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La gauche et l’Iran

dimanche 24 octobre 2010, par Alain Gresh

Depuis la révolution iranienne de 1978-1979, sans doute le plus grand mouvement populaire du dernier quart du XXe siècle, la gauche occidentale s’est divisée sur l’appréciation qu’elle pouvait porter sur ces événements et sur le régime mis en place. Ce débat s’est évidemment intensifié avec l’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir et encore davantage avec l’élection présidentielle contestée de juin 2009 (Lire Immanuel Wallerstein, « The World Left and the Iranian Elections », Zcommunications, 5 août 2009).

Parmi les points de désaccord à l’intérieur de la gauche, la place de la religion dans le mouvement politique. Souvent, au nom de l’anticléricalisme, elle rejette tout mouvement qui se réclame de la religion. Mais n’est-ce pas aussi, au nom de la religion, qu’ont été menés bien des combats anticolonialistes (mais pas tous, que l’on pense à l’Indochine, par exemple) au cours des XIXe et XXe siècles ? Et il est vrai aujourd’hui que, avec le recul des idées marxistes, nombre de combats intègrent une dimension religieuse. Que l’on songe à l’Amérique latine, au Brésil ou au Venezuela, avec des aspects parfois franchement réactionnaires, comme le refus du droit des femmes à l’avortement.

D’autre part, la dimension « anti-impérialiste » du combat mené par ces pays, de l’Iran au Venezuela – et qui est assumé par eux dans une alliance dont a témoigné la récente visite de Hugo Chavez en Iran – complique aussi le positionnement de la gauche radicale. On peut noter que des mouvements comme le Hamas et le Hezbollah allient une vision assez libérale de l’économie avec une résistance déterminée à ce qu’une grande partie des populations du monde arabe dénonce comme les tentatives israélo-américaines de contrôler la région.

Un dilemme plus ou moins similaire s’est posé avec le régime de Saddam Hussein en Irak (la dimension religieuse en moins), bien qu’il ait abandonné, dès la fin des années 1970, la moindre prétention à la lutte anti-impérialiste. Une partie de la gauche radicale américaine (et des progressistes irakiens en exil) s’est ralliée à l’intervention américaine de 2003, au nom du renversement des dictatures.

Je verse à ce dossier la traduction d’un article de Fayazmanesh Sasan, professeur émérite d’économie à l’université California State, Fresno, paru sur le site Counterpunch, 22-24 octobre (« The Left and Iranian Exiles »). Il est l’auteur de The United States and Iran : Sanctions, Wars and the Policy of Dual Containment (Routledge, 2008).

« Il ya quelques jours j’ai reçu un courriel intitulé “CounterPunch publie de l’agitprop ouvertement CIA-israélienne contre l’Iran.” L’e-mail faisait référence à un article paru récemment dans CounterPunch par une irano-américaine qui avait assisté à un dîner à New York organisé par le président Ahmadinejad pour des militants anti-guerre, pour la justice sociale et la paix, alors que M. Ahmadinejad était en visite aux Etats-Unis pour assister à l’Assemblée générale. L’auteur de l’article, qui soutient sans doute le “mouvement vert” en Iran, a été bouleversée par le fait que les activistes américains assistant au dîner n’ont pas contesté les violations des droits humains en Iran, et, au contraire pour la plupart, ont exprimé leur indignation devant la politique étrangère des Etats-Unis. L’auteur de l’e-mail a trouvé l’article similaire à ceux que l’Iran publie pour dénoncer les propagandistes israélo-américains. Qu’un tel article ait été publié sur un site progressiste semblait l’inquiéter.

J’avais également reçu des commentaires similaires sur d’autres articles écrits par certains des partisans du mouvement vert iranien et publiés sur le site CounterPunch. Ces billets étaient apparemment destinés à m’avertir que comme un contributeur de longue date de CounterPunch et un critique de “l’USrael” – un terme que certains croient à tort que j’ai inventé – je suis resté silencieux devant ces articles de certains partisans du mouvement vert en Iran.

(...) A la suite à de l’élection présidentielle controversée de 2009, j’ai exprimé mon avis sans détour sur la nature complexe du gouvernement iranien et les problèmes auxquels font face les progressistes américains lorsqu’ils traitent de cette complexité. Ces points de vue m’ont rendu persona non grata dans les médias en Iran. (...)

Dans un autre article dans CounterPunch, j’ai également mis en garde certains partisans du mouvement vert au sujet de leur liaison dangereuse avec les opposants pro-américains et israéliens au gouvernement iranien. Cet avertissement m’a valu de nombreux témoignages de reconnaissance de lecteurs de CounterPunch, notamment de nombreux Iraniens progressistes. Mais il a aussi suscité des grognements de certains exilés iraniens qui, souvent, essaient de dépeindre toute critique de leurs opinions politiques comme un “soutien au régime iranien.”

Entre autres choses, j’ai été accusé d’être indifférent aux violations des droits humains en Iran. On m’a aussi dit que je n’étais pas suffisamment informé, ignorant le fait que tel ou tel individu était mort ou avait perdu la vue sous la torture dans la célèbre prison d’Evine. Je n’ai pas répondu à toutes ces idioties. Si je l’avais fait, j’aurais certainement rappelé à ces critiques la déclaration de Martin Luther King que les Etats-Unis sont “le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde d’aujourd’hui”. La déclaration était vraie à l’époque de King et elle continue à l’être de nos jours. Alors pourquoi ignorer le grand pourvoyeur de violence et violateur des droits humains et se concentrer sur l’adversaire chétif ? Pire, pourquoi faire appel au premier contre le second ? (...)

La réaction des exilés iraniens verts était emblématique de leur politique et de leur tactique. Ces exilés sont aussi satisfaits d’eux-mêmes que les "principalists" qu’ils abhorrent (“principalist” est un terme utilisé pour désigner les différentes factions iraniennes qui sont opposés aux réformistes et au mouvement vert). Ces exilés sont aussi intolérants à d’autres vues que leurs homologues tyranniques en Iran sont dédaigneux de la voix de la dissidence. »

Chaque progressiste américain qui choisit de se concentrer sur la critique de la ligne politique israélo-américaine envers l’Iran, par opposition à la question des droits humains, est dénoncé par ces exilés, comme un fou gauchiste ou un ignorant des subtilités internes de l’Iran. Et ceci en dépit du fait que ces Américains montrent souvent, à travers leurs analyses approfondies, une meilleure connaissance de l’Iran que ces exilés qui écrivent de longs essais rhétoriques. Ainsi, tandis que le mouvement vert exilés est obsédé par “l’élection volée” de 2009, il faut surtout compter sur des observateurs non-iraniens pour analyser les derniers rapports de l’AIEA, les dernières sanctions américaines et résolutions de l’ONU, le rôle des groupes de lobbying israéliens dans la formulation de ces résolutions, l’effet de ces sanctions sur l’économie iranienne, etc. (...)

Visitez n’importe quel site web Internet iranien vert et tout ce que vous y trouvez est la critique du régime actuel. C’est comme si tous les troubles en Iran étaient causés par le pouvoir et que tous les problèmes disparaîtraient s’il y avait un changement de régime en faveur des Verts. Les accusations absurdes se sont tellement intensifiées que le site web vert le plus populaire, et le principal porte-parole du mouvement vert en Iran, a déclaré le 2 octobre 2010, que la crise financière récente en Iran et les fluctuations monétaires étaient le fait du gouvernement lui-même ! Sous le titre “La continuation de la crise des devises et de l’or : le bénéfice du gouvernement dans l’accroissement des échanges”, le site fait valoir que le gouvernement iranien a créé la crise et bénéficié de la dévaluation du rial parce que le gouvernement calcule ses dépenses en rial et ses revenus en dollars. Si ce site ne faisait pas une telle fixation sur la question du changement de régime, et s’il avait une seule personne à son comité de rédaction avec une certaine connaissance élémentaire de l’économie, de telles absurdités n’auraient pas été publiées.

Inutile de dire que la crise financière récente en Iran, comme la plupart des crises de ce type ailleurs, a été le résultat de l’incertitude, d’une peur intense, et de la spéculation sur le marché des devises. Et la peur et l’incertitude ont été largement causée par l’effet cumulatif de sanctions qui étouffent l’économie iranienne et provoquent de la douleur et la souffrance de masse.

L’obsession du mouvement vert iranien avec “l’élection volée”, comme je le craignais, a poussé ces exilés à se rapprocher de la politique “USraelienne”. Certains groupes de pression nationalistes iraniens qui durant l’administration Bush s’étaient opposés à l’adoption de sanctions supplémentaires contre l’Iran ont récemment activement poussé l’administration Obama à sanctionner le gouvernement iranien et le corps des pasdarans, comme si de telles sanctions n’existaient pas déjà et comme si une telle intensification n’était pas orchestrées par les groupes de lobbying israéliens et leurs représentants dans le gouvernement des Etats-Unis. Les exilés, bien sûr, ont vu leur souhait satisfait et plus de sanctions ont été adoptées. Le 29 Septembre 2010, le président Obama a signé un ordre exécutif qui a imposé des sanctions sur les huit fonctionnaires iraniens “considérés comme responsables ou complices de violations graves des droits humains”.

Bien sûr, une fois de plus, le cerveau derrière cette décision de l’exécutif n’était autre que le suspect habituel, le néo-conservateur Stuart Levey, sous-secrétaire pour le terrorisme et le renseignement financier du département du Trésor. Lors d’une cérémonie annonçant les sanctions, M. Levey a été félicité par les secrétaires Geithner et Clinton pour “la conception de ces actions financières significatives”.

Quelques jours plus tard, les médias “principalist” en Iran ont utilisé le fait que certains exilés verts avaient remercié l’administration Obama pour avoir imposé une nouvelle série de sanctions. Une de ces médias, a exploité le titre d’une émission Radio Free Europe / Radio Liberty : “Merci M. le président Obama, pour vos sanctions concernant les droits humains.” L’article visait l’activiste et lauréate du prix Nobel Shirin Ebadi se félicitant des sanctions. Dans un entretien avec le service persan de Deutsche Welle elle a affirmé que les sanctions marquent un “tournant” non seulement pour l’Iran, mais pour “l’histoire des droits humains”.

La même Radio Free Europe/Radio Liberty a publié plus récemment un autre article à l’occasion du voyage de M. Ahmadinejad au Liban intitulé : “Les intellectuels iraniens au peuple libanais : ‘Ahmadinejad ne mérite pas votre confiance’.” L’article indiquait qu’un groupe d’environ trente journalistes iraniens, intellectuels et universitaires en poste aux Etats-Unis, au Canada et en Europe avaient dit dans une lettre ouverte adressée au peuple du Liban qu’il ne devrait pas se laisser berner par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qu’ils accusent d’être bon à rien. La lettre, clairement inspirée par le mouvement vert comme le montrent sa référence élogieuse à la visite du président Mohammad Khatami au Liban en 2003 et la condamnation de “l’élection volée” en Iran, qualifie la politique d’Ahmadinejad de “dangereuse” et responsable des sanctions généralisées contre l’Iran et des risques d’un guerre potentielle. Elle mentionne également l’appui Ahmadinejad pour un “certain groupe” au Liban, qui est à l’origine de tensions dans ce pays (clairement il visait le Hezbollah libanais).

La lettre ci-dessus n’est pas vraiment sincère lorsqu’elle affirme que la politique d’Ahmadinejad est responsable des sanctions. Les intellectuels et les universitaires iraniens savent sûrement que l’Iran a fait l’objet de nombreuses sanctions depuis plus de trente ans. Ils savent aussi que l’une des sanctions les plus oppressives, à savoir, la Iran-Libya Sanctions Act, a été imposé à l’Iran en 1996, sous la présidence de Mohammad Khatami, l’un des principaux leaders du mouvement vert. La lettre n’est pas non plus sincère lorsqu’elle assure que la tension au Liban est provoquée par Ahmadinejad et le Hezbollah, et non par Israël et ses alliés traditionnels au Liban. Etant donné la popularité que le Hezbollah doit à sa résistance héroïque et à ses batailles contre Israël, il est difficile d’imaginer qu’une lettre d’opposition au Hezbollah rendrait le mouvement vert iranien beaucoup plus populaire au Liban.

« Ce compte-rendu partiel de la politique et des tactiques employées par certains partisans du mouvement vert en exil explique pourquoi de nombreux progressistes américains se méfient de ce mouvement et de son avenir. Ils se souviennent du fait que des exilés irakiens progressistes, face à un gouvernement despotique, sont devenus de plus en plus réactionnaires. Ils se souviennent du fait que la question des droits humains est devenue un des prétextes pour provoquer un changement de régime en Irak. Ils se souviennent du fait que dans le processus qui a pavé la voie à l’invasion de l’Irak, les exilés irakiens, dont certains progressistes, sont devenus d’utiles outils (aux mains des néoconservateurs). Ils se souviennent aussi que la dévastation de l’Irak, des millions de morts et de déplacés et une économie en ruine, ont été le prix de l’établissement d’un gouvernement ami des Etats-Unis qui ne soutient plus le mouvement de résistance contre Israël.

C’est pourquoi un certain nombre de lecteurs de CounterPunch semblent préoccupés par certains articles publiés sur ce site progressiste par les exilés iraniens. Mais ces lecteurs ne doivent pas oublier que CounterPunch a également publié de nombreux articles qui critiquent les Iraniens qui appuient les “USraeliens”. Ils doivent aussi se rappeler que la situation en Iran est complexe et qu’il est légitime de se préoccuper de l’actuelle intolérance du gouvernement iranien à l’égard de toute voix dissidente, même sincère et indépendante. Dans cette situation complexe, séparer le bon grain de l’ivraie, établir la différence entre les préoccupations légitimes et les prétentions exagérées, distinguer les analystes sincères des opportunistes politiques, et reconnaître la différence entre les nationalistes étroits et les internationalistes qui ne se rallieront pas à la politique américaine et israélienne, pourrait devenir extrêmement difficile. C’est pourquoi je n’envie pas le travail de ceux qui siègent au comité de rédaction des médias progressistes comme CounterPunch. Ils sont confrontés à des choix difficiles. »

117 commentaires sur « La gauche et l’Iran »

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  • permalien une bille :
    24 octobre 2010 @17h46   »

    "La gauche et l’ Iran", c’est exactement la même chose que "la gauche et n’importe quoi", c’est beaucoup d’états d’âmes.

  • permalien Jean-Joël Kauffmann :
    24 octobre 2010 @18h02   « »

    Bonjour,

    Une partie des problèmes évoqués par l’article de M. Sasan vient du fait que la révolution iranienne de 1978-79 a été ensuite "kidnappée" par les éléments les plus réactionnaires du clergé iranien chiite. Mutatis mutandis, on peut trouver des situations similaires dans l’histoire française (Révolution de juillet 1830 "kidnappée" par Louis-Philippe, Thiers, Guizot et toute une clique de libéraux qui s’étaient faits passer pour des progressistes pendant la restauration de 1815-1830), ou dans l’histoire russe (en octobre/novembre 1917, les bolcheviks de Lénine et Trotsky qui renversent le gouvernement progressiste de Kerenski et abolissent les Soviets en prétendant les sauver ; voir ce que Noam Chomsky dit à ce sujet dans le film de Daniel Mermet).

    Il n’y a pas ambiguïté, mais tout simplement duplicité de la part de Khomeyni et de ses partisans et successeurs : des loups réactionnaires qui ont revêtu (ou revêtent encore) le costume de l’agneau progressiste s’ils jugent que cela sert leurs intérêts.

    JJK

  • permalien Daniel :
    24 octobre 2010 @18h50   « »

    Il y aurait donc une "gauche radicale" aux Etats Unis d’Amérique et en Europe ? Voila une bonne nouvelle ! Je n’avais pas remarqué... En Amérique du sud OK, mais aux USA et en UE, c’est un véritable scoop !

  • permalien
    24 octobre 2010 @20h01   « »
    Le peuple et la religion

    la révolution iranienne de 1978-1979, sans doute le plus grand mouvement populaire du dernier quart du XXe siècle

    Pourquoi se limiter aux années 1975-2000 ? Le raz-de-marée nazi n’était pas mal non plus, tout aussi populaire, et pas tellement plus ancien. Certains Allemands sont restés fascinés jusqu’au bout. Ce n’est donc pas parce qu’un mouvement est populaire qu’il faut lui être ipso facto favorable. D’accord, il ne faut pas opprimer le peuple, mais le peuple, outre populaire, peut être populiste. Ce ne sont pas les "volontés" plus ou moins spontanées du peuple qui sont l’essentiel, ce sont les principes qui organisent sa vie.

    Les religions anticolonialistes ? Elles ont plutôt béni les conquêtes coloniales, et n’oublions pas qu’il existe un joli mot arabe pour glorifier "ceux qui ont gagné des terres à l’Islam", ce qui est très clair dans la charte du Hamas qui légitime les conquêtes musulmanes en Palestine et maudit les autres tentatives d’appropriation. Ce qu’on appelle du parti-pris.

    Quant à la religion, elle n’a rien à faire dans la vie publique, surtout sous ses formes modernes, le christianisme et l’islam.

    Le christianisme, et l’islam à sa suite, ont un fort caractère sectaire, ce qui n’existait pas dans les religions polythéistes antiques par exemple. Dans la secte, le gourou a le pouvoir de créer la réalité, par affirmations autovalidantes. Peu importe ce qui existe, s’il dit qu’il fait noir à midi, c’est qu’il fait noir à midi, et dites-le avec moi sinon je vous tue. La secte se proclamera volontiers parfaite et infaillible, fondée à éliminer tout le reste.

    Donc, dans la vie publique, non seulement les religions exerceront des contraintes et créeront des souffrances inutiles par leur caractère de secte, mais elles empêcheront toute recherche, toute remise en question, toute évolution... et n’auront que faire de lois. L’ardente certitude du théologien aura raison des calculs étriqués du juriste... et tant pis pour la casse !

    Mais cela n’a-t-il pas déjà été établi il y a bien longtemps ? Évidemment, ceux qui veulent que ce soit "nous" qui commandions ont tout intérêt à ne pas le savoir.

  • permalien bert :
    24 octobre 2010 @20h10   « »

    Premier point godwin gagné par le commentaire ci-dessus ! Bingo !

  • permalien
    24 octobre 2010 @21h03   « »

    @M Gresh : petite erreur :

    « Ils doivent aussi se rappeler que la situation en Iran est complexe et qu’il est légitime de se préoccuper de l’actuelle intolérance du gouvernement israélien à l’égard de toute voix dissidente, même sincère et indépendante. »

    Il s’agit plutôt de l’actuelle intolérance du gouvernement iranien, n’est-ce-pas ?

  • permalien Daniel :
    24 octobre 2010 @22h21   « »

    Ah c’est drôle "néo-stalinien", nous voila revenu avant 1956, ça ne nous rajeunit pas ! C’est ce que l’on doit appeler des propos mesurés j’imagine... Inutile de demander puisque le régime iranien actuel est si diabolique, si celui qui sévissait avant 1979 devait être parfait j’imagine pour certains tout au moins...

  • permalien elbé :
    24 octobre 2010 @22h31   « »

    Monsieur Gresh, votre article est formidable.

    A la fois ne pas être inconditionnel du régime iranien, sans tomber dans une opposition prête à s’allier avec les pires ennemis de l’Iran. On a vu en effet ce que cela a produit en Irak.
    Il est donc difficile d’appuyer le mouvement vert tant qu’il sera obnubilé par la seule envie de se débarasser d’Ahmadinejad, même au risque de vendre l’Iran toute entière à la tutelle américano-Israélienne. Cela pourrait s’apparenter à de la haute trahison.
    En d’autres temps, certains français ont eux aussi appellé de leurs voeux l’aide étrangère , les nazis allemands en l’occurence, pour se débarasser des communistes français. S’en est suivi une trop longue période de désolation.

    Soutenir les dissidents, pourquoi pas mais pas n’importe lesquels et pas à n’importe quel prix. C’est toute la difficulté, en effet.

    Merci de cet article.

  • permalien yves.echard@orange-ftgroup.com :
    24 octobre 2010 @22h37   « »

    On ne peut pas être de gauche et soutenir les massacres et la torture en Irak et en Afganistan.
    Quant à l’Iran c’est une démocratie que cela nous plaise ou non.
    Quant à la gauche Iranienne elle doit se détacher complètement de la tutelle US et de l’Otan sinon elle n’aura aucun avenir....

  • permalien Antar :
    24 octobre 2010 @22h39   « »

    " Souvent, au nom de l’anticléricalisme, elle (la gauche) rejette tout mouvement qui se réclame de la religion". Ceci ne l’empêche pas d’apporter son appui à un certain Dalai Lama. C’est dire que l’anticléricalisme peut aussi être à géométrie variable.

  • permalien elbé :
    24 octobre 2010 @22h47   « »

    Le mouvement vert iranien est en effet sujet à caution. Et ce n’est pas parce qu’il l’est que cela revient à disculper le gouvernement iranien.
    Merci Monsieur Gresh de démonter le discours (et les actes) de ce mouvement vert, tout en ne soutenant pas le gouvernement iranien.

    Toute la difficulté pour soutenir des dissidents à un régime autoritaire est bien de ne pas choisir une solution pire que le mal qu’on veut dénoncer.

    L’alliance des verts avec les USA-Israel est en effet à rapprocher avec celle qui a eu lieu avec les opposants irakiens vis à vis de Saddam. On en a vu les effets.

    Dans une autre période noire , dans le registre de la droite cette fois, on a vu une certaine droite française appeller de ses voeux les allemands, susceptibles selon eux de les aider à lutter contre le communisme en France. La période de désolation qui s’en est suivie a sans doute été pire que le mal qu’ils voulaient combattre.
    Ils furent accusés de haute trahison.

  • permalien Daniel :
    24 octobre 2010 @23h42   « »

    Qui seraient ces gens "de gauche" qui soutiendraient un système médiéval, le servage, etc. ou des mercenaires anticommunistes financés par la CIA ? Comme modèle de gauche c’est plutôt curieux ! Non ?

  • permalien Stolypine :
    25 octobre 2010 @03h31   « »

    Depuis la révolution iranienne de 1978-1979, sans doute le plus grand mouvement populaire du dernier quart du XXe siècle...

    C’est oublier bien vite la chute du mur de Berlin, la résistance du peuple russe au coup d’état de 1991 et les révolutions colorés...

  • permalien deMontigny :
    25 octobre 2010 @03h57   « »

    Le site Wikileaks attesterait de la présence de groupes tentaculaires - voilà qui donne des frissons - selon notre ami clairvoyant et objectif Nathan Tsahal.

    En réalité, les documents du site qui ont été présentés dix semaines avant publication à quatre médias atlantistes, le New York Times, le Guardian, Le Monde et Der Spiegel afin qu’ils les analysent, nous illustrent la nature malveillante et mensongère des journeaux dits de référence :

    ’’La presse dominante réagit principalement en s’étonnant de l’ampleur des violences de toutes sortes dont ces documents attestent. Elle en tire également des conclusions sur le rôle des mercenaires ou sur la faiblesse du gouvernement irakien.

    Cette opération spectaculaire permet à la presse dominante de rattraper son retard en matière d’information. Les documents divulgués rapportent des événements dont la presse irakienne et la Résistance se sont fait l’écho au fur et à mesure au cours des dernières années et que la presse dominante s’est efforcée d’ignorer et de cacher à ses lecteurs.

    Alors que les analyses de la presse dominante sont désormais infirmées par elle-même. Notez, que le New York Times, le Guardian, Le Monde et Der Spiegel présentent leur remise à niveau comme un exploit journalistique, un scoop de très grande ampleur, au lieu de s’excuser auprès de leurs lecteurs pour leur avoir si longtemps menti.’’

  • permalien deMontigny :
    25 octobre 2010 @04h07   « »

    Le bobard de la fraude

    Les dirigeants occidentaux ont rejeté les résultats des élections iraniennes parce qu’ils « savaient » que leur candidat réformiste ne pouvait perdre… Depuis des mois, ils publiaient quotidiennement des interviews, des éditoriaux et des reportages depuis le terrain, « passant en revue » les échecs de l’administration d’Ahmadinejad ; ils citaient le soutien de clercs, d’anciens responsables gouvernementaux, de commerçants du bazar et, par-dessus tout, de femmes et de jeunes bobos urbains parlant couramment l’anglais, comme gage de la victoire inéluctable de Mousavi, dont ils nous annonçaient qu’elle serait de l’ampleur d’un raz-de-marée. Une victoire de Mousavi nous était présentée comme une victoire « des modérés », telle était tout du moins la présentation de ce cliché vide de sens dont la Maison-Blanche nous a gratifiés. Des universitaires libéraux éminents en ont déduit que les élections avaient nécessairement été bidonnées, le candidat de l’opposition, Mousavi, ayant été mis en minorité dans son enclave ethnique, parmi les Azéris… D’autres universitaires ont prétendu que le « vote de la jeunesse » - en se basant sur leurs interviews d’étudiants des classes supérieure et moyenne habitant dans les quartiers huppés du nord de Téhéran étaient, dans leur écrasante majorité, favorables au candidat dit « réformiste ».

  • permalien deMontigny :
    25 octobre 2010 @04h11   « »

    En réponse aux affirmations d’Immanuel Wallerstein :

    Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d’interception. Alors que l’écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l’écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d’intercepter des communications téléphoniques via Skype, d’où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d’accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués.

    Dans les pays qu’ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu’elles soient émises par des portables ou qu’elles soient filaires. Le but n’est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d’identifier les « réseaux sociaux ». En d’autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».

  • permalien deMontigny :
    25 octobre 2010 @04h16   « »

    Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et
    israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l’usage extensif des portables. En juillet 2008, après l’échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d’appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil, avait déposé une plainte à l’ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays.

    Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni.

    Ce mécanisme a été employé en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu’elles suscitent.

    En premier lieu, il s’est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l’annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s’efforçaient de l’expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale.

  • permalien Kamran :
    25 octobre 2010 @10h07   « »

    Quand on sait le sort du Parti Toudeh en Iran (Parti Toudeh qui, triste illusion, crut au début pouvoir contrôler Khomeyni), l’article de M. Gresh est très, très décevant.

    Le long article traduit de l’anglais est insipide et n’a pas grand chose à dire. Je relève "principalist" au lieu de "conservative" pour désigner la partie la plus réactionnaire du pouvoir islamique iranien, et je me demande s’il n’y a pas là une manipulation des mots et des choses...

    Par ailleurs, la plupart des Iraniens sont exaspérés par le fait que depuis des années leurs deniers servent à financer le Hezbollah au lieu de sortir leur propre pays du sous-développement. Votre obsession israélo-palestinienne n’est pas la leur (ce qui n’empêche pas qu’ils sont naturellement sensibles à la cause d’un peuple opprimé, mais ce n’est pas ce qui dicte leur grille d’analyse politique). Cessons de mélanger les sujets. Lors d’un rassemblement pro-mouvement vert place du Trocadéro je me souviens que les deux orateurs les moins applaudis, voire çà et là hués, étaient Marek Halter, sioniste intempestif, et une porte-parole de Lutte ouvrière, propalestinienne frénétique.

    Par ailleurs, vous qui êtes si prompts à dénoncer l’impérialisme, vous devriez être sensible au rejet de l’impérialisme culturel arabo-islamique par les nationalistes perses... ou bien votre indignation est-elle à sens unique ?

    En revanche, je vous remercie pour le lien vers l’article d’I. Wallerstein, qui comme d’habitude se tient à une hauteur de vue et une finesse conceptuelle incontestables. C’est peut-être lui que vous auriez dû traduire...

  • permalien L’équipe du Monde diplomatique :
    25 octobre 2010 @10h11   « »

    @Anonyme 24 octobre 2010 à 21h03min

    Il s’agit plutôt de l’actuelle intolérance du gouvernement iranien, n’est-ce-pas ?

    Tout à fait.

    Merci pour votre vigilance, c’est corrigé.

  • permalien Nathan :
    25 octobre 2010 @10h59   « »

    En somme, ce que l’auteur veut dire, c’est que le combat contre les "USraéliens", pour reprendre sa charmante expression, est beaucoup plus important que le combat pour la démocratie en Iran. Toutes ces contorsions dialectiques pour en arriver à une aussi piteuse conclusion.

  • permalien K. :
    25 octobre 2010 @11h42   « »

    Immanuel Wallerstein :

    Il ya deux choses à dire sur les soulèvements populaires quel que soit l’endroit où ils se produisent. La première est qu’il n’est jamais facile pour les gens de sortir dans les rues pour faire pression sur un gouvernement pour l’amener à modifier sa politique. Tous les gouvernements sont prêts à utiliser la force contre de telles demandes, certains plus rapidement que d’autres. Donc, quand les gens sortent dans les rues, ce n’est jamais tout simplement parce que des « étrangers » les manipulent. Quand la CIA a organisé un coup d’Etat en Iran en 1953, il n’a pas le faire en entrainant les Iraniens à sortir dans les rues. Il l’a fait en travaillant dans les coulisses avec des officiers militaires. On doit respecter l’autonomie politique des groupes qui courent réellement des risques en sortant dans les rues. Il est trop facile de blâmer les agitateurs de l’extérieur.

    D’autre part, la deuxième chose à dire à propos des soulèvements populaires, c’est qu’ils sont toujours et inévitablement une coalition de plusieurs éléments. Certains des manifestants ont des griefs spécifiques immédiats. Certains visent à changer le personnel au sein du gouvernement mais pas le régime en tant que tel. Et certains veulent le changement, c’est-à-dire renverser le régime. Les manifestations populaires ont rarement été composées d’un groupe idéologiquement cohérent de personnes. Normalement les soulèvements ne réussissent que s’ils concernent telles coalitions. Mais cela signifie toujours que les résultats post-insurrection sont intrinsèquement incertains. Donc, le monde de gauche doit être prudent en offrant un soutien moral et politique à des soulèvements populaires.

    Nous vivons dans une époque très chaotique. Une stratégie de gauche cohérente n’est pas impossible. Mais elle ne sera pas facile. Et elle n’a pas encore été atteinte. Les conséquences mondiales de la lutte à l’intérieur de l’Iran ne sont pas limpides. Le monde de gauche ne doit pas être muet, mais il doit être prudent.

  • permalien acra :
    25 octobre 2010 @11h46   « »

    La campagne menée par les EEUU contre l’Iran m’énerve prodigieusement dans la mesure où ils poursuivent des buts parfaitement économiques et hégémoniques et comme toujours utilisent avec la pire hypocrisie le thème des droits de l’homme, eux qui n’hésitent pas un instant à lancer des guerres meurtrières et dévastatrices, à torturer à appliquer la peine de mort ... ils confondent droits humains avec le droit des multinationales.

    Ceci dit, je ne peux pas voir le gouvernement iranien d’un bon oeil, un gouvernement non seulement religieux et intolérant mais qui a éliminé physiquement la gauche de son horizon politique, je pense que ce sont les iraniennes et iraniens et personne d’autre qui doivent décider de leur futur sans manipulation des intérêts de toutes sortes.

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @12h53   « »

    Les Occidentaux voient les Iraniens & l’Iran au travers d’un prisme propagandiste grossier parfaitement irrationnel, c’est de « l’iranophobie primaire  » une sorte de maccarthysme du 21ème siècle, dans ces conditions il est tout à fait inutile de tenter d’en parler avec des moutons qui achètent de tels bobards sans se servir un seul instant de leurs neurones. Qu’une frange de la Gauche radicale considère que les Iraniens sont libres de choisir le modèle de société qu’ils souhaitent, suite au renversement du régime inique que les Occidentaux soutenaient avant leur révolution de 1979, me semble tout à fait cohérent et respectable, l’Occident n’a aucune leçon à donner en la matière et surtout pas à un peuple ayant une telle histoire. Chacun est libre de penser (Ou de reproduire des stéréotypes faute de mieux…) comme il le veut, pour ma part les nostalgiques du tyran précédent ne peuvent attirer que ma plus profonde antipathie, tout comme ceux qui sont prêts à vendre leur pays à l’Occident impérial et refusent les règles démocratiques que les Iraniens se sont librement choisis depuis leur révolution.

  • permalien Paul Laurendeau :
    25 octobre 2010 @13h04   « »

    La Révolution Iranienne fut une révolution, oui mais…

    http://ysengrimus.wordpress.com/200...

    Révolution, es-tu limitée historiquement ?

    Paul Laurendeau

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @13h09   « »

    Paul Laurendeau :
    25 octobre @13h04

    Bien malin est celui qui pourrait prévoir l’avenir ! Ou bien naïf ?

  • permalien Frederic Faraday :
    25 octobre 2010 @16h31   « »

    Permettez moi de préciser que la réforme du code pénal en cours au Venezuela prévoie un légalisation partielle de l’avortement jusqu’à 12 semaines.

    Il n’est ni juste ni justifié de parler d’un "refus du droit des femmes à l’avortement" en sous-entendant qu’il serait organisé par le régime.

    Cette réforme en cours est sérieuse et a beaucoup plus de chance d’aboutir que les tentatives passées qui se sont heurtées, non pas au "refus" du gouvernement, mais à l’opposition des secteurs conservateurs de la société vénézuélienne.

  • permalien sébastien :
    25 octobre 2010 @16h47   « »

    Analyse de la Révolution Islamique d’Iran par La Riposte, qui est une association de militants communistes dans, et hors du PCF :
    http://fr.wrs.yahoo.com/_ylt=A1f4cf...

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @16h54   « »

    sébastien :
    25 octobre @16h47

    Vos "amis" feraient mieux de s’intéresser à celle de 1917, ou celle 1789 le cas échéant...

  • permalien sébastien :
    25 octobre 2010 @17h03   « »

    Sur la gauche française et l’Irak, je ne me prononce pas pour le PS, ni pour les groupuscules gauchistes, je ne sais pas qu’elle était leur position.
    Au sein du PCF il y avait en d=gros deux sentiments :

    - La solidarité vis à vis de l’Irak, et soutiens à la résistance patriotique irakienne.
    - Ne pas oublier que Saddam Hussein avait laminé, tué physiquement la gauche irakienne.

    Les deux sentiments pouvant très bien se retrouver chez les mêmes personnes.

    C’est peut-être aussi se qui explique des débats houleux qui ont eu lieu lors du FSE, (forum social européen), en 2003 à Paris.
    Le député Georges Galloway y avait été interpelé par une irakienne :
    Vous me demander de soutenir la résistance irakienne, mais ou étiez-vous quand Saddam Hussein a pendu des gens de ma famille ?

  • permalien sébastien :
    25 octobre 2010 @17h14   « »

    "Entre 1981 et 1983, il y a 50 fois plus de militants de gauche exécutés qu’en 30 ans de dictature du Shah."
    Voila qui les poussent à s’y intérésser.
    Lorsque vous avez-eu des amis, des proches emprisonés, ou exécuté par ce régimes, vous réagissez différement.

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @18h05   « »

    sébastien :
    25 octobre @17h14

    Le temps des colonies et de l’Empire français est fini, vos "amis" seraient bien inspirés de s’occuper de ce qui les regarde ; comparer la tyrannie de la monarchie iranienne avec ce qui a pu se passer après 1979 est en outre tout simplement ridicule historiquement parlant, même si dans toute révolution il y a toujours des excès bien entendu...

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @18h14   « »

    J’ajouterai en outre qu’il ne faut pas oublier que la Russie a toujours été une puissance hégémonique dans la région et que les groupes qu’elle supportait ou qui s’en réclamaient n’étaient très logiquement pas nécessairement vus d’un très bon oeil... CQFD

  • permalien
    25 octobre 2010 @19h01   « »

    De quel gauche française et de quel Iran est-il question ?

    Que veulent l’AIPAC et Israël ?

    Le reste, bof !

  • permalien
    25 octobre 2010 @21h03   « »

    @ Daniel

    Je crois qu’il existe une gauche radicale en France, dans d’autres pays d’Europe, et je suppose même qu’il en existe une aux États-Unis. le fait qu’elle n’ait pas de "visibilité" médiatique ne l’empêche pas d’exister. Elle est exclue du débat politique d’une part parce que les médias n’en parle pas (ou l’évoque comme supposée "agitatrice" dans les grèves, ou comme présumée "terroriste" dans des affaires mediatico-judiciaires), donc, mais aussi parce qu’elle n’est pas la bienvenue dans le débat, à l’inverse de la droite radicale.

    J’en reviens à l’Iran : le système politique de l’Iran est singulier, et l’article cité par Mr Gresh ne cite pas les autres composantes du pouvoir politique, par exemple le guide suprême ou le conseil des gardiens. Vouloir déterminer une politique ou des orientations par les déclarations et actes du seul président est selon moi réducteur. De même vouloir réduire l’opposition à la politique intérieure en Iran au seul mouvement "vert", mais cela a été mieux évoqué dans l’article.
    Il ne faut pas oublier, non plus, le passé politique de Mr Moussavi, lorsqu’il était premier ministre de Khamenei.

    Oui, l’Iran politique aujourd’hui est une théocratie, et (donc ?) une dictature. Violente, souvent.
    Mais je m’interroge sur la disproportion entre le traitement de l’occident vis à vis de l’Iran, lorsque je le compare à celui réservé au Pakistan, par exemple, ou à l’Arabie Saoudite.
    Dans le passé, l’occident ne s’est pas honoré durant la guerre Iran/Iraq. Le Pakistan, qui était une dictature militaire depuis 1999 était le seul pays ayant officiellement reconnu le régime taleban en Afghanistan, qu’il avait créé, armé et soutenu pendant toute son existence, avec l’Arabie Saoudite et les EAU.
    L’Iran ne soutenait pas le régime des taleban, et ne peut être accusé de liens avec le terrorisme wahabite représenté par Ben Laden ou Al Zawahiri.

    Une diabolisation de l’Iran ne sert que les affairistes actuellement au pouvoir, qui depuis 30 ans s’accommodent très bien des différentes sanctions visant leur pays. Elle a le soutien de certains groupes de supposés "nationalistes" qui vivent à l’étranger, notamment aux États-Unis, depuis trente ans, dans l’espoir de voir revenir le fils du Shah sur le trône, ou équivalent, et elle est instrumentalisée par les différents pays ayant un intérêt certain à maîtriser le pouvoir dans le pays.

    Mais l’intérêt des iraniens eux mêmes n’est ni dans le soutien au régime actuel, ni dans celui de ces supposés opposants.
    Les centaines de milliers de gens qui ont eu le courage de manifester l’an dernier valent mieux que le soutien de groupes téléguidés depuis l’étranger et poursuivant des buts bien éloignés des leurs, à savoir une meilleure justice, une économie permettant de faire vivre, notamment, la jeunesse souvent diplômée et sans avenir, et donc, pour tout cela, plus de liberté.

  • permalien Daniel :
    25 octobre 2010 @21h25   « »

    Anonyme :25 octobre @21h03
    @ Daniel

    Je crois qu’il existe une gauche radicale en France, dans d’autres pays d’Europe, et je suppose même qu’il en existe une aux États-Unis. le fait qu’elle n’ait pas de "visibilité" médiatique ne l’empêche pas d’exister.

    Il s’agissait d’une boutade de ma part.

    (...) Oui, l’Iran politique aujourd’hui est une théocratie, et (donc ?) une dictature. (...)

    Non, désolé ! C’est une république et une démocratie ! Je vous invite à étudier leur système constitutionnel et politique...
    Pour le reste je serais assez d’accord avec vous, si ce n’est que les gens qui ont manifesté l’an dernier, même ceux qui l’on fait sincèrement, ont été manipulés par l’étranger sans le savoir bien entendu sur le moment, mais ils l’ont très bien compris depuis.

  • permalien persan :
    25 octobre 2010 @22h38   « »

    Le texte de Wallerstein cité au début se trouve aussi à cette adresse :
    http://fbc.binghamton.edu/262en.htm (en anglais)
    http://fbc.binghamton.edu/262fr.htm (en français)

  • permalien sébastien :
    26 octobre 2010 @09h57   « »

    daniel, dire que la gauche iranienne à été laminé par les mollah n’a rien de colonialiste, d’autant plus que l’Iran n’a jamais été une colonie.
    Dans cette démocratie qu’est l’Iran, le Conseil des gardiens de la révolution doit valider les candidatures aux elections.
    Il est composé de 12 membres désignés pour six ans : 6 religieux (clercs) nommés par le Guide Suprême et 6 juristes (généralement aussi des clercs) élus par la chambre monocamérale sur proposition du pouvoir judiciaire (dépendant du Guide).

    Si votre candidature est jugé incompatible avec l’islam, elle est rejeté, et cette question, seul les 6 religieux nommés par le Guide spirituel peuvent en décider.

    De fait, ce sont les religieux qui décident de qui peut être candidats. c’est en effet trés démocratique.

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @10h41   « »

    sébastien :
    26 octobre @09h57

    Après la révolution les Iraniens ont organisé les règles constitutionnelles et démocratiques de leur pays comme bon leur semblait, ils ont choisi un système sans équivalent à l’étranger qui n’a pas pour vocation de seoir à qui que ce soit d’autre qu’à eux mêmes et n’a pas de prétentions universelles. Dans ce système, comme à un degré moindre dans tout système démocratique qui se respecte, il y a un certain nombre de garde-fous destinés à empêcher que la démocratie puisse être dévoyée par des intérêts particuliers ou extérieurs, comme l’histoire leur a montré que cela pouvait malheureusement être le cas, d’où la supervision du Guide de la révolution sur le pouvoir exécutif et du Conseil de surveillance de la constitution sur le pouvoir législatif. Il n’empêche qu’il s’agit d’un système démocratique tout à fait classique, avec séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, un Président de la république élu au suffrage universel, des membres du parlement élus aux suffrage universel, cinq sièges parlementaires réservés aux minorités nationales, des juges indépendants, des élus locaux élus au suffrage universel. Que cela vous plaise ou non, il s’agit bien d’un système démocratique et républicain et personne de sérieux ne le conteste d’ailleurs.

  • permalien sébastien :
    26 octobre 2010 @11h13   « »

    Daniel "Que cela vous plaise ou non, il s’agit bien d’un système démocratique et républicain et personne de sérieux ne le conteste d’ailleurs."
    le vrai pouvoir est entre les mains du Guide spirituel, ne nous prenez pas pour des idiots.
    Aussi démocratique que les démocratie populaire qui se sont écroulés à la chute du mur de berlin, ou que la défunte URSS.

  • permalien une bille :
    26 octobre 2010 @11h33   « »

    Sébastien :

    le vrai pouvoir est entre les mains du Guide spirituel, ne nous prenez pas pour des idiots.

    Et en occident, le vrai pouvoir est entre quelles mains ?

    Il serait entre les mains du peuple, les gauches, n’auraient aucun scrupule a critiquer une république islamique, mais seulement voilà en occident le pouvoir est entre les mains de la finance, et les partis autoproclamés "de pouvoir" sont tributaires de cette finance, ce qui relativise leur discours... pour les autres , ça va, tant qu’ils proclament leur désintérêt du pouvoir, ils se lâchent.

    Trouvez vous moins moral qu’un vrai pouvoir soit spirituel, plutôt que mercantile ?

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @11h51   « »

    sébastien :
    26 octobre @11h13
    (...)
    le vrai pouvoir est entre les mains du Guide spirituel (...)


    - 1) J’ai pris la peine de vous décrire sommairement mais factuellement l’organisation institutionnelle de ce pays, cela répond à votre question, je ne vois pas d’intérêt à me répèter.
    - 2) Pour les Iraniens le guide spirituel de leur révolution est un certain Ruhollah Khomeiny décédé en 1989.

  • permalien sébastien :
    26 octobre 2010 @12h05   « »

    Actuelement il s’agit de Khamenei, c’est lui le chef de l’armée, et des gardiens de la révolutions.
    Le Président élu n’a aucun pouvoir sur les forces armée, prenez-vous la peine de voir comment fonctione les institutions iraniennes, dans les textes, et en pratique.

    Vous trouvez démocartique d’invalider une candidatures aux élections parcequ’elle ne corespond pas aux critéres islamiques ?
    A une époque il fallait être acréditer par le parti communiste pour être candidat dans les démocraties populaires.

  • permalien sébastien :
    26 octobre 2010 @12h17   « »

    Lisez : http://www.leader.ir/langs/fr/

    eCent dixième Principe
    Les fonctions et les prérogatives du Guide :
    1 – Définir les politiques générales de l’ordre de la République Islamique
    d’Iran après consultation avec "le Conseil du Discernement du Bien de l’Ordre islamique.
    2- Surveiller a la bonne exécution des politiques générales de l’ordre.
    3- Décréter un référendum.
    4- Commandement suprême des forces armées.
    5- Déclaration de guerre et proclamation de paix, et mobilisation des forces.
    6- Nomination, révocation et acceptation de démission :
    a) des jurisconsultes religieux du Conseil de Surveillance
    b) de la plus haute autorité du pouvoir judiciaire
    c) du directeur de la "Radio-Télévision de la République Islamique d’Iran
    d) du Chef d’état-major inter -armées
    e) du Commandant en chef du corps des Gardiens de la Révolution Islamique
    f) des commandants en chef des forces militaires et des forces de l’ordre.
    7- Règlement des différends et coordination des relations entre les trois pouvoirs.
    8- Traiter les problèmes qui ne peuvent être réglés par la voie ordinaire, par l’intermédiaire du Conseil du Discernement du Bien de l’ordre. "
    9- Signature du mandat de la Présidence de la République après son élection par le peuple - les qualités requises des candidats à la Présidence de la République au regard des conditions qui sont énumérées dans cette loi constitutionnelle, doivent être approuvées, avant les élections, par le Conseil de Surveillance, et, pour le premier mandat, par le Guide.
    10-Révocation du Président de la République, en prenant en considération les intérêts du pays, après un arrêt de la Cour de Cassation constatant le
    manquement à ses obligations légales ou un vote de l’Assemblée Consultative Islamique constatant son inaptitude conformément au quatre-vingt-neuvième Principe.
    11- Amnistie ou réduction de peine des condamnés, dans les limites des normes islamiques, et sur proposition du Chef du pouvoir judiciaire.
    Le Guide peut déléguer certains de ses fonctions et prérogatives à une autre personne."

  • permalien
    26 octobre 2010 @12h19   « »

    @ Daniel

    Je crois comprendre votre point de vue. Si l’on compare le système politique iranien aux actuels systèmes politiques occidentaux, on peut dire que ni l’un ni les autres ne sont des dictatures. Mais pour ma part, je dirais que le système politique iranien est dans les faits, volontairement, une théocratie, et c’est pour cela que je parlais d’une dictature a priori. Selon moi, une théocratie est une dictature, parce que le pluralisme est de facto impossible.
    Il s’agit d’un système original, intéressant, qui selon moi n’était possible qu’en pays chiite, du fait d’un clergé organisé et politiquement engagé. Mais son caractère essentiellement religieux le classe de fait comme une dictature.

    pour autant, il n’est pas dans mes intentions de délivrer un certificat de "démocratisme" aux actuels (et plus anciens) régimes politiques occidentaux. Ce n’était pas le sujet.

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @12h26   « »

    sébastien :
    26 octobre @12h05


    - 1) Vous parliez de "Guide spirituel" (sic) je vous ai répondu sur ce point.
    - 2) Ali Khamenei est le "Guide de la révolution", il n’a constitutionnellement aucun pouvoir exécutif ni législatif ni judiciaire, sa fonction consiste à superviser le pouvoir exécutif afin de veiller à ce qu’il suive les règles constitutionnelles.
    - 3) L’armée est sous l’autorité du Conseil suprême de sécurité nationale présidé par le Président de la république.

  • permalien sébastien :
    26 octobre 2010 @12h33   « »

    Lisez : http://www.leader.ir/langs/fr/

    "Faire la paix avec ce régime ?! Quelle paix ?! Si les sionistes se contentent de leur droit – c’est-à-dire qu’ils quittent la maison qu’est la Palestine, et la remettent à son vrai peuple et partent vivre ailleurs, ou bien qu’ils demandent la permission de vivre dans ce pays au gouvernement et au peuple palestiniens, il n’y aurait pas de conflit. "

    Si il y en a qui doutent des intentions du régime iranien, la c’est clair. Cliquez sur Palestine, puis sur l’importance du sujet palestinien.

    c’est comme mein kampf, il faut lire. Je sais ce que j’ai à faire.

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @12h40   « »

    PS : Vos citations Sébastien ne correspondent pas avec les liens censés les sourcer, la constitution iranienne et un document public, vous en trouverez une traduction sur ce site par exemple et vérifier ce que j’ai écrit plus haut...

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @12h47   « »

    sébastien :
    26 octobre @12h17

    Vos citations ne correspondent pas avec les liens censés les sourcer, la constitution iranienne et un document public, vous en trouverez une traduction sur ce site par exemple et ainsi vérifier ce que j’ai écrit plus haut...

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @12h52   « »

    Anonyme
    26 octobre @12h19

    @ Daniel

    Je crois comprendre votre point de vue. Si l’on compare le système politique iranien aux actuels systèmes politiques occidentaux, on peut dire que ni l’un ni les autres ne sont des dictatures. (...)

    Il y a un peu de cela en effet, je n’ai bien entendu pas affirmé que les uns ou les autres étaient un paradis terrestre ni un enfer...

  • permalien ric :
    26 octobre 2010 @13h53   « »

    De Elbé :
    "A la fois ne pas être inconditionnel du régime iranien, sans tomber dans une opposition prête à s’allier avec les pires ennemis de l’Iran. On a vu en effet ce que cela a produit en Irak."

    Oui, je suis d’accord avec cela. En humaniste, on ne peut que condamner les violations des droits de l’homme en Iran. Ceci étant, il ne faut pas oublier :
    1 - qu’effectivement la "révolution verte" est au moins instrumentalisée par les services d’espionnage américain et autres
    2 - ce que veut l’occident de l’Iran, c’est le briser, soumettre la population au pouvoir de ses multinationales, extraire les hydrocarbures en toute tranquillité et à bon prix et enfin continuer à attiser les tensions pour développer les ventes d’armes.

    Lire Naomi Klein, la stratégie du choc peut permettre de comprendre les dynamiques à l’œuvre. L’Iraq est un exemple de ce qui attend l’Iran si on laisse faire USraël.

  • permalien sébastien :
    26 octobre 2010 @15h27   « »

    Et avec ce lein Daniel ?
    http://www.leader.ir/langs/fr/index...

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @16h46   « »

    sébastien :
    26 octobre @15h27

    Et donc ?
    Je vous ai répondu point par point & fourni un lien vers l’intégralité du texte de la constitution de ce pays...
    Pour ce qui est de jugements de valeurs et de préjugés, sans rapport par ailleurs avec l’article de notre ami Alain Gresh, il n’y a rien à y répondre, chacun est libre de voir midi à sa porte & même d’ignorer les faits s’il le souhaite...

  • permalien PL :
    26 octobre 2010 @16h50   « »

    Daniel, vous écrivez :

    si ce n’est que les gens qui ont manifesté l’an dernier, même ceux qui l’on fait sincèrement, ont été manipulés par l’étranger sans le savoir bien entendu sur le moment, mais ils l’ont très bien compris depuis.

    Qu’en savez-vous ? Pourquoi les gens qui sont aller manifester aurait-ils été nécessairement manipulés "par l’étranger" ? Et pourquoi, si la démocratie fonctionne si bien en Iran, un président élu, parfaitement légitime donc, a-t-il fait en sorte de réprimer dans la force ce mouvement ?

    La France connait actuellement un mouvement social de grande ampleur, qui vise à la fois la réforme des retraites, mais qui est aussi un mouvement d’ampleur contre la politique générale du gouvernement et de Sarlozy, voire de sa légitimité à gouverner le pays. Ce mouvement est-il lui aussi manipulé "par l’étranger" ?

    Pourquoi un mouvement de contestation populaire du pouvoir en Iran serait-il nécessairement manipulé "par l’étranger", et pas en France ?

    Vos remarques sur la constitution iranienne sont intéressantes, mais vous savez également qu’entre l’état de droit et l’état de fait il existe souvent une "petite" différence. Regardez par exemple en France l’influence prise par les conseillers spéciaux de Sarkozy, ou le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, au détriment de celle du Premier Ministre ou des ministres eux-mêmes, et ce malgré la constitution...

  • permalien sébastien :
    26 octobre 2010 @17h21   « »

    Tiens : http://fr.yahoo.com/_ylt=AiDUNlZb0b...

    Les choses ne sont pas toujours aussi simple.

  • permalien gloc :
    26 octobre 2010 @17h27   « »

    @PL,

    vous plaisantez j’espère quand vous faites le comparaison entre un mouvement social en France et un déni de démocratie en Iran.

    Je vous rappelle que les manifestants iraniens étaient dans la rue, parce qu’ils n’admettaient pas le résultat des élections, et qu’il s’agissait d’une tentative de coup d’état.

    Puisque vous tenez à faire des comparaisons comparez les réactions policières en France contre des manifestants qui demandent un dialogue social et la guerre civile organisée par une certaine opposition iranienne et les clips qui circulaient sur le web où le jeu consistait à filmer un maximum de voiture de polices renversées dans les rues de Téhéran.

    Imaginez seulement comment telle tentative d’insurrection en France seraient traitées par les "forces de sécurité".

  • permalien Daniel Rougerie :
    26 octobre 2010 @18h06   « »

    Vous vous souvenez du poème d’Aragon « La rose et le réséda » ? : « Celui qui croyait au ciel / Celui qui n’y croyait pas / Tous deux adoraient la belle / Prisonnière des soldats. »
    La belle est la France envahie, les deux amis la libéreront.
    Pourtant leur conception du monde est irréconciliable. L’un pense qu’un dieu a créé le monde, et en assure l’ordonnancement. L’autre pense que le monde est matériel et existe indépendamment de la conscience qu’il en a. Entre ces deux positions, il n’y a pas de synthèse possible, pas de voie moyenne, pas de négociation envisageable. En discuter, c’est s’affronter.
    Mais la belle est prisonnière des soldats. Et tous deux adorent la belle ! Alors, on s’affrontera plus tard, et il faudra bien le faire, mais pour l’instant, il faut libérer la belle !
    Est-il donc important de savoir « Lequel montait à l’échelle / Et lequel guettait en bas » ?
    En somme, une contradiction, même antagonique, devient secondaire face à une contradiction principale. Pour un marxiste, la lutte de classe, elle-même, peut devenir une contradiction secondaire, quand il apparait que la question à résoudre est la Libération Nationale. Pour le Programme du CNR, les anciens Croix de Feu ont signé avec « les salopards », les communistes ont signé avec « la calotte ». Face au danger, les positions philosophiques, antagoniques, les positions de classe, irréconciliables, ne cherchent pas la synthèse, mais trouvent le compromis politique : notre expérience sera le Programme du CNR. Il fixe le cadre du débat ultérieur qui dure encore aujourd’hui : la question des retraites en est une suite.
    Alors, quand l’ennemi des peuples est le « plus grand pourvoyeur de violence dans le monde d’aujourd’hui  », qu’il est menteur et arrogant, cupide et cynique, la lutte pour l’abattre est fort rassembleuse ! Les matérialistes athées, même communistes, peuvent bien éviter de trainer du coté de la mosquée, et les musulmans, même libéraux, peuvent bien éviter de voir que certains de leurs amis prennent une petite bière pendant la pose !

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @20h15   « »

    PL :
    26 octobre @16h50
    Qu’en savez-vous ?

    Eh bien c’est ce qui s’est passé tout simplement.

    Pourquoi les gens qui sont aller manifester aurait-ils été nécessairement manipulés "par l’étranger" ? (...)

    Pourquoi dites-vous "nécessairement" ? En l’espèce oui, nécessairement non.

    (...) Pourquoi un mouvement de contestation populaire du pouvoir en Iran serait-il nécessairement manipulé "par l’étranger" (...)

    Pourquoi une fois encore "nécessairement" ?
    Dans le cas d’espèce il n’a déjà pas s’agit "d’un mouvement populaire", c’est un mouvement qui s’est développé dans des zones urbaines d’une part, principalement la capitale, et plus précisément dans des quartiers bourgeois parmi des jeunes de milieux favorisés. Et ce n’est pas très étonnant, car figurez-vous que dans les quartiers défavorisés et a fortiori à la campagne les gens n’ont pas de téléphones cellulaires dernier cri, ni d’ordinateurs personnels avec accès DSL, etc. Si vous vous souvenez des images de ces jeunes qui sont parvenues à l’étranger, il était flagrant à la vue de leurs tenues vestimentaires, des intérieurs de leurs appartements qu’il s’agissait de jeunes "fortunés" si je puis dire. Et c’est précisément cette population qui était visée et qu’il était possible de manipuler de l’étranger par les réseaux dits sociaux, Twitter, etc. et par des sites web et c’est ce qui s’est passé. Des rumeurs ont été lancées prétendant que les élections avaient été entachées de fraudes et c’est parti comme cela. Mais cela n’a absolument pas touché de milieux populaires ou ruraux, soit la majorité de la population.

  • permalien Laurent Szyster :
    26 octobre 2010 @21h16   « »

    @Daniel,

    En 1870, l’aristocratie et la bourgeoisie réactionnaire a écrasé la Commune dans le sang en faisant tirer des conscrits paysans sur les ouvriers parisiens.

    C’est une vieille recette qui a fait ses preuves.

    La junte au pouvoir en Iran aujourd’hui a utilisé des miliciens recrutés dans les bidonvilles de l’exode paysanne pour mater les manifestations de la classe moyenne contre les fraudes électorales.

    Car il y a bien eu fraude.

    Pas besoin d’être un "agent sioniste" ou un "suppôt de l’impérialisme" pour le constater. Même les copains du petit postier s’en sont rendu compte.

    http://www.npa2009.org/content/comm...

    Une petite classe d’affairistes bigots et de militaristes corrompus a mis l’Iran en coupe réglée, achetant le soutient du sous-prolétariat avec les miettes de la manne pétrolière.

    Voila le régime que vous défendez.

  • permalien Naïf :
    26 octobre 2010 @23h10   « »

    @Daniel,

    Un très bon site sur la théocratie iranienne : http://www.iran-resist.org/

    Tu m’excusera d’avoir d’autres sources que les tiennes pour me tenir informé ;-)

  • permalien Daniel :
    26 octobre 2010 @23h38   « »

    Naïf :
    26 octobre @23h10

    Vous avez beaucoup d’humour, c’est sûr que sur ce site de nostalgiques de la dynastie des Pahlavi, vous avez affaire à de grands humanistes, et des exemples d’objectivité concernant ce qui se passe réellement en Iran ! Avec eux vous êtes sauvés...
    Par contre ils pourraient vous parler de ce qui s’y passaient il y a trente ans, avant qu’ils ne fuient le pays, mais je doute qu’ils veuillent s’étendre sur ce sujet.

  • permalien Tristan :
    27 octobre 2010 @22h41   « »

    @Laurent Szyster

    La gauche trotskiste, elle a toujours fait très attention de neutraliser les réactionnaires rétrogrades paysans, comme, par exemple, en Ukraine, le chef paysan Makno. Et comme Trotsky n’avait pas vraiment fini le travail, c’est Staline qui s’en était chargé.

    Je vois très bien quel sont les positions de la "gauche", en Bolivie, qui aime bien être au côté de la classe moyenne (dont ils sont issu), luttant, eux aussi, contre les fraudes électorales qu’ils assurent avoir constaté.

    Ce sont les même, d’ailleurs, qui avait permis à Hugo Banzer Suarez d’être élu président.

    Mais comme j’aime bien l’indigène paysan rétrograde Evo Morales, je suis bien obliger d’être farouchement contre cette "gauche".

    J’aime mieux défendre ce régime là, plutôt que le vôtre.

    J’ai très bien constater que les nazis, ici, sont tous d’accord pour dire qu’Hilter n’aurait pas du s’attaquer aux juifs, alors qu’il pouvait régler son compte aux Aymaras.

  • permalien oujdi830 :
    27 octobre 2010 @23h38   « »

    Si vous le savez pas, idéologiquement,l’Iran c’est la gauche de l’islam !

  • permalien Tristan :
    28 octobre 2010 @00h26   « »

    @oujdi830

    Ca veut dire quoi, la gauche... la droite... ?

    Et faire le révolution, ca ne veut pas dire... tourner en rond ?

    Je sais qu’Evo Morales a été content d’avoir été invité en Iran, pour féter ses 51ans.

    Mais ca donne un peu le tourni, toutes ces histoires, entre la gauche et la droite.

    Evo Morales, je sais qu’il a les pieds sur terre, mais à part ca, j’ai de la peine à le situer.

    Et, pourtant, ca fait un moment que j’essaye de comprendre sa ligne politique.

  • permalien Deïr Yassin :
    28 octobre 2010 @01h03   « »

    @Oujdi830
    "Si vous ne le savez pas, idéologiquement, l’Iran, c’est la gauche de l’Islam’

    Bien, cela s’apprête à discussion. Etre de ’gauche’ - une conception eurocentré de la vie politique - est quand même autre chose qu’une politique extérieure soi-disant anti-impérialiste.

    Si le port du voile obligatoire et l’absence de liberté individuelle est la gauche de l’Islam, il faut que je relise Gramsci et le Coran. En tout cas, cela n’est ni ma gauche ni mon islam.

  • permalien Tristan :
    28 octobre 2010 @09h34   « »

    @Deïr Yassin

    L’absence de liberté individuel

    Dans l’absolu, même dans le pire des fachismes, ca n’existe pas.

    Mais, effectivement, les idées républicaines à la francaise donnent trois valeurs "dites de gauche" :
    - liberté
    - égalité
    - fraternité

    Donc, oui, effectivement, l’Iran ne donne pas l’image d’un régime basé sur les interprétations du Coran les plus libertaires (même si ils sont loin d’être les seul).

    Mais les premiers régimes républicains, en France, quand les grandes puissances voulaient remettre la monarchie en place, ne s’étaient pas faite remarquer par la mise en place des valeurs les plus libertaires non plus, il me semble.

    Maintenant, si la république islamique d’Iran n’était pas sans arrêt diabolisée et qu’on lui donnait la possibilité de faire la paix avec les USA, je serais bien curieux de voir les résultats.

    Je n’ai aucune certitude, mais juste le vague sentiment que ca pourrait aider à l’Islam libertaire de pouvoir s’exprimer et, peut-être, même, s’imposer, sans qu’il soit vu comme la main de l’étranger qui chercherait, seulement, à détruire l’Islam.

  • permalien Brian :
    28 octobre 2010 @10h29   « »

    Il y a même des indices sérieux indiquant que la victoire d’Ahmadinedjad n’avait rien de miraculeux ni de louche. Dans une enquête d’opinion effectuée par deux instituts de sondages américains en mai 2009 et publiée juste avant ces élections, il apparaissait très nettement en tête des intentions de votes devant son rival qui n’était crédité que de 14%...
    Ce n’est par ailleurs pas très étonnant, Ahmadinejad n’est pas un apparatchik catapulté dans l’arène politique par un appareil, il a commencé sa carrière politique très modestement en briguant de petit mandats locaux et n’a commencé a être largement connu qu’après avoir été élu maire de Téhéran où il était très populaire. Quand à l’Ouest on le présente comme étant "ultra conservateur", c’est une étiquette qui ne lui correspond en réalité pas du tout, tout comme un Hugo Chavès il s’est toujours appuyé sur un électorat populaire, on pourrait à la limite le taxer de "populisme" bien que cela se discute, mais de "conservateur" certainement pas. Il ne faut pas non plus perdre de vue que c’est un laïc contrairement par exemple à Khatami présenté en Occident comme un "réformiste" bien qu’au terme de ses deux mandats présidentiels il ait très largement convaincu ses compatriotes du contraire malgré ses belles promesses. Quand à son rival, il n’est pas inintéressant d’étudier sa biographie politique, on y découvre que ce Hossein Mousavi encensé par l’Occident est très loin d’être un ange pour le moins que l’on puisse dire et que comme "réformiste humaniste" il n’est pas très difficile de trouver mieux, ou "moins pire" devrait-on plutôt dire.

    Anonyme :
    27 octobre @19h01
    Humm... Faudrait-il que l’on vous croie sur parole ? Personne n’a été en mesure d’apporter l’once d’un soupçon de commencement de début de preuve d’une quelconque fraude...

    Laurent Szyster :
    26 octobre @21h16
    @Daniel,
    (...)
    Car il y a bien eu fraude. (...)

  • permalien Yvan :
  • permalien Deïr Yassin :
    28 octobre 2010 @13h03   « »

    Dans l’article de ’Voltaire’ que Yvan a posté on peut lire :

    "La république bolivarienne et la République islamique se pensent comme les deux principaux modèles révolutionnaires actuels, aptes à combattre le système de domination mondiale, qu’elles qualifient à la fois d’’impérialiste’ et de ’sioniste’.

    Je suis très favorable à la révolution bolivarienne de Chavez mais il faut quand même dire que la modestie n’a jamais fait partie de ses nombreuses qualités.

    Je pense qu’Evo Morales et surtout Rafael Correa en Equador le devancent dans la course au" modèle le plus révolutionnaire en Amérique latine". Ils travaillent plus dans l’ombre, ont certainement moins de moyens et moins d’ego surdimensionné que Chavez, mais sans passer leur vie à la radio et sur la scène internationale, ils ont fait des reformes qui me laissent admirative, notamment en matières de droits des Amérindiens.

    Que Chavez s’affiche avec Ahmedinejad est normal, ils ont le même ennemi, l’impérialisme américain, que les latino-américains ont subi longtemps avant d’autres continents (cf. la doctrine Monroe qui fait de toutes les Amériques des satellites états-unisiennes).

    Sur le plan de la politique intérieure et ce que j’appelle ’les libertés individuelles’, je ne suis pas sûr que la gauche latino-américaine, souvent inspiré des idées anarco-syndicalistes et indigénistes à la Mariategui ont beaucoup en commun avec le régime iranien.

    Encore une fois, je ne vois mal en quoi le port obligatoire du foulard ainsi que d’autres restrictions de la liberté de chacun sont bénéfiques dans le combat contre l’ingérence américano-sioniste.

    D’ailleurs je souscris entièrement aux propos de "acra", 25 oct 11h46.

  • permalien Brother :
    28 octobre 2010 @19h02   « »

    Je ne sais vraiment pas quelle est la position de la gauche vis a vis du regime iranien. A moins qu’elle considere que tout ce qui est contre USA est bon et cela suffit. En tout cas, je n’ai pas tres bien compris le flip-flop article de Gresh car apparenment il est pour et contre au meme temps. Si c’est cela une position de gauche alors il est claire pourquoi la gauche est si pitoyable de nos jours !

  • permalien Tristan :
    28 octobre 2010 @19h40   « »

    @Deïr Yassin

    Et que pensez-vous de la gauche trotskiste, indigéniste et anarco-syndicaliste, en Bolivie, qui veut faire la révolution, contre le réformiste et rétrograde Evo Morales ?

    Je pense, en particulier, à toutes les troubles de cette année, aux Yungas (et c’est pas fini).

    Il me manque, malheureusement, des infos, pour me faire une meilleur idée de la situation (vivement que j’y retourne, pour me mettre à jour).

    Chavez, je l’aime aussi beaucoup, mais vivement qu’il trouve un successeur. Il a raté sa vocation de bouffon du roi. Mais rien n’est encore perdu, je le verrais bien se reconvertir en présentateur vedette d’une grande chaîne de télévision, qui couvrirait toute l’Amérique latine.

  • permalien Nathan :
    28 octobre 2010 @19h52   « »

    Sur le mythe du soi-disant caractère libanais de la milice supplétive pro-iranienne au Liban. Les nouveaux documents WikiLeaks montrent que les Hezbollah prend directement ses ordres auprès du régime iranien et s’entraîne en Irak.

    http://www.nowlebanon.com/NewsArtic...

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 octobre 2010 @23h28   « »

    Nathan

    Ce que vous dites du Hezbollah était ce que le gouvernement de Vichy disait des FFI et des FTP : qu’ils prenaient directement leurs ordres auprès de Londres, Washington et Moscou…

    Cela n’empêche pas le Hezbollah d’être composé de Libanais, de Libanais patriotes, qui ont mis à la porte l’occupant israélien au bout de 18 ans de guerre tenace et héroïque.

    Et c’est sans doute pour ça qu’on déverse ces tombereaux de calomnies sur le Hezbollah…

  • permalien anid :
    29 octobre 2010 @03h26   « »

    C’est un très bon article. Voilà une approche construite dans un jeu intelligent entre les variables internes et externes du contexte iranien. L’intelligibilité est forte dans la thèse de l’auteur.

  • permalien bovich68@live.com :
    29 octobre 2010 @07h29   « »
    Si le port du voile obligatoire et l’absence de liberté individuelle est la gauche de l’Islam, il faut que je relise Gramsci et le Coran. En tout cas, cela n’est ni ma gauche ni mon islam.

    L’islam de la gauche c’est l’islam politique ; ce n’est ni une question de port de voile ni de l’absence de liberté individuelle ; la gauche de l’islam c’est plutot l’opposition à un islam de l’eglise, un islam idéaliste des circonstances,un islam libertin et laic !

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h47   « »
    l’Iran de Michel Foucault (1/8)

    Bonjour à tous,

    Sur l’Iran, j’aimerais également verser à ce fil, un texte de l’intellectuel algérien, Mahmoud Senadji, ancien professeur à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Alger, intitulé l’Iran de Michel Foucault.

    Dans ce beau texte, Senadji explique pourquoi l’intelligentsia française – gauche comprise – en a voulu à Foucault sur sa position vis-à-vis de la révolution iranienne. L’analyse de la révolution iranienne par Foucault permet, je crois, de comprendre pourquoi les chancelleries occidentales font fausse route.

    Les extraits du texte de Senadji sont en caractères normaux. Les citations de Foucault sont en gras et mes commentaires sont insérés dans des encadrés afin d’éviter les confusions. Enfin, les passages soulignés sont ceux que j’ai considérés comme essentiels.

    Les citations de Foucault mentionnées par M. Senadji sont extraites, pour la plupart, de l’ouvrage Dits et écrits II1976-1988, aux éditions Gallimard, collection Quatro, août 2001.

    « Le problème de l’islam comme force politique est un problème essentiel pour notre époque et pour les années qui vont venir. La première condition pour l’aborder avec tant soit peu d’intelligence, c’est de ne pas commencer par y mettre de la haine. »
    « Réponse de Michel Foucault à une lectrice iranienne », Le nouvel observateur, n° 731, 13-19 novembre 1978, p.26.

    Pourquoi Foucault, façonné par l’héritage européen, porte-t-il un regard différend sur le soulèvement iranien et dit à ses concitoyens qu’ils ont tort ?

    Dans ce constat, où il n’y a nullement la trace d’un jugement, se loge un appel, une invitation adressée à ses concitoyens à s’affranchir de leur vision dogmatique de l’histoire, de leur foi dans les lendemains prometteurs des Lumières et à s’ouvrir vers un exercice philosophique autre dont l’enjeu « était de savoir dans quelle mesure le travail de penser sa propre histoire peut affranchir de ce qu’elle pense silencieusement et lui permettre de penser autrement. »

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h48   « »
    l’Iran de Michel Foucault (2/8)

    Penser autrement sa propre histoire dans sa confrontation avec le présent est l’axe du projet philosophique de Foucault ; penser autrement c’est à cela qu’il convie les Français, et c’est cela aussi qui lui était reproché.

    « Mais l’expérience m’a appris que l’histoire des diverses formes de rationalité réussit parfois mieux qu’une critique abstraite à ébranler nos certitudes et notre dogmatisme. Des siècles durant, la religion n’a pu supporter que l’on racontât son histoire. Aujourd’hui, nos écoles de rationalité n’apprécient guère que l’on écrive leur histoire, ce qui est sans doute significatif ».

    Dans le cas de l’Iran, quelle est selon Foucault la forme de rationalité en présence remise en question ? Que signifiait, pour les Iraniens, ce rejet global du régime ? Le régime symbolisait l’échec total de l’occidentalisation forcée de la société iranienne entamée depuis le début du siècle. Des décennies durant, les dirigeants, n’ont cessé d’inscrire le destin de l’Iran dans une marche vers le progrès en s’inspirant des Lumières : modernisation, nationalisme, laïcisation et industrialisation de la société. A quoi les Iraniens ont-t-ils abouti ? Au rejet global du régime. A un retournement catégorique du peuple contre son souverain.

    L’un étant le contraire de l’autre. La révolte symbolise le rejet par le peuple de son destin politique : elle représente l’avenir de l’Iran alors que le Chah est l’image de son passé, duquel il fallait sortir car il n’était que le règne du despotisme et de la corruption. La modernisation est la forme d’une rationalité contre laquelle la population s’est révoltée car, au lieu d’être un facteur d’émancipation et de patriotisme, elle est le lieu de l’humiliation et de la misère économique et culturelle : « Une modernisation qui est en elle-même un archaïsme ».

    Ce qui amène Foucault, dans son premier séjour, à faire le procès de ce que nous pourrons nommer le désir d’occidentalisation : « Oui, la modernisation comme projet politique et comme principe de transformation sociale est en Iran une chose du passé ».

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h48   « »
    l’Iran de Michel Foucault (3/8)

    Khomeiny, l’homme enturbanné, évoquant un autre âge, mais dans le rôle politique du pasteur, n’ayant pour seule offrande que le verbe pour faire la jonction entre hier et aujourd’hui, entouré d’une jeunesse en plein enchantement, incarnait, alors à lui seul, le destin de l’Iran.

    Comment expliquer que le disciple de l’occidentalisation, lui qui n’a fait que mettre en œuvre l’idée du progrès depuis un siècle en est arrivé au point de représenter le passé de l’Iran, alors que Khomeiny, incarnant l’élan religieux, faisait de l’Islam le nom de la Révolution, le souffle de l’espoir, l’avenir de l’Iran.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h48   « »
    l’Iran de Michel Foucault (4/8)

    De quoi alors la Révolution iranienne est-elle le nom ? Qu’avait-t-elle de si fort pour avoir inversé tous les pronostics qui misaient sur son extinction rapide ? Comment expliquer sa pérennité et son écho dans le monde ?

    La révolution iranienne est une révolution culturelle. Par cet aspect, elle appose un sceau sur la véritable indépendance qui a fait défaut à l’ensemble du mouvement de décolonisation du XXème siècle. L’indépendance politique, qui n’est pas suivie ou ne repose pas sur une indépendance culturelle, n’est qu’un leurre ; c’est pour cette raison que les peuples libérés de la colonisation, dans un temps très court, gagnés par le désenchantement national, ont fini par voir dans l’indépendance une forme de colonisation intérieure et, dans le cas de l’Iran, le régime comme une force d’occupation.

    Le développement commence par l’indépendance de la pensée.

    La révolution islamique sonne le glas de l’imitation aveugle de l’Occident qui a perduré depuis l’expédition en Egypte de Napoléon. L’indépendance culturelle est la prise en main de son propre destin avec pour socle et principe moteur la volonté d’être pleinement soi-même, un souci de soi permanent pour ne pas sombrer dans l’aventure de l’égarement et de la négation de soi.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h48   « »
    l’Iran de Michel Foucault (5/8)

    La révolution iranienne n’est que la réappropriation de soi des Iraniens qui ont fait de l’Islam, non pas une coquille extérieure qui encadre leur vie mais le principe moteur de leur existence. Le nom même de la politique. L’indépendance culturelle est ce que vise le programme politique de Khomeiny. C’est pour cette raison que, après le départ du Chah, il a félicité le peuple iranien plus pour avoir éliminé le pouvoir étranger en Iran que pour avoir obtenu le départ du Chah.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h48   « »
    l’Iran de Michel Foucault (6/8)

    Frantz Fanon (1925-1961), la figure intellectuelle de la résistance contre l’idéologie coloniale et le préfigurateur des études postcoloniales, dans une lettre adressée à Ali Shariati (1933-1977), une autre figure iranienne de la résistance, écrivait : « Même si je ne partage pas les mêmes sentiments que toi vis-à-vis de l’islam, j’accepterai ton propos en disant que dans le Tiers Monde (et, si tu le permets, je préfère dire dans le Proche et Moyen-Orient), l’islam a, plus que toutes les autres puissances sociales et idéologiques, une capacité anti-colonialiste et une nature anti-occidentale . »

    Pour Shariati, le discours de l’intellectuel ne peut être un discours critique que si les concepts qu’il élabore sont générés par l’histoire de son peuple en lutte. Si produire des concepts est le travail de l’intellectuel, les concepts ont une généalogie, laquelle ne peut et ne doit être que le résultat de son histoire sociétale. Car le discours de l’intellectuel ne peut se transformer en acte révolutionnaire que si celui-ci se frotte à l’expérience du combat et parle le langage du peuple.

    En quoi l’expérience iranienne s’inscrivait-elle déjà dans son travail philosophique et quel écho a-t-elle gardé dans le développement de sa pensée [de Foucault] ?

    Pour aborder cette question, commençons par présenter ce qui différencie la révolution iranienne comme achèvement du mouvement réformiste musulman et l’histoire de l’Occident depuis la Renaissance : l’idée de la justice a pris place et lieu de l’idéologie du progrès.

    Le progrès sous tendu par l’idée de la vérité comme connaissance qui se déploie à l’infini comme maîtrise de la nature et du monde est lié aux idéaux des Lumières.

    Un progrès dont la finalité était la domination de l’Autre au nom de l’idée de civilisation.

    Les trois grands textes de Foucault qui se lisent comme le prolongement de ses analyses sur l’Iran, hormis le texte déjà cité, Critique de la raison politique, sont l’herméneutique du sujet et Qu’est ce que les Lumières de Kant.

    Dans ces trois textes, l’ombre de l’Iran est présente. Ils se présentent comme une convocation de la pensée occidentale pour analyser ce qui l’a amené à se penser seulement en termes de puissance.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h52   « »
    Michel Foucault et l’Iran (7/8)

    Nous retrouvons dans la « Critique de la raison politique » l’absence de l’image politique du Pasteur devant une modernité où le pouvoir se pense seulement sous la catégorie de la « Raison d’Etat ». Une raison réduite au déploiement infini de son pouvoir de connaissance. Alors que l’image du Pasteur est l’attention portée à l’individu, à la singularité.

    Dans son analyse du pouvoir, Foucault a toujours été sensible à la singularité qui s’élève contre l’universel incarné par le pouvoir.
    Dans le cas de l’Iran, la singularité qui résiste était le peuple. Un peuple qui a placé toute sa confiance et son amour dans un homme. Comment expliquer qu’un seul homme a été dépositaire de la volonté de tout un peuple ? D’où tirait-il cette légitimité ?

    Essentiellement de son dévouement et son sacrifice pour la cause qui remettait en question un siècle de l’histoire de l’Iran.
    Dans ce dévouement et ce combat contre l’injustice, Foucault ne peut qu’associer l’image du pasteur à celle de Khomeiny. Si l’image du pasteur est de source orientale et religieuse, elle est aussi présente chez Platon. L’important est que dans cette image, la question éthique, est indissociable de la question politique. Morale et politique sont liées.

    Ce travail critique qui donne forme à l’impatience de la liberté, Foucault l’a expérimenté dans cette ivresse révolutionnaire en Iran : « La volonté collective », on ne l’a jamais vue, et personnellement, je pensais que la volonté collective, c’était comme Dieu, comme l’âme, ça ne se rencontrait jamais. Je ne sais si vous êtes d’accord avec moi, nous avons rencontré à Téhéran et dans tout l’Iran la volonté collective d’un peuple. Eh bien, ça, ça se salue, ça n’arrive pas tous les jours ».

    Même en tant qu’observateur, et si de surcroît cet observateur est aussi attentionné que Foucault, comment ne pas être transporté par ce soulèvement inouï, par ce mouvement qui excède toute analyse de la révolution telle qu’elle a été théorisée auparavant ? Ce n’est ni un groupe social, ni un parti, ni une avant garde qui trace le chemin de l’avenir mais la volonté d’un peuple qui embrasse le pays, fait corps avec lui et devient son destin.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @12h54   « »
    Michel Foucault et l’Iran (8/8)

    Une volonté collective qui a fini par désarmer toute force susceptible de lui résister sans avoir eu recours ni aux barricades ni à la révolte armée ! Certes, la spiritualité était la matrice de cette volonté politique. Lorsque le besoin de changement s’est fait sentir, la religion, comme discours vrai, sans effusion de sang, a été là pour servir comme principe et force opératoire de changement et de transformation du monde ici-bas.

    La révolution islamique ne révolutionne pas seulement l’Iran mais aussi nos certitudes, nos préjugés (la religion est l’opium des peuples, l’image sanguinaire et barbare de l’Islam.....). Cette attitude de Foucault a soulevé un scandale : il a été accusé d’avoir adhéré à l’idée de l’avènement d’une ère nouvelle où les révolutions religieuses supplanteraient les révolutions rationnelles. Là où ses détracteurs dénonçaient le scandale de l’adhésion, il n’y avait place que pour l’honnêteté de l’intellectuel devant les faits et l’insistance sur leur originalité. Une originalité qui invite au questionnement.

    Une originalité qui mérite accueil et intéressement. Une attitude critique ouverte à l’événement alors que ses détracteurs ne pouvaient admettre et tolérer qu’une révolution épousant la visée de l’Universel ne parlait pas en nom des Lumières. C’est cela qui lui a été reproché. Et c’est de cela que la pensée de Foucault s’était affranchie.

    Avait-il le sentiment d’être doté d’un quelconque magistère pour prodiguer des conseils aux Iraniens ? « Mais la question est de savoir quelle forme prendra cette volonté nue et massive [....] C’est le problème pratique de toutes les révolutions, c’est le problème théorique des philosophies politiques. Avouons que nous serions nous autres Occidentaux mal placés pour donner, sur ce point, un conseil aux Iraniens ».

    A propos du phénomène révolutionnaire, Foucault demande au savoir occidental de faire preuve de silence. C’est une attitude intellectuelle et éthique à la fois.

    Cette république de religieux et de déshérités contre laquelle on prédisait qu’elle ne vivra pas plus de quinze jours vient de fêter ses trente ans d’existence par un exploit scientifique : l’envoi dans l’espace d’un satellite de fabrication proprement iranienne.
    La révolution islamique a-t-elle réalisé les idéaux pour lesquelles le peuple s’est soulevé ?

    Salutations à tous. A bientôt.

  • permalien Yasmina :
    29 octobre 2010 @14h35   « »

    merci Zulfikar.

    Je connais ces textes et c’est bon de se les rappeler. En effet la Revolution islamique iraniènne ne ressmble à aucune autre. Première révolution dirigée non contre un régime politique, une structure economique et sociale mais contre une civilisation, celle de l’Occident où, depuis la Renaissance c’est -à-dire depuis la naissance simultanée du capitalisme et du colonialisme, l’atrophie de la dimension transcendante de l’homme a tendu à réduire celui-ci à devenir unidimentionnel : simplement producteur et consommateur, mû par le seul interet.

  • permalien Nathan :
    29 octobre 2010 @16h56   « »

    Tout ce charabia pour vanter une dictature rétrograde entre les mains d’une alliance de vicaires et de militaires. Si la Savak islamique et les pasdarans ne contrôlaient pas la situation avec leurs matraques, le peuple iranien se soulèverait comme ce fut le cas en 1989 dans les dictatures communistes.

    Cela viendra un jour.

    En attendant, on peut se faire du souci pour les Libanais modérés, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Un putsch de la milice pro-iraniennne est de plus en plus probable. Espérons que les pays occidentaux et notamment la France ne resteront pas indifférents au sort d’une majorité de Libanais.

  • permalien Deïr Yassin :
    29 octobre 2010 @17h01   « »

    @ bovich68 29 oct 07h29

    "L’islam de la gauche, c’est l’islam politique"

    Surtout en Arabie Saoudite où l’Islam est politisé et la base de toute politique [j’ajouterai encore que cela n’est pas mon Islam], on est carrément face à une gauche révolutionnaire.

    Entre les nationalisations des ressources pétrolières à fin de les mettre au profit du peuple saoudien, le mouvement syndical et la législation très stricte pour assurer le SMIC, les conditions de travail ainsi que les congés payés, on est en plein rêve guevariste.

    "Ce n’est pas ni une question de port de voile [obligatoire, j’avais écris] ni de l’absence de liberté individuelle"

    On n’a pas la même vision de ce que cela veut dire la gauche, alors. A part une libération économique, c-à-d les moyens de production aux mains de ceux qui produisent, pour moi, la gauche signifie aussi une liberté personnelle. Cette liberté individuelle s’arrête bien sûr là où elle entrave la liberté individuelle du voisin, mais les cheveux découvert ne font pas partie de mes ’frontières à ne pas franchir’. Très loin de là, même.

    PS. Et le christianisme à la sauce politique, elle est de gauche ou de droite, selon votre schéma simpliste ??

  • permalien Deïr Yassin :
    29 octobre 2010 @17h39   « »

    A propos des extraits de Foucault que Zulfikar a posté.

    Je pense qu’on peut être tout à fait favorable au départ du Shah (ce mégalomane qui rêvait de faire de l’Iran ’un autre Allemagne’, comme si l’industrialisation et la productivité représente le progrès, voire le bonheur), avoir eu des sympathies pour la révolution iranienne initiale et par la suite regretter le chemin qu’elle a prise. Enfin, c’est un peu comme cela que je me situe.

    On peut se demander quelle serait l’opinion de Foucault en 2010, mais avant tout j’aurais aimé connaître l’analyse de Ali Shariati dont il est question aussi. Ce grand intellectuel iranien mort bien trop tôt et qui réfléchissait justement sur l’islam et la révolution en faisant une synthèse que l’on pourrait nommer ’la théologie de la libération’ de Ali Shariati.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Ali_Sh...

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @19h09   « »
    A Deir Yassin (1/2)

    Bonsoir Deir Yassin,

    Sur « la révolution iranienne », Foucault, à juste titre, n’a pas entendu ce mot durant son séjour. Si vous avez lu Reinhart Kosseleck, l’historien allemand, il en fait une remarquable analyse « généalogique » dans son ouvrage « le Futur passé » où il montre comment ce terme a changé de sens durant les 200 dernières années.

    Qu’aurait pensé Foucault de la « révolution iranienne » en 2010 ? Je l’ignore. En revanche, on ne peut pas juger cette « révolution » - j’utilise ce terme faute de mieux – sans prendre en compte la manière dont elle a été vouée aux gémonies dès ses débuts, et d’abord par l’agression irakienne en 1980 qui, je crois, est un crime impardonnable. Sans compter l’appui des puissances occidentales et des monarchies arabes dans leur tentative d’étouffer « la révolution iranienne ».

    Pour votre information, Yasser Arafat, fut la première personnalité à avoir été reçue à Téhéran. C’est d’ailleurs la seule fois que l’on vit l’Ayatollah Khomeini sourire. Il débaptisa l’ambassade israélienne de Téhéran en lui donnant son nom légitime telle que toute la Oumma la connaît à savoir : Filastin.

    Je l’ai dit plus d’une fois : « aucun Iranien n’a jamais bombardé Beyrouth, ni mon village ». C’est le contraire qui est vrai. Ce sont les Iraniens qui ont reconstruit une partie du réseau routier du Sud-Liban. Et c’est l’Iran qui finance et soutient un des principaux mouvements de la résistance palestinienne, le Hamas.

    Maintenant, le Hamas n’est qu’une composante de la société palestinienne, certes. Mais, c’est aussi ce parti qui, à ce jour, soutient que Filastin est un Waqf : elle est inaliénable. Tant qu’ils le soutiendront, je ne pourrai pas ne pas soutenir leur combat. Et je ne pourrai jamais oublier la prière d’Ismael Haniyeh – en direct – alors que Gaza croulait sous les bombes.

    Où étaient les amis des Palestiniens à cet instant qui, je vous l’assure, m’a profondément bouleversé ? Que l’on soit croyant ou pas.

    Lire à ce propos l’analyse de Noam Chomsky - pour ceux qui achètent régulièrement le Diplo - : « SI VOUS ARRIVEZ AVEC UN FUSIL ILS VIENDRONT AVEC UN TANK » (Le Monde Diplomatique, Juillet 2010, p.8) montrant que, finalement : « Ils sont faibles, dispersés, ne disposent d’aucune ressource et quasiment d’aucun appui dans le Monde arabe ». En gros, ils n’ont rien à offrir aux Etats-Unis.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @19h09   « »
    A Deir Yassin (2/2)

    L’intérêt du texte de Mahmoud Senadji est de montrer que Foucault a été le seul à voir – sans doute le fait de s’être rendu en Iran a été décisif – que le phénomène iranien n’entrait dans aucune matrice conceptuelle occidentale : c’est tout le peuple qui était opposé au Shah.

    Contrairement aux événements de juin 2009 consécutifs à la réélection contestée d’Ahmadinejad, qui n’a pas vu tout le peuple se soulever mais une partie.

    C’est l’affaire des Iraniens. J’aurais souhaité quelqu’un d’autre. Mais au fond, qu’est-ce que cela aurait changé ? La question du nucléaire est centrale, quelque soit le pouvoir en place.
    Cette « révolution culturelle » a finalement poussé l’Iran à « voler de ses propres ailes » et c’est le seul pays en voie de développement qui, sans l’aide d’aucune puissance occidentale, est en mesure de maîtriser le cycle nucléaire.

    Et pour paraphraser Foucault on peut dire : « Eh bien, ça, ça se salue, ça n’arrive pas tous les jours ».

    Concernant Ali Shariati, je le connais mal, ses livres ont été très peu traduits en français. Mais, je verrai si j’arrive à me les procurer en anglais. Et aussi, sonder la génération de nos pères.

    Amicalement.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @19h13   « »

    Ci-dessous, le lien d’Ismael Haniyeh, qui fonctionne, maintenant, corerctement.

    Ismael Haniyeh priant pour Gaza qui croulait sous les bombes. Gaza abandonnée de tous.

  • permalien Deïr Yassin :
    29 octobre 2010 @19h24   « »

    @ Zulfikar
    J’ai quelques livres avec des compilations d’articles et des extraits de textes de Shariati. Je vous le recommande vivement, même s’il faut du temps pour les trouver. Cela fait un bail que je l’ai pas lu - l’occasion de m’y remettre - mais il m’avais profondément marqué à l’époque.

  • permalien Sakhra :
    29 octobre 2010 @20h42   « »

    @ Zulfikar-Ansar et Yasmina, Aslama, 1/2

    Merci pour l’article de Mahmoud Senhadji.Il est très long et très fouillé, Il a été publié en deux parties sur le site :www.oumma.com(pour ceux que celà intéresse).

    Je ne suis pas Yasmina, quand elle dit que la Révolution iranienne(le seul mot qui convienne c’est bien "révolution", au sens propre, c-àd :faire table rase du passé néo-colonial de l’Iran, représenté par le Shah)s’est faite contre la civilisation occidentale prise comme un tout.Je pense que ,c’est d’abord contre l’impérialisme et le colonialisme occidentaux , et leur prétention à imposer , au nom d’une supériorité décrétée par eux, leurs valeurs , tout en infériorisant les valeurs des peuples dominés, le tout dans un but qui n’a rien à voir avec l’ethique, mais pour le pillage des ressources et l’exploitation des peuples ETC...
    Ceci étant, il n’y a pas d’un côté un Occident matérialiste et de l’autre, un Orient religieux et mystique , car il y a du matérialisme horrible dans notre Orient et il y a du mysticisme en Occident.

    L’intérêt du texte de Mahmoud Senadji est de montrer que Foucault a été le seul à voir – sans doute le fait de s’être rendu en Iran a été décisif – que le phénomène iranien n’entrait dans aucune matrice conceptuelle occidentale  : c’est tout le peuple qui était opposé au Shah.

    Vous avez parfaitement raison, Zulfikar-Ansar.Mais, je crois que c’est d’abord à nous, les peuples arabes et musulmans à compr endre et à intégrer à notre réflexion, que les concepts produits par la culture occidentale, à partir de leur histoire, leur mythe, leur symbole, ne peuvent être opératoires dans nos sociétés, ayant une histoire, un passé différents.

  • permalien Zulfikar-Ansar :
    29 octobre 2010 @21h24   « »

    @ Sakhra,

    Aslama Sister,

    Mais, je crois que c’est d’abord à nous, les peuples arabes et musulmans à compr endre et à intégrer à notre réflexion, que les concepts produits par la culture occidentale, à partir de leur histoire, leur mythe, leur symbole, ne peuvent être opératoires dans nos sociétés, ayant une histoire, un passé différents.

    Effectivement, c’est ce que Foucault avait vu et que l’on peut retrouver dans son cours au collège de France en janvier 1979 sur la Biopolitique- notamment quand il évoque la question de la méthode :

    Eh bien, précisément, à partir de ces universaux tels qu’ils sont donnés et à voir comment l’histoire ou les module, ou les modifie, ou établit finalement leur non-validité. L’historicisme part de l’universel et le passe en quelque sorte à la râpe de l’histoire. Mon problème est tout inverse.

    (...)Je pars de la décision à la fois théorique et méthodologique , qui consiste à dire : supposons que les universaux n’existent pas, et je pose à ce moment-là la question à l’histoire et aux historiens : comment pouvez-vous écrire l’histoire si vous n’admette » pas à priori que quelque chose comme l’Etat, la société existe, le souverain, les sujets existe ? C’était la même question que je posais lorsque je disais, non pas, : la folie existe-t-elle ? Je vais examiner si l’histoire me donne , me renvoie quelque chose comme la folie. Non , elle ne me ne me renvoie pas quelque chose comme la folie, donc la folie n’existe pas ; Ce n’était pas ça le raisonnement ,ce n’était pas ça la méthode de fait.

    Bises amicales. A bientôt, j’espère.

  • permalien Sakhra :
    29 octobre 2010 @21h33   « »
    La gauche et l’Iran

    Suite,
    Un exemple : pour la culture occidentale, l’anticléricalisme est une valeur essentielle.Il n’y a qu’à lire certains posts : on est "rétrograde", imperméables aux "Lumières",(qui n’ont emp^éché ni les crimes de colonialisme, qui sont oubliés, ni les crimes nazis, commis chez eux, ceux-là non oubliés), dès que l’on se réfère à la religion.Et, il y en a chez nous, qui ont intériorisé ces valeurs, qui ne jurent que par elles, ignorants leur passé, leur culture , ne parlant même pas la langue de leur peuple, et qui nous "bassinent" avec leur intégrisme laico-assimilissioniste
    "
    Hier, votre compatriote, G.Corm a fait une conférence à Alger, très interessante, plaidant pour une indépendance de la pensée arabe.Quelques idées développées :

    "Nous avons importé des problématiques philosophiques européennes, sans aucun esprit critique, sans filtre...Nous avons remplacé Ibn Khaldoun par Weber et Ibn Rochd et Ibn Sina par Hegel...L’indépendance de l’esprit arabe a été kidnappée par la culture orientaliste européenne..".

    "Pourtant, il y a dans l’Islam, un patrimoine d’éthique économique colossal.(en référence à la condamnation par l’Islam du capitalisme financier, qui n’en finit pas d’ensauvager le monde).Personne ne le regarde. "
    Nous avons besoin de développer une réflexion sur nous-mêmes, et c’est urgent.
    Pour revenir à l’Iran, il ne faut pas oublié que celui, qui a initié la Nahda, c’est un Iranien : Djamel Eddine El Afghani.
    Amicalement.

  • permalien Nathan :
    29 octobre 2010 @23h30   « »

    Je l’ai dit plus d’une fois : « aucun Iranien n’a jamais bombardé Beyrouth, ni mon village ».

    C’est pourtant avec des armes livrées par l’Iran que le Hezbollah a pris le contrôle de Beyrouth en mai 2008 et a fait des dizaines de victimes libanaises. Et ceci n’est probablement qu’un avant-goût de ce qui risque de se produire au Liban à brève échéance.

  • permalien Tristan :
    29 octobre 2010 @23h52   « »

    @Sakhra

    Merci

    En Bolivie aussi, malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ignorent leur passé, leur culture, ne parlent même pas la langue de leur peuple, mais qui nous bassinent avec des valeurs qui viennent d’ailleurs (et qui sont les grands "gauchistes" appréciés en Europe)

    En Amérique du Sud, par contre, la laïcité est très importantes à mettre en place, car les religions natives ont été remplacées, grâce aux génocides, par des religions venues d’ailleurs.

    Le Christianisme, contrairement à l’Islam, n’a jamais accepter de voir les autres religions comme ayant, aussi, des révélations acceptables (même si imparfaite). Et même avec la laïcité, les fondamentalistes protestants et catholiques sont toujours à lancer l’anathème sur leur semblable, qui ont le malheur d’être juste un tout petit peu différant.

    Mais en vous lisant et en lisant Zulfikar, ca me confirme de plus en plus qu’il y a des similitudes, entre la lutte anti-colonial d’un Evo Morales et la tentative de mettre en place une république islamiste qui fonctionne, en Iran.

    Je n’ai, bien sûre, aucunes garanties à fournir, pour assurer qu’on a affaire à des régimes "progressistes". Ils sont, peut-être "révolutionnaire", mais ce mot, ne veut-il pas dire : "tourner en rond" ?

  • permalien Brian :
    30 octobre 2010 @00h56   « »

    Nathan :
    29 octobre @16h56

    Enoncer n’est pas prouver... C’est facile d’insulter les Iraniens et leurs amis Libanais et Palestiniens tout cela parce qu’ils s’opposent à un vestige colonial voué à l’échec que vous soutenez contre toutes les valeurs universelles de justice, mais pensez-vous convaincre qui que ce soit en vous contentant pathétiquement de les invectiver sans l’once d’un début de commencement d’argumentation ?

  • permalien Brian :
    30 octobre 2010 @01h18   « »

    Nathan :
    29 octobre @23h30


    Vous vous intéressez aux victimes libanaises ! Parlez-nous donc alors de celles de l’été 2006, elles ne sont pas virtuelles celles-là, et des criminels qui les ont massacrées. N’était-ce pas de 1 200 victimes pour la plupart des civils dont il a s’agit ? Qui les a tués & en vertu de quoi donc ?

  • permalien oujdi830 :
    30 octobre 2010 @02h19   « »

    La gauche est la voix des libertés fondamentales,des droits des peuples à l’autonomie politique ; c’est la liberté de dire non.La 1ere gauche en Islam apparait très tôt avec un véritable socialiste de la première génération (Abudar Alghifari)fin VII début VIII siècle(Abudar Alghifari) et sera poursuivie par la mise en place d’une opposition politique qui sera marginaliséE pendant des siècles.Aujourd’hui,l’Iran représente cette gauche historique.

  • permalien Deïr Yassin :
    30 octobre 2010 @14h21   « »

    @ Tristan
    Oui, il nous a dit sous son pseudo Loïc, Breton biguden, qu’il était né en 1925 :-)

    Je vous ai pas répondu sur la Bolivie. D’abord parce que je pense que cela est hors-sujet de ce blog et deux, parce que je n’ai pas suivi les révoltes dans la Yungas, mais plus les massacres des Amérindiens côté péruvien.

    Au printemps dernier, le président péruvien a fait massacrer des Amérindiens venus du versant Amazonien en partance pour Lima pour protester contre l’expropriation de leurs terres. Il a fait cette remarque qui rentre dans les annales de l’arrogance : "Cela n’est pas trois Indiens emplumés qui vont nous empêcher de développer le pays."
    Ce discours me paraît familier.

  • permalien Sakhra :
    30 octobre 2010 @15h04   « »

    Bonjour Tristan, (mais pas tristesse !),

    Je lis avec beaucoup d’intérêt vos posts, surtout quand vous parlez de la Bolivie et d’Evo Moralès, et aussi pour votre humour,(le dernier post !).
    Evo moralès a joué au foot , mardi avec Ahmadinadjed à Téhéran : un commentaire ?
    Pour revenir à l’Iran :cet etat est diabolisé par l’impérialisme américano-sioniste, non pas parce c’est une République islamique, et que donc la religion joue un rôle majeure dans la définition des institutions, du droit etc.., la preuve c’est qu’un régime comme celui de l’Arabie séoudite aussi "islamiste" n’a pas l’honneur d’être mis au ban de la "communauté internationale, au contraire : ce sont les "amis" de ces impérialo-sionistes, leurs "fondés de pouvoir" dans la région.Et pourtant, et selon les critères "occidentaux ", ce régime est mille fois plus réactionnaire.
    Il y a quelques semaines, deux hommes ont été décapités au sabre dans cet Etat, bhl était aux abonnés absents !
    Cette diabolisation a à voir avec la position de l’Iran, qui refuse de se soumettre à cette hégémonie impériale.
    Le débat que propose A Gresh concerne les positions de la gauche occidentale face à cette république.Les intervenants(présumés de gauche )font une lecture de cette république à travers une grille occidentale, avec des concepts nés en Occident à partir d’une situation politique économique culturelle propre.
    L’anticléricalisme et la laicité sont le produit de la France, dont la révolution s’est faite contre l’Eglise et le clergé.Celà n’a rien à voir avec nos sociétés, avec une autre Histoire et une autre culture.(Je parle bien sûr des sociétés musulmanes)
    Au contraire, dans ces sociétés et compte tenu de leur histoire propre(colonisation et oppression par des "occidentaux"), la religion a joué un rôle autre : un ciment pour toute la société qui a été déstructurée, et résistance à l’occupant.
    Autre chose : Marx, Engels, Lénine et tous les autres sont des occidentaux, fondamentalement .Cf les écrits de Marx concernant l’Algérie et la colonisation qu’il voyait comme "progressiste".

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