Le Monde diplomatique

OTAN, mon amour

vendredi 19 novembre 2010, par Philippe Leymarie

L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) se réunit en sommet les 19 et 20 novembre à Lisbonne, « l’un des plus importants de son histoire » selon son secrétaire général. Depuis la disparition de l’Union soviétique, l’Alliance n’a d’autre ennemi clairement identifié et combattu que… les talibans afghans. Au menu du sommet : la situation incertaine en Afghanistan, le bouclier antimissile, les relations avec la Russie, les liens avec les pays de l’Est, le dialogue méditerranéen, la réforme des structures et des agences de l’organisation, et surtout un nouveau « concept stratégique »…

« Le sommet conduira à la mise en place d’une Alliance plus efficace, plus engagée et plus rentable que jamais, autant de valeurs qui seront inscrites dans le nouveau “concept stratégique” », veut-on croire au siège de l’OTAN, à Bruxelles. L’adoption définitive de ce texte d’une dizaine de pages, qui servira de guide à l’action de l’Alliance pour les dix prochaines années, est un des principaux points à l’ordre du jour. Il a été rédigé par le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen [1], qui s’est appuyé sur les conclusions d’une commission de douze experts présidée par l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, dont le rapport lui avait été remis en mai dernier.

Selon Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique [2], ce rapport avait permis de « clore un certain nombre de vrais et de faux débats sur l’état de l’Alliance, en formulant des recommandations concrètes sur l’équilibre entre défense territoriale et nouvelles menaces, et l’importance confirmée de l’article 5 » (la clause de défense mutuelle entre les pays-membres).

Le groupe des experts avait pris position sur :

- le développement des consultations politiques au sein de l’Alliance, et le caractère indispensable de profondes réformes du fonctionnement interne de l’Alliance ;
- les relations OTAN-Russie, en proposant une approche associant réengagement de Moscou et réassurance des Alliés ;
- le caractère essentiel pour l’OTAN de nouer des partenariats avec d’autres organisations, comme l’UE ou l’ONU, pour faire face aux crises ;
- la place confirmée de la dissuasion et le rôle à venir des défenses antimissiles, sur la prise en compte des nouvelles menaces (cyber-attaques en particulier) ;
- la nécessité de maintenir un effort budgétaire et capacitaire significatif.

Organisation sans frontières

Bien que l’essentiel de ces conclusions aient été reprises dans le « concept » soumis à l’adoption par consensus des pays-membres, certaines avaient été âprement discutées :

- la question des relations avec la Russie, certains Etats-membres la voyant toujours comme une menace, à l’image de l’ancienne URSS, alors que d’autres souhaitent s’en faire un partenaire ;
- la question des relations avec l’Union européenne, alors que vingt et un Etat-membres sont communs à l’UE et à l’OTAN, que les occasions de chevauchements et doublons sont nombreuses, et que les relations institutionnelles sont rendues difficiles, notamment en raison des blocages turc et chypriote ;
- la question de la dissuasion nucléaire, avec un clivage entre les partisans du désarmement (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Norvège) et les Etats « nucléaires » (France, Royaume-Uni), qui considèrent que leur panoplie est déjà à la limite de sa crédibilité, et ne veulent pas bouger.

Au-delà de ces recommandations « doctrinales », le plus spectaculaire lors de ce sommet de Lisbonne est l’annonce de la création du système de défense antimissile de l’OTAN, qui serait articulé avec le dispositif américain : il est voulu par certains comme complémentaire de la dissuasion nucléaire, mais pourrait – pour d’autres – s’y substituer (voir plus bas).

La réforme des structures et des agences de l’OTAN : elle est d’autant plus nécessaire que les budgets nationaux de défense sont à la baisse. Le secrétaire général a pronostiqué dans Le Monde du 16 novembre dernier « une refonte de la structure militaire de commandement, une réduction du personnel, des quartiers généraux et des agences ».

Se rêvant « sans frontières », l’OTAN se cherche de nouvelles vocations, pour ne pas disparaître. Le secrétaire général Rasmussen soutient que l’organisation ne peut être un « gendarme du monde », ni se limiter au militaire, et doit se doter des moyens pour « interagir avec l’ONU, l’Union européenne, la Banque mondiale ». Ses vingt-huit pays-membres cumulent les trois quarts des dépenses militaires de la planète.

Mission américanisée

La stratégie alliée en Afghanistan en question : les maître-mots sont « transition » ou « transfert » des responsabilités, armée, et police aux Afghans. Et la question : « comment en sortir ? » Avec une échéance sans cesse repoussée : ce serait 2014… Commentaire du dernier rapport en date de la RAND [3] : « The “Americanization” of NATO’s mission in Afghanistan may prove crucial to the future of Afghanistan, but the alliance could suffer long-term harm by being relegated to the position of junior partner to the United States ».

Selon cette étude, l’Alliance avait endossé la responsabilité de la Force d’assistance à la sécurité (FIAS) sans stratégie claire, quelques uns des pays-membres portant l’essentiel du poids de l’intervention. Et les troupes de l’OTAN ont souffert de règles d’engagement restrictives, d’un manque d’effectifs et d’équipement, et d’attentats et attaques de l’ennemi de plus en plus nombreuses.

Le sommet de Lisbonne sera aussi l’occasion d’un conseil OTAN-Russie qui aura lieu le 20 novembre, en présence du président Medvedev. Les discussions se tiendront sur la base d’une liste commune des menaces et des défis, préparée par les deux parties, « où il y est question à la fois de ce qui inquiète la Russie et les membres de l’OTAN, et qu’on aborde la façon de résoudre ces problèmes », d’après une source du quotidien russe Kommersant.

La Russie est invitée à se joindre au projet de bouclier antimissile de l’OTAN, dans des conditions qui restent à préciser. Il lui est également demandé de faciliter l’approvisionnement des forces de la coalition en Afghanistan, en leur accordant des droits de passage. Un projet d’achat par l’OTAN de plusieurs dizaines d’hélicoptères russes MI-17, en discussion depuis un an, pourrait être finalisé. Mais le refus récent du Sénat américain de ratifier le nouvel accord conclu avec la Russie sur le désarmement (traité Start) n’est pas de bon augure. Il faudra également tenter d’aplanir les divergences sur la Géorgie et le Traité FCE régissant les forces conventionnelles en Europe.

Fil de l’eau

Côté français, c’est le premier sommet depuis le plein retour des militaires tricolores au sein de l’organisation intégrée. C’est aussi le premier déplacement à l’étranger du nouveau ministre de la défense, Alain Juppé, qui avait pris ses distances ces derniers mois avec cette démarche unilatérale du président Nicolas Sarkozy, craignant un « marché de dupes ». Il devra désormais célébrer les vertus de l’Alliance [4].

Paris ne cesse d’ailleurs de manger son chapeau, sur l’OTAN, sur le bouclier antimissile, sur la politique de défense de l’Union européenne, sur sa propre dissuasion nucléaire. Et de laisser filer le bouchon, de renoncement en renoncement, explique Louis Gautier, ancien conseiller socialiste pour la défense, selon lequel l’alliance conclue récemment avec le Royaume-Uni est une manière d’enterrer la Politique commune de sécurité et de défense (PESD) : « Notre pays est désormais en passe d’accepter le principe du déploiement d’un système de défense antimissile au dessus de l’Europe, et son interconnexion, sous un commandement unique, au système de défense aérienne de l’OTAN, et au système de défense antimissile des Etats-Unis », le tout ambitionnant de devenir « un dispositif global et multicouche d’interception ».

Pour Louis Gautier c’est bien sûr « l’intégrateur » américain, fournisseur en outre des principaux vecteurs, qui commandera l’ensemble ; les Européens se contenteront de financer (1 milliard dans une première phase, mais jusqu’à 20 sur les dix prochaines années, selon certains experts). Autre retombée : la place de la dissuasion française « se marginalisera inéluctablement » [5].

Notes

[1] L’ancien premier ministre libéral du Danemark a tout pour plaire : son accession au secrétariat général de l’OTAN, en avril 2009, a été favorisée par la France, l’Allemagne, et les Etats-Unis. Il avait été un des premiers européens à suivre l’aventure du président Bush en Irak, rompant avec un siècle de non-engagement militaire du Danemark. Il a apporté son soutien au gouvernement américain à propos de la détention de suspects au bagne de Guantanamo, et a été un des premiers à fournir un contingent sous les couleurs de l’OTAN en Afghanistan.

[2] TTU (Très Très Urgent) n° 778, 17 novembre 2010.

[3] La RAND (pour « Research and Development ») est un think tank américain.

[4] L’ancien premier ministre est sous surveillance : son directeur de cabinet, qui lui a été semble-t-il « imposé » par l’Elysée, est un préfet sans compétence particulière dans le domaine, mais proche de Nicolas Sarkozy.

[5] « Sommet de l’OTAN : la fin de l’ambition d’une défense européenne. La dissuasion française risque de perdre son autonomie et son efficacité », Le Monde, 19 novembre 2010.

31 commentaires sur « OTAN, mon amour »

  • permalien Québec :
    19 novembre 2010 @14h08   »

    Amis européens vous me faites rire. Après que mes grands-parents aillent traverser l’Atlantique pour aller matter Hitler, que vous avez la protection du grand frère américain depuis, que personne ose venir challenger militairement vos pays de peur que votre grand frère grogne, je lis toute sorte de chose qui me font penser que l’histoire et pourquoi nous sommes là a été oublié.

    ...

  • permalien
    19 novembre 2010 @15h02   « »

    @ Québec. Votre intervention est incompréhensible.Pouvez-vous vous exprimer plus clairement ?

  • permalien HN :
    19 novembre 2010 @17h29   « »

    @anonyme

    En fait, je pense que Québec veut une contrepartie pour le sauvetage de l’Europe par les américains (et seulement eux bien sûr) durant la seconde guerre mondiale, sauvetage réalisé de manière "totalement désintéressée" par ces derniers.
    Source : Encyclopédie des Bisounours (édition 2010).

    En gros, on nous a sauvé alors on ferme notre gueule, on se cambre et on écarte les jambes...

    Mais que dire de ces vietnamiens, irakiens, afghans à qui on a distribué de la démocratie par pure bonté d’âme (à coup de sous-munitions) et qui la refusent ???

    Voyez-vous monsieur Québec, nous en France, on est des cons qui râlent, point barre. Sans raison, on râle. Toujours. Y a rien de constructif là dedans, c’est juste pour faire chier le "grand frère" américain qui a toujours tout bon, toujours raison.

    Bon, bien sûr, on a eu qqs surprises à râler comme ça sans raison, comme la sécurité sociale, les congés payés, l’âge minimum légal qui a sorti nos grands-parents de la mine lorsqu’ils avaient 10 ans, ... Des broutilles quoi.

    Vous direz merci à vos grands-parents de ma part tout de même.

    Mémo : Penser à remercier la chair à canon envoyée de force au combat sur le front de l’Est...

  • permalien J.C. Simonin :
    19 novembre 2010 @19h40   « »

    C’est en lisant ce dballage que l’on réalise les bonheur d’être suisse...

  • permalien Roussi :
    19 novembre 2010 @20h17   « »

    Amis européens vous me faites rire. Après que mes grands-parents aillent traverser l’Oural pour aller matter Hitler, que vous avez la protection du grand frère américain depuis, que personne ose venir challenger militairement vos pays de peur que votre grand frère grogne, je lis toute sorte de chose qui me font penser que l’histoire et pourquoi nous sommes là a été oublié.

    PS : C’est vrai, les suisses se contentent de vendre des armes et d’encaisser les bénéfices. C’est pas eux qu’iraient s’en servir !

  • permalien K. :
    19 novembre 2010 @23h07   « »

    Edito-opinion de Obama dans le New York Times d’hier : Seule l’alliance Europe/Etats-Unis à travers l’OTAN, peut assurer notre paix, notre liberté, notre sécurité et notre prospérité.

  • permalien K. :
    20 novembre 2010 @11h58   « »

    Alexander Stubb, ministre des affaires étrangères de la Finlande, n’est pas convaincu par Obama :

    « Je ne crois pas que la présence américaine en Europe est permanente » déclare le ministre dans une interview au Financial Times, publié le 14 novembre, à cinq jours du sommet. « Les États-Unis commencent à flirter avec d’autres partenaires que les Européens. L’Union européenne n’est plus aussi sexy qu’elle était. Nous sommes comme un vieux couple grincheux. Nous avons été ensemble pendant 60 ans. Nous n’arrêtons pas de nous chamailler. Nous avons peut-être les mêmes valeurs mais l’Amérique commence à regarder ailleurs ».

    Pour faire face aux conséquences d’un retrait américain de l’Europe qu’il considère comme inévitable, Alexander Stubb invite les pays de l’Union européenne à aller beaucoup plus loin dans la coordination de leurs politiques de défense et de sécurité pour éviter la duplication des dépenses.

  • permalien Paul Laurendeau :
    20 novembre 2010 @13h14   « »

    OTAN en emporte le vent. L’armée ne fait pas partie de la société civile

    http://ysengrimus.wordpress.com/200...

    Alors la fonction dont l"OTAN se réclame… je vous demande un peu…

  • permalien Gaby :
    20 novembre 2010 @14h53   « »

    En février 1966 Charles de Gaulle avait bien compris que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord était devenue un "machin" obsolète et dangereux pour la paix mondiale, c’est a fortiori d’autant plus le cas aujourd’hui après la disparition de la Russie soviétique et la persistance des États unis d’Amérique à mener sa politique hégémonique dans le monde et à considérer ses alliés comme de vulgaires supplétifs manipulables à souhait. Il est réellement affligeant que ce qui faisait l’admiration de tous dans le monde en matière d’indépendance nationale et de doctrine de politique étrangère ait été bradé par un médiocre politicien nombrilliste prêt à sacrifier les intérêts et la dignité de sa nation sur l’autel du culte de sa vulgaire petite personne.

  • permalien Nathan :
    20 novembre 2010 @19h13   « »

    Quelle ironie tout de même ! La Russie va collaborer avec l’OTAN pour mettre au point un bouclier anti-missiles afin de défendre le continent contre une attaque éventuelle de l’Iran dans un avenir plus ou moins proche. Mais pourquoi leur vendre des centrales nucléaires et de l’armement, alors ?... Ah oui, pour le fric !

    http://www.bbc.co.uk/news/world-eur...

    Heureusement, on peut compter sur des virus informatiques comme Stuxnet pour gripper le programme nucléaire iranien.... Mais pour combien de temps, encore ?

    http://www.haaretz.com/news/diploma...

  • permalien K. :
    20 novembre 2010 @21h25   « »

    5 Reasons Why Russia Will Never Join NATO
    19 November 2010
    By Michael Bohm

  • permalien BÖe :
    21 novembre 2010 @01h43   « »

    Je ne voudrais pas briser les fantasmes des hazbaristes, mais rappelons que les verteurs de l’Iran n’ont pas une portée leur permettant d’atteindre l’Europe, personne de sain d’esprit ne verrait d’ailleurs quel intérêt ils auraient à le faire. Mais enfin laissons les fantasmer à loisir sur leur grand Satan iranien, mais qu’ils ne comptent pas sur les gens ayant un minimum de jugeote pour croire à leur fables.

  • permalien Gaby :
    21 novembre 2010 @08h18   « »

    Concernant l’ABM en Europe, il est pour le moins curieux que certains oublient qu’il s’agit d’un dispositif qui se caractérise de l’avis même des militaires par un coût prohibitif et une efficacité non démontrée pour le moins...
    Concernant la participation des Russes à ce sommet de l’OTAN, et au caractère soi-disant "historique" de l’événement, je crains que certains ne se fassent beaucoup d’illusions, l’OTAN a certes besoin de la Russie pour des questions logistiques, voire de fourniture de matériel et de formation militaire, dans le cadre de sa guerre catastrophique en Afghanistan, mais l’inverse n’est pas vrai, les Russes n’accepteront que ce qui peut servir leurs intérêts commerciaux, outre la question de la drogue afghane qui leur pose problème, et ne cèderont sur rien concernant leurs intérêts ni leurs "inquiétudes". Il ne faut en outre pas oublier la question de la Géorgie, de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud entre autres questions qui fâchent encore...

  • permalien
    21 novembre 2010 @11h03   « »

    dans une semaine l échéance des élections en moldavie va envenimer les relations russo-atlantistes:le cas de la transnistrie qui veut se détacher d une hypothétique "grande roumanie" soutenue par les usa

  • permalien une bille :
    21 novembre 2010 @11h09   « »

    Jusqu’à maintenant les conflits "casque bleus" contre OTAN ont étés évités... mais pour combien de temps ?

  • permalien jgn :
    21 novembre 2010 @17h04   « »
    OTAN, suspends ton VOL

    Euh ! ... Quelques questions ...
    .... relatives, notamment, à ces dépenses programmées dans la joie et la bonne humeur.

    1- on croyait être en guerre asymétrique ... "une guerre longue", avait prévu le commandant en chef des forces armées du monde libre

    2- et nous voici, moins d’une décennie plus tard, revenus à une forme certaine d’affrontement de bloc à bloc,
    où les lance-missiles tourneraient d’un quart de cercle, de l’Est anciennement au couteau entre les dents, vers ces barbares musulmans.

    Voilà-t-il pas que, dans l’euphorie - bien compréhensible - de se découvrir d’anciens ennemis devenus alliés pour garantir, quand même, la sécurité des puits - que l’on arrive pas à défendre sur le terrain -, l’on déclare plausible
    1- de programmer des dépenses fastueuses,
    2- dans le temps même où se déclare une austérité de "crise",
    . où le monde entier (surtout ses pauvres d’ailleurs, allez comprendre pourquoi ?...) se trouve mis à l’amende pour sauver des banques (qui doivent être - c’est bien compréhensible en capacité de distribuer des bons points à leurs dirigeants qui, sinon, passeraient sûrement à l’ennemi),

    . où des États sont en péril de ne pas être en mesure de régler leurs dettes aux banques qu’ils viennent de sauver,
    et qu’ils vont, très certainement, de ce fait, devoir à nouveau sauver,
    bien qu’ils ne le peuvent, en raison de l’énormité de leur dette publique ;
    qui, de surcroît risquent de ne pouvoir commanditer le bouclier lance-missiles nécessaire ... des fois que les musulmans voudraient s’emparer de nos banques en faillite.

    Une CATA, À N’EN PAS DOUTER.

    BIEN QUE ..., on voudra bien nous excuser, MAIS .... ne faut-il pas que l’une des deux assertions soit un mensonge ?

    L’ennui est qu’elles sont prononcées par la même bouche.

    Z’ai dit bouche ?
    Alors, ce sont peut-être les deux qui sont un seul et même mensonge ...

  • permalien chamil :
    21 novembre 2010 @17h13   « »

    Amis européens vous me faites rire. Après que mes grands-parents aillent traverser l’Atlantique pour aller matter Hitler, que vous avez la protection du grand frère américain depuis, que personne ose venir challenger militairement vos pays de peur que votre grand frère grogne, je lis toute sorte de chose qui me font penser que l’histoire et pourquoi nous sommes là a été oublié.

    Certes, personne de sensée ne nie que les alliés aient libéré l’Europe (et les Américains de manière un peu plus démocratique que les soviétiques : il faut dire qu’ils n’ont pas eu 22 millions de morts, eux...). Personne ne nie le courage des Américains à libérer un vieux continent qui n’a pas brillé par son courage face au nazisme.

    Cependant, une question : quel droit imprescriptible donnerait ce constat ? En quoi la politique étrangère US aujourd’hui peut encore tirer profit d’une histoire vieille de 65 ans ?

  • permalien Gaby :
    21 novembre 2010 @18h40   « »

    Pour l’anecdote, on notera que le sommet a donné lieu a une petite tension en le Président Français et son homologue de la Turquie M. Abdullah Gül, ce dernier refusant à tout prix que quelque pays que ce soit soit nommé concernant le projet d’ABM européen et le premier voulant bien évidemment nommer l’Iran certainement diront certaines mauvaises langues pour se faire le porte parole de son ami Benyamin Netanyahou qui ne pouvait s’exprimer directement.

    Au vu de la mine très contrariée sur cette photo du Président français, vous comprendrez que c’est M. Abdullah Gül qui a eu gain de cause...

  • permalien
    21 novembre 2010 @20h27   « »

    Les mauvaises langues ont remarqué ça aussi au sommet de l’OTAN :

    Sarlozy - Basescu puis Berlusconi - Basescu

  • permalien K. :
    22 novembre 2010 @11h01   « »

    L’OTAN en tant que telle n’a pas de stratégie, et ne peut avoir sa propre stratégie.

    L’OTAN est en réalité un instrument de la stratégie des États-Unis. Son seul concept stratégique opérationnel est celui mis en pratique par les États-Unis. Mais même cela est un fantôme insaisissable. Les dirigeants américains semblent préférer les postures décidées, "montrant leur résolution", plutot que de définir des stratégies.

    Celui qui est supposé définir la stratégie est Zbigniew Brzezinski, parrain de des moudjahidin d’Afghanistan quand ils pouvaient être utilisés pour détruire l’Union soviétique. Brzezinski n’a pas hésité à carrément révéler l’objectif stratégique de la politique américaine dans son livre de 1993 Le Grand Echiquier : "la primauté américaine".

    Quant à l’OTAN, il l’a décrite comme l’une des institutions qui servent à perpétuer l’hégémonie américaine, "donnant aux États-Unis un rôle clé, même dans les affaires intra-européenne." Dans leur "réseau mondial d’institutions spécialisées", qui comprend bien sûr l’OTAN, les États-Unis exercent leur pouvoir par "la négociation , le dialogue, la diffusion permanentes et la quête d’un consensus formel, même si ce pouvoir ne provient finalement que d’une seule source, à savoir, Washington, DC"

    La description correspond parfaitement au "concept stratégique" de la conférence de Lisbonne.

  • permalien jgn :
    22 novembre 2010 @18h23   « »
    OTAN

    Le 11 septembre 1990, c’est-à-dire quelques jours après l’invasion du Koweït par l’Irak, le président George H. W. Bush (le père) prononce un discours, prévu de longue date, devant les chambres réunies du Congrès (...) Son objet principal était de définir la vision états-unienne du « Nouvel ordre mondial »
    « Nous sommes aujourd’hui face à un moment unique et extraordinaire. La crise du golfe Persique, si grave soit-elle, offre aussi une occasion rare de progresser vers une période historique de coopération. De ces temps troublés, notre (...) objectif -un nouvel ordre mondial- peut émerger ; une nouvelle époque, plus libre de menaces et de terreur, plus forte dans la poursuite de la justice et plus sûre dans la quête de la paix, une ère dans laquelle les nations du monde, Est et Ouest, Nord et Sud, peuvent prospérer et vivre en harmonie. Une centaine de générations a cherché cet introuvable chemin vers la paix, tandis que des milliers de guerres se sont déchaînées contre les efforts de l’humanité. Aujourd’hui, ce monde nouveau se débat pour naître, un monde différent de celui que nous avons connu. Un monde où l’État de droit supplante la loi de la jungle. Un monde dans lequel les nations reconnaissent leur responsabilité partagée pour la liberté et la justice. Un monde dans lequel le fort respecte les droits du faible. C’est une vision que j’ai partagée avec le président Gorbatchev (...). Lui et d’autres leaders en Europe, dans le Golfe et partout dans le monde, comprennent que la manière dont nous traiterons la crise actuelle peut donner forme au futur pour les générations à venir. »

    Puis, George H. W. Bush en vient aux choses sérieuses : c’est parce qu’il n’ont plus aucun ennemi qui les menace, juste des adversaires dans le tiers-monde, qu’ils doivent maintenir leur effort d’armement. «  Le Congrès doit, ce mois-ci, adopter un prudent programme pluriannuel de défense qui tienne compte non seulement de l’amélioration des relations Est-Ouest, mais aussi de nos responsabilités plus larges face aux risques persistants de violations du droit international et de conflits régionaux. Même avec nos obligations dans le Golfe, un sain budget de la défense peut être réduit en termes constants ; et nous sommes prêts à l’accepter. Mais aller au-delà d’un tel niveau, où des coupes budgétaires menaceraient notre marge de manœuvre, est quelque chose que je n’accepterai jamais. Le monde est toujours dangereux. (...) Ce n’est pas le moment de mettre en cause la capacité de l’Amérique à protéger ses intérêts vitaux ».

    (...) place à la conception d’un « nouvel ordre » où le droit international n’est plus le fruit d’un consensus, mais une règle imposée par les forces armées des États-Unis d’Amérique. (...)

    http://www.voltairenet.org/article14489.html

  • permalien toto :
    23 novembre 2010 @17h24   « »

    L’OTAN n’a aucuns sens. Cette organisation est certes surpuissante, mais elle n’arrivera jamais à controler la planète.
    D’autres puissances, comme la CHine, la Russie, l’Inde, le Bresil pourront rivaliser à termes avec l’OTAN. L’OTAN qui est sous contrôle US et qui fait les guerres de l’empire se disloquera à la moindre défaite (notamment en Afghanistan, la guerre est deja perdue). Dans cette organisation l’Europe n’a aucun pouvoir decisionnaire, mais participe aux financements des programmes d’armements US. Avec la crise en cours, la réduction obligatoire des budgets de la defense (ces budgets résistent, mais tot ou tard, il faudra les diminuer), et l’emergence d’un monde multipolaire feront que l’OTAN sera marginalisée.

  • permalien Gaby :
    24 novembre 2010 @12h42   « »

    Deux articles intéressants sur le sujet sur le site Hürriyet Daily News, le premier plutôt factuel et le second exprimant avec humour une opinion sur la question :

    - Devilish details complicate Turkey’s role in NATO missile defense - ÜMİT ENGİNSOY
    - What do the Turks call a cat ? - BURAK BEKDİL

  • permalien Patrick Rogel :
    27 novembre 2010 @13h53   « »

    Juppé vient de préciser, avant son discours à l’Île longue, que tant que des progrès n’auront pas été faits "pour maîtriser la dissuasion nucléaire, il n’est pas temps pour la France de baisser sa garde" contredisant sa tribune signée avec Rocard dans Le Point d’il y a un an selon laquelle la France devait s’engager dans un “processus conduisant de manière planifiée au désarmement complet, y associer pleinement les trois puissances nucléaires de fait, écarter tout projet de développement d’arme nouvelle". Aujourd’hui, Juppé met de l’eau dans son vin en déclarant : "Ma thèse n’est pas de dire que la France doit donner l’exemple, avant tous les autres". Concernant le système de défense antimissile, il est antinomique la dissuasion, c’est un fait. Mais il faut savoir de quoi on parle : si certains Etats européens sont prêts à accepter le BOUCLIER interconnecté US, je ne vois pas trop ce que l’on peut faire pour les en empêcher. Quant au système de défense DE THEATRE, pour l’instant le MEADS américano-germano-italien à base de missile Patriot semble être passé à la trappe (il a coûté 4 milliards à l’Allemagne et plus de 2,5 à l’Italie), le seul système totalement financé et opérationnel est le SAMP/T à base d’Aster 30. Qui dit que d’autres partenaires ne vont pas le rejoindre ?

  • permalien
    27 novembre 2010 @17h58   « »

    et a quand un procès de clinton au tribunal pénal international de la haye pour les frappes de l otan du printemps 1999 contre belgrade ?

  • permalien tomy :
    6 décembre 2010 @10h40   « »

    Ce qui géne l’amérique , que l’Iran est le nucléaire sa passe ,
    mais le probléme c’est qu’il produise 25 % du pétrole dans le monde
    en plus du nucléaire c’est le top .... et pour un embargo .. heu c’est dans l’eau...
    heu ... je veux dire dans le pétrole .

  • permalien K. :
    3 janvier 2011 @22h20   « »

    Comment l’Afghanistan est devenu une guerre de l’OTAN.
    Par Gareth Porter

    WASHINGTON, 3 janvier 2011 (IPS) - La ligne officielle de la "International Security Assistance Force" (ISAF), le commandement de l’OTAN en Afghanistan, est que la guerre contre les insurgés en Afghanistan est vitale pour la sécurité de tous les pays fournissant des troupes là-bas.

    En fait, cependant, c’est sous l’influence des responsables américains, concernés par l’alliance, que l’OTAN s’est retrouvée avec un rôle central en Afghanistan, selon un officier militaire américain qui a pu observer les processus de prise de décision.

    Dans un entretien donné à IPS l’officier qui a requis l’anonymat en raison de la sensibilité politique du sujet a déclaré : "Le rôle de l’OTAN en Afghanistan a plus à voir avec l’OTAN qu’avec l’Afghanistan"

    (..)

    Il n’a été donné à l’alliance un rôle aussi important en Afghanistan que parce que l’administration Bush ne voulait pas que les militaires américains y aient un rôle important qui puisse interférer avec leurs plans pour prendre le contrôle de l’Irak.

    C’est du fait de cette réalité que les autorités des États-Unis ont procédé à une ouverture vers l’OTAN.

    (..)

    “Ouverture” ardemment désirée, cependant, par les militaires de l’OTAN, craignant de perdre leur caverne d’Ali baba après la fin de la guerre froide, explique Gareth Porter, qui finit son article par une phrase tirée des mémoires du général canadien Rick Hillier, qui a commandé les forces de l’OTAN en Afghanistan de Février à Août 2004 :

    "L’Afghanistan a révélé que l’OTAN a atteint le stade d’un cadavre en décomposition ..."

  • permalien K. :
    29 mai 2011 @19h28   « »

    L’OTAN tue de plus en plus de civils afghans et des alliés (afghans toujours) :

    4 civils dans la nuit du 17 au 18 mai, dont l’assassinat a entrainé des manifestations de protestations dans les deux jours qui ont suivi, réprimées dans le sang, essentiellement par des troupes allemandes, avec un bilan de 17 morts au total sans compter des dizaines de blessés.

    32 civils et vingt policiers du 25 mai 2011 à ce jour, sans compter des dizaines de blessés.

  • permalien K. :
    30 mai 2011 @20h14   « »

    La “normalité” de l’OTAN (et la “lamentabilité” du New York Times) : Etre une armée morale consiste à ce que le ratio civils tués/combattants tués ne dépasse pas deux :

    KABUL, Afghanistan — Afghan officials said Sunday that a NATO airstrike had killed 14 civilians, most of them women and children, in the southern province of Helmand on Saturday night.

    Local officials said the strike was aimed at Taliban fighters and missed, hitting two family homes.

    But in a conflicting account, a high-level NATO official said Sunday night that nine civilians were killed in the strike, which was aimed at five insurgents who attacked a coalition foot patrol and killed a Marine. The insurgents continued to fire from inside a compound when NATO forces called in the strike.

  • permalien K. :
    30 mai 2011 @21h24   « »

    Aujourd’hui, en Afghanistan, l’atroce adage en vigueur autrefois au Vietnam - « détruire un village pour le libérer » - a repris du service. Au nom des principes démocratiques et du droit des femmes. Contre Info.

  • permalien Ann Anderson :
    18 mars @22h30   «

    TÉMOIGNAGE

    Bonjour mon nom est Anna Anderson de Royaume-Uni , je ne crois que les sorts d’amour jusqu’à ce que je ressens temple Dr Samuel Oduduwa , et après avoir jeté un sort d’amour pour moi , mon mari qui m’a Ex et 2 de nos enfants est parti pour trois années m’a appelé de présenter des excuses pour la douleur qu’il m’a causé et jusqu’à aujourd’hui nous vivons une famille heureuse , si vous avez besoin d’un bon endroit pour résoudre vos problèmes contacter DR Oduduwa SAMUEL ( dr.oduduwasamuelhightemple@gmail.com ) est le bon choix . il est un grand homme qui ont été jette des sorts avec des années d’ expérience , et son sort est absolument mal gratuitement . il jeter des sorts à des fins différentes, comme :
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