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Juppé aux armées

mercredi 17 novembre 2010, par Philippe Leymarie

Alain Juppé : le voilà maître de l’Hotel de Brienne, raide, « droit dans ses bottes », à l’image de ce qu’avaient été – en leur temps – les Pierre Messmer ou Michel Debré, également passés par Matignon avant ou après la défense : les militaires apprécieront sans doute ce remake, comme ils avaient apprécié la martiale Michèle Alliot-Marie, première femme à tenir le rôle, également rigide, patriote, gaullienne… là où Hervé Morin aura traîné sa silhouette dégingandée, ses jambes arquées de cavalier, son air dilettante (ce qui n’a pas été le cas – il a lancé la réorganisation d’un ministère qui en avait bien besoin). De quoi redonner quelque lustre à la fonction, et mieux exister face à Nicolas Sarkozy, même si – comme à l’ordinaire – la tambouille de la défense à la française se fera au château…

Pour les armées, c’est l’arrivée d’un poids lourd. Hervé Morin, dont c’était le premier portefeuille ministériel, n’avait – comme titre de noblesse et d’expérience – que celui d’avoir servi un certain François Léotard, dont il était le jeune collaborateur parlementaire au ministère de la défense, sous la seconde « cohabitation » (1993-1995). Alain Juppé y entre avec une aura d’ancien premier ministre, un temps héritier présomptif de Jacques Chirac, après avoir occupé des postes ministériels importants (affaires étrangères, budget).

L’homme a le sens de l’Etat, connaît l’administration, pourra défendre mieux qu’un autre les crédits de son secteur – et il a du temps pour s’y préparer, le budget 2011 étant bouclé. En outre, il est « classé » second du gouvernement, dans le rang protocolaire, ce qui restitue quelque importance à ce ministère régalien qui souffrait un peu du désamour d’un président actuel plus porté sur les policiers que sur les militaires.

Autre point fort : Alain Juppé est – et veut rester, en bon cumulard – le maire de Bordeaux : une ville qui, avec sa région Aquitaine, héberge des usines et ateliers de tous les grands de l’armement (MBDA, Safran, Thalès, Dassault, EADS, CEA), ainsi que la totalité des forces spéciales de l’armée de terre, un état-major régional coiffant tout le Sud-Ouest, un grand centre de mise en condition opérationnelle (MCO), etc. Et Alain Juppé aura bien sûr à cœur de défendre son fief, sur ce plan aussi.

Mais ce ministre gaulliste, ou simplement gaullien, se retrouve dans la situation paradoxale d’avoir à :

- légitimer un plein retour de la France dans le giron de l’OTAN, dont il s’était démarqué, doutant par exemple que l’administration américaine soit « prête à partager réellement les responsabilités militaires au sein de l’Alliance » ou que les Européens aient « la même vision des intérêts européens au sein de l’Alliance » (Le Monde, février 2009) ;
- mettre en œuvre des traités et accords conclus ce mois-ci avec le Royaume-Uni, notamment dans le nucléaire, qui reviennent à lier encore plus la défense française avec l’axe OTAN-Etats-Unis-Grande Bretagne (même si cela recoupe une intuition qu’il avait eue dès 1995, lorsqu’il avait prôné une dissuasion nucléaire « concertée » avec les alliés européens) ;
- et endosser des coupes sombres dans les ressources humaines et les équipements des armées (qui risquent là encore, en raison de l’impasse sur certaines capacités, de rendre la France plus dépendante du système otanien).

Angles morts

Mais, de cet écheveau de contradictions, peut-être l’ancien premier ministre pourrait-il faire une force, profitant d’une conjoncture politique plus dangereuse pour un Nicolas Sarkozy accaparé par son avenir présidentiel, et placé devant la nécessité de lâcher quelque peu la bride à cet allié devenu indispensable. L’occasion alors, pour Alain Juppé, de faire évoluer par exemple le dossier-clé et pratiquement tabou de la dissuasion nucléaire à la française.

Déjà, en temps que premier ministre de Jacques Chirac, il avait eu à :

- réduire la voilure nucléaire française (fermeture du site d’essais de Mururoa, suppression de la composante terrestre de la dissuasion du plateau d’Albion) ;
- et à proposer à l’Allemagne de profiter du parapluie de la dissuasion française, qui devenait ainsi « concertée ».

En octobre 2009, Alain Juppé s’était joint à Michel Rocard et à l’ancien ministre socialiste de la défense Alain Richard pour inciter à un « désarmement nucléaire mondial », le fameux « global zero » – un appel parallèle à celui qu’avait lancé quelques mois plus tôt à Prague le président Obama. Dans leur tribune, ils affirmaient que la France aurait à « en tirer les conséquences le moment venu quant à ses propres capacités », ajoutant que « la pertinence stratégique de la dissuasion [Ndlr : française] connaît des angles morts de plus en plus larges ».

Bien qu’Alain Juppé se soit gardé de remettre en cause le dispositif français actuel – Paris maintiendra une dissuasion nucléaire tant qu’il restera ailleurs dans le monde des systèmes stratégiques du même genre –, il peut contribuer à relancer un débat dans l’Hexagone sur la pertinence de la dissuasion à la française, son efficacité, son coût, ses partenaires, son avenir, etc. - débat actuellement au point mort.

Autre dossier chaud : l’engagement en Afghanistan, et comment en sortir. Le président Sarkozy n’a guère de doctrine, sinon qu’il « faudra y rester le temps qu’il faut ». Le pli avait été pris, depuis 2007, de coller à l’exécutif américain. Depuis l’élection du président Obama, qui évacue ses troupes d’Irak et a promis de commencer à faire de même en Afghanistan à partir du milieu de l’an prochain, le gouvernement français se retrouve en porte-à-faux, avec des petits airs « d’ultra » (comme sur le dossier iranien) tempérés par une réalité plutôt « petits bras » (une intervention en Afghanistan a minima, derrière… l’Allemagne).

Marché de dupes

Alain Juppé, qui aurait manifesté l’ambition de faire briller sa fonction à l’international – OTAN, Europe, etc. – plutôt qu’à « s’occuper des casernes », pourrait donc exercer ses talents à trouver une porte de sortie pour les militaires français englués en Afghanistan. Ou en tout cas à peser en ce sens auprès du chef des armées en titre, le président. Le sommet de l’OTAN, les 19 et 20 novembre à Lisbonne, qui fera le point sur l’opération « d’assistance à la sécurité » menée dans ce pays par l’organisation transatlantique, en sera une première occasion.

Alain Juppé avait donc émis des réserves sur la réintégration de la France au sein de la branche militaire de l’Alliance : le 18 juin 2008, il s’inquiétait de ce que la France « soit en train de faire un marché de dupes, en rentrant sans conditions ». Un peu plus tard, il avait regretté la perte de la spécificité française, sur le plan géopolitique, invitant à y « regarder à deux fois » avant de rejoindre l’organisation intégrée.

L’ancien premier ministre a paru déplorer aussi, l’an dernier, que le « pilier européen » de la défense n’ait pas été mieux consolidé, pour équilibrer l’hégémonie américaine au sein de l’OTAN – ce qui était justement la condition avancée par le président Sarkozy pour justifier son ralliement transatlantique.

L’examen, par le sommet de Lisbonne, du projet de bouclier anti-missile européen, qui serait raccordé aux dispositifs existants ou en projet côté américain, sera également un premier test-express de la capacité d’Alain Juppé à exister à côté de Nicolas Sarkozy : le président français n’avait pas hésité, il y a quelques semaines, à contredire brusquement son ministre Hervé Morin (critique à l’égard de cette initiative), assurant que la France n’avait rien contre ce bouclier, et souhaitait au contraire s’y associer, et donc participer à son financement.

17 commentaires sur « Juppé aux armées »

  • permalien parkway :
    17 novembre 2010 @13h08   »

    "il s’inquiétait de ce que la France « soit en train de faire un marché de dupes"

    nous allons avoir maintenant "un marché de Juppe..."

    n’oublions pas le marché de 22 raffales que les contribuables ont acheté à ce pauvre Dassault...

  • permalien Yann :
    17 novembre 2010 @13h56   « »
    Sarkozy, Juppé, Morin et leur clique terroriste

    Comment Obama compte s’y prendre pour "évacuer ses troupes" d’Afghanistan :

    L’occupation sans fin de l’Iraq (Gareth Porter, Counterpunch, 16/11/2010)

    Juppé ministre de la guerre, c’est surtout un (énième) message très clair au peuple : pour réussir en politique, soyez un truand !

    Votre article me laisse pantois...

  • permalien steph :
    17 novembre 2010 @14h10   « »

    « Pour les armées, c’est l’arrivée d’un poids lourd. (...) »

    Un poids lourd ? Vraiment ? "Les armées" auraient-elles la mémoire si courte ? En décembre 1994, tout le monde semble l’avoir oublié, notre ami Alain Juppé n’était-il pas Ministre des Affaires étrangères, lorsqu’est survenue cette surprenante affaire de la prise d’otage du vol Air France 8969 à Alger et des non moins surprenantes péripéties qui s’en sont suivies ? Il est vrai qu’à cette occasion Alain Juppé avait été très discret pour le moins, dans l’ombre d’un certain Charles Pasqua pourtant Ministre de ............ l’intérieur, et de leur Premier ministre Edouard Balladur.

  • permalien deor :
    17 novembre 2010 @14h23   « »

    Certains militaires - pas tous heureusement - apprécient aussi probablement la position que Juppé a toujours eu sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Pour lui, le gouvernement était "loin de prendre parti pour un camp contre l’autre" et il s’est dit "scandalisé par la tentative de réécriture de l’histoire qui vise à faire porter sur la France tout ou partie de la responsabilité de l’abominable génocide rwandais. (...) L’opération Turquoise fait honneur à la France et à son armée. Nos soldats ont agi avec courage, loyauté et abnégation et ont sauvé des dizaines de milliers de vies"...

    Sa nomination n’augure rien de bon pour l’avancée de la connaissance de la vérité et de la justice dans cette horrible histoire.

  • permalien Yann :
    18 novembre 2010 @00h52   « »

    erratum :

    Comment Obama compte s’y prendre pour "évacuer ses troupes" d’Iraq

  • permalien LE BARBU :
    18 novembre 2010 @10h34   « »

    Alain Juppe à la défense, n’ y aurait-il pas l’ ombre d’un conflit d’ intérêts ?
    Son épouse est en effet salariée de Arnaud Lagardére le " frère de notre Président" .Le groupe Lagardére est un actionnaire d’ EADS qui fabrique entre autre du matériel d’armement( missiles Eurocopter ect.) et qui a comme gros clients le ministère français de la Défense. A méditer.

  • permalien K. :
    18 novembre 2010 @10h37   « »

    Alain Juppé voit dans l’Afghanistan « un piège »

    Il est difficle de partager l’enthousiasme de l’Etatsunien anti-impérialisme Jason Ditz après lecture de l’article du Figaro.

  • permalien HN :
    18 novembre 2010 @15h55   « »

    Alain Juppé : le voilà maître de l’Hotel de Brienne, raide, « droit dans ses bottes »

    Heu "droit dans ses bottes", je suis pas trop d’accord hein.
    Je dirais plutôt qu’il a "le Droit dans ses bottes" (cf financement du RPR).

     :-)

    Tiens, encore un opaque qui a "financé" le RPR, dont la femme travaille pour un "ami" de Mr Sarkozy, et qui récupère un ministère justement en relation avec l’activité de ce "frère".

    On n’en est pas encore à voir les frères, les neveux ou les cousins de Sarkozy dans le gouvernement mais on en prend le bon chemin.

    Et vive "Papa Sassou N’Sarkozy"

  • permalien Yann :
    18 novembre 2010 @17h31   « »
    Juppé le mafieux

    Bon plan pour Juppé :

    The West will never win war against Al Qaeda, warns armed forces chief as he reveals plans to keep troops in Afghanistan for ’30 or 40 years’

    [L’Occident ne gagnera jamais la guerre contre Al Qaida, prévient le chef des forces armées britanniques alors qu’il révèle les projets de laisser les troupes en Afghanistan encore 30 ou 40 ans.]

    Juppé à la guerre : le prix payé par Sarko contre son silence sur l’affaire Karachi ?

  • permalien K. :
    18 novembre 2010 @18h39   « »

    Pour paraphraser Burt Bacharach, ce dont le monde a besoin aujourd’hui est l’OTAN, la douce OTAN.

  • permalien patriote :
    18 novembre 2010 @23h39   « »
    Ah et qu’est qui l’a fait changé d’avis comme ca ???

    Il a toujours été impopulaire. Il souhaite certainement redorer son image et espère être premier ministre une fois sarko réelu.

    Ce qui est sidérant c’est son changement d’opinion. Il critiquait la soumission de la France à l’OTAN et voila qu’il va la soutenir et la defendre.
    Il aura aussi à poursuivre le sal boulot de l’occupation de l’afghanistan. Morin le centriste du nouveau et superbe centre avait bien fait cette tache (lui qui disait avoir des difficultés à expliquer à des "cons" que l’occupation de l’afghanistan était utile à la France).

  • permalien Maraud Alpha :
    19 novembre 2010 @21h54   « »

    "tous les responsables du génocide soient retrouvés et punis" ?

    Merçi @ Déor vous êtes dans la vérité.
    Combien de temps encore devrons nous vomir l’odeur des cadavres de ce génocide perpétré par des criminels reçus à l’Elysée ?

    Mission toujours très difficile pour nos combattants grâce à nos politiques des palais dorés parisiens qui soutiennent un jour tartempion et le lendemain bidule en se déclarant neutre au gré des changements de majorité ; comptant sur nous pour ôter les épines des pieds qu’ils se sont mises !. Les amis d’hier sont devenus nos ennemis aujourd’hui en moins de temps que de le dire mais nous sommes habitués depuis l’empire colonial africain, tantôt à servir un tyran criminel, tantôt un dictateur génocidaire !.

    Les responsabilités de l’Onu et de Balladur, de son gouvernement et de Juppé :
    La question est simple pourquoi :" le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de retirer 90 % des troupes de la Minuar le 6 avril, jour de l’assassinat du président Habyarimana, et le 21 l’Onu retire la totalité de ses hommes, alors que les massacres sont en cours laissant le champ libre aux génocidaires et qui a décidé" ?

    Nous aurions dû nous retrouver à combattre face à nos alliés les anglais et la CIA !, et cela perdure encore à ce jour par désistement du gouvernement politique de la France qui a décidé notre retrait, puis notre retour en 2003 sous l’opération Licorne avec MAM !. (Entre temps 800000 civils suppplémentaires l’ont payé de leur vie mais on en parle surtout pas).
    Hasard ou non, ce renouement des relations entre Notre Seigneurie représentant la France et Paul Kagamé pour le Rwanda intervient quelques heures seulement après l’accession du Rwanda au sein du Commonwealth.

  • permalien Maraud Alpha :
    19 novembre 2010 @21h58   « »

    "tous les responsables du génocide soient retrouvés et punis" ? (suite)

    Le gouvernement Balladur dont Juppé est également responsable de l’echec de la mise en application et du contrôle des accords d’Arusha. De l’opération Noroît de notre départ en septembre 1993 pour être remplacée par la Minuar et son échec...Ô j’ai bien évidemment à ajouter que nous avons aidés militairement par la fourniture d’armes bien après l’embargo décidé par l’ONU. Les pires exemples de la CIEMG de Noroît à Turquoise en passant par l’Angola. Via Luchaire, Thomson, Aerospatiale ou DYL !. Quand le pouvoir politique cautionne la BNP et le Crédit Lyonnais pour les crédits d’achats d’armements via les visas de la CIEMG l’autorisant (Commission Interministérielle pour l’Exportation du Matériel de Guerre) . Car à la date des accords d’Arusha en août 1993 ; officiellement plus aucune autorisation n’a été donnée !. Certes des reliquats de contrats ont bien été honorés jusqu’en juillet 1994 via Goma et Kigali qui achetait aussi ces armes à des sociétés étrangères en transit ; ainsi le Caire fournissait pour plus de 6 millions de $ de matériels payés cash au Crédit lyonnais à Londres !.. Comme si les machettes ne suffisaient plus !...

    Pourquoi Charles Pasqua veut-il faire lever le secret défense pour mouiller les détracteurs de sa famille politique ?.

    Du chef des Armées :
    Notre Seigneurie serait-il subitement frappé d’amnésie récurrente en qualité de ministre délégué au budget en 1994 ? (Le coût de l’opération Turquoise étant à notre charge ! et Noroît nous coûtait plus de 300 millions de francs annuel d’aide militaire pour le Rwanda avec 1500 combattants français en poste )...Quel jeu nous joue-t-il d’un "rétabissement diplomatique" pour le renouveau d’un safari sarkozien comme giscardien en 1975 ? Combien cela va t-il encore nous coûter ?

    Il est incontestable que la prolongation de l’opération Noroît pour X mois jusqu’à la mise en apllication des accords d’Arusha et la stabilisation de la région des Grands lacs eut été salvatrice ; Mitterrand l’avait compris depuis longtemps et il écoutait son état major où nous pouvions encore peser par exemple sur l’envoi d’un corps expéditionnaire de plus de 17000 hommes pour l’opération Daguet.. !.

    De la justice française :
    Que nos plaintes bloquées aboutissent car nous sommes accusés du génocide, nous militaires français. La question de l’indépendance de notre justice (Bruguière a signé neuf mandats d’arrêt contre des proches de Kagamé en date du 23 novembre 2006) face au pouvoir politique se pose. Et aucune raison d’Etat ni de secret défense opposable n’est plausible pour un militaire dûment accrédité !...

  • permalien Maraud Alpha :
    19 novembre 2010 @22h06   « »

    "tous les responsables du génocide soient retrouvés et punis" ? (fin)
    De Juppé :
    "On doit faire comme vous le souhaitez monsieur le premier ministre"(Mitterand avril 1993 en cabinet restreint de défense à l’Elysée sur le Rwanda). L’on ne peut donc invoquer la difficulté de la cohabitation !..
    Juppé avait son mot à dire avant ; car après le 22 juin 1994 il était déjà trop tard !... Contrairement à l’obéissance de notre cema (cela eut été pire encore sans Lanxade) car Juppé a participé à toutes les réunions en cabinet restreint de la défense au château sur le Rwanda ; comme Mitterand, Balladur, Léotard, Juppé, Roussin, Vedrine, Boidevaix, Fougier, Denoix de saint Marc, les généraux : Huchon, Quesnot, Rannou, contre amiral Lecointre, et notre cema l’amiral Lanxade.

    Enfin un soutient politique tardif à Lafourcade de Juppé et de ce billet sur son blog (http://www.al1jup.com/?p=677) et sa déclaration le 19 juin 2010, Juppé, lui a écrit :
    "Votre vérité est aussi la mienne. Je suis scandalisé par la tentative de réécriture de l’histoire qui vise à faire porter sur la France tout ou partie de la responsabilité de l’abominable génocide rwandais. (...) L’opération Turquoise fait honneur à la France et à son armée. Nos soldats ont agi avec courage, loyauté et abnégation et ont sauvé des dizaines de milliers de vies".

    Alors qu’il en était ministre des affaires étrangères en 1994, il pouvait très bien depuis tout ce termps monté au créneau quand nous sommes accusés de responsables du génocide depuis 2006, ainsi que les acteurs décisionnaires cités ci-dessus et pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? Mais il choisi d’intervenir après "le rétablissement diplomatique et la visite de son poulain Notre Seigneurie à Kigali" et sutout après publication "Opération Turquoise" par notre excellent chef Jean-Claude Lafourcade qui a fait honneur à notre armée sauvant ainsi des dizaines de milliers de femmmes et d’enfants avec en prime le choléra et qui se bat encore pour défendre notre honneur par ses écrits rétablissant ainsi la vérité historique que Notre Seigneurie nous réécrit et dont Juppé cautionne en ce billet éhonté !.

    Je sens cette vomissure particulière d’une tentative à la récupération politique éléctoraliste de Juppé puant encore de putréfaction des cadavres de ce génocide !...
    Merci mon général, comme vous et nous tous, je ne puis cautionné l’inacceptable d’une tentative politique de réécriture historique de nos combats durant Turquoise.

  • permalien Maraud Alpha :
    19 novembre 2010 @22h15   « »

    Pourquoi Juppé a-t-il prit la Défense ?

    Juppé à la défense pour nous ce n’est pas un scoop ! ; nous le savions depuis le 15 octobre et confirmé le 27 /10 par le départ de notre camarade Frédérique Solano (officier presse en opex) du Sirpa-Air pour le cabinet du mindef où il remplace Philippe Tanguy (TdM).

    Ce n’est pas un appelé "sous bite" de l’AA en 1970 qui aurait la prétention d’effectuer notre retrait d’Afghanistan dont ce n’est pas notre guerre et de nous retirer du commandement intégré de l’Otan par une prise de poste à la défense dont il se fout royalement !. Quant à le qualifier de gaulliste ou de gaullien c’est totalement faux à ce jour !...Il est très loin d’arriver au petit orteil de Pierre Messmer que j’ai bien connu et c’est plutôt l’opposé !!.
    Demain il n’y aurait plus que des mercenaires privés américains, plus d’avion, plus de dissuasion, plus rien quoi !!!...

    Juppé, promu à Matignon de mai 1995 à juin 1997, a, sous l’autorité de Chirac et avec le ministre de la Défense Charles Millon, conduit l’une des plus importantes réformes militaires des dernières décennies, avec la professionnalisation des armées. Celle-ci, très mal conduite et faussement réussie, s’est traduite par une sérieuse réduction du format (armée de terre : - 42%, marine et armée de l’air : -29%) et la fermeture de très nombreuses garnisons et bases !. Ces mauvais choix drastiques n’ont pas eu d’équivalent dans l’équipement, avec la poursuite des programmes hérités de la guerre froide (Char Leclerc, hélicoptère Tigre, Porte-avions CDG, etc) qui ont tous continué sous (Jospin voulait les réduire mais Chirac a opposé son veto) MAM qui n’a que fait d’expédier les affaires courantes tout en la fermant et pire encore avec Morin par des coupes encore plus dramatiques mais en prenant un retard d’équipement considérable dont nos combattants le paient de leur sacrifice suprème en Afghanistan.

    En matière nucléaire, les choix du gouvernement Juppé ont abouti à une réduction des forces, sans réel gain politique sur la scène internationale. A la suite de la condamnation suscitée par la reprise des essais unilatéral nucléaires par Chirac. Il a démantelé une part importante de notre dispositif (Mururoa, Albion, Pierrelatte et Marcoule...) et signé des textes très contraignants que l’on viole délibérément. De toutes les puissances nucléaires, la France est celle qui est allé le plus loin dans cette voie, sans en récolter le moindre bénéfice en termes politiques. Si bien qu’aujourd’hui elle se retrouve pointé du doigt par tous les pays qui ont signé le TICE !..(cf ma remarque sur le TICE (« Entente frugale » entre Paris et Londres).

  • permalien Maraud Alpha :
    19 novembre 2010 @22h18   « »

    Pourquoi Juppé a-t-il prit la Défense ? (suite et fin)

    En matière d’industrie de défense, le gouvernement Juppé est resté dans les mémoires comme celui de l’affaire Thomson et les grèves concernant ses réformes. Un épisode qui s’est soldé par un terrible échec. Alain Juppé voulait céder la branche de défense Thomson CSF (aujourd’hui Thalès) à Matra (futur EADS) et donner Thomson-Multimédia au coréen Daewoo "contre un franc symbolique". 

    Je contate encore et hélas le contrôle médiatique de Notre Seigneurie en nommant Juppé à la défense qui ne permet plus aux médias d’effectuer les enquêtes nécéssaires à l’éclosion de la vérité sur Karachi et les rétrocommissions de la vente des Agusta au Chili et encore moins au juge Bruguière qui va se heurter à une fin de non recevoir du mindef acteur à l’époque ainsi que le ministre délégué du budget, Notre Seigneurie, sous le gouvernement Balladur !. Même si Millon, qui lui est gaulliste, vient de déposer ce lundi en dénoncant les rétrocommissions. C’est donc simple à comprendre ?

    Putain deux ans pour viré ces otaniens pro-américains de l’union des moutons de panurge lavés du cerveau qui nous mènent à la ruine ; aux urnes citoyens !.

  • permalien bonobo :
    19 novembre 2010 @23h19   «

    A mon avis, Juppé souhaite inaugurer sa nouvelle fibre écolo en lancant un programme de bombes à neutrons écolo : "elles ne tuent que des hommes, ce qui protège la couche d’ozone -moins d’émission de CO2 ".
    Etonnant, non ?

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