Le Monde diplomatique
Accueil du site > Nouvelles d’Orient > Yémen, la « guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

Yémen, la « guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

lundi 8 novembre 2010, par Alain Gresh

Une des impasses de la « guerre contre le terrorisme » lancée par le président George W. Bush et reprise, sous des formes différentes, par Barack Obama – guerre que soutiennent les pays européens et notamment la France – vient de l’incapacité de « penser localement ». Au lieu de tenter d’analyser les données de chaque pays – Irak, Afghanistan, Liban ou Yémen –, les Occidentaux ont tendance à le situer dans un cadre global d’affrontement, qui empêche de comprendre et aboutit forcément à des échecs.

Dans les années 1950 déjà, la lutte contre le communisme au Proche-Orient avait aveuglé les puissances occidentales, qui voyaient dans les mouvements nationalistes avant tout des alliés de l’Union soviétique. 1958, année cruciale au Proche-Orient, vit la chute de la monarchie irakienne, l’intervention américaine au Liban et celle des Britanniques en Jordanie. Comme l’écrit le chercheur Rashid Khalidi, les télégrammes diplomatiques de l’époque montrent que Londres et Washington considèrent la région comme une entité passive, victime de machinations subversives du communisme international et du nassérisme. A aucun moment, les situations locales, la volonté des peuples de ces pays, n’est prise en compte (lire le texte de Khalidi dans A Revolutionary Year. The Middle East in 1958, sous la direction de Roger Louis et Roger Owen, I. B. Tauris, Londres, 2002).

A lire les articles sur le Yémen, on retrouve la même logique. Il est intéressant que deux journalistes du New York Times, Mona El-Naggar et Robert F. Worth, démontent, à partir de Sanaa, les contradictions de la politique occidentale et mettent en lumière le scepticisme de la population à l’égard de la « guerre contre Al-Qaida » (« Yemen’s Drive on Al Qaeda Faces Internal Skepticism », 3 novembre 2010).

« Alors que le Yémen intensifie sa campagne militaire contre Al-Qaida, il est confronté à un sérieux obstacle : la plupart des Yéménites considèrent le groupe comme un mythe, ou un stratagème de leur président pour presser l’Occident à donner de l’aide monétaire et punir ses opposants intérieurs.

Ces attitudes cyniques – enracinées dans l’histoire de la politique de manipulation au Yémen – compliquent tout effort visant à traquer les auteurs de la récente tentative de faire envoyer par courrier des explosifs aux Etats-Unis. Elles rendent également plus difficile de gagner le soutien du peuple dans la lutte contre la violence djihadiste, quelle que soit l’étiquette qu’on lui donne.

« “Qu’est-ce qu’Al-Qaida ? La vérité est qu’il n’y a pas d’Al-Qaïda”, explique Muhammad Lutfi, un chômeur de 50 ans sur la place animée de Tahrir. En fait, poursuit-il, la violence est due “au régime, au manque de stabilité et aux luttes internes.” »

Ce point de vue, qui rencontre un écho à travers tout le Yémen, ne s’explique qu’en partie par la théorie du complot. Le gouvernement yéménite a utilisé les djihadistes comme soldats par procuration dans le passé, et confond parfois la menace Al-Qaida avec d’autres insurrections qui n’ont rien à voir et qu’il a combattues dans le sud et le nord du pays au cours des dernières années. Dans un pays où la violence politique et tribale est endémique, il est souvent impossible de dire qui tue qui et pourquoi.

Une chose est claire : le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, a intensifié la lutte contre Al-Qaida depuis l’année dernière, avec beaucoup plus de raids militaires et d’attaques aériennes, dont certaines menées par l’armée américaine. Son gouvernement en a payé le prix. Le samedi [30 octobre], une journée après la découverte de la bombe placée dans le fret aérien, M. Saleh a déclaré lors d’une conférence de presse que Al-Qaida a tué 70 policiers et soldats au cours des quatre dernières semaines. C’est une forte augmentation par rapport aux années précédentes, et certains analystes y voient la preuve que la branche yéménite d’Al-Qaida se renforce.

Mais de nombreux Yéménites semblent sceptiques et doutent qu’Al-Qaida soit coupable de la plupart de ces meurtres, qui ont eu lieu dans le Sud où un mouvement sécessionniste est en expansion depuis trois ans.

“Nous ne pouvons pas faire la différence entre la propagande et la réalité”, explique Abdullah al-Faqih, un professeur de sciences politiques à l’Université de Sana. “Il est impossible de dire qui tue qui, il y a des querelles tribales, Al-Qaida et le mouvement du sud, et l’Etat se livre à beaucoup de manipulations.”

En un sens, il y a deux récits sur Al-Qaida au Yémen. L’un d’eux, présenté par le gouvernement yéménite et les sites internet d’Al-Qaida – qui trouve un écho en Occident – décrit l’un des camps comme “blanc” et l’autre comme “noir” (les méchants, pourrait-on dire). L’autre récit est celui de la rue yéménite : un fatras confus d’attaques commises par des groupes armés aux loyautés changeantes, certains combattant sous des bannières politiques ou religieuses, d’autres simplement pour l’argent.

Les autorités yéménites ont longtemps payé les chefs tribaux pour lutter contre des ennemis intérieurs, ou même d’autres tribus qui causaient des ennuis au gouvernement. Cette politique a contribué à favoriser une culture de chantage : quelques tribus promeuvent la violence, à travers les djihadistes ou de simples criminels, et ensuite offrent de l’apaiser contre rétribution.

“Certaines de ces actions décrites comme menées par Al-Qaida relèvent en réalité d’un simple business de la terreur", a déclaré M. Faqih.

Les tribus du Yémen sont souvent décrites comme le principal obstacle dans la lutte contre Al-Qaida, car elles abritent les militants en raison de l’hospitalité tribale ou même de parenté idéologique. En fait, peu de chefs de tribus ont une quelconque sympathie pour le groupe, et certaines tribus ont forcé des membres d’Al-Qaida à quitter leurs zones dans la dernière année.

(...)

En fait, Al-Qaida semble prospérer là où l’autorité tribale s’est érodée, ou dans les régions du Sud où la haine du gouvernement est la plus intense. Dans de nombreuses attaques récentes, il est difficile de tracer une ligne de démarcation entre Al-Qaida et des jeunes gens en colère et pauvres qui ont un accès facile aux armes.

C’est vrai notamment au Sud, qui fut une république indépendante à orientation socialiste jusqu’à l’unification de 1990, et où existe aujourd’hui une forte opposition aux manipulations du pouvoir central.

En fait, le pouvoir doit faire face à de nombreuses oppositions :

- celle du Sud ;

- celle de la rébellion hutiste qui perdure depuis plusieurs années (lire Pierre Bernin, « Les guerres cachées du Yémen », Le Monde diplomatique, octobre 2009) ;

- celle des forces politiques, de gauche comme islamistes, déçues par le peu d’ouverture du régime et la monopolisation du pouvoir par le président – qui, de plus, prépare son fils à la succession !

C’est dans ce contexte qu’Al-Qaida a réussi une relative implantation dans le pays, résultat non de ses capacités, mais de l’impéritie du régime.

On comprend que celui-ci, pour obtenir plus de ressources de la part des bailleurs de fonds occidentaux, agite le spectre d’Al-Qaida (ou de l’Iran en ce qui concerne la rébellion hutiste). Mais les problèmes du pays ne seront pas résolus par un interventionnisme militaire américain plus soutenu, ni par une aide inconditionnelle à un président qui s’accroche à son pouvoir.

Ce dilemme n’existe pas qu’au Yémen, mais partout où les Occidentaux, au nom de la lutte contre le terrorisme, accentuent leurs ingérences. Le cas de l’Afghanistan est le plus emblématique : après plus de huit ans de guerre, les puissances occidentales en viennent à reconnaître qu’il faut négocier avec les talibans !

Il est temps de reconnaître, quelques dizaines d’années après l’effondrement du système colonial, que l’ère des interventions militaires occidentales (même sous couvert humanitaire) devrait s’achever... On s’épargnerait ainsi beaucoup de destructions et de morts et on éviterait d’alimenter la haine contre l’Occident.

32 commentaires sur « Yémen, la “guerre contre le terrorisme” est déjà perdue »

  • permalien Yvan :
    8 novembre 2010 @13h40   »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    L’idée que “la démocratie” puisse être une valeur universelle est peut-être une idée de peuples "du consentement".

  • permalien
    8 novembre 2010 @14h14   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    La meilleur façon de lutter contre le "terrorisme" n’est-elle pas de commencer par ne pas le créer ? Ce que l’Occident nomme le "terrorisme" est un phénomène réactionnel à l’impérialisme occidental, supprimez cet impérialisme et vous supprimerez de facto le "terrorisme" anti occidental. A défaut cela peut durer des siècles comme ça, ou cesser faute de combattants éventuellement...

  • permalien Sakhra :
    8 novembre 2010 @14h55   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    "Yémen : Ce n’est pas Al Qaida que les Américains combattent, mais la démocratie." (Interview de Mohammed Hassan.)

    Pourquoi le Yémen est-il devenu si important aux yeux de Washington  ?

    Le président du Yémen, Ali Abdullah Saleh, est au pouvoir depuis trente ans. Son régime est corrompu, mais aligné sur la politique des Etats-Unis. Un groupe de résistants dans le nord du pays et des séparatistes dans le sud menacent la stabilité du gouvernement. Si un mouvement révolutionnaire renverse Saleh, cela pourrait avoir un impact dans toute la région et encourager les résistants qui luttent dans les Etats pro-impérialistes de la région. Particulièrement contre le régime féodal d’Arabie Saoudite

    http://www.michelcollon.info/Yemen-...

  • permalien dik :
    8 novembre 2010 @15h52   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    C’est dans ce contexte qu’Al-Qaida a réussi une relative implantation dans le pays, résultat non de ses capacités, mais de l’impéritie du régime.

    En effet, à tel régime telle anarchie. Difficile de dissuader les occidentaux d’intervenir militairement. Ils le font non pas pour rétablir un ordre qui n’a jamais existé - et pour cause - mais pour maintenir en place le "leader" qu’ils ont eux-mêmes choisi et qui a toujours été aux ordres ! C’est le cas de la plupart des pays arabes dont les peuples ne sont pas au bout de leur peine et depuis des lustres.

    Al Qaïda, si elle n’est pas elle aussi made in occident, devrait se trouver comme un poisson dans l’eau. Rien que des perdants dans cette situation, la plupart de leur vie, malheureusement.

  • permalien Orangerouge :
    8 novembre 2010 @17h23   « »
    Signez les pétitions du Mouvement de la Paix contre la guerre en Afghanistan et l’accaparement de nos impôts par Dassault et Lagardère

    Le gouvernement français actuel va dilapider 31 milliards d’euros en budget de la Défense.

    Cet argent en réalité finira dans les poches des principaux fabricants d’armes français, par ailleurs grands copains de Sarkozy, les deux principaux marchands d’armes, Arnaud Lagardère et Serge Dassault.
    http://www.mvtpaix.org/utils/petiti...

    http://www.mvtpaix.org/utils/petiti...

    C’est quoi le "Mouvement de la Paix" :

    Le Mouvement de la Paix est né en 1948, pour s’opposer aux guerres, à l’arme nucléaire et soutenir une forme de relations internationales fondées sur la justice, la démocratie et la coopération entre les peuples.

    Depuis, le Mouvement de la Paix agit pour le désarmement, en particulier nucléaire, mais aussi contre la production et les transferts d’armements, pour la réduction des budgets militaires.

    Le Mouvement de la Paix est agréé "Association nationale de jeunesse et d’éducation populaire".

    http://www.mvtpaix.org/presentation...

  • permalien une bille :
    8 novembre 2010 @17h59   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    Nathan : « A quoi cela sert-il d’écrire tant et tant d’articles »

    Ça sert à ce que les gens les lisent et ensuite disent moins de bêtises, ce qui semble-t-il n’est pas votre cas pour cette fois encore.

    Là, on ne sait pas trop de quoi vous parlez. J’attends votre prochain post contre les musulmans avec impatience.

  • permalien Orangerouge :
    8 novembre 2010 @18h11   « »
    Éric Besson et le gouvernement français actuel mènent une honteuse politique communautariste

    Pourquoi faire le tri parmi les victimes de la violence en Irak, et n’accueillir en France que les chrétiens ?

    Choisir d’accueillir les enfants, ou les bléssés les plus graves du fait des violences, ou les plus pauvres (les plus riches ont généralement les moyens de fuir les zones de conflit), aurait été totalement justifié, mais les chrétiens ... pourquoi ?

    Monsieur Sarkozy, monsieur Besson, cela semble indiquer que dans votre esprit, ils seraient mieux les chrétiens ...

    C’est le même malaise que l’on ressent face à votre politique contre les Roms et même contre les enfants Roms, et le même malaise que l’on ressent face à votre politique de coopération avec l’état d’extrême droite israélien.

    J’aime bien ce texte :

    "Ils tuent aussi des Chrétiens"
    http://islamogauchiste.blogspot.com...

  • permalien Ph. Arnaud :
    8 novembre 2010 @19h25   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    A Nathan

    Vous dites : « L’impérialisme américain et son allié privilégié le sionisme sont responsables de toutes les misères sur cette planète. Les actes de violence des islamistes, djihadistes, terroristes et autre irrédentistes (généralement appelés "résistants") constituent une réaction saine et naturelle contre les menées dudit impérialisme. »

    Inutile de verser dans une ironie laborieuse : ôtez seulement le « sionisme » et vous avez, avec l’intervention des Etats-Unis, l’explication de ce qui se passe au Yémen, et que les Américains baptisent « terrorisme ». Que font les Etats-Unis au Yémen ? Que font-ils, d’ailleurs, où que ce soit dans le monde, en dehors de chez eux ? Les Yéménites ont-ils envahi l’Arizona ? Bombardent-ils le Texas avec leurs drones ? Que font les Etats-Unis dans la péninsule arabique ? Que font-ils dans le golfe arabo-persique ? Les navires iraniens croisent-ils dans la mer des Caraïbes ?

  • permalien K. :
    8 novembre 2010 @19h39   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    N’ai-je pas bien appris la leçon ?

    En langage sioniste “modéré” il s’agit d’essayer, encore et encore, de faire passer les leçons du sionisme “modéré” : la nuit c’est le jour, 2+2=5, etc...

    Bon courage.

  • permalien K. :
    8 novembre 2010 @22h17   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    La présentation de Ali Abdallah Saleh (au pouvoir depuis 32 ans, d’abord en tant que président du Yémen du Nord, puis à partir de 1990 du Yemen réunifié) sur « wikipedia » en Français est globalement celle d’un musulman modéré combattant les islamistes terroristes.

    Le hasard faisant bien les choses, l’anthropologue US Daniel Martin Varisco, apparemment un amoureux du pays, nous en propose une autre aujourd’hui même, sur la CNN. Il dit que le Yemen n’était pas prédisposé au terrorisme. Traduction partielle de ce qui suit (j’aurais personnellement mis les premier et deuxième paragraphes après les troisième et quatrième).

    C’était il y a trois décennies. Depuis, ce pays pauvre est devenu encore plus pauvre. La richesse nationale d’une industrie pétrolière en déclin depuis la fin des années 1980, a été consacrée principalement aux armes et non utilisée de manière efficace pour fournir des services de base a la population.

    Bien que le Yémen soit le pays le plus pauvre au Moyen-Orient, le pourcentage de son produit intérieur brut consacré aux armes est le septième au monde, en dépit du fait qu’il n’a pas de réelles menaces à ses frontières.

    L’année où je suis allé au Yémen pour la première fois a été aussi l’année où le président Ali Abdallah Saleh, est arrivé au pouvoir [en 1978] après un coup d’Etat militaire [en 1977]. Depuis lors, les États-Unis ont fourni une grande quantité d’aide militaire à son régime.

    Ce fut d’abord pour lutter contre l’Etat socialiste du Yémen du Sud, mais il y a aussi l’emplacement stratégique du Yémen à travers la mer Rouge de la turbulente Corne de l’Afrique.

    (..)

    Le Yémen pourrait en effet devenir un havre pour les terroristes si les Etats-Unis continuent à s’immiscer dans la politique locale et de voir des terroristes internationaux derrière chaque buisson. Dans la mesure où les sentiments anti-gouvernementaux sont liés au rôle américain dans le soutien du régime Saleh, la sympathie pour le terrorisme peut être créée de la même manière qu’il l’a été en Irak et en Afghanistan.

  • permalien K. :
    8 novembre 2010 @22h26   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    La présentation de Ali Abdallah Saleh (au pouvoir depuis 32 ans, d’abord en tant que président du Yémen du Nord, puis à partir de 1990 du Yémen réunifié) sur « wikipedia » en Français est globalement celle d’un musulman modéré combattant les islamistes terroristes.

    Le hasard faisant bien les choses, l’anthropologue US Daniel Martin Varisco, apparemment un amoureux du pays, nous en propose une autre aujourd’hui même, sur la CNN. Il dit que le Yemen n’était pas prédisposée au terrorisme. Traduction partielle de ce qui suit (j’aurais personnellement mis les premier et deuxième paragraphes après les troisième et quatrième).

    C’était il y a trois décennies. Depuis, ce pays pauvre est devenu encore plus pauvre. La richesse nationale d’une industrie pétrolière en déclin depuis la fin des années 1980, a été consacrée principalement aux armes et non utilisée de manière efficace pour fournir des services de base a la population.

    Bien que le Yémen soit le pays le plus pauvre au Moyen-Orient, le pourcentage de son produit intérieur brut consacré aux armes est le septième au monde, en dépit du fait qu’il n’a pas de réelles menaces à ses frontières.

    L’année où je suis allé au Yémen pour la première fois a été aussi l’année où le président Ali Abdallah Saleh, est arrivé au pouvoir [en 1978] après un coup d’Etat militaire [en 1977]. Depuis lors, les États-Unis ont fourni une grande quantité d’aide militaire à son régime.

    Ce fut d’abord pour lutter contre l’Etat socialiste du Yémen du Sud, mais il y a aussi l’emplacement stratégique du Yémen à travers la mer Rouge de la turbulente Corne de l’Afrique.

    (..)

    Le Yémen pourrait en effet devenir un havre pour les terroristes si les Etats-Unis continuent à s’immiscer dans la politique locale et de voir des terroristes internationaux derrière chaque buisson. Dans la mesure où les sentiments anti-gouvernementaux sont liés au rôle américain dans le soutien du régime Saleh, la sympathie pour le terrorisme peut être créée de la même manière qu’il l’a été en Irak et en Afghanistan.

  • permalien Deïr Yassin :
    8 novembre 2010 @23h03   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    Parlant du Yemen, je pense que l’on peut dire sans exagérer que ’le qât est l’opium du peuple’.

  • permalien LGB :
    8 novembre 2010 @23h10   « »
    Yémen, « la guerre contre le terrorisme » est déjà perdue

    J’ai dû raté raté l’épisode de notre incontournable Nathan (post apparemment supprimé, ce que je regrette), mais à lire les réactions et compte tenu de ma lecture de ses milliers de contributions, j’en devine aisément la teneur.

    Et c’est là où l’on se rend compte qu’il n’est pas très difficile de se glisser dans la peau d’un Nathan (ou d’un autre sioniste en général, e.g. Hillel2000 sur Rue89).

    Ses présupposés se résument à ce qui suit :
    1 - Les occidentaux sont plus évolués que les orientaux (industrie, littérature, Prix Nobel, etc.).
    2 - Les pauvres manquent d’éducation et sont donc ignorants de la réalité du monde (et donc doivent être éduqués).
    3 - La religion est une forme d’aliénation qui soumet le croyant à un état de limace.
    4 - Les minorités sont mieux traitées en Occident que dans les autres régions du monde.
    5 - La vérité assertorique prédomine sur la vérité apodictique (i.e. "ce qui est par rapport à l’éventail infini des possibles", pour reprendre les termes de Philippe Arnaud).

    [Tous ces points sont éminemment critiquables, bien entendu.]

  • permalien bert :
    9 novembre 2010 @15h03   « »

    A propos du Yémen, d’Al qaeda et d’Oussama Ben Laden :

    En 2000, une explosion touche l’USS Cole, un bâtiment de guerre US dans le port d’Aden au Yémen. L’un des responsables du FBI chargé de l’enquête se nomme John O’Neill, qui est déjà sur le dossier de Ben Laden relativement aux attentats sur les ambassades US en 1998.
    Se rendant au Yémen, il aura de grandes difficultés dans son enquête, peut être dues à l’ambassadrice US sur place, à des manquements à la sécurité, ou à d’autres causes non clairement explicitées publiquement. Des sources, dont un article paru dans le "Diplo", font état d’une volonté politique des Etats-Unis d’apaiser pour un temps les relations entre Washington et le régime taleban, au début de l’année 2001, dans un contexte trouble de négociations officieuses sur, notamment, le sort de Ben Laden dont les USA espèrent toujours l’extradition.
    Toujours et-il que John O’neill est plus ou moins sommé de quitter le Yémen et de suspendre ses investigations. Il quittera ses fonctions au FBI dans la foulée, et deviendra chef de la sécurité du WTC en aout 2001. Il est décédé dans l’attentat du 11 septembre.

  • permalien K. :
    9 novembre 2010 @17h44   « »

    Qui se réjouit du fait que « ces ennemis » que sont « l’Afghanistan et le Yémen du Sud dominées par les communistes, ainsi que l’Irak et le mouvement palestinien dominés par les nationalistes ont été balayés » ?

    Ce n’est pas les Yankees, mais l’AQPAiste Anwar al-Awlaki, leur dernier croquemitaine.

    Les yankees ont autant besoin de AQ que AQ des yankees.

  • permalien
    10 novembre 2010 @00h54   « »

    Sur « la décision prise le 2 novembre d’accueillir sur le sol français 150 chrétiens d’Irak victimes de l’attentat de Bagdad du 1er novembre, et rendue publique par le ministre de l’immigration [français], Eric Besson »

    « Sous les traits d’une démarche humanitaire, c’est choisir ses victimes qui choque. Car, en vérité, au moment où M. Besson (et sur ce point, le ministre des affaires étrangères ou de la santé n’auraient-ils pas été plus appropriés ?) tenait une conférence de presse pour exprimer l’émoi du gouvernement français quant à la situation des chrétiens d’Irak, une vingtaine de voitures piégées ont explosé dans divers quartiers de Bagdad, faisant des centaines de victimes. Et, depuis, cela n’a pas provoqué la même compassion. [I]l faut aider les victimes d’attentats en Irak comme ailleurs, mais qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes, kurdes ou arabes, mandéennes, Yazidis ou shabaks. Il peut paraître incompréhensible pour les Irakiens que, à l’heure des deuils et des enterrements, la France trie dans les victimes.

    Avant toutes ces déclarations intempestives, Al-Qaida et les groupes islamistes radicaux s’en prenaient aux chrétiens comme à d’autres groupes minoritaires, parce qu’ils étaient l’"autre", à islamiser par la force ou à éradiquer. Désormais, il est à craindre que la minorité chrétienne soit une cible non seulement du fait de sa différence religieuse, mais aussi de son "assimilation" à l’Occident ».

  • permalien Yvan :
    10 novembre 2010 @08h21   « »
    Yémen, la « guerre pour le terrorisme » est déjà gagnée

    Selon Laurent Bonnefoy, chercheur associé à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman :

    "Au Yémen, le terrorisme n’est pas le principal problème" - LeMonde.fr

    L’histoire de l’islamisme y est ancienne et particulière : le parti politique islamiste Al-Islah a participé au gouvernement de coalition de 1993 à 1997. Les "Arabes afghans", Yéménites et autres, qui avaient participé à la guerre contre l’URSS en Afghanistan, ont été accueillis en héros. Ils sont notamment entrés dans l’armée et l’administration, ou ont reçu des aides pour leur réinsertion. Cette logique d’intégration a permis à l’Etat yéménite de ne pas être pris pour cible.

    Cet équilibre a été progressivement rompu après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis : le gouvernement s’est aligné sur la lutte contre le terrorisme. La répression, comme le succès de la guérilla islamiste lors de la guerre en Irak, ont encouragé l’émergence d’une nouvelle génération de militants, plus radicaux, dans la mouvance d’Al-Qaida.

  • permalien elbé :
    10 novembre 2010 @10h48   « »

    Monsieur Gresh,

    Vous semblez penser que les américains s’auto-intoxiquent à propos du terrorisme comme ils s’auto-intoxiquaient sur le communisme.

    Je ne le crois pas concernant les dirigeants (pour la population américaine, manipulée, à mon sens, il en va autrement).
    Je crois que l’argumentaire déployé contre le terrorisme, s’il correspond à celui contre le communisme, est sciemment et cyniquement voulu pour justifier des prédations économiques.
    Il ne s’agit que d’un habillage sémantique volontaire et non inconscient pour camoufler la réalité impérialiste.

  • permalien Olive :
    10 novembre 2010 @11h54   « »

    Anonyme :
    10 novembre @00h54

    Sur « la décision prise le 2 novembre d’accueillir sur le sol français 150 chrétiens d’Irak victimes de l’attentat de Bagdad du 1er novembre, et rendue publique par le ministre de l’immigration [français], Eric Besson » (...)

    Cette nième provocation démagogique des “autorités” néopétainistes françaises est un baisé de Juda, autant tracer une cible dans le dos des Orientaux chrétiens, on pouvait déjà s’interroger sur la question de savoir pour qui roulent les auteurs de cet attentat, on ne manquera pas de le faire concernant cette exploitation irresponsable par ces sinistres neocons franchouillards. On se rappellera que les Chrétiens d’Orient étaient là avant l’Islam, que les croisades leur ont fait bien plus de tort que la cohabitation avec les Musulmans au sein de l’Empire ottoman par exemple, il semblerait bien que certains veuillent à nouveau en faire des martyrs pour servir leurs sombres dessins de guerre de civilisations. pour qui roulent donc ces Sarkozy, Besson, Hortefeux et leur triste clique ?

  • permalien elbé :
    10 novembre 2010 @12h39   « »

    Mais non, voyons Olive, La France est un pays laïque !

    On ne cesse de nous l’asséner à propos des musulmans français. Auriez-vous un esprit qui doute ? C’est pas bien ça ! Vous faites le jeu des intégristes !

    Mépris, mépris, envers ces gouvernants français qui violent la laïcité française (signe de croix chez le Pape, et ce n’est pas le plus grave...)

  • permalien une bille :
    10 novembre 2010 @12h56   « »
    Si tu ne viens pas à Largardère...
  • permalien Olive :
    10 novembre 2010 @13h41   « »

    elbé :
    10 novembre @12h39

    Mais non, voyons Olive, La France est un pays laïque ! (...)

    Ouais peut-être...

    Rappelons-nous par exemple que l’Anatolie ottomane comptait 20% de Chrétiens, depuis Kemal Atatürk combien sont-ils aujourd’hui dans la Turquie moderne ? Même pas 2%, les ennemis des Orientaux chrétiens ne sont pas ceux que l’on voudrait nous faire croire.

  • permalien elbé :
    10 novembre 2010 @15h11   « »

    Euh, Olive, mon propos se voulait sarcastique.

  • permalien Olive :
    10 novembre 2010 @15h38   « »

    elbé :
    10 novembre @15h11

    Euh, Olive, mon propos se voulait sarcastique.

    Oh je l’avais bien compris comme cela rassurez-vous, mais j’ai profité du fait que vous parliez de laïcité pour rappeler ce fait historique à l’appui de ce que je disais précédemment. Vous avouerez que c’est tout de même curieux que l’on nous présente tout d’un seul coup au 21ème siècle les Chrétiens d’orient comme étant des cibles, eux qui ont tant bien que mal survécu à 2000 d’histoire dans la région, on peut être naïf mais tout de même...

  • permalien Yasmina :
    12 novembre 2010 @18h17   « »

    Yémen, la « guerre contre le terrorisme » est déjà perdue ???? pas pour tout le monde. Une nouvelle grande partie débute entre Usa, Israel, Inde et Chine.
    Voici l’analyse de M K Bhadrakumar :
    L’odyssée d’Obama au Yémen vise la Chine

  • permalien Steph :
    14 novembre 2010 @05h23   « »

    Le N°1 de l’armée britannique dans The Sunday Telegraph :

    "In conventional war, defeat and victory is very clear cut and is symbolised by troops marching into another nation’s capital. First of all you have to ask : do we need to defeat it [Islamist militancy] in the sense of a clear cut victory ? I would argue that it is unnecessary and would never be achieved.

    But can we contain it to the point that our lives and our children’s lives are led securely ? I think we can."

    Gen Sir David Richards 13/11/2010

    Soit ce n’est pas un scoop pour beaucoup, mais sachant qui le dit...

  • permalien K. :
    17 novembre 2010 @23h24   « »

    McKeon, le prochain président du comité des Services armés de la Chambre du Congrès, voudrait réviser dans le sens d’un renforcement la loi du “Authorization to Use Military Force Against Terrorists instaurée en 2001, qui est la « loi de base autorisant la guerre contre al-Qaeda ».

    L’objectif est une majoration de l’agression contre le yemen, en plein accord semble-t-il avec Obama qui aurait prévu d’y installer des bases militaires.

  • permalien Benjamin Wiacek :
    18 novembre 2010 @18h10   « »

    Article tres interessant qui resume assez bien la situation au Yemen et tente de demeler toutes les informations contradictoires que l’on peut lire dans les medias...

    La situation au Yemen est clairement beaucoup plus complexe que ce qu’on veut tenter de nous faire croire... et tant que les pays occidentaux continueront de soutenir aveuglement le regime de Saleh, un des plus corrompus du monde, la "guerre contre le terrorisme" ne pourra jamais deboucher sur un succes...

    Pauvrete, analphabetisme, frustration, etc.. tous sont dus a la corruption qui gangrene le pays depuis des decenies, et a terme menent a l’extremisme. Si l’on se concentrait sur les causes reelles du probleme, alors aurions-nous une chance d’ameliorer la situation... Mais il semblerait que l’on prefere tirer et reflechir ensuite.

    Pour d’autres informations sur le Yemen, vous pouvez egalement visiter mon blog : http://echos-moyenorient.blog.lemonde.fr

  • permalien Lou :
    25 novembre 2010 @10h47   « »

    Cameroun : Un hélicoptère de l’armée disparaît dans le ciel. Le patron du BIR était à bord !

    (...)Les deux dernières sources s’accordent sur une chose : la présence dans l’hélicoptère du commandant du Bataillon d’intervention rapide (BIR, unité d’élite de l’armée camerounaise), Avraham Avir Silvan, de nationalité israélienne.

    Selon une des sources, le commandant du BIR s’occupait également de tout ce qui a trait à la sécurité du président camerounais Paul Biya.

    Le BIR a été créé officiellement pour faire "face à l’émergence de nouvelles formes de criminalité".

    Un de ses contingents, le BIR-Delta, est déployé depuis 2009 dans la péninsule de Bakassi (sud-ouest) pour la sécurisation de cette région marécageuse de 1.000 km2, difficile d’accès mais riche en pétrole et gaz, où se sont multipliés attaques en mer et enlèvements attribuées par les autorités à des "pirates".(...)

  • permalien Lou :
    25 novembre 2010 @13h15   « »

    Les USA et Israël derrière l’attentat contre les houthistes

    25/11/2010 Le mouvement des Houthistes ont accusé les États-Unis et l’entité sioniste d’être les commanditaires de l’attentat suicide à la voiture piégée qui a coûté la vie à 23 yéménites de la confession chiite zaydite qui se préparaient dans le cadre d’un convoi à célébrer la fête AlGhadir dans la région AlJof au nord du Yémen.

    Dans un communiqué, le bureau du dirigeant de ce mouvement Abdel Malak AlHouthi signale : « au vu des premières indications reprises par l’enquête, cet acte criminel est le travail des services de renseignements américain et israélien ».

    Et d’assurer que ce genre d’agressions criminelles porte « l’empreinte de la façon d’agir des Américains qui cherchent à semer la discorde confessionnelle, surtout que ce sont les américains qui seront les premiers bénéficiaires ».

  • permalien K. :
    7 décembre 2010 @10h44   « »

    Amnesty (extraits) :

    Un câble diplomatique divulgué corrobore les conclusions issues de clichés publiés cette année par Amnesty International qui montraient que l’armée américaine avait procédé à un tir de missile dans le sud du Yémen en décembre 2009, tuant plusieurs dizaines d’habitants.

    Dans ce câble secret daté de janvier 2010 et révélé par l’organisation Wikileaks, il est indiqué que le président du Yémen, Ali Abdullah Saleh, a déclaré au général américain David Petraeus : « Nous continuerons d’affirmer que les bombes sont les nôtres, pas les vôtres. »

    Le 17 décembre 2009, un camp d’entraînement présumé d’Al Qaïda situé à al Maajala, dans le gouvernorat d’Abyan, a été touché par un missile de croisière. Une commission d’enquête parlementaire yéménite a conclu que 41 habitants, dont 14 femmes et 21 enfants, et 14 membres présumés d’Al Qaïda avaient trouvé la mort dans cette attaque. D’après le câble diplomatique du 4 janvier, le général Petraeus aurait déclaré que cette frappe n’avait tué « que » trois « civils ».

  • permalien Houcine :
    3 juin 2012 @19h05   «

    Concernant la stratégie du terrorisme invitant le monde occidental à se rallier à Israël, et combattre les arabes et leur Islam, le lien ci-dessous a été soigneusement écrit par une plume Occidentale, mettant la lumière sur une zone d´ombre, impliquant ceux qui ont tenté depuis longtemps de préparer l´Opinion et agir cruellement et sans scrupule, profitant de la haine qui touche toute une culture et la couverture de leurs puissants Mentors !

    http://www.erichufschmid.net/TFC/Bo...

    Houcine__

Ajouter un commentaire