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Succession dynastique à Pyongyang, promesses à Pékin

par Claude Dureste, 28 octobre 2010

L’impressionnante parade militaire organisée à Pyongyang le 10 octobre 2010 pour célébrer le 65e anniversaire du Parti des travailleurs de la Corée du Nord a été l’occasion d’officialiser, auprès de la population nord-coréenne et de l’opinion étrangère, Kim Jong-un, le propre fils de Kim Jong-il, comme son prochain successeur à la tête du parti unique qui dirige le pays depuis 1945.

La date de cette succession n’a pas été annoncée. Mais tout indique que l’affaire devrait être réglée rapidement, étant donné le mauvais état de santé de l’actuel dirigeant – lui-même digne successeur de son père, Kim Il-sung, le fondateur de cette République populaire et de… la dynastie des Kim, dont les membres se relaient au pouvoir de père en fils depuis trois générations. Un fait unique dans un régime qui se dit encore communiste.

Les cérémonies nord-coréennes ont également mis en lumière le dirigeant chinois Zhou Yongkang, membre du Comité permanent du Parti communiste chinois, au sein duquel il occupe le neuvième rang dans l’ordre hiérarchique. Responsable des questions de sécurité et des services secrets chinois, il joue un rôle important dans les situations sensibles, comme récemment au Xinjiang. Seul représentant d’un pays étranger invité, il était fort symboliquement placé sur l’estrade aux côtés de Kim Jong-il. Cela aurait suffi pour réaffirmer les liens étroits qui continuent à unir ces deux pays voisins, par la géographie mais aussi par l’histoire et la politique. Mais plus significative encore est la longueur de la visite officielle : trois jours, au cours desquels Zhou Yongkang a rencontré Kim Jong-il à quatre reprises. Une fréquence exceptionnelle.

A quoi il faut ajouter que, pour « préparer le terrain » à sa succession et à d’éventuels changements, encore imprévisibles, pouvant en découler, le leader de la Corée du Nord a effectué deux visites successives en Chine lors des quatre derniers mois. L’une de ces rencontres a eu lieu à Changchun, dans la province du Jilin, au cœur de la région nord-est de la Chine, où il a rencontré longuement le secrétaire général du Parti communiste chinois et président de la République Hu Jintao. On sait que celui-ci l’a encouragé à entamer des réformes intérieures, en partie à l’image de celles menées en Chine, pour relever l’économie ; il l’a également poussé à ouvrir progressivement les frontières de son pays afin de faciliter le commerce avec ses voisins (Chine, mais aussi Russie et Mongolie) – sans exclure la Corée du Sud avec laquelle Pyongyang n’a jusqu’ici que des relations maritimes.

Or un corridor à la fois routier et ferroviaire le long des quelque 500 kilomètres de frontière sino-coréenne entre Dandong et Ji’an est prêt à être mis en service, dès qu’une nouvelle politique le permettra, pour stimuler les échanges et acheminer notamment les biens du sud et les matières premières du nord, dont les deux parties de la Corée ont un égal besoin pour leur développement économique.

Selon des sources chinoises bien informées qui ont suivi de près la visite du dirigeant nord-coréen, cet été, dans la Chine du nord-est, Kim Jong-il aurait donné l’assurance que son fils mènerait ces changements à bien dès la transition assurée.

Claude Dureste est sinologue à Pékin.

Claude Dureste

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