h19   « »

    @Laurent Szyster

    he he, pour régler le "problème " copte, comme les européens ont cherché à régler le "problème" juif, j’avais pas encore imaginer que les Egyptiens puissent s’appuyer sur l’expérience sioniste.

    Ca pourrait être une idée à creuser : renvoyer les coptes d’où il viennent : du village de Bethléem.

    Les Chinois aussi, devraient s’inspirer de l’idée et renvoyer tous les bouddhistes tibétains d’où ils viennent (au Népal), faire de même avec les Ouïgours (tous à la Mecque) et renvoyer les chrétiens au Vatican.

    Comme ca, tous le monde serait content, et ca permettrait de régler définitivement certains problèmes.

  • permalien Lorie :
    3 octobre 2010 @11h24   « »

    Non il faut renvoyer les chrétiens en Israel:Jésus n’était-il pas juif ?

  • permalien Deïr Yassin :
    3 octobre 2010 @12h14   « »

    Je pense que Tristan faisait allusion aux Catholiques qui devraient être envoyés à Rome (sur un ton ironique, sans doute). Les Chrétiens Palestiniens - les plus anciens Chrétiens du monde - en tout cas, n’ont rien à faire à Rome, même si la ville est très belle. Ils sont très bien chez eux en Palestine, même si l’occupation sioniste de la Terre Sainte est particulièrement dure à leur égard.
    Oui, Jésus fut Juif. Juif, Chrétien et Palestinien. Quoi de plus eocuménique.

  • permalien Shiv7 :
    3 octobre 2010 @16h45   « »

    Oui, Jésus fut Juif. Juif, Chrétien et Palestinien. Quoi de plus eocuménique.

    Sauf qu’au temps de Jésus, les Chrétiens n’étaient pas encore là.. je dirais plutôt qu’il était un révolutionnaire Palestinien de confession juive, c’est moins éocuménique mais plus proche de la réalité.

  • permalien elbé :
    3 octobre 2010 @22h26   « »

    Que serait la figure de Nasser, s’il avait été soutenu, comme il le désirait au début, par les américains ? Ainsi que celle de Castro, qui n’était pas non plus un anti-américain viscéral.

    Les américains ont l’art de se créer des ennemis...,de les faire devenir des figures mythiques, sans nier bien sûr le charisme certain et le talent politique de Nasser .

    Mais on peut s’interroger sur ce qu’aurait été l’Egypte si les américains avaient accordé les fonds pour le barrage, que leur demandait Nasser. Ainsi que les options politiques qu’il aurait adopté à la suite.

    C’est sacrilège ?

    La politique américaine est décidemment stupide ou fait-elle semblant ? Pourquoi s’est-elle privé d’un possible allié ?
    Le tiers-monde ne peut (qu’en partie), sans doute, s’en féliciter : Création des pays non-alignés etc...
    Dommage que tant d’espoirs soulevés aboutissent à des Moubaraks...Mais peut-être que le chemin valait la peine et que le grain semé par les non-alignés finira par vraiment germer et se récolter.

  • permalien jcpress :
    5 octobre 2010 @03h14   « »

    « Relève la tête, mon frère ». Phrase qui serait encore d’actualité dans les pays arabes où les disparités sont toujours aussi grandes en matière de liberté, tout simplement et dans la répartition des richesses, de façon équitable, plus particulièrement ; sans vouloir évoquer le mot démocratie qui n’a pas forcément le même sens d’un continent à l’autre... Nasser fut l’homme des arabes ! Le mentor d’une civilisation asservie à l’occident ! Quand bien même son pacte avec l’URSS, Nasser a rappelé le sens de la dignité à tous les peuples arabes ! Dans son genre, il représente tout ce que l’occident a produit de négatif dans la colonisation... Qui de nos jours peut prétendre à une telle identité, dans un monde arabomusulman divisé, en conflit interne continu, au profit d’un occident toujours maitre du monde ? Jean Canal de presselibre.fr

  • permalien barry :
    2 novembre 2010 @03h02   « »

    A mon avis : je pense qu’il est temps de cesser la Guerre des Religions ...on est tous des Etres Humains ... il faut penser d’Urgence au Problème de la Pollution de Notre Jolie Planète qui a tendance à porter préjudice à tout le MONDE ... merci.

  • permalien K. :
    4 novembre 2010 @22h10   « »

    Le Moyen-Orient USisrael :

    De manière générale, le sentiment qui prédomine [chez les Egyptiens] est que l’Etat ne leur offre rien et que le seul moyen d’ascension sociale réside dans la corruption, le piston et le contournement de la loi.

  • permalien K. :
    5 novembre 2010 @08h15   «

    Norvège : l’ambassade américaine accusée d’avoir surveillé des centaines de personnes.

    Réponse de Crowley, un porte-parole du Département d’Etat US :

    Nous faisons pareil aux 4 coins de la planète :

    Crowley did not specifically acknowledge its existence, but said information was shared.

    "It is possible when you look at a networked entity like al Qaeda that they might be casing a post in Europe, in the Middle East, in Africa, and so we have a database that shares intelligence and assessment," Crowley said.

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