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Lettre de Tunisie

La semaine qui a fait tomber Ben Ali

mercredi 19 janvier 2011, par Olivier Piot

Dès le 4 janvier 2011, jour de la mort du jeune Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, « Le Monde diplomatique » a décidé d’envoyer un journaliste en Tunisie. Du jeudi 6 janvier au jeudi 13 janvier, il a sillonné le pays, de Tunis à Tozeur, de Metlaoui à Gafsa, de Sidi Bouzid à Sfax puis Sousse. Son article paraîtra dans notre dossier du numéro de février, consacré aux ressorts de la révolution tunisienne et à l’onde de choc qu’elle a causée dans les pays arabes. En attendant, voici le récit au jour le jour d’une semaine qui est d’ores et déjà entrée dans l’histoire moderne de la Tunisie.

I. La montée
de la colère sociale

Jeudi 6 janvier

Tunis,
silence des médias

10 h 15, aéroport de Tunis-Carthage. Enregistrement comme « touriste » avec la profession déclarée d’« enseignant ». La police des frontières ne fait aucune difficulté. Destination demandée : « Tozeur, hôtel Ksar El Jerid », au cœur de la grande cité touristique située à 600 kilomètres de Tunis, au sud-ouest du pays, tout près de la frontière algérienne. La veille, mercredi 5 janvier, le corps de Mohamed Bouazizi, ce jeune bachelier qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010, a été enterré au nord de la ville de Sidi Bouzid, au centre du pays, à 250 kilomètres au sud de Tunis, en présence d’une foule agitée et révoltée de six mille personnes.

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Son nom et les circonstances de sa mort sont ici connus de tous. Giflé en public par un agent de police qui lui a confisqué sa charrette de vendeur ambulant de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi s’est rendu au siège de la municipalité pour porter plainte. On refuse de le recevoir. Personne ne veut l’écouter. Le jeune homme part, puis revient devant le bâtiment pour s’asperger d’essence et s’immoler en place publique. Transferts aux hôpitaux de Gafsa puis de Tunis. Le 28 décembre 2010, une photo de propagande officielle présentant le président Ben Ali à son chevet d’hôpital commence à faire le tour des journaux et des sites Internet. Le président a pris pour la première fois la parole à la télévision, parlant d’« instrumentalisation politique » de l’événement. Le 4 janvier, Bouazizi décède à l’hôpital des suites de ses blessures.

Deux jours plus tard, jeudi 6 janvier, personne ne se doute encore que l’acte désespéré de ce jeune homme de 26 ans va servir de déclencheur à la plus grande révolte populaire de l’histoire moderne de la Tunisie. Pour l’heure, le centre de Tunis est calme et serein, la température douce (20°) et des cohortes de touristes en profitent pour prendre un avant-goût du printemps. Des bus de tour-opérateurs s’apprêtent à les déverser vers La Marsa, Carthage, ou à prendre l’autoroute qui mène à Hammamet, Sousse et Monastir, les grandes cités balnéaires de la côte sahélienne.

Fin de matinée, un kiosque à journaux au coin de la longue et célèbre avenue Bourguiba. Aucun des cinq titres en langue française – Le Temps, La Presse, Le Renouveau, Le Quotidien et Tunis l’Hebdo – ne traite ni de l’histoire de Mohamed Bouazizi, ni des premiers soulèvements qui se sont multipliés entre le 19 et le 24 décembre dans les villes voisines de Sidi Bouzid. Les « Unes » des quatre journaux, comme celles de ceux en langue arabe, sont invariablement consacrées aux mesures d’application du programme de « développement régional » décidé le 15 décembre 2010 par le président Ben Ali.

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Hammamet, Monastir, Sousse, Sfax : l’axe autoroutier longe la Méditerranée sur près de 300 kilomètres, à l’est du pays. Quatre heures de voiture pendant lesquelles aucune radio n’évoque jamais le cas Bouazizi. Musique, sport et sujets de société sont au programme de la quinzaine de fréquences qui s’égrènent sur les ondes. Silence des médias officiels, donc. Et ce sera ainsi pendant six jours, jusqu’au mardi 12 janvier. Près de Sousse, une station-service. La cafétéria est animée, remplie de familles tunisiennes et de touristes. Un jeune couple tunisien mange debout des sandwichs. Au seul nom de « Sidi Bouzid », le mari fait signe à sa femme qu’il est temps de partir… Personne n’ose encore parler d’évènements qui ont pourtant débuté depuis déjà plus de deux semaines dans le pays.

Menzel Bouzaiene,
« En Algérie, les jeunes osent se révolter pour de bon »

Fin d’après-midi. Un soleil rasant dore les champs et les façades des maisons de la petite ville de Menzel Bouzaiene, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Sfax. Une voie unique de chemin de fer longe cette longue route transversale qui relie Sfax à Gafsa, dans le sud tunisien, juste au nord des chotts El Fedjej et El Jérid. Courte halte au bord de la route, dans une gargote tenue par Mehdi, un Tunisien d’une trentaine d’années. Il ne parle pas français mais maîtrise l’italien. « Un séjour de deux ans à Gênes », explique-t-il, ravi de pouvoir parler cette langue. Pas un seul client dans sa boutique. Le premier qui accepte enfin de parler du suicide de Bouazizi.

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Le point de vente d’essence est vide
Un rassemblement a lieu cent mètres plus loin

« Vous êtes ici dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, indique-t-il. La ville de Sidi Bouzid est à 40 kilomètres à peine, au nord. Nous sommes tous concernés par son geste. C’est encore très tendu là-bas. Les familles sont en colère. Beaucoup de jeunes ont été arrêtés. » En s’approchant, il baisse la voix et devient plus précis : « Dès le 19 décembre, les villes de la région ont réagi, avec de nombreuses arrestations. Le 24 décembre, avant la mort de Mohamed, il y a eu, ici même, des heurts avec la police. Beaucoup de jeunes se sont rassemblés près du commissariat et la police a tiré à balles réelles. Deux morts ! J’ai une dizaine d’amis en prison. » Deux morts, le 24 décembre 2010. Peut-être les toutes premières victimes d’une longue série.

Derrière Mehdi, un poster collé au mur, portrait du président Ben Ali avec le drapeau tunisien. Son frère, plus âgé, entre tout à coup, chargé de viande de mouton. Tous deux s’affairent pour préparer le méchoui du soir. « Impossible d’aller vers Sidi Bouzid, lance le nouvel arrivé. La police a bouclé la ville. C’est dangereux là-bas. Mais ça va se calmer. Au fait, vous avez vu ? ça chauffe en Algérie ! » Mehdi attrape la télécommande et branche la télévision sur la chaîne Al-Jazira.

Images d’affrontements, jets de pierres, charges violentes de police. A l’écran, Alger a des airs de Gaza ! « Là-bas, au moins, les jeunes n’ont pas peur de se révolter pour de bon », lance, amer, le frère de Mehdi. Deux hommes en manteaux de laine sombres viennent de s’installer à une table extérieure. Mehdi change aussitôt de chaîne. Une chanteuse égyptienne lance à présent sa complainte amoureuse. Il a le temps de me faire un signe discret. Deux policiers en civil…

Vendredi 7 janvier

Tozeur,
« On risque l’embrasement de tous les quartiers pauvres »

L’hôtel est plein de touristes italiens en vacances scolaires. En ville, les nombreuses échoppes du Bazar sont ouvertes tard le soir. C’est ici, à Tozeur, qu’est née, dans les années 1990, l’appellation de « gazelle » réservée aux jeunes filles étrangères venues profiter des piscines et de la proximité du désert. A la terrasse du Café Le National, cinq hommes, entre 40 et 60 ans, sont attablés autour de « capucins », ces expressos coupés au lait. Animés, ils parlent en arabe des émeutes. Lorsque je m’approche, la méfiance interrompt leur discussion.

Présentations. Je leur explique qui je suis : « Enseignant français en vacances, syndicaliste en France ». La plupart d’entre eux sont également professeurs et membres de la branche « Enseignement secondaire » de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Rapidement, les langues se délient et les noms de Mohamed Bouazizi et de Sidi Bouzid sont prononcés. « Hier, les avocats ont fait une grève générale à Tunis et dans d’autres villes », précise l’un d’entre eux, enseignant à la retraite. Son voisin enchaîne : « Cette nuit, il y a eu des affrontements violents à Thala et Saïda, au centre du pays. Plusieurs morts… »

Le plus jeune de mes interlocuteurs décide de me faire rencontrer une figure locale, responsable de l’UGTT. Coup de téléphone avec son portable. Vingt minutes après, rencontre avec Hamdi, délégué local et membre du comité exécutif au bureau régional. La soixantaine, les cheveux aussi blancs que ses moustaches, Hamdi me reçoit dans les locaux du syndicat, à deux cents mètres du bâtiment du gouvernorat de Tozeur. Dans un français parfait, il m’explique : « Il n’y a aucune “instrumentalisation politique”, comme l’a déclaré le président le 28 décembre. Sidi Bouzid, Thala, Saïda, c’est simplement un ras-le-bol des jeunes face au chômage qui gangrène ce pays. »

Hamdi s’absente dix minutes. Il veut me montrer un document sur la région de Sidi Bouzid. Sur les murs de son bureau trônent les portraits en noir et blanc des dirigeants historiques de l’UGTT, depuis sa création en 1947. A son retour, le cadre syndical me présente un mince rapport réalisé par le syndicat, rédigé en arabe et intitulé « Développement économique à Sidi Bouzid : entre mythe et réalité - août 2010 ». Nous le parcourons ensemble. Hamdi traduit. « Près de 50 % de chômage chez les jeunes diplômés à Sidi Bouzid, indique-t-il. Et c’est comme ça dans tout le centre, à l’ouest et au sud du pays. En fait, les seules régions épargnées sont les zones touristiques : Tozeur et la côte sahélienne. (…) Taux de scolarisation jusqu’au bac : 95 % ! C’est bien, mais avec quels débouchés ? »

En reposant le document, Hamdi tire nerveusement sur sa cigarette. « Les avocats c’est bien, mais ça ne suffira pas. Pareil pour les manifestations d’artistes et de professeurs qui ont eu lieu ça et là aujourd’hui. C’est toutes les écoles qui doivent bouger. Avec le syndicat, nous appelons à une grande grève des enseignants du primaire et du secondaire les 26 et 27 janvier. » Silence. A plusieurs reprises, il répond au téléphone. « Les 26 et 27 janvier ? Dans trois semaines ? » Ma question le laisse songeur. Hamdi me fixe : « C’est long, oui. Je ne suis pas sûr que ce soit pas trop tard. Je l’ai dit aux dirigeants du syndicat, mais ils sont très liés au pouvoir. Moi, j’ai le sentiment que d’ici là, on risque l’embrasement de tous les quartiers pauvres des villes du centre et du sud. »

Samedi 8 janvier

Tozeur,
l’info en temps réel sur France 24 et Al-Jazira

Je dois lui faire confiance. Seul depuis deux jours, je dois trouver un guide et traducteur. Né à Kairouan, Wael, 45 ans, rencontré dans un café de Tozeur alors qu’il regardait Al-Jazira, est parfaitement francophone. Il a accepté d’être traducteur en restant avec moi pendant plusieurs jours. Il sait que notre parcours passera par des villes sous tension, mais il en accepte le risque. Depuis plus de quinze ans déjà, ce maçon de profession complète ses revenus comme chauffeur de 4x4 pour des circuits touristiques dans la région de Tozeur. « Du boulot à la journée, de temps à autre, surtout en été, avec en général des missions de 5 heures du matin à minuit, payées 20 dinars tunisiens par jour [10 euros, ndlr] et sans jamais savoir à l’avance si on aura besoin de moi », précise-t-il. Marié depuis deux ans, sans enfants, Wael fait vivre avec son salaire sa femme (sans travail), ses deux jeunes frères (au chômage) et sa mère de 72 ans, veuve depuis dix ans.

En arrivant tôt ce matin, Wael m’apprend qu’il a suivi une bonne partie de la nuit l’actualité en arabe sur Al-Jazira et France 24, les deux chaînes en langue arabe les plus regardées en Tunisie. « Elles traitent des tensions depuis le 19 décembre, m’indique-t-il, mais leurs reportages et débats sont maintenant très soutenus. J’ai appris que le journal français Le Monde était censuré dans le pays et que leur journaliste n’a pas été autorisée à venir en Tunisie. De violents affrontements ont eu lieu cette nuit à Kasserine. Ils parlent de cinq morts dont deux jeunes. » Puis, en prenant le volant, Wael tient à préciser : « Il faut faire attention. On peut passer à Redeyef, mais il faut surtout ne pas remonter vers Kasserine et Thala : la répression devient sévère là-bas. On ira sur Gafsa. C’est plus sûr. »

Redeyef,
« Ne prononce jamais en public le nom de Ben Ali ! »

Redeyef, 11 heures. La ville minière du grand bassin de phosphate géré par la Compagnie générale du phosphate (CGP), au cœur du grand gouvernorat de Gafsa, vit des heures apparemment tranquilles. Un train miniature, locomotive et wagons de transport du minerai, trône telle une statue au milieu du carrefour, près du bazar. « Tout le monde ici, ou presque, travaille à la mine ou dans les entreprises de sous-traitance », m’informe Wael. En 2008, la grande grève du « peuple des mines » de Redeyef (voir « Révolte du “peuple des mines” », par Karine Gantin et Omeyya Seddik, Le Monde diplomatique, juillet 2008) a fait connaître la ville (40 000 habitants) bien au-delà des frontières tunisiennes.

Un petit restaurant de méchoui près du centre ville. La salle est vide. Au-dessus de la caisse, cet éternel portrait où plastronne Ben Ali, costume sombre, les cheveux plaqués, avec à ses côtés un énorme drapeau tunisien. Deux hommes viennent à leur tour déjeuner. Ils s‘installent juste à côté de nous. Wael me fait signe qu’on peut discuter : le code a été mis au point une heure plus tôt, dans la voiture.

Notre premier voisin, Meher, la cinquantaine, travaille dans une entreprise de logistique sous-traitante de la CGP ; le second, Ala, proche de la retraite, à la mine depuis trente ans. Discussion sur le chômage et les salaires. « En 2008, déjà, la grève avait débuté ici sur la question du recrutement des jeunes à la mine », précise Ala. « Les salaires de la CGP sont plutôt bons, poursuit Meher, mais le nombre de personnes à vivre dessus augmente sans cesse. »

Progressivement, les échanges dérivent vers la situation dans le pays. Sidi Bouzid, Kasserine, Thala : qui sont les émeutiers ? « Des jeunes en galère, rien de plus », lance Meher. « Les villes les plus pauvres du pays, celles que le régime a délaissées depuis vingt ans », surenchérit Ala. Dans le feu des propos de plus en plus libres, je montre du doigt le portrait du président tunisien en disant : « Ben Ali, il va pas être content ! »

Silence subit, lourd. Ala et Maher n’ont pas fini leur repas, mais ils se lèvent, ramassent leurs affaires et quittent le restaurant sans un mot . « Il ne faut pas parler comme ça, s’énerve aussitôt Wael, mon traducteur. Tu peux parler de questions sociales, doucement, mais ne prononce jamais en public le nom de Ben Ali. Jamais plus ! »

Metlaoui,
« L’immolation est devenue le symbole de notre révolte »

15 heures. En entrant dans Metlaoui (50 000 habitants), après avoir dépassé l’autre ville minière Moulares, la route est bordée d’immenses structures aériennes fermées, destinées au transport sur tapis du phosphate. Un bus nous barre la route. L’arrêt se prolonge. Un brouhaha monte. Des gens commencent à s’attrouper. A cent mètres de notre voiture, une dizaine de jeunes viennent de sortir dans la rue avec un brancard métallique qu’il portent et sur lequel gît le corps d’un homme drapé d’une couverture rouge et blanche. « C’est le jeune qui s’est immolé il y a deux jours, me prévient Wael. Ils vont l’enterrer. » Silencieuse, la manifestation ne rassemble encore qu’une vingtaine de jeunes. Premières photos.

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Funérailles de Mosbah Al Jawhari, qui s’est immolé le 6 janvier

Nous reprenons la voiture pour contourner par les petites ruelles, à l’écart du souk où le cortège se dirige. Je laisse Wael avec le véhicule au sud de la ville pour remonter vers le centre à travers le souk. De toutes parts, les marchands rangent vite leurs étals. Beaucoup s’éloignent vers les quartiers sud. Remontant ce flux dense d’hommes, de femmes et d’enfants mêlés, un groupe se dirige vers la grande artère du centre ville. La rue s’est vidée. Sur la gauche, le front d’un cortège avance. Il compte à présent près de quatre à cinq cents personnes, surtout des jeunes.

Pas de slogan, aucune pancarte. Quelques cris de femmes, à l’écart, sporadiques. Les visages sont tendus, sévères. J’aperçois à présent nettement le corps du défunt. Mon voisin se penche vers moi : « C’est la troisième personne qui s’immole. Il y en a eu un autre à Sidi Bouzid, aujourd’hui même, un père de famille de 50 ans. L’immolation est devenue le symbole de la révolte. » Nouvelles photos. Une, deux, trois… Juste avant qu’une main ferme ne me saisisse à l’épaule. « Donne-moi ta caméra », me lance nerveusement un jeune homme, la trentaine, vêtu d’une veste de cuir noir. Refus. J’exige de voir sa plaque de police. L’homme est rejoint rapidement par quatre autres qui tentent de m’empêcher de mettre mon appareil dans ma poche. Echec.

Plusieurs coups de téléphone sur les portables. Le cortège est passé devant nous. Il se dirige vers le lieu d’inhumation. « Un officier de police va venir, suis-nous », commande le policier en civil. Un peu plus loin, le groupe me fait entrer dans une boutique de photo. « Donne ton appareil, il nous faut les photos. Tu n’as pas le droit en Tunisie de photographier des bâtiments officiels. » J’exige d’attendre l’officier avec son badge. La main dans la poche, j’ai eu le temps en marchant d’extirper discrètement ma carte mémoire que j’ai cachée dans ma chaussette en renouant mon lacet.

L’ officier arrive, présente sa carte et tend mon appareil au gérant du magasin – vide. « Où est la carte ? » lance l’officier avec rage. « J’ai oublié de la mettre ce matin. » La réponse le rend nerveux. Il hésite, passe plusieurs coups de téléphone. Personne n’ose me fouiller. Ils finissent par me laisser partir, avec mon appareil, après avoir exigé mon passeport et noté mon identité.

Wael m’attend toujours au sud du souk. Nous filons sur Gafsa. Dans la voiture, il n’est pas content du tout. « C’est trop risqué, j’arrête », lâche-t-il. Pour la première fois, je le sens apeuré, comme s’il mesurait lui-même ce qui est en train de se passer dans son pays. Nous convenons qu’une fois à Gafsa, il prendra un bus pour rentrer chez lui.

II. L’indignation devant la répression policière

Dimanche 9 janvier

Gafsa,
« Il faut que l’UGTT lance des mots d’ordre ! »

8 heures du matin, devant le siège de l’union régionale de l’UGTT. Depuis la sortie de mon hôtel, je suis suivi en permanence par un jeune en scooter, écharpe noire sur le visage, casquette sur la tête. Il ne me lâchera pas d’une semelle jusqu’à mon départ pour Sidi Bouzid. Avec une agglomération de plus de 150 000 habitants, Gafsa est l’une des plus grandes villes du pays. Une quinzaine de personnes discutent dans la petite cour du bâtiment syndical. Le cas de l’immolé de Metloui et du second de la ville de Sidi Bouzid sont confirmés.

« C’est surtout dans les quartiers de Kasserine que ça chauffe à présent, lance un délégué local de l’UGTT. Ils ont même envoyé l’armée. C’est la première fois depuis le 17 décembre. » A ses côtés, une femme prend la parole. La trentaine, elle est militante au Parti démocratique progressiste (PDP), une formation d’opposition légalisée depuis 1988 mais qui a boycotté les dernières élections et demeure sans représentant à la Chambre des députés. « Y en marre que l’UGTT ne bouge pas ! C’est une trahison. Les Tunisiens s’en souviendront », lance-t-elle, virulente.

La discussion s’anime. « La direction nationale de l’UGTT est corrompue depuis des années, rétorque Skader, 26 ans, un autre militant du PDP. Il faut que localement nous les débordions en les forçant à organiser des rassemblements et à décréter la grève générale. » Jusqu’ici, la direction nationale du syndicat n’a pris aucune position officielle sur les événements de Tunisie. Ici, à Gafsa, le scénario d’un « débordement » par la base est presque impossible, tant le dirigeant régional du syndicat a fait preuve d’allégeance au pouvoir central. « Si nous réussissons à mobiliser les mineurs, c’est tout le bassin qui peut basculer et faire tomber Ben Ali », assure Skader.

Dans ce cercle de militants associatifs, politiques et syndicaux, le ton est devenu clairement politique. La révolte sociale est en passe de se transformer en contestation politique du régime. « Derrière la question du chômage doit monter la dénonciation d’un régime liberticide, qui fonctionne comme une mafia depuis plus de vingt ans », assène Skader.

Sidi Bouzid,
« Mohamed n’est pas mort pour rien ! »

Je quitte Gafsa en m’arrêtant à plusieurs reprises pour demander la direction de Sfax. Le jeune qui me suit a sûrement entendu. Puis, profitant d’une large avenue sans trafic, j’accélère, le laissant loin derrière moi. Au premier rond-point, je bifurque vers Kairouan, direction Sidi Bouzid.

Midi. La petite ville de Bir El Hfey (15 000 habitants), à 60 kilomètres au nord de Gafsa, est toute à ses activités commerciales. Riche en fruits et légumes, réputée pour sa viande de mouton, cette commune située au cœur du gouvernorat de Sidi Bouzid profite de terres fertiles irriguées par l’oued El Chaca, l’un des plus grands du pays. « Vous pouvez passer à Sidi Bouzid, assure un restaurateur. La police est partout mais la ville est calme à présent. »

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Vingt-cinq kilomètres plus au nord-est, le panneau « Sidi Bouzid » apparaît le long d’une route bordée de maisons basses, sans étage, la plupart inachevées. Une commune en chantier, marquée par le chômage et la répression policière, avant même les heurts de décembre 2010. Près de la grande mosquée, des dizaines de policiers casqués et armés, membres des Brigades d’intervention de gendarmerie (BIG) et des Brigades de l’ordre public (BOP), sont stationnés près du commissariat.

A l’écart, le quartier populaire d’Ennour Gharbi a tout d’un bidonville. Façades délabrées, poubelles dans les rues, enfants qui courent entre les sacs plastiques. C’est le quartier où vivait Mohamed Bouazizi. Ses trois sœurs, sa mère, son oncle et deux de ses trois frères y habitent une maison modeste. Après des discussions discrètes, çà et là, en surveillant sans cesse ces visages qui pourraient être ceux de policiers en civil, Zied, un garçon de 25 ans, décide de m’aider. En empruntant de longs détours dans le quartier, il me guide jusqu’à la maison.

Une pièce unique, coussins au sol. Leïla, la plus grande des sœurs de Mohamed, me tire par la manche. « Mohamed n’est pas mort pour rien, lâche-t-elle, les yeux mouillés. Regardez ce qui se passe dans le pays. C’est du jamais vu ! » Pendant trois quarts d’heure, les sœurs et la mère de Mohamed me racontent son histoire, leur histoire. Puis, avec l’oncle, installé ici depuis la mort du père de famille, voilà quinze ans, nous allons en voiture sur la tombe du défunt, située à 20 kilomètres au nord de Sidi Bouzid.

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La famille de Mohamed Bouazizi à son domicile
Samia, 15 ans, Basma, 19 ans, Leïla, 24 ans, et Manoubia, leur mère, 55 ans, installées devant un ordinateur prêté par un voisin. Sur l’écran, la photo de Mohamed lors d’un mariage, sur Facebook.

Bir El Hfey,
« On est chez nous ici, on fait ce qu’on veut ! »

17 heures, retour à Gafsa par Bir El Hfey. La leçon de Métlaoui est encore gravée dans ma tête. La carte mémoire de mon appareil photo est déjà à l’abri. A la sortie de Bir El Hfey, deux voitures me barrent la route. Huit hommes en descendent. « Votre caméra s’il vous plaît. » J’exige des insignes officiels de police. Le chef du groupe, un homme d’une soixantaine d’années, saisit son portable et discute longuement en arabe. Nous restons sur le bord de la route une demi-heure.

« Suivez-nous au poste », lance tout à coup celui qui semble le chef. Il monte dans ma voiture et me demande de me garer juste devant le commissariat de la ville, en bord de route. Une dizaine de policiers en civil nous attendent, postés devant le bâtiment. « Voilà, vous avez des policiers devant vous. La caméra s’il vous plaît. » J’exige toujours une procédure officielle pour donner mon appareil photo. Les policiers en civil refusent que j’entre dans le commissariat. Nouveaux coups de téléphone. Le chef a pris mon passeport et attend des nouvelles. Un ordre, sans doute. Le lien avec Metlaoui est forcément fait.

Une heure encore devant le poste. Attente interminable. Vers 18 h 30, alors que la nuit est tombée depuis un bon moment déjà sur Bir El Hfey, quatre de mes gardes en civil se jettent subitement sur moi et cherchent à arracher de force mon appareil rangé dans ma poche. J’agrippe ma veste de la main droite pour protéger mon matériel : « Qu’est-ce que vous faites ? J’ai demandé une procédure normale avec un officier de police ! »

En me serrant le cou de son bras droit, le chef du groupe, cette fois, aboie : « On est chez nous ici, on fait ce qu’on veut. » Dix minutes à me défendre jusqu’à ce qu’un des hommes sorte un bout de bois et m’assène un coup violent sur la main droite. Sous la douleur, je lâche le tissu de ma poche et les hommes s’enfuient avec mon appareil photo. La carte est restée dans le col de ma veste. Joint au téléphone, le consulat de France me conseille de me mettre à l’abri. Je fonce vers ma voiture et démarre en trombe, direction Gafsa.

Dans mon rétroviseur, quatre phares ne tardent pas à percer dans la nuit. Ils sont à environ un kilomètre derrière moi. Avec ma petite Chevrolet louée à l’aéroport de Tunis, je n’ai plus le choix : 180 kilomètres-heure sur cette route désertique, en pleine nuit, avec une seule main valide pour tenir le volant. La peur au ventre. La certitude qu’ils vont me rattraper là, en plein désert, seul. Et qu’ils pourront faire ce qu’ils veulent… Trente minutes qui durent une éternité. Une demi-heure d’angoisse avant d’atteindre les premières lumières de Gafsa. C’est fini : trop de témoins. Leurs phares disparaissent derrière moi. Direction l’hôpital.

Lundi 10 janvier

Gafsa,
« Des snipers tirent dans la tête des jeunes leaders »

Nuit à Gafsa, sous la protection de syndicalistes de l’UGTT qui m’ont accueilli dès l’hôpital, la veille au soir. Neuf heures du matin, devant le siège du syndicat. Le jeune en scooter a repris du service. Cette fois, les événements de Tunisie sont discutés partout. Dans les cafés, sur Al-Jazira et France 24, jusque devant les écoles où professeurs et élèves se rassemblent régulièrement. Mais toujours rien dans la presse et sur les radios officielles. A la suite de l’agression de Bir El Hfey, Karim, la soixantaine, membre d’Amnesty International et sympathisant du mouvement d’opposition légal Ettajdid (« Pour la rénovation »), représenté par deux députés à la Chambre, propose de m’accompagner jusqu’à Tunis.

« Le président va parler à la télévision dans l’après-midi, pour la seconde fois depuis décembre 2010 », m’indique-t-il (la première intervention de Ben Ali a eu lieu le 28 décembre). Les autorités font état de quatorze morts depuis le 17 décembre. Mais les associations humanitaires et les partis d’opposition parlent de plus de trente. La veille, près de Sidi Bouzid, dans la commune de Regeb, des affrontements ont eu lieu : deux morts et des dizaines de blessés. Et toujours, des arrestations massives.

Dans la petite cour du syndicat, les discussions entre militants se poursuivent. Ils sont cette fois une centaine, révoltés par les nouvelles de la nuit. « Des photos et des vidéos ont circulé sur Facebook, m’explique Skader, le militant du PDP rencontré la veille. Postés sur le toit des immeubles, des snipers tirent dans la tête des jeunes leaders des émeutes ». Comme une traînée de poudre, cette nouvelle fait le tour de la Tunisie, transmise par Facebook, les portables, portée par des milliers de courriers électroniques.

Meknassy,
« Personne ne croit plus aux promesses du président ! »

16 heures. A mi-chemin entre Gafsa et Sfax, nous nous arrêtons avec Karim dans la petite ville de Meknassy. La radio vient d’annoncer la retransmission du discours de Ben Ali. Depuis le 6 janvier, c’est la toute première fois que j’entends les radios officielles traiter des événements. Nous nous installons dans un café, devant l’écran de télévision. Autour de nous, une vingtaine de jeunes et de personnes plus âgées fixent l’écran. Les visages sont tendus. Un silence de plomb plane sur la ville.

Le visage du président est sévère, le ton assuré, les propos en arabe littéraire. « Actes de terrorisme », « éléments étrangers », les premiers mots de Ben Ali font réagir l’assistance. Des policiers en civil sont dans la salle. Chacun se retient, fait attention, écoute à nouveau Ben Ali. Puis le président promet la création de « 300 000 emplois en deux ans », des « réunions de concertation » avec toutes les autorités locales, une « commission d’enquête »… La séquence a duré moins de dix minutes. « Allons-y », me lance aussitôt Karim. Les policiers en civil viennent de lancer des arrestations dans le café.

Dans la voiture, Karim décrypte l’intervention présidentielle. « Il lâche un peu, mais personne en Tunisie ne croit plus aux promesses du président. L’emploi, la concertation : ce sont des choses qu’il dit depuis vingt ans sans jamais s’être donné les moyens de le faire. Dès ce soir et demain, c’est sûr, les rassemblements vont se poursuivre. »

Sousse,
« C’est honteux de laisser des jeunes en galère se faire massacrer »

20 heures, nous sommes dans un restaurant de Sousse, l’une des grandes villes touristiques du Sahel tunisien (650 000 habitants). Karim a eu des amis au téléphone. « C’est parti à Gafsa, annonce-t-il. Dans les quartiers populaires d’El Ksar. Deux morts, des banques saccagées, des arrestations. » Le même scénario se reproduit et s’élargit. « A Kairouan aussi et même à Gabes et Douz », poursuit Karim. Des villes restées jusqu’ici à l’écart de la colère sociale.

Nesrine, la fille d’un ami de Karim, nous a rejoints avec une amie, Nadia. Elles ont toutes les deux 24 ans et sont venues de Gafsa poursuivre leurs études supérieures à Sousse. Soignées, habillées à l’occidentale, les deux étudiantes – l’une en médecine, l’autre en informatique – ont conscience de faire partie de cette classe moyenne qui s’est développée dans le pays depuis 1990. « Je crois que Ben Ali est mal conseillé, commence Nesrine. C’est un bon président, mais il s’est laissé influencer par sa seconde femme, Leïla. C’est elle et le clan des Trabelsi qui dirigent et pillent les richesses du pays. »

A ses côtés, Nadia est plus discrète. Elle écoute son amie. Opine de temps à autre. Mais, sur les snipers et la répression des jeunes depuis trois semaines, elle est intraitable  : « Le chômage touche surtout les quartiers populaires, lance-t-elle, la voix ferme. Ici à Sousse, les gens ont du travail. Mais si la police continue à utiliser ces snipers et à tuer systématiquement les jeunes, nous allons bouger nous aussi. Nous sommes en démocratie ou quoi ! C’est honteux de laisser des jeunes en galère se faire massacrer tous les jours sous nos yeux. »

III. Place au mouvement politique

Mardi 11 janvier

Tunis,
« Cette fois, ça va bouger à Tunis ! »

La capitale, 11 heures du matin. En dehors de quelques manifestations d’avocats, de professeurs et d’intellectuels, Tunis est restée calme depuis le début des évènements. Karim me propose d’aller dans les locaux du mouvement Ettjdid, en plein centre ville. La veille au soir, craignant que le mouvement ne s’étende aux écoles et universités, le gouvernement a annoncé la fermeture complète de tous les établissements scolaires du pays.

Dans la journée, plusieurs journalistes français et espagnols se présentent dans les locaux. Notamment la correspondante de RFI au Maroc, arrivée le matin même, officiellement autorisée à travailler à Tunis comme « journaliste ». J’apprends que, la veille, le correspondant du Figaro était à Tunis. L’étau se desserre. Enfin, le régime a compris qu’il avait perdu la bataille de la communication. Certes, les sites de partage de vidéos YouTube et Dailymotion restent censurés, comme la plupart des sites que je consulte (« Erreur 404 »…), mais Ben Ali a visiblement décidé de lâcher un peu de lest devant les informations qui, de toute façon, passent par Internet depuis quinze jours.

Cette fois, les journaux officiels reviennent en « Une » sur le discours de la veille du président. Articles très officiels, sentencieux, sans commentaires. Parole donnée aux officiels du régime. Idem sur certaines radios. Il n’empêche, « ça va bouger à l’UGTT », m’annonce Salmi, un cadre du mouvement Ettjdid. La direction nationale a pour la première fois pris position en déclarant « légitime » le mouvement de jeunes. Et ils ont condamné la répression policière. Plusieurs militants et personnalités de l’opposition passent dans les bureaux d’Ettjdid. Un correspondant espagnol y a même élu domicile depuis une semaine.

Vers 17 heures, Nadhir, 24 ans, un jeune étudiant de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), le grand syndicat étudiant fondé en 1953 et interdit depuis de longues années, s’insurge contre la fermeture des universités. « Ils ont peur qu’on rejoigne le mouvement, précise-t-il. Et c’est vrai que sans les locaux des écoles et des universités, c’est très dur de rassembler les étudiants et de tenir des AG. » Mais Nadhir ne perd pas espoir : « Les quartiers populaires de Tunis [des cités dortoirs de près de 500 000 personnes, ndlr] ne sont pas fermés. J’ai eu des informations. Cette fois, ça va bouger à Tunis. » Le soir même, sous la pression, les dirigeants de l’UGTT annoncent qu’ils autorisent certaines directions régionales, dont celle de Sfax, à organiser localement la « grève générale » dès le mercredi 12 janvier. Le vendredi 14 janvier, ce sera au tour de Tunis.

Mercredi 12 janvier

Sfax,
« Vendredi, on sera tous à Tunis »

Cap sur Sfax, 11 heures. Yasmina, 27 ans, est arrivée tôt de la ville côtière et touristique de Sousse. Deux heures de voiture, par l’autoroute, pour rallier Sfax, la grande ville portuaire du sud (avec Gabès) située à trois cents kilomètres au sud de Tunis. Avec près de 500 000 habitants, l’agglomération est la deuxième de Tunisie et son plus grand port, juste après Bizerte. « Il était temps que le syndicat déverrouille enfin la situation et entre dans l’action », indique Yasmina.

Autour d’elle, sur une petite place du centre ville, loin des docks, des centaines de jeunes, de professeurs, de salariés se sont rassemblés. Les journaux circulent. Chacun donne des nouvelles. « C’est parti à Tunis cette nuit », lance un manifestant. « Oui, ils ont même déployé l’armée dans la capitale », ajoute aussitôt son voisin. « Du jamais vu depuis le coup d’Etat de Ben Ali, en 1987 ! » Partout les rideaux des commerces sont baissés, les cafés fermés, les kiosques aveugles. « C’est un succès, près de 90 % des Sfaxiens ont répondu à notre appel », se félicite Mohamed, la cinquantaine, militant à l’UGTT locale des cheminots.

La situation économique et sociale à Sfax est pourtant très différente de celle des villes du centre et de l’ouest du pays. Ici, pas d’énormes quartiers populaires frappés par la misère et le chômage. Cité prospère et port florissant, Sfax est depuis près de deux siècles une ville commerçante dont le dynamisme a été porté par les oliveraies, le chemin de fer et le transport maritime du phosphate. « C’est une ville de bourgeoisie et de classe moyenne, explique Mohamed. Mais là les gens en ont marre. Les violences du régime contre les jeunes de Kasserine ou Sidi Bouzid ont fini par les exaspérer eux aussi. »

Soudain, près du syndicaliste, deux jeunes lycéens s’affolent. « Ils tirent dans le quartier sud ! », lâche l’un d’entre eux. Les téléphones portables fonctionnent à plein régime. « A Douz, deux morts ! » Tendue, Yasmina écoute. Elle saisit elle aussi son portable. Chacun est sur écoute. Tout le monde s’en moque : « Ils ont autre chose à faire que de nous écouter », lance Yasmina en raccrochant. « C’était une amie, dans un autre quartier de Sfax. Elle confirme, ils viennent de tuer un jeune. »

Yasmina fait partie de cette classe moyenne qui a profité jusqu’ici de la bonne santé économique du pays. « C’est la première fois que je manifeste, confie-t-elle. Là, le régime va trop loin. Ce ne sont plus seulement les jeunes au chômage qui vont bouger, mais tous les Tunisiens qui vont descendre dans la rue. Vendredi, on sera tous à Tunis. »

Retour dans la capitale. Cet après-midi, Ben Ali a annoncé le limogeage du ministre de l’intérieur, Rafik Belhaj Kacem. C’est le deuxième remaniement depuis décembre. D’autres vont suivre. Selon les autorités, le nombre officiel de morts est passé à vingt et un dans tout le pays. Mais le siège à Tunis de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) parle « d’au moins trente-cinq morts et des milliers de blessés et d’arrestations ». Le couvre-feu est décrété à Tunis et dans sa banlieue.

Jeudi 13 janvier

Tunis,
« Aucun Tunisien ne pardonnera plus à Ben Ali »

Très tôt dans la matinée. Après une première nuit de couvre-feu, les véhicules de l’armée sillonnent toujours les grands axes de la capitale tunisienne. Devant le ministère de l’intérieur, une trentaine de policiers en tenue montent la garde avenue Bourguiba. Les terrasses de café commencent à se remplir. « Quel bordel ! » Au volant de son taxi, Mourad, 48 ans, tempête dans un français approximatif. Au premier feu rouge, il se penche et extirpe de sous son siège un morceau de bois grand comme une batte de base-ball. « Voilà avec quoi il faut travailler maintenant ! », lance-t-il, excédé. Peur des émeutes ? Des jeunes en colère ? « Non. Pas du tout ! C’est pour les policiers. Ce sont eux les voyous en Tunisie. »

Né à Kairouan, au centre du pays, ce fils de commerçant n’a pas fait d’études. Après avoir tenté sa chance dans des hôtels et commerces du Sahel (la côte tunisienne), il est venu à Tunis en 1992 grâce à son père et ses frères qui l’ont aidé à acheter sa licence de taxi. Et puis « trente ans d’emprunt, explique-t-il. De toute façon, tout le monde est surendetté dans ce pays ». A la radio, une journaliste rappelle les principaux événements de la veille : « Démission du ministre de l’intérieur », « ouverture d’une commission d’enquête sur la corruption », « grève générale à Sfax, de nombreux blessés et deux morts », « cinq morts à Douz »… Mourad écoute avec attention.

« Il disent rien des nouveaux affrontements cette nuit à Ettadhamen. Moi j’y habite, je sais de quoi je parle. » Ettadhamen, l’une des cités-dortoirs de Tunis. Un quartier populaire, gonflé des vagues successives de cet exode rural qui pousse vers la capitale des milliers de Tunisiens depuis des décennies. Avec les cités voisines, près de 450 000 habitants délaissés par les performances officielles de l’économie tunisienne. « On a à nouveau été réveillés cette nuit par les tirs de la police. Ce matin, j’ai vu de nouvelles carcasses de bus et de voitures. Et rien dans les journaux ! »

Mourad décide subitement de faire un détour pour montrer sa cité. Le trafic n’est pas encore saturé dans la capitale. Trop tôt. En une demi-heure, nous atteignons les rues d’Ettadhamen qu’il souhaite montrer. « Regardez là-bas », lance-t-il en désignant une carcasse de bus calcinée. Autour, des façades de maisons et de commerces encore noircies par les heurts de la nuit. « C’est la seconde nuit d’émeutes ici. La prochaine, c’est toutes les cités qui s’embrasent », commente Mourad. Autour du taxi, des jeunes passent en courant. A cent mètres, la police a dressé un barrage. « Mieux vaut partir. »

Demi-tour vers le centre-ville. Silencieux, le chauffeur surveille la route. Il a éteint nerveusement la radio et peste contre un homme qui passe juste devant son véhicule. Puis il reprend le fil de ses pensées. « Demain c’est la grève générale à Tunis. Tout le monde sera dans la rue. En tout cas, moi, j’y serai. Et je ne connais personne qui n’y sera pas. » Est-ce la fin du régime de Ben Ali ? Mourad n’hésite pas une seconde. « C’est fini, lâche-t-il, sombre. C’est fini cette fois. Fallait faire les choses plus tôt. C’est trop tard. Il ne fallait pas qu’il laisse le clan des Trabelsi [la famille de la seconde épouse du président Ben Ali, ndlr] piller le pays comme ils l’ont fait. Des banques, hôtels, sociétés de télécommunications, agences d’automobiles… Ils ont tout pris. C’est trop tard. Aucun Tunisien ne lui pardonnera plus. »

Tunis,
Les snipers de Tunis-Carthage

Depuis plusieurs jours, les médias et Internet parlent de ces snipers aperçus à Thala, Kasserine et Douz. Des images ont circulé sur Facebook, floues, imprécises. Postés sur les terrasses des immeubles, ces tireurs seraient à l’origine de nombreuses morts parmi les jeunes manifestants. La nouvelle a largement contribué à la révolte des Tunisiens face à la répression policière qui sévit dans le pays depuis plusieurs jours.

Des rumeurs ? 9 h 40, jeudi 13 janvier, devant l’entrée de l’aéroport de Tunis-Carthage. Depuis la fin du couvre-feu, les taxis déposent ici les flots de touristes et d’hommes d’affaires qui souhaitent quitter le pays. Trois 4×4 gris métallisé, vitres teintées, viennent tout juste de se ranger devant la porte principale. Brusquement, au pas de course, une dizaine de militaires en tenue de camouflage, veste jaune fluo, sortent de l’aéroport. Equipés de longues mallettes noires et de petites valises grises, ils s’engouffrent dans les 4×4 qui partent en trombe. Maîtrisée, la scène a duré moins d’une minute.

A l’intérieur, les visages anxieux des voyageurs sont tournés vers le panneau d’affichage. Le vol Air France de 9 heures a été annulé, ceux de Tunis Air sont incertains. Au bar du niveau des arrivées, Pierre H. attend des « collègues » qui doivent venir le chercher. Il débarque de Paris et vient pour affaires. Cet ancien officier de l’armée française, la soixantaine, préfère ne pas en dire plus sur son activité professionnelle. En revanche, il s’amuse du groupe de militaires qu’il vient de voir traverser le hall de l’aéroport.

« Sûrement d’Afrique du Sud, indique-t-il sans hésiter. Ces mallettes, je les connais bien. Fusils pour snipers. Les petites grises, c’est pour les munitions. » Pourquoi l’Afrique du Sud ? « Vous avez vu leurs têtes ? Tous blancs. Ce sont des mercenaires formés là-bas. Tarif : de 1 000 à 1 500 dollars par jour. »

Le soir même, de retour à Paris, j’apprends que le président Ben Ali s’est adressé pour la troisième fois aux Tunisiens. Le visage cette fois marqué, le président annonce la libération des personnes arrêtées lors des affrontements avec la police et la fin de la censure sur l’information. Rien n’y fait. Le bilan de la FIDH atteint à présent soixante-six morts. Un point de non-retour a été franchi. Malgré le nouveau couvre-feu, des émeutes se poursuivent à Tunis et dans le reste du pays. Vingt-quatre heures plus tard, après un ultime discours, en arabe dialectal cette fois, au cours duquel il assure qu’il ne se présentera plus en 2014, Ben Ali fuit la Tunisie…

Karim m’a quitté le jeudi 13 janvier avant mon départ pour l’aéroport. Je tiens à le remercier vivement pour les risques qu’il a accepté de prendre en m’accompagnant. Père de famille, emprisonné à deux reprises par la police de Ben Ali, nul mieux que lui ne savait ce dont la police tunisienne est capable. Depuis le 14 janvier, il m’envoie chaque jour des informations.

Sans son aide, comme celle de Wael avant lui, je n’aurais jamais pu rester en Tunisie jusqu’au 13 janvier et recueillir tous ces témoignages. Je tiens également à remercier tous les Tunisiens et les Tunisiennes qui ont accepté de me parler pendant mon séjour.

234 commentaires sur « La semaine qui a fait tomber Ben Ali »

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  • permalien
    19 janvier 2011 @13h54   »

    Bravo...

    Une raison supplémentaire pour faire des dons au monde diplo.
    Financer ne serait-ce qu’une partie du reportage me paraît un acte de solidarité avec la jeunesse tunisienne, dans son combat pour la liberté, dont celle de la presse.

    Le Diplo, preuve écrite que le journalisme indépendant n’est pas mort...

    Et merci.

  • permalien Murmure :
    19 janvier 2011 @14h20   « »

    @ Olivier Piot

    Giflé en public par un agent de police qui lui a confisqué sa charrette de vendeur ambulant de fruits et légumes

    Une erreur relayée peut être involontairement, par tous les médias occidentaux.

    C’est un agent(e) de la Municipalité chargé de contrôle et non un policier.

  • permalien Abu Marwan :
    19 janvier 2011 @15h07   « »

    @ Ignacio Ramonet : Bechar El Assad, a qui vous avez dresse des louanges quand il vous a accorde une interview l’annee derniere est un autre Ben Ali, junior certes, mais fils d’un grand Ali Baba. Les deux ont fait et font vivre le peuple syrin sous la dictature et l’emprise d’un clan. Demandez vous ce que fait Makhlouf dans la vie ?

    Pour etre consequent, le Monde Diplo se doit aussi de presenetr aux lecteurs la sitaution syrienne sans compalisance pour la dictature des Assad. Nier cela equivaudrait a faire comme Delanoe...

  • permalien Piato :
    19 janvier 2011 @15h08   « »

    Erreur sur la carte, le nom de Sidi Bouzid a été remplacé par Sidi Bou Said, un célèbre village côtier non loin de Tunis.

  • permalien uTo :
    19 janvier 2011 @15h32   « »

    Cette semaine a bien fait tomber Ben Ali mais pas (encore ?) toute la nomenklatura Ben Ali, le N°2 Mohamed Ghannouchi, Premier ministre de Ben Ali est aujourd’hui encore Premier ministre, il a bien démissionné du RCD où il était N°2 aussi, quelle belle affaire ! Son gouvernement est constitué des 8 plus hauts dignitaires de la dictature Ben Ali, tous les hauts postes politiques, policiers, judiciaires, administratifs, économiques et financiers sont toujours aux mains des satrapes de Ben Ali. Ce n’est qu’un putsch qui a eu lieu jusqu’à présent, profitant des désordres sociaux et de la répression. Si le peuple tunisien n’achève pas sa révolution, ce n’en sera pas une tout simplement, ils conserveront le même système répressif et antisocial à peine mieux enrobé, tout au moins pour un temps...

  • permalien groucho :
    19 janvier 2011 @15h43   « »
    Bir El Hfei

    Petite correction : Il faut plutôt dire Bir El Hfei ( littéralement puits du va-nu-pieds) et non comme c’est écrit Bir El Fhei. Pour le reste Merci.

  • permalien zizou :
    19 janvier 2011 @15h51   « »
    MEIDA A HAMMAMAT ET CRACHA DANS LA SOUPE

    Ben Ali est tombé certes il a commis l’irréparable mais la chose la plus invraisemblable c’est que les dirigeant Français se sont sucrés sur les meida de Hammamat et ont passé des moments innouis au frais de la princesse et on craché dans la soupe . Tout en étant les invités et les amis de Ban Ali , qui s’est vu refusé l’entrée en France, d’ailleurs sans reconnaissance, ces mêmes personnes parlaient de sa femme, la plus avancée, la plus moderne et représentante du Monde Arabe.
    Faut il faire confiance au nos dirigeant politiques dans la confusion.

  • permalien Mehdi ibn Kacem :
    19 janvier 2011 @16h43   « »
    URGENT Un blog tunisien indépendant !

    Voici des news toutes fraiches pour ceux qui veulent creuser le sujet ...

    http://nawaat.org/portail

    http://nawaat.org/portail/2011/01/1...

  • permalien uTo :
    19 janvier 2011 @16h57   « »

    Le billet "Syndrome de Stockholm ?" est très pertinent, il a tout l’air d’en frapper quelques uns ici d’ailleurs, ce syndrome...

  • permalien jj :
    19 janvier 2011 @17h03   « »

    Des milliers de manifestants défilent contre le nouveau gouvernement en Tunisie
    Mercredi 19 Janvier 2011

    Des milliers de Tunisiens se sont rassemblés à travers le pays contre leur nouveau gouvernement ce mercredi, alors que le gouvernement tentait de désamorcer la colère du public contre le pouvoir maintenu de l’ancien parti aux commandes et que quatre ministres ont démissioné.

    "Ben Ali est parti en Arabie Saoudite ! Le gouvernement devrait y aller aussi," ont scandé environ 2.000 manifestants dans le centre de Tunis, se référant à l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali qui a fui vendredi après 23 ans de règne d’une poigne de fer.
    "Nous voulons un nouveau parlement, une nouvelle constitution, une nouvelle République ! Le peuple se lève contre les loyalistes à Ben Ali !" ont-ils scandé lors de cette manifestation pacifique.

    Des milliers d’autres Tunisiens se sont rassemblés dans le centre et le sud de la Tunisie à Ben Guedane, Kasserine, Regueb et Sidi Bouzid - la ville où les manifestations contre le régime ont commencé le mois dernier après qu’un jeune vendeur se soit immolé par le feu en signe de protestation.

    Lors du rassemblement à Ben Guedane, certains manifestants brandissaient des cercueils dans un enterrement symbolique du RCD - le parti largement détesté et tout-puissant de Ben Ali, qui continue d’avoir la mainmise sur les institutions principales de l’Etat.

  • permalien L’équipe du site :
    19 janvier 2011 @17h30   « »

    Merci pour les deux signalements d’erreur, nous avons rectifié.

  • permalien Lou :
    19 janvier 2011 @19h50   « »

    Daniel Cohn-Bendit - Le Parlement européen n’est pas à la hauteur

    Et monsieur Daniel Cohn-Bendit pas tout à fait non plus qui parle de "Monsieur Sidi Bouzid comme "le Jan Palach de la Tunisie"

    Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid

  • permalien Jean-Claude Capt :
    19 janvier 2011 @21h29   « »

    Ces journées Tunisiennes m’ont remplis d’espoirs, mais ce n’est pas fini, car tout commence, désormais peuple Tunisien le plus dur est à venir, cela va être le moment de transformer cet essai réussi, et la vraie démocratie passe par un statut de gestion des affaires publiques qui soit réellement POPULAIRE. Réclamés des droits politiques étendus comme : le droit d’initiative pour instituer des droits et devoirs légaux - le droit de référendum - le droit à l’expression d’opinions pouvant déboucher sur un référendum.
    et enfin que les postes gouvernementaux sensibles soient pourvus avec des dirigeants présentés par les partis politiques et les syndicats et plébiscités par le biais d’une votation populaire. Enfin faite créer un journal public officiel, et site internet avec un comité de rédaction multi-partis, chacun d’eux ayant leur pages. Allez c’est le moment de faire démarrer une vraie révolution sociale.

  • permalien Lou :
    19 janvier 2011 @22h26   « »

    Moncef Marzouki, mai 2010

    « J’ai deux techniques pour rester positif psychologiquement. La première, c’est que je me dis que le temps géologique n’est pas le temps des civilisations, que le temps des civilisations n’est pas celui des régimes politiques et que le temps des régimes n’est pas celui des hommes. Il faut l’accepter. Si je m’engage dans le projet de transformer la Tunisie, vieille de quinze siècles, je ne vais pas la transformer en vingt ans. Je dois donc accepter les échéances de long terme. Et à partir de là, je ne me décourage pas, parce que mon horizon, ce n’est pas les six prochains mois ou la prochaine élection présidentielle : c’est celui des cent prochaines années - que je ne verrai pas, c’est évident.

    « Et l’autre technique vient du fait que je suis un homme du Sud. Je viens du désert et j’ai vu mon grand-père semer dans le désert. Je ne sais pas si vous savez ce que c’est que de semer dans le désert. C’est semer sur une terre aride et ensuite vous attendez. Et si la pluie tombe, vous faites la récolte. Je ne sais pas si vous avez déjà vu le désert après la pluie, c’est comme la Bretagne ! Un jour, vous marchez sur une terre complètement brûlée, ensuite il pleut à peine et ce qui s’en suit, vous vous demandez comment cela a pu se produire : vous avez des fleurs, de la verdure... Tout simplement parce que les graines étaient déjà là... Cette image m’a vraiment marqué quand j’étais enfant. Et, par conséquent, il faut semer ! Même dans le désert, il faut semer !

    « Et c’est de cette façon que je vois mon travail. Je sème et s’il pleut demain, c’est bien, sinon au moins les graines sont là, car que va-t-il se passer si je ne sème pas ? Sur quoi la pluie va-t-elle tomber ? Qu’est-ce qui va pousser : des pierres ? C’est l’attitude que j’adopte : semeur dans le désert... »

  • permalien Lou :
    19 janvier 2011 @23h08   « »

    Seymour Hersh déchaîné

    Hersh a rapporté avoir récemment discuté avec “un homme du milieu des renseignements… quelqu’un en rapport avec les activités du JSOC” de la chute de Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie. « Il disait, ‘Oh mon Dieu, c’était un si bon allié. »

    « La Tunisie va changer la donne, » a ajouté ensuite Hersh. « Ca va flanquer la frousse à plein de gens. »

  • permalien Antoine :
    20 janvier 2011 @02h43   « »

    Merci au monde diplomatique et à son journaliste pour cette chronique sur le vif. Cela fait du bien de constater qu’une partie (certes bien marginale) des médias français a pris la peine de s’intéresser à l’affaire quand elle n’en était qu’à ses premiers développements.
    Si le pouvoir français a choisi ces derniers jours d’avilir la cause démocratique et d’obscurcir le flambeau républicain qu’il prétend (très hypocritement) porter, on peut savoir gré au monde diplomatique de nourrir la flamme du sentiment fraternel qui nous lie au peuple tunisien en son épreuve actuelle, qui est aussi un triomphe.
    Désormais, il nous faut trouver les formes de solidarité adéquates.

    Merci encore

  • permalien uTo :
    20 janvier 2011 @07h42   « »

    Certains nous disent que ces événement de Tunisie resteront comme un exemple. Un exemple en effet, mais de ce qu’il ne faut pas faire. Les Tunisiens ont commis l’erreur de laisser le pouvoir sortant garder un pied dans la porte, ce fut une erreur tragique. Avec Mohamed Ghannouchi ils n’ont pas affaire à un imbécile, il joue très habilement ses cartes depuis le départ de son ancien maître et de sa cour familiale. Il a des cartes très solides en main. Le parti du régime (RCD) contrôle tous les rouages de l’organisation politique et économique du pays, en face de quoi ne figure que la centrale syndicale UGTT en réalité. Les partis politiques ont été laminés par la dictature et ne présentent aucun risque pour lui. Ghannouchi a eu l’intelligence de s’en prendre fermement à la garde personnelle de Ben Ali, mais en réalité il n’avait pas le choix car il était à leurs yeux un traître. La constitution est un véritable boulevard pour dictateur, il s’y accroche en jouant les défenseurs de la démocratie et la légitimité républicaine, alors qu’en réalité elle interdit toute autre issue que le maintien de l’ancien régime. Ghannouchi a de plus le temps pour lui, le temps que l’agitation populaire retombe. A moins qu’ils ne ressaisissent en cette fin de semaine, ce qui semble très improbable, la révolution tunisienne est cuite.

  • permalien le journal des tueursnet :
    20 janvier 2011 @08h44   « »

    A quoi je peux comparer mon âme Aujourd’hui ?
    A une cité ? Oui à une cité !
    Qui comporte deux entités
    Une entité noble, attirée par la vérité vraie
    Et une entité ignoble attirée par l’obscure obscurité.
    Si la première est tentée par le plus haut, la seconde est soudoyée par le plus bas.
    C’est l’essence même du capitalisme outrancier, celui de l’argent Roi qui fait que la partie la plus basse, celle de nos plus vils instincts, gouverne la partie la plus haute, celle de nos plus beaux idéaux.
    Et dire que les premiers sont riches et ne cessent de s’enrichir, et que les seconds sont pauvres et ne cessent de s’appauvrir.
    Tiens… tiens… je sens le jasmin… fleurir dans notre jardin.
    Trois impasses pour la Nouvelle République du Jasmin (NRJ) :
    La première impasse : Instaurer le pluralisme ou le multipartisme. Mais le peuple ne peut le faire en excluant les islamistes pour leur extrémisme et les communistes pour leur athéisme ?
    A moins de considérer que ce peuple est dans l’obligation d’être plus extrême que les extrêmes.
    La deuxième impasse : concerne la traditionnelle chasse aux sorcières. Faut-il vider le pays de tous ceux qui ont servi l’ami d’hier et qui est devenu du jour au lendemain l’ennemi numéro Un.
    Et si on se mettait à vider l’ancien parti de toute sa panoplie, Il ne restera plus personne pour gouverner le pays.
    La troisième impasse : c’est le temps. On ne veut pas reprendre les mêmes, mais on n’a pas le temps d’en trouver d’autres.
    On veut tourner la page mais on n’a pas le temps d’en écrire une autre. On veut aller très vite de l’avant, mais on ne peut pas s’empêcher de regarder derrière… la cupidité qui est loin… loin d’être surmontée !
    http://www.tueursnet.com/2011/01/justunisie/

  • permalien Yanisou :
    20 janvier 2011 @09h07   « »

    Excellent, merci une chronologie d’une vraie révolution pacifique et sociale : Les déshérités se lancent, à leur tête les jeunes chomeurs, un mouvement de sympathie des couches moyennes qui finissent par s’engager dans le mouvement dés lors qui le sentent puissant et déterminé...Apothéose : Les courants fussionnent dans un "dégage" allunison...
    Une première page est tournée, mais cette révolution sociale va se pour suivre. Nous aimerions bien voir M LORDON, nous faire un diagnostic du modèle économique afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs du trop "fameux modèle " tunisien.
    Que convient il de faire, le même cadre en y ajoutant des mécanismes correcteurs, Changer de paradigme
     ? Merci de relayer le message, merci le monde diplomatique

  • permalien une Tunisienne qui aime son pays :
    20 janvier 2011 @09h42   « »

    uTo :
    20 janvier @07h42 « 

    Certains nous disent que ces événement de Tunisie resteront comme un exemple. Un exemple en effet, mais de ce qu’il ne faut pas faire.

    je voudrais bien vous y voir, vous, le révolutionnaire par procuration derrière votre écran !

    Les Tunisiens ont commis l’erreur de laisser le pouvoir sortant garder un pied dans la porte, ce fut une erreur tragique. Avec Mohamed Ghannouchi ils n’ont pas affaire à un imbécile, il joue très habilement ses cartes depuis le départ de son ancien maître et de sa cour familiale. Il a des cartes très solides en main.

    absolument pas. C’est l’armée qui contrôle la situation et qui a imposé Ghannouchi faute de mieux et dans l’urgence pour faire partir Ben Ali. Quand Ghannouchi a fait sa première déclaration télévisée du palais de Carthage et après le départ du Président il y avait des soldats en arme devant qui lui ont mis en main le texte à lire.

    Le parti du régime (RCD) contrôle tous les rouages de l’organisation politique et économique du pays, en face de quoi ne figure que la centrale syndicale UGTT en réalité.

    Le parti RCD, ancien nom PSD parti socialiste Destourien contrôle le pays depuis l’indépendance en 1956.

    L’UGTT dont les dirigeants se sont laissé corrompre par le pouvoir et représente les intérêts des patrons

    Les partis politiques ont été laminés par la dictature

    par conséquent n’ont aucune expérience de la gestion d’un pays. Et personne se peut prétendre connaître l’importance de leur représentativité parmis le peuple. Au moins Ghannouchi premier ministre depuis 1999 est un économiste C’est un technocrate pas un politique sinon Ben Ali l’aurait exilé car il ne supporte pas qu’on lui fasse de l’ombre.

    .

    Ghannouchi a eu l’intelligence de s’en prendre fermement à la garde personnelle de Ben Ali, mais en réalité il n’avait pas le choix car il était à leurs yeux un traître.

    tous les tunisiens sont des traîtres et des ingrats au yeux de cette milice armée pour protéger BenAli uniquement.

    La constitution est un véritable boulevard pour dictateur

    non. Taillée sur mesure pour Ben Ali serait plus poche de la réalité.

    il s’y accroche en jouant les défenseurs de la démocratie et la
    légitimité républicaine, alors qu’en réalité elle interdit toute autre issue que le maintien de l’ancien régime.

    la constitution n’a pas prévue l’avènement d’une révolution par le peuple. C’est une situation inédite. Nous avons de très bon juriste spécialistes en droit constitutionnel qui planchent sur le projet d’une nouvelle constitution. Laissez les travailler avant de juger....

  • permalien une Tunisienne qui aime son pays :
    20 janvier 2011 @09h53   « »

    uTo :
    20 janvier @07h42 « 

    Ghannouchi a de plus le temps pour lui, le temps que l’agitation populaire retombe

    .
    on lui donne 6 mois le temps de remettre le pays en marche et de préparer les élections législatives et présidentielle. On le tient à l’oeil. Notre armée, notre fierté, en qui nous avons confiance, veille et est à l’affût du moindre changement de cap ou mainmise de qui que ce soit. N’oubliez pa que c’est nouveau pour nous aussi :des élections sans trucage qui l’aurait cru il ya un mois....

    A moins qu’ils ne ressaisissent en cette fin de semaine, ce qui semble très improbable, la révolution tunisienne est cuite

    nous ne voulons pas d’anarchie ni détruire notre pays et nos acquis. Nous voulons construire et pas détruire. Laissez nous un peu de temps. Personnellement je n’ai jamais voté ni osé dire ce que je pensais ni même avoir de rêves. Je me laissais vivre c’est tout. Maintenant j’ai des rêves et je veux participer à construire une Tunisie moderne, citoyenne, une démocratie, véritable État de droit et des institutions.

  • permalien une Tunisienne qui aime son pays :
    20 janvier 2011 @10h24   « »

    le journal des tueursnet :
    20 janvier @08h44

    Tiens… tiens… je sens le jasmin… fleurir dans notre jardin.
    Trois impasses pour la Nouvelle République du Jasmin (NRJ) :

    nouvelle république des Glorieux ou hommes Libres serait plus "parlant" question image.
    petite digression à propos du jasmin

    Le jasmin est la symbolique de la sympathie voluptueuse. En Orient, il est également le symbole de l’amour .
    L’offrir.Le jasmin est bien connu pour son parfum enivrant, très utilisé en parfumerie. C’est une offrande sensuelle dissimulée derrière un geste amical. En Tunisie, le marié quand il va cherché sa promise chez ses parents le jour de la noce il lui offre un bouquet de jasmin . De leur coté les femmes parentes de la mariée ont pris soin de parsemer le lit nuptial de jasmin... Rencontre de deux désir. symbole magique. Langage de fleurs et pudeur.
    Histoire.Le jasmin est cultivé depuis la nuit des temps en Inde, où il a le nom poétique de “reine des fleurs”. Kâma, la divinité hindoue de l’amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Ces fleurs blanches au parfum enivrant ont été introduites au XVIème siècle en Europe par les navigateurs espagnols et les Maures. Les Perses utilisaient déjà l’extrait de jasmin pour parfumer l’air ambiant.
    Anecdotes.L’accord jasmin-rose forme le coeur de nombreux parfums de prestiges. Ces deux fleurs sont les plus utilisées en parfumerie. Une fête est d’ailleurs consacrée au jasmin tous les ans dans la ville de Grasse.
    Cléopâtre serait allée à la rencontre de Marc Antoine dans un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin.
    Les noces de jasmin sont le symbole des 66 ans de mariage en France.

  • permalien bat :
    20 janvier 2011 @11h58   « »

    Heureuse initiative du Monde Diplomatique ! J’ai été consternée par l’absence de couverture médiatique digne de ce ce nom par les médias nationaux, à croire que la Tunisie serait à l’autre bout de la planète. J’ai hâte de lire votre numéro de février !

  • permalien bat :
    20 janvier 2011 @14h35   « »

    Je suis d’autre part, comme d’autres l’ont précedemment exprimé, très sceptique aussi, sur l’issue de ce soulèvement populaire, on peut se mettre la tête dans le sable bien sûr et ignorer ce qui se passe réellement là-bas, mais force est de constater que pour l’instant, cela n’a rien à voir avec une situation révolutionaire réelle, comme par exemple celle qui est intervenue en Iran dans les années 80. Espérons pour les Tunisiens que ces dizaines de morts et ces centaines de blessés, aient servi à quelque chose d’autre qu’à un changement de têtes au commande d’un pouvoir liberticide et répressif, ce serait tragique.

  • permalien HYB :
    20 janvier 2011 @14h36   « »

    Magnifique papier. Merci.
    La fin donne froid dans le dos. Il y a seulement huit jours des mercenaires débarquaient à Tunis-Carthage. D’où venaient-ils ? Oui pourquoi l’Afrique du Sud ? Vous avez posé les bonnes questions.
    Où sont-ils à maintenant ?

  • permalien
    20 janvier 2011 @14h54   « »

    La chute de Ben Ali a causé un choc à la bourgeoisie de la Tunisie et du reste du monde arabe, ainsi qu’aux Américains et à l’impérialisme mondial. Ce qui a été encore plus inquiétant pour eux est le déclenchement de manifestations massives dans l’Algérie voisine et, plus à l’Est, en Jordanie.

    Il est certain que les scènes de dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes défiant l’armée et la police pour se répandre dans tout Tunis et exiger la fin de la dictature donnent des sueurs froides aux banquiers et aux spéculateurs de New York, Paris, Francfort et d’autres centres de la finance impérialiste. Quand il est question de corruption et de détournement arbitraire de la richesse, aucune élite dirigeante au monde ne peut égaler celle des États-Unis.

    http://www.wsws.org/francais/News/2...

  • permalien Gasgara :
    20 janvier 2011 @17h19   « »

    Il esr totalement decevant que votre journaliste fasse le tour de la tunisie sans passer par Kasserine lä où les affrontements avec les forces de l’ordre était les plus meurtriers coté civil. Des tirs à balles réelles par des kalachnikovs et par des snypers, au moins 30 morts et 100 blessées. Je suis scandalisé par ce travail médiocre de votre envoyé qui a suivi la ligne de toutes les autres chaines alors que moi lecteur fidèle depuis plus de 15 ans du monde diplomatique, croyais qu’au moins ce mensuel allait se rendre à Fallouja de Tunisie. Je vais revoir ma fidélité le monde diplomatique.

  • permalien Dadetraffic19@bellsouth.net :
    20 janvier 2011 @17h39   « »

    Bon journee pour tous :

    Je besoin de demander cet question.

    On est tres proche de un gouvernement islamist dans la Tunisie ?

    On doit rapelle que Al Qaida a redouble ses efforts pour avoir un pays avec un gouvernement islamist.

    Julio Gonzalez Jr.

  • permalien Anid :
    20 janvier 2011 @18h11   « »

    Le récit de l’enseignant est magnifique. Cette belle expérience historique de la révolution du peuple de Tunisie est source d’inspiration inédite et fantastatique. Bien que ce pays soit d’une population de 10 millions de citoyens et d’habitants, pas ressources pétrolières et heureusement, les flammes que cette révolution a allumées ont capté l’attention de la planète entière et ont ébranlé les régimes et les dynasties corrompus dans le monde arabe et musulmans. Ses expressions ont crées des ondes de choc partout. En Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie. Celles et ceux qui veulent comprendre la charge humaine de cette révolution, sont invités à lire et à comprendre les mots du grand poête tunisien : Abou EL Kacem Chabbi dans son oeuvre de l’optimisne révolutionnaire et de la vie. LA VOLONTE DE VIVRE OU DU VOULOIR VIVRE. C’est l’âme de cette révolution.

    C’est énorme, c’est historique et c’est magnifique contre ceux qui ont chaté dans leur démagogie à la solde : La fin de l’histoire. Rien ne pourra substinuer au facteur humain dans la modification du cours de l’histoire.

  • permalien thM :
    20 janvier 2011 @19h08   « »

    Bravo pour ce reportage !

    En contrepoint, on peut lire ce qui se passe en France dans les médias pendant les mêmes jours et les termes utilisés par les journalistes, stupéfiants.
    C’est sur le site d’Acrimed :

    "Tunisie : mots et maux de l’information en continu"

    http://www.acrimed.org/article3518.html

  • permalien uTo :
    20 janvier 2011 @19h36   « »

    @ Une Tunisienne

    Vous dites : "nous ne voulons pas d’anarchie ni détruire notre pays et nos acquis"

    Il est vrai que si l’on "priorise" l’ordre, mis à part dans les 4 ou 5 dernières semaines bien sûr, Ben Ali était parfait et Ghannouchi devrait faire à peu près aussi bien, d’autant que ce dernier est manifestement plus malin que son prédécesseur de toute évidence. D’ailleurs à en croire une indiscrétion émanant du gouvernement dit "de transition", Ben Ali aurait envisagé de revenir en Tunisie au vu de la tournure des événements, ce que bien entendu Ghannouchi aurait refusé. Le tout étant de savoir ce que l’on "priorise", et considérant pour paraphraser Mao Zedong qu’une révolution n’est pas un dîner de gala, et c’est un fait.

  • permalien uTo :
    20 janvier 2011 @19h54   « »

    J’ajouterai que quand vous dites "nous" s’agissant des Tunisiens, cela me semble tout à fait abusif, parce que jusqu’à aujourd’hui inclus, des milliers de Tunisiens manifestent tous les jours, en prônant le stricte inverse de ce que vous professez et cela à grands risques, compte tenu des interdictions de manifester toujours en vigueur à ma connaissance.

  • permalien zadig :
    20 janvier 2011 @21h20   « »

    @uto
    ou Cassandre ?
    Vous aviez prévu la chute de Ben Ali ?

  • permalien kassou :
    20 janvier 2011 @21h57   « »

    uto, vous êtes un dictateur.

    Notre Tunisienne est libre d’avoir ses idées et vous n’avez pas à lui imposer les vôtres. Contrairement à vous, elle écrit de son pays sur son pays. j’ai aimé la petite digression sur le jasmin

  • permalien emmanico :
    20 janvier 2011 @22h02   « »

    Merci pour ce travail.

  • permalien Lou :
    20 janvier 2011 @22h20   « »

    La mise en garde de Amr Moussa

    « La révolution en Tunisie n’est pas éloignée de ce que nous discutons ici », a déclaré M. Moussa devant ce sommet des 22 membres de l’organisation panarabe consacré questions économiques. « L’âme arabe est brisée par la pauvreté, le chômage et le recul des indices de développement », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de parvenir à des « succès réels » pour améliorer les conditions de vie. « La majorité de ces problèmes n’a pas été résolue », a-t-il dit, affirmant que « les citoyens arabes sont dans un état de colère et de frustration sans précédent ».

    L’hôte de ce sommet dans la station balnéaire de Charm El Cheikh, sur la mer Rouge, le président égyptien Hosni Moubarak n’a pas parlé directement de la Tunisie, mais a souligné que le développement économique et social était devenu « une question qui concerne notre avenir, notre continuité et constitue une exigence pour la sécurité nationale ».


    sécurité nationale en Tunisie

  • permalien solune :
    20 janvier 2011 @22h38   « »

    Je suppose que Monsieur Piot, en parlant de la mort de Mohamed Bouazizi, voulait dire "le 4 janvier 2011" et, à propos de Tozeur, qu’elle se trouve "au sud-ouest du pays" ?

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @00h24   « »

    @ Lou

    Pour mettre en garde encore faut-il avoir un pouvoir, sauf à s’appeler Don Quichotte.

    Quand le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa appelle à répondre à « la colère et la frustration sans précédent » de la population, il fait bien et cela l’honore, mais quels sont les pouvoirs de la Ligue arabe et de M. Amr Moussa ? El Watan a manifestement fort mal choisi le titre son papier.
    Amr Moussa a ceci de commun avec Barack Obama, qu’ils déclament régulièrement de très beaux discours, mais ils ne font au mieux rien, ou pire le contraire de leurs belles paroles.

  • permalien jenna :
    21 janvier 2011 @01h47   « »

    uTo :
    çà vous arrive de penser qu’il faut un peu de temps pour que la nouvelle configuration de la Tunisie prenne forme... biensure que les gens ont les nerfs a fleur de peau, mais qui ne les auraient pas dans une telle situation ? vous proposez quoi ? la répression ? mais vous étes chié quand même ! foutez leur la paix, c’est leur pays, leur révolution et je ne crois pas que dans ce bas monde, un seul pays ne soit pas émus par cet évènement totalement inespéré, voire inattendu, a part ces pays arabes chez qui ben Ali possède des avoirs que ces même pays n’on pas gelés... mais vous parlez de la ligue arabe ! quelle idiotie cette référence...
    Je connais Sidi Bouzid pour avoir eu un compagnon natif de cette ville. J’y suis allée pendant près de 10 ans consécutifs, et jamais je n’aurai pensé à un tel mouvement. Pourtant, je peux vous garantir que ce sont des gens simples, gentils, malléables, mais si vous exacerbez leur coté obscur croyez moi que leur limites n’a pas de limite... La police dans cette ville, on la trouve aussi dans la plupart des villes, des micros pouvoir qui disposent de la population comme elle le veut.... C’est cette même police que le regretté Youssef Shahine avait mise en valeur dans sont film, Le Chaos, ou la milice égytienne. Des corrompus sans foi ni loi, des malades narcissiques qui n’ont d’yeux que pour eux mêmes et pour dieu, le fric, l’alcool, la bouffe, la prostitution, et la mise à disposition des petites gens qu’ils passent leur temps a harceler... En Tunisie, l’éternel combat c’est la police et la douane.. donc rien d’étonnant qu’un jour çà pète et encore, je dirai que Ben Ali a bien de la chance, il aurait pu finir beaucoup plus mal, comme le démon des Carpates...

  • permalien Saïd LOUKIL :
    21 janvier 2011 @01h48   « »
    Une femme à la téte de la TUNISIE

    سيداتي، سادتي....comme premiere femme à la téte de la TUNISIE

    مية الجريبي

    Après 23 ans de règne autoritaire, la Tunisie s’est distinguée par un modèle de révolution.

    Pour ce faire, il est nécessaire pour les tunisiennes et Tunisiens d’élire une femme à la Tête de ce pays exemplaire.

    Pourquoi une Femme ?

    Sans les femmes, il n’y a pas de balance, ni d’équilibre.

    Sans les femmes, il n’y a pas de développement possible.

    Avec les femmes, il n’y a pas de corruption ni centralisation envisageable.

    Élire une Femme comme Présidente, à la Tête de la TUNISIE...C’est le moment ou jamais.

    - دعونا نكون صادقين وحقيقيين
    حان الوقت لتطبيق اللامركزية وعاجلة.

  • permalien Saïd LOUKIL :
    21 janvier 2011 @01h56   « »
    Un parlement équitable 50% de femmes et 50% d’hommes

    |_____|_____|_____|_____|_____|_____|_____| ____ ___|____|_____| Pour moi,
    Les femmes sont notre « inverse » et notre « autre » et notre « moi » et nous notre « eux » (je ne sais pas si cela veut dire quelque chose pour vous, mais moi, je m’y retrouve.

    les Tunisiennes et Tunisiens , aux yeux du Monde ont beaucoup d’importance.
    Pourquoi ?
    Un ’’Tsunami ’’ de dignité et liberté ’’ Zamzama : jaillit ’’ de Sidi Bouzid.

    je préfère la décision responsable et sérieuse des d’un parlement équitable.

    Le peuple a choisi la dignité et la Liberté.
    En, outre, deux (2) bonnes raisons pour saluer le gouvernement de Coalition.
    1-*/*-Bien penser , et agir pour l’égalité des deux genres ’’ Tunisienne et Tunisiens’’ dans le Futur Parlement.
    2-*/*- Agir pour saluer le Savoir - Faire Féminin.
    Pour ce Faire :
    J’opte pour une Présidente à la Tête de la TUNISIE.
    A présent, les Tunisiennes & Tunisiens Optent en ( 2011) , proposent une femme à la présidence ,…à titre d’exemple : Madame Maya Djridi sera :
    -*/*- la première femme comme Présidente de la Tunisienne.

    -*/*- Élire, nommer à une dignité, un parlement équitable : 50% de femmes et 50% d’hommes.
    -*/*- Éclairer, par des explications à la nation ‘’Arabo_Musulmane’’ et de faire comme.
    -*/*- Donner , aussi, un exemple , une perception , et une vision politique Féminine_Tunisienne , au reste du monde.
     قالوا فيمية الجريبي.....

    تمتاز مية الجريبيبثلاث : الفطنه, سلامه الذوق ،الحق والصدق ....
    ==> Pourquoi Maya JRIDI ?

    • /*- عقل يفكر ويعمل...
      le ’’Savoir - Faire’’ Féminin.’’مية

    1/*- ==> le discernement,

    2/*- == > la vérité

    3/*- ==> et l’honnêteté ....

    Qu’en pensez-vous ?
    Saïd LOUKIL

  • permalien Ana :
    21 janvier 2011 @04h26   « »

    Merci pour ce superbe article !

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @09h59   « »

    uTo :
    20 janvier @19h36 «  »

    libre à vous de croire ce que vous voulez mais vous etes encore plus parano que Ben Ali. A qui voulez- vous faire croire que Ghannouchi est un dictateur ? Un dictateur d’operette peut être bien ! Vous êtes un comique uTo alias JJ ...

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @10h04   « »

    j’appelle, je voudrais , je suis favorable pour un changement constitutionnel relatif au rôle et au mandat du chef de l’État dans le sens de leur réduction pour que plus jamais aucun individu ne confisque aux Tunisiens leur pays.

    Plus d’un demi-siècle de dictature et de culte de la personnalité suffisent. Nous proposons que chaque futur dirigeant de la Tunisie n’ait la possibilité de gouverner que durant un unique et court mandat, pour laisser à la société civile tunisienne, qui durant ces dernières semaines a merveilleusement résisté au terrible système de Ben Ali, la possibilité d’émerger .
    Au nom de tous les Tunisiens dignes.

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @10h10   « »

    @ jenna

    Ce matin sur Radio Vatican on pouvait entendre que "la situation se normalise en Tunisie", si vous préférez cette autre manière de dire les choses pourquoi pas, vous noterez que ça signifie strictement la même chose que ce que je disais. Les agences de notations financières vont très certainement se rassurer aussi, mais pour ce qui est des injustices sociales et de la corruption, je vous donne rendez-vous dans un an par exemple pour en reparler, je serais agréablement surpris que vous ayez de bonnes nouvelles à m’annoncer, je crains fort plutôt que d’ici là vous vous soyez rendu à l’évidence des faits.

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @10h47   « »

    @ uneTunisienne

    Je suis donc un "parano comique" ! C’est sympathique dires donc !

    En attendant Ghannouchi fait ce qu’il veut depuis le départ de Ben Ali non ? La police et l’armée sont à tous les coins de rues à Tunis non ? Les petits bourgeois européens vont bientôt pouvoir revenir prendre des vacances de beaufs en Tunisie, les financiers internationaux y continuer leurs affaires juteuses et les mafieux tunisiens à étrangler leur peuple et piller leur pays. Que vous ne vouliez pas regarder la réalité en face n’y changera rien.

  • permalien Hmimou :
    21 janvier 2011 @11h13   « »

    Comment un peuple qui a fait tomber un dictateur avéré n’arrive-t-il pas à faire tomber son fidèle serviteur ? On constate une révolution inachevée. Les nouveaux maîtres de Carthage essaieront d’affiner leur pouvoir oppressif avec l’aide des Occidentaux comme toujours. Dès que vous voyez des politiciens occidentaux bénir un gouvernement du tiers monde, sachez que celui-ci est à leur solde.

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @11h38   « »

    En attendant Ghannouchi fait ce qu’il veut depuis le départ de Ben Ali non ?

    non pas du tout. si vous voulez être correctement informé suivez le blogueur Slim Amamou, informaticien génial qui grâce à ananimous depuis des mois à preparer aussi les tunisiens à cette révolution. Slim Amamou a ete arrete le 6 janvier à son bureau . relâche le 13 janvier. Secrétaire d’ État à la jeunesse dans l’actuel gouvernement. quand il a prêté serment c’est le type avec le crane rasé. Il continue à nous tenir au courant

    La police et l’armée sont à tous les coins de rues à Tunis non ?

    oui et alors ? c’est pour notre sécurité.

    Les petits bourgeois européens vont bientôt pouvoir revenir prendre des vacances de beaufs en Tunisie,

    on s’attend à une saison record cet été. Notre pays vit aussi du tourisme....

    les financiers internationaux y continuer leurs affaires juteuses et les mafieux tunisiens à étrangler leur peuple et piller leur pays. Que vous ne vouliez pas regarder la réalité en face n’y changera rien.

    Vous préconisez quoi de vivre en autarcie ?
    c’est très pessimiste. Il y a aussi des gens honnetes. N’oubliez pas que la morale de la société est l’ethique musulmane( bien mal acquis ne profite jamais..... )j’en fais partie.

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @11h48   « »

    C’est sur son fil Twitter que Slim Amamou a annoncé son entrée dans le gouvernement d’union nationale, lundi. Quatre jours plus tôt, ce blogueur, militant de l’internet libre, était encore en prison, accusé par le régime de Ben Ali d’avoir participé à l’opération internationale de hacking des sites gouvernementaux tunisiens, lancée par Anonymous.

    Arrêté le 6 janvier en même temps que deux autres cyberactivistes et le rappeur El General, il est le dernier à avoir été relâché, juste après le dernier discours télévisé de Ben Ali, jeudi 13 janvier. Le président, presque déchu, y promettait la « liberté totale » de l’information et de l’internet. En prison, le cyberactiviste a subi quelques mauvais traitements (privation de sommeil, ligotage à une chaise pendant cinq jours...), a perdu ses cheveux longs bouclés. Le voilà désormais le crâne rasé.

    http://www.liberation.fr/monde/0101...

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @11h49   « »
    La semaine qui a fait tomber Ben Ali mais pas son régime...

    @ uneTunisienne

    Libre à vous de nous chanter la chanson "Tout va très bien, Madame la Marquise", cela vous aidera peut-être à vous convaincre vous-même...

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @11h50   « »

    il y a aussi d’autre blogeur par exemple Aziz Amami

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @11h57   « »

    Libre à vous de nous chanter la chanson "Tout va très bien, Madame la Marquise", cela vous aidera peut-être à vous convaincre vous-même...

    je sais au moins de ce dont je ne veux plus . C’est déjà ça. Quand au reste, je fais confiance à mes compatriotes et à notre belle jeunesse qui prendra la relève.

    Les oiseaux de mauvais augure, je leur dis basta. Que voulez vous notre poète national a bien intitulé son célèbre poème " volonté de vivre" alors qu’il l a écrit sous la répression du protectorat français

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Aboul-...

  • permalien barry :
    21 janvier 2011 @11h58   « »

    je souhaite une très bonne réussite à nos frères Tunisiens .../.

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @12h02   « »
    La semaine qui a fait tomber Ben Ali mais pas son régime !

    Mis à part des ministres sortant du RCD et votre Secrétaire d’ État à la jeunesse tweeter (les jeunes Tunisiens sont sauvés avec lui !) il y a qui donc dans votre gouvernement "d’union nationale" (sic) Mme la Marquise ?

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @13h37   « »

    uTo. Pensez ce quevous voulez.

    Vous n’êtes pas sur place et ne pouvez savoir ce qui se passe dans la vrais vie.

    Les tunisiens, dans leur majorité ne veulent pas d’anarchie. Évidemment il y a des débordements. Des responsables membre du RCd ou placés là par le RCD et qui ont commis des abus de pouvoir et abus de biens sociaux sont en en train d’être dégagés de leur poste de PDG, Directeur Généraux ... par des citoyens rancuniers qui n’oublient pas les avanies subis par ces dégagés . Mais dans l’ensemble, les gens ont repris leur travail, les chantiers en ville des grands travaux( bretelle d’autoroute, Maison de la Culture , embellissement des grands carrefours...) ré ouverts . Au aujourd’hui vendredi jour de Prière . beaucoup de gens se dirigent vers les mosquées pour écouter des prêches dans l’air du temps.

    Dans les foyers, beaucoup de famille organisent des hisbLatif. Vous ne savez pas ce que c’est un hizb Latif ? c’est un chant sacré de confrérie soufi, c’est vraiment une spécificité tunisienne. C’est pour demander à Dieu( dont un des nom est Latif qui signifie la douceur , la subtilité, la délicatesse et l’amour de Dieu envers ses créatures)" la douceur dans l’accomplissement de son Ordre" .

    http://www.google.fr/search?sourcei...

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @14h12   « »

    Je pense ce je veux en effet et je ne suis pas sur place en effet, d’autres y sont par contre et nous parlent par exemple des manifestations en face du Ministère de l’intérieur qui ont rassemblé des milliers de personnes aujourd’hui demandant la dissolution du gouvernement intérimaire, et ce malgré la tentative de briser le mouvement en instaurant un deuil national de trois jours pour les victimes des troubles. S’il y a un deuil à faire, c’est celui de la révolution pour l’instant. Pourquoi ne nous parlez-vous pas de ça ? Ils évoquent avec l’UGTT un appel à une grève générale, des précisions peut-être ?

  • permalien alahnaf :
    21 janvier 2011 @14h28   « »

    Bonjour,
    La dégradation de la note relative à la dette souveraine de la Tunisie par une agence de notation constitue la première salve du capital international à la révolution tunisienne et s’inscrit dans une stratégie d’étouffement de l’expression populaire. Malgré une docilité exemplaire aux diktats du marché financier et ses institutions FMI, OMC, BANQUE ET MONDIALES, UNION EUROPÉENNE, la Tunisie n’a pas échappé à une dégradation de sa note car la libération d’un peuple est synonyme pour les agences de notations d’instabilité politique donc d’une possible contestation du dogme libre-échangiste. Car la révolution tunisienne pourrait explorer d’autres modèle de développement comme les démocraties en Amérique latine et autres et surtout après l’échec cuisant du modèle néo libérale depuis la crise de 2008. Promouvoir la démocratie comme horizon indépassable de l’humanité connait ainsi une traduction paradoxale dans le cas de la Tunisie( on engage des guerres en Irak et en Afghanistan et on dépense des trillions de milliards de dollars pour imposer la démocratie mais on la pénalise si elle émane de la volonté d’un peuple). Incrédule, le peuple tunisien sait que le soutien à la dictature par les chantres de la démocratie dans l’union européenne et notamment par la France( pays des droits de l’homme) est et le demeure inscrit depuis fort longtemps dans une stratégie de maintien d’une dépendance dédaigneuse des droits des peuples à l’indépendance et à la dignité. Comme en témoigne la proposition d’Alio Marie d’offrir à la dictature un appui et un e expertise sécuritaire pour mieux réprimer la population civile sans faire de victimes.

  • permalien duduche75@live.fr :
    21 janvier 2011 @14h39   « »
    L’occasion fait le larron

    Les américains ont su saisir au vol cette occasion en or pour prendre la place de la France en Tunisie. Après la Côte d’Ivoire et le Niger, voici la Tunisie :
    Aqmi qui est un sous traitant de la CIA a réussi à rendre dangereuse pour les français tout le Sahel. La mine d’uranium du Niger ne peut pas rester sous la coupe des français. Elle a une trop grande importance stratégique pour la leur laisser d’autant que les dirigeants français sont les plus idiots que ce pays a connu.
    En Côte d’Ivoire, la france a suivi aveuglément les USA en soutenant El Hassan Ouatara qui est un agent de la CIA et qui aussitôt placé fera ce que lui dicteront les yankees et comme avec Bagbo ça ne va pas non plus pour les français, on peut dire chao à la Cote d’Ivoire.
    Dans le Sahel, Aqmi sous traite pour la CIA et prête allégeance à Ben Laden qui lui aussi travaille pour la même centrale. Comme les dirigeants français n’ont pas du tout compris la manoeuvre ils continuent à croire, ou faire sembant de croire que El Qaida n’est pas le bâton armé de la CIA : aux yankees les mines d’uranium ...
    Au fait pourquoi Thierry Meyssan se cache au Liban où il est protégé par le Hezbollah ?
    Enfin la Tunisie où la france s’est impliquée à plein tube avec le régime pourri de Ben Ali. Otez vous que je m’y mette. Tout cela ressemble à une stratégie globale pour dégager les français d’Afrique...

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @15h03   « »

    d’autres y sont par contre et nous parlent par exemple des manifestations en face du Ministère de l’intérieur qui ont rassemblé des milliers de personnes aujourd’hui

    500 personnes . Mon bureau est sur l’avenue Habib Bourguiba en face du Ministère de l’Interieur. donc je suis tres bien placée pour savoir ce qu’y se passe au centre ville.
    Le bureau d’Al jazira aussi est situé sur cette avenue .

    demandant la dissolution du gouvernement intérimaire, et ce malgré la tentative de briser le mouvement en instaurant un deuil national de trois jours pour les victimes des troubles. S’il y a un deuil à faire, c’est celui de la révolution pour l’instant.

    laissez nous du temps.

    Pourquoi ne nous parlez-vous pas de ça ? Ils évoquent avec l’UGTT un appel à une grève générale, des précisions peut-être ?

    la greve est pour demain. Des grevistes de la société nationale de transport urbain ont commencé leur greve depuis ce midi laissant les usagers en plan

  • permalien uneTunisienne :
    21 janvier 2011 @15h10   « »

    duduche75@live.fr :
    21 janvier @14h39 «  »
    L’occasion fait le larron
    bonne analyse que je partage. Savez- vous que le nouveau gouverneur de la Banque Centrale qui vient d’etre nommée cette semaine est binational tuniso/americain( il a fini ses étude supérieures en Californie)a travaillé à la banque mondiale comme responsable de la région Afrique du Nord et Moyen Orient ?

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @15h19   « »

    @ uneTunisienne :

    "500 personnes . Mon bureau est sur l’avenue Habib Bourguiba en face du Ministère de l’Interieur. donc je suis tres bien placée pour savoir ce qu’y se passe au centre ville.
    Le bureau d’Al jazira aussi est situé sur cette avenue ."

    Ah c’est étrange parce que al-jazeera rapporte justement :

    "Thousands of Tunisians gathered in front of the country’s interior ministry, demanding the dissolution of the new interim government that assumed power after longstanding ruler Zine El Abidine Ben Ali fled the country on December 14."

    Ils savent pas compter peut-être ces salauds de Quatari ?

    "la greve est pour demain. Des grevistes de la société nationale de transport urbain ont commencé leur greve depuis ce midi laissant les usagers en plan"

    Salauds de gréviste ! hein ?

    @ Duduche

    Il ne faut pas oublier de prendre vos neuroleptiques Duduche !

  • permalien wassim :
    21 janvier 2011 @22h30   « »

    Bonjour,

    je suis un pilote tunisien et je voudrais preciser a la presse qui continue a donner une fausse version que ben ali n’a jamais demandé d’aller en france et ca a ete dit dans le communiqué du ministere des affaires etrangeres francais et ca se confirme avec le plan de vol de l’avion presidentiel qui va direct sur jeddah

    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pa...

  • permalien uTo :
    21 janvier 2011 @23h03   « »

    @ Wassim

    Qu’en savez-vous ? Avez-vous eu connaissance des communications téléphoniques ou de courrier électronique sécurisé entre Ben Ali et Paris ?
    Pourquoi devrait-on croire la version officielle française ?
    Pourquoi ne devrait-on pas croire ceux qui font état de pressions américaines pour que la France refuse de l’accueillir ?

  • permalien wassim :
    22 janvier 2011 @01h39   « »

    je crois tt simplement que ben ali n’a pas interet a aller en france car il y a bcp de tunisiens et d’ong qui vont contester et manifester,
    il lui faut un pays ou il y a une dictature comme l’arabie saoudite pour ne pas etre dérangé.

  • permalien Deïr Yassin :
    22 janvier 2011 @03h01   « »

    Les rumeurs disent que l’Arabie Saoudite voudrait se débarrasser de leurs invités encombrants, et que le clan mafieux va s’installer chez Kadhafi. Cela va leur rapprocher du pays perdu et les Trabelsi aura au moins une capitale à leur nom.

    Mohamed Ghannouchi a exprimé qu’il ne se présente pas aux élections, mais tire ses références après la période de transition. Bonne et digne décision. Et il ajoute que lui aussi avait peur durant la règne de Ben Ali, ya meskin.

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @05h16   « »

    La tête du Régime…et son corps
    Lundi 17 janvier 2011
    Mohammad Salah
    Était-ce l’objectif du soulèvement tunisien d’écarter tout le régime politique, ou seulement sa tête ? Les Tunisiens font-ils confiance au corps du régime après qu’il fut décapité ? Les Tunisiens accepteront-ils – après leur révolution – que le corps du régime lui-même réorganise les affaires et reconstruise l’État tunisien sur des lignes et des critères différents que ceux suivis par le régime pendant plus de 23 ans ? Les bénéficiaires du régime de Zine El Abidine Ben Ali accepteront-ils d’être déchus des privilèges qu’ils avaient tout au long du règne de la tête du régime ? Ceux qui ont commis des pillages à la suite de la fuite d’une partie de la tête du régime elle-même, quand ils ont cherché à ternir la révolution et l’image des manifestants, sont-ils simplement des voleurs et des voyous qui existent dans toute société et qui prospèrent lorsque la situation sécuritaire s’effondre ? Et quel sera le sort de la classe qui est née, s’est élevée, et qui a cru et prospéré dans l’ombre du régime décapité, dans le prochain stade ?
    Il s’agit de certaines des questions logiques soulevées par les médias et les programmes de télévision et les reportages, depuis la survenance de l’événement qui a affecté la Tunisie, et qui a secoué le monde. Bien entendu, il n’existe pas une seule réponse pour aucune de ces questions ; au lieu de cela, les réponses sont nombreuses, selon le point de vue de ceux qui se sont proposé d’y répondre. Ici, cependant, il y a une remarque qui ne peut être négligée, concernant les réactions du régime vis à vis de la fuite de sa tête. Dans la forme : une erreur constitutionnelle s’est produite que les membres du régime ont cherché à corriger le lendemain et qu’ils ont fini par remettre à la direction du pays le président du Parlement et en assignant le premier ministre à former un nouveau gouvernement d’unité nationale, prévoyant que des élections présidentielles auraient lieu dans les soixante jours. Naturellement, les nouveaux/anciens dirigeants agissaient en vertu des dispositions constitutionnelles qui ont été spécifiquement conçues pour garder la tête du régime à son poste à vie. Plus important encore, cependant, ces dirigeants n’ont pas délivré une seule déclaration louant la révolution ou les manifestants derrière elle, pour une raison simple : le soulèvement était contre la tête et le corps du régime, c’est-à-dire l’ensemble du régime.
    Le peuple a entendu les déclarations de Mohamed Ghannouchi par la télévision par satellite. Il a parlé de l’avenir, a évité de parler du présent et a refusé de s’attarder sur les événements passés.

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @05h17   « »

    Le peuple l’a trouvé adoptant toujours un ton attrayant vis-à-vis du peuple tunisien, montrant de la maîtrise de soi, l’appelant à préserver ses gains en coopérant avec les institutions de l’État – qui sont les mêmes institutions que celles de l’ancien régime - et faire face à ce stade critique. Mohamed Ghannouchi a parlé de long en large des rêves roses de l’avenir, de la liberté que les Tunisiens apprécieront et de la prospérité qui sera réalisée. Mais l’homme a omis de mentionner les erreurs du régime qui fut décapité, parce qu’il a lui-même été un symbole de ce régime. Ni n’a-t-il en aucune manière abordé la lutte contre les offenses que le corps de ce régime a commises. Cela peut être compréhensible parce qu’il aurait été difficile pour lui de faire comme le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi l’a fait, lorsqu’il a exprimé sa tristesse sur ce qui est arrivé en Tunisie ! Kadhafi a également fait l’éloge de Zine El Abidine Ben Ali et a exprimé ses regrets pour sa déposition et sa fuite à l’extérieur du pays. Il est également difficile pour Mohamed Gannouchi de parler des défauts, des erreurs et des crimes de la tête du régime, parce que le peuple sait qu’il était proche de lui, qu’il a appliqué ce que Ben Ali a décidé, que ce soit ses idées ou ses instructions, et qu’il a contribué naturellement à identifier l’information, les visions et les impressions qui étaient autorisées à être transmis à la tête du régime.
    Les Tunisiens sont donc privés de célébrer leur grande révolution et ne vont pas dans la rue pour se délecter dans leur nouvelle ère. Ni les médias ni les élites politiques n’utilisent le terme « d’ancien régime » lorsqu’ils se référent au régime de Ben Ali, puisque rien dans ce régime n’a pris fin sauf sa tête, tandis que son corps soigne ses blessures et cherche à prendre pied dans le nouveau régime. Pendant ce temps, ce qui a affecté certains des responsables de la sécurité présidentielle, le parti au pouvoir, la famille et la femme de Ben Ali, peuvent tous être pris comme des mesures faisant partie de tentatives de blanchir le corps du régime, puisque ceux qui ont été touchés par ces mesures étaient, jusqu’à vendredi dernier, les veines, les artères et les cellules de cet organisme.
    Quoi qu’il en soit, la confiance du peuple tunisien reste élevée quelques puissent être les défis ou les répercussions, et quelque puisse être le nombre de questions soulevées. Le peuple qui a souffert d’un siège sécuritaire depuis de longues années et a été empêché de profiter de sa liberté, a utilisé internet, Facebook et Twitter pour préparer sa révolution, tandis que d’autres peuples qui souffrent peut-être plus que les Tunisiens, et qui ont la liberté d’utiliser internet, restent de longues heures face à Facebook et Twitter pour suivre les révolutions des autres peuples…ou simplement discuter.

  • permalien
    22 janvier 2011 @08h37   « »

    Tunisie.

  • permalien Blowing in the wind :
    22 janvier 2011 @10h45   « »

    "Le poète a toujours raison, qui voit plus loin que l’horizon, et l’avenir est son royaume..."

  • permalien uneTunisienne :
    22 janvier 2011 @11h38   « »

    une autre figure feminine qui monte Salwa Charfi , universitaire , journaliste, membre d’un partie de gauche , auparavent ostracisée aussi bien par l’ancien regime que par les les islamistes. Dans cette interview elle dénonce les "fatwa" venus du Golfe et les religieux qui interfèrent dans la vie quotidienne pour n’importe quoi entre les croyants et Dieu alors qu’il n y a pas de clergé en islam.

    http://www.dailymotion.com/video/x2...

  • permalien uneTunisienne :
    22 janvier 2011 @11h54   « »

    interview accordée à deux journalistes indépendants, Ridha Kefi et Salwa Charfi

    M. Mohamed Ghannouchi s’engage à arrêter toute activité politique à la fin de la période de transition à la tête du gouvernement
    • La Tunisie a engagé un tournant décisif qui rompt définitivement et véritablement avec le passé
    • Toute personne ayant commis un crime au détriment du peuple et du pays doit impérativement assumer ses responsabilités
    • Position du Mouvement islamique : « Nous n’avons le droit d’exclure aucun Tunisien s’il respecte la loi et s’attache aux choix de la liberté d’opinion et d’expression »
    • Œuvrer à ce que les prochaines élections soient une étape réussie et une charnière dans la marche de la Tunisie

    http://www.lapresse.tn/

  • permalien uneTunisienne :
    22 janvier 2011 @12h43   « »

    Bonjour Deir Yassine. je vois avec plaisir que vous etes là. Du coup je me sens moins seule face à... vous savez qui :)

    si je suis sur ce blog c’est pour donner des petites news . Par exemple , nous lisons partout que Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feux, geste inconnu en terre d’islam. Pas tout à fait juste puisqu’il y a eu ,du moins en Tunisie, un cas presque identique . Dans la ville de Monastir un père de famille Abdessalem Trimeche ( frère de notre championne nationale d’aviron Ibtissem Trimeche...) s’est immolé par le feux au mois de Mars 2011. A cause du refus du Maire de la ville et du Président de la municipalité de la ville de le recevoir afin de plaider sa cause et lui accorder un permis pour l’ouverture d’un kiosque à boisson gazeuse et vente d’en-cas Pire que ça la municipalité rase le kiosque au centre ville non loin de l’hôpital universitaire. . Devant le mépris des autorités et désespéré il menace de s’asperger d’essence et s’immoler par le feu. Geste qu’il exécute sur les marches de la Municipalité de Monastir.

    Seuls les bloggeurs et Facebook en ont parlé à l’époque surtout pour dénoncer la léthargie du Pouvoir car ni le Maire, ni le Président de la Municipalité ne furent "démissionnés".

  • permalien uTo :
    22 janvier 2011 @12h43   « »

    @ Wassim

    Les autorités françaises et ce tout particulièrement depuis 2007 ne suivent-elles pas une politique allant à contresens des intérêts de la France et des Français ?

    @ uneTunisienne

    Il y a une analogie rigolote entre la dite "révolution du jasmin" et les "révolutions" dites "colorées", dans ces dernières des régimes ont été destitués pour y mettre une mafia à la place, dans la première citée le leader d’un régime autocratique a été destitué avec sa famille pour y conserver une mafia déjà en place.

    @ bat

    L’image du canard décapité continuant malgré tout à avancer de l’article que vous citez est très pertinente, c’est tout à fait ça !

    Enfin... La puissante centrale syndicale UGTT ne semble elle pas mollir et être bien déterminée à ne pas se faire voler sa révolution en employant la puissance des moyens qui sont les siens : mobilisation, défilés de protestations, grèves dans toutes les régions du pays et tous les secteurs d’activité et pas seulement la capitale. Un fait intéressant à noter, des centaines d’officiers de police ont pris part hier dans les manifestations demandant le départ du gouvernement dit de transition et le démantellement complet du RCD.

  • permalien Deïr Yassin :
    22 janvier 2011 @13h42   « »

    @ une Tunisienne
    Oui, je suis là. Je suis scotchée à la télé et la radio pour suivre les infos de Tunis al-khadra.
    Encore une fois, j’ai toujours du mal à réaliser ce qui s’est passé chez vous. Franchement, c’est la plus belle chose qui est arrivé depuis des décennies, et tous ces témoignages de gens ordinaires qui nous parlent de la dignité retrouvée, leur indignation devant l’étalage de la richesse du clan Ben Ali/Trabelsi, les images de fraternisation avec l’armée me touche beaucoup.
    Ne vous laissez pas déstabiliser par des pseudo-révolutionnaires jusqu’au-boutistes. L’orientalisme de droite, à savoir l’esprit colonialiste et néo-colonialiste, a aussi un jumeau de gauche, qui veut nous imposer des idéologies totalitaires qu’ils n’ont pas été capable d’imposer chez eux en Occident . . .

  • permalien Deïr Yassin :
    22 janvier 2011 @14h06   « »

    @ "uTo" . . . 22 jan 12h43

    "La puissante centrale syndicale UGTT ne semble elle pas mollir et être bien déterminée à ne pas se faire voler sa révolution . . ."

    Voilà une réécriture de l’histoire d’un ’marxiste-léniniste’, grand admirateur de "la dictature du prolétariat".

    Si notre spécialiste de la dernière heure avait suivi cette révolution - toujours en marche - depuis son début, il aurait compris que cette révolution n’est pas l’oeuvre de l’UGTT mais des Tunisiens dans leur ensemble, et surtout des jeunes non-affiliés.
    Et quand notre démagogue aura le temps, il fera mieux étudier l’histoire de l’UGTT et son accommodement raisonnable avec les régimes de Bourguiba et de Ben Ali.

    - www.lemonde.fr/tunisie/artic...

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @14h32   « »

    @ uTo

    "L’image du canard décapité continuant malgré tout à avancer de l’article que vous citez est très pertinente, c’est tout à fait ça !"

    En effet mais il semble que les clameurs du sacrifice ne soient pas encore terminées...

  • permalien une tunisienne :
    22 janvier 2011 @15h10   « »

    Extrait d’une interview de Bourguiba, dans lequel il parle du thème de l’Islam et de la démocratie ! La vidéo complète : "mars 1961, Gérard Pelletier rencontre Habib Bourguiba. Le président tunisien lui parle, entre autres, des débuts de son engagement politique, de ses années de captivité..". Source : Habib Bourguiba, fondateur de la Tunisie moderne.
    voici le lien de la video
    http://www.facebook.com/video/video...

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @15h40   « »

    http://www.ina.fr/politique/politiq...

    plusieurs documents de l INA avec Bourguiba.

    En ’labcence de leader actuellement, nous autres tunisiens nous reecoutons Bourguiba et nous nous disons : Quel visionnaire ! Quel homme politique de genie !Nous puisons notre courage et optimisme dans ces discours.

    Je pense à vous Deir Yassine. Ecoutez ce qu il dit à propos du conflit en Palestine.

  • permalien uTo :
    22 janvier 2011 @15h52   « »

    @ Deïr Yassin

    Ah ! Je suis donc un "démagogue" bolchévique maintenant ! c’est toujours aussi sympathique dites-donc !

    Figurez-vous que tout le monde ne partage pas forcément vos analyses, puisqu’il semble que ce soit mon cas, vous m’en voyez tout à fait désolé, mais je ne vais pas changer d’avis pour autant !

    Quoi qu’il en soit je persiste à penser que la centrale syndicale tunisienne, la seule organisation sociale organisée compte tenu de la répression qui étranglait toute opposition politique, est la seule qui puisse mobiliser pacifiquement et efficacement les masses, afin que leur révolution ne soit pas détournée et en soit réellement une. Le fait que des policiers par exemple se joingent à eux, me semble une excellente nouvelle et je ne serais pas surpris qu’ils jouissent aussi d’une certaine sympathie au sein de l’armée. L’avenir nous dira si cela porte ses fruits ce que je leur souhaite de tout coeur !

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @16h34   « »

    C’est vrai qu’on ne voit pas ça tous les jours !

  • permalien péon :
    22 janvier 2011 @16h37   « »

    Le peuple Tunisien a été extraordinaire, bien bien loin des peuples européens écrasés par les préjugés endogènes, la peur du changement et les exhortations à la haine de l’étranger démuni. Ce peuple qui semblait endormi, ne l’était pas et attendait son heure pour soulever la chape de plomb inspirée par les alliances atlantistes. Ben Ali est maintenant pratiquement mort, tellement honni et déconsidéré qu’il ne peut plus qu’errer d’exil en exil, comme le Shah d’Iran autrefois.
    Le plus intéressant et enthousiasmant dans cette affaire est l’espoir renaissant pour tous les peuples arabes et musulmans vivant sous dictatures contrôlées et rémunérées par la CIA et par les régimes atlantistes européens. Un vrai défi nouveau pour les régimes maffieux qui font cercle étroit autour d’Israel. Que l’Europe imbécile et veule actuelle en prenne de la graine car elle va en subir les conséquences aussi, et c’est tant mieux !

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @16h39   « »

    Deir Yassine :

    Une semaine de recul, h pour h, aprés le départ de Ben Ali, je ne sais pas si vous réalisez déja l’énormité de ce qui s’est passé : une révolution si rapide et si unique qui, au mème titre que Hannibal dans les Alpes, St Louis mourant à Carthage ou Ibn Khaldoun, rentrera dans la Legende éternelle de notre Pays.
    On me confirme que "La révolution des Glorieux"" sera à coup sùr dans les cours de sciences-po’ l’annee prochaine. dans le sens où sans cette tumeur cancéreuse( le regime policier des Ben Ali/Trabelsi) on n’aurait jamais eu la révolution d’aujourd’hui ... dans l’histoire d’une nation les mauvais moments sont aussi importants que les bons car ils engendrent ces derniers

  • permalien Bazile :
    22 janvier 2011 @16h44   « »

    http://www.maghreb-intelligence.com...

    Maghreb Intelligence, nous raconte en détail comment le président tunisien a vécu dans son palais à Hamamet avant de fuir le pays.

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @16h55   « »

    les gens font greve, pas pour les beaux yeux de l’UGTT dont le secretaire général est très contesté en ce moment, mais parce que ils sont libres de le faire et au vu des injustices qu ils ont subis durant des annees. C’est comme une thérapie de groupe. ça soulage. Meme sans l’UGTT ils manifesteraient !

    Par ailleurs, l’UGTT est un syndicat, pas un parti politique, il n’a pas à empirer la situation économique est sociale du pays, on ne tombera pas dans ce jeu d’opposition systématique à tout, suivre ce syndicat en ce moment c’est tomber dans l’anarchie totale. Faire le vide est tres dangereux.

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @16h55   « »

    Oops il y a un bug dans ma photo pardon, je refais une tentative :

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @17h09   « »

    Thousands of demonstrators, including police officers, national guards, firemen , lawyers and students, have taken to the streets of Tunisia’s capital in another day of unrest in the North African country.

    While many protesters are continuing to demand the dissolution of the interim government, police officers who have also joined the protests are seeking better working conditions and an improvement to what they call unfair media portrayal.

    Wane, tou, tri ! Viva Tunisia !

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @17h10   « »

    Ce changement aura aussi pour conséquence un renouvellement presque intégral de la scène artistique tunisienne ... Attention, y aura du bon, du trés bon qui va émerger ... Vivement l’année prochaine !

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @17h23   « »

    oui grève générale aujourd’hui dans tout le pays.

    a Tunis, la capitale sur l’avenue Habib Bourguiba mais aussi le quartier des Ministères à la Kasbah. Devant chaque Ministère( justice, Education,Af Etrangères, Premier Ministère et l’organisation des femmes UNFT dont les membres veulent mettre à la porte les dirigeantes imposées par le RCD et mme Ben Ali) des manifestants pacifiques et qui font part de leurs doléances devant les cameras des televisions locales et etrangères.

    Devant aussi le siège social de Tunis air et de Tunisietelecom et Steg( equivalent de EDF )

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @17h59   « »

    Ce changement aura aussi pour conséquence un renouvellement presque intégral de la scène artistique tunisienne ... Attention, y aura du bon, du trés bon qui va émerger ... parmi la nouvelle vague rebelle, le hasard a voulu qu’il y ait une chanteuse qui s’appelle Ghalia Ben Ali.
    faisons la part des choses.http://www.myspace.com/ghaliabenali...

  • permalien vieille dame :
    22 janvier 2011 @18h02   « »

    ce qui m’étonne c’est de voir LE FIGARO et PARIS MATCH célébrer la "révolution"... ça doit être une genre de révolution qui leur plait, non ?

    ce qui m’étonne aussi, c’est le rôle de l’armée...
    et ces "soldats" arrivant à l’aéroport, ils sont au service de qui ?

    qu’est-ce qui vous a fait choisir d’aller en Tunisie plutôt qu’en Algérie ?

  • permalien Thalaoise :
    22 janvier 2011 @18h06   « »

    Appel au MONDE DIPLOMATIQUE : je vous prie de visiter Kasserine et Thala où environ 60 martyrs sont morts. Cette région avait une histoire noire avec Bourguiba et malheureusement a subi la même politique de la part du dictateur déchu. Ce qui s’est passé à Kasserine et Thala est le résultat d’une politique totalitaire dont toute la Tunisie a souffert certes mais aussi le résultat d’une politique qui ignore, méprise et j’ose dire déteste les gens de cette région. Même au niveau du discours que mènent les intellectuels et les médias, on continue à ignorer le rôle qu’a joué Kasserine dans le départ de Ben Ali. On ne le nie pas ; mais on n’en parle pas. On n’évoque pas Kasserine.
    Sincèrement, nombreux sont les tunisiens issus des régions gâtées qui pensent que les kasserinois sont des gens paresseux, c’est pourquoi ils n’ont rien. Cela me rappelle les idées de Marguerite THATCHER lorsqu’elle soutenait que les pauvres de l’Angleterre sont pauvres parce qu’ils ne veulent pas travailler.

    Je vous prie d’y aller et vous pourriez constater le sort des habitants de la région de Kasserine et de la jeunesse kasserinoise.

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @18h22   « »

    Une autre photo surréaliste qui fait plaisir à voir :

  • permalien Mohamed :
    22 janvier 2011 @18h56   « »

    Et maintenant,si le monde diplomatique le permet,la semaine francaise diplomatique qui a sillonné la turbulente semaine Tunisienne la plus décisive dans son histoire d’après Indépendance
    cette semaine de la diplomatie francaise,j’en suis convaincu seulement j’en manque les détailles,un travail pour les valorieux(s) journalistes du monde diplomatique,est plus turbulente que la tunisienne

  • permalien Karim :
    22 janvier 2011 @20h09   « »

    Thalaoise :

    A première vue, il ne s’agissait pas d’un régime totalitaire mais autoritaire.
    Ce n’est PAS la même chose !

  • permalien miquel mayol :
    22 janvier 2011 @20h59   « »

    Magnifique reportage. On regrette simplement que ce journaliste n’ait pas pu rester plus longtemps. Il me parait tout à fait injuste de lui reprocher de ne pas être allé à Kasserine. Merci à tous les intervenants dans les commentaires qui, avec les renvois à d’autres sites m’ont appris beaucoup. Et spécialement à celui qui évoquait le fait de semer dans le désert.

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @21h05   « »

    http://www.facebook.com/video/video...

    une chanson américaine d’un rappeur en hommage à la révolution tunisiennes et à Mohamed Bouazizi.

  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @21h16   « »

    Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de la province française pour soutenir la révolution tunisienne et demander le départ de caciques de l’ancien régime de Ben Ali dans le gouvernement de transition.
    D’après les organisateurs 2.000 personnes ont manifesté dans la capitale, un millier à Lyon, et des centaines dans d’autres ville de France, comme Grenoble, Nantes, ou Nice.

  • permalien Maharès :
    22 janvier 2011 @21h19   « »
    Pas Lu Pas Ben Ali...

    Mon pronostic est que les grandes puissances, Washington en tête, feront en sorte de favoriser l’élection d’un modéré, qui garantira ses intérêts, en comptant sur l’essoufflement des émeutiers, et les pénuries qui ne vont pas tarder à apparaître...
    Toutefois :
    - je ne boude pas mon plaisir de savoir Ben Ali enfin discrédité et finir comme le vulgaire voleur à la tire qu’il toujours été. Quant à la France, elle a bon dos, ayant toujours pris le soin de ménager cette dictature au goût de libéralisme économique...
    - surtout, je suis très impressionné et si fier que les Tunisiens soient descendus dans la rue avec tant d’énergie. Quelle leçon pour notre syndicalisme routinier (c’est 1 enseignant qui parle) ! Et dire qu’organiser une heure d’info syndicale est devenu ringard aux yeux de mes chers collègues rendus dociles comme des moutons...

    Il faut, même si ça ne plairait pas aux médias français barbichus, que le mouvement continue en Tunisie pour espérer un VRAI changement, qui donnerait VRAIMENT le pouvoir et les richesses du pays au PEUPLE. Un refrain déjà entendu... mais effectivement, ainsi que l’Histoire nous l’a appris : la LUTTE DES CLASSES ignore les frontières !

    Mort au RCD !
    A bas le Parti de la Presse et de l’Argent !

  • permalien njnk :
    22 janvier 2011 @21h30   « »

    Les Tunisiens sont un exemple au 21ème siècle pour les peuples du monde entier ! Bavo ! Battez-vous pour vos droits ! Ne lâchez pas, ce n’est pas encore gagné !

  • permalien une Tunisienne :
    22 janvier 2011 @21h33   « »

    à Thalaoise : cest parcequ’ils ignorent l’histoire. depuis l’Antiquité vous vous êtes toujours opposés aux envahisseurs : au Romains, aux Byzantins, aux Vandales, aux Arabes musulmans même. Ensuite la plupart des rebellions sortaient de chez vous jusqu’à l’arrivée des français et de la colonisation. Les Falaghas qui ont combattus la France c’est encore vous . Mais c’est les Saheliens qui exercèrent le pouvoir. Que la Révolution 2011 soit encore initié par vous ne m’étonne pas , vous les Glorieux de toujours !

    Maintenant, c’est justice que d’exiger votre part. le nouveau gouvernement qui sera formé après les élections devra avoir des représentants de toutes les régions et mettre en place sérieusement un plan de développement des régions

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