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Crise européenne, deuxième service (partie 1)

lundi 8 novembre 2010, par Frédéric Lordon

On connaît ce propos de Marx rappelant la phrase de Hegel selon laquelle les grands événements surgissent toujours deux fois sur la scène de l’histoire, mais – complétait Marx – la première fois comme tragédie, la seconde comme farce [1]… La construction européenne a décidément le sens de la tragicomédie récurrente – il n’est d’ailleurs pas certain qu’elle s’en tienne à deux occurrences seulement –, un peu à la manière de ce comique de répétition si caractéristique de la période actuelle, qui fait régulièrement annoncer « la fin de la crise » pour retomber non moins régulièrement dans la dépression (en tous les sens du terme). Ainsi, après un printemps tout en émotions, la « crise des dettes publiques européennes » était « réglée ». Dans un de ces moments dramatiques que le président français affectionne, le sommet européen du 9 mai 2010 instituait un fonds de secours européen, l’EFSF (European Financial Stability Facility), doté de 440 milliards d’euros, supposé faire face à un défaut grec puisque tel était bien le sujet du moment. Evidemment il fallait croire très fort dans les pouvoirs spéciaux d’une arithmétique non-standard pour persister à ignorer que les 440 milliards du fonds seraient peut-être à la hauteur d’un défaut d’une dette grecque dont l’encours était de 273 milliards d’euros fin 2009 (données Eurostat) mais rendraient l’âme sans tarder si l’on prenait en compte les 104 milliards de l’Irlande, les 560 de l’Espagne et les 126 [2] du Portugal [3] – aussi, proclamer « réglée » la « crise des dettes souveraines » était-il légèrement prématuré.

Et prématuré d’autant plus que tout ce qui a été fait depuis n’a cessé de recréer les conditions de nouveaux emballements. À commencer par les plans de rigueur apportés en gage de « crédibilité » à l’appui d’un sauvetage financier particulier (celui de la Grèce) — que la morale économique libérale (et le droit européen) réprouvaient en principe [4], mais alors que le défaut promettait des effets collatéraux tels que l’intérêt bien compris de tous les autres Etats-membres commandait d’y faire quelque chose. La soudaineté du pivotement des politiques économiques, encore en mode « relance » début 2010 – se souvient-on que le génie créatif du président français lui avait même dédié un ministère spécial ? –, mais passant d’un coup à la restriction forcenée, offre peut-être la vue la plus saisissante de l’emprise des marchés financiers sur l’action publique. C’est en effet aux seules fins de complaire symboliquement – mais d’une symbolique aux effets très réels [5] – aux injonctions des créanciers internationaux que les gouvernements européens ont choisi avec ostentation l’ajustement budgétaire, mouvement exécuté dans un très bel ensemble et qui donne enfin satisfaction aux innombrables appels à la « coordination des politiques européennes » – mais pour le pire.

L’Irlande, nouvel épicentre

Car voilà le léger vice de la manœuvre pourtant si parfaitement exécutée : elle est terriblement self-defeating [6]. Avec cette persévérance dans l’erreur qui signale les derniers degrés de l’aveuglement idéologique, les premiers signes d’inefficacité des politiques de restriction n’ont conduit… qu’à leur intensification. Le gouvernement portugais en appelle à l’unité nationale pour faire voter un deuxième programme de restriction budgétaire [7] – après celui de mai… La Grèce qu’on croyait sauvée des eaux fait discrètement savoir par la bouche de son vice-premier ministre qu’après tout on aurait tort de « démoniser » l’idée d’un défaut et qu’une restructuration de la dette est une possibilité qui doit rester sur la table. Quant à l’Irlande, qui a remplacé la Grèce dans la position de l’épicentre, elle aussi en est à son deuxième « paquet », et le racisme anti « Club Med » vit probablement ses derniers jours. Car le « modèle » glorieusement vanté par tout ce que les médias français comptaient d’énamourés du néolibéralisme est en train de s’effondrer à grand fracas, avec pour particularité intéressante de connecter d’une manière qui cette fois défie toute dénégation crise bancaire privée et crise financière publique.

Il faut bien admettre que l’annonce du fait que le sauvetage du secteur bancaire, Anglo Irish en tête, allait envoyer le déficit 2010 à 32 % du PIB (!) a de quoi frapper les esprits. Et quoiqu’il s’agisse d’un coût non récurrent, la dette publique irlandaise, elle, en est grevée définitivement. Or comme un calvaire qui n’en finirait jamais, Anglo Irish a laissé la place du détonateur à Allied Irish dont les CDS [8] sur la dette senior affichent une prime record de 706 points de base début novembre [9], quand ceux de sa dette subordonnée indiquent une probabilité de défaut de 62 % à horizon de cinq ans... Le poids du secteur bancaire irlandais rapporté au PIB a maintenant irréversiblement établi la connexion entre crises bancaires et déficit/dette publics qui passait par la médiation macroéconomique du credit crunch et de la récession dans les autres pays. Aussi les réjouissantes nouvelles relatives à Allied Irish ont-elles eu pour effet immédiat de pousser la prime des CDS souverains irlandais à 545 points de base et le spread [10] par rapport à la dette allemande à des niveaux supérieurs à celui de la Grèce quelques jours avant qu’elle ne déclare chercher l’aide européenne, en avril dernier…

Sans doute l’échéancier du Trésor irlandais le dispense-t-il d’avoir à retourner sur les marchés avant la mi-2011. Mais, en une éclatante démonstration des aberrations qui suivent de l’exposition permanente des politiques économiques aux marchés financiers, le pays tente désespérément de recréer les conditions pour pouvoir « y revenir » et s’acharne à serrer davantage encore un budget déjà garroté. Mais c’est une entreprise pathétique et qui finit par émouvoir ceux-là mêmes auxquels elle est pourtant destinée : « La question est de savoir combien de temps la population va supporter d’être ainsi écorchée vive » se demande l’un des fund managers de Ignis Asset Management [11]. Il est vrai que la ministre de la santé irlandaise en est à proposer une indemnité forfaitaire de départ à tous les fonctionnaires qui accepteraient de quitter le secteur public de la santé, qu’elle s’est ramassé un peu de peinture rouge lors d’une sortie récente, et que le même fund manager s’inquiète de ce que, « à un moment ou à un autre, d’ici 12 à 18 mois, il va y avoir un mouvement contre l’approfondissement de l’austérité, c’est inévitable ». Il ne faudra pas manquer ce jour-là de convoquer toutes les Maryse Burgot [12] pour leur demander ce que ça leur fait de voir la population de leur cher « modèle irlandais [13] » tout d’un coup descendre dans la rue et sous quelle sorte d’explication elle pourrait se figurer le sens de l’événement.

Après les politiques de rigueur, la « coordination » des peuples européens ?

Douze à dix-huit mois, le calendrier est assez bien vu et pas seulement pour l’Irlande. Car c’est approximativement le délai requis pour que la remarquable coordination des politiques européennes de rigueur produise ses meilleurs effets. Entre le vote, la mise en œuvre, la réaction première des agents (qui réduiront inévitablement leurs plans de dépense, consommation ou investissement, dans le splendide environnement de restriction que les Etats sont en train de leur concocter), les effets internes de second tour (moins de dépenses des agents privés, moins d’activité, moins de revenus, moins de dépenses à nouveau, en attendant le troisième tour et les suivants), les effets de synergies négatives externes à l’échelle de l’Europe, ce sont en effet douze à dix-huit mois qu’il va falloir pour avérer en grand la monumentale erreur de stratégie économique de ce printemps. À ce moment précis, la « rigueur » aura cessé d’être une abstraction, un simple mot, et sera devenue très réellement mordante. On peut alors imaginer que la conjonction de ses méfaits intrinsèques et de la démonstration de sa profonde inefficacité aura sur les divers corps sociaux européens – peut-être eux aussi désormais coordonnés à l’image de leurs gouvernements, quoique sur un tout autre mode – des effets de même nature que ceux qui font recouvrir les ministres irlandais de peinture rouge. Signalons au passage que par un de ces hasards dont les calendriers ont parfois le secret, les « douze à dix huit mois » auront, dans le cas français, l’heureuse propriété de nous porter en pleine période électorale et que peut-être pour la première fois depuis des décennies nous pourrions avoir, à la faveur de cette conjoncture à n’en pas douter particulière, un scrutin présidentiel enfin intéressant…

Projet de MERDES

Il le sera peut-être d’autant plus qu’entre temps il se sera passé bien des choses – deux possibles en vérité. Soit, par un court-circuit d’anticipation dont ils sont coutumiers, les marchés auront rapatrié dans le présent immédiat l’échec programmé à 12-18 mois et la détérioration continue (peut-être même accélérée) des ratios européens de dette sur PIB, auquel cas nous entrerons dans un monde étrange où le fonds de sauvetage européen aura volé en éclats sous la charge, et peut-être l’euro avec. Soit, les marchés restés calmes, les gouvernements européens auront continué méthodiquement leur œuvre de fossoyeurs de la monnaie européenne puisqu’il est dit qu’avec un peu d’application, on peut toujours faire pire. Le pire en l’espèce a déjà bien pris forme avec la proposition franco-allemande de révision du traité de Lisbonne, splendide initiative qui non seulement ne tire aucune leçon sérieuse de la crise du printemps, mais, sous couleur d’y répondre, se propose d’approfondir les causes qui lui ont donné naissance.

Agréée par la France, l’Allemagne propose en effet d’instituer un mécanisme européen de restructuration des dettes souveraines. L’idée en soi est loin d’être inintéressante – elle ne fait d’ailleurs à sa façon que ressortir des cartons le projet de SDRM (Sovereign Debt Restructuring Mechanism) que le FMI avait tenté de promouvoir en 2001 pour créer les conditions d’un règlement ordonné des crises de surendettement des Etats du Sud, notamment latino-américains (était spécialement visée à l’époque l’Argentine). Disons qu’elle a surtout pour intention de débarrasser l’Allemagne de la perspective, pour elle repoussante entre toutes, d’avoir à contribuer au renflouement d’un autre Etat-membre. Assez curieusement on notera au passage que Mécanisme Européen de Restructuration des Dettes (ou des DEttes) Souveraines, ça fait MERDES, il y a comme ça des coquins de hasards – car on n’osera pas évoquer une supériorité de la langue française pour dire les choses comme elles sont (quoique on doive bien observer que SDRM en anglais, même avec un E casé n’importe où, ça ne fait rien).

Donc le MERDES, pour ainsi dire conforme à sa prédestination acronymique, a pour vocation de renvoyer Etats sur le point de faire défaut et créanciers internationaux à un face-à-face dont on ne sait pas trop ce qu’il pourrait sortir. Ou plutôt si, on sait – et c’est d’ailleurs l’unique raison pour laquelle le SDRM du FMI n’a jamais vu le jour. Car la seule chose intelligente à faire, sortir d’une procédure si ouvertement décalquée du droit des faillites privées, n’est autre qu’une forme ou une autre d’allègement de la charge de la dette, celle-là même que, par construction, le débiteur n’est plus en état de supporter puisque, précisément, il va au défaut. Le droit des faillites privées tient donc cette position somme toute raisonnable qu’il est de l’intérêt bien compris de toutes les parties de procéder à cet allègement, l’intérêt du débiteur, la chose va sans dire, mais celui du créancier également qui renonce à tout avoir pour ne pas tout perdre – car un débiteur « allégé » vaut mieux qu’un débiteur mort. Rééchelonnement (donc diminution de la valeur actuarielle de la créance [14]) ou décote directe [15] (haircut en anglais financier ici opportunément imagé) : telles sont les deux issues d’un processus de restructuration… qui supposent l’une comme l’autre une forme de perte pour les investisseurs obligataires.

Mais voilà, sur les marchés financiers, les créanciers internationaux ne veulent plus perdre, plus rien, l’idée étant que, dans le cas d’un débiteur étatique, il reste toujours une dépense publique à couper, voire un impôt supplémentaire à lever pour maintenir le service de la dette. La finance ne veut renoncer à rien car elle est bien persuadée qu’il existe toujours un moyen d’être servie quitte à atteindre ce point-limite où le paiement de la dette aurait complètement évincé les dépenses publiques-sociales et où les prélèvements obligatoires lui seraient entièrement consacrés – confirmant par là sa vocation à passer avant tout le monde (et, pour l’heure, les moyens de pouvoir réels de cette vocation).

C’est bien la raison qui en 2001 avait décidé Wall Street, tout lobbying dehors, à faire dérailler le projet de SDRM. C’est cette raison encore qui, a contrario, a rendu si populaire dans la communauté financière l’EFSF comme promesse de se substituer aux débiteurs souverains défaillants et de garantir leur dette rubis sur l’ongle. C’est elle enfin qui met aujourd’hui la finance sens dessus dessous puisque le projet Merkel, soutenu par la France, revient sur la logique de l’EFSF et mentionne explicitement la possibilité de faire prendre aux créanciers une partie de l’ajustement de la dette à restructurer.

La chimère du tribunal de commerce international

L’occasion est alors offerte d’apercevoir les dangers de l’extrapolation analogique qui imagine pouvoir répliquer à l’échelle internationale l’équivalent d’un droit national des faillites. Car le droit – des faillites ou de n’importe quoi d’autre – n’a d’efficacité qu’adossé à de la force, et n’en déplaise aux amis de la « gouvernance mondiale », cet ectoplasme pour toujours inconsistant qui sert d’asile à toutes les mauvaises volontés d’arraisonner le capitalisme libéralisé, on n’a pas trouvé d’autre instance de force susceptible de soutenir un droit que la chose nommée « Etat » – on pourrait même prendre le problème à l’envers et soutenir qu’il faut nommer « Etat » la concentration de force, quelle qu’en soit la forme, capable de rendre exécutoire un droit dans un certain espace. Puissance supérieure à toutes les puissances particulières et capable de leur imposer des règles de compromis, le « droit armé », autre nom possible de l’Etat, est précisément l’absent de l’espace des marchés financiers libéralisés où se meuvent les créanciers internationaux et leurs débiteurs dits « souverains »… mais qui cessent précisément de l’être au moment où ils entrent dans ce champ.

Y perdant tout attribut de puissance proprement publique et redevenant de simples puissances particulières, confrontées à d’autres puissances particulières, notamment celle, collective, des investisseurs institutionnels, les débiteurs (mal) dits souverains sont soumis à un rapport de force non seulement bien plus équilibré que celui qu’ils connaissent dans le périmètre de leur (vraie) souveraineté, mais surtout dépourvu de toute action régulatrice d’une puissance supérieure qui viendrait l’organiser. Dire que le rapport de force est « bien plus équilibré » est d’ailleurs un aimable euphémisme quand toutes les structures de la libéralisation financière internationale subordonnent les politiques publiques aux injonctions des créanciers, comme l’attestent assez chacune dans leur genre, l’adoption de plans de rigueur parfaitement anti-économiques et les réformes de structure telle que celle des retraites. Dans une situation stratégique, déterminée par un certain état des structures financières, où le groupe des créanciers dispose de tous les moyens d’amener les débiteurs à la soumission et où n’existe aucune puissance externe supérieure à la leur susceptible de mettre une limite à leurs exactions, on se demande bien quel miracle de vertu spontanée pourrait les conduire à accepter des dévalorisations de leurs créances qu’ils estiment avoir les moyens d’éviter puisqu’il reste toujours de la marge dans la part de prélèvements obligatoires à capter au service de la dette.

Ca n’est jamais de très bon gré que les créanciers d’une entreprise privée en règlement judiciaire acceptent de prendre des pertes, mais par l’effet d’un droit spécial qui organise ce partage des pertes… et surtout dispose de la force – étatique – capable de l’imposer aux parties dans l’espace national. Mais, pour paraphraser l’accroche d’un vieux film de monstre galactique, dans l’espace international on ne vous entendra pas crier. C’est bien le problème sur lequel butent tous les projets de Mécanisme de Restructuration des DEttes Souveraines, avec ou sans E intercalaire : le problème institutionnel de l’absence d’une instance d’enforcement légitime, crédible… c’est-à-dire puissante. Le SDRM avait « naturellement » envisagé que le FMI endosse le rôle de cette sorte de tribunal de commerce international, mais l’on pouvait déjà douter de ses moyens réels d’amener les créanciers internationaux privés à des compromis concordataires. C’est la Commission européenne qui s’y colle dans le projet Merkel… sous de plus grandes hypothèques encore compte-tenu de sa proximité avec les futurs prévenus.

L’art franco-allemand du « moment opportun »…

L’insigne maladresse de la manœuvre franco-allemande vient donc d’agiter sous le nez des créanciers internationaux le projet de leur faire prendre leur part de la restructuration des dettes souveraines au moment précis où, d’une part, ils disposent encore de tous les moyens structurels de puissance susceptibles de déclencher une nouvelle tempête spéculative et de faire plier un peu plus les gouvernements (ce dont témoigne le lancement dans l’affolement des « deuxièmes » trains de rigueur), et où, d’autre part, la dégradation objective de certaines situations souveraines (l’Irlande notamment) a pour effet de rendre plus vivace encore l’idée d’un défaut… dont on leur annonce précisément qu’il ne faudra bientôt plus compter sur l’EFSF pour le couvrir. À des investisseurs institutionnels habitués depuis des décennies à un rapport de force si outrageusement dominant qu’ils trouvent parfaitement naturel de ne devoir renoncer à rien, annoncer le retrait de la garantie qui faisait beaucoup pour leur tranquillité d’esprit au moment où l’hypothèse d’avoir à la faire jouer se fait plus probable, a forcément tout du chiffon rouge. Par la perversité de l’enchaînement autoréalisateur propre aux emballements spéculatifs, cette inquiétude, induite au moment le plus défavorable, pourrait bien suffire à elle seule à faire advenir en réalité l’événement qui n’a d’abord existé qu’en anticipation. Car, le retrait de la garantie européenne rouvrant la possibilité du défaut non compensé alors même que la probabilité du défaut s’accroît, offre plus de raisons qu’il n’en faut pour spéculer contre les titres souverains, rouvrir les spreads, alourdir le coût de financement des Etats et détériorer objectivement leur situation de solvabilité, donc offrir de nouvelles raisons de spéculer, etc.

Mais trois conséquences très différentes peuvent être tirées de cette situation démente telle qu’elle est en train de se nouer sous nos yeux. La première persiste dans l’affirmation du projet de MERDES considérant qu’un recul aurait la valeur d’une défaite en rase campagne (mais cette fois plus visible que les autres) des puissances dites souveraines face au groupe des créanciers internationaux. La deuxième, d’ailleurs compatible avec la première, décide que, le repos de l’âme des investisseurs étant la chose la plus précieuse du monde (puisque nos conditions de financement en dépendent), il importe de compenser le désagrément du retrait de l’EFSF par un surplus de rigueur budgétaire destiné en gros à remplacer une garantie par une autre, i.e. la garantie financière institutionnelle de l’EFSF par la garantie macroéconomique de politiques si rigidement tenues que l’hypothèse même du défaut n’aurait dans les faits plus lieu d’être.

La troisième conséquence dit que cette situation de dépendance extrême aux marchés de capitaux, d’asservissement des politiques publiques aux exigences du groupe des créanciers internationaux, et pour finir d’aliénation des souverainetés démocratiques a assez duré. Et que c’est à cela qu’il est temps de s’en prendre [16].

Notes

[1] Karl Marx, Le dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte, éditions sociales, 1984

[2] Une très belle boulette a fait écrire par erreur dans une version précédente de ce texte que la dette portugaise était de 1260 milliards d’euros. C’était un 0 de trop...

[3] Pour ne s’en tenir qu’à ces seuls pays et aux données de 2009

[4] Sur la morale implicite qui imprègne le traitement de la question des faillites, voir Frédéric Lordon et Pepita Ould-Ahmed, « “Qui perd paye...” Le droit européen des aides d’Etat comme morale punitive », Critique Internationale, n° 33, octobre-décembre 2006, en document de travail ici (rubrique « Recherches », sous-rubrique « Formalisations et varia »).

[5] Effets très réels dans lesquels il entre aussi bien les catastrophiques conséquences récessionnistes du freinage de l’économie que l’espoir de la détente des taux d’intérêt et de l’amélioration des conditions du financement des déficits publics

[6] A moins qu’on appelle « succès » une décennie d’austérité pour parvenir à stabiliser les ratios Dette/PIB. Voir à ce sujet « Crise, la croisée des chemins » et « En route vers la Grande Dépression ? », sur ce blog

[7] Avec pour objectif, entre autres, de réduire de 5 % la masse salariale du secteur public et d’augmenter de 2 points la TVA (à 23 %)

[8] Credit Default Swap, produits dérivés qui offrent à ceux qui les achètent une assurance contre les pertes de valeur de leurs divers actifs obligataires.

[9] Abigail Moses, « ¡Ireland Debt Swaps at Record High as Allied Signals 62% Chance of Default », Bloomberg, 3 novembre 2010.

[10] Ecart de taux d’intérêt entre une obligation émise par une certaine entité (entreprise, collectivité locale, émetteur souverain) et un titre obligataire servant de référence (en général un titre d’Etat, et même d’un Etat particulier dont les titres sont supposés incarner « l’actif sans risque », dans le cas européen l’Etat allemand).

[11] Dara Doyle, « Ireland May Have One Month to Stave Off Bailout : Eurocredit », Bloomberg, 2 novembre 2010

[12] Journaliste de France 2 qui mérite sans doute une distinction spéciale dans l’ordre de l’énamouré(e) pour avoir vanté sans désemparer pendant de nombreuses années la flexibilité britannique et le miracle irlandais.

[13] Lire Renaud Lambert, « Les quatre vies du modèle irlandais », Le Monde diplomatique, octobre 2010.

[14] Puisque les paiements sont étalés sur un horizon temporel plus lointain qu’initialement convenu.

[15] C’est-à-dire acceptation contractuelle par les créanciers d’un recouvrement seulement partiel de leur créance.

[16] Et donc : à suivre (partie 2).

59 commentaires sur « Crise européenne, deuxième service (partie 1) »

  • permalien BA :
    8 novembre 2010 @13h08   »
    Crise européenne, deuxième service.

    Lundi 8 novembre 2010, vers 13h10 :

    Si le Portugal devait lancer un emprunt à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,551 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si l’Irlande devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 7,741 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si la Grèce devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 11,286 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

  • permalien Pipas :
    8 novembre 2010 @13h27   « »
    Le modèle irlandais...

    Le modèle irlandais continue de faire rêver, certes une minorité d’acharnés, mais une minorité gouvernante.
    Ecoutez cette émission de Mermet sur Ryanair. C’est très parlant. On comprends mieux à quoi sert l’Europe politique actuelle.

    Et vivement la suite de l’article, en attendant un défaut de paiement généralisé ! (aussi nommé cauchemar des usuriers)

  • permalien sinziana :
    8 novembre 2010 @14h11   « »
    Crise européenne, deuxième service

    je ne comprends pas tout, mais quel style !

  • permalien Pierre :
    8 novembre 2010 @20h37   « »

    Le "nationalisme national" d’un Le Pen c’est la même chose que le "nationalisme républicain" d’un Mélenchon, m’ont prévenu les "partis de gouvernement" et leurs courroies de transmission-contention médiatiques.....
    Vous voilà donc un costard conséquent à porter par les frimas qui s’annoncent.

    " Dépendance ", " asservissement ", " aliées-nations "....
    Il n’est plus temps,
    .... sinon que de constater la MERDE qui s’étale sur le velours des rideaux de la scène internationale.

    Les "Chicago boys", les Kissinger, Friedman et Pinochet ont fait des petits qui pensent "avoir les moyens de nous faire taire" et pouvoir nous contrôler et nous gérer dans leur capharnaüm cybernétique "global".
    Je suis certain qu’ils piaffent d’impatience de pouvoir tester leurs nouveaux jouets.
    Ceci dit, ce serait un grand honneur que de fréquenter le même stalag que vous.
    Allez, soyons optimiste et positif ! On dira : la même "réserve d’autochtones".....
    Vous avez la carrure et le style pour nous négocier ça "Sitting-Lordon" !?!!!

    Merci pour toute cette froide lumière qui éclaire crûment un avenir "trop certain".

  • permalien pechberty :
    8 novembre 2010 @20h51   « »

    n’est ce pas parce que les rois (en France, au moins, ma culture ne va pas bien loin) n’ont pu honorer l’argent qu’il devait aux banquiers (trop de dépenses -guerres entre autres pour pas assez de revenus) que quelques révoltes et révolutions ont pu et du apparaitre ?

    les créanciers internationaux sont aussi des nationaux. Toujours en France une grande parie des dettes nationales est placée ds les fonds garantis des contrats d’assurance vie (1 400 Md ), ce qui permet de faire croitre le capital placé.
    Imaginez un peu la tête des détenteurs de ce type de contrat (23 millions de nos concitoyens tout de même) à qui on doit dire que le capital qu’ils possèdent sur ce fonds garanti n’était pas au final garanti.
    Dans un article du monde Diplo de Octobre je crois à propos du Brésil, les détenteurs nationaux de capitaux ont pu demander un taux d’intérêt conséquent su la dette de l’Etat qui servait entre autres à financer les programmes de lutte contre la misère. Cet article faisait le calcul entre le coût de ces programmes (modique au final) et le coût de la dette (élevé).

  • permalien
    8 novembre 2010 @21h10   « »
    Toxie

    C’est un peu hors sujet, mais pour les anglophones, ça vaut le coup : l’émission de NPR (radio publique nationale américaine) sur les actions « toxiques, » ou bien une action toxique spécifique, un RMBS qu’un groupe de journalistes achète en janvier 2010.

    Les journalistes enquêtent afin de savoir de quoi l’action est faite (en cherchant les propriétaires des maisons hypothéquées, par exemple), qui l’a fabriquée, qui l’a achetée avant eux, etc. Leurs investigations sont présentées dans une série de petites histoires avec des enregistrements in situ un peu de façon Mermet dans « Là-bas si j’y suis. » Comme Mermet, c’est à la fois drôle et édifiant.

    Voici le lien ou vous trouverez l’émission en format audio ainsi qu’une animation et du texte explicatif : http://www.thisamericanlife.org/rad...

  • permalien Aliocha :
    8 novembre 2010 @21h35   « »
    Alors, les patates dans la baignoire ?

    Frédéric Lordon joue avec nos nerfs en suspendant son article. L’horizon est sombre, mais, mais ?

    La suite, de grâce !

  • permalien Nicks :
    8 novembre 2010 @21h53   « »

    Je crains que nous ne soyons dans le MERDES jusqu’au cou...

  • permalien Tirésias :
    8 novembre 2010 @22h03   « »

    Très encourageant, les perspectives économiques : en Europe l’austérité va mener à la cessation de paiement, avec en prime la destruction des acquis sociaux : aux USA, l’assouplissement quantitatif risque de conduire à une phase d’hyperinflation... Dans un cas comme dans l’autre, rien ne marche car on n’a pas osé s’attaquer au cœur du problème : les banques. Tant que l’on ne laissera pas les actionnaires prendre l’argent qu’il ont risqué inconsidérément, on ne sortira pas de cette crise.

  • permalien Tirésias :
    8 novembre 2010 @22h04   « »

    "perdre" l’argent. C’était bien entendu un lapsus.

  • permalien Souvarine :
    8 novembre 2010 @22h54   « »

    @Tiresias

    Très révélateur, pour le coup. :-)

  • permalien Kazou :
    8 novembre 2010 @23h15   « »
    Seeking Copé desperately

    Petit rappel : Copé en 2004 alors minitsre du budget a fait voter avant son départ une exonération de plus values sur les cessions de titres de holding assortie d’une condition draconnienne : deux ans de détention des titres.

    Argument : l’attractivité du territoire pour un coût "modeste" de 1 milliard d’euros.

    Sauf que sur les 3 premières années le coût serait de 7 milliards...Quant à l’effet sur l’attractivité, la pythie Lagarde rejoint Johnny, Loeb et consorts pour nous en faire un exposé...

    Combien de postes de fonctionnaires non remplacés auraient pu être évités ? Combien de dépenses sociales en plus ? Combien de dépenses de recherches ?

    Alors oui, si vous le trouvez, actionnez la machine à interdire tout poste à responsabilités publiques, faîtes chauffez le goudron et préparez les plumes !!

  • permalien Kazou :
    8 novembre 2010 @23h23   « »
    Erratum

    La petite croisade de Copé ne nous aurait pas coûté 7 mais 22 millards d’euros sur 3 ans !!!

    Voir par exemple sur le site du Figaro (qu’on ne peut taxer d’anticopisme !!!) :

    http://www.lefigaro.fr/impots/2010/...

  • permalien Hyrton :
    9 novembre 2010 @03h38   « »
    Un peu de gymnastique...

    Tout ça me donne l’impression d’un jeu d’équilibre à plusieurs, faisant intervenir des créanciers, des États, des dettes, des taux de change, et je ne vois pas trop comment tout cela pourrait arriver à se stabiliser compte-tenu de ce qu’on observe : une agitation financière qui augmente en fréquence, en amplitude, et en territoire.
    Au mieux, un pays sera sacrifié - il fera faillite purement et simplement comme l’Argentine il y a dix ans - ce qui aura deux effets "bénéfiques" immédiats : faire tellement peur aux autres que la rigueur n’en sera que plus facile à imposer, et surtout - surtout - permettre aux créanciers de se payer sur la bête en rachetant ce malheureux pays, qui les infrastructures, qui les retraites, qui les foies, qui les poumons.
    Ah, il y aura peut-être un nouvel effet domino... Il va falloir vérifier les stress-tests des banques...
    C’est le principe de la traversée des piranhas, on sacrifie une bête pour sauver les autres.

  • permalien tueursnet :
    9 novembre 2010 @09h54   « »
    "Sans liberté de louer, il n’y a pas de blâme majeur"

    Que réclame le peuple de France de son Roi de pic ? Non qu’il rallonge la durée du travail ou qu’il écourte la durée de vie mais qu’il nous redonne la dure envie de durer … Que réclame le peuple de France de son Roi de trèfles ? 3 ou 4 feuilles blanches pour qu’il puisse y inscrire son rêve sans se soustraire à celui des autres. Que réclame le peuple de France de son Roi de carreau ? De retrouver sa liberté au carré : celle de planer pour les planeurs et de flâner pour les flâneurs… Que réclame le peuple de France de son Roi de cœur ? Ni la réforme des retraites, ni le retrait des réformes, mais une vraie mélodie pour ne pas sombrer dans la mélancolie. En un mot, mon Roi : de quoi souffre ton peuple ? De l’ignorance…De l’insensibilité…De l’indifférence de ceux qui sont censés le représenter.
    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20du%207%20sept

  • permalien Lau :
    9 novembre 2010 @10h31   « »

    Merci Monsieur Lordon.

    Il n’es n’est qu’un et un seul qui ait prit la mesure du mortel rapport de forces dans lequel nous sommes : vous.

    Ce sera eux ou nous . Point-barre.

  • permalien momax :
    9 novembre 2010 @11h52   « »

    une solution simple a tout ceux-ci, et que les usa n’ont pas hésité a utiliser :faire tourné la planche a billet ... Des fois il ne faut pas chercher bien loin, et les gouvernement et la BCE entre une révolte populaire ou racheter la dette gerce ou portugaise le choix sera rapide.

  • permalien BA :
    9 novembre 2010 @14h27   « »
    Crise grecque, deuxième service.

    Mardi 9 novembre 2010 :

    La Grèce a levé 390 millions d’euros de bons du Trésor à six mois, à un taux d’intérêt de 4,82 %, en hausse par rapport à la précédente émission à six mois le 12 octobre.

    Ce qui est incroyable, c’est l’évolution des taux d’intérêt de la Grèce depuis un an.

    Comparons les mois d’octobre 2009 et 2010.

    Comparons les mois de novembre 2009 et 2010.

    13 octobre 2009 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 0,751 %.

    26 novembre 2009 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 0,767 %.

    12 octobre 2010 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,54 %.

    9 novembre 2010 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,82 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Conclusion : plus les jours passent, plus la Grèce se surendette.

    Plus les jours passent, plus la Grèce se rapproche du défaut de paiement.

  • permalien aliena :
    9 novembre 2010 @15h07   « »
    Fact on the ground

    "Accordingly, it is most disheartening to hear born-again cyclical fiscal austerians tout the notion that somehow there will not be a deflationary negative shock to global aggregate demand, if their course is followed.

    Paul Krugman gets even more worked up than Martin Wolf about this, or at least is more colorful in expressing his disdain in regular missives in The New York Times and in his blogs.

    But Martin is stepping up his game, declaring that the austerians’ reverse-Ricardian cyclical path to salvation may be right, musing that “the moon may be made of green cheese, too.”"

    "To be sure, the vigilantes have fled Greece, but Greece does not have a fiat currency ; Greece is a risk asset and all risk assets depend upon growth for valuation support.

    And fiscal austerity is not the path to growth if everybody wants to do it at the same time. The risk asset vigilantes, who rightfully fear fiscal austerity–induced deflation, are in charge, not the bond market vigilantes of our youth, who feared fiscal profligacy–induced inflation."

    Fact on the ground
    http://www.pimco.com/Pages/GCBFocus...

    http://alienaeconomics.blogspot.com/

  • permalien Daniel Sario :
    9 novembre 2010 @16h07   « »
    Les dernières grimaces

    Je retiens de la logique de votre analyse qu’il n’y aucune possibilité de régulation possible sauf à sortir du cadre du système actuel : le capitalisme. En effet, celui-ci en est à son stade suprême, celui de la "financiarisation" de toutes les activités humaines (et jusqu’aux moindres des relations intimes comme le mariage ou le divorce). Pas étonnant dans ces conditions que la finance veuille être servie en priorité, puisqu’elle est devenue désormais à la fois le cœur et le moteur du système de production des profits. Son arrogance tient du chantage suivant : tout ce qui pourrait lui être refusé met le système en danger, donc il faut obtempérer à la volonté des marchés.
    Est-ce que la société humaine dont les objectifs de sa raison d’être ne peuvent consister, en dernière analyse, que dans la satisfaction de ses besoins vitaux par la création de nouvelles richesses, peut supporter encore longtemps ce détournement de fonds et l’entêtement des gouvernants à alimenter ce tonneau des danaïdes impossible à rassasier ? Là est la question !
    Dans la théorie libérale exposée par Smith, mais surtout "philosophée" par F. Von Hayek et appliquée par Reagan et Thatcher, ce sont le marché et la concurrence qui régulent le système, tandis que les Etats ne conservent plus que des prérogatives régaliennes de maintien de l’ordre social. La matraque pour sauver le libéralisme, voilà sans doute l’ultime grimace du capitalisme, car aucun système, aucun régime, n’ont survécu à cette hypothèse illégitime.

  • permalien Pipas :
    9 novembre 2010 @18h27   « »
    Crise européenne, service nécrologique

    Attendrons-nous le premier mort pour tout bloquer ?
    L’Etat policier cherche à briser la lutte.
    Aujourd’hui, à Grenoble, une personne est gravement blessée. Plus d’infos sur Indymédia.

  • permalien charles :
    9 novembre 2010 @21h06   « »

    Vous faites bien de rappeler l’invraisemblable ’timing’diplomatique
    de la manoeuvre Merkel-Sakozy,, Mme Merkel et Mr Schüble faisant
    feu de tout bois pour se refaire, les opinions favorables de la coalition collés en bas malgré la reprise allemande. Les calculs ou la stratégie du chef de l’Etat me semblent incompéhensibles
    Les arguments allemands, qui avaient commencé avec le problème de constitutionnalité en regard de la Cour Consitutionnelle, posé par la / les modifications du traité, sont maintenant fortement teintés de suggestions visant à protéger le contribuable allemand, alors que les effets conjugés des potions des apothicaires Schäuble ( tout le monde semble
    avoir oublié, y compris Schäuble, le coût pour l’Allemagne :
    ( ‘A Keynesian Success Story : Germany’s New Economic Miracle’
    http://www.spiegel.de/international... ) et Trichet, pour reprendre une expression de Nessim Taleb. vont tuer le malade. Dans une version optimiste (sic), le(s) malades seraient les économies de la periphérie, dont le défaut se produira peut-être même avant le prochain sommet de Bruxelles ; dans une version pessimiste et lucide le malade est l’Eurozone, la zone économique la pire dirigée du monde et qui continuera à être la victime,ou le parent pauvre et très pauvre de la reprise ’anémique’ ( les Néerlandais ont budgeté un plan sur 5 ans à 1.25% de croissance annuelle.. ) si l’UE survit à cette pénultime crise. Bravo en tous cas pour l’analyse

  • permalien gladiador :
    9 novembre 2010 @21h58   « »

    Merci M. Lordon ! Vous êtes prolifique ces temps-ci et nous en sommes râvis !

  • permalien Franc Forcier :
    9 novembre 2010 @23h10   « »

    bravo pour cette présentation !
    ce qui est épatant, c’est la façon dont "le capital bourgeois & financier" a su devenir maître des rouages "complexes" régulant nos vies humaines ???

    Au siècle dernier, les dernières "philosophie-utopie(?)" marquantes comme le "communisme" et le "national-socialisme" se voulaient scientifique et déterministe. Par là, elle refusait l’idolâtrie du "monde bourgeois" avec chacune des raisons propres. Donc cette bourgeoisie financière qui avait éclos sur le lit de la révolution française était bien là avant guerre. Et elle est revenue "rampante" après guerre avec l’influence américaine sur le monde, pour être à son apogée, dans sa crise paroxystique à l’heure actuelle !

    Sans être "complotiste", depuis 1789 et des poussières, le seul intérêt de plus de liberté, religieuse, technique, scientifique, économique...etc...est de nous masquer les "défauts" de ce système pour que "ce" qui a pris le pouvoir conserve le contrôle ???c’est donc une guerre "lente" à laquelle nos esprits sont soumis ???

    Si je comprends bien, avec une note pessimiste, la politique est bien morte...il s ’agit d’une vieille peau croutée sur un vieux corps malade, où viennent encore se rassasier nos illusions démocratiques !
    c’est donc le retour à la ploutocratie...les hyper riches contrôlent tout !!! j’ai même la naïveté de croire que le cercle n’est pas fermé...du moment que les codes sont respectés et que le contrôle demeure !!!

    Par exemple, une avancée technique comme le téléchargement sur le net d’oeuvres musicales. On peut se dire "tiens la technique émergente va mettre fin au marché du disque". « bon tant pis pour eux ! tant mieux pour nous ! » après tout la culture ou "être" artiste » n’est pas foncièrement lié à un état de richesse insensée !...tutututttt..nos amis les artistes ont toqués fort auprès des politiques...et aussi bien des gauchos que des droitures...pour conserver le système qui fabrique de l’argent pour une ploutocratie où tout le monde est invité pourvu que le système tienne bon !!!

    Maintenant, le seul avantage que le bas peuple peut avoir, c’est que la stratégie de l’adversaire se voit de plus en plus clairement.
    Donc, ne reste plus que les peuples courageux, éduqués & déterminés pour "révolutionner" (c désuet kan même) tout le paquet de pointes !!!

    Ok on y va !!!! Mais ???
    c’était un cauchemar ou un accès de lucidité ???

  • permalien le dominique :
    10 novembre 2010 @05h41   « »

    Je Pense X Por la barreras de el idioma no podemos decir
    muchas cosas pues no domino el Frances y lo entiendo un PuPu
    Pienso que la Actualidad de las teorias cientificas que Carlos Marx
    propone para continuar elaborando nuevas kriticas a la Economia
    Politica. es decir los matrases y microscopios de Pauster no seran cosa que se tendra que tirar al olvido

  • permalien Jean-Paul :
    10 novembre 2010 @10h45   « »

    Pas inintéressant comme réflexion mais on a l’impression que la conclusion de l’auteur est qu’il faut envoyer paître la rigueur et les vilains marchés financiers internationaux pour redonner leur souveraineté aux Etats de dépenser à tout va.

    Or cette faculté de dépenser plus qu’on ne gagne et donc de s’endetter dans des proportions gigantesques n’est possible que grâce aux marchés financiers internationaux.

    La conclusion logique est donc qu’un Etat souverain devrait s’affranchir de toute dette et devrait en tout temps équilibrer son budget.

    Cela passe par un défaut sur la dette (bien préférable à tous ces schémas de Ponzi style EFSF et "MERDES") mais aussi à une politique de "rigueur" pour rééquilibrer le budget.

    Mais je doute que ce soit la conclusion - pourtant logique - de l’auteur de l’article.

  • permalien argeles39 :
    10 novembre 2010 @11h18   « »

    La dette c’est un crédit d’impôts accordé en dépit du bon sens (celui de l’intérêt général) pour satisfaire la cupidité croissante d’une oligarchie de plus en plus décomplexée.
    Il est temps de faire un "reset" sur cette dette (en spoliant ceux qui se sont déjà suffisamment gavés), et d’établir l’imposition ad hoc pour qu’il n’y ait plus de dette à l’avenir.
    Alors bien sur, il y en a qui vont "foutre le camp", mais qu’ils s’en aillent, on n’a pas besoin d’eux pour faire tourner la machine économique. Qu’ils s’en aillent en Chine là où les normes sociales et environnementales leurs sont plus favorables, mais qu’ils y restent avec leur production.

  • permalien captainsoko :
    10 novembre 2010 @12h32   « »

    il y a 8ans j’ai ouvert par hasard, moi, simple musicien et total béotien de la res economica, un livre intitulé "le grand bond en arrière" de serge halimi. Ce fut une révélation, une compréhension du sentiment d’arnaque que je subodorais dans le discours "duracel" de notre classe politique et nos médias serviles. Des sites comme celui ci ou le blog de Jorion sont des balises (hélas de détresse) dans un océan embrumé qui nous cache une grande tempête à venir. Qui subira la vague scélérate ? Le peuple que nous sommes ? Ou serons nous nous même la grosse lame qui nettoiera cette grande écurie d’Augias ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    10 novembre 2010 @14h12   « »

    A Jean-Paul

    L’endettement à l’égard des marchés financiers internationaux a été voulu : il a été stipulé expressément, dans la Constitution européenne, que la Banque centrale ne pouvait accorder d’avances aux gouvernements et que ceux-ci devaient se financer auprès des marchés internationaux (c’est-à-dire des riches, banquiers, assureurs et gestionnaires de fonds, ce qui est synonyme), ce qui était une façon de placer la démocratie européenne dans la main des capitalistes.

    Par ailleurs l’expression « dépenser plus qu’on ne gagne » n’a, pour un Etat, aucune signi-fication. Contrairement aux particuliers, précisément, l’Etat détermine d’abord ses dépenses et les couvre ensuite avec des recettes.

    Enfin, la dette, loin d’être une dérive de gouvernements laxistes, a été une manœuvre organisée  : les gouvernements de droite ont fait des cadeaux fiscaux (aux riches, aux entreprises, ils ont fermé les yeux sur la fraude fiscale, sur les délocalisations à l’étranger…), puis, pour couvrir le déficit ainsi provoqué, ont emprunté à ceux-là mêmes à qui ils venaient de faire ces cadeaux !

    Il ne suffit donc, pour retomber sur ses pieds, que de faire le chemin inverse : d’abord ne pas payer la dette, ensuite rétablir des impôts justes, c’est-à-dire revenir sur tous les cadeaux fiscaux, avec effet rétroactif (et intérêts de retard)...

  • permalien BA :
    10 novembre 2010 @16h27   « »
    Crise portugaise, deuxième service.

    - Emprunt à 3 mois :

    Mercredi 6 octobre 2010 : pour un emprunt à 3 mois, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 1,595 %.
    Un mois plus tard, mercredi 3 novembre 2010 : pour un emprunt à 3 mois, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 1,818 %.

    - Emprunt à un an :

    Mercredi 20 octobre 2010 : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 2,886 %.
    Deux semaines plus tard, mercredi 3 novembre 2010 : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 3,260 %.

    - Emprunt à 6 ans :

    Fin août 2010 : pour un emprunt à 6 ans, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,371 %.
    Mercredi 10 novembre 2010 : pour un emprunt à 6 ans, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 6,156 %.

    - Emprunt à 10 ans :

    Mercredi 22 septembre 2010 : pour un emprunt à 10 ans, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 6,242 %.
    Six semaines plus tard, mercredi 10 novembre 2010 : pour un emprunt à 10 ans, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 6,806 %.

    Conclusion : plus les jours passent, plus le Portugal se surendette.

    Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

  • permalien Monsieur HR :
    10 novembre 2010 @19h20   « »

    Pour apporter un appui à la réponse de Ph. Arnaud aux remarques faussement logiques de Jean-Paul je citerai un article du Monde daté du 05 juillet 2010 :
    “Entre 2000 et 2009, le budget général de l’État aurait perdu entre 101,2 milliards d’euros (5,3 % de PIB) et 119,3 milliards d’euros (6,2 % de PIB) de recettes fiscales”, selon Gilles Carrez, le rapporteur général (UMP) du budget à l’Assemblée nationale.
    M. Carrez souligne qu’“environ les deux tiers” de cette “perte” sont “dus au coût net des mesures nouvelles - les “baisses d’impôts” - et le tiers restant à des transferts de recettes aux autres administrations publiques - sécurité sociale et collectivités territoriales principalement”.
    A propos des baisses d’impôt, le député chiffre les baisses d’impôt sur le revenu : elles représenteraient “environ la moitié des diminutions d’impôts d’État entre 2000 et 2009″ et leur impact sur le budget général de l’État en 2009 “serait compris entre 33 milliards d’euros et 41,5 milliards d’euros (soit entre 1,7% et 2,2 % de PIB)”. Les baisses d’impôt sur les sociétés auraient coûté de l’ordre de 10 milliards d’euros sur le budget général de l’État en 2009, soit 0,5 % de PIB.
    Le rapporteur du budget tient à souligner que c’est lorsque la gauche était au gouvernement que le baisses d’impôt ont été les plus fortes : “le rythme des allègements d’impôts a été nettement plus élevé entre 2000 et 2002 - 0,59 % de PIB de diminution de prélèvements par an en moyenne contre 0,36 % entre 2003 et 2009″, indique-t-il. “Les trois premières années de la décennie ont en outre concentré autant de baisses d’impôts - 1,8 % de PIB - que les cinq années allant de 2003 à 2007 - 1,7 % de PIB”.
    M. Carrez considère par ailleurs que c’est cette “accumulation de baisses d’impôts depuis 2000″ qui a “conduit à un accroissement du déficit structurel”.

    On pourra observer que contrairement à Ph. Arnaud, le député UMP attribue cette dérive fiscale non pas à la droite mais à la gauche de gouvernement. Pour dépasser ces querelles infantiles, on pourrait proposer une synthèse en les réunissant sous le vocable de « gouvernements convertis à la vision néolibérale de l’économie ». Cette formulation ouvre la porte à une prospective sur ce que pourrait être, au-delà des revendications d’affiliation auto proclamées, une véritable politique de gauche en la matière.

    Par ailleurs, Jean Paul feint d’ignorer tout ce que l’accroissement actuel de la dette publique doit à la socialisation de la dette privée qui a fait suite à l’éclatement de la crise. Pourquoi n’évoque-t-il donc « la rigueur » que lorsqu’il s’agit des finances publiques qui financent quand même des dépenses d’une autre utilité que celles qui profitent aux seuls dirigeants de la finance internationale.

  • permalien Pipas :
    10 novembre 2010 @21h49   « »
    G Vain

    Son impériale suffisance, Nicolas I, grâce à qui les paradis fiscaux ont été démantelés, le capitalisme sauvage achevé, les retraites épargnées et tous les SDF relogés, présidera le G20 à l’issue du grand sommet débutant jeudi.

    Son épileptique muridé veut une réforme du système monétaire mondial ; elle espère peut-être que Chinois et Américains cesseront de railler notre grande Europe et s’aligneront sur notre modèle irlandais de sortie de crise.

    Le tabou idéologique de faire fonctionner la planche à billet de la BCE n’ayant pas encore été levé, nous pouvons tout de même espérer, avec D$K au FMI et Nainpoléon au G Vain, que la France retrouve enfin la place qu’elle mérite dans l’Histoire.

  • permalien BA :
    11 novembre 2010 @22h11   « »
    Crise grecque, portugaise, irlandaise, espagnole, italienne, deuxième service.

    Jeudi 11 novembre 2010, vers 22 heures :

    Si l’Italie lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 4,232 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si l’Espagne lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 4,635 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 7,035 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 8,896 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,595 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    En début de semaine, mardi 9 et mercredi 10 novembre, la Grèce et le Portugal ont lancé des emprunts sur les marchés internationaux : la Grèce et le Portugal ont été obligés de payer des taux d’intérêt record.

    La Grèce et le Portugal se surendettent de plus en plus.

    Je ne sais pas ce qui va se passer maintenant.

    Nous vivons une semaine de folie pure.

  • permalien BA :
    12 novembre 2010 @16h53   « »
    Crise grecque, deuxième service.

    La Grèce s’enfonce un peu plus profondément dans la récession, avec un PIB trimestriel en chute de 4,5% sur un an, de loin le plus mauvais des 27 pays de l’Union européenne (UE), qui donne à la crise grecque une allure de quasi-dépression.

    Alors que les magasins ferment les uns après les autres à Athènes, que l’inflation et le chômage s’envolent, le pays, qui prévoit pour 2011 une troisième année consécutive de croissance négative, n’en finit pas d’aligner les mauvais indicateurs, malgré un relatif assainissement de ses finances budgétaires imposé par l’UE et le FMI.

    Le décrochage est d’autant plus sévère que ces trois années noires interviennent après 13 ans de croissance ininterrompue, où la moyenne de hausse du PIB grec s’élevait à 3,7% par an.

    Vendredi 12 novembre, en publiant les chiffres du troisième trimestre 2010, l’autorité des statistiques grecque (Esa) a noirci le tableau des deux trimestres précédents en affichant des contractions plus sévères du PIB qu’annoncées initialement : à - 2,7 % au premier trimestre (contre - 2,5 %) et à - 4 % au deuxième (contre - 3,7 %).

    Par ailleurs, une série d’indicateurs publiés depuis le début de la semaine illustrent tous l’ampleur du ralentissement subi par le pays : chute de 7,1% de la production industrielle en septembre sur un an, hausse du chômage à un taux record (12,2%) en août. Les jeunes grecs sont les plus touchés, avec près du tiers de la génération des 15-24 ans non scolarisés, qui sont sans emploi.

    Seule l’inflation a semblé marquer le pas en octobre, mais à un niveau très élevé, plus de double de la moyenne des pays de la zone euro (+ 5,2% sur un an contre + 1,9% en moyenne dans les 16 pays de la zone euro).

    Pour Dimitrios Maroulis, économiste à la banque Alpha, il s’agit bien de la "pire" récession traversée par la Grèce au cours des vingt dernières années.

    La Grèce a enchaîné deux crises successives qui l’ont laminée, d’abord la crise financière internationale fin 2008, qui a conduit à une récession (-2%) en 2009, puis la fameuse "crise grecque" liée au poids de sa dette souveraine et de ses déficits, démarrée fin 2009, et toujours pas terminée, souligne-t-il.

    "Les chiffres sont difficiles à digérer pour un des plus vieux pays de l’Union européenne", ajoute Jens Bastian, économiste à la Fondation hellénique pour les politiques européennes (Eliamep).

    "Le sentiment de confiance dans l’économie aussi bien du côté des consommateurs que des aspirations des chefs d’entreprise, s’est considérablement détérioré", note M. Maroulis.

    "Nous avons besoin de faire renaître la confiance afin que les consommateurs soient persuadés que le pays ne va pas à la faillite et recommencent à dépenser" ajoute-t-il en espérant que les réformes passées en 2010 (flexibilité du marché du travail, ouverture des professions fermées à la concurrence, etc.) allaient porter leur fruit en 2013.

  • permalien fer :
    12 novembre 2010 @21h46   « »
    Toujours plus bas !

    Je serais intéressé d’avoir l’avis de M. Lordon quant à la réapparition récente du "servage" en Europe (travail gratuit pour les chômeurs en Angleterre, "Ein Euro Jobs" en Allemagne...)

  • permalien
    13 novembre 2010 @00h28   « »

    Ce n’est pas du servage, ils ont le droit de se déplacer.
    Vive le progrès !

  • permalien Londoner75 :
    13 novembre 2010 @08h59   « »

    Ca fait plaisir de lire un texte d’une telle fraîcheur en langue française. Il y a si peu de gens en France aujourd’hui qui disent la vérité et qui la disent bien. Même les intellectuels français sont en crise mais, ici, nous avons une exception qui confirme la règle.

  • permalien Olive :
    13 novembre 2010 @09h58   « »

    fer :
    12 novembre @21h46
    Toujours plus bas !

    Je serais intéressé d’avoir l’avis de M. Lordon quant à la réapparition récente du "servage" en Europe (travail gratuit pour les chômeurs en Angleterre, "Ein Euro Jobs" en Allemagne...)

    Et en France, les "contrats d’avenir", (sic et sans rire) EVS etc. c’est quoi croyez-vous ?

  • permalien valentini :
    13 novembre 2010 @14h16   « »
    L’oie psychologue au pas derrière son ballon rouge

    (rien à voir quoique !)

    Prolétaires, venez rire ici de ça, lunatique, qui se veut tactique éthique : la bêtise standard de l’actuelle civilisation capitaliste, sa propension à l’abus systématique de confiance et son acharnement à généraliser la tricherie, dont la mondialisation vient de nous offrir un résultat, défiant toute concurrence. Mais comment ça fonctionne, ça ? Ça, en fonctionnant, merdre ! _ 
    Et merdre, en nous invitant à nous enrichir le plus tranquillement du monde, entre la poire du crime populaire familial, genre bête des Vosges, un genre dont l’idiot médiatique est familier, et le roquefort de la Bourse, deux choses qui accélèrent le pouls. Pour des raisons connues de lui seul, ce maréchal des logis fait irruption dans notre vie. Au-dessus de sa tête, il trimballe une aura de première bourre, un scoop. Sans plus attendre, voilà qu’il déballe une étude très-sérieuse, en un mot, américaine. Un sérieux en or, donc. C’est quand même là-bas, ne l’oublions pas, que s’est rué l’Européen le plus malin, pour s’offrir la liberté avec du sang et des larmes trouvées sous les gros sabots d’une vieille rosse. Et depuis, il la revend, par morceaux, aux plus méritants qui sont forcément les plus offrants. Normal ! La liberté est sa propriété. En même temps, soyons positifs, elle est partout où il débarque. Cette étude en tout cas, qui couvre une nudité ultra-lisse, c’est-à-dire idéologique, du manteau de la science, a enfin réussi à extirper du cerveau humain, non pas l’habituel marivaudage qui vante le bon mariage, mais une vérité qui, dans les sciences, introduit la scène de ménage et mène, sur la scène médiatique, grand tapage : si nous tombons amoureux, c’est parce qu’en fait nous tombons amoureux ! _ 
    (lire la suite sur 1847.overblog.com)

    Un seul mot d’ordre pour 2012 :
    Nous n’avons pas besoin de président !

  • permalien BA :
    13 novembre 2010 @15h51   « »
    Crise irlandaise, deuxième service.

    Vendredi 12 novembre 2010 :

    L’Irlande au bord du gouffre financier.

    La dette irlandaise a atteint des records jamais vus depuis la création de la zone euro. Les autorités irlandaises auraient entamé des discussions avec l’Union européenne afin de bénéficier d’une aide financière d’urgence.

    Après le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la Grèce, c’est au tour de l’Irlande de connaître un regain de tension sur le financement des dettes souveraines. Un problème qui arrive au moment où le gouvernement bataille pour faire adopter le mardi 7 décembre un budget de rigueur.

    Les taux des emprunts à dix ans de l’Irlande étaient à la hausse pour le 13e jour consécutif. Ils ont frôlé les 9 % pour la première fois depuis la création de la zone euro. L’écart avec le Bund allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, a lui aussi atteint un niveau jamais vu.

    Les ministres des Finances des cinq pays européens participant au G20 (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Espagne) ont publié vendredi à Séoul une déclaration conjointe pour tenter de ramener la confiance sur les marchés, inquiets de la situation politique et financière de l’Irlande.

    En Europe, beaucoup redoutent un syndrome "à la grecque", qui pourrait affecter d’autres économies fragiles de l’Union européenne. D’où l’importance d’éviter tout phénomène de contagion.

    L’Irlande, touchée par la crise économique, tente de juguler la pauvreté galopante, en luttant en priorité contre le chômage.

    Le niveau élevé du chômage (environ 13% de la population active) a des conséquences importantes sur le budget de l’Etat. Chaque jour des centaines d’Irlandais font la queue devant la soupe populaire.

    http://www.france-info.com/chroniqu...

  • permalien Pipas :
    13 novembre 2010 @16h02   « »
    Crise mondiale, dernier service

    @BA
    J’ajoute que nous sommes environ 7 milliards ; dont 1 est damné de la faim, 3 asservis volontaires -incluant 300 millions de chômeurs- ; le reste étant considéré comme une charge par nos hiérarques.

  • permalien
    14 novembre 2010 @01h09   « »

    @ ph arnaud

    "L’endettement à l’égard des marchés financiers internationaux a été voulu : il a été stipulé expressément, dans la Constitution européenne, que la Banque centrale ne pouvait accorder d’avances aux gouvernements et que ceux-ci devaient se financer auprès des marchés internationaux (c’est-à-dire des riches, banquiers, assureurs et gestionnaires de fonds, ce qui est synonyme), ce qui était une façon de placer la démocratie européenne dans la main des capitalistes."

    Légende urbaine. L’appel aux marchés pour financer la dette publique date de Pompidou, 1973. Ce n’est donc pas nouveau et même avant ça on avait eu les emprunts Pinay (1952-1958).
    Quant aux marchés internationaux, la dette publique française est détenue par 40% de nationaux. Bref 40% de la dette publique est détenue par les propriétaires d’assurances vie et autres livret A.
    Et dire que les détenteurs de livrets A sont des riches capitalistes c’est assez risible...

  • permalien Steph :
    14 novembre 2010 @04h53   « »

    Irlande : Le 12 novembre, le taux des obligations d’Etat à dix ans a grimpé à 9,07%... Aï !!! Connaissant le montant abyssal des dettes gouvernementales de l’Irlande, il n’est même pas utile d’en dire plus...

  • permalien Pipas :
    14 novembre 2010 @15h40   « »

    Bref 40% de la dette publique est détenue par les propriétaires d’assurances vie et autres livret A.
    Et dire que les détenteurs de livrets A sont des riches capitalistes c’est assez risible...

    Certes.
    Quid des 60% restants ?
    N’y-a-t-il aucune disparité entre les différents détenteurs d’assurances vie et autres livret A propriétaires des 40% ?
    Infirmez-vous la constitutionnalisation apportée par l’Europe aux pratiques d’appels aux marchés financiers pour résoudre les soucis de dette publique ?

  • permalien Arzi77 :
    14 novembre 2010 @17h35   « »

    Une réaction qualifie de "légende urbaine", le rappel de la responsabilité de "l’UE de Lisbonne". Il est vrai que l’article 104 du T. de Maastricht (123 de Lisbonne), n’a fait que reprendre cette formule maffieuse de la loi "Giscard-Pompidou" de janvier 1973 :
    "Le Trésor Public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France".

    Phrase pour initiés qui a fait enfler de 500% le "Service de la Dette" ! Plus de 40 Milliards /an, désormais le 1ier budget de l’État.
    Mais au delà de ce constat, (sur l’action commune... d’un fils et... d’un ex employé de banque), on peut faire 2 rmqs à propos de ladite... "légende urbaine" :

    - ce qu’une loi française avait fait... une autre loi pouvait le défaire ; ce n’est plus le cas, hélas !

    - la loi de 1973 n’avait pas établi la liberté totale de circulation des capitaux, y compris avec les Etats non Membres, ce qui est injustifiable... même pour les inconditionnels du "libre échange jusqu’a ce que mort s’ensuive...", (comme le montrent les émeutes de la faim).

    Comme 90 % des échanges se font a l’intérieur de l’UE, l’article 63 du traité de Lisbonne ne peut etre légitimé en disant :"C’est bon pour le commerce !" Seuls ceux qui ont suivi les exploits de H Tietmeyer, au début des années 80...connaissent la véritable raison de cet extrémisme de l’art.63 : ce fut une invention diabolique du futur Président de la Bundesbank ! (confiant d’obtenir que le statut de la BCE soit la copie conforme de celui de la BuBa... mais s’inquiétant de savoir par quoi remplacer la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, pour garantir le respect de ce statut.)

    Comme l’expérience le montre... la liberté de circulation des capitaux, y compris avec les pays hors UE, lui permit d’attribuer ce rôle de "chien de garde"... aux agences de notation ! (Pour plus de détails voir :
    http://tinyurl.com/maladette &
    http://monlibe.liberation.fr/membre... )

    Quand à la sollicitude pour les détenteurs d’assurance vie ou de livrets A, qui seraient menacés par un éventuel défaut partiel sur les dettes souveraines... elle est touchante ! Elle est même révélatrice !
    Le cauchemar absolu du tenant de la légende urbaine, c une éventuelle rupture de l’égalité des créanciers... le scénar. catastrophe du "défaut partiel ciblé" (frappant les gros et... épargnant les petits... épargnants !)

    D’où, après le bouclier fiscal... la tentative de recours au... "bouclier humain" ! (fait de petits porteurs, en l’occurrence !) Pas de bol : dans ses divers articles parlant du défaut, Frédéric prend bien soin d’indiquer la marche à suivre : "On convoque les créanciers... on regarde qui ils sont... et on prend les mesures adaptées à chacun d’entre eux !"
    cf ;
    http://plus.lefigaro.fr/page/raymond-zaharia

  • permalien
    14 novembre 2010 @17h46   « »

    Ainsi nous serions pieds et poings liés par l’article 123 du traité de Lisbonne, à la merci de la BCE et de l’Union ! Bigre !

    Il suffit simplement que demain un président élu par le peuple français décide de sortir de l’Union, de l’Euro pour que l’article 123, la BCE et la commission Baroso n’ait plus aucune influence sur le quotidien des français ! En effet Lisbonne a instauré une clause de sortie on ne peut plus simple : il suffit que le gouvernement en fasse la déclaration officielle !
    C’est ça la réalité : la puissante oppression dans laquelle l’UE et la BCE tient le peuple français tient à une seule chose : la volonté politique de ses représentants élus !
    Tout le reste est du blabla pour ne cacher qu’une chose : les opposants à l’UE actuelle sont minoritaires.

  • permalien Arzi77 :
    14 novembre 2010 @19h19   « »

    "les opposants à l’UE actuelle sont minoritaires."

    Affirmation péremptoire qui tente de faire oublier la forfaiture... que fut la ratification en février 2008 du T. de Lisbonne, au mépris du résultat du Réferendum du 29 mai 2005.

    Propos trompeur, qui... niant cet attentat contre la démocratie, essaie d’acquérir les vertus d’une évidence involutive ou d’une prédiction autoréalisatrice ... mais qui montre surtout une tendance à... prendre ses désirs pour des réalités !

    http://www.france-alter.info

  • permalien damentcha :
    14 novembre 2010 @20h24   « »

    Bien sur que la France peut se retirer du marché commun ou du moins le faire évoluer vers une plus grande flexibilité permettant à chaque nation de pouvoir décider de son action tout en permettant le dialogue et des coopérations transnationales dans le cadre européen, ce que préconise entre autres Monsieur Dupont-Aignan quand il peut s’exprimer. Mais pour cela encore r faudrait’il pouvoir changer de dirigeants

    En fin de comptes on s’aperçoit que les français choisissent très mal leurs dirigeants se fiant plus aux apparences et au culot qu’au sérieux des programmes (quand il y en a !) alors que d’instinct ils font les bonnes réponses aux référendum qu’abhorent nos très médiocres et si peu démocrates intellectuels des partis tant de gauche que de droite.

    Les français ont dit non à l’Europe du modèle anglo saxon patiemment imposé aux peuples, et par des tricheries indignes le président actuel a finalement imposé ce qui avait été rejeté grâce à la complicité d’un bétail parlementaire parqué bien au chaud et grassement rémunéré pour obéir aux injonctions de la petite poignée d’aparatchiks qui maitrise les appareils des partis dominants.

    La Loi interdisant la contrainte imposant un choix de vote est
    absolument inopérante et les élus rendent compte aux partis et non à leurs électeurs comme il se devrait et ceux là voient défiler des textes qu’ils n’approuvent pas et se créer des conflits causés par des choix irrationnels, des réformes s’attaquant aux effets mais jamais au causes.

    Il faut que notre Etat redevienne démocratique ,en parachevant ce que la Vème a commencé en instituant le mode de scrutin actuel mais en finançant directement les candidats et non les partis à travers des modalités à organiser. Le rôle des organisations partisanes étant celui d’avancer et défendre des idées que les élus pourront appuyer ou rejeter en "leur âme et conscience" libérés des ukases partisans.

    Alors serait établi un Etat capable de prendre les décisions nécessaires au retour d’une Nation française solidaire ni soumise ni ne soumettant. Nous pourrions ainsi nous défendre du pillage de nos richesses, de la francophobie latente de nos partenaires européens soigneusement entretenue par l’ineffable Barroso.

    Il y a belle lurette que les allemands ont compris cela et se sont organisés pour prendre ce qui est à porté de main tout en se prémunissant absolument des lubies de Bruxelles par la prééminence de la Loi fondamentale et ses annexes.

  • permalien BA :
    14 novembre 2010 @20h36   « »
    Crise grecque, deuxième service, un café, l’addition ... surtout l’addition.

    Dimanche 14 novembre 2010 :

    Grèce : Papandréou n’exclut pas d’étendre la durée de remboursement de la dette.

    Le Premier ministre grec Georges Papandréou n’a pas exclu dimanche "l’éventualité" d’un prolongement de la durée de remboursement du prêt de 110 milliards d’euros accordé en mai à la Grèce par l’UE-FMI, "une question qui a été déjà mise sur la table".

    "Le fait qu’on puisse aujourd’hui évoquer la renégociation, c’est pour une seule raison : nous avons prouvé notre crédibilité, nous avons montré notre volonté de changer", a déclaré M. Papandréou dans un entretien accordé à l’hebdomadaire "Proto thema".

    Le gouvernement socialiste de M. Papandréou, qui fait face dimanche à une échéance électorale locale, un test pour sa politique d’austérité, entame lundi 15 novembre avec les représentants de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) une difficile négociation sur la poursuite des efforts de rigueur nécessaires dans le budget 2011 pour réduire le déficit public.

    Au terme de leur visite, ces institutions doivent décider si elles accordent un feu vert au versement de la troisième tranche (9 milliards d’euros) du prêt accordé en mai au pays pour le sauver de la banqueroute et éviter un probable éclatement de la zone euro.

    Parallèlement, l’Office européen des statistiques (Eurostat) doit aussi rendre public lundi le chiffre révisé à la hausse du montant du déficit public grec en 2009, qui devrait finalement dépasser 15 % du PIB contre 13,6 % initialement annoncé.

    Cette révision alourdira d’autant les efforts à réaliser dans le budget 2011 d’Athènes pour respecter les engagements de baisse de la dépense publique pris en mai lorsque l’UE et le FMI ont débloqué leur prêt.

    "Notre lutte pour réduire le déficit commence d’une base plus haute. Nous avons commencé un marathon et nous apprenons au milieu de la route qu’il faut parcourir plus de kilomètres ; cela veut dire qu’il faut faire encore plus d’efforts", a déclaré M. Papandréou dimanche à "Proto thema".

    Le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou avait assuré vendredi que toute nouvelle mesure porterait sur des réductions de dépenses publiques.

    En échange de ces efforts nouveaux, qui passeront vraisemblablement par un programme de privatisation, M. Papandréou a admis que l’idée d’une renégociation de la durée de remboursement du prêt faisait partie des possibilités envisageables.

    Les spéculations sur une restructuration de la dette grecque agitaient les marchés financiers depuis des semaines, régulièrement démenties jusqu’à présent par le gouvernement.

    "Nous, le gouvernement et le peuple grec, avons prouvé notre volonté de changer, sinon personne ne discuterait avec nous pour une renégociation possible", a déclaré M. Papandréou

  • permalien
    14 novembre 2010 @23h05   « »

    Bref d’après Darzi77 et Damentcha, tant que les français votent comme eux la démocratie a parlé et le peuple est souverain ; mais dès qu’ils votent différemment ce sont des abrutis manipulés par une ploutocratie corrompue.

    ça en dit long sur l’amour de la démocratie de certains, tantôt objet de consommation voué a servir son narcissisme tantôt instrument de manipulation. une belle preuve d’éthique dans la relation a la chose publique...

  • permalien Cebalan :
    14 novembre 2010 @23h49   « »
    Duel Chine-US sur fond de duel États-Finance = No Future

    J’ai l’impression que deux duels se superposent, celui entre la Chine et les USA, et celui entre les États d’une part et les Institutions Financières d’autre part.
    La Chine craint l’éclosion de bulles immobilières du fait de la dévaluation compétitive des USA, mais ces bulles ne peuvent se produire qu’avec la complicité des Institutions Financières.
    Même si je ne connais rien à la finance, je connais assez de mécanique pour savoir que deux pendules couplés - chaque duel s’apparente à un système oscillant - ça donne facilement un système chaotique, soit : essentiellement imprévisible.
    Je ne vois à aucun moment que le duel Chine-USA maîtrise l’ensemble du système mieux que le duel entre les États et les Institutions Financières.
    Ces deux phénomènes se perturbent l’un l’autre sans jamais se contrôler l’un l’autre.

  • permalien Arzi77 :
    15 novembre 2010 @10h44   « »

    "Bref d’après Darzi77 et Damentcha, tant que les français votent comme eux la démocratie a parlé et le peuple est souverain ; mais dès qu’ils votent différemment ce sont des abrutis manipulés par une ploutocratie corrompue."

    C’est un peu facile de rapprocher 2 réactions indépendantes, pour leur faire dire ce... qu’on a envie !

    En ce qui me concerne, je constate le formidable décalage entre :

    - d’une part, les moyens techniques pour influencer l’opinion dont disposent le pouvoir, les lobbies, et leurs "édictocrates"...

    - d’autre part, les moyens de recueil de la "volonté générale" (cf. Art 6 de la DDHC 1789 : "La loi est l’expression de la volonté générale").

    Certains effets "d’hysteresis" sont d’ailleurs amusants : après que 2 puissants lobbies se soient alliés pour "enfumer" les gvts Raffarin (puis Villepin) et les médias dominants... a/s les "Biocarburants", (une belle réussite corporatiste de la FNSEA, alliée a l’IFP), l’opinion continue de croire qu’il s’agit de produits "vertueux" ! Pourtant, dans les ministères ou dans la presse, plus personne n’ose nier leurs effets catastrophiques qui justifieraient plutôt le nom de... "nécro carburants" !

    Le 22/04/2007, 53% des électeurs INSCRITS n’ont pas voté Sarko ou Sego... Aux élections régionales, plus de 85 % des inscrits n’ont pas voté pour le parti qui a tous les pouvoirs (à l’Elysée, à Matignon, au Palais Bourbon).

    Il me semble que le régime présidentiel avec "inversion du calendrier et pantomime tous les 5 ans" a aggravé la confiscation de la démocratie. Comme ni le Préferendum (le vote à choix multiples qui nous délivrerait de la brutalité binaire du scrutin majoritaire...), ni le vote blanc ne sont pris en considération, la possibilité pour la "majorité d’en bas"... de se débarasser, par un processus politique et démocratique, d’un regime de plus en plus autoritaire... est quasi inexistante !
    La combinaison des 2 atteintes graves au recueil, puis au respect, de la volonté générale, que sont l’UE de Lisbonne et ce régime hyper présidentiel, (qui gouverne en tremblant de perdre la note AAA...), me semble potentiellement explosive.

    Lorsqu’une minorité peut se constituer en "majorité écrasante" et servir les intérets des 10 % les plus riches, (Cf. H Kempf), plutôt que ceux de l’ensemble des citoyens... il n’est pas nécessaire de mettre en cause la bonne conduite des électeurs, (qui ne votent pas "bien ou mal"...) : il suffit de constater que, dans l’empilement de crises ou de désastres, (financiers, écologiques, sociaux), cette "démocratie au rabais" ne favorise pas le respect de la "volonté générale", et diminue donc nos chances d’opérer les "bifurcations salutaires"... indispensables pour sortir du merdier actuel !

  • permalien
    15 novembre 2010 @17h42   « »

    Comment définir la "volonté générale" autrement que par le scrutin universel ?
    Ne pas répondre à cette question pour se borner à constater que la volonté générale n’est pas représentée par le résultat des urnes, c’est risquer la critique que je vous fait plus haut.

    Quant aux abstentionnistes, il est ridicule de les faire parler quand ils ont décidé de se taire, l’offre politique est suffisamment large, ils n’ont aucune autre excuse.
    Ils ont choisi consciemment ou inconsciemment de laisser les votants décider à leur place de ce qu’est la volonté générale. C’est révélateur de la conception qu’ils se font de leur citoyenneté, mais c’est leur problème : inutile de les inviter dans un débat dont ils se sont exclus volontairement.

  • permalien steph :
    15 novembre 2010 @18h27   « »

    Anonyme :

    15 novembre @17h42 « 

    Comment définir la "volonté générale" autrement que par le scrutin universel ? (...)

    Avec ce type de proposition péremptoire on est bien avancé ! Les choses ne sont certainement pas aussi simples, Noam Chomsky par exemple, a bien montré comment les médias peuvent être instrumentalisés afin de contrôler l’opinion publique et c’est une technique de propagande qui est utilisée avec succès malheureusement à 200% tant aux États Unis qu’en Europe...

  • permalien BÖe :
    15 novembre 2010 @19h12   « »

    En zappan mon poste de radio tout à l’heure, je suis tombée sur un "spécialiste" autoproclamé de science dite politique qui sur une station publique française, commentant la nomination du "nouveau" gouvernement hexagonal et servant vaillamment la soupe du pouvoir, déclararait sans rire que si le chef de l’état était dans des abysses de popularité aujourd’hui, cela n’avait aucune importance, car sa réélection en 2012 ne faisait aucun doute ! En gros ils disait aux Français qui l’écoutaient : "Vous êtes des boeufs, mais le moment venu vous ferez comme on vous dira de faire, point barre !" On croit rêver !

  • permalien Georges de Furfande :
    22 novembre 2010 @11h14   « »
    Euro et marchés financiers

    Lorsque l’Europe institutionnalise le recours aux marchés financiers, ces marchés financiers ne sont pas les "riches capitalistes". Les investisseurs sur les marchés financiers sont les fonds de pension, qui certes participent au jeu du capitalisme mais assurent les revenus futurs des salariés (..... du système capitaliste) et surtout les détenteurs de liquidités : détenteurs de pétrodollars, fonds souverains, entreprises des pays émergents. En fait les marchés financiers vont fonctionner en saignée des économies occidentales, et en particulier de celles des pays européens, en particulier pour alimenter les économies des pays émergents. En faisant des agences de notation les arbitres des marchés, l’Europe, comme les Etats Unis , ont mis les débiteurs à la merci des manipulations financières des banques américaines, et concourent à ruiner les états européens, dont la dette publique (v. Irlande) résulte du sauvetage des banques avec rachats d’actifs pourris

  • permalien valentini :
    22 novembre 2010 @14h21   « »
    full metal jacket

    "Signalons au passage que par un de ces hasards dont les calendriers ont parfois le secret, les « douze à dix huit mois » auront, dans le cas français, l’heureuse propriété de nous porter en pleine période électorale et que peut-être pour la première fois depuis des décennies nous pourrions avoir, à la faveur de cette conjoncture à n’en pas douter particulière, un scrutin présidentiel enfin intéressant…".

    En effet ! Et à condition de préparer un vote de classe, sous forme d’une abstention massive ! Il est temps que tout le monde souffre et pas seulement l’armée de réserve du prolétariat et ses couches salariées les plus exposées et traitées depuis longtemps comme des MERDES !

    Nous n’avons pas besoin de président

  • permalien kivepe :
    24 novembre 2010 @08h47   « »

    J’apprécie beaucoup le fond de l’article.

    Sur la forme : merci de rédiger des phrases plus courtes, cela facilite la compréhension.

    Pour une intelligence comme la mienne, qui trouve rapidement ses limites, j’ai parfois du mal à suivre les idées qui sont développées ; surtout lorsque la rédaction est faite dans un français parfois chaotique.

    Avec mes excuses pour cette critique, car je suis loin de pouvoir rédiger ce type d’article.

  • permalien Atout :
    11 décembre 2010 @13h33   «
    Bravo

    Merci
    pour vos analyses sur la finance.

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