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Le point de fusion des retraites

samedi 23 octobre 2010, par Frédéric Lordon

Peut-être plus qu’aucune autre, la présente affaire des « retraites » se prête-t-elle à illustrer ce propre des grands conflits sociaux qui est de porter au jour des mécontentements bien au-delà de l’objet circonscrit de la « réforme » en débat. Seul l’élargissement de perspective qui permet de faire entrer le cortège de ces motifs latéraux, et en fait principaux, dans le tableau d’ensemble peut en livrer le sens, celui-là même que les gouvernants se refusent obstinément à voir, bien aidés il est vrai par la cohorte des experts amicaux, eux aussi adeptes de la « réduction technocratique » et surpris de ne rien comprendre à ce qui se passe sous leurs yeux. Si cependant, et pour le malheur de tous ces mal-comprenants, la question des retraites offre une caractéristique singulière, c’est bien celle de faire passer avec une parfaite continuité des questions les plus techniques de la plomberie financière des pensions aux questions les plus politiques des formes mêmes de notre vie sociale – de ce point de vue, on ne pouvait pas mieux, ou plus mal !, choisir le lieu de l’affrontement, selon le degré, au choix, de rouerie ou de bêtise qu’on prêtera aux « réformateurs ».

Une « réforme », mais pour qui ?

Dans une économie sous la domination presque entière de la finance, il ne faut pas s’étonner que le maillon décisif qui fait passer de la « technique » à la politique soit précisément la question de la financiarisation. Il y a davantage lieu en revanche d’être surpris que l’intimité des liens entre la réforme des retraites et « la finance » ne soit pas davantage apparue pour ce qu’elle ne peut pourtant manquer d’être, à savoir une invraisemblable aberration dans une période où, précisément, nous n’en finissons pas d’écoper une crise financière de format séculaire. Par une de ces dissonances cognitives qui disent tout du désordre intellectuel dans lequel vit l’actuel président, il a donc été possible et de menacer la finance, agences de notation en tête, de toutes les foudres de Toulon, et de justifier la réforme des retraites par l’impératif du triple-A de la dette publique française… Mais le spectacle en soi consternant de l’inconséquence d’un président en plein chaos mental ne vaudrait pas une seconde d’attention s’il ne venait souligner par un formidable raccourci – la retraite contre le triple-A – le degré auquel les intérêts fondamentaux du corps social ont été subordonnés à ceux des opérateurs des marchés.

Ainsi par un monstrueux dérèglement dont aucun des habituels curés de la « démocratie » ne semble s’être aperçu, nous assistons à cette situation proprement ahurissante dans laquelle un gouvernement prétendument légitime tente de s’adresser simultanément à deux communautés parfaitement hétérogènes et dont les intérêts sont radicalement antagonistes, à savoir la communauté politique nationale des citoyens et la communauté extra-politique (quoique politique elle le soit mais à sa manière bien à elle) et extra-nationale des créanciers internationaux, le comble du dérèglement venant de ce que, de plus en plus, les arbitrages des politiques publiques sont rendus en faveur de la seconde de ces communautés et contre la première. Dans cette affaire, le spectacle guignolesque d’un pouvoir qui s’aplatit en fait devant les forces qu’il ne menace qu’en mots est quantité négligeable comparé à cette configuration inédite de la politique moderne dans laquelle nous a fait entrer la libéralisation financière internationale. Car on croyait le peuple souverain la seule communauté de référence de l’Etat, son ayant-droit exclusif, l’unique objet de ses devoirs, et l’on aperçoit comme jamais à l’occasion de la réforme des retraites que, contrairement à de stupides idées reçues, le pouvoir politique ne gouverne pas pour ceux dont il a reçu la « légitimité » – mais pour d’autres. Il y a donc un tiers intrus au contrat social et l’on découvre que, littéralement parlant, c’est lui qui fait la loi – et tous nos vœux accompagnent les justificateurs de la « légitimité du mandat » et de ce que « ce n’est pas la rue qui gouvernera », car on se demande bien quelle autre solution il reste, à part la rue à prendre, pour objecter à cette sorte de scandale.

Organisation de la décote
et capitalisation rampante

Mais la collision des retraites et de la finance ne s’arrête pas là et envoie de la tôle froissée dans à peu près toutes les directions. Il y a d’abord que la réforme apparente cache (mais si mal) une réforme furtive, et que la réforme véritable ne s’en tient nullement à la réforme plaidée. On admirera donc l’habileté de la manœuvre qui donne pour une défense et illustration de la retraite par répartition une entreprise de promotion particulièrement insidieuse de la retraite par capitalisation. Quelques décennies d’apprentissage ont enseigné aux libéraux la contre-productivité de la « prise de front ». Désormais bien établie, la stratégie de la paupérisation préalable et délibérée des services publics (lato sensu) se montre autrement plus efficace puisqu’il n’est en effet pas de plus sûr moyen de jeter les usagers dans les bras des opérateurs privés que d’avoir auparavant méthodiquement dégradé les prestations des opérateurs publics. Après le service de l’emploi, le transport ferroviaire, la poste, bientôt l’éducation et puis la santé, la retraite n’échappe pas à cette unité de vue stratégique, peut-être même lui donne-t-elle sa plus considérable illustration, mesurée en tout cas à l’aune de ses enjeux financiers – 230 milliards d’euros au bas mot en 2006 tout de même, 420 à l’horizon 2030 dixit le COR [1]. Et en effet : pourquoi risquer de braquer inutilement la population avec des mots qui blessent, comme « capitalisation », quand il est possible tout en jurant la mission de « sauver la répartition », de la faire tomber comme un fruit mûr par de toutes simples mesures d’âge qui instituent la décote comme règle et le taux plein comme exception. Les « réformateurs » comptent bien sur les effets de l’individualisme comme condition solitaire, où chacun par devers soi est abandonné à ses propres calculs, et n’a pas d’autre choix que de composer avec le système tel qu’il s’offre à lui, hors de sa portée. Le plus rigoureux défenseur de la répartition n’en pourra donc mais : constatant le devenir peau de chagrin de sa retraite, et faute de pouvoir payer la sur-cotisation de répartition qu’il appellerait de ses vœux, il n’aura pas d’autre solution pour échapper à la retraite misérable que d’aller mettre, contre ses propres principes, quelques picaillons dans une caisse quelconque… de capitalisation.

En couverture du Challenges du 9 septembre [2], on sent bien qu’Henri de Castries, président d’Axa, et récipiendaire anticipé du pactole de la capitalisation furtive, a beaucoup pris sur lui pour se composer une physionomie calme et responsable et ne pas laisser complètement éclater sa joie. Dans une parfaite démonstration d’indépendance journalistique, Challenges s’offre même à poser toutes les questions rhétoriques désirées par ses invités : « Retraite, comment l’améliorer », symptomatiquement il n’y a d’ailleurs même pas de point d’interrogation puisque la seule réponse possible prend la forme de l’aimable injonction : « D’abord être propriétaire, et souscrire une assurance-vie ».

Une riche idée : financiariser les retraites
en pleine crise financière !

C’est signé Henri de Castries mais c’est surtout, à quelques modalités techniques près, la reproduction à l’identique du programme étasunien – la propriété immobilière plus la propriété financière – dont les considérables réalisations n’ont visiblement entamé aucun enthousiasme. Les demi-habiles de la réforme furtive ont donc singulièrement choisi leur moment. Car la promotion, même masquée, de la capitalisation va s’avérer difficile au spectacle de la crise financière et de l’énorme déconfiture des fonds de pension étasuniens. Deux travaux récemment publiés par des économistes du NBER [3], institution peu portée à l’insurrection, jettent un éclairage assez cru sur la situation des fonds de pension publics des états fédérés étasuniens. Le total des engagements non financés des caisses de retraite (capitalisée) de la fonction publique des états atteint… 3300 milliards de dollars. Auxquels il convient d’ajouter 574 milliards de dollars d’impasse financière pour les municipalités et les comtés [4]. Les fonds de pension maison des cent plus grosses entreprises étasuniennes sont pour leur part short de 460 milliards de dollars [5]. C’est que la crise financière attaque les fonds de pension des deux côtés de leurs bilans. Leurs actifs sont évidemment dévalorisés par le plongeon des cours. Mais plus insidieusement, dans le même temps où leurs actifs se contractent, leurs passifs (c’est-à-dire l’ensemble de leurs engagements) gonflent par un effet actuariel lié à la brutale baisse des taux d’intérêt décidée par la banque centrale pour tenter de réanimer les institutions bancaires.

Le lecteur peut s’il le veut faire l’économie de ce passage (un tout petit peu) plus technique. Par définition les fonds de pension souscrivent des engagements de long terme. Or on ne peut valoriser des flux financiers (qu’ils soient à recevoir ou à payer) de la même manière quand ces flux sont très éloignés les uns des autres dans le temps – la « préférence pour le présent » conduira en effet un agent à accorder plus de valeur à un flux financier s’il est très proche dans le temps que s’il est très éloigné. L’actualisation est ainsi la méthode permettant de ramener en quelque sorte à une même unité des flux appartenant à des échéances temporelles différentes. Un flux futur actualisé, ou dit autrement : la valeur dans (ou pour) le présent d’un flux futur, vaut alors non pas sa valeur monétaire nominale mais cette valeur nominale diminuée d’un certain coût d’opportunité égal à ce que le flux considéré aurait rapporté par placement à un certain taux s’il avait été perçu immédiatement. Pour ramener à une même unité des flux étagés dans le temps, l’actualisation leur applique donc une sorte de « taux de change intertemporel » formé à partir du rendement (le taux d’actualisation proprement dit) du placement fictif et, assez logiquement, plus le taux d’actualisation est élevé, plus la valeur (ramenée) dans le présent d’un flux futur est faible. La fixation de ce taux d’actualisation est par nature conventionnelle, or son choix peut être lourd de conséquence, notamment quand il s’agit d’engagements aussi longs et aussi massifs que ceux des fonds de pension.

C’est précisément sur ce point que Rauh et Novy-Marx prennent à revers les évaluations de passifs réalisées par les fonds de pension eux-mêmes. Car ces gros coquins avaient retenu un taux d’actualisation uniforme d’environ 8%, égal au taux de rendement anticipé de leurs actifs sur la période. Or 8% de rendement dans une période de crise financière est une hypothèse qui appartient au monde des rêves. Compte-tenu de la séniorité de la dette « retraites » [6] inscrite au passif des fonds de pension, les auteurs trouvent, non sans raison, plus adéquat d’en actualiser les flux financiers au taux de l’actif sans risque, c’est-à-dire soit au taux des obligations municipales (notées AA+), soit, encore mieux, au taux des bons du Trésor US [7]. Or, par construction, puisqu’il s’agit du taux de l’actif sans risque, donc de l’actif de plus faible rendement, et a fortiori dans le présent environnement de taux d’intérêt très bas, les taux d’actualisation corrigés sont sensiblement en dessous des 8% retenus par la comptabilité maison des fonds de pension… et les passifs ainsi réévalués s’en trouvent tragiquement gonflés (la valeur non seulement actualisée, mais convenablement actualisée, des engagements de retraite à payer par les fonds est passablement plus haute avec des taux d’actualisation entre 1 et 4% qu’avec 8%...)

La situation générale des fonds à prestations définies [8] est tellement dégradée que, par un paradoxe typique de la financiarisation, l’administration Obama a décidé de suspendre la plupart des dispositions du Pension Protection Act de 2006 lui-même pourtant adopté à la suite du krach Internet qui avait déjà fait de sérieux trous et créé une situation de sous-financement généralisée des plus inquiétantes. Mais en 2006 la crise Internet commençait à s’estomper et l’administration (Bush à l’époque) avait décidé qu’il fallait prendre quelques mesures pour sécuriser un système de pensions capitalisées dangereusement fragilisé. Pas de chance : un an plus tard, crise des subprimes… et la capitalisation expérimente les unes après les autres les tares de la financiarisation… dont elle est elle-même l’une des plus belles pièces. Or le Pension Protection Act voté en 2006 pour un commencement d’application en… 2008 imposait aux fonds à prestations définies de viser un taux de couverture de leurs engagements de 100% à horizon de 2013, sous peine pour ceux qui tomberaient au dessous de 80% d’être astreints à des amendes ou de voir leurs cotisations au PBGC [9] augmenter. Las : fin 2009, seuls 10% des fonds de pension public sont pleinement financés, alors que la moitié d’entre eux sont tombés à des taux de couverture compris entre 60 et 80% [10]...

Les entreprises, qui sont en aussi mauvaise posture, n’ont pas tardé à discerner les termes de l’alternative : soit augmenter leurs propres versements à leurs fonds de pension, soit adopter des stratégies de placement plus scabreuses pour augmenter les rendements de l’actif (risques accrus, leviérisation)… soit dépêcher une armée de lobbyistes à Washington pour obtenir la suspension des obligations du Pension Protection Act. Avec le sens des responsabilités que le capital aime plaider à l’usage des autres, c’est la troisième solution qui a fait l’unanimité. Ces messieurs auraient eu tort de se gêner : ils sont tombés sur une administration Obama toute disposée à les écouter – il est vrai que lorsqu’on est jusqu’au cou dans la logique de la financiarisation il n’y a plus que des mauvais choix et s’imposent ceux qui permettent de sauver les meubles à très court terme. Les sponsors de plans DB ont donc gagné une extension à neuf, voire quinze ans de leurs délais de mise en conformité… Quant aux pauvres pensionnés des plans DC [11], eux se débrouilleront comme ils pourront : la dévalorisation des actifs dans lesquels sont investies leurs épargnes-retraite est entièrement pour eux – une étude de l’OCDE suggère que le retournement des marchés a fait baisser le taux de remplacement moyen de 10 points entre 2007 et 2008 [12] à partir de niveaux d’origine déjà très bas. Et comme on voit mal les pensionnés des plans DC, abandonnés à eux-mêmes, compenser ces pertes par des sur-cotisations volontaires en pleine période de récession, il est d’ores et déjà annoncé que bon nombre des salariés étasuniens n’auront pas d’autre choix que de rester au travail (si seulement ils le peuvent) jusqu’à un âge canonique.

Voilà assurément un système de retraites qui a tout pour plaire et l’on ne saurait trop souligner l’à-propos historique du projet de réforme français qui, pour toutes ses dénégations, se propose néanmoins subrepticement d’y conduire, au moment précis où le modèle importé menace ruine. Organiser délibérément l’attrition de la répartition (sous couleur bien entendu de ne penser qu’à la sauver) pour mieux renvoyer les cotisants vers des formules complémentaires de capitalisation privée, en d’autres termes créer artificiellement le problème (du public) pour mieux y apporter la solution déjà prête (du privé), et par là mettre en place toutes les incitations à une substitution de long terme parfaitement silencieuse mais qui aboutira inexorablement à faire transiter une part croissante du financement des pensions par la sphère des marchés, le tout alors que ladite finance des marchés n’en finit pas de démontrer à grand spectacle l’ampleur des destructions de valeur dont elle est capable, voilà une manœuvre qui en dit assez long sur l’aveuglement idéologique du gouvernement présent, ou bien sur son degré de commission aux intérêts de l’industrie financière.

L’ultime verrou de la financiarisation

Mais il y a pire que la perspective de la déconfiture annoncée de la (future) retraite capitalisée. Car la captation par les marchés des retraites n’a pas seulement pour conséquence leur fragilisation financière mais, bien plus profondément, un effet structurel de verrouillage définitif de la libéralisation financière. Par les masses d’épargne qu’elle concerne, la retraite capitalisée pousse l’implication financière du salariat à son comble et, par là même, lie objectivement les intérêts des salariés aux bonnes fortunes de la finance… laquelle prospère précisément de les opprimer. Un sophiste libéral qui passerait par là objecterait sans doute que si les salariés souffrent un peu, les pensionnés qu’ils seront plus tard en profiteront. On lui répondrait d’abord que les appels à la patience pour 40 ans sont bien le propre des nantis d’aujourd’hui (qui font miroiter aux autres leur improbable nantissement de demain). Mais on l’enverra surtout paître en lui faisant observer, expériences désormais suffisamment nombreuses à l’appui, que les fonds de pension DC font et les salariés exploités et les retraités miséreux tout simplement parce que les très nombreux intermédiaires de la division du travail financier se payent sur la bête en prélevant d’effarantes commissions.

Là où les travaux statistiques mesurent les coûts des fonds de pension en proportion du total de leurs actifs, donc compte-tenu de tous les effets de capitalisation, pour aboutir à des ratios très modestes entre 0,75% et 1,5%, la BBC s’est livrée à une enquête beaucoup plus rustique mais combien plus parlante en rapportant les fees prélevés aux sommes versées par les épargnants. S’ils allaient y voir de plus près, les pauvres pensionnés britanniques en auraient les yeux qui dégringolent des orbites à découvrir les proportions phénoménales dans lesquelles se sucrent les principaux gestionnaires de leurs fonds, le pompon revenant à HSBC qui pour 40 années de versements mensuels de 200£, soit un total de 120.000£ (96.000£ plus les avantages fiscaux) se sert sans mollir une commission de… 99.900£, soit un modeste 80% [13] ! L’occasion pourrait incidemment être saisie d’une comparaison avec l’extraordinaire efficacité-coût de la répartition, pourtant réputée ringarde à souhait et promise à être bazardée : c’est que, se passant de l’accumulation financière en organisant directement les transferts redistributifs de la solidarité intergénérationnelle, elle ne supporte que des coûts administratifs proportionnellement très modérés et n’a nul besoin d’engraisser la cohorte des consultants, des stratégistes, des asset managers, des brokers, etc., et toute cette chaîne du parasitisme financier qui vit d’être directement branché sur la fructification de l’épargne.

Mais il y a par-dessus tout que le salariat désormais – et à son corps défendant – mouillé jusqu’aux yeux dans la logique des marchés voit se fermer toute possibilité d’entrer frontalement en conflit avec la finance pourtant l’instance de toutes ses oppressions. Gageons qu’ainsi caparaçonnés de l’indestructible alibi des pensions, spéculation, plus-values et bonus vont devenir autrement plus faciles à défendre que par les anciennes contorsions qui devaient sans cesse inventer de nouvelles histoires racontant les bénéfices pour la croissance de la libéralisation financière. A tous les amis de la mondialisation qui ont vécu pendant trois décennies sur le maigre viatique argumentatif de la « compétitivité » pour opposer une fin de non-recevoir à toutes les demandes de progrès social, ne sera-t-il pas mille fois plus aisé désormais de renvoyer dans les cordes le moindre projet de desserrer l’emprise de la finance en y voyant un attentat à la retraite des vieux ? Et – ce sera le pire – non sans raison.

L’idée de faire prendre les pertes financières par les actionnaires et les créanciers lors de la prochaine crise, se heurtera inévitablement au fait que les actionnaires et les créanciers de dernier ressort ne sont autres que d’ordinaires salariés impliqués dans la finance par le truchement de leurs fonds de pension et de leurs fonds mutuels. Si par ailleurs il est exact que le sérieux d’un projet de régulation se mesure aux diminutions de rentabilité qu’il fait connaître aux institutions financières [14], comment penser l’arraisonnement de la finance quand ces réductions de rendement seront intégralement transmises à l’épargnant final qui ne sera plus exactement le prototype du possédant auquel on a envie de faire rendre gorge ? Telle est donc la perversité intrinsèque du capitalisme financiarisé, amorcée avec toutes les escroqueries de l’épargne salariale mais portée à son comble avec la captation des retraites : par un diabolique effet de court-circuit, le salariat se trouve placé aux deux extrémités de la chaîne, ainsi devenue boucle, et le schème linéaire du face-à-face du capital (financier) et du travail perd toute consistance pour s’évanouir presque complètement : bien sûr les salariés continuent d’être sous l’emprise de la contrainte de la finance... mais en fait de la « finance », abstraction intermédiaire puisqu’en bout de ligne, la « finance »… c’est eux ! Le fond de private equity qui entre dans telle entreprise pour la restructurer au yatagan ou le fond de pension qui en exige un redressement de rentabilité des capitaux propres n’est pas le bout de chaîne, le clair ennemi de classe. Car il lui est toujours possible d’exhiber ses mandants ultimes, d’ordinaire invisibles par un effet de dissémination mais susceptibles d’être « montrés » à tout instant pour les besoins de la justification, petit peuple de salariés-épargnants totalement ignorants de ce qui est fait de leurs avoirs, et par là d’ailleurs exclusivement (et compréhensiblement) concernés par la rentabilité de leurs placements – et tant pis si c’est l’entreprise de leur voisin qui est restructurée, de toute façon ils ne le sauront pas.

Il n’y a pas à aller chercher très loin les admirables collisions que peut produire cette logique perverse du refermement contradictoire sur lui-même d’un salariat fracturé par son implication financière. Ce printemps n’a-t-il pas vu l’opinion britannique s’insurger des pénalités dont le gouvernement étasunien a menacé BP ? C’est qu’en effet le cumul des amendes anticipées et des coûts de nettoyage du Golfe du Mexique a divisé par deux le cours de l’action BP… à la très grande fureur des retraités anglais loin des flaques de mazout – car BP est un poids lourd de l’indice Footsie et l’un des plus importants supports des pensions britanniques ! Sous le prétexte bien fondé des retraites capitalisées, les entreprises n’ont donc plus guère de mouron à se faire : elles peuvent exploiter tout leur saoul, polluer autant qu’elles veulent et pactiser avec n’importe quelle junte sans plus avoir besoin de payer un rapport de Bernard Kouchner.

Voilà donc le simplissime secret de ce qu’on pourrait appeler l’économie politique de la financiarisation : à quoi la finance carbure-t-elle en effet sinon… à l’épargne ? Et d’où viendra majoritairement l’épargne une fois les masses énormes des pensions jetées dans la bataille sinon… des salariés eux-mêmes ? Collectivement opprimés à leur frais comme salariés alors qu’ils essayent tous de défendre individuellement leurs intérêts comme pensionnés ! N’est-ce pas là manœuvre d’une suprême rouerie ? – et l’on comprend qu’Henri de Castries se morde l’intérieur des joues pour ne pas hurler de jouissance. La grande, l’immense intelligence stratégique du capital financier c’est de s’être retiré du rapport d’antagonisme frontal pour laisser se refermer sur elle-même la boucle salariale-épargnante et n’apparaître plus que comme un « simple » intermédiaire. Evidemment c’est le « modeste intermédiaire » qui organise tout le jeu, se branche sur sa circulation et se goinfre au passage, mais rien n’est plus simple que de renvoyer les éventuels récalcitrants à la contradiction objective des mandants fracturés, salariés sur-exploités par les pensionnés, pensionnés menacés par les salariés. Sitôt poussé cet ultime, et en fait décisif, verrou de la retraite financiarisée, quel espace resterait-il à des propositions de « réduction de la finance », comment seulement envisager une mesure comme le SLAM [15] dont la finalité est précisément de limiter par voie réglementaire et fiscale la rémunération des actionnaires quand, en bout de ligne, les actionnaires sont les futurs pensionnés ?

Voilà donc la finance sanctuarisée dans tous ses compartiments et au moment précis où tout devrait conduire à l’arraisonner brutalement : la finance des produits de taux – celle des subprimes et des dérivés de crédit… – qu’il deviendra « impensable » de réguler puisque réguler (sérieusement) c’est attaquer la rentabilité, et la finance actionnariale, pour les mêmes raisons génériques, mais avec pour particularité que cette finance-là, vivant sur le dos des entreprises, fait directement ses profits par la productivité des salariés, donc très concrètement par l’intensification sans limite de leur travail et la compression continue de leurs salaires. Si lointaine qu’elle semble parfois – le fonds de private equity est à New York ou le fonds de pension à Los Angeles quand l’entreprise est en Haute-Savoie – la finance actionnariale n’en est pas moins celle que les salariés ont à connaître de plus près parce qu’elle est celle qui pèse le plus directement sur leurs conditions d’existence. Celle-là à son tour devient intouchable. Et si, contre toutes les absences du commentaire médiatique ordinaire, il faut sans cesse rappeler ce que doit par exemple le triste destin des salariés de France Télécom à la privatisation, c’est-à-dire au passage sous logique actionnariale, il faut aussi imaginer ce proche avenir dans lequel les « rationalisateurs » n’offriront plus le visage grimaçant des mercenaires de la « création de valeur pour l’actionnaire » mais pleurnicheront d’humanisme que tous ces sacrifices, sans doute bien douloureux, n’ont pas d’autre sens que le devoir sacré des retraites maison à verser – et bientôt peut-être d’en appeler à la « solidarité », puisque le capitalisme n’a jamais fait l’économie d’une obscénité.

Sur-fusion, révolution ?

C’est en ce point précisément que tout vient se nouer. Car l’injustice intrinsèque de la présente réforme fait inévitablement coalescence avec la menace d’arrière-plan d’une destruction planifiée de la répartition, c’est-à-dire la mise à mort de l’un des principes fondamentaux de la société française d’après-guerre, mais aussi la promotion annoncée de la financiarisation définitive alors même que la crise en condamne absolument l’idée, le rejet d’un travail devenu épuisant, et pour certains haïssable, à force de pressions productives… celles-là mêmes que l’onction donnée par pensions interposées à la finance actionnariale va rendre inattaquables, peut-être même porter à un plus haut point encore.

Installés dans un parfait confort d’existence et tout à la jouissance du sort que leur fait un ordre social auquel ils n’ont décidément rien à redire, les pédagogues de la réforme feignent de ne rien comprendre, et probablement ne comprennent-ils rien vraiment, à cette sorte de sur-fusion où devait immanquablement conduire l’attaque des retraites. Aussi tombent-ils des nues, protestent-ils qu’on ne cesse de parler « d’autre chose » que du sujet imposé et tentent-ils de dénoncer comme confusion, pour mieux les discréditer, la variété des motifs de colère qui s’expriment en ce moment. Mais la confusion n’est pas du côté qu’on croit, et ce que ces tentatives de discrédit veulent faire passer pour des amalgames sans pertinence procède en fait des rapprochements les mieux fondés : à beaucoup, le travail est devenu insupportable, du fait même de la soumission de l’économie aux logiques de la finance, promises à l’éternité quand la répartition aura été méthodiquement détruite. L’emprise de la finance a rendu la vie de beaucoup de salariés odieuse. Comme si ça n’était pas suffisant, la capitalisation rampante en fera de même avec celle des pensionnés. La finance renflouée aux frais du public, fauteuse de récession, commanditaire de l’austérité, aussi arrogante que toujours, bonus en bandoulière, attend confiante la chute du pactole des retraites. Est-ce que par hasard ça ne commencerait pas à faire un peu beaucoup ?

Le capital, dont Marx rappelait qu’il était incapable de résister à l’appel de « ses intérêts les plus bornés et les plus malpropres », s’est donné avec Sarkozy le fondé de pouvoir le plus visible, le plus caricatural et le plus détestable – quand le choix de nos amènes socialistes étaient d’une bien meilleure rationalité stratégique de long terme : ceux-là n’ont-ils pas fait avancer la cause du capital dans une parfaite tranquillité au seul prix d’avoir à trémoler régulièrement « justice sociale » et « égalité » entre deux trains de déréglementation (et ne s’offrent-ils pas d’ailleurs à reprendre du service sur le même mode exactement) ? Mais voilà où mène l’hubris des possédants : à tout vouloir ils risquent aussi de tout perdre. La volonté de puissance déboutonnée par trois décennies leur a donné à croire qu’ils n’avaient plus à admettre de borne à leur désir d’accaparement et que Sarkozy était bien l’homme de cette situation-là. Mais la retraite est peut-être leur « pont trop loin », où se mêlent tout à la fois le refus d’une réforme inique, le rejet d’un pouvoir politique insupportable, mais aussi le dégoût absolu du spectacle de la finance, la contestation frontale sinon du capitalisme lui-même du moins de sa forme présente, et pour finir la défense d’une certaine forme de vie. On pouvait difficilement faire plus magistrale erreur de tir. Tragique erreur dans le choix des mots, dont Gérard Mordillat qui signe la préface d’une réédition du Capital  [16]) donne a contrario l’exacte formule : « La France n’a pas besoin de réformes, elle a besoin d’une révolution ».

Notes

[1] Conseil d’orientation des retraites (COR), en milliards d’euros 2006 dans la prévision de 2007.

[2] Challenges, n° 223, 9-15 septembre 2010.

[3] NBER : National Bureau of Economic Research. Robert Novy-Marx et Joshua Rauh, “The Risks and Liabilities of State Sponsored Pension Plans”, Journal of Economic Perspectives, vol. 23, n° 4, 2009 ; “The Crisis in Local Government Pensions in the United States, Working Paper.

[4] Le travail de Rauh et Novy-Marx examine 77 plans de pension de 50 agglomérations et comtés majeurs. Pour ne couvrir que 3% des plans municipaux, ils n’en concernent pas moins les 2/3 de la fonction publique municipale. Ces 77 plans de pension présentent une impasse financière (excès des engagements à payer sur la valeur des actifs réalisables) de 383 milliards de dollars, qui par extrapolation (sur la base de l’impasse moyenne par pensionné calculée pour les 77 plans) conduit à une impasse de 574 milliards de dollars pour la totalité du système des pensions municipales.

[5] John Detrixhe, « “Silent Heart Attack” for Pensions Driven by Yields », Bloomberg, 14 septembre 2010.

[6] La séniorité désigne le caractère prioritaire d’une dette. Plus une dette est « senior » plus elle vient haut dans la hiérarchie des créanciers d’une institution.

[7] Et en fait dans les deux cas à partir de la courbe des taux.

[8] Les fonds de pension dits « à prestations définies » (defined benefits, DB) sont les fonds de pension maison des entreprises (ou des entités gouvernementales, fédérales ou locales). Comme leur nom l’indique, ils s’engagent sur un certain niveau des pensions. Ils sont par conséquent les porteurs des divers risques de dévalorisation (des actifs) et de revalorisation (des passifs) et c’est à l’institution (l’entreprise ou l’administration) qu’il appartient d’ajuster ses propres versements à son fonds de pension pour y faire face. Par opposition, les fonds de pension dit « à contributions définies » (defined contributions, DC) ne s’engagent sur aucun montant de sortie de la rente capitalisée et renvoient le risque aux pensionnés eux-mêmes qui réajusteront leurs propres versements ou bien se débrouilleront avec une retraite amputée. Depuis le milieu des années 70, les entreprises étasuniennes ont fait tout ce qu’elles pouvaient pour se débarrasser de leurs fonds de pension DB en les transformant en fonds DC externalisés, notamment sous le statut dit 401(k) – le gouvernement ayant béni cette conversion à l’aide de substantielles exemptions fiscales.

[9] Le PBGC, Pension Benefit Guaranty Corporation, est l’agence (para)gouvernementale d’assurance des pensions.

[10] Center for Retirement Research.

[11] Voir note 8.

[12] Pablo Antolin, « Private Pensions and the Financial Crisis : How to Ensure Adequate Retirement Income from DC Pension Plans », Financial Market Trends, OECD, vol. 2, 2009.

[13] BBC Panorama, « Customers losing thousands on pension fees, commissions », 4 octobre 2010, les informations ont été livrées par les fonds eux-mêmes au CFEB (Consumer Financial Education Body), 21 des 24 principaux fonds sollicités ont répondu, et si HSBC se distingue, il est suivi de près par exemple par Co-Op Individual Personal Pension (96.000£ de commissions) ou Legal&General (61.000£).

[14] Voir Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, éditions Raisons d’agir, 2008, et « Après la crise financière : réguler ou refondre ? Les insuffisances des stratégies prudentielles », Revue de la Régulation, n° 5, 2009.

[15] Voir « Une mesure contre la démesure de la finance : le SLAM », Le Monde diplomatique, février 2007.

[16] Karl Marx, Qu’est-ce que le capitalisme. Volume 1 : les mystères de la plus-value, préface de Gérard Mordillat, Demopolis, 2010.

288 commentaires sur « Le point de fusion des retraites »

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  • permalien Gladiador :
    23 octobre 2010 @11h19   »

    Dieu soit béni, enfin ! Merci une fois de plus pour cette mise au point !

  • permalien pas facile... :
    23 octobre 2010 @12h11   « »

    Merci M Lordon pour cet excellent article !
    Etant tout aussi opposé à la réforme actuelle, je me pose tout de même certaines questions. Je n’ai en aucun cas votre compétence en la matière ; seulement est-ce qu’une composition répartition/capitalisation (sous forme de fonds souverain) vous semblerait pertinente (à condition de bien définir cette combinaison) ou rejetez-vous aussi ce type de solution ?
    Bien cordialement

  • permalien une bille :
    23 octobre 2010 @12h39   « »

    « la communauté extra-politique (quoique politique elle le soit mais à sa manière bien à elle) et extra-nationale des créanciers internationaux »

    N’exagérons pas, si le finance internationale, se sacrifie à être "noteuse en dernier ressort", elle abandonne volontiers, le rôle de "prêteur en dernier ressort" aux états nationaux. Quitte à être dans l’abjection, autant que ce soit "à pieds joints".

    « à quoi la finance carbure-t-elle en effet sinon… à l’épargne ? »

    Avec les produit dérivés elle se contente de "l’idée de l’épargne".

  • permalien brigitte Celerier :
    23 octobre 2010 @12h41   « »

    un seul bémol (après le bonheur amer de voir mis en mots, en raisonnement marqué de légitimité mes intuitions/certitudes) : la conclusion - oui c’est le pas de trop, mais uniquement avant le suivant, parce que cela n’est pas su de la plupart, parce qu’il faut compter avec la résignation entraînée par la lente descente, et les distractions (et le rôle pour masquer et distraire des médias)

  • permalien
    23 octobre 2010 @12h45   « »
    "Sarkozy n’est pas Morales, et nous le regrettons bien."

    La Bolivie, une nation civilisée :

    "A l’heure où chez nous, en France, le gouvernement s’apprête à repousser l’âge de départ à la retraite à plus de 60 ans et à augmenter le nombre d’annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et cela sans toucher sérieusement aux revenus du capital, en Bolivie, le gouvernement socialiste anti-libéral de Evo Morales s’apprête à faire voter une nouvelle Loi sur les retraites, discutée avec la principale centrale ouvrière du pays (la COB), qui abaisse l’âge de départ à la retraite de 65 à 58 ans, avec les mêmes avantages. Cet âge sera même rabaissée à 56 ans pour les ouvriers du secteur minier, avec possibilité de baisser encore cet âge selon certains travailleurs, dans ce cas un an travaillé à l’intérieur de la mine comptera pour deux années.

    Tout cela s’inscrit dans le cadre de la reconstruction du système Bolivien de retraite par répartition mis à sac par des décennies de libéralisme économique..."

    http://www.legrandsoir.info/Retrait...

  • permalien manu :
    23 octobre 2010 @13h48   « »

    Un immense merci pour cet article, excellent comme toujours. Mais, une fois que la stratégie (de plus en plus évidente) est mise au jour, une fois que l’on constate la surdité complète (et pour cause) du gouvernement et la stérilité (quoique, à la longue, le manque de carburant semble les énerver un tout petit peu puisque c’est leur sacro-sainte économie qui en dépend directement), pour l’instant, des nombreux mouvements de protestation, l’éternelle question qui reste en suspens est : que peut-on y faire ? Etant entendu que les élections (piège à ...) ne peuvent rien changer puisqu’on n’y a plus le choix qu’entre la peste et le choléra, puisque les "moyens légaux" sont inefficaces, que nous reste-t-il comme moyens, que nous laisse-t-on d’autre comme moyens que les "illégaux" ? La conclusion de M. Lordon est limpide à ce sujet, à ce bémol près que, sans forcément vouloir entonner le couplet de l’Internationale (entendez-le comme vous voulez), une révolution française, locale en termes de finance mondiale, ne serait-elle pas qu’un coup d’épée dans l’eau si elle le reste (cela même si les coups d’épée n’étaient pas forcémént perdus pour (par) tout le monde et dont "je ne dis pas que ce n’est pas injuste, je dis que ça soulage"...) ?

  • permalien maka :
    23 octobre 2010 @14h41   « »

    Bravo !
    Enfin ...

  • permalien Collage :
    23 octobre 2010 @15h02   « »

    En couverture de l’Express, un cortège de manifestants. Le titre, en grande police jaune : "Pourquoi il est impossible de réformer la France". Cette affiche est partout.

    Que ceux qui le peuvent impriment ce post et le collent par dessus (ou à côté, si vous êtes de disposition dialectique).

    Merci pour ce texte qui va sûrement bien circuler.

  • permalien vladimir :
    23 octobre 2010 @15h29   « »

    bonjour,

    j’ajouterai imodestemment la France,comme tous les pays, a besoin “d’une revolution mondiale”

    Aux USA se prepare sur les saisies immobilieres,un mouvement similaire a celui des retraites en France.Et plus "concient"des liens
    a defaire avec la finance.

    L’angle mort de votre analyse est encore la creation monetaire privée des banques,qui est la base de la financiarisation.

    Merci pour tout

  • permalien Jordi GRAU :
    23 octobre 2010 @15h31   « »

    A "pas facile"

    M. Lordon répondant rarement aux messages qu’on lui envoie, je me permets de vous conseille de lire un petit bouquin qu’il a écrit il y a une douzaine d’années : Fonds de pension, piège à cons ?

    Je pense que ce livre répond à votre question. Pour M. Lordon, il est clair que le système par répartition et le système par capitalisation sont antagonistes. Plus les salariés mettront d’argent dans des assurances ou des fonds de pension, plus les cotisations sociales diminueront. Et puis, pourquoi vouloir édulcorer notre bonne vieille retraite par répartition ? N’est-elle pas le système le plus sûr et le plus juste ? Je ne vois pas l’intérêt d’y ajouter un zeste de capitalisation.

  • permalien Jordi GRAU :
    23 octobre 2010 @15h35   « »

    A Collage

    De quel post parlez-vous ? Apparemment, vous avez sans succès essayé d’insérer un lien dans votre message.

  • permalien seb :
    23 octobre 2010 @15h56   « »
    Les études le disent...

    Enfin Frederic "tout le monde le sait", même les conclusions de l’étude Mercer qui a integré la France cette année le dit !!! Il faut des pensions, et elever l’age de départ en retraite !!! :-)

    http://www.mercer.com/referencecont...

    The overall index value for the French system could be increased by :
    * increasing the level of funded contributions thereby increasing the level of assets
    * increasing the state pension age over time
    * increasing the labour force participation rate amongst older workers
    * improving the regulatory requirements for the private pension system

    Sinon plus sérieusement, bel article criant de verité.

  • permalien pas facile... :
    23 octobre 2010 @16h39   « »

    Merci pour cette réponse. Je me posais cette question étant donné le déséquilibre démographique. Je suis de votre avis quand vous dites qu’il s’agit d’un système juste et sûr ; cependant, je pense qu’il ne faut pas faire d’amalgame trop rapide sur la capitalisation. Je reste persuader qu’on peut trouver un système de capitalisation sûr. Bien évidemment il serait tout à fait imprudent de ne se baser que sur ce système. Ne pensez-vous pas qu’une telle combinaison permettrait de mieux amortir les éventuels problèmes liés à la conjoncture ?

    Je vous remercie pour la référence, j’irai y jeter un oeil.

  • permalien pas facile... :
    23 octobre 2010 @16h47   « »

    A Jordi GRAU
    Mon message précédent s’adresse à vous..

  • permalien pièce détachée :
    23 octobre 2010 @17h46   « »

    manu 23 oct. 13h48 écrit :

    « une révolution française, locale en termes de finance mondiale, ne serait-elle pas qu’un coup d’épée dans l’eau si elle le reste ? »

    Je suis une buse absolue en économie, mais il me semble que oui — d’autant plus que, pour faire bref, la France est ligotée par l’euro.

    Quelqu’un de compétent voudrait-il se dévouer pour nous faire de la lumière là-dessus (juste au cas où...) ?

  • permalien Collage :
    23 octobre 2010 @17h51   « »

    @Jordi GRAU

    Je faisais référence au post que nous avons tous lu, qui est juste au-dessus de nos commentaires...

  • permalien Jordi GRAU :
    23 octobre 2010 @18h19   « »

    A pas facile...

    Mes compétences en économie sont très faibles. Néanmoins, je ne pense pas du tout que la capitalisation (même à petite dose) soit la réponse appropriée au "problème" du vieillissement de la population. En effet, quel que soit le système d’assurance vieillesse, les pensions attribuées aux retraités sont toujours ponctionnées sur la totalité de la richesse produites peu de temps auparavant. C’est le travail fourni en 2010 (par les salariés, essentiellement) qui est la source des pensions touchées par les retraités en 2010. Sur ce point, il n’y a pas de différence entre les systèmes de retraite.

    Voyons maintenant les différences. Dans le système par répartition, la richesse est produite par les salariés du pays, puisque les pensions viennent des cotisations sociales. Dans le système par capitalisation, la richesse est le fruit d’un capital investi pendant 20, 30 ou 40 ans. Ce capital a pu être investi dans des pays où existe une main-d’oeuvre abondante et mal payée, ce qui peut éventuellement rapporter des dividendes succulents aux retraités, mais comporte tout de même quelques inconvénients.

    D’abord, ce n’est pas très ragoûtant, d’un point de vue éthique, que la richesse future des retraités repose sur l’exploitation éhontée des salariés d’un autre pays. Ensuite, le problème vient de ce que cette exploitation touche aussi les compatriotes du futur retraité. Tel qu’il existe actuellement, et c’est bien ce que montre Frédéric Lordon, le système par capitalisation fait des salariés les complices de leur propre exploitation.

    Enfin, l’exploitation des salariés des autres pays rend les retraités ou futurs retraités complètement dépendants d’un système économique opaque, incontrôlable et finalement très risqué. Les maîtres du jeu, dans ce système mondialisé, sont ces intermédiaires (assureurs, fonds de pension, banques...) qui se sucrent largement au passage comme le rappelle l’article de F. Lordon.

    La solution au problème du vieillissement de la population serait de sortir de cette mondialisation (ce qui ne veut pas dire sombrer dans l’autarcie). Il faudrait relocaliser l’activité économique, faire en sorte que la richesse des retraités (et de tout le monde, finalement) dépende principalement des ressources produites dans le pays. Ensuite, il faudrait résoudre le problème du chômage en partageant équitablement le temps de travail et en créant des emplois publics (contre la tendance actuelle à la privatisation systématique). Si le chômage disparaissait, on saurait où trouver l’argent des retraites.

    Bien entendu, tout cela est sans doute incomplet et discutable. Encore une fois, je ne suis pas économiste.

  • permalien Albert.Marque@wanadoo.fr :
    23 octobre 2010 @18h34   « »

    Le slogan de nos manifs ,c’est "tous ensemble ,tous ensemble",malheureusement les politiciens,qui se disent défenseurs des salariés,disons "de gauche" n’avancent aucune proposition espérant profiter de l’impopularité de Sarkozy,et qui arrivés au pouvoir,feraient la même politique à quelques détails près...Apparemment ,la leçon des dernières présidentielles n’a pas été bien assimilée,car l’échec de la candidate a été directement lié au fait qu’elle n’avait rien à dire notemment sur des accords de Lisbonne que le gouvernement Jospin(en entier ) avait approuvés ..Alors pour rester "tous ensemble",il apparaît de plus en plus indispensable d’interroger tous les politiciens dits de gauche sur leurs intentions sur les retraites et c’est urgent,car Sarkozy compte sur le désespoir des grévistes abandonnés sans aucune proposition de leurs "défenseurs",en particulier sur de nouvelles sources de financement. ;

  • permalien Rolan011 :
    23 octobre 2010 @18h34   « »

    pas facile... : NON, la capitalisation est TOUJOURS un piège a con (Lordon) C’est entrer dans la finance = arnaque, et cela de tout temps.
    Il est indispensable de reduire au max "la finance" la Médiocriser (Lordon dans ci le G20 voulait, sauf erreur) C’est la seule issue possible. Porte de sortie politique a ce jour ; a écouter, enfin une prise en compte du problème financier en politique
    Discours de Jean-Luc Mélenchon au Théâtre Dejazet le 18 / 10 / 2010 http://www.dailymotion.com/video/xf...

  • permalien Alberto :
    23 octobre 2010 @18h38   « »

    Par une de ces dissonances cognitives qui disent tout du désordre intellectuel dans lequel vit l’actuel président...

    ...Mais le spectacle en soi consternant de l’inconséquence d’un président en plein chaos mental...

    Désolé, il et ils savent très bien où ils veulent en venir, comme votre article le démontre si bien.

    Il faut savoir résister à se faire plaisir...

    Amitiés, Alberto

  • permalien Marie-Anne :
    23 octobre 2010 @19h07   « »

    Une information qui circule actuellement sur le net est le rôle joué par Guillaume Sarkozy (frère du chef de l’Etat, et par ailleurs à la tête du groupe "mutualiste" qui a créé la société SEVRENIA), qui veut se placer sur le marché de la capitalisation. La contre-réforme que Nicolas Sarkozy vient de faire adopter à la hussarde comprend un article 32 dédié aux mesures relatives à l’épargne retraite, qui vise plus particulièrement à dynamiter le système par répartition.

    La partie n’est pas joué car la détermination des salariés est forte (merci la chimie, les métallos...) et l’opinion publique, à qui l’on a servi pendant l’été le feuilleton Woerth-Bettancourt, est ulcérée par l’injustice, la dégradation du service public, le chômage pour tous et l’inquiétude pour l’avenir des jeunes, les coups de force légaux et illégaux pour imposer de force cette contre-réforme dont le pays ne veut pas.

    Quel impact aura notre révolte à l’étranger, et en particulier en Europe ? Car quelle solution restera-t-il aux dépossédés de la capitalisation que d’en sortir pour mettre en place une retraite par répartition ?

    En attendant il importe de rassembler toute l’information disponible sur les effets de la capitalisation là où elle a été mise en oeuvre et de le faire savoir autour de nous.

    Et de continuer à crier dans la rue : "Pas- un- rond ! pour les fonds de pension !"

    http://blog-citoyen.over-blog.fr/ar...

  • permalien Michel :
    23 octobre 2010 @19h25   « »

    Un autre argument contre la capitalisation, que j’ai trouvé très bien, vient d’une conférence filmée de la scop Le Pavé (scoplepave.org) que l’on peut visionner ici : http://www.dailymotion.com/video/xe...

    Dans la fin de la seconde partie de la démonstration, les deux conférenciers se demandent si la retraite par capitalisation peut avoir un intérêt, et évaluent la réponse dans deux situations : 1->La situation financière est bonne ; 2-> c’est la crise économique.

    1 -> Si la situation est bonne, que l’économie se tient, leur démonstration précédente a montré (tout comme le présent article) qu’une solution par répartition fonctionne, et ce d’autant mieux que l’économie est florissante (il y a donc des gens qui travaillent et sont productifs, et qui peuvent donc financer comme il faut les retraites).

    2 -> C’est la crise. Eh bien dans ce cas, regardons ce que sont devenues les pensions des anglais et des américains depuis notre dernière "crise" : la comparaison montre bien vite que le système par répartition s’en sort là encore beaucoup mieux.

    CQFD donc : dans toutes les situations un système par répartition assure bien mieux le revenu de remplacement. Certes il présente également l’inconvénient de ne pas financer les vacances des actionnaires de Sevrenia :-)

  • permalien alisation comme 3ème pilier :
    23 octobre 2010 @20h15   « »

    Les enjeux soulignés par F Lordon sont d’autant plus cruciaux que les évolutions démographiques vont renforcer le poids des retraités dans la société. Que le camp du capital réussisse à gagner à sa cause un tiers de la population convertie en rentiers (mêmes précaires et grugeables à merci) n’est pas anodin.

    Le parlement européen s’y emploie qui vient d’adopter un rapport sur la crise présenté par Mme Pervenche Beres (PS français) . Ce rapport réussit une performance acrobatique de très haut niveau puisqu’il en cite comme l’une des causes la chute de la part des salaires dans le PIB au profit des revenus du capital tout en préconisant l’institutionnalisation des systèmes de retraite par capitalisation en tant que 3ème pilier des dispositifs de retraite. Rappelons que théoriquement l’Europe n’a pas de compétence politique dans ce domaine !

    En France, le Sénat a également proposé une modification dans le texte de réforme du gouvernement, la proposition d’ouvrir une discussion en 2013 visant à engager une réforme systémique de notre dispositif de retraites. En le but est de substituer à notre dispositif actuel le système par comptes notionnels qui fait rêver tout à la fois MM Attali et Piketty ainsi qu’une partie des dirigeants de la CFDT et qui constitue une brèche favorable à la capitalisation.

    Bêtise, aveuglement, ou duplicité ?

  • permalien Julius de Baraglioul :
    23 octobre 2010 @21h55   « »

    Merci de nous donner à penser.

  • permalien Nicks :
    23 octobre 2010 @22h43   « »

    Je prends souvent l’exemple du salarié qui contribue à se licencier lui-même pour illustrer le piège de la rente étendue aux salariés. Vous n’avez pas été aussi loin en parlant de "l’entreprise du voisin" et pourtant, je suis persuadé que par leurs placement, certaines personnes en se félicitant de leurs quelques petits % de taux d’intérêts, font les frais de la "rationnalisation" mise en oeuvre pour les obtenir, compression de personnel par exemple.

    Encore un article d’une rare pertinence que je vais faire tourner le plus possible...

  • permalien dussardier :
    23 octobre 2010 @23h02   « »

    dernier paragraphe :
    " le capital incapable de résister à ses intérêts malpropres et bornés"
    Je m’interroge sur le statut de cette vérité : ne connaissons-nous pas tous des détenteurs de capitaux qui souhaitent résister à ces intérêts ?qui se retrouvent malgré eux embarqués dans un capitalisme sévère. quelles possibilités ont-ils de contribuer à des intérêts propres et élargis ? Que fait-on pour ces "capitalistes malgré eux", les traite-t-on tout de suite, a priori, de canailles, ou essaye-t-on de les convier à un autre usage de l’argent ?

  • permalien BANANAJACK :
    24 octobre 2010 @00h09   « »

    Merci M. Lordon pour cet excellent article et pour l’analyse qui le sous tend....

    Vivement le prochain !

  • permalien louangeloo :
    24 octobre 2010 @07h46   « »

    Merci, continuez !

  • permalien Rolan011 :
    24 octobre 2010 @09h23   « »

    Jordi GRAU : 23 octobre @22h46 100 % en accord, les trolls chez les trolls

    alisation comme 3ème pilier : 23 octobre @20h15 "par comptes notionnels qui fait ..." Encore une belle arnaque de la prétendue "gôôche" ...
    Pour info sur ce sujet, voir : Un jour, tu seras vieux mon fils - http://alternatives-economiques.fr/...

  • permalien Gu Si Fang :
    24 octobre 2010 @09h23   « »
    Quelques réactions d’un libéral

    Bonjour et merci pour cet article,

    Vous estimez que la réforme actuelle avance masquée vers la capitalisation. Vous parlez de "substitution de long terme parfaitement silencieuse mais qui aboutira inexorablement à faire transiter une part croissante du financement des pensions par la sphère des marchés."

    Admettons ! Après tout, on ne connait pas les intentions cachées du gouvernement.

    Vous dites que ceci aboutira à un accroissement des revenus de la finance, compte-tenu des "proportions phénoménales dans lesquelles se sucrent les principaux gestionnaires de fonds."

    Admettons aussi ! Plusieurs travaux ont montré que les frais de gestion des fonds de pension chiliens étaient supérieurs à ceux de la répartition.

    Vous concluez que ceci aboutira à opprimer les salariés, comme salariés et comme pensionnés. Un moyen supplémentaire pour la finance de leur tondre la laine sur le dos...

    Les frais prélevés par des gestionnaires de fonds n’oppriment pas les salariés. Il est vrai qu’en l’absence de fonds de pension, ces frais sont réduits. Mais qui peut croire qu’en supprimant l’intermédiaire on peut faire des économies sans supporter aucune conséquence ? La valeur ajoutée des intermédiaires est de découvrir qui a le plus besoin de quoi, qui dispose de ressources à offrir, et de mettre les deux en relation. Les gestionnaires de fonds interviennent sur les capitaux, ils facilitent leur allocation, ce qui leur permet de se rémunérer. Pas de gestionnaires de fonds, pas de marché des capitaux - ou qui fonctionne moins bien. Cela ne rend service ni aux salariés ni aux épargnants.

    Et pourtant, je suis d’accord avec votre observation générale qu’il existe actuellement une oppression des salariés par la finance.

    Mais cette oppression se fait par un autre mécanisme : le cours légal, les banques centrales, le prêteur en dernier ressort, la garantie des dépôts, les plans de sauvetage (hélas !). Tous ces privilèges dont bénéficient les acteurs de la monnaie et de la banque leur confèrent des rentes. La banque centrale qui a une planche à billets opprime plus facilement les salariés que le gestionnaire de fonds sur un marché libre et ouvert. Les banques oppriment les salariés grâce à la garantie des dépôts, et autre socialisation de leurs coûts, et non par les services qu’elles rendent aux clients. Pas plus qu’un cordonnier n’opprime les porteurs de chaussures - sauf s’il s’agit du cordonnier public sous monopole, ou bénéficiant de quelque patente royale.

    Même si l’on admet que la motivation secrète de la réforme actuelle est d’ouvrir un marché aux acteurs de la finance, ce ne serait pas un mal en soi. De plus, cela n’a rien à voir avec les causes réelles de l’oppression financière que vous dénoncez à juste titre, et qui tiennent aux privilèges légaux dignes de l’ancien régime qui existent dans la monnaie et la banque.

    Cordialement,
    GSF

  • permalien Ienissei :
    24 octobre 2010 @09h38   « »

    Merci pour ce brillant article sur la réforme des retraites.

    Une question connexe, cependant : Si la financiarisation du système de retraites est "la" solution la moins coûteuse pour le monde financier, est-il pour autant nécessaire de passer par sa privatisation de fait ? L’Etat est parfaitement capable de se comporter comme un actionnaire ou comme un placeur de fonds (Caisse des dépôts, etc.), sans pour autant imposer aux deniers publics les logiques financières et le risque qui leur est inhérent. Si l’argent des caisses de retraite est effectivement placé, pourquoi l’Etat ne parvient-il pas à refinancer ainsi le système (les placements publics sont relativement peu rentables, mais si un fonds de pension peut récupérer 80 % des versements et continuer de payer des retraites, même l’Etat devrait parvenir à un petit surplus…) ; et si cet argent n’est pas placé, n’y a-t-il pas là une alternative possible à la privatisation de fait que vous suggérez comme étant l’issue probable de la réforme ?

  • permalien bert :
    24 octobre 2010 @10h09   « »

    Article excellent du seul économiste qui m’est lisible. Je me range régulièrement aux avis et suggestions de Mr Lordon, mais j’avoue que là, sourire et légère déception au début de l’article. Je cite :

    "Car on croyait le peuple souverain la seule communauté de référence de l’Etat, son ayant-droit exclusif, l’unique objet de ses devoirs, et l’on aperçoit comme jamais à l’occasion de la réforme des retraites que, contrairement à de stupides idées reçues, le pouvoir politique ne gouverne pas pour ceux dont il a reçu la « légitimité » – mais pour d’autres. "

    Non, Mr Lordon, vous êtes bien trop cultivé politiquement pour croire ce que vous avez écrit ! Qui pouvait bien croire encore cela, depuis des siècles maintenant (au moins deux !) ?
    Ce ne sont pas des idées reçues, mais des idées imposées, matraquées, répétées ! Je sais bien qu’on dit, "j’ai reçu un coup de tonfa", mais tout de même, en fait d’idées de cette sorte, il en va comme en fait de coups de Tonfa : Quand ca dure plusieurs décennies, on parle de torture pour le second, et de propagande pour les premières.

    Pour le reste, évidemment, d’accord avec vous !

    PS : Le président Sarkozy n’est pas perdu ! Il a le soutien d’une partie de l’opinion (bourgeoisie, catholiques, fascistes, socialistes, ce ne sont pas toujours les mêmes, et ca fait donc du monde) , mais aussi des autres dirigeants européens, de ceux du monde entier en fait, exception peut être faite de quelques dirigeants sud-américains...Ca fait du monde !

  • permalien solo1 :
    24 octobre 2010 @10h32   « »
    Une question naïve sans doute

    Les fonds de pensions sont-ils les principaux créanciers de la dette publique ?

    Si oui, cela reviendrait à dire que l’argent versé pour la retraite par capitalisation servirait en plus à donner des intérêts à ces fonds de pensions, tout en endettant les états et donc les futurs retraités ?

    En gros, donner le bâton pour se faire battre ?

  • permalien doccoche :
    24 octobre 2010 @10h57   « »

    bravo et merci

    sur france info il y a eu un reportage sur la vision qu’ont les américains de la france avec les fameux "riots" qui reviennent sur le devant de la scène, et avec les commentaires les plus iniques sur notre esprit arriéré anti-progressiste et bien sûr sur notre légendaire fainéantise (35 heures and co).

    merci france intox pour cette vision très partielle et partiale des évènements, merci à l’internaute pour son post sur la colère des américains délogés qui gronde et qui se manifeste.

    merci à Monsieur LORDON pour ses lumières techniques dans un brouillard qui se dissipe peu à peu.

    Olive

  • permalien Monsieur HR :
    24 octobre 2010 @11h52   « »

    Ienissei :

    L’Étatisation des fonds de retraite n’est pas une solution souhaitable :
    - L’État actionnaire se comporte le plus souvent comme un actionnaire tout court dans une pure logique capitaliste.
    - il n’y a aucune raison (si ce n’est la raison de la finance)de mettre en place un système qui viendrait concurrencer et saper le système par répartition à prestations définies (même si on peut surement l’améliorer)
    - les cotisations de retraite étant du salaire socialisé, il faut redonner la gestion aux salariés eux mêmes comme l’avaient souhaité les fondateurs en référence au programme du Conseil National de la Résistance (ce que veut précisément détruire M Kessler)
    - l’État ne doit être que le garant du dispositif

  • permalien Jacques-Olivier Charron :
    24 octobre 2010 @12h12   « »

    Je pense que la conclusion logique de cette analyse, si l’on écarte (provisoirement ?) la perspective révolutionnaire, c’est de concentrer la critique sur les modalités d’intermédiation qui sont à l’oeuvre sur les marchés financiers. La question des commissions prélevées peut être élargie grâce à une approche institutionnaliste et sociologique des modes d’interdépendance, des relations, des formes de contractualisation entre tous ces acteurs (gérants de fonds, gérants de fonds de fonds, brokers, consultants en tout genre). Sabine Montagne a commencé à le faire il y a déjà quelques années (cf. son livre "Les fonds de pension", Odile Jacob, 2006). Vous connaissez bien, mais les lecteurs du blog pourraient en tirer profit. Il y aurait à poursuivre dans cette voie. Là-dessus certaines analyses de Paul Woolley et de son équipe, par exemple, sont intéressantes.

  • permalien Incognitototo :
    24 octobre 2010 @12h29   « »
    Terribles réalités...

    Excellente analyse et un article d’une grande exhaustivité pour comprendre la nasse paradoxale dans laquelle la financiarisation essaye de nous enfermer. C’est effectivement là, où on comprend comment tout ça est organisé et procède d’une logique implacable, pour qu’on ne puisse jamais remettre en cause la responsabilité des dirigeants... Rendons les citoyens responsables de leur malheur en leur proposant des alternatives qui n’en sont pas (du type : "pile je gagne, face tu perds") et les puissants pourront tranquillement continuer à s’engraisser sur "les bêtes"...
    Le libéralisme a réussi ce formidable tour de force d’avoir mis au grand jour et de transmuter les ressorts de la lutte des classes en "lutte des places" où chacun lutte pour sa survie contre tous les autres... et la façon dont est posé le problème des retraites en est est une terrible illustration, y inclus, malheureusement, dans la façon dont les syndicats y répondent. Il ne devrait y avoir qu’un seul mot d’ordre "à bas tous les privilèges", mais ce n’est pas ainsi que les syndicats proposent la lutte et ça réduit vraiment les choix de société à pas grand-chose, une lutte de pouvoir entre des acquis et des privilèges, alors que c’est tout le système qu’il faudrait dénoncer et mettre à bas.

    Ce qui est encore plus dingue, c’est que la crise étasunienne des fonds de pension n’a nullement modifié les comportements et les façons de penser d’une très grande majorité d’Américains. Que font les petits épargnants qui n’arrivent plus à survivre avec leur pension, ils trouvent des petits boulots de survie et dès qu’ils touchent trois sous, ils les placent à nouveau... À croire que le casino mondial de la financiarisation a rendu addict tous les imbéciles qui continuent à penser qu’un jour ce sont eux qui vont toucher le gros lot.

    Il faudrait faire un résumé de cet article, à diffuser partout, pour que les journalistes qui continuent à bêler avec notre gouvernement sur la nécessité inéluctable de la réforme des retraites, comprennent le monstrueux coup d’arnaque qui est train de se jouer.
    Et si vous voulez un autre point de vue qui confirme cette arnaque vous pouvez lire cet article : Retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu... ou comment on essaye de nous faire croire qu’il n’y a plus d’argent pour la solidarité...

  • permalien lovejones :
    24 octobre 2010 @13h51   « »

    LES FONDS DE PENSION, C’EST POURRI, MAIS QUE PROPOSE L’AUTEUR ??

    S’il veut faire avancer le débat, l’auteur pourrait peut-être répondre à des questions essentielles :

    - Le systéme par répartition n’est-il pas en déséquilibre et obligé d’emprunter 15 milliards d’euros par an sur les marchés ? (retraites financées à crédit, les générations futures paieront). Dés lors, comment parvenir à son équilibre alors que le nombre de retraités ne va cesser d’augmenter ?

    - Les futurs retraités seront-ils obligés de souscrire à des fonds de pension ? Sera-t-il interdit d’épargner autrement ?

    - Quelle révolution propose l’auteur ??

    LA CRITIQUE, AUSSI PERTINENTE SOIT-ELLE, N’EST BRILLIANTE QUE SI ELLE APPORTE DES SOLUTIONS.

  • permalien Jean-Marie :
    24 octobre 2010 @13h52   « »
    retraites... bientot la suite avec la dépendance (la cinquième branche de la sécu)

    Le Plan Alzheimer, des moyens financiers ambitieux : 1.6 milliard € sur 5 ans (2008 - 2012)

    parmis les participants au comité de suivi on retrouve depuis 2008 la FONDATION MEDERIC ALZHEIMER dont un membre du conseil d’administration est Guillaume SARKOZY ...

    Mais ce n’est pas tout car Guillaume Sarkozy est aussi membre du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie en qualité de délégué général du groupe Médéric !!!

    Mais ce n’est pas encore tout ... Laurent Hénart, président de l’Agence Nationale des Services à la Personne, proposait il y a quelques jours de faire financer en partie la dépendance des personnes âgées par l’abandon d’une journée de RTT.

    En France, les services à la personne se développent fortement, croissance que l’Etat accompagne et encourage...
    Le vieillissement de la population nécessite une prise en charge croissante des personnes âgées... on estime à plus de 105 000 le nombre de personnes âgées fortement dépendantes résidant chez elles.
    l’allongement de la durée totale du travail à 42 ans, qui oblige les seniors à déléguer davantage l’assistance et l’accompagnement de leurs propres parents

    Quel rapport avec Guillaume Sarkozy ???

    Dès 2008 , Médéric est entré au capital d’Assisteo
    à hauteur de 34%, société crée en 2005, qui a développé son offre de services à la personne notamment auprès des personnes âgées et personnes dépendantes, activité qui représente près de 80% de son chiffre d’affaires.

    Au delà des alpes ca pourrait s’appeler ... une organisation dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions.

  • permalien tueursnet :
    24 octobre 2010 @14h06   « »
    Des couilles en or, des nouilles encore !

    « Des couilles en or pour les gens d’en haut
    Et des nouilles encore, pour les gens d’en bas »
    C’est le nouveau refrain des lycéens
    Le genre de slogan qu’on utilise quand on ne porte pas de gants
    Mais il est empreint d’envie, et de mépris.
    Non, je ne vous la fais pas à l’ancienne
    Je fus, j’étais, je serais toujours lycéenne, avec les vices et les vertus d’une bohémienne

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20nouilles

  • permalien Jean-Marie :
    24 octobre 2010 @14h10   « »

    @lovejones

    vous avez manqué une étape, il faudrait poser les causes du mal de la retraite avant de chercher des solutions.

    En 2010

    Le déficit de la branche retraite de la sécu c’est 32 milliards €

    Les niches fiscales et sociales bénéficiant aux entreprises seules c’est 172 milliards €

    Voyez en cherchant un peu, l’evasion fiscale est la cause de tous ces maux, il n’est meme plus nécéssaire d’aller voir les fonds de pensions.

    Bien cordialement

  • permalien con....tribuable révoltée :
    24 octobre 2010 @15h04   « »
    Reforme,oui !mais pour tous !!!

    Un petit coup d’oeil edifiant sur la réalité de la retraite de nos "tres chers" parlementaires :
    http://stierkopf.over-blog.com/arti...
    Trop peu de gens le savent !!!!

  • permalien Pipas :
    24 octobre 2010 @15h16   « »
    Vivement que je sois vieux ! Je pourrai faire la révolution à plein temps ? Hein ? Je pourrai ? Je pourrai ?

    Heureusement, il nous reste Brigitte.
    Et si nous n’aurons pas tous le talent de mourir de joie, j’ose espérer que nous ne finirons pas systématiquement nos jours dans l’obligation de quémander nos pensions, fussent-elles publiques.
    Les gains constants de productivité, leur partage inique, éloignent progressivement un salariat désuet de sa retraite. Donnerons-nous leur rente à nos vieux robots ? Non ! À nos concitoyens surnuméraires ? C’est mal barré ! À nos maîtres méta-banquiers, virtuoses de l’usure ? Plutôt crever !

    Un revenu universel pour tous, maintenant !
    Un bancor gésellien pour tous, maintenant !

    Et n’ayons pas peur de vieillir : trop peu d’entre nous ont ce privilège.

  • permalien typewritten :
    24 octobre 2010 @15h48   « »
    Reprise

    Un extrait rapide de ce post traduit ici :

    http://testsociety.wordpress.com/2010/10/24/forced-capitalization/

  • permalien Laszlo :
    24 octobre 2010 @15h51   « »

    Merci Mr Lordon. Encore un petit effort de langage et vos démonstrations passionnantes sur le fond parviendront à une forme réellement lisible pour le plus grand nombre.

  • permalien Daniel :
    24 octobre 2010 @17h17   « »

    « La France n’a pas besoin de réformes, elle a besoin d’une révolution ».

    C’est un fait ! Voila 40 ans que se succèdent en France des pouvoirs dont le seul but est de casser la classe populaire, d’ignorer l’intérêt général et de servir leurs maîtres de la finance, quand les Français en auront marre de se faire enfler, ils se mettrons peut-être à se servir de leurs neurones et à cesser de voter pour des escrocs...

  • permalien Citoyen en fusion :
    24 octobre 2010 @18h38   « »

    Cette analyse est la grande absente du débat public. Et pour cause : de débat sur les méfaits de la capitalisation il n’y en a pas. La capitalisation comme résultante logique de cette réforme, ce n’est médiatiquement pas plus évoqué.

    Au lycée Fays à Villeurbanne, j’ai exposé, en vulgarisant votre thèse, ce que cette réforme des retraites impliquait en termes d’entrée en jeu du système par capitalisation et de ses effets prévisibles. J’ai parlé 3 minutes. Tout le monde a très bien compris. Immédiatement 75% des gens ont voté pour la grève dès le lendemain. Et encore, je n’ai pas eu le temps de développer qu’il n’y aurait sans doute pas de retour en arrière possible ou que le système par capitalisation deviendrait pour tous forcément incontournable en raison du niveau des promesses annoncées ou que sa part de marché ne pourrait qu’augmenter grace aux très prévisibles incitations d’un Etat complaisant.

    Quand on pense que Guillaume Sark et Laurence Parisot font partie des bénéficiaires directes, on est en droit de se demander si nous ne sommes pas dans une république bananière ou si la propagation de cette information, une fois bien comprise, ne pourrait aboutir à autre chose qu’un conflit intérieur majeur.

  • permalien Noelle Joly :
    24 octobre 2010 @18h55   « »

    Arrêter de voter ? Ah... si ça pouvait être possible ... mais dans l’école républicaine soit-disant athée, on impose le catéchisme républicain dès le CP !!! On "élit" des délégués qui servent de cautions aux décisions des adultes... et abstention interdite ! (comme si des éducateurs, dans ce cas, n’étaient pas suffisamment légitimes face à des enfants de 7 ans !) c’est pathétique... mais à 20 ans, les néo-citoyens sont prêts à l’emploi, confits dans le légalisme... pour les désintoxiquer ? bon courage !

  • permalien Lorenzo :
    24 octobre 2010 @19h28   « »

    ..je pense que nous y voyons plus clair. merci au Tm.2

  • permalien Stf :
    24 octobre 2010 @19h43   « »

    Article intéressant, mais j’ai du mal avec l’axiome de départ du raisonnement :

    Le plus rigoureux défenseur de la répartition n’en pourra donc mais : constatant le devenir peau de chagrin de sa retraite, et faute de pouvoir payer la sur-cotisation de répartition qu’il appellerait de ses vœux, il n’aura pas d’autre solution pour échapper à la retraite misérable que d’aller mettre, contre ses propres principes, quelques picaillons dans une caisse quelconque… de capitalisation.

    En quoi le report de la retraite à 62 ans diminue-t-il son montant ?

    Ou, en quoi la réforme actuelle, plus qu’un statu quo, pousse à la capitalisation ?

  • permalien Léa :
    24 octobre 2010 @20h42   « »

    « "c’est en ce point précisément que tout vient se nouer. Car l’injustice intrinsèque de la présente réforme fait inévitablement coalescence avec la menace d’arrière-plan d’une destruction planifiée de la répartition, c’est-à-dire la mise à mort de l’un des principes fondamentaux de la société française d’après-guerre, mais aussi la promotion annoncée de la financiarisation définitive alors même que la crise en condamne absolument l’idée, le rejet d’un travail devenu épuisant, et pour certains haïssable, à force de pressions productives… "

    Alors cher Lordon, il fallait "baiser utile" et faire des enfants pour qu’ils y ait plus d’actifs. Gémir que le travail est épuisant, est un tantinet osé. Vous demandez donc à ma génération de bosser à l’avenir comme des malades afin de payer votre égoïsme et vos privilèges ?
    Savez -vous que j’ai 27 000 d’eus de dettes alors que je ne les ai pas faites ! Vous avez vécu grassement à crédit et vous refusez de bosser deux petites années de plus ?!

    Alors oui, faisons la révolution, mais pour vous reprendre tout ce que vous nous avez volé !!

  • permalien
    24 octobre 2010 @21h00   « »

    @stf

    Je pense que je peux répondre assez simplement à votre interrogation : aujourd’hui, déjà, les seniors ne peuvent plus trouver de travail. Seuls environ 33% d’entre eux sont encore en activité. Dans ce contexte, allonger l’âge de départ à la retraite reviendra simplement à diminuer le montant de leur retraite, puisqu’il leur manquera encore plus de trimestre de cotisations qu’ils n’auront pu effectuer ; la décôte sera donc plus importante.

    Sachant cela, il leur reste une seule solution : cotiser plus, ailleurs, durant les bons jours où il a encore un travail, c’est à dire avant d’être trop agé pour être rejeté par toutes les entreprises.

  • permalien Ph. Arnaud :
    24 octobre 2010 @21h18   « »

    A stf

    Le report de l’âge de la retraite de deux ans en diminue automatiquement le montant parce que, compte tenu de l’état du marché de l’emploi depuis plus de 30 ans (et qui n’est pas près de s’améliorer), rares sont ceux qui arrivent à l’âge légal avec le nombre d’annuités requis.

    Et ils ont d’autant moins de chances d’obtenir ce nombre d’annuités que, dans leur décen-nie de 50 à 60 ans, ils se font virer à tout de bras sous divers prétextes (ne connaissent rien à Internet, ne se mettent pas assez vite à l’informatique, pas assez de rendement, ne veulent pas travailler de nuit, ne veulent pas déménager tous les trois ans, coûtent trop cher…) qui, globalement, se ramènent à leur âge. A 60 ans, moins de 40 % des gens sont au travail…

    Comment des salariés virés dans la cinquantaine en raison de leur âge peuvent-ils obtenir du travail dans la soixantaine ? Les deux ans de durée de cotisation qui leur sont alors imposés (sans espoir de retrouver un travail) sont autant de décotes supplémentaires…

    La retraite étant ainsi vidée de sa substance, le salarié est donc, tout naturellement, conduit à souscrire à un fonds de pension…

  • permalien Marie-Anne :
    24 octobre 2010 @21h48   « »

    Il va falloir faire un gros travail d’explications, de popularisation pour que les français n’aillent pas "mettre un rond" dans les fonds de pension.

    Dans le contexte actuel il se pourrait qu’ils soient quelque peu réticents, si on contribue bien à leur rafraîchir la mémoire, si on explique bien ce qui se passe ailleurs, les risques des placements à long terme, l’appétit des requins en embuscade, à aller mettre leurs maigres économies dans les dits fonds.

    D’ailleurs pour augmenter de façon significative sa retraite, il va falloir alimenter régulièrement pendant une longue période, des sommes non négligeables qui vont peser sur le budget mensuel. Or de plus en plus de français n’ont pas cette marge de manoeuvre ; ceux qui l’ont doivent souvent aider les enfants dans la galère ; la précarité touche tout le monde, y compris les cadres qui sont nombreux à perdre du jour au lendemain leur "situation".

    Les fonds de pension n’ont pas encore gagné la partie...

  • permalien Citizen :
    24 octobre 2010 @22h01   « »

    Je rejoins totalement stf dans le constat : cette réforme est mauvaise, car elle part d’un biais idéologique marqué : la fin de la retraite à 60 ans et bien sûr dans le sens qu’elle ne change rien à la problématique. Mais en aucun cas, elle ne nous amène vers la retraite par capitalisation pour la bonne raison qu’elle ne change ni le montant des pensions, ni les conditions pour accéder au taux plein : Un actif de 58 ans au chômage qui n’a pas son taux plein passera simplement 2 ans de plus au chômage avant de pouvoir toucher sa retraite : sa pension restera la même avec les mêmes décotes qu’auparavant.

  • permalien Max78 :
    24 octobre 2010 @22h14   « »

    Stf a raison et la réforme n’apporte aucune modification quant au calcul du taux plein. Il faudra toujours 164 trimestres de cotisations pour avoir sa retraite à taux plein. Un actif de 58 ans au chômage qui n’a pas son taux plein devra attendre 62 ans avant de demander à bénéficier de ses droits (au lieu de 60 ans aujourd’hui). Mais DANS LES 2 CAS, sa pension sera minorée de la même décote !

    A mon avis il n’y a aucun agenda caché pour instaurer une retraite par capitalisation (qui existe de toute façon déjà en France !) si ça avait été le cas, la réforme se serait simplement contenté de diminuer le taux de remplacement !
    Cette réforme est mauvaise pour une seule raison : elle est la manifestation d’un biais idéologique marqué de la part de la droite : la fin de la retraite à 60 ans.

  • permalien Daniel :
    24 octobre 2010 @22h51   « »

    Si j’ai bien suivi la "réforme" prévoit ceci :

    L’âge légal de la retraite sera porté à 62 ans en 2018 contre 60 actuellement, en l’augmentant chaque année de quatre mois à partir du 1er juillet 2011.

    Augmentation de la durée de cotisation en fonction de l’espérance de vie jusqu’en 2020, conformément à la loi de 2003 :
    - passage à 41 ans et 1 trimestre pour les générations 1953 et 1954 ;
    - compte-tenu des estimations actuelles de l’INSEE, la durée de cotisations devrait être de 41,5 ans en 2020.

    L’âge d’annulation de la décote pour bénéficier d’une retraite à taux plein, fixé à 65 ans avant la réforme des retraites de 2010, sera progressivement reculé de 4 mois par an, pour atteindre 66 ans en 2019 et 67 ans en 2023.

    Ce qui conduit bien entendu à une baisse des pensions...

  • permalien Melbourne :
    25 octobre 2010 @02h08   « »

    Juste un complément : l’argument dit "démographique", qui justifie toute la manoeuvre brillamment expliquée par F.Lordon, n’est quasiment jamais critiqué. Il semble aller de soi que nous vivons et vivrons de plus en plus vieux. Or c’est très contestable :
    - La longévité dépend du métier, de la classe sociale. Les salariés aux métiers pénibles ne font pas, et ne feront que très exceptionnellement, des centenaires.
    - La pénibilité s’aggrave et se répand, du fait du nouveau "management".
    - Etant donnée la destruction progressive du système de santé et de la médecine du travail, ceux qui ne se soignent pas sont de plus en plus nombreux.
    - Certaines pathologies explosent (cancéreuses notamment), liées à la toxicité de l’environnement et de l’alimentation.
    - De nouvelles pathologies apparaissent (virales notamment), liées aussi aux modifications de l’environnement. On ne sait pas les traiter.
    - Des maladies des pays pauvres commencent à gagner les pays riches, du fait du réchauffement (chikungunya, palu...).
    Il est donc très possible que l’humanité ait atteint son sommet de longévité, et que l’espérance de vie se mette à décroître.
    Les centenaires d’aujourd’hui ont vécu dans un monde beaucoup moins pollué et ont eu, au moins dans leur jeunesse, une alimentation beaucoup plus saine.
    Les bébés naissent aujourd’hui avec des métaux lourds dans le corps. Ils ne feront probablement pas des centenaires.

  • permalien Bantoum :
    25 octobre 2010 @03h54   « »
    Dépendre de la Finance n’interdit pas d’en faire un moyen de pression

    Ce n’est pas parce que les salariés utilisent les transports en commun qu’ils s’opposent aux blocages de ces transports en commun pendant des grèves.

    Ce n’est pas parce que les retraites des vieux dépendront de la finance que les vieux ne seront pas d’accord pour recadrer la finance.

  • permalien Pic :
    25 octobre 2010 @08h13   « »

    L’angle mort de votre analyse est encore la création monétaire privée des banques,qui est la base de la financiarisation.

    Personne pour répondre à Vladimir ?

  • permalien Stf :
    25 octobre 2010 @08h55   « »

    Merci à ceux qui m’ont répondu.

    Malgré tout, je reste assez dubitatif.

    Quelqu’un qui n’aura pas tous ses trimestres à 62 ans pourra :

    - Continuer à travailler s’il est encore actif
    - S’il est indemnisé par les Assedic, simplement attendre ce qu’il faut pour obtenir tous les trimestres (oui, au chômage indemnisé, on valide des trimestres). La pension pourra éventuellement baisser si cette période entre dans les 20 meilleures années, mais je doute que la différence soit énorme.
    - S’il manque beaucoup de trimestres, attendre 67 ans au lieu de 65 ans pour recevoir une pension à taux plein.

    C’est finalement, la même situation qu’aujourd’hui, légèrement décalée dans le temps. Je ne vois toujours pas en quoi cette réforme entrainerait un basculement massif vers les fonds de pension.
    Ma petite tête a l’impression que la destruction de la retraite par répartition serait bien plus facile et bien plus rapide en la laissant tel qu’elle (perte du triple A, explosion des intérêts de la dette, financement de plus en plus difficile de la répartition), voir même en DIMINUANT l’age de la retraite. Mais peut-être que du coup, la destruction organisée serait trop voyante ?

    Sur la question du niveau d’emploi des seniors, je m’interroge aussi :
    Ce niveau de chômage est-il lié à l’age absolu, ou bien relatif à l’age de départ en retraite (par ex, chômage en forte progression à partir des 5 ans précédents l’age légal).

    Reste un dernier point sur lequel je n’ai pas trouvé de réponse suffisamment argumenté : Le nombre d’emploi en France est-il un gâteau de taille fixe à partager entre tous les actifs ? C’est ce que répètent les manifestants, mais certaines études montreraient (conditionnel) le contraire, c’est à dire qu’un taux d’emploi supérieur des seniors entrainerait aussi un meilleur taux d’emploi des jeunes.
    On pourrait croire que ce raisonnement sort de la bouche de notre gouvernement actuel, mais le PS lui-même avoue que les tentatives d’amélioration de l’emploi des jeunes par l’intermédiaire des préretraites est un échec.

    En général, j’apprécie les articles de M. Lordon, et rejoins sa vision de la finance cannibale, mais sur celui-ci, je reste pour le moment, qu’à moitié convaincu.
    Par contre, je comprends tout à fait l’intérêt de la finance à ce que les retraites se dirigent vers la capitalisation. Le résultat esquissé ici est effrayant d’intelligence.

  • permalien Pipas :
    25 octobre 2010 @09h21   « »
    "Seulement" attendre deux ans de plus au chômage ?

    Ouais mais oh ! Réveillez-vous !
    Le chômdu longue durée spécial vieux ça existe ; s’ils refusent trois fois de suite d’aller crever à Mac Do ou Monsanto c’est la radiation, comme pour tout le monde, et deux ans AU MINIMUN, c’est long, sans ressources, pour un vieux. Vous les voulez en taule plutôt qu’en maison de retraite, nos vieux ? Comme au Japon ? Délinquants forcés ?
    Il est grand temps de sortir de l’idéologie du travail, du mérite, du plein emploi, du productivisme quantitatif jetable, du système de retraite même par répartition lui étant adossé.

    Un revenu universel citoyen ! Sans contrepartie !

  • permalien Stf :
    25 octobre 2010 @09h36   « »

    @pipas

    Même s’il y a des conditions à respecter, et qu’on ne sait pas comment cela va évoluer dans le temps, à l’heure actuelle, il existe des dispenses de recherche d’emploi, et la prolongation de l’indemnisation jusqu’à la retraite.
    Ce n’est pas Byzance, mais pas non plus le passage obligé par la case RSA.

  • permalien Haricophile :
    25 octobre 2010 @10h33   « »

    Incroyable de voir a quel point la finance ultra-libérale a des affinités avec la religion dans ce qu’elle a de pire.

  • permalien Ph. Arnaud :
    25 octobre 2010 @10h53   « »

    A stf

    Si la retraite à taux plein est repoussée de 65 à 67 ans, le montant de la retraite est forcé-ment baissé. Imaginons, pour un homme, une espérance de vie de 85 ans (je suis généreux) : à l’âge de 65 ans, il en profite durant 20 ans. A l’âge de 67 ans, il n’en profite que 18 ans. Répartie sur la totalité des années qui lui restent à vivre à partir de 65 ans, c’est comme si sa retraite était amputée de 2 années sur 20 ans, soit 10 %.

    De plus, comme le risque de mortalité n’est pas une fonction linéaire mais croissante de l’âge, et qu’il meurt plus de monde entre 65 et 67 ans qu’il n’en meurt entre 63 et 65, si l’intéressé décède avant d’avoir atteint ses 67 ans, sa retraite est alors amputée de 100 % !

  • permalien CHARLOTTE :
    25 octobre 2010 @11h10   « »

    j’ai lu cet article hier au soir via le site http://rezo.net

    Je l’ ai trouvé fort interessant , un peu long toutefois à lire .

  • permalien Stf :
    25 octobre 2010 @11h20   « »

    A Ph. Arnaud,

    Ok, mais cela ne change en rien la pension mensuelle, et c’est cette baisse qui, selon l’article, est censée pousser les futur retraités vers la capitalisation.

  • permalien
    25 octobre 2010 @11h42   « »

    Il y a aussi un autre argument que je n’arrive pas à réfuter : Les ultra libéraux and co, me disent souvent que si on repousse l’âge de la rentrer en retraite, l’arrêt du travail se verrait aussi repousser (passer de 58 à 60 ans).

    Est ce vrai ?

    D’habitude je sors que c’est peut être le cas, mais c’est souvent des boulots précaires qu’on leur refile... Mais je suis las de cet contre argument.

  • permalien Ph. Arnaud :
    25 octobre 2010 @11h49   « »

    A stf

    Si, cela change la pension mensuelle de fait. C’est comme si on lui disait : vous pouvez prendre votre retraite à 65 ans, mais elle est amputée de 10 % (ou davantage si son espérance de vie est moins que ces 85 ans). Si vous rapportez la totalité de sa pension versée non pas entre 67 ans et sa mort mais entre 65 ans et sa mort, le total est bien amputé de deux ans. Donc, il touche moins.

    Votre erreur provient de ce que vous vous imaginez que l’intéressé s’y retrouve avec l’allocation-chômage qui lui permettrait d’attendre, à des conditions équivalentes, l’âge de la retraite, ce qui est faux ! Car, là aussi, la durée d’indemnisation est limitée, dégressive – et d’autant plus dégressive que le salarié, avant ses 60 ans, a souvent été au chômage bien avant, et qu’on peut faire confiance au Medef et à la droite, au cours des années à venir, pour rogner encore plus l’assurance chômage.

    Et précisément, cette baisse va le pousser l’intéressé à la capitalisation parce qu’entre l’âge et l’argent, il arbitrera en faveur de l’âge en se disant : pour pouvoir partir à 65 ans, comme j’aurai une décote (et que le gouvernement a exclu d’augmenter le montant des cotisations), je vais souscrire à un fonds de pension dont le versement couvrira le montant de cette décote.

  • permalien Sachem :
    25 octobre 2010 @11h56   « »
    la vraie injustice

    Contrairement à ce que dit l’article, la retraite par répartition n’est pour l’instant pas menacé, puisque le taux de remplacement du dernier salaire n’est pas modifié par la réforme.
    Cependant la réforme accroît encore les inégalités puisqu’un actif ayant commencé à bosser à 16 ans aura la totalité de ses annuités à 57-58 ans (sans trou de carrière). Au lieu de pouvoir partir à 60 ans à taux plein, il devra attendre 62 ans et cotisera donc pour rien (ou pour les autres) ! Elle est là la vraie injustice : dans l’accroissement de la solidarité des pauvres (les non-cadres) vers les riches (les cadres) et pas dans une pseudo menace de la retraite par capitalisation, un faux débat qui enfûme tout le monde y compris vous Monsieur Lordon !

  • permalien Citizen :
    25 octobre 2010 @12h11   « »
    à ph Arnaud

    Si, cela change la pension mensuelle de fait. C’est comme si on lui disait : vous pouvez prendre votre retraite à 65 ans, mais elle est amputée de 10 % (ou davantage si son espérance de vie est moins que ces 85 ans). Si vous rapportez la totalité de sa pension versée non pas entre 67 ans et sa mort mais entre 65 ans et sa mort, le total est bien amputé de deux ans. Donc, il touche moins.

    1/ La retraite est versée sous forme de rente viagère : un type qui vit jusqu’à 105 ans voit donc ses revenus doubler par rapport à celui qui a vécu 85 ans ; Ce qui importe donc c’est le montant de la pension trimestrielle pas le temps qu’elle dure !

    2/ Hum l’actif de 58 ans au chômage qui n’a pas son taux plein a aussi peu de chances de l’avoir à 60 ans qu’à 62 ans. La réforme ne change strictement rien de ce point de vue !

    3/ Mais qu’est ce qui vous permet de dire que les gens arbitrent en faveur de l’âge plutôt que de l’argent ? Si les gens ne veulent pas de décotes : soit ils cotisent le nombre de trimestres requis, soit ils partent à 67 ans. Il devient donc totalement inutile de souscrire une retraite par capitalisation.

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @12h13   « »

    Stf :
    25 octobre @08h55

    C’est pourtant simple, il y a 3 paramètres & ils sont aggravés tous les 3 !

    - Âge légal soit date de départ au plus tôt : 60 -> 62 ans
    - Nombre d’années de cotisations requises : 40 -> 41,5 ans
    - Âge minimum sans décote : 65 -> 67 ans

    Sachant en outre qu’au dessus de 55 ans les taux de chômage sont dramatiques & qu’il n’y a aucune raison pour que cela s’arrange, il ne faut pas être prix Nobel d’économie pour comprendre que cette "réforme" est un coup de poignard dans le dos des salariés & qu’elle ne couvrira pas de plus les déficits, puisqu’au dessus de 55 ans de toute façon on ne trouve pas de travail...
    Si vous ne comprenez pas ça, c’est que vous ne voulez pas !

  • permalien Pipas :
    25 octobre 2010 @12h28   « »
    Il ne fait pas bon être vieux ! Si ?

    @TOUS !
    Relisez attentivement les commentaires de Ph.Arnaud et l’article de Lordon. Réfléchissez encore. Comparez les montants d’une prorogation de droit au chômage en fin de carrière et d’une retraite à taux plein. Renseignez-vous sur Malakof-Mederic.
    Puis posez-vous la question de ce qui justifie que nos petits et nos vieux soient torchés deux fois par jour à heure fixe, au mieux.

    Père au foyer, il y a de fortes chances que je m’occupe des mes parents d’ici quelques années. En attendant, j’estime mourir à 85ans RSA-iste préférable à 70 ans muni d’une rente esclavagiste, privée ou publique.
    Mais peut-être me trompe-je...

  • permalien Citizen :
    25 octobre 2010 @12h38   « »

    "Renseignez-vous sur Malakof-Mederic"

    (sources wikipedia / site internet de Malakoff Médéric)

    Malakoff Médéric est un Groupe paritaire et mutualiste, à but non lucratif. Sa gouvernance est assurée par des représentants des employeurs et des 5 grandes confédérations syndicales de salariés (CGT, CGT-FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC), avec pour objectif de garantir aux entreprises la meilleure protection pour leurs salariés et leurs familles.

    Le paritarisme, ou système de gestion paritaire, est un principe consistant en la cogestion d’un organisme par un nombre égal de représentants des employés et des employeurs. On parle alors d’un organisme paritaire.

  • permalien Ph. Arnaud :
    25 octobre 2010 @12h55   « »

    A Citizen

    Si, la retraite est amputée ! Le type qui touche sa retraite à 105 ans la touche deux ans de moins, dans la totalité de sa vie, s’il part à 67 ans que s’il part à 65 ans. Certes, le pourcentage de perte est moindre s’il vit jusqu’à 105 ans au lieu de casser sa pipe à 85, mais le résultat est le même. Globalement, le patronat lui aura rabioté 2 ans…

    Mais bien sûr que si, les gens arbitrent majoritairement en faveur du temps, sauf si le taux de remplacement (avec décote) est si défavorable qu’il conduit nécessairement à travailler plus longtemps. Mais, symboliquement et qualitativement, la retraite représente un tel chan-gement que les salariés peuvent accepter une diminution significative de leurs revenus – et c’est sur ce ressort que spécule le patronat – pour en jouir ne serait-ce que quelques années.

    Et, justement, l’attrait de cette retraite sera d’autant plus grand que l’âge de perception de la pension à taux plein sera retardé, la probabilité du décès devenant plus grande avec l’âge.

    Mais admettons qu’une minorité opte pour l’âge (imaginons 30 %). Que va-t-il se passer si cette minorité opte pour le fonds de pension ? Eh bien, des incitations fortes seront mises en place dans les entreprises (défiscalisation pour le patron, bonus pour le salarié) pour que cette somme file vers des fonds de pension plutôt que vers les caisses de retraite (Sécu ou complé-mentaires). Du coup, la situation de ces caisses de retraite se dégradera encore plus, ce qui incitera davantage à investir dans les fonds de pension, et ainsi de suite…

  • permalien Onubre Einz :
    25 octobre 2010 @13h02   « »

    Pour poursuivre la réflexion, l’exemple des retraites américaines est utile.

    http://criseusa.blog.lemonde.fr/201...

  • permalien Pipas :
    25 octobre 2010 @13h53   « »
    Le point de fusion des retraites : à qui profite le crime ?

    Wikipédia :Le groupe Malakoff Mederic est un groupe paritaire de protection sociale français. Il est issu de la fusion, le 30 juin 2008, du groupe Malakoff et du groupe Médéric. Il est dirigé par Guillaume Sarkozy.

    Paritaire certes. Je ne vois pas en quoi les représentants syndicaux au sein du groupe bouleverseraient ce qui est en train de se jouer, si ce n’est en apportant de la vaseline aux salariés. Mais peut-être me trompe-je.

  • permalien Pipas :
    25 octobre 2010 @13h56   « »
    Le point de fusion des retraites, session de rattrapage :

    Vu sur http://endehors.net/
    Guillaume Sarkozy, futur bénéficiaire de la réforme des retraites ?
    Selon Médiapart, le frangin vise le pactole du marché de la retraite complémentaire privée. Et prépare pour cela une alliance avec des acteurs semi-publics.
    Médiapart affirme jeudi 14 octobre que la réforme des retraites pourrait favoriser les intérêts du groupe Malakoff Médéric, dont le délégué général n’est autre que Guillaume Sarkozy.

    Selon Médiapart, la réforme "va conduire à l’asphyxie financière des grands régimes par répartition" et sera donc "propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France, à quelques rares exceptions près". Parmi les opérateurs privés d’ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric.

    Des alliés puissants

    "Il ne s’agit pas que d’une coïncidence. Mais bien plutôt d’une stratégie concertée en famille", écrit Médiapart, "l’un assèche les régimes par répartition tandis que l’autre pose les fondements du système par capitalisation". Le site ajoute : "Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l’occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l’Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile."

    "Cette société n’aurait jamais vu le jour sans l’appui de l’Elysée", écrit Médiapart. En effet, la Caisse des dépôts et consignations est une institution publique présidée par un parlementaire. Pour sa part, la Caisse nationale de prévoyance (CNP) est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque postale et du groupe Caisses d’Epargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée.

    En outre, la Caisse des dépôts gère le Fonds de réserve des retraites. "Pourquoi la CDC se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation ?", demande Médiapart. "Et pourquoi, de surcroît, le faire avec une entreprise dont le patron est le frère du chef de l’Etat ?"

    L’enjeu n’est pas mince. Le marché pourrait représenter "40 à 100 milliards d’euros" : en fonction de l’aspect final de la réforme, les Français connaîtront une baisse plus ou moins considérable du taux de remplacement, c’est-à-dire du montant de la pension rapporté au salaire, et donc se précipiteront sur les systèmes de retraite complémentaire. Médiapart publie notamment un "business plan" confidentiel, qui fixe pour objectif une part de marche de "17%" d’ici dix ans.

    (Nouvelobs.com)

  • permalien ric :
    25 octobre 2010 @14h01   « »

    @Citizen :

    www.rue89.com/2010/03/03/ret...
    //Connaissez-vous Guillaume Sarkozy ? C’est un des frères de Nicolas. C’est aussi le DG d’un groupe d’assurance. Il y a quelques années, Guillaume dirigeait une entreprise de textile. Mais il s’est reconverti dans l’assurance santé et l’assurance retraite. C’est plus rentable. D’autant que Guillaume a des projets pour développer son affaire et il connaît quelqu’un, au sommet de l’Etat, qui veut l’aider à réaliser ses projets.

    Le 4 juin 2008, Le Monde a publié un document qui dévoilait les intentions de Guillaume Sarkozy :

    « La Caisse des dépôts et le groupe Médéric, qui est dirigé par Guillaume Sarkozy, veulent créer une filiale commune spécialisée dans le financement des retraites. Un document de travail daté du 16 mai et estampillé “confidentiel”, relève que, en 2020, les non-cadres subiront une baisse de 5% du taux de remplacement pour une carrière complète et les cadres subiront une baisse de 20%.

    Les grandes lignes de ce projet de partenariat sont posées : la création d’une “nouvelle entreprise d’assurance”, qui proposera “un bilan retraite et des services adaptés, en phase d’épargne et au moment de la retraite” aux salariés. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2019. Les futurs partenaires se fixent “des taux de rentabilité raisonnables sur le long terme”. »

    Chez les Sarkozy, on se partage le travail : Nicolas diminue le niveau des retraites et Guillaume propose des complémentaires aux salariés les mieux payés. Quelle équipe. Quel cynisme ! //

  • permalien ric :
    25 octobre 2010 @14h15   « »

    @Sachem :

    Vous nous dites :
    "Cependant la réforme accroît encore les inégalités puisqu’un actif ayant commencé à bosser à 16 ans aura la totalité de ses annuités à 57-58 ans (sans trou de carrière). Au lieu de pouvoir partir à 60 ans à taux plein, il devra attendre 62 ans et cotisera donc pour rien (ou pour les autres) !"

    Le cas que vous décrivez est un oiseau rare... Avec 20% de chômage, qui arrivera à 58 sans trou de cotisations ? La véritable injustice ne se situe pas là. La mondialisation permet de maintenir une partie significative de la population au chômage. Du coup elle permet d’opérer une pression sur les salaires. Cela plombe doublement le régime des retraites : plus de chômeurs, moins de cotisants ; de plus faibles salaires, des cotisations plus faibles.

    Les riches (je ne sais pas comment appeler autrement cette minorité de personnes à la tête des industries, multinationales et des états) à cause d’un processus (la mondialisation) qu’elle a engendrée et nourrit a plombé les retraites. Ces riches nous disent ensuite « vous voyez, les états ont faillit, laissez nous protéger les petits vieux et abolir le système de retraites par répartition ».

  • permalien ric :
    25 octobre 2010 @14h29   « »

    "L’angle mort de votre analyse est encore la création monétaire privée des banques,qui est la base de la financiarisation.

    Personne pour répondre à Vladimir ?"

    @Pic et Vladimir,
    C’est un vaste sujet pour l’aborder en quelques lignes, mais oui il y a là une injustice profonde. Lordon propose de fermer les bourses.

    D’autres économistes moins radicaux proposent d’interdire les paris sur les prix (par exemple le carry trade).

    Enfin il existe un consensus pour dire que les prêts accordés aux banques commerciales par les banques centrales (car les banques commerciales ne créent pas de monnaie) sont trop importants au regard de la taille de l’économie "réelle". Il est en train de se passer un hold-up sur les actifs mondiaux. Ce hold-up est réalisé principalement par les américains à travers leur secteur financier. En un mot, ces derniers empruntent à 1%, achètent des actifs de par le monde leur donnant des taux de rentabilité de 5, 10, 20%.

    Il se trouve que les banques centrales émettent des milliards de dollars, et que ces dollars alimentent des casinos virtuels et plombent l’économie. Ces $ ne correspondent pas à une richesse réelle. Les pays émergents voient leur monnaie surévaluées de par l’afflux de ces dollars, yen ou autres. Cela du coup impacte leurs exportations. Les chinois râlent. On ne sait plus quoi faire de ses $. On parle en ce moment de guerre monétaire.

  • permalien Sachem :
    25 octobre 2010 @14h38   « »

    "Le cas que vous décrivez est un oiseau rare... Avec 20% de chômage, qui arrivera à 58 sans trou de cotisations ?"

    20% des 50-60 au chômage ça veut dire 80% en activité ou déjà en retraite : en fait mon cas est tout le contraire d’un oiseau rare...

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @14h46   « »

    Sachem :
    25 octobre @14h38

    20% des 50-60 au chômage ça veut dire 80% en activité ou déjà en retraite (...)

    D’où sortent ces chiffres ?

  • permalien citoyen en fusion :
    25 octobre 2010 @14h53   « »

    Deux petites précisions :
    L’allongement de la durée de cotisation pour avoir le taux plein conduit à une réduction inéluctable du niveau des retraites pour la plupart des salariés.
    Le passage de l’âge minimal légal de 60 ans à 62 ans joue, lui, sur un autre tableau. Il crée une brèche de rénumération pour un salarié au chomage vers 55 ans. Ses allocations se tarissent rapidement et il n’a plus aucun revenu pendant plusieurs années en attendant le versement de sa retraite à 62 ans.
    Or les assurances-retraites proposent au choix de cotiser en vue d’avoir soit une rente, soit un petit capital, soit un peu des deux en fonction de la situation à venir.
    C’est donc une tentation de plus pour le salarié d’y souscrire.

    Par ailleurs, il ne suffira pas de convaincre les gens de ne pas mettre un sou dans le système. L’état va, sans doute, consacrer une part non négligeable du budget, pour inciter fiscalement, via des déductions d’impôts, à y souscrire. Comparé à une épargne ordinaire, il n’y aura pas photo.
    "Acheter un petit appart et améliorer l’ordinaire en touchant un petit loyer se dit le membre lambda de la classe moyenne, c’est plus éthique et moins risqué..."
    Quand dix millions de petits malins auront eu cette idée (qui d’ailleurs n’est pas si différente de la première, dès lors que l’investissement va à une organisation financière qui gère un parc immobilier et rentabilise cet argent comme un fond de pension)... n’y aura-t-il pas une légère difficulté à trouver les locataires solvables (nos enfants ?) et un formidable risque de "bulle" ?

    Si on réfléchit bien, il faut agir tout de suite, et il n’y a pas d’autre moyen que de faire immédiatement suspendre cette réforme avant et qu’elle n’entre en vigueur !

  • permalien ric :
    25 octobre 2010 @14h54   « »

    @Léa
    « Alors cher Lordon, il fallait "baiser utile" et faire des enfants pour qu’ils y ait plus d’actifs. Gémir que le travail est épuisant, est un tantinet osé. Vous demandez donc à ma génération de bosser à l’avenir comme des malades afin de payer votre égoïsme et vos privilèges ?
    Savez -vous que j’ai 27 000 d’eus de dettes alors que je ne les ai pas faites ! Vous avez vécu grassement à crédit et vous refusez de bosser deux petites années de plus ?! »

    Le travail est épuisant, c’est un fait et il a été rendu plus pénible encore par les exigences de rentabilité des investisseurs. Prenez le cas de Picard (les surgelés) racheté 4 fois en 10 ans via des LBO (leverage buy out). En gros c’est un montage financier qui permet de racheter une boite pour rien. Le prêt contracté est remboursé par l’entreprise rachetée. Du coup on coupe les investissements (nouveaux outils, développement de l’entreprise) et on pressurise les salaires. C’est un détournement de la richesse des salariés et de l’état vers l’investisseur (dans un paradis fiscal) et les banques.
    De plus, les gains de productivité réalisés permettraient de travailler moins. On voudrait nous faire travailler plus, car patronat et rentiers, en braves capitalistes qu’ils sont, en veulent toujours plus pour leur argent.

    Pour équilibrer le budget des retraites, nul besoin de faire plus d’enfant. Je vous invite à lire le dossier sur les retraites exposé ici. Il est vrai que Lordon n’a pas pris la peine de démonter le mythe de la nécessité de faire une réforme.
    http://www.arretsurimages.net/conte...

    Quant aux €27.000, je vous invite à ne pas foncer tête baissée dans les chiffons agités par cette même droite ultra libérale qui ne rêve que de transformer le peuple en masse d’esclaves corvéables à merci. En face d’un passif, il y a un actif. Le train, le réseau électrique, les routes, les écoles… Ce qui est important, c’est le déficit (et les déficits depuis 2000 ont été artificiellement crées par les niches fiscales et la « dépense fiscale »). La dette se résorbe toute seule avec l’inflation.

  • permalien ric :
    25 octobre 2010 @15h02   « »

    @Sachem
    « 20% des 50-60 au chômage ça veut dire 80% en activité ou déjà en retraite : en fait mon cas est tout le contraire d’un oiseau rare... »

    Arriver à 58 sans jamais avoir connu le chômage cela ne veut pas dire avoir plus de 50 ans et toujours en activité. Je ne voulais pas non plus dire que le cas que vous décrivez est juste, seulement qu’il sera de plus en plus rare (si le chômage perdure).

  • permalien Citizen :
    25 octobre 2010 @15h34   « »

    @ ph arnaud

    Ce que vous ne comprenez pas c’est que la retraite est un système par rente viagère. Si le type vit 105 ans soit mettons 20 ans de plus que l’espérance de vie moyenne, il aura reçu 20 ans de prestations supplémentaires, pour lesquelles il n’a jamais cotisé.
    Or, l’espérance de vie moyenne à 60 ans a doublé en 30 ans. Un type de 60 ans a aujourd’hui 20 ans d’espérance de vie, il en avait 10 ans en 1980. Si on calcule comme le vous faîtes on doit en conclure que les prestations retraite ont doublé en 30 ans !
    Évidemment ce n’est pas ça qui est important, ce qui est important c’est le montant de la rente...

    "sauf si le taux de remplacement (avec décote) est si défavorable qu’il conduit nécessairement à travailler plus longtemps."
    Ben c’est justement là tout le problème : le système de décote est extrêmement défavorable ! Il s’agît en fait d’une double décote : une 1ère fois décote sur la retraite de base et une 2ème sur la complémentaire. Les salariés ont déjà tendance à rester dans l’entreprise pour atteindre le taux plein : le départ à la retraite à 60 ans est largement un mythe.

    "Que va-t-il se passer si cette minorité opte pour le fonds de pension ? Eh bien, des incitations fortes seront mises en place dans les entreprises (défiscalisation pour le patron, bonus pour le salarié) pour que cette somme file vers des fonds de pension plutôt que vers les caisses de retraite (Sécu ou complé-mentaires)."
    Il y a plusieurs choses que tu ne comprends pas :
    1/ Les retraites par capitalisation existent déjà, et elles sont déjà exonérées de cotisations sociales jusqu’à un certain plafond.
    2/ Les cotisations de la retraite par répartition (régime général ET complémentaire) sont obligatoires que ce soit la part payé par le salarié comme la part payé par l’employeur.
    3/ La retraite par capitalisation française est donc une sur-cotisation (on l’appelle d’ailleurs à juste titre "retraite supplémentaire") payé en général par le salarié à titre individuel (avec parfois une participation de son employeur). En aucun cas ces cotisations ne viennent remplacer les cotisations des régimes général et complémentaire.

    ET SURTOUT : La réforme actuelle ne modifie EN AUCUNE FAÇON le système actuel sur 3 étages :
    1- Retraite de base (obligatoire)
    2- Régime complémentaire (obligatoire)
    3- Régime supplémentaire ( facultatif)

  • permalien marco :
    25 octobre 2010 @16h08   « »
    HOLD-UP

    La chute du mur de Berlin en 1989 a permis au capitalisme d’être le seul maître en occident. Depuis la volonté hégémonique des fanatiques « ultra libéraux » ne connaît plus de limite. C’est un véritable HOLD-UP qu’ils organisent en pillant toutes les richesses, en condamnant les populations à la paupérisation.
    Il serait temps que ceux qui ont voté pour la honte nationale, fasciné par l’idée du « gagner plus », reconnaissent leur erreur et se joignent aux grévistes qui tentent d’arrêter le massacre. Nous ne pouvons pas laisser piller le pays.

  • permalien Pipas :
    25 octobre 2010 @16h23   « »
    Retraites facultatives/Crise obligatoire

    Mon père est artisan. Fiscalement, ne pas choisir de se mettre sous la loi Madelin est un suicide financier pour l’entreprise individuelle.
    J’imagine que c’est la même pour un petit commerçant. Et à eux deux, plus tous les autres, ils sont la plus grande boîte de France ! Déjà sous la férule de la capitalisation incitée par la loi. Et les auto-entrepreneurs ?

    La mère de mon pote François, vient cette année de prendre sa retraite (médecin généraliste). On lui a annoncé que ce serait 30% de moins que prévu. Vous comprenez, avec la crise...

  • permalien tchoo :
    25 octobre 2010 @17h40   « »

    Enfin, enfin, un brillant esprit démonte le machin !
    mets à jour la face cachée de tout cela
    parce que soyons persuadés que tout cela est voulu, programmé, organisé.
    Merci M LORDON, faut-il maintenant largement diffuser cette brillante démonstration

  • permalien Stf :
    25 octobre 2010 @18h46   « »

    Citizen, je vous suis complètement.

    La réforme change tellement peu de choses que les dispositions pour les retraites longues sont conservées. Là, je fais référence au message de Sachem :

    Quelqu’un qui a commencé à travailler à 14 ou 15 ans pourra prendre sa retraite à 58 ans.
    Quelqu’un qui à commencé avant 18 ans, pourra la prendre à 60.
    source

    Si la réforme n’est pas égalitaire, elle ne l’est pas moins que les règles en vigueur.
    J’ai même tendance à penser qu’elle l’est un peu plus puisque le régime des fonctionnaire va rejoindre petit à petit celui du privé.
    source

    A daniel,
    Non, ce n’est pas que je ne veux pas, bien au contraire, mais pour l’instant, je n’ai rien lu de convaincant m’expliquant un fort basculement vers les fonds de pension...que je ne souhaite pas. Et pourtant, en tant qu’artisan, j’ai déjà des cotisations qui partent dans un fond de capitalisation...

  • permalien cf41 :
    25 octobre 2010 @19h10   « »

    Merci pour cet article.
    je vous recommande un site ami :
    http://www.passerellesud.org/
    sur ces sujets de finance contre démocratie
    Soutien aux grévistes, Grandpuits toujours en grève !
    Courage à tous, résistons

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @19h14   « »

    Stf :
    25 octobre @18h46

    (...) Quelqu’un qui a commencé à travailler à 14 ou 15 ans pourra prendre sa retraite à 58 ans. (...)

    Mais non ! Pas avant 62 ans !

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @19h25   « »

    Erratum, je n’avais pas lu votre lien, pardon...
    Vous en connaissez beaucoup des gens en France qui commencent à travailler à 14 ans ? C’est ce qu’on appelle de l’enfumage !

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @19h41   « »

    Ceci dit, dire que "La réforme change tellement peu de choses" en s’appuyant sur une exception rarissime n’est pas sérieux intellectuellement parlant, l’énorme majorité des gens devront attendre 2 ans supplémentaires avant de bénéficier de leur retraite et auront plus de difficultés à atteindre un nombre de trimestres requis supérieur et ce alors que la situation actuelle avec les règles actuelles étaient déjà très problématiques pour beaucoup de gens et que les choses vont aller en s’aggravant, la réalité c’est ceci et pas autre chose...

  • permalien Stf :
    25 octobre 2010 @20h18   « »

    A Daniel,

    Ceci dit, dire que "La réforme change tellement peu de choses" en s’appuyant sur une exception rarissime n’est pas sérieux intellectuellement parlant

    Et ce n’est pas très honnête de votre part de transformer mes propos.
    On ajoute 2 ans aux règles actuels, et on obtient à peu près la réforme présentée.
    Tous les aménagements qui existent déjà, restent en place, peu ou prou. (carrières longues, naissances, rachat de trimestres, etc...)

    Donc, lorsque je dis que la réforme ne change pas grand chose, c’est en terme d’inégalité ; ce que vous mettiez en avant dans votre message. Que la situation actuelle soit bonne ou mauvaise, c’est un autre débat qui n’a pas de rapport direct avec la supposée future privatisation des retraites.

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @20h45   « »

    Stf :
    25 octobre @20h18

    On peut parler un certain temps de verre à moitié plein ou à moitié vide, cela ne va nous faire avancer beaucoup...
    Je trouve votre formulation pour le moins étrange, car aggraver encore les conditions d’une législation sociale déjà injuste me semble difficilement pouvoir se résumer comme ne "changeant pas grand chose sur le plan des inégalités", les mots ont tout de même un sens si l’on écarte les jugements de valeurs.
    Si l’on ne s’en tient qu’au faits et en laissant de côté des disposition dérogatoires ou des "aménagements" si vous préférez qui ne touchent pratiquement personne, force est tout de même de constater qu’il s’agit d’un recul social important qui va plonger une quantité de gens dans des conditions encore plus difficiles et précaires que cela n’est déjà le cas actuellement et que de plus ceci ne résoudra en rien les soucis de financement du dispositif. Au lieu de mettre à contribution les composantes de la société qui ont les moyen de le faire, on durcit les conditions d’attributions et on pénalise donc les franges les plus vulnérables de la société, c’est injuste et de plus absurde y compris pour la question du financement du dispositif.

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @20h57   « »

    J’ajouterai que votre propositions est de toute façon fausse, pardonnez-moi de vous le dire, car si l’on appauvrit les travailleurs retraités, on accentue l’écart social qui les sépare des classes sociales qui n’ont par définition pas de problème de retraite car n’en bénéficient pas et n’en ont pas besoin, si vous voyez à qui je fais allusion.

  • permalien Stf :
    25 octobre 2010 @21h10   « »

    Daniel,

    Je crois que nos avis divergent sur plusieurs points, ce qui renforce notre incompréhension.

    Pour ma part, je ne pense pas que l’emploi des seniors va rester dans l’état actuel, mais va plutôt glisser petit à petit de 2 années.
    Je ne considère pas que nous demandez de travailler 2 ans de plus soit injuste.
    En conséquence, et en dehors de l’éventuel privatisation des retraites, je ne peux pas penser que la situation va s’aggraver avec la réforme.

    En revanche, je suis d’accord avec vous pour dire que le financement est loin d’être assuré sur le long terme (plus de 15ans), mais je ne pense pas que ça soit le but de cette réforme. Je la vois plutôt comme un sursis avant qu’un gouvernement refonde vraiment la législation, en prenant son temps.

    Financer la retraite par des composantes extérieures au monde du travail, comme la taxation du capital, des transactions financières, ou une augmentation des impôts, peut paraitre intéressant, mais dans ce cas, c’est abandonner encore un peu plus l’esprit de la répartition.
    Je crois plus à l’esprit du SLAM de M. Lordon qui permettrait de redonner sa place aux travail, voir même d’augmenter les cotisations retraites de façon indolore pour les employés.

  • permalien Pipas :
    25 octobre 2010 @21h19   « »
    Retraites : réduire les inégalités ok, par le bas pourquoi pas, mais en commençant par le haut de la pyramide.

    @stf
    Il est de bon ton entre indépendants de fustiger du fonctionnaire nanti, lorsque ce n’est pas du chômeur ou de l’étranger (au sens raciste). Pour ma part, la cessation d’activité est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma carrière d’artisan. N’attendez plus !

    Vouloir une réduction des inégalités est honorable, mais de grâce, comparez votre retraite miséreuse avec celle de Bernard Arnaud, pas avec celle du cheminot du coin. Vous aurez peut-être quelque élément signifiant pour construire un raisonnement valable, une opinion droite de ce que devrait être une réduction des inégalités.

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