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Lettre du Brésil

Dans la pampa, l’invasion des eucalyptus

Les sondages étaient formels : la candidate du Parti des travailleurs (PT), Mme Dilma Rousseff, pouvait compter sur une victoire « facile » lors du scrutin présidentiel de 2010. Le soutien du président sortant, M. Luiz Inácio Lula da Silva, l’autorisait même – disait-on – à imaginer une victoire au premier tour, le 3 octobre. Avec 46,91% des votes valides – contre 32,61% pour son principal adversaire, M. José Serra, du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), centre-droit –, Mme Rousseff se voit contrainte à un second tour, le 31 octobre. C’est la candidate du parti vert (PV), Mme Marina Silva, proche des secteurs évangélistes, qui a créé la surprise en s’arrogeant 19,33% des voix. Le PV aurait-il enregistré un tel succès si « Lula » – dont la dernière livraison de Manière de voir, consacrée au Brésil, documente le bilan – avait tenu ses promesses en matière d’environnement ? En limitant, par exemple, l’expansion des monocultures, comme celle de l’eucalyptus...

par Patrick Herman, 12 octobre 2010

2 septembre 2010. Déjà São Paulo n’est plus qu’un souvenir. São Paulo et son agglomération qui frôle les 20 millions d’habitants, ses immeubles emprisonnés derrière des grilles, ses gardes dans leurs guérites, ses embouteillages démentiels, ses hélicoptères qui transportent les puissants par les airs et ses SDF qui dorment sur les trottoirs dans l’odeur douceâtre de l’éthanol.

Le pullman a laissé derrière lui Florianopolis pour filer vers le Rio Grande do Sul. Sur l’écran vidéo du véhicule, des héros sympathiques se font courser par des animaux préhistoriques aux crocs acérés dans des décors de carton-pâte. A certains carrefours, quelques drapeaux agités mollement par des hommes et des femmes en quête d’une poignée de réals pour améliorer leur ordinaire. Le Brésil est en campagne électorale, la présidentielle se prépare pour le mois d’octobre et chaque parti paye des porteurs de bannières pour rappeler qu’il existe.

En sept heures de trajet, on a le temps de somnoler un peu, d’observer les maisons aux couleurs vives qui parsèment un paysage très rural, et de s’informer sur cet Etat où l’eucalyptus tente de devenir roi.

La monoculture à grande échelle de cet arbre importé d’Australie, tel est l’objectif des grandes entreprises du secteur de la cellulose et de la pâte à papier. Une monoculture de plus, pourrait-on dire : déjà la canne à sucre a décimé la Mata Atlantica du Nord-Est du pays, le café les forêts du Sud-Est, et le cerrado, cette immense savane arborée de 2 millions de kilomètres carrés du centre du Brésil, a perdu en cinquante ans près de la moitié de sa couverture végétale sous l’avancée du soja, qui fait aussi les ravages que l’on connaît dans la forêt amazonienne.

Une des plus grandes réserves
d’eau douce souterraines au monde

L’offensive des promoteurs de l’eucalyptus se développe dans le Sud de l’Etat, la Metade Sul. Ici, c’est une autre fabuleuse éco-région qui est visée : la pampa, 760 000 kilomètres carrés, véritable unité naturelle qui déborde largement sur l’Uruguay et la région de Prata en Argentine. L’activité d’élevage traditionnel avait préservé jusque vers la fin des années 1980 cet ensemble d’écosystèmes unique au monde avec ses quatre cents variétés de graminées, ses cent cinquante espèces de légumineuses, ses animaux et plantes endémiques et ses très nombreux oiseaux. Désormais, le train fou du développement forcené est lancé à pleine vapeur : objectif, un million d’hectares plantés en eucalyptus, mais aussi en pin (pour l’industrie du meuble) et en acacia (pour le tannin). On imagine le désastre à venir, d’autant que cette perspective concerne non seulement le monde visible, mais aussi l’univers invisible des profondeurs de la terre. La pampa déploie en effet ses ondulations à l’infini sur l’une des plus grandes réserves d’eau douce souterraines au monde, l’aquifère Guarani, du nom du premier peuple indien contacté par les envahisseurs occidentaux il y a plus de cinq siècles, qui subit régulièrement l’expulsion violente de ses terres sans que le gouvernement fédéral daigne lever un sourcil.

S’étendant à 70% dans les sous-sols du sud du Brésil, mais aussi dans ceux de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay, cette aquifère impressionne : 1,2 million de kilomètres carrés pour 55 000 milliards de litres d’eau de capacité. Elle a déjà été fortement mise à contribution, car sans elle, pas de développement de villes-champignons, pas de monoculture de canne à sucre et pas d’usines de cellulose.

Petit problème de calcul : sachant qu’un eucalyptus adulte pompe trente litres d’eau par jour, avec deux mille cinq cents plants à l’hectare, quelle serait la quantité d’eau absorbée par un million d’hectares ? Dans une région qui souffre régulièrement de déficit hydrique, les conséquences sont imparables : assèchement des rios, disparition de milliers de sources, épuisement de poches entières de l’aquifère et rationnement, voire disparition de l’accès à l’eau pour les humains.

Tel est donc le territoire convoité par les grandes compagnies de la cellulose sur d’immenses fazendas qui sont la marque du foncier brésilien. Selon l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IGBE), les exploitations de plus de mille hectares (moins de 1% du total) occupent 44% des terres. Une configuration qui plonge ses racines loin dans l’histoire, comme l’explique le géographe Paulo Alentejano dans le journal Brasil de Fato. « Les latifundia sont apparues dès le début de la colonisation, avec la distribution des terres au petit cercle d’amis du roi du Portugal, explique cet universitaire. Il s’agissait non seulement d’exploiter la terre avec des esclaves, mais aussi d’assurer le contrôle politique du territoire. En 1850, la Loi de la Terre a renforcé ce système, transformant la terre en marchandise. Seuls ceux qui avaient de l’argent pouvaient y accéder. Ce monopole et la concentration foncière se sont poursuivis au XXe siècle. Les tentatives successives de mener une réforme agraire au Brésil ont été bloquées par le pouvoir politique des latifundistes. Une tendance qui s’est encore accentuée avec la “modernisation” de l’agriculture brésilienne à partir des années 1970 : concentration, augmentation de la capacité productive et expulsion des travailleurs de la terre (1). »

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Coupe à blanc et mur d’eucalyptus – photo : Patrick Herman

Paysans sans terre contre seigneurs de la cellulose

La réforme agraire, nous y voilà. Elle est au cœur de l’affrontement qui oppose les seigneurs de la cellulose au Mouvement des Sans Terre(MST). Maraîchère à trois cents kilomètres de Porto Alegre et chargée des relations publiques du mouvement, Ana fait également partie de la coordination Via Campesina. Elle connaît bien les sociétés impliquées dans les conflits que provoque l’accaparement des terres pour l’eucalyptus : Stora Enso la Finlandaise, Fibria la Brésilienne, née en 2009, à la faveur de la crise économique mondiale, de la fusion d’Aracruz et de Votorantim, CPMC et Masisa les Chiliennes. Tout en roulant, elle énumère les raisons pour lesquelles elles ont jeté leur dévolu sur le Sud de l’Etat : climat favorable et croissance très rapide des arbres, terres et main-d’œuvre bon marché, incitations fiscales et financières.

Notre première visite est pour le campement de Trevo de Chaquiadas. Situé face à un carrefour routier, à une heure de route de Porto Alegre, il ne vise pas directement l’occupation de terres. Il s’agit plutôt d’une démonstration permanente et symbolique de la présence des sans-terre à proximité à la fois de plantations d’eucalyptus et d’un passage incessant de véhicules. Plusieurs dizaines de cabanes bâchées de plastique noir sont censées accueillir une soixantaine de familles. « Elles sont en réalité moins nombreuses, explique Ana, car depuis quatre ou cinq ans, on assiste à une tentative de criminaliser le Mouvement, et, devant la montée de la répression violente, la participation des familles est moins importante. » Le drapeau du MST flotte au bout d’un mât, au fond d’un jardin potager entretenu avec soin. A deux pas de la route, à l’entrée du campement, une plaque de tôle suspendue sert de gong en cas d’alerte à la sécurité.

Au bout du campement, une réunion de coordination réunit une dizaine de personnes. On nous explique que les rapports avec les propriétaires du terrain sont acceptables, mais beaucoup plus tendus avec l’entreprise qui plante à quelques dizaines de mètres de là. Contradiction : certains dans le campement ne trouvent à travailler que dans les plantations… Mais ces grandes sociétés créent-elles autant d’emplois qu’elles l’affirment ? Selon un participant à la réunion, après la plantation et un peu d’entretien la première année, il n’y a plus de travail, jusqu’à la coupe très mécanisée des arbres au bout de sept ans. Les eucalyptus sont traités, en particulier contre les fourmis, mais aussi contre des parasites, et ici, le traitement se fait par avion. Tant pis pour celles et ceux qui vivent à proximité, et qui en profitent eux aussi.

Ici, personne ne connaît les produits utilisés. Un document de la Division des forêts de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) m’apprendra par la suite que les termites sont traités au Brésil avec de l’arsenic blanc, un minéral qui a la propriété de ne pas se dégrader. Les fourmis, qui coupent feuilles et bourgeons, sont attaquées au bromure de méthyle, mais aussi au lindane, et les coléoptères au DDT. Irritations respiratoires, rhinites, dermatoses, signalées par les occupants du campement, sont monnaie courante. Mais, pour tous ces travailleurs de la terre, c’est le cancer qui demeure le risque majeur. Qui ira étudier ce monde invisible ?

La santé contre un emploi ? Ce marché de dupes, largement pratiqué de par le monde, est ici aussi invoqué. Sauf que la création d’emplois claironnée par les industriels de la cellulose ne convainc même pas les responsables du MST. Dans une interview donnée en 2007, ils mettent les choses au point : « Sur le million d’hectares censés être plantés, on pourrait installer quarante-trois mille familles. Si 185 hectares d’eucalyptus créent un emploi, la réforme agraire en créerait cinq (2). »

Autoproduction alimentaire, routes, puits, écoles...

Nous quittons le campement pour l’« assentamento » (installation de familles dans le cadre de la Réforme agraire) de Belo Monte, sur la commune d’Eldorado do Sul : là-bas, on tente de recréer des emplois par le travail de la terre, et de résister à l’invasion des eucalyptus. Flavio Vivian nous accueille dans sa maison bioclimatique. Toit végétalisé sur une charpente en bois circulaire, murs en briques de terre, celle-ci se dissimule dans la végétation d’un repli de terrain, sur une clairière d’environ quatre-vingts hectares bornée de tous côtés par les murailles sombres des eucalyptus. Sur l’initiative du Movimento dos Desempregados (Mouvement des chômeurs), une soixantaine de familles se sont installées là il y a quelques années, sur des terres en friche appartenant à la General Motors et achetées à des fins spéculatives. A cette époque, le rapport de forces était plus favorable à de nouvelles installations pilotées par l’Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA). Priorité à l’autoproduction alimentaire, mais aussi installation de routes, de puits, d’écoles et de réseaux d’énergie : telle était la conception du développement du territoire et d’un tissu social dynamique qui présidait à ces implantations. Un projet battu en brèche depuis 2007 et l’accession à la tête de l’Etat, largement financée par les industriels de la cellulose, de Yeda Crusius, membre du Parti social-démocrate (PSDM). Selon Joao Paulo Rodrigues, du MST, l’heure est désormais à la criminalisation des mouvements sociaux, relayée par la presse et la justice, avec la participation active de la Brigade militaire.

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Maison de l’assentamento Belo Monte – photo : Patrick Herman

Animateur du Mouvement des petits agriculteurs (MPA) créé il y a deux ans, Flavio souligne les difficultés qui assaillent au quotidien les familles installées : « Un des aspects pervers des plantations est que toute la faune des alentours vient se nourrir et se multiplier dans nos cultures. Dans les alignements d’eucalyptus, il n’y a rien. Cela fait des dégâts. Par ailleurs, en attendant de développer notre travail sur place, beaucoup sont obligés d’aller travailler en ville, d’où ils sont partis pour venir s’installer ici. Pour les hommes, c’est le bâtiment ; pour les femmes, le nettoyage. L’éloignement pose de gros problèmes de transport. » Mais, pour les familles installées, l’éloignement de la violence urbaine est un acquis appréciable.

Nous quittons Belo Monte et ses jardins arborés où boutures et plants attendent la bonne saison pour former cet environnement vivant auquel tous aspirent, à deux pas des alignements mortifères d’eucalyptus. Dans la brume qui a succédé à la pluie se détachent de chaque côté de la piste des alignements fantomatiques, interrompus seulement par les parcelles ravagées récemment par une coupe à blanc et par d’énormes tas de bois coupés à longueur. Au loin gronde la machine qui abat, écorce et coupe. On ne s’approche pas. La zone est de plus en plus surveillée, la tension palpable dans la région, et il ne faut pas s’attarder sur les pistes. Juste le temps de prendre quelques photos.

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Les résultats d’une coupe à blanc (tous les sept ans) – photo : Patrick Herman

Dans l’avion de retour pour Sao Paulo, quelques images sur les luttes menées depuis des années contre la monoculture d’eucalyptus. La vidéo s’intitule Rompendo o silêncio (« Rompre le silence »). Un panneau filmé d’une voiture dans la nuit. Barra do Ribeiro. Le visage dissimulé derrière un foulard, des femmes arrachent le plastique qui protège les serres. Puis elles renversent les grilles où d’innombrables plants de quelques centimètres poussent dans des godets en plastique. Nous sommes le 8 mars 2006, et près de deux mille paysannes mobilisées par Via Campesina viennent de détruire une pépinière d’eucalyptus. La tradition de lutte n’est pas nouvelle dans le Rio Grande do Sul : la première action du MST remonte au 7 janvier 1979, avec l’occupation de la fazenda Macali, suivie au fil des ans de nombreuses interventions, avec une détermination et un courage qui ne se sont plus démentis depuis. En mars 2007, quatre occupations de terres sont menées dans le Rio Grande dans le cadre d’une mobilisation nationale pour la souveraineté alimentaire et contre l’agro-négoce. En septembre de la même année, mille cinq cents familles convergent en trois marches vers Coqueiros do Sul avec pour objectif la réquisition de la fazenda Guerra. Selon le MST, les neuf mille hectares de cette propriété génèrent deux emplois permanents et une vingtaine de saisonniers. Le Mouvement, soutenu un an auparavant par la démarche de vingt-trois préfets auprès de « Lula » pour l’expropriation de l’exploitation, se propose d’installer cinq cents familles générant mille cinq cents emplois directs. L’une des marches est attaquée par les fazenderos. En janvier 2008, la fazenda sera occupée temporairement.

Discours environnementalistes
sur la « fixation du carbone »

Le récit de ces actes de résistance va occuper l’après-midi du 8 septembre. Nous sommes à Guararema, à deux heures de route de Sao Paulo, dans le Centre Florestan Fernandes, du nom de ce fils d’émigrés portugais, sociologue sorti du microcosme universitaire et resté toute sa vie activement proche du monde ouvrier. Plusieurs dizaines de représentants des différents Etats se sont rassemblés pour ce séminaire de la Via Campesina dans ce magnifique ensemble de bâtiments construits par une brigade du MST au prix de cinq années de travaux.

Un à un, les arguments des industriels de la cellulose sont examinés et réfutés. L’eucalyptus pour lutter contre l’érosion des sols ? pour diminuer la pression sur les forêts « natives » ? pour créer des emplois ? pour occuper les terres délaissées par l’agriculture ? La réalité a d’autres noms : violation des droits des communautés, élimination de l’agriculture vivrière, accentuation de l’exode rural vers les bidonvilles urbains, appropriation des ressources naturelles, utilisation massive d’agrotoxiques et d’arbres transgéniques, et enfin destruction des écosystèmes.

La stratégie des planteurs est décortiquée : les plantations évoluent en fonction du marché mondial, reparti à la hausse avec la demande chinoise, et s’efforcent d’intégrer les petits planteurs. Tout cela pour l’exportation, bien sûr. Un discours environnementaliste sur la fixation du carbone permet aux industriels du secteur de se prévaloir de la lutte contre le réchauffement climatique. Quant à la certification des plantations, elle sert d’argument marketing dans un monde de plus en plus sensibilisé à l’écologie. La « société civile » n’est pas oubliée dans ce grand jeu de dupes : des ONG au service des intérêts des industriels sont créées, ainsi que des fondations, pour mettre une partie des universités sous contrôle par le biais de partenariats.

Les chiffres se succèdent : en 2009, 6,310 millions d’hectares plantés en eucalyptus et pins (3) ont propulsé le Brésil au rang de quatrième producteur mondial de cellulose. Les prévisions à échéance de 2014 sont de 7,5 millions d’hectares. En 2009 toujours, l’industrie du bois a produit 174 millions de mètres cubes, dont 32% pour la cellulose et le papier, 22,7 pour le bois et 13,4% pour le charbon de bois. La plupart des Etats brésiliens sont touchés. Dans l’ordre : Minas Gerais (1,3M ha), Sao Paulo (1,03M), Bahia (628 000 ha), Mato Grosso do Sul (290 000 ha) et Rio Grande do Sul (272 000 ha).

Venus de tous ces Etats, hommes et femmes se succèdent pour prendre la parole. Luiza représente la communauté Quilombola (4) de Santa Cruz, qui a vu le fléau des eucalyptus succéder à la présence de la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras. Dans l’Etat de Sao Paulo, trois plantations ont été suspendues à la suite de l’action des mouvements locaux. Dans la Bahia, région du cacao où les latifundistes sont particulièrement violents, occupations, plantations de haricots, débats dans les écoles se succèdent. Une diapositive montre un panneau planté sur une clôture : « Accès garanti aux familles des défunts enterrés là ». Même les morts sont derrière les barbelés. Dans le Mato Grosso do Sul, près de mille familles se sont installées.

« La monoculture s’implante d’abord dans la tête, puis dans la terre. » A cette phrase répondent en écho ces mots du philosophe Vicente Madaglia : « Les gouvernements sont pathologiquement obsédés par l’idéologie de la croissance infinie (5). » C’est en partie pour avoir refusé de comprendre que les plantations d’eucalyptus ne sont pas des forêts, et que les monocultures pour le marché mondial ne nourrissent pas les populations du Brésil, que, le dimanche 3 octobre, Dilma Roussef, la candidate du président Lula, s’est retrouvée confrontée à un second tour pour les élections présidentielles brésiliennes.

Patrick Herman

(1) Raquel Junia, « Limite da propriedade da terra reduziria desigualdade », Brasil do Fato, 2-8 septembre 2010.

(2) « A monocultura do eucalipto. Deserto disfarçado de verde ? », Cadernos IHU em formaçao, São Leopoldo, n° 27, 2008.

(3) Selon l’Association brésilienne de producteurs forestiers (ABRAF).

(4) Quilombolas : territoires occupés par des esclaves noirs évadés.

(5) Cadernos IHU, op. cit.

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