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Lettre de Tunisie

La semaine qui a fait tomber Ben Ali

mercredi 19 janvier 2011, par Olivier Piot

Dès le 4 janvier 2011, jour de la mort du jeune Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, « Le Monde diplomatique » a décidé d’envoyer un journaliste en Tunisie. Du jeudi 6 janvier au jeudi 13 janvier, il a sillonné le pays, de Tunis à Tozeur, de Metlaoui à Gafsa, de Sidi Bouzid à Sfax puis Sousse. Son article paraîtra dans notre dossier du numéro de février, consacré aux ressorts de la révolution tunisienne et à l’onde de choc qu’elle a causée dans les pays arabes. En attendant, voici le récit au jour le jour d’une semaine qui est d’ores et déjà entrée dans l’histoire moderne de la Tunisie.

I. La montée
de la colère sociale

Jeudi 6 janvier

Tunis,
silence des médias

10 h 15, aéroport de Tunis-Carthage. Enregistrement comme « touriste » avec la profession déclarée d’« enseignant ». La police des frontières ne fait aucune difficulté. Destination demandée : « Tozeur, hôtel Ksar El Jerid », au cœur de la grande cité touristique située à 600 kilomètres de Tunis, au sud-ouest du pays, tout près de la frontière algérienne. La veille, mercredi 5 janvier, le corps de Mohamed Bouazizi, ce jeune bachelier qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010, a été enterré au nord de la ville de Sidi Bouzid, au centre du pays, à 250 kilomètres au sud de Tunis, en présence d’une foule agitée et révoltée de six mille personnes.

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Son nom et les circonstances de sa mort sont ici connus de tous. Giflé en public par un agent de police qui lui a confisqué sa charrette de vendeur ambulant de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi s’est rendu au siège de la municipalité pour porter plainte. On refuse de le recevoir. Personne ne veut l’écouter. Le jeune homme part, puis revient devant le bâtiment pour s’asperger d’essence et s’immoler en place publique. Transferts aux hôpitaux de Gafsa puis de Tunis. Le 28 décembre 2010, une photo de propagande officielle présentant le président Ben Ali à son chevet d’hôpital commence à faire le tour des journaux et des sites Internet. Le président a pris pour la première fois la parole à la télévision, parlant d’« instrumentalisation politique » de l’événement. Le 4 janvier, Bouazizi décède à l’hôpital des suites de ses blessures.

Deux jours plus tard, jeudi 6 janvier, personne ne se doute encore que l’acte désespéré de ce jeune homme de 26 ans va servir de déclencheur à la plus grande révolte populaire de l’histoire moderne de la Tunisie. Pour l’heure, le centre de Tunis est calme et serein, la température douce (20°) et des cohortes de touristes en profitent pour prendre un avant-goût du printemps. Des bus de tour-opérateurs s’apprêtent à les déverser vers La Marsa, Carthage, ou à prendre l’autoroute qui mène à Hammamet, Sousse et Monastir, les grandes cités balnéaires de la côte sahélienne.

Fin de matinée, un kiosque à journaux au coin de la longue et célèbre avenue Bourguiba. Aucun des cinq titres en langue française – Le Temps, La Presse, Le Renouveau, Le Quotidien et Tunis l’Hebdo – ne traite ni de l’histoire de Mohamed Bouazizi, ni des premiers soulèvements qui se sont multipliés entre le 19 et le 24 décembre dans les villes voisines de Sidi Bouzid. Les « Unes » des quatre journaux, comme celles de ceux en langue arabe, sont invariablement consacrées aux mesures d’application du programme de « développement régional » décidé le 15 décembre 2010 par le président Ben Ali.

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Hammamet, Monastir, Sousse, Sfax : l’axe autoroutier longe la Méditerranée sur près de 300 kilomètres, à l’est du pays. Quatre heures de voiture pendant lesquelles aucune radio n’évoque jamais le cas Bouazizi. Musique, sport et sujets de société sont au programme de la quinzaine de fréquences qui s’égrènent sur les ondes. Silence des médias officiels, donc. Et ce sera ainsi pendant six jours, jusqu’au mardi 12 janvier. Près de Sousse, une station-service. La cafétéria est animée, remplie de familles tunisiennes et de touristes. Un jeune couple tunisien mange debout des sandwichs. Au seul nom de « Sidi Bouzid », le mari fait signe à sa femme qu’il est temps de partir… Personne n’ose encore parler d’évènements qui ont pourtant débuté depuis déjà plus de deux semaines dans le pays.

Menzel Bouzaiene,
« En Algérie, les jeunes osent se révolter pour de bon »

Fin d’après-midi. Un soleil rasant dore les champs et les façades des maisons de la petite ville de Menzel Bouzaiene, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Sfax. Une voie unique de chemin de fer longe cette longue route transversale qui relie Sfax à Gafsa, dans le sud tunisien, juste au nord des chotts El Fedjej et El Jérid. Courte halte au bord de la route, dans une gargote tenue par Mehdi, un Tunisien d’une trentaine d’années. Il ne parle pas français mais maîtrise l’italien. « Un séjour de deux ans à Gênes », explique-t-il, ravi de pouvoir parler cette langue. Pas un seul client dans sa boutique. Le premier qui accepte enfin de parler du suicide de Bouazizi.

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Le point de vente d’essence est vide
Un rassemblement a lieu cent mètres plus loin

« Vous êtes ici dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, indique-t-il. La ville de Sidi Bouzid est à 40 kilomètres à peine, au nord. Nous sommes tous concernés par son geste. C’est encore très tendu là-bas. Les familles sont en colère. Beaucoup de jeunes ont été arrêtés. » En s’approchant, il baisse la voix et devient plus précis : « Dès le 19 décembre, les villes de la région ont réagi, avec de nombreuses arrestations. Le 24 décembre, avant la mort de Mohamed, il y a eu, ici même, des heurts avec la police. Beaucoup de jeunes se sont rassemblés près du commissariat et la police a tiré à balles réelles. Deux morts ! J’ai une dizaine d’amis en prison. » Deux morts, le 24 décembre 2010. Peut-être les toutes premières victimes d’une longue série.

Derrière Mehdi, un poster collé au mur, portrait du président Ben Ali avec le drapeau tunisien. Son frère, plus âgé, entre tout à coup, chargé de viande de mouton. Tous deux s’affairent pour préparer le méchoui du soir. « Impossible d’aller vers Sidi Bouzid, lance le nouvel arrivé. La police a bouclé la ville. C’est dangereux là-bas. Mais ça va se calmer. Au fait, vous avez vu ? ça chauffe en Algérie ! » Mehdi attrape la télécommande et branche la télévision sur la chaîne Al-Jazira.

Images d’affrontements, jets de pierres, charges violentes de police. A l’écran, Alger a des airs de Gaza ! « Là-bas, au moins, les jeunes n’ont pas peur de se révolter pour de bon », lance, amer, le frère de Mehdi. Deux hommes en manteaux de laine sombres viennent de s’installer à une table extérieure. Mehdi change aussitôt de chaîne. Une chanteuse égyptienne lance à présent sa complainte amoureuse. Il a le temps de me faire un signe discret. Deux policiers en civil…

Vendredi 7 janvier

Tozeur,
« On risque l’embrasement de tous les quartiers pauvres »

L’hôtel est plein de touristes italiens en vacances scolaires. En ville, les nombreuses échoppes du Bazar sont ouvertes tard le soir. C’est ici, à Tozeur, qu’est née, dans les années 1990, l’appellation de « gazelle » réservée aux jeunes filles étrangères venues profiter des piscines et de la proximité du désert. A la terrasse du Café Le National, cinq hommes, entre 40 et 60 ans, sont attablés autour de « capucins », ces expressos coupés au lait. Animés, ils parlent en arabe des émeutes. Lorsque je m’approche, la méfiance interrompt leur discussion.

Présentations. Je leur explique qui je suis : « Enseignant français en vacances, syndicaliste en France ». La plupart d’entre eux sont également professeurs et membres de la branche « Enseignement secondaire » de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Rapidement, les langues se délient et les noms de Mohamed Bouazizi et de Sidi Bouzid sont prononcés. « Hier, les avocats ont fait une grève générale à Tunis et dans d’autres villes », précise l’un d’entre eux, enseignant à la retraite. Son voisin enchaîne : « Cette nuit, il y a eu des affrontements violents à Thala et Saïda, au centre du pays. Plusieurs morts… »

Le plus jeune de mes interlocuteurs décide de me faire rencontrer une figure locale, responsable de l’UGTT. Coup de téléphone avec son portable. Vingt minutes après, rencontre avec Hamdi, délégué local et membre du comité exécutif au bureau régional. La soixantaine, les cheveux aussi blancs que ses moustaches, Hamdi me reçoit dans les locaux du syndicat, à deux cents mètres du bâtiment du gouvernorat de Tozeur. Dans un français parfait, il m’explique : « Il n’y a aucune “instrumentalisation politique”, comme l’a déclaré le président le 28 décembre. Sidi Bouzid, Thala, Saïda, c’est simplement un ras-le-bol des jeunes face au chômage qui gangrène ce pays. »

Hamdi s’absente dix minutes. Il veut me montrer un document sur la région de Sidi Bouzid. Sur les murs de son bureau trônent les portraits en noir et blanc des dirigeants historiques de l’UGTT, depuis sa création en 1947. A son retour, le cadre syndical me présente un mince rapport réalisé par le syndicat, rédigé en arabe et intitulé « Développement économique à Sidi Bouzid : entre mythe et réalité - août 2010 ». Nous le parcourons ensemble. Hamdi traduit. « Près de 50 % de chômage chez les jeunes diplômés à Sidi Bouzid, indique-t-il. Et c’est comme ça dans tout le centre, à l’ouest et au sud du pays. En fait, les seules régions épargnées sont les zones touristiques : Tozeur et la côte sahélienne. (…) Taux de scolarisation jusqu’au bac : 95 % ! C’est bien, mais avec quels débouchés ? »

En reposant le document, Hamdi tire nerveusement sur sa cigarette. « Les avocats c’est bien, mais ça ne suffira pas. Pareil pour les manifestations d’artistes et de professeurs qui ont eu lieu ça et là aujourd’hui. C’est toutes les écoles qui doivent bouger. Avec le syndicat, nous appelons à une grande grève des enseignants du primaire et du secondaire les 26 et 27 janvier. » Silence. A plusieurs reprises, il répond au téléphone. « Les 26 et 27 janvier ? Dans trois semaines ? » Ma question le laisse songeur. Hamdi me fixe : « C’est long, oui. Je ne suis pas sûr que ce soit pas trop tard. Je l’ai dit aux dirigeants du syndicat, mais ils sont très liés au pouvoir. Moi, j’ai le sentiment que d’ici là, on risque l’embrasement de tous les quartiers pauvres des villes du centre et du sud. »

Samedi 8 janvier

Tozeur,
l’info en temps réel sur France 24 et Al-Jazira

Je dois lui faire confiance. Seul depuis deux jours, je dois trouver un guide et traducteur. Né à Kairouan, Wael, 45 ans, rencontré dans un café de Tozeur alors qu’il regardait Al-Jazira, est parfaitement francophone. Il a accepté d’être traducteur en restant avec moi pendant plusieurs jours. Il sait que notre parcours passera par des villes sous tension, mais il en accepte le risque. Depuis plus de quinze ans déjà, ce maçon de profession complète ses revenus comme chauffeur de 4x4 pour des circuits touristiques dans la région de Tozeur. « Du boulot à la journée, de temps à autre, surtout en été, avec en général des missions de 5 heures du matin à minuit, payées 20 dinars tunisiens par jour [10 euros, ndlr] et sans jamais savoir à l’avance si on aura besoin de moi », précise-t-il. Marié depuis deux ans, sans enfants, Wael fait vivre avec son salaire sa femme (sans travail), ses deux jeunes frères (au chômage) et sa mère de 72 ans, veuve depuis dix ans.

En arrivant tôt ce matin, Wael m’apprend qu’il a suivi une bonne partie de la nuit l’actualité en arabe sur Al-Jazira et France 24, les deux chaînes en langue arabe les plus regardées en Tunisie. « Elles traitent des tensions depuis le 19 décembre, m’indique-t-il, mais leurs reportages et débats sont maintenant très soutenus. J’ai appris que le journal français Le Monde était censuré dans le pays et que leur journaliste n’a pas été autorisée à venir en Tunisie. De violents affrontements ont eu lieu cette nuit à Kasserine. Ils parlent de cinq morts dont deux jeunes. » Puis, en prenant le volant, Wael tient à préciser : « Il faut faire attention. On peut passer à Redeyef, mais il faut surtout ne pas remonter vers Kasserine et Thala : la répression devient sévère là-bas. On ira sur Gafsa. C’est plus sûr. »

Redeyef,
« Ne prononce jamais en public le nom de Ben Ali ! »

Redeyef, 11 heures. La ville minière du grand bassin de phosphate géré par la Compagnie générale du phosphate (CGP), au cœur du grand gouvernorat de Gafsa, vit des heures apparemment tranquilles. Un train miniature, locomotive et wagons de transport du minerai, trône telle une statue au milieu du carrefour, près du bazar. « Tout le monde ici, ou presque, travaille à la mine ou dans les entreprises de sous-traitance », m’informe Wael. En 2008, la grande grève du « peuple des mines » de Redeyef (voir « Révolte du “peuple des mines” », par Karine Gantin et Omeyya Seddik, Le Monde diplomatique, juillet 2008) a fait connaître la ville (40 000 habitants) bien au-delà des frontières tunisiennes.

Un petit restaurant de méchoui près du centre ville. La salle est vide. Au-dessus de la caisse, cet éternel portrait où plastronne Ben Ali, costume sombre, les cheveux plaqués, avec à ses côtés un énorme drapeau tunisien. Deux hommes viennent à leur tour déjeuner. Ils s‘installent juste à côté de nous. Wael me fait signe qu’on peut discuter : le code a été mis au point une heure plus tôt, dans la voiture.

Notre premier voisin, Meher, la cinquantaine, travaille dans une entreprise de logistique sous-traitante de la CGP ; le second, Ala, proche de la retraite, à la mine depuis trente ans. Discussion sur le chômage et les salaires. « En 2008, déjà, la grève avait débuté ici sur la question du recrutement des jeunes à la mine », précise Ala. « Les salaires de la CGP sont plutôt bons, poursuit Meher, mais le nombre de personnes à vivre dessus augmente sans cesse. »

Progressivement, les échanges dérivent vers la situation dans le pays. Sidi Bouzid, Kasserine, Thala : qui sont les émeutiers ? « Des jeunes en galère, rien de plus », lance Meher. « Les villes les plus pauvres du pays, celles que le régime a délaissées depuis vingt ans », surenchérit Ala. Dans le feu des propos de plus en plus libres, je montre du doigt le portrait du président tunisien en disant : « Ben Ali, il va pas être content ! »

Silence subit, lourd. Ala et Maher n’ont pas fini leur repas, mais ils se lèvent, ramassent leurs affaires et quittent le restaurant sans un mot . « Il ne faut pas parler comme ça, s’énerve aussitôt Wael, mon traducteur. Tu peux parler de questions sociales, doucement, mais ne prononce jamais en public le nom de Ben Ali. Jamais plus ! »

Metlaoui,
« L’immolation est devenue le symbole de notre révolte »

15 heures. En entrant dans Metlaoui (50 000 habitants), après avoir dépassé l’autre ville minière Moulares, la route est bordée d’immenses structures aériennes fermées, destinées au transport sur tapis du phosphate. Un bus nous barre la route. L’arrêt se prolonge. Un brouhaha monte. Des gens commencent à s’attrouper. A cent mètres de notre voiture, une dizaine de jeunes viennent de sortir dans la rue avec un brancard métallique qu’il portent et sur lequel gît le corps d’un homme drapé d’une couverture rouge et blanche. « C’est le jeune qui s’est immolé il y a deux jours, me prévient Wael. Ils vont l’enterrer. » Silencieuse, la manifestation ne rassemble encore qu’une vingtaine de jeunes. Premières photos.

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Funérailles de Mosbah Al Jawhari, qui s’est immolé le 6 janvier

Nous reprenons la voiture pour contourner par les petites ruelles, à l’écart du souk où le cortège se dirige. Je laisse Wael avec le véhicule au sud de la ville pour remonter vers le centre à travers le souk. De toutes parts, les marchands rangent vite leurs étals. Beaucoup s’éloignent vers les quartiers sud. Remontant ce flux dense d’hommes, de femmes et d’enfants mêlés, un groupe se dirige vers la grande artère du centre ville. La rue s’est vidée. Sur la gauche, le front d’un cortège avance. Il compte à présent près de quatre à cinq cents personnes, surtout des jeunes.

Pas de slogan, aucune pancarte. Quelques cris de femmes, à l’écart, sporadiques. Les visages sont tendus, sévères. J’aperçois à présent nettement le corps du défunt. Mon voisin se penche vers moi : « C’est la troisième personne qui s’immole. Il y en a eu un autre à Sidi Bouzid, aujourd’hui même, un père de famille de 50 ans. L’immolation est devenue le symbole de la révolte. » Nouvelles photos. Une, deux, trois… Juste avant qu’une main ferme ne me saisisse à l’épaule. « Donne-moi ta caméra », me lance nerveusement un jeune homme, la trentaine, vêtu d’une veste de cuir noir. Refus. J’exige de voir sa plaque de police. L’homme est rejoint rapidement par quatre autres qui tentent de m’empêcher de mettre mon appareil dans ma poche. Echec.

Plusieurs coups de téléphone sur les portables. Le cortège est passé devant nous. Il se dirige vers le lieu d’inhumation. « Un officier de police va venir, suis-nous », commande le policier en civil. Un peu plus loin, le groupe me fait entrer dans une boutique de photo. « Donne ton appareil, il nous faut les photos. Tu n’as pas le droit en Tunisie de photographier des bâtiments officiels. » J’exige d’attendre l’officier avec son badge. La main dans la poche, j’ai eu le temps en marchant d’extirper discrètement ma carte mémoire que j’ai cachée dans ma chaussette en renouant mon lacet.

L’ officier arrive, présente sa carte et tend mon appareil au gérant du magasin – vide. « Où est la carte ? » lance l’officier avec rage. « J’ai oublié de la mettre ce matin. » La réponse le rend nerveux. Il hésite, passe plusieurs coups de téléphone. Personne n’ose me fouiller. Ils finissent par me laisser partir, avec mon appareil, après avoir exigé mon passeport et noté mon identité.

Wael m’attend toujours au sud du souk. Nous filons sur Gafsa. Dans la voiture, il n’est pas content du tout. « C’est trop risqué, j’arrête », lâche-t-il. Pour la première fois, je le sens apeuré, comme s’il mesurait lui-même ce qui est en train de se passer dans son pays. Nous convenons qu’une fois à Gafsa, il prendra un bus pour rentrer chez lui.

II. L’indignation devant la répression policière

Dimanche 9 janvier

Gafsa,
« Il faut que l’UGTT lance des mots d’ordre ! »

8 heures du matin, devant le siège de l’union régionale de l’UGTT. Depuis la sortie de mon hôtel, je suis suivi en permanence par un jeune en scooter, écharpe noire sur le visage, casquette sur la tête. Il ne me lâchera pas d’une semelle jusqu’à mon départ pour Sidi Bouzid. Avec une agglomération de plus de 150 000 habitants, Gafsa est l’une des plus grandes villes du pays. Une quinzaine de personnes discutent dans la petite cour du bâtiment syndical. Le cas de l’immolé de Metloui et du second de la ville de Sidi Bouzid sont confirmés.

« C’est surtout dans les quartiers de Kasserine que ça chauffe à présent, lance un délégué local de l’UGTT. Ils ont même envoyé l’armée. C’est la première fois depuis le 17 décembre. » A ses côtés, une femme prend la parole. La trentaine, elle est militante au Parti démocratique progressiste (PDP), une formation d’opposition légalisée depuis 1988 mais qui a boycotté les dernières élections et demeure sans représentant à la Chambre des députés. « Y en marre que l’UGTT ne bouge pas ! C’est une trahison. Les Tunisiens s’en souviendront », lance-t-elle, virulente.

La discussion s’anime. « La direction nationale de l’UGTT est corrompue depuis des années, rétorque Skader, 26 ans, un autre militant du PDP. Il faut que localement nous les débordions en les forçant à organiser des rassemblements et à décréter la grève générale. » Jusqu’ici, la direction nationale du syndicat n’a pris aucune position officielle sur les événements de Tunisie. Ici, à Gafsa, le scénario d’un « débordement » par la base est presque impossible, tant le dirigeant régional du syndicat a fait preuve d’allégeance au pouvoir central. « Si nous réussissons à mobiliser les mineurs, c’est tout le bassin qui peut basculer et faire tomber Ben Ali », assure Skader.

Dans ce cercle de militants associatifs, politiques et syndicaux, le ton est devenu clairement politique. La révolte sociale est en passe de se transformer en contestation politique du régime. « Derrière la question du chômage doit monter la dénonciation d’un régime liberticide, qui fonctionne comme une mafia depuis plus de vingt ans », assène Skader.

Sidi Bouzid,
« Mohamed n’est pas mort pour rien ! »

Je quitte Gafsa en m’arrêtant à plusieurs reprises pour demander la direction de Sfax. Le jeune qui me suit a sûrement entendu. Puis, profitant d’une large avenue sans trafic, j’accélère, le laissant loin derrière moi. Au premier rond-point, je bifurque vers Kairouan, direction Sidi Bouzid.

Midi. La petite ville de Bir El Hfey (15 000 habitants), à 60 kilomètres au nord de Gafsa, est toute à ses activités commerciales. Riche en fruits et légumes, réputée pour sa viande de mouton, cette commune située au cœur du gouvernorat de Sidi Bouzid profite de terres fertiles irriguées par l’oued El Chaca, l’un des plus grands du pays. « Vous pouvez passer à Sidi Bouzid, assure un restaurateur. La police est partout mais la ville est calme à présent. »

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Vingt-cinq kilomètres plus au nord-est, le panneau « Sidi Bouzid » apparaît le long d’une route bordée de maisons basses, sans étage, la plupart inachevées. Une commune en chantier, marquée par le chômage et la répression policière, avant même les heurts de décembre 2010. Près de la grande mosquée, des dizaines de policiers casqués et armés, membres des Brigades d’intervention de gendarmerie (BIG) et des Brigades de l’ordre public (BOP), sont stationnés près du commissariat.

A l’écart, le quartier populaire d’Ennour Gharbi a tout d’un bidonville. Façades délabrées, poubelles dans les rues, enfants qui courent entre les sacs plastiques. C’est le quartier où vivait Mohamed Bouazizi. Ses trois sœurs, sa mère, son oncle et deux de ses trois frères y habitent une maison modeste. Après des discussions discrètes, çà et là, en surveillant sans cesse ces visages qui pourraient être ceux de policiers en civil, Zied, un garçon de 25 ans, décide de m’aider. En empruntant de longs détours dans le quartier, il me guide jusqu’à la maison.

Une pièce unique, coussins au sol. Leïla, la plus grande des sœurs de Mohamed, me tire par la manche. « Mohamed n’est pas mort pour rien, lâche-t-elle, les yeux mouillés. Regardez ce qui se passe dans le pays. C’est du jamais vu ! » Pendant trois quarts d’heure, les sœurs et la mère de Mohamed me racontent son histoire, leur histoire. Puis, avec l’oncle, installé ici depuis la mort du père de famille, voilà quinze ans, nous allons en voiture sur la tombe du défunt, située à 20 kilomètres au nord de Sidi Bouzid.

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La famille de Mohamed Bouazizi à son domicile
Samia, 15 ans, Basma, 19 ans, Leïla, 24 ans, et Manoubia, leur mère, 55 ans, installées devant un ordinateur prêté par un voisin. Sur l’écran, la photo de Mohamed lors d’un mariage, sur Facebook.

Bir El Hfey,
« On est chez nous ici, on fait ce qu’on veut ! »

17 heures, retour à Gafsa par Bir El Hfey. La leçon de Métlaoui est encore gravée dans ma tête. La carte mémoire de mon appareil photo est déjà à l’abri. A la sortie de Bir El Hfey, deux voitures me barrent la route. Huit hommes en descendent. « Votre caméra s’il vous plaît. » J’exige des insignes officiels de police. Le chef du groupe, un homme d’une soixantaine d’années, saisit son portable et discute longuement en arabe. Nous restons sur le bord de la route une demi-heure.

« Suivez-nous au poste », lance tout à coup celui qui semble le chef. Il monte dans ma voiture et me demande de me garer juste devant le commissariat de la ville, en bord de route. Une dizaine de policiers en civil nous attendent, postés devant le bâtiment. « Voilà, vous avez des policiers devant vous. La caméra s’il vous plaît. » J’exige toujours une procédure officielle pour donner mon appareil photo. Les policiers en civil refusent que j’entre dans le commissariat. Nouveaux coups de téléphone. Le chef a pris mon passeport et attend des nouvelles. Un ordre, sans doute. Le lien avec Metlaoui est forcément fait.

Une heure encore devant le poste. Attente interminable. Vers 18 h 30, alors que la nuit est tombée depuis un bon moment déjà sur Bir El Hfey, quatre de mes gardes en civil se jettent subitement sur moi et cherchent à arracher de force mon appareil rangé dans ma poche. J’agrippe ma veste de la main droite pour protéger mon matériel : « Qu’est-ce que vous faites ? J’ai demandé une procédure normale avec un officier de police ! »

En me serrant le cou de son bras droit, le chef du groupe, cette fois, aboie : « On est chez nous ici, on fait ce qu’on veut. » Dix minutes à me défendre jusqu’à ce qu’un des hommes sorte un bout de bois et m’assène un coup violent sur la main droite. Sous la douleur, je lâche le tissu de ma poche et les hommes s’enfuient avec mon appareil photo. La carte est restée dans le col de ma veste. Joint au téléphone, le consulat de France me conseille de me mettre à l’abri. Je fonce vers ma voiture et démarre en trombe, direction Gafsa.

Dans mon rétroviseur, quatre phares ne tardent pas à percer dans la nuit. Ils sont à environ un kilomètre derrière moi. Avec ma petite Chevrolet louée à l’aéroport de Tunis, je n’ai plus le choix : 180 kilomètres-heure sur cette route désertique, en pleine nuit, avec une seule main valide pour tenir le volant. La peur au ventre. La certitude qu’ils vont me rattraper là, en plein désert, seul. Et qu’ils pourront faire ce qu’ils veulent… Trente minutes qui durent une éternité. Une demi-heure d’angoisse avant d’atteindre les premières lumières de Gafsa. C’est fini : trop de témoins. Leurs phares disparaissent derrière moi. Direction l’hôpital.

Lundi 10 janvier

Gafsa,
« Des snipers tirent dans la tête des jeunes leaders »

Nuit à Gafsa, sous la protection de syndicalistes de l’UGTT qui m’ont accueilli dès l’hôpital, la veille au soir. Neuf heures du matin, devant le siège du syndicat. Le jeune en scooter a repris du service. Cette fois, les événements de Tunisie sont discutés partout. Dans les cafés, sur Al-Jazira et France 24, jusque devant les écoles où professeurs et élèves se rassemblent régulièrement. Mais toujours rien dans la presse et sur les radios officielles. A la suite de l’agression de Bir El Hfey, Karim, la soixantaine, membre d’Amnesty International et sympathisant du mouvement d’opposition légal Ettajdid (« Pour la rénovation »), représenté par deux députés à la Chambre, propose de m’accompagner jusqu’à Tunis.

« Le président va parler à la télévision dans l’après-midi, pour la seconde fois depuis décembre 2010 », m’indique-t-il (la première intervention de Ben Ali a eu lieu le 28 décembre). Les autorités font état de quatorze morts depuis le 17 décembre. Mais les associations humanitaires et les partis d’opposition parlent de plus de trente. La veille, près de Sidi Bouzid, dans la commune de Regeb, des affrontements ont eu lieu : deux morts et des dizaines de blessés. Et toujours, des arrestations massives.

Dans la petite cour du syndicat, les discussions entre militants se poursuivent. Ils sont cette fois une centaine, révoltés par les nouvelles de la nuit. « Des photos et des vidéos ont circulé sur Facebook, m’explique Skader, le militant du PDP rencontré la veille. Postés sur le toit des immeubles, des snipers tirent dans la tête des jeunes leaders des émeutes ». Comme une traînée de poudre, cette nouvelle fait le tour de la Tunisie, transmise par Facebook, les portables, portée par des milliers de courriers électroniques.

Meknassy,
« Personne ne croit plus aux promesses du président ! »

16 heures. A mi-chemin entre Gafsa et Sfax, nous nous arrêtons avec Karim dans la petite ville de Meknassy. La radio vient d’annoncer la retransmission du discours de Ben Ali. Depuis le 6 janvier, c’est la toute première fois que j’entends les radios officielles traiter des événements. Nous nous installons dans un café, devant l’écran de télévision. Autour de nous, une vingtaine de jeunes et de personnes plus âgées fixent l’écran. Les visages sont tendus. Un silence de plomb plane sur la ville.

Le visage du président est sévère, le ton assuré, les propos en arabe littéraire. « Actes de terrorisme », « éléments étrangers », les premiers mots de Ben Ali font réagir l’assistance. Des policiers en civil sont dans la salle. Chacun se retient, fait attention, écoute à nouveau Ben Ali. Puis le président promet la création de « 300 000 emplois en deux ans », des « réunions de concertation » avec toutes les autorités locales, une « commission d’enquête »… La séquence a duré moins de dix minutes. « Allons-y », me lance aussitôt Karim. Les policiers en civil viennent de lancer des arrestations dans le café.

Dans la voiture, Karim décrypte l’intervention présidentielle. « Il lâche un peu, mais personne en Tunisie ne croit plus aux promesses du président. L’emploi, la concertation : ce sont des choses qu’il dit depuis vingt ans sans jamais s’être donné les moyens de le faire. Dès ce soir et demain, c’est sûr, les rassemblements vont se poursuivre. »

Sousse,
« C’est honteux de laisser des jeunes en galère se faire massacrer »

20 heures, nous sommes dans un restaurant de Sousse, l’une des grandes villes touristiques du Sahel tunisien (650 000 habitants). Karim a eu des amis au téléphone. « C’est parti à Gafsa, annonce-t-il. Dans les quartiers populaires d’El Ksar. Deux morts, des banques saccagées, des arrestations. » Le même scénario se reproduit et s’élargit. « A Kairouan aussi et même à Gabes et Douz », poursuit Karim. Des villes restées jusqu’ici à l’écart de la colère sociale.

Nesrine, la fille d’un ami de Karim, nous a rejoints avec une amie, Nadia. Elles ont toutes les deux 24 ans et sont venues de Gafsa poursuivre leurs études supérieures à Sousse. Soignées, habillées à l’occidentale, les deux étudiantes – l’une en médecine, l’autre en informatique – ont conscience de faire partie de cette classe moyenne qui s’est développée dans le pays depuis 1990. « Je crois que Ben Ali est mal conseillé, commence Nesrine. C’est un bon président, mais il s’est laissé influencer par sa seconde femme, Leïla. C’est elle et le clan des Trabelsi qui dirigent et pillent les richesses du pays. »

A ses côtés, Nadia est plus discrète. Elle écoute son amie. Opine de temps à autre. Mais, sur les snipers et la répression des jeunes depuis trois semaines, elle est intraitable  : « Le chômage touche surtout les quartiers populaires, lance-t-elle, la voix ferme. Ici à Sousse, les gens ont du travail. Mais si la police continue à utiliser ces snipers et à tuer systématiquement les jeunes, nous allons bouger nous aussi. Nous sommes en démocratie ou quoi ! C’est honteux de laisser des jeunes en galère se faire massacrer tous les jours sous nos yeux. »

III. Place au mouvement politique

Mardi 11 janvier

Tunis,
« Cette fois, ça va bouger à Tunis ! »

La capitale, 11 heures du matin. En dehors de quelques manifestations d’avocats, de professeurs et d’intellectuels, Tunis est restée calme depuis le début des évènements. Karim me propose d’aller dans les locaux du mouvement Ettjdid, en plein centre ville. La veille au soir, craignant que le mouvement ne s’étende aux écoles et universités, le gouvernement a annoncé la fermeture complète de tous les établissements scolaires du pays.

Dans la journée, plusieurs journalistes français et espagnols se présentent dans les locaux. Notamment la correspondante de RFI au Maroc, arrivée le matin même, officiellement autorisée à travailler à Tunis comme « journaliste ». J’apprends que, la veille, le correspondant du Figaro était à Tunis. L’étau se desserre. Enfin, le régime a compris qu’il avait perdu la bataille de la communication. Certes, les sites de partage de vidéos YouTube et Dailymotion restent censurés, comme la plupart des sites que je consulte (« Erreur 404 »…), mais Ben Ali a visiblement décidé de lâcher un peu de lest devant les informations qui, de toute façon, passent par Internet depuis quinze jours.

Cette fois, les journaux officiels reviennent en « Une » sur le discours de la veille du président. Articles très officiels, sentencieux, sans commentaires. Parole donnée aux officiels du régime. Idem sur certaines radios. Il n’empêche, « ça va bouger à l’UGTT », m’annonce Salmi, un cadre du mouvement Ettjdid. La direction nationale a pour la première fois pris position en déclarant « légitime » le mouvement de jeunes. Et ils ont condamné la répression policière. Plusieurs militants et personnalités de l’opposition passent dans les bureaux d’Ettjdid. Un correspondant espagnol y a même élu domicile depuis une semaine.

Vers 17 heures, Nadhir, 24 ans, un jeune étudiant de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), le grand syndicat étudiant fondé en 1953 et interdit depuis de longues années, s’insurge contre la fermeture des universités. « Ils ont peur qu’on rejoigne le mouvement, précise-t-il. Et c’est vrai que sans les locaux des écoles et des universités, c’est très dur de rassembler les étudiants et de tenir des AG. » Mais Nadhir ne perd pas espoir : « Les quartiers populaires de Tunis [des cités dortoirs de près de 500 000 personnes, ndlr] ne sont pas fermés. J’ai eu des informations. Cette fois, ça va bouger à Tunis. » Le soir même, sous la pression, les dirigeants de l’UGTT annoncent qu’ils autorisent certaines directions régionales, dont celle de Sfax, à organiser localement la « grève générale » dès le mercredi 12 janvier. Le vendredi 14 janvier, ce sera au tour de Tunis.

Mercredi 12 janvier

Sfax,
« Vendredi, on sera tous à Tunis »

Cap sur Sfax, 11 heures. Yasmina, 27 ans, est arrivée tôt de la ville côtière et touristique de Sousse. Deux heures de voiture, par l’autoroute, pour rallier Sfax, la grande ville portuaire du sud (avec Gabès) située à trois cents kilomètres au sud de Tunis. Avec près de 500 000 habitants, l’agglomération est la deuxième de Tunisie et son plus grand port, juste après Bizerte. « Il était temps que le syndicat déverrouille enfin la situation et entre dans l’action », indique Yasmina.

Autour d’elle, sur une petite place du centre ville, loin des docks, des centaines de jeunes, de professeurs, de salariés se sont rassemblés. Les journaux circulent. Chacun donne des nouvelles. « C’est parti à Tunis cette nuit », lance un manifestant. « Oui, ils ont même déployé l’armée dans la capitale », ajoute aussitôt son voisin. « Du jamais vu depuis le coup d’Etat de Ben Ali, en 1987 ! » Partout les rideaux des commerces sont baissés, les cafés fermés, les kiosques aveugles. « C’est un succès, près de 90 % des Sfaxiens ont répondu à notre appel », se félicite Mohamed, la cinquantaine, militant à l’UGTT locale des cheminots.

La situation économique et sociale à Sfax est pourtant très différente de celle des villes du centre et de l’ouest du pays. Ici, pas d’énormes quartiers populaires frappés par la misère et le chômage. Cité prospère et port florissant, Sfax est depuis près de deux siècles une ville commerçante dont le dynamisme a été porté par les oliveraies, le chemin de fer et le transport maritime du phosphate. « C’est une ville de bourgeoisie et de classe moyenne, explique Mohamed. Mais là les gens en ont marre. Les violences du régime contre les jeunes de Kasserine ou Sidi Bouzid ont fini par les exaspérer eux aussi. »

Soudain, près du syndicaliste, deux jeunes lycéens s’affolent. « Ils tirent dans le quartier sud ! », lâche l’un d’entre eux. Les téléphones portables fonctionnent à plein régime. « A Douz, deux morts ! » Tendue, Yasmina écoute. Elle saisit elle aussi son portable. Chacun est sur écoute. Tout le monde s’en moque : « Ils ont autre chose à faire que de nous écouter », lance Yasmina en raccrochant. « C’était une amie, dans un autre quartier de Sfax. Elle confirme, ils viennent de tuer un jeune. »

Yasmina fait partie de cette classe moyenne qui a profité jusqu’ici de la bonne santé économique du pays. « C’est la première fois que je manifeste, confie-t-elle. Là, le régime va trop loin. Ce ne sont plus seulement les jeunes au chômage qui vont bouger, mais tous les Tunisiens qui vont descendre dans la rue. Vendredi, on sera tous à Tunis. »

Retour dans la capitale. Cet après-midi, Ben Ali a annoncé le limogeage du ministre de l’intérieur, Rafik Belhaj Kacem. C’est le deuxième remaniement depuis décembre. D’autres vont suivre. Selon les autorités, le nombre officiel de morts est passé à vingt et un dans tout le pays. Mais le siège à Tunis de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) parle « d’au moins trente-cinq morts et des milliers de blessés et d’arrestations ». Le couvre-feu est décrété à Tunis et dans sa banlieue.

Jeudi 13 janvier

Tunis,
« Aucun Tunisien ne pardonnera plus à Ben Ali »

Très tôt dans la matinée. Après une première nuit de couvre-feu, les véhicules de l’armée sillonnent toujours les grands axes de la capitale tunisienne. Devant le ministère de l’intérieur, une trentaine de policiers en tenue montent la garde avenue Bourguiba. Les terrasses de café commencent à se remplir. « Quel bordel ! » Au volant de son taxi, Mourad, 48 ans, tempête dans un français approximatif. Au premier feu rouge, il se penche et extirpe de sous son siège un morceau de bois grand comme une batte de base-ball. « Voilà avec quoi il faut travailler maintenant ! », lance-t-il, excédé. Peur des émeutes ? Des jeunes en colère ? « Non. Pas du tout ! C’est pour les policiers. Ce sont eux les voyous en Tunisie. »

Né à Kairouan, au centre du pays, ce fils de commerçant n’a pas fait d’études. Après avoir tenté sa chance dans des hôtels et commerces du Sahel (la côte tunisienne), il est venu à Tunis en 1992 grâce à son père et ses frères qui l’ont aidé à acheter sa licence de taxi. Et puis « trente ans d’emprunt, explique-t-il. De toute façon, tout le monde est surendetté dans ce pays ». A la radio, une journaliste rappelle les principaux événements de la veille : « Démission du ministre de l’intérieur », « ouverture d’une commission d’enquête sur la corruption », « grève générale à Sfax, de nombreux blessés et deux morts », « cinq morts à Douz »… Mourad écoute avec attention.

« Il disent rien des nouveaux affrontements cette nuit à Ettadhamen. Moi j’y habite, je sais de quoi je parle. » Ettadhamen, l’une des cités-dortoirs de Tunis. Un quartier populaire, gonflé des vagues successives de cet exode rural qui pousse vers la capitale des milliers de Tunisiens depuis des décennies. Avec les cités voisines, près de 450 000 habitants délaissés par les performances officielles de l’économie tunisienne. « On a à nouveau été réveillés cette nuit par les tirs de la police. Ce matin, j’ai vu de nouvelles carcasses de bus et de voitures. Et rien dans les journaux ! »

Mourad décide subitement de faire un détour pour montrer sa cité. Le trafic n’est pas encore saturé dans la capitale. Trop tôt. En une demi-heure, nous atteignons les rues d’Ettadhamen qu’il souhaite montrer. « Regardez là-bas », lance-t-il en désignant une carcasse de bus calcinée. Autour, des façades de maisons et de commerces encore noircies par les heurts de la nuit. « C’est la seconde nuit d’émeutes ici. La prochaine, c’est toutes les cités qui s’embrasent », commente Mourad. Autour du taxi, des jeunes passent en courant. A cent mètres, la police a dressé un barrage. « Mieux vaut partir. »

Demi-tour vers le centre-ville. Silencieux, le chauffeur surveille la route. Il a éteint nerveusement la radio et peste contre un homme qui passe juste devant son véhicule. Puis il reprend le fil de ses pensées. « Demain c’est la grève générale à Tunis. Tout le monde sera dans la rue. En tout cas, moi, j’y serai. Et je ne connais personne qui n’y sera pas. » Est-ce la fin du régime de Ben Ali ? Mourad n’hésite pas une seconde. « C’est fini, lâche-t-il, sombre. C’est fini cette fois. Fallait faire les choses plus tôt. C’est trop tard. Il ne fallait pas qu’il laisse le clan des Trabelsi [la famille de la seconde épouse du président Ben Ali, ndlr] piller le pays comme ils l’ont fait. Des banques, hôtels, sociétés de télécommunications, agences d’automobiles… Ils ont tout pris. C’est trop tard. Aucun Tunisien ne lui pardonnera plus. »

Tunis,
Les snipers de Tunis-Carthage

Depuis plusieurs jours, les médias et Internet parlent de ces snipers aperçus à Thala, Kasserine et Douz. Des images ont circulé sur Facebook, floues, imprécises. Postés sur les terrasses des immeubles, ces tireurs seraient à l’origine de nombreuses morts parmi les jeunes manifestants. La nouvelle a largement contribué à la révolte des Tunisiens face à la répression policière qui sévit dans le pays depuis plusieurs jours.

Des rumeurs ? 9 h 40, jeudi 13 janvier, devant l’entrée de l’aéroport de Tunis-Carthage. Depuis la fin du couvre-feu, les taxis déposent ici les flots de touristes et d’hommes d’affaires qui souhaitent quitter le pays. Trois 4×4 gris métallisé, vitres teintées, viennent tout juste de se ranger devant la porte principale. Brusquement, au pas de course, une dizaine de militaires en tenue de camouflage, veste jaune fluo, sortent de l’aéroport. Equipés de longues mallettes noires et de petites valises grises, ils s’engouffrent dans les 4×4 qui partent en trombe. Maîtrisée, la scène a duré moins d’une minute.

A l’intérieur, les visages anxieux des voyageurs sont tournés vers le panneau d’affichage. Le vol Air France de 9 heures a été annulé, ceux de Tunis Air sont incertains. Au bar du niveau des arrivées, Pierre H. attend des « collègues » qui doivent venir le chercher. Il débarque de Paris et vient pour affaires. Cet ancien officier de l’armée française, la soixantaine, préfère ne pas en dire plus sur son activité professionnelle. En revanche, il s’amuse du groupe de militaires qu’il vient de voir traverser le hall de l’aéroport.

« Sûrement d’Afrique du Sud, indique-t-il sans hésiter. Ces mallettes, je les connais bien. Fusils pour snipers. Les petites grises, c’est pour les munitions. » Pourquoi l’Afrique du Sud ? « Vous avez vu leurs têtes ? Tous blancs. Ce sont des mercenaires formés là-bas. Tarif : de 1 000 à 1 500 dollars par jour. »

Le soir même, de retour à Paris, j’apprends que le président Ben Ali s’est adressé pour la troisième fois aux Tunisiens. Le visage cette fois marqué, le président annonce la libération des personnes arrêtées lors des affrontements avec la police et la fin de la censure sur l’information. Rien n’y fait. Le bilan de la FIDH atteint à présent soixante-six morts. Un point de non-retour a été franchi. Malgré le nouveau couvre-feu, des émeutes se poursuivent à Tunis et dans le reste du pays. Vingt-quatre heures plus tard, après un ultime discours, en arabe dialectal cette fois, au cours duquel il assure qu’il ne se présentera plus en 2014, Ben Ali fuit la Tunisie…

Karim m’a quitté le jeudi 13 janvier avant mon départ pour l’aéroport. Je tiens à le remercier vivement pour les risques qu’il a accepté de prendre en m’accompagnant. Père de famille, emprisonné à deux reprises par la police de Ben Ali, nul mieux que lui ne savait ce dont la police tunisienne est capable. Depuis le 14 janvier, il m’envoie chaque jour des informations.

Sans son aide, comme celle de Wael avant lui, je n’aurais jamais pu rester en Tunisie jusqu’au 13 janvier et recueillir tous ces témoignages. Je tiens également à remercier tous les Tunisiens et les Tunisiennes qui ont accepté de me parler pendant mon séjour.

234 commentaires sur « La semaine qui a fait tomber Ben Ali »

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  • permalien bat :
    22 janvier 2011 @21h52   « »

    Le CPR exige la démission du gouvernement d’union nationale, dominé par les caciques de l’ancien régime.

    Issu de la gauche laïque, opposant historique au régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, Moncef Marzouki, rentré d’exil en France mardi, a appelé de son côté le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, chef du gouvernement de Ben Ali pendant onze ans, à "rentrer chez lui".

    "Il représente un facteur d’instabilité", a-t-il souligné, faisant référence aux milliers de personnes qui descendent quotidiennement dans la rue en Tunisie pour demander la démission du gouvernement de transition, où des membres de l’équipe de Ben Ali occupent tous les postes clés et notamment les portefeuilles de l’Intérieur, la Défense, des Affaires étrangères et des Finances.

    Moncef Marzouki a aussi qualifié de "suicide politique" l’entrée de deux chefs de parti d’opposition dans ce gouvernement de transition formé lundi.

    M. Marzouki avait été le premier candidat déclaré à l’élection présidentielle qui doit se tenir dans les prochains mois en Tunisie. Mais il a expliqué samedi qu’il ne maintenait sa candidature que si un nouveau gouvernement était formé et une nouvelle Constitution adoptée.

    Ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, M. Marzouki, âgé de 65 ans, a créé le Congrès pour la République en 2001. Il avait été condamné à un an de prison en 2000.

  • permalien bat :
  • permalien Un tunisien intéressé par ce qui se passe :
    23 janvier 2011 @01h51   « »
    Une révolution de prolét-hères au sens marxiste et moderne

    Qu’on le veuille ou non, et c’est cela qui fait peur à certains, nous sommes en présence d’une révolution prolétaire ou de prolétaires. Qaddafi n’a pas eu tort de la comparer à une sorte de révolution bolchévique, en dépit de ses aspects humanistes (certains observateurs l’ont qualifiée de « rouge jasmin ») et du fait qu’elle serait la première à l’ère des réseaux électroniques (selon d’autres observateurs),

    Par ailleurs, ce ne sont pas FaceBook et Twitter qui ont changé la donne. Tout cela est de la « cyber-utopie » (un livre vient de sortir à ce sujet). Le téléphone arabe (au sens non péjoratif) fonctionne très bien en Tunisie. Ces gadgets ont servi au plus de caisse de résonnance. Il convient de ne pas exagérer leur rôle. La révolution fut déclenchée par un acte symbolique : celui de cet homme qui s’est immolé. Tous les pauvres et prolétaires se sont identifiés à lui.

    C’est dans les campagnes qu’est née la révolte et dans ces endroits, l’accès à internet était loin d’être aisé : dans la rue (boutiques « Publinet » avec vieux ordinateurs fonctionnant très lentement) ou au domicile.

    D’ailleurs, il y a aussi cette marche de pauvres gens récemment partie du centre/sud du pays et qui, par sa portée symbolique, a déjà atteint son objectif de pousser vers la sortie les ministres liés à l’ancien régime.

    Comme le pressentent certains, les impérialistes sont en train de tout faire pour que cette révolution prolétaire se transforme en une révolution bourgeoise.

    D’ailleurs, il est étonnant que l’on n’ait pas d’interviews de l’Etat major de l’armée tunisienne, vous ne trouvez pas ? Et que raconte Ben Ali à Ghannouchi sur son portable personnel ?

    PS : Qaddafi n’est pas plus blâmable que Sarkozy ou ses ministres. Il a dit tout fort ce que tous (privilégiant l’ami qui tient un pays avec une poigne de fer) en Europe et aux US pensaient tout bas. Il a même plus de mérite qu’un Sarkozy puisque quand il a appris les raisons de la révolte, il a proposé de donner du travail à tous les chômeurs. Il n’était visiblement pas au courant de ce qui se passait vraiment dans la tête des Tunisiens. N’exagérons rien donc : ni l’utopie cybernétique, ni la folie de cet homme.

  • permalien Un tunisien intéressé par ce qui se passe :
    23 janvier 2011 @02h20   « »
    Cyber-utopie : Ni FaceBook ni Twitter ni Google ni Wikipedia

    @ une Tunisienne qui aime son pays / 20 janvier @10h24

     » petite digression à propos du jasmin

    (...) Histoire.Le jasmin est cultivé depuis la nuit des temps en Inde, où il a le nom poétique de “reine des fleurs”. Kâma, la divinité hindoue de l’amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Ces fleurs blanches au parfum enivrant ont été introduites au XVIème siècle en Europe par les navigateurs espagnols et les Maures. Les Perses utilisaient déjà l’extrait de jasmin pour parfumer l’air ambiant.
    Anecdotes.L’accord jasmin-rose forme le coeur de nombreux parfums de prestiges. Ces deux fleurs sont les plus utilisées en parfumerie. Une fête est d’ailleurs consacrée au jasmin tous les ans dans la ville de Grasse.
    Cléopâtre serait allée à la rencontre de Marc Antoine dans un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin.
    Les noces de jasmin sont le symbole des 66 ans de mariage en France.

    Il faudrait penser à utiliser des guillemets quand on copie-et-colle des paragraphes entiers récupérés sur Wikipedia ou ailleurs. Le texte ci-dessus ne venait pas de vous mais est une construction à partir, entre autres, de deux sources :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jasmin

    et

    http://www.langage-des-fleurs.info/...

    Commençons la révolution rouge jasmin sur de bonne bases si vous voulez bien.

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @02h28   « »

    @ Un Tunisien

    Tout à fait d’accord avec votre analyse ! Espérons que les Tunisiens ne laisseront pas torpiller leur authentique révolution prolétarienne, comme le souhaite l’Occident hégémonique et commenceront par virer les putschistes Mohamed Ghannouchi & Cie et toute leur clique du régime Ben Ali, que les Européens et les Yankee regardent comme le Messie !

  • permalien ََAbdelHamid Boudaghya :
    23 janvier 2011 @03h24   « »

    Le grand poète tunisien Abou el Kassem Chabbi l’a bien dit il ya 70 ans
    ادا الشعب يوما أراد الحياة
    فلابد أن يستجيب القدر
    ولابد لليل أن ينجلي
    ولا بد للقيد أن ينكسر

    صدق شاعركم ايها التونسيون الاحرار وصدقتموه

  • permalien njnk :
    23 janvier 2011 @05h15   « »

    @ AbdelHamid Boudaghya

    صدق شاعركم ايها التونسيون الاحرار وصدقتموه

    Que voulez-vous dire ?

  • permalien Deïr Yassin :
    23 janvier 2011 @11h05   « »
    La Caravane de la Libération

    De Menzel Bouzaiane, Kasserine et Gafsa, on marche sur Tunis pour réclamer le départ des caciques de l’ancien régime :

    www.lemonde.fr/tunisie/artic...

  • permalien péon :
    23 janvier 2011 @11h23   « »

    Cette détermination de tout un peuple qu’on disait soumis aux lois du marché et de la corruption Benaliesque est une belle claque à la morgue de nombreux Occidentaux. Dont acte pour Sarkozy, Alliot Marie, Raoult et d’autres qui auraient bien voulu que la dictature se pérennise encore en contrat à durée indéterminée.
    Alors que ces derniers Occidentaux laissent dériver leurs gouvernement vers un fascisme modernisé et sournois, les Tunisiens ont une haute idée de la démocratie et ils le prouvent de jour en jour. Ils ont payé lourdement le prix du sang et ont gagné la 1ère manche. Ils sont assez intelligents pour gagner les suivantes. Bravo...

  • permalien Lou :
    23 janvier 2011 @13h42   « »
    La semaine qui a fait tomber Ben Ali n’a pas encore fait tomber F. Mitterrand

    Frédéric Mitterrand exprime ses « regrets » aux Tunisiens

    "Les Tunisiens savent que je travaille au service de la Tunisie, et notamment dans le domaine culturel, depuis trente ans. Comme beaucoup d’autres, je l’ai fait en essayant de privilégier le dialogue avec les autorités et souvent en allant jusqu’aux limites de ce qui était acceptable", a écrit le ministre français, neveu de l’ancien président François Mitterrand.

    Sur votre lancée, monsieur, vous pouvez écrire une lettre de démission.

  • permalien njnk :
    23 janvier 2011 @15h05   « »

    @ Lou

    Diantre ! Quand ce genre d’olibrius parle "des limites de l’acceptable," ça fait frémir ! Cette affaire me semble encore bien mal emmanchée pour ce malotru !

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @15h53   « »

    La "Caravane de la liberté" devant les bureaux de Mohamed Ghannouchi

    Des milliers de manifestants venus de régions rurales déshéritées ont afflué aujourd’hui dimanche à Tunis pour réclamer que les satrapes du régime de Zine El Abidine Ben Ali soient exclus du pouvoir. Ils réclament entre autre la démission de toutes les personnalités liées à l’ancien régime qui figurent au sein de la nouvelle équipe dirigeante, à commencer par le Premier ministre Mohamed Ghannouchi.

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @16h12   « »

    Thousands pressure Tunisian PM to quit
    Sunday, January 23, 2011

    Thousands of anti-government protesters rallied outside Tunisian Prime Minister Mohammed Ghannouchi’s offices on Sunday, calling for him to quit after the downfall of the North African state’s 23-year regime.

    "The people have come to bring down the government," around 5,000 protesters chanted as they brandished pictures of some of the dozens of people killed by security forces during the uprising against President Zine El Abidine Ben Ali.

    Protesters, who broke through security cordons to reach the doors of the building, descended on the capital Sunday from towns like Sidi Bouzid, where Mohamed Bouazizi set himself on fire to protest official harassment under Ben Ali’s regime.

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @16h31   « »

    Ça balance pas mal à Berlin :

    Dumping Old Friends
    France Makes Awkward U-Turn on Tunisia Policy
    Stefan Simons - Deir Spiegel

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @17h30   « »

    Et en Algérie ?


    (NB : A contrario de la Tunisie, le RCD est un parti d’opposition en Algérie...)

    Cela ne s’était pas vu depuis la marche des archs du 14 juin 2001 : Alger arborait hier le visage d’une ville sous « état de siège ». Un état de siège cependant en bleu, comme l’uniforme de la police, tant était impressionnant le dispositif de sécurité déployé pour contrer la marche du RCD.

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @19h35   « »

    Arrestation du patron de la TV Hannibal pour "haute trahison"

    TUNIS - Larbi Nasra, propriétaire de la chaîne de télévision privée tunisienne Hannibal, a été arrêté sous l’accusation de "haute trahison et complot contre la sécurité de l’Etat" pour avoir voulu favoriser le retour du président déchu Ben Ali, a annoncé dimanche l’agence officielle TAP.

    "Larbi Nasra oeuvrait par le biais de sa chaîne à faire avorter la révolution des jeunes, semer la désordre, inciter à la désobéissance et à la diffusion de fausses informations dans le but de créer un vide constitutionnel et de saboter la stabilité dans le pays et le pousser vers le chaos", indique la dépêche.

    Cette action était destinée, selon cette source, "à favoriser le retour de l’ancien dictateur Zine El Abidine Ben Ali", qui a fui le pays le 14 janvier pour se réfugier en Arabie Saoudite sous la pression d’une révolte populaire d’un mois sans précédent.

    Larbi Nasra a été arrêté en même temps que son fils, Mahdi Nasra, marié à une femme appartenant à la famille de l’épouse de l’ex-président, Leïla Trabelsi et qui travaillait également pour Hannibal.

    Tous deux ont été interpellés "en application de l’état d’urgence", décrété le 14 janvier par le gouvernement tunisien alors que Ben Ali fuyait le pays, et seront "déférés devant la justice".

    Première chaîne privée créée en Tunisie, le 13 février 2004, Hannibal, a interrompu ses émissions, ont constaté dimanche des tunisiens après l’annonce de cette arrestation, sans qu’on sache la raison précise de cet arrêt des programmes.

    Bonne nouvelle assurément que l’arrestation de deux de ces crapules, mais les raisons invoquées par le pouvoir de Mohammed Ghannoushi sont-elles sincères ? Ne s’agirait-il pas plutôt de fusibles ? Auraient-ils trop relayé les protestations dans les rues par exemple, au goût des satrapes de Ben Ali, pour qu’ils s’en prennent ainsi à deux de leurs petits camarades ? Serait-ce déjà un retour de la censure ?

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @20h59   « »

    Les événements en Tunisie feraient-ils des vagues jusqu’en Jordanie ?

    Face à la grogne populaire, le roi tente d’apaiser la rue

    Le roi Abdallah II de Jordanie a entamé des consultations avec les différentes tendances politiques dans son pays, "pour se rapprocher des revendications du peuple" alors qu’une nouvelle manifestation est prévue vendredi, a-t-on appris dimanche dans son entourage.

    "Le souverain jordanien a entamé une série de consultations avec les hauts dignitaires du pays, d’anciens responsables, des activistes, des syndicalistes et des islamiques, pour écouter les doléances des Jordaniens et se mettre au diapason de la rue", a déclaré un membre de son entourage.

    Il aurait en outre effectué "des visites discrètes dans les zones les plus démunies du royaume, pour évaluer leurs besoins", a ajouté cette source.

    Plusieurs manifestations contre la vie chère et la politique économique du gouvernement ont eu lieu au cours des deux dernières semaines, réclamant notamment la démission du gouvernement.

    Vendredi dernier, près de 4.000 personnes, selon la police, ont manifesté dans le calme, notamment à Amman, Zarka (nord-est) et Irbid (nord).

  • permalien ZAPATA :
    23 janvier 2011 @21h07   « »

    Les Tunisiens font leur révolution de 1789, et nous donnent des leçons de courage et démocratie, où en France nous avons plusieurs Ben Ali à déboulonner.
    Et contrairement à ce raconte les médias occidentaux en France en particulier, cette révolution de doit rien à Obama puisque ce sont les USA qui entrainaient la police et l’armée Tunisienne, et le régime de Ben Ali est une pièce maîtresse du dispositif US soit disant contre l’Isslamisme mais d’abord contre les idées progressistes, comme ils l’ont fait en Afganistan, Algérie, Maroc, Lybie, Jordanie, Lybie, Yemen, Liban, et Palestine.
    Et c’est la CIA qui a extirpé Ben Ali de Tunisie pour l’envoyé en Arabie Saoudite, non pour lui sauver la vie mais par crainte que sa présence sur le sol Tunisien ne crée une révolution Marxiste à trés court terme...

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @22h10   « »

    Des vagues tunisiennes jusqu’au Yémen aussi ?

    Thousands demand ouster of Yemen’s president

    Drawing inspiration from the revolt in Tunisia, thousands of Yemenis fed up with their president’s 32-year rule demanded his ouster in a noisy demonstration that appeared to be the first large-scale public challenge to the strongman.

    Saturday’s protests in Yemen appeared to be the first of their kind. The nation’s 23 million citizens have many grievances : they are the poorest people in the Arab world, the government is widely seen as corrupt and is reviled for its alliance with the United States in fighting al-Qaeda, there are few political freedoms and the country is rapidly running out of water.

    Still, calling for President Ali Abdullah Saleh to step down had been a red line that few dissenters dared to test.

    In a reflection of the tight grip Saleh’s government and its forces have in the capital - outside the city, that control thins dramatically - Saturday’s demonstration did not take place in the streets, but was confined to the grounds of the University of San‘a.

    Around 2,500 students, activists and opposition groups gathered there and chanted slogans against the president, comparing him to Tunisia’s ousted President Zine El Abidine Ben Ali, whose people were similarly enraged by economic woes and government corruption, reported press agencies. "Get out get out, Ali. Join your friend Ben Ali," the crowds chanted.

    On Sunday, about 200 journalists marched in the capital to demand the release of press freedom activist Tawakel Karman and other detainees, while witnesses said student protesters clashed with police in San‘a.

    One of the organizers, Fouad Dahaba, said the demonstration was only a beginning and they will not stop until their demands are met. "We will march the streets of San‘a, to the heart of San‘a and to the presidential palace. The coming days will witness an escalation," said Dahaba, an Islamist lawmaker and head of the teachers’ union.

    Making good on that pledge will be difficult. Like other entrenched regimes in the Arab world, Yemen’s government shows little tolerance for dissent and the security forces - bolstered by U.S. military aid intended for fighting the country’s virulent al-Qaeda offshoot - are quick to crack down.

    Police fired tear gas at Saturday’s demonstrators, whose grievances include proposed constitutional changes that would allow the president to rule for a lifetime. Around 30 protesters were detained, a security official said. He spoke on condition of anonymity because he was not authorized to speak to the press.

    On Sunday, clashes broke out as security forces tried to disperse the students in the capital, witnesses said.

  • permalien une tunisienne :
    23 janvier 2011 @23h04   « »

    http://fr.euronews.net/2011/01/15/l...

    la question à se poser : pourquoi ces slogans en anglais ? pourquoi le slogan : dégage

  • permalien une tunisienne :
    23 janvier 2011 @23h11   « »

    http://www.youtube.com/watch?v=G_0R...

    14 janvier 2011 jour historique.

  • permalien bat :
    23 janvier 2011 @23h34   « »

    Les manifestants de la "Caravane de la liberté", devant les bureaux de Mohamed Ghannouchi, exigeant le départ de son gouvernement de satrapes de Ben Ali, bravent le couvre-feu et campent cette nuit sur place !

  • permalien bat :
    24 janvier 2011 @08h25   « »
    La semaine qui va faire tomber le régime !

    Tunisian protesters forcing government to quit

    Thousands of Tunisian protesters have defied the nighttime curfew to camp out in front of interim Prime Minister Mohammed Ghannouchi’s office, calling for the resignation of the government.

    The protesters say Ghannouchi, who was a key ally of the country’s ousted president Zine al-Abidine Ben Ali and other members of the former ruling party the Constitutional Democratic Rally (RCD), should leave the Tunisian interim government.

    RCD party remains in power despite the ouster of former President Ben Ali.

    By defying a state of emergency, protesters set up tents and laid out sleeping bags in front of Ghannouchi’s office in the capital Tunis Monday night to repeat their demand for the government’s resignation.

    "We won’t leave the square until the government resigns," Mizar, a student from Sidi Bouzid town in central Tunisia, told AFP.

    "We have come to bring down the rest of the dictatorship," said Mohammed Layani, an elderly protester.

    La centrale syndicale appelle à une grève générale cette semaine à partir d’aujourd’hui lundi.

  • permalien bat :
    24 janvier 2011 @11h05   « »

    Affrontements manifestants-policiers devant les bureaux du Premier ministre

    Des manifestants ont jeté lundi matin à Tunis des pierres et des bouteilles sur des policiers anti-émeutes qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes près des bureaux du Premier ministre du gouvernement de transition controversé.
    Ces incidents se sont produits alors que des policiers anti-émeutes tentaient d’exfiltrer des fonctionnaires du siège du gouvernement du Premier ministre Mohammed Ghannouchi.
    "Des milliers de personnes vont se réunir dans ce quartier de Tunis, afin d’empêcher le gouvernement intérimaire, en particulier les ministres, d’assurer les affaires courantes," ont déclaré des organisateurs des protestations.

    Le syndicat des enseignants du primaire a en outre appelé à une "grève générale illimitée" dès lundi, pour exiger un nouveau gouvernement débarrassé de tout ministre de l’ère Ben Ali, qui a régné d’une main de fer sur le pays pendant 23 ans.
    Cette grève illimitée des instituteurs tunisiens était "bien suivie" dans la plupart des régions de la Tunisie, a affirmé lundi Nabil Haouachi, membre du syndicat national de l’enseignement primaire.

  • permalien uneTunisienne :
    24 janvier 2011 @11h57   « »

    Les gens de l’intérieur arrivent à Tunis. A pieds, en stop, par bus... C’est comme le ZAHF ALHILALLI de l’histoire après le départ des Fatimides pour le Caire.

    L’esprit tribal refait surface : A la télé où ils monopolisent la parole ils se disent des FRECHICHE( nom d’une tribu) qu’ils ont fait sortir les Français que Bourguiba et les Sahéliens ont pris le pouvoir, que grâce à LEURS martyres Ben ali et Trabelsi DEGAGES, que les medias les ont ignorés et que Tunis a monopolisé les medias. Personne n’est venu les voir. Alors ils sont venus fairent part de leur doléances devant les caméras eux aussi. Maintenant le RCD et le gouvernement vont aussi dégagés et que maintenant ils veulent le pouvoir. Ils sont opiniâtres, têtus, déterminé, sauvages, brut, vrai, sincères, sans langue de bois. Ils doivent faire honneur à leur ancêtre Jugurtha qui a tenu tete à Rome.

    Moi avec ce discours j’ai vraiment peur. Et si c’est vraiment une révolution Bolchevique en cours ?

    pour ceux qui aiment l’histoire :http://www.jeunestunisiens.com/lire...
    La révolte de la "Mejba" en 1864

  • permalien bat :
    24 janvier 2011 @13h41   « »

    @ une Tunisienne

    “j’ai vraiment peur. Et si c’est vraiment une révolution Bolchevique en cours ?”

    Ah............... C’est parce qu’ils ont des drapeaux rouges, que vous dites cela peut-être ? Ou alors un gros coup de fatigue tout simplement ?

  • permalien bat :
    24 janvier 2011 @14h46   « »

    Clashes break out at Tunisia protest

    Clashes have broken out between security forces and demonstrators during an anti-government protest near the office of the interim Premier Mohammed Ghannouchi in the capital Tunis.

    Shouting Tunisian protesters smashed police cars after they were hit by tear gas as tensions resumed Monday in the capital of a country struggling to stabilize itself after the president was overthrown.

    After an overnight ’sleep-in’ in defiance of the country’s curfew, scores of protesters from Tunisian provinces gathered in front of the prime minister’s office Monday morning, shouting anti-government slogans. As the crowd grew rowdy, police fired tear gas grenades in the air.

    Demonstrators covered their faces with Tunisian flags to protect themselves from the acrid clouds. They shattered the windows of police cars, sending shards of glass into the empty cars and onto the ground.

  • permalien uneTunisienne :
    24 janvier 2011 @15h48   « »

    C’est parce qu’ils ont des drapeaux rouges, que vous dites cela peut-être ? Ou alors un gros coup de fatigue tout simplement ?

    non pas du tout. je n’ai pas peur de mes compatriotes ni de notre armée mais des interventions etrangères pour casser la révolution
    qui emmerde pas mal d’interet. Ieurs pouvoirs de nuisance ainsi que leurs cynismes sont sans limite. Ils peuvent nous envoyer par exemple leur supllétifs "Al Quaida" pour plonger le pays dans la terreur et la desolation. Pour cette raison je suis contre les jusqu’auboutiste de l’UGTT que je trouve inconcients, aucune vision de l’avenir ni des enjeux.

    Au sujet de Marzouki que certains sur ce blog armiree, sachez qu’il s’est mettre à la porte à Sidi Bouzid où il voulait faire sa première conference de presse. Le père du martyr de la revolution s’est exprimé à la television pour dire qu’il ne veut pas de quelqu’un venu de l’étranger pour "monter sur leur épaule" et "exploiter la mort de son fils" pour faire de la politique et devenir président.
    il est très critiqué, Marzouki, pour son discours, tirés revanchard. On lui reproche d’avoir fait de la résistance depuis Paris surtout pour critiquer. Personne ne connaît son programme. il veut être président c’est tout. Des petits malins sont meme allé jusqu à décortiquer son livre et le comparer avec les idées contenus dans les discours de Bourguiba dans la grande période de son pouvoir c’est à dire la période 1957 -1967. eh bien, les graines ont été déja jetées par Bourguiba !

    Sinon, c’est le désordre . personne n’écoute personne. on confond l’essentiel et l’important. Aucun leader à l’horizon.

  • permalien bat :
    24 janvier 2011 @16h27   « »

    Chacun est libre de voir midi à sa porte, on aura compris que vous êtes favorable au gouvernement dit de transition de Mohammed Ghannouchi, libre à vous.
    Il semble évident que les milliers de personnes qui manifestent tous les jours pour obtenir la chute de ce gouvernement constitué de satrapes de l’ancien régime, ne voient pas les choses comme vous et n’accepte pas de se contenter de l’éviction du leader d’un régime tout en en conservant tout le reste de l’appareil de ce régime et ses règles du jeu constitutionnelles pipées. On leur a déjà fait le coup deux fois et ils n’ont pas l’air d’avoir l’intention de se faire berner cette fois ci.
    S’agissant des désordres, les seuls que l’on a pu observer était ceux provoqués par les milices de Ben Ali juste après sa fuite.
    Concernant les ingérences extérieures, vous êtes bien la seule à en voir, tous les observateurs constatent qu’il n’y en a pas eu jusqu’à ce jour !

  • permalien une tunisienne :
    24 janvier 2011 @18h58   « »

    " Qui conduit l’UGTT ?
    par Bergaoui Mohamed, lundi 24 janvier 2011, 18:42
    " _ : De mémoire de journaliste qui a été dans la rue aussi bien en décembre 1978 qu’en janvier 1984, jamais l’avenue Habib Bourguiba n’a été aussi animée que ces derniers jours. Des centaines de groupe en train de discuter, d’analyer, de comprendre ou plus exactement d’essayer de comprendre ce qui s’est passé et surtout ce qui allait advenir de cette révolution. La révolution des jeunes, la révolution du peuple !!!
    MAis l’avenue Bourguiba en cette semaine pas comme les autres, c’est aussi l’omniprésence de la police et des militaires avec lesquels le public fraternise et discute. C’est rassurant et reconfortant.
    Cette bouffée d’oxygène qu’est cette tournée dans l’avenue Bourguiba m’a permis de rencontrer des collègues de l’AFP, de la "La Presse", etc. La question qui rvenait sur le tapis est la suivante : "A quoi joue l’UGTT ? ". Selon les uns et les autres la réponse est claire. Elle n’est même pas nuancée. Tout un chacun sait qu’en l’absence de libertés, l’UGTT a toujours été le lieu de rencontre des opposants de tout bord. Aujourd’hui, la situation est telle que l’UGTT est tiraillée par les extrémistes de tout bord qui trouvent au sein de la Centrake syndicale plus de liberté d’action que dans les autres partis politiques. Que fait Jerad dans ce que nous pouvons appeler "Foire" de l’UGTT ?
    Noyé jusqu’au cou avec l’imposteur Ben Ali, balloté par les courants contraires qui animent aujourd’hui la centrale syndicale, Jerad, se laisse faire dans l’espoir de sauver sa tête et vraisemblablement celles des membres du bureau excécutif. Un accord tacite semble être installé. Le peuple en pâtit. Et l’issue ne semble pas être pour demain. Peut-on être optimiste avec une telle situation qui continue de s’envénimer d’heure en heure et de jour en jour !!!
    Deux alternatives me semble possible : Un rénaiement ministériel qui purifiera le gouvernement de ses membres trop mouilés avec l’ancien régime ou bien l’intervention des militaires pour mettre le pays en marche le temps d’organiser des élections !!!"
    ·

  • permalien bat :
    24 janvier 2011 @19h54   « »

    @ uneTunisienne

    Pensez-vous réellement convaincre qui que ce soit avec ce genre de littérature propagandiste grotesque ? Je crains fort que ce ne soit pour le moins très difficile...

    Pourquoi ne nous parlez-vous donc pas plutôt des propos d’aujourd’hui du N°1 des forces armées tunisiennes, Rachid Ammar ?

  • permalien Deïr Yassin :
    24 janvier 2011 @20h14   « »

    Au sujet de Marzouki
    Je pense que dire que Marzouki est "quelqu’un venu de l’étranger pour "monter sur leur épaule" et "exploiter la mort de leur fils" sont des mots très dures, et montre que la personne - le père du premier shahîd de la révolution tunisienne - ne connait pas le parcours de Marzouki, non pas que je le lui reproche.

    Marzouki a derrière lui plus de vingt années de combat au sein de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme avant de s’exiler en France. Il était professeur de médecine à la faculté à Sousse, et aurait très bien pu se contenter d’une vie tranquille et aisée matériellement. Depuis qu’il est en France, il s’est consacré à lutter pour la démocratie en Tunisie, il a écrit des multiples articles, et est intervenu dans des multiples conférences dans des facultés et institutions universitaires.

    D’apprendre que des Tunisiens parlent de lui comme "quelqu’un venu de l’étranger" me fait mal au coeur, mais je sais que cela est le sort des exilés politiques. En Palestine, on nomment encore les "Tunisiens" les exilés du Fatah et du FPLP qui ont séjourné en Tunisie de 1982 à 1993, et à entendre certains, on dirait qu’ils se la coulaient douce entre Gammarth et Hammamet ;-(

    C’est normal qu’une aliénation s’installe entre l’exilé et son peuple, et c’est logique que le choix se porte en premier sur quelqu’un du cru, et qu’un leader ne se distingue pas à l’heure actuelle n’est peut-être pas plus mal.

    Quelques articles de Moncef Marzouki :
    http://oumma.com/_Moncef-Marzouki_

  • permalien Deïr Yassin :
    24 janvier 2011 @20h43   « »

    Leila Ben Ali a "racheté" la résidence de l’ambassadeur tunisien à Paris :
    - www.rue89.com/confidentiels/...

  • permalien une Tunisienne :
    24 janvier 2011 @23h14   « »

    bonsoir Deir Yassine. oui c’est regrettable
    pour Marzouki.

    je viens de suivre une emission sur Al Jazira avec Azmi Bechara ensuite une autre sur Nesma tv avec le penseur tunisien Youssef Sedik. Ce dernier est un vrai politique dans le sens grec du terme.reflechir aux affaires de la cité . Il m’a aidé à comprendre certaine choses. Maintenant je suis convaincu qu’ethiquement, par pudeur Ghannouchi doit demissionner ainsi que tous ceux liées à l’ancien régime meme s’ils ont les mains propres. Le peuple est en avance et a fait à la Tunisie, durant cette semaine, un bon en avant de plusieurs années de vers la citoyenneté et la démocratie. Le peuple fait du Montesquieu sans le savoir.

  • permalien Un tunisien intéressé par ce qui se passe :
    25 janvier 2011 @00h16   « »
    Epoustouflante analyse

    Les révélations époustouflantes (comme d’habitude) de Thierry Meyssan sur le rôle des Etats-Unis d’Amérique :

    Washington face à la colère du peuple tunisien

  • permalien bat :
    25 janvier 2011 @06h15   « »
    La semaine qui a fait tomber Ben Ali & pas encore son régime...

    @ une Tunisienne

    “Maintenant je suis convaincu qu’ethiquement, par pudeur Ghannouchi doit demissionner ainsi que tous ceux liées à l’ancien régime meme s’ils ont les mains propres.”

    A la bonne heure ! Depuis le temps qu’on vous le dit !

    Il y a malgré tout dans les dernières évolutions de la situation matière à se réjouir, même s’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué bien entendu. Il semble bien que le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Rachid Ammar, ait estimé que la position de Mohammed Ghannouchi et de son gouvernement était intenable et préjudiciable à la sécurité du pays, compte tenu du rejet populaire dont il fait l’objet. Son discours sur la place face au bureaux du premier ministre a tout l’air d’avoir été un test et il a vu que le peuple était déterminé et que même ses injonctions ne suffiront pas à lui faire changer d’avis. Il en a apparemment tiré les conclusions et a tout l’air d’avoir mis Mohammed Ghannouchi au pied du mur, en lui demandant de satisfaire aux revendications populaires réclamant une assemblée constituante et l’élaboration d’un nouveau système électoral. Restera encore à voir si Mohammed Ghannouchi n’essaiera pas de tergiverser et de s’accrocher au pouvoir en simulant des concessions cosmétiques comme il l’a fait jusqu’à présent, mais à ce petit jeu là il risque fort de se retrouver dans un avion pour Djeddah avec un billet allé simple lui aussi. Reste aussi à savoir si le sous-secrétaire d’Etat, Jeff Feltman, qui est arrivé hier lundi à Tunis ne va pas mettre le souk comme savent si bien le faire les Yankee. Wait & see...

  • permalien Algérienne :
    25 janvier 2011 @11h34   « »

    @ une Tunisienne,

    Le peuple est en avance et a fait à la Tunisie, durant cette semaine, un bon en avant de plusieurs années de vers la citoyenneté et la démocratie

    Vous avez parfaitement raison, chère Tunisienne,et le peuple a été en avance même par rapport aux partis politiques, il me semble.C’est pourquoi, je crois qu’il faut lui faire confiance : "la Vérité se trouve dans le peuple" disait notre Boudiaf, assassiné par la junte militaired’Alger...

    Mais je comprends votre angoisse exprimée dans les posts précédents, elle est légitime, et bat aurait dû la respecter.Comme tous les Maghrébins, en particulier, je suis avc passion ce qui se passe dans votre pays, en espérant et en priant que cette magnifique révolution populaire nous soit le prélude au Maghreb des peuples.
    J’ai suivi aussi Azmi Bechara hier.Un article intéressant de lui sur Al jazeera : Sur "la tunisation" des Arabes.
    http://www.aljazeera.net/NR/exeres/...
    Amitiés fraternelles.

  • permalien Hamdi :
    25 janvier 2011 @12h28   « »

    @ Tunisienne.
    Le parallèle que vous faites avec la révolte de 1864 est - à mon sens- judicieux.
    Ma lecture personnelle est que cette révolution est une revanche de la Tunisie profonde - essentiellement- sur une histoire qui n’a pas toujours été clémente avec les habitants de ces contrées !!
    Pour témoin : cette révolution a débuté à Sid-Bouzid et s’est directement propagé vers Kasserine ...c’est exactement le foyer géographique de la révolte de 1864 initiée par les Hamamma et les Majer et les Frachich...au fait ce sont leurs petits-fils qui ont déclenché et entretenu la révolution de 2011 , est ce un hasard ? je ne crois pas....l’Histoire est la trame de fond de ce grandiose soulèvement populaire qui a fini avec le temps par rallier tous les Tunisiens.
    Essayez de bien lire certains slogans et vous verrez que la lecture que je propose se tient.
    Loins de moi est tout régionalisme, mais ces gens là sont nos compatriotes , ils ont été historiquement brimés - dans tous les sens du terme- alors qu’ils ont été toujours les premiers à payer le prix fort de la liberté...partant de 1864,en passant par Thala 1906 , jusqu’à la lutte armée pour la libération nationale....Nous avons tous intérêt à leur reconnaître leur patriotisme sans failles, leur integrité...et leur très haut sens de la dignité ( la Karama)... ou est ce qu’ils ne son bons " qu’à farcir" ? Je trouve personnellement - de par les valeurs qu’ils véhiculent à travers l’histoire, valeurs d’ailleurs partagées par tous les Tunisiens- qu’ils représentent la conscience vive et rebelle à toute humiliation de toute la Tunisie.
    Regardez ces jeunes venus de Sidi-Bouzid dans un sit-in sans précédent dans toute l’histoire de la Tunisie, ce sont ceux là meme les petits-fils des révoltés d’hier...Lisez bien certains slogans en particulier celui-ci :" les petits-fils de Daghbaji, de Laswad, de MAHammi, de Haddad arrivent !!" ...c’est à mon sens plus qu’éloquent !!! Le plus intéressant, c’est qu’ils puisent dans l’histoire de notre pays ! n’est ce pas vraiment beau ? moi j’en suis très fier ...et j’ai confiance en cette jeunesse à laquelle on doit , nous Tunisiens d’un certain age, des excuses , puisque à un moment donné on a douté de ses capacités et de son intelligence et parfois même de son ... patriotisme.
    Personnellement , je présente mes excuses à mes gosses d’abord et à toute cette fabuleuse jeunesse de Tunisie, qui nous a fait vibrer ...pleurer ... et nous a rendu l’espoir en une vie digne et libre !!!
    Ceci étant , cette glorieuse révolution a certainement d’autres causes, d’autres lectures sont possibles et même nécessaires...mais je pense qu’on ne doit pas occulter cet aspect là...pour le bien de notre patrie et de notre peuple !
    Amicalement !

  • permalien uneTunisienne :
    25 janvier 2011 @12h53   « »

    merci à ma soeur Algerienne

    . En 62, j’avais 7ans. Nous avions des voisins algeriens. Je me rappelle de cette joie de cette liesse dans tous le quartier, que dis-je dans tout Tunis et dans toute la Tunisie. Tous les Tunisiens de ma générations ainsi que nos parents connaissent par coeur votre chant de la révolution Algérienne "Dieu est au dessus des tyrans".

    Avec mon affection.

  • permalien Deïr Yassin :
    25 janvier 2011 @15h34   « »

    Heureusement qu’on a "bat" . . . qui sait mieux que tout le monde ce qui est mieux pour eux, les Palestiniens, les Iraniens et maintenant les Tunisiens, sans toutefois avoir mis les pieds dans les pays concernés.

    Après s’être totalement planté sur le rôle historique de l’armée tunisienne, et par là il nous a montré qu’il ne connait hatchai à l’histoire de la Tunisie, il s’érige en donneur de leçon et en mettant en cause le patriotisme d’une Tunisienne qui n’a pas envie de voir son pays sombrer dans l’anarchie.

    Il nous a étalé son penchant pour "la dictature du prolétariat" mais je pense qu’un peuple qui sort des décennies de dictature n’ont aucunement envie de le remplacer par une autre, qu’elle soit du prolétariat ou à l’iranienne, l’autre référence de "bat".

    Au bout de 24 heures, notre révolutionnaire virtuel nous avait déjà expliqué que cette révolution n’en fut pas une, que c’était foutu etc etc.

    Les Tunisiens n’ont pas besoin de leçon, au contraire ils en ont donné une au monde entier. Je ne peux pas m’imaginer une révolution plus digne et plus belle que celle-ci, et elle n’est pas finie.

    Notre grand spécialiste en matière tunisienne a en plus eu le culot de déclarer que la révolution fut le mérite du seul UGTT - qu’il a découvert 24 heures auparavant - et je lui conseille donc de lire l’article de Karine Gantin et Omeyya Seddik : "Révolte du "peuple des mines" en Tunisie", juillet 2008 (dans les archives du Monde Diplo). Il y apprendra sur le rôle ambigu du syndicat unique durant les grèves à Redeyef et durant la dictature de Ben Ali en général.

  • permalien uneTunisienne :
    25 janvier 2011 @15h39   « »

    merci Hamdi mon cher compatriote . Votre post est très subtil. vous avez compris mon désarroi en dépit de mon amour pour ma patrie.

    Le parallèle que vous faites avec la révolte de 1864 est - à mon sens- judicieux.
    Ma lecture personnelle est que cette révolution est une revanche de la Tunisie profonde - essentiellement- sur une histoire qui n’a pas toujours été clémente avec les habitants de ces contrées !!

    tout à fait.

    Pour témoin : cette révolution a débuté à Sid-Bouzid et s’est directement propagé vers Kasserine ...c’est exactement le foyer géographique de la révolte de 1864 initiée par les Hamamma et les Majer et les Frachich...au fait ce sont leurs petits-fils qui ont déclenché et entretenu la révolution de 2011 , est ce un hasard ? je ne crois pas....l’Histoire est la trame de fond de ce grandiose soulèvement populaire qui a fini avec le temps par rallier tous les Tunisiens.

    Tout à fait. Ce n’est pas un hazard. Un père de famille Abdessalem Trimèche s’est immolé par le feu quelque mois auparavent en mars2010 à Monastir pour des motifs identiques . Malgré le "telephone arabe" et la blogosphère ( toute la Tunisie était au courant en dépit de la non couverture mediatique officielle) pour relayer la colère des Monastiriens, il n’ y a pas eu d’insurection ni de forces de l’ordre tirant sur les Monastiriens lors des marches de protestations ou des funerailles.

    Loins de moi est tout régionalisme, mais ces gens là sont nos compatriotes , ils ont été historiquement brimés - dans tous les sens du terme- alors qu’ils ont été toujours les premiers à payer le prix fort de la liberté...partant de 1864,en passant par Thala 1906 , jusqu’à la lutte armée pour la libération nationale....Nous avons tous intérêt à leur reconnaître leur patriotisme sans failles, leur integrité...et leur très haut sens de la dignité ( la Karama)... ou est ce qu’ils ne son bons " qu’à farcir" ? Je trouve personnellement - de par les valeurs qu’ils véhiculent à travers l’histoire, valeurs d’ailleurs partagées par tous les Tunisiens- qu’ils représentent la conscience vive et rebelle à toute humiliation de toute la Tunisie.

    je suis d’accord avec vous. Biensûr. Je connais toutes nos regions, de part mon travail, je voyage beaucoup et je connais l’histoire et surtout j’aime trouver dans ce qui est tres local des valeurs universelles.

  • permalien bat :
    25 janvier 2011 @16h14   « »

    Grève générale mercredi à Sfax, 2e ville du pays

    La section régionale de la centrale syndicale de Sfax, deuxième ville de Tunisie, a appelé mardi à une grève générale mercredi 26 janvier, pour la dissolution du gouvernement de transition, dominé par des satrapes de l’ancien régime de Ben Ali.

  • permalien uneTunisienne :
    25 janvier 2011 @16h17   « »

    Regardez ces jeunes venus de Sidi-Bouzid dans un sit-in sans précédent dans toute l’histoire de la Tunisie, ce sont ceux là meme les petits-fils des révoltés d’hier...Lisez bien certains slogans en particulier celui-ci :" les petits-fils de Daghbaji, de Laswad, de MAHammi, de Haddad arrivent !!" ...c’est à mon sens plus qu’éloquent  !!! Le plus intéressant, c’est qu’ils puisent dans l’histoire de notre pays ! n’est ce pas vraiment beau ? moi j’en suis très fier

    moi aussi j’en suis fière. C’est le signe aussi que le système éducatif a joué pleinement son rôle. De plus devant les caméras il s’expriment bien . Des idées claires et une pêche d’enfer ! de l’humour aussi et de l’auto-derision. J’ai emmené ma mère place de la Kasba. Ce midi elle a préparé un grand couscous pour eux . Elle parle d’eux comme de ses propres enfants. D’autre femmes ont eu la meme idée qu’elle. Quel Bohneur des moments pareils à raconter à nos futurs petits enfants !

    Youssef Siddik( penseur, journaliste. a beaucoup ecrit sur l’islam. Classé dans la categorie islam libéral si toutefois cela veut dire quelque chose...) a parlé d’eux comme de gens qui font du Montesquieu sans le savoir. Une république , adossé sur la Vertu, démocratique, libre, juste, citoyenne, où la justice n’est pas contrôlé par le pouvoir.

    et j’ai confiance en cette jeunesse à laquelle on doit , nous Tunisiens d’un certain âge, des excuses , puisque à un moment donné on a douté de ses capacités et de son intelligence et parfois même de son ... patriotisme

    . De son intelligence, jamais. Je trouve notre jeunesse très belle, intelligente, pragmatique et débrouillarde et maintenant patriotique(notre hymne national, notre drapeau qui flottent partout, les frères, de blanc vêtus pour se faire connaître qui protègent les quartiers depuis la nuit du 14 janvier... et les soeurs et les mamans qui préparent thé, café et gâteaux)

    Ceci étant , cette glorieuse révolution a certainement d’autres causes, d’autres lectures sont possibles et même nécessaires...mais je pense qu’on ne doit pas occulter cet aspect là...pour le bien de notre patrie et de notre peuple !

    bien-sûr. Il faut une lecture profonde de cette révolution qui ne ressemble à aucune autre dans la mesure où elle ne fut pas guidée à son déclenchement par une idéologie ni par des parti politique. c’est vraiment le peuple pour le peuple
    Amicalement !

  • permalien Deïr Yassin :
    25 janvier 2011 @16h55   « »

    La révolte de la pain en 1984 avait aussi son foyer à Kasserine, si ma mémoire est bonne.

    J’ai un ami de Halfaouine qui fut envoyé comme enseignant dans les montagnes de Kasserine pour ’fait de turbulence’ à la fin des années ’80 (il était trotskiste à l’époque). Il voyait cela comme une sentence pour le goulag, lui qui était tunisois dans l’âme, et se sentait dépaysé rien qu’en prenant le TGM. 

    Il est resté 3-4 ans dans les montagnes, et cela fut pour lui une leçon pour la vie. Il y avait trouvé une conscience politique, une dignité, mais aussi une pauvreté qui lui avait transformé. Il avait été introduit dans une cellule de je-ne-sais-quelle-groupuscule-politique, des gens dont la plupart avait été obligé de quitter l’école très jeune, mais qui se rencontraient en cachette après une longue journée de travail pour étudier des oeuvres politiques et parler ’révolution’.
    De retour à Tunis, après avoir expié ses péchés, il voyait le monde différemment et il avait du mal à prendre ses copains tunisois d’autrefois au sérieux.

    Chaque fois que j’entend parler de Kasserine, je pense à ses histoire d’enfants qui venaient à l’école pieds nus, même l’hiver, qui n’avaient ni trousse ni cahier parce que les parents n’avaient pas les moyens, la tristesse qu’il ressentait en sachant que ces gamins allaient avoir une vie dure comme leur parents, même le petit surdoué qui savait lire avant d’aller à l’école alors que ses parents bergers étaient illettrés.

    Avec tous mes respects pour les Tunisiens du littoral, mais si cette révolution n’arrête pas de m’émouvoir, c’est avant tout pour ces gens qui entre les mines et le halfa, et ailleurs les usines de sous-traitance, vivent dans des conditions de marginalité, tout en étant pleinement intégrés dans, et exploités par, l’économie mondialisée.

  • permalien uneTunisienne :
    25 janvier 2011 @17h12   « »

    traiter Ghannouchi de satrape est un peu fort de café. Il a des partisans vous savez. Et nombreux. Il ya une page Facebook de soutien pour lui et en ce moment une manifestation pacifique de soutien à Ghannouchi devant le théatre municipal sur l’Avenue Habib Bourguiba. On veut bien le laisser à son poste jusqu’à la tenue des elections et apres il prendra sa retraite. Nous savons maintenant comment le president Ben Ali a été forcé à partir. C’est un tour qu’on lui a joué pour l’inciter à partir. Il croyait réellement partir pour 3 jours et revenir. Lui aussi, il a quitté son palais à regret et les larmes aux yeux en faisant des recommandations. Ghannouchi a été imposé par ceux qui ont pris les choses en main. Ce n’est qu’un pion.

    l’erreur de ce gouvernement c’est les ministres du RCD. Trois n’auraient jamais du y être :
    1/ moncer Rouissi qui était directeur de campagne électorale de Ben Ali ( malgré le fait qu’il a été aussi un très bon ministre de la formation professionnelle parait-il)

    2/ Ridha grira actuel ministre de la Défense. Etait auparavant responsable du Patrimoine de l’Etat. Terres agricole..ETC qu’il a distribué aux Trabelsi et autres copains et coquins. Un vrai scandale ce type !

    3/ Zouheir Mdhafer. actuel Ministre de la fonction publique. juriste. a changé la constitution pour Ben Ali et en faire un truc sur mesure. un autre vrai scandale ce type.

    A ces trois là , il faudrait ajouter le ministre de l’interieur. Ingenieur de formation. A été ministre il ya 10 ans. ensuite ecarté du pouvoir. a été nommé 3 jours auparavant par Ben Ali comme ministre de L’intérieur. Aurait du etre nomé à un autre ministère. Sa conférence de presse de 15 janvier un vrai scandale. Ne sais pas pas parler et a besoin de cours de communication.

    Sinon, Feltmann qu’est-il venu faire chez nous ? mettre de l’ordre ? Curieux quand meme le jour meme de son arrivée , le chef d’etat major s’exprime pour la première fois.

  • permalien uneTunisienne :
    25 janvier 2011 @17h27   « »

    Tarak Mekki. Lui aussi veut etre president

    http://www.youtube.com/watch?v=x03q...

  • permalien Algérienne :
    25 janvier 2011 @17h59   « »

    Hassan Nasrallah, aujourd’hui :

    SALUT AU PEUPLE TUNISIEN ET PALESTINIEN

    A cette occasion, nous saluons le peuple tunisien qui aspire à la liberté et nous l’appelons à poursuivre son action et son refus de se soumettre aux tyrans.

    Du Liban de la résistance, nous appelons les Tunisiens à restez attentifs et sur leur garde.
    Hier, nous avons entendu que Jeffrey Fieltman ( sous-secrétaire américain pour les affaires du Proche-Orient) s’est rendu en Tunisie, nous devons savoir qu’il y a un complot américain qui se prépare contre le peuple tunisien et contre votre révolution. Là où passe ce sorcier, c’est signe de malheur

    http://www.almanar.com.lb/newssite/...
    @ une Tunisienne,

    Hassan Nasrallah a les mêmes inquiétudes que vous. Et je pense que tous nous ressentons cette inquiétude.

    Que Dieu et le peuple tunisien protègent la révolution de "la Dignité" !

    Amicalement.

  • permalien Un Tunisien qui sait de quoi je parle :
    25 janvier 2011 @21h59   « »
    Nostalgiques de Bourguiba et la réponse de Nasrallah

    Aux amnésiques qui veulent nous faire oublier que Ben Ali est le fils spirituel ou l’enfant terrible (c’est comme vous voulez) de Bourguiba et qui nous ressortent cette icône dont nous ne voulons plus (plus jamais ça !), rappelons tout d’abord que la "dictature du prolétariat" n’est pas le symétrique de la "dictature bourgeoise" ou capitaliste (Lire le livre d’un philosophe contemporain courageux : "L’hypothèse communiste" de Badiou si vous avez le temps).

    Par ailleurs, Nasrallah n’est pas Tunisien mais le peuple tunisien (je ne parle pas de la bourgeoisie ou petite-bourgeoisie tunisienne bien entendu) l’aime bien. Il fallait être en Tunisie durant l’été 2006 quand Israel bombardait le sud Liban.

    Même les affreux mauves du RCD le soutenaient dans leur for intérieur (en dépit de la chape de plomb médiatique).

    Nasrallah met en garde les Tunisiens contre le complot US

  • permalien une tunisienne :
    25 janvier 2011 @22h52   « »

    je ne suis ce que vous croyez. je ne suis pas amnésique mais je ne veux pas être ingrate. je sais ce je dois au système Bourguiba. je sais faire la part des choses. voir la moitié pleine du verre.

    A l’institut de presse, il quelques années Chedly Klibi donnait un cycle de conférences sur le Mouvement National qui a conduit à l’indépendance et donc sur Bourguiba. L’amphi était plein à craquer. les étudiants , des jeunes qui n’ont pas connus Bourguiba, suivaient avec avidité et admiration. A la fin de chaque conférence les Etudiants applaudissaient. que cela vous plaise ou non, oui Bourguiba est une icone pour la nouvelle génération.

    dans quelques années aussi, on saura faire la synthèse des années Ben Ali. et je pense qu’on dira quand même du bien des 10 premières années de sa présidence.

    pour vous décontenancer d’avantage j’aime Nasrrallah c’est un grand parmi les grands. In fine la resistance va gagner..

    dans quelques années aussi, on saura faire la synthèse des années Ben Ali. et je pense qu’on diras quand même du bien des 10 premières années de sa présidence.

  • permalien Deïr Yassin :
    25 janvier 2011 @23h45   « »

    @ une tunisienne
    "Dans quelques années, on saura faire la synthèse des années Ben Ali. Et je pense qu’on dira quand même du bien des 10 premières années de sa présidence"

    Cela dépend de qui fera cette synthèse. En tout cas, pas le jeune étudiant que j’ai connu autrefois dans le gouvernorat d’El Kef et qui déjà en 1991 avait passé sous la torture de ce régime, accusé d’appartenir à Ennahda et dont certains membres de la famille avait été torturés aussi pour des accusations similaires.

    Cela fut pour moi un véritable choc. C’était la première fois que quelqu’un me disait explicitement qu’il avait été torturé.

    D’ailleurs, la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme donne le chiffre de 30.000 torturés durant la décennie 1990-2000.

  • permalien TL :
    26 janvier 2011 @00h09   « »
    Bravo pour "La semaine qui a fait tomber Ben Ali"

    Lecteur assidû du Monde diplo, étudiant en journalisme, je félicite le courage du journaliste et la qualité de son reportage.

    Sans doute, pour soutenir le Monde diplomatique, enverrais-je dès demain mes dons au journal pour que son indépendance soit conservée et que nous ayons, encore, pour longtemps, des articles comme celui-ci.

    En Tunisie, en Algérie, en Egypte, et en France, nous avons faim de démocratie sociale. Sachons retenir l’exemple du Jasmin.

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @08h17   « »

    Déclaration du 21 janvier de l’UGTT, cheville ouvrière du changement en Tunisie et véritable locomotive de la révolution tunisienne en cours :


    Après avoir procédé à l’évaluation du bilan du soulèvement populaire et examiné les résultats des concertations politiques et des mouvements des manifestants aux plans national, régional et local,
    Les membres de la Commission Administrative Nationale de l’UGTT, réunis le vendredi 21 Janvier 2011 sous la présidence du camarade Abdessalem JERAD, Secrétaire Général,
    - 1) Réaffirment que l’UGTT est une organisation nationale concernée impérativement par la question politique au regard de son histoire militante lors de la colonisation ou lors de l’édification de l’Etat moderne et vu l’étroite corrélation entre les dimensions économiques, sociales, politiques et culturelles dans le processus du développement.
    - 2) Rappellent que la démission des représentants de l’UGTT du Gouvernement National est imputable au refus de concrétiser les demandes du Bureau Exécutif, demandes exprimées dans sa déclaration en date du 15 Janvier 2011. Cette position de refus est fondée sur une lecture objective de l’évolution des évènements à travers les revendications et les aspirations des manifestants et l’ensemble des composantes de la Société civile,
    - 3) Vu l’ampleur des mouvements de contestations dans toutes les régions du pays appelant à la dissolution du Gouvernement et au refus de la nomination des ministres RCD en son sein, au regard des nombreuses démissions et du refus de sa composition par un certain nombre de partis et de sensibilités politiques, et vu la nécessité impérieuse d’un retour au calme et à l’apaisement en vue de se consacrer à la mise en œuvre des réformes annoncées, les membres de la Commission Administrative Nationale de l’UGTT appellent à la dissolution du Gouvernement et à la composition d’un Gouvernement national de cohalition qui répond aux revendications des manifestants, des partis politiques, des organisations non gouvernementales et de l’ensemble des populations,

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @08h18   « »

    ...
    - 4) En vue d’une participation agissante au sein de la Commission de réforme politique, ils décident de créer des commissions syndicalistes pour concevoir les idées de l’UGTT en matière de réformes politiques, économiques, et sociales urgentes à même d’instaurer une démocratie et d’organiser des élections libres et transparentes garantissant le libre choix des électeurs, la composition d’un Gouvernement parlementaire et la liberté de l’information. En outre, les membres de la Commission Administrative Nationale demandent que la Centrale Syndicale soit représentée au sein de la commission d’établissement des faits sur les dépassements commis durant la dernière période, que des poursuites à l’encontre de toute personne impliquée dans la mort de citoyens innocents soient engagées et que l’UGTT soit représentée au sein de la Commission d’établissement des faits sur les affaires de corruption et de malversation.
    - 5) Appellent tous les travailleurs à faire face à toute tentative visant à interrompre la marche normale des entreprises économiques et à être vigilants pour sauvegarder les biens et assurer la continuité d’administration et de gestion de ces entreprises.
    - 6) Sont déterminés à poursuivre le combat légitime soit en observant des grèves ou en manifestant pacifiquement jusqu’à la recomposition du Gouvernement conformément aux conditions fixées par l’UGTT.
    - 7) Appellent à célébrer la journée du 14 Janvier comme fête nationale.
    - 8) S’adressent avec insistance à l’ensemble des syndicalistes et des travailleurs à œuvrer pour la sauvegarde de l’unité syndicale et à garantir la continuité des combats de l’UGTT sur la voie de la réalisation de ses objectifs en réponse aux revendications des populations. Ils les appellent également à davantage de veille et de vigilance pour annihiler toute tentative visant à saper les rangs de l’UGTT et infléchir ses décisions dans cette phase délicate de l’histoire de la Tunisie.

    Vivent les combats de notre peuple sur la voie de la consécration de sa dignité et de son invulnérabilité.

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @08h31   « »

    @ Un Tunisien qui sait de quoi je parle

    Sage mise en garde du Secrétaire général du Hezbollah Seyyed Hassan Nasrallah aux Tunisiens en effet ! Quand le vautour américain traine dans les parages, ce n’est jamais de bon augure...

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @09h30   « »

    @ Deir Yassine

    Cela dépend de qui fera cette synthèse. En tout cas, pas le jeune étudiant que j’ai connu autrefois dans le gouvernorat d’El Kef et qui déjà en 1991 avait passé sous la torture de ce régime, accusé d’appartenir à Ennahda et dont certains membres de la famille avait été torturés aussi pour des accusations similaires.

    en effet. Dans ma famille aussi. j’ai un frere qui a fait de la prison car il faisait sa prière à l’aube dans une mosquée. Un de mes cousins( mais lui se revendique carrement salafiste. il a aussi la mentalité de ceux qui entre dans une secte) a fait deux 2ans de prison pour le meme motif. Il vient d’etre libere. Des histoires dramatiques je pourrais vous en raconter des pages et des pages. Moi meme qui suis pratiquante la première mosqué dans laquelle j’ai prié est la mosqué des Omeyades à Damas en 2004. tellement je faisais profil bas en mon propre pays.

    La decennie 1975 1987 a été la pire dans la vie de ma famille, mon père( un laique patriote. Il a osé dire non . Le Pouvoir n’a pu le corrompre ) en particulier. Et pourtant je refuse l’attitude vengeresse. j’ai appris à faire la part des choses. A pardonner. Je me dis que tout arrive à point. Sans les exces du regime Ben Ali ces dernières annees la revolution n’aurait peut etre pas eu lieu. Dans la vie d’une nation les bons moments sont aussi importants que les mauvais. Pour que certaine chose arrivent il faut que certains evements aient lieu. c’est ma philosophie.

    Quand j’ai ecrit cela( à propos de la première decennie Ben Ali) j’ai pensé en particulier à son l’attitude vis à vis de l’Iraq et de Saddan Hussein et la Guerre du Golfe.

    amicalement.

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @09h54   « »

    "La bataille va se jouer à Tunis. C’est pourquoi nous sommes venus ici. Pour faire tomber le gouvernement. Nous devons tout nettoyer !"

    Lotsi Abbes

    "Ils doivent partir, nous resterons ici jusqu’à ce qu’ils s’en aillent !"

    Mehrezia Mehrez

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @10h10   « »

    oups erreur

    A l’institut de presse, il quelques années Chedly Klibi

    il s’agit de Chedli Ayari personalité de premier plan universitaire et ancien ministre de l’economiehttp://www.leaders.com.tn/article/c...

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @10h29   « »

    Tunisian protest pressures embattled government

    The General Union of Tunisian Workers has called for a nationwide strike in an attempt to pressure the country’s interim government into resignation as the cabinet is preparing for a reshuffle.

    The strike is urged on Wednesday and thousands of people are expected to walk out of their jobs in Tunisia’s second biggest city, Sfax.

  • permalien john :
    26 janvier 2011 @10h53   « »

    Je suis ravi de lire un tel article, car il est la preuve que le formatage ne réussit pas sur tous les esprits et sur toutes les rédactions.

    Mais il reste une question que je voudrais poser à la rédaction du Monde Diplo.. la situation tunisienne est antérieure à la situation ivoirienne ... pourquoi n’avons nous pas jusque là une analyse objective de la situation réelle en côte d’ivoire...

    est ce que nous attendrons que le mal arrive pour que les langues se délient...

    Je pense que vous êtes un acteur privilégié de l"histoire et vous pouvez faire quelque chose... dire la vérité à l’opinion publique internationale...

    Ne nous rendons pas complice de ce que la communauté internationale est en train de préparer en Côte d’Ivoire... car il est clair que des jours mauvais arrivent et tout le monde le sait ou s’y prépare...

    Agissons aujourd’hui, car demain il sera trop tard

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @10h57   « »

    Incidents violents sur l’esplanade face aux bureaux du Premier ministre à Tunis

    La police anti-émeute tunisienne a tiré mercredi des grenades de gaz lacrymogène sur des manifestants qui tentaient de forcer un barrage bloquant un accès à l’esplanade où se situent les bureaux du Premier ministre.

    Ces incidents se sont produits alors que le gouvernement de transition doit annoncer dans la journée un remaniement pour tenter d’appaiser la colère des milliers de manifestants qui protestent chaque jour à Tunis contre la présence en son sein de nombreux caciques de l’ancien régime Ben Ali.

    Les policiers ont tiré des grenades de lacrymogènes contre un groupe de manifestants qui avaient arraché à mains nues un premier barrage de fils de fer barbelés et leur jetaient des pierres, afin de les repousser.

    De plus en plus nombreux, des jeunes ont alors bombardé de projectiles les policiers, qui ripostaient avec des gaz, sans affrontement direct.

    L’armée, qui s’était interposée la veille lors de heurts entre policiers et manifestants, restait passive.

    Les forces de l’ordre avaient installé dans la matinée des barrages bloquant l’accès à l’esplanade de la Kasbah où, pour la troisième nuit consécutive, des centaines de personnes, dont de nombreux jeunes venus des régions contestataires et déshéritées du centre du pays, ont dormi sous les fenêtres des bureaux du Premier ministre Mohammed Ghannouchi, bravant le couvre-feu.

    "A bas le gouvernement !", scandaient dès 09H00 ces manifestants, qui ont promis de rester sur place jusqu’à la chute du gouvernement.

    "Nous avons une seule demande : que le gouvernement tombe, ils doivent tous partir, Ghannouchi le premier", a déclaré Bassem El Barouni, un jeune Tunisien ayant dormi sur place.

    "Il faut nettoyer les restes de l’ancien gouvernement. Ce gouvernement est celui du 7 novembre", date du coup d’Etat qui avait porté au pouvoir le président déchu Zine El Abidine Ben Ali en 1987, a estimé Hamid El Ghribi.

    La fermeture des principaux accès à la Kasbah par les forces de sécurité, qui ont gêné le ravitaillement en couvertures et nourriture des manifestants, suscite la colère.

    "Vous voulez nous affamer, vous voulez nous assiéger", a lancé aux forces de l’ordre Hamid El Gribi, un Tunisien venu de Sfax, à 270 km au sud de Tunis.

    "Vous nous enfermez comme des singes", se plaignait un jeune homme.

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @11h34   « »

    effet Feltmann sans doute.

    • Poursuite, hier soir, des concertations pour pourvoir aux vacances au sein du gouvernement de transition et apporter les rectifications nécessaires
    • Mouvement dans le corps des gouverneurs et dans certaines ambassades
    • Remise d’une avance directe aux familles des martyrs, aux blessés et aux victimes des derniers événements
    Octroi d’une indemnité mensuelle de 150 dinars aux sans-emploi parmi les diplômés de l’enseignement supérieur

    http://www.lapresse.tn/26012011/212...

    d’où vient l’argent ?

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @11h53   « »

    L’avenue Habib Bourguiba, la principale artère de la capitale Tunis, a été, hier après-midi, le théâtre « d’affrontements sans gravité » entre partisans et contestataires de l’actuel gouvernement d’Union nationale.
    Les partisans de l’actuel gouvernement scandaient « oui, oui au gouvernement d’union nationale », « non au vide politique » alors que les contestataires du gouvernement de M. Ghannouchi appelaient à la démission du gouvernement affirmant la détermination du peuple « à faire tomber le gouvernement d’Union nationale ».
    Malgré ce climat de vive tension, aucun affrontement violent n’a été enregistré entre les deux groupes, à l’exception de quelques heurts mineurs rapidement circonscrits par les manifestants eux-mêmes.
    Les manifestants des deux bords ont continué à manifester exprimant leurs opinions sans recours à des actes de provocation.

    Emergence de deux pôles ?

    Les groupes de manifestants appelant au départ du gouvernement, constitués en grande partie par des jeunes, ont déclaré à l’Agence Tunis-Afrique Presse qu’ils demandaient « une rupture totale et définitive avec les symboles et les politiques de l’ancien régime ». Ils ont affirmé que « la révolution ne peut se poursuivre avec des hommes de l’ancien régime du 7 novembre ». Un jeune, originaire de Sidi Bouzid, qui a requis l’anonymat, a déclaré « tous les habitants des gouvernorats du Centre-Ouest, berceau de la révolution, et particulièrement de Sidi Bouzid et de Kasserine, veulent le départ du gouvernement du Rassemblement constitutionnel démocratique ».
    Les partisans du gouvernement de M. Ghannouchi ont soutenu, pour leur part, le souci « d’éviter le vide politique dans le pays ». Un manifestant a affirmé la volonté « d’empêcher que le pays ne sombre dans le néant et dans la balkanisation ».
    Les manifestations qui ont sillonné aujourd’hui l’avenue Habib Bourguiba ont montré l’émergence de deux pôles au sein de la société tunisienne. Il s’agit de ceux qui veulent mettre fin à ce qu’ils désignent comme « une situation de chaos » et ceux qui contestent le gouvernement dans sa composition actuelle.

    http://www.lapresse.tn/26012011/212...

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @12h03   « »

    OPINIONCalculs politiques et mauvaises tentationsPar Raouf SEDDIK

    La multiplication des manifestations, pour des raisons qui sont assurément de plus en plus sujettes à interrogations, ne devrait pas étonner outre mesure. La chape de plomb qui a pesé sur le peuple pendant de longues années, chacun a besoin de sentir qu’elle a bel et bien disparu d’au-dessus de nos têtes. Et une des façons de s’en rendre compte, c’est de s’emparer d’un slogan dont on pense qu’il a une résonnance révolutionnaire et d’aller manifester en pleine rue, au nez et à la barbe des forces de l’ordre.
    Mais comment faire la différence avec ce qui relèverait de revendications s’enracinant vraiment dans le mouvement populaire et qui se prolongeraient au-delà du renversement du dictateur ? Et comment, aussi, s’assurer qu’un tel « enracinement » n’est pas provoqué et que son illusion n’est pas simplement entretenue par des parties qui joueraient à travers cela leur propre carte ? On voit bien à quel point le pacte peut être intéressant, entre le manifestant à qui on offre la possibilité de donner un sens et un enjeu de taille à sa manifestation, et celui qui distille les revendications et qui se voit servi par une foule faisant office de puissant porte-voix.
    Les jeunes venus de Sidi Bouzid, de Kasserine, de Menzel Bouzaïene, Rgueb, Thala et autres, à qui la révolution tunisienne doit tant, sont bien en droit d’avoir aussi leur part de présence sur les places publiques qui symbolisent l’Etat et leur part de revendications à satisfaire. D’autant que cela permet aux habitants de la capitale de bien se rendre compte de qui ils sont : oui, avec leurs mines dont on devine qu’elles ne respirent pas l’aisance, ce sont bien eux qui ont allumé les premiers feux en répondant au feu. Les jeunes et moins jeunes dans les grandes villes du pays se sont contentés alors de saisir le flambeau.

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @12h07   « »

    le lien vers l’article de l’opinion de Youssef Siddiq

    http://www.lapresse.tn/26012011/213...

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @12h09   « »

    @ une Tunisienne

    Ah oui trop drôle cette "manif" de quelques douzaines de "supporters", pour ne pas dire de de figurants de Mohamed Ghannouchi hués par la foule ! Ils sont courageux ! Ils n’ont pas peur de se faire lyncher...

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @12h18   « »

    @ une Tunisienne

    "d’où vient l’argent ?"

    D’où venait l’argent racketté par les amis de Mohamed Ghannouchi, la mafia Ben Ali & Trabelsi ?

  • permalien Deïr Yassin :
    26 janvier 2011 @12h26   « »

    @ ya tunisiyya

    Je n’ai pas voulu vous demander quand vous avez parlé de votre père exilé et n’ayant pas pu assister ni à votre mariage ni vu vos frère grandir, mais si je comprends bien cela fut donc durant la règne de Bourguiba.

    La révolution tunisienne me fait beaucoup penser à tous ceux qui ne sont plus de ce monde et qui n’ont pas eu l’occasion de vivre ce moment historique pour tous les peuples arabes.

    Je suis d’accord avec vous que la précipitation et l’esprit revanchard ne sert pas votre révolution. Comme disent les Italiens : "Chi va piano, va sano, et va lontano" (Celui qui va lentement, va sûrement, et il va loin", et je suis sûre que vous allez loin.

    J’ai vu que Moncef Marzouki s’est fait pris à parti hier durant une manifestation où il a pris la parole. Selon certains, c’était des sbires de l’ancien régime, mais selon d’autres cela fut ce jeunes qui ne le connaissaient pas, et qui n’ont pas voulu voir "leur révolution" récupérée par des ’inconnus’. Franchement, cela m’a fait mal au coeur de le voir poursuivi dans les ruelles de la Casbah, il avait l’air très affecté.

    C’est magnifique ce que vous racontez sur votre mère qui a apporté à manger aux manifestants.

    La télévision annonce en ce moment qu’un arrêt international vient d’être lancé contre Ben Ali, son épouse ainsi que d’autres membres du clan mafieux. al-hamdulillah

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @12h28   « »

    bat :
    26 janvier @12h09

    oui ça été un flop. Beaucoup se rallient maintenant à ceux qui pensent que le gouvernement dominé par les "exRCd" doit demissioner.

    Marzouki ( de l’opposition, exilé à Paris revenu il y a quelque jours) aussi s’est fait bousculer lui, et brutalement même, place du Gouvernement à la Kasba par les manifestants venu de Sidi Bouzid ! Inadmissible

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @12h55   « »

    @ une Tunisienne

    Pour ce qui est arrivé à Moncef Marzouki, c’est regrettable en effet, mais il faut aussi comprendre que nombre de Tunisiens craignent que leur mouvement ne soit récupéré par l’étranger et la France en particulier, le fait que des médias français réactionnaires comme le Figaro (c’est un euphémisme...) se mettent brutalement à trouver toutes les vertus à "la révolution des jasmins", n’aide pas à la lisibilité dans cette affaire, ni à voir dans la France et même abusivement en l’occurrence par extension, ceux s’y étant réfugiés, des fréquentations très souhaitables...

  • permalien Isabelle :
    26 janvier 2011 @14h31   « »
    "Révolution du Jasmin"...

    C’est une création/amplification des médias qui réveille de douloureux souvenirs aux Tunisiens, puisque Ben Ali lui même avait utilisé cette expression lors de sa prise de pouvoir en 1987...
    Les Tunisiens parlent de la "Révolution du 14 Janvier".
    Et elle ne fait que commencer !

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @14h59   « »

    A Deir Yassine

    1/Oui vous avez deviné juste. Ca reste toujours des souvenirs extrêmement pénibles.... Mais je n’en veux pas à Bourguiba personnellement,mais à ceux qui ont exercé le pouvoir en son nom pour commettre tous les excès.

    2/Ben Ali s’est montré vraiment impitoyable envers tout ceux soupçonné de sympathiser de près ou de loin avec les islamistes. Il a détruit des vies et des familles entières.

    3/ Pour Doc. Marzouki : j’essaye de comprendre pourquoi il n’est pas accepté . Faut dire qu’il a un look ringard , pas du tout charismatique en plus que personne ne connaît son programme politique. il se montre aussi très radical dans ses propos à la télévision, pas du tout consensuel.

    En comparaison, prenez quelqu’un comme Ahmed Najib Chebbi du parti de gauche Parti Démocratique Progressiste. Il ya peu c’était un quasi inconnu . maintenant les gens ont un tel engouement pour lui qu’ils voteraient pour lui comme président bien qu’il ne connaissent toujours pas le programme de son parti. Uniquement parce qu’il est charismatique, fils de bonne famille, doux, qu’il tient des propos censées. Il est dans l’actuel gouvernement chargé du Developement.http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_...

    Il est de la meme famille que notre poéte national Aboul Kacem Chebbi. Maya Jribi est du meme parti. Elle aussi est du Sud, de Tozeur. sa mère est Algerienne.

    amicalement

  • permalien bat :
    26 janvier 2011 @15h17   « »

    Des milliers de manifestants à Sfax, deuxième ville de Tunisie

    Des milliers de manifestants tunisiens ont réclamé mercredi la démission du gouvernement de transition, à Sfax, la deuxième ville du pays, où était organisée une grève générale, selon des images retransmises par la télévision nationale.

    Selon des sources syndicales, les manifestants auraient été "au moins 50.000", estimation toutefois non vérifiée, les images diffusées au journal de la télévision publique montrant néanmoins à l’évidence des milliers de protestaires.

    "Le peuple demande la dissolution du gouvernement !", "Tunisie libre RCD Out !" et "Révolution jusqu’à la victoire, de Tunis jusqu’au Caire", ont scandé les manifestants, selon des syndicalistes.

    La section régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) avait appelé à une grève générale à Sfax pour réclamer le départ du gouvernement de transition des ministres ayant servi sous le régime de l’ancien président Ben Ali, qui a fui le pays le 14 janvier pour l’Arabie Saoudite.

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @15h24   « »

    oups. autre erreur Maya est originaire du sud -est , Tataouine et non Tozeur( Sud -Ouest)

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Maya_Jribi

  • permalien Deïr Yassin :
    26 janvier 2011 @15h56   « »

    Je remettrai des liens en édulcorant mes commentaires :

    - http://tunisiefocus.com/20110125298...

    Marzouki s’explique sur les raisons de son exil :

    - www.tuniswatch.com/ ?p=638

    Pour ceux qui s’étonnent que Marzouki ait choisi Paris, on se demande s’ils s’imaginent le Caire, Jeddah ou Téhéran des endroits propices pour dénoncer l’ex-régime tunisien. Paris a l’avantage d’avoir une très grande communauté tunisienne dont beaucoup de réfugiés, et une association tunisienne très active comme ailleurs en France, et dont un des dirigeants fut condamné in absentia après les grèves de Redeyef :

    - www.ftcr.eu/

    @ une tunisienne
    Je connaissais juste Ahmed Néjib Chebbi de nom, et je suis en train de me mettre un peu à jour, moi qui me suis arrêtée à Farhat Hached et Salah Ben Youssef, mais s’il est de la famille du grand Chebbi, je ne peux que m’incliner :

    "Ô tyran oppresseur
    Ami de la nuit, ennemi de la vie
    Tu t’es moqué d’un peuple impuissant
    Alors que ta main est maculée de son sang"

    Le propre de grands écrivains et poètes : que leurs lignes sont intemporels et universels.

  • permalien Un Tunisien qui sait de quoi je parle :
    26 janvier 2011 @16h11   « »
    Nejib Chebbi, Che bis, dictatures à l’infini et la « contre-manifestation » patronale d’hier

    26 jan 2011
    @ Deïr Yassine ("Chi va piano va sano" ?).
    "El deber de todo revolucionario es hacer la revolucion" (Le devoir de tout révolutionnaire est de faire la révolution"(Che, un homme pressé...).

    @ Isabelle
    Oui, une révolution du jasmin mais en ajoutant « rouge » comme l’a proposé un commentateur : Révolution « Rouge Jasmin ». Avec une telle couleur, on est loin des « révolutions colorées » qui sont de toutes couleurs sauf le rouge…

    @ Une tunisienne
    Najib Chebbi is "un opposant made in the USA" tout comme le blogueur Slim Ammamou (Réseau Voltaire). Le site de de Voltaire était prohibé avant la révolution tout comme le journal Le Monde Diplomatique. Il est possible que l’un ou l’autre (mais surtout le premier) le redevienne. Pour ceux qui s’intéressent à la "démocratie" exportée par les USA (comme celle de ce "doux" Nejib Chebbi), faites des recherches sur des analyses critiques du "National Endowment for Democracy" cité par Voltaire.

    Dictature de Ben Ali, dictature de Bourguiba, dictature colonialiste. Le peuple tunisien n’a connu que la dictature et la CIA lui en prépare une nouvelle sous une façade "démocratique". Ils sont des champions dans ce domaine. Ce schéma est valable pour de nombreux autres peuples de la région et du monde entier en général. C’est ainsi qu’il faut comprendre cette soif de liberté et cette "intransigeance" de ces pauvres hères et prolétaires. Il faut avoir passé 10, 20 ou toute sa vie au chômage ("nhar battal ou nhar yehdem...")[C’est ça le vrai visage du capitalisme, depuis toujours], entouré de gens vivant le même le même destin, pour comprendre cette résistance et cette maturité politique.

    A propos la "contre-manifestation" ridicule d’hier, une radio française disait hier qu’elle avait été organisée par l’équivalent du MEDEF français (le grand syndicat patronal français). Heureusement qu’en Tunisie on a, pour le moment, l’UGTT (même s’il faut se méfier d’un possible retournement étant donné son passé d’accomodements circonstanciels avec les régimes passés).

    "Hasta la victoria siempre"(Vers la victoire, à jamais) (Che, encore lui)
    Le drapeau tunisien s’accommode si bien de son visage rude et doux, pareil à celui des gens de Sidi Bouzid.

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @16h14   « »

    @Deir Yassine :

    la censure est passée mais j’ai lu votre post auparavent. Voici ce que j’ai trouvé surD. Marzouki. .

    Tunisie : Moncef Marzouki insulté par des manifestants à la kasbah
    L’opposant tunisien historique Moncef Marzouki a été vivement pris à partie mardi à Tunis par des manifestants sur l’esplanade de la Kasbah, qui l’ont insulté et poursuivi, le contraignant à quitter les lieux précipitamment, a rapporté une journaliste de l’AFP.

    L’incident s’est produit quand l’opposant a voulu saluer la foule devant le ministère des Finances où des avocats tunisiens lançaient des slogans contre le gouvernement de transition, très décrié en raison de la présence de nombreux caciques du régime du président déchu Ben Ali.

    Immédiatement, un groupe de jeunes manifestants s’est rué sur lui, en l’insultant, et le traitant d’« agent des Français et des Américains ». L’opposant a alors dû prendre la fuite, se frayant un chemin parmi la foule, poursuivi par ce groupe très agressif jusque dans les ruelles de la Médina, où d’autres manifestants se sont alors interposés.

    « Ils disent que je suis un mécréant », a expliqué, essoufflé et visiblement choqué ce dirigeant de la gauche laïque âgé de 65 ans, à une journaliste de l’AFP. « D’après moi, ils ont été envoyés par le pouvoir. Il y a une campagne contre moi, y compris sur (le réseau social) Facebook », a-t-il ajouté.

    Mais pour un des manifestants qui l’a poursuivi, il s’agit seulement d’empêcher toute récupération politique de la « révolution du jasmin », d’où qu’elle vienne.(AFP -25/01/2011)

    Share11

    http://www.tunisiawatch.com/?p=3802

    son blog. Je vous invite à regarder ses passages sur AlJazira où il dit des choses interessantes.http://moncefmarzouki.com/

    amicalement

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @16h50   « »

    un tunisien

    1/ je n’aime ni rouge ni jasmin ni "jasmin rouge". C’est du marketing d’importation. J’aime qu’on dise : "révolution tunisienne" point. Laissons le "jasmin" aux communicateurs de l’office du tourisme pour la promotion du pays.

    2/ je n’ai pas porté de jugement de valeur sur Najib Chebbi. J’ai seulement comparé avec Marzouki pour essayer de comprendre pourquoi l’un est accepté et l’autre pas.
    Que les Neo.Cons aient essayé de le récupérer n’est un secret pour personne. C’est meme écrit sur sa bio. Je n’ai pas besoin de Voltairenet pour savoir ce qui se passe chez moi. Personnellement l’analyse de Meyssen tient sur certains point( comment le President à éte prié de quitter le pays dans l’urgence vers Jeddah, internet, reseau sociaux, slogans en anglais , le nom de la revolution etc) mais pas sur d’autres.

    3/ Pour Slim Amamou. En fait, c’est mes enfants qui m’ont parlé de lui. J’ai suivi un peu sur twitter. je suis deçue. Il ne represente rien . de la poudre aux yeux. C’est de la communication c’est tout.
    Ceci dis, je n’ai ni compte Facebok ni twitter( je reconnais, je "pirate" celui de mes enfants pour etre au courant :))

    4/ Soyez constructif ; Que proposez- vous une dictature du prolétariat ? Pourquoi ne proposez vous vos services aux USA où c’est le coeur du capitalisme ? Car En Tunisie , comment faire une révolution prolétaire sans prolétariat ? La Tunisie compte des paysans, des artisans propriétaires de leur propres travails, des ouvriers dans les manufactures loi72( entreprises étrangères de localisées chez nous) des fonctionnaires et des diplômes chômeurs.

  • permalien Deïr Yassin :
    26 janvier 2011 @16h54   « »

    @ ya tunsi

    Personnellement, je suis aussi une très grande admiratrice du Che qui a une place immense dans mon coeur et sur mes murs - d’autant plus que ma famille paternelle est en grande partie installée en Argentine et au Chili - j’ai un oncle que a été dans la même faculté de médecine que notre Ernesto, et quand j’étais petite je croyais qu’ils furent des amis intimes mais en effet ils ne se connaissaient même pas :-(

    Je me prive cependant de donner des conseils de votes ou de méthodes révolutionnaires aux autres, et je ne suis pas sûre que la population tunisienne dans son ensemble soit disposée à une révolution guevarista.
    Pour la Palestine, la situation est différente . . .

    Dans votre résumé "Chi va piano, va sano" vous avez oubliez le plus important "e va lontano".

    La réussite d’une révolution cela est aussi "  ! Un pueblo unido jamàs serà vencido ! " et si les révolutions guevaristes n’ont pas réussit en Amérique Latine (excepté Cuba qui ne m’inspire pas), cela est bien à cause de la non-adhésion du peuple, surtout autochtone.

    Sinon, je suis en train de découvrir la nouvelle scène politique tunisienne, et comme je n’aurai pas le droit de vote, mon opinion n’a guère d’importance.

    Vous pensez quoi de Hamma Hammami, il est un agent du CIA aussi, ou est-il ’hallal’ de ce côté-là ?

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @16h58   « »

    Deir Yassine , nous avons peut etre affaire à notre jj. c’est les memes idees

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @17h27   « »

    le blog de Hedi Belhassine http://hybel.blogspot.com/

    Tunisie : jour 11 de la révolution. C’est le chaos. Inévitable et heureusement sans violence. Tout est remis en question. Il faut laisser le temps au débat pour que les acteurs se rassemblent…

    L’UGTT : unique syndicat tunisien, historiquement frontiste (y compris sous Bourguiba) jamais totalement récupéré par le pouvoir. Sa fonction tribunitienne est incontournable pour remettre le pays au travail et rassembler les hommes pauvres du sud et du centre avec ceux du nord et du littoral relativement prospère.

    L’armée (35 000 hommes) : est formée de conscrits et d’officiers légalistes à qui l’on a enseigné de toujours se tenir à l’écart de la politique. Elle a été épurée, les gradés étaient sous surveillance constante. Par dizaines, du lieutenant au colonel certain ont été torturés pour l’exemple, simplement pour avoir toussé. C’est l’un des corps qui a le plus souffert (en silence) du règne de Ben Ali.

    L’opposition démocrate : composée surtout d’intellectuels citadins. Beaucoup de courage, peu d’expérience. Jusqu’à présent aucun n’est parvenu à entrainer les foules. Il y a un problème de langage mais aussi d’âge car la plupart des leaders sont des septuagénaires usés par les années de prison et de harcèlement.

    Le RCD : un tunisien adulte sur quatre en possèderait la carte, souvent malgré lui. Ce parti fondé par Ben Ali à partir de l’héritage du Destour de Bourguiba est complètement décomposé mais sa structure très liée aux forces de police (100 à 150 000hommes) est capable de se régénérer dans le chaos.

    Le parti religieux Ennadha : a souffert de l’exil de ses cadres et de la récupération habile du clan Ben Ali qui était devenu mystique au point de déclarer à tout bout de champ que leur fortune était une volonté d’Allah. Les mosquées tunisiennes sont pleines chaque vendredi, alors, si la révolution n’apporte pas le pain réclamé, la population s’adressera au bon Dieu.

    Les régimes arabes ont peur : un État du Golfe vient d’allouer à chaque citoyen 3 500$ pour compenser la vie chère, ailleurs, les prix des denrées baissent à coups de subventions. Les populations glorifient la révolution tunisienne et suivent avec passion son cheminement grâce aux télévisions satellitaires. Le nom de Bouazizi

  • permalien uneTunisienne :
    26 janvier 2011 @17h31   « »

    une autre opinion que je trouve inteligente :

    Les médias occidentaux proclament, en chœur, que le général Zine el-Abidine Ben Ali, ancien président déchu de la Tunisie, est un dictateur.

    Le mouvement de protestation tunisien est simplement décrit comme la conséquence d’un régime antidémocratique et autoritaire défiant les normes de la « communauté internationale ».

    Toutefois, Ben Ali n’était pas un « dictateur ». Les dictateurs décident et dictent. Ben Ali était un serviteur des intérêts économiques occidentaux, un pantin fidèle qui obéissait aux ordres, avec l’appui soutenu de la communauté internationale.

    L’interférence étrangère dans les affaires intérieures de la Tunisie n’est pas mentionnée dans les reportages médiatiques. Les hausses de prix de la nourriture n’ont pas été « dictées » par le gouvernement Ben Ali, mais imposées par Wall Street et le Fonds monétaire international (FMI).

    Le rôle du gouvernement Ben Ali a été d’appliquer la médecine économique mortelle du FMI, laquelle, sur une période de plus de 20 ans, a servi à déstabiliser l’économie nationale et à appauvrir la population tunisienne.

    En tant que chef d’État, Ben Ali n’a pas pris de décision importante. La souveraineté nationale était un souvenir. En 1987, au plus fort de la crise de la dette, le gouvernement nationaliste de gauche d’Habib Bourguiba a été remplacé par un nouveau régime, fermement engagé à adopter des réformes du « marché libre ».

    La gestion macro-économique sous le commandement du FMI était aux mains des créanciers extérieurs de la Tunisie. Au cours des 23 dernières années, la politique sociale et économique du pays a été dictée par le consensus de Washington.

    Ben Ali est demeuré au pouvoir, car son gouvernement a obéi et appliqué efficacement les dictats du FMI, tout en servant à la fois les intérêts des États-Unis et ceux de l’Union européenne.

    http://www.mondialisation.ca/index....

  • permalien Un Tunisien qui sait de quoi je parle :
    26 janvier 2011 @19h26   « »
    Nahj Lénine (Rue Lénine) 1/2

    une Tunisienne :
    « Soyez constructif ; Que proposez- vous une dictature du prolétariat ? Pourquoi ne proposez vous vos services aux USA où c’est le coeur du capitalisme ? Car En Tunisie , comment faire une révolution prolétaire sans prolétariat ? La Tunisie compte des paysans, des artisans propriétaires de leur propres travails, des ouvriers dans les manufactures loi72( entreprises étrangères de localisées chez nous) des fonctionnaires et des diplômes chômeurs. »

    Vous avez raison. Notre cas est pire encore que celui de la Russie de 1917. Je n’ai pas de « services » à proposer ni à vendre. Je réfléchis comme vous en proposant d’explorer des pistes comme vous faites en citant tous ces articles (très intéressants d’ailleurs). Je comprends que vous recherchez le bien pour le pays et que votre but n’est pas de vendre vos talents comme consultante à une agence française ou des états-unis.

    On est d’accord sur le fond. Il nous reste la rue Lénine et le film « Ouled Lénine » (merci Zine !) mais on a pas une femme ou un homme comme Lénine ! Donc, il faudra inventer, en attendant, autre chose que la « dictature du prolétariat ».

    une Tunisienne : Vous pensez quoi de Hamma Hammami, il est un agent du CIA aussi, ou est-il ’hallal’ de ce côté-là ?

    Je pense rien pour l’instant. Je trouvais en tout cas leurs militants courageux de distribuer des tracts à l’époque et on rêvait déjà un peu. C’était un avant-goût de la liberté qu’on goûte aujourd’hui.

  • permalien Un Tunisien qui sait de quoi je parle :
    26 janvier 2011 @19h29   « »
    Nahj Lénine (Rue Lénine) 2/2

    Deïr Yassine :
    La réussite d’une révolution cela est aussi " ! Un pueblo unido jamàs serà vencido ! " et si les révolutions guevaristes n’ont pas réussit en Amérique Latine (excepté Cuba qui ne m’inspire pas), cela est bien à cause de la non-adhésion du peuple, surtout autochtone.

    C’est beaucoup plus compliqué (voir encore les articles du Monde Diplomatique disponibles gratuitement dans ses archives en ligne)…

    Cuba n’est pas du tout comparable. Sa résistance est légendaire et a été objectivement saluée par Le Monde Diplomatique (voir les articles de l’ex-rédacteur en chef Ramonet). Pas besoin de s’étendre dessus.

    une Tunisienne : Je ne sais pas qui est « jj ».
    Vous voulez dire « Gigi l’Amoroso » de la chanteuse Dalida ?

    Deïr Yassine : Que notre ’tunsi’ nous excuse de douter de son identité :-) On reste vigilant.

    D’accord mais il faut ne pas avoir peur comme ça et laisser les gens s’exprimer même si ça parait à certains très "ringard" ou très "langue de bois" marxiste, léniniste ou les deux . Marx a demandé aux philosophes d’arrêter d’interpréter le monde, qu’il était temps de le changer.

    Quand aux "10 jours qui ébranlèrent le monde", c’est Lénine qui en a été responsable, par une audace pareille à celle de son maître à penser. Il n’est donc pas inutile de rappeler un peu toutes ces choses surtout que près de 100 plus tard, c’est un petit pays avec un drapeau rouge qui a créé un séisme mondial.

    On voit aussi ce mot « vigilant » ou « vigilance », « vigile », etc, . « sécurité », partout et dans toutes les langues, particulièrement dans le monde hyper-capitaliste. Et ne parlons pas du cauchemar sécuritaire dont nous venons de sortir en Tunisie.

    On dit que tous les emails personnels du monde sont lus automatiquement tous les jours par des ordinateurs (encore la CIA ou la NSA mais c’est kif kif). Bientôt, on regrettera notre vieux boustaji.

    Le Che, il était beau sur les drapeaux le 14 janvier.

    Autre piste à explorer (pas à imposer ya tunsiyya) : que peut faire Hugo Chavez pour nous sortir de là ?

    Comme je vois que vous êtes tous les deux très ouverts, vraiment, si vous avez du temps un jour, lisez le livre d’Alain Badiou ("l’hypothèse communiste") ou alors le très court article dans Le Monde Diplomatique.

    note pour les lecteurs non avertis : "Nahj Lénine" est le nom d’une rue célèbre à Tunis. "Nahj" peut aussi signifier aussi "orientation" politique)

  • permalien Deïr Yassin :
    26 janvier 2011 @20h51   « »

    @ ya tunsi

    "C’est beaucoup plus compliqué que cela"

    Certes, mais n’empêche que la scission entre les descendants des criollos, aussi révolutionnaires soient-ils, et les populations autochtones est essentielle.
    Si la révolution sandiniste n’avait pas réussit dans sa première tentative, cela fut essentiellement à cause de la résistance des populations autochtones sur la Côte Atlantique, notamment les Miskitos, qu’on décrit souvent comme récupérés par les Contras, mais cela est faux. Ils n’en voulait pas d’une intégration assimilatrice à la société nationale, mais juste qu’on leur foutait la paix. Et ce schéma se répète partout en Amérique Latine.

    Et vous croyez que les fellahîn de la Tunisie profonde, les pêcheurs des Iles Kerkennah, ou même la petite bourgeoisie citadine rêvent d’une société régies par les descendants de Marx et Lénine ? Il faut qu’ils apprennent le russe aussi ? Vous allez leur expliquer que ’la religion est l’opium du peuple ?’

    Che Guevara en Palestine :
    http://upload.wikimedia.org/wikiped...

  • permalien ZAPATA :
    26 janvier 2011 @22h58   « »

    Je viens d’apprendre de source bien informée que le fils héritier de Moubarak est en fuite avec ses lingots d’or dans un avion militaire US affrété par la CIA, pour rejoindre Ben Ali en Arabie Saoudite...Cela chauffe rééllement en Egypte....

  • permalien uneTunisienne :
    27 janvier 2011 @09h21   « »

    un peu d’humour pour commencer cette journée :

    L’esprit d’à propos des tunisiens.
    1/ à propos de l’Egypte slogan à l’adresse des egyptiens par solidarité :

    Ya Moubarak, Ya Moubarak Saoudia fi intidharak
    ce qui se traduit par : O Moubarak O Moubarak ( l’arabie) Saoudite vous attend.

    2/ à propos des inondations graves, fait rarissime là-bas, à Jeddah en Arabie Saoudite : les Tunisiens pour commenter cette nouvelle disent avec un petit sourire entendu : atba ! c’est intraduisible car en fait c’est une idée résumée en un seul mot.

    Atba signifie au sens propre le seuil de la maison. Il est employé lors des épousailles quand la mariée franchit la porte d’entrer de sa nouvelle maison. Il est synonyme de chance ou malchance. Alors qu’on nous disons Atba à propos des inondations à Jeddah nous voulons dire que Ben Ali leur a porté la poisse !

  • permalien uneTunisienne :
    27 janvier 2011 @12h07   « »

    L’opposant Mestiri veut superviser la transition en Tunisie

    L’opposant tunisien, Ahmed Mestiri, qui jouit du respect des mouvements d’opposition tant laïques qu’islamistes, a fait savoir mercredi qu’il espérait être nommé à la tête du "conseil des sages" chargé de superviser la transition démocratique du pays.
    Depuis la fuite du président tunisien Zine ben Ali dans la foulée de la "Révolution de jasmin", des manifestants continuent de réclamer le départ du gouvernement de transition des ministres "bénalistes". Un remaniement, notamment des ministres régaliens, devrait intervenir jeudi selon le porte-parole du gouvernement de transition.
    Dans une interview accordée mercredi à Reuters, Mestiri s’est présenté comme l’initiateur du "conseil des sages" avec deux autres personnalités politiques de l’ancien régime du président Habib Bourguiba, Ahmed Ben Saleh et Moustafa Elfilali.
    Ce comité des sages, qui réunira des responsables politiques, des représentants de la société civile et des responsables syndicaux, vise à prévenir toute récupération politique des manifestations par des proches du président déchu ben Ali, a-t-il souligné

    "Le conseil protégera la révolution qui s’est déclenchée de manière spontanée. Le temps est venu pour le mouvement d’avoir une structure", a indiqué Mestiri, âgé de 80 ans, dans sa maison de Tunis.
    "Quand le conseil sera créé, je présenterai ma candidature au poste de président", a-t-il ajouté.
    Le gouvernement de transition a annoncé la tenue de nouvelles élections d’ici six mois mais selon Mestiri, l’organisation du scrutin pourrait prendre plus de temps.
    "Nous sommes inquiets pour l’avenir. La situation pourrait subir un revers en raison du chaos et les institutions pourraient être affectées. Il y a des ennemis à l’intérieur et à l’extérieur du pays qui mettent leurs forces en commun pour organiser le retour du régime injuste de Ben Ali", a-t-il indiqué.

  • permalien uneTunisienne :
    27 janvier 2011 @12h11   « »

    Dans les jours qui sont suivi la fuite du président déchu en Arabie Saoudite, des affrontements ont opposé l’armée aux milices loyales à Ben Ali.
    Beaucoup redoutent que les manifestations de Tunisiens exigeant le départ du gouvernement des membres proches de Ben Ali soient exploitées par des partisans de l’ancien président, avec le soutien de pays de la région opposés à la transition démocratique tunisienne.
    Des gouvernements arabes et occidentaux ont apporté pendant des années leur soutien au régime de Ben Ali, considéré comme un rempart contre l’islamisme et comme un exemple sur le plan économique.
    Le chef d’Etat major de l’armée, le général Rachid Ammar, a mis en garde lundi contre le risque de vide politique et a promis de défendre la révolution.
    "Evidemment, nous apprécions le rôle qu’a joué l’armée jusqu’à présent en chassant Ben Ali et en le forçant à quitter le pays et à fuir. L’armée se bat pour protéger les citoyens", a estimé Mestiri.
    "L’armée n’a pas l’intention de faire un coup d’Etat. Nous faisons confiance à l’armée pour qu’elle ne dépasse pas son rôle dans un régime démocratique moderne."
    Lundi, Rachid Ghannouchi, dirigeant en exil à Londres du parti islamiste Ennahda interdit sous le régime de Ben Ali, a annoncé son retour en Tunisie dans les prochains jours et assuré qu’il ne voulait pas instaurer la charia.

    Les islamistes sont les bienvenus, a déclaré Mestiri, critiquant les gouvernement occidentaux pour avoir soutenu leur marginalisation ces dernières années.
    Rachid Ghannouchi est un islamiste moderne, à l’image du Premier ministre turc Tayyip Erdogan, a souligné l’opposant tunisien.
    "Ils ne peuvent pas être accusés de terrorisme. Qu’est ce qu’on souhaite ? L’inquisition espagnole ? Ou connaître ce qu’il y a réellement dans leurs coeurs ?, a-t-il ajouté. Les Islamistes sont en Algérie, l’Egypte a les Frères musulmans. Au Koweït et en Jordanie, ils siègent au parlement. Et ils sont en Palestine".
    Toutefois, en Tunisie, "nous avons des lignes rouges qui ne peuvent pas être franchies. J’ai personnellement créé le code du statut personnel établissant la liberté des femmes avec Bourguiba en 1956."
    Evoquant le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, dont les manifestants réclament le départ, Mestiri a indiqué "n’avoir rien de personnel contre lui". "C’est une personne convenable. Il s’agit d’un haut responsable au sein d’une administration. Mais son passé récent empêche le peuple de lui faire confiance

  • permalien uneTunisienne :
    27 janvier 2011 @12h24   « »

    le lien vers l’article sur l’opposant Ahmed Mestiri( personnellement je respecte beaucoup . Dommage qu’il ne se présente pas aux présidentielle en raison de son grand âge)

    http://www.lexpress.fr/actualites/2...

    la bio Wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_...

  • permalien uneTunisienne :
    27 janvier 2011 @12h26   « »

    Homme intègre, pondéré et de grande expérienceGrand militant pour la démocratie et les droits de l’homme, cet avocat tunisois a été de tous les combats contre l’autoritarisme bourguibien et pour l’avènement d’une société pluraliste et démocratique. Il a démissionné du Mds en 1989 et s’est retiré de la vie politique, refusant de participer à la mascarade de la démocratie unanimiste mise en place par Ben Ali.
    Aujourd’hui, cet homme intègre, pondéré et de grande expérience politique peut être d’un grand apport au processus de reconstruction politique en cours depuis la chute de la dictature de Ben Ali.
    Je m’étonne, personnellement, que les figures de l’opposition, dont la plupart étaient ses disciples et compagnons de combat, et qui s’empressent actuellement à se répartir les portefeuilles ministériels dans le gouvernement d’union nationale, n’ait pas pensé faire appel à cet homme, ne fut-ce que pour écouter ses conseils et puiser dans son expérience des éléments susceptibles d’aider à la reconfiguration des institutions républicaines de notre chère Tunisie.
    Dans son intervention à Al-Jazira, Ahmed Mestiri a déclaré, en réponse à une question sur son possible retour au travail politique : « J’ai 86 ans. Je n’ai pas d’ambition présidentielle ou ministérielle ».

    http://www.kapitalis.com/fokus/62-n...

  • permalien uneTunisienne :
    27 janvier 2011 @12h39   « »

    « Le peuple tunisien doit décider seul de son propre sort pour construire un pays libre et préparer des élections transparentes », a déclaré Jeffrey D. Feltman, sous-secrétaire d’Etat américain pour le Proche-Orient.


    Le responsable américain, qui parlait au cours d’une conférence de presse à Tunis, en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis à Tunis, Gorgon Gray, a proposé « l’assistance » de son pays pour organiser des élections libres en Tunisie.

    Washington n’a pas forcé Ben Ali à partir
    Les Etats-Unis se tiennent aux côtés du peuple tunisien, en ce moment unique et exaltant, a ajouté le responsable américain, soulignant, à ce propos, que les Usa ne sont pas intervenus pour pousser le président déchu à la sortie. Il répondait ainsi à certaines informations de presse selon lesquelles les Etats-Unis auraient incité le chef d’état-major tunisien, le général Rachid Ammar, à pousser Ben Ali à quitter le pays.
    Les Etats-Unis ne s’ingèrent pas dans le choix du gouvernement tunisien, mission qui relève du seul ressort du peuple et que la légitimité doit émaner du peuple et d’élections libres, a expliqué le diplomate américain, qui a relevé que son pays a toujours préconisé, en public comme en privé, la promotion des libertés en Tunisie et dans le monde.

    M. Feltman a rappelé que le président Barack Obama a fait référence à la Tunisie dans son discours sur l’état de l’Union prononcé, mardi soir, au Congres, et que la Tunisie « se place en ce moment sur la carte de la conscience américaine ». Rappelons que le président américain avait indiqué hier que « la volonté du peuple s’est révélée plus puissante que l’étreinte d’un dictateur. Et ce soir, que ce soit clair : les Usa sont solidaires avec les Tunisiens. »
    Le responsable américain a, par ailleurs, indiqué qu’il a eu une série de discussions avec des membres du gouvernement d’union nationale, des représentants des partis de l’opposition et des composantes de la société civile. « Le gouvernement d’union nationale, a-t-il ajouté, a pris des décisions importantes et franchi des pas majeurs sur la voie de l’ouverture politique et de la démocratie », a dit M. Feltman.
    A une question sur l’armée tunisienne, le sous-secrétaire d’Etat américain a précisé que « celle-ci est respectueuse de la constitution et respectée pour son rôle accompli dans le maintien de l’ordre », ajoutant que les attentes du peuple tunisien consistent en un gouvernement civil.

  • permalien uneTunisienne :
    27 janvier 2011 @12h47   « »

    Encourager les entreprises américaines à investir en Tunisie
    Au plan financier, M. Feltman a indiqué que la Banque centrale des Etats Unis d’Amérique a ordonné à toutes les banques américaines de rapporter l’ensemble des « transactions douteuses » faites par les membres de la famille du président déchu.
    En matière de coopération économique, le diplomate américain a indiqué que les Usa ont toujours encouragé les entreprises américaines à investir en Tunisie et qu’une visite d’hommes d’affaires est déjà programmée.
    En conclusion, il a indiqué que les Etats Unis d’Amérique ont eu de bonnes relations avec la Tunisie et que le potentiel est encore plus grand pour raffermir les liens bilatéraux.

    http://www.kapitalis.com/fokus/62-n...

    je rappelle que J.D. Feltman a servi comme chef de la section politique et économique de l’ambassade des États-Unis en Tunisie de 1998-2000.

  • permalien jc :
    27 janvier 2011 @14h33   « »

    Pendant que les bobos tirent des plans sur la comète, et essayent de vendre leur rhétorique usée jusqu’à la corde, les Tunisiens pauvres du centre du pays, ceux qui sont en train de forger cette révolution, ont encore manifesté par milliers ce matin à Sidi Bouzid, pour exiger le départ du gouvernement de Ben Ali et de tout son appareil.

  • permalien Algérienne :
    27 janvier 2011 @15h54   « »

    FONDAMENTALEMENT INSINCERES.

    Faut-il donner un quelconque crédit aux très timides professions de foi démocratiques qui se sont exprimées en Occident après la remarquable manifestation anti-Moubarak de mardi ? A l’expérience, la réponse est claire : non !

    Mais les Occidentaux apprennent vite et ils ne veulent pas se permettre de se retrouver en porte-à-faux en cas d’évolution « brusque » et « imprévisible ». Le cas tunisien inspire donc autant les manifestants égyptiens que les chancelleries occidentales. Bien entendu, si des manifestations similaires ont lieu en Iran, la sincérité de nos amis occidentaux ne ferait aucun doute. On l’a déjà vu ! Dans le cas égyptien, les Occidentaux font dans un minimum syndical imposé par les Tunisiens
    ....

    En réalité, les démocrates dans le monde arabe ont compris depuis longtemps : les révolutions démocratiques chez eux sont indésirables pour les Occidentaux. Aujourd’hui, les porte-voix du néo-conservatisme occidental n’arrivent pas encore à embrayer sur une « menace islamiste » en Tunisie. Parions cependant que cela finira par venir, même si les islamistes tunisiens font preuve d’une modération remarquable. On peut même penser qu’une démocratisation tunisienne dans laquelle les islamistes seraient partie prenante est, objectivement, une menace pour les Occidentaux.

    Le thème de la menace islamiste est depuis une décennie au cœur des dispositifs sécuritaires et guerriers de l’empire. Le fait que des islamistes puissent participer normalement à une vie politique réellement démocratique est un contre-exemple dangereux. C’est pour cela qu’il faut rester prudent devant les professions de foi démocratiques qui nous viennent du froid. Elles sont fondamentalement insincères.

    http://www.lequotidien-oran.com/?ne...

  • permalien Deïr Yassin :
    27 janvier 2011 @17h40   « »

    On remarquera que "K. Selim" du Quotidien d’Oran est fondamentalement biaisé en parlant des ’Occidentaux . . . fondamentalement insincères" comme si les "Occidentaux" furent une masse indistincte.

    D’autres nous parlent de "les Arabes sont ceci" et "les Arabes sont cela" en mélangeant hommes politiques et citoyens lambdas, laïcs et ’islamistes’ et on va s’insurger devant de telles généralisations.

    Nous qui vivons en Occident savent que "les Occidentaux sont ceci" cela n’existe pas plus que "les Arabes sont cela".

    Si notre journaliste suivait "les Occidentaux" de près, il aurait su que beaucoup de citoyens ordinaires sont très touchés et enthousiasmés par ce qui arrive et en Tunisie et en Egypte, et des politiques et intellectuels aussi.

    Il aurait su que par exemple Cécile Dufflot du parti des Verts a salué la révolution tunisienne avec beaucoup d’émotion, et elle ne s’y est pas intéressée à la dernière minute, car elle était à Gafsa pendant les grèves de 2008.

    Qu’Edwy Plenel en direct chez Taddeï l’autre soir avait montré un tel enthousiasme devant ce moment historique, qu’il souhaitait que cela se répande, et que même l’insupportable Elisabeth Lévy était obligé de la fermer pour une minute. Et empêcher Elisabeth Lévy de parler, cela est un exploit en soi !

    Comme quoi les préjugés sur les Autres est un phénomène universel.

    PS. Il se peut que notre journaliste parle des pouvoirs mais à part une seule fois "les chancelleries occidentales", il utilise tout les temps l’expression "les Occidentaux" sans spécifier de qui il parle.

  • permalien une tunisienne :
    27 janvier 2011 @20h35   « »

    Le face à face Bobos contre Prolos

    Le peuple a réussi à faire chuter Ben Ali. Mais la révolte gronde encore.

    Depuis une semaine, les manifestations se poursuivent à travers tout le pays. Leurs revendications ?

    Le départ de Ghannouchi, et de tout le gouvernement de coalition qu’il vient de former en attendant des élections libres qui devraient se dérouler dans quelques mois.

    Alors que certains lui accordent leur confiance et attendent de lui de remettre le pays sur pied, les autres le considèrent comme les autres caciques du régime qui détiennent les ministères régaliens, des restes de l’ancienne dictature. Si on les laissait faire, ils ne tarderaient pas à s’approprier la révolution, en faisant main basse sur tous les rouages de la société tunisienne.

    Sur le terrain se joue aujourd’hui un face à face bobos contre prolos : deux révolutions, deux forces en présence.

    http://nawaat.org/portail/2011/01/2...

  • permalien Sakhra :
    27 janvier 2011 @21h32   « »

    Nous qui vivons en Occident savent que "les Occidentaux sont ceci" cela n’existe pas plus que "les Arabes sont cela".

    Si notre journaliste suivait "les Occidentaux" de près, il aurait su que beaucoup de citoyens ordinaires sont très touchés et enthousiasmés par ce qui arrive et en Tunisie et en Egypte, et des politiques et intellectuels aussi

    K.Sélim n’a pas la" chance" de vivre en Occident, sans doute et il a d’abord ses compatriotes à suivre....

    K. Sélim est un journaliste algérien, qui écrit en "algérien", pour ceux, qui savent lire :

    En réalité, les démocrates dans le monde arabe ont compris depuis longtemps : les révolutions démocratiques chez eux sont indésirables pour les Occidentaux. Aujourd’hui, les porte-voix du néo-conservatisme occidental n’arrivent pas encore à embrayer sur une « menace islamiste » en Tunisie. Parions cependant que cela finira par venir, même si les islamistes tunisiens font preuve d’une modération remarquable. On peut même penser qu’une démocratisation tunisienne dans laquelle les islamistes seraient partie prenante est, objectivement, une menace pour les Occidentaux.

    Le thème de la menace islamiste est depuis une décennie au cœur des dispositifs sécuritaires et guerriers de l’empire. Le fait que des islamistes puissent participer normalement à une vie politique réellement démocratique est un contre-exemple dangereux. C’est pour cela qu’il faut rester prudent devant les professions de foi démocratiques qui nous viennent du froid. Elles sont fondamentalement insincères

    .

    Orangerouge, bonjour,vous avez raison, ce blog mérite mieux...

  • permalien K. :
    27 janvier 2011 @22h10   « »

    L’Egypte se tunisifie, Moubarak se benalise. C’est du Djeddah vu !

    AYARI Yassine

  • permalien Deïr Yassin :
    27 janvier 2011 @23h15   « »

    @ Sakhra

    "Ce blog mérite mieux"

    Heureusement que vous êtes de retour, vous avez toujours eu un sens aigu du dialogue et des nuances . . .

    "et il a d’abord ses compatriotes à suivre"

    Oui, c’est ce que disait Le Pen aussi quand il parlait "des Arabes" ou "des Musulmans".
    Personne a parlé d’avoir "la chance" de vivre en Occident. Cela sent des complexes - de supériorité ou d’infériorité, reste à savoir.
    Que cela vous parait normal de parler des "Occidentaux" dans sa globalité ne m’étonne guère . . .

  • permalien Deïr Yassin :
    28 janvier 2011 @00h06   « »

    @ ya tunisiyya,

    Vous pensez quoi du remaniement ministériel ? Je vois que cela concerne l’Intérieur, la Défense, les Affaires Etrangères et les Finances, mais est-ce que cela suffit pour remplir les exigences des manifestants ?

    Je vois en ce moment un manifestant dire : ’on demande du pain, de l’eau et que Ghannouchi parte’ :-) Super

    Ce soir "Envoyé Spécial" de France2 a montré un documentaire très émouvant filmé sur le chaud par la seule équipe de télé présente à Kasserine - chez les ’Frechiches’ comme ils se revendiquent - avant et après la chute de Ben Ali.

    Je donne le lien, en espérant que notre "Thalaoise" aura l’occasion de la voir. Le vidéo n’est pas encore disponible, mais je suppose qu’ils ne vont pas tarder à le poster.

    http://envoye-special.france2.fr/

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