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Les politiques, nouveaux critiques des médias ?

lundi 18 octobre 2010, par Marie Bénilde

Les attaques récentes d’Arnaud Montebourg et de Jean-Luc Mélenchon contre TF1 ou le présentateur vedette de France 2, David Pujadas, dans un film de Pierre Carles, semblent témoigner d’une critique des médias de plus en plus en vogue chez les responsables politiques. Pourtant, les mises en cause frontales de médias dominants restent l’exception dans la classe politique. Les liens entre certains propriétaires d’empires médiatiques et Nicolas Sarkozy sont régulièrement pointés, notamment en période électorale. Mais rares sont ceux qui osent s’en prendre à certaines postures journalistiques qui servent des intérêts politiques...

Le député PS de Saône et Loire Arnaud Montebourg fustigeant en TF1 une « chaîne à tradition délinquante », son collègue du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon s’en prenant au présentateur de France 2 David Pujadas qualifié de « salaud » ou de « larbin », l’ancien ministre mitterrandien Bernard Tapie déclarant sur France Inter que les journalistes « ne pensent qu’au fric »... Après l’appel à la démission d’Arlette Chabot, la directrice de l’information de France Télévisions, lancé en début d’année par l’eurodéputé socialiste Vincent Peillon, et quatre ans après la campagne du président du Modem, François Bayrou, dénonçant la « bipolarisation » du débat politique organisée par de puissants groupes industriels vivant de la commande publique, le système d’information français est de plus en plus ouvertement mis en cause par des responsables politiques. Même Ségolène Royal, la candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle, s’était glissée dans ce registre en déclarant au micro de RTL en mai 2007 : « Je ne suis liée à aucune puissance financière, à aucun système médiatique qui aujourd’hui fonctionne comme de véritables tracts. » Plus loin dans le temps, le député PS Julien Dray avait qualifié la première chaîne française de « TF-haine » pour son rôle joué — au même titre que France 2 — dans l’exacerbation du sentiment d’insécurité qui avait conduit Jean-Marie Le Pen au second tour du scrutin présidentiel de 2002.

Le journaliste « intuitu personae »

Pourtant, derrière cette apparente banalisation du discours critique vis-à-vis des médias, la contestation de l’ordre médiatique dominant reste l’exception chez les hommes et les femmes politiques. S’il est aujourd’hui admis que certains médias servent des intérêts politiques en raison de la proximité de leurs propriétaires avec le parti présidentiel de Nicolas Sarkozy (Bouygues et TF1, Dassault et Le Figaro, Lagardère et Europe 1...), il est en revanche plus rare de voir des personnalités politiques mettre directement en cause des journalistes « intuitu personae », pour leur façon de pratiquer leur métier, et non pour leur appartenance à tel ou tel média. Arnaud Montebourg, qui s’en est pris à la « télé de la droite », du « fric » ou des « idées qui détruisent la France », dans le film de Pierre Carles Fin de concession, vise clairement « les rapports de proximité politique entre les orientations éditoriales de TF1 et le pouvoir actuel ». Néanmoins, pas question pour lui de fustiger la collectivité journalistique qui sert cette ligne éditoriale, ni même un responsable en particulier. Seul le PDG de TF1, Nonce Paolini, est jugé coupable « ès qualités ». Dans sa lettre adressée à ce patron le 30 septembre, Arnaud Montebourg croit même bon de préciser que « les journalistes de TF1, dont le professionnalisme est connu et louable, n’ont pas la responsabilité qui est la vôtre dans cet état de fait mémorable ».

Quant à Vincent Peillon, qui a cherché à créer la surprise en janvier 2010 en boycottant une invitation d’Arlette Chabot à l’émission A vous de juger, sur France 2, il s’agissait surtout de se positionner dans le débat sur l’identité nationale. De se distinguer en refusant de servir de « caution » à un face-à-face opposant en première partie de soirée Eric Besson, ministre de l’immigration, et Marine Le Pen, figure montante du Front national. Si la démission d’Arlette Chabot fut alors demandée à la télévision, dans une lettre lue en direct par l’intéressée, c’était moins une pratique du journalisme qui était visée qu’une façon de coller l’agenda médiatique à l’ordre du jour du gouvernement.

David Pujadas, confesseur, idéologue et policier

On comprend mieux, dès lors, ce qui fait la singularité de la saillie de Jean-Luc Mélenchon, réagissant en téléspectateur bouillant à un certain type d’interview convenu de David Pujadas, dont la violence des propos s’efface parfois derrière le ronronnement du présentateur.

Si l’on reprend les trois questions posées par ce journaliste au délégué CGT de l’usine Continental de Clairoix, Xavier Mathieu (après les dégâts matériels commis à la sous-préfecture de Compiègne à la suite de la confirmation de la fermeture de leur usine par le Tribunal de Sarreguemines), on mesure aisément tout l’arrière plan idéologique de David Pujadas. Trois interventions qui sont aussi de vieilles rengaines des cléricatures régnantes :

1. - La culpabilisation par le remords
« On comprend bien sûr votre désarroi, mais est-ce que ça ne va pas trop loin ? Est-ce que vous regrettez ces violences ? »

2. - L’exhumation de la dictature du prolétariat
« Pour vous, la fin justifie les moyens. »

3. - Le rappel à l’ordre policier
« On entend votre colère, mais est-ce que vous lancez un appel au calme ce soir ? »

Tour à tour confesseur, commissaire politique et défenseur de l’ordre public, le présentateur signe par ces trois questions davantage encore qu’un habitus : une posture de proximité avec le pouvoir qui avait conduit quelques lecteurs du Plan B à lui remettre une « laisse d’or » non-officielle pour « son dévouement envers les puissants », comme le relève un article d’Acrimed du 22 juillet 2010. Dans un documentaire de Denis Jeambar, « Huit journalistes en colère » (Arte, 9 février 2010), il donnait la pleine mesure de sa perméabilité à la logique du dominant : « Le journalisme des bons sentiments, c’est aussi une bien-pensance. C’est l’idée que, par définition, le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’Etat, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. En fait, c’est une sorte de dérive mal digérée de la défense de la veuve et de l’orphelin. » Jean-Luc Mélenchon est-il alors infondé à rappeler que Voltaire fustigeait déjà « le laquais qui singe son maître » en croyant ainsi s’accaparer une part de sa puissance ? La dénonciation de cette servilité a été accueillie par la direction du service politique de France 2 comme la mise en cause de « toute la rédaction ». Rappelons que c’est pourtant le « buzz » fait autour de l’extrait du film de Pierre Carles qui a transformé une réaction de bon sens en insultante philippique. Jean-Luc Mélenchon avait d’ailleurs été cloué au pilori de la même manière quand il avait osé s’en prendre à un journaliste étudiant qui, par réflexe corporatiste (déjà), ne voyait pas ce qu’il pouvait y avoir de gênant à faire la « Une » du Parisien sur le fantasme des maisons closes alors que le pays s’enfonçait dans la crise sociale. Finalement, Mélenchon est le catalyseur du dysfonctionnement médiatique, l’empêcheur de tourner en rond qui déclenche aussitôt la « circulation circulaire » des soutiens confraternels.

Le problème, c’est que cette clémence absolue, cette absolution systématique du professionnel, fût-il le plus en vue, par la profession, vire parfois à la complaisance envers le monde des puissants. Le comportement de David Pujadas lors d’une interview de Nicolas Sarkozy, le 12 juillet 2010, dans les jardins de l’Elysée, en dit long aussi sur son degré de soumission au pouvoir qui vient de nommer son patron Rémy Pflimlin à la tête de France Télévisions. Le journaliste laisse alors passer de criantes contre-vérités, comme l’affirmation selon laquelle il y aurait un bouclier fiscal en Allemagne ou que certains contribuables payaient avant son élection 100 % d’impôts [1]. Surtout, son manque de pugnacité et sa propension à se contenter sans ciller de toutes les réponses du super-communicant de l’Elysée laissent sans voix quant on se souvient de son entretien avec Martine Aubry, le 19 mai. Un entretien qu’Arrêt sur images a qualifié « d’interview tenace, exigeante sur la précision des réponses attendues ». En comparaison, le Syndicat national des journalistes-CGT de France Télévisions a jugé que l’interview présidentielle de David Pujadas était « une honte pour l’information de service public ». Et de justifier en soulignant que le téléspectateur a pu assister à « une heure de communication sans opposition avec un journaliste KO debout face au Président, un journaliste complaisant, incompétent sur les dossiers traités, notamment sur les retraites, et laissant Nicolas Sarkozy avancer des contre-vérités ».

Martine Aubry s’en prend à Pujadas... en privé

La CGT ne fut pourtant pas la seule à s’offusquer de cette passivité de passeur de plats du présentateur de France 2. Cela ne s’est pas su, mais la première secrétaire du PS elle-même s’est émue auprès de la direction de la chaîne de cette atonie bienveillante. En visite au Festival d’Avignon avec les députés de son parti Claude Bartelone et Marylise Lebranchu, à la mi-juillet, Martine Aubry a en effet raconté en privé qu’elle avait téléphoné à France 2 pour demander « la même interview, la même » que celle dont avait bénéficié le président de la République en ses jardins. Son intervention est arrivée aux oreilles du journaliste, puisqu’il a lui-même décidé de lui téléphoner pour protester de sa déontologie.

A la différence de Jean-Luc Mélenchon, Martine Aubry n’a pourtant pas assumé publiquement son différend avec la façon dont David Pujadas mène ses interviews. Probablement craint-elle d’avoir plus à perdre qu’à gagner en mettant en cause l’intervieweur numéro 1 de la première chaîne publique. Faut-il préciser aussi que la maire de Lille n’a pas, comme le leader du Parti de gauche, une propension à vilipender médias et journalistes dominants ? Sans doute sait-elle qu’un parti qui aspire à l’alternance gouvernementale ne peut se permettre de se mettre à dos un système régi — et verrouillé — par la confraternité corporatiste. Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, Martine Aubry ne demande pas la transformation des journaux en coopératives et l’élection du président de France Télévisions par les citoyens. Sans doute ne mesure-t-elle pas non plus la colère qu’engendre toute pratique d’un journalisme en surplomb. « Les médias officiels sont encore plus haïs que les politiques », estime Jean-Luc Mélenchon [2].

Notes

[1] Lire à ce sujet « Comment David Pujadas aurait pu argumenter contre Sarkozy », L’Expansion, 13 juillet 2010.

[2] Le Nouvel Observateur, 14 octobre 2010.

21 commentaires sur « Les politiques, nouveaux critiques des médias ? »

  • permalien une bille :
    18 octobre 2010 @17h37   »

    N’exagérons rien, ce n’est qu’un retour aux saines pratiques républicaines.

    Victor Noir - Louis Bonaparte


    Gaston Calmette - Henriette Caillaux

  • permalien Démosthène :
    18 octobre 2010 @18h40   « »

    Si je comprends bien, après la critique des médias, c’est la critique des journalistes... Mais où va-t-on ? Au train où vont les choses, on va finir par brûler l’effigie des Pujadas et de Ferrari dans les manifs... Ce serait en même temps assez mérité vu les "réflexions-inflexions" de capitulards qu’ils nous servent dans leurs JT.

    Une exemple samedi parmi mille après la manif sur les retraites. Jean-Michel Blier (France 3), devant des affiches de la CGT, lâche d’abord qu’on ne va pas chipoter sur les chiffres... avant de nous redire que de toute façon Sarkozy ne lâchera rien. De la bonne communication gouvernementale digérée et aussitôt recrachée...

  • permalien Perlimpinpin :
    18 octobre 2010 @19h43   « »

    Critiquer les Médias dans le contexte actuelle est souvent apparenté, pour nos amis les "éditocrates" et autres journaleux, à une machination ourdie par de malfaisants gauchistes adeptes de la théorie du complot.
    On ne plus évoquer la collusion politico-journalistico-affairiste dans les rares émissions de débat télévisés sans passer pour de fieffiés comploteurs crypto-communistes. Alors que la réalité est tellement limpide qu’elle en devient maladive.

    Que dire alors de Poujadas officiant pendant la messe du 20h, s’écriant à la vue des premieres images du World Trade Center en flamme " Oauh génial !!". Notez au passage, l’intervention zélée de son confrère qui aujoute spontanément : « Là, c’est mieux que le Concorde quand même, on est battu là ! » Savoureux...
    Et que dire de cette autre intervention de Pierre Lellouche, secrétaire d’État aux Affaires européennes et Altlantiste revendiqué qui était opposé à Jean luc Mélanchon (décidement...) au sujet de l’OTAN dans l’ émission de serge Moati Riposte
    Inutile de vous dire qu’aucun média dominant n’avait alors relevé la finesse et l’intelligence des propos tenus ce jour là. Silence radio...

    Demain, je m’abonne au diplo et je vends ma télé.

  • permalien Armelle :
    18 octobre 2010 @19h44   « »

    Un talent de David Pujadas encore assez peu reconnu est sa propension à couvrir d’un silence complice de pures images de propagande : ceci en lançant sans sourciller et l’air de ne pas y toucher des reportages incluant des faux bains de foule sarkozyens, organisés avec des militants UMP (néanmoins présentés comme "bains de foule" par le/la journaliste commentant le "reportage").

    Lire : Nouveau « bain de foule » sarkozyen factice au 20H de France 2 !

  • permalien Grommeleur :
    18 octobre 2010 @21h24   « »

    En même temps, combien de millions de spectateurs s’expriment ils de la même manière que Mélenchon quand ils regardent le JT en famille ?
    Peut être plus qu’on imagine ...

  • permalien gauchedecombat :
    18 octobre 2010 @22h54   « »

    Résumer Mélenchon à des outrances, même médiatiques, c’est passer à côté du personnage... ceux qui connaissent dans le détail l’histoire savent qu’il s’est indigné très judicieusement (dans le fond, si ce n’est pas dans la forme...) de la manière dont le représentant CGT des conti a été traité par ce même Pujadas, et ça, moi je dis : respect.

    Comme disait l’amie Agnès, aujourd’hui, sur son blog (le monolecte), "camarade, choisis ton camp !"

    Nous, on l’a choisi... Et ce n’est pas du côté du manche qui cogne : "Nicolas, arrête de faire l’enfant. Tu es seul, et nous sommes des millions" !

    http://gauchedecombat.wordpress.com/2010/10/18/tu-es-seul-et-nous-sommes-des-millions/

  • permalien Union Populaire Républicaine :
    19 octobre 2010 @10h56   « »

    Critiques je sais pas, mais voici un mouvement politique qui fait des investigations dignes des plus grandes enquêtes d’investigations.

    Pour premier exemple, à propos de la vérité sur la construction européenne :
    http://www.youtube.com/view_play_li...

    Nos "journalistes", "éditorialistes" et "Rédacteurs" pourraient en prendre de la graine. S’ils ne savent rien de ce fonctionnement, je les invite cordialement à se renseigner (plusieurs conférences de François Asselineau se trouvent sur internet). Certaines ont été bien recommandées par les amis du monde diplomatiques.

  • permalien philippe :
    19 octobre 2010 @16h08   « »

    Il y à aussi le libre de serge halimi sur les valets des riches que sont devenus les journalistes et qui s’appelle "les nouveaux chiens de garde" ici le lien : http://www.acontresens.com/livres/5.html

    et sino notre blog est ici et vous pouvez y venir faire un tour : http://npatroyesaube.canalblog.com/

  • permalien HN :
    19 octobre 2010 @17h35   « »

    un face-à-face opposant en première partie de soirée Eric Besson, ministre de l’immigration, et Marine Le Pen, figure montante du Front national.

    J’aurai presque inversé les titres, moi...

    Si la démission d’Arlette Chabot fut alors demandée à la télévision, dans une lettre lue en direct par l’intéressée, c’était moins une pratique du journalisme qui était visée qu’une façon de coller l’agenda médiatique à l’ordre du jour du gouvernement.

    Mme Chabot aurait dû démissionner depuis fort longtemps, par exemple pendant les "débats" sur les élections européennes, où on assista à un ridicule duel Cohn-Bendit/Bayrou, et où Mélenchon commençait (?) déjà à critiquer fortement (pas très diplomatiquement non plus, c’est pas son fort) la ligne éditoriale de Mme Chabot). Voir pour cela le très bon article à ce sujet, disponible sur acrimed.org.

    Cette émission fut une gifle aux citoyens qui la regardaient pour s’informer (??!!) sur les élections européennes. L’édition sur l’identité nationale n’était qu’une réplique mais pointait encore plus le dos rond que fait France Télévision devant le gouvernement.

    Comme cité dans l’article, je ne saurais que trop conseiller de consulter régulièrement des sites consacrés à la critique des médias comme acrimed.org.

    Quant à Pujadas, personne n’a entendu parler du trophée qu’il a reçu au cours de l’année 2010 : la laisse d’or.

  • permalien jorie :
    19 octobre 2010 @17h53   « »

    Avant , on avait une censure bien carrée, bien nette, cependant, on avait des débats politiques bien sanglants et qui permettaient à la population de se faire une opinion sur les choses. Aujourd’hui, la pression économique inévitable exercée sur les journalistes provoque une auto-censure inavouée ou la présence répétitive sur les plateaux de certains experts qui n’ont aucune légitimité et nous assènent leur vision du monde ....sans contradicteur. On l’a amèrement vécu dans le débat sur le TCE et maintenant, c’est pire encore. Toute cette élite médiatique qui se reproduit comme des petits pains sur tous les médias (radios et tv) et qui sert la même idéologie finit par nous écoeurer. Ils squattent la totalité des médias, les chèques doivent être bien gras pour qu’ils accumulent ainsi les émissions, on les voit partout. Ils ont tant à faire, et c’est si juteux que je suis désarçonnée par tant de superficialité dans leurs questionnements. Ils ne travaillent même plus leurs dossiers. Vous avez remarqué la lamentable prestation de M.De morand face à Marine Le pen. Au lieu de lui demander bêtement si elle était "raciste", pourquoi ne l’a t il pas interrogée sur son programme économique ? il s’en fout. Il sait pas. Point barre. Ruth elkrieff qui assimile mélenchon à Lepen et ne voit aucune différence...c’est consternant autant de minabilité dans l’analyse ! Ils sont tous allés trop loin, voilà pourquoi ils sont rejetés et c’est unanime.Ils abusent de leur pouvoir et ne jouent plus leur rôle d’information. En plus, ils relayent constamment les clichés du pouvoir.

  • permalien chb :
    19 octobre 2010 @18h40   « »

    Moi j’y crois moyennement, aux medias. Je leur reproche beaucoup, en france en particulier, de répercuter systématiquement, le discours du pouvoir et du financeur. Le tout, surtout sans enquête,comme à propos de la culpabilité supposée de 19 « islamistes » dans les attentats du 11 septembre 2001. Cet événement fondateur de notre nouvel ordre mondial a justifié deux guerres, dont celle (Afghanistan - Pakistan) où le président maintient la France sans aucune raison officielle. Et permis un tour de vis sur la « sécurité », et la répression des opposants... Pas franchement nouveau, mais énervant. Les politiques ne débordent pas du cadre, sur ce sujet non plus.

  • permalien Alain01 :
    19 octobre 2010 @23h47   « »

    « … Quoi qu’il en soit, nous voilà dans une bien curieuse situation, une sorte de logique inversée : alors que la communication devrait découler d’une pensée stratégique politique, c’est la communication qui se met à façonner la politique. En conséquence de quoi, par ses excès auprès de l’opinion, là où il devait aider à réussir le marketing électoral pourrait maintenant faire échouer. Ou pour le moins, il pourrait conduire au match nul, au propre comme au figuré … »
    Extrait de : La tyrannie du marketing, Editions e®e, Février 2010.
    http://livre.fnac.com/a2776459/Alai...
    http://www.eyrolles.com/Loisirs/Liv...
    http://www.alapage.com/m/ps/mpid:MP...
    http://www.decitre.fr/livres/La-tyr...

  • permalien Jaja :
    20 octobre 2010 @16h42   « »

    je suis d’accord avec ce qui précède : le buzz attire les médias et les journalistes comme le sirop attire les mouches. Quand le buzz se fait contre eux, quand il dessert leur cause, pas grave, les journalistes prennent quand même. On risque de voir demain de plus en plus de discours politiques anti-journalistes et anti-médias. C’est sans doute nécessaire mais attention de ne pas légitimer le populisme et la haine des élites même si elles ne sont plus trop républicaines...

  • permalien Abdoul Aziz DIOP :
    21 octobre 2010 @13h38   « »
    Les grands groupes médiatiques à la rescousse du pouvoir communicationnel

    Pierre Dockès dit du pouvoir communicationnel qu’il « consiste à amener l’autre à modifier sa position en agissant sur les informations, d’où la diversité de ses formes ». « Ainsi, écrit-il, le fait de connaître les cartes, les préférences et les fins de l’autre, sans qu’il s’en doute, tout en cachant son jeu, ses préférences, ses buts donne un pouvoir de négociation ». « D’autre part, ajoute-t-il, la conviction peut permettre de persuader l’autre qu’il a intérêt à agir ainsi, l’amène à découvrir son intérêt mieux compris (éducation, pouvoir de l’expert) ». « Il existe enfin, avertit Dockès, une persuasion rusée, la manipulation ou la séduction ». Nicolas Sarkozy ne se priva d’aucun de ces assortiments communicationnels. Il parla même de « bataille de la communication à gagner ». La « bataille de la communication » à la Sarkozy ne fut pas qu’une simple bataille politique. Ce fut surtout une vraie guerre. Mais son instigateur ne fonça pas tête baissée. C’est que la voie du pouvoir n’est pas que charismatique et communicationnelle. Il y a aussi ce que Pierre Dockès appelle le pouvoir de marché. « Il y aura pouvoir de marché s’il y a asymétrie dans les conditions économiques qui président à la transaction, cette asymétrie permettant d’obtenir des termes de l’échange plus favorables ». « On peut employer la coercition », écrit Dockès. « En première approximation, il s’agit d’imposer à quelqu’un une conduite satisfaisante pour le détenteur du pouvoir et pour laquelle il n’opterait pas de son plein gré (par son choix non contraint, il préférerait faire x, mais il fera y) », renchérit-il. Il faut, à la suite de Dockès, se rendre compte de la manière dont le pouvoir de marché et la coercition font jouer la liberté des individus pour comprendre l’efficacité, dans les débats politiques, du pouvoir communicationnel dont usa sans ménagement M. Sarkozy. « Avec le pouvoir de marché, [si] l’échangiste "dominé" reste libre (…) formellement, il ne l’est pas réellement ». « La coercition aboutit à une subordination formelle puisque B a conscience de faire l’acte et parce qu’il y a été contraint du fait du recours à la violence physique (directement ou indirectement) ou "morale" ». « Quant au pouvoir communicationnel, il laisse intacte l’idée que B se fait de sa liberté. S’il a été manipulé ou trompé, il reste persuadé d’agir en pleine liberté de choix ». Cette prétendue « liberté de choix », sert de caution à la manipulation dont fut souvent empreinte la communication politique de M. Sarkozy.
    Maintenant que le pouvoir communicationnel est en crise du fait de la crise même du politique, les grands groupes médiatiques restent persuadés que c’est encore là et nulle part ailleurs que se joue son emprise sur le réel.
    Abdoul Aziz DIOP
    Lire Abdoul Aziz DIOP dans Le Monde diplomatique de mai 2010.

  • permalien corine :
    23 octobre 2010 @03h20   « »

    Chère Marie Bénilde,
    Votre article est lucide, vous faites de l’action- critique- média ; Et de plus, un forum de réponses et débats... Je vous lis avec plaisir et intérêt à chaque fois : parler des médias est délicat mais vous y allez de bon cœur, un plaisir je vous dis.
    Décidément, s’il me fallait décider 1 achat de journal encore aujourd’hui , je choisis le monde diplo. Manière de voir.
    D’ailleurs, en pensant au combat du diplo : étant contrainte financièrement, je l’achète tous les mois, (et 2 mois pour manière de voir qui est très très bien) chez mon buraliste. Est-il impossible de mensualiser ou trimestrialiser l’abonnement, à moins que ce ne soit difficile ou pas rentable ? ça fait rien, je continuerai à l’acheter près de chez moi.

    Je voulais ajouter que j’enrage moi aussi contre beaucoup de bigjournalistes, idéologues non assumés, autistes ou porte-parole du pouvoir voire courtisans, et méprisant les petites gens. Heureusement, il y a aussi de bons journalistes.
    Je BOYCOTTE les radios, journaux et télés hostiles et leurs publicités, n’est-ce pas une chose indispensable à faire ? Je vous invite tous à faire de même.
    Salut amical à tous

  • permalien JeanValjean :
    23 octobre 2010 @10h15   « »

    Les journalistes qui s’autocensurent et qui ne veulent point égratigner ou démanger le pouvoir sont-ils bien placés, comme les Pujadas, PPDA ou autres, pour parler de liberté de la presse ? Pas du tout, car ils manipulent idéologiquement l’information, comme vous l’avez démontré, et donc la falsifient. Les falsificateurs d’information qui, sous couvert de neutralité, prétendent exercer leur métier avec le plus grand des professionnalismes, ne valent pas mieux que les journalistes à la botte du pouvoir dans les grandes dictatures. Je dirais même qu’ils valent moins, car en France nul n’est menacé d’être jeté en prison pour avoir posé les bonnes questions.

    Il faudrait que ces journalistes-là réfléchissent un peu plus à l’éthique de leur métier. Ne mesurant visiblement pas la chance de vivre dans une démocratie, ils la sabotent en endormant le téléspectateur au lieu de la faire vivre en éveillant son esprit critique.

    Comme l’a dit quelqu’un récemment, la télévision publique, c’est la télévision du peuple. A partir du moment où cette télévision est noyautée par des personnes inféodés au pouvoir, il y a un vrai problème. La télévision du peuple devient alors une télévision de propagande et notre démocratie ne vaut pas mieux que les dictatures ou les régimes autoritaires que l’on pointe du doigt.

  • permalien germinal21 :
    9 novembre 2010 @11h31   « »

    Les médias en France sont de plus en plus surveillés, espionnés s’ils sont opposés au pouvoir en place. Les médias qui suivent la ligne idéologique donnée par le gouvernement et l’intelligentsia aristo-médiatico-économico-politique sont protégés et favorisés. Nous sommes dans une république corrompue et manipulée, où la liberté d’expression n’a plus de poids face à la puissance des lobbies industriels.En somme, nous sommes plus proche de la dictature que de la liberté. Le bulletin de vote n’a plus de valeur car les élections majeures sont téléguidées par les médias du pouvoir : on vous dit comment voter et consommer bandes de moutons...
    Les rebelles à ce système sont montrés du doigt comme des brebis galeuses, comme des révolutionnaires venus de la préhistoire, comme des ignorants de la vérité du devoir de réalisme dans ce monde financiarisé et globalisé qui s’impose à nos gouvernants : c’est faux, si on est élu c’est pour agir contre l’injustice et pour le peuple, soit tout le contraire de l’actuel gouvernement...

  • permalien valentini :
    30 novembre 2010 @11h53   « »
    La démocratie capitaliste à bout de souffle

    A la violence et à la corruption omniprésentes, les deux ingrédients majeurs des actuelles sociétés de marché, qu’une conscience blindée se faisait fort de liquider, en vertu d’un raccourci politique et social, sa liberté en liberté, la démocratie capitaliste ajoute une faillite mondiale, en montrant une nouvelle fois, si besoin était, et de façon massive et durable, son incapacité à organiser la vie sociale, autrement qu’à travers crises et catastrophes, sans cesse minimisées, sous couvert de corrections, d’ajustements, de vérité des marchés et toutes ces sortes de choses qui respirent la bêtise, la méchanceté et l’impuissance. Aussi nous nous moquons complètement de savoir si la dernière crue financière a battu son propre record de 1929, ce qui d’ailleurs ne fait aucun doute, au regard de l’extension, à l’échelle mondiale, du mode de production capitaliste, et encore plus, ce qui ne manque pas de sel, du risque d’un tarissement titanesque du crédit. Ce type de considérations est le propre de l’expertise qui crie d’abord dégraissons, liquidons, haro sur l’archaïque et ensuite, rétropédalage, renflouons renflouons, les marchés et les banques d’abord !
    Mais il y a encore mieux, qui surpasse le troupeau des experts, au sein duquel, à présent, déclare-t-on, 95% de moutons, il y a le professeur Nemo. Une sorte de poisson-pilote. Un Nemo dont le hublot est un ordinateur payé par l’impôt et qui nous bassine avec ses eaux-douces libérales, polluées par la politique, scandale ! Tombant dans le domaine public, cette étoile du libéralisme fait plouf et se trouble, l’apoca, l’apocaca, l’apocalypse ! Encore une victime des jeux vidéo. Cela dit, qui oeuvre à établir la vertu propre et définitive de l’idéologie libérale, nourrir son homme, et l’on conçoit toute l’importance que cela peut avoir pour les post-explorateurs de nouveau monde, aux glauques et opaques pâturages. Mais nous pratiquerions l’offense à l’humanité à vouloir l’examiner ainsi par le trou du cul. Et puis aussi, nous ne voudrions pas non plus qu’à l’étranger, quelque esprit à l’humour perfide, se précipitant sur une aussi pathétique ouverture, avec l’évidente intention de faire mouche, nous délivre le titre de nouveau french doctor. S’il l’on tient absolument à caractériser notre attitude inqualifiable, Red terror doctor a tout notre assentiment.

    Car d’autres étoiles, témoins de leur temps, retiennent davantage notre attention

    ’lire la suite sur 1847.overblog.com)

  • permalien jcpres@hotmail.fr :
    26 janvier 2011 @09h35   « »

    Une nouvelle presse est en train de naître. Elle se distingue déjà des presses officielles et traditionnelles suivant inconditionnellement des lignes éditoriales auxquelles elles sont aliénées. Internet en est une preuve arrogante libérée. La presse qui se contentent de véhiculer une actualité de redondance, comme avec Pujagas et ses semblables, est cependant tristement indispensable dans sa forme pour la diffusion de l’actualité, adressée au profane. La presse quotidienne souffre de la concurrence de ces nouveaux médias, qu’ils soient gratuits sur le pavé, ou sur la toile, sous forme alternative, soulignant ainsi son indépendance. Certes, Il faudrait purger l’appareil médiatique, désigner en place publique les responsables de cette décadence journalistique afin d’épurer ce milieu corrompu qui répond présent aux maîtres qui leur édictent l’actualité ! L’audio visuel est à revoir. Discrédités par un travail circonstanciel réalisé sous des formes conventionnelles, les journalistes concernés ont fini par succomber à l’écriture automatique de la pensée unique insufflée par le pouvoir qui les a définitivement asservis à la prostitution journalistique. Non satisfaits des manifestations hostiles à leur encontre, émises par l’intelligentsia de référence, au cœur même de la presse traditionnelle, les nouvelles vedettes du journalisme, représentant une manière très particulière de traiter l’information, dérogent à leur devoir d’informer ! Il est vrai, cependant, et contrairement à la diatribe de Mélenchon contre ce journaliste de Science Pô, en herbe, que le lectorat n’est pas exigeant ; du moins celui qui se satisfait de cette manne quotidienne où il y retrouve un peu de soi-même... On ne sort pas de cet égocentrisme individuel qui tend à conforter la population dans un état latent de somnolence ! Parachevons la critique faite à l’encontre du journalisme qui lui-même dénonce les dérives entre parler de la petite culotte de soie de Carla Brunie et dresser un bilan des situations géopolitiques en bonne et due forme. Peut-on critiquer les membres de sa propre maison, quand on vit sous le même toit ? Sommes-nous autoriser à émettre un avis des plus critiques qui soient à l’encontre de ceux que l’on défend à la fois, dans une profession difficile qui est constamment jugée par le lecteur qui a son mot à dire ! En donnant la parole au silence... Le journalisme d’investigation est une façon très pertinente d’extraire de l’actualité la quintessence de l’information indispensable à la compréhension de la lecture réalisée en filigrane par le lecteur. Les révélations au grand jour de vérités notoires sous forme d’analyse flashée au quotidien par des médias à sensation grandiloquente, ne produisent point ou plus l’effet escompté de la part de cette presse avide.
    Jean Canal de presselibre.fr

  • permalien Ju :
    7 décembre 2011 @16h22   « »

    Médias et puissants...
    Que de liens incestueux au détriment du débat démocratique et de l’intérêt général.

    Lisez Chomsky et Herman : théorie et preuves passées au crible de la raison, tout y est !

    Noam Chomsky - Edward Herman
    La Fabrication du consentement
    De la propagande médiatique en démocratie
    Agone, 2008

  • permalien Jean-Michel Masson :
    7 avril 2012 @14h51   «

    Le Programme du CNR prévoyait de retirer la presse du contrôle par les "féodalités économiques". Le problème est que cette formule est peut-être plus vraie de nos jours qu’alors. De ses silences sur certains sujets à ses bavardages incessants sur d’autres, qui en font des chambres d’échos pour les idées martelées par les oligarchies, une bonne partie des média est devenue servile envers certains pouvoirs économiques et leurs petits soldats.
    Il me semble que les critiques de média par certains politiques ne sont pas homogènes, que certaines sont justifiées et d’autres moins.
    Sur http://jmmasson.wordpress.com j’aborde souvent les déficits d’informations dans certains domaines...et pourtant...je ne suis pas vraiment un "politique".

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