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Moustiques transgéniques : la cage est ouverte

jeudi 10 février 2011, par Christophe Boëte

Face à la dengue, qui fait plus de vingt mille victimes par an, en majorité dans les pays tropicaux, les méthodes de lutte sont très limitées. Il n’existe ni vaccin ni traitement (préventif ou curatif) contre cette infection virale, transmise par des moustiques du genre Aedes, et notamment Aedes aegypti. Contrairement au vecteur du paludisme, Aedes pique dans la journée, rendant inefficace l’utilisation de moustiquaires et compliquant la prévention. Les programmes de lutte contre la dengue reposent dès lors sur la pulvérisation d’insecticides, l’emploi de larvicides et la protection individuelle contre les piqûres de ce moustique. Les résultats sont très insuffisants et l’incidence de la maladie progresse. C’est pourquoi certains chercheurs mettent leurs espoirs dans l’utilisation de techniques génétiques pour supprimer les populations de moustiques vecteurs. Et certains n’hésitent pas à agir dans la précipitation.

Lors de la conférence annuelle de la Société américaine de médecine tropicale et d’hygiène, en novembre 2010, le docteur Luke Alphey, co-fondateur d’Oxitec, une entreprise britannique de biotechnologie, présentait les résultats du premier lâcher de moustiques transgéniques dans la nature et déclarait : « Oxitec considère que cette approche pourrait être employée dans de nombreux pays pour aider au contrôle du moustique Aedes aegypti et ainsi prévenir la dengue. Nous travaillons sur ce projet depuis de nombreuses années, et nous nous sommes assurés de son efficacité et de son innocuité. Cet essai en représente la première démonstration en plein air, et nous sommes enchantés des résultats. »

Les moustiques lâchés dans la nature — uniquement des mâles — ont été modifiés de telle sorte que leurs descendants ne soient pas viables hors du laboratoire. L’objectif est de provoquer une diminution (voire une extinction) de la population de moustiques vecteurs.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe, y compris chez les chercheurs du domaine, surpris d’apprendre qu’un tel lâcher venait d’être mené sans la moindre transparence. En effet, depuis bon nombre d’années, ces projets d’emploi de moustiques transgéniques comme outil de santé publique soulèvent des questions sociales et éthiques majeures. Il faut déterminer la meilleure manière d’impliquer les communautés concernées, mais aussi établir des règles internationales de biosécurité — comme c’est le cas pour les plantes transgéniques avec le protocole de Carthagène. Il est en effet souvent question de renforcement des capacités dans les programmes de recherche entre des partenaires du Nord et du Sud, mais ceci se limite souvent à de la formation de scientifiques ou à des aides techniques. Il serait temps de mettre en place des structures capables de s’engager dans le dialogue et la critique de questions scientifiques et technologiques dans les pays du Sud, afin de favoriser l’engagement des citoyens et leur permettre de participer activement aux choix technologiques qui les concernent. Pour beaucoup d’observateurs, Oxitec a ouvert la cage des moustiques transgéniques plus tôt que prévu.

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Zones de prévalence de la dengue (source : OMS 2010)

Ce premier lâcher de moustiques transgéniques s’est déroulé sur l’île de Grand Cayman, un territoire britannique situé dans les Caraïbes, en deux étapes : un premier lâcher test fut effectué en 2009, suivi, en 2010, par un lâcher inondatif de trois millions de moustiques. Ce dernier, qui aurait permis d’éliminer 80 % de la population des moustiques, est considéré par Oxitec comme un succès. Mais la société n’a à ce jour pas publié ses résultats.

Oxitec a conduit un autre essai en Malaisie dans la région de Bentong, un district de l’Etat de Pahang. L’objectif était de tester la survie et la dispersion des moustiques transgéniques mâles stériles, avec un lâcher d’environ six mille mâles. Ce test grandeur nature, mené de décembre 2010 à début janvier 2011, s’est conclu par des pulvérisations d’insecticide destinées à éliminer tout moustique ayant éventuellement survécu.

Si l’essai sur Grand Cayman était resté relativement confidentiel, celui de Bentong fut condamné par les associations de consommateurs de Penang et par l’association environnementaliste Sahabat Alam Malaysia. Ces dernières ont été d’autant plus choquées que, suite à leurs protestations, les autorités de Kuala Lumpur avaient assuré que le lâcher était « reporté ». Bien que conduit en accord avec l’Institut pour la recherche médicale de Malaisie, l’essai n’a donné lieu à aucune information, ni dans la communauté scientifique, ni auprès du grand public. D’où l’impression d’un travail mené dans le secret — Luke Alphey s’en défend, estimant que la communication avec les populations n’est pas de son ressort, mais de celui des autorités publiques.

Aucune de ces expériences ne s’accompagne d’une étude d’impact épidémiologique – qui devrait pourtant être l’objectif central d’une intervention menée au nom de la santé publique. La précipitation apparente de ces essais a également soulevé des soupçons d’ordre financier [1].

Autre critique, les populations locales directement concernées par ces lâchers n’ont à aucun moment été impliquées. Les partisans de ces essais semblent ainsi ignorants du fiasco qu’avaient rencontré les précédents travaux sur le contrôle des populations d’Aedes aegypti par des lâchers de mâles stériles. Dans les années 1970, en Inde, un programme (non basé sur l’utilisation de moustiques transgéniques) conduit sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Indian Council for Medical Research avait dû être arrêté. Il était en effet accusé — à tort — d’être lié à des programmes de recherche de guerre biologique. A l’origine des soupçons, le fait qu’Aedes aegypti est communément appelé « moustique de la fièvre jaune » — une maladie qui n’est pas présente en Inde, mais figure sur une liste d’agents potentiels de guerre biologique dressée par les Etats-Unis, lesquels participaient au financement des recherches [2].

Dans le cas présent, on peut légitimement se demander si la mise en œuvre sans débat d’une technologie qu’on sait sujette à controverse ne signe pas la volonté d’adopter le principe du fait accompli plutôt que celui de précaution. Les moustiques ignorant les frontières, il est, de plus, déplorable que ces recherches ne soient pas sous le contrôle strict d’un organisme international comme l’OMS.

Les prochains tests et lâchers pourraient avoir lieu en Afrique. Une collaboration associe les universités de Keele (Royaume-Uni) et de Bamako (Mali) dans le cadre de la lutte contre le paludisme avec des moustiques capables de résister au parasite. Envisagée depuis de nombreuses années [3], cette approche ne fait pas appel à des moustiques stériles, mais à des moustiques résistants au parasite. Le but envisagé n’est pas de réduire la population de moustiques, mais de lui substituer une variante génétique ne transmettant pas le parasite. L’espoir des chercheurs est de faire se propager dans la population de moustiques un allèle résistant au plus dangereux des parasites du paludisme humain, Plasmodium falciparum.

De nombreuses inconnues subsistent cependant quant à l’aptitude de ces moustiques modifiés à supplanter, par le biais de la seule sélection naturelle, leurs congénères sauvages, et sur les conséquences épidémiologiques de cette approche. La résistance génétique sera-t-elle active contre toutes les variantes du parasite ? Se propagera-t-elle dans la population de moustiques, et restera-t-elle efficace dans toutes les conditions environnementales ? Combien d’espèces de moustiques faudra-t-il entreprendre de transformer ? Comment les lâchers se feront-ils ? Quel sera l’impact sur la prévalence de la maladie dans les populations humaines ?

Au-delà de ces questions scientifiques, qui restent ouvertes, les aspects sociaux et éthiques de l’opération devront être pris en compte, et les aspirations des populations concernées mises au premier plan.

 

Christophe Boëte est chercheur en écologie des maladies vectorielles, auteur (dir.) de Genetically modified mosquitoes for malaria control, Eurekah/Landes Bioscience, Georgetown, 2006. http://www.christopheboete.net/

Pour aller plus loin

Conférence du docteur Luke Alphey à Davos (2009)

— Bart G. J. Knols et al., « Transgenic Mosquitoes and the Fight against Malaria : Managing Technology Push in a Turbulent GMO World », American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, 77(6_Suppl), 2007, pp. 232-242.
— John M. Marshall et al., « Perspectives of people in Mali toward genetically-modified mosquitoes for malaria control », Malaria Journal, 14 mai 2010.
— Katherine Nightingale, « Mali to rear malaria-resistant GM mosquitoes », 4 août 2010.

Notes

[1] Cf. Gene Watch UK, Oxitec’s genetically-modified mosquitoes : in the public interest ?, décembre 2010 (PDF).

[2] Lire Germ-war allegations force WHO out of Indian mosquito project, New Scientist - 9 Oct. 1975 - et Powell K, Jayaraman KS : Mosquito researchers deny plotting secret biowarfare test. Nature 2002, 419(6910):867.

[3] Lire « Des moustiques transgéniques peuvent-ils vaincre le paludisme ? », Le Monde diplomatique, juillet 2006.

18 commentaires sur « Moustiques transgéniques : la cage est ouverte »

  • permalien Yann Kindo :
    10 février 2011 @18h34   »

    Au total, l’auteur de cet article qui veut effrayer [cf "la cage est ouverte"... brrrr, on a peur comme dans un film d’invasion animale des années 1950] n’a donc à peu près rien de bien substantiel à opposer à ces expérimentations, si ce n’est que des questions restent en suspens [oui, c’est sûr, en science, contrairement à ce qui se passe en théologie, il y a toujours plein de questions qui restent en suspens... et alors ? Il va fallloir attendre d’avoir toutes les réponses - qui elles-mêmes poseront de nouvelles questions... - pour agir contre ces maladies mortelles ?], et que les populations locales n’ont à son avis pas été assez impliquées.
    Et comment devraient-elles l’être plus, exactement ? Faudra-t-il proposer de soumettre au suffrage universel le protocole de ce type d’expériences ? S’attend on à voir apparaître un point de vue de gauche et un point de vue de droite sur le prococole ? Un protocole bourgeois et un protocole prolétarien ?

    La conclusion de cet article laisse dubitatif :

    "Au-delà de ces questions scientifiques, qui restent ouvertes, les aspects sociaux et éthiques de l’opération devront être pris en compte, et les aspirations des populations concernées mises au premier plan"

    Quels aspects sociaux seraient liés à cette expérimentation, exactement ??? Elle où, la lutte des classes, sur le sujet... si ce n’est que j’imagine que les pauvres ont plus souvent autour de chez eux des eaux croupissantes et meurent plus souvent qu’à leur tour de piqûres de moustiques, faute en plus d’accès aux soins ?
    Et quels aspects éthiques, au fait ? En quoi cela pourrait poser des problèmes éthiques à qui que ce soit de lutter contre ces fléaux que sont la dengue et le palu par le biais du lâcher de moustiques transgéniques ? Il est où le problème éthique, là dedans, je ne vois pas où vous voulez en venir ? Qu’est ce qui pourrait arriver de si terrible, de toutes façons... hormis que cela ne marche pas et qu’on en reste à la situation actuelle (qui est celle pour le palu d’une hécatombe, en partie nourrie par l’interdiction absolue du DDT, promue par des écologistes occidentaux qui étaient eux bien à l’abri des risques de la maladie) ?

    Sinon, à propos des "aspirations des populations concernées" : je mets ma main à couper que la priorité de celles-ci est avant tout d’arrêter de crever des maladies transmises par les moustiques, plus que toute autre considération propre aux technophobes de la zone tempérée.

  • permalien Val :
    10 février 2011 @20h20   « »

    Yann Kindo : "Enseignant en histoire géographie, chercheur en histoire du communisme et des sciences." - wouaow, histoire du communisme et des sciences ; thématique du blog de M. Yann Kindo : OGM Ecologie Charlie Chaplin Voyage dans le temps ; Procès ; AFBV ; Séralini André Prenant ; PCF ; F.T.P. géographie. Algérie ; Tarzan ; racisme ; colonisation ; Géographie ... —

    drôlesque ou effrayant, au choix. De grâce, fermez les commentaires, cdt,

  • permalien
    10 février 2011 @20h55   « »

    On signale 30 000 nouveaux cas de dengue au Pérou : http://www.hoy.com.ec/noticias-ecua...

  • permalien Monsieur Belette :
    10 février 2011 @21h09   « »

    J’ai constaté qu’il y a bien plus de chance de choper la dengue en Indonésie qu’en Malaisie où les conditions de vie et la santé publique sont bien plus développés. Je me dit que, comme pour la grippe, on est bien obligé de faire avec la dengue, mais que la dangerosité de ces maladies est proportionelle à la faiblesse de l’effort de santé publique (je pense à une approche générale et pas juste à l’aspect médical, tout comme l’approche que le diplo propose pour le paludisme dans un article dont j’ai perdu le nom).

  • permalien
    10 février 2011 @22h17   « »
  • permalien Tristan :
    11 février 2011 @01h42   « »

    @Yann Kindo

    Il me semble qu’en théologie, il reste, aussi, beaucoup de questions en suspens. Là, il s’agit assez clairement du mythe de Prométhée, qui ouvre plus de questions que de réponses.

    Perso, je ne peux que conseiller, à ceux qui vivraient dans des pays à risque (comme moi), de vivre entre 2500 et 4500 mètres d’altitude. C’est très radical, contre l’Aedes aegypti.

  • permalien tseparis :
    11 février 2011 @02h00   « »

    @ Yann : il faut faire attention avant de "mettre sa main à couper".. vous pourriez réellement la perdre.
    Moi, c’est votre étonnement qui m’étonne.
    Qu’une firme puisse déterminer seule, sans aucun contrôle, ce qui est bon pour des populations non informées qui deviennent en définitive et à leur insu des cobayes pour le fameux "progrès de la science", que d’autres demain en fassent autant pour "soigner" ce qui n’aurait pas besoin de l’être, en vous vaccinant à votre insu par vaporisation par exemple contre de futurs risques inexistants mais de facto générés par ce procédé. La démocratie tout simplement. Cela fait trop longtemps, plus de 70 ans, que des "experts" pensent et décident à notre place, au prétexte de ne pas perdre de temps et autres arguments fallacieux. La pseudo urgence est mauvaise conseillère.

    “"En effet, depuis bon nombre d’années, ces projets d’emploi de moustiques transgéniques comme outil de santé publique soulèvent des questions sociales et éthiques majeures. Il faut déterminer la meilleure manière d’impliquer les communautés concernées, mais aussi établir des règles internationales de biosécurité — comme c’est le cas pour les” “plantes transgéniques avec le protocole de Carthagène. Il est en effet souvent question de renforcement des capacités dans les programmes de recherche entre des partenaires du Nord et du Sud, mais ceci se limite souvent à de la formation de scientifiques ou à des aides techniques. Il serait temps de mettre en place des structures capables de s’engager dans le dialogue et la critique de questions scientifiques et technologiques dans les pays du Sud, afin de favoriser l’engagement des citoyens et leur permettre de participer activement aux choix technologiques qui les concernent. ”

    Personnellement, j’ajouterai : et pas seulement dans les pays du Sud, mais partout.

  • permalien
    11 février 2011 @16h08   « »

    Yann Kindo a absolument raison. Certains lâchent le mot "éthique" sans être capable de l’étayer ensuite.

    Le problème peut d’ailleurs être retourné : quelle est leur éthique à eux, pour juger à distance ce qui est bon pour des populations massivement frappées par ce genre de fléau ?

    On savait le principe de précaution dévoyé, mais à ce point...Le principe d’immobilisme prévaut, surtout chez ceux qui n’ont aucune raison d’être inquiétés.

  • permalien
    11 février 2011 @22h30   « »

    @Tsepari
    "Il serait temps de mettre en place des structures capables de s’engager dans le dialogue et la critique de questions scientifiques et technologiques dans les pays du Sud, afin de favoriser l’engagement des citoyens et leur permettre de participer activement aux choix technologiques qui les concernent. ”

    Sur des sujets scientifiques pointus, bien peu de gens sont suffisamment compétents et disposent du temps nécessaire. Autant dire qu’aux delà des légitimes phases de communication, la participation de non-experts sera très vite limitée. A plus forte raison dans des régions où la majorité des habitants savent à peine lire.

    De telles structures participatives existent en France depuis une petite dizaine d’années via les débats publics (cf mot clé CNDP, commission nationale des débats publics.) Encore faut-il que les débats ne soient pas sabotés par des militants sectaires et intransigeants comme cela a été le cas en 2009 à propos des nanotechnologies.

  • permalien ρam :
    13 février 2011 @14h24   « »

    Pourquoi donc ne pas utiliser tous les moyens à notre disposition pour venir à bout d’un fléau ?

  • permalien marc :
    13 février 2011 @21h57   « »

    @ pam

    C’est avec beaucoup d’arrières-pensées que j’ai mis le lien sur formindep dans mon post précédent, Certes, jaurais pu y mettre aussi la revue prescrire.

    Je suis de votre avis, mais il faut poser aussi une question toute simple :
    Y a-t-il une différence entre des essais in vitro dans un environnement reconstitué, même s’il doivent durer des années, et des essais à l’air libre sur notre bon vieux crouton de terre dont nous n’avons pas de pièce de rechange ?
    Essayer tous les moyens, oui, car ce type d’environnement reconstitué couterait peu au regard des profits espérés par les zorglubs d’Oxitec.

  • permalien marc :
    13 février 2011 @22h08   « »

    Pour ne pas laisser l’inconnu de 22h20 sans contradiction à propos des nanos, ci-joint un lien pour se faire sa propre idée sur ceux qu’il appelle
    les "militants sectaires et intransigeants"

  • permalien Yann Kindo :
    13 février 2011 @23h17   « »

    Oui, et pour savoir exactement de quoi on parle en matière de "contrôle citoyen sur la science" promu par des technophobes faisant preuve d’un grand sens du débat contradictoire à partir d’un fond argumentaire de type "aga gna gna gna", on peut aussi voir cette vidéo :

    http://www.dailymotion.com/video/xb...

    L’accusation de "fascisme" portée à leur encontre en cours de vidéo me semble quand même exagéré.
    Celle de "demeurés" est quand même nettement plus adéquate.

  • permalien marc :
    14 février 2011 @03h49   « »

    Vidéo intéressante !

    "Monsieur le Professeur" se fait chahuter. Pas de violence, mais des slogans clairs, des banderoles compréhensibles, enfin, pour un plébéin dans mon genre ...
    Auquelles l’orateur ne répond pas ... Bon, passe.
    Chacun peut remarquer qu’à part des manifestants qui perturbent joyeusement la réunion,
    Il n’y a que quelques journalistes et des agents de sécurité.
    La salle est à peine remplie au tiers.

    Le Contribuable attentif s’interrogera sur le côut d’une telle scéance.

    L’orateur répète à plusieurs reprises : "Participer, c’est accepter !"

    Quel raccourci saisissant !

    Jusque là, ce brave homme me faisait un peu pitié : Se faire chahuter ainsi :
    Moi je suis plutôt côté prof. : Il en sait plus que moi, ... Respect quoi.

    Mais participer, en s’opposant, est-ce accepter ?
    Il navigue alors dans un déni flagrant qui lui ôte toute crédibilité !
    Son manque d’empathie me décourage même d’aller chercher la clef :

    - Qui le paye ? -

    Quel est le sens de sa remarque : "participer c’est accepter" ?
    Alors que toute la salle, hormis les journalistes et les agents de sécurité, s’oppose clairement à cette forme de "débat" ?
    - Et en dénie le sens même de "débat" -.

    Vis à vis de la communication à sens unique, quelle attitude observer ?
    En avez vous subi ? En tant que salarié, électeur, ou autre ?

    "Quand vous aurez fini de gesticuler, est ce que çà se calme"
    On comprend que le pauvre homme soit un peu dépassé.
    A propos, c’est qui ... le - çà - ? qui aurait à se calmer ?
    Il s’enfonce lui-même ...
    Pathétique, je vous l’accorde.

    Les détracteurs. pas d’accord du tout, ne respectent pas la forme souhaitée par l’orateur.
    On notera, pour parfaire le sens unique du débat, que les sous-titrages
    ne concernent que l’orateur.

    Qu’est-ce que cette vidéo prouve, selon vous ?

    Bon, jaurais du me contenter du commentaire de Val à 20h20 qui cerne bien le personnage,
    ou de "Monsieur Belette" qui apporte de l’info. contextualisée,
    et ne pas me formaliser que mon post, rappelant un moyen simple :
    La chasse aux eaux stagnantes permettant la reproduction du moustique, ne soit pas publié.
    Vous le rappelliez : "les pauvres ont plus souvent autour de chez eux des eaux croupissantes"
    Le fait d’avoir "dégusté" de cette fièvre, la dengue, ne me permet pas d’en parler ici en "expert".
    Je retourne donc à ma plèbe originelle en étant d’accord avec vous :
    "Demeurons" Humains ! donc
    "Demeurons" Citoyens !

  • permalien Yann Kindo :
    14 février 2011 @09h32   « »

    Merci pour ce décorticage/relecture de la vidéo, qui en fait apparaître le vrai sens :

    les opposants aux nano sont des gens gentils avec plein d’arguments auxquels le"professeur" ne répond pas (alors que ce serait si simple pour lui, les conditions de la discussion étant vraiment idéales)

    Vous avez bien fait de nous livrer cette analyse, parce que cette lecture n’est pas immédiatement apparente lorsque l’on visionne simplement la vidéo...

    Sinon, je n’ai pas toujours pas compris : en quoi les expériences de lâcher de moustiques transgéniques posent-elles problème et risquent-elles de d’avoir plus d’effets négatifs que positifs pour les populations exposées à la dengue et au palu ?

  • permalien Yann Kindo :
    14 février 2011 @09h55   « »

    @Marc :
    Vous proposez de faire des années d’expériences longues en "environnement reconstitué". J’ai quelques questions à ce sujet :
    - comment faites-vous pour reconstituer à l’identique un environnement ? Un opposant de principe à la transgenèse ne pourra t-il au final pas toujours s’opposer au passage à l’acte en milieu réel sous prétexte que l’environnement artificiel n’était pas exactement le même, et que l’on ne peut pas prédire l’impact final de telle ou telle petite variation entre l’environnement réellement existant et celui que vous avez reconstitué ?
    - sur cette expérience précise avec les moustiques, que pensez vous qu’apporterait (en dehors de dépenser des sommes probablement délirantes) un expérience en environnement reconstitué ? Qu’est ce qui vous gêne avec cette expérience en cadre réel ? Que croyez vous qu’il pourrait se passer ?
    - une fois que l’expérience aura eu lieu très longtemps en environnement reconstitué, allez vous au final accepter le principe des lâchers de moustiques transgéniques dans la nature, si il s’avère que cela ferait probablement reculer les maladies visées (ce dont on n’aura vraiment la preuve que en cadre réeel, à moins que dans votre envrionnement reconstitué, pour le plaisir de l’expérience, vous envisagiez de faire en sorte que des humains attrappent la dengue et le palu). ?
    - en attendant ces longues années d’expériences extrêmement coûteuses, que proposez vous pour faire reculer la dengue et le palu ?

    Sinon, l’auteur ne répondant , et persponne d’autre ne l’ayant je crois précisé, je n’ai toujours pas compris :
    - quels sont les porblèmes "éthiques" et "sociaux" soulevés par ces lachers expérimentaux de moustiques transgéniques ?
    - que signifie concrètement la revendication de contrôle des populations locales sur ces expériences ? Doit-on soumettre au vote le principe de l’expérience ? son protocole ? Pourquoi pour cette expérience plutôt que pour une autre ? Ou sinon faudra -t-il organiser des votes sur toutes les expériences menées partout dans le monde ?

  • permalien marc :
    15 février 2011 @03h21   « »

    « Comment faites-vous pour reconstituer à l’identique un environnement ? »
    “Comme dans un aquarium, bien qu’avec un peu de mauvaise volonté, il y ait toujours moyen de le tranformer en bouillabaisse.”

    « Que croyez vous qu’il pourrait se passer en cadre réel ? »
    Justement, je ne le sais pas.
    Ceux qui se lancent dans cette expérimentation le savent-ils ?
    Probablement pas davantage que ceux qui ont introduit des prédateurs :
    Merles des moluques contre guêpes ou sauterelles, par exemple,
    Bon, çà remonte aux époques coloniales, est-ce hors sujet ?

    Si on peut s’attendre à ce qu’un « opposant de principe »
    le reste quelques soient les arguments proposés,
    on s’attendra au même résultat pour un « adepte de principe ».
    Mon souci : Que cherche-t-on en ajoutant l’attribut « de principe » à adepte ou opposant ?
    A poursuivre le débat ou à le clore ?

    Pour ce qui est des problèmes éthiques, je n’ai pas de réponse :
    C’est à chacun de nous de faire le cheminement.
    L’expression "C’est pour ton bien" s’adresse-t-elle à des enfants ou à des adultes ?
    Est-ce qu’une règle d’éthique, pour un chercheur pourrait être :“
    Une fois qu’une expérience est conduite dans les règles de l’art, ici confinement, validation par les pairs, etc ...
    se pose la question de l’arbitrage entre effets bénéfiques ou non.” ?

    Que vous demandiez ici cet un arbitrage, à 9h32, témoigne de l’inoxydabilié de votre optimisme.
    Mais il vous faudra un peu de patience :
    Moratoire, délai de quarantaine, ainsi que mutations, évolution s’inscrivent dans la durée.

    « à moins que vous n’envisagiez de faire en sorte que des humains attrappent la dengue et le palu »
    Tiens, il faudrait infecter quelqu’un pour mettre en évidence le vecteur dans le moustique ?
    Quand vous vous moquez de moi, Monsieur, soyez aimable de le faire avec une pointe d’humour.

    « Doit-on soumettre au vote le principe de l’expérience ? »
    Je salue le fervent démocrate qui est convaincu que seul le vote populaire peut trancher dans les problèmes cruciaux. Personnellement, au vu des résultats actuels ici,
    je suis un peu sceptique.
    Peut-être pourrait-on se contenter de l’évaluatuion par ses pairs,
    qui dans le cas présent n’ont pas franchement l’ait d’être d’accord,
    Ce qui, pour le profane, est déjà une indication intéressante.

  • permalien antiparapharmaciste primaire :
    1er mars 2011 @10h09   «

    Très bel article que j’ai lu avec une grande gourmandise.... Merci !

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